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Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

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BIBLIOTHEQUE 

DE   L'ÉCOLE 

DES  CHABTES 

XLV. 


IMPRIMERIE    DAUPELEY-GOUVERNEUR,    A.   NOGENT-LE-ROTROU. 


BIBLIOTHÈQUE 


DE  L'ÉCOLE 

DES  CHARTES 


REVUE    D'ÉRUDITION 


CONSACRÉE   SPÉCIALEMENT  A  L'ÉTUDE  DU   MOYEN  AGE 


XLV. 

ANNÉE  1884. 


PARIS 

LIBRAIRIE    d'Alphonse    PICARD 

RUE     BONAPARTE,     82 

-1884 


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DISPUTATIO 

MUNDI  ET  RELIGIONIS 


Tel  est  le  vrai  titre  du  long  poème  que  nous  allons  intégrale- 
ment reproduire.  Baie  l'intitule  à  tort  :  Querela  mundi  contra 
religione7n.  Il  est  vrai  que  le  monde  prend  le  premier  la  parole, 
exposant  ses  griefs  contre  la  religion,  c'est-à-dire  contre  les 
ordres  religieux  ;  mais  l'avocat  de  ces  ordres  parle  ensuite,  les 
défend  point  par  point,  et  le  procès  se  termine  par  une  sentence 
en  sa  faveur. 

Tous  les  vers  de  ce  poème  rythmique  sont  de  treize  syllabes, 
et,  quelle  que  soit  la  longueur  des  strophes,  tous  les  vers  de 
chaque  strophe  riment  ensemble  à  la  septième  ainsi  qu'à  la 
treizième  syllabe.  L'auteur  n'a  pu  satisfaire  aisément  à  toutes 
les  obhgations  qu'il  s'était  imposées;  aussi  beaucoup  de  ses  vers 
sont-ils  pénibles,  obscurs,  incorrects.  Mais  nous  les  publions 
comme  devant  intéresser  les  historiens.  Le  procès  a  lieu  vers  la 
fin  du  xiif  siècle.  Le  rapide  développement  qu'ont  pris  les  deux 
ordres  nouveaux,  l'ordre  des  Prêcheurs  et  celui  des  Mineurs, 
inquiète  la  société  civile,  qui  se  voit  enlever  toute  la  fleur  de  sa 
jeunesse,  et  elle  supplie  le  pape  de  vouloir  bien  ordonner  qu'au- 
cun adulte  ne  pourra  désormais  entrer  en  religion  sans  le  con- 
sentement de  ses  parents.  Ce  qui  importe  à  l'histoire,  ce  sont  les 
arguments  invoqués  pour  faire  valoir  cette  requête. 

Baie  nomme  le  poète  Gui  de  la  Marche  et  dit  qu'il  appartenait 
à  l'ordre  des  Mineurs.  C'est  là  ce  qu'on  lisait  en  tête  d'une  copie 
autrefois  conservée  dans  la  bibliothèque  du  coUège  de  la  Reine, 
à  Oxford.  M.  Goxe  ne  mentionnant  pas  cette  copie  dans  son  cata- 
logue, elle  est  peut-être  aujourd'hui  perdue;  mais  il  n'y  a  pas 


lieu  de  suspecter  l'information  que  Baie  en  a  tirée.  L'historien 
des  Mineurs,  Luc  Wadding,  nous  fournit  d'ailleurs  de  plus 
amples  renseignements  sur  ce  Gui  de  la  Marche.  Il  n'était  pas 
Anglais,  comme  Baie  l'a  supposé;  il  était  Français,  fils  naturel 
de  Hugues  XII,  comte  d'Angoulême  et  de  la  Marche*,  et  nous 
lisons  dans  le  Bullaire  franciscain^,  sous  l'année  1291 ,  une 
bulle  du  pape  Nicolas  IV,  qui,  malgré  le  vice  de  sa  naissance, 
lui  permet  de  prétendre  à  toutes  les  dignités  de  son  ordre,  sauf 
au  généralat. 

Il  existe  à  Paris  deux  exemplaires  anonymes  de  cette  pièce 
curieuse  :  l'un,  du  xiv«  siècle,  dans  le  n"  7906  de  la  Bibliothèque 
nationale;  l'autre,  du  xv'',  dont  M.  Dehsle  a  fait  connaître  l'ori- 
gine 3,  dans  la  bibliothèque  privée  de  notre  confrère  M.  Jules 
Desnoyers.  C'est  sur  ces  deux  copies  que  nous  avons  établi  notre 
texte.  Comme  elles  diffèrent  souvent  l'une  de  l'autre,  nous  avons 
cru  devoir  signaler  les  plus  importantes  des  variantes  qu'elles 
nous  ont  offertes.  Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  nationale  sera 
désigné  par  la  lettre  A;  celui  de  M.  Desnoyers  le  sera  par  la 
lettre  B. 

B.  Hauréau. 


DISPUTATIO  MUNDI  ET  RELIGIONIS. 


MuNDUS. 

0  Ghristi  vicarie,  monarcha  terrarum, 
Vir  matris  Ecclesiag,  flos  patriarcharum  ■*, 
Sacrarium  gratise,  cella  Scripturarum, 
Minister  justitiœ  et  meta  causarum, 
Meae  querimoniae  aurem  praebe  parum. 

Papa  beatissime,  testante  Scriptura, 
Ex  te  pendent  animae  et  earum  cura  ; 
Ergo,  pater,  audi  me  ;  tibi  dicam  plura, 
Si  permittunt  lacrymae  et  cordis  pressura, 
Quse  mihi  saevissime  fiunt  contra  jura. 

1.  Wadding,  Annal.  Minor.,  aiino  1291,  c.  95. 

2.  BuUarium  francise,  t.  IV,  p.  210. 

3.  Notice  sur  les  manuscrits  disparus  de  la  bibl.  de  Tours,  p. 

4.  Ce  vers  manque  dans  A. 


Cœli  secretarii  et  vos  cardinales, 
Vos  cœlestes  radii,  doctrinae  canalos', 
Pauli  quidem  socii,  Pétri  latérales, 
Adstetis  propitii,  sitis  curiales  ; 
In  fore  judicii  vos  advoco  tales^. 

Totam  simul  flagito  curiam  Romanam 
Ut  in  meo  piacito  se  prœstet  urbanam  ; 
Rem  non  novam  agite,  sed  justam  et  planam; 
Tantum  pacem  quaîsito  manere  mundanam. 

Papa. 

In  libris  canonicis  invenis  expressum 
Quod  qui  a  maleficis  se  sentit  oppressum 
Ad  vultum  pontificis  habeat  accessum, 
Qui  scriptis  authenticis  puniet  excessum  ; 

Ergo,  tili,  dicito  a  auibus  vexcris 
Et  cur  magis  solito  modo  conturberis, 
Et,  si  in  proposito  procedis  ex  veris, 
Gonfestim  pro  libito  totus  liber  eris. 

MuNDUS. 

Sicut  sciunt  singuli,  factus  sum  a  Deo 
Et  per  fraudera  Zabuli  distractus  ab  eo  ; 
Sed  in  fine  sseculi,  ex  crucis  trophaeo, 
Jam  veniam  retuli  de  peccato  meo. 

Ergo  quid  religio,  quid  claustrales  vittc, 
Inquieto  jurgio,  conjurata  lite, 
Clamant  quod  deficio,  quod  non  vivo  rite, 
Quod  ad  pœnas  venio  mortis  infinitœ  ? 

Minores  prœ  aliis  et  Prœdicatores 
Meis  desideriis  sunt  rebelliores, 
Meos  vencficiis  comparant  amores, 
Laudant  in  ecclesiis  mei  contemptores. 

Istos,  inquam,  sentie  graves  abigeos^, 
Qui  de  grege  proprio  toUunt  mihi  meos, 

1.  Manque  dans  A. 

2.  Manque  dans  B. 

3.  Abigeus,  latro.  Voir  Ducange. 


8 

Et  statim  coUegio  suo  jungunt  eos. 
Hos  ergo  convenio  ut  erga  me  reos. 

Taies  in  me  SBeviunt,  in  me  debacchantur, 
Sermones  conficiunt  ut  me  persequantur; 
Vestes  adinveniunt  ne  mei  credantur  ; 
Qui  me  plus  despiciunt  felices  putantur. 

In  suis  cœnobiis  juvenes  procurant 

Et  promissis  variis  illos  assecurant  ; 

Suis  querimoniis  sic  eos  indurant 

Quod  jam  de  suspiriis  parentum  non  curant. 

Quos  volebam  facere  ducum  parallèles, 
Per  "vicos  incedere  video  misellos. 
Certe  dum  angustise  exponunt  tenellos, 
Lacté  matris  propriœ  decoquunt  agnellos. 

Et  dum  isti  pénétrant  intima  claustrorum, 
Dumque  cœlos  impétrant,  communes  cunctorum, 
Dolore  diametrant  cor  patrum  suorum. 
Ut  quid  bona  perpétrant  auctores  malorum? 

Heu  pudor!  Jam  senior  infelix  ferorum 
Propria  transfodior  manu  filiorum  ! 
Istis  certe  mitior  est  ira  brutorum, 
Quibus  esset  dignior  pœna  culiorum^. 

Ergo  lux  consilii,  judex  révérende, 
Istius  dissidii  eventus  attende, 
Stateram  judicii  super  hoc  appende 
Et  finem  litigii  non  ultra  protende. 

Papa. 

Quid  dicis,  religio?  Habet  se  res  ita 
Quod  talis  dissensio  de  te  sit  audita  : 
Quod  infleris  odio,  quod,  pacis  oblita, 
Nunc  vaces  litigiis,  malis  irretita. 

Religio. 

Abel  sacrificio,  Abram  cœlibatu, 

1.  CuUorum  pour  culeorum.  La  peiue  des  parricides  était  d'être  enfermés 
dans  des  sacs  de  cuir  avec  quelque  animal  malfaisant,  et  jetés  à  l'eau.  Dans  B, 
on  lit,  au  lieu  de  cutiorum,  taleorum. 


Aaron  officio,  Moyses  primatu, 
Si  placet,  incipio  simplici  affatu 
Dicere  quse  sentio  de  mundano  statu  ; 

Et,  ne  sensu  proprio  nimis  abundare 
Dicar,  et  mendacio  sermones  inflaro, 
^7olo  testimonio  sanctorum  probare 
Non  via  sed  invio  mundum  aberrare. 

Mundata  per  calculum  seraph  incendentis, 
Jam  loquar  ad  populum  obduratco  mentis, 
Et  per  adminiculum  lapidum  torreutis 
Procedam  ad  jugulum  Goliath  ingentis. 

Scio  quod  opinio  Joannis  est  talis 
Quod  tota  divisio  status  mundialis 
Sit  fastus,  ambitio,  libido  carnalis, 
Quorum  resolutio  mors  est  infernalis. 

Mundum  per  apostolum  confundam  expresse, 
Qui  dicit  diabolum  deum  ejus  esse, 
Ut  notet  per  symbolum,  quem  habet  pênes  se, 
Utrumque  malivolum  et  i'raudis  impressœ. 

Gamaliel  congruit  proposito  meo. 
Nullus,  inquit,  destruit  quod  venit  a  Deo. 
Mundus  transit,  deiluit;  hoc  probare  queo. 
Igitur  non  habuit  descensum  ab  eo. 

Dices  mundi  vitio,  non  mundi  natur?e, 
Debetur  despectio,  et  sic  stant  Scripturœ. 
Tamen  combinatio  est  talis  mixturîP 
Quod  unum  ab  alio  vix  recedit  pure'. 

Mundus  antiphratice  mundus  nuncupatur, 
Mundus  hic  erratice  jugiter  rotatur; 
Sacro  quidem  codice  rébus  comparatur, 
Quaî  vel  sunt  maleficne,  vel  quibus  erratur. 

Vidit  hune  Antonius  laqueis  retitum, 
Necnon  unus  aUus  facibus  ignitum. 
Hune  cerrunt  exterius  fatui  melhtum. 
Qui  tum  posterius  trahit  ad  Gochytum  2. 

1.  Celte  strophe  manque  dans  B. 

2.  Dans  B,  au  lieu  de  ce  vers,  on  lit  celui-ci  : 

Sed  probant  inlerius  esse  felle  litum. 


10 

Hic  est  locus  scandali,  turris  Babylonis, 
Domus  onocrotali,  cubile  draconis, 
Mundus  est  fons  Tantali,  rota  Yxionis, 
Labyrinthus  Dedali  et  equus  Sinonis. 

Hic  est  Nabal  inscius  et  Midas  auratus, 
Hic  Goliath  spurius,  Demophon  elatus, 
Draco  babylonius,  Gerberon  spumatus, 
Hic  Absaloa  impius,  Actseon  mutatus. 

Hic  est  urna  Belidum,  oUa  prophetarum, 
Hic  sedes  Eumenidum,  hic  locus  pœnarum, 
Hic  vicus  Gorgonidum,  cantus  sirenarum, 
Hic  antrum  Cyclopidum,  vallis  salinarum. 

Nutu  diabolico  se  Babel  erexit, 
Nova  redit  Jéricho,  Gomorrha  surrexit, 
Dato  Deus  arctico,  austrum  retrovexit, 
Jam  se  fini  trogico  aurea  connexit'. 

Tantum  crescit  igitur  nefas  mundanorum 
Quod  fœtor  extoUitur  ad  astra  cœlorum. 
Miror  quod  non  solvitur  princeps  superborum, 
Quod  terra  non  scinditur  sub  plantis  eorum. 

Plus  ergo,  cum  pabulum  spiritale  dono, 
Imminens  periculum  in  quo  sunt  expono. 
Pro  rosa  dant  tribulum  et  malum  pro  bono , 
Invidise  stimulum  mihimet  appono. 

Juvenes  eripio  antequam  senescant, 
Ut  Dei  servitio  paulatim  suescant, 
Ne  confecti  senio  vitiis  tabescant 
Et  patrum  vestigio  forsan  inhserescant. 

Nec  patres  de  filiis,  sed  de  sese  plorent  ! 
Si  vacarent  vitiis  forte  lecti  forent  ; 
Ut  se  dent  cœnobiis  filios  implorent, 
Ut  pro  culpis  propriis  et  parentum  orent  ! 

Vocem  Ghristi  siccine  poteris  audire? 
Miser,  pueros  desine  ad  Christum  venire  ; 
Qui  sua  origine  filii  sunt  vise, 
A  salutis  lumine  noli  impedire. 

1.  Ce  vers  se  lit  dans  A.  Dans  B,  il  y  a  : 

Jani  sese  fini  tragico  laurea  conlexit; 
ce  qui  n'est  pas  plus  intelligible.  Le  vers  de  B  a  d'ailleurs  quatorze  syllabes. 


Il 

Ganones  conimuniter  non  cessant  clamarc  : 
Qui  proximum  graviter  viderit  peccarc 
Tenetur  fideliter  ipsum  revocare  ; 
Alias  similiter  se  monstrat  errare. 

Lege  quidam  veteri  fuit  imperatum  : 
Gum  videris  oneri  asinum  subjectum, 
lUum  numquam  prœteri,  sed  leva  gravatum, 
.  Et  reddas  itineri  plene  relevatum. 

Quod  Achab  nefario  propheta  Thesbites', 
Quod  homiui  saucio  plus  Samarites, 
Hoc  et  mundo  facio;  sed  vilis  Thersites 
Reddit  pro  subsidio  cachinnos  et  lites. 

Pieni  sunt  sermonibus  vici  et  plateœ, 
Factœ  sunt  clamoribus  raucœ  fauces  meœ. 
Cunctis  probibentibus,  nec  vox  Cananese 
Recedet  a  faucibus,  uec  verbum  Michese. 

Nullus  autem  ambigat  de  vita  claustrali 
Quin  Dominum  diligat  ritu  speciali. 
Religio  religat  frœno  spiritali, 
Ut  ad  Deum  dirigat  gratia  finali. 

Primitus  religio  fuit  instituta 
Ut,  ab  omni  vitio  prorsus  absoluta, 
Grucis  beneficio  faceret  adjuta 
Quod  cœli  perditio  foret  restituta. 

Haec  est  archa  typice  quam  Noe  contoxit, 
Scala  quam  estatice  Israël  aspexit, 
Nubes  quse  mirifice  Judœos  direxit, 
Desertum  quo  mystice  Salvator  perrexit; 

Hsec  tribus  levitica,  bfec  sancta  sanctorum, 
Hœc  turris  davidica  cum  gyris  armorum, 
Hœc  est  crux  dominica,  h;ec  est  fons  hortorum, 
Navis  apostolica,  salus  mergendorum. 

Haec  est  cœl  im  lucidum,  ha^c  micantes  stellfe, 
Hœc  est  vellus  roridum,  terra  fluens  melle, 
Hsec  hortus  Hesperidum,  ha^c  pomorum  cellse, 
Ha?c  est  manna  sapidum,  hiec  Moysi  labellai. 

1 .  Le  prophète  Élie,  né  à  Thisbé. 


12 

MUNDUS. 

Publicanum  audio  juxta  Pharisseum. 
Ego  me  despicio,  tundo  pectus  meum  ; 
Se  hic  e  contrario  laudat  ante  Deum; 
Sed  humiliatio  subsequetur  eum^. 

Si  hujus  eloquium,  pontifex,  attendis, 
Jactantiœ  vitium  solum  comprehendis  ; 
Sed,  si  mihi  spatium  ut  loquar  impendis, 
Imponam  silentium  et  finem  dicendis. 

Antiquis  temporibus  regularis  vita 
Mirandis  virtutibus  erat  insignita, 
Contenta  radicibus  et  pilis  vestita  ; 
Sed,  ut  patet  omnibus,  modo  non  est  ita. 

Degebant  in  abditis  sui  primitivi, 
Erant  pleni  meritis  cordis  excessivi  ; 
Plane  nunc  advertitis  quod  derivativi 
Ab  eorum  semitis  sunt  valde  declivi. 

Isti  qui  sunt  hodie  respectu  priorum 
Non  sunt  nisi  simiœ  respectu  virorum  ; 
Litis  et  discordise  sit  signum  istorum, 
Quod  intrat  quotidie  conventus  ipsorum. 

Exemplum  idoneum  habeo  Scripturae  ; 
Nam  sub  caput  aureum  sublimis  staturœ, 
Per  modum  spontaneum  lampadis  casuree, 
Pedem  cerno  ferreum  et  vilis  mixturse. 

Monachi  antiquitus  se  legi  divinœ 
Subjecere  penitus,  sed  hos  paulative 
Csecaverunt  redditus  et  bursse  vicinae, 
Et  sic,  acres  primitus,  fracti  sunt  in  fine. 

Tamen,  sine  dubio,  nec  fratrum  Minorum 
Déficit  religio,  nec  Prîedicatorum  ; 
Sed  credo  quod  spatio  dierum  paucorum 
Fugescet  devotio  et  fervor  eorum. 

Jam  venerunt  noviter  ordines  diversi, 
Multiformi  turpiter  colore  respersi; 

1.  On  lit  dans  B,  au  lieu  de  ce  vers  : 

Dei  maledictio  descendet  in  eum. 


13 

Turbant  mirabiliter  vultum  universi. 
Utinam  totaliter  périrent  submersi  ! 

Religio. 

Laudem  non  desidero,  gloriam  non  quœro, 
Sed  exempla  refero  pro  sciendo  vero  ; 
Eadem  quae  numéro  fui,  sum  et  ero, 
Et  ad  idem  propero  et  in  idem  spero  ; 

Sed  concedo  breviter  quod  primi  patroni 
Possunt  multiformiter  modernis  praBponi  ; 
Tamen  probabiliter  non  posset  opponi 
Quod  isti  similiter  non  sint  valde  boni. 

Sic  mater  Ecclesia,  sponsa  Redemptoris, 
Habuit  primordia  tam  miri  fervoris 
Quod  videtur  alia  respectu  prioris  ; 
Una  tamen  gratia,  una  vis  amoris. 

Fui  virtuosior  in  statu  priore, 
Quia  tum  propinquior  eram  cum  auctore; 
Tune  eram  formosior  cum  essem  in  flore, 
Modo  sum  diffusior  in  fructu  majore. 

Jam  ab  agris  venio,  commoror  in  villis, 
Ut  edocto  iabio  prœdicem  in  illis 
De  crucis  mysterio  et  ejus  vexillis, 
Exponens  in  medio  librum  cum  sigillis. 

Et  non  volo  dicere  quod  multi  claustrales 
Sub  agnino  vellere  non  sint  criminales  ; 
Nam  qui  nolunt  fugere  "vias  mundiales 
Oportet  incidere  in  culpas  mortales. 

Et  si  in  tôt  millibus  sint  decem  vel  centum 
Qui  vacent  erroribus  ,  qui  coudant  talentum, 
De  ceteris  omnibus  fiât  argumentum 
Quod  unum  in  moribus  teneant  accentum. 

Nonne  plane  legimus  quod  apostolorum 
Fuit  duodeàmus  dux  crucifixorum  ; 
Tamen  rex  altissimus  et  sanctus  sanctorum 
Erat  pastor  intimus  bujus  et  illorum. 

Dicis  quod  deûcio,  quod  ad  detrimentum 
Quotidie  venio  ;  sed  experimentum 


u 

Habes  pro  contrario,  nam  et  incrementum 
Ubique  suscipio  atque  fulcimentum. 

Et  quod  de  ordinibus  duobus  dixisti, 
De  mendosis  faucibus  falsum  elicisti. 
Malis  tuis  gratibus,  semper  erunt  isti 
Veraces  prœ  omnibus  sectatores  Christi. 

Tria  prœter  alia  sunt  per  quse  salvantur. 
Primum  est  penuria  supra  qua  fundantur, 
Secundum  scientia  in  qua  profundantur, 
Tertium  concordia  per  quam  fœderantur. 

Jam  describam  paululum  ordinem  Minorum, 
Qui  contemnunt  sseculum  et  culmen  honorum 
Et  peram  et  baculum  et  spem  metallorum  ; 
Qui  sibi  per  rivulum  virtutum  et  niorum 
Quœrunt  habitaculum  in  regno  cœlorum. 
Vestis,  pedes,  cingulum  sunt  signum  illorum. 

0  felix  tunicula,  quœ  crucem  figuras  ! 
Sed  0  felix  cordula,  quse  cœlum  mensuras  ! 
0  beata  plantula,  quœ  per  vias  duras 
Gœlica  cubicula  corpori  procuras  ! 

Franciscus  italiens  fuit  bis  patronus, 
Vir  pauper  et  modicus  et  sanctus  et  bonus  ; 
Vix  est  pagus  unicus,  \ix  est  mundi  conus* 
Quo  non  sit  authenticus  successorum  sonus. 

Stigmate  qui  vario,  et  intus  et  foris, 

Fossus,  privilégie  superni  favoris  ; 

Non  enim  cauterio  humani  laboris 

Fit  hsec  transformatio,  sed  per  vim  ainoris. 

0  miranda  novitas  stigmatum  Francisci, 
Quod  orantis  caritas  fecit  adipisci  ! 
nias  plagas  inclytas  facit  reminisci 
Quod  animas  perditas  facit  revivisci. 

Lapis  secundarius  hujus  fundamenti 
Extitit  Antonius,  vir  tanti  momenti 
Quod  papa  Gregorius  loco  cognomenti 
Vocavit  bunc  saepius  archara  testaraenti. 

1.  Coin;  voir  Ducange,  au  mot  conus. 


13 

Gum  autem  increbuit  fama  tanti  viri, 
Hœreticus  voluit  illam  experiri, 
Sed  vitrum  non  potuit  jactu  demoliri 
Per  quod  idem  habuit  Gde  stabiliri. 

De  Prœdicatoribus  possem  multa  fari. 
Pleni  bonis  moribus  sunt  et  Deo  cari  ; 
Accincti  virtutibus,  honestate  clari, 
Vacant  totis  viribus  verbe  salutari. 

Confesser  Dominicus  fuit  his  fundator, 
Totus  evangelicus  fidei  zelator. 
Hic  extitit  publicus  errorum  damnator  ; 
Sic  est  factus  cœlicus  Dei  contemplator. 

Petrus,  stirps  benevola,  huic  patri  successit. 
Hic  quasi  deicola  per  mundum  incessit, 
Hic  commenta  subdola,  hteresim  compressit, 
Trina  cum  auréola  ad  cœlum  processit. 

Nunc  figuras  applicem  istos  praîmonstrantes. 
Duo  statum  duplicem  signabant  clamantes 
Seraphim,  ad  invicem  Sanctus  triplicantes; 
Trinant  et  hi  simplicem  hymnum  hymnisantes. 

Hi  Caleph.  et  Josue,  qui  speculatores 
Sunt  terrse  mellifluaj  atque  laudatores  ; 
Isti  sunt  continue  botri  portatores, 
Nam  Christi  pra?cipue  sunt  preedicatores^. 

Hi  duœ  sunt  veteris  tubaa  Testament!, 
Ut  patet  in  Numéris,  ductilis  argenti, 
Qui  ad  domum  fœderis  nos  vocant  attenti. 
In  his  vox  prœ  ceteris  fuit  document! . 

Hi  sunt,  si  vis  capere,  Enoch  et  Helias, 
Quos  de  suo  latere  pra?misit  Messias, 
Ut  parent  summopere  sibi  rectas  vias, 
Et  tu,  pulso  scelere,  forte  bonus  fias. 

Hi  servant  munditiam  corporis  et  mentis, 
Rigantes  Ecclesiam  doctrinae  fluentis. 
Et  per  evidentiam  exempli  moventis, 
Invitant  ad  gratiam  Christi  rcsurgentis. 

1.  Cette  strophe  manque  dans  B. 


^6 

MUNDUS. 

Quanto  magis  pondéras  tuos  fundatores, 
Tanto  plus  vitupéras  suos  successores  ; 
PuUam  puUse  conféras,  moribus  non  mores  '  ; 
Si  bene  considéras  radicem  et  flores, 
Planum  est,  dégénéras,  née  ultra  pérores. 

Nam  quos  ordo  ordinat  stante  Benediclo, 
Nunc  caro  deordinat,  subdens  maledicto  ; 
Dicam  dicam,  fascinât  sic  quosdam  Ericto 
Quod  ipsos  coinquinat  thorus  in  delicto. 

Fit  hères  vernaculus  et  castrum  ruina, 
Ex  columna  baculus,  sagum  de  cortina, 
Caminus  igniculus  et  sedes  sentina, 
Pro  frumento  tribulus,  pro  ordeo  spina2. 

Jamjam  vellus  ovium  vertunt  in  lupinuni, 
Cellam  in  palatium,  solena  in  caminum; 
Olus  in  convivium,  melotam  in  linum, 
Man  in  esum  carnium  et  aquam  in  vinum^ 
Mutant,  uec  ofticium  attendunt  divinum. 
Tunicam  in  gladium  et  manum  in  sinum, 
Salicis  refugium  repulit  Martinum  ''. 

Si  prodire  videris  abbates  eorum, 
Vadunt  cum  tôt  phaleris  et  turmis  equorum 
Et  cum  tôt  armigeris  et  turba  cursorum. 
Principes  hos  dixeris  vel  duces  castrorum, 
Non  patres  putaveris  monasteriorum. 

Non  possent  procedere  de  villa  in  villam 
Quin  grues  scriniferœ  prœirent  in  illam, 
Et  habent  a  latere  cuppam  et  mapellam^. 

Respice  canonicos,  vide  regulares. 
Vide  Grandimonticos,  attende  Templares 
Et  alios  aliquos,  si  bene  notares, 
Et  in  foro  publicos  digne  reputares, 
Sensu  quasi  laicos,  victu  sseculares. 

t.  Ce  vers  manque  dans  B. 

2.  Cette  strophe  n'est  pas  dans  B. 

3.  Nous  lisons  ainsi  ce  vers  dans  A.  Il  n'est  pas  dans  B. 

4.  Ces  deux  vers  inintelligibles  manquent  aussi  dans  B. 

5.  Strophe  manquant  dans  B. 


^7 

Ita  et  barriferi,  picse  et  saccini, 
Babteni,  cruciferi  atque  Guillermini. 
Modo  sunt  in  ûeri,  nunc  aplant  se  fini. 
Reputantur  miseri,  propinquant  licrini'. 

Minores  similiter  atque  Jacobitio, 
Quanquam  discant  jiigiter,  quanquam  bonse  vitœ, 
Et  inserti  firmiter  sint  in  Christi  vite  2, 
Tenebunt  communiter  modum  via?  tritne. 

Reliqio. 

Mentiris  ut  inscius^;  rationes  certas 
Tradidi  superius  de  hoc  et  apertas, 
Quod,  si  sit  interius  divina  paupertas, 
Non  erit  ulterius  peccandi  libertas. 

Nec  deerunt  in  ordine  sancti  Benedicti, 
Qui  cum  patris  nomine  non  sint  benedicti, 
Qui  careant  crimine  et  noxa  delicti, 
Nec  a  summo  numiue  sunt  sic  derelicti. 

Sunt  ordines  alii  quos  et  tu  supportes; 
Si  sunt  equi  varii,  sunt  simul  et  fortes. 
Utcumque  supplicii  evitabunt  mortes, 
Et  cœlestis  praîmii  non  erunt  exsortes. 

Prœsumptior  omnibus,  non  est  modus  œquus 
Quod  tu  de  claustralibus  proloquaris  mœchus. 
Numquid  de  coloribus  judicabit  caîcus, 
Sive  de  saporibus  disputabit  pecus? 

Proies  Parybonica,  quid  de  nobis  curas? 
Ut  quid,  musa  Bamica*,  Homerum  mensuras? 
Orpheus  probet  musica  Dedali  structuras, 
Tipbis  quoque  nautica  Apellis  picturas^? 

MuNDUS. 

Non  est  qui  ambigeat  quod  non  regularis 
Vita  multum  habeat  boni  salutaris  ; 
Sed  si  mihi  liceat  ut  tu  confundaris, 
Probo  quod  praevaleat  status  sœcularis. 

1.  Strophe  manquant  aussi  dans  B.  Jferini  est  pcul-ôtre  pour  Erynni. 
1.  Ce  vers  est  ainsi  remplacé  dans  B  ; 

Si  nunc  concorditer  vivant  satis  rite. 

3.  Il  y  a  dans  B  :  Mendax  et  inscius  es. 

4.  En  note  :  Vilis  poêla. 

5.  Strophe  manquant  dans  B. 

2 


^8 

Sicut  apertissime  per  Paulum  habetur, 
Certanti  légitime  corona  debetur  ; 
Ergo  cum  permaxime  sseculo  certetur, 
Saeculari  animse  amplius  reddetur. 

Idem  dicit  :  Nubere  melius  quam  uri  ; 
Ergo  prae  eligere  debent  intraturi 
Statum  in  quo  libère  vivant  et  securi, 
Quam  statum  ascendere  forte  ruituri. 

Christus  non  apparuit  sicut  eremita, 
Imo  esse  voluit  communis  in  vita  ; 
Gujus  signum  praebuit  edens  cum  levita. 
Ergo  sibi  placuit  quod  essemus  ita. 

Quod  est  difficilius,  ut  dicit  moralis, 
Est  et  virtuosius  ;  ergo  cum  claustralis 
Salvetur  facilius  quam  vir  mundialis, 
Non  habebit  amplius  boni  virtualis. 

Dare  quam  accipere  magis  est  beatum  ; 
Ergo  prœ  eligere  debes  illum  statum 
Quo  possis  dividere  summam  facultatum 
Et  pie  reficere  famé  cruciatum, 
Et  ita  summopere  purgare  pcccaium, 
Quam,  te  facto  paupere,  putare  beatum, 
Panem  passim  quœrere  vicis  civitatum 
Atque  tuum  vivere  de  quadra  magnatum^. 
Turpe  est  recipere  quod  est  resignatum. 

Quia  de  perjurio  plurimum  timetur, 
Omnino  juratio  cunctis  dissuadetur  ; 
Igitur  religio  timenda  videtur, 
Cum  ejus  transgressio  gravis  reputetur. 

Qui  claustrum  ingrederis,  vales  aut  non  vales 
Portare  cum  ceteris  labores  claustrales. 
Si  non  posse  dixeris,  claustrum  non  vult  taies, 
Rhedi^  frustra  conteris  humeros  carnales. 

Si  te  posse  proferas  onus  mandatorum, 
Gur  prius  non  tuleras  quam  consiliorum  ? 
Sine  scala  proporas  ad  culmen  illorum, 
Turpiter  prasposteras  modum  agendorum. 

1.  Les  quatre  derniers  vers  ne  se  lisent  pas  dans  B. 

2.  Pour  rhedx. 


19 

Si  enim  cœlestia  contemplari  velis, 
Per  activam  expia  cor  a  corruptelis  ; 
Sicut,  verbi  gratia,  Israël  fidelis 
Post  Liae  connubia  fuit  vir  Rachelis. 

Nihil  ex  tristitia  aiit  necessitate, 

Pauli  est  sententia.  Modo  judicate. 

Isli  agunt  paria,  pari  caritate  : 

Hic  agit  ex  gratia  et  ex  libertate  ; 

Alter  prœceptoria  puisus  potestate, 

Et  forte  contraria  sua  voluntate. 

Quis  horum  per  omnia  agit  magis  grate? 

Actor  est  flagitii,  non  actor  virtutis, 
Viam  arctans  alii,  vel  ^  sibi,  salutis  ; 
Ergo,  sicut  inscii,  comparantur  brutis 
Qui  sese  cœnobii  involvunt  statutis. 

Leges  jubent  Exodi  patres  honorare 
Et  vitalis  commodi  victu  sustentare. 
Impedit  hujusmodi  claustrum  regulare; 
Ergo  sani  methodi  est  non  hoc  intrare. 

Jésus,  Sirac  filius,  satis  manifestât 
Quam  sit  nefarius  qui  patrem  molestât  ; 
Ergo  luce  clarius  non  intraudum  restât, 
Quando  pater  proprius  assensum  non  prœstat. 

Paulus  ad  Ephesios  jubet  obedire 
Parentibus  filios  ;  ergo  non  exire 
Debeut  lares  proprios  et  claustra  subire, 
Cum  parentes  proprios  vident  dissentire. 

Mendicantes  validi  Codice  damnantur, 
Ubi  falsi  languidi  taies  nominantur^; 
Igitur  sunt  stolidi  qui  his  sufTragantur, 
Cum  pingues  et  nitidi  taies  videantur. 

Quaî  sunt  culpœ  pra3Yia  debes  pra^cavere  ; 
Sed  quod  ex  inopia  multi  deliquere 
Sacra  per  eloquia  poteris  habere  ; 
Ergo  ex  penuria  non  debcs  gaudere. 

1.  Dans  A  :  non. 

2.  Dans  B,  on  lil  : 

Quia  falsi  languidi  taies  reputantur. 


20 

Salomon,  qui  docuit  rerum  veritatera, 
Divitias  noluit,  neque  paupertatem, 
Et  médium  tenuit,  non  extremitatem  ; 
Ergo  vanam  innuit  ejus  caritatem 
Qui  per  votum  renuit  omnem  tacultatem. 

Esse  sapientia  melior  censetur 
Divitiis  socia,  ut  scriptum  habetur  ; 
Quae  ergo  prsecoaia  ille  promeretur 
Qui  dimittit  propria  quibus  juvaretur? 

Qui  intras  cœnobia,  dimissis  terrenis, 
Duo  jam  dispendia  faciès  egenis  ; 
Pauperum  exitia  juvando  non  lenis, 
Pauperum  suffragia  distracturus  venis, 
Qui  in  mundo  propria  dabas  alienis. 

Omnis  qui  ingreditur  est  prudens  aut  stultus. 
Sed  stultus,  quid  nititur  in  claustrales  cultus? 
Ut  intrat  egreditur  ad  primos  insultus. 
Talis  nascens  moritur  et  vivit  sepultus. 
Quod  si  prudens  dicitur  et  homo  consultus, 
Si  sseculo  sinitur  fructus  erit  multus, 
Vitia  persequitur  et  sedat  tumultus; 
Nunc  autem  amittitur  in  claustris  occultus. 

Nunc  intrantem  cernimus  cum  magno  fervore, 
Gui  est  mensis  septimus  meta  sua3  morae. 
Ex  levi  fit  azimus  et  verrais  ex  flore 
Et  tune  error  ultimus  pejor  est  priore. 

Quilibet  dimittere  potest  monachatum, 
Et  libet  ascendere  ad  episcopatum  ; 
Non  licet  descendere,  ni  sit  dispensatum  ; 
Igitur  priPcellere  vides  illum  slatum. 

Jeronimi  lectio  monet'  quod  plangetis, 
Monachus  ofÛcio  instet,  non  docentis^; 
Ergo  prœdicatio  hujusmodi  gentis 
Est  ex  supercilio  prœsumptivse  mentis. 

Quod  si  Gliristi  cupiunt  esse  sectatores, 
Gur  cathedras  ambiunt  et  quajrunt  honores? 


1,  Dans  B  :  docel. 

2.  Dans  B  :  legent/s. 


2\ 

Jam  seipsos  faciunt  lieri  doctores 

Et  Rabi  recipiunt  et  scribarum  moros. 

Et  qui  Christo  pauperi  volunt  a(iha3rerc, 
Gur  non  possunt  liberi  loculos  habere  ? 
Qui  conformes  fieri  volunt  Paulo  vere, 
Cur  manuum  operi  non  volunt  studere? 

Proho  quod  hic  penitus  ordo  non  durabit, 
Nam  si  sumit  redditus  non  monachisabit; 
Si  non,  suos  ambitus  famés  occupabit, 
Cum  tandem  bumanitus  caritas  cessabit. 

Décréta  cum  legibus  possem  allegare 
Et  istis  ordinibus  multum  obviare, 
Nec  unum  de  millibus  possem  replicare. 
Nunc  papae  et  fratribus  placeat  dictare, 
Cum  buUis  patentibus,  scriptum  salutare, 
Quod  nullus  se  opiLus  debeat  privare, 
Prohibens  juvenibus  votum  régula re. 

Papa. 

Non  in  nostra  curia  talis  mos  habetur 
Quod  uUa  sententia  statim  fulminetur  ; 
Sed  pars  adversaria  prius  audletur 
Ut  patens  injuria  a}quius  mulctetur. 

Quod  si  scit  occurrerc  tuis  argumentis, 
Et  morsus  repellere  leonini  dentis, 
In  sole  te  plectere  diei  prœsentis 
Volumus,  pro  scelere  tuisque  figmentis'. 

Religio. 

Audivi  fantasias  Helyubizitis, 
Volventis  sententias  verbis  imperitis  ; 
Dilatavit  fimbrias  trufis  infinitis. 
Tôt  cjus  blasphemias  quid,  patres,  auditis? 

Diligenter  igitur  praedictis  inspectis, 
Facile  occurritur  illius  objcctis  ; 
Syllogismis  utitur  elenchis  confectis. 
Yel  verljis  innititur  maie-  intcUectis. 

1.  Celle  strophe  manque  dans  B. 

2.  Dans  B  :  falso. 


22 

Dicis  in  principio  de  magis  certando. 
Sed  est  responsio  ita  declarando  : 
Si  major  promotio  est  in  triumphando, 
Est  tamen  prsesumptio  in  hoc  attentando  ' . 

Ad  idem  respondeo  :  Si  majus  certamen 
Apud  mundum  \ideo,  est  annexa  tamen 
Voluptas,  et  ideo  diligis  vexamen. 
Pœna  quam  sustineo  purum  est  gravamen. 

Quod  si  gaudes  prœlio  non  annexo  sibi, 
Saltem  est  prœsumptio  quod  tu  sistis  ibi. 
Peccandi  occasio  non  displicet  tibi. 
Non  laudi,  sed  vitio  débet  hoc  adscribi. 

Es  Adam  cœlestior,  fortior  Samsone, 
Es  David  devotior,  major  Salomone  ? 
Quisque  fit  deterior  in  tentatione  ; 
Tu,  quo  modo  junior  sistis  in  agone? 

Si  ergo  de  génère  vis  esse  victorum 

Et  non  vis  prœcellere  vim  patrum  sanctorum, 

Deberes  eradere^  causas  peccatorum 

Et  multum^  metuere  conflictum  eorum. 

Dicis  quod  est  nubere  melius  quam  uri. 
Non  est  sensus  litterœ  quod  plus  sint  securi 
Quibus  libet  ^  nubere,  alias  arsuri. 
Sed  Paulus  vult  dicere  quod  vadant  nupturi 
Qui  nolunt  attingere  gradum  cordis  puri. 

Multis  gravis  creditur  status  castitatis. 
Sed  facilis  redditur  assuescendo  satis 
Et  gratus  efficitur  viris  temperatis  ; 
Et,  ut  Paulus  loquitur,  doctor  veritatis, 
Christus  et  compatitur  et  favet  tentatis, 
Nec  tentans  transgreditur  metas  pietatis. 

Dicis  :  Christus  veniens  sicut  nos  vivebat. 
Respondeo  :  Quotiens  illa  faciebat, 
Infirmis  compatiens  talem  se  prœbebat, 

1.  Cette  strophe  manque  dans  A. 

2.  Dans  B  :  debes  semper  fugere. 

3.  Dans  B  :  minus. 

4.  Dans  B  :  licet. 


23 

Ut  erat  expediens  illis  quos  docebat; 
Uesertis  esuriens  perfectos  monebat, 
Sed  de  templo  fugiens  infirmos  fovebat. 

Ad  illud  quod  dicitur  do  difficultate, 
Hoc  subintelligitur  in  auctoritate  : 
Cum  idem  efficitur  pari  caritate. 
Alias  non  sequitur  salva  veritate. 

Hoc  expiano  planius,  quod  truncum  lovare 
Multo  difficilius  est  quam  stipem  dare. 
Quod  id  non  sit  melius  non  potes  negare. 
Sic  est  mundo  potius  claustrum  introire'  ; 
Mundo  tamen  fortius  oportet  certare. 

Quod  plus  valet  asseris  dator  acceptore  ; 
Dico  quod  convinceris  glossarum  tenore, 
Qua?,  paribus  ceteris,  dicunt  illud  fore. 
Igitur  abuteris  notarda  majore. 

Ex  hoc  status  statui  numquam  ada?quatur, 
Quod  actus  actui  prccesse  dicatur  ; 
Unde  nequit  argui  quod  illud  sequatur 
Et  répugnât  sensui  quod  concludebatur^. 

Dicis  de  divitibus  :  Possunt  multa  dare. 
Multa  in  pauperibus  pacta  reformare 
Possunt,  et  in  pluribus  jam  recompensare^. 
Sunt  humiles  cordibus  et  Deum  orare 
Discunt,  et  virtutibus  seipsos  ornare. 
Bonis  spiritualibus  possunt  abundare. 

Putas  vile  petere  quod  est  resignatum. 
Hoc  in  Gbristo  paupere  fuit  exemplatum, 
Qui  cœli  dimittere  voluit  primatum 
Et  vilem  accipere  paupertatis  statum. 

Ad  illud  respondeo  de  vi  juramenti. 
Dissimilis  ratio  patet  intuenti; 
Non  enim  juratio  confert  facienti  ; 
Votum  et  roligio  prosunt  profitent!. 

1 .  Dans  B,  ce  vers  ainsi  remplacé  : 

Sic  et  saeclo  dignius  claustrum  regulare. 

2.  Cette  strophe  manque  dans  B. 

3.  Dans  B,  on  lit  :  Sed  ex  pluribus  pauperes  ditare. 


24 

Ad  id  respondeo  :  Vales  aut  non  vales. 
Dicam  enim  valeo,  nec  jussus  légales 
Per  claustrum  pertranseo,  imo  leges  taies 
Hic  melius  teneo  quam  inter  mundales, 

Una  mecum  habeo  Rachelem  et  Liam, 
Sorores  possideo  Martham  et  Mariam, 
Binam  vitam  teneo,  ut  per  binam  viam 
Me  regno  sidereo  prseparare  sciam. 

Ad  id  quod  objicitur  de  necessitate 
Respondeo  :  Dicitur  quod  ex  voluntate 
Qua  votum  aggreditur  et  ex  libertate 
Gensetur  quod  sequitur,  et  fit  votum  grate. 

Anselmus  hune  ordinem  pulchre  protestatur 
Per  similitudinem  ejus  qui  secatur; 
Nam  iicet  gravedinem  nolens  patiatur, 
Tamen  segritudinem  vitat  et  sanatur. 

Sic  est  ad  propositum  satis  congruenter. 
Multa  contra  libitum  patimur  fréquenter, 
Hoc  non  tollit  meritum,  quamvis  non  libenter% 
Nam  claustralem  habitum  sumpsimus  gratanter^. 

lUud  quod  post  subditur  rotunde  negatur^; 
Nam  si  claustro  vivitur  via  non  arctatur, 
Sed  arcta  eligitur  qua  cito  pergatur, 
Qua3  pulchrior  creditur  qua  minus  erratur. 

Nunc  oportet  solvere  ad  illud  abjectum 
Quod  de  pâtre  paupere  fuerat  confectum  ; 
Ubi  possum  ponere  talem  intellectum  : 
Multum  condescendere  debes  per  affectum  ; 
Ut  possis  succurrere  quantum  ad  effectum, 
Non  debes  dimittere  animÉe  profectum  ; 
Deus  suo  munere  supplebit  defectum. 

Dicis  temerarium  qui  patrem  oÊfendit. 
Jeronymus  filiura  laudare  contendit 
Qui  matris  suspirium  nequaquam  attendit; 
Sed  per  patrem  proprium  conculcatura  tendit 
Ad  crucis  martyrium  quod  claustrum  prœtendit. 

1.  Dans  B,  ce  vers  est  ainsi  remplacé  : 

Sed  tolum  ad  meritum  cedet  comniuniler. 

2.  Dans  B  :  gaudenter. 

3.  Dans  B  :  totum  denegaiur. 


25 

Et  Pauli  sententia  sic  intelligetur, 
Ut  obedientia  quœ  patri  debetur 
Solum  in  familia  regenda  notetur; 
Ad  cetera  omnia  nequaquam  tenetur. 

Quos  ex  lege  Codicis  condemnatos  dicis, 
Supple  de  trutannicis  in  vite  mendicis, 
Quique  vacant  lubricis  et  torpent  in  vicis, 
Non  de  evangelicis  et  Dei  amicis, 
Et  qui  apostolicis  vos  fecundant  spicis. 

Dicis  quod  inopia  sit  periculosa  ' . 
Aut  est  voluntaria,  aut  non,  sed  exosa. 
Sic  fit  meritoria,  est  et  virtuosa  ; 
Si  non,  caret  gratia  et  sic  est  damnosa. 

Et  frustra  proponitur  verbum  Salomonis. 
Illo  libro  ioquitur  plurium  personis  ; 
Est  quod  ibi  petitur  imperfectionis, 
Ut  ipse  prosequitur  in  cauda  sermonis. 

Si  instes  de  medio  quod  placebit  ei, 
Jam  fiât  distinctio  inter  nos,  et  rei 
Prima  meditatio,  id  est  actus  mei, 
Est  virtutis  ratio  in  conspectu  Dei. 

Similiter  solvitur  quod  inde  subnectis  : 
Perfectis  non  Ioquitur,  sed  minus  provectis. 
Quod  si  loqui  dicitur  etiam  perfectis, 
Hypallage  utitur  in  verbis  transvectis. 

Post  quod  sit  dispendium  egenis  opponis  ; 
Sed  patet  mendacium  prolati  sermonis, 
Nam  negas  judicium  rectœ  rationis 
Si  non  bonum  proprium  talibus  prœponis. 

Item,  qua3stuariis  non  tantum  aufertur  ^ 
Quantum  modis  aliis  eisdem  confertur. 
Fabiola  variis  laudibus  effertur 
Quod,  effusis  propriis,  mendicasse  fortur. 

Ad  id  quod  objicitur  :  Es  prudens  vel  stultus; 
Utrinque  acquiritur  et  est  fructus  mullus, 


1.  Dans  B  :  perniciosa. 

2.  Dans  B  :  offertiir. 


26 

Nam  stultus  corrigitur  per  doctrinse  cultus, 
Sapiens  perficitur  meritis  suffultus. 

Ad  illud  respondeo  de  apostatante. 
Ssepe  fit  ut,  vitio  carnis  instigante, 
Exit  a  cœnobio  causam  non  praestante, 
Et  Dei  judicio  pejor  est  quam  ante. 

Status  enim  ordinum  est  ut  quoddam  mare, 
Quod  nullum  morticinum  potest  deportare. 
Et  quem  pater  luminum  nequit  adoptare 
Extra  suum  terminum  sinit  evagare. 

Propter  hoc  fit  patulum  quod  district!  simus, 
Et  quod  nos  ad  oculum  Domino  servimus. 
Euntem  ad  sa^culum  oberrare  scimus, 
Gordis  sui  circuium  quadrare  nequimus. 

Quod  postmodum  objicis  de  statu  prselati, 
Solvendum  pontificis  sine  veritati. 
Ista  de  te  conficis,  ut  sic  indignati 
Stant  '  de  beneficiis,  contra  me  turbati. 

Ad  illud  quod  objicis  de  prœsumptione, 

In  processu  deficis,  cum  commissione 

Doceant  pontificis  ;  et  qua  ratione 

Hos  indignos  conjicis  prœdicatione, 

Quos  prudentes  conspicis  atque  fama?  bonse? 

Nec  illi  sunt  proprie  monachi  dicendi 
Quibus  leges  alise  ritusque  vivendi  ; 
Ut  régulée  série  potest  comprehendi, 
Qua  datur  eximie  formula  docendi. 

Nec  dicas  illicitas  cathedras  illorum. 
Non  legunt  ut  vanitas  Rabi  ac  honorum, 
Sed  ut  sit  auctoritas  respectu  dictorum^; 
Et  si  bene  cogitas  in  umbra  pannorum 
Quiescunt  nunc  veritas  et  verba  sanctorum. 

Nam  si  soli  legerent  sa-culares  isti, 
Jam  falsis  qu8e  dicerent  non  posset  resisti  ; 
Pro  libito  premerent  paupertatem  Ghristi. 
Ut  ab  bis  désistèrent  fuimus  admixti. 


1.  Sans  doute  sini. 

2.  Dans  B  :  doctorum. 


27 

Ad  ilkid  de  loculis  possum  respondere. 
Infirmis  et  parvulis  licet  hos  habere  ; 
Non  licet  discipulis  loculis  gaudcre, 
Missis  sine  sacculis  et  pera  et  éere. 

Quod  dicit  historia  primos  habuisse 
Omnia  communia,  non  dicit  fuisse 
Apostolis  talia,  sed  plebi  submissœ;, 
Et  hanc  necessaria  illis  divisisse'. 

Nec  hos  manualiter  cogas  laborare 
Qui  studium  jugiter  habent  frequentare; 
Nam  Paulus  faciliter  poterat  aptare 
Quod  isti  pœnaliter  habent  congregare. 

Nec  credas  quod  finiat  status  paupertatis. 
Unde  suos  nutriat  Deus  habet  satis. 
Absit  quod  deûciat  viris  timoratis 
Qui  solem  dimidiat  gratis  et  ingratis  ! 

Sancti  Job  bucellula  et  manus  Thobiœ, 
Et  Booz  manipula  et  panis  Abdiœ, 
YdriiB  farinula  et  corvus  Heliœ 
Ministrabunt  singula  nunc  et  illa  die. 

Credimus  per  omnia  Paulo  promittenti  ; 
Dabit  et  cibaria  et  semen  serenti  ; 
Virga  tamen  praevia,  qua  sumus  conlenti, 
Yalet  super  millia  auri  et  argenti, 

Hujus  imprudentiam  ponderate,  viri, 

In  quorum  prîrsentiam  prœsumpsit  montiri  ; 

Peto  per  justitiam  mihi  subveniri, 

Per  Romanam  curiam  volens  me  muniri. 

Ergo,  pater  omnium  et  successor  Christi, 
Factum  prœjudicium  patenter  audisti  ; 
Impone  silentium,  erubescant  isti, 
Abscide  liùgium,  vultu  cédant  tristi. 

Ili  quidem  sunt  garruli  ha>resum  prœcones, 
Gytharistœ  Zabuli,  gratia*  préedones, 
Meae  pacis  semuli,  mei  susurrones, 
Discordiae  geruli,  Gocyti  dracones, 


1.  Dans  B  :  tribuisse. 


28 

Qui  favore  populi  gignunt  quœstiones 
Ut  contra  me  sœculi  pugnent  nationes. 

Sanctum  Job  prseterea  afflictum  affligunt, 
Et  lingua  viperea  dolores  infligunt, 
Sartagine  aerea  Machabeos  frigunt, 
Et  cum  dira  lancea  confixos  configunt. 

Hi  statum  laudabilem  ordinis  Minorum 
Prsedicant  inutilem  et  Praedicatorum, 
Vertunt  supellectilem  Jacob  et  suorum, 
Quserunt  vuitum  similem  deorum  suorum. 

Festucam  in  aliis  oculis  videtis 
Et  in  vestris  propriis  trabem  non  sentitis. 
Vos  qui  cum  vermiculis  super  pectus  itis, 
De  cœli  aviculis  judicare  scitis. 

Sequuntur  discipulos  Ghristum  habituri  ; 
Vobis  sinunt  sacculos,  credunt  suo  juri; 
Scariotis  loculos  tenete  securi; 
Generate  parvulos  sicut  Epicuri  ; 
Melius  est  singulos  nubero  quam  uri. 

Papa. 

Causa  quœ  hic  vertitur  attenter  audita 
Jam  in  parte  cernitur  quasi  expedita; 
Nos  et  fratres  igitur  diffinimus  ila  : 
Quod  raundo  praeponitur  regularis  vita. 

Sed  debes  distinguere  breviter  et  plane. 
Aliud  est  vivere  mundo  et  mundane  ; 
Mundane  se  gerere  non  est  mentis  sanae; 
Mundo  mundum  fugere  vitse  christianse. 

Sed  remanet  qusBstio,  taediosa  satis. 
Duo  sunt  in  medio  paris  caritatis. 
Hoc  est  in  cœnobio  ;  hic,  non  dubitatis, 
Quo  major  perfectio  quo  phis  sanctitatis. 

Gedat  omne  jurgium  cum  suis  loquelis. 
Ponentes  silentium  utrisque  querelis, 
Damus  bencûcium  responsi  fidelis 
Primo,  majus  précmium  reddetur  in  cœlis. 

Cum  quis  claustrum  eligit,  se  constringens  voto, 
Lignum  Deo  porrigit,  sed  cum  fructu  toto; 


29 

Gum  quis  munduni  diligit,  Deum  corde  toto, 
Deo  fructum  dirigit,  ligiio  non  amoto. 

Exemplum  considéra  congruum  sermoni  : 
Est  arbor  fructit'era  regularis  boni 
Voluntas  et  opéra  quse  veto  deponi 
Soient,  et  sic  cetera  poterunt  exponi. 

Pro  prœiatis  loqueris  nec  erat  necesse; 
Non  sunt  tui  generis,  supra  debent  esse, 
Quibus,  et  non  ceteris,  sunt  claves  concessœ, 
A  nobis  hoc  noveris  et  tibi  prodesse^. 

Ceterum,  subtilius  causam  pondérantes, 
Jubemus  districtius,  in  scriptis  mandantes, 
Ut,  alter  alterius  onera  portantes, 
Non  sitis  ulterius  invicem  jurgantes. 

Non  est  nobis  dubiuai  an  status  virtutis 
Sit  vita  claustralium  mundo  destitutis  ; 
Et,  si  prœcedentium  inhaerent  statu tis, 
Praestat  eis  bravium  seternse  salutis^. 

Non  est  vita  aliqua,  nec  aliquis  status. 
Qui  per  apostolica  scripta  sit  probatus, 
Quin  in  mente  deica  sit  pniaordinatus, 
Quin  ducat  ad  cœlica,  quin  sit  Deo  gratus. 

Volentes  et  numerum  horum  majorari, 
Jam  duximus  iterum  decreto  firmari 
Quod  adultura  puerum  licet  tonsurari, 
Et  est  ei  liberum  cum  bis  conversari. 

Regulares  etiam  qui  ad  hoc  laborant, 
Qui  Dei  scientiam  pueris  pérorant, 
Non  tantum  Ecclesiam  Romanam  décorant 
Sed  et  multam  gratiam  cœlitus  explorant. 

Jungimus  prioribus  quod  viri  claustrales 
Informent  in  morilius  viros  mundiales, 
Qui,  conversis  vicibus,  et  atïectuales 
Ministrent  claustralibus  victus  corporales. 

1.  Les  six  strophes  qui  précèdent  manquent  dans  B. 

2.  Cette  strophe  manque  dans  B. 


30 

Nec  claustrum  afficiat  motus  hujus  rei. 
Vult  Deus  quod  sentiat  pugnam  Jubuzeei. 
Hoc  est  sinum  Goliath;  hi  sunt  Philistaei, 
Qui  ut  plus  proficiat  contradicunt  ei'. 

Hanc  qui  contra  venerit  declarationem 
Incursurum  noverit  se  damnationem  ; 
Nec  habere  poterit  relaxationem 
Nisi  hic  promiserit  satisfactionem. 

1.  Les  trois  strophes  qui  précèdent  manquent  dans  B. 


INVENTAIRE 


DU 

TRÉSOR  DU  SAINT  SIÈGE 

sous  BONIFACE  VIII 

(1295). 

(Suite  i.) 
XXII. 

CANULI  AD  SACRIFICANDDM.  RubnCCl. 

469.  —  Item,  unum  canulum^  de  auro  cum  vj.  balascis  ab  uno 
latere,  vj.  zaffiris,  uno  smaragldo,  et  xxiij.  perlis  et  ab  alia  lolidem; 
sed  ubi  est  smaragldus  ab  illo  latere,  ab  isto  est  rubinus-,  habet  etiam 

1.  Voyez  le  commencement  dans  notre  volume  de  l'année  1882,  p.  276  et  626. 

2.  Le  chalumeau  servit  dans  l'église  jusqu'à  la  suppression  de  la  communion 
sous  les  deux  espèces,  qui,  tombée  en  désuétude  dès  le  sii°  siècle,  fut  expres- 
sément interdite  par  le  concile  de  Constance  (1415).  Cet  instrument  est  dési- 
gné dans  les  textes  par  plusieurs  noms  :  calamus,  fèstula,  canniila,  sipho, 
pipa,  pugillaris.  Le  bout  que  l'on  trempait  dans  le  calice  était  large  ou  fait 
en  bouton  et  l'autre  bout  qui  se  mettait  dans  la  bouche  était  plus  petit 
et  tout  uni;  on  le  tenait  renfermé  dans  un  petit  sac  de  toile  ou  d'étoffe 
fait  exprès.  Quand  le  prêtre  avait  communié ,  il  mettait  le  gros  bout  du 
chalumeau  dans  le  calice  et  le  diacre  et  le  sous-diacre  s'en  servaient  à  leur 
tour.  Le  pape  communie  encore  aujourd'hui  avec  un  chalumeau  (Voyez  D.  Giorgi, 
De  liturcjia  romani  pontificis  in  solcmni  celebratione  missarum,  Monte  Fia- 
scone,  1731-1744,  3  vol,  in-f').  Malgré  la  défense  du  concile  de  Constance,  le 
chalumeau  continua  à  êtrr  en  usage  dans  certaines  églises  de  France,  notamment 
à  Saint-Denis.  On  trouvera  du  reste  à  ce  sujet  un  certain  nombre  de  renvois 
bibliographiques  dans  les  notes  que  Lescalopier  a  jointes  à  sonédilion  de  Théo- 
phile [Diversarum  ortium  schedula,  p.  291).  Il  ne  subsiste  aujourd'hui  dans  les 
trésors  d'église  que  fort  peu  de  chalumeaux.  Nous  avions  trouvé  dans  les  papiers 
de  Montfaucon  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  11907,  f"  20)  le  dessin  d'un  chalumeau  qui 


32 

unum  bottonum  de  opère  fili  in  quibus  sunt  v.  balasci  et  v.  zaffiri 
parvi;  pond.  j.  m.  et  ij.  une.  et  dimid. 

470.  —  Item,  unum  canulum  de  auro  cum  duabus  manicis  etuno 
pomello  in  quo  est  de  opère  nigellato;  pond 

A7i.  —  Item,  unum  canulum  de  auro  cum  duabus  manicis  de 
opère  simplici;  pond.  iij.  quar. 

472.  —  Item,  très  canulos  cum  tribus  pomellis  de  auro;  pond, 
iij .  une,  et  dimid.  scar. 

XXIII. 

NAPPETA  PURIFICATORIA.  RubriCa. 

473.  —  Item,  unum  nappetum  purificatorium '  vel  perfusorium 
de  auro  cum  una  manica. 

474.  —  Item,  unum  aliud  purifîcatorium  sive  nappetum  de  auro 
cum  una  manica  laboratum  ad  rosas;  pond.  vij.  m.  et  j.  quar. 

475.  —  Item,  unum  aliud  purifîcatorium  de  argento  deauratum 
cum  manica  ;  pond.  v.  une.  et  dimid. 

XXIV. 

coLATORiA.  Rubrica. 

476.  —  Item,  unum  colatorium^  de  argento  deauratum  cum  duo- 
bus  coperculis  de  argento  albo  junctis  in  manica  ipsius  colatorii  cum 

lui  avait  été  envoyé  de  Herford  (Westphalie)  ;  nous  espérions  que  cet  ustensile 
avait  élé  conservé  avec  les  autres  pièces  des  trésors  des  églises  de  cette  ville, 
pièces  dont  quelques-unes  sont  du  plus  haut  intérêt;  mais  une  lettre  de  M.  Ame- 
1er,  pasleur  de  Saint-Jean  de  Herford,  nous  a  appris  que  ce  chalumeau  n'existait 
plus  ;  en  revanche,  il  nous  a  signalé  (d'après  l'ouvrage  intitulé  Die  Kunst  im 
Dienste  dcr  Kirche,  de  G.  Jacob,  p.  189)  l'existence  d'un  chalumeau  d'argent 
conservé  dans  l'église  de  Wilten  en  Tyrol.  Qu'il  nous  soit  permis  de  remercier 
ici  M.  Âmeler  de  l'extrême  complaisance  avec  laquelle  il  nous  a  fourni  ces  ren- 
seignements. Nous  pourrions  citer  un  grand  nombre  de  textes  où  il  est  question 
de  chalumeaux  ;  M.  de  Linas  nous  en  a  beaucoup  fourni,  mais  il  ne  peut  entrer 
dans  notre  plan  de  faire  la  monographie  de  chaque  ustensile  dont  l'inventaire 
du  trésor  du  saint-siège  fait  mention.  On  trouvera  du  reste  dans  l'excellent 
Glossaire  arèhéologique  de  M.  V.  Gay  (au  mot  chalumeau)  la  représentation 
d'un  de  ces  instruments  et  de  nombreux  textes  se  rapportant  au  même  sujet. 

1.  Le  vase  (italien  :  nappo)  au-dessus  duquel  le  prêtre  se  lave  les  doigts  après 
avoir  communié. 

2.  La  passoire  qui  servait  à  passer  le  vin  en  le  versant  de  la  burette  dans 
le  calice. 


33 

pomello  de  auro  in  extremitate  manubrij;  pond.  ij.  m.  cL  v.  une. 
minus  quartum. 

477.  —  Item,  unum  colalorium  de  argenlo  cum  manica  totuni 
album;  pond,  unius  m.  scar. 

478.  —  Item,  unum  colatorium... 

479.  —  Item,  unum  colatorium  de  argento  deauratum  intus  cum 
manica  juncta  que  recluditur;  pond.  v.  une.  et  iij.  quar. 

XXV. 

AMPULLE   I)E   AURO   ET   ARGENTO*.    RubricCC. 

480.  —  Item,  unam  ampullam  de  auro  cum  uno  eirculo  in  pede 
de  opère  ilii,  uno  in  medio  et  uno  in  junctura  colli,  cum  quibusdam 
granatellis,  zaffirellis  et  perlis^  in  summitate  autem  est  una  grossa 
perla;  pond.  iiij.  m.  et  j.  une.  et  dimid. 

48^.  —  Item,  unam  aliam  ampullam  de  auro  cum  pede  et  collo 
longo  et  coperculo  in  cujus  summitate  est  quidam  floricellus;  pond, 
iij.  m.  et  iij.  une.  et  dimid. 

482.  —  Item,  duas  ampullas  de  auro;  pond.  ij.  m.  et  iiij.  une. 

483.  —  Item,  duas  ampullas  de  argento  deauratas  cum  pede, 
manicis  et  coperculis  ad  iiij.  angulos  cum  esmaltis  in  medio  et  junc- 
tura colli;  pond.  j.  m.  et  v.  une.  et  iiij.  quar. 

484.  —  Item,  duas  ampullas  de  argento  deauratas  cum  manicis  et 
rostris;  pond.  ij.  m. 

483.  —  Item,  duas  alias  ampullas  do  argento  deauratas  de  opère 
simplici  cum  coperculis  tantum;  pond.  j.  m.  et  iij.  une.  et  dimid. 
48G.  —  Item,  j.  ampullam  de  auro  planam  ab  uno  latere;  pond... 

487.  —  Item,  duas  alias  ampullas  de  argento  albo  cum  coperculo  ; 
pond.  vij.  une.  et  dimid. 

488.  —  Item,  très  alias  ampullas  de  argento  albas,  cum  coperculo; 
pond.  vij.  une. 

489.  —  Item,  unam  ampullam  albam  de  argento  cum  ventre  grosso 
et  collo  subtili  ad  tenendum  aquam  rosaceam  vel  aliud;  pond, 
unius  m. 

490.  —  Item  j.  ampullam;  pond.  vj.  une. 

1.  Les  burettes  pour  la  communion,  sauf  bien  entendu  len°  489  qui  décrit  une 
fiole  destinée  à  contenir  de  l'eau  de  rose. 

3 


34 
XXVI. 

TABERNACULA   DE  ARGEXTO.    RuhriCtt. 

49^.  —  Item,  unum  tabernaculum  de argento  deauratum  cum xvj . 
zaffiris  et  xij.  granatis  et  vj.  rotulis  de  esmaltis  in  porno  pedis  et  una 
crucicula  cum  crucifixo  in  summitate,  cum  iiij.  granatellis  et  uno 
turchisco  in  summitate,  cum  pisside  que  est  intus,  vij.  m.  et  iiij.  une. 

492.  —  Item,  unum  tabernaculum  de  argento  album  cum  pede  et 
coperculo,  et  una  clavicula  cum  laqueo  rubeo;  pond.  xiij.  une.  et  j. 
quartum.  Bussula'  autem  que  est  intus....;  pond.  ij.  une.  et  ij. 
quar.  et  dimid. 

XXVII. 

TflURIBULA  DE  AURO  ET  ARGENTO.    RuhriCtt. 

493.  —  Item,  unum  thuribulum  de  auro  cum  multis  imagini- 
bus,  campanilibus,  tabernaculis  et  bestiis  relevatis  in  auro  in  loco 
ubi  pendent  catenule,  cum  iiij.  esmaltis;  pond.  v.  m.  et  iiij.  une.  et 
dimid. 

494.  — Item,  conculam^,  que  est  intus,  de  argento;  pond.  ij.  une. 
et  dimid. 

495.  —  Item ,  unum  thuribulum  aureum  ad  flores  et  folia  cum 
viij.  imaginibus  in  rotulis  laboratis  ad  nigellum;  pond.  iij.  m.  et  vj. 
une.  et  dimid. 

496.  —  Item,  unum  thuribulum  de  auro,  cum  vj.  foraminibus 
in  piano  copercuH  factis  in  modum  rose;  pond.  iij.  m.  et  ij.  une. 

497.  —  Item,  conculam,  que  est  intus,  de  argento;  pond.  iij.  une. 
et  iij.  quar. 

49S.  —  Item,  unum  thuribulum  de  auro  ad  vites  et  flores;  pond. 
V.  m.  et  iij.  une.  et  iij.  quar.;  cum  concula. 

499.  —  Item,  conculam,  que  est  intus,  de  argento,  pond 

000.  —  Item,  unum  thuribulum  de  argento  deauratum  cum  iiij. 
draconibus  in  pede,  v.  campanihbus,  totidem  fenestris  et  totidem 
draconcellis  in  quibus  pendent  catenule;  pond.  viij.  m.  et  j.  une. 

30^.  —  Item,  thuribulum  de  argento  deauratum  cum  uno  cir- 

1.  Une  pixide. 

2.  Le  pelit  récipient  destiné  à  contenir  le  feu  et  l'encens. 


35 

culo  de  floribus  et  frondibus  relevatis  in  pede,  cum  multis  campani- 
libus  et  fenestris,  fractum  5  cum  concula  interiori  argentea;  pond.  v. 
m.  et  vj.  une. 

502.  —  Item,  unum  thuribulum  de  argento  deauratum  cum  cani- 
panilibus  et  fenestris;  pond 

503.  — Item,  unum  thuribulum  de  argento  deauratum  cum  viij. 
foraminibus  in  coperculo;  pond.  j.  m.  et  iiij.  une.  et  dimid. 

504.  —  Item,  unum  thuribulum  de  argento  album  laboratum  ad 
vites  et  folia;  pond.  ij.  m.  et  vj.  une.  et  dimid. 

505.  —  Item,  unum  thuribulum  de  argento  album  laboratum  ad 
YÏtes  et  folia;  pond.  j.  m.  et  vij.  une. 

506.  —  Item,  unum  thuribulum  de  argento  deauratum  cumEvan- 
gelistis  et  alils  imaginibus  relevatis;  pond.  ij.  m.  et  iij.  une. 

XXVIII. 

NAVicuLE.  Bubrica. 

507.  —  Item,  unam  naviculam  de  argento  nigellatam  cum  imagi- 
nibus relevatis  et  cocleari  cum  manica  retorla  deaurato;  pond.  iij. 
m.  et  vj.  une. 

508.  —  Item,  unam  naviculam  de  argento  deauratam  ad  compas- 
sus,  sine  pede;  pond.  viij.  m.  et  j.  une. 

509.  —  Item,  unam  naviculam  de  argento  deauratam  ;  pond.  j.  m. 
et  j.  une.  et  iij.  quar. 

5i  0.  —  Item,  unam  naviculam  de  auro  ad  figuras  relevatas  ;  pond., 
cum  cocleari  suo,  ij.  m.  et  iij.  quar. 

5i  i .  —  Item,  unam  naviculam  de  nachara  cum  pede  et  circulo, 
coperculo  de  argento  ;  et  est  fracta;  pond.  j.  m.  et  ij.  une. 

512.  —  Item,  unam  naviculam  de  ligno  et  pice^  guarnitam  de 
auro  cum  coralhs  et  perlis;  pond.  j.  m.  et  vj.  une. 

5^3.  —  Item,  unam  naviculam  de  auro  ad  esmalta  et  lapides,  cum 

cocleari;  pond 

XXIX. 

V'SA  AD  AQUAM  BENEDICTAM. 

5^4.  —  Item,  unum  vas  de  argento  ad  aquam  benedictam  cum 

1.  Nous  renonçons  à  interpréter  cet  article;  nous  ne  savons  ce  que  pouvait 
être  celte  navette  «  de  bois  et  de  poix.  » 


36 

aspersorio  de  argento,  cum  scutis  ad  bolinuni  ad  arma  Ursinorum  ; 

pond 

515,  —  Item,  unum  vas  de  argento  ad  aquam  benediclam  cum 
manico  ad  bestias  et  duobus  capitibus  leonum  in  juncLuris,  cum 
aspersorio;  pond.  v.  m.  et  ij.  une.  etdimid. 

XXX. 

CANDELABRA.    RubriCtt. 

5J6.  —  Item,  duo  magna  candelabra  ad  ponendum  coram  domino 
in  consistorlo  et  vesperis,  cum  pede  sexangulari  et  pomis  canulorum 
ad  esmalta  ;  pond 

5>l  7.  —  Item,  duo  alla  candelabra  de  argento  cum  pedibus  trian- 
gularibus  et  canulis  retortis  pro  consimili  officio;  pond.  Ij.  m.  et 
ij.  une. 

5-18.  —  Item,  duo  candelabra  de  auro  cum  pedibus  triangularibus 
et  pomis  ad  spicam;  pond.  xij.  m.  et  iiij.  une.  et  j.  quar. 

3^9.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  cum  pedibus  triangula- 
ribus stantia  supra  iiij.  leonibus  draconibus,  laborata  ad  vites,  folia 
et  fragas  ad  nigellum;  pond.  xx.  m.  et  ij.  une.  et  dimid. 

520.  —  Item,  duo  alla  candelabra  de  argento  alba  deaurata  in 
pomis  et  juncturis,  ad  vj  angulos;  pond.  viij.  m.  et  vij.  une. 

521 .  —  Item,  duo  alla  candelabra  de  argento  cum  pedibus  rotun- 
dis  deauratis,  cum  canulis  laboratis  ad  folia;  pond,  viiij.  m.  et  vij.  une. 

522.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  deaurata  cum  pedibus 
triangularibus  ;  pond 

323.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  cum  aliquibus  laboreriis 
ad  nigellum;  pond 

524.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  fracta  super  duobus  ele- 
phantibus;  pond.  v.  m.  et  vij.  une.  et  dimid. 

525.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  parva  sexangulata,  cum 
pomo  deaurato;  pond.  ij.  m.  et  iiij.  une. 

526.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  quadra  cum  duobus  can- 
delabris  per  quodlibet  et  quodlibet  stat  supra  iiij.  leonibus;  pond 

527.  —  Item,  duas  plactas  de  argento  ad  ponendum  sub  ipsis  can- 
delabris;  pond 

528.  —  Item,  unum  candelabrum  factum  in  modum  scutelle  de 
argento  cum  tribus  pedibus;  pond.  ij.  m.  et  iij.  une.  et  dimid. 


37 

529.  —  Ilem,  unam  lanlhornam^  de argento  cum  manicaconcava; 
pond 

530.  —  Item,  duo  candelabra  de  argento  deaurata  cum  pcdibus 
rotundis,  pond 

53^.  —  Item,  duo  magna  candelabra  cum  pedibus  rotundis  de 
argento,  quorum  quodiibet  liabet  tria  capita  pro  pedibus  et  in  piano 
tria  scuta  ad  arma  régis  Francie  et  in  canulo  vij.  poma  de  nicbilo, 
calcidoni[o]  et  sardonice,  et  vj.  poma  de  argento  retorta  cum  scutel- 
lis  suis;  pond 

532.  —  Item,  duo  candelabra  cum  pedibus  de  argento  laborataad 
folia  cum  opère  fdi,  et  ad  bolinum,  unum  cum  xiiij.  granatis  in  cas- 
tonibus  et  v.  zaffiris  et  xj.  perlis,  et  aliquibus  multis  aliis  granatel- 
lis  et  turchiscis  ;  canuli  autem  et  poma  sunt  de  jaspide  et  cristallo, 
et  scutella  de  argento  deaurata  et  due  rosule  una  cum  zaffiro,  et  alia 
cum  granato;  aliud  non  est  de  simili  opère;  lamen  déficit  in  pede 
una  rosula  et  duo  lapides;  pond.  xvij.  m.  et  v.  une.  et  dimid. 

533.  —  Item,  duo  candelabra  cum  canulis  de  jaspide  et  pomis  de 
calcidonio  iiij.  per  quodiibet,  cum  pedibus  de  ère  deaurato;  pond, 
xiij.  m.  et  vij.  une. 

534.  —  Item,  duo  candelabra  de  cristallo  cum  pedibus  triangula- 
ribus;  in  quorum  altero  sunt  iij.  granati,  iiij.  zaffiri  et  due  praxine, 
et  vj.  perle;  in  alio  vero  sunt  vj.  zaffiri,  iiij.  praxine,  unus  granatus 
et  vj.  perle;  pond.  xj.  m.  et  ij.  une. 

XXXI. 

ANNULI  rOXTIFICALES  ET  SIMPLICES. 

535.  —  Item,  unum  annulum  pontificalcm  de  auro  cum  quinque 
grossis  balascis  et  iiij.  perlis;  pond.  iiij.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid. 

536.  —  Item,  unum  alium  annulum  pontiflcalem  de  auro  cum 
uno  zaffiro  in  medio  rotundo  et  iiij.  grossis  balascis  et  iiij.  perlis; 
pond.  iiij.  une.  et  iiij.  den.  proven. 

537.  —  Item,  unum  annulum  pontificalcm  cum  uno  grosso 
rubino  in  medio,  et  "iij.  smaragldis,  quorum  unus  est  fractus,  et 
iiij.  robinis;  pond.  ij.  une.  et  dimid.  et  med.  quar.  etij.  den.  proven. 

538.  —  Item,  unum  annulum  pontificalcm  cum  uno  zaffiro  in 

1.  Une  lanterne. 


38 

medio  et  circa  eum  sunt  duo  balasci  et  duo  smaragldi,  et  xij.  perle; 
pond.  ij.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid. 

539.  _  Item,  unum  annulum  pontificalem  ad  vj.  folia  cum  iiij. 
balascis  et  iij.  zaffiris,  et  uno  fdo  de  periis;  pond.  j.  une.  et  iij. 
quart,  et  iij.  den.  proven. 

540.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  smaragldo 
quadro  in  medio  et  iiij.  aliis  minoribus  smaragldis  et  iiij.  grossis 
periis  circa  eum  cum  uno  filo  de  parvis  periis  ;  pond.  j.  une.  et  iij. 
quar.  et  dimid.  et  iij.  proven. 

54j.  _  Item,  unum  annulum  pontificalem  cumv.  smaragldis  non 
multum  magnis  et  iiij.  aliis  minoribus,  laboratum  de  opère  fili  ;  pond, 
iiij.  une.  et  iij.  quar.  et  ij.  den.  proven. 

542.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  una  praxina  vel 
smaragldo  pingui  quadro  in  medio,  qui  habet  in  iiij.  angulis  iiij. 
perlas  et  iiij.  médias  lunas  de  esmalto  et  vij.  granatellos;  pond.  ij. 
une.  et  dimid.  et  j.  den.  proven. 

543.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  smaragldo 
quadro  in  medio  et  uno  filo  perlarum  cum  vj.  foliis  de  esmalto;  pond. 
j.  une.  et  dimid.  quar.  et  ij.  proven. 

544.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  anliquum  cum  una 
praxina  sive  esmaragldo  fracto  et  xvj.  periis;  et  parle  interiori  est 
figura episcopi ad nigellum ;  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  ij .  den.  proven. 

545.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  grosso  zaffiro 
in  medio  et  viij.  aliis  minoribus  circa  eum  et  xxj.  perlas  grossas; 
pond.  iij.  une.  et  dimid. 

546.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  grosso  zaffiro 
in  medio  et  vj.  aliis  minoribus  in  vj.  foliis  circa  eum  cum  uno  giro 
de  periis;  pond.  ij.  une,  et  iij.  quar.  et  dimid.  et  iiij.  den.  proven. 

547.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem,  cum  uno  zaffiro 
obscuro  in  medio  et  iiij.  granatis  et  iiij.  praxinis  circa  eum  cum  uno 
filo  de  periis;  pond.  ij.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid.  et  ij.  proven. 

54fi.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  antiquum  cum  uno 
zaffiro  in  medio,  et  iiij.  granatis,  et  iiij.  foliis  de  esmaitis,  etvj.  per- 
iis, alias  laboratum  de  opère  fili;  pond.  iij.  une.  et  iij.  quar.  et  j. 
den.  proven. 

549.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  zaffiro  ubi 
est  faciès  sudarii'  sculpta,  cum  iiij.  granatis  et  iiij.  periis  grossis  ; 
pond.  j.  une.  et  dimid.  et  iiij.  den.  proven. 

1.  C'est-à-dire  un  saphir  portant  gravée  en  creux  la  Sainte  Face  de  Véronique  ; 


39 

530.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  ciim  uno  zaffiro  oblongo 
in  medio,  ij.  granatis  et  j.  smaragldo  et  iiij.  zaffiris;  et  est  de  opère 
fili;  pond.  iij.  une.  et  j.  quar.  et  iij.  proven. 

55-1 .  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  in  medio  et  circa 
eum  sunt  iiij.  granatelli  et  iiij.  zaffirelli  et  in  ultimo  est  unus  circu- 
lus  de  smaragldis,  perlis,  lurchiscis;  et  est  de  opère  fili;  pond.  ij. 
une.  et  j.  quar.  et  ij.  proven. 

532.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  grosso  olîlongo  in 
medio,  et  duobus  circulis  de  granatellis  et  smaragldinis;  pond.  j. 
une.  et  dimid.  et  iij.  proven. 

553.  —  Item,  unum  annulum  grossum  simplicem  cura  uno  grosso 
zaffiro  multum  obscuro  quasi  in  modum  scuti-,  pond.  iiij.  une.  et 
iij.  quar. 

554.  —  Item,  unum  alium  annulum  grossum  cum  uno  grosso  zaf- 
firo claro  sine  alio  laborerio;  pond.  iij.  une,  et  ij.  quar.  et  dimid.  et 
j.  proven. 

555.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  zaffiro  in 
cujus  circuitu  sunt  littere  virides;  pond.  ij.  une.  et  iiij.  proven. 

556.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  parvum  cum  uno  rubino 
grosso  oblongo  circa  quem  est  unus  circulus  de  xvj.  smaragldis  par- 
vis et  interius  est  laboratus  ad  nigellum  cum  una  imagine  episcopi  ; 
pond.  j.  une.  et  dimid. 

557.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  cristallo 
tincto  in  colore  balasci  et  cum  uno  circulo  in  quo  sunt  iiij.  zaffirelli 
iiij.  smaragldi  et  viij.  perle-,  pond,  unius  une. 

558.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  granato  et  iiij.  perlis  gros- 
sis; pond.  j.  une.  et  iiij.  den.  proven. 

559.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  granato  oblongo  et  uno 
circulo  in  quo  sunt  zaffirelli  et  smaragldi  parvi;  pond.  iij.  quar.  et 
dimid.  et  ij.  den.  proven. 

560.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  granato  et  iiij.  perlis  et 
ij.  granatellis  et  duobus  turchiscis  cum  litteris  in  annulo;  pond. 
j.  une. 

561.  —  Item,  unum  annulum  laboratum  de  opère  fili  cum  uno 
vitro  vel  cristallo  rubeo  in  modum  medie  lune;  pond.  j.  une.  j.  quar. 
et  dimid.  et  j.  den.  proven. 

562.  —  Item,  unum  annulum  cum  opère  fili  in  quo  est  unus  gra- 

il  s'agit  par  conséquent  ici  d'une  pierre  gravée  au  moyen  âge  el  non  d'une  pierre 
antique. 


40 

natus  grossus,  ij.  praxine,  iiij.  zaffirelli  et  ij.  topaci  et  unum  filum 
de  perlis;  pond.  ij.  une.  et  j.  qiiar.  et  dimid,  et  ij.  den.  proven. 

563.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  amatista  grosso  et  rotundo 
et  xxiiij.  perlis  circa  eum  in  uno  giro  de  rosectis  in  quibus  sunt 
balascuii  parvi;  pond.  iij.  une.  et  quar.  et  ij.  den.  proven. 

564.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  grosso  cum  uno 
circulo  de  opère  fili  ubi  sunt  vj.  zaffirelli,  iiij.  balascioli  et  ij.  tur- 
chisci;  pond.  iij.  une.  et  dimid. 

565.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  longo  circa  quem 
sunt  iij.  balasci,  et  iij.  zaffîri,  et  iij.  praxine,  et  iij.  perle,  cum  uno 
circulo  de  xxxv.  perlis  grossis;  pond.  iij.  une.  et  dimid.  et  med. 
quar.  et  iiij.  den. 

566.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  grosso  et  iiij.  per- 
lis grossis  in  iiij.  angulis,  laboratum  de  opère  fili;  pond.  ij.  une.  et 
iij.  quart,  et  den.  iiij.  proven. 

567.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  rotundo  et  grosso 
et  uno  circulo  de  esmalto  viridi  ubi  sunt  iiij.  perle;  pond.  ij.  une.  et 
ij.  quar.  et  dimid.  et  ij.  den. 

568.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  topacio  claro 
quadro,  cum  vj  foliis  de  esmalto  violaceo  et  uno  fîlo  de  perlis;  pond, 
j.  une.  et  dim.  et  j.  den.  proven. 

509.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  topacio  in 
quo  sunt  alique  sculpture^  circa  quem  sunt  iiij.  zaffirelli,  et  iiij.  gra- 
nati.  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid. 

570.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  obscuro  vel  poriodo^ 
oblongo  et  circulo  ubi  sunt,  v.  granateli  et  v.  zaffirelli  ;  pond.  j.  une. 
et  iij.  quar.  et  iij.  den. 

57'1.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  quadro  claro  labo- 
ratum ad  vites,  et  nigellum,  ubi  sunt  ij.  rosule  cum  duobuslapillis; 
pond,  unius  une.  et  dimid.  et  iij.  den. 

572.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio. 

573.  —  Item,  unum  annulum  amplum  rotundum  cum  uno  zaffiro 
parvo  in  medio  in  una  rotula  de  esmalto  et  vj.  smaragldis  in  circulo 
exteriori  ac  xij.  frustris  de  esmalto  et  vj.  granatellis  et  vj.  turchiscis 
et  laboratum  de  opère  fili;  pond.  iiij.  une.  et  dimid.  et  j.  den.  proven. 

574.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  cameo  in 
medio  in  quo  sunt  multe  imagines  albe  in  campo  nigro,  circa  quem 

1.  Un  topaze  gravé. 

2.  Un  péridot  (periodus),  pierre  fine  d'un  vert  jaunâtre. 


4^ 

est  unus  circulas  de  balascis  parvis;  in  secundo  circulo  sunl  viiij. 
zaffirelli  et  viij.  perle  et  in  circulo  ulteriori  sunt  viij.  balascioli  et  vj. 
perle  cum  castonibus;  pond.  ij.  une.  et  dim.  et  médium  quar.  et 
V.  den. 

575.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  cameo  in  quo 
est  una  figura  hominis  jacentis  et  una  stans  ad  capud  et  alla  ad  pedes 
ipsius  cum  una  arbore  in  campo  nigro;  circa  quem  est  unus  circu- 
lus  de  smaragldis  et  in  alio  circulo  ulteriori  sunt  iiij.  granati,  et  iiij. 
zaffiri  de  Podio  et  viij.  perle  in  castonibus;  pond.  iij.  une.  et  med. 
quar.  et  ij.  den. 

576.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  cameo  magno  in  quo  est 
média  imago  mulieris  tenentis  unum  florem  in  cujus  summitate  est 
unus  caput;  pond.  ij.  une.  et  iij.  quar.  et  j.  den.  proven. 

577.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  cameo  in  medio  in  quo  est 
unum  caput  cum  barba  protensa  in  campo  nigro  -,  ipse  autem  annu- 
lus  est  ad  folia  relevata  cum  opère  fdi  et  foliis  de  esmaltis  cum  lur- 
chiscis  et  zaffirellis;  pond.  iij.  une.  et  iij.  quar.  et  ij.  den.  proven. 

578.  —Item,  unum  alium  annulum  cum  uno  cameo  oblongo  in 
quo  est  unum  caput  quasi  album  cum  una  garlanda;  in  cujus  cir- 
cuitu  sunt  vj.  smaragidi  et  vij.  rubinelli-,  pond.  j.  une.  et  dim.  et 
med.  quar. 

579.  _  Item,  unum  annulum  cum  uno  cameo  nigro  in  quo  est 
unum  caput,  cum  uno  circulo  ubi  sunt  ix.  smaragidi  parvi  et  x. 
balascioli  sive  rubinelli  ;  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  dim.  et  ij.  den. 

580.  —  Item,  unum  annulum  pontificalem  cum  uno  cameo  parvo 
in  medio  in  quo  est  imago  Virginis  cum  filio  in  campo  nigro ^  ;  circa 
quem  est  unus  circulus  de  parvis  smaragldis;  in  secundo  circulo 
sunt  iiij.  perle  et  iiij.  balascioli;  in  ultimo  vero  circulo  sunt  iiij. 
balasci,  viij.  perle  et  iiij.  zaffiri;  pond.  j.  une.  et  dimid.  et  ij.  den. 

58i .  —  Item,  unum  annuluQi  parvum  cum  uno  parvo  cameo  nigro 
in  quo  est  unus  homo  cum  panno  supra  se  ;  circulus  cujus  est  de 
perlis,  granalellis  et  smaragldis  parvis;  pond.  ij.  quar.  et  dim.  et 
ij.  den. 


1.  Est-il  nécessaire  de  faire  remarquer  que  ce  camée  ne  représentait  peut- 
être  pas  la  Vierge,  mais  une  ligure  antique  sur  laquelle  le  rédacteur  de  l'in- 
ventaire a  mis  ce  nom?  Toutefois  il  est  à  remarquer  que  le  rédacteur  de  l'inven- 
taire était  assez  versé  dans  l'étude  de  l'antiquité  pour  reconnaître  une  ligure 
d'Hercule  (n°  619).  M.  Miintz  {les  Arts  à  la  cour  des  papes,  II,  p.  160-161)  a 
déjà  signalé  ce  fait. 


42 

582.  —  Item,  unum  annulum  ponLificalem  cum  uno  esmalto 
rotundo  ubi  est  imago  Virginis  cum  uno  giro  deperlis;  pond.  j.  une. 
et  j.  quar.  et  dim.  et  iiij.  den.  proven. 

583.  —  Item,  rubinum  oblungum  quo  papa  utitur;  pond 

384.  —  Item,  unum  annulum  cum  robino  piano  et  pulchro  magno; 
pond.  j.  une.  et  j.  quar. 

385.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  robino  qui  habet  unum 
obturatum  de  modico  auro;  pond.  iij.  quar.  et  dim.  et  iiij.  proven. 

386.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  quadro;  pond, 
dimid.  une.  et  ij.  proven. 

587.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  quadro;  pond, 
dimid.  une.  larg. 

388.  —  Item,  unum  annulum  cum  balasso  quadro  ;  pond,  unius 
quart,  et  dimid.  et  j.  den. 

589.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  non  quadro  sed 
oblongo;  pond.  j.  quar.  et  dim.  et  iiij.  proven.  scar. 

■    590.  —  Item,  unum  annulum  cum  balasso  oblongo  ;  pond.  j.  quar. 
et  dimid.,  et  j.  d.  scar. 

59^ .  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  quasi  in  modum 
scuti,  cum  duobus  foraminibus  obluratis  de  auro;  pond.  j.  quar.  et 
dimid.  et  unus  den. 

592.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  quasi  simili  pre- 
diclis;  pond,  unius  quar.  et  dim.  et  j.  den.  proven. 

593.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  rotundo  vel  gra- 
nato  in  quo  est  sculptus  unus  Agnus  Dei  ;  pond,  unius  quar. 

394.  —  Item,  très  annulos  cum  tribus  rubinis  parvis  ;  pond,  simul 
unius  quar.  minus  dimid.  den. 

595.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  balasso  factum  ad  modum 
antiquum;  pond.  dim.  une.  min.  ij.  den. 

590.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  smaragldo  rotundo  ;  pond..: 

397.  —  Item,  unum  alium  annulum  cum  uno  smaragldo  rotundo  5 
pond 

398.  —  Item,  unum  annulum  cura  uno  smaragldo  quadro  cum 
duabus  bestiis  ad  alas  nielatas;  pond.  dim.  une.  et  ij.  den. 

599.  —  Item,  alium  annulum  cum  uno  smaragldo  in  brancis  ;  pond, 
dim.  quar.  et  ij.  den. 

600.  —  Item,  unum  annulum  quasi  accutum  cum  uno  smaragldo; 
pond.  j.  quar.  et  dim.  et  ij.  den.  strit. 

60 1 .  —  Item,  decem  annulos  parvos  cum  parvis  smaragldis  diver- 
sarum  formarum;  pond.  dim.  une.  et  dim.  quar.  et  j.  den.  larg. 


43 

602.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  grosso  rolundo-, 
pond.  iij.  quar.  et  dimid.  et  ij.  den. 

603.  —  Item,  unum  alium  annulum  cum  uno  zaffiro;  pond, 
unius  une. 

604.  —  Item,  unum  annulum  cum  zaffiro-,  pond.  j.  une.  et  dim. 
quar.  et  j.  den. 

605.  —  llem^  unum  annulum  cum  uno  zaffiro;  pond.  ij.  quar. 
et  dim.  et  iiij.  proven, 

606.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  longo-,  pond.  j. 
quar.  et  dim.  et  unius  den. 

607.  —  Item,  unum  annulum  cum  zaffiro  quasi  simili  predicto 
in  forma;  pond.  j.  quar.  et  j.  den. 

608.  —  Item,  unum  annulum  cum  zaffiro  quasi  rotundo;  pond.  j. 
quar.  et  iij.  den.  scar. 

609.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  quasi  quadro ;  pond, 
unius  quar.  et  unius  den. 

610.  —  Item,  unum  annulum  cum.  zaffiro  in  quo  est  sculptum 
unum  capud  ;  pond.  j.  quar.  et  iij.  den. 

6^^.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  obscuro  quasi  viridi 
ad  modum  medie  lune  cum  branchiis  longis  ;  pond,  trium  quar.  et 
dimid.  et  j.  den. 

612.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  zaffiro  quadro  grosso; 
pond.  iij.  quar.  et  iij.  den. 

6i3.  —  Item,  tredecim  annulos  cum  xiij  zaffiros  diversarum  for- 
marum  et  colorum;  pond,  inler  omnes  j.  une.  et  iij.  quar.  et  ij.  den, 

614.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  granato  quadro.  pond, 
dim.  une. 

6-15.  —  Item,  iiij.  annulos  bone  magnitudinis  et  unum  minorem 
cum  V.  granatis,  sed  unus  de  eis  vidclur  cristallus  et  est  in  argento; 
pond,  inter  omnes  j.  une.  et  j.  quar.  et  j.  den. 

616.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  diamante  inclusoin  fcrro; 
pond.  j.  quar.  et  dim.  et  duorum  den. 

617.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  diamante  ad  vj.  angulos; 
pond.  iij.  den.  et  dira. 

6^8.  —  Item,  unum  annulum  amplum  cum  unacarniolaazurina^ 


1.  Il  y  a  ici  une  erreur;  il  n'y  a  pas  de  cornaline  bleue;  il  s'agit  probablement 
de  lapis. 


44 

in  qua  est  unus  leo  qui  tenet  unam  bestiam  sub  se.  pond.  j.  une, 
minus  j.  den. 

6^9.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  lapide  qui  est  ab  uno 
capite  quasi  rubeus,  in  medio  albus,  et  in  pede  quasi  crocius,  in  quo 
est  sculptum  Hercules,  pond.  dim.  une.  et  j.  den. 

620.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  amatista  ligato  in  branchis, 
pond,  j,  quar.  et  iij.  den. 

621 .  —  Item,  decem  annulos  cum  x.  cameis  diversorum  colorum 
et  formarum,  cum  diversis  sculpturis;  pond.  ij.  une.  etj.  quar.  et 
dimid.  etj.  den. 

622.  —  Item,  iiij.  annulos  cum  iiij.  lapidibus  rotundis  de  calcido- 
nio  albo  et  nigro;  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  ij.  den. 

623.  —  Item,  ij  .annulos  cum  duobus  lapidibus  petrudonis^  -,  pond, 
iij.  quar.  et  dim.  et  ij.  den. 

624.  — Item,  duos  annulos  cum  duobus  topatiis  quadris;  pond, 
ij.  quar.  et  v.  den. 

623.  —  Item,  unum  annulum  cum  uno  topacio  de  oriente;  pond, 
j.  quar.  et  dim.  et  iij.  den. 

626.  —  Item,  unum  annulum  de  argento  cum  uno  nichilo  inciso; 
pond.  dim.  quar.  et  iij.  den. 

627.  —  Item,  duos  annulos  cum  duobus  lapidibus  qui  fuerunt  de 
sepulchro  Domini;  pond.  j.  quar.  et  duorum  den. 

628'.  — Item,  unum  annulum  sine  lapide,  in  medietate  retortum; 
pond.  j.  une.  et  v.  den. 

628^.  —  Item,  unum  annulum  sine  lapide,  cum  litteris  arabicis; 
pond.  j.  quar.  et  dim.  et  unius  den. 

628  ^.  —  Item ,  unum  annulum  parvum  sine  lapide ,  cum  lit- 
teris. 

628'''.  —  Item,  unum  zaffirum  in  modum  scuti  inclusum  in  auro 
cum  una  catenula  de  argento  et  duabus  perlis  ;  pond.  ij.  une.  et  dim. 
et  dim.  quar.  et  ij.  den. 

628^.  —  Item,  unum  alium  zaffirum  perforatum  cum  guarni- 
mento  ad  apppendendum  cum  laqueo  et  theca  decorio  ;  pond.  j.  une. 
et  dim.  quar. 

628*"'.  —  Item,  duos  annulos  cum  duabus  perlis  per  quemlibet  ad 
tenendum  annulum;  pond.  j.  une.  et  dim.  quar.  et  iij.  den. 

1.  La  même  chose  que  le  péridot  (?). 


/.5 
XXXII. 

AccDS.  Bubrica. 

629.  —  Item,  novem  accus  ^  de  auro  cum  novem  zaffiris,  quarum 
sex  sunt.  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid. 

630.  —  Item,  duas  accus  cum  duabus  grossis  perlis,  in  quarum 
altéra  est  unus  balassus  parvus^  pond.  ij.  quar.  et  dim.  et  j.  den. 

63^ .  —  Item,  unam  aliam  accum  cum  uno  granalo  perforalo  et 
duabus  perlis  grossis  ^  pond,  unius  quar.  et  j.  den. 

632.  —  Item,  très  accus,  unam  cum  uno  granato,  aliam  cum 
période  et  aliam  cum  zaftîro  parvo  claro;  pond.  iij.  quar.  dim.  et 
ij.  den. 

XXXIII. 

LAPIDES  CUM  CASTONIBUS  ET  SINE  CASTONIBDS. 

633.  —  Item,  xxij.  zaffiros  de  oriente  inter  grossos,  et  minutos. 

634.  —  Item,  X.  zaffiros  viles  de  Podio. 
633.  —  Item,  vj.  balassos  non  pulchros. 

636.  —  Item,  viiij.  amatistos. 

637.  —  Item,  unum  calcidonium. 

638.  —  Item,  unum  balassum  in  quo  est  sculpta  média  majestas'^, 
et  est  inclusus  in  auro  cum  litteris. 

639.  —  Item,  unam  corniolam  fractam  in  uno  angulo. 

640.  —  Item,  unam  corniolam  cum  uno  capite. 

64 1 .  —  Ilem,  unum  cameum  inclusum  in  auro  cum  uno  capite  albo. 

642.  —  Item,  xxij.  praxinas  viles. 

643.  —  Item,  xlv.  castoncellos,  inter  grossos  et  minutos,  quorum 
duo  sunt  esmaltati  ;  pond.  ij.  une. 

644.  —  Item,  xviij.  alios  castoncellos,  inter  grossos  et  minutos, 
in  quibus  sunt  zaffirelli  et  vilra,  et  allexandrini^;  pond.  ij.  une.  et 
iij.  quar.  et  dim. 

1.  Litléralemeat  «  aig-iilles  »;  nous  dirions  aujourd'hui  épingles,  car  il  ne 
peut  être  question  ici  d'aiguilles  pour  coudre,  mais  de  tiges  de  métal  aiguës  à 
l'une  de  leurs  extrémités  et  ornées  d'une  pierre  précieuse  formant  télé  à  l'autre, 
destinées  A  fixer  les  différentes  parties  du  vêtement. 

2.  C'est-à-dire  une  ligure  de  majesté  vue  à  mi-corps. 

3.  Peut-être  des  rubis. 


46 

645.  —  Ilem,  iiij.  castoncellos  cum  iiij.  praxinellis. 

646.  —  Item,  ij.  castoncellos  cum  duobus  amatistis. 

647.  —  Item,  vj.  rosulas  de  auro  cum  novem  granatis  et  aliqui- 
bus  perlis  et  praxinellis  ;  pond.  j.  une.  et  iij.  quar.  et  dimid. 

048.  —  Item,  xxxiij.  cristallos,  computatis  grossis  et  minutis. 

049,  —  Item,  unum  lapidem  inclusum  in  tribus  branchis  de  auro. 
C50.  — Item,  unum  castonura  cum  uno  zaffiro  grosso;  pond. 

dimid.  une. 

651.  —  Item,  unum  lapidem  de  jaspero  iji  quo  est  una  figura  ex 
una  parte. 

652.  —  Item,  unam  ramam  de  diaspero  cum  una  catenula  de  auro. 

653.  —  Item,  tria  cornua  parvulina  guarnita  de  argento. 

654.  —  Item,  unam  ligatiam'  in  qua  sunt  amatiste,  coralli  et 
periodi  et  alii  viles  lapides. 

XXXIV. 

NUSCE.  Rubrica. 

655.  —  Item,  unam  nuscam  ^  cum  uno  lapide  in  medio  ubi  est 
sculpta  imago  Salvatoris  in  podio  nigellato,  uno  granato  in  quo  est 
sculptum  unum  capud,  uno  balasso,  sex  cristallis  tinctis,  uno  balasso 
parvo,  trijjus  smaragldis  et  duobus  vitris,  quinque  perlis  grossis,  viij. 
perlis  minoribus  et  v.  zaffiris  minoribus  in  appendiciis  que  sunt  in 
latere;  pond,  cum  laqueo  rubeo  duarum.  m.  vi.  une.  et  dimid. 

656.  —  Item,  unam  nuscam  cum  una  aquila  in  cujus  alis  et  cor- 
pore  et  cauda  sunt  iiij.  balassi,  ...  zaffiri  et  ante  pectus  tenet  cruci- 
culam  de  ligno  vere  crucis,  et  in  secundo  circulo  sunt  iiij.  pulchri 
et  grossi  zaffiri  et  quatuor  perle  grosse  :  in  extremo  vero  sunt  xij 
balasci  cum  duabus  fîbulis,  in  quarum  qualibet  sunt  iij.  smaragldi 
parvi  et  iij.  perle;  pond,  cum  laqueo  ij.  m.  et  v.  une.  et  j.  quar. 

657.  —  Item,  unam  nuscam  cum  zaffiro  rotundo  in  medio,  cum 
uno  circulo  circa  eum  de  sraaragldis  parvis-,  in  secundo  circulo  sunt 
iiij.  balassi  et  iiij.  praxine  et  viij  perle;  in  alio  circulo  sunt  iiij. 
zaffiri  grossi  et  iiij.  parvi  et  viij.  perle  grosse  et  in  iiij.  angulis  sunt 

1.  Une  liasse,  un  petit  paquet. 

2.  Le  mot  nusca  s'emploie  indistinctement  pour  désigner  un  médaillon,  un 
ornement  d'orfèvrerie  ou  une  agrafe  ;  ici  il  s'agit  vraisemblablement  d'agrafes 
de  chapes  dont  quelques-unes  contenaient  des  reliques.  Voyez  du  Gange, 
v  nusca,  et  Gay,  Glossaire  archéologique,  \°  affiche. 


47 

iiij.  balasci;  pond.,  cum  laqueo,  j.  m.  et  iiij.  une.  et  dim.  quar. 

658.  —  Item,  unam  nuscam  cum  crucicula  de  ligno  vere  crucis  in 
medio,  et  ij.  smaragldis,  iij.  perlis,  vi.  zaffiris  et  iiij.  balascis  cum 
uno  laqueo;  pond.  vij.  une.  ij.  quar.  et  dimid. 

C59.  —  Item,  unam  nuscam  cum  uno  zaffiro  in  medio  et  iiij. 
cameis  cum  iiij.  capitibus,  iiij.  perlis,  iiij.  smaragldis  parvis,  iij. 
granatellis,  et  viij.  perlis  grossis  in  rosetis;  pond.,  cum  catenula,  j. 
m.  et  iij.  une.  et  dim. 

660.  —  Item,  unam  nuscam  cum  granato  in  medio,  iiij.  praxinis, 
iiij.  balascis  et  xij.  rosetis  de  perlis;  pond.,  sine  catenula  et  laqueo, 
iiij.  une.  scar. 

66^.  —  Item,  unam  nuscam  que  etiam  potest  esse  annulus 
cura  uno  cameo  obscuro  in  quo  est  unus  capud,  cum  uno  circulo  in 
quo  suntiiij.  balassi,  iiij.  zaffiri  et  viij.  perle;  pond.,  cum  laqueo, 
iij.  une,  et  dim. 

662.  —  Item,  unam  nuscam  sive  crucieulam  cum  uno  balasso  in 
medio,  ij.  smaragldis,  ij.  zaffiris  in  branchis;  pond.,  cum  catenula, 
iij.  une. 

663.  —  Item,  unam  nuscam  de  opère  fdi  cum  uno  cameo  in  medio 
ad  capud  album  cum  viij  zaffirellis,  ij.  turchiscis,  ij.  totapatiis,  et 
tribus  granatis  in  branchis;  pond.,  cum  laqueo  nigro,  ij.  une.  et  j. 
quar. 

664.  —  Item,  unam  nuscam  de  opère  flli  cum  uno  vitro  in  medio 
coloris  zaffiri  et  aliquibus  aliis  granatis,  turchiscis  j  pond.,  cum  cate- 
nula, iij.  une.  et  dimid. 

665.  —  Item,  unam  nuscam  de  auro  cum  imagine  Virginis  et 
angeli,  et  uno  circulo  de  perlis;  pond.,  cum  laqueo  nigro,  unius  une. 
et  dim. 

666.  —  Item,  unam  nuscam  de  lapide  quasi  viridi  cum  imagine 
tenente  ensem,  cum  catenula  et  guarnimento  de  argento;  pond.  j. 
une.  et  ij.  quar. 

XXXV. 

COROXA  ET  MITRE. 

667.  —  Item,  regnim  sive  corona'  in  qua  sunt  xlviij.  balassi 

1.  Les  articles  667  et  668  décrivent  de  véritables  tiares;  dans  les  autres 
articles,  il  n'est  question  que  de  simples  mitres.  A  propos  de  la  tiare,  V'iollet-le- 
Duc  {Dictionnaire  du,  mobilier,  IV,  401)  dit  que,  d'après  une  opinion  jjénéra- 
lement  répandue,  Boniface  VIII  fut  le  premier  pontife  qui  mil  une  seconde 


48 

...  in  quibus  sunt  aliqui  rubini,  el  Ixxij.  zaffîri,  et  xlv  inter  praxinas 
et  smaragldos,  non  computatis  parvis  smaragldis  et  balassis,  et  Ixvj. 
perle  grosse.  In  summitate  autem  habet  unum  rubinum  grossum  ; 
in  inferiori  aulem  parle  habet  unuracireulum  curaesmaltis;  caiidas' 
vero  habet  nigras  cum  viij.  esmaltis  per  quamhbet  pond.  xij.  m.  et 

V.  une. 

668.  —  Item  unara  mitram  magnam  cum  uno  cameo  in  medio  in 
quo  est  imago  mulieris  et  hominis,  et  ij.  grossis  zaffiris,  et  ij.  ahis 
cameiS;  uno  scihcet  cum  capite  albo,  et  aho  cum  duabus  imaginibus  ; 
et  in  ipso  circulo  anteriori  et  liliis,  et  titulo^  sunt  xx  balasci  sus  et 

couronne  sur  la  tiare,  et  se  demande  si  les  papes  en  avaient  déjà  placé  une  pre- 
mière. Les  monuments  qu'il  a  consultés  ne  lui  ont  pas  donné  la  solution  de 
celte  question.  Les  tiares  telles  qu'elles  sont  figurées  dans  les  sculptures  du 
portail   méridional   de  Notre -Dame- de- Chartres  (xiii''  siècle)  n'offrent  qu'un 
cercle  d'orfèvrerie,  mais  point   de   couronne;   une  peinture   représentant  Clé- 
ment IV,  que  Viollet-le-Duc  reproduit  (p.  400),  n'offre  également  qu'un  cercle. 
L'article  G67  du  présent  inventaire,  bien  qu'il  parle  d'une  corona,  ne  décrit  qu'un 
cercle  orné  d'émaux  et  ne  dit  pas  qu'il  y  eut  des  lleurons;  mais  il  n'en  est  pas 
de  même,  croyons-nous,  du  n"  668,  qui  mentionne  un  cercle  accompagné  de 
lilia,  de  Heurs  de  lis  dans  lesquelles  il  est  difficile  de  voir  autre  chose  que  des 
lleurons  dont  l'ensemble  constitue  une  véritable  couronne  royale.  Ce  serait  donc 
vers  la  fin  du  xiii"  siècle  que  la  couronne  aurait  définitivement  pris  place  sur 
la  tiare.  On  voit  au  musée  d'antiquité  de  Bologne  une  grande  figure  de  Boni- 
face  VIII  composée  de  plaques  de  bronze  clouées  ensemble.  Cette  statue,  œuvre 
d'un  orfèvre  bolonais  nommé  Manno,  fut  exécutée  en  1301,  du  vivant  même,  par 
conséquent,  de  Boniface  VIII  (Voyez  Perkins,  Uistorical  Handbook  of  Italian 
sculpture,  Londres,  1883,  p.  lxi);  ce  n'est  pas  à  coup  sur  un  chef-d'œuvre,  mais 
on  est  en  droit  de  supposer  que  l'artiste  a  reproduit  fidèlement  sinon  les  traits  du 
pontife,  du  moins  le  costume  pontifical  ;  la  mitre,  en  forme  de  bonnet  pointu,  est 
ornée  de  trois  cercles  fort  simples  et  n'offre  point  de  lleurons.  On  trouvera  du 
reste  une  détestable  gravure  de  cette  siatue  dansCicognara,  Storiadella  scultura, 
atlas,  pi.  19.  Au  contraire,  sur  son  tombeau,  placé  aujourd'hui  dans  les  grottes  du 
Vatican,  Boniface  VIII  est  coiffé  d'une  tiare  munie  à  sa  partie  inférieure  d'un 
large  cercle  d'orfèvrerie,. sur  lequel  ])rennent  naissance  des  feuilles  trilobées  ; 
plus  haut  sur  la  tiare  on  voit  un  cercle  et  enfin  à  l'extrémité  un  gros  boulon. 
Ce  tombeau  est  gravé  dans  Ciaconius,  Vitae  et  res  gestae  ponti/icum  romanorum, 
I,  812;  et  dans  Cicognara,  itt  supra,  pi.  22.  Enfin  dans  une  peinture  de  Giotto, 
à  Sainl-Jean-de-Latran,  peinture  par  conséquent  bien  poslérieure  à  la  mort  de 
Boniface  VIII,  le  pape  est  coiffé  d'une  mitre  à  trois  cercles,  mais  le  cercle  infé- 
rieur est  muni  de  pointes  (Ciaconius,  I,  813).  De  la  comparaison  de  ces  divers 
monuments,  il  résulte  que  c'est  bien  à  la  fin  du  xiii*  siècle  que  le  cercle  qui 
décorait  la  liare  est  devenu  une  couronne  ;  les  successeurs  de  Boniface  VIII  ne 
tardèrent  pas  à  faire  subir  la  même  modification  aux  autres  cercles. 

1.  Les  fanons. 

2.  On  n'est  pas  d'accord  sur  le  sens  à  attribuer  au  mot  titiUus,  quand  il  s'agit 


49 

longus  et  xi  smaragldi  et  xxxi  perle  grosse;  a  latere  vero  sunt  duo 
grossi  zaffiri  et  ij.  parvi  balassi,  et  x.  perle,  et  in  rosis  anlcrioribus 
sunt  duo  camei  cum  ij.  capitibus  et  vj.  zaffiri  et  vj.  granati;  in  cir- 
culo  vero  posteriori  sunt  très  camei,  ij.  cum  capitibus  et  unus  cum 
equis,  et  in  ipso  circulo,  et  liliis  sunt  xx.  zaffiri,  et  xviij  balassi,  et 
unus  smaragldusmagnus,  etx.  parvi  et  xxvij  perle-,  et  in  rosis  dua- 
bus  sunt  ij.  camei  et  vj.  zaffiri,  et  vj.  granati  ;  et  in  una  de  caudis 
sunt  vj.  balassi  et  vj.  zaffiri  grossi  et  viiij.  granatelli  parvi  et  viiij. 
zaffirelli  et  xxvij.  perle  et  v.  campanelle;  et  in  alia  cauda  sunt  vj. 
zaffiri  et  vj.  balassi  grossi  et  x.  zaffiri  minores  et  viiij.  granatelli 
et  xxxvij.  perle  et  v.  campanelle;  pond,  ipsa  milra  cum  cartis  et 
foderis.  xij.  m.  et  una  une. 

669.  —  Item,  unam  mitram,  cum  esmaltis  rotundis  in  auro  ex 
parte  anteriori,  cum  xxiiij.  balassis  grossis  et  xxxij  smaragidis,  com- 
putatis  grossis  et  minutis.  In  parte  autem  posteriori  sunt  totidem 
esmalta  et  xxiiij.  balassi  et  xxij.  smaragldi,  in  universo;  in  cauda 
etiam  sunt  xx.  esmalta  rotunaa  et  xlvij.  balassi  magni  et  parvi,  et 
Ixv.  smaragldi  parvi  ;  pond,  autem  ipsius  mitre  cum  cartis  et  foderis 
etiam  viiij.  m. 

670.  —  Item,  unam  mitram  de  perlis  cum  iiij.  praxinis  ex  parte 
anteriori,  et  iiij  zaffiris  grossis  et  v.  minoribus  et  xviij  granatis,  et 
xxviij  perlis  cum  porfilo  ad  aurum  et  perlas  et  granatas  et  turchis- 
cos.  Ex  parte  vero  posteriori  habet  très  zaffiros  grosses  et  vj.  alios 
minores,  et  très  praxinas  grossas,  et  xv.  granatos  et  xxvij.  perlas; 
in  caudis  autem  sunt  viij.  grossi  zaffiri,  vj.  praxini.  et  xj.  grossi 
granati,  et  xxxiij  granati  minores  et  Ivj.  perle  et  xij.  campanelle; 
pond,  ipsa  mitra  vii.  m.  et  j.  une. 

674 .  —  Item,  unam  aliam  mitram  cum  vij  esmaltis  rotundis  et 
viij.  zaffiris  et  v.  balassis,  et  iiij.  granatis  grossis  ex  parte  anteriori. 

d'une  mitre  ou  d'une  tiare  (Voyez  du  Cange,  v°  titulus,  9).  Les  uns  y  veulent 
voir  un  cercle  d'or,  les  autres  une  bande  de  métal  appliquée  sur  la  face  de  la 
mitre  de  haut  en  bas.  Les  termes  du  présent  inventaire  nous  semblent  ne  pou- 
voir laisser  place  qu'à  celte  dernière  interprétation.  En  ell'et,  le  rédacteur  fait 
une  différence  entre  le  circulus  et  le  titulus  et  il  ajoute  (jue  ce  titulus  est  décoré 
dans  sa  longueur,  de  haut  en  bas,  de  rubis,  d'éineraudes  et  de  perles;  ce  titulus 
ou  bande  verticale  sépare  la  mitre  en  deux  parties  égales  ornées  chacune,  par 
devant  et  par  derrière,  de  médaillons  {rosae)  dans  lesquels  sont  enchâssés  des 
camées;  on  ne  peut  guère  être  plus  explicite.  Ce  couvre-chef  ponlilical  partici- 
pait donc  de  la  mitre,  puisqu'il  était  partage  dans  sa  hauteur  par  une  bande 
d'orfèvrerie,  et  de  la  tiare,  puis(|u'il  était  muni  à  sa  partie  inférieure  d'une  cou- 
ronne lleuronnée. 

4 


50 

Ex  parte  vero  posteriori  habet  totidem  esmalta  et  totidem  zaffiros 
et  vj.  granatos  et  duos  balassos;  in  caudis  autem  habet  xvj.  esmalta 
rotunda  et  xviij.  zaffiros  et  vij.  balassos  et  xj.  granatos,  cum  xij. 
campanellis;  pond,  autem  ipsius  mitre  est  viij.  m. 

672.  —  Item,  unam  mitram  cum  frixio  ad  perlas  que  habet  ex  una 
parte  xiiij.  esmaltos  ad  rosetas  in  auro  et  viiij.  balassos  et  Yiiij.  zai- 
firos  et  vj.  smaragldos  et  xviij.  castoncellos  de  opère  fdi  cura  zaffi- 
ris  et  granatellis.  Et  ex  alla  parte  totidem  esmalta,  et  lapides  et  cas- 
toncellos; in  caudis  etiam  sunt  xiiij.  esmalta  in  modum  rosarum 
cum  xxxij.  castoncellis  cum  opère  fili,  cum  zaffirellis  et  granatellis; 
pond,  ipsa  mitra  vj.  m. 

673.  —  Item,  unam  mitram  que  habet  ex  parte  anteriori  vij. 
esmalta  rotunda  in  auro  ad  médias  imagines  et  in  parte  superiori 
unum  robinum  magnum  obscurum,  et  xvj.  zaffiros  in  universo  ex 
parte  ipsa,  et  iiij.  smaragldos  et  xij.  turchiscos  grossos,  et  v.  balas- 
sos, et  xviij.  granatos.  Ex  parte  vero  posteriori  habet  totidem,  et 
xxiiij.  zaffîrellos  et  xvij.  granatellos,  et  xij.  turchiscos  et  unam 
magnam  praxinam  in  summitate,  et  v.  alios  minores  ;  caude  vero 
sunt  contexte  per  totum  de  esmaltis  divetsarum  formarum  cum 
multis  zaffiirellis,  granatis  et  perhs  et  campanellis;  pondérât  ipsa 
mitra  vj.  m.  et  unam  une. 

674.  _  Item,  unam  aliam  mitram  contextam  de  perlis  per  totum 
cum  vij.  esmaltis  in  modum  rosarum,  et  vj.  aliis  mediis  esmaltis 
viridibus  Claris,  et  xxiiij.  smaragldis  et  xxxv.  rubinetis,  et  ex  parte 
posteriori  habet  totidem,  et  similia  esmalta,  et  xxxv.  smaragldos 
parvos,  et  xxv.  rubinetos;  caude  etiam  sunt  contexte  per  totum 
de  perlis ,  in  quibus  sunt  xx  esmalta,  computatis  integris  et  me- 
diis, et  xxv.  smaragldi  et  xxvj.  rubineti;  pond,  ipsa  mitra  v.  m.  et 
iiij.  une. 

675.  —  Item,  unam  aliam  mitram  cum  frixio  contexto  de  perlis 
in  quo  sunt  ex  parte  anteriori  xj.  esmalta  rotunda,  et  xj.  castuncel- 
los  cum  zaffirellis  et  xj.  granatellis.  Et  pars  posterior  etiam  similis 
in  omnibus  anteriori,  excepto  quod  déficit  unus  granatellus;  in  cau- 
dis vero  sunt  xviij.  esmalta  rotunda  et  xl.  castoncelli  cum  xlv. 
zaffîris  et  granatis  et  xij  campanellis;  pondérât  ipsa  mitra  v.  m.  et 
V.  une. 

676.  —  Item,  unam  mitram  cum  frixio  et  caudis  contextis  de 
perlis,  que  habet  in  universo  xxxiiij  esmalta  rotunda,  et  Ixiiij.  alla 
circa  illara  cum  fragis  inter  ipsa  esmalta  rotunda;  pond.  iiij.  m.  et 
V.  une. 


51 

677.  —  Item,  unam  mitram  conlextam  per  lolum  de  auro  Iratilio 
ad  imagines. 

678.  —  Ilem,  x.  mitras  cum  frixis  ad  aurum  Iraccicium  et  perlas. 

679.  —  Ilem,  très  mitras  ad  circulum  cum  frixis  ad  aurum  trac- 
cicium. 

680.  —  Item,  duas  mitras  ad  circulum. 

XXXVI. 

ESMALTA.  Rubrica. 

681 .  —  Item,  duo  esmalta  '  magna  rotunda  que  vocantur  cheru- 
bini  cum  pomellis  rotundis  de  argento  circa  ipsa;  pond.  xv.  m.  et 
iiij.  une. 

682.  —  Item,  duos  canulos  de  argento  cum  pomis  ad  portandum 
ipsos  cherubinos;  pond.  ij.  m.  et  v.  une. 

683.  —  Item,  due  rotule  magne  cum  xlij.  esmaltis  in  auro.  pond, 
ij.  m. 

08-^.  —  Item,  duo  esmalta  rotunda  pro  cirothecis  in  auro;  in 
quorum  uno  est  historia  Resurrectionis,  in  alio  liistoria  Purificatio- 
nis;  pond.  ij.  une.  et  iiij.  quar.  et  dim. 

68:3.  —  Item,  duo  esmalta  rotunda  in  argento  pro  cirothecis  ;  quo- 
rum quodlibet  habet  mediam  imaginem  et  circulum  de  granatellis, 
et  zaflirellis  et  praxinis,  et  ij.  gira  de  perlis. 

686.  —  Item,  vi.  frustra  de  esmaltis  in  auro  diversarum  formarum; 
pond.  V.  une. 

687.  —  Item,  x.  esmalta  de  auro  quadrangularia  in  modum  crucis 
cum  diversis  imaginibus  et  fuerunt  facta  Parisius  ;  pond.  ij.  une.  et 
iiij.  quar.  et  ij.  taren? 

688.  —  Item,  duo  esmalta  pro  duobus  cirothecis  cum  ij.  zaffiris 
de  oriente  in  medio,  et  cum  uno  circulo  de  parvis  et  aliquibus  lapi- 
dibus  parvis;  pond.  j.  une.  et  dimid. 

689.  —  Item,  iiij.  esmalta  auri  rotunda  cum  iiij.  mediis  imagini- 
bus sanctorum;  pond,  j,  une.  et  duorum  taren. 

690.  —  Item,  unum  esmallum  rotundum  in  auro  cum  historia 
Annuntiationis. 

1.  Ces  grands  émaux  ronds  étaient  sans  doute  des  Jlabella  ou  éventails  destinés 
à  la  célébration  de  la  messe.  Voyez  à  ee  sujet  dans  la  Revue  de  l'art  chré- 
tien, années  1883-1884,  un  long  article  de  M.  de  Linas  intitulé  :  les  Disques 
crucifères,  le  Flabellum  et  l'Umbella. 


S2 

69 1 .  —  Item,  due  piastre  rotunde  pro  cirothecis  et  habet  quelibet 
unum  robinum  in  medio,  et  iiij.  zaffiros  parvos  et  multos  parvos 
smaraldos,  et  ij.  frixia  pro  chirothecis  de  plastis  auri  cum  castoni- 
bus  in  quibus  sunt  aliqui  lapides,  pond.  iij.  une,  et  diraid.  et  ij. 
quar. 

692.  —  Item,  xxviij.  esmalta  in  argento  que  fuerunt  de  cupis  et 
vasis  diversarum  formarum;  pond.  j.  m. 

693.  —  Item,  xxvj.  esmalta  que  fuerunt  de  mitra  et  sunt  diversa- 
rum formarum;  pond.  iij.  une. 

694.  _  Item,  tria  esmalta  cum  tribus  figuris  animalium  habenti- 
bus  capita  hominum;  pond.  ij.  une. 

695.  —  Item,  xiij.  castoncellos  de  mitris,  in  quibus  sunt  iiij.  gra- 
natelli  et  ij.  zaffirelli;  pond.  iij.  quar. 

696.  —  Item,  unum  frixium  pro  altari  in  quibus  sunt  xxij. 
esmalta  in  auro  quadra,  computatis  fractis  et  amotis,  x  perle  grosse, 
unus  balassus  et  j.  granatellus,  ij.  zaffiri  et  ij.  praxine  et  ce.  cam- 
panelle,  et  j.  granatus,  ij.  zaffiri;  pond.  x.  m. 

xxxvn. 

CmOTHECE,  CUM  ESMALTIS  ET  SINE.  RuhricCl. 

697.  —  Item,  unum  par  chirothecarum  cum  esmaltis  azurinis  in 
quorum  uno  est  imago  Virginis,  et  in  alio  Agnus  Dei  et  pugnalibus 
ad  aurum  tantum  cum  perlis. 

698.  —  Item,  unum  par  cirothecarum  cum  esmaltis  in  auro,  in 
quorum  uno  est  magestas  et  in  alio  Virgo. 

699.  —  Item,  j.  par  chirothecarum  cum  duobus  esmaltis  in  auro, 
in  quorum  uno  est  média  imago  Salvatoris  et  in  alio  Virginis  et 
pugnalibus  ad  aurum  fdatum  cum  rosetis  de  esmaltis  et  bullis  ac 
perlis. 

700.  —  Item,  unum  par  chirothecarum  cum  esmaltis  Parisiensi- 
bus  in  quorum  uno  est  imago  Virginis  salutate  et  in  alio  cum  filo 
[corr.  :  Filio)  cum  pugnalibus  ad  aurum  filatum  et  perlis. 

701.  —  Item,  j.  par  chirothecarum  cum  duobus  vitris  in  rotulis 
de  auro. 

702.  —  Item,  duo  pugnalia  pro  chirothecis  in  quibus  sunt  rosule 
auri  cum  "vj.  esmaltis,  zafflreUis  et  v.  perlis. 

703.  —  Item,  duo  pugnaha  cum  viij  vitris  rubeis  et  vij.  perlis  et 
aliis  lapillulis. 


53 

704.  —  Item,  xvij.  paria  chirothecarum  anliquarum  cum  auro  et 
serico  in  pugnalibus,  et  vj.  paria  sine  aliquo  guarnimento. 
703.  —  Item,  duo  pugnalia  cum  figuris  ad  aurum  filatum. 

XXXVIII. 

ICONE  DE  EBORE.  JRubrîca. 

706.  —  Item,  unara  yconam  de  ebore  cum  imagine  béate  Virginis 
tenentis  Filium  in  brachio  et  sedentis  in  quodam  podio  sive  taberna- 
culo. 

707.  —  Item,  unam  iconam  de  ebore  in  cujus  medio  est  imago 
béate  Virginis  cum  Filio,  et  in  tabulis  quibus  clauditur  sunt  multe 
imagines. 

708.  —  Item_,  unam  iconam  de  ebore  in  qiia  est  tota  historia  Pas- 
sionis. 

709.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  ebore  in  qua  est  imago  Vir- 
ginis cum  Pilio  et  in  tabulis  multe  imagines. 

710.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  ebore  in  cujus  medio  est 
imago  béate  Virginis  cum  Filio  in  brachio  et  in  tabulis  multe  ima- 
gines. 

71 -i.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  ebore  in  cujus  medio  est 
Crucifixus  et  super  eum  imago  majestatis  sedentis  et  sub  eo  imago 
Virginis  cum  Filio,  et  alie  imagines. 

7-12.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  ebore  in  qua  est  Crucifixus 
cum  duabus  imaginibus  et  in  tabulis  est  historia  Passionis  depicta. 

7^3.  —  Item,  aliam  iconam  fractam  de  ebore  in  cujus  medio  est 
imago  Virginis  cum  Filio,  et  in  tabulis  sunt  multe  aile  imagines 
relevate  de  historia  Passionis. 

TH.  —  Item,  aliam  iconam  parvam  de  ebore  fractam  in  qua  est 
imago  Virginis  cum  Filio  et  in  tabulis  nigris  sunt  imagines  depictc 
ad  aurum. 

715.  —  Item,  unam  iconam  de  opère  Venetico  cum  historia  Pas- 
sionis sub  cristallo,  et  araatistis,  turchiscis  et  granatis. 

716.  —  Item,  aliam  iconam  de  ebore  parvam  cum  imagine  Virgi- 
nis cum  filio  in  brachjo. 

717.  —  Item,  iconam  unam  de  lapide  incluso  in  ligno  cum  imagi- 
nibus scultis  de  auro. 

718.  —  Item,  unam  labulam  guarnitam  de  laminis  argenti  in  qua 
sunt  imagines  apostolorum  Pétri  et  Pauli. 


7-1 9.  —  Item,  unam  iconam  de  una  tabula  in  qua  est  figura  Vir- 
ginis  cum  Filio  in  brachio. 

720.  —  Item,  unam  iconam  cum  duabus  tabulis  in  una  quarum 
est  Grucifixus  et  in  alia  imago  Virginis  cum  Filio. 

72^ .  —  Item,  unam  aliam  iconam  minorem  predicta  cum  similibus 

figuris. 

722.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  opère  Veneticorum  de  una 
tabula  in  qua  est  figura  majestatis  in  medio  et  plures  perle,  alie 
[figure]  in  vitro  ad  aurum^. 

723.  —  Item,  unum  repositorium  ^  cujusdam  crucis  duplicis  coo- 
pertum  de  laminis  argenti  ad  esmalta,  in  cujus  coperculo  est  Gruci- 
fixus et  alie  imagines  et  in  parte  posteriori  sunt  littere  facientes  men- 
tionem  de  ligno  vere  crucis  ;  non  tamen  est  ibi. 

724.  —  Item,  unam  aliam  iconam  de  una  tabula  in  qua  est  imago 
Virginis,  de  opère  mosayco^  et  est  guarnita  de  argento  ad  figuras. 

725.  —  Item,  unam  parvam  iconam  de  lapide  incluso  in  ligno, 
cum  imaginibus  scultis  de  auro.  , 

XXXIX. 

ALTARIA   VIATICA.    RubriCCl. 

726.  —  Item,  unum  altare  viaticum  de  diaspro-*  viridi  et  rubeo, 
guarnitum  de  argento  laborato  ad  nigellum  et  folia  cum  vi.  zaffiris 
et  V.  turchiscis. 

727.  —  Item,  unum  altare  viaticum  de  diaspro  zalda»  et  rubeo, 
guarnitum  de  argento  deaurato  cum  historia  Abrahe. 

728.  —Item,  unum  altare  viaticum  de  porfiro  de  viridi,  guarnitum 
de  argento,  in  quo  sunt  viij.  imagines  in  nigello. 

729.  —  Item,  unum  altare  de  diaspero  rubeo  cum  medio  albo, 
inclusum  in  ligno  depicto. 

730.  —  Item,  unum  altare  de  diaspero  rubeo  et  aliorum  colorum 
inclusum  in  ligno  de  opère  balistarum^. 

1.  C'est-à-dire  en  verre  doré,  ou  verre  églomisé. 

2.  Un  écrin  pour  une  croix. 

3.  Ou  musivo,  c'est-à-dire  en  mosa'K|ue. 

4.  Jaspe  (italien  diaspro). 

5.  Jaune  ou  jaunâtre  (italien  :  giallo). 

6.  C'est-à-dire  du  bois  dont  sont  faites  les  arbalètes. 


b3 

73 i .  —  Item,  unum  altare  de  porfiro  rubeo  guarnitum  de  argenLo 
de  aurato. 

732.  —  Item,  unum  altare  viaticum  de  diaspero  rubeo  guarnitum 
de  ère  deaurato. 

733.  —  Item,  unum  altare  de  diaspero  rubeo  et  aliorum  colorum, 
in  ligno,  sine  aliquo  guarnimento. 

734.  —  Item,  unum  altare  viaticum  de  porfiro  rubeo  guarnitum 
de  argento  deaurato. 

735.  —  Item,  unum  altare  de  porfiro  viridi  guarnitum  de  ère 
deaurato  cum  litteris. 

XL. 

RELIQUIE   SANCTOPiUM. 

736.  —  Item,  capud  beati  Blasii  in  quodam  repositorio  de  argento 
deaurato,  cum  imaginibus  relevatis. 

737.  —  Item ,  capud  beati  Luce  evangeliste  sine  aliquo  guarni- 
mento. 

738.  —  Item,  manus  béate  Barbare  inquadam  cessela^  de  argento 
cum  imaginibus  relevatis. 

739.  — Item,  ...  B.  Thome  apostoli  inclusus  in  quodam  rotundo 
de  cristallo  guarnito  de  argento  stante  supra  iiij.  pedibus. 

740.  —  Item,  dens  béate  Marie  Magdalene  in  quodam  vasculo  de 
cristallo  guarnito  de  argento;  positus  fuit  in  aquila  quam  misit  rex 
Anglie. 

741.  —  Item,  duos  dentés,  unam  de  costis,  et  unum  os  de  bracbio 
ipsius  béate  Marie  Magdalene, 

742.  —  Item,  unum  os  de  brachio  S"  Joannis  elemosinarii, 
patriarche  Alexandrini. 

743.  —  Item,  unum  os  de  brachio  sanctorum  xl.  martirum. 

744.  —  Item,  de  crure  béate  Basilii. 

745.  —  Item,  unum  frustrum  de  osse  brachii  Samaritani. 

746.  —  Item,  unum  os  de  cossa  et  alla  frustra  S"  Zacharie,  cum 
quodam  vestimenlo  nigro. 

747.  —  Item,  de  reliquiis  S"  Hylarii. 

748.  —  Item,  reliquias  sanctorum  Olimpi  et  Lini  pape,  Hylarii 
martyris.  S"  Andrée  apostoli,  positas  in  aquila  quam  misit  rex 
Anglie  ;  S"^  Constancie  in  quadam  casseta  de  ebore. 

1.  Un  reliquaire  en  forme  rte  corbeille  (italien  :  cestella). 


56 

749.  —  Item,  reliquias  S"  Procopii,  in  uno  vasculo  de  argento. 

750.  _  Item,  reliquias  de  Jacob  et  Sidrac,  Misac  et  Abdenage. 
754.  —  Item,  reliquias  S"  Brunonis  confessons. 

752.  —  Item,  reliquias  S"  Eustacii  et  S"  Epafitis^ 

753.  —  Item,  reliquias  S*'  Laurentii,  in  una  paxide  lignea. 

754.  —  Item,  reliquias  S"  Rodos. 

755.  —  Item,  reliquias  S"  Hipoliti  et  sociorum  ejus. 

756.  —  Item,  reliquias  S"  Leonis  pape. 

757.  —  Item,  de  cinere  S^'  Laurentii  martyris. 

758.  —  Item,  infulam^  S"  Francisci. 

739.  _  Item,  reliquias  Lini  pape  et  martyris. 

760.  —  Item,  reliquias  S"  Procopii  martyris. 

761.  —  Item,  de  capite  S'^  Susanne. 

762.  —  Item,  de  Sancto  Gypriano  martyre. 

763.  —  Item,  de  S'"  Eleutherio  episcopo  et  martyre  et  de  S'"  Aus- 
terio,  posite  in  aquilam  quam  misit  rex  Anglie. 

764.  _  Item,  quidam  lapis  in  quo  est  scriptum  :  De  mensa  cène. 

765.  —  Item,  de  sepulchro  Domini. 

766.  —  Item,  de  monte  Galvarie. 

767.  _  Item,  relicpiias  S^'  Genesii  et  Girili  martyrum  et  S"  Girgi 
Nazareni. 

768.  —  Item,  de  Ysaac. 

769.  —  Item,  de  S*°  Eleutherio. 

770.  —  Item,  de  S'°  Bartholomeo  apostolo. 
11\ .  —  Item,  de  S'^  Martina  virgine. 

772.  —  Item,  de  S*''  Aurea  virgine  et  martyre. 

773.  —  Item,  de  pulvere  beati  Jacobi  apostoli. 

774.  —  Item,  de  capillis  béate  Elisabet. 

775.  —  Item,  de  S'^  Rufma  martyre. 

776.  —  Item,  de  S^"  Jacobo  apostolo,  et  Thimoteo  et  Eustachio. 

777.  —  Item,  reliquias  sanctorum  Panteleimon,  Ermolaon  guar- 
nitas  de  argento,  litteris  arabicis  et  una  calenalla. 

778.  —  Item,  de  Sancto  Abraam. 

779.  —  Item,  de  S<a  Headvige. 

780.  —  Item,  de  S'°  Philippo. 

784.  —  Item,  de  capite  S"  Gregorii  et  S"  Luce  evangeliste. 
782.  —  Item,  de  vestimentis  Domini. 


1.  Cet  article  est  répété  deux  fois. 

2.  La  chasuble  de  saint  François. 


57 

783.  —  Item,  de  S'"  Andréa  Apostolo. 

784.  —  Ilem,  de  cappillis  S'«  Lucie. 

78o.  —  Item,  de  vélo  S'"  Agnetis-,  et  unus  dens  est  ibi. 

786.  —  Item,  de  pulvere  apostolorum  Pétri  et  Pauli. 

787.  —  Item,  reliquias  sanctorum  Andrée  et  Bartholomei  aposto- 
lorum, et  Dyonisii  Areopagite. 

788.  —  Item,  reliquias  sanctorum  martirum  Sébastian!  et  Stephani 
pape,  Marchi  et  Marcelliani  et  Sisti  Pape. 

789.  —  Item,  de  pallio^  béate  Virginis. 

790.  —  Item,  de  S*°  Philippe  apostolo. 

791.  —  Item,  de  S'"  Stephano  papa  et  martyre. 

792.  —  Item,  de  S'°  Sebastiano  martyre  et  de  S'"  Sixto  papa. 

793.  —  Item,  de  S'"  Marcho  et  Marcelliano. 

794.  —  Item,  unum  os  de  anca  cum  pelle,  et  aliquas  reliquias 
sanctorum  descript[orum], 

795.  —  Item,  de  S''"  Diomede  et  Theodosio. 

Emile  Molinier. 


1.  Un  fragment  du  voile  ou  du  manteau  de  Ja  Vierge. 


NOTICE 

SUR  LES  MANUSCRITS 

DE  LA 

BIBLIOTHÈQUE  PUBLIQUE  DE  PONTARLIER 

(DOUBS). 


La  bibliothèque  publique  de  Pontarlier,  médiocrement  dotée  au 
point  de  vue  des  ouvrages  imprimés  tant  anciens  que  modernes, 
possède  22  manuscrits  provenant  tous,  sans  exception,  de  l'abbaye 
cistercienne  du  Mont-Sainte-Marie  *  et  centralisés  en  vertu  des 
lois  de  1790  dans  le  dépôt  du  district,  devenu  plus  tard  Biblio- 
thèque municipale.  Ces  manuscrits,  souvent  mentionnés  dans  les 
procès-verbaux  de  visites  de  l'abbaye,  aux  xvii*' et  xviii"  siècles '^ 
répertoriésassez  imparfaitement  dans  l'inventaire  des  bibliothèques 
monastiques  du  district  de  Pontarlier  en  1791^,  sont  inventoriés 
dans  un  chapitre  du  Catalogue  général  de  la  bibliothèque  pontis- 
salienne,  rédigé  en  1803  par  l'ancien  conventionnel  Jean-Bap- 
tiste Michaud  de  Doubs^.  Mais,  depuis  la  rédaction  de  ce  catalogue 
officiel,  dressé  en  vertu  d'un  arrêté  du  sous-préfet  Micaud  ^,  en 

t.  Fondée  en  1199  dans  les  défilés  du  Jura.  Les  restes  de  cette  abbaye  existent 
encore  sur  le  territoire  des  Granges-Sainte-Marie  (canton  de  Pontarlier).  V.  dans 
le  Bulletin  de  V Académie  de  Besançon,  1883,  une  Notice  sur  Mont-Sainte- 
Marie  et  ses  monuments,  que  j'y  ai  publiée  en  collaboration  avec  M.  le  chanoine 
J.-M,  Suchet. 

2.  Visites  des  abbayes  de  Franche-Comté.  Fonds  du  Parlement  de  Dôle  et  de 
Besançon.  {Arch.  du  Doubs.)  Série  B. 

3.  Inventaire  dressé  par  les  administrateurs  du  district  de  Pontarlier,  le 
30  juillet  1791.  District  de  Pontarlier  (Domaines).  Q.  310  (provisoire).  {Arch.  du 
Boubs.) 

4.  Jean-Baptiste  Michaud  de  Doubs,  secrétaire  de  la  Convention,  membre  des 
diverses  assemblées  législatives  de  1791  à  1799,  mort  en  exil  en  1819. 

5.  Du  1"  prairial  an  XI  (21  mai  1803).  Ce  catalogue,  achevé  le  11  vendémiaire 


59 

présence  des  représentants  de  l'Etat  et  de  la  commune,  20  manus- 
crits sur  42  primitivement  enregistrés  ont  disparu  du  dépôt.  La 
mention  assez  précise  du  catalogue  de  Michaud,  dont  je  transcris 
ci-après  des  extraits,  permettra  peut-être  de  les  retrouver  quelque 
jour,  et  de  vérifier  s'ils  sont  régulièrement  sortis  d'un  dépôt 
public.  En  attendant,  il  m'a  paru  utile  de  consigner  dans  une 
notice  détaillée  la  description  des  22  manuscrits  qui  subsistent, 
et  qui,  après  un  récolement  récent  fait  par  l'administration  muni- 
cipale de  Pontarlier*,  ont  été  uniformément  foliotés  et  estampillés, 
conformément  aux  prescriptions  ministérielles-.  On  trouvera  peut- 
être  exagérées  dans  leur  minutie,  vu  l'importance  assez  restreinte 
d'ouvrages,  liturgiques  ou  théologiques  la  plupart,  compris 
comme  date  entre  le  xii"  et  le  xv^  siècle,  les  notices  consacrées  à 
ces  22  manuscrits.  Le  motif  qui  me  les  a  fait  développer  davan- 
tage, c'est  que  ce  groupe  de  manuscrits  d'origine  exclusivement 
comtoise  représente  le  dernier  débris  constitué  d'une  des  biblio- 
thèques cisterciennes,  jadis  célèbres  ^  de  l'ancien  diocèse  de 
Besançon  ;  c'est  aussi,  d'autre  part,  qu'il  n'est  aucun  de  ces 
manuscrits  qui  dans  son  texte  ou  dans  ses  notes  n'apporte  quelque 
détail  intéressant  pour  l'histoire  ou  l'histoire  littéraire  de  la 
Franche-Comté.  J'ai  complété  ce  catalogue  par  quelques  dates 
ou  notes  sommaires,  par  des  extraits  du  répertoire  de  1803  con- 
cernant les  manuscrits  perdus,  enfin  par  une  table  des  noms  d'au- 
teurs et  des  titres  d'ouvrages  compris  ou  mentionnés  dans  ses 
deux  sections. 

Jules  Gauthier. 

an  XII  (4  octobre  1803)  en  présence  d'Emmanuel  Perrenet,  receveur  du  domaine 
et  de  l'enregistrement,  de  François-Ferdinand  Colin,  premier  adjoint,  de  Claude- 
François  Quétaud,  membre  du  conseil  général  de  la  commune,  et  de  Pierre- 
Antoine  Dornier,  principal  du  collège,  délégués  de  la  municipalité,  fut  vérifié  et 
signé  pour  récolement,  le  13  janvier  1807,  par  le  maire,  M.  Demesmay,  assisté 
de  trois  conseillers  ou  délégués  et  du  rédacteur  J.-B.  Michaud. 

1.  L'administration  municipale,  soucieuse  du  développement  de  la  bibliothèque, 
se  propose  d'agrandir  les  locaux  insuffisants  qui  lui  sont  affectés,  et  de  favoriser 
activement  son  organisation  et  son  accroissement. 

2.  A  ma  demande,  ces  mesures  de  conservation  ont  été  appliquées  par 
M.  J.  Mathey,  chargé  du  classement  et  de  l'inventaire  des  archives  de  Pontarlier, 
que  je  prie  d'agréer  tous  mes  remerciements  pour  les  bons  offices  qu'il  m'a 
prêtés  dans  la  confection  de  ce  catalogue. 

3.  Les  plus  riches  de  ces  bibliothèques  étaient  celles  de  Balernc  (Jura)  et  de 
la  Charité  (Haute-Saône).  Voir  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  l.  XLII, 
p.  19,  le  catalogue  des  mss.  de  la  Charité. 


60 

I. 

Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  Pontarlier.  (Le  numé- 
rotage est  celui  qui  a  été  appliqué  aux  volumes,  en  ^803,  par 
J.-B.  Michaud  de  Doubs.) 
j,  _  [Ysidori  episcopi  etimologie.]  Vol.  in-fol.  vélin  de  203  feuillets; 
haut  de  4^0  mill.,  large  de  273;  reliure  aisetcuir  lisse  du  xv'^  s.-, 
écrit  sur  2  col.  avec  rubriques  rouges  et  initiales  aux  encres  rouge, 
bleue  et  violette;  quelques  lettres  ornées  ou  têtes  de  chapitres 
grossières,  servant  de  figures  au  texte  :  tableau  des  degrés  cano- 
niques de  parenté,  carte  du  Monde,  etc.  —  xiv«  siècle. 
Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin.  «...  De  prosa.  Prosa  est 

producta  oratio  et  a  lege  metri —  Explicit  liber  numerorum.  » 

Fol.  463  r°,  en  écriture  du  xvii^  s.,  cette  note  marginale  :  «  A  Mon- 
sieur le  Révérend  abbé  de  Mon  Sainte-Marie,  vicaire  général  de  l'ordre 
de  Gisteau  en  ce  pays  de  Bourgongneet  guardien.  »  — Fol.  -19-1  r",  au 
bas,  en  écriture  du  xv^  s.  :  «  Item  an  l'an  :  m  :  cccc  :  xx  et  ii  fu  crié 
la  pès  an  Borgonne  la  vêle  de  Noël.  »  (L'auteur  des  Recherches  sur 
Mont-Sainte-Marie,  M.  Barthelet,  avait  lu  ainsi  cette  note  :  «  Tan 
mil  iiri°  vingt-deux  février,  la  peste  en  Bourgoigne.  »  Recherches, 
Pontarlier,  4  858,  p.  92.) 

4,  _  [Moralia  beati  Gregorii  pape  per  contemplationem  sumpta  libri 
triginta  quinque.]  Vol.  in-fol.  vélin  de  \^\  feuillets;  haut  de 
440  mill.,  large  de  24  2;  reliure  ais  et  cuir  lisse;  écrit  sur  2  col., 
rubriques  rouges,  initiales  avec  peintures  bleue,  blanche,  noire, 
rouge  et  verte.  —  xiii*  siècle.  (Quelques  feuillets  coupés  au  bas, 
quelques  initiales  ornées  enlevées.) 

«  Incipit  prefacio  beati  SS.  pape  in  libris  Job.  Reverendissimo  et 
sanctissimo  fratri  Leandro  co-episcopo  Gregorius  servus  servorum 
Dei.  Dudum  te  frater  beatissime  in  Gonstantinopolitana  urbe  cognos- 
cens  (fol.  2  vo]...  — Explicit  liber  sextus  decimus  pars  tercia.  Liber 
Montis  sancte  Marie.  Verum  est.  Amen  (fol.  4  60  v°).  «  Au  fol.  464  r° 
on  lit  la  pièce  de  vers  suivante,  transcrite  à  la  suite  du  Commentaire 
de  saint  Grégoire,  par  le  copiste,  un  religieux  de  Mont-Sainte-Marie 
très  certainement,  qui  dédie  cette  composition  à  son  abbaye  : 

«  Mons  sancte  Marie  5  Roga  Dominum  qui  est  bonus 

Domus  gaude  Ne  te  comprehendat  onus, 

Jocundare  summa  laude  Onus  enim  ultionis 

NuUa  maculata  fraude.  Ire  et  confusionis 


6i 


Malis  manet  et  non  bonis. 

10  Impie  Dei  voluntatem 
Vanam  linquens  levitatem 
Ut  ipsius  majestatem 
Merearis  invenire 
Mitigatam  die  ire 

15  Pieque  possis  audire  : 
a  Benedicti  nunc  venite 
Et  ad  regnum  jam  redite 
In  quo  Yobis  panis  vite 
Apponetur  ut  edatis 

20  Quo  precepto  gaudeatis 
Nec  amplius  egeatis.  » 
Hec  si  queris  obtinere 
Quibus  optas  non  carere 
Istum  librum  te  tenere 

25  Noscas  omni  cum  labore 
Hujus  enim  libri  flore 
Quasi  cibi  dulcis  more 
Golligeris  in  amore 
Salvatoris  cum  timoré 

30  Qui  te  celi  ditet  rore. 
Istum  librum  exposuit 
Gregorius  ut  potuit, 
Gujussensum  aperuit 
Ghristus  ut  sibi  placuit. 

35  Qui  hoc  inde  promeruit 
Quia  mundum  deseruit 
Et  ad  celi  palatia 
Ima  convertit  studia 


Mundana  spernens  gaudia. 

40  Presens  namque  leticia 
Multos  trahit  ad  vicia 
Quos  sequitur  tristicia, 
Gum  a  mundi  raalicia 
Transcunt  ad  supplicia 

45  Que  semper  sunt  manentia. 
Ergo  lector  ne  negligas 
Istum  librum  sed  diligas 
Et  a  te  nunquam  abigas. 
Hic  tuam  erigito  mentem 

50  Non  vanam  nec  deficientem 
Sed  boni  studium  habentem 
Ut  re  Dei  te  ditescas 
Ne  inopia  languescas 
Si  sumere  negligis  escas 

55  Quas  reperire  poteris 
Hoc  in  libro  si  legeris 
Et  intente  quesieris. 
Has  ergo  si  studueris 
Edere  cum  potueris 

60  Et  implere  contenderis 
Omne  quod  hic  repereris 
Perhenniter  ditaberis 
Gum  a  mundo  migraveris. 
Hujus  quoque  libri  scriptoris 

65  Semper  memor  ac  peccatoris 
Ora  l'aciem  creatoris 
Ut  hune  gracia  Redemptoris 
Salvet    de    manu    Yastatoris. 
Amen.  » 


Au  fol.  ^  61  v°  sont  transcrites  une  «  oraison  écrite  par  les  anges,  » 
la  vision  d'Ézéchiel  et  la  pièce  de  vers  ci-dessous,  de  même  facture 
et  de  même  écriture  que  la  précédente,  traduisant  en  formules  poé- 
tiques les  malédictions  coutumières  lancées  contre  les  voleurs  de 
manuscrits  par  tous  les  scribes  du  moyen  âge  : 

«  Liber  Montis  sancte  Marie.  » 


«  Quisquis  hune  iibrum  tulerit 
Vel  furtive  subtraxerit 
Opprimatur  doloribus 
Gunctis  carens  honoribus. 
5  Hicvivens  semper  egeat 
Hicpiam  sustineat 


Nec  ubertatem  videat 
Qua  fruatur  est  gaudeat. 
Qui  cum  vitam  iinierit 
10  Et  animam  emiserit 
Pena  plectatur  inferi. 
Hoc  etenim  sibi  debetur 


62 

Qui  fur  vel  raptor  hic  habetur,  Quod  si  librum  reddiderit 

His  namque  dignus  talibus  Nobisque  restituent 

15  Sit  procul  ab  his  omnibus  20  Hune  dolor  non  percutiat 
Qui  hoc  in  habitaculo  Qucm  scriptum  hoc  denuntiat. 

Ghristi  tenentur  vinculo.  Amen.  » 

Le  premier  feuillet  de  garde  de  ce  manuscrit  est  une  charte  origi- 
nale de  Hugues  IV,  archevêque  de  Besançon,  contenant  une  sentence 
par  lui  rendue  en  qualité  de  commissaire  du  saint-siège  dans  un  procès 
intéressant  la  collégiale  N.-D.  de  Neuchâlel  (Suisse),  et  indiquant 
[in principio)  une  bulle  de  Clément  V  de  janvier  ^309  (incomplète). 

5.  —  [Beati  Bernard!  Glarevallensis  vita  et  opéra  diversa.]  Vol. 
moyen  format  de  -133  feuillets,  haut  de  277  mill.,  large  de  -195; 
rehure  ais  et  cuir  gaufré  du  xvi*^  s.;  écrit  sur  2  col.,  rubriques 
rouges,  initiales  rouges  et  bleues.  —  xm^  siècle. 

«  Incipiunt  capitula  libri  primi  in  vitam  beati  Bernardi  Glareval- 
lensis abbatis  (fol.  \  r°).  Incipit  prefacio  Guillelmi  [abbatis  sancti  Theo- 

derici]  in  vita  sancti  Bernardi  Glarevallis  abbatis  (fol.  3  r") [le 

second  livre  Harnault,  abbé  de  Bonnevalx,  le  tiers  et  remenant  com- 
posa messire  JoufTroy,  evesque  d'Aulsseure,  et  contient  3  livres 
(note  du  xv^  s.)]...  et  pacis  desiderata  serenitas.  Explicit  liber  secun- 
dus  de  vita  sancti  Bernardi  abbatis  Clarevallis.  —  Incipit  prologus 
in  ultimos  très  libellos  de  vita  sancti  Bernardi  abbatis  Cdarevallis.  » 
—  «  Epistola  ad  Arnaldum,  Bonevalis  abbatis^  quiei  quedam  nenia 
mittens  de  valitudhie  ejus  sollicite  fuerat  sciscitatus.  »  —  «  Prefatio 
sancti  Bernardi  abbatis  in  vita  sancti  Malachie  Hijberniensis  épis- 
copi.  Semper  quidem  opère  precum...  pari  ter  regnaturi  in  secula 
seculorum.  Amen.  Explicit  vita  sancti  Malachie  Hyberniensis  épis- 
copi.  Hic  liber  est  fmitus,  qui  scripsit  sit  benedictus.  »  Sur  le  fol. 
62  v°  cette  note  marginale  :  «  Iste  Pontius  fuit  primus  abbas  Belle- 
vallis'  »;  au  bas  du  fol.  -I33v°  ces  mots  :  «  Liber  béate  Marie  Virgi- 
nis  sancte  Marie  »,  tracés  par  une  main  du  xvn"  siècle. 

^0.  —  Lectionnaire.  Vol.  moyen  format  de  ^31  feuillets,  haut  de 
297  mill.,  large  de  209;  reliure  ais  et  cuir  gaufré;  écrit  à  pleine 
page,  rubriques  rouges,  initiales  bleues  et  rouges,  quelques  lettres 
ornées  débordant  la  marge.  —  xiii''  siècle. 


1.  Ponce,  abbé  de  Bellevaux  (Haute-Saône),  1128-1156.  J'ai  retrouvé  et  publié 
en  1882  la  tombe  et  l'inscription  renouvelées  de  cet  abbé  :  Inscriptions  cisterciennes 
du  diocèse  de  Besançon,  n"  30.  {Bullet.  de  l'Acad.  de  Besançon,  année  1882.) 


63 

Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin.  «  Credo  in  unum  Deum 
Johannem.  In  illo  tempore  dixit  Jhesus  turbis  Jiideorum.  » 

-15.  —  Légionnaire.  Vol.  moyen  format  de  86  feuillets,  haut  de 
244  mill.,  large  de  ^39-,  reliure  ais  et  cuir  gaufre,  .wi^  s.-,  écrit  à 
pleine  page;  rubriques  rouges,  initiales  de  môme  couleur.  — 
xii^-xiiie  siècles. 

«  Dominica  iwQxima  in  adve,nlu  Domini.  Lectio  epistole  beaii 

Pauli  apostoU  ad  Romanos.   Fratres  scientes  quia  hora  est 

Alia  lectio  C.  B.  P.  ad  Corinthios.  Fratres  ecce  misterlum  vobis 
dico.  » 

-16.  —  [Libri  IIIP''  dialogorum  Gregorii  pape.  —  Vita  sancLi  Martini. 
—  Dialogorum  Sulpitii  Severi  libri  très.]  Vol.  moyen  format  de 
-140  feuillets,  haut  de  284  mill,  large  de  -195;  reliure  ais  et  cuir 
gaufré;  écrit  sur  une  seule  colonne  jusqu'au  fol.  \\1  v%  sur  deux 
colonnes  du  fol.  -H7  v°  àla  fin;  rubriques  rouges,  Initiales  rouges, 
vertes  et  bleues.  —  xiii^  siècle. 

Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin.  «...  quipresens  seculum 

tota  mente  reliquerunt  michi  ad  memoriam  revocatur Petrus. 

Non  valde  in  Italia  aliquorum  vitam  virtutibus...  Greg&rius...  si 
ante  mortem  hostiam  ipsis  fuerimus.  ExplicU  liber  quartus  dialo- 
gorum beati  Gregorii  pape.  »  —  «  Incipit  epistola  Severi  ad  Desi- 
derium  de  vita  sancti  Martini,  Turonensis  episcopi.  »  —  «  Incipit 
dialogi  Severi  liber  primus.  »  (Le  texte  des  dialogues  de  Sulpice 
Sévère  s'arrête  au  chap.  'IS  du  livre  3  ayant  pour  titre  :  «  De  domo 
Liconcii  liberata.  Licontius  ex  vicarius  vir  fidelis....  ») 

17.  —[Vite  sanctorum.]  Vol.  moyen  format  de  94  feuillets,  haut 
de  320  mill.,  large  de  204;  reliure  ais  et  cuir  gaufré  incomplète-, 
écrit  sur  2  col.,  initiales  rouges,  vertes  et  noires.  —  xiii''  siècle. 

Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin,  «  [Incipit  vita  sancti 
Nicholai.]   Incipit  simplex  relatio   cujusdam    de    transitu   ipsius 

sancti Explicit  vita  sancti  Nicholai.  »  —  «  Incipit  prologus  in 

vita  sancti  Silvestri.  »  —  [Pccssio  beafi  Vincentii  lévite.]  —  «  Inci- 
pit epistola  Fausti  monachi  editoris  vite  beati  Mauri  qnam  loco  pre- 
fationis  suo  proposuit  operi.  Incipit  vita  sancti  Mauri.  »  —  «  Incipit 
prefatio  sancti  Jeronimi  presbyleri  in  vita  sancti  Pauli  [primi  here- 
mite].  »  —  «  Incipit  vita  sancti  Zosimi  et  Marie  Eyiptiace.  »  — 
«  Incipit  vita  sancte  Marie  Magdalene.  »  —  «  Incipit  vita  sancte 
Eufrosine  virginis.  »  —  «  Incipit  passio  sancte  Cecilie  virginis.  » 


\  64 

—  «  Incipif  passio  sancte  Lucie  virginis.  «  —  «  Incipit  vita  et  con~ 
versio  et  passio  Eustachii.  »  —  «  Miraculum  sancti  Thome.  » 

18.  — Missel.  Vol.  moyen  format  de  ^2^  feuillets,  haut  de  303mill., 
large  de  210;  reliure  ais  et  cuir  gaufré;  écrit  sur  deux  col.  dans 
la  plus  grande  partie  du  manuscrit  (fol.  I-SS),  sur  une  col.  du 
fol.  89  à  la  fm.  Rubriques  rouges,  initiales  rouges  et  bleues.  — 
xiv^  siècle. 

«  In  adventu  Domini.  Missain  veneratione béate  Marie  Virginis... 
In  vigiliis  Pasche.  «  Sur  les  feuillets  de  garde  sont  des  prières  de 
diverse  nature  transcrites  aux  xiv^  et  xv  s.  Sur  le  dernier  de  ces  feuillets 
on  remarque  une  «  oratio  beato  Petro  de  Lucenbour  «  et  cette  men- 
tion :  «  L'an  mil  iiii^  xliii,  ou  mois  de  may,  fut  comencier  de  lever 
la  ramure  neufve  de  la  maison  de  Salins  ^ .  In  quo  tempore  erat  abbas 
frater  Daniel  de  Calcino.  »  Dans  le  texte  du  missel,  au  mémento  de 
la  préface  commune,  on  remarque  des  traces  effacées  et  lacérées  de 
noms  de  bienfaiteurs. 

19.  —  Missel.  Vol.  moyen  format  de  172  feuillets,  haut  de  312  milL, 
large  de  21 8  ;  reliure  ais  et  cuir  gaufré,  poinçonné  de  fleurons  et 
d'animaux,  xv^  s.  -,  écrit  sur  2  col.  -,  rubriques  rouges,  initiales 
rouges  et  bleues.  —  xiii^  siècle  (fin). 

Les  feuillets  1  et  169-172  de  ce  manuscrit,  interpolés  au  xiv^  s., 
portent  le  1"  le  Credo  et  une  messe  «  in  decollatione  sancti  Joannis 
Baptiste  »;  les  folios  169-172,  les  offices  de  saint  Edmond,  de  la 
dédicace  de  l'église  et  de  la  sainte  Couronne  d'Épines.  Le  texte  pri- 
mitif commence  au  fol.  2  r»  :  «  Rorate  celi  desuper  »  et  s'arrête  au 
fol.  168  v°  aux  messes  votives  «  pro  adversitate  ecclesie,  pro  presenti 
loco,  pro  pace  «.  Sur  la  seconde  garde  est  collée  une  note  sur  papier, 
du  XV*  s.,  ainsi  conçue  :  «  Le  vi«  jour  de  juing  mil  iin"^  cinquante  et 
neuf  la  chappelle  de  monseigneur  le  prince  d'Orenges  fut  dédié  et 
consacrez  les  deux  aultez  par  révérend  père  en  Dieu  maistre  Anto- 
nine,  evesque  de  Lydon,  docteur  en  théologie  de  l'ordre  des  frères 
prescheurs,  in  presencia  dompni  DanieUs  abbatis^.  »  L'écriture  de 
cette  note  est  identique  à  celle  de  l'annotation  des  gardes  du  n°  1 8. 


1.  La  maison  dont  il  s'agit  était  un  hospice  ou  refuge  appartenant  à  l'abbaye 
du  Mont-Sainte-Marie  et  situé  à  Salins  (faubourg  Champtave). 

2.  Cette  chapelle  conliguë  au  bras  droit  du  transept  contenait  six  magnifiques 
statues  funéraires  des  princes  de  Cbàlon,  converties  en  chaux  en  1793,  tandis 
que  s'écroulait  l'église  abbatiale  dont  il  ne  reste  que  des  débris  insignifiants. 


65 

20.  — Missel.  Vol.  moyen  format  de  i6i  feuilleLs,  haut  de  304  mill., 
large  de  2i2;  reliure  ais  et  cuir  gaufré  du  x\i"  s.  ;  écrit  sur  2  col. 
(moins  les  fol.  88-93,  contenant  sur  une  seule  colonne  la  préface 
écrite  en  caractères  hauts  de  8  mill.)  ;  rubriques  rouges,  initiales 
vertes,  jaunes,  rouges  et  bleues.  —  xiii''-xiv''  siècles. 

Incomplet  du  dernier  feuillet.  «  Rorate  celi  desuper...  pro  subsi- 
dio  terre  sancte  »...  Au  Mémento  de  la  préface  commune  se  lisent 
(fol,  91  r")  les  noms  de  quelques  bienfaiteurs  de  Mont-Sainte-Marie 
«...  episcopi  Lingonensis.  Joannis  comilis  Gabilonensis  et  domine 
Lore  et  liberorum  eorumdem.  Sybille  quodam  domine  de  Husyes. 
Hugonis  du  Molinet  et  antecessorum  ejus.  Pétri  villici  de  Wauz  et 
omnium  quoset  quashabuit  et  habet  in  sua  devocione.  »  Sur  le  der- 
nier feuillet  de  garde  est  la  mention  suivante,  contemporaine  des  faits 
qu'elle  énonce  :  «  En  l'an  mil  cinq  cens  septente,  au  mois  de  decenbre, 
le  premier  jour  et  le  second,  fat  un  lleve  d'eau  que  jamais  les  enciens 
disoient  qu'il  ne  les  virent  cy  grande.  —  En  Tan  mil  cinq  cens  sep- 
tente et  deux,  il  fut  une  grande  garre  contre  les  Turque  et  les  crétien 
eurent  la  victoire,  don  Dieu  dylegen  soit  iohé.  » 

21.  —  Missel.  Vol.  moyen  format  de  122  feuillets,  haut  de  296  mill., 
large  de  212;  reliure  ais  et  cuir  gaufré;  écrit  à  pleine  page; 
rubriques  rouges,  initiales  rouges,  jaunes,  vertes  et  bleues.  — 
xiii*-xiv®  siècles. 

Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin,  quelques  feuillets  inter- 
polés, notamment  un  «  Gloria  in  excelsis  »  du  xv^  s.,  avec  musique 
notée  (fol.  74  v").  «  Dominice  quinquagesime...  Missa  pro  defunc- 
tis.  »  Sur  la  marge  de  la  préface,  au  Mémento  (fol.  7-1  r»)  est  inscrit 
le  nom  d'un  bienfaiteur,  «  Johannis  Marescot  de  Fraxino  »,  en  carac- 
tères du  xiye  siècle. 

22.  —  Missel.  Vol.  moyen  format  de  -152  feuillets,  haut  de  312  mill., 
large  de  221  ;  reliure  ais  et  cuir  gaufré;  écrit  sur  2  col.  (moins 
la  préface,  fol.  81-86,  écrite  sur  \  col.),  belles  lettres  ornées,  ini- 
tiales rouges,  bleues  el  jaunes.  —  xiv^  siècle. 

«  In  adventu  Domini  in  veneratione  béate  Marie.  Rorate  celi 
desuper...  Pro presenti  loco.  —  De  sancto  Edmundo.  »  La  préface 
commune  est  écrite  en  pleine  page,  en  caraclèi-es  hauts  de  7  mill., 


chapiteaux,  voussures,  colonnes.  L'abbé  Daniel,  dont  il  est  ici  question,  est 
Daniel  de  Chaussin  (1446-1470). 

5 


66 

hauteur  double  de  celle  des  caractères  du  missel.  Le  Mémento  porte 
renvoi  à  la  marge  où  est  cousu  un  lambeau  de  parchemin  contenant 
en  écriture  du  xiv'  s.  les  mentions  suivantes  de  bienfaiteurs  : 
«Mémento...  famulorum  famularumque  tuarum  [Johannis  comitis 
et  Lore  comitisse;  Sybille  quondam  domine  d'Usyes]  ;  domini  Valcheri 
domini  Salinensis;  domini  Johannis  comitis  Gabilonis,  uxorum  et 
liberorum  eorundem;  domini  Johannis  de  Gabilone  fihi  ejusdem 
comitis  ;  domini  Huguonis  archiepiscopi  bisuntini  ;  domine  Margarete 
de  Allato;  Hugonis  dou  Muhnet,  uxoris  et  liberorum  eorundem; 
dominorum  et  dominarum  et  heredum  d'Usées-,  domini  Gyrardi  de 
Arguello  miiitis,  matris  et  uxoris  ejus;  domini  Hugonis  de  Cabilone  ; 
Cautheline  de  Salino  (fol.  84  r°)^  «  Le  propre  des  saints  porte  en 
marge  divers  offices  interpolés,  notamment  ceux  de  saint  Biaise,  des 
saints  Corneille  et  Gyprien,  de  saint  Edmond,  de  saint  Antoine  et  des 
Onze  mille  vierges.  Sur  le  dernier  feuillet  cette  mention  :  «  Estienne 
Oudate  »,  en  caractères  du  xv''  siècle.  Le  premier  feuillet  de  garde  est 
un  fragment  important,  mais  fort  effacé,  d'une  bulle  du  xir  siècle, 
adressée  «  Dilecto  filio...  arci  lausannens.  » 

24.  —  Missel.  Vol.  moyen  format  vélin  de  ^58  feuillets,  haut  de 
237  mill.,  large  de  -163;  reliure  ais  et  cuir;  écrit  sur  une  seule 
colonne;  rubriques  bouges,  initiales  rouges,  bleues  et  jaunes.  — 
xiiF-xiv«  siècles. 

Incomplet  des  premiers  feuillets  ;  les  fol.  l56-^  58,  ajoutés  au  xv*  s., 
portent  les  offices  du  Saint  Sacrement,  de  la  Visitation,  de  la  Gou- 
l'onne  d'épines  et  de  la  Transfiguration.  «  In  vigilia  Natalis  Domini... 
diceritis  visionem  donec  filius  hominis  a  mortuis  resurgat.  » 
Musique  notée  ajoutée  en  plusieurs  marges  (fol.  5-1  v°,  60  v",  75-78). 

25.  —  [Glaustrum  anime.  —  Diadema  monachorum.]  Vol.  moyen 
format  vélin,  de  \\\  feuillets,  haut  de  287  mil!.,  large  de  495; 
reliure  ais  et  cuir  ;  écrit  sur  une  seule  colonne  avec  charmantes 
lettres  initiales  aux  quatre  couleurs  :  rouge,  blanche,  bleue  et 
verte;  rubriques  rouges,  écriture  remarquablement  élégante  et  cor- 
recte. —  xiii''  siècle. 

Incomplet  des  trois  premiers  feuillets  du  \^''  quaternion  du  «  Glaus- 
trum anime  »  comprenant  jadis  le  chap.  P''  de  cet  ouvrage  :  «  ...hos- 
tium  incursus  repellant...  Explicit  claustrum  anime  quatuor  conti- 

\.  Tous  les  bienfaiteurs  dont  la  mémoire  est  ici  rappelée  sont  parfaitement 
connus  dans  l'histoire  comtoise,  aucun  doute  n'est  possible  sur  leur  identité. 


«7 

nens  libros.  Liber  Montis  sancte  Marie.  »  —  «  In  nomine  Domini 
nostri  Jhesu  Christi  hune  libellum  Smaragdus  albas  de  dii^ersis  vir- 
fuiibus  coUegit  et  et  nomen  Diadema  Monachorum  imposuit,  quia 
sicut  gemmis  diadema,  ita  el  hic  libe/lus  fulgei  virtutibus.  Incipit 
prologus.  (D'après  la  table  des  chapitres  qui  se  trouve  en  tête  du 
«  Diadema  »,  cet  ouvrage  comprenait  •lOO  chap.  ;  il  n'en  survit  que 
37  au  complet,  le  dernier  ayant  pour  titre  «  De  circoncisione  vicio- 
rum.  )•>  Les  derniers  feuillets,  à  demi  brûlés  ou  déchirés,  ne  contiennent 
que  des  fragments  mutilés  des  chap.  78-93.  Au  fol.  44  v*,  mention 
en  marge  de  «  Jean  Regnauld  dit  Baict  de  Remoray  »  et  de  «  frère 
Jean  Girard  de  Malpas.  «) 

29.  —  Paraphrase  des  évangiles.  Vol.  petit  format  vélin,  de  -197  feuil- 
lets, haut  de  ^68  mil!.,  large  de  -136;  reliure  ais  et  parchemin; 
écriture  cursive  à  pleine  page,  une  seule  rubrique  rouge  (fol.  89  v°). 
—  xiii^  siècle. 

Le  texte  de  cette  paraphrase  des  évangiles,  pour  tous  les  dimanches 
et  fêtes  de  l'année,  semble  complet  moins  les  fol.  (de  l'ancienne  pagi- 
nation) 30,  34,  32-50,  200-20o  et  les  tables  dont  le  dernier  feuillet 
est  coté  «  ccviii.  »  Une  triple  table  récapitulait  le  verset  initial  des 
chap.,  l'application  des  divers  chap.  aux  principales  fêtes  de  l'année, 
enfin  les  diverses  vertus  ou  états  de  l'âme  dont  traitait  chaque  para- 
phrase :  «  Amor,  aspice,  assumptus,  adulator,  abstinentia,  etc.,  » 
avec  renvois  aux  folios  du  manuscrit.  Moins  deux  feuillets,  cette  table 
a  disparu. 

3-1 .  —  Rituel  cistercien,  vol.  petit  format  de  vélin  de  3  et  63  feuillets, 
haut  de  -182  mill.,  large  de  U3;  reliure  ais  et  cuir  gaufré;  écrit  sur 
une  seule  colonne;  rubriques  rouges,  initiales  bleues,  rouges, 
violettes.  —  xiv"  siècle  (avec  nombreuses  interpolations  et  com- 
pléments du  XVI*) . 

«  Ad  clerum  faciendum  ex  seculari  habitu  receptum.  Oremus 

dilectissimi et  cum  spiritu  tuo.  »  Les  3  feuillets  de  garde  (papier) 

qui  précèdent  le  rituel  portent  en  écriture  du  xvi*  s.  diverses  prières, 
les  commandements  «  de  la  loy  et  de  saincte  église,  »  «  benedictio 
crucis  •>•>  et  «  benedictio  fontis.  »  Sur  le  môme  feuillet  de  garde,  en 
écriture  du  xvii®  s.  «  frère  Jaque  Nelaton  a  fait  profection  le  xvij*  de 
julet.  »  Sur  la  couverture  une  date  :  -1333. 

32.  —  Lectionnaire.  Vol.  petit  format  vélin  de  9^  feuillets  ;  haut  de 
-196  mill.,  large  de  141  ;  reliure  ais  et  cuir  gaufré,  portant  la  date 


68 

de  1440;  écrit  sur  une  seule  colonne,  rubriques  rouges,  initiales 
polychromes.  —  xii«  siècle  (fin). 

Le  calendrier  qui  figure  en  tête  du  manuscrit  est  incomplet  des 
mois  de  janvier,  février,  mars  et  décembre-,  il  commence  par  avril  : 
a  Aprilis  habet  diesxxx,  lunationem  xxiij...,  »  et  finit  par  «  Novem- 
BER...  ij  kl.  [decembris].  Natalis  sancti  Andrée,  apostoli  xij  le.  )>  Le 
texte  proprement  dit  du  lectionnaire,  incomplet  du  commencement 
et  de  la  fin,  commence  par  :  «  ...  lectio  S.  Evangein  S.  Marci  » 
et  finit  par  «  In  die  sancti  Andrée  apostoli.  Lectiones  ex  omelia 
venerabilis  Bede  presbyteri...  et  récipient  Jhesu.  » 

34.  —  [Johannis  Gassiani  De  institutione  monachorum.  Golla- 
tiones  sanctorum  patrum.]  Vol.  moyen  format  vélin,  de  342  feuil- 
lets, haut  de  222  mill.,  large  de  -157;  sans  couverture;  écrit  sur 
2  col.,  rubriques  rouges-,  initiales  polychromes.  —  xiv*  siècle. 

Ce  manuscrit,  qui  comprenait  primitivement  386  folios,  est  incom- 
plet des  36  premiers  et  de  plusieurs  feuillets  intérieurs,  outre  divers 
feuillets  remplacés  au  xv®  s.  «  [De  institutione  monachorum]...  die 
consumatis  matutimis  hymnis  (fol.  37-123).  »  —  «  In  Dei  nomine 
régula  monachorum  Egypti  a  Johanne  Gassiano  Massilicnsi  presby- 
tero  conscripta  incepit  quam  Eucherius  Lugdunensis  episcopus  brevi 
conscripsit  sermone  sicut  in  hoc  continetur  volumine.  Gollationes 
Moysis,  Panucii,  Daniehs,  Serapionis,  Ysaac  (fol.  124-225).  »  — 
«  In  nomine  Domini  Ihu  Ghristi  incipit  prefatio  beati  Johannis  Gas- 
siani in  septem  collalionibus  Irium  sanctorum  palrum  quas  misit 

sanctis  fratribus  Honorato  et  Eucherio Expticit  liber  collationum 

sanctorum  patrum  (fol.  246-384).  «  Le  fol.  384  v"  (aujourd'hui  341) 
porte  en  marge  cette  mention  du  xv^  s.  «  Istas  collaciones  comparuit 
frater  Daniel  deGalcino  abbas  Montis  sancte  Marie.  »  Sur  le  fol.  386  r° 
est  une  oraison  prescrite  par  le  pape  Innocent...  «  pro  sua  tribula- 
tione.  » 

40.  —  Bréviaire  bisontin.  Vol.  petit  format  vélin  de  148  feuillets, 
haut  de  1 56  mill. ,  large  de  1 13,  dérelié  ;  écrit  sur  2  col.  ;  rubriques 
rouges;  initiales  rouges  et  bleues.  —  xiv*  siècle. 

Incomplet  du  commencement  et  de  la  fin.  «  Dominicainpassione... 
Sixti  episcopi  et  martyris  ipsa  die  Felicissimi  et  Agapiti.  »  On  lit 
au  bas  des  fol.  52  v°  et  53  r°  cette  mention  de  possesseur  :  «  frère 
Symon  Melin,  prebstre  religieux  du  Mont-Sainte-Marie  »  {nYif  s.). 


69 

IL 

Manuscrits  disparus  de  la  bibliothèque  publique  de  Pontarlier 
[Doubs],  postérieurement  à  -1807.  (Notices  extraites  de  l'inventaire 
de  ce  dépôt  dressé  en  l'an  XI-XII  de  la  République  par  l'ancien 
conventionnel  J.-B.  Michaud  de  Doubs.) 

(2).  —  Antiplîonaire.  «  Un  manuscrit  in-fol.  sur  vélin,  intitulé  «  Anti- 
phonale  proprium  sanctorum  ordinis  patrum  eremitarum  sancti 
Augustini  ad  usum  chori  pontarliensis,  Pontarlii  1720.  »  (Prove- 
nait des  Augustins  de  Pontarlier.) 

(3).  —  Office  de  la  Transfiguration.  «  Un  manuscrit  sur  vélin  orné  de 
lettres  majuscules  très  belles  et  qui  finit  par  ces  mots  :  «  Fraler 
Franci[s]cus  Daulmondus  Salinensis  religiosus  Montis  sanctae  Mariœ 
olim  calazaster  divi  Anatholii  dicti  Salinensis  hune  cantum  officii 
Tranfigurationis  Domini  composuit  jussione  abbatis  sui  R.  Domini 
Ludovic!  de  Verno  abbatis  liujus  loci  Montis  sanctse  Mariœ  et  de 
Gharilate^,  anno  Domini  ^55-1.  » 

|4bi3j^  —  Moralia  Gregorii  pape.  «  Manuscrit  sur  vélin  in-folio,  »  tome 
second  de  l'ouvrage  catalogué  dans  la  première  partie  du  cata- 
logue sous  le  n-  4. 

(6).  —  Graduel.  «  Un  graduel  sur  vélin  in-folio,  commençant  par 
ces  mots  :  «  Etenim  sederunt  principes  et  adversum  me  loqueban- 
tur,  »  et  finissant  par  ceux-ci  :  «  ante  luciferum  genuite.  »  (Cou- 
verture en  bois.) 

(7).  —  Antiphonaire  in-fol.  vélin.  Copié  en  '^55^  par  Pierre  Le 
Paige  de  Rouen,  pour  les  religieux  de  Sainte-Marie.  Note  au 
4^  feuillet  verso  ainsi  conçue  :  «  Anno  millesimo  quingentesimo 
quinquagesimo  primo,  regnantibus  papa  Julio,  hujusnominis  tertio, 
regni  sui  tertio  et  Caroio  divina  favente  clementia  quinto  hujus 
nominis  Romanorum  imperatore  atque  Burgundiae  duce  et  comité 
semper  augusto,  reverendissimus  in  Cbrislo  paler  F.  Ludovicus 
de  Verno  abbas  et  dominus  monasteriorum  Montis  sanctœ  Marite 
atque  Gharitatis  ordinis  Gisterciensis  hune  librum  in  usum  ejus- 
dem  monasterii  Montis  sanctge  Mariœ  fieri  et  scribi  fecit,  per  dis- 
cretum  virum  Petrum  Le  Paige  Rothomagensem  presbylerum  et 
scribam.  » 

1.  Louis  de  Vers,  abbé  de  Mont-Sainte-Marie  (1509-1553)  et  de  la  Charité 
(1525-1553^. 


70 

(8).  —  «  Antiphonaire,  in- fol.,  -105  feuillets,  couvert  en  bois.  » 
(9).  —  «  Antiphonaire  à  l'usage  de  l'ordre  de  Gîteaux,  vélin,  in-fol., 

200  feuillets  ;  manque  le  frontispice  -,  couvert  en  bois.  » 
(H).  —  [Nicolaus  de  Lyra.  Commentarius  in  prophetas.]  «  Même 
manuscrit  sur  vélin,  in-fol.,  couvert  en  bois,  contenant  une  inter- 
prétation latine  des  prophètes;  les  premiers  feuillets  manquent ^» 

(j2).  —  «  Missel  sur  vélin,  in-fol.,  commençant  au  recto  de  la 
première  page  par  :  «  de  solemnitate  sacramenti  altaris  prefatio  «  et 
finissant  par  :  «  per  dominum  nostrum,  etc.  »  (au  verso  de  la  der- 
nière page) .  » 

[\%).  —  «  Antiphonaire  sur  vélin,  in-fol.,  commençant  par  ces  mots 
au  recto  de  la  première  page  :  «  In  nova  solempnitate  corporis 
Domini  nostri,  etc.  »  et  finissant  par  ceux-ci  :  «  et  ipse  fecit  illud 
et  aridam  »;  la  suite  de  l'hymne  manque.  » 

(U).  —  [Sermones.]  «  Manuscrit  sur  vélin,  in-fol.,  contenant  des 
homélies.  Les  premiers  et  derniers  feuillets  manquent.  La  plupart 
de  ceux  qui  ont  échappé  aux  altérations  de  la  moisissure  et  des 
insectes  sont  en  mauvais  état,  couverture  en  bois.  » 

(23).  —  [Johannis  de  Abbatisvilla  sermones.]  «  Recueil  de  sermons 
sur  vélin,  in-fol.,  sans  couverture.  Au  commencement,  note  écrite 
d'une  autre  main  :  «  Incipiunt  sermones  magistri  Joannis  de  Abba- 
tisvilla super  epistolas  et  evangelia  dominicalia  totius  anni.  Domi- 
nica  prima  in  adventu  Domini.  Epist.  ad  Romanos,  expositio 
epistole.  » 

(26).  —  [Evangéliaire.]  «  Les  Évangiles,  in-8",  vélin,  vol.  incomplet. 
Les  premiers  mots  du  premier  feuillet  qu'on  y  trouve  sont  : 
«  [anjgelus  Domini,  »  et  les  derniers  :  «  ab  illori.  « 

(27).  —  «  Commentaire  de  l'Ecriture  sainte,  vélin  in-8°,  dont  les 
premiers  et  les  derniers  feuillets  manquent.  Le  ^'''"  feuillet  de  ceux 
qui  restent  commence  à  :  «  tanquam  advenas  et  peregrinos  »  et 
le  dernier  finit  :  «  humilis  humilem.  » 

(28).  —  «  Rituel  in-S°,  vélin,  commençant  :  «  Exorcismus  sahs,  »  et 
finissant  :  «  posciens.  » 

(30).  —  «  Recueil  de  méditations  ascétiques,  rédigées  sur  papier.  Au 
-l^""  feuillet  recto  on  lit  :  «  A  l'usage  de  Mademoiselle  Humbert, 
demeurant  à  la  grande  rue,  près  le  puits  du  Marché  à  Besançon.  » 

1.  Mentionné  dans  l'inventaire  du  district  de  1794. 


7^ 

(33).  —  «  Bréviaire  commençant  :  «  humiiiabilur  et  videbunt  omnes.  » 
La  dernière  page  est  illisible.  Les  premiers  et  derniers  feuillets 
manquent.  » 

(35).  —  [Biblia.]  «  Manuscrit  vélin  sans  date,  contenant  une  partie 
de  l'Ancien  Testament;  les  premiers  et  les  derniers  feuillets 
manquenl.  Les  premiers  mots  de  ce  qui  reste  sont  :  «  et  requeunt,  » 
et  les  derniers  :  «  filii  Joachar  cepit.  « 

(4^).  —  «  Manuscrit  vélin,  écriture  gothique  dont  le  contenu  est  à 
vérifier.  Les  premiers  feuillets  manquent.  » 

(42).  —  c(  Manuscrit  vélin,  écriture  gothique  dont  le  contenu  est  à 
vérifier.  Les  premiers  feuillets  manquent.  » 

[Ces  derniers  manuscrits  non  définis  pourraient  être  «  les  Dialogues 
de  saint  Léon  »  et  «  une  histoire  ancienne  »  mentionnés  parmi  les 
manuscrits  sur  véhn  de  l'inventaire  dressé  par  le  district  en  1791  ?] 

TABLE  DES  NOMS  D'AUTEURS  ET  DES  TITRES  D'OUVRAGES 

COMPRIS    DANS  LE    CATALOGUE    DES   MANUSCRITS    DE    PONTARLIER. 

Les  noms  d'auteurs  sont  imprimés  en  romain,  les  titres  d'ouvrages 
en  italique.  Les  chiffres  qui  suivent  les  noms  d'auteurs  ou  les  titres 
d'ouvrages  indiquent  le  numéro  du  manuscrit.  Les  chiffres  sans  paren- 
thèses se  réfèrent  aux  manuscrits  existants  (Ife  partie  du  catalogue), 
ceux  entre  parenthèses  aux  manuscrits  disparus  (2®  partie). 

Algriu,    Jean,    d'Abljeville,   Ser-  Commentaires  sur  Job,  de  saint  Gré- 

mons  (23).  goit-e,  4  et  (4  bis). 

Ancien  Testament,  (35).  Diadème  des  Moines   \lé\  de  Sma- 

Antiphonaires ,    (2),    (7),    (8),    (9l,  ragdus,  25. 

(13).  Dialogues  de  saint  Grégoire,  16. 

Aulmont  (Frère  François  d') ,  de  Dialogues  de  Sulpice  Sévère,  16. 

Salins,  calligraphe  du  xvi'^  s.,  Ecriture  sainte   (Commentaire  sur 

(3).  ,  r),  (27). 

Bernard  (saint),  vie  de  saint  Mala-  Étxjmologies[les\,  d'Isidore  de Séville, 

chie,  opuscules,  5.  1. 

Bréviaires,  (33),  40.  Évangéliaire,  (26). 

Gassien,   Jean.  Institutes  monas-  Évangiles  {Paraphrases  des),  29. 

tiques,    collations    des    Pères,  Fausle  (le  moine).  Vie  de  saint 

34.  Maur,  17." 

Cloître  de  Vâme  (le),  25.  Geoftroi  d'Auxerre,  Vie  de  saint 

Collations  des  Pères,   de    Gassien,  Bernard,  5. 

34.  Graduel,  (6). 


72 


Grégoire  le  Grand  (saint).  Com- 
mentaire sur  Job,  4,  (4  bis); 
Dialogues,  16. 

Guillaume  de  Saint-Thierry,  Vie 
de  saint  Bernard,  5. 

Institutes  monastiques,  de  Cassien, 
34. 

Isidore  de  Séville.  Étymologies,  1 . 

Jérôme  (saint).  Vie  de  saint  Paul, 
ermite,  17. 

Lectionnaires,  10,  15,  32. 

Le  Paige  (Pierre),  de  Rouen,  cal- 
ligraphe  du  xvi«  s.,  (7). 

Méditations  ascétiques,  (30). 

Missels,  (12),  18,  19,  20,  21,22,24. 

Nicolas  de  Lyre,  (11). 

Office  de  la  Transfiguration,  (7). 

Prophètes   (Commentaire  sur    les), 

(11). 
Rituel,  (28). 
Rituel  de  Citeaux,  31. 
Sermons  anonymes,  (14). 


Sermons  de  Jean  d'Abbeville,  (23). 

Sulpice  Sévère.  Vie  de  saint  Mar- 
tin de  Tours,  Dialogues,  16. 

Smaragdus.  Le  Diadème  des  moi- 
nes, 25. 
Vies  de  saints  : 

S.  Bernard,  parGuill.  de  S. -Thier- 
ry, 5. 

S.   Eustache,  par  Geoffroi  d'Au- 
xerre,  5. 

S'e  Euphrosine,  17. 

Ste  Lucie,  17. 

Ste  Madeleine,  17, 

S.  Malachie,  par  saint  Bernard,  5. 

S.  Martin  de  Tours,  par  Sulpice 
Sévère,  16. 

S.  Maur,  par  le  moine  Fauste,  17. 

S.  Nicolas,  17. 

S.  Paul,  ermite,  17. 

S.  Sylvestre,  17. 

S.  Thomas,  17. 

S.  Vincent,  17. 


LETTRES  MISSIVES 


TIREES 


DES  ARCHIVES  DE  BELGIQUE 

CONCERNANT  L'HISTOIRE  DE  FRANCE 
131 7-1 324  ^ 


J'ai  rencontré  dans  la  trésorerie  des  chartes  des  ducs  de  Brabant, 
qui  fait  partie  du  dépôt  des  Archives  générales  du  royaume  de  Bel- 
gique, trois  documents  originaux  qui  ofTrent  un  certain  intérêt  pour 
l'histoire  de  France,  et  que  je  crois  inédits  et  de  nature  à  pouvoir 
être  publiés.  Ce  sont  trois  lettres  missives  sur  parchemin  apparte- 
nant au  premier  quart  du  xiv''  siècle. 

La  plus  ancienne  en  date  est  écrite  au  nom  de  Jeanne,  fdle  du  roi 
Louis  X,  dit  Hutin,  et  de  la  trop  célèbre  Marguerite  de  Bourgogne. 
Je  rappellerai  ici  quelques  faits  pour  montrer  à  quels  événements  se 
rattache  le  document  en  question.  Cette  princesse  naquit  le  28  jan- 
vier ^  3 1 L  Son  père  se  remaria,  après  la  mort  violente  de  sa  première 
femme,  avec  Clémence  de  Hongrie.  Lorsqu'il  mourut,  le  5  juin  I3I(>, 
sa  nouvelle  épouse  était  enceinte,  et  elle  accoucha,  le^5  novembre 
suivant,  d'un  fds  que  l'on  baptisa  du  nom  de  Jean,  et  qui  mourut 
quelques  jours  après  sa  naissance.  Philippe,  comte  de  Poitiers,  frère 
du  défunt  roi,  avait  été  désigné  par  les  pairs  et  les  grands  feudataires 
pour  administrer  les  royaumes  de  France  et  de  Navarre,  ainsi  que 
les  comtés  de  Champagne  et  de  Brie.  Dans  une  convention  qui  fut 
conclue  entre  le  prince  et  Eudes  IV,  duc  de  Bourgogne,  oncle  mater- 

1.  Nous  (levons  la  communication  de  ces  précieux  documents  à  M.  A.  Pin- 
chart,  chef  de  section  aux  Archives  du  royaume,  à  Bruxelles,  qui  les  avait 
adressés,  avec  la  notice  préliiainaire,  à  notre  confrère  M.  Jules  Guiffrey. 


74 


nel  de  Jeanne,  ce  dernier  avait  exigé  que  sa  nièce  lui  fût  remise  pour 
être  confiée  aux  soins  de  sa  grand'mère  Agnès,  qui  vivait  encore.  Il 
avait  été,  en  outre,  arrêté  entre  eux,  immédiatement  après  la  mort 
du  roi,  que,  si  la  reine  douairière  donnaitle  jour  aune  fille,  le  royaume 
de  Navarre  et  les  comtés  de  Champagne  et  de  Brie  seraient  attribués 
en  partage  aux  filles  du  roi  Louis  X,  et  que  celles-ci  renonceraient  à 
la  succession  du  royaume  de  France.  L'acte  est  daté  du  Bois  de  Vin- 
cennes,  le  -17  juin  -13^6. 

Le  6  janvier  1317,  le  comte  de  Poitiers  alla  se  faire  couronner  à 
Reims,  en  sa  qualité  de  plus  proche  héritier  mâle  de  son  frère  Louis. 
Dans  une  assemblée  des  pairs  présents  à  la  cérémonie,  ilavait  été  déclaré 
que  d'après  les  lois  et  la  coutume  les  femmes  ne  pouvaient  succéder  à  la 
couronne  de  France.  Le  duc  de  Bourgogne,  qui  était  cependant  devenu 
le  gendre  de  Philippe  par  son  mariage  avec  sa  fille  ainée,  au  mois  de 
septembre  de  Tannée  précédente,  protesta  hautement  contre  cette 
décision  au  nom  de  sa  nièce  -,  d'autres  seigneurs,  entre  autres  Charles, 
comte  de  la  Marche-,  Robert,  comte  de  Flandre;  Louis,  comte  de 
Nevers,  etc.,  embrassèrent,  dans  le  principe,  le  parti  de  la  jeune 
princesse,  à  qui  on  n'avait  reconnu  pour  tout  héritage  que  les  com- 
tés de  Champagne  et  de  Brie. 

Dans  la  pièce  que  nous  publions  sous  le  n°  I,  ces  actes  d'insubor- 
dination sont  justifiés.  Elle  fut  rédigée  dans  l'assemblée  des  nobles 
de  Champagne  tenue  à  Esnon,  près  de  Joigny,  et  scellée  du  sceau 
de  Jean  II,  seigneur  de  cette  dernière  localité.  Elle  est  datée  du 
«  vendredi  apriès  Pasques  comenianz,  »  qui  correspond  au  ^0  avril 
de  Tannée  i  31 7  évidemment.  Pas  de  suscription,  mais  il  est  certain 
que  l'exemplaire  que  nous  avons  sous  les  yeux  a  dià  être  envoyé  à 
Jean  III,  duc  de  Brabant  et  de  Limbourg. 

Jeanne  adresse  cette  lettre  à  ses  amis  et  à  ses  vassaux.  Elle  y 
revendique  ses  droits  comme  unique  héritière  de  son  père.  Elle 
déclare  que  le  comte  de  Poitiers,  —  c'est  ainsi  que  le  roi  Philippe  est 
désigné,  —  lui  a  intimé  Tordre  de  lui  rendre  hommage,  ce  qu'elle  ne 
peut  bonnement  faire,  eu  égard  à  sa  qualité  ;  qu'elle  lui  a  proposé  de 
faire  examiner  la  question  dans  une  assemblée  générale  des  pairs  du 
royaume,  tant  laïcs  qu'ecclésiastiques,  mais  que  le  comte  s'y  est  cons- 
tamment refusé;  qu'il  a,  au  contraire,  pris  toutes  sortes  de  mesures 
pour  fortifier  les  villes  et  les  châteaux,  et  donné  des  ordres  à  des 
gens  de  guerre  de  se  tenir  prêts  à  se  rendre  là  où  leur  présence  serait 
jugée  utile.  En  prévision  d'une  attaque  contre  ses  domaines,  la  jeune 
princesse  invite  ses  vassaux  et  ses  alliés  à  ne  pas  lui  être  hostiles,  et 


75 

à  se  réunir,  équipés  et  armés,  à  quelques  semaines  de  là,  pour  l'aider 
à  se  défendre. 

Les  deux  autres  documents  que  j'ai  découverts  appartiennent  à 
l'année  I32i;  ils  ont  l'un  et  l'autre  trait  aux  querelles  incessantes 
qui  surgissaient  en  Guyenne  et  ailleurs  entre  les  sujets  des  rois  de 
France  et  d'Angleterre.  Gomment  se  sont-ils  trouvés  dans  la  posses- 
sion de  nos  ducs  de  Brabant,  c'est  là  une  question  qui  ne  sera  très 
probablement  jamais  élucidée,  et  aucune  des  conjectures  que  j'ai  faites 
ne  présente  une  solution  qui  puisse  être  sérieusement  acceptée'. 

La  première  est  datée  de  Toulouse,  le  dimanche  des  Brandons,  ou 
premier  dimanche  du  Garême,  qui  correspond  au  4  mars  de  l'an- 
née 1324,  à  laquelle  se  rapportent  les  événements  dont  il  est  parlé. 
Voici  ce  qui  était  arrivé.  La  bastide  ou  maison  de  campagne  du 
prieuré  de  Saint-Sacerdos,  qui  relevait  directement  de  la  France, 
quoique  situé  dans  l'Agenois,  et  par  conséquent  dans  le  territoire 
appartenant  alors  à  Edouard  II,  roi  d'Angleterre,  avait  été  saccagée  et 
incendiée  par  une  troupe  de  seigneurs,  sujets  du  monarque  anglais. 
Parmi  eux  se  trouvait  le  seigneur  de  Montpezat,  qui  fit  transporter 
dans  son  château  la  majeure  partie  du  butin  provenant  du  pillage. 
Le  roi  Charles  le  Bel  fît  condamner,  par  contumace,  par  le  parlement 
de  Toulouse,  plusieurs  des  coupables  au  bannissement  et  à  la  confisca- 
tion de  leurs  biens.  Déplus,  il  envoya  des  troupes  à  l'effet  de  s'emparer 
du  château  de  Montpezat.  Ge  sont  les  résultats  de  cette  tentative  qui 
sont  exposés  dans  la  lettre  dont  je  joins  ici  le  texte.  Les  commis- 
saires qui  se  présentèrent  d'abord  pour  réclamer  l'ouverture  du  châ- 
teau le  trouvèrent  défendu  par  des  soldats  anglais.  L'auteur  de  la 
missive  parle  des  préparatifs  que  l'on  faisait  de  part  et  d'autre  en 
vue  d'une  guerre  imminente;  elle  éclata,  en  effet,  quelques  mois 
après,  et  fournit  à  Charles,  comte  de  Valois,  l'occasion  de  faire  la 
conquête  de  la  Guyenne  et  de  l'Agenois.  C'est  à  ce  prince  que  la  lettre 
parait  adressée  ;  elle  porte  pour  suscription  :  A  nostre  très  chier  et 
féal  oncle  de  Valois,  et  pour  signature  :  Jehan  de  Trie.  Celui-ci 
doit  être  celui  qui  fut  plus  tard  comte  de  Dammartin,  par  la  mort  de 
Renaud  IV,  son  frère,  décédé  sans  postérité.  La  suscription,  qui 

1.  Les  pièces  i  et  m  sont  marquées  au  dos  du  chill're  XIX,  et  dans  l'inventaire 
de  1438  (fol.  y\f  iiij^'^xj  v°)  cette  rubrique  est  ainsi  désignée  :  «  Ung  petit  far- 
«  del  de  copies  en  parcliemin  de  plusieurs  lettres  patentes  et  closes  d'aucuns 
«  seigneurs  et  danimes  du  sang  royal  de  France  et  d'aucuns  officiers  touchant 
«  partage  de  lilles  de  France,  et  autres  très  anciennes,  assez  tost  après  les  tres- 
«  pas  du  roy  saint  Loys;  signé  par  XIX.  » 


76 

donne  au  comte  de  Valois  les  noms  d'oncle  et  de  féal,  ferait  attendre 
une  lettre  de  son  neveu  le  roi  Charles  IV  et  non  d'un  particulier.  Il  y 
a  là  une  anomalie  difficile  à  expliquer.  Cette  suscription,  écrite  sur  la 
lettre  même,  est,  à  ce  qu'il  semble,  de  la  même  main  que  le  texte. 

Le  dernier  document  est  une  lettre  d'Edouard  II  à  Charles  IV,  datée 
deWestminster,  le  7marsdeladix-septièmeannéedeson  règne;  elleest 
donc  postérieure  de  trois  jours  à  la  lettre  précédente,  et  Ton  doit  sup- 
poser, d'après  son  contenu,  que  les  événements  racontés  dans  celle-ci 
ne  devaient  pas  encore  être  connus  à  la  cour  d'Angleterre.  Le  roi 
Edouard,  dans  un  assez  long  préambule,  annonce  au  roi  de  France 
qu'il  est  en  bonne  santé,  et  il  lui  en  souhaite  autant;  il  ajoute  qu'il 
aura  toujours  grand  plaisir  à  recevoir  de  ses  nouvelles.  Puis  il  aborde 
le  but  de  sa  missive,  qui  était  d'obtenir  Fajournement  de  la  procé- 
dure pendante  au  parlement  de  Paris'  au  sujet  de  la  possession 
de  quelques  territoires  enclavés  dans  les  provinces  soumises  au 
monarque  anglais,  et  entre  autres  du  prieuré  de  Saint-Sacerdos.  Il 
termine  en  demandant  de  faire  délivrer  à  Robert  d'Echyngham  ou 
à  maître  Bertrand  Ferrand,  ses  mandataires,  des  lettres  de  sauf-con- 
duit pour  Edmond,  comte  de  Kent,  son  frère,  qui  devait  se  rendre 
en  France  afm  de  s'enquérir  de  ce  qui  s'y  était  passé. 

Alexandre  Pincbart, 
Chef  de  section  aux  Archives  du  royaume  de  Belgique. 


I. 

Très  chiers  sires  et  amis.  Comme  madame  Jehanne,  fille  de  noble 
recordation  nostre  chier  seigneur  Loiys,  par  la  grasce  de  Dieu  jadis 
roy  de  France  et  de  Navarre,  don  Dieux  ait  lame,  et  sour  dou  roy 
Jehan,  fil  doudit  roy  Loiys,  soit  demorée  seulle  et  pour  le  tout  hoirs 
des  devantdiz  son  père  et  son  frère,  et  à  ly  doie  apertenir  la  succession 
des  devantdiz  tant  par  droit  devin,  de  canon  et  civile  comme  de  cous- 
tumes  et  usaiges  gardez  en  réaulmes,  empires,  pairies,  principautez  et 
baronnies.  Et  comme  par  covenances  expresses  juriées  et  scellées  entre 


1.  Dans  le  recueil  de  Rymer,  t.  II,  2°  part.,  p.  92  (3°  éd.),  on  trouve  quatre  pièces 
émanant  du  roi  Edouard  II,  et  datées  du  6  mars  1324,  qui  se  rapportent  à  celle 
procédure.  Il  y  a,  en  outre,  p.  94,  un  mandement  du  roi,  du  13  mars  de  la 
même  année,  qui  enjoint  aux  ecclésiastiques,  nobles  et  officiers  des  pays  d'outre- 
mer, de  prêter  assistance  aux  commissaires  qu'il  envoie  sur  le  continent  pour 
s'enquérir  des  excès  commis  à  Saint-Sacerdos. 


77 

hauz  hommes  et  puissenz  monseigneur  Phelippe,  fil  de  roy  de  France, 
conte  de  Poitiers,  adont  regenz  les  réaulmes  de  France  et  de  Navarre  et 
les  contez  de  Ghampai.^ne  et  de  Brie,  et  Eudç,  duc  de  Bourgoigne,  espé- 
ciauiement  dou  réaulme^  de  Navarre  et  des  contez  de  Ghampaigne  et 
de  Brie,  desquelles  nous  vous  envoïons  le  transcrist.  Et  de  ceu  havons 
heue  plaine  délibéracion  à  grant  foison  de  bon  consoil,  tant  de  lais 
comme  de  clerz,  meismement  par  la  coustume  de  nostre  paiis,  gardée, 
tenue  et  approuvée  en  tel  cas  autrefoiz.  Et  lediz  cuens  de  Poitiers  nous 
ait  mandé  que  nous  entrâmes  en  sa  foi  et  en  son  hommaige  comme 
haritier  des  réaulmes  de  France  et  de  Navarre  et  des  contez  de  Gham- 
paigne et  de  Brie,  et  de  ceu  se  vuille  cfforcier,  et  nous  ne  le  puissions 
pas  bonement  faire  senz  noz  léaultez  enfraindre  et  senz  nous  meffuire, 
sicomme  il  nous  senble,  pour  les  raisons  dessusdites.  Et  dairenièrement 
à  la  jornée  de  Troies  nous  requismes  à  ses  messaiges,  et  autrefoiz  l'avons 
requis  à  ly  et  à  sa  gent,  et  touzjourz  vouldriens  faire,  que  li  per  de 
France,  appeliez  avec  aus  des  saiges  et  des  bons  dou  réanime  de  France, 
tant  clerz  comme  lais,  et  oiyet  les  raisons  d'une  partie  et  d'autre,  se  il 
estoit  regardé  par  iceus  que  nous  deussiens  entrer  en  sa  foi  et  en  son 
hommaige,  nous  y  entreriens  moult  volentiers,  et  feiriens  enviers  ly  ceu 
que  nous  devrions.  Et  li  messaige  nous  respondirent  que  ceu  ne  ferient-il 
pas,  mais  amiablement  il  nous  doinroient  une  jornée  à  laquelle  li  cuens 
de  Poitiers  devoit  enfermer  le  paiis,  et  monstrer  par  bones  raisons  que 
nous  deviens  entrer  en  sa  foi  et  demorer,  et  que  à  luy  apertenoit  et  non 
à  autre.  Et  nous,  qui  touzjoursz  vouldriens  garder  le  droit  de  luy  et 
d'autrui,  la  prismes  moult  volentiers,  mais  que  nous  heussiens  sauf- 
conduit.  Et  il  nous  manda  par  Monseigneur  Gauthier  de  Ghasteilloa 
que  de  ly  il  ne  nous  doinroit  seurté  nulle,  mais,  se  nous  haviens  à  faire 
de  partie  à  partie,  il  la  nous  doinroit  volentiers.  Et  si  nous  renvia  la 
jornée  et  alongua  de  là  où  elle  estoit  acordée.  Pour  quoi  li  seigneur  de 
nostre  paiis  n'eurent  mie  consoil  de  y  aler  senz  bone  seurté.  Et  il  ne  la 
voult  faire,  eins  se  efforce  de  garnir  les  bones  villes  et  les  chastieaus 
entour  nous  et  de  mettre  capitaynnes  parmi  les  bones  villes  et  chas- 
tieaus, et  avec  ceu  mande  et  requiert  à  toutes  manières  de  genz  nobles 
et  non  nobles,  qui  à  luy  veullent  obéir,  que  haitivement  et  senz  délay 
soient  garny  d'armes  et  de  chevaux  pour  aler  là  où  il  li  plaira  toutes 
foiz  que  il  lour  mandera.  Et  nous  a-l'en  doné  à  entendre  que  assez 
brièvement  apriès  ceste  Pasque  ilavolenté  de  tenir  dommaige  à  nostre 
paiis  et  à  nous,  se  il  f  eut.  Pourquoi,  très  chiers  sires  et  amis,  nous  vous 
prions  et  supplions  si  chièrement  comme  nous  povons,  que  il  vous 
plaise  monstrer  et  prier,  de  par  vous  et  do  par  nous,  aus  seigneurs  et  aus 
compaignons  et  aus  bones  villes  de  vostre  paiis,  que  ou  cas  où  il  nous 
vouldroit  courre  sus  senz  voloir  que  droiz  fust  faiz  par  la  manière  que 

l.  Les  mots  dou  réanime  sont  écrits  deux  fois. 


78 

dessus  est  dit,  que  il  ne  nous  vuillent  estre  nuisent,  quar  nuls  n'est 
tenuz  à  aidier  à  nuUuy  contre  raison.  Et  vous,  qui  estes  nostre  sires, 
amis,  compains  et  allez,  nous  vuilliez  ceste  chose  aidier  à  deffendre  et 
à  garder  noz  tierres,  noz  corps  et  noz  honeurs.  Et  vous  faisons  à  savoir 
que  li  dus  de  Bourgoigne,  li  contes  de  Nevers,  nous  et  nostre  allé  par- 
deçà  semonnons  et  mandons,  chascuns  en  droit  soi,  au  mois  de  Pasques 
pour  nous  garder  et  deffendre,  se  mestiers  est,  et  pour  aidier  et  secourre 
à  nouz  compaignons  et  aliez  qui  lour  vouldroit  courre  sus.  Pourquoi, 
chiers  sire,  nous  vous  prions,  supplions  et  requérons  sus  la  foi,  amours 
et  léaulté  que  vous  havez  à  nous  et  nous  à  vous,  que  vous  vuilliez 
semondre  et  mander  touz  noz  aliez  et  compaignons  de  vostre  paiis,  en 
ciertain  lieu,  au  cinc  semaynnes  de  Pasques,  en  chevaus  et  en  armes,  en 
manière  que  se  nous  haviens  mestiers  de  vous  que  vous  nous  peussiez 
secourre  et  aidier.  Et  tant  en  vuilliez  faire  que  nous  qui  sommes  tuit 
vostre  en  soïens  touzjourz  mais  plus  tenu  à  vous  et  aus  vostres,  et 
comme  vous  vouldreés  que  nous  feissiens  pour  vous  en  cas  senblable 
ou  en  greigneur.  Et  se  en  aucune  chose  estiens  maul  mehu  ne  que  nous 
feissiens  riens  contre  raison,  nous  le  vouldriens  délaissier  espéciaul- 
ment  pour  vous  et  pour  le  consoil  de  touz  preudes  hommes.  Très  chier 
sire  et  amis,  mandez-nous  et  commandez  vostre  volenté,  nous  sommes 
apparoillié  dou  faire.  Nostre  Sires  soit  garde  de  vous.  Escrist  à  Esnon, 
le  venrredi  apriès  Pasques  comenianz,  sous  le  séel  le  conte  de  Joigny. 
De  par  les  nobles  de  Ghampaigne  qui  là  estoient. 


II. 


Mon  très  chier  et  redouté  segneur,  je  vous  certefie  que  pour  acomplir 
vostre  mandement  et  la  commission  que  vous  m'avez  faite  de  prendre 
les  corps  des  banis  que  vous  savez,  qui  sunt  du  duchey  de  Guyane,  et 
de  leur  biens,  et  du  chastel  de  Montpesat,  j'avoie  fait  ma  semonsse  au 
jeudi  d'aprez  la  Saint-Grégoire  prochaine,  et  estoit  m'entente  d'estre  à 
ladite  journée  à  Moessac,  pour  aler  avant  en  la  besoigne.  Mez  puis  ladite 
semonse  faite  le  séneschal  de  Pierregort  m'a  envoie  ses  lettres  par  quoi 
il  m'a  certeûé  que  les  commissaires  que  nous  avions  envoie  audit  chastel 
de  Montpesat  pour  savoir  se  nous  y  pourrions  avoir  obéissance,  lui  ont 
rapporté  que  audit  chastel  il  ont  esté,  et  y  ont  trouvé  les  genz  du  sire 
de  Montpesat  qui  estoient  aval  en  belle  dudit  chastel,  lesquelles  genz 
distrent  ausdiz  commissaires  que  moult  volentiers  il  obéiroient  à  vous 
et  à  iceulx  pour  vous,  et  que  il  leur  déliverroient  se  il  voulroient  ledit 
belle  dudit  chastel,  mez  plus  n'en  povoient  faire,  car  les  genz  du  roy 
d'Engleterre  tenoient  la  forterèche  dudit  chastel  ;  lesquèles  genz  du  roy 
d'Engleterre  qui  dedenz  estoient  distrent  tout  appertement  ausdiz  com- 
missaires qu'il  n'enterroient  endit  chastel,  et  que  il  le  tenoient  et  gar- 


79 

doieat  en  la  main  dudit  roy  du  commandement  du  séneschal  de  Gas- 
coigne  pourpluseurs  malefachons  faitez  despiécha  envers  les  genz  dudit 
roy  par  ledit  sire  de  Montpesat.  Et  sachiés,  très  chier  sire,  que  Icgrant 
séneschal  de  Gascoigne  et  celui  d'Agoneys,  que  nous  cuidions  que  s'en 
fussent  aies,  sunt  en  pais  de  Gascoigne,  et  ont  fait  crier  publiquement 
par  toute  la  terre  que  touz  de  au-dessus  de  l'aage  do  xiiij  anz  soient 
près  et  appareilliez  en  armes  et  en  harnois,  pour  aler  tantost  là  où  l'en 
les  voudra  mener,  et  pour  la  terre  garder  et  deffendre,  et  sunt  en  volonté 
de  faire  guerre.  Et  est  ceste  chose  vraie  et  notaire,  car  ledit  séneschal 
de  Pierregort  le  m'a  escript,  et  si  le  m'ont  dit  pluseurs  personnes  qui 
sunt  venuz  du  païs  qui  l'ont  veu  et  oy  ;  et  meismement  le  m'ont  dit  et 
raporté  espies  que  je  y  ai  envoiez,  qui  ont  veu  leur  contenement;  et 
espécialment  le  m'a  dit  le  mestre  des  arbalestiers  qui  y  a  esté  à  la 
requeste  dudit  séneschal  de  Pierregort,  qui  m'a  dit  et  conté  tout  leur 
afaire,  et  comment  il  veulent  aler  avant,  et  qui  m'a  dit  comment  il  v 
fu  pris  et  arresté,  et  comment  l'en  lui  dist  que  toutez  vos  genz  qui  là 
seroient  trouvées  seroient  prib  et  pendus,  et  du  commandement  du  roy 
d'Engleterre ,  sicomme  vous  verrez  plus  plaenement  par  les  lettres 
d'icelui  mestre  des  arbalestier  que  il  vous  en  envoie.  Pourquoi ,  mon 
très  chier  et  redouté  segneur,  jen  qui  voi  cest  grant  esmouvent  de 
guerre  qui  moult  puet  estre  périlleuse,  et  qui  n'ai  commission  no  com- 
mandement de  vous,  fors  tant  seuleinent  de  prendre  ledit  chastel  de 
Monipesat  et  les  autres  biens  des  banis,  et  les  corps ,  et  qui  voi  que 
tout  le  duchey  s'esmouvra  pour  ledit  chastel  deffendre ,  ne  weil  mie 
tèle  chose  emprendre  ne  aler  avant  jusquez  à  tant  que  j'aie  de  vous 
autre  mandement;  et  ai  pour  ceste  cause,  par  le  conseil  que  j'ai  eu, 
allongié  le  jour  de  ma  semonsse  jusques  à  la  Mi-Garesme  prochaine.  Si 
me  manderez,  se  il  vous  plaist,  sur  ceu  tantost  vostre  volonté,  à  laquèle 
je  sui  touz  tamps  prest  d'obéir,  et  vous  en  plaise  à  ordener  hastivement 
et  envoïer  men  responsse  en  tèle  manière  que  dedenz  ledit  terme  de 
ladite  semonsse  nous  puissons  estre  aprestez,  et  que  nous  puissons  cer- 
tainement aler  en  la  besoigne.  Très  chier  ot  redouté  segneur,  se  il  escon- 
vient  que  nous  aillon  avant,  nous  avons  (Dex  grâce)  assez  genz  et 
forche  pour  porter  à  vos  anemis  grant  damage,  mez  que  nous  en  aïons 
mandement,  nous  métrons,  mon  compaignon  et  moi,  entre  ci  et  le  jour 
de  la  semonsse  toute  la  paine  que  nous  pourrons  de  desmouver  le  païs 
à  ceu  qu'il  ne  soit  contre  nous.  Et  entre  deux  se  nous  voïons  que  nous 
puissons  aucune  chose  faire  qui  soit  à  vostre  honour,  nous  le  ferons. 
Nostre  Sire  vous  gart  l'àme  et  le  corps  et  vous  donst  bocne  vie.  Escript 
à  Thoulouse,  le  diemenche  des  Brandons. 

Jehan  de  Trie. 


80 
III. 


Très  chier  et  très  amez  frère.  Por  ce  que  nous  savoms<  bien  que  vous 
orriez  voluntiers  bones  novelles  de  nous,  voiliez  savoir,  très  chier  et 
très  amez  frère,  que  nous  estoioms  en  bone  sancté  de  corps,  mercy 
Dieux,  au  partir  de  cestes,  ce  qu'il  vous  voille  touzjours  octroier  par  sa 
puissance,  selonc  nostre  désir;  et  vous  prioms,  très  chier  et  très  amez 
frère,  que  de  vostre  estât,  quel  totdis  voille  Dieux  que  bon  soit,  la  cer- 
tenieté  nous  voiliez  mander  si  sovent  come  vous  plerra,  car  nous  sûmes 
molt  reconfortez  totes  les  foitz  que  nous  en  ooms  pleissantes  novelles. 
Très  chier  et  très  amez  frère,  comme  nous  vous  prissiens  autresfoitz 
par  noz  messages  et  par  lettres  souz  nostre  grant  seal,  que  procès,  si 
nul  feut  comencer  par  vous,  du  fait  q'est  dit  estre  fait  à  Seint-Sacerdoc, 
en  nostre  terre  d'Agent,  et  totes  autres  choses  pendantes  en  vostre  par- 
lement à  Parys,  touchantes  nous,  par  reson  de  nostredite  duchée,  et 
nostre  séneschal,  conseillers,  procurons  et  noz  autres  ministres  cèles 
parties,  vousissiez  bonement  respiter  tant  que  à  un  autre  parlement  ou 
soneaux,  tant  que  à  nostre  entreveue  pour  meilleur  et  plus  gracions 
exploit  avoir  desdites  bosoignes,  à  honneur  de  vous  et  de  nous;  des- 
queux messages  nous  n'avoms  uncore  receu  nulle  certification.  Vous 
prioms  de  rechief,  très  chier  et  très  amez  frère,  et  requerroms,  si  ade- 
certes  et  de  cuer  come  nous  pooms,  que  toutes  nozdites  bosoignes  voil- 
iez bonement  respiter,  selonc  ce  que  nous  vous  en  avoms  avant  requis  par 
nozditz  messages  et  lettres.  Car,  très  chier  et  très  amez  frère,  nous  nous 
asseuroms  tant  de  vostre  grant  boimtié  que  vous  ne  verriez  que  nous 
ne  les  noz  feussoms  suppris  ne  sédutz  es  bosoignes  que  nous  pourront 
toucher  vers  vous.  D'autre  part,  très  chier  et  très  amez  frère,  pour  ce 
que  nous  envooms  procheinement  vers  vous  nostre  chier  frère  et  foïal 
Esmon,  conte  de  Kent,  pour  grosses  bosoignes  que  nous  touchent,  et 
pour  aler  outre  en  nostredite  duchée  à  survéer  Testât  d'ycèle,  et  vous 
prioms  afîectuosement,  très  amez  frère,  que  vous  voiliez  commander 
voz  lettres  de  conduyt  sur  ce  suffisantes  pour  li  et  pour  ses  gentz,  et 
meisraes  les  lettres  faire  livrer  à  nostre  chier  et  foïal  Robert  de  Echin- 
gham  ou  maistre  Bertram  Ferrant,  porteur  de  cestes,  q'il  les  puisse 
envéer  à  nous,  sicome  nous  li  avons  chargez.  Très  chier  et  très  amez 
frère,  le  Seint-Espirit  vous  sauve  et  garde.  Donné  souz  nostre  privé 
seal,  à  Westmostre,  le  vij  jour  de  marz  l'an  de  nostre  règne  xvij™*. 

1.  Sic.  Cet  m  se  retrouve  dans  toute  la  pièce.  Celle  forme  est  fréquente  dans 
les  pièces  du  même  temps  publiées  par  Rymer. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Monumenta  iachygraphica  codicis  Parisiensis  latmi  27 i  8.  Tran- 
scripsit,  aduotavit,  edidit  Guilelmus  Scomitz.  Fasciculus  alter, 
sancti  Johannis  Chrysostoml  de  cordis  conpunctione  libros  II 
latine  versos  continens.  Hannoverae,  in  bibliopolio  Hahniano,  1883. 
In-4'',  vii-31  pages,  ^5  planches  phototypiques. 

Dans  un  précédent  volume  (année  1882,  p.  376)  nous  avons  annoncé 
l'édition  que  M.  le  docteur  Guillaume  Schmitz,  de  Cologne,  a  entrepris 
de  donner  des  textes  écrits  en  notes  tironiennes  dans  le  ms.  latin  2718 
de  la  Bibliothèque  nationale.  Un  premier  fascicule,  publié  en  1882,  con- 
tenait la  reproduction  phototypique  et  le  déchiftrement  du  recueil  de 
formules  et  du  capitulaire  de  Louis  le  Débonnaire  qui  ont  valu  une 
grande  célébrité  au  ras.  2718.  Le  second  fascicule,  qui  vient  de  paraître, 
est  entièrement  consacré  au  texte  du  traité  de  saint  Jean  Chrysostôme 
intitulé  De  cordis  compunctione,  qui  remplit  les  fol.  127-134  du  ms.  2718. 
A  l'édition  phototypique,  M.  Schmitz  a  joint  une  lecture  courante,  dans 
laquelle  il  s'est  attaché  à  suivre  avec  une  extrême  rigueur  la  notation 
tachygraphique.  Ainsi  comprise,  la  publication  que  nous  annonçons 
sera  très  utile  aux  paléographes  qui  voudront  s'exercer  à  la  lecture  des 
textes  tironiens. 

Le  travail  de  M.  Schmitz  intéresse  aussi  la  critique  du  traité  de 
saint  Jean  Chrysostôme  auquel  il  a  donné  ses  soins.  La  version  latine 
que  nous  possédons  du  livre  De  cordis  compunctione  est  due,  paraît-il, 
au  diacre  Anien.  Dans  le  fascicule  que  nous  annonçons  on  trouvera 
non  seulement  une  édition  exacte  du  texte  fourni  par  le  ms.  2718  de 
Paris,  mais  encore  les  variantes  que  présentent  deux  autres  copies  :  le 
ms.  103  de  Saint-Gall,  du  ix^  siècle,  et  le  ms.  1718  de  Vienne,  du  xv^. 

Les  observations  complémentaires  que  M,  Schmitz  a  données  dans  la 
préface  de  son  second  fascicule  sur  le  texte  des  formules  et  du  capitu- 
laire et  qui  viennent  en  partie  des  communications  de  MM.  Zeumer  et 
Lehmann  montrent  le  progrès  que  les  études  tironiennes  ont  fait  en 
Allemagne  dans  ces  dernières  années. 

L.   DELfSLE. 

G 


82 

Reproductions  photographiques  de  documents  originaux  qui  reposent 
aux  archives  de  l'Ain.  [Par]  J.  du  Marché.  Lyon,  imprimerie 
Alf. -Louis  Perrin  et  Marinet,  \  879.  In-folio,  \  4  feuillets  non  numé- 
rotés. 

Ce  recueil,  dont  l'existence  nous  a  été  tardivement  révélée,  contient 
la  reproduction  de  douze  documents,  tous  curieux  pour  l'histoire  locale 
et  dont  plusieurs,  notamment  une  grande  bulle  de  Léon  IX,  offrent  un 
intérêt  général.  On  en  jugera  par  la  liste  suivante  : 

Bulle  de  Léon  IX  pour  l'abbaye  d'Ambronay,  30  avril  1050. 

Sentence  arbitrale  pour  régler  un  différend  entre  les  chartreux  de 
Meyriat  et  plusieurs  tenanciers,  1241. 

Charte  de  franchises  accordée  à  la  ville  de  Bourg  par  Gui  et  Rainaud 
de  Bâgé,  1250. 

Confirmation  de  cette  charte  par  Innocent  IV,  11  avril  1251. 

Accord  entre  Hugues  Barater  et  les  chartreux  de  Meyriat,  1249. 

Charte  d'Amédée,  comte  de  Savoie,  pour  les  habitants  de  Bourg,  1352. 

Lettres  patentes  du  roi  Charles  VI,  portant  nomination  de  Jean  de  la 
Baume  comme  garde  et  gouverneur  de  la  ville  de  Paris,  en  remplace- 
ment du  duc  d'Exeter,  8  juillet  1421. 

Trois  lettres  d'indulgences  accordées  à  l'église  et  aux  chapelles  des 
Dominicains  de  Bourg,  en  1481,  1490  et  1521. 

Lettre  du  roi  Henri  II  au  comte  de  Montrevel,  au  sujet  des  courses 
de  quelques  gentilshommes  de  Savoie,  14  avril  1547. 

Fragment  d'un  terrier  de  la  seigneurie  de  Messimy,  1530. 

La  reproduction  de  chaque  document  est  accompagnée  d'un  déchif- 
frement. 

Une  telle  publication  doit  trouver  place  dans  toutes  les  collections 
diplomatiques.  En  effet,  de  simples  photographies,  même  quand  elles 
n'ont  pas  exactement  les  dimensions  des  pièces  originales,  sont  appelées 
à  rendre  de  grands  services  à  l'étude  de  la  paléographie  et  de  la  diplo- 
matique. Nous  ne  saurions  donc  assez  féliciter  M.  J.  du  Marché  de  son 
entreprise.  Puisse-t-il  trouver  de  nombreux  imitateurs  ! 

L.  Delisle. 

Inventaire  sommaire  des  archives  du  département  des  affaires 
étrangères.  Mémoires  et  documents.  France.  Paris,  Imprimerie 
nationale,  -1883.  In-8°,  vii-472  pages. 

Le  dépôt  des  archives  du  ministère  des  affaires  étrangères  ne  contient 
pas  seulement  les  correspondances  et  les  pièces  auxquelles  a  donne  lieu 
la  direction  des  relations  extérieures  de  la  France  depuis  le  xvi'  siècle 
jusqu'à  nos  jours.  Il  renferme  aussi  beaucoup  de  documents,  très  variés 
quant  à  l'origine  et  au  sujet,  tout  à  fait  analogues  aux  recueils  histo- 


83 

riques  qui  forment  ordinairement  les  fonds  de  manuscrits  dans  les 
grandes  bibliothèques  publiques. 

Tous  les  manuscrits  du  département  des  affaires  étrangères,  autres 
que  les  correspondances  diplomatiques,  ont  formé  une  série  qui  a  reçu 
la  dénomination  de  Mémoires  et  documents.  Ce  qui,  dans  cette  série,  a 
été  rangé  sous  la  rubrique  France,  constitue  une  suite  d'un  peu  plus  de 
1,883  volumes,  dont  la  variété  est  telle  que,  pour  en  rendre  l'usage 
possible,  il  fallait  en  faire  imprimer  un  inventaire.  On  comprend  donc 
l'utilité  du  volume  dont  nous  annonçons  aujourd'hui  la  publication.  Il 
nous  offre,  en  effet,  la  notice  sommaire,  mais  parfaitement  suffisante, 
d'environ  1,883  volumes  manuscrits  qui  touchent  à  tous  les  points  de 
notre  histoire.  Les  documents  modernes  y  tiennent  la  plus  large  place, 
mais  le  moyen  âge  y  est  aussi  représenté.  La  lecture  de  cet  inventaire 
s'impose  donc  à  tous  ceux  qui  veulent  étudier  l'histoire  d'après  les 
documents  originaux.  En  le  dépouillant,  ils  éprouveront  plus  d'une 
surprise  agréable,  surtout  pour  ce  qui  concerne  l'histoire  et  l'adminis- 
tration de  la  plupart  de  nos  provinces. 

Un  exemple  donnera  une  idée  de  la  variété  des  articles  de  l'inven- 
taire. Entre  le  n»  230  (Table  alphabétique  des  Mémoires  de  Saint-Simon, 
écrite  de  la  main  même  de  l'illustre  historien)  et  les  n"' 231-239  (Anec- 
dotes historiques  tirées  des  Mémoires  de  Saint-Simon),  on  y  trouvera, 
sous  le  n°  230  bis,  un  beau  manuscrit  du  xin"  siècle,  contenant  la  traduc- 
tion française  du  grand  ouvrage  de  Guillaume  de  Tyr,  continué 
jusqu'en  1231. 

Il  n'y  a  que  des  éloges  à  donner  au  plan  adopté  pour  la  rédaction  de 
l'inventaire.  Les  notices  en  ont  été  rédigées  avec  soin  et  intelligence, 
de  façon  à  bien  faire  connaître  l'origine  de  chaque  volume  et  la  nature 
des  renseignements  qu'on  y  peut  aller  rechercher.  Une  courte  préface, 
dans  laquelle  est  clairement  résumée  l'histoire  du  dépôt,  et  une  table 
alphabétique  très  détaillée,  ajoutent  encore  à  l'intérêt  et  à  l'utilité  du 
volume.  Il  est  juste  de  consigner  ici  les  noms  des  collaborateurs  aux- 
quels nous  devons  ce  précieux  inventaire  : 

Chef  de  la  division  des  archives  :  M.  Girard  de  Rialle. 

Chef  du  bureau  historique  :  M.  Hanotaux. 

Commis  principal  et  attaches  :  MM.  le  vicomte  Menjot  d'Elbenne, 
J.  Kaulek,  Gouault,  H.  Deloncle,  Libois,  Quellien. 

Commissaire  délégué  :  M.  G.  Picot,  membre  de  l'Institut. 

Une  telle  publication  fait  honneur  à  l'administration  du  ministère 
des  affaires  étrangères  ;  elle  justifie  les  espérances  qu'avait  fait  naître  le 
décret  du  7  février  1880,  portant  réorganisation  de  la  commission  des 
archives  diplomatiques. 

L.  Delisle. 


84 

Histoire  des  institutions  monarchiques  de  la  France  sous  les  premiers 
Capétiens  (987-^^80),  par  M.  Achille  Luchaire.  Paris,  imprimerie 
nationale,  Alphonse  Picard,  libraire- éditeur,  1883.  2  vol.  in-S", 
XVI-32S,  372  p.  Prix  :  15  fr. 

Cet  ouvrage  considérable  se  recommande  à  la  fois  par  les  qualités  du 
fond  et  de  la  forme.  Il  est  appelé  à  prendre  place  à  côté  des  meilleurs 
travaux  qui  aient  paru  depuis  plusieurs  années  sur  l'histoire  de  nos 
institutions,  tels  que  le  beau  livre  de  M.  Edgar  Loening  sur  le  droit 
ecclésiastique  en  Gaule  ^  et  les  études,  malheureusement  inachevées, 
du  regretté  Jules  Tardif,  sur  la  monarchie  mérovingienne-.  M.  Luchaire 
a  fait  une  étude  approfondie  des  monuments  originaux  de  l'histoire  de 
France  au  xi^  et  au  xii^  siècle  ;  il  a  consulté  et  utilisé,  dans  une  juste 
mesure,  les  principaux  travaux  des  érudits  français  et  étrangers.  Il  s'est 
sévèrement  astreint  à  n'invoquer  que  des  documents  de  l'époque  précise 
oîi  il  a  voulu  se  renfermer,  à  n'alléguer  aucun  fait  §ur  des  témoignages 
de  seconde  main,  enfin  à  tirer  des  textes  tout  ce  qu'ils  disent,  mais 
rien  de  plus,  sans  faire  aucune  part  aux  hypothèses  et  aux  systèmes.  Il 
expose  les  résultats  de  ses  recherches  avec  l'ordre  et  la  netteté  qui  sont, 
en  ce  genre  d'ouvrage,  les  qualités  maîtresses  de  l'écrivain. 

L'ouvrage  est  divisé  en  cinq  Uvres.  Dans  le  premier,  l'auteur  traite, 
d'une  manière  générale,  de  la  royauté  capétienne,  de  ses  caractères 
essentiels,  de  sa  transmission,  etc.  ;  dans  les  trois  suivants,  des  organes 
de  la  royauté  (grands  officiers,  prévôts,  etc.),  de  ses  fonctions  (législa- 
tion, juridiction)  et  de  ses  relations  avec  les  autres  pouvoirs  (la  féoda- 
lité, le  clergé,  les  communes).  Le  cinquième  livre  est  consacré  à  l'étude 
du  caractère  particulier  de  chacun  des  six  premiers  rois  capétiens,  de 
la  politique  et  de  l'importance  historique  de  chaque  règne. 

L'époque  des  premiers  Capétiens  est  une  période  de  transition  ;  le 
caractère  distinctif  des  institutions  de  ce  temps  n'est  donc  pas  l'origina- 
lité. L'un  des  mérites  de  l'ouvrage  de  M,  Luchaire  est  précisément  de 
montrer,  plus  clairement  qu'on  ne  l'avait  fait  encore,  que  ce  qu'on 
appelle  parfois  la  révolution  de  987  a  bien  peu  changé  l'ordre  des  choses 
en  France,  et  combien  la  royauté  des  premiers  Capétiens  ressemble  à 
celle  des  derniers  Carolingiens.  Il  n'y  a  pas  eu  de  révolution,  comme 
on  est  porté  à  se  l'imaginer,  avec  nos  idées  modernes  sur  la  transmis- 
sion des  couronnes,  en  voyant  l'année  987  marquer  la  fin  d'une  dynas- 
tie et  l'avènement  d'une  autre.  Avant  Hugues  Capet,  on  avait  déjà  vu 

1.  Geschichte  des  deutschen  Kirchenrechts,  Strassburg,  1878,  2  vol.  in-8°  : 
I,  Das  Kirchenrecht  in  Galiien  von  Constantin  bis  Chlodovech ;  II,  Das  Kir- 
chenrecht  im  Reiche  der  Merowinger . 

2.  Études  sur  les  institutions  politiques  et  administratives  de  la  France, 
Paris,  1881,  in-8°. 


85 

sur  le  trône  trois  rois  étrangers  à  la  famille  de  Gliarlomagne,  Eudes, 
Robert  I"'"  et  Raoul  ;  le  fait  est  qu'au  x"  siècle,  et  longtemps  encore  après, 
la  monarchie  était  élective  et  non  héréditaire  :  M.  Luchaire  le  prouve, 
bien  qu'il  ne  l'articule  pas  d'une  façon  catégorique.  Hugues  est  arrivé 
régulièrement  au  trône,  par  la  même  voie  que  ses  prédécesseur^,  et  il  n'a 
eu  autre  chose  à  cœur  que  de  continuer  leur  œuvre.  Les  premiers  Capé- 
tiens, comme  tous  les  rois  de  France,  ont  combattu  la  féodalité  ;  jamais  ni 
eux  ni  leurs  sujets  n'ont  eu  l'idée,  mise  en  avant  par  quelques  modernes, 
que  leur  royauté  fût  une  monarchie  «  féodale  »  et  que  le  roi  de  France 
ne  fût  que  le  premier  d'entre  les  barons.  L'élection  et  le  sacre  donnaient 
au  souverain  un  titre  antérieur  et  supérieur  à  ceux  de  la  hiérarchie 
seigneuriale.  L'Église,  la  première,  reconnaissait  et  proclamait  les  droits 
attachés  à  ce  titre  sacré  ;  aussi  les  six  premiers  Capétiens,  et  c'est  une 
autre  ressemblance  entre  eux  et  les  Carolingiens,  se  sont-ils  presque 
toujours  appuyés  sur  l'épiscopat.  M.  Luchaire  montre  que,  jusqu'au 
règne  de  Philippe.-Auguste,  qui  fonda  l'administration  royale  par  la 
création  des  baillis,  les  évèques  furent  les  agents  et  les  représentants 
principaux  de  la  royauté  dans  les  provinces. 

On  sait  que,  pour  transformer  leur  pouvoir  électif  en  monarchie  héré- 
ditaire, les  Capétiens  eurent  recours  à  l'expédient  de  faire  élire  et  cou- 
ronner chaque  fois  l'héritier  du  trône  du  vivant  de  son  père.  M.  Luchaire 
insiste  avec  raison  sur  cet  usage,  qui  fut  suivi  par  tous  les  rois,  depuis 
Hugues  Capet  jusqu'à  Louis  VII,  sauf  une  exception  :  Louis  VI  fut  élu 
du  vivant  de  Philippe  1'='',  mais  couronné  seulement  après  sa  mort.  Le 
couronnement  du  fils  du  roi  le  faisait  roi  lui-même,  et  il  était  en  titre 
l'égal  de  son  père  ;  on  disait  dès  lors  «  les  rois,  »  au  pluriel.  On  devrait 
peut-être  s'habituer  à  adopter  cette  manière  de  parler,  qui  est  celle  du 
temps,  et  aussi  à  ne  plus  découper  l'histoire  de  cette  époque,  comme 
le  fait  encore  même  M.  Luchaire,  en  «  règnes  »  comptés  de  la  mort 
d'un  roi  à  celle  du  suivant.  C'est  faire  commencer  le  règne  de  chacun 
assez  longtemps  après  le  moment  où  il  a  vraiment  commencé  de  régner, 
non  seulement  de  nom,  mais  souvent  aussi  de  fait  :  ne  voyons-nous 
pas  Robert  contrecarrer  la  politique  de  Hugues  Capet,  Louis  VI,  simple 
roi  élu,  rex  designatus,  gouverner  à  la  place  de  son  père,  affaibli  par 
l'âge,  et  Philippe- Auguste  agir  de  même  pendant  la  dernière  année  du 
règne  de  Louis  VII  '  ? 

Dans  le  détail,  l'exposé  de  M.  Luchaire  prête  tout  au  plus  à  une  ou 
deux  observations.  1.  I,  p.  187,  l'auteur  décrit  les  formalités  de  la 
rédaction  et  de  l'expédition  d'un  diplôme  royal,  telles  qu'elles  sont 
mentionnées  dans  les  formules  des  actes  :  dictée  du  texte  par  le  chan- 
celier, lecture  publique  devant  la  cour  assemblée,  apposition  du  sceau 
et  de  la  signature  autographe  du  roi,  etc.  Il  est  permis  de  croire  qu'en 

1.  Luchaire,  t.  1,  p.  131,  137,  139. 


S6 

fait  les  choses  ne  se  passaient  pas  toujours  avec  cette  solennité,  et  que, 
le  plus  souvent,  les  diplômes  étaient  copiés  sur  une  minute  plutôt  que 
dictés,  coUationnés  et  scellés  dans  un  bureau  de  chancellerie  plutôt 
que  devant  le  roi  et  sa  cour.  Dans  le  chapitre  consacré  à  la  justice 
royale,  on  est  étonné  de  ne  trouver  aucune  mention  de  la  condamna- 
tion des  hérétiques  d'Orléans  par-devant  le  roi  Robert,  en  1022;  c'est 
un  exemple  notable  de  l'exercice  de  la  juridiction  criminelle  par  le  roi 
en  personne. 

Il  ne  faut  pas  terminer  cet  article  sans  signaler  les  utiles  appendices 
placés  à  la  fin  du  second  volume.  On  y  trouve,  avec  des  éclaircissements 
sur  quelques  points  particuliers  et  un  certain  nombre  de  pièces  inédites, 
une  liste  des  prévôtés  royales  sous  Henri  Is"",  Philippe  !«'',  Louis  VI  et 
Louis  VII,  des  notices  biographiques  sur  neuf  conseillers  des  rois  Phi- 
lippe I«'',  Louis  VI  et  Louis  VII,  une  liste  de  84  procès  soumis  à  la 
cour  du  roi,  de  H37  à  H80,  enfin  un  tableau  des  séjours  des  rois  de 
France,  année  par  année,  de  997  à  1137,  d'après  les  dates  des  diplômes. 

Julien  Havet. 

Jeanne  de  France^  duchesse  d'Orléans  et  de  Berry,  ^ 4 64-^305,  par 
M.  R.  DE  Maulde,  ancien  élève  de  l'École  des  chartes,  ancien  sous- 
préfet,  d'après  des  documents  inédits  recueillis  par  l'auteur  avec 
la  collaboration  de  MM,  Sorin  et  de  la  Guère.  Paris,  H.  Cham- 
pion. In-8»,  xi-486  pages. 

C'est  une  lamentable  histoire  que  celle  de  cette  pauvre  fille  de 
Louis  XI,  disgraciée  de  la  nature,  éloignée  d'abord  de  sa  mère,  puis 
mariée  de  force  au  duc  d'Orléans,  qui  ne  put  jamais  la  souffrir.  L'infor- 
tunée princesse  n'a  fait  de  bruit  dans  le  monde  que  celui  qu'y  ont  sou- 
levé ses  malheurs.  Le  scandaleux  procès  en  nullité  de  mariage,  intenté 
contre  elle  en  1498  par  son  mari  devenu  roi  et  désireux  d'épouser  Anne 
de  Bretagne,  n'aigrit  pas  cette  âme  douce,  mais  accentua  ses  tendances 
à  l'exaltation  mystique.  La  fondation  de  l'ordre  de  l'Annouciade,  monu- 
ment élevé  aux  vertus  de  la  Vierge,  a  valu  tardivement  à  Jeanne  le 
titre  de  «  Bienheureuse  ».  De  là  toute  une  série  de  biographies  écrites 
en  vue  de  la  canonisation  ou  dictées  par  une  ferveur  religieuse  qui  s'est 
peu  souciée  de  la  vérité  historique. 

M.  de  Maulde  a  pensé  que  cette  pâle  figure  de  Jeanne  gagnerait  à  être  repla- 
cée dans  son  véritable  milieu  et  il  a  tenté,  non  sans  succès,  de  l'éclairer 
d'un  jour  plus  vrai.  Pour  cela,  il  s'est  adressé  à  deux  séries  de  docu- 
ments :  le  procès  en  nullité  de  mariage,  encore  inédit,  dont  subsistent 
trois  expéditions  contemporaines,  et  la  procédure  de  canonisation,  qui 
dura  de  1614  à  1775.  De  ces  deux  témoignages,  le  premier  seul  possède 
une  véritable  valeur,  mais  son  intérêt  est  grand  et  M.  de  Maulde  en  a 
tiré  des  détails  plus  curieux  que  flatteurs  sur  Louis  XI  et  son  entourage. 


87 

Il  y  aurait  bien  quelques  réserves  à  faire  sur  la  façon  dont  l'auteur  a 
essayé  de  rajeunir  son  sujet  (p.  10,  23,  26,  100,  112,  119,  215,  309, 
377,  etc.).  Le  livre  eût  gagné  à  être  plus  condensé,  et  il  semble  que 
M.  de  Maulde  ait  eu  quelque  peine  à  se  dégager  de  l'intluence  de  tant  de 
pieux  biographes,  ses  prédécesseurs  (chap.  xi  et  xn).  — •  Pourquoi  citer 
(p.  339),  sans  la  traiter  comme  elle  le  mérite,  la  fable  odieuse  des  enfants 
de  Nemours  placés  par  ordre  de  Louis  XI  sous  l'échafaud  de  leur  père? 
—  C'est  au  22  avril  1487,  et  non  1488,  qu'il  faut  rapporter  la  lettre  de 
Charles  VIII  à  Dammartin,  datée  des  Ponts-de-Gé  (p,  204  s.).  —  Une 
critique  plus  grave  pour  unir.  M.  de  Maulde  reproche  à  Charles  d'Orléans, 
mort  en  1465,  certaine  lettre  d'allure  grivoise,  imprimée  p.  14  d'après  le 
ms.  fr.  2915  de  la  Bibliothèque  nationale.  Or,  cette  lettre  est,  à  l'exa- 
men, du  second  quart  du  xvi^  siècle.  Elle  est  adressée  à  «  Mons""  le  Grand 
Maistre  »  Anne  de  Montmorency.  La  reine  dont  il  s'agit  est  Marguerite 
d'Angouième,  reine  de  Navarre,  et  Madame  Isabeau  n'est  autre  que 
sa  belle-sœur,  Isabelle  d'Albret.  Quant  au  «  Charles  »  qui  a  signé 
cette  épître,  peu  digne  de  passer  à  la  postérité,  c'est,  à  n'en  pas  douter, 
Charles  de  France,  duc  d'Angouième,  fils  de  François  I".  Il  naquit  en 
1522  et  mourut  en  1545. 

B.  DE  Mandrot. 

Louis  XVII ^  son  enfance^  sa  prison  et  sa  mort  au  Temple^  d'après 
des  documents  inédits  des  Archives  nationales^  parR.  Guaktelauze. 
Paris,  F.  Didot,  <884. 

«  La  seule  manière  de  traiter  un  pareil  sujet,  au  point  de  vue  de  la 
science,  c'est  de  le  reprendre  en  sous-œuvre,  en  l'étayant  uniquement 
sur  des  documents  authentiques  et  de  bon  aloi,  en  usant  de  la  critique 
la  plus  rigoureuse,  en  bannissant  avec  le  plus  grand  soin  tout  ce  qui,  de 
près  ou  de  loin,  pourrait  toucher  au  roman.  Il  ne  s'agit  plus  de  faire 
du  roman,  mais  de  l'histoire;  de  faire  répandre  de  nouvelles  larmes  au 
lecteur,  mais  de  lui  prouver  enfin  que  Louis  XVII  ne  s'est  jamais  évadé 
du  Temple,  et  qu'il  y  est  mort  le  8  juin  1795.  C'est  ce  que  nous  avons 
essayé,  non  sans  quelque  confiance  d'avoir  éclairé  le  sujet  d'une 
lumière  définitive.  » 

Ainsi  s'exprime  M.  Chantelauze  dans  son  introduction,  en  rappelant 
les  travaux  déjà  publiés  sur  le  même  sujet;  et  l'on  peut  dire  qu'il  a 
à  peu  près  atteint  le  but  qu'il  s'était  ainsi  proposé.  Sans  doute  la 
voie  était  déjà  tracée,  et  un  succès  légitime  a  consacré  l'ouvrage  de 
M.  de  Beauchesne,  mais  il  y  avait  évidemment  encore  à  faire,  et  la  lec- 
ture du  nouveau  volume  le  prouve  facilement.  M.  de  Beauchesne,  en 
dépit  de  «  tant  de  fils  conducteurs  qui  devaient  le  mener  à  la  démonstra- 
tion de  la  vérité,  »  n'a  pas  su  établir  son  récit  sur  des  bases  assez  iné- 
branlables, sur  des  preuves  assez   indiscutables.   Qu'un  pareil  sujet 


88 

entraîne  le  narrateur  à  rendre  son  discours  éloquent  et  pathétique,  rien 
de  mieux  ;  mais  peut-il  rien  perdre  à  être  soumis  à  la  critique  la  plus 
minutieuse  des  faits,  et  l'œuvre  est-elle  complète  si  cette  critique  fait 
défaut  ?  —  C'est  là  ce  qui  fera  la  supériorité  de  M.  Ghantelauze  aux 
yeux  de  tous  ceux  qui  tiennent  avant  tout  à  être  éclairés  et  veulent  plu- 
tôt des  choses  que  des  mots.  Son  récit  net  et  précis,  sans  phrases,  qui 
ne  s'écarte  jamais  de  son  plan,  qui  veut  prouver  et  non  attendrir,  qui 
discute  et  raisonne  ce  qu'il  établit,  n'en  est,  à  mon  sens,  dans  l'affreuse 
nudité  des  faits,  que  plus  attachant  et  plus  pathétique. 

Jusqu'à  présent  les  preuves  concluantes,  les  témoignages  indiscutables 
semblaient  faire  défaut.  Les  recherches  tentées  à  l'époque  où  elles 
étaient  encore  possibles  n'avaient  jamais  été  bien  loin  et  n'avaient 
pas  amené  de  résultat.  L'historien  ne  pouvait  que  suppléer  par  d'habiles 
conjectures  à  l'incertitude  des  faits.  —  Ainsi,  on  n'ignorait  pas  que 
Louis  XVIII  avait  ordonné  quelques  enquêtes  ;  mais  on  ne  connaissait 
que  celle  du  cimetière  Sainte-Marguerite,  et  celle  qui  eut  pour  but  de 
constater  l'authenticité  du  cœur  de  Louis  XVII,  gardé  par  Pelletan, 
toutes  deux  d'une  importance  restreinte.  —  Mais  une  autre  enquête, 
d'une  valeur  bien  autrement  précieuse,  avait  été  secrètement  menée  à 
bien  par  les  ordres  du  môme  Louis  XVIII.  Dans  le  dessein  de  récom- 
penser d'obscurs  dévouements  à  la  famille  royale,  il  fit  rechercher  tous 
les  personnages  qui,  de  près  ou  de  loin,  avaient  vu  les  prisonniers  du 
Temple  et  leur  avaient  témoigné  respect  et  sympathie.  La  mission  con- 
fiée au  comte  Decazes,  ministre  de  la  police  générale,  secondé  par  le 
comte  Angles,  préfet  de  police,  fut  accomplie  en  secret,  et  les  pièces 
furent  déposées  aux  Archives,  sans  que  le  roi  eut  songé  à  s'en  faire  une 
arme  contre  l'opposition.  Ceci  date  de  1817,  et,  depuis,  nul  n'a  connu 
le  précieux  clossier.  Seul,  en  1874,  un  magistrat  découvrit,  à  l'occasion 
du  procès  Naiindorfî,  une  des  pièces  les  plus  importantes,  et  l'on  s'en 
servit  dans  l'arrêté  comme  d'une  preuve  sans  réplique  :  c'est  sur  ses 
traces  que  M.  Ghantelauze  a  pu  découvrir  l'enquête  complète. 

Voici  les  principaux  personnages  retrouvés  par  les  agents  du  comte 
Angles  :  —  Caron,  d'abord,  le  garçon-servant  du  prince,  qui  lui  appor- 
tait trois  fois  par  jour  son  repas,  et  déclara  l'avoir  fait  jusqu'à  une 
demi-heure  avant  sa  mort.  —  Gomin,  l'un  des  derniers  gardiens,  fort 
apprécié  de  Madame  Royale,  qui  se  fit  accompagner  par  lui  à  Vienne. 
—  Lasne,  le  dernier  gardien,  véritable  homme  de  bien.  —  La  veuve 
de  Baron,  l'ancien  porte-clefs  du  Temple,  où  il  était  serviteur  du  comte 
d'Artois  depuis  1777  et  où  il  resta  par  dévouement  pour  la  famille  royale. 
Madame  Royale  le  prit  à  son  service.  Lui  aussi  entrait  trois  fois  par 
jour  dans  la  prison  du  prince,  et  cela  depuis  son  arrivée  au  Temple 
jusqu'à  sa  mort  :  c'est  d'après  ses  renseignements  que  Madame  Royale 
composa  ses  mémoires.  —  Les  docteurs  Pelletan  et  Dumangin^  médecins 
du  prince  pendant  les  dernières  semaines,  et  qui  firent  l'autopsie.  — 


89 

La  veuve  Simon,  réfugiée  alors  aux  Incurables,  où  elle  mourut  en  1819. 
—  Enfin  le  commissaire  civil  Damant,  de  service  au  Temple  le  jour  de 
la  mort  du  prince,  témoin  de  cette  mort,  de  l'autopsie  et  des  obsèques  :  le 
procès-verbal  de  son  interrogatoire  par  le  comte  Angles  et  sa  relation 
autographe  sont  particulièrement  détaillés'.  Il  y  déclare,  comme  les 
autres,  avoir  déjà  vu  autrefois  l'enfant  et  le  reconnaître  aisément.  Du 
reste,  «  jamais  témoin  n'offrit  plus  de  garanties  d'honorabilité.  » 

Cette  enquête  est  donc  le  fond  des  documents  nouveaux  apportés  par 
M.  Chantelauze  à  l'histoire  de  Louis  XVII,  et  elle  suffit,  du  reste,  à 
imprimer  à  son  récit  un  caractère  autrement  précis  que  les  précédents. 
D'autres  détails  inédits  importants,  tels  que  la  relation  de  Barras  visi- 
tant le  Temple,  le  9  thermidor,  et  d'habiles  conjectures  le  complètent. 
Le  but  principal  de  l'auteur,  c'est  de  montrer  l'identité  du  Dauphin 
comme  prouvée,  depuis  son  entrée  au  Temple  jusqu'à  sa  mort,  par  une 
suite  non  interrompue  de  témoins  de  tous  les  partis.  Sur  ce  point,  il 
accumule  les  détails  et  les  témoignages  :  visiteurs  et  gardiens  sont  una- 
nimes. Tous  ont  déjà  vu  l'enfant  et  le  reconnaissent.  Les  doutes  ne  sont 
venus  que  du  dehors.  Le  roman  de  la  substitution  s'appuie  sur  des  hypo- 
thèses dénuées  de  tout  fondement.  L'autopsie,  par  exemple,  a  servi  de 
base  pour  nier  l'identité  de  l'enfant  :  mais  on  n'a  pas  réfléchi  que  le 
premier  Dauphin  était  mort  (le  4  juin  1789)  d'une  maladie  scrofuleuse, 
et  que  d'ailleurs  les  conditions  particuhèrement  odieuses  de  l'em- 
prisonnement du  prince  dans  les  derniers  temps  devaient  inévita- 
blement amener  un  pareil  résultat.  L'enfant  avait  toujours  été  délicat, 
des  détails  inédits  nous  le  font  connaître,  et  il  ne  se  remit  jamais  bien 
de  ses  premières  maladies. 

Une  autre  fable  a  été  mise  en  avant,  celle  de  l'enfant  muet,  que  l'on 
aurait  substitué  au  prince  ;  mais  elle  tombe  d'elle-même,  car  le  mutisme 
de  celui-ci  n'était  rien  moins  qu'absolu,  on  en  a  des  preuves  sans 
réplique.  Enfin  d'où  vient  la  légende  de  l'enlèvement  opéré  par  le 
comte  de  Frotté  ?  Elle  est  tout  entière  dans  un  roman  de  Regnault 
Warin,  paru  en  1801,  sous  le  titre  de  :  le  Cimetière  de  la  Madeleine. 
C'est  là  que  les  faux  Dauphins  ont  puisé  successivement  tous  les  détails 
d'un  fait  dont  l'idée  seule  pouvait  avoir  quelque  vraisemblance  ;  Frotté 
a  déclaré  lui-même  n'avoir  jamais  été  au  Temple^.  Je  n'insiste  pas  sur 
la  mort  subite  du  chirurgien  Desault,  mise  également  en  avant  pour 
prouver  l'existence  d'un  secret,  et  rien  moins  que  mystérieuse.  Bichat 
a  donné  des  détails  sur  l'autopsie  :  son  maître,  depuis  longtemps  atteint, 
avait  été  emporté  par  une  fièvre  mahgne. 

Reste  la  dernière  question,  celle  de  l'inhumation  de  Louis  XVII. 

1.  On  trouvera  ces  deux  pièces  inédites  à  la  fin  du  volume. 

2.  Ceci  avait  déjà  été  étudié  minutieusement  et  démontré  par  M.  de  la  Sico- 
tière  :  les  Faux  Louis  XVII,  1882. 


90 

M.  Chantelauze  la  traite  dans  un  chapitre  qu'il  intitule  :  les  Mystères 
du  cimetière  Sainte-Marguerite.  Mais  ici  il  n'a  malheureusement  guère 
pu  que  reproduire  les  faits  rapportés  par  M,  de  Beauchesne,  et  ces  faits, 
quelque  présomption  qu'ils  puissent  donner,  laissent  encore  place  à  la 
conjecture.  Que  le  corps  ait  été  placé  d'abord  au  cimetière  Sainte-Mar- 
guerite, dans  la  fosse  commune,  puis  qu'il  en  ait  été  retiré,  cela  est 
hors  de  doute  :  mais  qu'est-il  devenu  ensuite  ?  Louis  XVIII  fit  faire 
une  enquête,  et  une  fouille  allait  même  être  opérée  à  l'endroit  indiqué 
par  le  fossoyeur  Valentin,  quand  les  efforts  malveillants  de  l'opposition 
et  de  fausses  révélations  firent  tout  arrêter.  M.  Chantelauze  s'efforce  de 
démontrer  l'invraisemblance  de  tous  ces  récits,  et  insiste  sur  le  témoi- 
gnage très  précis  de  Valentin,  témoignage  malheureusement  incontrô- 
lable et  qui  n'a  pu  être  apporté  que  par  sa  veuve.  C'est  là,  du  reste, 
une  question  secondaire  dans  le  but  que  M.  Chantelauze  se  proposait 
et  qu'il  a  atteint.  Tous  ces  faits,  toutes  ces  difficultés  sont  discutés 
à  nouveau  et  éclaircis  par  lui  avec  le  soin  le  plus  minutieux.  Aussi 
n'a-t-il  pas  de  peine  à  conclure  dans  un  tableau  d'ensemble  et  à  faire 
toucher  du  doigt  une  dernière  fois  au  lecteur  la  réalité  sans  réplique  de 
son  récit. 

Une  des  discussions  les  plus  nouvelles  et  les  plus  originales  du  volume 
est  celle  qui  établit  nettement  quels  ont  été  les  desseins  de  la  Conven- 
tion d'une  part,  et  de  la  Commune  de  l'autre,  pendant  l'emprisonne- 
ment du  Dauphin.  C'est  «  après  mûre  réflexion,  »  et  comme  le  fruit 
d'une  conviction  profonde  que  M.  Chantelauze  présente  ses  idées  sur 
ce  sujet,  et  y  revient  sans  cesse.  Il  convient  donc  de  les  noter  ici. 
«  D'une  part,  dit-il,  la  captivité  de  Louis  XVII  empêchait  la  reconsti- 
tution de  la  monarchie  et  paralysait  en  grande  partie  l'action  du  parti 
royaliste,  et,  d'autre  part,  il  était  d'un  intérêt  immense  pour  la  Conven- 
tion que  l'enfant  ne  mourût  pas;  car,  lui  mort,  il  semblait  hors  de 
doute  que  la  royauté  reprendrait  de  nouvelles  forces  dans  la  personne 
de  son  successeur.  »  Aussi  ne  peut-on  admettre  que  la  Convention 
voulût  vraiment  se  défaire  du  prince  :  elle  tenait  au  contraire  à  le  gar- 
der en  otage,  pour  empêcher  l'avènement  du  comte  de  Provence.  C'est 
en  examinant  la  conduite  de  Simon  que  M.  Chantelauze  montre  l'évi- 
dence du  fait.  Simon  avait  fait  ses  preuves  en  découvrant  la  conspira- 
tion de  Michonis  :  quand  la  Convention  le  chargea  de  la  garde  du 
prince,  elle  lui  confia  une  mission  secrète,  celle  de  préparer  les  éléments 
du  procès  criminel  de  la  reine  et  de  Madame  Elisabeth,  en  arrachant 
par  la  terreur  et  la  violence  à  l'enfant  toutes  les  déclarations  qui  pour- 
raient les  compromettre,  et  surtout  en  lui  dictant  ce  qu'il  ne  pouvait 
pas  même  imaginer.  De  là  ces  dépositious  monstrueuses  dont  le  procès- 
verbal  est  souillé.  Après  la  mort  de  la  reine,  Simon  changea  de  con- 
duite, ne  terrorisa  plus  son  élève,  chercha  à  se  distraire  avec  lui,  puis, 
n'ayant  plus  de  rôle  à  jouer,  s'ennuya  et  donna  sa  démission. 


9i 

Tout  autre  est  la  conduite  de  la  Commune,  à  qui  la  Convention  con- 
fia ensuite  le  prince,  et  qui  ne  garda  plus  aucun  ménagement. 
Louis  XVII,  regardé  jusqu'alors  comme  prisonnier  d'État,  se  vit  traité 
comme  le  dernier  des  criminels.  A  peine  âgé  de  huit  ans,  on  l'eniérme 
dans  un  cachot  où,  pendant  plus  de  six  mois,  la  solitude  absolue  et  la 
corruption  de  l'air  le  rendent  scrofuleux  et  à  peu  près  idiot.  Ce  n'est 
qu'au  dernier  moment  que  la  Convention  s'inquiète  de  son  prisonnier 
et  tente  de  l'arracher  à  la  mort;  mais,  comme  elle  veut  avant  tout  pré- 
venir un  enlèvement,  elle  redouble  de  précautions  inouïes,  sans  chan- 
ger le  régime  de  l'enfant. 

J'avoue  que  l'idée  de  M.  Ghantelauze  est  fort  vraisemblable  ;  mais 
elle  peut  encore  être  discutée,  quand  ce  ne  serait  que  par  l'indifférence 
avec  laquelle  la  Convention  accueillit  la  nouvelle  de  la  mort  du  petit 
roi,  et  la  consternation  que  cette  mort  répandit  dans  le  parti  royaliste. 
Après  cela,  la  Convention  n'a  peut-être  pas  cru  devoir  suivre  jusqu'au 
bout  le  même  plan  de  conduite. 

En  somme,  le  nouveau  livre  de  M.  Chantelauze  nous  parait  remar- 
quable par  l'abondance  des  documents,  la  précision  et  la  simplicité  du 
récit,  la  discussion  logique  et  serrée,  toutes  qualités  indispensables, 
surtout  dans  une  étude  de  ces  temps  si  voisins  de  nous  et  qui  ont  besoin 
d'une  vue  attentive  pour  être  bien  saisis.  L'auteur  avoue  avoir  quelque 
confiance  que  son  œuvre  est  définitive;  nous  le  croyons  avec  lui'. 

H.    DE   CURZON. 

La  Renaissance  en  France,  par  Léon  Palustre.  9^  et  \  0"  livraisons  : 

Normandie. 

Les  deux  fascicules  qui  viennent  de  paraître  récemment  et  qui  com- 
prennent tous  les  départements  de  l'ancienne  Normandie  terminent  le 
deuxième  volume  de  l'ouvrage  entrepris  par  M.  Palustre.  La  région 
du  Nord,  formant  le  tiers  de  la  publication,  est  maintenant  complète. 
Ainsi,  quand  bien  même  ce  beau  monument,  érigé  en  l'honneur  des 
maîtres  français,  viendrait  à  être  interrompu  par  quelqu'un  de  ces  acci- 
dents qui  menacent  toujours  une  œuvre  de  longue  haleine,  on  possé- 
derait déjà  un  tout  complet  en  modifiant  légèrement  le  titre  du  livre  et 
en  intitulant  l'ouvrage  :  la  Renaissance  dans  le  nord  de  la  France.  Nous 
espérons  bien  que  M.  Palustre  aura  le  courage  et  le  temps  de  mener  à 
bonne  fin  sa  glorieuse  entreprise.  Dans  la  première  des  deux  livraisons 

1.  L'exécution  matérielle  du  volume  est  satisfaisante.  On  l'a  illustré  de  quelques 
gravures,  qui  du  reste  ne  se  rapportent  qu'aux  premiers  chapitres  :  un  portrait 
du  Dauphin,  par  M""*  Vigée-Lcbrun,  et  quelques  plans  et  coupes  de  la  tour  du 
Temple.  Parmi  celles-ci,  les  n"»  5  et  6  sont  les  plus  intéressants,  parce  qu'ils  ne 
se  Irouveat  que  dans  la  grande  publication  de  Paris  à  travers  les  âges,  récem- 
ment parue. 


92 

parues  depuis  peu,  l'auteur  passe  successivement  en  revue  la  cathédrale 
de  Rouen,  la  chapelle  dite  de  Saint-Romain,  de  la  même  ville,  les  églises 
Sainte-Marie  de  Caudebec,  Saint-Remy  et  Saint-Jacques  de  Dieppe, 
Notre-Dame  du  Havre,  les  ruines  de  l'abbaye  de  Yalmont,  la  belle 
église  de  Gisors,  dont  les  travaux  furent  dirigés  par  la  famille  des 
G'rappin,  la  façade  nord  de  la  cathédrale  d'Évreux,  due  à  Jean  Cossart, 
l'église  de  Tillières,  qui  a  servi  de  type  à  de  nombreuses  et  remar- 
quables constructions  normandes,  et  celles  de  Pont-Audemer,  d'Ivry- 
la-Bataille,  réédifiée  vers  1550,  du  Grand-Andely.  Dans  l'Orne, 
M.  Palustre  est  arrêté  par  une  chapelle  du  plus  charmant  caractère  et 
cependant  peu  connue  jusqu'ici,  Notre-Dame-de-Pitié,  à  Longni.  Dans 
la  ville  de  Caen,  il  étudie  le  chœur  de  Saint-Pierre  et  le  portail  de  Saint- 
Gilles,  et  diverses  maisons  dont  la  plus  connue  porte  le  nom  de  maison 
des  Gendarmes.  Le  chœur  de  Saint-Pierre  fut  érigé  par  Hector  Sohier, 
arcliitecte  de  grand  mérite,  à  qui  M.  Palustre  fait  honneur  de  la  cons- 
truction des  châteaux  de  Lasson,  à  9  kilomètres  de  Caen,  et  de  Chante- 
loup,  dans  la  Manche.  Quelques  pages  sur  le  porche  de  la  Sainte-Trinité 
de  Falaise  et  la  lanterne  de  l'église  Saint-Pierre  à  Coutances  terminent 
cette  livraison. 

Si  l'auteur  avait  rigoureusement  suivi  les  divisions  annoncées  sur  la 
couverture  du  9°  fascicule,  la  première  livraison  consacrée  à  la  Nor- 
mandie devait  comprendre  les  départements  de  la  Seine-Inférieure  et 
de  l'Eure,  tandis  que  les  trois  autres  départements  normands  (Orne, 
Calvados  et  Manche)  eussent  fourni  la  matière  du  dixième  fascicule.  On 
a  vu,  par  l'énumération  des  édifices  décrits  dans  la  première  de  ces  deux 
livraisons,  que  cette  division  un  peu  arbitraire  n'a  pas  été  stricte- 
ment observée.  Il  en  résulte  bien  quelque  confusion.  Toutefois  nous 
croyons  que  M.  Palustre  avait  des  raisons  sérieuses  pour  agir  ainsi.  Il  y 
a  en  effet  entre  les  constructions  de  la  même  époque  et  de  la  même 
province  des  affinités  que  le  rapprochement  seul  fait  ressortir.  Qu'on 
ne  s'étonne  donc  pas  de  voir  reparaître  dans  le  fascicule  qui  nous  reste 
à  examiner  des  villes  et  des  édifices  déjà  mentionnés  dans  le  précédent. 
Cette  dixième  livraison  débute  par  une  étude  générale  sur  les  vitraux 
du  xvi«  siècle  existant  encore  dans  les  églises  normandes.  Ces  vitraux 
sont  nombreux.  On  en  rencontre  dans  près  de  cent  églises  différentes. 
Ceux  de  Saint-Patrice  et  de  Saint-Yincent  de  Rouen  méritent  particu- 
lièrement l'attention.  M.  Palustre  a  retrouvé  sur  ces  verrières  les  ini- 
tiales d'Engrand  et  de  Jean  le  Prince,  les  grands  artistes  de  Beauvais. 
Les  verres  peints  qui  se  voient  à  Gisors,  au  Grand-Andely,  à  Alençon, 
à  Argentan,  enfin  dans  l'abside  de  Couches  indiquent  l'existence  d'une 
nombreuse  école  de  peintres  verriers  normands.  M.  Palustre  aurait 
trouvé  dans  l'ouvrage  de  M.  Le  Vaillant  de  la  Fieffé,  pubhé  en  1873, 
sur  les  Verreries  de  la  Normandie,  les  gentilshommes  et  artistes  ver- 
riers norynands,  des  renseignements  précis  sur  ces  vitraux  du  xvi'  siècle. 


93 

Après  ce  chapitre  sur  la  verrerie,  l'auteur  revient  aux  œuvres  monu- 
mentales de  la  Renaissance  ;  il  passe  en  revue  les  délicates  clôtures  des 
chapelles  de  l'ahhaye  de  Fécanip,  le  somptueux  tombeau  de  Georges 
d'Amboise,  celui  de  Louis  de  Brézé,  les  fameuses  portes  en  bois  de 
Saint-Maclou,  une  des  œuvres  authentiques  de  Jean  Goujon,  les  Kvan- 
gélistes  d'Alençon,  les  boiseries  de  l'église  Saint-Vincent  de  Rouen  et 
de  la  cathédrale  de  Bayeux. 

Le  château  de  Gaillon  fait  l'objet  d'un  chapitre  spécial.  Grâce  aux 
comptes  publiés  par  M.  Deville,  on  connaît  exactement  les  architectes 
qui  Font  construit,  les  artistes  qui  l'ont  décoré.  L'École  des  Beaux- Arts 
a  reçu  une  partie  des  débris  de  la  somptueuse  habitation  du  cardinal 
d'Amboise,  tandis  que  le  Louvre  recueillait  un  certain  nombre  de 
sculptures  venant  de  cette  habitation  princière,  notamment  le  Saint- 
Georges  combattant  le  dragon,  de  Michel  Colombe.  Après  le  château  de 
Gaillon,  M.  Palustre  étudie  un  certain  nombre  de  demeures  seigneu- 
riales sur  lesquelles  la  Renaissance  a  laissé  son  empreinte  :  le  château 
d'O,  près  de  Séez,  en  partie  détruit  en  1770,  celui  de  Bainvilliers,  près 
d'Harfleur,  ceux  d'Auffray,  entre  Yvetot  et  Yeulettes,  de  Mesnières, 
aux  environs  de  Neufchâtel,  d'Angerville-Bailleul,  dans  le  canton  de 
Goderville,  de  Fontaine-Henri,  non  loin  de  Saint-Aubin-sur-Mer  et  de 
Langrune,  de  Tourlaville,  près  Cherbourg,  enfin  deCharleval,  qui  n'est 
connu  que  par  les  planches  de  Ducerceau. 

Certains  de  ces  édifices  mériteraient  de  faire  l'objet  d'une  mono- 
graphie détaillée;  c'est  à  peine  si  M.  Palustre  peut  en  donner  une 
description  concise.  Pour  bien  d'autres,  il  est  réduit  à  une  sèche  énu- 
mération.  Il  n'a  pas  été  question  jusqu'ici  des  vieilles  maisons  de  bois  et 
des  constructions  du  xvi^  siècle,  encore  si  nombreuses  à  Rouen.  Elles 
sont  groupées  dans  un  chapitre  particulier,  où  l'hôtel  du  Bourgtheroulde 
tient  une  large  place.  Au  sujet  do  ce  fameux  édifice,  M.  Palustre  cons- 
tate l'identité  que  présentent  les  sujets  des  bas-reliefs  surmontant  les 
fenêtres  du  premier  étage  avec  les  tapisseries  représentant  les  Triomphes 
de  Pétrarque.  La  remarque  est  nouvelle  ;  elle  a  son  prix,  car  elle 
montre  l'influence  exercée  par  les  tapissiers  et  leurs  œuvres  sur  les 
artistes  qui  les  entouraient. 

Le  manoir  d'Ango,  près  de  Dieppe,  sa  galerie  couverte,  son  élégant 
colombier,  l'hôtel  d'Écoville,  à  Caen,  un  des  chefs-d'œuvre  de  l'archi- 
tecture française,  celui  de  Than,  enfin  quelques  constructions  moins 
importantes  font  l'objot  du  dernier  chapitre  consacré  à  la  Normandie. 

Les  planches  à  l'eau-forte,  dues  pour  la  plupart  à  M.  Sadoux,  qui  a 
emprunté  quelquefois  le  concours  de  MM.  Gaujean  et  Boulard,  sont 
exécutées  avec  le  plus  grand  soin.  Nous  signalerons  les  plus  remar- 
quables de  ces  illustrations  :  dans  la  9°  livraison  :  la  façade  de  l'église 
de  Gisors  ;  une  vue  générale  de  l'église  de  Longni  (Orne)  ;  le  chœur  de 
l'église  Saint-Pierre,  à  Caen  ;  une  vue  des  voûtes  de  la  même  égUse  ;  la 


94 

façade  du  château  de  Ghanteloup  (Manche).  Dans  la  10^  livraison  :  le 
tombeau  du  cardinal  d'Amboise,  grande  planche  double  ;  la  porte  de 
Saint-Maclou  ;  l'hôtel  du  Bourgtheroulde  ;  l'hôtel  d'Écoville. 

Ce  dernier  fascicule  contient  aussi  la  préface  de  l'ouvrage,  les  titres 
et  tables  des  tomes  I  et  II,  enfin  une  table  analytique  de  tous  les  noms 
d'artistes  cités  dans  les  deux  premiers  volumes.  Cette  table  était  un 
instrument  de  recherche  indispensable.  En  effet,  le  livre  de  M.  Palustre 
sera  souvent  consulté,  car  il  fait  désormais  autorité  dans  la  matière. 

Il  est  juste  de  louer  le  luxe  typographique  de  cette  publication,  qui 
comptera  parmi  les  plus  soignées  et  les  plus  somptueuses  de  notre 
temps  ;  elle  fait  le  plus  grand  honneur  à  la  maison  Quantin. 

Jules  GuiFFREY. 

Les  Curiosités  de  Paris,  réimprimées  d'après  l'édition  originale 
de  \7iG,  par  les  soins  de  la  Société  d'encouragement  2)0ur  la  pro- 
pagation des  livres  d'art.  Paris,  Quantin,  ^883.  Gr.  in-8°, 
xx-400  pages. 

L'édition  originale  des  Curiositez  de  Paris,  de  1716,  est  un  petit 
volume  sans  apparence,  assez  mal  imprimé,  plus  mal  illustré,  mais 
portatif.  Aussi  eut-il  un  grand  succès  auprès  du  public  auquel  il  s'adres- 
sait et  qu'effrayait  la  longueur  de  l'ouvrage  de  G.  Brice  :  dès  1719  il 
s'en  fit  une  seconde  édition.  Une  troisième  parut  en  1760,  une  qua- 
trième en  1771,  enfin  une  cinquième  et  dernière  en  1778;  après  quoi 
le  Guide  de  Thiéry,  de  1786,  hérita  du  succès  et  de  la  vogue  de  son 
devancier.  On  peut  ajouter  que  l'ouvrage  eut  aussi  les  honneurs  de  la 
contrefaçon  hollandaise  et  du  plagiat  allemand. 

La  première  édition  n'avait  qu'un  volume  ;  les  suivantes  en  eurent 
deux  et  furent  en  général  mieux  soignées;  mais  elles  sont  bien  moins 
rares,  et  du  reste  moins  curieuses  pour  nous.  Aussi  est-ce  la  première 
que  l'on  vient  de  rééditer,  dans  toute  son  intégrité.  Cette  belle  réim- 
pression es.t  précédée  d'une  introduction  des  plus  nourries,  où  notre 
confrère  M.  de  Montaiglon  établit  péremptoirement  à  qui  doit  revenir 
la  paternité  de  l'ouvrage.  La  question  était  en  effet  assez  délicate.  Le 
titre  porte  :  par  M.  L.  B.;  et  Quérard  et  Barbier  en  ont  conclu  qu'il  fal- 
lait y  lire  le  nom  de  Le  Rouge,  ingénieur  et  géographe  bien  connu  à 
cette  époque.  Mais  celui-ci  n'a  rien  écrit  avant  1733.  De  plus,  dans  un 
passage  de  l'édition  de  1760,  l'auteur  des  Curiositez  nous  apprend  qu'il 
a  donné  en  1709  un  travail  intitulé  Dénombrement  du  royaume.  Or  cet 
ouvrage  est  certainement  de  Claude-Marin  Saugrain,  c'est-à-dire  l'édi- 
teur même  de  notre  volume  ^. 

1.  C'est  aussi  l'éditeur  lui-même  qui  offre  son  livre  à  Louis  XV,  en  lui  faisant 
bien  remarquer  que  c'est  le  premier  qui  lui  soit  dédié. 


95 

Si  les  Curiositez  de  Paris  n'avaient  eu  d'autre  but  que  d'abréger  les 
descriptions  ou  les  histoires  de  Paris,  depuis  Gorrozet  jusqu'à  Brice, 
elles  n'auraient  pas  eu  le  succès  qui  les  accueillit  et  on  ne  se  soucierait 
pas  tant  de  les  réimprimer.  Il  n'y  faut  pas  chercher  en  effet  beaucoup 
de  renseignements,  surtout  de  détails  nouveaux  sur  les  monuments  ou 
leur  histoire  :  on  perdrait  son  temps.  La  concurrence  bien  modeste  que 
Saugrain  (it  à  Brice,  puis  à  Piganiol,  portait  sur  des  détails  qui  devaient 
surtout  attirer  les  curieux  et  les  étrangers  :  les  objets  d'art,  les  tableaux, 
les  cérémonies.  J'ouvre  au  hasard,  et  je  lis  ceci  (p.  150),  dans  la  des- 
cription de  la  maison  du  président  Le  Ragois  de  Bretonvilliers  :  «  Vous 
y  verrez  encore  un  excellent  tableau  de  Michel- Ange  (?),  c'est  Notre- 
Seigneur  porté  dans  le  tombeau  ;  et  enfin,  dans  une  antichambre,  l'ad- 
mirable et  inestimable  Descente  de  croix,  peinte  par  Daniel  de  Vol- 
terre  :  ce  tableau  est  estimé  le  plus  excellent  que  l'on  ait  en  France  de 
cet  habile  Italien.  »  Voilà  des  renseignements  que  l'on  ne  trouvera  pas 
dans  Brice  ni  dans  Piganiol.  On  pourrait  encore  signaler  les  descrip- 
tions de  Notre-Dame  et  de  la  galerie  de  Rubens  au  Luxembourg  ;  aussi 
les  détails  sur  l'Université  et  sur  la  procession  du  recteur,  «  comparable 
à  la  cérémonie  du  Doge  de  Venise,  lorsqu'il  va,  accompagné  du  Sénat, 
épouser  la  mer.  » 

J'ajoute  que  le  style  est  approprié  au  sujet  :  il  est  plus  facile  et  plus 
agréable  à  lire  que  beaucoup  des  ouvrages  de  ce  genre.  En  somme,  mal- 
gré sa  grande  brièveté,  le  livre  est  précieux  au  point  de  vue  de  l'his- 
toire de  l'art,  et  digne  des  soins  que  la  Société  d'encouragement 
lui  a  donnés.  M.  de  Montaiglon  a  voulu  le  rendre  encore  plus  utile  en 
y  ajoutant  une  table  de  tous  les  artistes  cités  ;  c'est  du  reste  la  seule 
adjonction  au  texte  original  qu'il  se  soit  permise. 

Le  volume  comprend  encore,  ainsi  que  l'édition  de  1716,  les  curiosi- 
tés de  Versailles,  Marly,  Vincennes,  Meudon,  Saint-Gloud,  Saint-Ger- 
main, Sceaux,  Fontainebleau  et  Saint-Denis  ;  il  y  a  peu  de  chose  à  en 
dire.  Puis,  une  table  des  rues  de  Paris,  une  table  analytique,  enfin  les 
adresses  de  tous  les  conseillers  d'État.  —  Un  mot  au  sujet  des  figures. 
On  a  tenu  à  laisser  dans  le  texte  les  petits  bois  de  Vincent  Le  Sueur, 
qui  en  complètent  le  caractère.  Ils  sont  reproduits  en  fac-similé  et 
paraissent  plus  nets  que  dans  l'original,  mais  ils  n'en  restent  pas  moins 
fort  médiocres  et  insignifiants. 

H.    DE   GURZON. 


Guide  descriptif  du  Mont-Saint-Michel ,  par  Edouard  Corroyer, 
architecte  du  gouvernemenl.  Paris,  Ducher,  -1883.  PeL.  in-8°, 
i  38  pages. 

Description  de  l'abbaye  du  Mont-Saint-Michel  et  de  ses  abords,  pré- 


96 

cédée  d'une  notice  historique,  par  E.  Corroyer.  Paris,  Dumoulin, 
^1877.  In-8°,  xvi-437  pages. 

Saint-Michel  et  le  Mont-Saint-Michel ^  par  Mgr  Germain,  l'abbé 
P.-M.  Brin  et  Ed.  Corroyer.  Paris,  F.  Didot,  4880.  Gr.  in-8°, 
552  pages. 

M.  Ed.  Corroyer  vient  de  publier  un  nouveau  volume  sur  le  Mont- 
Saint-Michel,  un  Guide  simplifié  et  plus  portatif.  Sous  cette  forme  l'ou- 
vrage ne  dispense  pas  delà  Description  publiée  en  1877,  mais  il  suffit  à 
tous  ceux  qui  ne  veulent  pas  faire  une  étude  spéciale  des  monuments. 
Nul  mieux  que  M.  Corroyer  ne  pouvait  tracer  aux  touristes  et  aux  visi- 
teurs un  itinéraire  commode  et  exact  de  ce  labyrinthe  quelque  peu 
complexe  :  il  est  là  chez  lui,  il  a  fait  son  domaine  de  la  célèbre  abbaye, 
il  l'embellit  chaque  jour,  et  de  temps  en  temps  il  réveille  notre  curio- 
sité paresseuse  et  nous  presse  de  venir  admirer  avec  lui  le  monument 
et  les  progrès  qu'il  fait  vers  son  ancienne  perfection. 

Yoilà  en  effet  un  spectacle  qui  n'a  jamais  trompé  l'attente  de  per- 
sonne. Chacun  dos  nombreux  visiteurs  qui  le  contemplent  pour  la  pre- 
mière fois  est  parti  la  mémoire  remplie  des  éloges  et  des  récits  enthou- 
siastes de  ses  amis;  mauvaise  condition  pour  juger  sainement,  car 
l'imagination  excitée  est  plus  difficile  à  contenter,  ou  la  froide  critique 
plus  prompte  à  se  défier  de  ses  impressions.  Pourtant  tous  reviennent 
pénétrés  d'une  sincère  admiration.  Que  serait-ce  si  l'abbaye  n'était  pas 
déchue  de  son  ancienne  splendeur  ! 

Ce  n'est  pas  une  petite  affaire  qu'une  restauration  de  cette  impor- 
tance, surtout  dans  les  circonstances  toutes  particulières  où  se  trouve  le 
Mont-Saint-Michel  et  après  les  vicissitudes  de  toutes  sortes  qu'il  a 
subies.  Les  chroniques  racontent  la  fondation  de  l'abbaye  en  708, 
par  saint  Aubert,  évêque  d'Avranches  ;  mais  ce  n'est  qu'à  partir  du 
xi«  siècle  que  nous  pouvons  suivre  son  histoire  pas  à  pas.  L'église  s'élève 
en  1020.  La  crypte  ou  galerie  de  l'Aquilon  date  de  Roger  II  (1106- 
1122);  comme  lui,  Robert  de  Thorigni  (1154-H86)  creuse  dans  le  roc  de 
nombreuses  substructions.  Puis  s'étage  cette  magnifique  Merveille, 
commencée  par  Jourdain  en  120.3,  et  terminée  en  1228,  d'un  seul  jet  : 
aumônerie,  cellier,  réfectoire,  salle  des  chevaliers,  promenoir,  dortoir, 
cloître  enfin,  tout  porte  la  marque  d'une  merveilleuse  unité.  L'entrée 
de  l'abbaye,  dite  Belle-Chaise,  date  de  1236-1264  ;  le  chàtelet  et  les 
défenses  de  l'entrée,  du  commencement  du  xv^  siècle.  Enfin  le  chœur 
de  l'église  est  refait  de  1450  à  1521.  Mais  déjà  la  ruine  avait  com- 
mencé son  œuvre.  La  foudre  avait  détruit  le  clocher  en  1300  et  incendié 
l'abbaye  en  1850;  de  nouveaux  incendies  éclatent  en  1564  et  en  1594, 
Enfin,  sous  prétexte  de  solidité,  on  abat  en  1776  les  trois  premières 
travées  de  la  nef  romane,  et  vers  1780  on  plaque  la  façade  gréco-romaine 
actuelle.   Dès  lors  l'histoire  de  l'abbaye  n'est  qu'une  longue  suite  de 


97 

mutilations.  Elle  devient  maison  de  correction  en  18 H,  et  de  plus  pri- 
son sous  Louis  XVIII.  Tous  les  bâtiments,  même  l'église,  sont  convertis 
en  ateliers  ou  en  logements,  établis  à  l'aide  de  cloisons;  le  sanctuaire 
seul  du  chœur  garde  son  autel.  En  1834,  un  dernier  incendie  cause  de 
si  grands  dommages  à  la  nef  que  l'on  commence  des  restaurations  fac- 
tices. Enfin,  en  1863,  la  prison  est  supprimée  et  le  Mont  devient  pro- 
priété domaniale  :  l'évoque  de  Cou  tances  et  Avranches,  locataire  pour 
neuf  ans  depuis  1865,  rend  l'église  au  culte  et  nettoie  les  bâtiments. 

C'est  en  1872  que  le  ministre  de  l'instruction  publique  fit  étudier 
l'état  des  monuments  et  préparer  des  projets  de  restauration.  Le  décret 
du  20  avril  1874  en  affecta  la  propriété  à  la  commission  des  monuments 
historiques.  Désormais  il  est  permis  d'espérer  une  restauration  succes- 
sive et  complète  de  ces  édifices  uniques  en  France,  qui  présentent  réu- 
nis de  si  beaux  spécimens  de  l'architecture  religieuse,  monastique  et 
militaire  du  moyen  âge. 

Attaché  à  cette  œuvre  si  considérable  depuis  1872,  M.  Ed.  Corroyer 
a  montré  que  l'on  pouvait  compter  sur  lui  pour  la  mener  à  bien.  Ses 
descriptions  comme  ses  dessins  et  ses  projets  de  restauration  sont  nets 
et  précis.  Il  s'est  passionné  pour  son  sujet  :  non  content  de  son  talent 
d'architecte,  il  a  voulu  y  joindre  une  compétence  spéciale,  par  l'étude 
comparée  des  textes  historiques  et  des  documents  arcliéologiques  et 
lapidaires,  étude  qu'il  a  faite  minutieusement  et  pour  ainsi  dire  pierre 
par  pierre.  En  1873,  1874  et  1875,  M.  Corroyer  a  commencé  par  expo- 
ser au  Salon  ses  principaux  dessins  ^.  Puis,  en  1877,  il  a  livré  au 
public  sa  Description  de  l'abbaye  du  Mont-Saint-Michel.  Ce  charmant 
volume  ne  compte  pas  moins  de  159  figures,  dont  5  eaux-fortes  de 
L.  Gaucherel  et  un  grand  plan  en  couleurs  indiquant  l'époque  des 
diverses  constructions.  Lancé  comme  un  premier  essai,  il  comprend 
néanmoins  déjà  un  nombre  respectable  de  documents  et  donne  une 
idée  suffisamment  complète  de  l'importance  et  de  l'intérêt  du  monu- 
ment. Après  une  introduction  historique  puisée  surtout  dans  le  livre  de 
dom  Huynes^,  l'auteur  place  successivement  devant  nos  yeux  les  nom- 
breuses merveilles  de  l'abbaye,  rangées  dans  l'ordre  chronologique  et 
restaurées  pour  un  moment  comme  au  temps  de  leur  splendeur.  Il 
termine  par  quelques  notes  pratiques  destinées  à  nous  en  faciliter  la 
visite. 

Quelques  années  après  cette  œuvre  remarquable,  en  1880,  parait  un 
beau  livre  :  Saint  Michel  et  le  Mont-Saint-Michel.  L'ouvrage  à  la  fois 


1.  N"  1922,  3287  et  3519.  Ajoutons  que,  du  premier  coup,  la  1"  médaille  lui 
fut  décernée, 
f     2.  Histoire  générale  de  l'abbaye  du  Mont- Saint-Michel  au  péril  de  la  mer... 
composée  l'an  1638.  Deux  mss.  autographes  à  la  Bibliothèque  nationale. 

7 


98 

religieux^,  historique^  et  archéologique,  est  rempli,  selon  la  coutume 
de  la  maison  Didot,  de  scènes  empruntées  aux  œuvres  d'art  et  aux 
manuscrits,  du  moyen  âge  à  nos  jours  :  beaucoup  sont  fort  curieuses. 
Il  n'y  a  pas  moins  de  212  figures  et  de  4  chromolithographies  d'après  des 
miniatures,  sans  compter  une  photogravure  du  Saint  Michel  de  Raphaël. 
Bien  que  n'occupant  qu'une  place  un  peu  secondaire,  le  travail  de 
M.  Corroyer  donne  au  volume  un  intérêt  très  sensible.  Le  fond  est  à 
peu  près  le  même  qu'en  1877,  quoique  très  abrégé,  mais  les  figures  sont 
souvent  plus  grandes,  et  de  plus  il  y  en  a  un  certain  nombre  de  nou- 
velles :  une  vue  de  la  salle  des  chevaliers,  notamment,  et  plusieurs  des- 
sins du  cloître,  alors  en  état  de  restauration  ;  puis  des  documents  tirés 
des  manuscrits  et  les  croquis  de  quelques  abbayes  analogues  au  Mont- 
Saint-Michel. 

Enfin,  ce  qui  n'était  que  la  partie  accessoire  et  forcément  sommaire 
de  la  Description  détaillée,  les  «  notes  itinéraires,  »  M.  Corroyer  a  voulu 
le  développer  aujourd'hui  et  en  faire  un  guide  de  poche,  complément 
désormais  indispensable  de  toute  visite  au  mont.  Il  n'y  a  que  61  figures, 
mais  des  plus  importantes.  Il  va  sans  dire  que  l'auteur  a  fait  entrer 
dans  ce  volume  tout  ce  que  la  Description  renfermait  d'essentiel  :  nous 
n'avons  pas  à  y  revenir.  Mais  il  est  intéressant  de  noter  les  faits  nou- 
veaux ajoutés  par  lui  aujourd'hui.  D'abord  voici  où  en  est  la  restaura- 
tion :  avant  1877  on  avait  repris  en  sous-œuvre  les  substructions  romanes 
et  rétabli  quelques  remparts.  De  1877  à  1881  on  a  restauré  le  cloître^. 
En  1880,  on  a  réparé  les  bastions  de  la  tour  Boucle  (de  l'est)  et  de  la 
tour  Gabriel.  Depuis  1882  on  travaille  au  dortoir.  Enfin  il  est  un 
point  sur  lequel  l'auteur  insiste  vivement  et  que  nous  tenons  à  relever  : 
il  s'agit  du  fameux  remblai  élevé  en  1879.  Tout  le  monde  connaît  cette 
digue  soi-disant  protectrice,  que  personne  n'avait  demandée,  et  qui, 
appuyée  contre  les  remparts,  les  effondre  depuis  trois  ans,  sans  que  l'on 
puisse  obtenir  d'y  porter  remède.  Tout  récemment,  au  Salon  de  1883 
(n°  5395),  on  a  pu  voir  les  dessins  où  M.  Corroyer  démontre  le  fait  jus- 
qu'à l'évidence.  Il  paraît  que  l'on  va  enfin  détourner  la  tête  de  la 
digue,  mais  c'est  déjà  bien  tard. 

M.  Corroyer  nous  permettra-t-il  de  lui  rappeler,  en  terminant,  cer- 
taine promesse  qu'il  a  faite  dans  sa  préface  de  1877,  d'une  Monographie 
archéologique  du  Mont-Saint- Michel,  où  doivent  trouver  place  tant  de 


1.  Saiyit  Michel  et  le  Mont-Saint-Michel  dans  le  plan  divin,  par  Mgr  Ger- 
main, évêque  de  Coutances  et  Avranches. 

2.  Saint  Michel  et  le  Mont-Saint- Michel  dans  l'histoire  et  la  littérature,  par 
l'abbé  M. -P.  Brin,  prêtre  de  Sainl-Sulpice,  directeur  au  grand  séminaire  de 
Coutances. 

3.  M.  Corroyer  a  exposé  au  Salon  de  1879,  n"  5484,  les  dessins  et  plans  qu'il 
a  faits  à  cette  occasion. 


99 

documents  précieux  dont  il  n'a  pu  nous  donner  qu'un  avant-goût?  Nous 
osons  espérer  qu'il  n'attendra  pas,  pour  satisfaire  notre  vive  curiosité, 
la  restauration  complète  de  l'abbaye,  qui  pourrait  bien  n'être  pas  ache- 
vée de  longtemps. 

H.   DE  GURZON. 

Rapport  à  la  Société  d'agriculture^  sciences  et  arts  de  la  Sarthe,  au 
nom  de  la  commission  chargée  d'examiner  la  restauration  récente 
du  bas-cuté  méridional  de  la  nef  de  la  cathédrale  du  Mans,  par 
M.  Robert  Triger. 

Malgré  sa  brièveté,  ce  rapport  contient  des  vues  et  des  conclusions 
si  justes  et  si  opportunes  que  nous  avons  pensé  utile  de  les  signaler  ici. 
Elles  sont  d'ailleurs  d'une  application  générale. 

Des  restaurations,  récemment  faites  à  la  cathédrale  du  Mans,  avaient 
soulevé  de  divers  côtés  des  critiques  assez  vives  pour  que  les  sociétés 
savantes  locales  tinssent  à  s'en  rendre  compte  par  elles-mêmes.  Malheu- 
reusement, les  observations  les  plus  justes  en  ce  sens  ne  peuvent  être 
faites  qu'après  coup,  quand  il  n'y  a  plus  de  remède.  C'est  donc  avec 
raison  que  M.  Triger  insiste  sur  ce  point  que,  les  églises  et  monuments 
historiques  étant  du  domaine  public ,  il  serait  bon  que  «  l'opinion 
publique,  représentée  en  pareil  cas  par  les  sociétés  savantes,  ne  fût  pas 
systématiquement  laissée  de  côté,  »  et  que  les  projets  de  restauration  des 
architectes  eussent  une  certaine  publicité  avant  d'être  exécutés. 

C'est  même  quelquefois,  il  faut  l'avouer,  un  véritable  droit  que 
réclament  les  sociétés  archéologiques  du  pays.  M.  Triger  rapporte  à  ce 
propos  qu'une  inscription  ayant  été  récemment  découverte,  dans  les 
travaux  faits  au  chœur  de  la  cathédrale,  on  s'empressa  de  l'envoyer  à 
Paris,  sans  en  communiquer  la  moindre  note  à  ceux-mêmes  qu'elle 
devait  intéresser  le  plus,  aux  archéologues  du  Mans. 

Voici  donc  les  vœux  que  la  Société  de  cette  ville  s'est  proposé  de 
transmettre  à  qui  de  droit  : 

«  1°  Lorsqu'un  projet  de  restauration  aura  été  adopté  en  principe,  les 
plans  et  les  documents  faisant  connaître  la  partie  du  monument  sur 
laquelle  porte  ce  projet,  le  but  général  qu'il  se  propose  et  tous  les 
détails  qu'il  doit  modifier  seront  déposés  à  la  préfecture  du  département 
pendant  un  temps  suffisant  pour  que  les  sociétés  savantes,  avisées  par 
l'autorité  compétente,  puissent  en  prendre  connaissance  ;  leurs  obser- 
vations seront  jointes  au  dossier  et  transmises  avec  lui  au  ministère. 

«  2°  Lorsqu'un  détail  quelconque  de  l'édifice  devra  disparaître  par 
suite  de  la  restauration,  le  service  des  architectes  diocésains,  appelé  à 
en  conserver  le  souvenir  par  dos  plans,  coupes  ou  dessins,  sera  invité  à 
déposer  un  exemplaire  de  ces  plans,  coupes  ou  dessins,  aux  archives  du 
département,  à  titre  de  documents  historiques. 


^oo 

«  3"  Enfin,  lorsqu'au  cours  des  travaux  une  découverte  archéologique 
aura  été  faite,  les  Sociétés  locales  compétentes  en  seront  avisées  sur-le- 
champ  et  mises  à  même,  si  elles  le  jugent  à  propos,  de  faire  étudier 
les  objets  trouvés.  » 

Nous  ne  pouvons  qu'applaudir  à  ces  justes  réclamations  et  souhaiter 
qu'elles  obtiennent  un  jour  gain  de  cause. 

H.  DE  GURZON. 

Notes  de  M.  de  Caumariin,  sur  la  recherche  des  nobles  de  la  pro- 
vince de  Champagne  en  \  673,  d'' après  le  manuscrit  inédit  de  la 
Bibliothèque  nationale.  Paris,  H.  Champion,  i883.  In-^2,  'lO^  p. 

Les  notes  publiées  dans  ce  volume  par  M.  Edouard  de  Barthélémy 
sont  celles  que  Gaumartin,  intendant  de  Champagne,  chargé  par  un 
arrêt  du  22  mars  1666  de  la  recherche  des  usurpateurs  de  noblesse  dans 
sa  généralité,  avait  placées  en  regard  de  chaque  nom  pour  motiver  ses 
décisions.  Relevées  par  d'Hozier,  elles  forment  le  complément  naturel 
du  procès-verbal  de  la  recherche  de  Champagne  imprimé  en  1673,  à 
Châlons,  chez  Seneuse,  et  montrent  le  soin  que  Gaumartin  apportait  à 
l'exécution  de  cette  mission.  Elles  sont  suivies  des  listes  des  usurpa- 
teurs condamnés  et  de  ceux  qui  avaient  été  provisoirement  ajournés. 

En  tête  de  ce  petit  volume,  M.  Anatole  de  Barthélémy  a  résumé,  dans 
une  dissertation  de  quelques  pages,  les  données  acquises  sur  la  prétendue 
noblesse  maternelle  de  Champagne,  qui  a  été  depuis  vingt-cinq  ans 
l'objet  de  nombreuses  discussions.  Rendant  aux  textes  souvent  altérés 
par  de  fausses  interprétations  leur  véritable  sens  et  en  faisant  connaître 
de  nouveaux,  notre  savant  confrère  montre  clairement  que  les  droits 
accordés  en  Champagne  aux  enfants  nés  d'un  roturier  et  d'une  fille 
noble  n'ont  jamais  eu  pour  but  de  leur  conférer  la  noblesse,  mais  seu- 
lement de  les  faire  jouir  de  privilèges  coutumiers  particuliers  ;  de  plus, 
ainsi  que  cela  est  dit  expressément  dans  la  coutume  du  Barrois,  ils  ne 
pouvaient  profiter  de  cette  faveur  qu'en  renonçant  à  la  succession  pater- 
nelle. M.  de  Barthélémy  rappelle  en  même  temps  que  ces  privilèges 
offrent  une  grande  analogie  avec  ceux  des  monnoyers  de  Champagne, 
qui  se  transmettaient  à  leurs  enfants  des  deux  sexes,  et  qui  sont  deve- 
nus, dans  bien  des  cas,  les  titres  invoqués  par  les  familles  en  faveur  de 
la  noblesse  maternelle. 

Un  de  nos  confrères  a  bien  voulu  nous  communiquer  un  texte  relevé 
trop  tard  pour  que  M.  de  Barthélémy  ait  pu  s'en  servir.  Dans  un  manus- 
crit du  Grand  Coutumier,  de  la  première  moitié  du  xv«  siècle  (Bibl.  nat., 
nouv.  acq.  fr.  3555),  on  lit  un  article  de  déclarations  du  conseil  rela- 
tives aux  francs-fiefs,  ainsi  conçu  :  «  Et  se  icellui  nonnoble  fait  aucunes 
acquisicions  de  fiefz  nobles  et  puis  meurt,  par  quoy  sa  femme  noble 
ait  la  moitié  de  icelles  acquisicions  et  leurs  enfans  l'autre  moitié,  la 


404 

femme  noble  ne  paiera  riens  pour  sa  moitié  pour  ce  qu'elle  est  noble, 
mais  les  enfans  paieront  pour  ce  qu'ilz  ne  autres  n'acquièrent  aucune 
noblesse  de  par  la  mère,  mais  l'en  acquiert  noblesse  de  par  le  père.  » 
A  la  suite  de  ce  texte,  on  remarque  une  glose  qui  ne  se  trouve  pas  dans 
les  autres  manuscrits  et  qui  est  ainsi  conçue  :  «  Verumptamen,  in  Gam- 
pania,  habent  istam  consuetudinem  :  si  filius  viri  innobilis,  matris  vero 
nobilis,  et  ipsis  mortuis  renonciet  succession!  paterne  et  adipiscatur 
possessionem  materne  successionis,  poterit  tenere  feoda  materna  acsi 
esset  nobilis.  » 

Comte  DE  Marsy. 

Le  Lettere  e  le  Arti  alla  corte  di  Savoia  nelsecolo  XV.  Inventari  dei 
caste/fi  di  Ciatnberi,  di  Torino  e  di  Ponte  d'Ain.  -1497-1498. 
Pubblicati  sugli  originali  inediti  da  Pielro  Vayra.  Torino,  1883. 
In-8°,  244  p.  (Extrait  de  M iscellanea  di  storia  italiana^  série  ii, 
tome  VII;  volume  XXII  delà  collection.) 

M.  Vayra  a  élégamment  rappelé,  dans  la  préface  de  ce  volume,  l'uti- 
lité des  renseignements  consignés  dans  les  anciens  inventaires  et  il  a 
exactement  indiqué  les  publications  dont  les  documents  de  cette  espèce 
ont  été  l'objet  en  France  et  en  Italie,  depuis  une  quarantaine  d'années. 
Les  inventaires  qu'il  vient  de  mettre  en  lumière  ne  sont  pas  les  moins 
intéressants  de  ceux  qui  nous  sont  parvenus.  Ils  ne  contiennent  pas 
moins  de  1,630  articles,  et  donnent  une  juste  idée  du  luxe  de  la  maison 
de  Savoie,  à  la  fin  du  xv»  siècle.  Nous  y  avons  remarqué  la  liste  de 
plus  de  300  livres,  la  plupart  manuscrits.  Malheureusement,  les  rédac- 
teurs des  inventaires  étaient  ignorants  ou  peu  soigneux  ;  beaucoup  des 
notices  qu'ils  ont  enregistrées  sont  trop  vagues  ou  trop  incorrectes  pour 
qu'il  soit  aisé  de  reconnaître  les  ouvrages  qu'ils  avaient  sous  les  yeux. 
M.  Vayra  a  réussi  à  éclaircir  beaucoup  de  passages  douteux,  et  nous 
devons  le  féliciter  d'avoir  aussi  bien  publié  des  documents  auxquels 
on  devra  souvent  recourir  pour  étudier  des  questions  littéraires  ou 
archéologiques,  et  pour  déterminer  le  sens  exact  de  termes  employés 
dans  les  vieux  inventaires. 

L.  Delisle. 

Catalogo  délia  libreria  Pandolfini.  Alla  libreria  Dante  in  Firenze, 
-1884.  In-80,  52  pages. 

Cet  élégant  livret,  dont  la  publication  est  due  à  M.  Ed.  Alvisi,  a  pour 
objet  la  bibliothèque  qui  est  restée  dans  la  famille  Pandolfini  à  Florence, 
depuis  le  xv«  siècle  jusqu'au  xvni°.  Le  catalogue  qui  nous  en  est  ofïert 
aujourd'hui,  et  que  l'éditeur  a  fait  précéder  d'une  très  intéressante  pré- 
face, date  du  commencement  du  xvi«  siècle.  On  y  trouvera  beaucoup 


^02 

d'indications  très  utiles  pour  l'histoire  bibliographique.  Mais  ce  qui 
donne  une  valeur  particulière  au  Catalogo  délia  libreria  Pandolfini,  c'est 
une  particularité  que  M.  Alvisi  a  parfaitement  mise  en  lumière. 

La  collection  Pandolfini  a  fourni  plus  d'un  article  au  fonds  Libri; 
c'est  de  là,  selon  toute  apparence,  qu'est  venu  l'exemplaire  de  la  chro- 
nique de  Dino  Compagni  (n°  443  du  fonds  Libri),  que  notre  confrère 
M.  Paul  Meyer  a  fait  intervenir  si  à  propos  dans  les  controverses  rela- 
tives à  l'authenticité  de  cet  ouvrage. 

A  ce  propos,  M.  Alvisi  n'hésite  pas  à  donner  son  avis  sur  la  manière 
dont  Libri  a  formé  sa  collection  de  manuscrits;  voici  comment  il 
s'exprime  à  la  p.  17  :  «  Nell'  esilio  voile  il  Libri,  in  sua  difesa,  indi- 
care  alcune  provenienze  dei  manoscritti  venduti,  e  si  giovô  délia  com- 
pra  Pucci;  ma  di  altri,  di  quelli  che  formaron  la  sua  privata  bibhoteca, 
tacque.  Ne  potè  meglio  giustificare  il  possesso  di  quelli  dell'  ultima  e 
maravigliosa  vendita  del  1859,  non  meno  preziosa  di  quella  del  1846, 
che  fece  perdere  ail'  Italia  ed  alla  Francia  tanti  tesori.  Ma  qualunque 
sia  il  modo  dell'  acquisto,  è  indubitato  che  fra  quel  codici  ve  ne  sono 
molti  sottratti  a  pubbliche  biblioteche.  I  francesi  furono  ben  indicati 
dal  Delisle...  Ne  sarebbe  difficile  di  rintracciare  anche  gli  italiani.  » 

Un  tel  témoignage  est  bon  à  recueillir.  Il  s'ajoute  à  tous  ceux  qui 
depuis  quelques  mois  se  sont  produits,  principalement  en  Allemagne 
et  en  Italie,  pour  montrer  que  le  fonds  Libri  est  déshonoré  par  la  pré- 
sence d'un  grand  nombre  de  manuscrits  volés  et  falsifiés. 

L.  Delisle. 

Voyage  à  Jérusalem  de  Philippe  de  Voisins,  seigneur  de  Montaut, 
publié,  pour  la  Société  historique  de  Gascogne,  par  Ph.  Tamizey 
DE  Larroqde,  correspondant  de  l'Institut.  Auch,  4  883.  In-S», 
60  pages. 

Philippe  de  Voisins,  seigneur  de  Couffoulens,  en  Languedoc,  et  de 
Montaut,  en  Gascogne,  partit  du  château  de  Montaut  le  16  avril  1490 
pour  aller  visiter  les  saints  Lieux  de  Palestine,  suivi  de  quelques  gens 
de  sa  maison,  commensaux  ou  serviteurs,  parmi  lesquels  Jean,  seigneur 
de  Bélesta,  écuyer,  tenait  le  premier  rang.  11  prit  passage  à  Venise 
avec  d'autres  pèlerins;  il  toucha  en  Crète,  à  Rhodes,  en  Chypre,  débar- 
qua à  Jaffa,  reprit  la  mer  en  ce  même  port,  après  avoir  visité  Rama, 
Jérusalem,  Bethléem,  Béthanie  et  le  Jourdain;  il  revit  Chypre,  longea 
la  côte  de  Caramanie,  visita  Corfou  et  débarqua  à  Otrante  le  15  novembre 
de  la  même  année  pour  rentrer  «  à  grand  joie  »  en  son  cher  pays,  en 
passant  par  Rome.  Bien  qu'elle  n'ait  pas  en  elle-même  une  grande 
importance,  la  relation  de  son  pèlerinage,  écrite  par  l'écuyer  Jean  de 
Bélesta,  méritait  d'être  publiée;  elle  prendra  certainement  sa  place  dans 
la  collection  des  pèlerinages  en  terre  sainte,  préparée  par  M.  le  comte 


403 

Riant,  qui  sera  le  complément  et  le  commentaire  indispensable  du 
Recueil  des  historiens  des  croisades.  Rien  ne  peut  remplacer  pour  l'in- 
térêt, la  curiosité  et  la  sûreté  des  renseignements  concernant  les  per- 
sonnes, les  événements  et  les  lieux  qu'ils  ont  connus,  les  notions  recueil- 
lies par  les  voyageurs  de  visu  et  auditu. 

Comme  tous  les  travaux  de  M.  Tamizey  de  Larroque,  cette  publica- 
tion se  recommande  par  la  clarté  de  l'exposition,  l'intelligente  et 
soigneuse  reproduction  du  texte,  les  nombreux  et  savants  commentaires 
qui  l'éclairant,  la  rectifient  ou  en  complètent  le  sens. 

Peut-être  n'aurions-nous  pas  suivi  partout  les  mêmes  règles  que 
l'érudit  et  ingénieux  éditeur.  Peut-être  n'adopterions-nous  pas  toutes 
ses  explications.  Puisque  M.  Tamizey  de  Larroque  place  l'accent  sur 
les  mots  été,  après,  pourquoi  le  refuse-t-il  aux  adverbes  de  lieu  là  et  où 
et  à  quelques  autres  mots ,  comme  la  préposition  à  ?  Puisqu'il  est 
reconnu  que  les  scribes,  dans  les  bas  temps  du  moyen  âge,  traçaient 
presque  toujours  de  la  même  façon  le  t  et  le  c,  et  puisqu'il  est  vraiment 
impossible  de  distinguer  entre  elles  l'une  et  l'autre  de  ces  lettres,  pour- 
quoi M.  Tamizey  de  Larroque  n'a-t-il  pas  résolument  pris  sur  lui  d'adop- 
ter pour  les  noms  géographiques  celle  de  ces  lettres  qui  rappelle  le 
mieux  la  forme  actuelle  ou  régulière  du  nom  de  la  localité?  Au  lieu  de  la 
«  citté  de  Thoze,  »  j'aurais  donc  imprimé  :  la  citté  de  Choze,  qui  est  Chioggia, 
autrefois  Ghiozza,  près  de  Venise  (p.  16,  17)  ;  au  lieu  de  «  l'Ascention,  » 
j'aurais  préféré  l'Ascencion  (p.  17,  18)  ;  au  lieu  d'  «  Arsenat,  »  j'aurais  mis 
Arsenac  (p.  19);  car  certainement  on  prononçait  ainsi  alors,  comme 
du  temps  de  Rabelais;  au  lieu  de  «  Moncolivet,  »  j'aurais  imprimé 
Montolivet,  le  mont  des  Oliviers  (p.  29).  Enfin  et  surtout,  au  lieu  de 
«  Troflb  »  et  «  Torfîo  »,  j'aurais  préféré  imprimer  toujours  Croffo  et  Cor/fo, 
qui  rappelle  bien  mieux  le  vrai  nom  de  l'ile  de  Gorfou  ^. 

Mais  j'ai  une  querelle  plus  sérieuse  à  faire  à  mon  savant  compatriote. 
Après  avoir  mentionné  le  passage  de  la  troupe  de  M.  de  Voisins  à  Bar- 
lète  et  à  Bari,  Jean  de  Bélesta  poursuit  ainsi  :  «  Et  dudict  Barlete 
«  tirent  à  la  ville  de  Montelerne,  où  les  gens  parlent  gascon.  »  Monte- 
lerne  est  certainement  pour  Monteleone.  Là  n'est  pas  l'intérêt  et  la  dif- 
ficulté; il  est  sur  le  mot  gascon.  L'idée  qu'on  pouvait,  au  xv°  siècle, 


1.  Sallinas  ou  Cellines,  en  Chypre  (p.  26  et  37),  n'est  pas  Salamis;  c'est  le 
petit  port  de  Salines  ou  des  Salines,  appelé  aussi  la  Scala,  séparé  de  Larnaca 
par  les  ruines  de  Citium.  C'est  le  port  habituel  où  touchent  tous  les  navires  se 
rendant  en  Syrie.  Son  nom  lui  vient  des  grandes  salines  situées  à  l'ouest  de  la 
ville.  —  11  serait,  ce  me  semble,  préférable  d'écrire  Al  Limasson  |ilut()t  que  Alli- 
niasson  (p.  37)  et  de  substituer  lùnnagosla  à  FauiKjosta,  comme  M.  Tamizey  de 
Larroque  remplace  avec  raison  la  mauvaise  leçon  Traffa  par  Da/f'a.  —  Le  port 
de  Cacahou,  sur  la  côte  d'Asie  Mineure  (p.  30),  est  le  port  et  Pile  de  Cacava,  à 
l'ouest  des  ruines  de  Myra,  à  l'orient  de  Castellorizo. 


^04 

parler  notre  cher  patois  de  Languedoc  ou  de  Provence  dans  quelque 
partie  de  l'Italie  méridionale  a  piqué  la  curiosité  et  le  patriotisme  de 
M.  Tamizey  de  Larroque,  qui  a  aussitôt  entrepris  des  recherches 
et  une  correspondance  étendues  jusqu'en  Italie.  Elles  n'ont  pas 
encore  donné  des  résultats  satisfaisants;  dans  ma  pensée,  elles  ne 
peuvent  en  donner.  Malgré  toute  ma  déférence  pour  la  haute  science 
du  directeur  de  la  Revue  de  philologie  de  Rome,  l'existence  de  colonies 
provençales  ou  languedociennes  dans  le  midi  de  l'Italie  me  paraît,  j'ose 
le  dire,  une  chimère.  On  ne  voit  nulle  raison  historique  ou  commer- 
ciale qui  puisse  expliquer  l'établissement  de  pêcheurs  ou  de  marchands 
occitaniens  dans  ces  lointains  parages,  tout  à  fait  en  dehors  de  la  sphère 
du  petit  cabotage.  En  admettant  qu'une  galère  d'Aigues-Mortes  ait  laissé 
quelques  matelots  sur  les  plages  de  l'Adriatique  méridionale  et  que  ces 
matelots  aient  refusé  de  profiter  de  la  première  occasion  de  rapatrie- 
ment, chose  presque  inadmissible,  ces  pauvres  naufragés,  auraient-ils 
eu  leurs  femmes  avec  eux,  n'auraient  pu  faire  souche  nulle  part  et 
auraient  été  bientôt  absorbés  dans  le  fonds  de  la  population  du  pays. 
On  est  là,  je  crois,  sur  une  fausse  piste  ;  si  l'on  poursuit,  on  fera  buis- 
son creux.  Il  faut  revenir  en  arrière  et  vérifier  le  point  de  départ.  Y 
a-t-il  lisiblement  gascon  à  l'original  ?  Qu'on  veuille  bien  l'examiner  de 
nouveau.  Si  le  mot  est  écrit  tel  que  le  savant  éditeur  le  donne,  ce  qui 
est  probable,  c'est  une  des  nombreuses  fautes  du  copiste,  et  il  ne  faut 
pas  hésiter  à  la  corriger,  en  substituant  grifon.  Alors  tout  s'explique 
naturellement.  On  a  très  longtemps  parlé  grec  dans  les  pays  de  l'Italie 
méridionale,  autrefois  la  Grande-Grèce.  L'usage  en  est  encore  conservé 
à  Squillace  et  dans  quelques  autres  localités  du  golfe.  Le  regretté  Fran- 
çois Lenormant  l'a  remarqué  dans  l'un  de  ses  derniers  et  savants  tra- 
vaux [la  Grande-Grèce,  t.  II,  p.  427).  Je  crois  que  l'usage  de  cette  langue 
est  même  encore  moins  accidentel  que  ne  semble  le  croire  F.  Lenor- 
mant. J'ai  oui  dire  à  Naples  qu'on  prêchait  encore  en  grec  dans  quelques 
villages  de  la  Calabre  et  de  la  Fouille. 

L.  DE  Mas  Latrie. 


The  Forty-fourth  annual  Report  of  the  deputy  keeper  of  the  public 
records  (7  August  1883).  London,  -(883.  In-8°,  xv-653  pages. 

Les  p.  543-638  de  ce  volume  sont  remplies  par  l'analyse  des  pièces 
copiées  sur  les  rôles  français  des  dix  années  du  règne  de  Henri  V, 
1413-1422.  Il  y  a  une  grande  quantité  de  documents  fort  importants 
pour  notre  histoire  pendant  cette  période. 


405 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Sciences  auxiliaires.  —  Bibliographie,  45,  47,  54,  74,  103,  117; 
bibliothèques,  26,  163;  manuscrits,  7;  imprimerie,  37. 

Sources.  —  Chroniques,  4,  9,  17,  112,  156.  —  Lettres,  79.  — 
Mémoires,  30,  38,  88.  —  Archives,  6,  68,  136,  150;  documents,  cartu- 
laires,  1,  33,  34,  102,  134,  157,  165. 

Biographie  et  généalogie,  98,  137.  —  D'Arezzo,  42;  d'Avène,  113; 
Bellièvre,  79;  Blanchefort,  109;  Davillier,  41  ;  Durer,  62,  158;  Gaul- 
tier, 114  ;  Gutenberg,  37  ;  Henri  IV,  79  ;  Jean  le  Bon,  157  ;  Jean  V  de 
Champagne,  94;  Lucas  de  Leyde,  62;  Montfort,  53;  du  Mortier,  118; 
Ontkommer,  152;  Pétrarque,  7;  Philippe  le  Bel,  139;  Raymond  VI, 
53;  délia  Robbia,  35;  saint  Siviard,  40;  Spifame,  115;  Valence  de 
Minardière,  122;  Via,  55  ;  Waldeck,  82;  Wilgeforthis,  152. 

Géographie,  topographie,  110. 

Droit,  8,  29,  52,  60,  61,  76,  77,  141,  148,  151,  154. 

Institutions  monarchiques,  64,  100,  145;  représentatives,  51;  féo- 
dales, 14,  69;  judiciaires,  8,  13,  48,  63,  114,  115;  financières,  143; 
militaires,  95;  communales,  25,  80,  107,  142;  industrielles,  19;  uni- 
versitaires, 27,  33  ;  charitables,  2. 

Religions.  —  Paganisme,  155.  —  Judaïsme,  66.  —  Bible,  16,  117. 
—  Catholicisme,  13,  15,  149;  papauté  et  sacré  collège,  12,  30,  55,  90, 
139;  diocèses  et  paroisses,  78,  126;  ordres,  102;  monastères,  40,  109, 
161;  prédication,  18;  liturgie,  106.  —  Gatharisme,  53. 

Archéologie,  11,  41,  58,  81,  99,  116,  120,  165.  —  Architecture  mili- 
taire, 172;  religieuse,  49,50,  83,  108,  109,  110,  123,  162.  —  Sculpture, 
35,  42,  162.  —  Peinture,  dessin,  26,  50,  62,  83,  108,  117, 158.  —  Mobi- 
lier, costume,  75,  85,  92,  169.  —  Blason,  71,  108,  144,  166,  167.  — 
Sphragistique,  71,  146,  147,  150,  160.  —  Numismatique,  20,  21,  22, 
45,  86,90,  97,  130,160.  —Musique,  28,  106, 138,  145, 171. —Jeux,  170. 

Langues  et  littératures,  98,  131.  —  Latin,  44,  112.  —  Langues 
romanes,  65;  français,  3,  10,  16,  61,  87,89,124,  125,  133,  135;  italien, 
7,  32;  provençal,  101,  173;  roumanchc,  70.  —  Langues  celtiques,  5.  — 
Langues  germaniques,  18,  39,  43,  46,  65,  119,  168. 


^06 


SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  24,  51,  63,  72,  121.  —  Alsace-Lorraine,  107.  —  Bade, 
150.  —  Bavière,  72,  105,  171,  —  Brunswick,  172.  —  Hesse,  86.— 
Prusse,  73,  84,  104.  —  Waldeck,  82. 

Autriche,  4,  132,  154, 

Belgique,  2,  11,29,  34,  45,  88. 

Danemark,  111. 

France,  11,  13,  24,  61,  64,  67, 100,  112, 139, 143,  145,  156.  —  Anjou, 
20  ;  Franche-Comté,  71  ;  Lorraine,  95,  170  ;  Picardie,  103,  113.  —  Ain, 
165  ;  Allier,  129  ;  Ardennes,  25  ;  Ariège,  134  ;  Aude,  53  ;  Aveyron,  110; 
Calvados,  27,  126;  Cher,  161;  Corrèze,  6,  48;  Gôte-d'Or,  144;  Drôme, 
36;  Eure,  69;  Eure-et-Loir,  78;  Gard,  123  ;  Haute-Garonne,  53  ;  Gers, 
68;  Loir-et-Cher,  91;  Haute-Loire,  159;  Loiret,  109;  Lot-et-Garonne, 
31;  Marne,  162;  Haute-Marne,  47;  Mayenne,  38,  40;  Nord,  83,  153; 
Orne,  56,  93;  Pas-de-Calais,  21,  29,  54;  Puy-de-Dôme,  75;  Rhône, 
120;  Savoie,  165;  Seine,  8,  41,  42,  58,  77;  Seine-et-Marne,  49,  96,  97  ;_ 
Seine-et-Oise,  57, 160;  Seine-Inférieure,  14,  92;  Somme,  29,  50;  Vau- 
cluse,  33,  90;  Vienne,  136. 

Grande-Bretagne  et  Irlande,  5.—  Angleterre,  80,  81,  130,  149,  157. 
—  Ecosse,  15.  —  Malte,  102. 

Italie,  9,  35.  —  Émihe,  59,  74  ;  Ligurie,  142;  provinces  napolitaines, 
20,  140;  Piémont,  165;  Rome,  12,  30,  116  ;  Toscane,  42,  86,  128. 

Pays-Bas,  23. 

Russie,  111. 

Scandinavie,  155. 

Suisse,  1,  108,  137. 

Orient,  22,  102,  140,  146,  147,  164. 

1.  Aeltesten  (Die)  Urkunden  von  AUerheiligen  in  Schaffhausen, 
Rheinau  und  Mûri.  Herausgegeben  von  F.  L.  Baumann,  G.  Meyer  von 
Knonau  und  P.  Martin  Kiem.  Mit  drei  Karten.  Basel,  Félix  Schneider, 
1883.  In-8%  v-218-98-206  p.  (Quellen  zur  Schweizer  Geschichte,  heraus- 
gegeben von  der  AUgemeinen  geschichtsforschenden  Gesellschaft  der 
Schweiz.  III.  Band.) 

2.  Alberdingk  Thijm  (P.  P.  M.).  De  Gestichten  van  liefdadigheid  in 
België,  van  Karel  den  Grote  tôt  aan  de  xvr-  eeuw.  Bekroond  door  de 
Koninkl.  Académie  van  België.  Leuven,  G.  Fonteyn.  In-4o,  412  p. 
7  fr.  50  c. 


407 

3.  Altfranzoesische  (Das)  Rolandslied.  Text  von  Châteauroux  und 
Venedig  YII.  Herausgegeben  vou  Wendelin  Foerster.  Heilbronn,  Heu- 
ninger,  1883.  10-8»,  xxii-404  p.  (Altfranzoesische  Bibliothek  herausge- 
geben vonD""  Wendelin  Foerster.  VI.  Band.)  10  m. 

4.  Annales  Ragusini  anonymi  item  Nicolai  de  Ragnina.  Digessit 
Speratus  Nodilo.  Zagrabiae,  Kugli  et  Deutsch,  1883.  In-8",  xii-329  p. 
(Monumenta  spectantia  historiam  Slavorum  meridionalium.  Edidit 
Academia  scientiarum  et  artium  Slavorum  meridionalium.  Vol.  XIV. 
Scriptores.  Vol.  I.)  3  fl. 

5.  Arbois  de  Jubainville  (H.  d').  Rapport  sur  une  mission  littéraire 
dans  les  Iles-Britanniques.  Extrait  des  Archives  des  missions  scienti- 
fiques et  Littéraires,  3"^  série,  t.  X.  Paris,  imprimerie  nationale,  1883. 
In-8%  62  p. 

6.  Archives  (les)  de  la  Gorrèze  en  1882  et  1883,  d'après  les  rapports 
annuels  de  l'archiviste  départemental,  M.  Vayssière.  Tulle,  impr. 
Grauffon,  1883.  In-8°,  27  p. 

7.  Arrigoni  (Louis).  Notice  historique  et  bibliographique  sur  vingt- 
cinq  manuscrits,  dont  vingt-quatre  sur  parchemin  et  un  sur  papier, 
des  x»,  xi8,  xii«,  xiii«  et  xiv  siècles,  ayant  fait  partie  de  la  bibliothèque 
de  François  Pétrarque,  dont  l'un  avec  des  notes  autographes  du  grand 
poète  et  les  vingt-quatre  autres  très  probablement  aussi  annotés  par 
lui,  en  possession  de  Louis  Arrigoni.  Milan,  1883.  In-4%  36  p.,  pi. 

8.  AuBERT  (Félix).  Essai  sur  l'organisation,  les  attributions,  la  com- 
pétence et  la  procédure  civile  du  parlement  de  Paris  de  1380  à  1419. 
Positions  de  la  thèse  soutenue  le  21  janvier  1884.  Paris,  Alphonse 
Derenne,  1884.  In-8%  38  p. 

9.  Balzani  (U.).  Le  Grenache  italiane  nel  medio  evo  descritte.  Milano, 
Hoepli.  In-16,  xiv-311  p.  4  1. 

10.  Bartsgh  (Karl).  Ghrestomathie  de  l'ancien  français  (vui^'-xv*  s.), 
accompagnée  d'une  grammaire  et  d'un  glossaire.  Cinquième  édition 
corrigée  et  augmentée.  Leipzig,  F.  G.  W.  Vogel,  1884.  In-4°,  viii  p., 
col.  1-496,  p.  497-516,  col.  517-748.  10  m. 

11.  Bastelaer  (D.-A.  van).  L'Époque  franque,  au  point  de  vue  des 
archéologues,  n'est  pas  la  même  en  France  et  en  Belgique.  Mens, 
Hector  Manceaux.  In-S»,  60  p.  1  fr. 

12.  B.VYET  (Gh.).  Les  Élections  pontificales  sous  les  Carolingiens  au 
vni»  et  au  ix=  siècle  (757-885).  Extrait  de  la  Revue  historique.  Paris, 
1884.  In-8'',  43  p.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

13.  Beauchet  (Ludovic).  Origines  de  la  juridiction  ecclésiastique  et 
son  développement  en  France  jusqu'au  xu^  siècle.  Paris,  L.  Larose  et 
Forcel,  1883.  In-8°,  127  p.  Extrait  de  la  Nouvelle  Revue  historique  de 
droit  français  et  étranger. 


408 

14.  Beaucousin  (L.-A.).  Histoire  de  la  principauté  d'Yvetot.  Ses  rois, 
ses  seigneurs.  Rouen,  Gh.  Métérie;  Yvetot,  Am.  Delamare,  1884. 
In-8°,  vni-345  p. 

15.  Bellesheim  (Alphons),  Geschichte  der  katholischen  Kirche  in 
Schottland  von  der  Einfùhrung  des  Christenthums  bis  auf  die  Gegen- 
wart.  I,  von  400  bis  1560  (mit  zwei  geographischen  Karten)  ;  II,  von 
1560  bis  1878.  Mainz,  Franz  Kirchheim,  1883.  2  vol.  in-8°,  xxiv-496, 
xvi-582  p.  20  m. 

16.  Berger  (Samuel).  La  Bible  française  au  moyen  âge.  Étude  sur 
les  plus  anciennes  versions  de  la  Bible  écrites  en  prose  de  langue  d'oïl. 
Mémoire  couronné  par  l'Institut.  Paris,  imprimerie  nationale,  librairie 
H.  Champion,  1884.  In-8%  xvi-450  p. 

17.  Bernays  (Isaac).  Zur  Kritik  karolingischer  Annalen.  Strassburg, 
K.  J.  Trûbner,  1883.  In-8%  194  p.  4  m. 

18.  Berthold  von  Regensburg,  Franziskaner-Ordenspriester.  Predig- 
ten  auf  die  Sonn-  und  Festtage  des  Kirchenjahres,  zeitgemaess  bear- 
beitet  von  Fr.  Goebel.  Regensburg,  Georg  Joseph  Manz,  1884.  2  vol. 
in-8%  445,  443  p.  8  m. 

19.  Blanc  (Hippolyte).  Le  Compagnon  des  corporations  de  métiers  et 
l'Organisation  ouvrière  du  xiii"  au  xvin«  siècle.  Paris,  au  secrétariat  de 
l'Association  catholique,  1883.  In-8'',  25  p.  Extrait  de  V Association  catho- 
lique du  15  novembre  1883. 

20.  Blangard  (Louis).  Gillats  ou  Carlins  des  rois  angevins  de  Naples. 
Extrait  de  la  Revue  numismatique,  3«  série,  t.  I,  3^  tr.  1883,  p.  432-446. 
Paris,  impr.  de  l'Étoile.  In-8'',  15  p. 

21.  Blangard  (Louis).  La  Maille  d'argent  de  Fauquembergue  au  type 
de  la  dame  au  faucon.  Marseille,  typ.  Barlatier-Feissat,  1883.  In-S»,  3  p. 

22.  Blangard  (Louis).  Le  Saiga  mérovingien  dérive  de  la  silique 
byzantine.  A  M.  Laugier,  conservateur  du  médaillier  de  Marseille. 
Marseille,  typ.  Barlatier-Feissat,  décembre  1883.  In-8°,  4  p. 

23.  Blok  (P.  J.).  Eene  hollandsche  Stad  onder  de  bourgondisch- 
oostenrijksche  heerschappij.  Eerste  gedeelte.  'S-Gravenhage,  Martinus 
Nijboir,  1883.  In-8<',  168  p. 

24.  Blume  (E.).  Quellensaetze  zur  Geschichte  unseres  Volkes.  I.  Band. 
Urzeit.  Merowingische  Zeit.  Karolingische  Zeit.  Coethen,  Otto  Schulze, 
1883.  In-8°,  vn-462  p.  5  m.  50  pf. 

25.  BoNVALOT  (Edouard).  Le  Tiers  État  d'après  la  charte  de  Beaumont 
et  ses  filiales.  Ouvrage  couronné  par  l'Académie  de  Stanislas.  Paris, 
Alphonse  Picard  ;  Nancy  et  Metz,  Sidot,  1884.  In-8'',  xxv-557-88  p.  12  fr. 

26.  Bouchot  (Henri).  Les  Portraits  aux  crayons,  des  xvi«  et  xvii^  s,. 


^09 

conservés  à  la  Bibliothèque  nationale  (1525-1646).  Notice,  catalogue  et 
appendice.  Ouvrage  honoré  d'une  souscription  du  ministère  de  l'ins- 
truction publique  et  des  beaux-arts.  Avec  deux  portraits  en  fac-similé. 
Paris,  H.  Oudin,  1884.  In-8%  412  p.,  2  planches. 

27.  BouRMONT  (le  comte  Amédée  de).  La  Fondation  de  l'université  de 
Caen  et  son  organisation  au  xv^  siècle.  Gaen,  impr.  F.  Le  Blanc-Hardel, 
1883.  In-S",  347  p.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  des  antiquaires  de 
Normandie. 

28.  Brambach  (W.).  DieMusiklitteratur  des  Mittelalters  bis  zur  Bliithe 
der  Reichenauer  Saengerschule  (500-1050  n.  Chr.).  Karlsruhe,  1883. 
In-4o,  27  p.,  1  planche.  2  m. 

29.  Brassart.  Le  Duel  judiciaire  du  comte  de  Fauquembergue  et  du 
seigneur  de  Sorel  (Mons,  29  juin  1372).  Avec  des  notes  sur  les  comtes 
de  Fauquembergue.  Saint-Omer,  impr.  H.  d'Homont,  1884.  In-8°,  43  p. 
Extrait  du  t.  XIX  des  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de  la 
Morinie. 

30.  Burchardi  (Johannis)  Argentinensis  capelle  pontificie  sacrorum 
rituum  magistri  Diarium  sive  Rerum  urbanarum  Gommentarii  (1483- 
1506).  Texte  latin  publié  intégralement  pour  la  première  fois,  d'après 
les  manuscrits  de  Paris,  de  Rome  et  de  Florence,  avec  introduction, 
notes,  appendices,  tables  et  index,  par  L.  Thuasne.  Tome  II  (1492-1499). 
Paris,  Ernest  Leroux,  1884.  Gr.  in-8o,  720  p. 

31.  Gabié  (Edmond).  Goutumes  de  Lafox,  octroyées  par  Sicard  Ala- 
man  en  1254.  Agen,  impr.  V^  Lamy,  1883.  In-S»,  27  p. 

32.  Ganzoniere  (il)  di  Pietro  Jacopo  de  lennaro.  Godice  cartaceo  del 
XV  secolo,  pubblicato  per  la  prima  volta,  con  prefazione  e  note  di 
Giuseppe  Barone.  Napoli,  tip.  A.  Morano,  1883.  In-8°,  428  p.  6  1. 

33.  Gartulaire  de  l'université  d'Avignon  (1303-1791),  publié  avec  une 
introduction  et  des  notes  par  le  docteur  Victorin  Laval.  Avignon, 
Seguin  frères,  1884.  In-8'',  cx-476  p. 

34.  Gartulaire  des  comtes  de  Hainaut,  de  l'avènement  de  Guil- 
laume II  à  la  mort  de  Jacqueline  de  Bavière,  publié  pai'  Léopold  Dcvil- 
1ers.  Tome  II.  Bruxelles,  impr.  F.  Hayez,  1883.  In-4",  624  p.  (Collec- 
tion de  chroniques  belges  inédites,  publiée  par  ordre  du  gouvernement.) 

35.  Gavallucci  (J.)  et  Emile  Molinier.  Les  Délia  Robbia,  leur  vie  et 
leur  œuvre,  d'après  des  documents  inédits.  Suivi  d'un  catalogue  de 
l'œuvre  des  Délia  Robbia  en  Italie  et  dans  les  principaux  musées  de 
l'Europe.  Paris,  librairie  de  l'Art,  1884.  In-4%  289  p.  30  fr. 

36.  Ghevalier  (le  D"-  Ulysse).  Notice  historique  sur  le  Mont-Galvaire 
de  Romans.  Montbéliard,  impr.  P.  Hoffmann,  1883.  In- 8°,  31  p. 
Extrait  du  Bulletin  d'histoire  ecclésiastique  et  d'archéologie  religieuse  des 
diocèses  de  Valence,  Digne,  Gap,  Grenoble  et  Viviers,  livr.   16,  17  et  20. 


37.  Glaudin  (A.).  Un  nouveau  Document  sur  Gutenberg.  Témoignage 
d'Ulric  Gering,  le  premier  imprimeur  parisien,  et  de  ses  compagnons, 
en  faveur  de  l'inventeur  de  l'imprimerie.  Paris,  typ.  A.  Quantin.  Gr. 
in-8%  4  p.  Extrait  du  Livix. 

38.  Collection  de  documents  historiques  inédits  ou  rares  concernant 
le  département  de  la  Mayenne.  Mémoires  concernant  la  ville  de  Laval, 
par  Frin  du  Guyboutier.  Manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Laval  publié 
par  E.  Moreau.  Laval,  impr.  L.  Moreau,  1883.  In-8%  19  p. 

39.  GosrjN  (P.  J.).  Altwestsaechsische  Grammatik.  Erste  Haelfte. 
Haag,  Martinus  Nijhoff,  1883.  In-S",  vm-H6  p. 

40.  CouANiER  DE  Launay  (E.-L.).  Vie  de  saint  Slviard,  abbé  d'Anille. 
Dédiée  à  Sa  Grandeur  monseigneur  l'évêque  de  Laval.  Laval,  S.  Chail- 
land,  1884.  In-8o,  71  p. 

41.  CouRAJOD  (Louis).  Le  Baron  Charles  Davillier  et  la  Collection 
léguée  par  lui  au  musée  du  Louvre.  Dessins  par  Ludovic  Letrône. 
Paris,  E.  Pion,  Nourrit  et  Ci%  1884.  In-4'',  29  p.  Extrait  de  la  Gazette 
des  beaux-arts,  septembre  1883. 

42.  CouRAjOD  (Louis).  Le  Buste  de  Jean  d'Arezzo  au  musée  du 
Louvre.  Paris,  1883.  In-8%  21  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
nationale  des  Antiquaires  de  France,  t.  XLIII. 

43.  Cruegeu  (Johannes).  Der  Entdecker  der  Nibelungen.  Frankfurt 
a/M.,  Rûtten  und  Loening,  1883.  In-8»,  47  p.  1  m. 

44.  Cruindmeli  sive  Fulgharii  Ars  metrica.  Beitrag  zur  Geschichte 
der  karolingischen  Gelehrsamkeit.  Zum  Erstenmal  herausgegeben  von 
D'  Joh.  Huemer.  Wien,  Alfred  Hoelder,  1883.  In-8o,  vni-52  p. 

45.  CuMONT  (Georges).  Bibliographie  générale  et  raisonnée  de  la  numis- 
matique belge.  Bruxelles,  impr.  Fr.  Gobbaerts.  In-8'',  472  p.  15  fr. 

46.  Cynewulfs  Elene  mit  einem  G-lossar  herausgegeben  von  Julius 
Zupitza.  Zweite  Auflage.  Berlin,  Weidmann,  1883.  In-S",  vn-80  p. 
1  m.  60  pf. 

47.  Daguin  (Arthur).  Bibliographie  haute-marnaise.  Catalogue  d'ou- 
vrages et  de  pièces  concernant  le  département  de  la  Haute-Marne, 
offerts  à  la  bibliothèque  départementale  Barotte  par  Arthur  Daguin. 
Paris,  H.  Champion,  1883.  In-8%  129  p. 

48.  Decoux-Lagoutte  (Edouard).  Notes  et  Documents  pour  servir  à 
l'histoire  des  juridictions  royales  en  Bas-Limousin.  1462-1790.  Tulle, 
impr.  Crauffon,  1883.  In-8%  167  p. 

49.  Delaforge  (E.).  Anciennes  Chapelles.  Melun  et  environs.  Melun, 
impr.  E.  Drosne,  1884.  In-16,  26  p. 

50.  Delignières  (Em.).  Les  Retables  de  l'église  Saint-Paul  d'Abbe- 


Mi 

ville  et  de  l'église  du  Crotoy.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'ému- 
lation d'Abbeville.  Abbeville,  impr.  G.  Paillart,  1883.  In-S»,  IG  p, 

51.  Deutsche  Reichstagsakten.  VIII.  Deutsche  Reichstagsakten  unter 
Kaiser  Sigmund.  Zweite  Abthcilung  1421-1426  herausgegeben  von 
Dietrich  Kerler.  Auf  Veranlassung  Seiner  Majestaet  des  Koenigs  von 
Bayern  herausgegeben  durch  die  historische  Commission  bei  der 
koeniglichen  Académie  der  Wissenschaften.  Gotha,  Friedrich  Andréas 
Perthes,  1883.  In-4",  iv-551  p. 

52.  Documents  pour  l'histoire  du  processus  per  inquisitionem  et  de 
Vinquisitio  heretice  pravitalis.  (Signé  :  Ad.  Tardif,  Fr.  Balme.)  In-8", 
12  p.  Extrait  de  la  Nouvelle  Revue  historique  de  droit  français  et  étranger. 

53.  Douais  (G.).  Soumission  de  la  vicomte  de  Carcassonne  par  Simon 
de  Montfort  et  la  Croisade  contre  Raymond  VI,  comte  de  Toulouse. 
Août  1209.  Avril  1211.  Paris,  Alphonse  Picard,  1884.  In-8'',  70  p. 

54.  Dramard  (E.).  Tables  des  Bulletins  et  Mémoires  publiés  par  la 
Société  des  antiquaires  de  la  Morinie.  Saint-Omer,  typ.  H.  d'Homont, 
1883.  In-8°,  124  p. 

55.  Duhamel  (L.).  Un  Neveu  de  Jean  XXII.  Le  cardinal  Arnaud  de 
Via.  Tours,  impr.  Paul  Bousrez.  In-S",  39  p.,  1  planche.  Extrait  du 
Bulletin  monumental,  1883. 

56.  Dumaine  (l'abbé  L.-V.).  Tinchebray  et  sa  région  au  Bocage  nor- 
mand. Tome  I.  Jusqu'aux  états  généraux  de  1789.  Paris,  H.  Champion, 
1883.  In-8%  rx-539  p. 

57.  Durand  (Alp.),  Grave  (E.).  La  Chronique  de  Mantes,  ou  Histoire 
de  Mantes  depuis  le  ix'^  siècle  jusqu'à  la  Révolution.  Mantes,  impr.  du 
Petit  Nantais,  1883.  In-8°,  vii-597  p.,  planches.  10  fr. 

58.  Du  Sommerard  (E.).  Musée  des  Thermes  et  de  l'hôtel  de  Gluny. 
Catalogue  et  description  des  objets  d'art  de  l'antiquité,  du  moyen  âge 
et  de  la  Renaissance,  exposés  au  musée.  Paris,  hôtel  de  Cluuy,  1883. 
In-8%  xxni-692  p. 

59.  Effemeridi  storiche  di  Parma,  ordinate  da  L.  P.  Parte  I.  Dai 
tempi  più  antichi  al  secolo  xv.  Parma,  tip.  San  Paolo.  In-16,  148  p.  2 1. 

60.  Epitome  (Die)  Exactis  regibus.  Mit  Anhaengen  und  einer  Ein- 
leitung  :  Studien  zur  Geschichte  des  roemischen  Rechts  im  Mittelalter, 
herausgegeben  von  Sy  Max  Gonrat  (Gohn).  Berlin,  Weidmann,  1884, 
In-8°,  ccGun-224  p.  14  m. 

61.  Établissements  (les)  de  saint  Louis,  accompagnés  des  textes  pri- 
mitifs et  de  textes  dérivés,  avec  une  introduction  et  des  notes,  publiés 
pour  la  Société  de  l'histoire  de  France  par  Paul  Vioilet.  Tome  III. 
Textes  primitifs.  Textes  dérivés.  Notes.  Paris,  Henri  Loones,  1883. 
In-8°,  379  p.  (Société  de  l'histoire  de  France,  vol.  214.)  9  fr. 


112 

62.  Evrard  (W,).  Lucas  de  Leyde  et  Albert  Durer.  La  vie  et  l'œuvre 
de  Lucas  de  Leyde,  son  école,  ses  gravures,  ses  peintures,  ses  dessins, 
catalogues  et  prix  de  ses  ouvrages.  1470-1830.  Bruxelles,  G.-A.  Yan 
Trigt.  In-8°,  830  p.  15  fr. 

63.  Fischer  (Ernst).  Die  Landfriedensverfassung  unter  Karl  IV. 
Goettingen,  G.  Calvoer,  1883.  In-S»,  134  p.  2  m.  40  pf. 

64.  Flammermont  (Jules).  De  concessu  legis  et  auxilii  tertio  decimo 
sîBCulo  ante  facultatem  litterarum  Parisiensem  disputabat.  Parisiis, 
Alphonse  Picard,  1883.  In-8°,  121  p. 

65.  Franz  (Wilhelm).  Die  lateinisch-romanischen  Elemente  im 
Althochdeutschen.  Strassburg,  Karl  J.  Trûbner,  1884.  In-8«,  79  p. 
1  m.  80  pf. 

66.  Friedlaender  (M.  H.).  Zur  Geschicbte  der  Blutbeschuldigungen 
gegen  die  Juden  im  Mittelalter  und  in  der  Neuzeit  (1171-1882).  Nach 
den  Quellen  dargesteUt.  Séparât- Abdruck  aus  D""  A.  BrûU's  a  Populaer- 
wissenschaftlichen  Monatsblaettern  ».  Frankfurt  am  Main,  H.  L.  Broen- 
ner,  1883.  In-8",  32  p.  70  pf. 

67.  Gantier  (Victor).  Rénovation  de  l'histoire  des  Francks.  Bruxelles, 
office  de  publicité.  In-8%  252  p.  5  fr. 

68.  Gardère  (Joseph).  Inventaire  sommaire  des  archives  hospita- 
lières antérieures  à  1790.  Hospice  de  Gondom  (Gers),  Auch,  impr. 
Cocharaux,  1883.  In-4'. 

69.  Gardin  (Alex,),  Les  Anciens  Seigneurs  de  Menneval.  Bernay, 
impr.  V«  Alfred  Lefèvre,  1883,  In-8',  12  p. 

70.  Gartner  (Th.),  Raetoromanische  Grammatik.  Heilbronn,  Hen- 
ninger,  1883.  In-8',  xlviii-208-4  p.  (Sammlung  romanischer  Grarama- 
tiken.)  5  m. 

71.  GAUTmER  (Jules).  Les  Sceaux  et  les  Armoiries  des  villes  et  bourgs 
de  Franj:he-Gomté.  Besançon,  impr.  Dodivers,  1883,  In-8°,  26  p. 
Extrait  du  Bulletin  de  V Académie  de  Besançon. 

72.  GiSEKE  (Paul).  Die  Hirschauer  waehrend  des  Investiturstreites, 
Gotha,  Friedrich  Andréas  Perthes,  1883.  In-8°,  173  p.  3  m. 

73.  Grùnhagen  (G.).  Geschichte  Schlesiens.  Erster  Band  :  Bis  zum 
Eintritt  der  habsburgischen  Herrschaft  1-527,  Gotha,  Friedrich  Andréas 
Perthes,  1884.  In-8'>.  Paraît  par  livraisons  de  80  p.  chacune,  à 
1  m.  20  pf. 

74.  GuAiTOLi  (Paolo).  Ricordanze  patrie.  Miscellanea  di  notizie  car- 
pigiane.  Vol.  I.  Bibliografia  storica  carpigiana.  Garpi,  Policarpo  Guai- 
toli,  1883.  In-16,  vni-349  p.  2  1. 

75.  GuÉLON  (l'abbé  P. -F,),  Un  Reliquaire  romano-byzantin.  Lecture 
faite  à  la  séance  du  7  décembre  1882.  Extrait  des  Mémoires  de  l'Aca- 


H  3 

demie.  Clermont-Ferrand,  impr.  Ferdinand  Tliibaud,  1883.  In-8%  8  p., 
2  planches.  La  couverture  imprimée  porte  :  le  Reliquaire  de  l'église 
d'Augnat. 

76.  GuÉTAT  (J. -Edouard).  Histoire  élémentaire  du  droit  français  depuis 
ses  origines  gauloises  jusqu'à  la  rédaction  de  nos  codes  modernes. 
Paris,  L.  Larose  et  Forcel,  1884.  In-8»,  xix-604  p.  10  fr. 

77.  GuiLHiERMOz  (Paul).  Le  Droit  de  renonciation  de  la  femme  noble, 
lors  de  la  dissolution  de  la  communauté,  dans  l'ancienne  coutume  de 
Paris.  Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley- Gouverneur,  1884.  In-8°, 
12  p.  Extrait  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLIV,  1883. 

78.  Hauréau  (B.).  Mémoire  sur  quelques  chanceliers  de  l'Eglise  de 
Chartres.  Paris,  imprimerie  nationale,  1883.  In-4°,  p.  63-122.  Extrait 
des  Mémoires  de  V Institut,  Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres. 

79.  Henri  IV  (Lettres  inédites  du  roi)  au  chancelier  de  Bellièvre.  1603. 
Paris,  impr.  Jouaust  et  Sigaux,  1883.  In-8°,  79  p.  Imprimé  à  douze 
exemplaires. 

80.  Historical  (the)  Charters  and  constitutional  Documents  of  the  city 
of  London.  With  an  introduction  and  notes,  by  anantiquary.  London, 
Whiting,  1884.  In-8°,  xLvm-338  p.  10  s.  6  d. 

81.  HoDGETTS  (J.  Frederick).  OlderEngland,  illustratedby  the  Anglo- 
Saxon  antiquities  in  the  British  Muséum,  in  a  course  of  six  lectures. 
London,  Whiting,  1884.  In-8%  xv-188  p.  6  s. 

82.  HoFFMEiSTER  (Jacob  Christoph  Cari).  Historisch-genealogisches 
Handbuch  ûber  aile  Grafen  und  Fùrsten  von  Waldeck  und  Pyrmont 
seit  1228.  Cassel,  Gustav  Klaunig,  1883.  In-S»,  x-113  p.  2  m.  50  pf. 

83.  HuGHER  (Eugène).  Restauration  des  vitraux  de  l'église  de  Solre- 
le-Chcàteau  (Nord).  Tours,  impr.  Paul  Bousrez.  In-S",  15  p.  Extrait  du 
Bulletin  monumental,  1883. 

84.  Jagobs  (Eduard).  Geschichte  der  in  der  preussischen  Provinz 
Sachsen  vereinigten  Gebiete.  Erste  Lieferung.  Gotha,  Friedrich  Andréas 
Perthes,  1883.  In-8%  vin-80  p.  1  m. 

85.  Jacquemart  (Albert).  Histoire  de  la  céramique.  Étude  descriptive 
et  raisonnée  des  poteries  de  tous  les  temps  et  de  tous  les  peuples. 
Ouvrage  contenant  200  figures  sur  bois  par  H.  Catenacci  et  J.  Jacque- 
mart, 12  planches  gravées  à  l'eau-forte  par  Jules  Jacquemart  et 
1,000  marques  et  monogrammes.  Seconde  édition.  Paris,  Hachette, 
1884.  Gr.  in-8%  751  p.  25  fr. 

86.  Joseph  (Paul).  Historisch-kritische  Beschreibung  des  Bretzen- 
heimer  Goldguldenfundes  (vergraben  um  1300).  Nebst  einem  Yerzeich- 
niss  der  bisher  bekannten  Goldgulden  vom  Florentiner  Gepraege.  Mit 
2  Tafeln  Abbildungen.  Mainz,  V.  v.  Zabern,  1883.  In-8°,  96  p.  Publié 

8 


MA 

aussi  dans  la  Zeitschrift  des  Vereins  zur  Erforschung  (1er  rheinischen 
Geschichte  und  AUerthûmer  zu  Mainz,  vol.  III.  2  m.  50  pf. 

87.  JouANGOux  (J.-Bte).  Histoire  de  la  langue  française.  Amiens,  typ. 
T.  Jeunet,  1883.  In-12,  132  p. 

88.  La  Hamayde  (Pierre  de).  Le  Livre  noir  du  patriciat  tournaisien 
ou  Mémoires  de  Pierre  de  la  Hamayde,  écuyer,  seigneur  de  Warnave 
et  de  Gamaraige,  annotés  et  publiés  par  le  comte  du  Chastel  de  la 
Howarderie-Neuvireuil.  Douai,  L.  Crépin;  Paris,  Dumoulin;  Gand, 
Camille  Vyt,  1883.  In-8%  110  p.  Extrait  des  Souvenirs  de  la  Flandre 
wallonne,  année  1883. 

89.  Lange  (August).  Der  vocalische  Lautstand  in  der  franzoesischen 
Sprache  des  16.  Jahrhunderts  nach  den  Zeugnissen  der  alten  Gram- 
matiker  und  den  Grundsaetzen  der  neueren  Phonetik  dargestellt. 
Elbing,  G.  JVIeissner,  1883.  In-8',  46  p.  1  m.  50  pf. 

90.  Laugier  (J.).  Monnaies  inédites  ou  peu  connues  de  papes  et  légats 
d'Avignon  appartenant  au  cabinet  des  médailles  de  Marseille.  Tours, 
impr.  Paul  Bousrez,  sans  date.  In-8o,  31  p.  Extrait  des  comptes 
rendus  du  congrès  tenu  à  Avignon,  en  septembre  1882,  par  la  Société 
française  d'arcbéologie. 

91.  La  Vallière  (H.  de).  Notice  sur  la  Motte-Maindrai.  Blois,  impr. 
Lecesne,  1883.  In-8%  36  p.,  plan. 

92.  Le  Breton  (Gaston).  Le  Musée  céramique  de  Rouen.  20  planches 
par  Gh.  Goutzwiller,  héliogravure  Dujardin.  Rouen,  E.  Auge,  1883. 
In-8%  61  p. 

93.  Lecoeur  (Jules).  Esquisses  du  Bocage  normand.  Précis  historique, 
races,  mœurs  et  coutumes,  patois,  proverbes  et  dictons,  etc.;  agricul- 
ture, commerce  et  industries;  logements,  nourriture,  costumes,  tradi- 
tions, légendes  religieuses;  monuments  mégalithiques,  etc.;  légende  de 
la  reine  Mathilde.  Gondé-sur-Noireau,  L.  Morel,  1883.  In-8°,  408  p. 

94.  Ledru  (l'abbé  Ambroise).  Notes  et  Documents  sur  Jean  V  de 
Champagne,  dit  le  Grand-Godet,  Mamers,  typ.  G.  Fleury  et  A.  Dangin, 
1883.  In-8°,  32  p.  Extrait  de  la  Revue  historique  et  archéologique  du 
Maine,  1883. 

95.  Lepage  (Henri) .  Sur  l'organisation  et  les  institutions  militaires 
de  la  Lorraine.  Paris,  Berger-Levrault,  1884.  In-8'',  vii-444  p.,  planches. 

96.  Le  Paire  (Jacques-Amédée).  Les  Sièges  de  Lagny-sur-Marne. 
Meaux,  A.  Le  Blondel,  1883.  In-8%  29  p. 

97.  Lex  (Léonce).  Note  sur  un  denier  inédit  de  Ghâteau-Landon 
attribuable  à  Louis  VII  (1137-1180).  Paris,  impr.  de  la  Revue  de  numis- 
matique, 1884.  In-8%  3  p. 

98.  Long  (Harry  Alfred).  Personal  and  Family  Names.   A  popular 


un 

monograph  on  the  origin  and  history  of  the  nomenclature  of  the  présent 
and  former  times.  London,  Hamilton,  Adams  and  Ce;  Glasgow, 
Thomas  D.  Morison;  Edinburgh,  John  Menzics,  1883.  In-8%  3G2  p.  5  s. 

99.  LoNGPÉRiER  (A.  de).  OEuvrcs,  réunies  et  mises  en  ordre  par 
G.  Schlumberger.  Tome  IV.  Moyen  âge  et  Renaissance,  l'^  partie 
(1837-1858).  Paris,  Ernest  Leroux,  1883.  In-8%  415  p.,  vni  planches. 

100.  LuGHAiRE  (Achille).  Histoire  des  institutions  monarchiques  de  la 
France  sous  les  premiers  Capétiens  (987-1180).  Paris,  imprimerie 
nationale,  librairie  Alphonse  Picard,  1883.  2  vol.  in-8°,  xvi-328,  372  p. 
15  francs. 

101.  Mahn  (A.).  Die  epische  Poésie  der  Provenzalen.  Erster  Band. 
Einleitung.  Girartz  de  Rossilho.  Berlin,  F.  Diimmler,  1883.  In-8°, 
xxxn-16  p.  1  m.  50  pf. 

102.  Malteser  Urkunden  und  Regesten  zur  Geschichte  der  Tempel- 
herren  und  der  Johanniter  herausgegeben  von  D'  Hans  Prutz.  Miin- 
chen,  Theodor  Ackermann,  1883.  In-8",  iv-128  p.  5  m. 

103.  Marsy  (le  comte  de).  Bibliographie  picarde.  IV.  Amiens,  typ. 
Delattre-Lenoel,  1883.  In-8°,  37  p.  Extrait  de  la  Picardie,  revue  histo- 
rique, archéologique  et  littéraire,  juillet-août  1883. 

104.  Materialien  zur  rheinischen  Provinzialgeschichte.  Herausgege- 
ben  von  Richard  Pick.  I.  Band.  1.  Heft  :  Die  Stadt  und  das  ehemalige 
Amt  Rheinberg.  Bonn,  Habicht,  1883.  In-8%  xvn-133  p.  2  m. 

105.  Mayer  (Phil.  Manfred).  Geschichte  der  Burggrafen  von  Regens- 
burg.  Miinchen,  Gustav  Himmer,  1883.  In-8'',  85  p.  3  m. 

106.  Meister  (Karl  Severin).  Das  katholische  deutsche  Kirchenlied 
in  seinen  Singweisen  von  den  friihesten  Zeiten  bis  gegen  Ende  des 
siebzehnten  Jahrhunderts.  II.  Band.  Auf  Grund  aelterer  Handschriften 
und  gedruckter  Quellen  bearbeitet  von  Wilhelm  Baeumker.  Freiburg 
im  Breisgau,  Herder,  1883.  In-S",  ix-411  p.  8  m. 

107.  Metzger  (A.).  La  République  de  Mulhouse,  son  histoire,  ses 
anciennes  familles  bourgeoises  et  admises  à  résidence  depuis  les  ori- 
gines jusqu'à  1798.  Bâle,  H.  Georg.  In-S",  138  p.  5  fr. 

108.  Meyer  (Hermann).  Die  schweizerische  Sitte  der  Fenster-  und 
Wappenschenkung  voni  xv.  bis  xvn.  Jahrhundert.  Nebst  Verzeichniss 
der  Ziircher  Glasmaler  von  1540  an  und  Nachweis  noch  vorhandener 
Arbeiten  derselben.  Eine  kulturgoschichtiiche  Studie.  Frauenfeld, 
J.  Huber,  1884.  In-8%  xx-384  p. 

109.  Michel  (Edmond).  Tombeau  de  l'abbé  de  Blanchefort,  dans 
l'église  de  l'ancienne  abbaye  de  Ferrières  (Loiret).  Extrait  de  la  Gazette 
des  beaux-arts  (août  1883).  Paris,  A.  Quantin,  et  Orléans,  Herluison, 
1883.  Gr.  in-8°,  6  p. 


HO.  MoLiNiER  (A.).  La  Sénéchaussée  de  Rouergue  en  1341.  Extrait 
de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLIV,  1883.  Paris,  1883. 
In-8°,  40  p. 

111.  MoLLERUP  (W.).  Daenemark's  Beziehungen  zu  Livland  vom 
Verkauf  Estland's  bis  zur  Aufloesung  des  Ordensstaats  (1346-1561). 
Mit  Genehmigung  des  Verfassers  aus  dem  Daenischen  iiljersetzt  von 
Woidemar  Ruberg.  Berlin,  Franz  Siemenroth,  1884.  In-8%  171  p. 
3  m.  60  pf. 

112.  Monumenta  Germaniae  historica,  etc.  Scriptores  rerum  Mero- 
vingicarum.  Edidit  Societas  aperiendis  fontibus  rerum  Germanicarum 
medii  aevi.  T.  I.  Gregorii  Turonensis  Opéra.  Ediderunt  W.  Arndt  et 
Br.  Krusch.  Pars  I.  Historia  Francorum.  Insunt  IV  tabulae.  Hanno- 
verae,  Hahn,  1884.  In-4'',  vni-450  p.  14  m. 

113.  MoREL  (l'abbé),  curé  de  Chevrières  (Oise).  La  Maison  d'Avène  de 
Fontaine  et  de  Roberval.  Amiens,  typ.  Delattre-Lenoel,  1883.  In-S", 
38  p.  Extrait  de  la  Picardie.  Lu  à  la  Société  historique  de  Compiègne, 
en  juillet  1883. 

114.  Moulin  (H.).  Portraits  judiciaires.  Claude  Gaultier,  avocat  au 
parlement,  1590-1666.  Paris,  Charavay,  1884.  In-8'',  15  p. 

115.  Moulin  (H.).  Portraits  judiciaires.  Jacques  et  Raoul  Spifame, 
1495-1566.  Paris,  Charavay,  1884.  In-8%  15  p. 

116.  MiiNTZ  (E.)  e  A.  L.  Frotingham  jun.  Il  Tesoro  délia  basilica  di 
S.  Pietro  in  Vaticano  dal  xiii  al  xv  secolo,  con  una  scelta  d'inventarii 
inediti.  Roma,  Società  romana  di  storia  patria,  1883.  In-80,  139  p. 
Extrait  de  VArchivio  délia  Società  romana  di  storia  patria,  vol.  VI. 

117.  MuTHER  (Richard).  Die  aeltesten  deutschen  Bilder  -  Bibeln. 
Bibliographisch  und  kunstgeschichtlich  beschrieben.  Miinchen ,  Max 
Huttler,  1883.  Gr.  in-8%  68  p.  1  m.  50  pf. 

118.  Neuvireuil  (le  comte  de).  Généalogie  de  la  famille  du  Mortier, 
dressée  sur  titres.  Tournai,  Vasseur-Delmée,  10  septembre  1883.  In-80, 
16  p.  3  fr. 

119.  New  (a)  English  Dictionary  on  historical  principles;  founded 
mainly  on  the  materials  coUected  by  the  Philological  Society.  Edited 
by  James  A.  H.  Murray,  LL.  D.,  président  of  the  Philological  Society, 
with  the  assistance  of  many  scholars  and  men  of  science.  Part  L 
A.-Ant.  Oxford,  Glarendon  press,  1884.  Gr.  in-4%  xvi-352  p.  12  s.  6  d. 

120.  NiEPCE  (Léopold).  Archéologie  lyonnaise.  Les  chambres  de  mer- 
veille ou  cabinets  d'antiquités  de  Lyon  depuis  la  Renaissance  jus- 
qu'en 1789.  Lyon,  Henri  Georg,  sans  date.  Gr.  in-8°,  219  p. 

121.  NiTzscH  (Karl  Wilhelm).  Geschichte  des  deutschen  Volkes  bis 


zum  Augsburger  Religioûsfrieden.  Nach  desson  liinterlassenen  Papiorcn 
und  Vorlesungen  herausgegeben  von  D»"  Georg  Matthaei.  In  drei  Baen- 
den.  I  :  Geschichte  des  deutschen  Volkes  bis  zum  Ausgang  der 
Ottonen.  II  :  Geschichte  des  deutschen  Volkes  im  eilften  und  zwoelften 
Jahrhundert.  Leipzig,  Dunckcr  und  Humblot,  1883.  2  vol.  in-8°, 
xvin-372,  x-344  p.  14  m.  40  pf. 

122.  Notice  et  Documents  généalogiques  sur  la  famille  de  Valence  de 
Minardière.  Paris,  E.  Schlesinger,  1883.  In-4'',  179  p.  Non  mis  dans 
le  commerce. 

123.  Notice  sur  l'église  Saint-Baudile.  2^  édition,  revue  et  augmentée. 
(Signé  :  F.  D.)  Nîmes,  impr.  P.  Jouve,  1883.  In-8o,  84  p. 

124.  Nyrop  (Kristoffer).  Den  oldfranske  Heltedigtning  (histoire  de 
l'épopée  française  au  moyen  âge,  accompagnée  d'une  bibliographie 
détaillée).  Forœget  Udgave  af  en  med  Universitetets  Guldmedalje  pris- 
belœnnet  Afhandling.  Kœbenhavn,  G.  A.  Reitzel,  1883.  In-8»,  xi-491  p. 

125.  Paris  (Gaston).  Études  sur  les  romans  de  la  Table  ronde.  Lan- 
celot  du  Lac.  Extrait  de  la  Romam'a,  t.  XII.  Paris,  1883.  In-S», 
p.  459-534. 

126.  Pépin  (le  D""  J.).  Notice  sur  la  paroisse  Saint-Gilles  de  Gaen. 
Ouvrage  renfermant  un  grand  nombre  de  documents  inédits  et  orné  de 
nombreuses  lithographies.  Gaen,  impr.  V^  A.  Domin,  1884.  In-S»,  ix-176p. 

127.  Périgot  (Gh.).  Histoire  du  commerce  français.  Paris,  Eugène 
Weill  et  Georges  Maurice,  1884.  In-16,  511  p. 

128.  Perrens  (F. -T.).  Histoire  de  Florence  depuis  ses  origines  jusqu'à 
la  domination  des  Médicis.  Ouvrage  qui  a  obtenu,  en  1883,  le  grand 
prix  Jean  Reynaud  décerné  par  l'Institut  (Académie  des  sciences 
morales  et  politiques).  Tome  VI.  Paris,  Hachette,  1883.  In-8%  525  p. 
7  fr.  50  c. 

129.  PiNGUET  (Henri),  Histoire  de  Bourbon-l'Archambault.  Moulins, 
Amant  Gouvreul,  1883.  In-8o,  111-IO8  p. 

130.  Ponton  d'Amécourt  (le  vicomte  de).  Monnaies  de  l'heptarchie 
anglo-saxonne.  Un  Triens  de  Winchester  (royaume  de  Wessex).  Lettre 
au  rév.  professeur  Samuel  Lewis.  Paris,  Société  de  numismatique,  sans 
date.  In-8°,  18  p.  Extrait  de  l'Annuaire  de  la  Société  française  de  numis- 
matique et  d'archéologie,  année  1883. 

131.  Prato  (Stanislao).  L'Orma  del  Leone.  Racconto  orientale  consi- 
derato  nella  tradizione  popolare.  Saggio  critico.  Extrait  de  la  Bomania, 
t.  XII.  Parigi,  F.  Vieweg,  1883.  In-8»,  p.  535-565. 

132.  Proekl  (Vinzenz).  Geschichte  der  koeniglichen  Stadt  Karlsbad 
historisch,  statistisch  und  topographisch  dargestellt.  Karlsbad,  Hans 
Feller,  1883.  In-8°,  iv-379  p.  et  gravures. 


133.  Rajna  (Pio).  Le  Origini  dell'  epopea  francese  indagate.  Firenze, 
G.  G.  Sansoni,  1884.  In-8°,  xiii-550  p.  8  1. 

134.  Reconnaissance  de  la  châtellenie  de  Roquefixade.  [10  avril  1672.] 
Foix,  typ.  veuve  Pomiès,  1883.  In-8'',  15  p.  Tiré  à  six  exemplaires, 
dont  deux  pour  les  collections  nationales. 

135.  Recueil  général  et  complet  des  fabliaux  des  xiii«  et  xiv^  siècles, 
imprimés  ou  inédits,  publiés  avec  notes  et  variantes,  d'après  les  manus- 
crits, par  MM.  Anatole  de  Montaiglon  et  Gaston  Raynaud.  Tome  V. 
Paris,  librairie  des  Bibliophiles,  1883.  In-8'>,  415  p.  10  fr. 

136.  Rédet  (L.).  Inventaire  des  archives  de  la  ville  de  Poitiers. 
Partie  antérieure  à  1790.  Dressé  en  1842  par  feu  M.  L.  Rédet,  archi- 
viste du  département  de  la  Vienne,  et  publié  en  1883  par  la  Société 
des  antiquaires  de  l'Ouest,  avec  le  concours  du  conseil  municipal  de 
Poitiers  et  par  les  soins  de  M.  Richard,  archiviste  de  la  Vienne,  et  de 
M.  Gh.  Barbier,  conservateur-adjoint  de  la  bibliothèque  publique  de 
Poitiers.  Poitiers,  impr.  Tolmer,  1883.  In-8'',  386  p. 

137.  Répertoire  des  familles  vaudoises  qualiQées,  de  l'an  1000  à 
l'an  1800,  par  G.,  M.  et  G.  Lausanne,  G.  Bridel.  In-12,  226  p.  6  fr.  50  c. 

138.  RiTTER  (A.  G.).  Zur  Geschichte  des  Orgelspiels  im  14.  bis  18. 
Jahrhundert.  Erste  Lieferung.  Leipzig,  Max  Hesse,  1884.  In-4»,  24-16  p. 
L'ouvrage  formera  2  vol.,  dont  un  de  musique,  et  paraîtra  en  20  livrai- 
sons à  1  m.;  par  souscription,  l'ouvrage  complet,  17  m. 

139.  RocQUAiN  (Félix).  Philippe  le  Bel  et  la  bulle  «  Ausculta  fili  ». 
Paris,  Alphonse  Picard,  1883.  In-8'',  27  p.  Extrait  de  la  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes,  t.  XLIV. 

140.  RoMANO  (Giacinto).  Saggio  intorno  aile  relazioni  tra  l'Italia 
méridionale  e  Tunisi  sotto  i  re  normanni,  svevi  ed  angioini  fino 
air  anno  1336.  Salerno,  tip.  Nazionale.  Extrait  de  la  Cronaca  du  lycée 
royal  de  Monteleone. 

141.  Ross  (Denman  W.).  The  Early  History  of  land-holding  among 
the  Germans.  London,  Trùbner,  1883.  In-8°,  v-274  p. 

142.  Rossi  (G.).  Statuti  del  comune  di  Gastellaro  dell'  anno  1274.  One- 
glia,  tip.  Ghilini,  1883.  In-16, 14  p.  Per  nozze  Sanguinetti-Rossi. 

143.  RoussET  (Auguste).  Histoire  des  impôts  indirects,  depuis  leur 
établissement  aux  premiers  temps  de  la  monarchie  jusqu'à  leur  recons- 
titution à  l'époque  impériale.  Gomplétée,  annotée  et  publiée  par  Henry 
Louiche-Desfontaines.  Paris,  Arthur  Rousseau,  1883.  In-8'',  ix-390  p. 
9  francs. 

144.  Saint  Père  (G.).  Etude  historique  sur  les  armoiries  de  la  ville 
de  Dijon.  Paris,  H.  Champion,  sans  date.  In-S",  39  p. 

145.  ScHLETTERER  (H.  M.).  Studieu  zur  Geschichte  der  franzoesischen 


U9 

Musik.  I.  Geschichte  der  Hofcapelle  der  franzoesischen  Koenige.  Ber- 
lin, R.  Damkoehler,  1884.  In-8'',  xii-236  p.  6  m. 

146.  ScHLUMBERGER  (G.).  Cinq  Sceaux  de  l'époque  byzantine.  Sceaux 
de  Gabriel,  exousiocrator  d'Alanie,  de  Michel,  prince  du  Vaspouracan, 
de  Théophano,  archontissa  de  Russie,  de  Pierre,  archôn  de  Dioclée 
(Monténégro),  et  de  Trasemund,  roi  des  Vandales.  Extrait  de  la  Revoie 
numismatique,  3«  série,  t.  I,  Is""  trim.  1883,  p.  447-458.  Paris,  impr.  de 
V Étoile,  1883.  In-8%  12  p. 

147.  ScHLUMBERGER  (G.).  La  Vierge,  le  Christ,  les  Saints  sur  les  sceaux 
byzantins  des  x«,  xi»  et  xii^  siècles.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
nationale  (les  antiquaires  de  France,  t.  XLIV.  Paris,  1883.  In-8°,  28  p. 

148.  Sghmidt  (Friedrich  Gustav  Adolfj.  Handelsgesellschaften  in  den 
deutschen  Stadtrechtsquellen  des  Mittelalters.  Breslau,  Wilhelm  Koeb- 
ner,  1883.  In-8%  96  p.  (Untersuchungen  zur  deutschen  Staats-  und 
Rechtsgeschichte  herausgegeben  von  D'Otto  Gierke.  XV.)  2  m.  40  pf. 

149.  ScHMiTz  (Maximilian).  Derenglischeinvestiturstreit.  Als  Anhang  : 
Die  Quellen  und  ihr  Abhaengigkeitsverhaeltnis.  Innsbruck,  Wagner, 
1884.  In-S»,  Yi-116  p.  2  m.  80  pf. 

150.  Siegel  von  Urkunden  aus  dem  grossherzoglich  badischen  Gene- 
ral-Landesarchiv  zu  Karlsruhe  herausgegeben  von  D'  Friedrich  von 
W^eech.  Aufgenommen  und  in  Lichtdruck  hergestelltvon  J.  Bœckmann 
in  Karlsruhe.  Erste  Série.  Frankfurt  a.  M.,  HeinrichKeller,  1883.  In- 
foL,  9  p.,  30  planches.  30  m. 

151.  SiLBERscHMiDT  (Willy).  Die  Gommenda  in  ihrer  friihesten 
Entwicklung  bis  zum  xiii.  Jahrhundert.  Ein  Beitrag  zur  Geschichte 
der  Commandit-  und  der  stillen  Gesellschaft.  Mit  einem  Vorwort  von 
Prof.  D''  L.  Goldschmidt.  Wûrzburg,  Adalbert  Stuber,  1884.  In-8»,  viii- 
142  p.  3  m.  50  pf. 

152.  Sloet  (L.  a.  J.  W.  baron).  De  heilige  Ontkommer  of  Wilge- 
forthis.  En  geschiedkundigonderzoek.  'S  Gravenhage,  Martinus  Nijhoff, 
1884.  In-8%  94  p.,  8  planches. 

153.  Smyttere  (P.-J.-E.  de).  La  Bataille  du  val  de  Cassel  de  1328. 
Lille,  impr.  L.  Danel,  1883.  In-8°,  ix-155  p.,  1  planche. 

154.  Statuta  et  leges  civitatis  Buduae,  civitatis  Scardonae  et  civitatis 
et  insulae  Lesinae.  Opéra  prof.  Simeonis  Ljubic.  Zagrabiae,  Kugli  et 
Deutsch,  1882-1883.  Li-8°,  ix-6I8  p.,  pi.  (Monumenta  historico-juridica 
Slavorum  meridionalium.  Edit  Academia  scientiarum  et  artium  Sla- 
vorum  meridionalium.  Pars  I.  Statuta  et  leges.  Vol.  IIL)  4  fl.  50  kr. 

155.  Stephens  (George).  Prof.  L.  Bugge's  Studies  on  Northern  mythol- 
ogy  shortly  examined.  With  many  illustrations.  Edinburgh,  Williams 


^2o 

and  Norgate,  1883.  In-8°,  p.  289-414,  1-55.  Overprint  from  «  Mémoires 
de  la  Société  royale  des  antiquaires  du  Nord  »,  Copenhague,  1882-4.  8  s. 

156.  Succession  (la)  de  Charlemagne.  Charles  le  Chauve.  840-877. 
Extraits  du  diacre  Florus,  des  annales  de  Fulde,  des  annales  de  Saint- 
Bertin,  etc.,  publiés  par  B.  Zeller.  Ouvrage  contenant  12  gravures. 
Paris,  Hachette,  1883.  In-16,  187  p.  50  c. 

157.  Testament  du  roi  Jean  le  Bon  et  Inventaire  de  ses  joyaux  à 
Londres,  publiés  d'après  deux  manuscrits  inédits  des  Archives  natio- 
nales par  Germain  Bapst.  Paris,  impr.  A.  Lahure,  1884.  In-8'',  53  p. 

158.  Thausing  (Moriz).  Durer.  Geschichte  seines  Lebens  und  seiner 
Kunst.  Mit  Illustrationen  und  Titelkupfer.  Zweite  verbesserte  Auflage 
in  zwei  Baenden.  I,  Leipzig,  E.  A.  Seemann,  1884.  In-S»,  xvi-384  p. 
10  m. 

159.  Theillière  (l'abbé).  Étude  historique  sur  le  canton  de  Bas-en- 
Basset.  Bas-en-Basset,  l'auteur,  1883.  In-12,  326  p.  3  fr. 

160.  Thomas  (Léon).  Numismatique  et  Sigillographie  pontoisiennes. 
Pontoise,  impr.  Amédée  Paris,  1883.  In-8°,  45  p.,  1  planche. 

161.  Toulgoët-Tréanna  (le  comte  de).  Histoire  de  Vierzon  et  de  l'ab- 
baye de  Saint-Pierre,  avec  pièces  justificatives,  plans,  sceaux,  monnaies 
seigneuriales.  Paris,  Picard,  1884.  In-8°,  xn-536  p.  15  fr. 

162.  Tourneur  (l'abbé).  Histoire  de  Job  à  la  cathédrale  de  Reims. 
Interprétation  d'un  groupe  de  statues  au  portail  nord.  Lecture  faite  à 
l'Académie  de  Reims  (mai  1882).  Reims,  imprimerie  coopérative,  1883. 
In-8'',  33  p. 

163.  Une  Bibliothèque  de  chanoine  au  xv^  siècle.  Saint-Omer,  impr. 
H.  d'Homont,  sans  date.  In-8°,  20  p.  Extrait  de  la  128«  livraison  du 
Bulletin  historique  de  la  Société  des  antiquaires  de  la  Morinie. 

164.  Vaux  (le  baron  Ludovic  de).  La  Palestine.  Ouvrage  illustré  par 
M.  P.  Chardin  et  M.  C.  Mauss.  Paris,  Ernest  Leroux,  1883.  In-S",  ii- 
527-xxxv  p. 

165.  Vayra  (Pietro).  Le  Lettere  e  le  Arti  alla  corte  di  Savoia  nel 
secolo  XV.  Inventari  dei  castelli  di  Ciamberî,  di  Torino  e  di  Ponte 
d'Ain,  1497-98,  pubblicati  sugli  originali  inediti.  Torino,  I.  Vigliardi, 
1883.  In-8",  244  p.  Extrait  de  la.  MisceUa?iea  di  storiaitaliana,  t.  XXII, 
VII  de  la  2«  série. 

166.  Wappenalbum  der  graeflichen  Familien  Deutschlands  und  Oe- 
sterreich-Ungarns  etc.  Herausgegeben  von  M.  Gritzner  und  Ad.  M.  Hil- 
debrandt.  Erste  Lieferung.  Leipzig,  T.  0.  Weigel,  1883.  In-8%  in- 
10  feuillets.  2  m. 

167.  Warnegke  (F.).  Heraldisches  Handbuch  fiir  Freunde  der  Wap- 


V2i 

penkunst,  sowie  fur  Kùnstler  und  Gewerbetreibende  bearbeitet  und 
mit  Beihûlfe  des  kgl.  preuss.  Cultus-Ministeriums  herausgegeben.  Mit 
313  Handzeichnungea  von  E.  Doepler  d.  J.  3.  Auflage.  2.  Abdruck. 
Frankfurt  a.  M.,  Wilhelm  Roemmel,  1884.  In-4°,  vi-52  p.,  xxxii  pi. 
18  mark. 

168.  Weinhold  (Karl).  Mittelhochdeutsche  Grammatik.  Zweite  Aus- 
gabe.  Paderborn,  Ferdinand  Schoeningh,  1883.  In-8%  xn-604  p.  8  m. 

169.  Weiss  (Hermann).  Kostûmkunde.  Geschichte  der  Tracht  und 
des  Geraeths.  Zweite,  gaenzlich  umgearbeitete  Auflage.  II.  Band  :  Ko- 
stûmkunde. Geschichte  der  Tracht  und  des  Geraeths  im  Mittelalter  vom 
4.  bis  zum  14.  Jahrhundert.  Zweite,  gaenzlich  umgearbeitete  Auflage. 
Mit  367  Figuren  in  Holzschnitt  und  8  farbigen  Tafeln.  Stuttgart,  Ebner 
und  Seubert,  1883.  In-8°,  xxvni-625  p.,  8  planches.  16  m. 

170.  Wiener  (Lucien).  Recherches  sur  l'industrie  cartière  en  Lor- 
raine. Nancy,  René  Wiener,  1884.  In-8%  80  p.,  fac-similés.  Extrait 
des  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  lorraine. 

171.  WiLHELMS  (Die  Musik)  vonHirsghau.  Wiederherstellung,  Ueber- 
setzung  und  Erklaerung  seines  musik-theoretischen  Werkes  von  Hans 
Millier.  Frankfurt  a.  M.,  B.  G.  Teubner  in  Leipzig,  1883.  In-4",  xxiv- 
85  p.,  5  pi. 

172.  WiNTER  (L.).  Die  Burg  Dankwarderode  zu  Braunschweig.  Ergeb- 
nisse  der  im  Auftrage  des  Stadtmagistrats  angestellten  baugeschicht- 
lichen  Untersuchungen.  Mit  83  in  den  Text  eingedruckten  Abbildun- 
gen  und  20  Lichtdruck-Tafeln.  Braunschweig,  Joh.  Heinr.  Meyer,  1883. 
In-fol.,  80  p.  et  planches. 

173.  ZoRzi  (Der  Troubadour  Bertolome)  herausgegeben  von  Emil 
Levy.  Halle,  Max  Niemeyer,  1883.  In-8%  91  p.  2  m.  40  pf. 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Le  rapport  suivant  a  été  adressé  à  M.  le  ministre  de  l'instruction 
publique  par  M.  Delisle,  président  du  conseil  de  perfectionnement  de 
l'École  des  chartes  : 

«  Le  21  et  le  22  janvier  1884,  le  conseil  de  perfectionnement  de 
l'École  des  chartes,  assisté  des  professeurs,  a  procédé  à  l'examen  et  à 
la  discussion  des  thèses  que  quatorze  élèves  avaient  présentées  pour 
obtenir  le  diplôme  d'archiviste  paléographe.  Une  seule  thèse  a  été  jugée 
insuffisante  et  a  entraîné  l'ajournement  du  candidat. 

«  Le  travail  le  plus  complet  et  le  plus  achevé  qui  ait  été  soumis  au 
conseil  est  celui  que  M.  Prou  a  consacré  aux  coutumes  de  Lorris  et  à 
leur  propagation  aux  XIl^  et  XIII^  siècles.  11  présente  à  la  fois  un  intérêt 
juridique  et  historique;  on  y  a  loué  le  choix  des  documents,  la  bonne 
disposition  des  matières  et  la  critique  avec  laquelle  beaucoup  de  textes 
obscurs  ont  été  expliqués.  La  thèse  de  M.  Prou  deviendra  prochaine- 
ment un  bon  livre,  dans  lequel  sera  définitivement  traité  un  important 
chapitre  de  l'histoire  du  tiers  état  en  France. 

«  L'étendue  du  sujet  choisi  par  M.  Félix  Aubert  :  l'organisation,  les 
attributions,  la  compétence  et  la  procédure  civile  du  parlement  de  Paris 
de  1380  à  1419^  exigera  encore  des  recherches  considérables  pour  épuiser 
les  sources  d'information  et  pour  mettre  en  ordre  les  résultats  de  l'en- 
quête. Mais  l'auteur  nous  a  montré  que  la  tâche  dont  il  s'est  chargé 
n'est  pas  au-dessus  de  ses  forces.  Pendant  le  temps  qu'il  a  passé  à 
l'École,  il  a  dépouillé,  avec  méthode  et  inteUigence,  tous  les  registres  du 
règne  de  Charles  VI.  Il  a  parfaitement  compris  quelle  était  l'organisa- 
tion du  parlement  à  la  fin  du  xiv^  siècle  et  quelles  règles  de  procédure 
y  étaient  suivies  pour  les  affaires  civiles.  Il  lui  reste  à  étudier  par  quels 
degrés  on  était  arrivé  à  l'état  qu'il  a  décrit.  L'ouvrage  qu'il  nous  a 
présenté  sera,  à  vrai  dire,  une  histoire  du  parlement  au  xiii"  et  au 
XIV*  siècle. 

«  La  thèse  de  M.  Georges  Guigue,  sur  les  Tard-Venus  en  Lyonnais, 
Forez  et  Beaujolais  de  1356  à  1369,  mérite  elle  aussi  d'être  publiée.  Elle 
éclaire,  en  etîet,  d'un  jour  nouveau,  plusieurs  épisodes  de  la  guerre  de 
cent  ans.  M.  Guigue  a  compulsé  avec  grand  profit  les  collections  de 
Paris,  de  Lyon  et  de  Dijon.  Tous  les  renseignements  qu'il  y  a  recueillis 


123 

ont  aisément  trouvé  leur  place  dans  le  cadre  qu'il  s'était  tracé  ;  il  y  fera 
encore  entrer  sans  peine  ceux  qu'il  pourra  se  procurer  en  achevant  l'exa- 
men des  archives  de  la  Gôte-d'Or  et  en  étudiant  une  chronique  inédite, 
qui  sera,  espérons-le,  hientôt  mise  à  sa  portée. 

«  L'essai  de  M.  Brutails  sur  l'élection  et  l'organisation  des  corps  muni- 
cipaux dans  le  sud-ouest  de  la  France  aux  Xllh  et  XIV^  siècles  se  recom- 
mande par  de  sérieuses  qualités;  c'est  le  résultat  de  longues  recherches 
au  cours  desquelles  l'auteur  a  recueilli  et  comparé  beaucoup  de  textes. 
Les  examinateurs  ont  loué  la  finesse  d'interprétation  dont  il  avait  sou- 
vent fait  preuve  ;  mais  ils  ont  regretté  qu'il  n'eût  pas  mieux  délimite  le 
champ  de  ses  études  et  donné  plus  d'unité  à  son  travail. 

«  M.  Bougenot  a  été  heureusement  inspiré  en  prenant  pour  sujet 
d'études  la  première  période  de  l'histoire  des  états  de  Bourgogne.  Les 
documents  qu'il  a  tirés  des  dépôts  de  Paris  ont  été  habilement  choisis, 
correctement  copiés  et  judicieusement  employés;  mais  les  témoignages 
des  historiens  contemporains  ont  été  trop  négligés  et  le  jugement  porté 
sur  l'administration  de  Philippe  le  Hardi  est  beaucoup  trop  sévère. 
L'influence  des  états  sur  l'administration  financière  a  été  fort  conve- 
nablement mise  en  lumière  ;  mais  l'organisation  même  des  états  n'a 
pas  été  suffisamment  définie  et  nous  sommes  encore  fort  mal  rensei- 
gnés sur  les  rapports  de  ces  assemblées  avec  le  parlement  de  Bour- 
gogne. 

«  L'histoire  de  la  foire  du  Lendit  était  un  bon  sujet  de  thèse  et 
M.  Roussel  en  a  tire  un  excellent  parti.  L'origine  et  l'organisation  de 
cette  foire,  qui  a  longtemps  tenu  une  place  considérable  parmi  nos  ins- 
titutions commerciales,  ont  été  soigneusement  examinées.  L'auteur  a 
mis  en  œuvre  des  renseignements  qui  n'avaient  pas  encore  été  produits 
et  a  mieux  compris  que  ses  devanciers  plusieurs  documents  connus 
depuis  longtemps.  L'édition  qu'il  a  préparée  du  Dit  du  Landit  sera 
supérieure  à  celles  que  nous  possédons  ;  M.  Roussel  y  a  introduit  plu- 
sieurs corrections  qui  n'avaient  pas  encore  été  proposées  et  dont  la  jus- 
tesse est  incontestable. 

«  M.  Lempereur  s'est  occupé  de  l'organisation  du  chapitre  cathédral 
de  Laon.  C'est  un  travail  méthodique  et  consciencieux  sur  un  sujet  un 
peu  étroit.  L'auteur  a  bien  connu  et  compris  les  pièces  des  archives 
locales  ;  mais,  pour  terminer  son  travail,  il  devra  se  rendre  un  compte 
exact  des  principes  qui  dominent  la  matière. 

«  Le  tableau  des  institutions  de  la  ville  de  Mézières  qu'a  tracé  M.  Lau- 
rent ne  comportait  pas  de  grands  développements,  surtout  pour  la  par- 
tie ancienne.  Le  cartulaire  qui  en  a  fourni  les  principaux  éléments  ne 
se  recommande  ni  par  l'importance,  ni  parla  variété,  ni  par  la  date  des 
documents  qu'il  renferme.  M.  Laurent  ne  s'est  pas  moins  fait  un  devoir 
d'en  préparer  une  édition  avec  un  soin  méticuleux  dont  nous  avons  dû 
lui  tenir  compte.  L'ensemble  de  sa  thèse  forme  un  bon  morceau  d'his- 


^24 

toire  locale  et  apporte  quelques  traits  nouveaux  à  l'histoire  des  institu- 
tions municipales  dans  le  nord-est  de  la  France. 

«  M.  Marais  a  pensé,  avec  raison,  que  la  diplomatique  de  Philippe  le 
Bel  méritait  d'être  l'objet  d'une  monographie.  Mais  il  n'avait  mesuré  ni 
l'étendue,  ni  la  délicatesse  du  sujet.  Le  temps  lui  a  manqué  pour  recueil- 
lir un  assez  grand  nombre  d'observations  et  nous  n'avons  guère  eu  à 
examiner  qu'un  programme  des  matières  qui  auraient  dû  être  traitées. 
«  Les  questions  archéologiques  présentent  encore  plus  de  difficultés 
que  les  questions  diplomatiques,  aussi  sont-elles  rarement  choisies  par 
les  jeunes  gens  qui  poursuivent  le  diplôme  d'archiviste  paléographe. 

«  Aussi  M.  de  Cessac  a-t-il  fait  preuve  de  courage  en  étudiant  les 
églises  romanes  de  l'ancien  diocèse  de  Limoges.  Il  a  visité  et  décrit  beau- 
coup de  monuments,  mais  il  n'a  pas  assez  pris  soin  de  relever  les  plans 
des  édifices;  il  n'a  pas  recouru  aux  textes  des  chroniques,  qui  lui 
auraient  fourni  des  jalons  solides  pour  reconnaître  le  terrain  sur  lequel 
il  opérait  ;  il  aurait  dû  concentrer  ses  investigations  sur  les  églises  les 
plus  caractéristiques,  dont  l'examen  lui  aurait  fait  éviter  des  erreurs 
d'appréciation  et  des  longueurs  dans  la  description  des  monuments 
secondaires. 

«  La  thèse  de  M.  Bisson  de  Sainte-Marie  nous  fait  rentrer  dans  le 
domaine  historique  proprement  dit.  C'est  une  histoire  du  duché  d'Athènes 
et  de  la  baronnie  d'Argos,  depuis  1204  jusqu'en  1464.  Il  restait  peu  de 
découvertes  à  faire  sur  un  sujet  qui  a  été  abordé  de  différents  côtés  en 
France  et  en  Allemagne.  M.  Bisson  de  Sainte-Marie  a  le  mérite  d'avoir 
bien  coordonné  et  d'avoir  complété  sur  plusieurs  points  les  recherches 
de  ses  devanciers. 

«  M.  Farges  a  intitulé  sa  thèse  :  Étude  sur  les  chartes  communales  de 
l'Auvergne.  En  réalité,  les  documents  dont  il  s'est  occupé  sont  des  chartes 
de  coutumes  et  de  franchises  plutôt  que  des  chartes  de  communes.  Il  y 
a  des  lacunes  considérables.  Les  examinateurs,  qui  en  ont  signalé  plu- 
sieurs, ont  regretté  que  l'auteur  n'ait  indiqué  ni  les  circonstances  qui 
ont  amené  la  concession  des  chartes,  ni  les  modifications  successives 
dont  l'explication  doit  être  recherchée  dans  les  changements  du  régime 
politique  appliqué  à  l'Auvergne. 

«  Le  traité  d'Andelot,  que  M.  Deloncle  a  pris  pour  sujet  de  thèse,  ne 
pouvait  guère  former  la  matière  d'un  travail  original,  du  genre  de  ceux 
qui  doivent  être  traités  à  l'École  des  chartes.  Le  candidat  a  beaucoup 
trop  diminué  l'importance  historique  du  traité  de  587  et  plusieurs  des 
propositions  qu'il  a  développées  ont  dû  être  critiquées  comme  hasar- 
dées ou  paradoxales. 

«  En  résumé,  le  conseil  de  perfectionnement  a  été  satisfait  des 
épreuves  dont  je  viens  d'avoir  l'honneur  de  vous  rendre  compte  ;  il  a 
trouvé  qu'une  bonne  moitié  des  thèses  soumises  à  son  examen  consti- 
tuent des  travaux  recommandables,  qui  feront  honneur  à  l'École  quand 


^25 

ils  seront  publiés  après  avoir  subi  une  dernière  révision.  Après  avoir 
combiné  les  résultats  de  l'épreuve  des  tbèses  avec  ceux  des  examens 
subis  aux  mois  d'avril  et  de  juillet  1883,  il  a  décidé  que  les  jeunes  gens 
dont  les  noms  suivent  vous  seraient  présentés  pour  obtenir  le  diplôme 
d'archiviste  paléographe...  » 

Conformément   aux  conclusions   de   ce   rapport ,  ont   été  nommés 
archivistes  paléographes,  par  arrêté  du  11  février  1884,  dans  l'ordre  de 
mérite  suivant  : 
MM. 

1.  Prou  (Jean-Maurice),  né  à  Sens  (Yonne)  le  20  décembre  1861; 

2.  Brutah^s  (Élie-Jean- Auguste),  né  à  Viviez  (Aveyron)  le  21  décembre 
1859; 

3.  BouQENOT  (Étienne-Symphorien),  né  à  Ghâteaurenaud  (Saône-et- 
Loire)  le  14  janvier  1856; 

4.  AuBERT  (Joseph-Félix),  né  à  Paris  le  2  novembre  1859; 

5.  Roussel  (Ernest-Victor-Henri),  né  à  Etouy  (Oise)  le  3  octobre  1862; 

6.  Lempereur  (Paul -Louis -Napoléon),  né  à  Rocquigny  (Aisne)  le 
6  janvier  1859; 

7.  GuiGUE  (Marie-Georges-Eugène),  né  à  Trévoux  (Ain)  le  8  novembre 
1861; 

8.  Marais  (Louis-Paul),  né  à  Paris  le  20  mai  1859; 

9.  Laurent  (Jean-Paul),  né  à  Dommery  (Ardennes)  le  21  juillet  1860; 

10.  Rebière  de  Gessag  (Jean-Marie-Paul),  né  à  Saint-Sulpice-le-Gué- 
rétois  (Creuse)  le  8  août  1860  ; 

Hors  rang  :  MM.  Bisson   de    Sainte-Marie    (René-Marie-Antonin), 
né  à  Philippeville  (Algérie)  le  2  septembre  1857  ; 
Deloncle  (Antoine-Benoit-Henri),  né  à  Montauban  le  12  juillet  1861; 
Farges  (Paul-Marie-Louis),  né  à  Aurillac  (Cantal)  le  12  octobre  1858. 

—  Par  arrêté  du  26  janvier  1884,  notre  confrère  M,  Cicile  a  été 
nommé  attaché  au  ministère  des  affaires  étrangères,  à  la  suite  d'uu  con- 
cours où  il  avait  obtenu  le  deuxième  rang,  sur  vingt-cinq  candidats 
admis  à  concourir. 

—  Par  arrêté  du  29  février,  notre  confrère  M.  Henry  Martin,  sous- 
bibliothécaire  à  l'Arsenal,  a  été  nommé  bibliothécaire  à  la  même  biblio- 
thèque. 

—  Par  arrêté  du  7  mars,  notre  confrère  M.  Ulysse  Robert,  inspecteur 
général  des  bibliothèques  populaires,  a  été  nommé  bibliothécaire  hono- 
raire à  la  Bibliothèque  nationale. 

—  Par  arrêté  du  11  mars,  notre  confrère  M.  Rébouis  a  été  nommé 
sous-bibliothécaire  à  la  bibliothèque  de  l'Université. 

—  Un  projet  de  loi  portant  annulation  au  budget  ordinaire  du  minis- 


^26 

tère  de  l'intérieur,  exercice  1884,  d'un  crédit  de  41,356  fr.  et  ouverture 
au  budget  ordinaire  du  ministère  de  l'instruction  publique  et  des  beaux- 
arts,  l''^  section,  exercice  1884,  d'un  crédit  supplémentaire  de  la  même 
somme,  a  été  présenté  à  la  chambre  des  députés,  le  31  janvier  1884, 
par  les  ministres  de  l'instruction  publique  et  des  beaux-arts,  de  l'inté- 
rieur et  des  finances,  avec  l'exposé  des  motifs  dont  la  teneur  suit  : 

«  Messieurs,  une  loi  du  7  messidor  an  II  avait  réuni  dans  un  même 
service  les  archives  nationales  et  départementales.  Cette  loi  n'a  jamais 
reçu  son  exécution.  Les  archives  nationales  ont  été  placées  dans  les 
attributions  du  département  de  l'instruction  publique;  les  archives 
départementales,  communales  et  hospitalières  ont  été  comprises  dans 
les  attributions  du  département  de  l'intérieur. 

«  Cette  séparation  présente  à  plusieurs  points  de  vue  des  inconvé- 
nients tels  que  la  nécessité  de  revenir  à  la  réunion  dans  un  même  ser- 
vice de  toutes  les  archives  qui  existent  en  France  a  été  reconnue  par 
tout  le  monde. 

«  Aussi,  après  une  entente  entre  le  ministre  de  l'intérieur  et  le 
ministre  de  l'instruction  publique,  on  a  préparé  un  projet  de  décret,  qui 
ne  pourra  recevoir  son  exécution  que  lorsque  la  mesure  aura  été  approu- 
vée par  les  chambres. 

«  En  faisant  passer  du  département  de  l'intérieur  au  ministère  de 
l'instruction  publique  un  personnel  composé  exclusivement  d'archivistes 
paléographes,  on  réalisera  un  progrès  sérieux,  car  on  réunira  sous  une 
direction  unique  tous  les  dépôts  d'archives  existant  en  France. 

«  D'un  autre  côté,  cette  mesure  sera  favorable  aux  archivistes  placés 
dans  les  services  départementaux.  Pendant  leur  séjour  à  l'École  des 
chartes,  ils  ont  tous  relevé  du  ministère  de  l'instruction  publique,  et, 
une  fois  nommés,  ils  continuent,  en  raison  dû  caractère  spécial  de  leurs 
travaux,  à  entretenir  avec  lui  les  rapports  les  plus  fréquents. 

«  A  tous  les  points  de  vue,  le  projet  de  rattachement  dont  il  s'agit 
paraît  donc  indispensable  et  l'on  ne  saurait  trop  insister  pour  qu'il  soit 
adopté. 

((  Pour  en  assurer  la  réalisation,  nous  avons  l'honneur  de  vous  pro- 
poser, messieurs,  de  décider  :  1°  que,  sur  les  crédits  ouverts  au  minis- 
tère de  l'intérieur,  au  titre  du  budget  de  l'exercice  1884,  une  somme 
de  41,356  fr.  est  et  demeure  annulée  aux  chapitres  suivants  : 

«  Chap.  1".  —  Traitement  du  ministre  et  personnel  de  l'administra- 
tion centrale 20,556  fr. 

«  Chap.  VI.  —  Inspections  générales  administratives    .        20,800 

«  Somme  égale    ....        41,356  fr. 

0  2°  Qu'il  est  ouvert  au  ministère  de  l'instruction  publique  et  des 

beaux-arts,  au  titre  de  la  l'^  section  (service  de  l'instruction  publique), 


^27 

du  budget  ordinaire  de  l'exercice  1884,  des  crédits  supplémentaires 
montant  à  41,356  fr.  et  répartis  par  chapitres,  ainsi  qu'il  suit  : 

«  Ghap.  le"".  —  Traitement  du  ministre  et  personnel  de  l'administra- 
tion centrale 20,556  fr. 

«  Ghap.  xxxni.  —  Service  général  des  bibliothèques     .        20,800 

«  Total  égal 41,356  fr. 

«  Il  sera  pourvu  aux  crédits  supplémentaires  ci-dessus  au  moyen  des 
ressources  générales  du  budget  ordinaire  de  l'exercice  1884.  » 

La  loi  proposée  a  été  adoptée  par  les  deux  chambres,  promulguée 
le  19  mars  et  publiée  au  Journal  officiel  du  20  mars,  dans  les  termes 
suivants  : 

«  Art.  1er.  —  guj.  les  crédits  ouverts  au  ministre  de  l'intérieur,  au 
titre  du  budget  ordinaire  de  l'exercice  1884,  une  somme  de  41,356  fr. 
est  et  demeure  annulée  aux  chapitres  suivants  : 

«  Ghap.  i^r.  —  Traitement  du  ministre  et  personnel  de  l'administra- 
tion centrale 20,556  fr. 

«  Ghap.  VI.  —  Inspections  générales  administratives    .        20,800 

«  Somme  égale 41,356  fr. 

«  Art.  2.  —  Il  est  ouvert  au  ministre  de  l'instruction  publique  et  des 
beaux-arts,  au  titre  de  la  première  section  (service  de  l'instruction 
publique)  du  budget  ordinaire  de  l'exercice  1884,  des  crédits  supplé- 
mentaires montant  à  41,356  fr.  et  répartis  par  chapitres  ainsi  qu'il  suit  : 

«  Ghap.  i"''.  —  Traitement  du  ministre  et  personnel  de  l'administra- 
tion centrale 20,556  fr. 

«  Ghap.  xxxni.  —  Service  général  des  bibliothèques     .        20,800 

«  Total  égal 41,356  fr. 

«  Il  sera  pourvu  aux  crédits  supplémentaires  ci-dessus  au  moyen 
des  ressources  générales  du  budget  ordinaire  de  l'exercice  1884.  » 

Enfin ,  on  lit  dans  le  Journal  officiel  du  26  mars  un  rapport  au 
président  de  la  République  et  deux  décrets,  ainsi  conçus  : 

«  Paris,  le  21  mars  1884. 
a  Monsieur  le  président, 

«  Nous  avons  l'honneur  de  vous  demander  de  transférer  au  ministère 
de  l'instruction  publique  le  service  des  archives  départementales,  com- 
munales et  hospitalières,  placé,  jusqu'ici,  dans  les  attributions  du 
ministre  de  l'intérieur. 

«  La  loi  du  7  messidor  an  II  a  réuni  dans  un  même  service  les 
archives  nationales  et  départementales.  Celte  loi  n'a  jamais  reçu  une 
complète  exécution.  Les  archives  nationales  ont  été  placées  dans  les 
attributions  du  département  de  l'instruction  publique  ;  les  archives  dépar- 
tementales, communales  et  hospitahères  ont  été  comprises  dans  les 
attributions  du  département  de  l'intérieur. 


-128 

«  Cette  séparation  présente  à  plusieurs  points  de  vue  des  inconvé- 
nients tels  que  la  nécessité  de  réunir  à  nouveau  dans  un  même  service 
toutes  les  archives  qui  existent  en  France  est  aujourd'hui  reconnue  par 
tout  le  monde. 

«  En  faisant  passer  du  département  de  l'intérieur  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique  un  personnel  composé  exclusivement  d'archivistes 
paléographes,  on  réalisera  un  progrès  sérieux,  car  on  placera  sous  une 
direction  unique  tous  les  dépôts  d'archives  existant  en  France. 
'^  «  D'un  autre  côté,  cette  mesure  sera  favorable  aux  archivistes  appar- 
tenant aux  services  départementaux.  Pendant  leur  séjour  à  l'Ecole  des 
chartes,  ils  ont  tous  relevé  du  ministère  de  l'instruction  publique,  et, 
une  fois  nommés,  ils  continuent,  en  raison  du  caractère  spécial  de  leurs 
travaux,  à  entretenir  avec  lui  les  rapports  les  plus  fréquents. 

«  En  résumé,  depuis  une  quinzaine  d'années,  les  archives  nationales 
ont  été  attribuées  à  l'instruction  publique.  On  a  jugé  avec  raison  que 
des  documents  qui  présentent  le  plus  haut  intérêt  historique  rentraient 
dans  les  attributions  de  ce  département. 

«  Le  ministère  de  l'intérieur  avait  conservé  les  archives  départemen- 
tales, communales  et  hospitalières,  ce  qui  constituait  une  anomalie 
qu'il  importe  de  faire  cesser. 

«  La  Belgique  et  l'Italie,  sous  l'inspiration  des  lois  françaises,  ont 
établi  chez  elles  une  administration  unique  pour  toutes  les  archives. 
La  France,  chez  qui  cette  réunion  avait  été  décrétée  depuis  l'an  II  par 
un  acte  de  la  Convention,  était  moins  avancée  que  certaines  nations 
voisines. 

«  En  rattachant  au  ministère  de  l'instruction  publique  les  archives 
départementales,  communales  et  hospitalières,  il  sera  possible  d'utiliser 
les  inspecteurs  chargés  de  les  vérifier  pour  la  visite  des  bibliothèques, 
qui  dans  l'état  actuel,  à  cause  de  l'insuffisance  du  personnel,  ne 
peuvent  être  qu'imparfaitement  surveillées.  Le  ministre  de  l'instruction 
publique  ne  dispose,  en  effet,  que  d'un  inspecteur  pour  toutes  les  biblio- 
thèques savantes  et  d'un  inspecteur  pour  les  bibliothèques  scolaires  et 
populaires  de  la  France.  Les  archives  et  les  bibliothèques  paraissent 
présenter  assez  d'affinités  pour  que  leur  tenue  puisse  être  contrôlée  par 
les  mêmes  fonctionnaires.  En  réunissant  les  inspecteurs  des  archives  à 
ceux  des  bibliothèques,  ou  fera,  sans  augmentation  de  dépenses,  visiter 
plus  fréquemment  les  unes  et  les  autres  et  les  deux  services  y  gagneront. 

«  Si  vous  approuvez,  monsieur  le  président,  nos  propositions,  nous 
vous  prions  de  vouloir  bien  assurer  l'exécution  de  la  loi  votée  par  les 
chambres  et  promulguée  le  20  mars  1884,  en  revêtant  de  votre  signa- 
ture les  deux  décrets  ci-joints  :  l'un  transfère  au  ministère  de  l'instruc- 
tion publique  (direction  du  secrétariat)  le  service  des  archives  départe- 
mentales, communales  et  hospitaUères  ;  l'autre  nomme  quatre  inspecteurs 
généraux  des  bibliothèques  et  archives. 


129 

«  Yenillez  agréer,  monsieur  le  président,  l'hommage  de  notre  pro- 
fond respect  et  de  notre  dévouement. 

«  Le  ministre  de  l'intérieur, 

«  Waldeck-Rousseau. 
«  Le  ministre  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 
«  A.  Fallières.  » 

«  Le  président  de  la  République  française, 

«  Sur  le  rapport  des  ministres  de  l'intérieur  et  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 
«  Vu  la  loi  du  20  mars  1884, 

«  Décrète  : 
«  Art.  {^'.  — •  A  partir  du  \^^  janvier  1834,  le  service  des  archives 
départementales,  communales  et  hospitalières  et  le  service  d'inspection 
qui  s'y  rattache  sont  distraits  du  ministère  de  l'intérieur  (direction  du 
secrétariat  et  de  la  comptabilité)  et  transférés  au  ministère  de  l'instruc- 
tion publique  et  des  beaux-arts  (direction  du  secrétariat). 

«  Art.  1.  —  Aucune  modification  ne  pourra  être  apportée  par  le 
ministre  de  l'instruction  publique  et  des  beaux-arts  au  règlement  du 
6  mars  1843  sur  les  archives  départementales,  et  en  général  à  toutes 
les  prescriptions  relatives  au  classement,  à  la  communication  et  à  la 
suppression  des  dossiers  administratifs  des  préfectures,  sous-préfec- 
tures, mairies  et  hospices,  sans  un  accord  préalable  avec  le  ministère 
de  l'intérieur. 

«  Art.  3.  —  Les  ministres  de  l'intérieur  et  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts  sont  chargés,  chacun  en  ce  qui  le  concerne,  de  l'exé- 
cution du  présent  décret. 

«  Fait  à  Paris,  le  21  mars  1884. 

«  Jules  Grévy. 
«  Par  le  président  de  la  République  : 
«  Le  ministre  de  l'intérieur, 
«  Waldeck-Rousseau. 

«  Le  ministre  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 

«  A.  Fallh'ores.  » 

«  Le  président  de  la  République  française, 

«  Sur  le  rapport  des  ministres  de  l'intérieur  et  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 

«  Vu  la  loi  du  20  mars  1884, 

«  Décrète  : 
«  Art.  1".  —  M.  Baudrillart,  membre  de  l'Institut,  inspecteur  géné- 
ral des  bibliothèques,  est  nommé  inspecteur  général  des  bibliothèques 
et  archives. 

9 


^30 

«  M.  Servois,  inspecteur  général  des  archives,  est  nommé  inspecteur 
général  des  bibliothèques  et  archives. 

0  M.  Lacombe,  inspecteur  général  des  archives,  est  nommé  inspec- 
teur général  des  bibliothèques  et  archives. 

a  M.  Ulysse  Robert,  inspecteur  général  des  bibliothèques  populaires 
et  scolaires,  est  nommé  inspecteur  général  des  bibliothèques  et  archives. 

«  Art.  2.  —  Ces  nominations  auront  leur  effet  à  partir  du  l^r  janvier 
1884. 

«  Art.  3.  —  Le  ministre  de  l'instruction  publique  et  des  beaux-arts 
est  chargé  de  l'exécution  du  présent  décret. 

«  Fait  à  Paris,  le  21  mars  1884. 

«  Jules  Grévy. 
«  Par  le  président  de  la  République  : 
«  Le  ministre  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 
«  A.  Fallières.  » 

—  Notre  confrère  M.  Rosenzweig,  archiviste  du  département  du  Mor- 
bihan, est  mort  le  29  janvier  1884,  à  l'âge  de  cinquante-trois  ans.  Notre 
confrère  M.  l'abbé  Chauffier  a  consacré  à  sa  mémoire,  dans  la  Revue  de 
Bretagne  et  de  Vendée  (numéro  de  février  1884),  une  notice  nécrologique 
dont  nous  reproduisons  la  plus  grande  partie  : 

«  M.  Louis-Théophile  Rosenzweig,  archiviste  du  Morbihan,  est  décédé 
le  29  janvier,  dans  sa  villa  de  Kervenic,  près  Vannes.  Bien  qu'il  n'ap- 
partînt pas  à  la  Bretagne  par  sa  naissance  et  son  éducation,  néanmoins 
nous  devons  le  compter  comme  une  des  célébrités  littéraires  de  notre 
province.  Venu,  jeune  encore,  à  Vannes,  il  consacra  sa  vie  entière  à 
l'étude  des  archives  du  Morbihan,  si  fécondes  en  renseignements  pour 
notre  histoire  locale  et  fort  ignorées  avant  son  séjour  parmi  nous. 

«  M,  Rosenzweig  naquit  à  Paris  le  6  juillet  1830,  et  fit  ses  études  au 
lycée  Gharlemagne.  11  suivait  depuis  quelques  années  les  cours  de  cet 
établissement,  lorsque  des  malheurs  de  famille  faillirent  interrompre  ses 
études.  Son  père  perdit  tout  d'un  coup  presque  toute  sa  fortune.  Loin  de 
se  décourager,  et  quoique  bien  jeune  encore,  son  fils  se  plaça  comme 
répétiteur  et  couvrit  ainsi  par  ses  propres  ressources  les  frais  de  son 
éducation,  tout  en  aidant  son  père,  avec  le  concours  de  son  demi-frère, 
alors  officier  de  marine.  Formé  à  la  rude  école  du  malheur,  il  contracta 
dès  lors  ces  habitudes  modestes  et  sérieuses  qui  ne  se  démentirent  jamais. 

«  Ses  études  terminées  avec  succès,  sur  le  conseil  de  ses  maîtres,  il 
entra  à  l'École  des  chartes.  Là  il  se  fit  remarquer  par  une  application 
constante,  et  forma  son  esprit  à  cette  critique  sévère,  à  cette  exactitude 
minutieuse,  qui  donnèrent  ensuite  tant  de  valeur  à  ses  moindres  travaux. 

«  Il  n'avait  pas  encore  terminé  les  trois  années  réglementaires  de 
l'École  que  déjà  le  directeur  lui  proposait  une  place  d'archiviste  dans 
trois  préfectures,  parmi  lesquelles  se  trouvait  la  préfecture  du  Morbi- 


l.3^ 

han.  Les  archives  de  ce  département  étaient  dans  le  plus  grand  désordre. 
Tout  était  à  faire,  non  seulement  à  la  préfecture  de  Vannes,  mais  encore 
dans  tous  les  établissements  et  dans  toutes  les  communes  du  Morbihan. 
De  plus,  les  études  historiques,  surtout  celles  qui  ont  rapport  au  moyen 
âge,  étaient  le  partage  d'un  bien  petit  nombre  d'habitants  de  la  cité 
vannetaise,  dont  les  richesses  archéologiques  trouvaient  peu  d'apprécia- 
teurs à  cette  époque. 

«  Ces  difficultés,  au  lieu  de  rebuter  le  jeune  élève  de  l'École  des 
chartes,  ne  firent  qu'exciter  son  zèle  ;  il  se  décida  à  venir  dans  la  Bre- 
tagne, alors  si  éloignée  de  la  capitale,  et  le  l"""  mai  1855  il  entrait  en 
fonctions  comme  archiviste  du  Morbihan.  Ce  ne  fut  seulement  que 
quelques  mois  après,  le  13  novembre  1855,  qu'il  soutint  sa  thèse  d'ar- 
chiviste paléographe.  Il  avait  pris  pour  sujet  :  De-  l'office  de  l'amiral  en 
France,  du  XI 11^  au  XVII I^  siècle. 

«  Travailleur  infatigable,  il  se  mit  aussitôt  à  l'ouvrage.  Les  archives 
du  Morbihan  se  trouvaient  alors  entassées  dans  les  combles  de  l'an- 
cienne préfecture  de  Vannes,  et  l'archiviste  n'avait  même  pas  un 
endroit  convenable  où  il  pût  travailler  en  repos.  De  plus,  de  nombreuses 
lacunes  se  faisaient  remarquer  dans  plusieurs  séries.  Grâce  à  la  bien- 
veillance de  ses  chefs,  dont  il  sut  gagner  bien  vite  l'estime  et  l'affection, 
le  local  qui  lui  était  consacré  fut  transformé,  l'ordre  s'établit  dans  le 
service  des  archives  et  il  parvint  à  y  faire  rentrer  des  dossiers  impor- 
tants qui  en  étaient  sortis. 

«  Il  dressa,  dès  lors,  l'inventaire  des  juridictions  royales,  seigneu- 
riales et  ecclésiastiques  du  Morbihan,  travail  aride,  qui  lui  fournit  la 
matière  d'un  fort  volume.  Il  terminait  l'inventaire  des  registres  parois- 
siaux de  baptêmes,  mariages  et  sépultures  antérieurs  à  1790,  lorsque  la 
mort  est  venue  le  frapper. 

«  Homme  de  goût  et  juste  appréciateur  des  œuvres  d'art,  M.  Rosen- 
zweig  donna  asile  dans  son  cabinet  à  plusieurs  tableaux  que  des  raisons 
politiques  avaient  chassés  du  salon  de  la  préfecture.  Ce  fut  ainsi  qu'il 
conserva  la  toile  représentant  la  pose  de  la  première  pierre  du  monu- 
ment de  la  Chartreuse  par  M™^  la  duchesse  d'Angoulême. 

«  Ce  premier  travail  accompli,  il  se  mit  à  inspecter  les  archives  com- 
munales et  hospitalières  du  département.  Il  parcourut  à  plusieurs 
reprises  le  vaste  territoire  du  Morbihan,  mettant  lui-même  tout  en 
ordre,  ne  reculant  devant  aucune  fatigue,  aucun  ennui  et  s'efforçant  de 
faire  comprendre,  quelquefois  non  sans  peine,  la  nécessité  d'un  travail 
peu  apprécié  de  quelques-uns  de  ses  administrés. 

«  Il  profita  de  ses  nombreuses  excursions  pour  visiter  jusqu'aux 
moindres  bourgades,  s'éclairant  des  rares  travaux  des  archéologues  du 
pays,  se  faisant  guider  souvent  par  de  pauvres  petits  pâtres,  afin  de  voir 
par  lui-même  chaque  objet  et  de  pouvoir  en  donner  une  exacte  descrip- 
tion. Ce  fut  alors  qu'il  visita  presbytères,  manoirs  et  châteaux,  dcman- 


i32 

dant  à  tous  les  renseignements  historiques  qu'ils  pouvaient  lui  fournir, 
ne  se  rebutant  de  rien  lorsqu'il  s'agissait  de  ses  chères  études.  Aussi, 
après  chaque  voyage,  quelle  abondante  moisson  de  notes,  de  dessins  ne 
rapportait-il  pas  ! 

«  A  partir  de  l'année  1859,  il  publiait  le  résultat  de  ses  incessantes 
recherches  dans  le  bulletin  de  la  Société  polymathique  de  Vannes,  sous 
le  nom  de  Statistique  archéologique  du  Morbihan.  Quelques  années  après, 
en  1863,  Timprimerie  impériale  en  donnait  une  seconde  édition,  sous  le 
titre  de  Répertoire  archéologique  du  département  du  Morbihan.  En  même 
temps  il  préparait  un  second  travail,  aussi  apprécié,  qu'il  publia  en 
1870  ;  c'était  son  Dictionnaire  topographique  du  département  du  Morbihan. 
Ces  deux  œuvres,  les  plus  importantes  de  M.  Rosenzweig,  ne  l'empê- 
chèrent pas  de  faire  paraître  en  même  temps  des  notices  très  intéres- 
santes sur  les  archives  hospitalières,  départementales  et  communales 
du  Morbihan.  Ces  articles,  remplis  de  renseignements  très  curieux, 
parurent  dans  VAnnuaire  du  Morbihan  à  partir  de  1860.  En  1863,  il 
mettait  au  jour  une  notice  sur  la  Chartreuse  d'Auray  et  le  Monument 
de  Quiberon. 

«  A  côté  de  ces  travaux,  nous  devons  mentionner  un  grand  nombre 
de  mémoires  publiés,  depuis  1857,  dans  le  bulletin  de  la  Société  poly- 
mathique, et  sept  notices  lues  à  la  Sorbonne  depuis  1861,  parmi  les- 
quels nous  citerons  :  Le  Diner  du  Chevalier.  —  Les  Potiers  du  pays  de 
Rieux.  —  Du  droit  de  Quintaine.  —  Le  Jubilé  de  1652.  —  La  Médecine 
de  nos  pères.  —  Borne  de  Saint- Mériadec,  en  Plumergat.  —  Quelques 
ordonnances  de  police  à  Vannes  {1650-i735)  et  particulièrement  celles  qui 
concernent  les  murailles,  les  fontaines,  les  écoliers.  —  Mémoire  sur  les 
ordres  religieux  militaires  du  Temple  et  de  l'Hôpital,  leurs  établissements 
et  leurs  églises,  observés  dans  le  département  du  Morbihan.  —  Lettre  d'un 
soldat  breton  à  sa  mère  (1682).  —  Note  relative  à  la  sépulture  ancienne 
trouvée  dans  le  cimetière  d'Arradon.  —  Note  sur  une  fouille  faite  sous 
un  grand  lech  de  la  commune  de  Plouharnel.  —  Fragments  manuscrits 
d'un  romaH  de  chevalerie.  —  Excursion  archéologique  à  Saint-Gildas  de 
Rhuys,  en  novembre  1871.  —  Les  Cacous  de  Bretagne.  —  Les  Prévôts  féo- 
dés  en  Bretagne.  —  Le  Prieuré  de  Locmaria,  en  Plumelec.  —  Découvertes 
archéologiques  de  la  commune  de  Guer  :  Vabbaye,  le  château  de  Couédor, 
le  prieuré  de  Saint- Etienne.  —  Étude  sur  les  anciennes  circonscriptions 
paroissiales  du  Morbihan.  —  Notice  sur  les  lechs  bretons.  —  L'Épigraphie 
du  Morbihan.  —  Les  Fontaines  du  Morbihan.  —  Monuments  funéraires 
du  Morbihan.  —  Mémoires  sur  les  croix  de  pierre  du  Morbihan. 

«  Ces  travaux  furent  justement  appréciés  par  l'autorité,  qui  s'empressa 
de  récompenser  leur  auteur  en  lui  décernant  tour  à  tour  les  décorations 
d'officier  d'académie,  d'officier  de  l'instruction  publique  et,  enfin,  de 
chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

«  Depuis  plusieurs  années ,  le  ministère  de  l'instruction  publique 
l'avait  nommé  son  correspondant  pour  les  travaux  historiques. 


133 

«  En  examinant  la  liste  que  nous  venons  de  publier,  on  peut  voir  à 
quelle  spécialité  se  livrait  M.  Rosenzweig.  En  élève  de  l'Ecole  des  chartes, 
il  se  rendait  compte  des  difficultés  que  présentent  les  études  historiques. 
Pour  lui,  comme  pour  tous  ses  collègues,  l'histoire  ne  peut  être  écrite 
qu'au  jour  où  la  plupart  des  questions  particulières  auront  été  élucidées. 
Véritable  pionnier  de  l'histoire,  l'archiviste  établit  les  points  de  repère, 
pose  les  jalons  qui  guideront  un  jour  celui  qui  pourra  recueillir  les  fruits 
de  tant  de  recherches  pour  en  faire  un  tout  harmonieux  ;  travail  modeste, 
mais  qui  trouve  sa  récompense  dans  cette  satisfaction  que  l'on  ressent 
lorsque  l'on  a  porté  la  clarté  dans  une  question,  trop  souvent  l'objet  des 
erreurs  et  des  préjugés  les  plus  grossiers. 

«  Tel  fut  M.  Rosenzweig.  Outre  ces  études  particulières,  il  préparait 
une  œuvre  considérable,  qui  devait  rendre  à  notre  pays  des  services 
signalés. 

«  En  faisant  le  classement  de  ses  archives,  en  inspectant  les  dépôts 
des  archives  communales,  il  prônait  copie  de  toutes  les  chartes  qui 
intéressaient  l'histoire  du  département  du  Morbihan.  A  ces  nombreux 
documents  était  venue  se  joindre  la  copie  de  pièces  importantes  que  lui 
avait  fournies  la  générosité  éclairée  de  nombreux  châtelains  du  pays.  Il 
s'était  mis  également  en  rapport  avec  tous  ses  collègues  qui  pouvaient 
lui  procurer  des  documents  précieux  pour  compléter  ce  beau  travail. 
Déjà  M.  Rosenzweig  y  mettait  la  dernière  main,  déjà  il  en  ébauchait, 
croyons-nous,  une  préface  des  plus  savantes,  lorsque  ce  besoin  impérieux 
de  descendre  aux  moindres  détails,  cet  excès  d'exactitude  qu'il  appor- 
tait en  tout  le  firent  encore  retarder  cette  précieuse  publication.  Elle 
devait  porter  le  nom  de  Cartulaire  du  Morbihan.  Elle  aurait  été  le  fruit 
de  plus  de  vingt  années  d'un  travail  incessant  et  journalier. 

«  Ces  précieux  documents,  dont  plusieurs  sont  inédits,  ont  été  recueil- 
lis avec  une  filiale  sollicitude  par  sa  veuve  et  ses  enfants.  Puissions- 
nous  voir  cette  grande  œuvre  mise  entre  les  mains  du  public.  Mais  qui 
pourra  apporter  dans  ce  travail  cette  précision ,  cette  clarté  de  style 
qui  le  caractérisaient,  cette  science  profonde  des  usages  et  des  coutumes 
de  notre  pays  qu'il  possédait  à  fond  ? 

«  Tout  en  travaillant  à  cette  œuvre  importante,  M.  Rosenzweig  ne 
cessait  de  se  montrer  pour  tous  ceux  qui  venaient  le  consulter  l'homme 
aimable  et  complaisant  à  l'excès.  Il  passait  des  heures  entières  à  mettre 
sur  la  voie  des  recherchci;  que  l'on  voulait  faire  dans  ses  archives,  pro- 
longeant même,  presque  tous  les  jours,  ses  heures  de  bureau  pour 
mieux  servir  les  personnes  qui  s'adressaient  à  lui.  Mais,  employé  intègre, 
savant  consciencieux,  il  observait  rigoureusement  son  devoir  et  ne  ces- 
sait de  poursuivre  de  ses  avertissements  ceux  qui,  sans  falsifier  l'his- 
toire, n'apportaient  point  dans  leurs  études  cette  précision  qui  peut 
jeter  de  la  lumière  sur  une  question  controversée.  Bien  plus,  lorsqu'il 
venait  à  connaître  quelque  supercherie  littéraire,  sa  conscience  se  révol- 
tait et  il  se  mettait  en  devoir  de  rendre  à  chacun  ce  qui  lui  appartenait. 

9^ 


134 

Aussi,  clans  les  luttes  qui  trop  souvent  partagent  les  sociétés  de  pro- 
vinces, le  vit-on  toujours  ne  prendre  part  pour  aucun  parti,  mais  aussi 
ne  ménager  à  personne  la  vérité  :  c'est  ainsi  qu'il  sut  mériter  l'estime 
de  tous. 

«  Longtemps  il  fut  le  secrétaire  et  plusieurs  fois  le  président  de  la 
Société  polymathique  du  Morbihan,  et,  sous  son  énergique  et  intelli- 
gente direction,  cette  Société  prospéra  toujours.  Il  eut  l'honneur  et  le 
bonheur  de  présider  le  cinquantième  anniversaire  de  sa  fondation...  » 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  a  entendu,  dans  sa 
séance  du  !«'•  février  1884,  la  lecture  du  rapport  fait  au  nom  de  la  com- 
mission des  antiquités  de  la  France,  sur  les  ouvrages  envoyés  au  con- 
cours de  l'année  1883,  par  M.  Alexandre  Bertrand.  Nous  détachons  de 
ce  rapport  les  passages  suivants  : 

«  Si  l'Académie  fait  le  plus  grand  cas  des  travaux  de  longue  haleine, 
elle  prise  fort  aussi  les  œuvres  moins  étendues,  résultat  de  recherches 
consciencieuses  qui  se  dissimulent  pour  ne  laisser  voir  que  le  fruit  de 
sagaces  méditations.  h'Essai  sur  le  gouvernement  de  la  dame  de  Beaujeu 
a  ce  caractère.  La  seconde  médaille  est  accordée  au  petit  volume  de 
215  pages  dont  l'auteur  est  M.  Pélicier. 

«  L'Essai  sur  le  gouvernement  de  la  dame  de  Beaujeu  est  un  curieux 
chapitre  de  notre  histoire  nationale,  chapitre  à  peine  ébauché,  jusqu'ici, 
par  nos  historiens.  J^e  portrait  d'Anne  de  Beaujeu,  l'exposé  de  sa 
politique,  y  sont  tracés  de  main  de  maître.  L'importance  et  le  caractère 
de  la  politique  de  la  fille  de  Louis  XI  n'étaient  sans  doute  pas  mécon- 
nus, mais,  sur  le  détail  de  son  gouvernement,  sur  les  ressorts  qu'elle 
avait  si  habilement  fait  mouvoir,  planait  une  regrettable  obscurité.  Peu 
de  périodes  de  notre  histoire  sont  aussi  pauvres  en  renseignements  con- 
temporains. 

«  M.  Pélicier  a  dû  dépouiller  un  grand  nombre  de  pièces  d'archives 
manuscrites,  y  découvrir  les  renseignements  épars  qu'elles  renferment, 
les  rapprocher  des  rares  témoignages  recueillis  dans  Commines  et  dans 
la  chronique  de  Jaligny,  combiner  ces  données  diverses  en  les  contrô- 
lant réciproquement  en  vue  de  combler  cette  lacune  de  l'histoire  écrite. 
Il  y  a  pleinement  réussi.  La  commission  lui  a  su  gré  non  seulement 
de  ce  qu'il  dit,  mais  du  soin  mis  à  dissimuler  les  efforts  qui  l'ont  con- 
duit au  but.  Ces  efforts  se  devinent  sans  s'étaler  :  coquetterie  de  bon 
goût,  bien  rare  chez  un  historien  érudit  et  dont  vous  apprécierez  le 
mérite. 

«  Après  une  indication  et  une  appréciation  rapide  des  sources  où  il 
a  puisé,  l'auteur  tire  des  documents  patiemment  réunis  un  exposé  lumi- 
neux du  gouvernement  habile,  ferme,  mais  peu  scrupuleux  de  Madame 
Anne.  Les  traits  plus  ou  moins  sympathiques  du  caractère  de  la  régente 
sont  mis  en  relief  avec  une  netteté  qui  inspire  confiance.  La  place  que 
doit  occuper  légitimement  dans  le  souvenir  des  hommes  cette  digne 


435 

fille  de  Louis  XI  y  est  judicieusement  déterminée.  A  la  fin  du  volume, 
nous  nous  sentons  suffisamment  renseignés  sur  l'action  puissante  d'Anne 
de  Beaujeu,  qui,  suivant  l'expression  de  Michelet,  «  mettait  autant  de 
«  soin  à  cacher  le  pouvoir  que  d'autres  mettent  à  le  montrer.  »  On  con- 
naissait les  résultats  de  sa  politique.  M.  Pélicier  en  a  mis,  pour  ainsi 
dire,  la  trame  à  nu. 

«  Le  style  du  récit  est  simple,  vif,  clair.  L'auteur  ne  cherche  pas 
l'effet;  il  l'obtient  par  la  disposition  seule  des  idées,  en  les  dégageant 
de  tout  accessoire  inutile.  On  lira  avec  plaisir  cette  savante  étude,  à 
laquelle  seront  obligés  de  recourir  tous  ceux  qui  voudront,  désormais, 
raconter  le  règne  de  Charles  VIIL 

K  MM.  Auguste  et  Emile  Molinier,  qui  obtiennent  la  troisième 
médaille,  sont  bien  connus  de  vous.  L'œuvre  envoyée  par  eux  au  con- 
cours sous  le  titre  de  Chronique  normande  du  1/7"  siècle  est  digne  de 
leurs  œuvres  précédentes.  Non  seulement  la  Chronique,  comme  édition, 
est  entièrement  satisfaisante,  ce  qui  n'est  pas  un  faible  mérite,  mais 
les  auteurs  ont  su  en  extraire  tout  le  suc  et  mettre  le  fruit  de  leur  tra- 
vail à  la  disposition  de  tous. 

«  Qu'est-ce  que  la  Chronique  normande  ?  Le  titre  pourrait  égarer.  La 
Chronique  n'est,  en  effet,  ni  exclusivement  ni  même  spécialement  con- 
sacrée à  la  Normandie.  L'épithète  qui  la  qualifie  rappelle  que  l'auteur 
était  ou  passait  pour  être  Normand.  Ce  Normand  avait  parcouru  une 
grande  partie  de  la  France.  La  Normandie,  toutefois,  est  ce  qui  l'inté- 
resse le  plus. 

«  La  Chronique  commence  en  1297  et  se  termine  en  1371.  Mais  elle 
n'a  d'originalité  qu'à  partir  de  1328  ou  même  de  1345.  Simple  compi- 
lation jusque-là,  elle  prend  alors  l'importance  d'un  document  de  pre- 
mier ordre  ayant  parfois  le  caractère  d'une  source  unique.  L'auteur  a 
été  témoin  oculaire  des  événements.  Il  y  a  été  souvent  mêlé  lui-môme. 
Malheureusement  le  récit  est  sec,  monotone,  sans  aucun  mérite  litté- 
raire, de  lecture  difficile.  Les  sentiments  personnels  du  narrateur,  qui 
devraient  animer  son  style,  y  percent  si  peu  que  les  éditeurs  ont  eu 
grand'peine  à  éclairer  de  quelques  lueurs  sa  figure  effacée. 

«  De  cette  chronique  sèche  et  monotone,  MM.  Auguste  et  Emile 
Molinier,  tout  en  la  reproduisant  scrupuleusement  dans  sa  forme 
médiocre,  ont  su  faire  un  excellent  livre  d'histoire.  Ils  ne  se  sont  pas 
contentés  d'en  donner  un  texte  exact  coUationné  sur  les  manuscrits  ori- 
ginaux avec  indication  de  toutes  les  variantes  :  ils  l'ont  encadrée  outre 
une  introduction,  modèle  d'érudition  patiente  et  d'ingénieuse  méthode, 
et  un  sommaire  détaillé  où  tous  les  faits  mentionnés  par  le  chroniqueur 
sont  non  seulement  relevés,  mais  contrôlés  par  d'autres  témoignages. 
Les  dates  sont  établies  avec  soin.  Sur  chacun  des  personnages  figurant 
dans  le  récit  sont  fournis  des  renseignements  précieux,  souvent  nouveaux. 
Tous  les  noms  de  lieu  sont  identifiés.  Il  y  a  là  une  œuvre  personnelle, 


un  complément  de  la  Chronique,  à  vrai  dire  plus  précieux  que  la  Chro- 
nique elle-même.  Une  bonne  table  de  noms  d'hommes  et  de  lieux  ter- 
mine ce  volume,  qui  réunit  à  l'intérêt  du  fond  le  mérite  de  l'exécution. 
Les  historiens  futurs  du  xiv"  siècle  auront  souvent  à  citer  le  travail  de 
MM.  Auguste  et  Emile  Molinier.  L'Académie  les  devance  dans  l'expres- 
sion de  reconnaissance  qu'ils  devront  aux  éditeurs.  » 

—  L'Académie  des  sciences,  arts  et  belles-lettres  de  Caen  avait  mis 
au  concours,  pour  le  prix  Lair,  le  sujet  suivant  :  la  Poésie  française  en 
Normandie  au  1K«  et  au  XVI''  siècle.  L'Académie  proroge  cette  question 
à  l'année  1885.  Le  prix  est  porté  à  1,500  fr.  Les  mémoires  devront  par- 
venir francs  de  port  à  M.  Armand  Gasté,  secrétaire  de  l'Académie,  rue 
Élie-de-Beaumont,  5,  à  Caen,  au  plus  tard  le  31  décembre  1884.  Ils 
porteront  une  épigraphe  ou  devise,  répétée  dans  un  billet  cacheté  qui 
contiendra  le  nom  de  l'auteur.  L'Académie  ne  rend  aucun  des  manus- 
crits qui  ont  été  soumis  à  son  examen  ;  mais  les  auteurs  ont  la  liberté 
d'en  faire  prendre  des  copies. 

—  Notre  confrère  M.  Georges  Grassoreille,  archiviste  de  l'Allier, 
vient  de  commencer  la  publication  d'une  Revue  bourbonnaise,  histo- 
rique, artistique  et  archéologique,  qui  forme  tous  les  mois  un  élégant 
fascicule  de  32  pages  in-S»,  orné  de  deux  planches.  Signalons  dans  le 
premier  numéro  la  publication  (avec  fac-similé)  d'une  inscription  chré- 
tienne, trouvée  à  Saint-Victor,  près  MontluQon,  et  jusqu'ici  inédite, 
l'épitaphe  de  Sigegonde  (vi<'  siècle)  : 

t  VmC  REQVIESGIÏ  FAMO 
LA  i5ï  SIGGEGONDIS  VIXIT 
ANNUS  XXVIIII  DEFUNC 
TA  EST  VIII  KAL  IVNIAS 

—  Le  catalogue  des  manuscrits  grecs,  latins  et  italiens  de  l'antique 
abbaye  de  Grottaferrata,  près  Rome,  en  cours  de  publication  depuis 
l'an  dernier,  est  maintenant  terminé  et  vient  de  paraître  en  un  volume 
grand  in-4o  de  537  pages,  sous  le  titre  de  :  Codices  Cryptenses  seu  abba- 
ticB  CryptcB  Ferratsd  in  Tusculano  digesti  et  illustrati  cura  et  studio 
D.  Antonii  Rocchi,  etc.  Tusculani,  typis  abbatise  Gryptœ  Ferratœ  (36  fr. 
franco).  L'auteur  promet  pour  la  lin  de  l'année  des  Prolégomènes  éten- 
dus qui  compléteront  cette  savante  |iublication;  ces  prolégomènes  seront 
distribués  gratuitement  aux  souscripteurs. 

CALENDRIER  PORTATIF  DU  XV'  SIÈCLE. 

Dans  notre  précédent  volume  (p.  569)  nous  avons  fait  connaître  un 
calendrier  portatif  du  xiv«  siècle  analogue  à  un  autre  calendrier  sur 
lequel  Géraud  avait  jadis  publié  une  notice.  Un  troisième  document  du 
même  genre  se  trouve  en  ce  moment  à  la  librairie  Arrigoni,  à  Milan. 


]^7 

Il  y  en  a  une  description  sommaire,  accompagnée  d'un  fac-similé,  dans 
le  fascicule  intitulé  l'Omnium  des  livres  précieux,  par  Louis  Arrigoni, 
Milan,  32«  catalogue  (Milan,  1884,  in-S"),  p.  20,  article  101. 

Ce  calendrier  consiste  en  12  feuilles  de  parchemin,  qui  se  replient  sur 
elles-mêmes  de  façon  à  former  un  petit  volume,  n'ayant  pas  plus  de 
0"'095  de  hauteur  et  0'"032  de  largeur.  A  en  juger  d'après  le  fac-similé, 
c'est  un  travail  italien  de  la  fin  du  xv'  siècle. 

RECHERCHES  SOUS  UNE  TACHE  D'ENCREE 
(photogénie  et  photochimie.) 

«  Il  y  a  des  taches  d'encre  célèbres,  celles  notamment  de  P.-L.  Cou- 
rier sur  des  manuscrits  précieux  de  la  bibliothèque  de  Strasbourg  et  de 
celle  de  Florence  2,  taches  qui  ont  provoqué  la  colère  des  bibliophiles 
tant  et  si  bien  que  le  ministre  de  l'intérieur  se  mêla  de  la  querelle,  très 
disposé  qu'il  était  de  sévir  contre  le  spirituel  critique,  du  reste  très  mal 
en  cour,  et  pour  cause.  Mais  il  ne  s'agit  pas  ici  de  maculations  incons- 
cientes produites  par  un  savant  traduisant  un  poème  grec,  ou  copiant 
une  édition  exceptionnelle,  ni  d'une  œuvre  de  Ronsard  biffée  tout  entière 
par  Malherbe  sous  prétexte  d'en  signaler  les  fautes. 

«  Plus  sérieusement,  sous  une  tache  d'encre  accidentelle  ou  volon- 
taire, sous  un  trait  de  plume  très  accentué,  comme  sous  une  large 
maculation  produite  par  une  écritoire  renversée,  et  même  sous  une 
correction  légère,  on  peut  avoir  un  grand  intérêt  à  faire  reparaître  un 
engagement,  une  signature,  un  mot,  un  numéro  d'ordre,  une  somme, 
un  chiffre,  etc.,  en  partie  effacés  ou  entièrement  disparus. 

«  Un  problème  de  ce  genre  m'a  été  soumis  dernièrement  dans  une 
affaire  grave.  Les  questions  à  résoudre  étaient  importantes  et  nom- 
breuses ;  importantes  d'abord,  car  elles  avaient  trait  à  une  somme  con- 
sidérable (pli  de  50,000  fr.)  volée  dans  une  administration  publique^. 

1.  Nous  reproduisons,  d'après  le  recueil  intitulé  :  Lyon  scientifique  et  indus- 
triel, n"  (lu  1""'  janvier  1884,  p.  305  et  suiv.,  le  commencement  d'un  article  de 
M.  Ferrand,  qui  peut  fournir  des  indications  utiles  aux  bibliothécaires  et  aux 
archivistes. 

2.  Strasbourg,  1802.  Courier,  en  faisant  ses  recherches,  répandit  sur  un  magni- 
fique exemplaire  d'Alhéné?  un  encrier  qu'il  avait  pris  jiour  un  poudrier.  Ail- 
leurs, à  Florence,  1809,  bibliothèque  de  San-Lorenzo,  maculation  d'un  manus- 
crit de  Longus,  Daphnis  et  Chloé,  précisément  dans  le  premier  livre,  dont  il 
n'existe  trace  dans  aucune  édition,  dans  aucun  autre  manuscrit.  L'auteur  de  la 
faule  s'en  accusa,  en  laissant,  à  coté  des  vingt  mots  couverts,  cette  note  :  «  Un 
morceau  de  papier,  posé  par  mégarde  pour  servir  de  marque,  s'est  trouvé 
taché  d'encre;  la  faute  en  est  tout  à  moi,  qui  ai  fait  cette  étourderie,  en  foi  de 
quoi  je  l'ai  signé  :  Courier.  Florence,  10  novembre  1809.  » 

3.  liureau  de  poste  des  Terreaux,  à  Lyon. 


J38 

Il  s'agissait  aussi  de  confusions  semées  par  des  inscriptions  de  chiffres 
ajoutés  à  d'autres,  de  responsabilités  enfin  réparties  sur  plusieurs  per- 
sonnes, alors  qu'il  ne  devait  y  avoir  qu'un  coupable  ;  questions  nom- 
breuses ensuite,  car,  sous  une  tache  d'encre  très  prononcée,  il  fallait 
pouvoir  relire  la  somme  ou  numéro  d'ordre  effacé,  et  peut-être  préala- 
blement corrigé,  dans  un  bureau  où  trois  employés  faisaient  usage  de 
trois  écritoires  diversement  pourvues. 

«  En  conséquence,  l'expert  était  chargé  de  dire  notamment  : 

«  Si  la  tache  d'encre  était  accidentelle  ou  volontaire; 

«  Laquelle  des  trois  encres  constituait  la  maculation  ? 

«  Laquelle  des  trois  encres  avait  servi  à  l'inscription  des  chiffres 
sous-jacents? 

«  Quelle  était  celle  affectée  à  une  correction  probable  ? 

«  Quelle  main,  d'autre  part,  avait  enfin  tracé  ceci  ou  cela  ?  etc.,  étant 
donnés  divers  exemples  d'écritures  et  de  chiffres. 

«  Un  tel  questionnaire,  s'étendant  à  d'autres  recherches  non  moins 
complexes  sur  des  chiffres  isolés,  fait  assurément  le  plus  grand  honneur 
à  la  science,  car  lui  parler  ainsi,  c'est  ne  pas  douter  d'elle  ;  mais  épi- 
neuse devient  la  situation  de  l'interprète. 

«  Déterminer  la  nature  des  trois  encres  différentes  était  le  premier 
devoir  à  remplir;  le  second,  comme  conséquence,  devait  consister  à 
chercher  un  réactif  capable  de  les  distinguer  dans  leur  état  d'isolement, 
et,  au  besoin,  dans  leur  état  de  superposition,  ce  qui  nécessitait  bien 
quelque  hardiesse. 

«  Rcactio7is  chimiques  étahlissant  la  nature  différente  des  encres  employées 
dans  l'espèce.  —  Or,  l'emploi  varié  de  réactions  directes  ou  successives  : 
acides,  alcalines,  oxydantes,  réductrices  et  d'autres  modificateurs,  avec 
sels  d'alumine,  sels  métalliques  divers,  allait,  en  édifiant  sur  le  carac- 
tère dominant  de  chacune  de  ces  encres,  démontrer  que  celle  portant  le 
n»  1,  ou  encre  de  la  tache,  était  composée  avec  de  l'extrait  de  campèche, 
de  l'alun,  de  la  gomme  et  du  chromate  de  potasse  ;  celle  du  n°  2,  avec 
du  gallate  ferriqueet  ferreux;  celle  du  n»  3,  avec  un  mélange  des  deux 
précédentes. 

«  Convertir  la  première  en  rose  avec  un  acide  et  faire  intervenir  la 
complémentaire  ou  coloration  verte  légère,  c'était  en  grande  partie 
annihiler  la  couleur  sombre  en  la  convertissant  en  gris  clair  plus  ou 
moins  dominé  de  rose  et  surtout  de  vert,  mais  en  tout  cas  profondé- 
ment anéantir  sa  nuance  primitive.  Or,  le  résultat  était  bientôt  telle- 
ment obtenu  dans  mes  épreuves  préalables,  faites  en  dehors  de  la  pièce 
suspecte,  c'est-à-dire  avec  les  encres  saisies,  que  la  maculation  ou  les 
écritures  de  la  pièce  n'  1,  dues  au  violet  bleuté,  disparaissaient  dans 
une  teinte  vert  clair.  Mais,  en  second  lieu,  comment  respecter  les  tracés 
des  deux  autres  encres  ?  Un  ferricyanure  exaltait  le  noir  de  l'écriture 
n»  2,  encre  Ramboz,  et  nuançait  autrement,  c'est-à-dire  en  vert,  les 


^39 

caractères  de  l'encre  n»  3,  sans  altérer,  dans  ces  deux  derniers  cas,  les 
traits  dans  leurs  formes  même  les  plus  déliées. 

«  Le  même  réactif  acidulé,  verdàtre  par  lui-même  (1  p.  d'acide  chlo- 
rhydrique,  2  p.  de  ferricyanure  et  7  p.  d'eau),  devait  remplir  les  trois 
conditions  voulues.  En  effet,  un  libellé  quelconque  était-il  tracé  avec 
l'encre  n"  2,  encre  réputée  et  déjà  très  noire,  puis  abandonné  à  la  des- 
siccation et  recouvert  d'une  tache  d'encre  n°  1,  dite  de  l'administration, 
c'est-à-dire  violettée,  de  la  tache  suspecte  ?  le  réactif  intervenant  enle- 
vait la  tache  seule  et  mettait  à  nu  les  chiffres  sous-jacents,  apparais- 
sant très  noirs  et  distincts  dans  un  milieu  jaunâtre  plus  ou  moins  verdi. 

«  Le  dessous  était-il  dû  à  l'encre  n°  3  ou  mixte,  constituant  toute  la 
somme  ou  seulement  une  correction  faite  avec  cette  dernière  ?  Les  traits 
reparaissaient  nettement  et  franchement  verts. 

«  La  réaction  voulue  était  donc  trouvée  ;  mais,  applicable  dans  deux 
cas,  elle  pouvait  être  compromettante  dans  un  troisième.  Ainsi,  avec 
n°  1  sous  n°  1,  tout  était  effacé  ec  confondu,  tache  et  traits  quelconques  ; 
la  confusion  pouvait  alors  être  grande,  car  la  pièce  à  conviction  était 
peut-être  dans  ce  cas,  et  l'expert  s'exposait  à  la  détruire  d'un  seul  coup 
de  pinceau,  destruction  toujours  grave  en  soi,  même  après  résultat  con- 
cluant; cependant  la  tentation  était  grande,  car  non  seulement  on  avait 
d'abord  deux  chances  affirmatives  sur  trois  avec  les  deux  dernières 
espèces  d'encres  résistantes,  et  finalement,  en  comptant  bien,  on  avait 
dans  l'effacement  total  la  signification  d'un  double  emploi  de  l'encre 
délébile  n"  1  ;  mais,  dans  ce  dernier  cas,  a-t-il  été  dit,  le  risque  était 
redoutable,  car,  ajoutons-nous,  l'on  avait  la  certitude  de  l'existence  d'une 
inscription  sous-jacente. 

«  Ainsi  armé,  mais  pour  une  éventualité  seulement,  n'avait-on  rien 
de  mieux  à  faire  ?  Or,  le  mieux  était  absolument  nécessaire,  car  la 
nature  de  l'encre  allait  être  connue,  il  est  vrai,  mais  avec  le  danger 
encouru  restaient  l'ignorance  de  la  somme  et  celle  de  l'existence  ou  non 
de  la  correction  supposée. 

«  Un  succès  moins  laborieux  et  autrement  complet  allait  trancher  la 
question  et  surtout  assurer  la  conservation  intégrale  de  la  pièce  à  con- 
viction. 

«  Intervention  photographique.  —  La  tache  d'encre  au  campêche  était 
un  peu  violettée,  ai-je  dit,  et  le  violet  est  plus  ou  moins  photogénique, 
alors  que  le  bleu  l'est  absolument,  et  les  encres  diverses  soumises  à 
mon  examen  devaient  avoir  autant  de  propriétés  photochimiques  diiïé- 
rentes^  ;  l'emploi  de  la  photographie  pouvait  donc  intervenir  utilement 

1.  Comme  exemples  de  ces  propriétés  photogéniques  et  pholochimiques  très 
distinctes,  j'avais  sous  les  yeux  une  coUeclion  de  timbres-poste  que  J'ai  fait 
photograpliier  dans  une  autre  expertise,  pour  la  recherche  de  traces  d'oblitéra- 
tion sur  des  timbres  lavés  et  rerais  en  circulation. 


440 

et  le  résultat ,  quoique  susceptible  d'être  prévu ,  ne  s'est  pas  moins 
manifesté  d'une  façon  surprenante.  En  effet,  dès  la  première  épreuve, 
la  tache  d'encre  n'est  pour  ainsi  dire  pas  venue  et  les  chiffres  sous- 
jacents  sont  nettement  sortis,  apparaissant  tous  avec  leurs  formes  carac- 
téristiques, révélant  et  une  inscription  première  due  à  un  même  auteur 
et  une  correction  saillante  qu'une  autre  main  avait  fait  subir,  notam- 
ment au  dernier  chiffre  (voir  la  photographie,  n°  1  bis).  Le  cliché  ou 
négatif  doit  être  observé  aussi,  car  il  est  encore  plus  remarquable  que 
l'épreuve  positive  même.  C'est  ainsi  que  l'on  y  distingue  très  bien  la 
somme  1,200  primitive  et  sa  conversion  en  1,203,  alors  que  la  première 
de  ces  sommes  est  le  numéro  d'ordre  d'un  pli  simplement  recommandé, 
enregistré  à  l'entrée  et  au  départ,  et  que  le  deuxième  numéro  obtenu 
par  correction  et  dissimulation  est  celui  d'un  pli  de  50,000  fr.  chargé  et 
dérobé,  dont  l'inscription  était  vainement  cherchée  sur  le  livre  de  sortie. 
D'autres  chiffres,  que  l'on  voit  barrés  en  noir  par  notre  réactif  vert, 
avaient  été  ajoutés  pour  parfaire  la  confusion,  et  le  numéro  d'ordre 
important,  après  adultération,  avait  été  noyé  sous  une  tache  d'encre 
très  épaisse. 

«  Le  soleil  peintre,  dessinateur,  chimiste,  physicien,  le  soleil,  qui  sait 
avec  plus  de  puissance  fouiller  et  dissiper  les  ombres,  avait  à  lui  seul 
plus  éclairé  la  justice  que  l'aurait  pu  faire  le  plus  habile  investigateur. 

«  Il  avait  en  quelque  sorte  enlevé  le  voile  en  refusant  la  tache  et  livré 
les  chiffres  sous-jacenls,  en  même  temps  qu'il  déterminait  la  nature  des 
encres  plus  ou  moins  photochimiques,  et  décelait  ainsi  les  procédés  de 
la  fraude.  De  par  lui,  enfin,  il  était  intéressant  de  pouvoir  simultané- 
ment présenter  d'une  main  le  dessus  obscur  de  la  tache  conservée,  et, 
de  l'autre,  le  dessous  de  la  tache,  pour  ainsi  dire  enlevée,  mis  en  relief 
et  éclairé...  » 


NOTE  SUR  UN  MANUSCRIT 


DE   LA 


BIBLIOTHÈQUE  D'ABEZZO 


Ayant  eu  l'occasion  de  voyager  dernièrement  en  Italie,  je  me 
suis  arrêté  quelques  heures  dans  la  petite  ville  toscane  d'Arezzo, 
où  je  désirais  voir  un  manuscrit  récemment  découvert,  au  sujet 
duquel  une  brève  communication  avait  été  faite  à  l'Académie  des 
inscriptions  le  25  janvier  dernier.  Ce  manuscrit  contient  le  traité 
De  mi/ste/'iis  de  saint  Hilaire  de  Poitiers,  cité  par  saint  Jérôme 
au  chapitre  100  de  son  Liber  de  scriptoribus  écoles iasticis,  et 
que  l'on  considérait  comme  perdu.  11  renferme  en  outre  deux 
hymnes  et  un  assez  long  fragment  d'un  Voyage  en  Orient,  dont 
personne  n'avait  eu  connaissance  jusqu'ici  et  dont  le  rédacteur 
paraît  avoir  vécu  du  iV  au  v^  siècle.  J'avais  espéré  y  rencontrer 
aussi  quelques  écrits  relatifs  aux  études  que  je  poursuis  actuelle- 
ment sur  divers  saints  de  la  Gaule  mérovingienne.  Mon  espoir  a 
été  déçu  ;  mais  les  opuscules  que  l'on  y  trouve  n'en  sont  pas  moins 
fort  dignes  d'attention.  Ils  doivent  être  prochainement  tous  publiés 
à  Rome  ;  je  pense  cependant  qu'il  ne  sera  pas  sans  intérêt  pour  les 
lecteurs  de  notre  i?eyi(e  d'en  connaître  dès  maintenant  le  contenu. 

La  collection  où  se  trouve  notre  manuscrit  ne  fait  pas  partie 
d'un  dépôt  public  ;  elle  est  la  propriété  d'une  confrérie  laïque,  qui, 
d'ailleurs,  en  accorde  libéralement  l'accès  aux  travailleurs.  Le 
directeur  de  cette  bibliothèque,  M.  le  chevalier  Gamurrini,  bien 
connu  par  les  remarquables  travaux  d'érudition  qu'il  publie  depuis 
de  nombreuses  années,  et  auquel  nous  devons  cette  importante 
découverte,  m'a,  sur  ma  demande,  autorisé  à  consulter  le  manus- 
crit en  question.  Qu'il  me  soit  permis  de  lui  exprimer  ici  toute 
ma  gratitude  pour  la  bienveillance  qu'il  m'a  témoignée  en  cette 
circonstance  et  pour  la  parfaite  libéralité  avec  laquelle  il  m'a 

40 


U2 

laissé  prendre  connaissance  des  textes  qu'il  venait  de  mettre  au 
jour. 

Le  recueil  dont  il  s'agit  portera  au  catalogue  actuellement  en 
préparation  le  n°  VI,  3.  Sur  la  couverture,  qui  consiste  en  un 
très  vilain  cartonnage  moderne,  est  inscrit  le  titre  :  S.  Hilarii 
Opéra,  ms.  Le  texte,  écrit  à  longues  lignes,  et  entièrement,  ce 
me  semble,  de  la  même  main,  comporte  207  mill.  de  haut,  sur 
138  mill.  de  large.  L'écriture  offre  les  caractères  de  celle  des 
manuscrits  du  Mont-Cassin  et  me  paraît  dater  du  milieu  du 
xp  siècle.  Le  recueil  compte  en  tout  37  feuillets  :  les  13  pre- 
miers sont  consacrés  au  traité  De  mysteriis  ;  les  ff.  14  et  15 
aux  deux  hymnes;  les  22  derniers  feuillets  au  Voyage  en 
Orient. 

Le  traité  I)e  mysteriis,  qu'une  rubrique  attribue  effectivement 
à  saint  Hilaire  :  Finit  tractatus  mysteriorum  sancti  Hilarii 
episcopi,  ab  Adam  usque  ad  Noe,  deinde  Abrae,  Ysaac, 
Jacob,  Moysi  et  Osée  prophète  et  Helie,  ce  traité,  disons- 
nous,  se  compose  de  deux  livres,  dont  le  premier  est  au  moins  trois 
fois  plus  étendu  que  le  second.  Dans  notre  manuscrit,  le  commence- 
ment du  livre  T'"  manque,  mais,  autant  qu'il  est  permis  d'en  juger, 
la  lacune  n'est  pas  considérable,  car,  aux  premières  lignes  du  pre- 
mier feuillet,  l'auteur  en  est  à  expliquer  le  but  de  son  ouvrage  : 
Et  quia  hoc  libello  visuni  est  ostendere  07nnem^  in  singulis 
quibusque  et  viris  et  rébus  adventus  sui  [Dom.  J.  C]  et 
predicationis  sue  et  passionis  et  resurrectioyiis  tanquam  in 
imaginem  in  sjjeculo proferri,  non  transcursim  memorabo 
aliqua,  sed  quibusque  temporibus  universa  tractabo,  ab 
Adam  et  quo  humani  generis  sciencia  permittitur  inchoa- 
turus.  Saint  Hilaire  rappelle  alors  l'iiistoire  d'un  certain  nombre 
des  personnages  de  l'Ancien  Testament  et  cherche  à  démontrer 
que  leur  oeuvre  n'est  que  le  prélude  de  celle  accomplie  par  Jésus- 
Christ.  Ce  traité,  d'un  intérêt  exclusivement  théologique,  ne  nous 
arrêtera  pas  davantage.  N'était  le  renom  de  son  auteur,  il  méri- 
terait à  peine  les  honneurs  de  l'impression.  Quant  aux  deux 
hymnes  qui  le  suivent,  l'un  est  peut-être  aussi  de  saint  Hilaire, 
l'autre  est  l'œuvre  d'une  femme  qui  ne  se  nomme  pas,  et  que  je 
n'ai  pu  jusqu'ici  identifier.  Tous  deux  sont  également  des  œuvres 
purement  religieuses. 

1.  Peut-êU'e  omen,  quoique  ce  soit  abrégé  ainsi  :  ome. 


J'en  viens  maintenant  à  l'opuscule  par  lequel  se  termine  le 
manuscrit,  et  dont  l'importance  dépasse  de  beaucoup  celle  des 
écrits  dont  il  vient  d'être  question.  C'est,  je  l'ai  dit,  le  récit 
d'un  voyage  en  Orient.  L'auteur  en  est  une  femme  qui  a 
parcouru  en  personne  et  dans  un  but  de  dévotion ,  religionis 
causa,  les  diverses  régions  qu'elle  décrit.  Son  nom  n'est  point 
donné  et  il  sera  difficile  de  le  déterminer  d'une  façon  certaine. 
Elle  était  en  relations  intimes  avec  les  religieuses  d'un  monas- 
tère situé  probablement  dans  une  localité  voisine  du  Rhône,  et 
elle  a  composé  son  livre  pour  l'instruction  et  l'édification  de  ces 
religieuses  :  Je  désire,  dit-elle  souvent,  que  mes  sœurs  sachent 
telle  ou  telle  chose.  Elle  compare  le  cours  de  l'Euphrate  à  celui 
du  Rhône  :  Eufrates  habens  impetum  sicut  habet  fluvius 
Rodaiius,  nisi  quod  maior  est  Eufrates.  Je  ne  connais  moi- 
même  pour  ces  premiers  siècles  de  notre  ère  que  deux  abbayes  de 
femmes  dans  les  pays  voisins  du  Rhône  :  l'une  est  celle  que 
sainte  Césarie,  la  sœur  de  l'évêque  saint  Césaire,  avait  fondée  à 
Arles  dans  la  première  moitié  du  vi''  siècle;  l'autre,  mentionnée 
avec  son  abbesse  Marie  dans  une  inscription  qui  semble  dater  de 
la  fin  du  v"  ou  du  vi''  siècle,  se  trouvait  à  Narbonne^  Il  est  pos- 
sible que  ce  soit  à  l'un  de  ces  monastères  que  notre  auteur  ait 
adressé  son  livre,  il  est  possible  même  qu'elle  ait  été  l'abbesse  ou 
la  protectrice  de  l'un  d'entre  eux.  Deux  opinions  que  je  for- 
mulerai plus  loin  sur  l'époque  de  la  rédaction  du  texte  et  sur  la 
personnalité  de  notre  voyageuse  excluraient  la  première  de  ces 
hypothèses,  au  moins  en  ce  qui  concerne  l'abbaye  d'Arles,  et  ne 
cadreraient  pas  avec  l'idée  que  l'auteur  aurait  fait  partie  d'une 
congrégation  monastique,  soit  en  qualité  d'abbesse,  soit  comme 
simple  religieuse.  Mais,  pour  juger  de  la  valeur  de  ces  opinions, 
il  importe  que  le  lecteur  soit  rais  au  courant  du  contenu  de  notre 
texte.  Je  vais  donc  résumer  brièvement  le  récit  et  faire  connaître 
aussi  succinctement  que  possible  l'itinéraire  parcouru. 

Disons  tout  d'abord  que  l'écrit  est  en  grande  partie  mutilé.  Le 
commencement  et  la  fin  manquent  ;  au  milieu,  plusieurs  feuillets 
ont  été  arrachés.  Malheureusement  les  fragments  perdus  renfer- 
maient sans  doute  des  renseignements  fort  intéressants.  On  peut, 
en  efiet,  conclure  d'un  passage  de  ce  qui  nous  reste  que  la  voya- 
geuse était  partie  de  Constantinople,  qu'elle  avait  traversé  l'Asie 

1.  Le  Blant,  Inscript,  chrët.  de  la  Gaule,  n"  615;  l.  II,  p.  461. 


Mineure  tout  entière,  et  il  est  certain  qu'elle  avait  décrit  la  Bithy- 
nie,  la  Galatie  et  la  Cappadoce,  dans  la  partie  perdue  de  son  récit. 
Il  est  en  outre  permis  de  supposer  que  de  l'Asie  Mineure  elle  avait 
gagné  la  Syrie,  la  Palestine,  Jérusalem,  et  que  son  voyage  à  tra- 
vers ces  contrées  se  trouvait  également  raconté  en  détail  dans 
cette  première  partie.  En  effet,  au  commencement  du  fragment 
conservé  dans  notre  manuscrit,  nous  voyons  l'auteur  quitter 
l'Egypte,  revenir  en  terre  sainte,  s'arrêter  à  Jérusalem,  traver- 
ser tout  le  nord  de  la  Palestine  et  gagner  Antioche,  sans  presque 
rien  nous  raconter  de  ce  qu'elle  a  vu  sur  son  chemin  depuis  le  mont 
Sinaï  jusqu'en  Syrie .  Il  paraîtrait  fort  extraordinaire  qu'elle  eût  com- 
plètement négligé  de  visiter  les  lieux  illustrés  par  l'histoire  du 
Sauveur,  et  plus  extraordinaire  encore  qu'elle  n'en  eût  rien  dit  dans 
son  récit.  Peut-on  supposer  surtout  qu'elle  ait  de  parti  pris  renoncé 
à  décrire  en  détail  Jérusalem,  le  Golgotha,  le  saint  sépulcre,  le 
mont  des  Oliviers,  tous  les  sanctuaires  enfin  que  la  cité  sainte 
offrait  à  la  dévotion  et  à  la  curiosité  du  pèlerin  ?  On  verra  plus 
loin  que  les  feuillets  arrachés  au  milieu  du  livre  ne  devaient  pas, 
selon  toute  vraisemblance,  être  consacrés  aux  diverses  localités 
dont  il  vient  d'être  question.  Ce  n'est  là,  bien  entendu,  qu'une 
hypothèse;  mais  ce  qui  est  certain,  au  contraire,  c'est  que  cette 
première  partie  perdue  contenait  une  description  de  l'Egypte. 
Quelques  allusions  rétrospectives  qui  se  trouvent  dans  le^  frag- 
ment conservé  ne  laissent  aucun  doute  à  ce  sujet.  De  l'Egypte 
la  voyageuse  va  au  Sinaï  et  les  premières  lignes  de  notre  texte 
nous  la  montrent  arrivée  en  vue  de  la  montagne  :  Interea 
ambulantes  pervenimus  ad  quenda^n  locum  ubi  sex  tamen 
montes  illi  inter  quos  ibamus  aperiebant  et  faciebant  val- 
lem...  et  trans  vallem  apparebat  ynons  sanctus  Dei  Syna. 
Les  voyageurs,  ajoute-t-elle,  qui  passent  en  cet  endroit,  ont  l'ha- 
bitude de  se  mettre  en  prière  aussitôt  qu'ils  aperçoivent  la  mon- 
tagne sainte.  C'est  ce  qu'elle  fait  elle-même,  puis  elle  reprend  sa 
route.  La  vallée  qui  se  trouve  au  pied  du  Sinaï  est,  nous  dit-elle, 
longue  de  16,000  pas.  C'est  là  que  séjournèrent  les  Hébreux  et 
qu'ils  adorèrent  le  veau  d'or  pendant  que  Moïse  était  sur  la  mon- 
tagne. L'auteur  décrit  la  contrée  ;  elle  parle  de  sa  visite  aux  divers 
monastères  qui  s'y  trouvent  et  où  elle  est  assez  bien  reçue,  salis 
huinane,  de  son  ascension  au  Sinaï,  cum  grandi  labore,  quia 
pedibus  me  ascendere  necesse  eral,  quia  pr  or  sus  nec  in  sella 
ascendi poterat .  Au  sommet,  d'où  la  vue  s'étend  à  la  fois  sur 


l'Egypte  et  la  Palestine,  sur  la  mer  Rouge,  sur  la  mer  Parthênique, 
qui  baigne  Alexandrie,  et  sur  le  pays  des  Sarrasins,  se  trouve 
une  petite  église  :  In  eo  ergo  loco  est  una  ecclesia  non  grandis, 
quoniam  et  ipse  locus,  id  est  sammitas  montis,  non  satis 
grandis  est.  La  voyageuse  et  ses  compagnons  visitent  l'inté- 
rieur de  l'édifice;  lorsqu'ils  en  sortent,  les  prêtres  leur  donnent 
des  eulogies  et  leur  offrent  des  fruits  du  pays ,  puis  les  mènent 
voir  les  curiosités  de  la  montagne,  et  en  particulier  la  caverne 
où  demeura  Moïse.  Au  pied  du  Sinaï,  on  leur  montre  l'endroit  du 
buisson  ardent  et  les  fondements  des  habitations  construites  par 
les  Hébreux  lors  de  leur  séjour  dans  cette  contrée.  Du  Sinaï,  les 
voyageurs,  au  lieu  de  se  diriger  directement  sur  la  Palestine  en 
traversant  le  désert,  se  rendent  à  Cles)na,Si  l'extrémité  nord  de  la 
mer  Rouge,  et  de  là  hArabia^,  dans  la  terre  de  Gessen.  Comme 
la  route  est  peu  sûre,  des  soldats  qui  sont  chargés  de  la  garde  du 
pays  les  accompagnent  d'étape  en  étape,  de  Castro  ad  cas- 
trum,  jusqu'à  Belseson^,  sur  la  mer  Rouge.  C'est  là,  dit  notre 
texte,  que  les  Hébreux  virent  l'armée  de  Pharaon  qui  les  pour- 
suivait ;  c'est  dans  cette  même  contrée  que  se  trouve  la  ville  de 
Pithom,  bâtie  par  eux  et  maintenant  appelée  Héro.  Héro  pos- 
sède une  église  et  plusieurs  monastères,  que  nos  voyageurs  n'ont 
garde  de  négliger.  Ils  passent  aussi  vers  l'ancienne  Ramessen, 
d'où  toute  habitation  a  disparu  et  sur  l'emplacement  de  laquelle 
on  ne  voit  plus  qu'une  grande  pierre  surmontée  de  deux  statues 
taillées,  dit-on,  par  les  Israélites  et  représentant  Moïse  et  Aaron. 
Un  grand  sycomore,  qui  fut,  à  ce  qu'on  assure,  planté  par  les 
patriarches,  se  trouve  tout  auprès.  A  Ramessen,  ils  trouvent 
révêque  d'Arabia,  qui  est  venu  à  leur  rencontre.  C'est  un  homme 
déjà  vieux,  très  affable  et  très  hospitalier  pour  les  pèlerins, 

D'Arabia,  où  ils  arrivent  la  veille  de  l'Epiphanie,  nos  voyageurs 
renvoient  à  leur  garnison  les  soldats  romains  qui  leur  ont  servi 
d'escorte  :  Nos  autem  inde  Jani  remisimus  milites  qui  nobis 
pro  disciplina  romana  auxilium  prebuerant  qiiandiu  per 
loca  suspecta  ambidaveramus .  La  terre  de  Gessen,  où  se 
trouve  Arabia,  est  merveilleusement  fertile,  elle  produit  en  abon- 
dance la  vigne  etlebalsame.  L'auteur  déclare  n'avoir  jamais  rien 

1.  Je  ne  trouve  cette  localité  sur  aucune  carte  et  dans  aucun  itinéraire. 

2.  Sans  doute  Beel-Sephon,  qui  se  trouve  effectivement  sur  la  mer  Rouge,  à 
l'endroit  où  les  Hébreux  l'ont  passée. 


146 

VU  de  plus  admirable  que  cette  région.  Elle  la  traverse  en  deux 
jours  de  marche,  en  suivant  en  sens  inverse  la  route  parcourue 
par  les  Hébreux  à  leur  sortie  d'Egypte,  route  qu'elle  connaît  déjà 
pour  l'avoir  prise  à  l'aller,  arrive  à  Tanis,  où,  dit-elle,  est  né 
Moïse,  puis  à  Péluse,  et  atteint  enfin  les  frontières  de  la  Palestine. 
A  partir  de  là  jusqu'au  moment  où  elle  retrouve  et  quitte  défini- 
tivement Jérusalem,  on  a  quelque  peine  à  se  rendre  bien  compte 
de  son  itinéraire.  Aux  termes  de  son  récit,  elle  aurait  été  tout  droit 
à  Jéricho  et  de  Jéricho  dans  la  ville  sainte  ;  elle  en  serait  repartie 
peu  après,  aurait  gagné  les  rives  du  Jourdain  à  l'endroit  où  Josué 
l'a  franchi,  aurait  passé  le  fleuve  près  d'une  localité  qu'elle 
appelle  Libidda  ou  Liviada  et  où,  dit-elle,  on  voitencoreles  restes 
du  camp  des  Israélites,  se  serait  rendue  ensuite  sur  l'emplacement 
de  Sodome,  aurait  passé  vers  la  colonne  de  sel,  alors  recouverte 
par  la  mer  ;  elle  aurait  ensuite  visité  Esebon  et  serait  enfin 
retournée  à  Jérusalem. 

Il  suffit  de  jeter  les  yeux  sur  une  carte  pour  apercevoir  l'étran- 
geté  d'un  semblable  voyage  et  l'on  peut  douter  qu'il  se  soit 
effectué  de  cette  façon.  Je  serais  plutôt  porté  à  croire  qu'en 
quittant  l'Egypte  la  voyageuse  s'est  portée  vers  la  partie  méri- 
dionale de  la  mer  Morte,  où  se  trouvaient  en  effet  Sodome  et  la 
colonne  de  sel,  que  de  là,  se  dirigeant  vers  le  nord-est,  elle  a  été 
passer  par  Esebon,  puis  que,  tournant  alors  vers  l'occident,  elle 
est  venue  traverser  le  Jourdain,  qu'elle  s'est  ensuite  rendue  à 
Jéricho  et  enfin  à  Jérusalem.  Quoi  qu'il  en  soit,  elle  ne  fit,  semble- 
t-il,  qu'un  court  séjour  dans  cette  dernière  ville,  où  elle  était  arri- 
vée pendant  la  semaine  sainte  et  où  elle  avait  assisté  aux  cérémo- 
nies religieuses  dans  les  églises  du  Mont-des-Oliviers,  du  Calvaire 
et  de  la  Résurrection.  Elle  la  quitta  bientôt  pour  reprendre  la 
route  du  nord  et  après  avoir  encore  visité  quelques  localités  de  la 
Palestine  {Carnia\  où  elle  prie  auprès  du  tombeau  de  Job; 

1.  On  a  cherché  le  tombeau  de  Job  en  plusieurs  endroits.  Le  plus  accrédité  se 
trouve  dans  la  Trachonite,  près  de  la  source  du  Jourdain,  entre  les  villes  de 
Théman,  Suele  et  Naamath,  au  N.-O.  de  Belhsaïde.  Il  y  a  près  de  là  une  localité 
du  nom  de  Carnaïm  qui  pourrait  bien  être  le  Carnia  en  question.  Peut-être 
cependant  faut-il  idenlifler  notre  Carnia  avec  un  autre  Carnaïm  qui  se  trouve 
plus  au  sud,  dans  le  territoire  de  l'ancienne  demi-tribu  de  Manassé,  ou  avec  un 
Camion  situé  dans  la  même  région,  non  loin  des  rives  du  Jabock.  Le  choix  de 
l'un  de  ces  deux  derniers  emplacements  concorderait  mieux  avec  les  données  du 
récit.  Cependant,  comme  l'itinéraire  de  notre  voyageuse  présente  d'autres  anoma- 
lies, je  pense  qu'il  vaut  mieux  ne  pas  trancher  la  question  d'une  façon  péremptoire. 


^/<7 

Salem,  où  on  lui  montre  le  tombeau  de  Melchisédec  ;  l'emplace- 
ment de  la  vigne  de  Naboth),  elle  arriva  dans  une  vallée  qu'elle 
nomme  Corra  *  et  où,  dit-elle,  séjourna  le  prophète  Elie.  Ici  le 
récit  se  trouve  interrompu  par  l'absence  de  quelques  feuillets,  et 
lorsqu'il  reprend  nous  trouvons  les  voyageurs  sur  le  point  de 
quitter  Antioche.  De  cette  viUe  ils  prennent  la  route  de  la  Méso- 
potamie et  traversent  la  province  Augusto-Fratensis  {Au- 
gusta  Eufratensis).  Ils  s'arrêtent  à  Gerapolis  [Hierapolis), 
métropole  de  cette  province,  puis  gagnent  l'Euphrate,  passent  à 
Batane  (Batanis),  ville  très  peuplée  :  Ipsa  etiam  civitas 
habundans  multitudine  hominwn  est,  nam  et  miles  ibi  sedet 
cimi  tribuno  suo.  De  Batane,  ils  se  rendent  à  Edesse,  et  com- 
mencent par  visiter  l'église,  qui,  dit  la  voyageuse,  est  bâtie  sur 
un  nouveau  modèle  :  Ecclesia  autem  ibi,  que  est  ingens  et 
valde  pulchra  et  nova  disposiiione  est,  vere  digna  est  esse 
domus  Dei.  Ils  vont  aussi  voir  le  martyrium  de  saint  Tho- 
mas, et  aliquanta  ipsius  S.  Thomae  ibi  legimus.  L'évêque 
d'Edesse  reçoit  nos  pèlerins  avec  une  grande  courtoisie  ;  il  se  met 
à  leur  disposition  pour  les  conduire  au  travers  de  la  ville  et  com- 
mence par  les  introduire  dans  l'ancien  palais  du  roi  Abgar.  Là,  il 
montre  à  notre  vovageuse  un  coffre  en  marbre  brillant  comme 
une  perle,  qui  servait  au  prince  de  trésor  et  d'archives  et  sur 
lequel  l'on  pouvait  voir  son  portrait.  Il  leur  donne  ensuite  de 
nombreux  renseignements  sur  l'histoire  du  roi  Abgar  et  finit  par 
leur  lire  solennellement  la  lettre  que  J.-C.  lui  avait,  dit-on,  écrite 
en  réponse  à  celle  qu'il  avait  reçue  de  lui.  La  page  consacrée  à 
ce  récit  est  certainement  l'une  des  plus  intéressantes  du  livre,  et 
je  regrette  de  n'avoir  pu  la  transcrire  en  entier. 

En  quittant  Edesse,  la  voyageuse  se  rend  à  Cliaran,  petite 
ville  près  de  laquelle  se  trouve  le  puits  où  Rebecca  abreuvait  ses 
chameaux  lorsque  le  messager  d'Abraham  vint  la  demander  en 
mariage  pour  Isaac.  Elle  y  arrive  la  veille  de  la  fête  du  martyr 
saint  Helpidius,  dont  l'église  est  bâtie  sur  l'emplacement  de  la 
maison  d'Abraiiam.  A  l'occasion  de  la  solennité  de  ce  jour,  tous 

1.  Peut-être  la  vallée  du  torrent  de  Kérith,  qui  se  jette  dans  le  Jourdain  non 
loin  de  Salem,  et  où  demeura  Élie.  Il  y  a  également  un  peu  au  sud  de  Sichcm 
une  localité  du  nom  de  Corea,  qu'il  faut  peut-être  identifier  avec  le  Corra  de 
notre  récit.  Dans  ces  deux  cas,  il  faudrait  supposer  que  la  voyageuse,  au  lieu 
de  continuer  directement  sa  route,  a  fait  de  Salem  un  crochet  dans  la  direction 
du  sud. 


14S 

les  moines  et  tous  les  solitaires  de  Mésopotamie  sont  accourus 
dans  la  ville.  L'auteur  s'en  félicite  grandement,  car  cette  cir- 
constance lui  permet  de  voir  ces  pieux  ermites,  dont  plusieurs  lui 
sont  connus  de  réputation.  Dans  le  voisinage  de  Charan,  elle  se 
fait  montrer  les  tombeaux  de  Nacor  et  de  Bethuel  et  tous  les 
lieux  célèbres  de  l'histoire  des  patriarches.  Puis  elle  revient  à 
Antioche,  va  de  là  en  Cilicie,  visite  Tarse  et  Pontepolis 
(probablement  Pompeiopolis),  Corico  (Coricus),  Séleucie, 
qui  possède  une  fort  belle  église,  enfin  Sainte-Thêcle,  située  sur 
un  coteau  voisin.  De  là  les  voyageurs  se  rendent  a  Mansocrena^ 
sur  le  mont  Taurus,  et,  traversant  de  nouveau  toute  l'Asie 
Mineure,  arrivent' à  Chalcédoine,  puis  à  Constantinople,  d'où  ils 
sont  partis.  Le  reste  du  récit  est  consacré  à  l'énumération  de 
quelques-uns  des  sanctuaires  et  des  églises  de  cette  dernière  ville 
et,  autant  que  j'ai  pu  m'en  rendre  compte  dans  un  examen  malheu- 
reusement trop  rapide,  à  la  description  des  cérémonies  de  l'église 
de  Jérusalem.  Je  rappelle  ici  que  la  fin  du  texte  est  mutilée  ;  il  est 
difficile  de  savoir  combien  de  feuillets  manquent  en  cet  endroit. 
Ce  court  aperçu  du  contenu  de  notre  texte  ne  peut  assurément 
donner  au  lecteur  qu'une  idée  très  imparfaite  de  l'importance  de 
cet  écrit.  L'intérêt  qu'il  off"re  pour  l'histoire  des  premiers  siècles 
de  l'Église  réside  d'ailleurs  plus  encore  dans  certains  détails 
topiques  que  dans  le  fond  même  du  récit.  J'ai  déjà  signalé  plu- 
sieurs de  ces  particularités  au  cours  de  mon  résumé  ;  j'en  indique 
ici  quelques-unes  d'une  portée  plus  générale.  Il  est  certain  d'abord 
que  notre  voyageuse  n'était  pas  la  première  venue,  c'était  une 
personne  influente.  Partout  où  elle  passe,  lesévêques,  les  moines, 
les  prêtres  s'empressent  de  lui  rendre  hommage  et  de  se  mettre  à 
son  service;  les  soldats  eux-mêmes  lui  font  escorte,  et  il  est 
vraisemblable  qu'ils  n'eussent  pas  ainsi  quitté  leur  poste  si  le 
pèlerin  n'avait  pas  été  muni  d'ordres  donnés  en  haut  lieu.  Il 
est  utile  aussi  de  remarquer  que  dans  chacune  des  villes  qu'elle 
traverse,  même  en  Cilicie  et  en  Mésopotamie,  se  trouvent  des 
communautés  chrétiennes.  Sur  sa  route  elle  rencontre  à  chaque 
instant  des  moines,  des  églises,  des  sanctuaires.  En  nul  endroit, 
sauf  peut-être  à  Cliaran,  en  Mésopotamie,  elle  ne  paraît  avoir  vu 

1.  Sur  les  confins  de  la  Cappadoce  el  de  la  Cilicie,  entre  Tarse  et  Pylas  (cf. 
Yltinéraire  de  Bordeaux  à  Jérusalem,  dans  les  lUnera  et  descripUones  T.  S., 
éd.  Tobler  el  Molinier  :  Genevae,  Fick,  1877  ;  I,  p.  13). 


149 

d'adeptes  des  religions  antiques.  Chose  curieuse,  la  voyageuse 
ne  donne  le  nom  d'aucun  des  personnages  avec  lesquels  elle 
est  entrée  en  relation.  L'évêque  d'Édesse,  par  exemple,  avec 
lequel  elle  eut  le  temps  de  faire  bonne  connaissance,  n'est  jamais 
désigné  que  sous  le  titre  à'episcopus  civitatis.  Il  en  est  de 
même  des  autres  prélats  qu'elle  rencontra  sur  sa  route.  On  peut 
donc  supposer  qu'elle  rédigea  son  voyage  assez  longtemps  après 
son  retour,  non  sur  des  notes,  mais  d'après  ses  souvenirs,  et 
qu'un  bon  nombre  de  circonstances  s'étaient  déjà  effacées  de  son 
esprit.  Ce  fait  expliquerait  également  le  peu  de  netteté  de  cer- 
taines descriptions  et  les  bizarreries  que  l'on  remarque  dans 
certaines  parties  de  l'itinéraire. 

Quant  à  fixer  d'une  manière  un  peu  exacte  l'époque  du  voyage 
et  de  la  rédaction  du  texte,  cela  est  fort  difficile.  Je  vais  cependant 
essayer  de  déterminer  au  moins  approximativement  les  deux  dates 
extrêmes  entre  lesquelles  on  peut  les  placer.  De  ce  que  l'auteur 
désigne  l'ancienne  Byzance  sous  le  nom  de  Constantinople,  on 
doit  conclure  forcément  que  la  composition  du  récit  est  posté- 
rieure à  l'empereur  Constantin.  Ceci  d'abord  établi,  je  puis  pré- 
ciser davantage  et  induire  d'une  phrase,  peu  correcte,  il  est  vrai, 
mais  cependant  suffisamment  compréhensible  de  notre  texte 
qu'elle  est  aussi  postérieure  à  l'année  368.  En  effet,  l'évêque  de 
Gharan,  répondant  à  une  question  de  la  voyageuse,  lui  dit  ceci  : 
Locus  ille,  fhlia,  quem  requiris,  décima  mansione  est  hinc 
intus  in  Perside  :  nam  hic  usque  ad  Nisibin  mansiones  sunt 
quinque  et  inde  usque  ad  Ur,  que  fuit  ciritas  Chaldeoriun, 
alie  mansiones  sunt  quinque.  Sed  modo  ibi  accessi  Roma- 
norum  non  est,  totam  enim  Perse  tenent.  Hec  autem  pars 
orientalis  appellatur  que  est  in  confinimn  Romanorum  et 
Persarum.  Nisibe,  prise  en  72  av.  J.-C.  par  LucuUus,  avait 
été  rendue  aux  Perses  par  l'empereur  Jovien  en  363,  et  depuis 
lors  ne  fit  plus  d'une  façon  durable  retour  à  l'Empire.  L'évêque 
de  Charan  paraît  ignorer  qu'elle  en  ait  jamais  fait  partie  ;  on 
peut  donc  supposer  qu  il  vivait  assez  longtemps  après  l'époque  où 
la  reddition  aux  princes  Sassanides  avait  eu  lieu'.  Je  ne  puis  aller 
plus  loin  dans  la  détermination  de  cette  première  date.  Pour 
la  date  la  plus  récente,  je  n'ose  même  pas  être  aussi  affirmatif. 


1.  La  phrase  est  un  peu   ambiguë,  cl  le  mot  ibi  ne  se  rapporte  peut-être 
qu'à  Ur.  Dans  ce  cas  notre  argumentation  tomberait. 


150 


En  effet,  le  seul  indice  qui  nous  permette  d'en  dire  quelque  chose 
n'est  que  très  imparfaitement  concluant;  le  voici  :  parmi  les 
églises  de  Constantinople  dont  notre  auteur  a  l'occasion  de  parler, 
on  ne  voit  point  le  nom  de  Sainte-Sophie,  dont  la  construction 
fut  commencée  sous  Justin  V  et  terminée  sous  Justinien  en  537. 
Assurément,  si  l'édifice  eût  existé,  il  y  avait  grand'chance  pour 
qu'il  fût  au  moins  mentionné.  Mais,  je  le  répète,  le  silence  de 
notre  auteur  à  son  sujet  n'a  pas  une  portée  décisive  et  je  ne 
le  donne  en  aucune  façon  pour  un  argument  sans  réplique. 
J'avais  espéré  que  la  mention  de  certains  évêchés  d'Orient  pour- 
rait me  fournir  quelque  indication  moins  vague  ;  mais  ce  que  l'on 
sait  de  l'époque  de  leur  fondation  ne  m'a  rien  apporté  d'utile  pour 
la  question  spéciale  dont  je  viens  de  m'occuper. 

En  admettant  comme  suffisamment  étahhes  les  deux  dates  que 
nous  proposons,  on  est  tout  naturellement  porté  à  se  demander  si, 
parmi  les  femmes  dont  lapersonnalité  nous  est  connueetqui,  durant 
cette  période  d'un  siècle  et  demi  environ,  partirent  des  pays  d'Oc- 
cident pour  visiter  les  lieux  saints  et  parcoururent  à  cette  occasion 
les  contrées  voisines  de  la  Palestine,  ne  se  trouverait  pas  celle  qui 
nous  occupe.  J'en  sais  pour  ma  part  une  dizaine  qui  purent  accom.- 
plir  un  pèlerinage  identique  à  celui  de  notre  voyageuse  ;  mais  ce 
que  nous  connaissons  de  leur  histoire  ne  concorde  pas  suffisamment 
avec  les  renseignements  du  récit  pour  qu'il  soit  permis  de  trancher 
péremptoirement  la  question  en  faveur  de  l'une  d'elles.  J'ignore 
si  M.  le  chevalier  Gamurrini  aura  été  plus  heureux  que  moi  dans 
cette  recherche,  qui  s'est  évidemment  imposée  à  son  esprit;  sa 
compétence  en  ces  matières  fait  qu'il  a  bien  des  chances  de  pou- 
voir résoudre  le  problème.  Je  lui  suggérerai  cependant  une 
hypothèse  à  laquelle  une  étude  plus  minutieuse  lui  permettra  peut- 
être  de  donner  la  solidité  qui  lui  manque  encore. 

Supposant  qu'il  fallait  chercher  notre  auteur  parmi  les  prin- 
cesses de  la  maison  impériale  d'Orient  ou  d'Occident,  j'ai  pensé  à 
la  fameuse  Galla  Placidia,  fille  de  l'empereur  Théodose  le  Grand, 
qui  passa  près  de  trois  années  (de  412  à  414)  en  Provence,  et  en 
particulier  à  Narbonne,  avec  le  roi  des  Visigoths  AtaùLf,  qui, 
plus  tard,  exilée,  vint  à  Constantinople  où  elle  resta  deux  ans 
(423  à  424)  et  qu'une  tradition  relatée  dans  un  office  de  l'église 
d'Ancône,  rédigé  probablement  au  xiv'  siècle,  fait  en  effet  aller 
à  Jérusalem  ^  Bien  des  circonstances  rendent  cette  hypothèse 

1.  AA.  SS.  BoUand.  Mai,  t.  1,  p.  441. 


151 

vraisemblable.  Je  rappelle  celles  que  j'ai  mentionnées  plus 
haut  sur  le  caractère  quasi  officiel  dont  devait  être  revêtue  la 
voyageuse;  l'on  doit  y  ajouter  peut-être  le  fait  d'inscriptions 
liél3raïques  qui  se  trouvaient  sur  le  tombeau  de  Placidia,  encore 
existant  à  Ravenne  au  siècle  dernier*.  Mais,  d'une  part,  le  texte 
qui  mentionne  le  voyage  de  la  princesse  en  terre  sainte  n'est  en 
aucune  façon  digne  de  foi,  et  d'autre  part  ce  que  l'on  sait  de  son 
séjour  à  Constantinople  rend  assez  douteuse  l'idée  d'une  absence 
prolongée  durant  ce  laps  de  temps.  Quant  à  penser  que  le  pèleri- 
nage aurait  eu  lieu  pendant  la  longue  période  où  Galla  Placidia 
gouverna  l'empire  d'Occident  comme  tutrice  de  son  fils  Valen- 
tinien  III ,  cela  me  semble  assez  peu  naturel  et  je  crois  qu'il  n'y  a 
pas  lieu  de  s'arrêter  à  cette  supposition.  Néanmoins,  tout  en  recon- 
naissant que  la  mention  d'un  pèlerinage  de  Placidie  à  Jérusalem 
se  trouve  consignée  dans  un  écrit  absolument  légendaire,  peut- 
être  est-il  permis  de  regarder  comme  authentique,  ou  du  moins 
comme  digne  d'être  pris  en  considération,  le  renseignement  spé- 
cial qui  nous  intéresse,  renseignement  qui  peut  avoir  été  puisé 
dans  un  document  plus  ancien  par  le  rédacteur  de  l'office 
d'Ancône.  C'est  pour  cela  que  j'ai  cru  ne  pas  devoir  le  passer 
complètement  sous  silence.  J'ajoute  en  terminant  que  notre  texte 
(peut-être  le  manuscrit  même  que  nous  possédons)  a  dû  être 
connu  de  Pierre  Diacre  et  utilisé  par  lui  pour  la  composition  de 
son  De  locis  sanctis.  Des  phrases  presque  identiques  se  trouvent 
en  effet  dans  les  deux  écrits.  Ce  que  l'auteur  du  xu®  siècle  dit  de 
l'Egypte,  tiré  probablement  du  récit  de  notre  voyageuse,  permet 
de  combler  dans  une  certaine  mesure  l'une  des  lacunes  que  j'ai 
signalées  plus  haut. 

C.  KOHLER. 


1.  Proceedings  of  llie  Soc.   of    biblical  archxology,   nov.    1881-juin  1882, 
pp.  77-79. 


CATALOGUE 

DU  FONDS  BOURRÉ 

A  LA  BIBLIOTHÈQUE  NATIONALE  i 

[Suite.) 


592.  —  ^  3  janvier  U69.  Montils  les  Tours.  —  Lettres  de  Louis  XI 
attriijuant  à  Jean  de  Ladriesclie,  nommé  président  en  la  Chambre 
des  comptes,  les  gages  que  touchait  Bertrand  de  Beauveau,  s""  de 
Précigny,  son  prédécesseur,  et  à  celui-ci  comme  compensation, 
outre  les  gages  de  conseiller  en  lad.  Chambre  des  comptes,  que  tou- 
chait Ladriesche,  500  1.  t.  sur  les  -1,200  attribuées  au  premier, 
comme  concierge  du  Palais.  L  56. 

593.  —  4  février  1469.  Montilz  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  à  Antoine  Raguier,  de  payer  à  Regnault  du  Ghastellet, 
bailli  de  Sens,  la  somme  de  -1,500  1.  t.  mise  sus  en  l'élection  d'Alen- 
çon,  pour  le  payement  de  25  petites  payes,  chargées  de  la  garde  du 
château  d'Alencon,  à  partir  du  ■i'^"  janvier  ^460  seulement,  au  lieu 
du  1"  avril  précédent,  comme  il  l'avait  ordonné  d'abord.  N  78. 

594.  —  Requête  de  M'"''  de  Villequier  et  d'Odet  d'Aydie,  sire  de 
Lescun,  au  roi  Louis  XI,  pour  être  payés  de  leurs  pensions^.  M  4. 

595.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  André  Briçonnet,  de  payer, 
sur  les  deniers  de  la  Chambre,  à  Charles  de  Bigny,  écuyer  d'écurie, 
247  l.  t.  qui  lui  sont  dues  pour  six  mois,  échus  le  3-1  mars  précé- 
dent. 0  45. 

1.  Voyez  t.  XLIV,  année  1883,  pp.  26  et  301. 

2.  Odet  d'Aydie  était  rentré  en  grâce  et  avait  pris  des  engagements  envers 
Louis  XI  dès  le  7  février  1469.  Dupuis,  ouvr.  cit.,  I,  223. 


433 

596.  —  Lettre  de  G.  PicarL  à  Jean  Bourré,  relativement  à  Thi- 
baut le  Silleur,  qu'il  a  fait  prendre  et  conduire  au  roi,  à  l'impôt  que 
le  duc  de  Guienne  a  levé  sur  les  gens  de  Lesdiguières,  à  l'imposition 
foraine  de  Rouen,  etc.  \  A  •IS. 

597.  —  il  avril  [U69].  Montils  lez  Tours.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Bourré.  E  92. 

598.  —  -13  mai  -1469.  Mailly,  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Jean 
Raguier,  iîls  de  feu  Antoine  Raguier,  de  payer  à  Regnault  du  Ghas- 
tellet,  bailli  de  Sens,  la  solde  de  'i  lances  fournies,  pour  les  mois  de 
juillet,  août  et  septembre  précédents.  0  6. 

599.  —  «  Mémoire  des  choses  à  expédier  par  le  roy  »  pour  les 
affaires  de  Guienne^'.  H  <s<s,  89, 

600.  —  4  8  avril  -1469.  —  Quittance  donnée  par  le  prieur  de 

Rochenoire  au  diocèse  de  Viviers,  Laurent  de à  Jean  Briçonnet, 

d'une  somme  de  3,700  écus  ordonnancés  par  Jean  Bourré^  que  le 
roi  lui  a  donnés  à  porter  à  N.-D.  de  Bonne-Espérance,  en  Brabant. 
H  80. 

601.  —  Tours.  —  «  S'ensuit  la  vesselle,  que  maistre  Guillaume 
Girart  avoit  en  garde,  appartenant  à  l'évesque  de  Verdun  2,  laquelle 
il  a  baillée  à  Jehan  de  Beaunc,  par  l'ordonnance  du  roy,  le  xv"  jour 
de  juing,  l'an  mil  GGGG  soixante  neuf.  «  I  36. 

602.  —  [-1469.]  —  «  C'est  la  vesselle  que  Martin  de  Pouchet  a 
baillée  à  Jehan  en  garde  et  dépost  pour  le  roy,  laquelle  vesselle  lui 
avoit  esté  baillée  par  Jehan  de  Flandres  et  Robert  le  Fort  en  garde, 
dont  il  dit  avoir  baillé  sa  cedulle  ausdits  de  Flandres  et  le  Fort,  et 
appartenoit  icelle  vesselle  à  l'évesque  de  Verdun,  »  H  13. 

603.  —  20  juin  -1469.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jean  de  Beauveau,  de  remettre  à  Jean  Briçonnet  une  somme  de 
4,337  1.  40  s.  t.  sur  les  biens  de  l'évêque  d'Angers,  Balue,  qu'il  a  en 
sa  garde.  0  7. 

604.  —  5  juillet  [4  469].  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  Bourré. 
E  17. 

1.  CeUe  lettre  se  place  entre  le  mois  d'avril  1469,  date  de  la  cession  de  la 
Guienne  à  Charles  de  France,  et  le  24  mai  147'^,  date  de  sa  mort. 

2-  Pendant  la  possession  de  la  Guienne  par  Charles  de  France  (avril  1469- 
24  mai  1472). 

3.  Guillaume  de  Haraucourl,  arrêté  en  même  temps  et  pour  les  mêmes  motifs 
que  Balue,  en  1469. 


^54 

605.  —  -10  août  ^1469.  Benays.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Mathieu  Beauvarlet,  rece- 
veur général  des  finances  sur  et  outre  les  rivières  de  Seine  et  Yonne, 
une  somme  de  250  1.  t.  à  Pierre  Duvivier,  greffier  des  généraux  de 
la  justice  des  aides  à  Paris,  pour  sa  pension  de  l'année.  0  8. 

606.  —  [Été  U69?]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  son  frère. 
192. 

607.  —  ^8  septembre  1469.  —  Engagement  pris  par  Louis  XI  de 
servir,  pendant  quatre  ans,  à  Guillaume  de  Montfalcon,  chevalier, 
chargé  de  «  besogner  »  aux  états  des  finances  de  Languedoc,  une 
pension  annuelle  de  2,000  1.  t.  à  partir  du  V'  septembre  précédent, 
«  pour  faire  rediffier  ses  maisons,  qui  lui  ont  esté  abatues  durant  les 
divisions  et  à  l'occasion  d'icelles.  »  0  8. 

608.  —  [Après  le  ^8  septembre  1469.]  —Mandement  de  Louis  XI 
à  Pierre  du  Refuge,  général  des  finances,  de  faire  payer  à  Michelet 
Gaillard,  ancien  officier  de  la  reine  Marie  d'Anjou,  4,000  1.  t.  sur 
les  5,000  qui  lui  sont  encore  dues  d'une  créance  de  9,000  1.  t.  qu'il 
avait  contre  ladite  reine,  créance  dont  la  concession  du  duché  de 
Guicnne,  sur  lequel  elle  était  assignée^,  à  Charles  de  France,  avait 
empêché  le  paiement.  0  9. 

609.  —  [Après  le  18  septembre  1469.]  —  Quittance  donnée  par 
Loys  Toustain,  secrétaire  du  roi,  à  Martin  Chatorru,  clerc  de  Jean 
Bourré,  d'une  somme  de  300  écus  d'or,  prêtée  par  ledit  Bourré  au 
roi,  pour  le  remboursement  de  diverses  personnes  qui  lui  avaient 
avancé  de  quoi  payer  les  officiers  du  duc  de  Guienne,  lorsque  Louis  XI 
et  son  frère  se  trouvaient  ensemble  à  Coulanges  les  Royaux  ^ 
0  85. 

610.  —  8  octobre.  Paris.  —  Lettre  missive  de  BourHer  au  roi, 
pour  lui  annoncer  l'autorisation  donnée  à  cinq  Lombards  d'exercer 
l'usure  dans  la  ville  de  Tournay,  au  préjudice  des  usuriers  déjà 
autorisés  dans  ladite  ville,  et  qui  payaient  pour  cela  300  1.  t.  par 
an,  ce  qui  a  motivé  une  enquête  de  la  part  des  officiers  royaux  éta- 
blis à  Tournay  2.  G  69. 

1.  L'entrevue  de  Louis  XI  avec  son  frère  eut  lieu  à  CouIanges-les-Royaux,  le 
18  septembre  1469. 

2.  Des  lettres  du  G  mars  1469,  Ord.  des  Rois  de  Fr.,  XVII,  191,  avaient  autorisé 
à  Tournay  l'établissement  d'une  table  d'usure,  qui  doit  être  celle  dont  les  pos- 
sesseurs protestaient  contre  l'autorisation  de  cinq  nouveaux  Lombards. 


611.  —  -16  octobre  iA69.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Pierre  de  Refuge,  général,  des  finances,  de  faire  payer  sur  les  deniers 
de  Jehan  de  la  Loère,  receveur  général  du  Languedoc,  une  somme 
de  4 1,000  1. 1.  nécessaires  à  Michelet  Gaillard  pour  payer  les  «  gaiges 
des  Escotz  (Écossais)  et  la  creue  des  hommes  de  nostre  garde.  » 
O40. 

612.  —  -18  octobre  H69.  La  Rementeresse.  —  Lettre  missive 
d'Yvon  du  Fou  à  Louis  XI,  relative  à  la  promesse  qu^il  avait  faite 
au  roi  de  n'admettre  dans  le  château  de  Lusignan  «  homme  plus  fort 
que  lui  (Yvon  du  Fou)  réservé  vostre  personne  »,  et  priant  Louis  XI 
de  faire  asseoir  de  nouveau  sur  les  revenus  de  Poitou  les  1,000  écus 
qui  avaient  été  rayés  de  sa  pension.  G  -130. 

613.  —  2  novembre  ^469.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
à  Jehan  Herbert,  général  des  finances,  de  faire  payer  par  Mathieu 
Beauvarlet  une  somme  de  50  écus  d'or  à  Guillaume  de  Berlioz,  che- 
valier de  Liège,  venu  vers  le  roi  à  Amboise.  OU. 

614.  —  27  novembre  -1469.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
à  Pierre  de  Refuge,  général  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan 
de  la  Loère,  receveur  général  de  Languedoc,  pour  l'année  commen- 
cée le  ^"  septembre  précédent,  à  Michel  Martuns,  écuyer,  prévôt  de 
Saint-Sébastien,  \  00  écus  d'or,  restant  dus  sur  la  somme  de  300  écus, 
gages  de  sa  lance  fournie.  0  ^2. 

615.  —  27  novembre  1469.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
à  Jehan  Herbert,  receveur  général  des  finances,  de  faire  payer  par 
Mathieu  Beauvarlet,  receveur  sur  et  delà  les  rivières  de  Seine  et 
Yonne,  la  somme  de  100  écus,  sur  300,  dus  à  Michel  Martuns,  pré- 
vôt de  Saint-Sébastien,  pour  les  gages  de  sa  lance  fournie.  0-13. 

616.  —  26  décembre  4469.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances  de  tenir  compte  à  Jehan  de  la 
Loère,  receveur  des  finances  de  Languedoc,  d'une  somme  de  -1 00  écus 
d'or  sur  le  revenu  dudit  pays,  par  lui  avancés  au  roi,  et  de  948  1. 
-15  s.  t.  pour  690  écus,  prix  de  46  «  oyseaulx  sacres,  »  achetés  par 
celui-ci  à  «  Jehan  de  Valenche,  marchant  de  Valence  la  Grant.  » 
0  14. 

617.  —  29  décembre  -1469.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  à  Jehan  de  la 
Loère,  trésorier  et  receveur  général  de  Languedoc,  687  1.  -10  s.  t. 
pour  500  écus  par  lui  prêtés  au  roi.  0  ^6. 


196 

618.  —  29  décembre  -1469.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances,  de  faire  rembourser,  sur  les 
revenus  de  Languedoc,  à  Pierre  de  Refuge,  une  somme  de  500  écus, 
par  lui  prêtés  au  roi,  et  valant  687  1.  •JO  s.  t.  0  16. 

619.  —Décembre  1469.  Montils  lez  Tours.  ~  Quittance  de  1 ,452 1. 
18  s.  6  d.  t.  donnée  par  Louis  XI  à  Mathieu  Beauvarlet,  receveur 
général  des  finances,  «  oultre  et  delà  les  rivières  de  Seine  et  Yonne,  » 
sur  le  produit  des  greniers  à  sel  de  Nemours,  Nogent-sur-Seine  et 
Saint-Florentin.  0  15. 

620.  —  [Après  le  18  septembre  1469.]  —  «  S'ensuit  les  lieux  qui 
demeurent  au  roy,  en  la  jugerie  de  Rivière,  située  au  diocèse  de 
Gomminge,  deçà  la  rivière  de  Garonne,  de  costé  de  Thoulouse,  qui 
ont  esté  expressément  réservées  par  le  roy,  en  faisant  le  bail  de 
monsieur  de  Guienne,  son  frère...  »  I  9. 

621.  —  Don  fait  par  Louis  XI  à  Charles  de  France,  son  frère,  des 
terres  du  comte  d'Armagnac,  au  delà  de  la  Garonne,  à  l'exception 
de  la  terre  et  seigneurie  d'Aure,  qu'il  se  réserve'.  H  85. 

622.  —  «  S'ensuyvent  les  dons  faiz  à  Monsieur  d'Arminhac,  depuis 
que  le  roy  luy  restitua  ses  terres,  jusques  à  ce  qu'on  les  a  mises  en 
la  main  du  roy.  »  I  57. 

623.  —  [1469.]  —  Requête  de  Ricole  d'Anglade,  pour  être  indem- 
nisé des  dépenses  par  lui  faites  pour  la  défense  et  les  fortifications 
de  Ghâteauculier  contre  M.  d'Armagnac 2.  M  24. 

624.  —  1469.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  André  Briçonnet,  de 
payer  à  son  panetier,  Jacques  de  la  Conseure,  41  1.  5  s.  t.  par  mois, 
à  compter  du  1"  octobre  précédent.  0  71 . 

625.  —  «  Parties  à  recouvrer  sur  les  grenetiers  qui  s'ensuivent, 
tant  sur  le  droit  de  gabelle  du  roy,  que  des  creues  de  c.  s.  iiii  1.  t. 
de  l'année  finie  le  derrenier  jour  de  septembre  mil  GGGGLXIX.  » 
Q117. 

626.  —  Lettres  de  Louis  XI  ratifiant  l'érection  faite  par  son  frère, 


1.  Ce  fait  se  rattache  à  la  saisie,  faite  en  1469  par  Dammartin,  au  nom  de 
Louis  XI,  des  seigneuries  du  comte  d'Armagnac,  convaincu  encore  une  fois  de 
conspiration.  V.  la  Chronique  scandaleuse. 

2.  Il  faut  rapporter,  selon  moi,  ces  mesures  de  défense  aux  actes  d'hostililé 
et  de  brigandage  commis  par  le  comte  d'Armagnac,  et  qui  motivèrent  la  cam- 
pagne de  Dammartin  en  Rouergue.  V.  la  Chronique  scandaleuse. 


^^>7 

le  duc  de  Guienne,  au  profit  de  Louis  de  Luxembourg,  comte  de 
Saint-Pol,  des  terres  et  seigneuries  de  Marans,  l'Ile  de  Rhc,  Queue 
de  Vache,  le  Pion,  l'Aleu,  l'Ourmeu,  Pourras,  Esnaude,  en  comté  de 
Marans.  L  67. 

627.  —  Requête  de  Jean  de  Daillon,  s'  du  Lude,  Pierre  d'Oriole, 
Gilbert  de  la  Fa3'ette,  Guillaume  de  Gerisay,  au  roi  Louis  XI,  pour 
obtenir  la  moitié  de  la  confiscation  des  personnes  dénoncées  par 
Johannot  de  Havas,  à  l'exception  de  MM.  de  Nemours  et  d'Armagnac' , 
et  pour  faire  nommer  Guillaume  de  Gerisay  receveur  des  deniers  de 
ladite  confiscation.  M  34. 

628.  —  -12  janvier  [-(470].  Paris.  —  Lettre  de de  Beauvau  à 

M.  de  Vaux  2,  pour  qu'il  obtienne  le  maintien  du  chapitre  d'An- 
gers dans  ses  anciens  privilèges,  pour  lui  annoncer  qu'il  a  saisi  en 
Rouergue  3,000  fr.  que  le  comte  d'Armagnac  prétendait  s'attribuer, 
en  se  servant  du  nom  du  roi-,  lui  demander  300  fr.  pour  les  répara- 
lions  du  château  de  Saint-Germain,  et  lui  faire  connaître  les  négocia- 
tions engagées  entre  les  gens  du  roi  et  ceux  du  duc  de  Bretagne. 
E49. 

629.  —  o  février  ^470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances,  de  faire  payer  en  deux  versements,  l'un  de 
-14, 86^  1.  17  s.  t.,  l'autre  de  -10,000  1.  t.,  l'argent  nécessaire  à  Noël 
Le  Barge,  trésorier  des  guerres,  pour  l'année  commencée  le  -1"  jan- 
vier précédent.  0  2. 

630.  —  20  février  -1470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Pierre  de  Refuge,  général  des  finances,  de  payer  à  Noël  Le  Barge, 
trésorier  des  guerres,  outre  les  24, 86^  1.  17  s.  t.  déjà  ordonnées  sur 
les  finances  de  Languedoc,  une  autre  somme  de  10,000  1,  t.  pour 
l'année  commencée  le  -1"  janvier  précédent.  0  3. 

631.  —  20  février  -1470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de  la  Loère, 


1.  En  1469,  à  la  suite  de  la  révolte  du  comte  d'Armagnac,  dans  laquelle  le 
duc  de  Nemours  avait  été  compromis,  lui  aussi,  leurs  biens  à  tous  deux  furent 
confisqués.  Duclos,  ouvi:  cit.,  II,  222-224. 

2.  Bourré  était  seigneur  de  Vaux.  Cette  lettre  est  au  moins  antérieure  à  la 
mort  de  Jean  d'Armagnac,  tué  à  Lecloure,  le  5  mars  1473;  il  semble  même 
qu'elle  se  rattache  à  ses  brigandages  de  l'année  1469;  quant  aux  négociations 
mentionnées  dans  celte  lettre,  ce  doivent  être  celles  qui  aboutirent  aux  confé- 
rences d'Angers  le  15  février  1470.  Dupuy,  ouvr.  cit.,  l,  242. 

u 


458 

receveur  général  des  finances,  à  Nicolas  Malingre,  huissier  de  la 
Chambre  des  comptes,  une  somme  de  16,665  1.  -i^  s.  8  d.  t.,  pour 
les  gages  de  ladite  Chambre,  pendant  l'année  commencée  au'l«'"  octobre 
précédent.  0  4. 

632.  —  22  février  4  470.  Tours.  —  «  Ce  que  le  trésorier  des 
guerres  a  à  paier  en  Normandie,  en  ceste  présente  année,  comman- 
cée  le  premier  jour  de  janvier  darrenier  passé,  monte,  ce  qui  s'en- 
suit. »  I  97. 

633.  _  26  février  'l  470.  Tours.  —  Lettre  de  Flamengà  Louis  XI, 
pour  accuser  un  déficit ^  G  89,  90. 

634.  —  27  février  4470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de  la  Loère, 
receveur  général  des  finances  de  Languedoc,  une  somme  de  f  ,200 1.  t. , 
dus  à  Geoffroy  de  Chabanne,  lieutenant  du  duc  de  Bourbon  en  Lan- 
guedoc, pour  sa  pension  de  l'année  commencée  lei"'  septembre  4469. 
N4. 

635.  _  Février  1470.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Noël  Le  Barge, 
trésorier  des  guerres,  de  payer  à  Jehan  Gholet  de  la  Gholetière 
30  1.  t.  pour  l'année  courante,  par  mois,  et  par  lance  fournie.  0  -1 . 

636.  —  Février  4  470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances,  de  faire  payer  à  Nicolas  d'Anjou,  marquis  du 
Pont,  8,000  1.  t.  sur  les  4  2,000  1.  t.  de  sa  pension,  pour  l'année 
commencée  le  4*''  octobre  4  469.  0  3. 

637.  —  Février  [4470].  Ghinon.  —  Lettre  de  Garguesalle  à 
Louis  XI,  pour  lui  demander  d'autoriser  la  levée  d'un  aide,  destiné 
«  es  réparacions  des  chasteaux  de  Ghinon^.  »  G  49. 

638.  —  9  mars  [4470].  Amboise.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Bourré.  D  94. 

639.  —  26  mars  4  470.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Pierre  Dujar- 
din,  receveur  des  restes  dus  par  Nicolas  Bourracier,  à  raison  de  cer- 


1.  Il  est  questioa  de  la  cession  de  la  Guienne  à  Charles  de  France,  qui  avait 
eu  lieu  au  mois  d'avril  précédent. 

2.  Garguesalle  cite  la  présence  récente  du  roi  à  Turpenay,  où  Louis  XI  se 
trouva,  en  efl'et,  le  31  octobre  1469  :  «  deux  escuz  pour  donner  à  ung  homme, 
qui  enseigna  aud.  seigneur  le  sanglier  jprè5  Turpenay.  »  B.  N.,  ms.  fr.  6758, 
f°  69  r". 


tains  droits  mis  en  Languedoc,  275  1.  t.  dues  à  Martin  Leroy,  pour 
une  avance  par  lui  faite  au  roi.  0  5. 

640.  —  26  mars  ^470.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Pierre  Dujar- 
din,  receveur  des  restes  dus  par  Nicolas  Bourracier  et  autres,  à  rai- 
son de  certains  droits  mis  en  Languedoc,  une  somme  de  400  1.  t., 
donnée  à  Martin  Leroy,  pour  marier  une  de  ses  fdles.  N  5. 

641.  —  ^1470.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  André  Brieonnet,  de 
payer  à  Jean  Chausson,  prêtre  chapelain  et  sommelier  ordinaire  de 
son  échansonnerie,  400  écusd'or,  pour  ses  gages  de  février  et  mars. 
0  2. 

642.  —  [Mai  U70.]  Amboise.  —  Lettres  par  lesquelles  Louis  XI, 
à  l'occasion  du  mariage  de  sa  fdle  Anne  avec  Nicolas,  marquis  du 
Pont,  lui  donne  la  vicomte  de  Thouars  et  les  seigneuries  de  Mauléon 
etdeBerrie^.  L  22-24. 

643.  —  [1470.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  Louis  Berthelot, 
lieutenant  du  prévôt  des  maréchaux  de  France,  et  à  Macé  Leclerc. 
125. 

644.  —  ...  [-1470].  Rouen.  —  Lettre  de...  à  Bourré,  sur  l'arme- 
ment des  navires  des  ports  de  la  Manche.  A  8. 

645.  —  28  mai  [^470].  —  Lettre  de  Noël  Le  Barge  à  Louis  XI,  à 
d'Oriole  et  à  Bourré,  sur  les  réclamations  des  gens  de  guerre,  qui  se 
plaignaient  d'avoir  été  payés  en  faible  monnaie,  et  touchant  la 
demande  des  commissaires  du  roi  sur  le  gouvernement  des  gens 
d'armes  et  compagnies,  de  400  1.  t.,  qu'ils  disaient  leur  avoir  été 
promises  par  le  roi.  B  2. 

646.  —  5  juin  [1470].  Saint-Mars  de  la  Jaille.  —  Lettre  de  Jac- 
quet Raboteau  à  Bourré,  pour  lui  annoncer  que  Warwick  a  pris  la 
mer,  «  à  grant  armée  d'Anglois,  »  mais  qu'on  ne  sait  où  il  descen- 
dra. F  24. 

647.  —  Pentecôte,  ■lO  ju'n  [^470].  Toulouse.  —  Lettre  missive  de 
la  Loère  «  à  nos  très  honnorés  seigneurs,  »  relativement  à  la  levée 
de  6,000  fr. ,  pour  le  payement  des  gages  du  Parlement  de  Toulouse, 
et  à  l'invasion  des  monnaies  étrangères,  celles  d'Espagne  et  du 
Béarn  notamment,  qui  ne  valaient  pas  celles  de  France-.  E  78. 

1.  Ce  projet  de  mariage  n'eut  pas  de  suite  et  Anne  de  France  épousa,  le 
13  novembre  1473,  Pierre  de  Bourbon,  sire  de  Beaujeu. 

2.  La  Pentecôte  tombait  le   10  juin  en  1470,  c'est  le  seul  motif  que  j'aie  do 


J60 

648.  —  [1470.]  —  Ordres  de  Louis  XI  relativemajit  à  la  conduite 
à  tenir  à  l'égard  du  comte  de  Warwick^  l  20. 

649.  —  [1470.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  au  grand  écuyer, 
au  général  Raguier,  et  au  greffier.  G  88. 

650.  —  Jeudi  14  juin  [1470].  Honfleur.  —  Lettre  de...  à  Louis  XI 
sur  la  restitution  des  objets  enlevés  par  les  gens  du  comte  de  War- 
wick  aux  Bourguignons,  et  sur  la  promesse  faite  par  les  officiers  du 
duc  de  Bourgogne  de  «  ne  faire  guerre  à  nulz  de  voz  subgectz.  mais 
seulement  faire  guerre  et  prendre  les  navires  de  monseigneur  de 
Warwick.  »  G  101. 

651.  —  19  juin  [1470].  Amboise.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
au  trésorier?  B  4. 

652.  —  29  juin  [1470].  Lettre  missive  de  Bourré  à  Louis  XI  sur 
les  payements  à  faire  aux  comtes  de  Warwick  et  de  Glarence.  G  23. 

653.  —  [1470.]  —  Fragment  de  lettre  adressée  au  nom  du  roi, 
aux  comtes  de  Warwick  et  de  Glarence,  à  l'occasion  de  leur  débar- 
quement en  France.  G  9. 

654.  —  [1470.]  —  «  G'est  ce  qui  est  à  faire  pour  la  restitucion 
des  biens  et  marchandises  prinses  par  les  Angloys  sur  les  subgectz 
de  monsieur  de  Bourgogne.  »  H  39  et  91. 

655.  —  [1470.]  —  a  G'est  ce  que  monsieur  l'admirai  (Louis, 
bâtard  de  Bourbon)  requiert  au  roy  pour  réparer  le  hàble  de  Hon- 
fleur. »  J  6. 

656.  —  [1470.]  —  «  L'evesque  de  Saint-Brieuc  et  monsieur 
l'amiral  escripvent  qu'ilz  ont  advisé  faire  assembler...  »  I  14. 

657.  —  6  juillet  [1470].  Pouencé.  —  Lettre  de  Guillaume  Picart 
à  Jean  Bourré,  conseiller  et  maître  des  Comptes  du  roi,  sur  les 
réclamations  des  Bretons  en  payement  des  dépenses  de  Warwick. 
F  20. 

658.  —  [1470.]  —  Lettre  de...  à  Louis  XI  sur  les  fonds  fournis 
au  comte  de  Warwick.  G  5. 


placer  cette  lettre  en  cette  année;  en  1464,  la  même  coïncidence  se  produit, 
mais  je  crois  plutôt  à  la  première  date,  parce  que  de  la  Loère,  trésorier  général 
de  Languedoc  depuis  146'J  environ,  eut  plus  d'occasion,  à  partir  de  ce  moment, 
de  s'occuper  de  questions  de  finances  que  dans  les  fonctions  de  secrétaire  du  roi 
qu'il  remplissait  auparavant,  et  notamment  en  1464. 

1.  Warwick  descendit  en  France  au  mois  de  mai  1470.  Plusieurs  des  pièces  qui 
précèdent,  comme  de  celles  qui  suivent,  se  rapportent  à  cet  événement. 


164 

659.  —  [4470.]  —  «  S'ensuiL  le  nombre  de  l'artillerie  que  M.  de 
Varvhic  a  fait  retenir  à  Rouen.  «  H  42. 

660.  —  8  juillet  [4470].  Valognes.  —  Double  des  lettres  écrites 
par  le  comte  de  Warwick  à  Bourré,  pour  lui  demander  6,000  écus, 
nécessaires  à  «  l'entretènement  de  ses  navires,  tant  de  ceuk  qui 
sont  par  deçà,  que  deceulx  qui  sont  à  Honnefleu,  et  autres  lieux...  » 
D  8. 

661.  —  43  août  [4  470].  —  Lettre  de...  à  Bourré  sur  les  payements 
à  faire  au  comte  de  Warwick.  H  52. 

662.  —  43  août  [4  470].  Garentan.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI 
sur  le  payement  et  le  départ  du  comte  de  Warwick.  G  47. 

663.  —  [Mardi  24  août  4470.]  Valognes.  —  Lettre  de  Tanneguy 
du  Ghâtel,  vicomte  delà  Bellière,  è  DuPlessis  Bourré,  sur  le  paiement 
des  gens  du  comte  de  Warwick.  D  6. 

664.  —  [4470.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  son  cousin...  ? 
G  43r3. 

665.  —  [4470.]  —  Lettre  des  nobles  et  autres  du  pays  de  Cou- 
lances  et  d'Avranches  à  «  hault  et  puissant,  et  nostre  très  bonnouré 
et  doublé  seigneur...  »  pour  lui  annoncer  qu'ils  ont  envoyé  vers 
Monsieur  l'amiral  (Louis,  bâtard  de  Bourbon),  «  nobles  hommes, 
Guyon,  seigneur  d'Esbiars,  et  le  marquis  de  Mauny,  »  pour  se 
plaindre  des  excès  de  gens  de  guerre.  J  24. 

666.  —  Vendredi  34  août  [4470].  Barfleur.  —  Lettre  du  sire  de 
Craon,  Tanneguy  du  Ghâtel,  de  Daillon,  du  Ghaslellet,  à  Bourré,  sur 
le  paiement  des  gens  de  guerre.  E  48. 

667.  —  4  septembre  [4  470].  —Lettre  de  Tanneguy  du  Ghâtel,  de 
Daillon  et  Du  Fou  à  Bourré,  pour  lui  demander  40,000  écus,  néces- 
saires au  comte  de  Warwick,  pour  payer  une  nef  achetée  à  Dieppe. 
E  49. 

668.  —  [4  470.]  —  Indication  d'ordres  à  expédier  pour  les  prépara- 
tifs du  passage  de  Warwick  en  Angleterre.  G  4  74. 

669.  —  7  octobre  [4470].  Toulouse.  —  Lettre  de  Gaston  du  Lyon, 
sénéchal  de  Toulouse,  à  Bourré,  pour  obtenir  la  délivrance  du  don  à 
lui  fait  par  le  roi  des  restes  des  jugeries  de  Rivière,  Verdun,  et  du 
comté  d'Armagnac  ^  F  50. 

1.  Il  est  dit  dans  cette  lettre  que  le  roi,  étant  à  la  Guieixke,  avait  fait  ce  don 


Î62 

670.  —  22  octobre  [1470].  Lyon.  —  Lettre  de...  à  Louis  XI  lui 
annonçant  qu'il  a  condamné  à  une  amende  de  •!  0,000  1.  t.  Thomas- 
sin  deGrimault,  coupable  d'être  allé  et  d'avoir  envoyé  des  marchan- 
dises aux  foires  de  Genève,  que  celui-ci  a  pris  soin  de  mettre  ses 
biens  en  sûreté,  et  qu'il  a  été  impossible  de  rien  saisir  chez  lui,  mais 
qu'il  a  été  arrêté,  et  que,  comme  il  est  riche  de  40,000  ducats,  il  n'y 
a  rien  à  craindre,  surtout  si  le  roi  permet  qu'on  le  lui  envoie  ;  que  des 
condamnations  ont  été  prononcées  contre  des  marchands  coupables 
du  même  fait,  jusqu'à  concurrence  de  ^  0,000  francs,  ce  qui  permettra 
de  payer  plusieurs  sommes  mandatées  par  le  roi;  qu'il  y  aurait  lieu 
de  payer  aux  commissaires  et  sergents  employés  à  ces  poursuites 
les  \  ,000  ou  i  ,200  francs  qui  leur  sont  dus,  et  que  le  roi,  à  cet  effet, 
aurait  tout  intérêt  à  dégager  la  couronne  de  M.  du  Perche  (René 
d'Alençon)  pour  le  prix  de  6,000  francs  contre  lequel  elle  a  été 
engagée  et  qui  est  bien  inférieur  à  sa  valeur  réelle  ^  CHS. 

671.  —  Déclaration  du  chapitre  de  Saint  Laud  d'Angers,  qu'il  a 
fait  célébrer  en  l'honneur  de  la  Sainte  Croix,  du  25  août  U69  au 
*.)  novembre  -1470,  une  messe  à  l'intention  du  roi,  et  les  jours  de 
«  l'exaltacion  et  invencion  sainte  croiz,  une  messe  à  note  sollempnelle, 
à  diacre  et  soubzdiacre.  »  M  Ai . 

672.  —  42  novembre  [^^♦70].  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  son 
frère  (le  duc  de  Guienne).  G  -139. 

673.  —  Novembre  U70.  Montils  lez  Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XT  à  Alexandre  Septre,  de  faire  livrer  à  Loys  Damours,  son 
valet  tranchant,  sur  les  fonds  de  son  argenterie,  pour  30  écus  d'or 
de  draps  de  soie  et  de  laine,  destinés  à  son  habillement.  0  -18. 

674.  —  2  décembre  4470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 

à  Gaston  du  Lyon;  or  le  roi  se  trouva  en  effet  à  la  Guierclie  au  mois  de  mars  1470  ; 
d'autre  part,  la  confiscation  définitive  des  terres  saisies  sur  le  comte  d'Armagnac 
fut  prononcée  par  arrêt  du  parlement  de  Toulouse  du  7  septembre  1470. 

1.  Défense  avait  été  faite  aux  marchands  du  royaume,  par  lettres  du  20  octobre 
1462,  de  fréquenter  les  foires  de  Genève  :  Ord.  des  R.  de  Fr.,  XV,  571.  Elle  fut 
renouvelée  le  14  novembre  1467  :  Privilèges  des  Foires  de  Lyon,  Lyon,  1647, 
Guillaume  Barbier,  in-4'>,  p.  36.  Je  crois  qu'il  faut  adopter  pour  la  présente 
lettre  la  date  de  1470,  à  laquelle  cette  défense  était  encore  en  vigueur,  en 
raison  de  la  mention  qui  y  est  faite  d'un  nommé  Guillon,  que  divers  passages 
des  registres  municipaux  de  Lyon  nous  montrent  en  cette  même  année  1470  en 
fort  mauvais  termes  avec  le  Consulat,  «  étant  cause  de  promouvoir  et  susciter 
plusieurs  procès,  debatz,  divisions  et  séditions  en  ladicte  ville.  »  11  septembre 
1470.  Archives  de  la  ville  de  Lyon,  BB  15,  f°  118  r". 


I(i3 

Noël  Le  Barge,  trésorier  des  guerres,  de  payer  au  s"-  de  Sainl-Gha- 
mans  le  quartier  de  ses  gages  de  juillet  dernier,  bien  qu'il  n'ait 
pas  paru  à  la  montre.  G  ^09. 

675.  —  8  décembre  f  '«70.  —  Échange  consenti  par  Marguerite 
d'Amboise,  femme  de  Louis  delà  Trémouille,  et  autorisée  par  lui,  de 
ses  seigneuries  de  Marans  et  de  l'île  de  Rlié,  sauf  les  droits  de  la 
veuve  de  Louis  d'Amboise  à  une  indemnité,  contre  les  seigneuries  de 
Vierzon  ou  d'Issoudun,  à  son  choix  et  à  celui  de  ses  héritiers,  plus 
une  somme  de  < 0,000  écus  d'or.  L  29,  30. 

676.  —  ^0  décembre  1470.  Amboise.  —  Lettres  par  lesquelles 
Louis  XI  assigne  à  Charles  d'Anjou,  comte  du  Maine,  son  oncle,  un 
revenu  annuel  de  1,200  1.  t.  sur  le  quart  du  sel  de  Poitou,  en  com- 
pensation du  comté  de  Guise  et  de  la  seigneurie  de  Novion  en  Thié- 
rache,  dans  lesquels  il  avait  la  gabelle  des  greniers  et  chambres  à  sel 
de  Thiérarche,  Guise,  Vervins,  Aubentois  et  Marie,  ledit  comté  de 
Guise  et  la  seigneurie  de  Novion  en  Thiérache  ayant  été  cédés  par  le 
roi  au  comte  de  Saint-Pol,  à  l'occasion  de  son  mariage  avec  Marie  de 
Savoie,  sœur  de  la  reine.  L  67. 

677.  —  13  décembre  [1470].  Amboise.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à...  D  102. 

678.  —  Samedi  15  décembre  [1470].  —  Lettre  missive  de à 

Louis  XI  sur  le  siège  d'une  place,  et  pour  demander  la  confiscation 
des  assiégés ^  G  82. 

679.  —  24  décembre  1470.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Mathieu  Beauvarlet, 
receveur  des  finances  sur  et  delà  les  rivières  de  Seine  et  Yonne, 
100  1.  t.  à  la  veuve  de  Jehan  Planczon,  en  son  vivant  grenetier  de 
Chàteau-Gontier,  comme  reliquat  des  700  1.  t.  accordées  par  le  roi 
audit  Planczon,  pour  avoir  empêché,  pendant  la  guerre  du  Bien 
Public,  la  ville  de  Chàteau-Gontier  de  tomber  au  pouvoir  des  Bre- 
tons. 0  19. 

680.  —  «  Kstat  fait  f/ar  le  roi  à  Jehan  Basire,  maistre  de  sa  mon- 
noye  de  Saint-Lô,  commis  à  recevoir  la  somme  de  trente  mille  escus 
d'or,  que  sont  tenus  paier  audit  seigneur  les  gens  des  trois  estaz  de 


1.  11  ne  peut  être  question  ici  que  de  l'expédition  dirigée  contre  Jean  d'Ar- 
magnac, qui  est  du  reste  mentionné  dans  la  lettre.  Le  15  décembre  tombait  un 
samedi  en  l'année  1470. 


164 

ses  pais  et  duchié  de  Normandie,  par  traiclé  et  composicion  faicte 
entre  eulx  avecques  ledit  seigneur,  l'année  finie  en  décembre  mil 
CGGG  soixante  et  dix,  pour  rachat  et  admortissement  de  l'émolument 
de  la  composicion  des  francs  fiez  et  nouveaulx  acquestz,  et  autres 
choses  que  icellui  seigneur  a  quictées  par  ses  lectres  audit  pais,  et 
laquelle  somme  de  xxx""  escuz  sera  distribuée  etpaiée  par  ledit  Jehan 
Basire,  tant  par  descharge  du  changeur  du  trésor,  que  mandemens 
et  ceduUes  signées  de  la  main  du  roy,  nostre  seigneur,  pour  ce.  » 
Q  84,  85. 

681.  —  «  Assiecte  de  la  taille  mise  sus  en  Normandie,  duchié 
d'Alençon^  et  conté  du  Perche,  pour  ung  an,  commençant  le  premier 
jour  de  janvier  MGGGGLXX  (v.  st.),  montant,  comprins  les  fraiz  de 
la  convencion  et  les  creues,  iiii"  xx™  v^  in^x  v  1.  t.  »  P  44. 

682.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Martin  Le  Roy,  de  payer,  pour 
l'année  commençant  en  octobre  ^470  et  finissant  en  septembre  147J, 
à  Victor  Ghanoine,  brigandinier,  la  somme  de 275  1.  t.,  pour  25  bri- 
gandines  neuves,  livrées  par  lui  aux  maire  et  échevins  de  Tours.  N  i . 

683.  —  Requête  de  M.  de  Puygny  à  Louis  XI,  pour  être  maintenu 
en  jouissance  de  la  pension  que  lui  faisait  le  duc  de  Calabre  sur  la 
Ghèze  le  Vicomte  et  Olonne,  et  de  la  capitainerie  dudit  lieu  de  la 
Ghèze'.  M  40. 

684.  —  4  janvier  [I47'l].  Montils  lez  Tours.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  «  son  amé  et  féal.  »  N  65. 

685.  —  26  janvier  iJiH.  Paris.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  le  receveur  général  de 
Languedoc,  Jehan  de  la  Loère,  sur  les  greniers  de  Béziers,  Narbonne, 
Péziac,  Maison  et  Marcilhan,  2,000  l.  t.  encore  dues  à  Michelet  Gail- 
lart  sur  la  créance  de  4,000  1.  t.  qu'il  avait  contre  la  reine  Marie 
d'Anjou.  0  a. 

686.  —  4  février  i  47-1 .  Gompiègne.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Bourré.  E  2. 

687.  —  10  février  ^47^.  Gompiègne.  —  Don  fait  par  Louis  XI  à 
EusLachc  Sallemon,  bachelier  en  décret,  de  la  prébende  de  Saint- 
Quentin  en  Vermandois,  vacante  par  la  mort  de  M'=  Mathieu  Buytart. 
M  38. 

688.  —  24  février  H7i.  Gompiègne.  —  Mandement  de  Louis  XI 

1.  Le  duc  Jean  de  Calabre  était  mort  à  Barcelone,  le  16  décembre  1470. 


^65 

au  lrésorier[de  Dauphinéjde  trouver  à  assigner  en  Daupbiné  1 ,200  1.  l. 
de  rente,  pour  «  Madame  Saincte  Marie  Magdelcine,  »  et  -1 ,200  pour 
«  Monseigneur  Sainct  Claude.  »  H  49. 

689.  —  Requête  de  Guérin  de  Groing,  bailli  de  Saint  Pierre  le 
Mouticr,  à  Louis  XI,  pour  être  payé  des  ^,200  t'r.  de  sa  pension, 
comme  capitaine  de  la  garde  du  roi,  des  frais  d'entretien  de  40  com- 
battants, par  lui  menés  dans  deux  voyages,  dont  l'un  à  Amiens\  et 
de  25  combattants  menés  à  Montargis,  pendant  trois  ans  et  demi,  et 
des  réparations  du  Pont  Sainte  Maxence.  M  36. 

690.  —  2  mars  [-1471].  Ham.  —  Lettre  de  M.  de  Beaumont  à  Jean 
Bourré  et  Pierre  d'Oriole,  les  engageant  à  venir  à  Ham,  et  leur 
annonçant  la  présence  des  Bourguignons  à  Picquigny^.  E  34. 

691.  _  8  mars  [-1471].  Grenoble.  —  Lettre  de  Claude  Cot,  tréso- 
rier de  Daupbiné,  à  Bourré,  conseiller  et  M«  des  Comptes  du  roi, 
pour  lui  annoncer  qu'il  faut  assigner  sur  les  revenus  du  Lyonnais 
les  dons  faits  par  le  roi  à  l'abbaye  de  Saint-Claude,  et  sur  les  revenus 
de  la  sénéchaussée  de  Beaucaire,  ceux  faits  à  celle  de  Sainte-Made- 
leine^, et  qu'il  a  reçu  une  lettre  du  roi,  lui  ordonnant  de  payer,  sur 
-1,200  fr.  auparavant  attribués  au  feu  duc  de  Caiabre,  la  pension  de 
M'"«  de  Savoie''.  H  48. 

692.  —  8  mars  [f47-{].  Grenoble.  —  Lettre  de  Claude  Cot,  tréso- 
rier du  Daupbiné,  à  Louis  XI,  pour  lui  annoncer  l'envoi  de  l'état  des 
revenus  du  Daupbiné,  sur  lesquels  Louis  XI  avait  assigné  ses  dons 
à  Sainte-Madeleine  et  à  Saint-Claude^.  C  65. 

693.  —  ]2  mars  U7I.  —  «  Mémoire  à  George  Reton,  de  requérir 
et  demander  au  Roy,  nostre  seigneur,  la  conflscation  de  Milot  Gar- 
nier Le  roy  estant  à  Roye  a  commandé  ce  que  dit  est  dessus,  au 

1.  Cette  ville  fut  reprise  sur  le  duc  de  Bourgogne,  en  février  1471,  par  Dam- 
marlin.  V.  Quicherat,  Un  Manuscrit  interpolé  de  la  Chronique  scandaleuse, 
Bib.  de  l'Éc.  des  ch.,  4"=  sér.,  I,  429. 

2.  Louis  XI  était  à  Haïr,  le  2  mars  1471.  Le  mardi  suivant,  indique  ici  comme 
la  dernière  limite  de  son  séjour,  tombe  le  5  mars,  mais  le  roi  y  resta  jusqu'au  7. 
Sur  la  campagne  du  duc  de  Bourgogne  dans  celle  région,  voir  la  Chronique 
scandaleuse  à  celle  année. 

3.  Voir  ci-dessus,  n°  685,  le  mandement  du  24  février  1471  relatif  à  ces  deux 
dons. 

4.  Jean  d'Anjou,  duc  de  Caiabre,  fils  du  roi  René,  était  mort  le  16  décembre 
1470,  à  Barcelone. 

5.  Voir  ci-dessus,  n"  688.  le  nuiiidement  du  24  février  l'ul.  La  pièce  n"  692 
n'est  qu'une  copie,  dont  la  minute  se  trouve  dans  le  même  registre  C,  f"  71. 


cas  qu'il  ne  l'ait  donné  à  autre  paravantle  jourd'hui.  Fait  le  xii«jour 
de  mars  l'an  mil  GGCG  soixante  dix.  »  Bourré.  0  ^8. 

694.  —  27  mars  ['I47^].  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  Bourré 
et  à  d'Oriole.  E  i . 

695.  —  25  avril.  Vernon.  —  Lettre  de  Jacquelin  Trousseau  à 
Bourré,  pour  lui  donner  des  nouvelles  du  Dauphin,  et  lui  demander 
le  chiffre  de  sa  pension  '.  A  6. 

696.  —  Avril  ^47^.  Montils  lez  Tours.  — Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  à  Jean  Raguier,  receveur 
des  aides  en  Normandie,  la  somme  de  702  1.  2  s.  -H  d.  t.  par  lui 
dépensée  en  argenterie  pour  le  roi.  0  20. 

697.  —  i]  mai  ['I47'l].  Grenoble.  —  Lettre  de  Claude  Cot,  tréso- 
rier du  Dauphiné,  à  Bourré,  accusant  réception  de  deux  lettres  du 
roi,  dont  l'une  du  24  février  précédent,  signée  Bourré,  relative  aux 
dons  faits  à  Sainte-Madeleine  et  à  Saint-Claude 2.  A  20. 

698.  —  26  mai  ['I47J].  —  Lettre  de  Vasco  de  Sousa  à  Louis  XI, 
pour  demander  des  lettres  lui  attribuant  la  confiscation  de  messire 
Jehan  de  Saint  Ligier,  dit  Mauroy,  compromis  dans  la  ligue  du  Bien 
Public,  et  un  mandement  de  200  écus,  pour  les  fortifications  de  Creil, 
que  le  roi  lui  avait  ordonné  de  faire  réparer,  lors  de  son  dernier 
voyage  à  Amiens^.  D  70. 

699.  —  30  mai  [^47^].  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  au  lieute- 
nant du  gouverneur  de  Roussillon.  0  60. 

700.  —  Mai  \  47^ .  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Jean  Briçonnet, 
receveur  général,  de  payer  à  Philippe,  bâtard  de  Longueval,  412  1. 
>I0  s.  t.  en  300  écus  d'or,  sur  les  •IjOOO  dont  le  roi  a  fait  don  audit 
Philippe.  0  23. 


1.  Cette  lettre  est  postérieure  au  30  juin  1470,  date  de  la  naissance  de 
Charles  VIII,  et  antérieure,  à  ce  qu'il  semble,  à  l'établissement  de  Bourré  auprès 
de  lui,  en  qualité  de  gouverneur,  vers  le  6  mars  1478. 

2.  V.  ladite  lettre  à  la  date  du  24  février  1471,  n°  688. 

3.  Cette  lettre,  comme  l'indique  son  contenu,  est  postérieure  à  la  ligue  du 
Bien  Public,  à  la  suite  de  laquelle  Amiens  avait  été  rendue  au  duc  de  Bourgogne 
avec  les  autres  villes  de  la  Somme,  par  le  traité  de  Contlans,  le  5  octobre  1465; 
cette  ville  ne  fut  reprise  par  Dammartin,  au  nom  de  Louis  XI,  qu'au  mois  de 
février  1471,  et  le  roi  s'y  trouva  au  moins  du  14  au  18  avril  de  cette  même 
année  ;  c'est  donc  postérieurement  à  cette  dernière  date,  et  très  probablement 
en  cette  année  1471,  qu'il  y  a  lieu  de  placer  la  présente  lettre. 


^67 

701.  —  20  juin  i  '»7^.  Paris.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux  géné- 
raux de  ses  finances,  défaire  payer  par  Mathieu  Beauvarlet,  receveur 
général  des  finances  sur  et  deçà  les  rivières  de  Seine  et  Yonne,  à 
Jehan  de  la  Brosse,  «  fèvre,  »  demeurant  à  Paris,  une  somme  de 
75  1.  t.  pour  500  pelles  ferrées,  destinées  à  son  artillerie.  0  24. 

702.  —  25  juin  m\.  Paris.  — Mandement  de  Louis  XI  à  ses 
généraux  des  finances,  de  faire  rembourser  à  M"  François  Halle, 
avocat  au  Parlement,  une  somme  de  i  ,000  écus  par  lui  avancés  au 
roi.  0  24. 

703.  —  25  juin  -1471.  Paris.  —  Assignations  de  gages  et  de  pen- 
sions. Q  26. 

704.  —  5  juillet  iATi.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Jehan  de  la 
Loère,  receveur  des  finances  de  Languedoc.  (Illisible,  tant  V écriture 
est  effacée.)  0  25. 

705.  —  21  juillet  -I47f,  Tours.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de  la  Loère,  rece- 
veur général  des  finances  de  Languedoc,  •1,200  1.  t.  à  Hugues  de 
Bournazel,  pour  sa  pension  de  l'année  suivante.  0  26. 

706.  —  21  juillet  1471.  Tours.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  général  des  finances,  de  faire  payer  par  le  receveur  de 
la  composition  ordonnée  en  Languedoc,  à  cause  de  la  révocation  des 
francs  fiefs  et  nouveaux  acquêts,  la  moitié  de  ladite  composition  au 
comte  dauphin  d'Auvergne,  outre  ses  pensions,  pour  l'indemniser 
des  frais  de  sa  dernière  campagne  contre  les  Bourguignons.  0  27. 

Suit  un  mandement  de  Jehan  Herbert,  donné  en  exécution  de 
celui  du  roi. 

707.  —  21   juillet  1471.    Montils-lez-Tours.  —  Mandement  de 

Louis  XI  à  ,  lui  notifiant  quïl  a  donné  à  Jehan  Herbert  une 

somme  de  1,000  écus  pour  la  construction  d'une  maison  à  Mont- 
pellier, sur  la  composition  des  francs  fiefs  et  nouveaux  acquêts  en 
Languedoc.  0  28. 

708.  —  3  août  1471.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  de  la  Loère  de  remettre  à  Jehan  Briçonnet  12,000  1.  t.  pour  le 
fait  de  son  office,  à  prendre  sur  le  produit  de  l'emprunt  fait  en  Lan- 
guedoc. 0  28. 

709.  —  10  août  [1471].  Tresbes ?  — Lettre  de  Loys  Nyvart  à 
Bourré,  relativement  à  la  pension  que  touchait  le  duc  Jean  de 


^68 

Calabre  sur  le  produit  du  tirage  du  sel,  à  la  part  de  l'empire  ' .  R  93, 

710.  —  9  septembre  [147-1].  Saint-Quentin.  —  Lettre  de  Jehan  Le 
Prince  à  Louis  XI,  pour  lui  annoncer  l'avancement  rapide  des  forti- 
fications de  Saint-Quentin  ^.  C  78. 

711.  —  [147-1  ?]  —  Requête  de au  roi  Louis  XI,  tendant  à 

obtenir  l'envoi  en  Catalogne  et  en  Roussillon  d'une  commission 
chargée  d'y  constater  l'existence  de  mines  d'argent  et  de  plomb,  et 
d'en  rapporter  des  échantillons  au  roi  ^.  M  63. 

712.  — 26  septembre  1471.  Saint-Florent-lès-Saumur.  —  Man- 
dement de  Louis  XI  au  général  des  finances  de  Languedoc,  de  faire 
payer  au  Parlement  de  Toulouse  les  gages  de  l'année  finissant  le 
31  octobre  suivant,  montant  à  6,000  1.  t.,  et  ceux  de  l'année  sui- 
vante, montant  à  une  somme  égale.  0  29. 

713.  —  7  octobre  -147-1.  Vendôme.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  général  des  finances,  de  faire  payer  à  son  cham- 
bellan, le  sire  de  Châteauneuf  de  Bertheroux,  une  somme  de  200  1. 1. 
que  le  trésorier  du  Languedoc  a  refusé  de  lui  payer,  parce  qu'elle  ne 
figurait  pas  dans  son  état  de  Tannée  -1470-H7-1.  0  30. 

714.  —  24  octobre  [-1471],  Châtiilon.  —  Lettre  missive  du  comte 
de  Foix,  prince  de  Viane,  à  Louis  XI,  pour  se  plaindre  des  soupçons 
dont  il  est  l'objet,  et  lui  annoncer  l'arrivée  prochaine  de  Gorbairan, 
sieur  de  la  Roche,  chargé  de  les  dissiper  ■*.  G  39. 

715.  —  27  octobre  4471.  Orléans.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  général  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de  la 
Loère,  receveur  général  des  finances  de  Languedoc,  à  Michelet 
Gaillard,  42,077  1.  t.  pour  les  gages,  «  monteures  et  creues  des  Escoz 
et  hommes  d'armes  de  nostre  garde.  »  0  32. 

716.  — Jour  de  Toussaint  (l^"" novembre)  [4471].  Villefranche-en- 

1.  Jean  d'Anjou^  duc  de  Calabre,  était  mort  à  Barcelone,  le  16  décembre  1470. 

2.  Une  lettre  missive  de  Louis  XI,  en  date  du  19  janvier  [1471],  avait  ordonné 
de  fortifier  cette  place,  reprise  sur  le  duc  de  Bourgogne  le  10  décembre  1470  : 
Quicherat,  Un  Manuscrit  interpolé  de  la  Chronique  scandaleuse,  Bibl.  de 
l'Éc.  des  f/i.,  4°  sér.,  I,  427. 

3.  Peut-être  cette  requête  se  rattache- t-elle  à  l'ordonnance  de  septembre  1471 
relative  aux  mines,  et  dans  laquelle  précisément  il  est  fait  mention  de  celles  de 
Catalogne  :  Ordonn.  des  Bois  de  Fr.,  XVIII,  446. 

4.  Le  comte  de  Foix  avait  été  dénoncé  par  Olivier  Le  Roux,  envoyé  du  roi  en 
Espagne,  qui  s'était  arrêté,  pour  le  voir,  à  Mont-de-Marsan.  Duclos,  ouvr.  cit., 
II,  317,  322. 


^69 

Rouergue.  — Lettre  de  Lardit  de  Bar,  sénéchal  de  Rouergue,  en 
réponse  à  une  lettre  du  roi,  lui  annonçant  l'arrivée  du  sénéchal  de 
Toulouse,  porteur  d'instructions  à  son  adresse,  et  pour  lui  faire 
connaître  le  départ  du  sire  de  Gaucourt,  qui  retourne  auprès  du 
roi^.  G  37. 

717.  —  Lettre  de  Louis  XI  chargeant  Guillaume  de  Compaing, 
archidiacre,  et  Jehan  Raguire,  son  secrétaire,  de  se  rendre  à  Rome 
pour  demander  au  pape  Sixte  IV  de  maintenir  dans  sa  vigueur  le 
serment  par  lequel  le  duc  de  Guienne  s'était  engagé  à  ne  pas  épouser 
Marie  de  Bourgogne  ^.  L  ^3. 

718.  —  [Après  le  ^2  novembre  ou  décembre  ^147^.]  Paris.  — 
Demande  adressée  par  Gaulers  à  Louis  XI  de  l'office  de  contrôleur 
des  finances,  vacant  par  la  mort  de  Guillaume  Lauvergnat^,  pour 
obtenir  la  prompte  exécution  d'un  jugement  rendu  à  son  profit  contre 
un  nommé  Jacques  de  Croix,  et  pour  signaler  la  résistance  faite  par 
les  habitants  de  Gaen  à  l'exécution  d'une  sentence  qui  condamnait 
un  nommé  Jehan  Lesens  à  une  amende  de  000  1.  parisis.  G  121. 

719.  —  ^7  novembre  ^47^.  Blois.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  général  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de 
la  Loère,  receveur  général  des  finances  de  Languedoc,  à  Jehan  Bri- 
çonnet,  receveur  général  des  finances,  une  somme  de  3,000  1.  t. 
«  pour  subvenir  aux  menuz  affaires,  qui  de  jour  à  autres  nous  sur- 
viennent. ))  0  33. 

720.  —  26  novembre  ^47^.  Montils-lez-Tours.  —  Mandement  de 
Louis  XI  ordonnant  aux  généraux  des  finances  de  décharger  Jehan 
Briçonnet  d'une  somme  de  i  ,000  écus  d'or  avancée  par  sire  Jehan  de 
Pompadour,  pour  payer  Dammartin,  auquel  on  l'avait  promise  lors 
de  la  reddition  du  château  de  Rodelle.  D  80. 

721.  —  9  décembre  -147'!.  Montils-lez-Tours.  — Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances  d'imputer  sur  les  recettes  de 
Me  Jehan  de  la  Loère,  receveur  général  de  Languedoc,  la  somme  de 
5,750  L  t.  affectée  par  Jacques  de  Moulins,  argentier  et  maître  de  la 
chambre  aux  deniers  de  la  reine,  aux  dépenses  de  sa  charge.  0  34. 

1.  Du  3  au  16  octobre  1471,  Louis  .\1  ne  bougea  presque  pas  de  Venùôme,  où, 
suivant  Lardit  de  Bar,  avait  été  écrite  la  lettre  à  laquelle  il  répond. 

2.  Le  Recueil  Legrand,  B.  N.,  f.  fr.  0978,  f°  99,  renlerme  une  copie  de  cette 
pièce,  datée  du  4  novembre  1471. 

3.  Guillaume  Lauvergnat  vivait  encore  le  15  mars  1471,  comme  il  résulte 
d'une  missive  de  Louis  XI  de  celte  dernière  date,  où  il  est  meulionué. 


no 

722.  —  U7^.  Falaise.  —  Condamnation  par  contumace  du  nommé 
€hristophe  Jehan,  atteint  et  convaincu  du  crime  de  fausse  monnaie, 
au  bannissement  et  à  la  perte  de  ses  biens.  J  54-55. 

723.  —  Lettre  de à relativement  à  Michel  de  Lagrange, 

marié  à  la  nièce  de  Morvilliers,  au  voyage  à  Rome  de  Patrix  Fouc- 
quart,  du  sénéchal  de  Périgueux,  et  d'un  chapelain  dudit  Morvil- 
liers ^  G  99. 

724.  —  [Fin  de  ]A7].]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  aux  sieurs 
Dubois  et  Albert.  (jU. 

725.  —  un.  —  Mandement  de  Louis  XI  à  Pierre  d'Oriole  d'ap- 
pointer à  son  secrétaire,  Glérembaut  de  Ghampange,  l'augmentalion 
de  -10  1.  t.  par  mois  accordée  à  Robert  Salmon,  canonnier  ordinaire 
du  roi.  N  72. 

726.  —  [^  47-1 .]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  aux  habitants  de 
Tours.  H  64. 

727.  _  Janvier  ^472.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux  trésoriers 
de  France  de  faire  payer  par  Gilles  Cornu,  changeur  du  Trésor,  à 
Aubert  Pavez,  300  1.  t.  pour  ses  gages  de  deux  années  échues  en 
décembre  147^.  0  20. 

728.  —  7  janvier  -1472.  —  Serments  de  Guillaume  de  Hangest  et 
de  RauUn  Cochinart  de  garder  loyalement  pour  le  roi,  le  premier,  la 
place  de  Saint-Dizier,  le  second  celle  de  Sainte-Menehouldt.  G  130. 

729.  —  13  janvier  1472.  —  Promesse  de  Guillaume  du  Chastelet, 
seigneur  de  Saint- Amand  et  capitaine  de  Grissy  en  Bassigny,  de 
bien  et  «  loyaument  »  garder  ladite  place,  et  de  n'y  mettre  homme 
qui  puisse  porter  dommage  au  roi.  E  65. 

730.  —  15  janvier  1472.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances  de  faire  payer  par  Jehan  de  la  Loère, 
receveur  général  des  finances  de  Languedoc,  une  somme  de  17,223  1. 
11  s.  t.  à  Martin  Le  Roy,  pour  les  dépenses  de  l'écurie.  0  47. 

731.  _  [^472.]  —  Minutes  de  mandements,  dont  deux  ou  trois 
raturées  ;  celle  qui  ne  l'est  pas  commence  par  ces  mots  :  «  Gomme 

1.  Cet  envoi  fait  par  Morvilliers  d'un  de  ses  chapelains  à  Rome  se  rapporte, 
comme  les  lettres  du  roi  du  4  novembre  1471  (n°  717  ci-dessus),  aux  démarches 
faites  par  le  duc  de  Guienne  pour  être  relevé  de  son  serment  de  ne  pas  épouser 
Marie  de  Bourgogne. 


par  rentencion  que  nous  avons  de  nous  servir  el  aider  de  nostrc 
cousin,  le  sire  de  Labret^  »  Le  dispositif  manque.  G  59. 

732.  —  28  janvier  1472.  Montils-Iez-Tours.  —  Engagement  pris 
par  Louis  XI  de  respecter  la  convention  passée  avec  le  sire  d'Al- 
bret.  G  28. 

733.  —  30  janvier  -1472.  Amboise.  —  Engagement  pris  par 
Louis  XI  de  payer  à  Jehan  Delur,  dit  Chancelier,  une  somme  de 
2,000  écus  pour  le  récompenser  de  ses  services.  0  2-1 . 

734.  —  «  Assiette  de  la  taille  mise  sus  en  Normandie,  pour  l'année 
commençant  en  janvier  MGGCGLXXI  (v.  st.),  montant,  comprins  les 
frais,  iiiic  XXI™  m"^  xii  1.  t.  »  P  45. 

735.  —  7  février  -1472.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux 
généraux  des  finances  de  faire  payer  par  Jehan  de  la  Loère,  receveur 
des  finances  de  Languedoc,  la  pension  de  2,000  1.  t.  accordée  à 
Charles  d' Amboise,  seigneur  de  Charenton,  dont  800  de  crue.  0  23. 

736.  —  9  février  -1472.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis, XI  à 
Jehan  de  la  Loère  de  payer,  par  exception,  sur  ses  finances  de  Lan- 
guedoc, à  Charles  d'Amboise,  seigneur  de  Charenton,  les  2,000  1.  t. 
de  sa  pension  de  la  présente  année,  et  les  2,000  1.  t.  à  lui  données 
pour  reconstruire  son  château  de  Chaumont.  0  22. 

737.  —  \i  février  -1472.  Amboise,  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  général  des  finances  de  Languedoc,  de  payer  à  Noël 
Le  Barge  une  somme  de  2,000  1.  t.  pour  les  nobles  de  Roussillon. 
K  79. 

738.  —  ^^  février  ^472.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jehan  Herbert,  receveur  général  des  finances  en  Languedoc,  de  faire 
payer  par  Jehan  de  la  Loère  à  Pierre  de  la  Touche  la  somme  de 
^00  écus.  I  38.  Au  v"  du  même  feuillet,  une  lettre  de  Jehan  Herbert 
à  de  la  Loère  lui  ordonnant  de  payer  à  Pierre  de  la  Touche  ladite 
somme  de  100  écus. 

739.  —  13  février  ^472.  Tours.  —  Lettre  de  Guillaume  Gousinot 
à  Louis  XI  relativement  aux  mines  -.  G  75. 


1.  Voir  la  pièce  suivante,  n»  732. 

2.  CeUe  leUre  se  rapporte  évidemment  à  l'ordonnance  de  septembre  1471  sur 
les  mines,  car  cette  dernière  est  signée  Flameng ,  c'est-à-dire  du  secrétaire 
auquel,  suivant  la  présente  lettre  de  Cousinot,  la  rédaction  en  avait  été  confiée. 
Il  y  a  donc  lieu,  croyons-nous,  de  placer  cette  lettre  en  1472,  cinq  mois  environ 


-172 

740.  —  28  mars  ^1472.  Tours.  —  Quiltance  donnée  par  Mathieu 
Beauvarlet  à  Bourré  d'une  somme  de  ^,200  écus  d'or  (-1,650  I.  t.), 
à  employer  pour  une  fondation  en  l'église  de  Saint-Marcou,  au  dio- 
cèse de  Léon.  1-128. 

741.  —  7  avril  [-1472].  Tours.  —  Lettres  des  gens  du  Conseil  du 

roi  à pour  lui  donner  leur  avis  sur  la  nécessité  de  tenir  les  gens 

d'armes  sur  pied,    quoiqu''il  fût  question   d'une  prolongation  de 
trêve  ^  H  ^ . 

742.  —  30  avril  [^472].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  au  gouverneur  du  Roussillon  et  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  38. 

743.  —  3  mai  [U72].  Cognac.  —  Lettre  d'Yvon  du  Fou  à  Louis  XI 
annonçant  la  capitulation  de  Cognac,  où  commandait  le  sire  d'Archiac, 
qu'il  lui  envoie  sous  bonne  garde,  et  sollicitant  pour  celui-ci  l'indul- 
gence royale;  il  lui  annonce  en  même  temps  le  supplice  prochain,  à 
Bordeaux,  de  l'abbé  de  Saint- Jean  2.  0-18. 

744.  —  3  mai  -1472.  Plessis-du-Parc.  —  Mandement  de  Louis  XI 
aux  généraux  des  finances  de  Languedoc,  de  faire  payer  par  Loys 
Nyvart,  trésorier  et  receveur  général  des  finances  de  Languedoc,  sur 
les  ^ 0,000  1.  t.  accordées  au  roi  par  les  états  de  cette  province, 
au  mois  d'avril  précédent,  une  somme  de  -1,200  1.  t.  de  pension  à 
Claude  de  Montfalcon,  écuyer.  0  36. 

745.  —  6  mai  [-1472].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  F  34. 

746.  —  7  mai  [-1472].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Châtel.  D  40. 

747.  — -  9  mai  [U72].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Châtel.  D  46. 

après  l'ordonnance  que,  suivant  l'expression  de  Cousinot,  «  il  avait  pieu  naguières 
au  Roy  commander.  »  Ordonn.  des  B.  de  Fr.,  XVI,  176. 

1.  Une  trêve  avait  été  conclue  à  Amiens,  le  4  avril  1471,  entre  Louis  XI  et  le 
duc  de  Bourgogne,  pour  durer  jusqu'au  5  juillet  suivant;  le  4  juillet  1471,  elle 
fut  prorogée  jusqu'au  1"  mai  1472;  le  7  avril  1472,  il  était  question  de  la  pro- 
roger encore  :  un  nouvel  armistice  fut,  en  effet,  conclu  ;  il  devait  durer  du 
1"^'  mai  au  15  juin  1472,  mais  la  mort  du  duc  de  Guienne,  en  mai  1472, 
fournit  à  Charles  le  Téméraire  une  occasion  de  le  rompre  brusquement;  le 
11  juin,  il  assaillit  la  ville  de  Nesle,  dont  la  garnison  fut  massacrée.  B.  N.  ms. 
fr.  3887,  f  128. 

2.  Une  lettre  missive  de  Louis  XI,  en  date  du  7  mai  1472,  témoigne  qu'il  ne 
vit  pas  de  bon  œil  l'indulgence  dont  Yvon  du  Fou  avait  fait  preuve  pour  le 
sire  d'Archiac,  compromis  dans  les  menées  du  duc  de  Guienne. 


748.  —  ^A  mai  [^472].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghûtel  et  au  sire  de  GrussoL  D  42. 

749.  —  -15  mai  [-1472].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel  et  au  sire  de  GrussoL  D  44. 

750.  —  25  mai  []472].  Rouen.  —  Lettre  missive  de  Guillaume 
Picard  à  Bourré  sur  la  mort  du  duc  de  Guienne,  et  sur  les  prépa- 
ratifs de  défense  en  Normandie  contre  une  invasion  du  duc  de  Bour- 
gogne ^  G  -14. 

751.  —  Demande  de  lettres  d'affranchissement  en  faveur  des  offi- 
ciers du  feu  duc  de  Guienne  ^.  M  90. 

752.  — Jeudi Tours.  —  Lettre  de  J.  de  Tartas  à  Bourré,  lui 

annonçant  qu'il  s'est  rendu  à  Tours,  avec  les  députés  de  la  ville  de 
Poitiers,  où  règne  une  épidémie,  pour  obtenir  des  lettres  de  perpé- 
tuation en  faveur  du  Parlement  de  cette  dernière  ville,  et  lui 
remettre  2,000  fr.  pour  le  roi  ^.  F  ]2i. 

753.  —  29  mai  ■1472,  —  Serment  prêté  par  Paillard  d'Urfé,  Loys 
Sorbier,  M.  de  Dampierre,  François  de  Clermont,  etc.,  sur  le  chef  de 
Saint-Eutrope.  I  56. 

754.  —  Fragment  de  lettre  ou  de  mémoire  qui  semble  relatif  à 
l'enquête  ouverte  au  sujet  de  la  mort  du  duc  de  Guienne.  G  99. 

755.  —  Requête  de  Richard  de  Badefol  à  Louis  XI,  pour  obtenir  de 
lui  500  réaux,  en  compensation  des  500  qu'il  s'était  engagé  à  payer 
au  roi  Charles  YII,  pour  la  châtellenie  de  Gasaux,  afin  de  pouvoir 
subvenir  aux  dépenses  qui  lui  avaient  été  imposées  par  les  obstacles 
mis  à  sa  jouissance  par  le  feu  duc  de  Guienne.  M  62. 

756.  —  Requête  de à  Louis  XI  pour  obtenir  que  sa  pension 

fût  portée  à  J  ,200  fr.,  pour  être  payé  des  800  fr.  à  lui  appointés  par 
le  feu  duc  de  Guienne  et  de  ses  frais  de  voyage  en  Espagne.  M  86. 


1.  V.  sur  la  campagae  dvi  duc  de  Bourgogne  en  Normandie  la  Chronique 
scandaleuse.  Elle  s'ouvrit  après  la  levée  du  siège  de  Beauvais  par  Cliarles  le 
Téméraire,  le  "2î  juillet  1472. 

2.  Je  réunis  ici  tous  les  documents  qui,  comme  celui-ci,  se  placent  après  la 
mort  du  duc  de  Guienne,  le  24  mai  1472,  et  qu'il  ne  m'est  pas  possible  de  dater 
d'une  manière  plus  précise. 

3.  La  démarche  dont  il  est  ici  question  est  antérieure  aux  lettres  du  1"  juin 
1472,  par  lesquelles  Louis  XI  rétablissait  à  Bordeaux  le  Parlement  qui  avait  été 
transféré  à  Poitiers,  après  la  cession  de  la  Guienne  à  Charles  de  Franco.  Ord. 
des  R.  de  Fr.,  XVII,  511. 

42 


474 

757.  —  Requêtes  diverses  relatives  aux  paiements  restés  en  souf- 
france par  suite  de  la  mort  du  duc  de  Guienne.  I  53. 

758.  —  «  Ce  que  monsieur  le  seneschal  de  Xaintonge  avoit  de 
monsieur  de  Guienne.  »  I  65. 

759.  —  Requête  de  [du  Bouchage]  ?  à  Louis  XI  pour  obtenir  le 
mandement  des  restes  dus  à  feu  Mgr  de  Guienne,  c'est  à  savoir  les 
jugeries  de  Verdun,  de  Rivière  et  du  comté  d'Armagnac,  qui  lui 
ont  été  attribuées.  0  77  ^ 

760.  —  [4  472.]  —  Requête  du  sire  d'Albret  au  roi  pour  obtenir 
l'assignation  de  sa  pension  en  Limousin  ou  en  Périgord,  l'élévation 
de  cette  même  pension,  qui,  depuis  trois  ans,  avait  été  diminuée  de 
-1/200  1.  t.,  la  réduction  à  900  1.  t.  des  1,700  1.  t.  de  crue,  sur  ses 
sujets  d'Agenois  et  de  Bazadais,  enfin  la  prestation  d'hommage  de 
qui  de  droit  pour  les  châtellenies  de  Lineuil  et  de  Gapdueil,  au  besoin 
par  un  arrêt  du  Parlement  de  Bordeaux  ^.  G  4  64. 

761.  .—  Mai  -1472.  Plessis-du-Parc.  — Mandement  de  Louis  XI 
aux  maire  et  échevins  de  Tours  de  faire  bailler  et  délivrer  par  les 
«  armuriers  et  brigandiniers  »  de  leur  ville  trois  «  arnois  complets 
de  solde  et  de  mesure,  avecques  six  brigandines  garnies  de  salades.  » 
0  36. 

762.  —  [4  472.]  —  «  Memoyre  de  monsieur  de  Bochage  de  dire  au 
roy  que  monsieur  le  seneschal  de  Poictou  m'y  avoit  enchargé  de 
dire  3.  »  G  467. 

763.  —  44  juin  4472.  Saint-Florent.  —  Don  fait  par  Louis  XI  à 
Du  Bouchage  des  terres  du  comte  d'Armagnac,  qui  avaient  été 
d'abord  attribuées  au  feu  duc  de  Guienne.  0  37. 

764.  —  24  juin  [4472].  Ghalonne.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
aux  gouverneurs  de  Roussillon  et  d'Anjou.  D  25. 

765.  —  24  juin  [4472].  Ghalonne.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
au  duc  de  Bourbon  et  aux  «  vielz  gouverneurs.  »  D  24 . 


1.  V.  ci-dessous,  n°  763,  les  lettres  de  Louis  XI  faisant  droit  à  cette  demande, 

2.  Le  sire  d'Albret  entendait  se  faire  payer  sa  résistance  aux  offres  du  duc  de 
Guienne  pour  l'entraîner  dans  une  coalition  contre  Louis  XL  Duclos,  ouvr.  cit., 
II,  335.  La  requête  doit  être  postérieure  au  1"  juin  1472,  puisqu'il  est  question 
de  recourir  au  Parlement  de  Bordeaux,  rétabli  par  lettres  royales  de  cette  der- 
nière date. 

3.  Relatif  à  l'expédition  de  Charles  le  Téméraire  dans  l'Ile-de-France  et  la 
Normandie,  pendant  l'été  de  1472. 


766.  —  [ÉLé  de  '1472.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  au  bailli  de 
Dreux.  0  21 . 

767.  —  28  juillet  [1472].  Au  Champ,  près  le  Las.  —  Lettre 
de  Grussol  à  Bourré,  trésorier ,  sur  le  payement  de  ses  gens  de 
guerre  '.  F  32. 

768.  —  31  juillet  [^472].  Ghâteau-Gontier.  —  Lettre  de  Grussol  à 
Bourré  pour  lui  demander  un  mandement  astreignant  les  habitants 
de  Ghâteau-Gontier  à  faire  le  guet,  pendant  qu'il  s'absentera  lui  et  ses 
hommes.  F  43. 

769.  —  6  août  [1472].  La  Guierche.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Bourré.  0  43. 

770.  —  ^  3  août  \  472.  Rome.  —  Bulle  du  pape  Sixte  IV  à  Louis  XI 
relative  aux  grâces  expectatives,  aux  causes  bénéficiâtes,  aux  levées 
de  subsides  sur  le  clergé,  suivie  d'un  bref  au  roi  relativement  à  une 
ambassade  que  celui-ci  avait  envoyée  à  Rome.  L  ^  et  2. 

771.  —  -15  août  [1472].  Monteseur.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
au  chancelier,  à  d'Oriole  et  à  Bourré.  D  48. 

772.  —  Dimanche  -16  août  [-1472].  Laval.  —  Lettre  de  Pierre 
d'Oriole  et  de  Jean  Herbert  à  Jean  Bourré  pour  lui  annoncer  que  le 
roi  a  demandé  xvii<^  f.,  «  tant  pour  la  fortiffication  de  la  place  d'An- 
cenys,  que  pour  rompre  l'Ysle.  »  E  Si. 

773.  —  28  août  [1472].  Ghâteau-Gontier.  —  Lettre  du  sire  de 
Grussol  à  Bourré  lui  rappelant  que  MM.  de  Bueil,  de  la  Forest  et 
lui^  lui  ont  écrit  pour  lui  demander  le  payement  de  leurs  gens 
d'armes.  F  29. 

774.  —  6  septembre  -1472.  Les  Ponts-de-Gé.  —  Mandement  de 
Louis  XI  à  Pierre  Mandonnier,  commis  au  payement  des  gen- 
tilshommes de  son  hôtel,  de  payer  à  Bertrand  de  Linicres,  mis  en  la 
place  de  Johannot  de  Bedueil,  la  somme  de  200  écus  d'or  pour  ses 
gages  du  mois.  0  37. 

1.  II  semble  que  cette  lettre  se  rattache  à  la  défense  de  IJeauvais,  qui  venait 
de  finir  par  la  retraite  de  Charles  le  Téméraire,  le  22  juillet  1472;  dans  tous  les 
cas,  elle  est  antérieure  au  mois  d'août  1473,  date  de  la  mort  de  Crussol.  Jl  est 
à  remarquer  que  Crussol  donne  ici  à  Bourré  le  titre  de  trésorier,  quoiqu'il  ne 
le  fût  pas  encore  ;  il  n'était  pas  le  seul  à  commettre  cette  erreur,  où  il  y  a  peut- 
être  une  intention  de  ilatlerie. 

2.  V.  ci-dessus,  n"  767. 


\7i} 

775.  —  \\  septembre  -1472.  —  «  Coppie  des  appoinctements  des 
logeiz  des  gens  de  guerre  en  Roussillon.  »  K  8^ . 

776.  —  [U72.]  —  «  Mémoire  à  monsieur  le  maistre  d'ostel  Phi- 
lippe Guerin,  de  ce  qu'il  a  à  dire  à  monsieur  de  Ghastillon,  de  par 
leroy  ^  »  G  36. 

777.  —  [^472.]  —  «  qu'il  essaye  de  se  saisir  des  places  qui 

sont  en  Ghampoigne,  tenues  du  roy  par  ceulx  qui  tiennent  le  parti 
de  Bourgongne.  »  J  50. 

778.  —  [i472.]  —  «  Mémoire  depescher  Philippe  Guerin  pour  s'en 
aller  devers  Monsieur  de  Ghastillon,  pour  lui  dire  et  remonstrer, 
comme  il  a  sceu  la  prise  de  Monsaujon...  »  I  47. 

779.  _  [^472.]  —  Mandement  de  Louis  de  Laval  à  Guillaume 
Godet  de  payer  à  Pierre  le  Barbier  une  somme  de  ^3  s.  9  d.  t.  pour 
un  voyage  de  Châlons  à  Reims,  pour  le  service  du  roi.  0  66. 

780.  —  [Après  -1472.]  —  Requête  de  François,  comte  de  Dunois, 
à  Louis  XI,  pour  être  payé  de  sa  pension  de  -12,000  1.  et  obtenir  une 
partie  des  bois  d'Arqués  et  deGauny,  pour  reconstruire  Longueville^, 
un  subside  de  500  1.  t.  à  lever  sur  ses  terres  de  Vouvant  et  de  Par- 
thenay  pour  réparer  ces  deux  places,  enfin  une  indemnité  pour  les 
ravages  commis  dans  sa  terre  de  Havrech  quatre  ans  auparavant. 
G  ^37. 

781.  —  6  octobre  [1472].  La  Roche-aux-Aulbins.  —  Mandement 
de  Louis  XI  à  Bourré  de  payer  au  sénéchal  de  Toulouse  ce  qui  lui 
avait  été  attril)ué  sur  les  «  restes  deuz  »  au  feu  duc  de  Guienne.  A  -I . 

782.  —  -13  octobre  [-1472].  Le  Plessis-Baudoin.  —  Lettre  missive 
de  Louis  XI  à  Bourré.  F  34 , 

783.  —  4  6  octobre  -1472.  —  Reçu  donné  par  Jean  de  Beaune, 
marchand  de  Tours,  à  Jehan  Plouvier,  marchand,  demeurant  à 
Valence,  de  la  somme  de  2. 891  l.  14  s.  2  d.  t.  à  compte  sur  5,000  1.  t. 


1.  V.  la  Chronique  scandaleuse  :  «  En  ces  entrefaites,  aucuns  tenans  le  party 
dudil  de  Bourgogne,  comme  le  comte  de  Roussi,  (ils  dudit  connestable,  et  autres 
de  leur  party,  tinrent  les  champs  au  pays  et  marches  de  Bourgogne,  et  se  vinrent 
espandre  et  loger  en  la  comté  de  Tonnerre,  où  ils  ne  trouvèrent  aucune  résis- 
tence.  Et  en  gastant  et  détruisant  pays,  vinrent  jusques  à  Joigny,  qui  fut  fort 
secouru  par  les  gens  du  roy  et  ne  l'eurent  point,  et  puis  s'en  allèrent  vers 
Troyes,  boutans  feu  es  granges  et  villages.  » 

2.  Longueville  avait  été  brûlée  pendant  la  campagne  du  duc  de  Bourgogne  en 
Normandie,  au  mois  d'août  1472.  Chron.  scand. 


477 

que  ledit  Plouvier  doit  au  roi,  et  dont  ledit  de  Beaune  s'engage  à  lui 
faire  donner  quittance.  J  -{24. 

784.  —  28  octobre  [4472].  Villeloin.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  23. 

785.  —  30  octobre  [4472].  Amboise.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Yvon  du  Pou.  H  26. 

786.  — Octobre  4472.  Amboise.  — Mandement  de  Louis  XI  à  Noël 
Le  Barge,  trésorier  des  guerres,  de  payer  à  Jehan  le  Tondeur,  son 
canonnier,  4  46  1.  7  s.  6  d.  t.  à  compte  sur  les  426  1.  t.  qui  lui  sont 
dues  pour  transport  d'artillerie  en  Saintonge.  0  38.  (Ge  document 
est  en  double  exemplaire.) 

787.  —  6  novembre  4472.  —  Quittance  du  chapitre  de  Saint- 
Aignan  d'Orléans  à  Jehan  Briçonnet,  conseiller  et  receveur  des 
finances,  de  la  somme  de  43  1.  3  s.  4  d.  t.  à  lui  donnée  par  le 
roi.  F  74. 

788.  —  43  novembre  [4472].  Pouans  (Pouencé?).  — Lettre  missive 
de  Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghàlel.  D  4. 

789.  —  46  novembre  4472.  —  Lettres  des  moines  de  Saint-Hubert 
en  Ardenne  à  Bourré,  trésorier  de  France  \  pour  lui  annoncer  l'ar- 
rivée prochaine  du  prieur  de  Périers,  chargé  de  leurs  affaires,  et  le 
recommander  à  sa  bienveillance.  F  42. 

790.  . —  Assignation  des  pensions  de  Lescun,  Souplainville  et 
Odet  d'Aydie,  frère  dudit  Lescun  ^.  H  29. 

791.  —  7  décembre  [4472].  La  Ferté-Bernard.  —  Demande  de.... 
à  Louis  XI  d'une  indemnité  pour  les  dégâts  causés  par  la  guerre 
dans  le  comté  de  Guise  ^.  G  80. 

792.  —  9  décembre  4472.  Dinechien.  —  Lettres  par  lesquelles 
Louis  XI  accorde  au  sire  de  Soupplainville  les  offices  de  maire  de 
Bayonne  et  de  prévôt  d'Acqs,  la  seigneurie  de  Saint-Scver,  une 
somme  de  6,000  écus  e'.  une  pension  de  4,200  fr.  0  39. 

793.  —  9  décembre  4  472.  Montils-lez-Tours.  —  Mandement  de 


1.  Encore  à  cette  date,  Bourré  n'était  pas  trésorier  de  France. 

2.  Le  26  novembre  1472  fut  conclu  le  traité  en  vertu  duquel  furent  accordés 
les  avantages  énoncés  dans  ce  document.  Dupuy,  o\ivr.  cit.,  I,  319,  320. 

3.  Le  plaignant  doit  être  le  comte  de  Saint-Pol,  connétable  de  France,  auquel 
le  roi  avait,  en  1466,  à  l'occasion  de  son  mariage  avec  Marie  de  Savoie,  fait 
céder  le  comté  de  Guise  par  Charles  d'Anjou,  comte  du  Maine.  V.  ci-dessus  n"  676. 


ns 

Louis  XI  aux  généraux  des  finances,  de  faire  payer  par  Jehan  de  la 
Loère  à  Jacques  Demoulins  une  somme  de  3,750  1.  t.  pour  subvenir 
aux  dépenses  de  l'argenterie  et  de  la  chambre  aux  deniers  de  la  reine. 
Suit  un  mandement  de  ladite  somme  de  Jehan  Herbert  à  Jehan  de 
la  Loère,  en  exécution  de  l'ordre  du  roi.  0  34. 

794.  —  H  décembre  -1472.  Dinechien,  près  le  Puy  Belliart.  — 
Mandement  de  Louis  XI  à  ses  trésoriers  de  faire  payer  par  Dreux 
Budé,  sur  les  revenus  du  sceau  de  la  chancellerie,  à  Guion  Ridereau, 
son  valet  de  chambre,  37  1.  -10  s.  t.,  et  à  George  de  Sars,  son  veneur, 
^00  1.  t.,  pour  leur  entretien.  0  40. 

795.  —  46  décembre  ^472.  Le  Puy-Belliart.  —  Mandement  de 
Louis  XI  aux  généraux  des  finances  de  faire  payer  par  Jehan  Bri- 
çonnet,  receveur  général  des  finances,  à  Patrix  Foucart,  sénéchal  de 
Saintonge,  -1,000  1.  t.  par  an  que  lui  donnait  le  feu  duc  de  Guienne, 
en  sa  qualité  de  chambellan.  0  4-1. 

796.  —  23  décembre  1472.  Mortagne.  —  «  Double  du  povoir 
donné  à  messieurs  le  gouverneur  de  Roussillon  et  maistre  Guillaume 
de  Gerisay,  pour  besoigner  avec  messieurs  et  dame  de  Montsoreau,  » 
....  au  sujet  du  mariage  de  leur  fille,  Hélène  de  Jambes,  avec  Phi- 
lippes  de  Gommines,  en  faveur  duquel  mariage  le  roi  donne  auxdits 
sieur  et  dame  22,000  écus  d'or  et  rembourse  audit  Gommines  tout 
ce  qu'il  a  dépensé  pour  l'acquisition  de  la  terre  d'Argenton.  J  84-83. 

797.  —  24  décembre  [-1472].  Mortagne.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Châtel.  D  -13. 

798.  —  26  décembre  [U72].  Mortagne.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  -14. 

799.  —  [-1472.]  —  Requête  du  sénéchal  de  Saintonge  pour  être 
maintenu  en  jouissance  des  100  fr.  de  gages  que  lui  donnait  le  duc 
de  Guienne  pour  la  garde  du  château  de  Saint-Jean-d"Angély,  et 
d'une  autre  somme  de  ^00  fr.  pour  son  lieutenant.  M  7. 

800.  —  Mandement  de  Louis  XI  aux  généraux  des  finances  de 
faire  payer,  pour  le  comte  dauphin  d'Auvergne,  une  somme  de 
i,330  1.  t.  à  Jehan  Quotier,  «  marchant,  suivant  la  court,  à  cause 
de  drapz  de  soye  et  de  laine,  de  lui  prins  par  les  gens  dud.  comte 
daulphin.  »  E  -l-l. 

801.  — -1472.  —  Engagement  pris  par  Louis  XI,  de  faire 

remettre  à  Noël  Le  Barge,  trésorier  des  guerres,  2,000  1. 1.  assignées 


179 

sur  les  finances  de  Languedoc,  «  pour  le  paiement  de  certain  nombre 
de  gens  nobles  du  pais  de  Roussillon.  »  G  \69. 

802.  —  [^'572.]  —  Requête  de  Thierry  de  Lenoncourt  à  Louis  XT, 
pour  être  maintenu  en  possession  des  seigneuries  de  Nancret,  de 
Bertanha,  de  Gastelnau  et  de  la  Barrera,  qu'il  tenait  du  duc  de 
Guienne.  M  34. 

803.  —  [^472.]  —  Mandement  de  Louis  XI  aux  généraux  des 
finances  de  faire  décharger  par  le  changeur  le  receveur  ordinaire  de 
Paris,  pour  l'année  commencée  le  24  juin  1472,  de  la  somme  de 
428  1.  t.  ordonnées  par  le  roi  pour  la  sainte  chapelle  de  Paris.  3  UA. 

J.  Vaesen. 
{A  suivre.) 


PHILIPPE  LE  BEL 


ET 


LA  MAISON  DE  LUXEMBOURG 


Le  comte  de  Luxembourg,  qui  devint  empereur  sous  le  nom 
d'Henri  VII,  paraît  être  le  premier  personnage  de  sa  famille  qui 
ait  eu  avec  la  France  des  relations  dignes  d'être  historiquement 
constatées.  Ce  n'est  pas  à  dire  qu'il  ait  par  lui-même  joué  un  rôle 
considérable  dans  nos  affaires,  quoiqu'il  ait  mis  à  néant  un  des 
plus  grands  projets  de  Philippe  le  Bel.  Mais  c'est  le  père  de  ce 
fameux  roi  Jean  de  Bohême,  le  plus  fidèle  et  le  plus  glorieux  des 
alliés  de  la  France  ;  il  n'est  donc  pas  sans  intérêt  de  rechercher 
dans  le  père  l'explication  des  sympathies  du  fils.  En  outre,  un 
frère  d'Henri  VII,  Baudouin  de  Luxembourg,  a  eu,  lui  aussi,  dans 
sa  jeunesse,  quelques  relations  avec  la  cour  de  France,  et  nous 
savons  que  le  roi  Jean  alla  souvent  puiser  dans  les  souvenirs  et  les 
conseils  de  son  oncle  des  inspirations  pour  sa  politique  française. 
Nous  noterons  donc  les  principaux  faits  qui  rattachent  à  la  France 
Henri  et  Baudouin  de  Luxembourg  ;  ces  faits  ont  du  reste  l'avan- 
tage d'être  le  point  de  départ  de  l'illustration  de  leur  nom. 

C'est  en  efiet  à  des  influences  françaises  qu'Henri  de  Luxem- 
bourg doit  les  commencements  de  sa  fortune.  11  résulte  des 
témoignages  contemporains  qu'il  passa  une  grande  partie  de  sa 
jeunesse  à  Paris,  dans  l'entourage  royal;  et,  si  l'on  en  croit  cer- 
tain chroniqueur,  ce  serait  Philippe  le  Bel  en  personne  qui  l'au- 
rait armé  chevalier.  En  tout  cas,  il  est  hors  de  doute  qu'il  fut 
marié  par  les  soins  d'une  reine  de  France,  la  veuve  de  Philippe 
le  Hardi*.  D'autre  part,  on  retrouve  dans  les  débris  de  nos 


1.  Alb.  Mussalus.   ap.  Muralori,  lib.  XVI,  rub.  3.  —  Wurth-Paquet,   Table 


archives  quelques  traces  de  ses  fréquents  séjours  à  Paris  et  de 
ses  relations  avec  la  noblesse  du  royaume*.  Mais  ce  qui  surtout 
prouve  combien  la  France  imprima  profondément  sa  m.arque  sur 
Henri,  c'est  que  ce  prince,  absolument  Allemand  par  sa  naissance 
et  par  le  rang  suprême  auquel  il  parvint,  ne  parla  jamais  bien 
d'autre  langue  que  la  nôtre  ;  et  l'on  vit  ce  spectacle  assez  curieux 
d'un  empereur  d'Allemagne  qui,  quoique  Allemand,  ne  savait  pas 
l'allemand  et  dont  la  chancellerie  rédigeait  même  les  diplômes  en 
français^. 

En  reprenant  l'ordre  chronologique  des  événements ,  nous 
voyons  que,  dès  1294,  Philippe  le  Bel,  sur  le  point  d'entrer  en 
campagne  contre  les  Anglais  dans  le  midi  de  la  France,  fît  avec 
Henri  de  Luxembourg  un  traité  aux  termes  duquel  il  s'engageait 
à  lui  payer  annuellement  500  livres  tournois  de  rente  à  titre  de 
fief  héréditaire,  en  retour  de  l'hommage-lige  promis  à  lui  et  à  ses 
successeurs  par  le  comte  de  Luxembourg.  Celui-ci  recevait  en 
outre  6,000  livres  tournois  pour  défrayer  et  solder  un  contingent 
de  200  armures  de  fer  destiné  «  a  défendre  le  roïaume  de  France 
contre  le  roi  d'Angleterre,  ses  allés  et  ses  aidans,  et  generaument 
contre  touz  sans  excepter  nullui^.  »  Cette  convention  fait  partie 
d'une  série  de  traités  analogues  passés  alors  par  Philippe  avec 


chron.  des  chartes  et  dipl.  d'Henri  VU,  dans  les  Publ.  de  la  Soc.  arch.  de 
Luxembourg,  XVII,  4.  —  Bertholel,  Hist.  de  Luxembourg,  V,  293  et  lxxvi.  — 
"Wurlh-Paquet,  loc.  cit.,  p.  61,  n"  127. 

1.  Archives  nationales.  Trésor  des  chartes,  J  G08. 

2.  Un  chroniqueur  bien  informé,  Alb.  Mussalus,  nous  apprend  qu'Henri  se 
servait  dans  la  vie  privée  de  Yidtoma  Gallicum  (cité  dans  les  Publ.  de  la  Soc. 
arch.  de  Luxembourg,  ibid.,  introd.,  p.  27).  Les  comptes  de  sa  maison,  dont  il  nous 
reste  des  fragments  fort  intéressants,  étaient  tenus  en  français  et  supputés,  du 
moins  jusqu'à  son  couronnement  à  Rome,  en  monnaie  de  France.  «  Contes  Gile 
[de  le  Marcelle]  trésorier  de  despens  d'ostol  le  Roy,  du  ix  jour  de  février  l'an 
MCCC  et  XI,  qu'il  entrai  on  l'offisse...  jukes  à  l'entrée  d'avril,  l'an  MCCC  et 
XII...  »  {Acta  Henrici  VL,  collecta  a  F.  Bonainio,  Florence,  1877,  in-S"; 
V  part.,  p.  293  et  suiv.,  n"'  183  à  189.)  Enfin,  M.  "Wurth-Paquet,  qui  a  parti- 
culièrement étudié  la  diplomatique  d'Henri  VII,  nous  a  déclaré  n'avoir  jamais 
vu  un  acte  en  allemand  émané  de  cet  empereur.  Cf.  Recherches  sur  les  relut, 
politiques  de  la  France  avec  l'Allemagne  (Bibl.  de  l'Éc.  des  hautes  études), 
par  M.  Leroux,  p.  1.33  et  note  1. 

3.  Pontoise,  novembre  1294  (Arch.  nat.,  Trésor  des  chartes,  J  608,  n"'  4  et 
6).  Le  comte  de  Luxembourg  faisait  des  réserves  en  faveur  de  l'empereur,  des 
archevêques  de  Cologne  et  de  Trêves,  du  comte  de  Flandre,  etc.,  en  raison  de  ses 
liens  féodaux. 


^182 

un  certain  nombre  de  princes  allemands,  pour  les  empêcher  de 
suivre  l'exemple  de  l'empereur,  leur  suzerain,  gagné  par  l'or  du 
roi  d'Angleterre,  Mais  il  n'est  pas  établi  qu'Henri  ait  pris  la 
moindre  part  à  l'expédition  dont  il  s'agit. 

Peu  de  temps  après,  le  comte  de  Luxembourg  envoya  à  Paris 
le  plus  jeune  de  ses  deux  frères,  Baudouin,  alors  âgé  de  treize 
ans,  pour  étudier  aux  écoles ^  Baudouin  y  resta  d'abord  cinq 
ans.  C'est  dans  cet  intervalle  qu'eurent  lieu  les  célèbres  états  de 
1302.  Le  comte  de  Luxembourg,  vassal  du  roi  de  France,  y  fut 
convoqué  ;  il  prit  part  aux  assemblées,  et  son  nom  figure  au  pre- 
mier rang  des  grands  feudataires  qui  apposèrent  leur  sceau  à 
l'adresse  des  nobles  contre  Boniface  VIII^. 

La  guerre  de  Flandre,  qui  survint,  sépara  un  instant  Philippe 
le  Bel  et  le  comte  de  Luxembourg  :  dans  la  convention  de  1294, 
Henri  avait  eu  soin  de  ne  pas  s'engager  contre  le  comte  de 
Flandre.  Mais,  après  l'affaire  de  Mons-en-Puelle,  il  fut  un  des 
premiers  à  proposer  la  paix.  En  même  temps,  il  faisait  retourner 
à  Paris  le  jeune  Baudouin,  qu'il  en  avait  rappelé  au  début  des 
hostilités.  Ce  fut  même  l'occasion  d'un  nouveau  traité,  par  lequel 
le  comte  de  Luxembourg  promettait,  pour  lui  et  pour  son  frère, 
de  garder  les  alliances  conclues  avec  le  roi  de  France.  En  retour, 
il  semble  que  Philippe  ait  réussi  à  apaiser  une  querelle  entre  le 
duc  de  Brabant  et  le  comte  Henri^. 

A  la  fin  de  1305,  l'archevêque  de  Bordeaux,  Bertrand  de  Got, 
fut  couronné  pape  à  Lyon.  Cette  cérémonie  attira,  comme  l'on 
sait,  dans  la  ville  un  très  grand  nombre  de  seigneurs,  parmi  les- 
quels nous  retrouvons  Henri  de  Luxembourg  dans  la  suite  du  roi 
de  France"*.  On  ne  peut  admettre  qu'il  ait  entrepris  ce  lointain 
voyage  uniquement  pour  baiser  la  mule  du  nouveau  pape.  D'autre 
part,  il  pouvait  aisément  alléguer  un  prétexte  pour  décliner  l'in- 
vitation du  roi.  Qui  est-ce  qui  aurait  pris  garde  à  l'absence 
du    comte   de    Luxembourg?   Mais,   quoique   Baudouin   n'eût 

1.  Gesta  Baldevint  de  Luczenburch,  lib.  I,  c.  viii,  ap.  Baluze,  Miscellanca, 
édit.  de  Lucques,  I,  313. 

2.  Dupuy,  Preuves  du  différend  de  Philippe  le  Bel  avec  Boniface  VIII,  p.  60. 

3.  Chron.  comitum  Fland.,  ap.  Corpus  chron.  Fland.  Bruxelles,  1857,  I, 
178.  —  Wurth-Paquet,  loc.  cit.,  p.  118,  n"  418  et  p.  116.  —  G.  de  Fracheto, 
dans  le  Rec.  des  hist.  de  France,  XXI,  25.  ~  Jean  de  Saint-Victor,  ibld.,  644. 

4.  Wurth-Paquet,  loc.  cit.,  p.  119. 


fS3 

que  vingt  ans  et  ne  fût  encore  qu'un  écolier,  Henri  rêvait  déjà 
pour  lui  une  haute  situation  en  Allemagne  :  il  voulait  en  faire  un 
électeur  ecclésiastique,  et  cela  valait  la  peine  d'aller  à  Lyon, 

Il  y  avait  dans  cette  ambition  un  sens  politique  qui  n'échap- 
pera à  personne.  Un  électorat  ecclésiastique,  quel  qu'il  lut,  devait 
étendre  l'influence  luxembourgeoise,  non  seulement  sur  les  pays 
rhénans,  mais  encore  sur  toute  l'Allemagne,  en  faisant  pour  la 
première  fois  entrer  en  ligne  de  compte  dans  une  élection  impé- 
riale l'opinion  de  la  maison  de  Luxembourg.  Et  en  s'appuyant 
sur  l'amitié  de  Philippe  le  Bel  pour  forcer  la  main  du  pape,  Henri 
se  montrait  habile.  Mais  le  pape  refusa. 

Soit  qu'il  fiât  préparé  à  un  premier  échec,  soit  qu'il  dissimulât 
ses  sentiments,  le  comte  de  Luxembourg  ne  paraît  pas  s'être 
affecté  de  cette  déconvenue.  Il  prit  patience,  soignant  la  popula- 
rité qu'il  avait  acquise  sur  les  bords  du  Rhin  et  attendant  une 
occasion  plus  favorable.  L'événement  prouva  qu'il  n'avait  pas  eu 
tort,  car,  grâce  à  l'archevêque  de  Mayence,  grand  ami  de  sa 
famille  S  un  courant  sympathique  à  Baudouin  s'établit  peu  à  peu 
en  Allemagne,  et,  le  7  décembre  1307,  celui-ci  fut  élu  archevêque 
de  Trêves. 

Le  roi  et  la  reine  de  France  témoignèrent  leur  contentement  de 
l'élévation  de  leur  jeune  hôte  ;  comme  il  n'avait  pas  l'âge  cano- 
nique, ils  s'employèrent  auprès  du  pape  pour  obtenir  les  dispenses 
nécessaires ^  Baudouin  de  son  côté  ne  voulut  pas  quitter  Paris 
sans  faire  au  roi  une  promesse  solennelle  de  foi  et  de  loyauté,  en 
reconnaissance  de  l'hospitalité  et  des  services  qu'il  en  avait  reçus  ^. 
Quand  il  s'agit  d'hommes  politiques  de  la  valeur  de  Philippe  le 
Bel,  il  faut  regarder  au  delà  des  sentiments  et  des  parchemins. 
En  aidant  Baudouin  à  monter  au  siège  électoral  de  Trêves,  il  avait 
réfléchi  qu'il  augmentait  la  dette  de  la  maison  de  Luxembourg 
envers  lui;  nous  ne  tarderons  pas  à  voir  dans  quelles  circons- 
tances il  comptait  en  exiger  le  paiement.  Cependant,  si  l'on 
admet  (ce  qui  n'est  pas  invraisemblable)  que,  dès  ce  moment, 
Henri  avait  résolu  de  tirer  tout  le  profit  possible  de  son  alliance 
avec  Philippe,  sans  aller  jusqu'à  dire  que  le  roi  de  France  fit  un 
pas  de  clerc  en  cette  occasion,  nous  reconnaîtrons  tout  à  l'heure 

1.  Gallia  christ iana,  V,  492. 

2.  Joannes  Victoriensis,  ap.  Bœhnier,  Fontes  rer.  germ..  I,  358. 

3.  Paris,  avril  1308  (Bibl.  nat.,  fonds  latin,  10910,  p.  237). 


184 

qu'il  trouva  son  maître  dans  la  personne  du  comte  de  Luxem- 
bourg. 

Mais,  auparavant,  il  convient  d'examiner  une  question  assez 

intéressante. 

Jean  de  Luxembourg,  le  fils  unique  du  comte,  était  né  le 
10  août  1296.  Son  historien  dit  qu'il  fut  envoyé  à  Paris  par  son 
père  pour  y  perfectionner  son  éducation  ;  il  assure  même  qu'il  fut 
élève  de  l'Université  de  cette  villes 

Dans  le  silence  des  textes  et  devant  la  difficulté  d'accorder  les 
dates,  nous  pouvons  tout  d'abord  retrancher  de  cette  assertion 
ce  qui  est  relatif  à  l'Université  de  Paris  ^.  Quant  à  un  séjour  de  Jean , 
pendant  sa  première  jeunesse,  au  milieu  du  monde  turbulent  qui 
s'agitait  alors  à  la  cour  du  roi  de  France,  il  nous  paraît  plus  accep- 
table. Du  moins  il  expliquerait  assez  bien  certaines  particularités 
de  l'existence  aventureuse  de  ce  prince.  Le  souvenir  du  roi  Arthur 
et  de  la  Table-Ronde,  vestige  caractéristique  d'une  éducation  féo- 
dale française,  poursuivit  le  roi  de  Bohême  dans  des  jours  de  désen- 
chantement et  lui  valut,  appliqué  à  la  réalité  de  la  vie,  autant  de 
mécomptes  que  de  réputation^  D'autres  présomptions  peuvent  se 
tirer  de  l'exemple  de  son  père,  qui  fut  élevé  en  France  et  y  entre- 
tint presque  jusqu'à  sa  mort  des  relations  très  avantageuses  et 
très  suivies  ;  de  la  présence  de  Baudouin,  oncle  de  Jean,  à  Paris 

1.  Schœtter,  Johann,  Graf  v.  Luxemburg.  und  Kœnig  v.  Bœhmen.  Lux., 
Buck,  1865,  2  vol.  ia-8»  ;  I,  58  et  59. 

2.  Schœtter  n'appuie  son  affirmation  que  sur  un  passage  d'un  écrivain 
moderne,  Barrou  {Du  rôle  de  la  famille  dans  l'éducation,  p.  239).  Diiboulai 
{Hhi.  univ.  Par.,  passim)  qui  fait  souvent  allusion  à  la  présence  de  Charles  de 
Bohême,  fils  du  roi  Jean,  à  l'Université  de  Paris,  ne  mentionne  nulle  part  celle  de 
Jean.  L'exemple  du  fils  ne  prouve  rien.  Charles  de  Bohême  vécut  à  Paris  dans 
des  conditions  particulières  qu'il  serait  trop  long  d'exposer  ici,  mais  qu'on  retrou- 
vera dans  la  Vita  Karoli  IV...  ap.  Bœhmer,  Fontes,  I,  233  et  suivantes,  — 
dans  le  Chron.  Pulkavx,  ap.  Dobner,  Monumenta  Mstor.Bœmisc,  III,  —  dans 
le  Chron.  aulx  regisc,  ibid.,  V,  389.  D'ailleurs  ce  prince  parle  lui-même  dans  ses 
Mémoires  des  connaissances  qu'il  avait  acquises  comme  d'une  nouveauté  pour 
son  rang.  Si  son  père  l'avait  précédé  dans  les  Écoles  de  Paris,  il  n'eût  pas  man- 
qué de  le  dire.  Un  autre  témoin  intime  de  la  vie  de  Jean,  le  poète  français 
Guill.  de  Machaut,  qui  suivit  le  roi  de  Bohême  à  travers  toute  l'Europe  pendant 
la  plus  grande  partie  de  l'existence  de  celui-ci,  ne  parle  pas  davantage  de  ce 
fait  qui  l'eût  doublement  intéressé,  comme  Français  et  comme  littérateur. 
Enfin,  dans  les  sources,  rien  n'indique  que  le  roi  Jean  ail  été  particulièrement 
lettré. 

3.  Chron.  aul.  reg.,  ibid.,  V,  371. 


185 

à  cette  époque  ;  enfin  de  l'usage  assez  répandu  d'y  envoyer  les 
jeunes  seigneurs  étrangers.  Voilà  pourquoi  nous  placerions  vers 
ce  temps  (1307  ou  1308)  le  premier  séjour  en  France  du  futur 
roi  de  Bohême.  Plus  tôt,  il  eût  été  trop  jeune;  plus  tartl,  son 
père,  brouillé  avec  Philippe  le  Bel,  ne  l'y  eût  pas  laissé.  D'ail- 
leurs, dès  1310,  il  était  roi  et  prenait  le  chemin  de  son  royaume. 

Quoi  qu'il  en  soit,  Baudouin  se  trouvait  encore  en  France  ^ 
lorsqu'il  apprit  par  l'archevêque  de  Mayence  la  nouvelle  de  l'as- 
sassmat  de  l'empereur  Albert.  On  savait  que  le  roi  de  France  se 
préparait  à  entrer  en  lutte  avec  les  Habsbourg 2,  et,  en  présence 
des  deux  puissantes  familles  qui  allaient  se  disputer  la  couronne 
impériale,  le  prélat  prévoyait  l'hésitation  des  électeurs  ;  il  crai- 
gnait aussi  pour  l'indépendance  de  l'Allemagne  les  suites  d'une 
élection  française.  Dans  ces  conjonctures,  il  proposait  à  son  jeune 
collègue  d'unir  leurs  efibrts  en  faveur  d'Henri  de  Luxembourg. 

Si  l'on  veut  bien  se  rappeler  la  situation  de  celui-ci  vis-à-vis 
de  Philippe  le  Bel,  il  n'est  pas  difficile  de  deviner  les  sentiments  du 
roi  de  France  à  l'annonce  de  cette  candidature.  Depuis  longtemps 
Philippe  avait  formé  le  dessein  de  faire  passer  le  sceptre  de  Charle- 
magne  dans  sa  maison.  Charles  de  Valois,  son  frère,  par  son 
mariage  avec  une  Courtenay,  se  prétendait  des  droits  à  l'empire 
grec  :  réunir  sur  la  tête  de  ce  prince  les  deux  couronnes  impé- 
riales, c'était  s'acheminer  vers  une  monarchie  universelle  dont 
le  titulaire  définitif  serait  le  roi  de  France.  Tout  semblait  concou- 
rir à  la  réussite  de  ce  plan.  Le  levier  des  élections  impériales,  le 
pape,  était  dans  la  main  de  Philippe,  matériellement  et  morale- 
ment^. D'un  autre  côté,  la  crainte  de  voir  trop  souvent  la  même 
famille  à  la  tête  de  l'Allemagne  était  un  sentiment  facile  à  exploi- 
ter. Les  pressantes  intrigues  du  roi  de  France  à  Avignon  et  en 

1.  Gesta  Trevir.,  édit.  Wy';tenbach,  II,  188. 

2.  Musée  des  Archioes  nationales,  p.  164,  11°  303.  —  Trésor  des  chartes, 
JJ  42,  n»'  99,  100  et  101.  —  Villani,  VIII,  436. 

3.  Du  moins  Philippe  le  Bel  élait  aulorisé  il  le  croire.  Mais  on  sait  (et  nous 
en  avons  une  preuve  particulière  ici)  que  Bertrand  de  Gol  fit  toujours  tout  ce 
qu'il  put  pour  alléger  sa  chaîne.  Une  de  ses  tentatives  les  plus  intéressantes  et 
les  moins  connues  est  une  protestation  qu'il  formula,  n'étant  encore  qu'arche- 
vêque de  Bordeaux,  en  plein  Conseil  du  roi,  tendant  à  taire  admettre  qu'il  n'était 
pas  tenu  au  serment  de  lidélilé  envers  le  roi  de  France  pour  son  archevêché 
(du  mercredi  avant  Pâques,  1302;  Archives  de  la  Gironde,  G  245).  11  y  a  là 
un  double  personnage  qu'il  n'est  pas  inutile  de  faire  ressortir. 


^86 

Allemagne \  l'embarras  du  pape  et  des  électeurs  allaient  certai- 
nement donner  gain  de  cause  à  Charles  de  Valois,  lorsque  la 
candidature  imprévue  d'Henri  de  Luxembourg  vint  anéantir  ces 
trop  belles  espérances. 

Pour  Clément  V,  c'était  une  occasion  unique  de  se  créer  contre 
le  joug  de  Philippe  une  sérieuse  protection  ;  il  n'eut  garde  de  la 
laisser  échapper.  Aussi  l'échec  de  Charles  de  Valois  ne  doit  être 
attribué  qu'au  pape^.  Effrayé  des  périls  dans  lesquels  la  supré- 
matie universelle  du  roi  de  France  devait  jeter  la  domination 
pontificale,  Clément  fit  secrètement  savoir  aux  électeurs  qu'il 
regardait  le  comte  de  Luxembourg  comme  le  seul  candidat  admis- 
sible pour  la  tranquillité  de  tous.  L'opinion  du  pape,  énergique- 
ment  appuyée  par  les  archevêques  de  Mayence  et  de  Trêves, 
prévalut ,  et  Henri  fut  proclamé  roi  des  Romains  à  Renz,  le 
15  novembre  1308. 

Quoi  qu'on  en  ait  dit  3,  Phili^^pe  le  Bel  considéra  toujours  cette 
élection  comme  un  affront  et  une  ingratitude,  et  il  mit  tout  en 
œuvre  pour  susciter  des  difficultés  au  nouvel  empereur.  Un 
curieux  document  du  temps  nous  le  montre  en  effet,  dès  les  pre- 
miers jours  qui  suivirent  l'avènement  d'Henri  VII,  cherchant  à 
entraver  la  confirmation  que  Clément  V  voulait  faire  de  son 
élection.  La  nouvelle  que  des  ambassadeurs  du  roi  de  France 
arrivaient  à  Avignon,   porteurs  d'instructions    relatives   aux 

1.  Conférences  de  Poitiers  ealre  le  pape  et  Philippe  le  Bel.  Joannes  Parisien- 
sis,  ap.  Baluze,  Vitx  pp.  aven.,  I,  6.  —  Arch.  nat.,  Trésor  des  chartes,  JJ  42, 
n"  101  et  102.  —  Cf.  Leroux,  Recherches,  p.  128. 

2.  Art  de  vérifier  les  dates,  'i"  éd.,  I,  313. 

3.  «  Ils  (les  électeurs)  s'entendirent...  pour  donner  la  couronne  impériale  au 
comte  de  Luxembourg,  brave  chevalier,  n'ayant  guère  que  son  épée...  N'ayant 
pu  faire  de  son  frère  un  empereur,  Philippe  voulut  se  faire  un  ami  du  nouveau 
César;  il  le  reconnut  avec  empressement,  le  félicita  de  son  avènement  et  entama 
des  négociations  pour  conclure  un  traité  d'amitié  et  d'alliance...  »  (Boutaric, 
la  France  sous  Philippe  le  Bel,  p.  409.)  Ce  passage  d'un  savant  livre  appelle 
deux  observations  :  1°  le  comte  de  Luxembourg  était  peut-être  un  brave  chevalier; 
il  s'était  signalé  à  la  bataille  de  Wœringen,  dix-huit  ans  auparavant.  Mais  nous, 
croyons  que  ce  souvenir  a  tenu  moins  de  place  dans  les  préoccupations  des 
électeurs  que  l'avis  motivé  du  pape  et  les  intrigues  du  parti  luxembourgeois; 
2°  Philippe  le  Bel  n'avait  pas  à  se  faire  un  ami,  même  politique,  d'un  homme 
qui  lui  était  attaché  depuis  longtemps  par  des  liens  d'amitié  et  par  des  traités, 
et  nous  pensons  tout  au  contraire  qu'il  lui  devint  ennemi,  très  ouvertement. 
Toutes  les  querelles  que  Philippe  s'empressa  de  chercher  à  Henri  VIL  querelles 
qu'il  nous  reste  à  noter,  le  prouvent  sans  peine. 


^87 

affaires  d'Allemagne,  mit  en  émoi  tout  le  comtat.  Poursuivi  par 
le  souvenir  de  Boniface  VIII  et  de  Nogaret,  le  pape  craignait  un 
nouvel  attentat  de  la  part  des  émissaires  de  Philippe.  Après  avoir 
pris  toutes  sortes  de  précautions  dilatoires,  il  finit  cependant  par 
leur  donner  audience  et  leur  déclara  que  les  engagements  d'Henri 
de  Luxembourg  garantissaient  le  repos  de  l'Église  et  l'apaise- 
ment de  l'Italie  ^ . 

Philippe  subit  ce  qu'il  ne  pouvait  plus  empêcher.  Il  trouva  une 
sorte  de  compensation  dans  la  réunion  de  la  ville  de  Lyon  à  la 
couronne  ;  ensuite  il  essaya  de  soustraire  le  comté  de  Bourgogne, 
les  royaumes  d'Arles  et  de  Vienne  à  la  suzeraineté  impériale. 
Ces  affaires  donnèrent  lieu  à  des  négociations  qui  se  traînèrent 
péniblement  et  dans  lesquelles  nous  vojons  Clément  V  s'inter- 
poser très  activement,  mais  sans  influence ^  Plus  tard,  lors- 
qu'Henri  alla  se  faire  couronner  à  Rome  et  chercha  à  ramener 
dans  l'obéissance  diverses  principautés  italiennes,  il  souleva 
contre  lui  le  roi  de  Sicile  Robert  d'Anjou.  Dans  la  correspondance 
qu'il  échangea  à  ce  sujet  avec  le  pape,  il  est  à  remarquer  que  le 
roi  de  France  se  préoccupe  moins  du  sort  de  son  cousin  Robert 

1 .  Lettre  de  l'évêque  de  Bayeux  et  autres  ambassadeurs  du  roi  de  France 
auprès  du  pape  Clémeat  V,  rendant  compte  de  leur  mission  (Arch.  nat.,  J  908). 

2.  Par  un  acte  daté  du  23  janvier  1310,  Philippe  nomme  ses  représentants 
pour  s'entendre  avec  ceux  d'Henri  au  sujet  de  toutes  leurs  discordes  présentes 
et  futures,  et  en  particulier  au  sujet  du  comté  de  Bourgogne.  —  Les  représen- 
tants d'Henri  VH  sont  institués  par  acte  du  26  avril  suivant.  —  Le  2G  juin,  on 
convient  de  reconnaître  ainsi  qu'auparavant  le  comté  de  Bourgogne  comme  fief 
de  l'Empire  et  de  régler  ultérieurement  les  autres  difficultés.  —  Le  1'='  mai  1311, 
Clément  V  écrit  au  roi  de  France  que  l'empereur  ne  parait  pas  disposé  à  lui 
céder  les  royaumes  d'.^rles  et  de  Vienne.  — Le  17  juin,  Henri  VII  annonce  qu'un 
traité  d'alliance  a  été  conclu  entre  lui  et  Pliilippe  le  Bel;  entre  autres  clauses, 
on  y  voit  que  le  fils  du  roi^  comte  de  Bourgogne,  prêtera  hommage  à  l'empe- 
reur pour  son  comté,  conformément  à  la  tradition.  —  Ces  conventions  sont  con- 
firmées, à  la  date  du  23  -"eptembre,  par  de  nouvelles  lettres  impériales.  — 
Cependant,  le  18  décembre.  Clément  V  écrit  à  Henri  pour  le  prier  de  lui  retour- 
ner avec  ses  modifications  certaines  lettres  relatives  à  une  nouvelle  alliance 
entre  le  roi  de  France  et  lui,  lettres  dont  le  pape  lui-même  avait  réglé  la  teneur. 
Communiquées  à  Philippe,  elles  avaient  reçu  son  approbation;  mais  Henri  avait 
cru  devoir  en  changer  des  fermes  et  des  articles.  (Pardessus,  Table  chron.  des 
dipL,  VIII,  186,  174,  178,  192,  196  et  201.  —  Acta  Benrici  VII  a  F.  Boaainio 
collecta...  1"-'  part.,  n"  132,  p.  209.)  Voir  aussi  aux  archives  du  Doubs  (série  B, 
2)  des  lettres  d'Henri  VII  de  cette  même  année  1311,  par  lesquelles  il  déclare 
consentir  à  recevoir  l'hommage  de  Philippe  le  Bel  pour  le  comté  de  Bourgogne, 
dès  qu'il  sera  de  retour  d'Italie,  où  il  va  se  faire  couronner  empereur. 


-188 

que  du  passage  en  terre  sainte,  compromis  selon  lui,  si  l'empe- 
reur parvient  à  mettre  la  main  sur  la  Sicile'.  Il  est  trop  aisé  de 
voir  dans  ces  manœuvres  la  rancune  d'un  joueur  malheureux. 
Mais  ce  qui  rendrait  plus  grave  devant  l'histoire  la  conduite  de 
Philippe  envers  l'empereur  d'Allemagne,  c'est  le  soupçon  d'em- 
poisonnement qui  plana  sur  la  mort  mystérieuse  d'Henri  VIT  à  la 
suite  d'une  communion  (24  août  1313).  On  peut  se  faire  une  idée 
de  la  persistance  de  l'opinion  publique  à  cet  égard,  en  constatant 
que,  plus  de  trente  ans  après  l'événement,  Jean  de  Luxembourg 
se  crut  obligé  de  témoigner  par  un  acte  écrit  en  faveur  d'un  frère 
prêcheur  désigné  comme  l'instrument  du  crime-.  Les  ténèbres  qui 
enveloppent  les  causes  de  cette  mort  ne  s'éclairciront  pas.  En 
pleine  crise  des  templiers  et  au  cours  d'une  campagne  qui  avivait 
en  Italie  les  haines  entre  Guelfes  et  Gibelins,  les  contemporains 
ne  sont  pas  assez  calmes  pour  qu'on  puisse  trouver  dans  leurs 
récits  une  accusation  nettement  fondée  contre  Phihppe  le  Bel. 
D'ailleurs  la  terre  qui  venait  de  recevoir  la  dépouille  de  l'empe- 
reur se  rouvrit  bientôt  pour  celle  du  roi  de  France,  et  la  brusque 
entrée  de  ces  deux  personnages  dans  le  passé  n'a  pas  manqué  de 
donner  lieu  à  des  légendes  dont  l'histoire  a  mission  de  se  défier. 

Eugène  Welvert. 

1,  Chron.  aui.  veg.,  loc.  cit.,  V,  313,  314  et  suivantes.  —  13  mai  1313  :  Lit- 
lera?  Ph.  ad  Clenientem  pp.  V,  quibus  eum  iteratis  precibus  rogat  quatenus 
Henricum  Roraanoium  imperatorem  Rob.  régis  Sicilise  exhereditionem  armis 
persequi  propouentem  sic  celeriter  réprimât,  ut  pacis  pulchritudo  servetur, 
negotiumque  passagii  terrœ  sanctae,  quod  alias  fieri  posse  ipse  non  crédit,  impe- 
diri  aut  turbari  non  debeat  (Pardessus,  ibid.,  242). 

2.  Cette  lettre,  datée  du  château  de  Mehun-sur-Yèvre  (Cher),  17  mai  1346,  a 
été  publiée  par  Baluze,  Miscellanea,  I,  326. 


TESTAMENT 


JACQUES  DE  TARENTE 


DERNIER  EMPEREUR  DE  GONSTÂNTINOPLE 


EN  FAVEUR  DE  LOUIS  D'ANJOU  (13  Juillet  1383), 


La  France,  au  xiii^  siècle,  avait  eu  un  mouvement  d'expansion  mer- 
veilleux dans  le  bassin  de  la  Méditerranée.  Aux  établissements  de 
Syrie  et  au  royaume  de  Chypre  étaient  alors  venus  s'ajouter  un 
empire  français  de  Gonstantinople,  une  principauté  de  Morée,  un 
duché  d'Athènes,  plus  tard  un  royaume  de  Sicile  et  de  Naples,  tan- 
dis que  le  roi  de  France  s'annexait  un  riche  territoire  sur  le  golfe  de 
Lyon.  J'oserais  presque  dire,  avec  Muntaner  et  Villani,  que  la  Grèce 
fut  alors  la  plus  brillante  des  provinces  françaises,  après  le  Parisis. 
Au  xiv^  siècle  notre  domination  recule  et  s'efface  peu  à  peu  dans  ces 
régions.  Déjà  les  Musulmans  ont  repris  les  derniers  restes  du 
royaume  de  Jérusalem,  et  les  Grecs  d'Asie-Mineure  ceux  de  l'empire 
latin;  les  Almogavares  de  Catalogne  et  d'Aragon,  qui  de  bonne 
heure  avaient  ravi  la  Sicile  aux  Français,  leur  enlèvent  encore  le 
duché  d'Athènes  en  ^3M  et  sont  sur  le  point  de  leur  enlever  aussi 
la  Morée  en  131:3.  Louis  de  Bourgogne  recouvre  sur  eux  ce  pays 
presque  aussitôt,  mais  la  race  italienne  va  maintenant  en  tenter 
la  conquête  d'une  manière  plus  adroite,  en  se  substituant  petit  à 
petit  et  pacifiquement  à  l'élément  gaulois,  que  la  France,  envahie  par 
les  Anglais,  repliée  sur  elle-même,  n'entretient  plus  nombreux  et 

13 


^90 

dominant  par  des  émigrations  fréquentes,  comme  au  xiii^  siècle  ^ 
La  domination  des  Angevins  de  Naples  y  favorisait  ces  incessantes 
infiltrations  italiennes;  dans  l'Italie  méridionale,  l'élément  français 
qui  ne  se  renouvelait  plus  guère  tendait  également  à  disparaître 
insensiblement,  absorbé  dans  l'élément  indigène. 

L'expédition  de  Louis  d'Anjou,  vers  la  fin  de  ce  siècle  assez  triste 
pour  nous,  représente  comme  un  dernier  regain  d'expansion  de  la 
France  vers  le  Levant,  et  c'est  là  ce  qui  lui  donne  un  intérêt  parti- 
culier. On  put  croire  un  instant  que  le  fils  du  roi  Jean,  l'oncle  de 
Charles  VI,  allait  infuser  un  nouveau  sang  français  à  la  monarchie 
angevine  de  Naples,  franciser  à  nouveau  la  Grèce  et  renouer  les  liens 
qui  la  rattachaient  assez  étroitement  à  notre  pays  lorsqu'y  régnaient 
les  Villehardouin  et  les  De  la  Roche.  Or,  le  testament  que  nous 
publions  fut  un  des  principaux  motifs  d'encouragement  pour  le  duc 
d'Anjou  dans  son  entreprise. 

Les  provinces  d'Élide,  d'Achaïe  et  de  Messénie,  misérables  débris 
de  cette  principauté  jadis  si  puissante  et  bien  amoindrie  à  présent  par 
le  retour  offensif  des  Grecs  contre  les  descendants  affaibUs  de  leurs 
conquérants,  reconnaissaient  bien  en  principe  Tautorité  presque 
nominale  des  princes  de  Naples,  mais  les  compétitions  des  nombreux 
prétendants  qui  s'acharnaient  à  agiter  le  pays  rendaient  cette  autorité 
intermittente  et  mal  assurée.  Louis  d'Anjou  fut  un  de  ces  compéti- 
teurs; dès  le  -19  septembre  ^370,  comme  on  le  voit  par  un  acte 
conservé  aux  Archives  nationales  2,  il  avait  acheté  à  Isabelle  de 
Majorque  la  moitié  des  seigneuries  qu'elle  possédait  ou  sur  les- 
quelles elle  avait  des  prétentions,  entre  autres  l'Achaïe  ou  la  Morée. 
Un  autre  prétendant,  Jacques  de  Baux,  agit  avant  lui  et  entra  en 
compétition  avec  la  maison  royale  de  Naples,  mais  ne  fit  que  lui  pré- 
parer les  voies.  Fils  de  François  de  Baux,  duc  d'Andria,  et  de  Mar- 


1.  «  Egli  (le  priace  d'Achaïe,  Geoffroy  II  de  Villehardouin)  aveva  continuamente 
nella  corte  sua  80  cavallieri  a  spiron  d'oro  a  suo  slipeiidio,  oltre  che  li  dava  le 
cose  necessarie ,  talchè  venivano  cavallieri  di  Franza,  di  Borgogna  e  sopra 
tuUo  di  Campagna,  d'onde  egli  era  nativo,  in  la  Morea  per  seguirlo.  Altri  veni- 
vano per  traUenersi,  altri  per  pagar  loro  debiti,  altri  per  inalfalti  per  loro  com- 
messi.  »  (Sanudo,  hloriaUel  regno  di  Romania,  éd.  Hopf,  p.  101.)  —  «  Tos- 
temps  de  puys  han  haudes  mullers  dels  raillors  casais  de  França...  per  que 
hom  deya  que  la  pus  gentil  cavalleria  del  mon  era  de  la  Morea  ;  e  parlaven  axi 
bell  frances  corn  dins  en  Paris.  »  (Muntaner,  éd.  Buchon,  c.  261 .) 

2.  Section  administrative,  P.  1354  b,  n°  865. 


^9^ 

guerile  d'Anjou-Tarente,  sœur  de  l'empereur  lalin  titulaire  Philippe 
de  Tarente,  Jacques  avait  succédé  à  ce  dernier  dans  les  titres  d'em- 
pereur de  Gonstantinople,  despote  de  Romanie,  prince  de  Tarente  et 
d'Achaïe.  La  reine  Jeanne  de  Naples  avait  bien  d'abord  roussi  à  le 
frustrer  de  ses  deux  principautés,  mais  il  était  parvenu  à  les  recou- 
vrer lorsqu'il  mourut  prématurément,  dès  ^383,  dans  son  château 
de  Tarente.  C'était  le  dernier  des  empereurs  titulaires  de  Byzance, 
descendants  de  Baudouin  de  Gourtenay.  Son  testament,  daté  du 
-15  juillet  ^383,  se  trouve  aux  Archives  de  Paris  avec  l'acte  cité  plus 
haut.  Bien  que  tenté  de  désigner  son  père  François  de  Baux  comme 
son  héritier,  il  préféra  se  conformer  à  ce  principe  du  droit  du  moyen 
âge,  d'après  lequel  les  biens  propres  ne  doivent  point  remonter  d'une 
ligne  à  l'autre,  et  désigna  Louis  d'Anjou,  qui  avait  déjà  commencé 
l'expédition  depuis  longtemps  méditée.  Mais  l'oncle  du  roi  de  France 
mourut  dès  l'année  suivante,  dans  le  royaume  de  Naples,  sans  avoir 
poussé  jusqu'en  Morée,  car  il  n'avait  même  pu  mener  à  bonne  fin 
son  entreprise  d'Italie.  La  Grèce  échappa  définitivement  à  la  France; 
l'expédition  avortée  de  Louis  d'Anjou  était  le  dernier  espoir  de  ceux 
qui  souhaitaient  de  la  revoir  française  comme  jadis.  Les  soudarts  de 
la  grande  compagnie  navarraise,  que  Jacques  de  Tarente  avait  lan- 
cée sur  la  principauté  d'Achaïe,  restèrent  les  véritables  maîtres  de 
tout  ce  qui  en  subsistait  encore,  et,  tandis  que  les  Acciaiuoli  s'empa- 
raient du  duché  d'Athènes,  que  Venise  mettait  la  main  sur  l'Argo- 
lide,  en  Morée  un  troisième  ban  de  conquérants  latins  vint  se  super- 
poser ainsi  à  l'ancienne  couche  demi-effacée  de  l'aristocratie  française 
et  à  celle  de  l'aristocratie  italienne  qui  s'y  était  en  grande  partie 
substituée,  en  attendant  que  l'élément  grec  reprit  le  dessus  complè- 
tement dans  le  Péloponnèse  et  en  éliminât  décidément  tous  ces  élé- 
ments parasites. 

Voici  le  texte  du  testament,  d'après  le  vidimus  des  Archives ^  : 


In  nomine  Domini,  amen.  Tenore  presentis  publici  instru- 
ment! pateat  universis  quod,  anno  Domini  millésime  trecentesirao 
nonagesimo  secundo,  surapto  a  Pascate  more  gallicane,  die  penul- 
tima  mensis  Aprilis,  indiciene  décima  quinta,  pontificatus  sanc- 

1.  Section  administrative,  P.  1354  b,  n°  872. 


^92 

tissimi  patris  ac  domini  nostri  domini  démentis,  digna  Dei  pro- 
videncia  pape  septimi ,  anno  decimo  quarto ,  ego ,  Robertus 
Cocherelli,  Redonensis  diocesis  publicus  apostolica  et  impérial! 
auctoritate  notarius  subscriptus,  in  testium  infrascriptorum  pre- 
sencia,  vidi,  tenui  et  palpavi  ac  de  verbo  ad  verbum  legi  quasdam 
patentes  litteras  inclite  memorie  Jacobi,  Dei  gratia  imperatoris 
Constantinopolitani,  Romanie  dispoti,  Achaye  et  Tarenti  prin- 
cipis,  sanas  siquidem  et  intégras  ac  omni  prorsus  vicie  et  suspi- 
cione  carentes,  ut  prima  facie  apparebat  ;  in  fine  quarum  littera- 
rum,  videlicet  in  margine,  post  subscripcionem  notarii  publici 
ibidem  scripti  et  ante  subscripcionem  testium  tune  presencium 
ibidem,  in  eisdem  litteris  eraut  et  sunt  affixa  cum  cordulis  cana- 
pis  in  cera  alba  et  rubra  duo  sigilla  seu  impressiones  duorum 
sigillorum,  unius  videlicet  quadrati  majoris  et  alterius  rotundi 
minoris,  ipsius  domini  imperatoris  et  ad  arma  ipsius,  in  cujus  qui- 
dem  sigilli  quadrati  circonierencia  erant  scripta  ista  vocabula  : 
Sigillum  Jacobi  imperatoris  Constantinopolitani,  Acliaye 
et  Tarenti  principis,  et  subsequenter  post  appositionem  dicto- 
rum  sigillorum  erant  et  sunt  scripte  subscripciones  testium  qui 
présentes  erant  ad  contenta  in  litteris  memoratis,  prout  et  per 
modum  qui  inferius  continetur.  Quarum  quidem  litterarum  ténor 
de  verbo  ad  verbum  sequitur  et  est  talis  : 

«  Jacobus,  Dei  gratia  imperator  Gonstantinopolitanus,  Roma- 
nie despotus,  Achaye  et  Tarenti  princeps,  universis  présentes 
litteras  inspecturis  tam  presentibus  quam  futuris.  Quoniam  Deus 
statuit  hominem  mori,  qui  suo  proprio  filio  non  pepercit,  et  mors 
omnia  mordens  neccessitatis  modo  omnem  superat  silogismum, 
excepciones  non  recipit  et  dilaciones  aliquas  non  admittit  ;  cum 
videamus  viros  strenuissimos,  principes  potestate  terribiles  tota 
die  mori,  et  ille  sub  quo  frémit  mundus,  quem  tremunt  populi  et 
provincie  aliène  formidant,  subito  moritur  et  in  pulverem  vilissi- 
mum  redigitur,  mortis  nostre  festinantis  preambulos  prospicimus, 
de  morte  siquidem  certissimi  sumus,  nichil  tamen  nobis  incertius 
hora  mortis  :  propter  quod  in  nostro  et  cujuslibet  sapientis  animo 
suspecta  merito  débet  esse.  Hoc  enim  in  nostre  mentis  acie  salu- 
briter  revolventes,  et  quod  nos,  sicut  placuit  illi  qui  sanat  et 
medetur,  infirmitate  vexemur  corporea,  mente  tamen  et  intel- 
lectu  Altissimi  gracia  recteet  sane  vigemus,  adtollendam  omnem 
discensionis  materiam  que  procurante  cunctorum  malorum  inten- 


403 

tore  posset  imposterum  exoriri  de  nostro  imperio  Constantinopo- 
litano  ac  de  principatibus  Achaye  et  Tarent!  et  dispotatu  Romanie 
ac  omnibus  dorainiis  et  terris  ad  nos  spectantibus  ex  successione 
clare  memorie  domine  Margarite  de  Tarento,  imperatricis  Cons- 
tantinopolitane,  domine  et  matris  nostre  reverendissime,  dispo- 
nere  et  decernere  ac  declarare  volentes  ad  quem,  si  nos  decedere 
contingent,  spectant  et  debeant  pertinere;  notum  facimus  quod, 
licet  multi  nobis  suaserint  quod  dictum  imperium  et  dominia 
atque  terras  alias  dimitteremus  inclito  domino  domino  Francisco 
de  Baucio,  duci  Andrie,  domino  patri  nostro,  nos  autem  necces- 
situdine  sanguinis  ad  ipsum  pre  ceteris  mundi  dominis  deberemus 
mundana  et  carnali  affectione  astringi,  tamen  nolentes  nostram 
animam  que  corpore  et  rébus  est  omnibus  preferenda  in  boc  ali- 
qualiter  agravare,  cognoscentes  aperte  quod  ista  omnia  ex  suc- 
cessione prefate  quondam  clare  memorie  domine  matris  nostre  et 
ipsius  materne  linee  ad  nos  pervenerunt,  et,  ex  quo  Deo  placuit, 
sine  liberis  vel  aliis  successoribus  legitimis  a  nobis  descendenti- 
bus  quoad  dicta  dominia  secundum  juris  disposicionem  decedi- 
mus,  et  sic  proximior  in  gradu  nos  ex  parte  materna  contingens 
serenissimus  princeps  dominus  Ludovicus,  régis  quondam  Fran- 
corum  natus,  dux  Calabrie,  Andegavie  et  Turonie  Cenomanieque 
cornes,  reverendus  dominus  et  consanguineus  noster,  cui  tercio 
gradu  consanguinitatis  astringimur,  presencium  tenore  decerni- 
mus  et  declararaus  prefata  imperium,  principatus,  dispotatum  et 
alla  dominia  et  terras  ad  eumdem  serenissimum  principem  et 
dominum  dominum  Ludovicum  ducem  spectare  et  pertinere,  quan- 
tum in  nobis  est  et  ad  nos  spectat  et  pertinet,  predicta  omnia 
imperium,  principatus  et  dispotatum  et  alia  dominia  eidem  relin- 
quimus,  damus  et  concedimus  ;  ita  quod,  postquam  Deo  placuerit 
quod  subducti  fuerimus  ab  bumanis,  imperium,  principatus  et 
dispotatus  ac  omnia  alia  dominia  et  terras  et  jura  predicta  cum 
omnibus  juribus  et  pcrtinenciis  suis  que  ex  successione  materna 
et  ipsius  materne  linee  ad  nos  pervenerunt,  ad  ipsum  dominum 
Ludovicum  ducem  pertineant  et  debeant  pertinere  ;  mandantes 
tibi,  egregio  viro  Nicolao  de  Volanciis,  nostri  liospicii  senes- 
callo,  expresse  quatinus  custodiam  nostri  castri  Tarenti  in  te  assu- 
mens,  quam  tibi  ex  nunc  tradimus,  illud  debeas  diligenter  et 
fideliter  custodire  ad  honorem  prefati  serenissimi  principis  reve- 
rendi  domini  et  consanguine!  nostri  et  illud  ac  alias  terras  nostras 


194 


non  tradere,  nisi  in  manibus  dicti  domini  seudeputandipereum, 
et  voluraus  ac  tibi  mandamus  quod  eidem  domino  Ludovico  duci, 
domino  et  consanguineo  nostro  reverendo,  recommandare  debeas 
Magdalenam  et  Ecaterinam,  nostras  filias  naturales,  ut  ipsas 
juxta  honorera  siium  et  nostrum  debeat  tractare  et  tractari  facere 
et  nuttriri,  et  cura  fuerint  etatis  nubilis  ipsas  facere  maritari  decen- 
ter  et  honorabiliter  juxta  condicionem  ipsarum  ;  et  quia  nostro 
magno  sigillo  presencialiter  nos  careraus,  in  testimonium  et  fidem 
ac  perpetuam  memoriam  preraissorum  et  prefati  domini  Ludovici 
ducis  ac  omnium  aliorum  et  singulorura  quorum  interest  seu 
interesse  poterit  cautelam,  présentes  nostras  litteras  fieri  fecimus 
et  nostri  quadrati  sigilli  et  vicii  jussimus  nunimine  roborari. 

«  Actum  et  datum  in  nostro  castro  Tarenti,  anno  Domini  mil- 
lesimo  trecentesimo  octuagesimo  tercio ,  indicione  sexta ,  die 
quinto  decimo  mensis  Julii,  presentibus  egregiis  et  nobilibus  viris 
domino  Roberto  Facchipecoro,  milite,  nostri  hospicii  senescallo, 
et  Nicolao  antedicto,  Pandulfo  comité  de  Salerno,  Jacobo  de 
Lutta,  cubiculariis,  abbate  Johannoto  Siripandi  de  Tarento, 
familiaribus  nostris  dilectis  ad  premissa  vocatis  per  nos  et  specia- 
liter  rogatis.  Ego  Cittus  Theotinus  de  Neritono,  familiaris  dicti 
domini  imperatoris,  pro  predictis  vocatus  interfui  et  présentes 
litteras  manu  propria  scripsi,  anno  et  mense,  die,  loco  et  indi- 
cione predictis.  Ego  Nicolaus  de  Blanciis,  imperialis  senescallus, 
qui  super  predictis  interfui  et  me  subscripsi.  Ego  Robertus  Facbi- 
pecorus  miles,  imperialis  senescallus,  qui  super  predictis  interfui 
et  me  subscripsi.  Ego  abbas  Johannotus  Suripandi  de  Tarento, 
qui  super  predictis  interfui  et  me  subscripsi.  Ego  Jacobus  dé- 
menti de  Lucta,  imperialis  familiaris,  qui  super  predictis  interfui 
et  me  subscripsi.  Signum  crucis  proprie  manus  Pandulfi,  comitis 
de  Salerno,  iUicitatoris,  scribere  nescientis,  qui  super  predictis 
interfuit  et  subsignavit.  » 

Actum  et  extractum  fuit,  et  est  presens  transsumptum  de  dic- 
tis  originalibus  litteris,  et  facta  est  collatio  fidelis  de  hujusmodi 
transsumpto  cum  originalibus  litteris  antedictis  per  me  notarium 
publicum  subscriptum  in  villa  Andegavensi,  in  domo  habitacionis 
mee,  subanno,  die,  mense,  indicione  et  pontificatu  predictis,  pre- 
sentibus venerabilibus  et  discretis  viris  magistro  Petro  de  Muro, 
licenciato  in  decretis,  archipresbitero  de  Ludio,  Andegavensis 
diocesis,  et  Johanne  Frenouleau,  presbitero  Pictavensi,  ac  Matheo 


i9b 

Textoris,   clerico  Andegavensis  diocesis,  testibus  ad  premissa 
vocatis  specialiter  et  rogatis. 

Et  quia  ego,  Robertus  Cocherelli,  Redonensis  diocesis  publi- 
ons apostolica  et  imperiali  auctoritate  iiotarius  juratus,  dictas 
litteras  impériales  originales  sanassiquidem  et  intégras,  sigillatas 
et  coDsignatas  prout  et  per  modum  quod  superius  fit  mencio, 
vidi,  tenui,  palpa vi  atque  legi,  ideoque  presens  transsumptum  et 
contenta  in  eo  de  ipsis  litteris  originalibus ,  prout  de  A^erbo  ad 
verbum  superius  transcribuntur,  fideliter  extraxi  manuque  pro- 
pria scripsi  ;  et  quia  eciam  facta  per  me  una  cum  testibus  superius 
nominatis  légitima  collacione  de  dictis  originalibus  litteris,  ad 
transsumptum  predictum  invicem  concordantur ,  ideo  ipsum 
transsumptum  in  ha  ne  publicam  formam  redegi  et  publicavi,  et 
hic  me  subscripsi  signoque  meo  solito  signavi,  requisitus  suffi- 
cienter,  in  testimoniura  premissorum. 

R.  BissoN  DE  Sainte-Marie. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Catalogue  of  the  collection  of  autograph  letters  and  historical  docu- 
ments formed  between  \  8G5  and  i  882  bij  Alfred  Morrison,  compiled 
and  annotated  unter  the  direction  of  A.  W.  Thibaudeau.  Vol.  I. 
A-G.  Printed  for  private  circulation,  ^1883.  In-folio. 
Depuis  une  vingtaine  d'années,  M.  Alfred  Morrison  ne  recule  devant 
aucun  sacrifice  pour  se  procurer  les  lettres  autographes  et  les  autres 
documents  historiques  qui  se  font  remarquer,  par  leur  valeur  intrinsèque 
et  par  leur  rareté,  dans  toutes  les  grandes  ventes  de  Paris  et  de  Londres.  Il 
s'est  ainsi  formé  une  collection  dontla  composition  fait  honneur  à  son  goût 
et  qui  lui  assure  une  place  distinguée  parmi  les  amateurs  du  xîx"  siècle. 
Nous  n'en  parlerions  cependant  pas  dans  la  Bibliothèque  de  l'Ecole  des 
cliartes,  si  M.  Alfred  Morrison,  animé  des  plus  libérales  intentions,  ne 
venait  pas  d'associer  tous  les  curieux  à  la  jouissance  de  son  trésor.  Tel 
est  en  effet  le  but  qu'il  s'est  proposé  et  qu'il  est  certain  d'atteindre  en 
faisant  imprimer  un  catalogue  dans  lequel  toutes  les  pièces  de  son  cabi- 
net sont  analysées,  souvent  publiées  textuellement  et  même  reproduites 
en  fac-similés  héliographiques'.  Il  a  été  secondé  dans  cette  louable 
entreprise  par  M.  A.  W.  Thibaudeau,  quia  réussi  à  faire  du  catalogue 
de  la  collection  de  M.  Morrison  un  recueil  auquel  les  curieux  et  les  cri- 
tiques auront  fréquemment  à  recourir. 

Le  premier  volume,  dont  un  exemplaire  vient  d'être  offert  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  se  compose  de  265  pages  et  de  59  planches  hors  texte. 
Il  ne  contient  que  les  pièces  classées  sous  les  trois  premières  lettres  de 
l'alphabet.  On  peut  juger  par  là  de  l'étendue  de  l'ouvrage  et  du  nombre 
de  documents  dont  on  y  trouvera  l'indication  ou  le  texte. 

La  plupart  de  ces  documents  datent  du  xvi^  siècle  et  des  trois  siècles 
suivants.  Mais  il  y  en  a  plusieurs  qui  remontent  à  des  époques  plus 
éloignées,  et  ce  ne  sont  pas  les  moins  dignes  d'attention.  Je  citerai 
notamment  plusieurs  mandements  ou  lettres  de  Charles  VI,  Charles  VII 

1.  La  plupart  des  fac-similés  ont  été  exécutés  à  Paris. 


197 

et  Charles  VHP,  et  une  lettre  adressée  par  Anne  de  France,  dame  de 
Beaujeu,  à  madame  de  Soubise.  On  me  pardonnera  de  reproduire  en 
entier,  d'après  un  fac-similé  qui  vaut  l'original,  la  longue  lettre  que  René 
d'Alenoon  écrivit  à  Louis  XI,  en  1481,  au  moment  où  il  venait  d'être 
emprisonné  dans  le  château  de  Ghinon  :  c'est  une  page  curieuse  de 
l'histoire  du  règne  de  Louis  XI 2. 

«  Mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur,  je  me  recommande  à 
vostre  bonne  grâce  tant  et  si  très  humblement  comme  je  puis.  Et  vous 
plaise  savoyr,  mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur,  que  moy  estant 
le  jour  saint  Lorens^  à  la  Roche  Talebot,  où  j'estoye  venu  pour  m'esbatre 
et  de  là  m'en  aller  à  Brulon  et  chasser  en  la  forest  de  Gharnye,  vindrent 
la  nuyt  et  le  matin  mons.  de  Créant  et  d'autres  gens  ])eaucop,  tant  gens 
de  guerre  que  peuple,  me  demandant,  et  ont  dit  que  je  m'en  alloyes  en 
Bretaigne,  et  m'ont  prins  et  amené  icy  et  enfermé  dedens  le  château, 
mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur.  Je  requis,  ossi  tost  qu'i 
m'eurent  mené  à  la  Flèche,  d'aller  devers  vous,  ce  qu'i  n'ont  voulu 
soufrir,  ne  d'y  envoyer,  mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur. 

«  Il  est  vray  que,  moy  estant  à  la  Flèche,  ung  matiu,  comme  j'alloye 
à  la  messe  à  Nostre-Dame,  à  pié,  housse,  mon  petit  cor  au  cou,  pour 
aller  à  la  chasse,  et  estoye  seul  et  n'avoyes  rencontré  nulz  de  mes  gens 
an  la  rue,  et  deux  de  mes  pages  acoururent  après  moy,  qui  me  virent 
où  j'alloye  à  la  chasse,  et  avoyes  ung  petit  lévrier  qui  se  demeura 
en  la  rue  et  entra  en  queque  maison;  je  renvoyé  ung  des  pages  le  quérir, 
et  l'autre  avancer  Ollivier  le  Beauvoysien,  pour  ce  que,  avant  que  laysser 
courre,  je  luy  vouloyes  montrer  unne  maison  que  j'ay  faitte  eu  Bel 
Acours  de  la  Flèche,  et  unne  fontainne  que  je  y  ay  fait  venir  oprès 
d'ung  moulin.  Vint  ung  homme  à  moy  qui  avoyt  unne  robe  tannée  et 
une  gibesière  noyre,  et  vint  rudement  à  moy,  et  me  dist  :  «  Tenés  ces 
lettres,  et  ne  les  monstres  à  personne.  »  Je  les  prins  et  les  mys  en  mon 
pongnet,  et  tousjours  allé  mon  chemin  à  Nostre-Dame  et  ouyr  la  messe, 
et  là  vindrent  mes  gens. 

«  Après  la  messe,  je  monté  à  cheval  et  allé  à  l'asemblée,  et  ainxy  que 
ceulx  qui  estoyent  0  moy  s'amusèrent  à  la  fontainne,  j'allé  en  unne 
petite  gallerye  qui  est  en  la  maison  lire  les  lettres,  et  y  avoyt  : 


1.  Une  légère  erreur  s'est  glissée  dans  la  lecture  du  post-scriptum  autographe 
qui  terniiue  la  Icllre  de  Charles  VIII,  datée  de  Courcellcs,  le  17  août.  Ce  post- 
scriptum  doit  être  ainsi  rétabli  :  «  Mons.  du  Plesys,  et  vous  mastre  Jaques, 
despeschés  cecy  du  tout  yncontynaut;  car  se  rae  piayt  ansyn.  Charles.  » 

2.  Ce  que  les  historiens  modernes  ont  dit  de  l'arrestation  de  René  d'Alençon 
paraît  avoir  été  emprunté  à  la  procédure,  dont  il  existe  un  assez  grand  nombre 
de  copies  et  dont  Bry  de  la  Clergerie  a  publié  des  extraits  en  1621  dans  ses 
Additions  aux  Recherches  d'Alençon  et  du  Perche. 

3.  Le  10  août  1481. 


198 

«  Mons.  du  Perche,  on  dit  ycxj  que  vous  avetz  par  deux  foyx  baillé  de 
Vargent  à  Péan  Gaudin  pour  porter  en  Bretaigne  et  que  vous  en  vouliés 
aller  après  vostre  argent.  Et  a  donné  le  roy  puissance  à  mons.  du  Lude,  s'y 
treuve  que  vous  ayés  baillé  l'argent  à  Péan  Gaudin  et  qu'i  l'ayt  porté  en 
Bretaigne,  devons iirendre.  Dieu  vous  gart  de  ses  maints.  Pour  ceste  heure 
vous  ne  sarés  point  qui  nous  sommes. 

«  C'est  ce  qui  estoyt  en  la  lettre.  Et  à  l'asemblée  se  vint  trouver  mons. 
de  Créant.  Monseigneur,  quand  je  vy  cela,  je  fu  bien  esbahy  de  pencer 
que  je  fusse  si  fort  en  vostre  maie  grâce  que  vous  m'eussiés  abandonné 
joucques  à  là.  J'eu  grant  doubte  pour  la  haynne  que  mons.  du  Lude  me 
portoyt.  Car  i  povoyt  trouver  que  j'avoye  preste  douze  cens  escus  au  dit 
Péan,  et  qu'i  les  avoyt  portés  en  Bretaigne.  Mays,  monseigneur,  je 
vous  jure  la  foy  et  serment  de  mon  corps,  et  ainxi  me  vueule  estre  Dieu 
aydant  à  ravoyr  vostre  bonne  grâce,  qui  est  la  chose  du  monde  que  plus 
je  désire,  que  ce  ne  fut  oncques  à  ceste  intention.  Monseigneur,  cela  me 
fist  si  piteux  de  penser  estre  hay  de  vous  que  je  ne  povoyes  courre  après 
le  serf,  et  laisser  courre  les  aultres.  Et  à  la  fin,  ainxi  que  je  me  pour- 
menoyes  par  la  forest,  le  sieur  du  Port  avecques  moy,  revint  la  meute 
passer  par  oprès  de  nous,  et  je  fiz  oter  le  trayt  à  mon  petit  limier,  et 
l'ameuté  o  les  aultres,  et  le  suyvy  joucques  à  minuyt,  et  le  seigneur  de 
Créant  avecques  moy,  que  je  rencontré  en  la  forest  ;  et  couchasmes  luy 
et  moy  en  ung  village  qui  s'apelle  les  Quartes.  Et  ne  me  voulu  point 
desabiller,  de  peur  qu'i  vint  la  lettre  que  j'avoye  eu  pongnet. 

«  Monseigneur,  le  lendemain  au  soyr,  à  la  Flèche,  vint  Chantelou  à 
moy,  et  me  dist  que  l'oste  de  la  Teste  noyre  de  Chasteaugontier  luy  avoyt 
mandé  qu'i  failloyt  qu'i  parlast  à  luy  ou  à  moy  en  toute  diligence,  et 
qu'i  failloyt  que  je  y  pourveusse  incontinent.  Je  me  pensé  que  c'estoyt 
de  mesme  ce  que  on  m'avoyt  escript,  et  me  doubtoye  qu'i  ne  chausist 
à  mons.  du  Lude,  mays  qui  me  fist  unne  honte,  et  concluaye  en  moy 
mesme  :  «  I  trouvera  que  je  baillé  cest  argent  à  Péan,  et  qu'i  la  porté  en 
«  Bretaigne  ;  i  me  prendra.  » 

«  Ainxi  que  j'estoye  en  ceste  peur,  i  me  souvint  que  ung  nommé 
Jehan  du  Pont  m'avoyt  dit  à  Beaumont  qu'il  avoyt  à  aller  devers  mons. 
de  la  Hunaudaye,  et  me  disoyt  que,  si  j'escripvoyes  à  mons.  de  la 
Hunaudaye,  que  i  me  donneroyt  bien,  se  luy  sembloyt,  unne  belle  lisse 
blanche  qu'il  avoyt.  Je  le  remys  sur  le  propos,  et  luy  demandé  où  estoyt 
mons.  de  la  Hunaudaye,  et  où  i  le  trouveroit.  I  me  dist  qu'i  ce  tenoyt 
tousjours  à  Nantes.  Vray  est  que  je  pensoyes  à  éviter  la  main  démons, 
du  Lude,  et  pensoyes  de  mander  à  ma  seur,  et  luy  pryer  qu'elle  s'en 
allast  à  la  Guierche,  et  qu'elle  fist  la  malade,  et  qu'elle  m'escripsist  que 
je  l'alasse  veoyr,  et  que  j'aroye  bonne  occasion  d'y  aller,  car  si  elle 
mouroyt,  la  Guierche  seroyt  mienne.  Toutefoyz,  je  me  pensoyes  que  je 
n'y  seroyes  pas  sceurement,  car  les  Bretons  me  hayoyent  à  cause 
d'Alençon,  et  auxi  qu'i  n'y  a  que  deux  ans  que  j'avoye  les  moyens  et 


^99 

entreprinses  de  prendre  Fougères,  et  eust  esté  fayt  s'i  vous  eustpleu  et 
ne  tint  qu'à  vous.  Il  est  vray  que  je  prié  au  dit  Jehan  du  Pont  qu'i  mist 
peinne  de  savoyr  si  par  deçà  on  me  vouloyt  prendre  si  je  me  retiroyes 
en  Bretaingne,  et  je  y  seroye  en  sceureté,  et  si  me  feroyentnul  mal,  et 
qu'i  le  sceust  comme  de  luy  mesme,  et  qu'i  trouvast  façon  d'en  entrer 
en  paroUes  o  mons.  de  la  Hunaudaye  ou  avecques  missire  Poncet. 
Mais,  monseigneur,  que  je  m'en  allasse  je  ne  le  pensoye  point,  et  eusse 
attendu  le  retour  de  mes  gens  que  j'avoye  envoyé  devers  vous  veoyr  si 
j'eusse  esté  ainxi  en  vostre  malle  grâce  comme  l'on  disoyt,  et,  monsei- 
gneur, par  le  dempnement  de  mon  arme,  jen'uz  oncques  voulante  d'aller 
devers  le  duc  ni  de  fayre  alliance  ne  jamays  service  à  autre  qu'à  vous 
et  à  monseigneur. 

«  Mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur,  je  vous  supply  très  hum- 
blement qu'i  vous  plaise  de  vostre  begnigne  grâce  me  pardonner  ce  que 
je  vous  pourraye  avoyr  offencé  en  cecy,  et  avoyr  pitié  de  moy,  et  que 
je  puisse  usser  mes  jours  en  vostre  service,  et,  mon  très  redoubté  et 
souverain  seigneur,  de  touz  les  biens  de  ce  monde  ne  me  chault  mays 
qu'i  vous  plaise  que  je  vous  puisse  veoyr  et  user  ma  vie  en  vostre  bonne 
grâce  et  en  bien  (?)  avecques  vous,  priant  Dieu,  mon  très  redoubté  et 
souverain  seigneur,  qu'i  vous  doint  bonne  vie  et  longue. 

«  Escript  an  vostre  chasteau  de  Chinon,  de  la  main  de 

«  Vostre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur  et  subget, 

«  René  d'Alençon.  » 

Le  rédacteur  du  catalogue  (p.  12)  a  considéré  cette  pièce  comme  une 
lettre  autographe  signée  (A.  L.  S.).  Je  suis  porté  à  croire  que  c'est  sim- 
plement une  copie,  et  j'explique  ainsi  la  note  collationnée  par  moi..., 
qui  se  lit  au  bord  inférieur  de  la  dernière  page.  Dans  tous  les  cas, 
l'authenticité  ne  m'en  semble  pas  douteuse,  et  le  signe  qu'on  a  ajouté  à 
côté  de  la  signature  est  celui  que  M.  Quicherat  considérait  comme 
propre  aux  pièces  du  cabinet  du  chancelier  Pierre  Doriole. 

Il  faut  attribuer,  je  crois,  la  même  origine  à  un  sauf-conduit  délivré 
à  Louis  XI  par  Charles  le  Téméraire  et  qui  soulève  une  question  assez 
délicate.  En  voici  le  texte,  d'après  le  fac-similé  héliographique  qui 
forme  la  planche  47  : 

«  Monseigneur,  très  humblement  en  vostre  grâce  je  me  recommande, 
vous  merchiant,  monseigneur,  du  cardinal  qu'il  vous  a  pieu  m'anvoier, 
lequel  m'a  dist  le  désir  qu'avés  de  me  voir,  dont,  monseigneur,  en  toute 
humylité  je  vous  remerchye;  auquel  sur  ceste  matier  et  autres  je  ly  a 
déclaré  mon  intenction,  comme  par  ly  le  pourrés,  s'il  vous  plest,  savoir, 
et  pourez  seurement  venyr,  aler  et  retourner,  vous  supliant,  monsei- 
gneur, qu'il  vous  plese  recevoir  du  cardinal  les  dictes  matiers  par  la 
manyere  que  je  ly  ai  baillies,  laquelle  il  vous  déclarera.  Monseigneur, 


200 

je  prye  à  Dieu  qu'il  vous  doinst  bonne  vie  et  longue.  Escript  de  la 
main  de 

«  Vostre  très  humble  et  très  obéissant  subjet,  Charles.  » 

Suivant  le  rédacteur  du  catalogue  (p.  194),  ce  serait  là  le  sauf-conduit 
que  Charles  le  Téméraire  envoya  au  roi  Louis  XI  pour  la  célèbre  entre- 
vue de  Péronne,  en  1468.  J'avais  d'abord  pensé  que  ce  sauf-conduit  était 
celui  dont  MM.  Bordier  et  Lalanne  ont  ainsi  parlé  dans  le  Dictionnaire 
des  pièces  autographes  volées  (p.  92)  :  «  Il  y  a  peu  d'années  encore,  un 
volume  de  la  Bibliothèque  nationale  (9675  b,  mss.  fonds  Baluze)  conte- 
nait une  des  pièces  les  plus  intéressantes  de  notre  histoire,  l'original  du 
sauf-conduit  déhvré  par  Charles  le  Téméraire  à  Louis  XI,  lors  de 
l'entrevue  de  Péronne.  Ce  document  original,  dont  M.  Michelet  avait 
publié  un  fragment  en  1834  {Hisl.  de  France,  VI,  266),  a  disparu  depuis 
cette  époque.  « 

Le  ms.  français  5041,  qui  est  bien  le  ms.  de  Baluze  jadis  coté  9675  b, 
ne  renferme  pas  en  effet  le  sauf-conduit  que  Michelet  déclare  y  avoir 
remarqué.  Mais  le  volume  ne  m'a  pas  semblé  avoir  subi  de  mutilations, 
et  je  doute  qu'il  ait  jamais  renfermé  la  pièce  dont  il  s'agit  ici.  Il  doit  y 
avoir  là  une  méprise,  qu'il  ne  sera  peut-être  pas  impossible  d'expliquer. 

Michelet  parle  d'un  sauf-conduit  délivré  le  8  octobre  1468  et  dans 
lequel  se  trouvaient  ces  mots  :  «  Vous  y  pouvez  venir,  demourer  et 
séjourner  et  vous  en  retourner  seurement  es  lieux  de  Chauny  et  de 
Noyon  à  vostre  bon  plaisir...  «  Il  ajoute  en  note  :  «  I/original  du  sauf- 
conduit  fut  reconnu  pour  écrit  de  sa  main  par  son  frère  le  grant  bâtard, 
par  ses  serviteurs  intimes  Bitche  et  Crèvecœur  et  par  son  ancien  secré- 
taire Guillaume  de  Gluny.  Cette  pièce  si  précieuse  est  conservée  à  la 
Bibliothèque  royale,  ms.  Baluze,  9675  b.  » 

De  cette  note  il  faut,  je  crois,  simplement  conclure  que  Michelet  avait 
vu  à  la  Bibliothèque,  dans  un  manuscrit  de  Baluze,  !e  texte  du  sauf- 
conduit  annexé  à  une  procédure  qui  avait  pour  objet  de  faire  constater 
par  le  grand  bâtard  de  Bourgogne,  par  Bitche,  par  Crèvecœur  et  par 
Guillaume  de  Cluny  que  Charles  le  Téméraire  avait  lui-même  écrit  le 
sauf-conduit  du  8  octobre  1468,  contenant  la  phrase  :  «  Vous  y  pouvez 
venir,  demourer  et  séjourner  et  vous  en  retourner  seurement  es  lieux  de 
Chauny  et  de  Noyon  à  vostre  bon  plaisir...  »  Or,  nous  avons  dans  un 
manuscrit  de  Baluze,  jadis  coté  9675  c  (et  non  pas  9675  b),  aujourd'hui 
n°  5042  du  fonds  français,  fol.  4-14,  une  pièce  portant  la  marque  des 
papiers  du  chancelier  Doriole,  et  qui  est  intitulée  :  «  Mynute  de  l'examen 
touchant  la  cedule  que  le  feu  duc  Charles  de  Bourgogne  bailla  au  Roy 
pour  aller  à  Péronne  ^.  »  C'est  un  procès-verbal,  dans  lequel  il  est  cons- 

1.  Voyez  l'édition  des  Mémoires  de  Comraynes  donnée  par  Lenglet  du  Fresnoy, 
t.  III,  p.  18. 


204 

taté  que  messire  Anthoine,  sieur  de  Crcvecœur,  messire  Guillaume  de 
Biches,  messire  Guillaume  de  Clugny<  et  messire  Anthoine,  grand 
bâtard  de  Bourgogne,  avaient  reconnu  que  le  duc  Charles  avait  lui- 
même  écrit  et  signé  une  cedule  à  eux  représentée  en  original  et  ainsi 
conçue  : 

«  Monseigneur,  très  humblement  en  vostre  bonne  grâce  je  me  recom- 
mande. Monseigneur,  se  vostre  plaisir  est  venyr  en  ceste  ville  de  Peronne 
pour  nous  entrevoir,  je  vous  jure  et  promet  par  ma  foy  et  sur  mon  hon- 
neur que  vous  y  povez  venir,  demeurer  et  séjourner,  et  vous  en  retour- 
ner seulement  es  lieux  de  Chauny  ou  de  Noyon  à  vostre  bon  plaisir, 
toutes  les  foiz  qu'il  vous  plaira,  franchement  et  quittement,  sans  ce  que 
aucun  empeschement  de  ce  faire  soit  donné  à  vous  ny  nulz  de  voz  gens 
par  moy  ne  par  autre,  pour  quelconque  cas  qui  soit  ou  puist  avenir.  En 
tesmoing  de  ce,  j'ay  escript  et  signé  ceste  cedulle  de  ma  main,  en  la 
ville  de  Peronne,  le  vni"  jour  d'octobre,  l'an  mil  [quatre  cens]  soixante 
et  huit. 

«  Vostre  très  humble  et  très  obéissant  subgect,  Charles.  » 

A  n'en  pas  douter,  voilà  le  document  qu'a  consulté  Michelet,  et  rien 
ne  nous  autorise  à  supposer  qu'on  ait  enlevé  de  notre  manuscrit  fran- 
çais 5041  l'original  du  sauf-conduit  déhvré  le  8  octobre  1468  à  Louis  XI 
par  Charles  le  Téméraire. 

Le  lecteur  aura  remarqué  combien  le  sauf-conduit  possédé  par 
M.  Morrison  diffère  du  sauf-conduit  inséré  dans  la  procédure  qui  est 
conservée  à  la  Bibliothèque  nationale.  B  y  a  là  un  problème  assez  diffi- 
cile à  résoudre,  qui  se  recommande  à  l'attention  des  historiens  du  règne 
de  Louis  XL 

Les  exemples  qui  viennent  d'être  rapportés  montrent  quelles  ressources 
nous  offre  la  collection  de  M.  Morrison.  Je  n'ai  plus  qu'à  rendre  justice 
à  la  loyauté  avec  laquelle  le  catalogue  a  été  rédigé.  Les  dates  des  pièces 
et  les  noms  des  destinataires  ont  toujours  été  exactement  indiqués.  De 
cette  façon,  en  parcourant  les  articles  du  catalogue,  il  est  aisé  de  recon- 
naître l'origine  de  beaucoup  do  pièces  que  des  mains  coupables  ont  jadis 
fait  sortir  de  nos  dépôts  publics.  Beaucoup  de  documents  qu'a  recueillis 
M.  Morrison  viennent  de  la  Bibliothèque  nationale,  des  Archives  natio- 


1.  La  déposition  de  Guillaume  de  Clugny,  protonotaire  du  pape  et  adminis- 
trateur perpétuel  de  levéché  de  Térouane,  en  date  du  29  mai  1478,  contient  une 
observation  fort  curieuse  sur  la  signature  de  Charles  le  Téméraire  :  «  Environ 
l'an  mil  CCCC  soixante  et  unze,  le  dit  Charles  de  Bourgogne  mist  ung  petit 
chiffre  derrière  la  lettre  de  G,  première  lettre  de  son  nom  et  signature,  ce  qu'il 
n'avoit  accoustumé  de  faire  par  avant.  Et  lui  demanda  le  dit  qui  deppose  pour 
quoy  il  avoit  adjousté  à  sa  signature  le  dit  chiffre;  et  il  luy  respondil  qu'il 
l'avoit  fait  aûn  qu'il  feust  plus  diflicille  à  contrefaire.  » 


202 

nales,  de  la  bibliothèque  de  l'Observatoire  et  surtout  du  ministère  des 
affaires  étrangères.  Nous  devons  savoir  gré  à  M.  Morrison  de  nous  avoir 
fait  connaître  les  pièces  que  nous  avons  perdues.  Nous  devons  surtout 
le  remercier  d'avoir  mis  en  lumière  beaucoup  de  textes  dont  les  histo- 
riens et  les  littérateurs  de  tous  les  pays  ne  manqueront  pas  de  tirer 
profit.  Il  a  été  heureusement  inspiré  le  jour  où  il  a  chargé  M.  Thibau- 
deau  de  préparer  un  catalogue,  trop  étendu  et  trop  somptueux  pour 
qu'on  puisse  le  proposer  comme  modèle,  mais  qui  excitera  l'admiration 
des  amateurs  et  qui  rendra  de  grands  services  aux  hommes  d'étude. 

Léopold  Delisle. 

Lex  Bibuaria  et  Lex  Francorum  Chamavorum.  ex  Monumentis  Ger- 
maniae  historicis  recusae.  Edidit  Rudolphus  Sohm.  Hannoverae, 
Hahn,  -1883.  In-8%  U6  p.  Prix  :  2  m.  40  pf. 

La  loi  ripuaire,  qui  ne  le  cède  en  importance,  pour  l'histoire  des  ori- 
gines de  notre  ancien  droit,  qu'à  la  loi  salique,  n'avait  pas  encore  été 
l'objet  d'une  édition  critique.  On  était  réduit  à  se  servir  des  textes 
imparfaits  imprimés  dans  les  recueils  de  Herold,  de  Lindenbrog,  etc., 
et  en  dernier  lieu  dans  le  Corpus  iuris  Germanici  antiqui  de  Ferd.  Walter. 
Le  savant  le  plus  compétent,  M.  R.  Sohm,  vient  enfin  de  donner  une 
nouvelle  édition  de  cette  loi  dans  la  grande  collection  des  Monunienta 
Germaniae  (série  in-folio,  Legum  t.  V,  p.  185  et  suivantes).  On  a  eu  la 
bonne  idée  de  tirer  à  part  cette  édition  en  un  petit  volume  in-octavo, 
peu  encombrant  et  facile  à  acquérir. 

Dans  une  introduction  latine  fort  claire,  à  laquelle  on  ne  peut  repro- 
cher que  de  donner  peut-être  parfois  une  solution  trop  nette  à  des 
problèmes  encore  obscurs,  M.  Sohm  s'est  attaché  à  analyser  la  com- 
position de  la  loi  ripuaire,  à  en  distinguer  les  diflérentes  parties  et  à 
assigner  à  chacune  sa  date.  Ses  conclusions  sont  les  suivantes  : 

Les  titres  1  à  31  de  la  loi  (suivant  le  numérotage  usuel)  ont  été 
écrits  au  commencement  du  vi«  siècle  ;  ils  présentent  des  dispositions 
originales  du  droit  ripuaire,  non  influencé  par  le  droit  salique  ; 

Les  titres  32  à  56,  les  paragraphes  2  à  8  du  titre  60  et  les  titres  63  et 
64  ont  été  écrits  dans  la  seconde  moitié  du  vi'  siècle;  cette  partie  est 
imitée,  pour  la  forme  et  pour  le  fond,  de  la  loi  salique  ; 

Les  titres  57,  58,  59,  le  paragraphe  1  du  titre  60  et  les  titres  61  et  62 
sont  les  divers  articles  d'une  constitution  royale,  insérée  dans  la  loi  à 
la  tin  du  vi«  siècle  ; 

Les  titres  65  à  79  ont  été  écrits  au  vii«  siècle  et  les  titres  80  à  89  au 
commencement  du  viii^  siècle. 

Parmi  les  manuscrits,  M.  Sohm  distingue  deux  classes,  qu'il  désigne 
par  les  lettres  A  et  B.  Les  manuscrits  A  dérivent  d'un  texte  non  divisé 
en  titres,  qui  est  de  l'époque  mérovingienne;  les  manuscrits  B  repré- 


203 

sentent  une  rédaction  carolingienne,  améliorée  au  point  de  vue  de  la 
latinité  et  divisée  en  91  titres.  L'édition  présente  ces  deux  textes  en 
regard,  la  rédaction  A  en  gros  texte  en  haut  des  pages,  la  rédaction  B 
en  petit  texte  au-dessous.  Dans  la  rédaction  A,  l'éditeur  a  introduit, 
pour  faciliter  les  recherches,  la  division  traditionnelle  en  89  titres,  sub- 
divisés en  paragraphes,  mais  il  invite  le  lecteur  à  ne  pas  oublier  que 
ce  numérotage  n'a  aucune  authenticité  :  «  Lectori  autem  benevolo 
observandum  est,  titulorum  atque  capitum  numéros  a  me  additos  esse 
et  in  lege  Ribuaria  explicanda  pro  non  scriptis  habendos  esse.  »  Le  lec- 
teur se  rappellerait  mieux  cet  avertissement,  si  l'on  avait  pris  soin  de 
mettre  entre  crochets  ces  numéros  parasites  de  titres  et  de  paragraphes, 
ou,  mieux  encore,  de  les  reléguer  dans  les  marges. 

A  la  suite  de  la  loi  ripuaire,  M.  Sohm  a  donné  la  loi  des  Francs  Cha- 
maves,  dont  on  avait  déjà  une  édition  suffisante  publiée  par  E.-Th. 
Gaupp  en  1855,  mais  dont  on  sera  néanmoins  bien  aise  de  retrouver  ici 
le  texte,  revu  sur  les  deux  manuscrits. 

Julien  Ha  VET. 


Société  des  lettres ,  sciences  et  arts  des  Alpes-Maritimes.  Cartu- 
laire  de  l'abbaye  de  Lérins,  publié  sous  les  auspices  du  ministère 
de  l'instruction  publique^  par  MM.  H.  Moris,  archiviste  des  Alpes- 
Maritimes,  et  Edm.  Blanc,  bibliothécaire  de  la  ville  de  Nice.  Pre- 
mière partie.  Saint-Honorat  de  Lériiis,  imprimerie  du  monastère, 
Paris,  Champion,  -1883.  In-4'',  ui-Vi  pages. 

Après  le  cartulaire  de  Saint- Victor  de  Marseille,  avec  lequel  il  a  plus 
d'un  point  de  ressemblance,  le  cartulaire  de  Lérins  est  peut-être  le  plus 
important  de  la  Provence.  Transmis  après  la  suppression  de  l'abbaye, 
en  1787,  à  i'évèché  de  Grasse,  il  resta  caché  avec  les  papiers  de  l'évêché 
jusqu'en  1850,  où  M.  F.  de  Lasteyrie  le  retrouva.  Il  fait  aujourd'hui 
partie  des  archives  de  Nice.  M.  l'abbé  Tisserand  en  avait  dressé  une 
copie  en  1865;  une  édition  du  cartulaire  avait  été  entreprise  par  notre 
confrère  M.  de  Flamare,  alors  archiviste  des  Alpes-Maritimes,  et  une 
première  livraison  distribuée  en  1882  (in-8o,  164  p.);  enfin,  MM.  Moris 
et  Blanc  viennent  de  réaliser  le  projet  de  publication  depuis  longtemps 
formé  par  la  Société  des  lettres,  sciences  et  arts  des  Alpes-Maritimes. 

Le  volume  qu'ils  nous  donnent  comprend  les  chartes  du  xx^  au 
xn^  siècle,  c'est-à-dire  l'Ancien  Cartulaire,  ils  nous  promettent  un 
second  volume  (JSouveau  Cartulaire)  qui  sera  formé  de  chartes  origi- 
nales du  xiii«  au  xviii^  siècle. 

1.  La  comparaison  de  la  charte  n°  198  avec  l'original  a  été  omise  par  les 
éditeurs. 


204 

Les  éditeurs  ont  placé  avant  le  Cartulaire  une  introduction  en 
52  pages;  nous  allons  en  faire  ressortir  les  points  principaux,  après 
quoi  nous  présenterons  quelques  observations  sur  l'ensemble  et  sur  les 
détails  de  l'édition. 

Le  manuscrit  du  Cartulaire  de  Lérins  se  compose  de  152  folios,  plus 

10  folios  ajoutés  après  le  xvn^  siècle;  l'écriture,  jusqu'au  folio  144,  n'est 
pas  des  premières  années  du  xm"  siècle,  comme  le  disent  les  éditeurs, 
mais  elle  est  au  moins  du  milieu  du  xn«  siècle;  ensuite  elle  varie  à 
chaque  page  (chap.  i^r).  Les  éditeurs  déclarent  qu'ils  ont  reproduit 
fidèlement  le  texte;  les  seules  additions  qu'ils  aient  faites  sont  les 
numéros  des  chartes  et  leur  date,  quand  ils  ont  pu  l'établir. 

Par  suite  d'une  erreur  dans  la  reliure  des  cahiers  du  Cartulaire,  la 
signature  H  se  trouve  avant  la  signature  F;  les  éditeurs  ont  rétabli 
l'ordre  ancien,  ce  qui  fait  une  différence  avec  la  copie  de  M.  l'abbé 
Tisserand,  aujourd'hui  conservée  à  la  Bibliothèque  nationale  (lat. 
nouv.  acq.,  n°  1155). 

On  sait  l'intérêt  qu'il  y  a  à  pouvoir  comparer  un  cartulaire  avec  les 
originaux  ;  les  éditeurs  n'en  ont  réuni  malheureusement  que  22  ;  ils  les 
divisent  en  deux  classes  (chap.  in).  Les  premiers,  au  nombre  de  13,  ne 
présentent  pas  de  différences  importantes  avec  le  Cartulaire  et  les  édi- 
teurs ne  font  que  les  mentionner.  Les  seconds,  qui  en  diffèrent  notable- 
ment, sont  au  nombre  de  9,  et  on  les  trouvera  reproduits  en  partie  dans 
l'introduction.  Sur  ces  9  chartes,  4  sont  un  peu  plus  complètes  dans 
l'original;  3  au  contraire,  sont  plus  développées  dans  le  Cartulaire;  la 
date  du  n°  313,  indiquée  comme  manquant  dans  le  Cartulaire,  se  trouve 
cependant  sous  le  numéro  suivant.  Nous  relèverons  un  fait  singulier  à  pro- 
pos du  n»  218,  c'est  que  la  date  de  l'original  est  fautive  et  que  la  vraie 
date  se  trouve  dans  le  Cartulaire.  Ce  chapitre  appelle  deux  remarques. 

11  est  à  regretter  que  les  éditeurs  aient  cru  devoir  placer  les  col- 
lations des  originaux  avec  le  Cartulaire  dans  leur  introduction,  au 
lieu  de  les  rapprocher  des  textes  eux-mêmes  qu'elles  rectifient  ou  com- 
plètent. En  second  lieu,  il  est  un  peu  étonnant  que  sur  364  chartes  ils 
n'aient  retrouvé  que  22  originaux.  Sont-ils  bien  sûrs  de  ne  pas  en 
avoir  laissé  échapper  quelques-uns  ?  Il  en  est  au  moins  un  que  nous 
pouvons  leur  indiquer,  et  qui  a  été  publié  avec  un  fac-similé  par  un  de 
leurs  prédécesseurs  aux  archives  des  Alpes-Maritimes,  M.  de  Flamare. 
C'est  la  donation  faite  à  l'abbaye  de  Lérins,  par  un  seigneur  nommé 
Constantin,  de  l'église  de  Saint-Saturnin-de-Briançonnet;  elle  se  trouve 
dans  le  Cartulaire  imprimé  (n°  194)  sous  la  date  approximative  de 
997-1027.  Or,  l'original  publié  fournit,  outre  plusieurs  variantes  et 
additions  importantes ,  la  date  complète  ainsi  conçue  :  «  Data  xv  ka- 
lendas  novembris,  per  manum  Adriani  notarii,  anno  millesimo  XX 
secundo  ab  incarnatione  Domini,  epacta  xn,  indictione  xv,  régnante 
Rodulfo  rege.  Domino  Jhesu  Christo  in  perpetuum  régnante  cunctaque 


205 

gubernantc  nobilissime.  Amen  »,  c'est-à-dire  18  octobre  1022.  (Musée 
des  archives  départementales,  Paris,  impr.  nat.,  1878,  p.  44-46,  et  fac- 
similé,  planche  XVI.) 

Quant  à  la  chronologie  (chap.  iv),  les  éditeurs  font  le?  remarques 
suivantes  :  Sur  364  chartes,  il  y  en  a  451  qui  sont  datées  d'une  façon 
certaine.  Les  dates  exprimées  par  la  mention  de  l'année  sont  générale- 
ment exactes,  en  tenant  compte  toutefois  de  la  différence  du  comput. 
Au  xi^  siècle,  les  moines  de  Lérins  faisaient  commencer  l'année  au 
25  mars.  La  mention  des  années  du  règne  d'un  prince  offre  moins  de 
certitude,  les  rédacteurs  des  chartes  ayant  souvent  confondu  les  divers 
princes  du  pays,  au  point  de  faire  de  Rodolphe  III,  roi  de  Provence  et 
d'Arles,  un  empereur  d'Allemagne  et  un  comte  de  Provence.  Les 
autres  notes  chronologiques  n'offrent  aucun  secours  pour  la  détermina- 
tion des  dates  ;  l'indiction  est  très  souvent  inexacte.  La  comparaison 
du  Cartulaire  avec  les  originaux  explique  comment  certaines  dates  ne 
peuvent  se  comprendre,  c'est  qu'elles  manquent  dans  les  originaux  et 
que  ce  sont  les  scribes  qui  les  ont  ajoutées,  croyant  donner  plus  d'au- 
thenticité aux  actes. 

Passant  à  la  diplomatique  proprement  dite  (chap.  v),  les  éditeurs 
examinent  les  éléments  des  chartes,  parmi  lesquels  ils  signalent  les 
invocations,  qui  se  composent  soit  de  textes  de  l'Écriture,  soit  de 
réflexions  de  philosophie  religieuse,  avec  quelques  citations  des  lois 
romaines  ou  franques  ;  et  les  formules  comminatoires,  accompagnées  la 
plupart  du  temps  de  menaces  de  peines  pécuniaires  ;  les  amendes 
varient  de  1  à  100  livres  d'or.  Le  Cartulaire  de  Lérins  est  conforme  à 
celui  de  Saint-Victor  de  Marseille  en  ce  qui  concerne  les  sceaux,  qui  y 
sont  rarement  mentionnés. 

La  langue  des  chartes  est  le  bas-latin  mêlé  de  roman  (chap.  vi)  ;  les 
règles  les  plus  vulgaires  de  la  syntaxe  n'y  sont  point  observées,  et,  à  cet 
égard,  le  Cartulaire  ne  diffère  point  des  originaux,  comme  cela  arrive 
pour  les  Cartulaires  de  Cluny,  par  exemple  ;  quelquefois  la  phrase  est 
moitié  en  latin,  moitié  en  roman  vulgaire  :  c'est  dans  ce  dernier  lan- 
gage que  sont  toujours  formulés  les  serments  de  lidélité.  Les  éditeurs 
présentent  quelques  remarques  intéressantes  sur  la  langue  parlée  à 
Lérins  au  xi^  siècle,  langm.  qui  offre  des  analogies  avec  le  sous-dialecte 
actuel  de  Grasse. 

Le  style  des  chartes  est  lourd  et  incorrect  (ch.  vn);  on  peut  citer 
deux  passages  en  prose  rythmée;  les  citations  des  saintes  Ecritures 
sont  très  nombreuses,  les  éditeurs  en  ont  fait  une  liste  qui  remplit  trois 
pages. 

Les  noms  de  personnes  (chap.  vni)  appartiennent  à  la  nomenclature 
provençale  et  diffèrent  peu  de  ceux  des  Cartulaires  de  Saint-Victor  et 
de  Grenoble.  On  y  remarque  trois  éléments  principaux  :  1»  l'élément 
romain;  2°  l'élément  lombard  ou  tudesque;  3°  l'élément  romano-pro- 

14 


206 

vençal  [Bocatorta,  Maladreiz,  Pagan,  etc.).  Quelquefois  les  individus 
étaient  distingués  entre  eux  par  des  surnoms.  Les  femmes  sont  dési- 
gnées par  leurs  prénoms  et  quelquefois  par  des  surnoms. 

Les  noms  de  lieux  ou  lieux-dits  sont  empruntés  à  la  langue  romano- 
provençale  et  étaient  sans  doute  de  formation  nouvelle  à  l'époque  oii 
fut  rédigé  le  Gartulaire.  Parmi  les  mots  particuliers  au  pays  on  peut 
citer  lona,  cavité  remplie  d'eau;  fons,  en  provençal  fous;  fornels,  four- 
neau; balmetta,  grotte;  castellaret,  petit  château-fort;  petra  longa,  mil- 
liaire  ou  menhir,  etc. 

D'autres  noms  de  lieux  et  presque  tous  les  noms  de  localités  sont 
plus  anciens  et  proviennent  des  langues  primitives  du  pays,  tels  que 
pey  et  poi  (bas-latin  podium)  ;  loubeira,  forêt  épaisse,  de  loub,  radical 
primitif. 

Le  chapitre  ix  est  consacré  aux  mesures  de  poids,  de  capacité,  aux 
mesures  de  longueur  et  aussi  aux  monnaies  assez  nombreuses,  parmi 
lesquelles  on  remarque  les  sous  Raimondin,  Othonien,  de  Melgueil  et 
de  Pavie.  Aux  renseignements  assez  rares  sur  la  valeur  des  animaux 
et  des  denrées  que  leur  offrait  le  Gartulaire  (chap.  x),  les  éditeurs  ont 
eu  l'idée  de  joindre  ceux  qu'ils  ont  tirés  des  statuts  de  Fréjus  et  d'un 
registre  des  archives  municipales  de  Vence  pour  le  xiv^  siècle.  Ces  sta- 
tuts, dressés  sur  l'ordre  de  Raimond  Bérenger,  comte  de  Provence,  par 
Romée  de  Villeneuve,  ministre  de  Raimond,  et  trois  de  ses  collègues, 
ont  aussi  fourni  des  qxtraits  relatifs  à  la  condition  des  personnes  et 
des  terres,  surtout  en  ce  qui  concerne  les  rapports  des  barons  et  des 
chevaliers  avec  le  comte  de  Provence.  Il  semble  résulter  de  l'ordonnance 
municipale  de  Vence  sur  le  commerce  que  la  réglementation  de  cette 
matière,  au  xiv^  siècle,  appartenait  aux  communes. 

Le  dernier  chapitre  (xn<=)  est  réservé  aux  divisions  territoriales  bien 
connues  :  le  pagus,  avec  ses  synonymes  [comitatus,  diocesis,  episcopatus)^ 
Vager  ou  le  territorium,  le  castrum,  la  villa,  enfin  le  inansus  ou  mas. 

Les  éditeurs  remarquent  que  le  mot  colonia  ne  se  rencontre  pas  dans 
le  Gartulaire  de  Lérins.  Ils  signalent  comme  termes  propres  au  pays  : 
la  ferragia,  sorte  de  clos  pour  les  plantes  et  les  fruits  verts;  la  vinea, 
qui  a  le  sens  de  propriété  rurale,  sans  habitation,  dont  la  culture  n'est 
pas  déterminée.  Les  éditeurs,  à  l'exemple  du  Gartulaire  de  Saint-Victor, 
qu'ils  ont  quelquefois  rectifié,  ont  groupé  toutes  les  localités  citées  dans 
le  Gartulaire  en  comtés,  au  nombre  de  24,  dont  ils  ont  indiqué  les 
limites.  Ils  y  ont  joint  la  liste  des  chevauchées  extraite  des  statuts  de 
Fréjus,  et  celle  des  hommes  qui  devaient  être  fournis  par  chacune  des 
villes  du  comté  de  Vence,  en  vertu  d'un  accord  de  1392. 

Le  Gartulaire  est  suivi  d'appendices  et  d'index. 

Les  appendices  comprennent  :  1°  la  liste  des  archevêques  et  évêques 
de  la  province  d'Embrun  et  celle  des  abbés  du  monastère  de  Lérins,  du 


207 

ix«  au  xiye  siècle;  2°  la  première  ligne  de  chacune  des  chartes.  Les  index 
ou  tables  sont  au  nombre  de  quatre. 

1°  L'Index  chronologicus,  rédigé  en  latin,  supplée  à  l'insuffisance  des 
titres  des  chartes,  qui  ne  se  composent  quelquefois  que  d'un  seul  mot. 
La  charte  la  plus  ancienne  est  datée  d'environ  l'an  798',  la  plus  récente 
est  du  22  mars  1430.  La  chronologie  aurait  pu  être  serrée  d'un  peu 
plus  près.  Ainsi  le  n°  5,  donation  faite  à  Aldebert,  abbé  de  Lérins,  est 
attribué  au  xi^  siècle;  mais  l'abbaye  ayant  eu  deux  abbés  de  ce  nom, 
l'un  de  1046  à  1066,  Fautre  de  1066  à  1101,  sans  que  la  charte  se  rapporte 
plus  à  l'un  qu'à  l'autre,  elle  aurait  dû  être  datée  de  1046  à  1101. 

2°  U Index  nominum,  fort  développé,  remplit  les  pages  391  à  435,  soit 
45  pages  à  3  colonnes.  Cette  table  se  borne  à  énumérer  les  noms,  sans 
indiquer  le  rôle  que  les  personnages  jouent  dans  les  actes,  s'ils  sont 
donateurs,  vendeurs  ou  simples  témoins.  Nous  y  avons  relevé  des  sur- 
noms bien  étranges,  qui  étonnent  à  bon  droit  les  éditeurs,  car  ils  n'ont 
jamais  existé.  Deiis  de  Levita  et  Levita  (Dens  de),  n'est-il  pas  tout  sim- 
plement Deusde  levita'^?  Germimdus,  noniine  Indise,  doit  se  lire  ainsi: 
Gennundus  nomine,  in  die  dedicationis  ecclesie  (n°  222). 

Quant  à  Vindex  rerum,  qui  occupe  les  pages  437  à  445,  nous  avons  à 
regretter  que  les  éditeurs  n'aient  point  placé  à  côté  des  mots  relevés 
quelques  explications  qui  n'auraient  pas  été  inutiles  pour  des  termes  tels 
que  arbores  suweres,  brazaria,  riibianus  (qui  est  peut-être  un  nom  de 
lieu),  ou  pour  des  expressions  dont  le  sens,  dans  le  Gartulaire  de  Lérins, 
n'est  pas  le  même  qu'ailleurs,  comme  les  mots  gadium  au  sens  de 
donation  (nos  14^21,  70,  71,  etc.),  placitum,  au  sens  d'accord  (n»  135,  etc.). 
On  remarque  d'autre  part,  dans  la  même  table,  l'absence  de  mots 
importants  tels  que  sponsalitium  ecclesix  (n"  61),  consecratio  altaris 
(n°  'i{\),  jusiurandum  (passim),  testamentum  (n"^  137,  225),  etc. 

Le  Dictionnaire  géographique  rédigé  en  français  est  beaucoup  meilleur; 
les  éditeurs  paraissent  avoir  pris  pour  modèle  celui  qui  accompagne  le 
Gartulaire  de  Saint-Yictor  de  Marseille;  les  identifications,  que  nous 
n'avons  pas  les  moyens  de  discuter,  nous  semblent  avoir  été  faites  avec 
soin,  même  pour  les  lieux-dits,  au  moins  pour  la  Provence. 

Nous  sommes,  obligé  de  faire  des  réserves  pour  quelques  chartes  que 
nous  avons  pu  étudier  ph.s  à  fond.  Ainsi  le  mot  Carasiacus,  comme 
porte  la  table,  et  mieux  Carisiacus  (n°  290),  n'est  pas  Grécy,  chef-lieu 
de  canton  de  l'arrondissement  d'Abbeville,  comme  le  pensait  le  P.  Labbe; 
c'est  Quierzy,  sur  l'Oise,  ainsi  que  l'a  démontré  Mabillon  dans  une  savante 
dissertation  [De  re  diplomalica ,  p.  258).  Drivas  vetusta  n'est  pas  Brioude, 

1.  Malheureusement  celte  pièce  est  fausse,  comme  il  a  élé  démontré  dans  la 
Romania,  t.  V,  p.  246,  note  1. 

•2.  Cf.  le  Gartulaire  de  Saint- Victor,  où  l'on  trouve  les  formes  Beodaius, 
Danodadus,  Deidonus,  Demde,  Dieude,  Donadeus  et  Deusdedit. 


208 

mais  Vieille -Brioude  (arrondissement  et  canton  de  Brioude).  C'est 
Etienne  de  Vieille-Brioude,  de  l'ancienne  famille  de  ce  nom,  qui  donna 
ou  confirma  à  Saint-Honorat  de  Lérins  l'église  de  Saint-Just  près 
Brioude,  vers  l'an  1054.  —  Saint-Just  d'Auvergne  (ch.  276),  chapelle  sur 
le  territoire  de  Luciac.  Luciac  n'existe  plus;  c'est  l'ancien  nom  du  lieu 
sur  lequel  a  été  élevée  la  chapelle  de  Saint-Just,  qus  ah  incolis  appel- 
laiur  Luciag  (Cartulaire  de  Brioude,  n"  323).  Disons  à  ce  propos  que  le 
nom  imprimé  ch.  271  Glasparus)  abbas  Brivatensis  doit  être  une  erreur, 
car  ni  dans  la  période  indiquée  (1073-1086),  ni  jamais  il  n'y  a  eu  à 
Brioude  d'ahbé  de  ce  nom,  d'après  le  Gallia  Christiana.  —  Geraldus  de 
Rufiag,  Ruffiac,  commune  du  canton  de  Saint-Flour  :  c'est  Roffiac  qu'il 
fallait  dire;  il  y  a  eu,  en  effet,  une  famille  de  ce  nom.  Geraud  de  Roffiac 
vivait  en  1059  (Dict.  hist.  et  stat.  du  Cantal,  t.  V,  p.  112),  etc. 

Il  est  regrettable  que  les  éditeurs  n'aient  pas  étudié  la  nature  des 
actes  au  point  de  vue  de  la  diplomatique  :  ils  auraient  reconnu  que 
ceux  des  papes,  bulles  et  simples  lettres  apostoliques  sont  au  nombre 
de  23;  le  premier  se  rapporte  au  pontificat  de  Grégoire  VII,  en  1080,  le 
dernier  à  celui  d'Urbain  V,  1362  (no^  340,  271,  331,  291,  301,  332  à  334, 
292,  300,  290,  294,  23,  293,  292  bis,  11,  297,  321,  324  à  328).  En  fait 
d'actes  royaux,  on  ne  peut  guère  citer  qu'un  diplôme  de  Louis  le 
Débonnaire  {n°  248)  donné  à  Aix-la-Chapelle  le  3  janvier  824  (c'est 
825  qu'il  faut  lire,  cf.  Vaissette,  I,  62,  et  D.  Bouquet,  VI,  540),  et  par 
lequel  il  confirme  les  donations  faites  à  Lérins  par  le  comte  d'Arles 
Leybulfe  ;  le  Cartulaire  renferme  deux  chartes  de  ce  même  comte  n"s  247 
et  249,  quelques  donations  faites  par  des  évêques;  toutes  les  autres  pro- 
viennent de  simples  particuliers;  beaucoup  donnent  leurs  biens  au 
moment  d'entrer  en  religion;  un  d'eux  se  donna  corps  et  âme  à  saint 
Honorât  en  1142  (n°  110). 

Les  actes  concernant  le  droit  privé  sont  rares;  on  peut  citer  deux  tes- 
taments (n°=  225  et  137),  mais  il  n'y  a  aucun  contrat  de  mariage;  les 
actes  relatifs  à  la  féodalité  sont  assez  nombreux  :  ce  sont  des  concessions, 
ventes  ou  reprise  de  fiefs,  et  surtout  des  serments  de  fidélité  faits  à  l'abbé 
(nos  355^  75,  79,  339,  etc.). 

Les  éditeurs  ont  joint  à  leur  volume  un  fac-similé  d'une  page  du  ms. 
original  et  une  petite  vue  de  l'abbaye  de  Lérins,  telle  qu'elle  était  au 
xn«  siècle,  d'après  la  chronologie  des  saints  de  Lérins,  par  Barralis. 

En  somme,  on  doit  savoir  gré  aux  éditeurs  d'avoir  enfin  réalisé  la 
publication  depuis  si  longtemps  attendue  du  Cartulaire  de  Lérins.  Il 
complète  en  effet  heureusement,  surtout  au  point  de  vue  géogra- 
phique, les  données  fournies  par  celui  de  Saint-Victor  de  Marseille 
et  offre  aux  philologues  des  textes  importants. 

L'édition  elle-même,  dans  laquelle  un  examen  attentif  nous  a  fait 
reconnaître  quelques  défauts  et  des  lacunes,  n'en  est  pas  moins  un 
travail  estimable  et  utile.   Il  appartient  maintenant  aux  éditeurs  de 


209 

profiter  du  second  volume  qu'ils  nous  promettent,  pour  rectifier  et 
compléter  le  premier,  s'il  y  a  lieu,  et  pour  appliquer  une  méthode 
plus  sévère  à  l'établissement  du  texte  et  à  la  confection  des  tables  du 
Nouveau  Cartulaire. 

A.  Bruel. 


Bidlaire  de  l'abbaye  de  Saint-Gilles,  suivi  d'une  notice  historique 
sur  l'abbaye,  le  grand  prieuré  et  la  paroisse  de  ce  nom.,  par 
M.  l'abbé  Goiffo\.  Nimes,  impr.  P.  Jouve,  ^S82.  In-S»,  355  et 
202  pages. 

La  principale  partie  de  ce  volume  se  compose  du  texte  de  187  actes 
pontificaux,  dont  153  sont  antérieurs  au  xiv<^  siècle.  La  plupart  étaient 
restés  inédits.  M.  l'abbé  Goiffon,  qui  les  a  datés,  publiés  et  annotés 
avec  soin,  les  a  tirés  presque  tous  d'un  ancien  bullaire  de  Saint-Gilles 
conservé  à  la  Bibliothèque  nationale,  n"  11018  du  fonds  latin,  et  d'une 
collection  de  144  bulles  originales,  que  M.  Hector  Mazer  a  offerte  en  1839 
à  la  fabrique  de  l'église  paroissiale  de  Saint-Gilles.  Indiquer  la  nature 
d'un  tel  recueil,  c'est  en  faire  entrevoir  l'importance.  Nous  en  recom- 
mandons la  lecture  à  tous  ceux  qui  s'occupent  de  diplomatique  ponti- 
ficale, et,  à  titre  d'exemple,  nous  signalerons  une  lettre  de  Nicolas  IV, 
du  14  février  1291.  L'abbaye  de  Saint-Gilles  voulait  donner  une  exten- 
sion excessive  à  un  privilège  que  le  pape  Clément  IV  lui  avait  accordé, 
et  elle  s'en  prévalait  au  préjudice  des  hospitaliers  et  des  templiers.  Nico- 
las IV  n'admit  pas  les  prétentions  des  moines  ;  pour  prévenir  une 
interprétation  trop  large,  il  fit  observer  que  son  prédécesseur,  originaire 
de  Saint-Gilles,  avait  dû  traiter  avec  une  excessive  bienveillance  l'ab- 
baye de  sa  ville  natale,  et  que,  d'ailleurs,  le  privilège  au  sujet  duquel  on 
discutait  ne  se  trouvait  pas  dans  le  registre  où  il  aurait  dû  être  inséré 
suivant  l'usage  de  la  cour  romaine  :  «  Attendentes  etiam  quod  origo  et 
conversatio  hujus  modi  dictum  predecessorem  Glementem  sic  munire 
valide,  sic  largiQue,  sic  insuper  honorare  dictum  monasterium  iuduxe- 
runt,  cum  de  hujusmodi  suo  privilegio,  de  quo  ab  aliquibus  de  nostra 
curia  sive  in  regesto  ipsius  predecessoris  Clementis,  in  quo,  juxta  morem 
Romanorum  pontificum,  talis  privilegii  ténor  inseri  debuerat,  solerti 
super  hoc  indagatione  premissa,  non  potuerit  haberi  copia  vel  alla 
memoria  inveniri'...  »  Voilà  un  précieux  témoignage  à  ajouter  à  ceux 
que  M.  Elle  Berger^  a  recueillis  sur  le  caractère  de  l'enregistrement  des 
bulles  au  xni*  siècle. 

La  notice  qui  forme  la  seconde  partie  du  volume  n'est  pas  une  his- 
toire complète  et  définitive  de  Saint-Gilles  ;  mais  elle  fournit  beaucoup 

1.  P.  195  du  Bullaire. 

2.  Pages  XVI  et  suiv.  de  l'introduction  aux  Registres  d'Innocent  IV. 


210 

de  renseignements  utiles.  Nos  lecteurs  seront  contents  d'un  emprunt 
que  nous  allons  y  faire,  à  la  p.  12.  C'est  le  texte  d'une  inscription  trou- 
vée en  1877  et  relative  à  la  fondation  de  la  Madeleine  de  Saint-Gilles  : 

Anno  dorainice  incarnacionis  MGLVIII,  ii  nonas  februarii, 
Boneta  et  filii  ejus,  Johannes  Gornutus  et  Guillelmus  Jordanws, 
(/edcrunt,  pro  animabus  suis,  Domino  Deo  et  Sancte  Marie  Magdalene 
iferram  in  qua  hec  ecclesia  fundata  est,  cum  domibus  et  pertinenciis 

suis.  Hanc 
É?onacionem  fecerunt  in  manibus  Gislaberti,  instituris predicte  ecclesie, 
quijiroraml  eis  ut  habitatores  hujus  loci,  présentes  et  futuri, 
singulis  annis  in  perpetuum  in  predicta  die  faciant  septem  missas 

celebrare 
pro  amraabus  predictorum  donatorum  et  eorum  parentum 
et  omnium  /?delium  defuntorum  dicti  loci^  f . 

A  la  rigueur,  cette'  inscription  peut  entrer  dans  la  série  des  chartes 
lapidaires,  pour  l'étude  desquelles  il  convient  de  renvoyer  au  mémoire 
de  M.  Deloye,  inséré  en  1846  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes''^. 

La  publication  de  M.  l'abbé  Goiffon  se  recommande  donc  par  les  plus 
sérieuses  qualités,  et  je  n'ai  pas  la  pensée  de  la  déprécier  en  soumettant 
ici  à  l'éditeur  quelques  observations  de  détail. 

P.  3.  La  bulle  de  Benoît  II,  de  l'année  685,  est  évidemment  une 
pièce  apocryphe.  L'observation  en  a  déjà  été  faite  par  M.  Robert,  à  la 
p.  Lin  de  la  préface  de  la  Vie  de  saint  Gilles,  publiée  par  MM.  Gaston 
Paris  et  Alphonse  Bos,  en  1881.  Les  auteurs  de  la  nouvelle  édition  des 
Regesta  pontificum  Romanorum  (p.  242,  n°  2127)  ont  marqué  du  signe 
des  pièces  fausses  cette  bulle  de  Benoît  II. 

P.  95  et  112.  L'éditeur  a  eu  tort  de  laisser  de  côté  les  souscriptions 
qui  sont  au  bas  de  deux  privilèges  d'Alexandre  III  et  d'Innocent  III, 
conservés  en  original  à  Saint-Gilles. 

P.  112  et  113.  Les  deux  lettres  d'Innocent  III  placées  sous  la  date 
du  18  avril  1212  sont  en  réalité  du  18  avril  1211. 

P.  177.  Dans  les  souscriptions  d'un  privilège  de  Clément  IV,  un 
article  a  été  altéré.  Au  lieu  de  Ego  Ancher  frater  Sancte  Praxedis  pres- 
biter  cardinalis,  il  faut  lire  :  Ego  Ancherus  tituli  sancte  Praxedis  p.  c. 

P.  93  de  la  Notice.  Le  marché  conclu  en  1261  avec  un  architecte, 
pour  achever  l'église  de  Saint-Gilles,  qui  est  indiqué  à  la  p.  93,  d'après 
une  note  informe  des  Bénédictins,  est  en  original  aux  archives  du  Gard 


1.  Les  parties  restituées  par  M.  l'abbé  Goiifon  sont  imprimées  en   lettres 
italiques. 

2.  2*^  série,  t.  III,  p.  31-42. 


2U 

et  a  été  publié  dans  la  Revue  des  Sociétés  savantes  (6«  série,  t.  YIII,  p.  122), 

avec  un  commentaire  de  J.  Quicherat. 

Je  termine  ce  compte-rendu  en  avertissant  que  plusieurs  bulles  de 

Saint-Gilles  furent  envoyées  à  Paris  en  1679  pour  être  déposées  dans 

la  bibliothèque  de  Golbert.  Elles  sont  aujourd'hui  à  la  Bibhothèque 

nationale,  dans  la  collection  de  Baluze.  M.  l'abbé  Goiffon  n'a  connu  ces 

pièces  que  par  des  copies  assez  médiocres  qui  en  furent  faites  en  1679 

et  qui  sont  restées  à  Saint-Gilles.  La  plus  curieuse  est  un  privilège 

d'Urbain  II,  du  18  /évrier  1095,  au  bas  duquel  sont  les  souscriptions 

de  beaucoup  des  prélats  qui  assistèrent  au  concile  de  Plaisance;  elle 

est  reproduite  dans  la  série  lithographiée  des  fac-similés  de  l'École  des 

chartes.  t    t-^ 

L.  Delisle. 

Das  Urkundemresen  Karls  IV.  und  seiner  Nachfolger  (1340-1437), 
Von  Theodor  Lindner.  Stuttgart,  J.  G.  Cotta,  ^882.  In -8% 
vni-222  p.  Prix  :7  m. 

M.  Lindner  a  examiné  un  grand  nombre  de  diplômes  des  souverains 
allemands  qui  se  sont  succédé  depuis  Charles  IV  jusqu'à  Sigismond.  Il 
en  a  tiré,  sur  la  diplomatique  de  ces  princes,  beaucoup  d'observations 
précises,  qu'il  expose  avec  méthode  et  clarté.  Ce  volume  sera  consulté 
utilement,  non  seulement  par  les  érudits  d'Allemagne,  mais  aussi  par 
ceux  de  nos  départements  de  l'Est,  dont  les  archives  peuvent  contenir 
des  diplômes  sortis  de  la  chancellerie  impériale. 

L'auteur  a  publié  en  appendice  quelques  pièces  justificatives,  parmi 
lesquelles  il  faut  citer  les  trois  suivantes  : 

Thionville,  14  décembre  1346;  acte  en  français  :  Charles  IV,  roi  des 
Romains  et  de  Bohême  et  comte  de  Luxembourg,  promet  à  Arnoul 
d'Arlon  de  ne  pas  aliéner  ou  engager  sans  son  consentement  les  villes 
d'Ivois  (aujourd'hui  Carignan)  et  de  Virton  ; 

Cologne,  17  février  1349  :  Charles  IV  donne  à  Baudouin,  archevêque 
de  Trêves,  les  biens  des  juifs  tués  en  Alsace  et  ailleurs  et  les  amendes 
et  confiscations  encourues  pour  le  meurtre  desdits  juifs; 

Mayence,  8'  février  1354  :  Charles  IV  confirme  à  l'archevêque  de 
Trêves  la  possession  de  la  charge  d'archichancelier  de  l'Empire  dans  le 
royaume  d'Arles  et  en  Gaule,  avec  les  droits  qui  y  sont  attachés. 

P,  56  et  57,  M.  Lindner  insiste  sur  les  modifications  que  le  temps  fait 
parfois  subir  à  la  couleur  des  lacs  de  soie  des  sceaux.  La  soie  verte 
devient  jaune,  la  jaune  brune,  etc.  La  teinture  noire  brûle  la  soie  et  la 
détruit,  en  sorte  que  les  nombreux  actes  scellés  sur  lacs  noirs  et  jaunes, 
aux  couleurs  de  l'Empire,  n'ont  conservé  le  plus  souvent  que  la  soie 
jaune.  Il  faut  se  défier  des  accidents  de  ce  genre,  lorsqu'on  a  à  décrire 
les  lacs  auxquels  est  suspendu  le  sceau  d'un  acte. 

En  comparant  le  sceau  employé  par  Charles  IV,  lorsqu'il  n'était 


2^2 

encore  que  roi  des  Romains,  et  celui  du  roi  Wenceslas,  son  fils, 
M.  Lindner  est  arrivé  à  la  conviction  que  ces  deux  sceaux  n'en  font 
qu'un  :  on  a  adapté  pour  le  fils  le  sceau  du  père,  en  changeant  seule- 
ment le  nom  dans  la  légende,  mais  sans  toucher  à  l'effigie  royale.  Cet 
exemple  doit  mettre  en  garde  contre  une  confiance  trop  absolue  dans 
la  ressemblance  des  portraits  gravés  sur  les  sceaux. 

Julien  Havet. 

Étude  historique  et  archéologique  sur  la  roue  des  juifs  depuis  le 
XII I"  siècle^  par  Ulysse  Robert.  Extrait  de  la  Revue  des  études 
juives,  tome  VI.  Paris,  A.  Durlacher,  1883.  In-S",  23  p.,  {  planche 
en  couleur  et  3  fig.  dans  le  texte. 

On  sait  qu'à  partir  du  commencement  du  xni"  siècle  et  jusqu'aux 
temps  modernes,  les  juifs  d'Occident  furent  généralement  soumis  à 
l'obligation  de  porter  sur  leur  vêtement  un  signe  extérieur  destiné  à  les 
distinguer  des  chrétiens.  On  sait  aussi  que  ce  signe  était  ordinairement 
un  cercle  d'étoffe  de  couleur,  plein  ou  évidé,  désigné  sous  le  nom  de 
roue  ou  de  rouelle.  Notre  confrère  M.  Ulysse  Robert  a  cru  avec  raison 
qu'il  serait  intéressant  de  déterminer  précisément,  d'une  part,  l'époque 
à  laquelle  fut  établie,  dans' chaque  pays,  l'obligation  pour  les  juifs  de 
porter  la  roue  ;  d'autre  part,  quelles  furent,  suivant  les  temps  et  les  lieux, 
la  forme,  la  matière,  la  couleur,  les  dimensions  de  ce  signe.  Il  a  con- 
sulté à  la  fois  des  textes,  tels  que  des  statuts,  règlements  ou  ordonnances 
des  autorités  ecclésiastiques  et  civiles  de  France,  d'Espagne,  d'Italie, 
d'Allemagne,  et  des  monuments  figurés,  surtout  des  miniatures  de 
manuscrits,  où  sont  représentés  des  juifs.  La  brochure  n'a  qu'une  ving- 
taine de  pages,  mais  ces  pages  sont  pleines  de  faits  et  d'indications 
précises.  Ce  travail  pourra,  comme  le  dit  l'auteur,  fournir  aux  archéo- 
logues des  éléments  utiles  pour  la  détermination  de  l'origine  et  de  la 
date  des  monuments  où  l'on  verrait  des  juifs  représentés  avec  la  roue. 

Cinq  figures,  dont  deux  en  couleur,  reproduisent  quatre  peintures  de 
manuscrits,  où  se  voit  très  clairement  le  signe  distinctif  des  juifs,  et  un 
modèle  de  roue  annexé  à  une  ordonnance  de  1551,  rendue  par  le  roi  des 
Romains  Ferdinand  pour  la  ville  de  Haguenau.  M.  Robert  a  relevé  aussi, 
dans  l'ouvrage  d'Amador  de  los  Rios  sur  les  juifs  d'Espagne,  la  mention 
d'une  bulle  de  1415,  à  laquelle  était  joint  un  modèle  de  roue;  malheu- 
reusement la  demande  de  renseignements  qu'il  a  adressée  à  ce  sujet  aux 
archives  de  Tolède  est  restée  sans  réponse. 

M.  Robert  déclare  qu'il  recevra  avec  reconnaissance  les  renseigne- 
ments nouveaux  qu'on  voudra  bien  lui  communiquer  sur  l'usage  qui 
fait  l'objet  de  cette  curieuse  monographie.  Il  est  à  souhaiter  que  cet 
appel  soit  entendu. 

Julien  Havet. 


243 

Mittheilungen  des  Institut  a  fur  oeslerreicliische  Geschichisforschung . 
Uiiter  Mitwirkung  von  Th.  Sickel,  M.  Thacsiïvg  und  H.  R.  v. 
Zeissberg  redigirt  von  E.  Mùulbacuer.  IV.  Band.  Innsbruck, 
Wagner,  1883.  In-8%  viii-664  p.,  S  planches ^ 

Ce  volume  contient  les  articles  suivants  : 

Recherches  sur  l'histoire  de  l'Empire  au  xin^  siècle,  par  J.  Ficker 
(suite)  :  V,  les  fils  du  roi  Manfred  ;  VI,  le  mariage  de  Conradin;  VII,  la 
renonciation  d'Alphonse  de  Gastille  à  l'Empire;  VIII,  les  lettres  du 
pape  contre  l'empereur  Otton  IV,  en  1210  et  1211  ;  IX,  l'invasion  de 
Renaud  de  Spolète  dans  les  États  de  l'Église,  en  1228;  X,  la  nomina- 
tion de  l'archevêque  de  Cologne,  Conrad,  en  qualité  de  légat  du  pape, 
en  1249. —  La  chronique  rimée  de  Styrie  et  l'interrègne  autrichien,  par 
A.  Huber.  —  Le  cadavre  romain  de  1485,  par  H.  Thode;  la  découverte 
du  cadavre  romain  de  1485,  par  Chr.  Hiilsen.  —  Études  critiques  sur 
l'histoire  de  Bohême,  par  J.  Loserth.  —  Etudes  sur  le  Miroir  de  Saxe, 
par  H. -M.  Schuster.  —  Matthias  de  Neuenbourg  ou  Albert  de  Stras- 
bourg? par  A.  Huber.  —  Notae  historicae  Altorfenses,  par  Al.  Schulte. 
—  Catalogue  des  diplômes  impériaux  conservés  aux  archives  de  Vérone, 
par  C.  Cipolla  :  II,  de  Henri  V  à  Conradin.  —  Le  portail  occidental  de 
la  cathédrale  de  Vienne,  description  et  histoire,  par  Paul  Mùller  (avec 
6  planches  et  14  figures  dans  le  texte).  —  Les  catégories  nobiliaires 
selon  la  coutume  de  Styrie,  par  0.  v.  Zallinger.  —  Recherches  sur  la 
diplomatique  pontificale,  d'Alexandre  IV  à  Jean  XXII  (1254-1334),  par 
W.  Diekamp.  ■ —  La  Vita  Ileinrici  imperatoris,  par  A.  Busson.  —  Les 
opérations  de  Charles  d'Anjou,  avant  la  bataille  de  Tagliacozzo,  par 
G.  Kôhler,  avec  une  réplique  de  J.  Ficker.  —  La  monnaie  à  Vienne, 
pendant  le  premier  quart  du  xv^  siècle,  par  K.  Schalk.  —  Courtes  com- 
munications :  le  manuscrit  du  Liber  diurnus,  par  Th.  Sickel  ;  le  serment 
des  juifs  d'Augsbourg,  par  0.  v.  Zallinger;  mentions  inscrites  sur  les 
pages  laissées  en  blanc  dans  des  registres  publics,  par  K.  Schalk; 
quelques  sources  perdues  de  l'histoire  de  Carinthie,  par  .\.  v.  Jaksch  ; 
le  trésor  et  la  bibliothèque  d'Ober-Altaich,  vers  le  milieu  du  xii^  siècle, 
par  O.  Redlich;  les  registres  angevins  des  archives  de  Naples,  par 
A.  Fanta  ;  le  manuscrit  o.-iginal  de  la  chronique  de  Konigshofen,  par 
Al.  Schulte;  la  captivité  du  roiEnzio  à  Bologne,  par  C.  Cipolla;  rensei- 
gnements biographiques  sur  J.  Unrest,  par  A.  v.  Jaksch  ;  les  archives 
du  chapitre  de  Sarzana,  par  E.  v.  Ottenthal  ;  une  lettre  du  D''  J.  Eck  au 
roi  Ferdinand  P',  par  H.  Zimerman. 

1.  Outre  ce  volume,  la  rédaction  des  Miitfieilungen  a  fait  paraître,  en  1883, 
le  premier  fascicule  d'une  série  complémentaire,  dont  les  livraisons  y)araîtront, 
selon  l'abondance  des  matières  ,  à  des  intervalles  plus  ou  moins  éloignés  et 
formeront  une  collection  distincte. 


2^4 

La  plupart  de  ces  travaux  traitent  des  questions  qui  n'intéressent 
guère  que  l'histoire  de  l'Allemagne  ou  de  l'Autriche-Hongrie  ;  on  me 
permettra  de  ne  pas  m'y  arrêter.  Les  quelques  renseignements  qu'on 
peut  recueillir  dans  plusieurs  d'entre  eux,  par  exemple  dans  les  péné- 
trantes recherches  de  M.  Ficker,  sur  certains  détails  de  l'histoire  de 
France,  seront  relevés  dans  une  des  prochaines  livraisons  du  Répertoire 
des  travaux  historiques.  Je  voudrais  signaler  seulement  trois  ou  quatre 
articles,  d'une  façon  plus  particulière,  aux  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes. 

M.  Th.  Sickel  annonce  qu'un  hasard  heureux  lui  a  permis  de  retrou- 
ver et  d'examiner  (pendant  une  demi-heure  seulement),  le  9  mai  1881, 
aux  archives  du  Vatican,  le  manuscrit  du  Liber  diurnus,  que  M.  de 
Rozière  n'a  pu  consulter  lorsqu'il  préparait  son  édition  et  qu'on  croyait 
perdu.  C'est  un  volume  marqué  au  dos  de  la  reliure  Code.  CCCX,  et  plus 
bas  XI,  91,  sur  le  plat  N.  5  Hhhhh.  97  ex  capsula  X,  sur  la  garde  codex 
138.  En  reproduisant  ces  indications  avec  leur  demande,  d'autres 
savants  pourront  sans  doute  à  l'avenir,  pense  M.  Sickel,  obtenir  com- 
munication du  manuscrit  et  en  examiner  le  texte  à  loisir. 

M.  Diekamp  continue  ses  minutieuses  et  patientes  recherches  sur  la 
diplomatique  pontificale  (voy.  ci-dessus,  t.  XLIII,  p.  688).  Il  étudie 
cette  fois  les  pontificats  d'Alexandre  IV  et  de  ses  successeurs,  jusqu'à 
Jean  XXII  inclusivement.  On  remarquera  notamment  dans  son  article 
des  observations  détaillées  au  sujet  des  mentions  de  taxes  inscrites  sur 
les  actes  et  destinées  à  indiquer  les  sommes  payées  pour  en  obtenir 
l'expédition  (p.  507  et  suivantes). 

M.  A.  Schulte  a  trouvé  dans  une  histoire  manuscrite  de  l'abbaye 
d'Altorf  (Basse-Alsace),  écrite  en  1748  par  le  P.  Amand  Trens  et  con- 
servée aux  archives  de  la  Basse- Alsace,  quelques  extraits  d'un  manus- 
crit d'Altorf,  aujourd'hui  perdu,  qui  contenait  des  notes  historiques  sur 
les  événements  du  xii%  du  xiii^  et  du  xiv«  siècle.  La  plus  ancienne  note 
copiée  par  le  P.  Trens  se  rapporte  à  l'an  H  32,  la  plus  récente  à  1334. 
M.  Schulte  publie  le  texte  de  ces  notes  très  brèves,  qui  fournissent 
quelques  renseignements  pour  l'histoire  locale  de  l'Alsace. 

M.  Thode  propose  une  hypothèse  ingénieuse,  trop  ingénieuse  sans 
doute,  comme  on  va  le  voir,  sur  la  célèbre  tête  de  cire  du  musée  de 
Lille,  attribuée  jadis  à  Raphaël.  Selon  lui,  ce  portrait  de  jeune  fille  pré- 
sente à  la  fois  des  caractères  qui  rappellent  l'antiquité  et  des  caractères 
qui  rappellent  le  xv«  siècle.  Il  lui  semble  voir  là  le  portrait  d'une 
ancienne  Romaine,  sculptée  par  un  Italien  de  la  Renaissance.  Il  cherche 
donc  oii  et  quand  un  Italien  de  la  Renaissance  a  pu  avoir  l'occasion  de 
faire  le  portrait  d'une  Romaine  de  l'antiquité.  Il  trouve,  dans  quelques 
chroniques  romaines  du  xv'  siècle,  qu'en  avril  1485,  des  ouvriers,  en 
creusant  le  sol  près  de  la  voie  Appienne,  à  six  milles  de  Rome,  décou- 
vrirent le  cadavre,  momifié  et  parfaitement  conservé,  d'une  jeune  fille 


2<5 

d'une  beauté,  admirable.  Elle  paraissait  âgée  de  douze  à  quinze  ans. 
D'après  une  épitaphe,  trouvée,  disait-on,  au  môme  lieu,  plusieurs  vou- 
laient que  ce  fût  la  tille  de  Gicéron.  Elle  fut  exposée  quelque  temps  au 
palais  des  Conservateurs,  où  une  foule  innombrable  vint  la  voir,  mais 
bientôt  le  pape  la  fit  enlever  de  nuit,  transporter  hors  des  murs  et 
enterrer  on  ne  sait  où.  Eh  bien,  demande  M.  Thode,  la  tête  de  Liliane 
serait-elle  pas  un  portrait  de  cette  jeune  Romaine,  sculpté  par  un  de 
ceux  qui  purent  la  voir  au  palais  des  Conservateurs  en  1485  ?  N'est-ce 
pas  elle  aussi  qui  est  représentée  dans  un  dessin  de  VAlbertina  de 
Vienne,  où  plusieurs  critiques,  et  avec  eux  M.  Thode,  croient  recon- 
naître le  môme  modèle  que  dans  la  tète  de  Lille  ? 

Cet  article  a  suggéré  à  M.  Hùlsen  l'idée  d'étudier  d'une  manière 
approfondie  l'histoire  de  la  découverte  de  ce  cadavre  momifié,  qui  causa 
une  si  grande  admiration  à  Rome  en  1485.  Les  résultats  auxquels  il 
arrive  ne  sont  pas  favorables  à  la  supposition  de  M.  Thode.  En  rappro- 
chant et  en  comparant,  avec  plus  d'exactitude  que  son  devancier,  les 
divers  récits  qui  nous  sont  parvenus  sur  cette  découverte,  il  montre  que 
la  plupart  de  ces  récits  ont  exagéré  la  merveilleuse  conservation  du 
cadavre.  Selon  l'un  des  témoignages  les  plus  dignes  de  foi,  on  ne  savait 
même  si  c'était  le  corps  d'un  homme  ou  celui  d'une  femme.  Parmi  ceux 
qui  disent  que  c'était  une  femme,  les  uns  rapportent  qu'elle  paraissait 
âgée  de  douze  ans,  d'autres  de  vingt-quatre.  Aucune  épitaphe,  en  réalité, 
ne  fut  trouvée  avec  le  corps,  en  sorte  qu'on  ignore  à  quelle  antiquité 
pouvait  remonter  l'ensevelissement.  Enfin,  selon  un  témoignage  expli- 
cite, plusieurs  artistes  voulurent  copier  les  traits  de  la  jeune  Romaine, 
mais  le  corps  fut  enlevé  avant  qu'aucun  d'eux  eût  pu  exécuter  ce  des- 
sein. Il  est  donc  chimérique  d'espérer  trouver  quelque  part  un  portrait 
de  cette  jeune  fille  (si  c'était  une  jeune  fille)  et  il  est  téméraire  de  cher- 
cher là  l'explication  de  la  tête  de  cire  de  Lille  et  du  dessin  de  l'Alber- 
tina  qu'on  prétend  en  rapprocher. 

Rappelons  qu'en  1882,  avant  la  publication  des  articles  de  MM.  Thode 
et  Hùlsen,  notre  confrère  M.  Courajod  avait  soumis  à  la  Société  natio- 
nale des  antiquaires  de  France,  au  sujet  de  la  tête  de  Lille  et  du 
dessin  de  Vienne,  une  autre  hypothèse.  Selon  M.  Courajod,  nous  aurions 
dans  ces  deux  monuments  le  portrait  d'une  jeune  personne  dont  le 
visage  aura  été  moulé  après  sa  mort,  suivant  un  usage  très  com- 
mun en  Italie  au  xv^  siècle;  le  dessin  de  l'Albertina  représenterait 
le  masque  de  plâtre  obtenu  au  moyen  de  ce  moulage  ;  la  tète  de  Lille 
serait  une  empreinte  du  même  moulage,  retouchée  et  modifiée  par  un 
sculpteur  1. 

1.  Quelques  Monuments  de  la  sctilpture  funéraire  des  XV'  et  XVP  siècles, 
par  Louis  Courajod.  Dessins  par  Ludovic  Letrône.  Paris,  1882.  In-S",  28  p. 
Extrait  des  procès-verbaux  de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France. 


246 

L'article  de  M.  Thode  est  accompagné  de  deux  belles  héliogravures, 

dont  l'une  reproduit  le  dessin  de  l'Albertina  et  l'autre  la  tète  de  cire 

du  musée  de  Lille,  vue  de  profil  à  gauche. 

Julien  Havet. 


Variétés  historiques,  par  Paul  Marchbgàï.  Les  Roches-Barilaud,  i884. 
In-8°,  370  pages. 

Sous  ce  titre,  M.  Paul  Marchegay  vient  de  faire  paraître  un  volume 
dans  lequel  ont  été  artificiellement  réunis  vingt-quatre  morceaux, 
primitivement  imprimés  soit  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes,  soit  dans  différents  recueils  de  l'ouest  de  la  France.  Nos  lecteurs 
connaissent  de  longue  date  la  critique  qui  préside  à  tous  les  travaux  de 
notre  confrère  ;  ils  ont  eu  souvent  l'occasion  d'apprécier  le  tact  avec 
lequel  il  choisit  les  documents,  et  l'intérêt  qu'il  en  sait  faire  jaillir.  Il 
nous  suffira  donc  de  reproduire  et  de  dresser  ici  la  table  chronologique 
du  contenu  de  ce  nouveau  volume  de  mélanges. 

1080-1255.  Le  prieuré  de  Saint-Laurent-sur-Sèvre  en  Bas-Poitou, 
p.  191. 

1099-1789.  Recherches  sur  les  seigneurs  dé  Tiffauges  en  Bas-Poitou, 
p.  107. 

1099  et  1104.  Dotation  et  dédicace  de  l'église  de  Saint-Nicolas  de  la 
Ghaise-le-Vicomte,  en  Bas-Poitou,  p.  165. 

1121.  Charte  en  vers  latins  composée  par  Hilaire,  disciple  d'Abailard 
et  chanoine  du  Ronceray  d'Angers,  p.  357. 

1141-1142.  Le  voyage  à  Rome  d'Ulger,  évêque  d'Angers,  et  le  château 
de  Dangé,  p.  104. 

1147-1201.  Quatre  chartes  inédites  des  anciens  vicomtes  de  Thouars, 
p.  325. 

1238-1299.  Douze  chartes  originales  et  inédites  en  langue  vulgaire 
du  centre  et  de  l'ouest  de  la  France,  p.  335. 

1274-1514.  Quatre  pièces  du  chartrier  de  Thouars,  concernant  l'An- 
jou et  le  Maine,  p.  313. 

1335.  Actes  de  notaires  concernant  l'histoire  du  droit  criminel  en 
Saintonge,  p.  291. 

1453.  Présent  d'un  coffret  en  vermeil  fait  par  la  ville  d'Angers  à 
Madeleine  de  France,  fille  de  Charles  VII  et  de  Marie  d'Anjou,  p.  97. 

1455.  Assemblée  pour  la  réparation  des  canaux  du  marais  de  Luçon 
en  Bas-Poitou,  p.  182. 

1459.  État  du  revenu  de  l'évêché  de  Dol  en  Bretagne,  p.  151. 

1476-1481.  Trois  lettres  inédites  de  Louis  XI  aux  chapitre  de  la  cathé- 
drale, gens  d'église,  bourgeois  et  évêque  d'Angers,  p.  99. 

1488-1593.  Lettres  originales  des  rois  de  France  aux  maires  et  éche- 
vins  d'Angers,  p.  231. 


2n 

1494-1514.  Notes  sur  l'exploitation  du  charbon  de  terre  en  Anjou, 
p.  203. 

1524  et  1203.  La  chapelle  de  la  RouUière  et  rAumôiierie  de  la  Tri- 
nité en  la  paroisse  d'Olonne,  p.  301. 

1526-1527.  Meurtre  de  deux  prêtres  qui  chassaient  dans  les  garennes 
du  seigneur  de  Sainte-Néomaye,  en  Poitou,  p.  353. 

1596-1598.  Cinq  lettres  missives  de  Louise- Julienne,  Elisabeth, 
Maurice,  Henri  et  Gharlotte-Brabantine  de  Nassau,  enfants  de  Guil- 
laume le  Taciturne,  prince  d'Orange,  p.  183. 

1599-1631.  Recherches  sur  les  poésies  de  mesdemoiselles  de  Rohan- 
Soubise,  p.  251. 

1745.  Inhumation  des  protestants  au  xviii«  siècle,  p.  319. 

1792.  Documents  relatifs  à  la  déportation  en  Espagne  de  prêtres 
angevins  et  manceaux,  p.  1. 

1794.  Le  sabre  de  l'École  de  Mars  du  musée  archéologique  de  Nantes, 
p.  207. 

M.  Marchegay  avait  déjà  publié  en  1857  et  en  1872  deux  recueils  du 
même  genre,  intitulés  l'un  Notices  et  Documents  historiques,  l'autre  Notices 
et  Pièces  historiques.  Dans  l'avis  placé  en  tête  du  volume  que  nous 
annonçons,  l'auteur  prend  congé  de  ses  lecteurs,  et  les  avertit  que  les 
Variétés  historiques  seront  sa  dernière  publication.  Nous  espérons  bien- 
qu'il  n'en  sera  rien  :  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  n'en  dou- 
tons pas,  aura  encore  à  enregistrer  plus  d'un  travail  de  M.  Marchegay, 
qui  a  été  l'un  des  fondateurs  de  notre  recueil  en  1839,  et  qui  en  est 
resté  l'un  des  collaborateurs  les  plus  actifs  et  les  plus  assidus. 

L.  Delisle. 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIERES. 

Sciences  auxili.vires.  —  Épigraphie,  194.  —  Paléographie,  diploma- 
tique, 224.  —  Bibliographie,  177;  manuscrits,  219,  234. 

Sources,  177.  —  Chroniques,  185,  197.  —  Vies  de  saints,  216,  230. 
—  Archives,  178,  225.  —  Chartes,  228. 

Biographie  et  généalogie,  200.  —  D'Ayrenx,  180;  Béatrice,  174; 
Braque,  229;  saint  Clair,  206;  Dampierre,  210;  Dante,  174, 
Egbert,  219;  Fabri,  180;  Falaise,  212;  as  Feives,  201;  sainte  Gène- 


218 

viève,  216,  230;  GirartdeRoussillon,  196;  Guilbert,  183;  le  Juif  errant, 
217;  Maximilien  I^"",  227;  Mondor,  209;  Pierre  l'Ermite,  211;  Tabarin, 
209;  saint  Ursin,  181. 

Institutions,  189,  192,  193,  197,  198,  215,  218. 

Religion.  —  Église  catholique  :  diocèses,  183,  206;  ordres,  184,  200, 
231,  232;  monastères,  185,  188. 

Archéologie,  222.  —  Architecture,  186.  —  Sculpture,  214.  —  Pein- 
ture, 205,  219,  233.  —  Mobilier,  202.  —  Blason,  192.  —  Numisma- 
tique, 203,  226. 

Langues  et  littératures,  217,  234.  —  Latin,  175,  190,  216,  230.  — 
Langues  romanes,  204;  français  et  provençal,  179,  196,221;  italien, 
174.  —  Langues  germaniques,  187,  191,  235. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  199,  227.  —  Bade,  233.  —  Prusse,  219,  226,  228. 

France,  198.  —  Berry,  181;  Bretagne,  200,  206;  Dauphiné,  232; 
Franche-Comté,  184;  Normandie,  190;  Picardie,  221.  — Ain,  182,220; 
Aube,  210;  Bouches-du-Rhône,  195;  Calvados,  212;  Cantal,  188;  Eure, 
185;  Gironde,  183;  Hérault,  189,  213;  Isère,  207;  Haute-Loire,  218; 
Loire-Inférieure,  206;  Lot-et-Garonne,  180;  Meuse,  194;  Seine,  192, 
201,  209,  214,  229  ;  Seine-Inférieure,  176  ;  Somme,  178,  208. 

Grande-Bretagne  et  Irlande.  —  Angleterre,  186, 197,  203,  223,  234. 

Italie,  177,  193,  215,  224,  225. 

174.  Alighieri  (Dante).  La  Vita  nuova  illustrata  con  note  e  preceduta 
da  uno  studio  su  Béatrice  per  Alessandro  d'Ancona.  Seconda  edizione 
notevolmente  accresciuta.  Pisa,  libreria  Galileo  già  Nistri,  1883.  In-8», 
Lxxxvm-259  p.  5  1. 

175.  Anonymi  de  situ  orbis  libri  duo.  E  codice  Leidensi  nunc  pri- 
mum  edidit  Maximilianus  Manitius.  Stuttgardiae,  J.  G.  Cotta,  1884. 
In-8°,  xv-98  p.  5  m. 

176.  AuvRAY  (l'abbé  Emmanuel).  Notice  sur  Bosc-Bérenger ,  com- 
mune de  la  Seine-Inférieure.  Rouen,  Ed.  Fleury,  Ch.  Métérie;  Saint- 
Saens,  J.  Binet,  1884.  In-S",  vni-85  p.,  1  plan. 

177.  Bindi  (Vincenzo).  Fonti  délia  storia  abruzzese.  Suppleraento  aile 
Biblioteche  storico-topogra fiche  degli  Abruzzi  di  G.  Minieri-Riccio  ed 
A.  Parascandolo,  composto  sulla  propria  coilezione.  Napoli,  G.  de  Ange- 
lis,  1884.  In-8°,  vi-115  p. 

178.  BoGA  (Louis),  Rendu  (Armand).  Inventaire -sommaire  des 
archives    départementales    antérieures   à    1790.    Somme.    Tome   I«^ 


219 

Archives  civiles.  Série  A.  Actes  du  pouvoir  souverain  et  domaine 
royal,  W^  l  à  66.  Série  B.  Cours  et  juridictions,  n°^  1  à  1664.  Amiens, 
imprimerie  picarde;  aux  archives  de  la  préfecture;  librairie  Hecquet; 
Abbeville,  Prévost,  1884.  In-4°,  xiv-1 5-439  p. 

179.  BouRciEz  (Edouard).  Faculté  des  lettres  de  Bordeaux.  Cours  com- 
plémentaire de  langue  française.  Année  scolaire  1883-84.  Origines  et 
formation  de  l'ancien  français,  l''^  leçon  (12  novembre  1883).  Bordeaux, 
impr.  G.  Gounouilhou,  1884.  In-8%  23  p. 

180.  BouRROussE  DE  Laffore  (Julcs  de).  Archives  du  château  d'Augé. 
Généalogies  des  maisons  de  Fabri  et  d'Ayrenx.  Bordeaux,  impr. 
G.  Gounouilhou,  1884.  In-8»,  191  p. 

181.  Brimont  (le  baron  Thierry  de).  Saint  Ursin,  son  apostolat  dans 
le  Berry  et  son  culte.  Bourges,  impr.  Pigelet  et  Tardy,  1884.  In-8'', 
137  p.,  1  plan. 

182.  Brossard  (Joseph).  Description  historique  et  topographique  de 
l'ancienne  ville  de  Bourg,  capitale  de  la  province  de  Bresse.  Bourg-en- 
Bresse,  Authier  et  Barbier,  1883.  In-8°,  251  p. 

183.  Callen  (l'abbé  J.).  L'Entrée  solennelle  des  archevêques  de  Bor- 
deaux. Etude  historique.  Avec  portrait  et  biographie  de  Mgr  Guilbert. 
Bordeaux,  Feret,  1883.  In-8'',  30  p.,  1  planche.  1  fr. 

184.  Castan  (Auguste).  Les  Origines  de  la  chevalerie  franc-comtoise 
de  Saint -Georges,  Extrait  des  Mémoires  de  la  Sociélé  d'émulation  du 
Doubs,  séance  du  11  août  1883.  Besançon,  impr.  Dodivers.  In-8'',  16  p. 

185.  Chronique  du  Bec  et  Chronique  de  François  Carré,  publiées 
d'après  les  manuscrits  5427  et  5428,  f.  lat.,  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale, par  l'abbé  Porée.  Rouen,  Gh.  Métérie,  1883.  Ia-8%  xxvii-287  p. 
Publication  de  la  Société  de  l'histoire  de  Normandie.  12  fr. 

186.  Clark  (Geo.  T.).  Mediœval  military  Architecture  in  England. 
With  illustrations.  London,  Wyman,  1884.  2  vol.  in-8",  xn-49l,  ix-548  p. 
1  1.  11  s.  6  d. 

187.  Dahn  (FeHx).  Germanische  Studien.  Berlin,  Otto  Janke,  1884. 
In-S",  327  p.  (Ba\isteine.  Gesammelte  kleine  Schriften  von  Félix  Dahn. 
6.  Reihe.)  7  m. 

188.  Delmas  (l'abbé).  Le  Monastère  de  Sainte-Claire-de-Boissct  et  sa 
translation  à  Aurillac,  1323-1625.  Paris,  impr.  Jouaustet  Sigaux,  1884. 
In-8",  vi-i02  p. 

189.  Duboughet  (A.).  Les  Anciens  Diplômes  de  l'école  de  médecine 
de  Montpellier.  Étude  historique  d'après  des  documents  originaux. 
Montpellier,  Camille  Coulet;  Paris,  A.  Delahaye  et  E.  Lecrosnier,  1884. 
In-8'',  42  p.  Extrait  de  la  Gazette  hebdomadaii'e  des  sciences  médicales, 
février  et  mars  1884. 


220 

190.  Etienne  de  Rouen.  Le  Dragon  normand  et  autres  poèmes,  publiés 
par  M.  Henri  Omont.  Rouen,  Gh.  Métérie,  1884.  In-8%  260  p.  Publi- 
cation de  la  Société  de  l'histoire  de  Normandie. 

191.  Franck  (Jobannes).  Etymologisch  Woordenboek  der  nederland- 
sche  taal.  Uitgegeven  onder  toezicbt  van  D''  P.  J.  Gosijn.  1"  aflevering. 
'S-Gravenhage,  Martinus  Nijhoff,  1884.  In-8°,  128  col.  Paraîtra  en  8  ou 

9  livraisons  à  90  cents. 

192.  Franklin  (Alfred).  Les  Armoiries  des  corporations  ouvrières  de 
Paris,  Paris,  1884.  In-8°,  52  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  de 
l'histoire  de  Paris  et  de  V Ile-de-France,  t.  X,  p.  127-178.  Ne  peut  être 
mis  en  vente. 

193.  Geffroy  (A.).  L'École  française  de  Rome.  Ses  premiers  travaux. 
Antiquité  classique.  Moyen  âge.  Paris,  E.  Thorin,  1884.  In-8°,  104  p. 
Extrait  du  Compte  rendu  de  l'Académie  des  sciences  morales  et  politiques. 

194.  Germain  (L.).  Inscription  d'autel  du  xv"  siècle  à  Marviile  (Meuse). 
Sans  lieu  ni  date.  In-8'',  7  p.  Extrait  du  Journal  de  la  Société  d'archéo- 
logie lorraine,  février  1884. 

195.  Gilles  (L).  Les  Voies  romaines  et  massiliennes  dans  le  dépar- 
tement des  Bouches-du-Rhône.  Avignon,  Seguin  ;  Paris,  Ernest  Tho- 
rin, 1884.  In-8'',  270  p.,  1  planche.  7  fr.  50  c. 

196.  GirartdeRoussillon,  chanson  de  geste  traduite  pour  la  première 
fois  par  Paul  Meyer.  Paris,  H.  Ghampion,  1884.  In-8°,  cgxxxv-351  p.  8  fr. 

197.  Griffjths  (Arthur).  The  Ghronicles  of  Newgate.  New  édition. 
London,  Ghapman  and  Hall,  1884.  In-8%  xii-596  p.  16  s. 

198.  Hanotaux  (Gabriel).  Origine  de  l'institution  des  intendants  des 
provinces,  d'après  les  documents  inédits.  Paris,  Ghampion,  1884.  In-8°, 
387  p.  7  fr.  50  c. 

199.  Hartfelder  (Karl).  Zur  Geschichte  des  Bauernkriegs  in  Siidwest- 
deutschland.  Stuttgart,  J.  G.  Gotta,  1884.  ln-8°,  viii-476  p.  7  m.  50  pf. 

200.  HoziER  (d').  Les  Chevaliers  bretons  de  Saint-Michel,  depuis  la 
fondation  de  l'ordre,  en  1469,  jusqu'à  l'ordonnance  de  1665.  Notices 
recueillies  par  le  comte  d'Hozier,  publiées,  avec  une  préface  et  des 
notes,  par  Gaston  de  Garné.  Nantes,  Vincent  Forest  et  Emile  Grimaud, 
1884.  In-8»,  xxxix-477  p. 

201.  Inventaire  du  mobilier  de  M^  Guillaume  as  Feives.  Signé  : 
Henri  Stein.  Nogent-le-Rotrou ,  impr.   Daupeley-Gouverneur.   In-8% 

10  p.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris  et  de  l'Ile- 
de-France,  novembre-décembre  1883.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

202.  Jacquemart  (Albert).  Histoire  du  mobilier.  Recherches  et  notes 
sur  les  objets  d'art  qui  peuvent  composer  l'ameublement  et  les  collec- 
tions de  l'homme  du  monde  et  du  curieux.  Avec  une  notice  sur  l'au- 


22\ 

teur  par  M.  H.  Barbet  de  Jouy.  Ouvrage  contenant  plus  de  200  eaux- 
fortes  typographiques,  procédé  Gillot,  par  Jules  Jacquemart.  Seconde 
édition.  Paris,  Hachette,  1884.  Gr.  in-8%  iv-667  p.  30  fr. 

203.  Kenyon  (Robert  Lloyd).  The  Gold  Coins  of  Eugland,  arrangcd 
and  described  :  being  a  sequel  to  Mr.  Hawkins'  Silver  Coins  of  England, 
by  his  grandson.  Principally  from  the  collection  in  the  British  Muséum, 
and  also  from  coins  and  information  communicated  by  J.  Evans,  esq., 
président  of  the  Numismatic  Society,  and  others.  London,  B.  Quaritch, 
1884.  In-8",  209  p.,  xxiii  planches.  1  1.  4  s. 

204.  KoERTiNG  (Gustav).  Encyklopaedie  und  Méthodologie  der  roma- 
nischen  Philologie  mit  besonderer  Berùcksichtigung  des  Franzoesischen 
und  Italienischen.  I.  Theil.  Erstes  Buch  :  Eroerterung  der  Vorbegrifîe. 
Zweites  Buch  :  Einleitung  in  das  Studium  der  romanischen  Philologie. 
Heilbronn,  Henninger,  1884.  In-8°,  xvi-244  p.  4  m. 

205.  KoLB  (H.).  Glasmalereien  des  Mittelalters  und  der  Renaissance. 
Original-Aufnahmen.  Heft  I.  Stuttgart,  Konrad  Wittwer,  1884.  In-fol., 
6  p.,  6  planches.  Paraîtra  en  10  livraisons  à  10  m. 

206.  La  Borderie  (Arthur  de).  Études  historiques  bretonnes.  Saint 
Clair  et  les  origines  de  l'église  de  Nantes  selon  la  véritable  tradition 
nantaise.  Rennes,  J.  Plihon,  1884.  In-8°,  48  p. 

207.  Lacroix  (l'abbé  F. -M.).  Histoire  de  Saint-Romain,  canton  de 
Crémien,  en  Daiiphiné.  Lyon,  impr.  X.  Jevain,  1884.  In-4°,  62  p. 

208.  Ledieu  (Alcius).  Études  d'histoire  locale.  Sièges  et  prises  de 
Saint- Valéry.  Abbeville,  impr.  E.  Caudron,  1883.  In-16,  95  p. 

209.  Le  Paulmier  (le  D')-  Mondor  ot  Tabarin,  seigneurs  féodaux. 
Paris,  1884.  In-8°,  16  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  de  l'histoire 
de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  t.  X,  p.  179-190.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

210.  Maistre  (l'abbé).  Dampierre.  Antiquités  nationales,  françaises, 
européennes,  etc.  Origine  des  plus  puissantes  dynasties  qui  ont  occupé 
et  qui  occupent  encore  les  divers  trônes  des  nations  civilisées.  Histoire 
de  la  maison  de  Dampierre,  renfermant  les  généalogies  de  plusieurs 
familles  nobles,  les  faits  les  plus  mémorables  des  anciens  barons,  comtes, 
princes,  chefs  militaires,  sortis  de  cette  maison  ;  parmi  lesquels  on  dis- 
tingue :  les  chefs  de  la  famille  royale  de  France,  les  gouverneurs  des 
Flandres,  des  Pays-Bas,  etc.  ;  leurs  illustres  descendants,  alliés  aux 
premières  maisons  nobles;  la  vie  de  plusieurs  saints,  s'y  rattachant; 
le  tout  justifié  par  preuves  authentiques  et  divisé  en  10  livres.  Paris, 
Victor  Palmé,  1884.  In-8°,  412  p. 

211.  Marsy  (le  comte  de).  Pierre  l'Hermite,  son  histoire  et  sa  légende. 
Amiens,  typ.  de  Delattre-Lenoel,  1884.  In-8°,  35  p.  Extrait  de  la  Picar- 
die, revue  historique  et  littéraire,  novembre  et  décembre  1883. 

212.  Mériel  (Amédée).  Casier  nominal  du  xi«  au  xvii<=  siècle.  Maison 


222 

de  Falaise.  Supplément  à  l'Armoriai  et  Noblesse.  Notes  détachées.  Bel- 
lème,  impr.  E.  Ginoux,  1883.  In-8°,  H6  p. 

213.  MoLiNiER  (A.).  Étude  sur  la  réunion  de  Montpellier  au  domaine 
royal  (1349).  Paris,  1884.  In-8%  54  p.  Extrait  de  la  Bévue  historique. 
Ne  peut  être  mis  en  vente. 

214.  MoLiNiER  (Emile).  Deux  Plaques  d'ivoire  au  musée  du  Louvre. 
Extrait  de  la  Gazette  archéologique ,  tome  IX.  Paris,  A.  Lévy,  1884. 
In-4°,  12  p.,  1  planche. 

215.  MoLJiENTi  (P.  G.).  La  Dogaressa  di  Venezia.  Torino,  Roux  e 
Favale,  1884.  In-8%  vii-384  p.  5  1. 

216.  Narbey  (l'abbé  C.).  Quel  est  le  texte  de  la  Vie  authentique  de 
sainte  Geneviève.  Étude  critique  suivie  de  sa  Vie  authentique  et  de 
la  traduction.  Extrait  du  Bulletin  d'histoire  et  d'archéologie  du  diocèse 
de  Paris,  avril  1884.  Paris,  Poussielgue,  1884.  In-8°,  88  p. 

217.  Neubaur  (L.).  Die  Sage  vom  ewigen  Juden.  Untersucht.  Leipzig, 
J.  G.  Hinrichs,  1884.  In-8%  vn-132  p.  3  m.  60  pf. 

218.  Ordonnance  de  Louis  XI,  sanctionnant  des  articles  arrêtés  entre 
les  consuls  et  les  habitants  du  Puy-en-Velay  pour  l'administration  de 
cette  ville  (Montils-lès-Tours,  novembre  1469),  publiée  par  Augustin 
Ghassaing.  Paris,  L.  Larose  et  Forcel,  1884.  In-8%  15  p.  Extrait  de  la 
Nouvelle  Bévue  historique  de  droit  français  et  étranger. 

219.  Picturae  codicis  Egberti  in  bibliotheca  publica  Treverorum 
asservati  nunc  primum  publici  iuris  factae  cura  Francisci  Xaverii  Kraus. 
Die  Miniaturen  des  Codex  Egberti  in  der  Stadtbibliothek  zu  Trier.  In 
unveraenderlichem  Lichtdruck.  Herausgegeben  von  Franz  Xaver  Kraus. 
Freiburg  im  Breisgau,  Herder,  1884.  In-4'',  27  p.,  lx  planches.  36  m. 

220.  PoLEiNs  (Claude-François  de),  procureur-général  au  parlement 
de  Dombes  (1699-1723).  Abrégé  de  l'histoire  de  la  souveraineté  de 
Dombes.  Publié  pour  la  première  fois,  d'après  le  manuscrit  des  Archives 
nationales,  par  Joseph  Nouvellet.  Lyon,  impr.  Mougin-Rusand,  1884. 
In-4'',  xx-96  p. 

221.  Ratoux  (le  bibliophile).  Essai  sur  les  trouvères  picards.  Abbe- 
ville,  impr.  E.  Caudron,  1883.  In-12,  27  p. 

222.  Reusens  (le  chanoine).  Éléments  d'archéologie  chrétienne. 
Deuxième  édition,  revue  et  considérablement  augmentée.  Tome  I«''. 
l""*^  partie,  illustrée  de  261  gravures  sur  bois.  Louvain,  l'auteur,  Ch.  Pee- 
ters,  1884.  In-S",  272  p.  L'ouvrage  complet  en  2  vol.,  d'environ  500  p. 
chacun,  18  fr. 

223.  RoGERs  (James  E.  Thorold).  Six  Centuries  of  work  and  wages. 
The  history  of  English  labour.  London,  W.  Swan  Sonnenschein,  1884. 
2  vol.  in-8%  591  p. 


223 

224.  Russi  (Michèle).  Paleografia  e  Diplomatica  de'  documenti  délie 
provincie  napolitane.  Napoli ,  F.  Furchheim ,  1883.  xvii-200  p. , 
20  planches.  10  1. 

225.  Santoni  (M.).  L'Archivio  notarile  di  Camerino  ricomposto  (h1 
ordinato  nel  1883.  Camerino,  tip.  Mercuri,  1883.  In-16,  32  p. 

226.  Tergast.  Die  Mùnzen  Ostfrieslands.  le-  Theil.  Bis  1466.  Mit  in 
den  Text  gedruckten  Abbildungen.  Emden,  W.  Haynel,  1883.  In-S", 
xn-160  p.  4  m.  50  pf. 

227.  Ulmânn  (Heinrich).  Kaiser  Maximilian  I.  Auf  urkundlicher 
Grundlage  dargestellt.  ï"  Band.  Stuttgart,  .1.  G.  Gotta,  1884.  In-8% 
xviii-870  p.  14  m. 

228.  Urkundenbuch  der  Stadt  Duderstadt  his  zum  Jahre  1500.  Heraus- 
gegeben  von  D""  Julius  Jaeger.  l^s  Heft.  Hildesheim,  August  Lax,  1883. 
In-8°,  160  p.  4  m. 

229.  Valois  (Noël).  Notes  sur  la  révolution  parisienne  de  1356-58.  La 
revanche  des  frères  Braque.  Paris,  Alphonse  Picard,  1883.  In-8", 
31  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  de  f  histoire  de  Paris  et  de  l'Ile- 
de-France,  t.  X,  p.  100-126.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

230.  ViDiEU  (l'abbé).  Sainte  Geneviève,  patronne  de  Paris,  et  son 
influence  sur  les  destinées  de  la  France.  Paris,  Firmin-Didot,  1884. 
In-4o,  xxiv-413  p.,  planches. 

231.  ViGNAT  (Eugène).  Les  Lépreux  et  les  Chevaliers  de  Saint-Lazare 
de  Jérusalem  et  de  N.-D.  du  Mont-Garmel.  Orléans,  II.  Herluison, 
1884.  In-8°,  ix-456  p.,  planches. 

232.  Visites  faites  dans  les  prieurés  de  l'ordre  de  Cluny  du  Dauphiné 
de  1280  à  1303,  publiées  par  J.  Roman.  Montbéliard,  irapr.  P.  Hoff- 
mann, 1883.  In-8o,  19  p.  Extrait  du  Bulletin  d'histoire  ecclésiastique  et 
d'archéologie  religieuse  des  diocèses  de  Valence,  Digne,  Gap,  Grenoble  et 
Viviers,  4«  année,  2'  et  3'  livraisons. 

233.  Wandgemaelde  (Die)  in  der  S.  Georgskirche  zu  Obcrzell  auf  der 
Reichenau  aufgenommen  von  Franz  Baer.  Mit  Unterstïitzung  der 
grossherzoglich  badischen  Regierung  herausgegeben  von  D""  Franz 
Xaver  Kraus.  Freiburg  in^  Breisgau,  Herder,  1884.  In-fol.,  vni-23  p., 
XVI  planches.  36  m. 

234.  Ward  (H.  L.  D.).  Catalogue  of  romances  in  the  departmcnt  of 
manuscripts  in  the  British  Muséum.  Vol.  I.  The  British  Muséum,  1883. 
In-8°,  xx-955  p. 

235.  Wright  (Thomas).  Anglo-Saxon  and  old  English  Vocabularies. 
Second  édition.  Edited  and  coUated  by  Richard  Paul  Wiilcker.  Lon- 
don,  Trûbner,  1884.  2  vol.  111-8»,  xx  p.,  813  col.,  485  p.  1  I.  8  s. 


CHRONIQUE  ET  MELANGES. 


Le  bureau  et  les  commissions  de  la  Société  de  l'École  des  chartes  ont 
été  ainsi  composés  pour  l'année  1884-1885  : 

Président  :  M.  Adolphe  Tardif. 

Vice-président  :  M.  Rodolphe  Dareste. 

Secrétaire  :  M.  Léon  Lecestre. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Paul  Guilhiermoz. 

Trésorier  :  M.  Alexandre  Tuetey. 

Commission  de  publication  de  la  BlblioUièque  de  l'École  des  Charles  : 
membres  ordinaires,  MM.  Delisle,  R.  de  Lasteyrie,  II.  Omont;  membres 
suppléants,  MM.  Julien  Havet,  Noël  Valois. 

Commission  de  comptabilité  :  MM.,Bruel,  Dupont,  Rocquain. 

—  Le  président  de  la  République  française, 

Sur  le  rapport  du  ministre  de  l'instruction  publique  et  des  beau.\;-arts, 

Vu  les  articles  2  et  3  du  décret  du  9  mars  1852, 

Vu  la  délibération  du  conseil  de  perfectionnement  de  TÉcole  natio- 
nale des  chartes  du  28  janvier  1884, 
Décrète  : 

Art.  1".  —  En  cas  de  vacance  d'une  chaire  à  l'École  nationale  des 
chartes,  l'assemblée  des  professeurs  et  le  conseil  de  perfectionnement  pré- 
sentent deux  candidats;  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  en 
présente  également  deux.  Le  ministre  peut,  en  outre,  proposer  au  choix 
du  président  de  la  République  un  candidat  désigné  par  ses  travaux. 

Art.  2.  —  Le  ministre  de  l'instruction  publique  et  des  beaux-arts  est 
chargé  de  l'exécution  du  présent  décret. 

Fait  à  Paris,  le  22  avril  1884. 

Jules  Grévv. 
Par  le  président  de  la  République, 

Le  ministre  de  l'instruction  publique 
et  des  beaux-arts, 

A.  Fallières. 

—  Par  arrêté  du  ministre  de  l'instruction  publique,  M.  Arthur  Giry 
a  été  chargé  de  suppléer  M.  de  Mas  Latrie,  professeur  de  diplomatique 
à  l'École  des  chartes,  pendant  le  semestre  d'été  de  l'année  1883-1884. 

—  Par  décret  du  19  avril  1884,  notre  confrère  M.  Jules  Guiffrey  a  été 
nommé  chevalier  de  la  Lésion  d'honneur. 


225 

—  Notre  confrère  M.  Léon  Maître  a  été  nommé  officier  de  l'instruc- 
tion publique. 

—  L'Académie  française  vient  de  décerner  les  prix  Gobert  à  deux  de 
nos  confrères  :  le  premier  prix  à  M.  Léon  Gautier,  auteur  de  la  Cheva- 
lerie, ouvrage  déjà  connu  de  tous  nos  lecteurs  et  dont  un  compte  rendu 
sera  publié  dans  notre  prochain  cahier;  le  second  à  M.  René  de  Maulde, 
auteur  de  Jeanne  de  France^  que  nous  avons  annoncé  dans  la  précédente 
livraison  de  la  Bibliothèque  de  V École  des  chartes  (p.  86). 

—  Le  18  décembre  1883,  notre  confrère  M.  Jules  Flammermont  a 
soutenu,  devant  la  faculté  des  lettres  de  Paris,  ses  thèses  pour  le  doc- 
torat es  lettres.  Les  sujets  étaient  les  suivants  : 

De  concessu  legis  et  auxilii  tertio  decimo  sœculo; 
Le  Chancelier  Maupeou  et  les  Parlements. 

M.  Flammermont  a  été,  à  l'unanimité,  déclaré  digne  d'obtenir  le 
grade  de  docteur. 

—  Le  18  janvier  1884,  notre  confrère  M.  Antoine  Thomas  a  soutenu, 
devant  la  faculté  des  lettres  de  Paris,  ses  thèses  pour  le  doctorat  es 
lettres.  Les  sujets  étaient  les  suivants  : 

De  Joannis  de  MonsteroUo  vita  et  operihus.  sive  de  Romanarum  litlcra- 
rum  studio  apud  Gallos  instaurato  Carolo  VI  régnante  ; 

Francesco  da  Barberino  et  la  Littérature  provençale  en  Italie  au 
moyen  âge. 

M.  Thomas  a  été,  à  l'unanimité,  déclaré  digne  d'obtenir  le  grade  de 
docteur. 

—  Le  P.  de  Smedt  vient  de  commencer  la  publication  d'un  Catalogus 
codicum  hagiographicorum  bibliothecx  regix  Bruxellensis.  Ce  catalogue 
raisonné,  qui  forme  une  annexe  des  Analecla  Bollandiana,  contient, 
outre  une  description  détaillée  des  manuscrits,  un  grand  nombre  de 
textes  hagiographiques  inédits. 

—  Sous  le  titre  de  Collezione  fiorentina  di  far-simili  paleografici  grcci 
e  latini,  MM.  Girolamo  Vitelli  et  Gesare  Paoli,  professeurs  au  H.  Isiiluto 
di  studi  superiori  de 'Florence,  viennent  de  commencer  la  publication 
d'une  série  de  fac-similés  héliographiques  des  plus  beaux  manuscrits 
des  archives  et  bibliothèques  de  Florence. 

La  première  livraison  contient  :         . 

Section  grecque. 

I.  Saint  Jean  Ghrysostôme,  a.  943  [S.  Marco  687]. 

IL  Saint  Grégoire  de  Nazianze,  a.  1091  [Laur.  7,  'Ik]. 
m.  Théodoret,  a.  1105  [Gonv.  Soppr.  39]. 
IV.  Oppien,  a.  1687  [Laur.  31,  3]. 

V.  Dion  Ghrysostôme,  a.  1328  [Gonv.  Soppr.  114]. 


226 

VI.  Opuscules  théologiques,  a.  1385  [S.  Marco  684]. 
VII.  Évangéliaire  en  onciale,  ix«  s.  [Laur.  6,  21]. 
VIII.  Lucien,  x«  s.  [Conv.  Soppr.  77]. 

IX.  Eschyle,  xi"  s.  [Laur.  32,  9]. 
X.  Clément  d'Alexandrie,  xi^  s.  [Laur.  5, '3]. 

XL  Aristote,  xi^  s.  [Laur.  72,  5]. 
XII.  Démosthène,  xi"  s.  [Laur.  59,  9]. 

Section  latine. 

1.  Orose,  en  onciale,  vi^  s. 

2.  Tacite,  minuscule,  ix«  s. 

3.  Roman  d'Apollonius,  lombard.,  x«  s. 

4.  Boèce,  Gonsol.  Phil.,  irland.,  xn*  s. 

5.  Liber  juris  Florentinus,  xiii^  s. 

6.  Bréviaire  bénédictin,  1326. 

7.  Livre  de  Sidrach,  1382. 

8.  Tommaso  da  Gapua,  Summa  dictaminis,  xiv'  s. 

9.  Horace,  xiv*  s. 

10.  M.  Sanuto,  Sécréta  fidelium  Crucis,  circa  1452. 

11.  Document  rédigé  à  Chioggia  (bail  d'une  saline),  1270. 

12.  Lettres  originales  de  Pétrarque. 

On  trouvera  dans  les  livraisons  suivantes  des  fac-similés  de  l'Héro- 
dote, du  saint  Denys  l'Aréopagite  (en  onciale),  du  Grégoire  de  Nazianze 
de  Florence  et  de  YEtymologicum  Florentinum  de  M.  Miller;  dans  la 
série  latine,  du  Virgile,  de  la  Bible,  des  Pandectes,  du  Tite-Live  et  de 
l'Ovide  de  la  Laurentienne ,  du  Pline  de  la  Riccardiana,  du  Dante  del 
Poggiali,  etc.,  etc. 

Cette  collection,  qui  doit  se  composer  de  300  fac-similés,  paraîtra  en 
12  fascicules  grand  in-folio,  chez  Lemonnier,  à  Florence,  au  prix  de 
50  fr.  le  fascicule. 

—  L'assemblée  générale  annuelle  de  la  direction  centrale  des  Monu- 
menta  Germaniae  a  eu  lieu  à  Berlin  les  2,  3  et  4  avril  1884.  Nous 
empruntons  au  rapport  publié  à  cette  occasion  les  renseignements  rela- 
tifs à  l'état  des  publications. 

Volumes  publiés  pendant  l'année  1883-1884  : 

Auctores  antiquissimi  (in-40),  t.  V,  pars  2,  D.  Magni  Ausonii  opuscula, 
rec.  C.  Schenkl;  t.  VI,  pars  1,  .Q.  Aurelii  Symmachi  quae  supersunt,  éd. 
0.  Seeck;  t.  VI,  pars  2,  Alcimi  Ecclicii  Aviti  Viennensis  episcopi  opéra 
quae  supersunt,  rec.  R.  Peiper; 

Scriptores  rerum  Merovingicarum,  t.  I,  pars  1,  Gregorii  Turonensis 
opéra,  éd.  W.  Arndt  et  Br.  Krusch,  1,  Historia  Francorum  (in-4o); 

Scriptores,  t.  XIV  (in-fol.)  ; 

Vita  Anskarii  auctore  Rimherto,  accedil  Vita  Himberti,  rec.  G.  Waitz 
(in-8«); 


Leges,  t.  V,  fasc.  2  (in-fol.); 

Lex  Ribuaria,  etc.  (voy.  ci-dessus,  p.  202); 

Capitularia  regum  Francorum,  t.  I,  pars  2  (voy.  notre  tome  XLIV, 
année  1883,  p.  503)  ; 

Poetae  Latini  aevi  Carolini,  rec.  Ern.  Dummler,  t.  II,  p.  1,  2  (in-4»); 

Neues  Archiv  der  Gesellseliaft  fur  altère  deutsche  Geschichtshunde . 
vol.  IX  (in-8°). 

Volumes  en  préparation  : 

Auctores  antiquissimi.  —  Sous  presse,  Fortunat,  2«  partie,  œuvres  en 
prose,  publiées  par  M.  Ivrusch;  Ennodius,  par  M.  Vogel,  presque 
achevé;  Sidoine  Apollinaire,  par  M.  Lûtjohann,  interrompu  par  la 
maladie  de  l'éditeur.  Les  travaux  préparatoires  de  M.  Birt,  pour  Glau- 
dien,  touchent  à  leur  terme.  Cassiodore,  par  M.  W.  Meyer,  sera  achevé 
vers  Pâques  1885. 

Scriptores  rerum  Merovingicarum.  —  Le  tome  I'=''  se  complétera  par 
les  Miracles  de  Grégoire  de  Tours,  le  tome  II  contiendra  la  chronique 
dite  de  Frédégaire  et  les  Gesta  Francorum,  publiés  par  M.  Krusch. 

Gesta  pontificum  Romanorum.  —  De  nouvelles  recherches  dans  les 
collections  de  manuscrits  sont  encore  nécessaires. 

Scriptores.  —  Le  tome  XV  comprendra  des  Vitae  de  l'époque  caro- 
lingienne et  postérieures,  publiées  par  M.  Holder-Egger,  dont  le  texte 
est  en  grande  partie  prêt  pour  l'impression.  Le  tome  XXVII  (extraits  de 
chroniques  anglaises  du  xn"  et  du  xm°  siècle,  par  MM.  Pauli  et  Lieber- 
mann)  est  en  partie  imprimé. 

Gesta  Friderici  I,  édition  in-8o,  en  partie  imprimée. 

Deutsche  Ghroniken.  —  L'édition  de  la  Kaiserchronik,  par  M.  Schrô- 
der,  a  subi  une  interruption,  mais  va  être  reprise;  ensuite  viendra 
Enenkel,  publié  par  M.  Strauch.  M.  Lichtenstein  espère  donner  cette 
année  la  chronique  rimée  de  Styrie,  d'Ottokar. 

Leges.  —  M.  Sohm  s'occupe  d'une  édition  de  la  loi  salique,  M.  Bore- 
tius  du  tome  II  des  capitulaires,  M.  Frensdorff  des  coutumes  municipales. 
La  suite  des  recueils  de  formules,  publiés  par  M.  Zeumer,  s'imprime. 
M.  Weiland  espère  livrer  à  l'impression  cette  année  la  nouvelle  édition 
des  lois  impériales  (Leges,  t.  II). 

Diplomata.  —  Les  diplômes  d'Otton  I'"',  publiés  par  M.  Sickel,  sont 
imprimés;  il  ne  manque  que  l'index,  dressé  par  M.  von  Ileinemann. 
D'abondants  matériaux  ont  été  recueillis  pour  la  collection  des  diplômes 
d'Otton  II  et  d'Otton  III.  M.  Winkelmann  achève  le  tome  II  des  Diplo- 
mata imperii,  ouvrage  publié  avec  le  concours  de  la  direction  des 
Monumenta. 

Epistolae.  —  Sous  presse,  Registrum  Gregorii  Magni ,  publié  par 
M.  Ewald;  lettres  d'Innocent  IV,  recueillies  par  Pertz  et  M.  Mau, 
publiées  par  M.  Rodenberg.  M.  Lôwenfeld  publiera  séparément  les 
lettres  pontificales  conservées  au  Musée  britannique. 


228 

Antiquitates.  —  M.  Traube  est  chargé  de  préparer  le  tome  III  des  Poetae 
Latini  aevi  Carolini.  L'impression  des  registres  de  confraternité  de 
Saint-Gall,  de  Pfaefers  et  de  Reichenau,  par  M.  Piper,  est  presque 
achevée.  M.  Baumann  publiera  les  obituaires  de  la  région  aléman- 
nique,  M.  Herzberg-Frànkel  ceux  des  anciens  diocèses  bavarois  dont 
le  territoire  s'étend  sur  l'Autriche. 

La  direction  des  Monumenta  signale,  en  terminant,  les  bibliothèques 
étrangères  qui  lui  ont  libéralement  accordé  le  prêt  de  leurs  manuscrits, 
et  au  premier  rang  desquelles  figure  notre  Bibliothèque  nationale. 

—  Nous  venons  de  recevoir  le  prospectus  d'un  grand  recueil  de  fac- 
similés  de  bulles  de  papes  qui  va  paraître  à  Stuttgart,  sous  la  direction 
de  M.  Julius  von  Pflugk-Harttung.  Il  est  intitulé  Chartarum  ponti- 
ficum  Romanorum  Specimina.  L'ouvrage  est  publié  par  le  libraire 
W.  Kohlhammer.  Nous  nous  empressons  de  reproduire  les  termes  du 
prospectus  : 

«  De  toutes  les  chancelleries  du  moyen  âge,  la  chancellerie  papale 
est  de  beaucoup  la  plus  riche  en  documents.  Auprès  d'elle,  toutes  les 
autres,  même  celles  des  empereurs,  sont  bien  effacées.  Le  nombre  des 
documents  qui  en  sont  émanés  est  surtout  étonnant,  et  grand  aus.si 
est  le  nombre  de  ceux  qui  sont  falsifiés  sous  le  nom  des  papes.  Les 
documents  authentiques  et  ceux  qui  sont  falsifiés  tous  ont  trait  à  toutes 
les  affaires  de  la  vie  publique  et  privée. 

«  On  peut  donc  considérer  comme  une  entreprise  à  la  hauteur  du 
sujet  l'essai  actuel  d'exposer  par  des  fac-similés  exacts  le  développe- 
ment de  la  généralité  des  documents  pontificaux,  dès  l'époque  la  plus 
reculée  jusqu'à  l'apogée  et  à  l'abaissement  de  la  papauté,  soit  jusqu'à 
l'an  1200,  sous  le  pontificat  d'Innocent  UI. 

«  L'étendue  de  l'ouvrage  comprendra  environ  cent  planches.  Cepen- 
dant, comme  la  quantité  des  matériaux  existant  en  documents  authen- 
tiques des  papes  est  extraordinaire,  il  fallait  choisir  entre  deux  méthodes  : 
reproduire  peu  de  documents  en  entier,  ou  reproduire  beaucoup  de  parties. 

«  Après  mùrc  réflexion,  l'auteur  s'est  décidé  pour  un  système  mixte, 
c'est-à-dire  reproduire  des  documents  complets  en  petit  nombre,  mais 
une  quantité  d'autant  plus  grande  de  fragments,  choisis  cependant  pour 
donner  une  idée  suffisante  du  document  complet. 

«  Sept  années  de  travaux  préparatoires  et  plus  de  mille  calques  ont 
permis  à  l'auteur  de  faire  un  choix  très  soigné. 

«  Pour  satisfaire  entièrement  à  toutes  les  exigences,  on  publiera  jus- 
qu'au milieu  du  xii»  siècle,  apogée  de  la  papauté,  le  plus  grand  nombre 
possible  de  monogrammes,  d'initiales  et  une  grande  collection  de  sceaux 
de  plomb. 

«  Pour  la  conclusion,  on  publiera  également  des  fac-similés  des  docu- 
ments falsifiés,  pour  montrer  à  quel  point  on  est  parvenu  dans  l'art  de 
la  falsification  des  documents  authentiques. 


22î) 

n  Outre  le  profit  scientifique,  on  retirera  donc  un  avantage  pratifiue  : 
la  connaissance  des  pièces  authentiques  et  celle  des  pièces  falsifiées. 

«  La  livraison  ci-jointe  donnera  une  idée  de  l'entreprise. 

«  La  moitié  de  l'ouvrage,  comprenant  environ  cinquante  planches, 
touche  à  sa  fin  et  sera  puhliée  dans  le  courant  du  mois  de  mai. 

«  Le  prix  de  chaque  planche  sera  d'environ  1  mark  (1  fr.  20). 

«  Dans  un  plus  grand  ouvrage  explicatif,  l'auteur  donnera  un  exposé 
scientifique  de  toutes  les  matières  qui  s'y  rapportent. 

«  L'Académie  royale  des  sciences  de  Berlin  a  prêté  son  appui  à  l'en- 
treprise, ce  qui  est  la  meilleure  preuve  de  son  importance.  » 

A  ce  prospectus,  qui  indique  nettement  la  nature  du  recueil  de 
M.  Julius  von  Pflugk-Harttung  et  l'intérêt  qu'il  offrira  pour  l'étude  de 
la  diplomatique  pontificale,  sont  jointes  trois  planches,  qui  donnent  une 
idée  très  favorahle  de  l'entreprise,  quoique  les  fac-similés  soient  des 
calques  lithographiques  et  non  pas  des  reproductions  héliographiques. 

Sur  la  première  planche  sont  les  formules  initiales  et  finales  de  quatre 
bulles  du  pape  Léon  IX,  tirées  de  diverses  archives  d'Italie.  La  seconde 
planche  nous  offre  le  commencement  et  la  fin  de  deux  bulles  de  Gré- 
goire VII,  empruntées  à  deux  fonds  français,  ceux  de  l'abbaye  de  Baume 
et  de  l'église  de  Saint-Omer.  La  troisième  est  la  reproduction  inté- 
grale d'un  privilège  accordé  par  Galixte  II  au  monastère  de  Fulda. 

CINQUANTIÈME  ANNIVERSAIRE  DE  LA  FONDATION  DE  LA 
SOCIÉTÉ  DE  L'HISTOIRE  DE  FRANGE. 

A  l'occasion  du  cinquantième  anniversaire  de  sa  fondation,  la  Société 
de  l'histoire  de  France  a  fait  imprimer  un  volume  qui  sera  mis  en  dis- 
tribution à  peu  près  en  même  temps  (jue  paraîtra  cette  livraison.  Il  est 
dédié  à  M.  Desnoyers,  qui  a  constamment  dirigé  les  travaux  de  la 
Société,  en  qualité  de  secrétaire,  depuis  l'année  1834,  et  dont  la  bien- 
veillance et  l'activité  ont  été  si  fréquemment  appréciées  par  les  membres 
de  la  Société  de  l'École  des  chartes  aussi  bien  que  par  ceux  de  la  Société 
de  l'histoire  de  France.  Ce  volume  est  intitulé  :  Notices  et  Documents 
publiés  poitr  la  Société  de  l'histoire  de  France,  à  l'occasion  du  cinquantième 
anniversaire  de  sa  fondation,  avec  une  introduction  par  M.  Ch.  Jourdain, 
de  l'Institut.  Nous  reproduisons  la  table  des  morceaux  contenus  dans 
ce  volume,  dont  la  préparation  et  l'exécution  font  honneur  au  zèle  de 
M.  de  Boislisle,  secrétaire  adjoint,  et  de  M.  Dupont,  archiviste-tréso- 
rier de  la  Société. 

I.  Aii^  siècle.  Manuscrits  en  lettres  onciales  de  VIJistoria  Francorum 

de  Grégoire  de'Tours,  par  M.  Henri  Omont. 
IL  vni«-xne  siècles.  Notice  sur  le  plus  ancien  obituairc  de  ral)baye  de 

Saint-Germain-des-Prés,  par  M,  Auguste  Long  non. 


230 

III.  xi^  siècle.  La  continuation  d'Aimoin  et  le  manuscrit  latin  12711 

de  la  Bibliothèque  nationale,  par  M.  Siméon  Luge. 

IV.  1028-1033.  Poème  rythmique  d'Adelman  de  Liège  sur  plusieurs 

savants  du  xi^  siècle,  publié  par  M.  Julien  Havet. 

"V.  xii"  siècle.  Les  courtes  annales  du  Bec,  par  M.  Léopold  Delisle. 

VI.  1116-1216.  Le  cartulaire  de  Durbon,  par  M.  Joseph  Roman. 

VIL  1165.  Un  poème  inédit  de  Pierre  Riga  sur  la  naissance  de  Phi- 
lippe-Auguste, par  M.  H. -François  Delaborde. 

Vin.  12  septembre  1213.  Récit  en  vers  de  la  bataille  de  Muret,  publié 
par  M.  A.  Molinieb. 

IX.  1204.  La  chronique  d'Hélinand,  moine  de  Froidmont,  par  M.  Léo- 

pold Delisle. 

X.  1282.  Déposition  de  Charles  d'Anjou  pour  la  canonisation  de  saint 

Louis,  publiée  par  M.  le  comte  Riant. 
XL  22  janvier  1292.  Une  charte  de  Philippe  de  Beaumanoir,  publiée  par 

M.   Paul  ViOLLET. 

XII.  1350.  Le  manuscrit  de  la  Prattica  délia  Mercatura  de  B.  Pegolotti, 

par  M.  le  comte  de  Mas  Latrie. 
Xin.  1377,  1389,  1402.  Trois  chartes  à  vignettes,  par  M.  E.  Dupont. 

XIV.  1416-1417.  Un  épisode  de  la  domination  des  Armagnacs  à  Paris, 
document  transcrit  par  feu  Léopold  Pannier  et  annoté  par  M.  A. 

DE  BOISLISLE. 

XV.  1428.  Cahier  de  doléances  des  députés  de  Languedoc,  publié  par 
M.  le  marquis  de  Beaucourt. 

XVI.  1487-1488.  La  correspondance  du  roi  Charles  VIII  avec  le  parle- 
ment de  Paris  pendant  la  guerre  de  Bretagne,  par  M.  Arthur 

DE  LA  BORDERIE. 

XVII.  1494-1520.  Quelques  lettres  missives  extraites  des  archives  de 
la  maison  de  Gonzague,  par  M.  Armand  Basghet. 

XVIII.  25  août  1527.  La  succession  du  connétable  de  Bourbon,  par 
M.  le  comte  de  Luçay. 

XIX.  22  avril  1531.  La  cour  des  enfants  de  France  sous  François  I^--, 
par  M.  le  baron  de  Ruble. 

XX.  1577  et  1645.  Deux  pièces  extraites  de  la  collection  Godefroy, 
par  M.  Ludovic  Lalanne. 

XXI.  1595.  Une  lettre  de  Villeroy  sur  l'attentat  de  Jean  Ghastel,  publiée 
par  M.  Baguenault  de  Pughesse. 

XXII.  Mai  1606.  Lettre  de  la  duchesse  de  la  Trémoille  sur  la  mort 
de  Madame  du  Plessis-Mornay,  publiée  par  M.  A.  de  Boislisle. 

XXIII.  1614.  Doléances  des  habitants  de  Paris  aux  états  généraux, 
publiées  par  M.  G.  Picot. 

XXIV.  1628.  Une  lettre  de  Ph.  Fortin  de  la  Hoguette  au  roi  Louis  XIII, 
publiée  par  M.  Tamizey  de  Larroque. 


231 

XXV.  1630.  Lettres  ot  discours  de  Sully  sur  le  projet  de  républi([ue 
chrétienne,  publiés  par  M.  le  marquis  de  Vogiié. 

XXVI.  1643-1645.  Cinq  lettres  de  Turenne  au  duc  d'Enghien,  com- 
muniquées par  M.  le  duc  d'Aumale. 

XXVII.  15  mai  1673.  Mémoire  de  Jean  du  Bouchet  sur  la  charge  de 
maréchal  général,  publié  par  M.  le  comte  G.-J.  de  Cosnac. 

XXVIII.  1759.  Plan  d'une  invasion  en  Angleterre,  publié  par  M.  le 
comte  Edouard  de  Barthélémy. 

XXIX.  8  mai  1763.  Mémoire  du  duc  de  Praslin  sur  les  affaires  do 
Pologne,  avec  les  observations  du  comte  de  Broglie,  publié  par 
M.  le  duc  DE  Broglie. 

XXX.  1790-1801.  Lettres  du  bénédictin  dom  Brial  à  l'abbé  Lespine, 
publiées  par  M.  Léopold  Delisle. 

Cette  simple  liste  fait  entrevoir  l'intérêt  du  volume,  dont  un  exem- 
plaire, tiré  sur  papier  exceptionnel,  a  été  remis  le  20  mai,  en  séance 
solennelle,  à  M.  Jules  Desnoyers.  L'impression  en  a  été  faite  à  Nogent- 
le-Rotrou,  chez  M.  Daupeley,  dont  nous  n'avons  pas  à  faire  l'éloge  aux 
lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes. 

L'ÉCOLE  DE  PALÉOGRAPHIE  AU  VATICAN. 

Par  un  Motu  proprio  en  date  du  l'=''  mai,  Léon  XIII  a  promulgué  un 
règlement  spécial  pour  les  archives  du  Vatican  et  a  institué  une  école 
de  paléographie  et  d'histoire  comparée.  Le  saint-père  a  confié  l'exécu- 
tion de  sa  volonté  au  cardinal  Hergenrœther,  archiviste  du  saint-siège, 
auquel  il  a  adressé  la  lettre  suivante  : 

Monsieur  le  cardinal. 

L'importance  particulière  des  études  historico-critiques  pour  la 
défense  de  l'Église  et  du  siège  apostolique  nous  a  déterminé,  dès  le 
commencement  de  notre  pontificat,  à  ouvrir  aux  recherches  des  hommes 
d'étude  les  archives  du  Vatican.  Nous  avons  disposé  tout  d'abord  qu'un 
cardinal  de  la  sainte  Église  en  prendrait  la  direction,  avec  la  mission  de 
donner  une  impulsion  efficace  à  l'étude  des  monuments  historiques  et 
aux  méthodes  apologétiques.  Nous  avons  autorisé  le  cardinal  archiviste 
à  apporter,  pour  la  commodité  des  érudits,  certains  tempéraments  à 
l'ancienne  discipline  des  archives  pontificales,  et  nous  avons  ordonné 
qu'une  salle  d'étude  contiguë  serait  ouverte  à  l'usage  de  ceux  qui  aiment 
à  s'appliquer  à  l'examen  critique  des  vieux  documents. 

Ce  n'est  pas  tout  :  témoin  de  l'abus  qui  se  fait  de  l'histoire  au  détri- 
ment de  la  vérité  et  de  la  religion,  nous  nous  sommes  proposé  d'en 
provoquer  l'étude  impartiale,  et  par  notre  lettre  du  18  août  1883  nous 


232 

avons  fait  appel  au  zèle  et  à  la  science  de  trois  illustres  membres  du 
sacré  collège,  pour  qu'ils  s'emploient,  avec  le  concours  d'hommes  dis- 
tingués, à  des  travaux  historico-apologétiques,  en  se  basant  sur  les 
actes  authentiques  du  pontificat  et  de  l'Église,  explorés  dans  leurs 
sources  mêmes. 

Mais,  pour  rendre  cette  étude  encore  plus  fructueuse,  nous  avons 
résolu  d'ouvrir  auprès  des  mêmes  archives  une  école  spéciale  de  paléo- 
graphie  et  d'histoire  comparée,  au  moyen  de  laquelle  le  jeune  clergé 
pourra  s'enrichir  comme  il  convient  des  trésors  d'une  solide  érudition 
et  se  perfectionner  dans  les  exercices  de  la  saine  critique.  En  même 
temps,  il  nous  a  paru  que  le  moment  était  venu  de  donner  à  nos 
archives  une  organisation  plus  conforme  à  leur  but,  par  des  règles 
appropriées  de  discipline  intérieure  et  extérieure,  et  nous  avons  ordonné 
qu'un  nouveau  règlement  fût  élaboré. 

Ce  règlement,  sanctionné  par  notre  Motu  proprio  spécial  du  l^""  mai 
courant,  établit  les  règles  qui  devront  régir  dorénavant  les  archives 
mêmes,  la  salle  d'étude  et  l'école  d'histoire  et  de  paléographie,  et  nous 
nous  reposons  sur  vous,  monsieur  le  cardinal,  pour  en  assurer  la  com- 
plète exécution. 

Donné  dans  notre  palais  du  Vatican,  le  15  mai  1884. 

LÉON  XIII,  Pape. 


LES  ARCHIVES  DE  PAMPELUNE. 

Notre  confrère  M.  Brutails,  ayant  reçu  de  l'École  des  hautes  études 
l'une  des  bourses  de  voyage  de  la  ville  de  Paris,  s'est  rendu  cà  Pampe- 
lune  pour  rechercher  dans  les  archives  de  la  chambre  des  comptes  de 
Navarre  les  documents  concernant  l'histoire  de  France.  Nous  extrayons 
les  passages  suivants  du  rapport  qu'il  vient  d'adresser  au  président  de 
la  section  d'histoire  et  de  philologie  de  l'École  des  hautes  études  : 

«  Les  archives  de  la  Navarre  se  trouvent  dans  deux  salles  du  palais  de 
la  députation;  dans  l'une  sont  installées  les  archives  générales  des 
Certes  ;  l'autre  renferme  les  archives  de  la  chambre  des  comptes. 

«  Les  premières  n'offrent  pour  nous  qu'un  faible  intérêt;  elles  sont 
d'ailleurs  presque  entièrement  modernes;  je  dois  y  signaler  en  passant 
les  manuscrits  des  Annales  et  des  fnvestigations  du  P.  Moret  et 
deux  registres  de  correspondance  de  l'ordonnateur  en  chef  des  armées 
françaises  en  1812.  L'étranger  n'est  guère  attiré  dans  cette  salle  que 
par  le  musée  historique  que  l'on  y  a  créé  ;  les  Navarrais,  en  effet,  ont 
rassemblé  là  une  collection  d'objets  qui  rappellent  le  passé  de  leur  pays  : 
un  fragment  des  chaînes  célèbres  qui  défendaient  l'accès  de  la  tente  du 
chef  maure  à  la  bataille  de  las  Navas  de  ïolosa,  des  bannières  qui 
ont  aussi  leur  histoire,  des  coins  de  monnaies,  la  liat/a  dont  Mina  se 


233 

servait  pour  défoncer  la  terre  quand  il  était  agriculteur,  son  moule  à 
balles,  sa  lunette  de  campagne,  etc. 

«  Les  archives  de  la  chambre  des  comptes,  qui  n'étaient  guère  connues 
jusqu'à  présent  que  par  les  renseignements  qu'y  a  puisés  Yanguas  jjour 
son  dictionnaire  des  antiquités  de  la  Navarre',  sont  surtout  composées, 
ainsi  que  leur  nom  l'indique,  des  comptes  des  divers  ofliciers  et  des 
pièces  justificatives  produites  à  l'appui;  mais  bien  d'autres  documents 
ont  grossi  ce  fonds,  et  ce  ne  sont  pas  les  moins  intéressants  parmi  les 
titres  innombrables  renfermés  dans  les  deux  cents  tiroirs  et  les  cinq 
cent  cinquante  volumes  de  ce  dépôt.  C'est  ainsi  que  sur  les  rayons  des 
archives  ont  pris  place  les  cartulaires  de  la  chancellerie  royale,  un 
exemplaire  du  Fuero  gênerai  qui  peut  remonter  au  xiv"^  siècle,  les 
quarante-cinq  volumes  in-folio  des  faveurs  royales  octroyées  aux  Navar- 
rais,  depuis  leur  réunion  à  la  Gastille  jusqu'à  l'abolition  de  la  chambre 
des  comptes,  etc. 

«  Ces  archives  ne  tirent  pas  seulement  leur  intérêt  de  leur  proximité 
de  notre  frontière  ;  les  rapports  entre  la  France  et  la  Navarre  ont  été 
plus  intimes  que  ne  le  sont  en  général  les  relations  d'un  peuple  avec 
les  peuples  voisins  :  non  seulement  une  portion  de  notre  territoire  a 
fait  partie  de  ce  royaume  jusqu'au  commencement  du  xvi^  siècle,  mais 
encore,  au  xni<=  siècle  et  au  commencement  du  xiv%  quand  le  comte  de 
Champagne,  Thibaut  le  Chansonnier,  eut  succédé  à  Sanche  le  Fort  sur 
le  trône  de  Pampelune,  et  surtout  quand  Philippe  le  Bel  eut  épousé 
l'héritière  de  ce  trône,  la  Navarre  devint  presque  une  province  française, 
et  à  chaque  instant  nous  retrouvons  dans  les  monuments  de  son  his- 
toire le  nom  de  nos  compatriotes,  que  la  confiance  ou  la  faveur  royales 
plaçait  à  la  tète  de  l'administration.  Quelques  années  après,  on  sait 
quelle  part  Charles  le  Mauvais  prit  à  toutes  les  luttes  contre  Charles  V 
et  quel  contingent  ses  sujets  fournirent  aux  armées  des  envahisseurs, 
qui  eussent  été  réduites  à  l'impuissance  si  elles  n'avaient  pu  se  recru- 
ter dans  les  régions  situées  entre  l'Èbre  et  la  Garonne. 

«  Les  cartulaires  ont  d'abord  attiré  mon  attention;  deux  d"entre  eux 
remontent  au  xni«=  siècle  ;  ce  sont  les  cartulaires  de  Thibaut  le'  et  de 
Philippe  le  Hardi  ;  les  trois  autres  sont  du  xiv^  siècle  ;  mais  le  plus 
grand  nombre  des  pièces  contenues  dans  les  uns  et  dans  les  autres  date 
du  xn°  siècle.  J'y  ai  pris  quelques  fors  locaux,  des  privilèges  de  villes 
et  tous  les  documents  concernant  les  communautés  de  la  Basse-Navarre 
et  les  familles  de  cette  même  contrée,  comme  les  d'Agramont,  les  de 
Luxe  et  autres,  qui  jouèrent  un  rôle  imporlant  dans  les  armées  cuntre 
lesquelles  s'illustra  du,  Guescliu  :  de  ce  dernier  et  de  son  cousin,  Olivier 
de  Mauny,  j'ai  transcrit  deux  chartes  d'hommage  au  roi  de  Navarre. 

1.  Yanguas  y  Miranda,  Biccionario  de  antigùedades  del  reino  de  Navarra, 
Pampelune,  1840-1849,  4  vol.  in-4". 


234 

«  L'un  de  ces  cartulaires,  celui  de  Charles  le  Mauvais,  l'enferme  presque 
exclusivement  des  lettres  du  roi  et  de  son  conseil  aux  officiers  chargés 
de  l'armement  et  de  la  défense  du  pays;  les  plus  anciennes  sont  du 
mois  d'octobre  1365,  les  plus  récentes  du  mois  d'avril  de  l'année  sui- 
vante. On  y  voit  quelle  activité  et  quelle  énergie  parfois  inhumaine 
Charles  déploya  pour  faire  face  aux  difficultés  de  tous  genres  qui  l'as- 
saillirent durant  cette  courte  période  :  guerre  étrangère,  menaces  d'in- 
vasion, et,  qui  plus  est,  pénurie  du  trésor  au  moment  même  où  il 
fallait  mettre  en  état  les  forteresses  et  solder  une  armée  de  mercenaires. 

«  Après  les  cartulaires,  j'ai  étudié  les  pièces  détachées  gardées  dans  les 
tiroirs. 

«  Le  tiroir  numéro  1  présente  une  belle  collection  de  chartes  de  cou- 
tumes, la  plupart  du  xn'  siècle;  dans  l'impossibilité  où  j'étais  de  les 
transcrire  toutes,  j'ai  fait  un  choix  et  me  suis  borné  aux  plus  intéres- 
santes. 

«  Puis  j'ai  abordé  le  règne  de  Charles  le  Mauvais  et  j'ai  pu  poursuivre 
mes  recherches  jusqu'à  l'année  1370.  Parmi  les  chartes  nombreuses  que 
j'ai  examinées,  deux  ou  trois  seulement  ont  été  données  par  Secousse 
dans  le  tome  II  de  son  Mémoire.  Sous  Charles  le  Mauvais,  le  nombre  des 
documents  s'accroît  subitement  et  dans  des  proportions  étonnantes  ;  un 
grand  nombre,  il  est  vrai,  sont  dénués  d'intérêt  ;  mais  combien  jettent 
un  jour  nouveau  sur  l'histoire  et  les  institutions  de  ces  temps  malheu- 
reux !  C'est  le  budget  du  bayle  de  la  Bastide-Glairence,  avec  un  cha- 
pitre spécial  de  recettes  pour  les  «  couteaux  tirés  »  ;  ce  sont  des 
demandes  en  réduction  d'impôts,  présentées  par  les  habitants  de  la  terre 
de  Cise,  dont  les  récoltes  ont  été  détruites  et  les  maisons  brûlées  par 
trois  invasions  en  un  an  ;  ce  sont  les  plaintes  des  laboureurs  abandon- 
nant leurs  villages,  par  ordre  du  roi,  pour  s'enfermer  dans  les  villes 
fortes  ;  les  montres  de  gens  de  guerre  s'embarquant  pour  la  Normandie; 
les  budgets  des  diverses  administrations  ;  les  passeports  et  lettres  de 
franchise  des  ambassadeurs,  etc.  La  plupart  de  ces  documents  ont  trait 
aux  affaires  militaires  ;  ils  permettent  d'étudier  la  composition  des  com- 
pagnies navarraises  et  le  système  de  recrutement,  j'allais  dire  d'embau- 
chage de  ces  troupes  de  pillards  cosmopolites  ;  on  y  saisit  l'origine,  on  y 
suit  les  développements  des  mesnadas  ou  rentes  constituées  par  le  roi 
en  faveur  des  seigneurs  et  des  chefs  de  bandes  ;  on  y  constate  une  fois 
de  plus  le  caractère  d'égoïsme  et  de  rapacité  des  armées  de  cette  époque, 
pour  qui  la  guerre  n'était  plus  un  devoir  sacré,  mais  une  lucrative 
industrie. 

«  Les  actes  se  rapportant  aux  relations  diplomatiques  sont  naturellement 
assez  rares  :  on  rencontre  cependant  dans  les  tiroirs  quelques-uns  de 
ces  traités  solennels,  de  ces  serments  d'amitié  dont  Charles  le  Mauvais 
fut  si  prodigue  ;  en  général,  ces  pactes  conclus  entre  Espagnols  n'inté- 
ressent qu'indirectement  la  France  ;  il  n'en  est  pas  de  même,  par 


235 

exemple,  de  la  cession  consentie  par  Philippe  de  Valois  de  plusieurs 
terres  en  Languedoc,  à  l'occasion  du  mariage  d'Agnès  de  Navarre  avec 
le  comte  de  Foix,  des  traités  intervenus  entre  le  roi  de  Navarre  et  le 
sire  d'Albret,  d'un  passeport  délivré  à  Charles  le  Mauvais  par  le  prince 
de  Galles,  pour  lui  permettre  de  voyager  avec  cinq  cents  hommes  de 
cheval  dans  les  provinces  anglaises,  des  chartes  d'hommage  des  barons 
français  ou  étrangers,  comme  Raymond  de  Montant,  sire  de  Mussidan, 
Guillaume  Londelo,  Normand  de  Suintfort,  Eustache  d'Auberchicourt, 
etc.  >) 


CONFESSIONS  DE  FOI  DES  EGLISES  ORIENTALES. 

Sous  le  règne  de  Louis  XIV,  pir  l'intermédiaire  de  M.  de  Nointel, 
ambassadeur  à  Constantinople  (1670-1679),  un  certain  nombre  de  con- 
fessions de  foi  des  églises  orientales  avaient  été  envoyées  en  France  et 
remises  à  Antoine  Arnauld,  pour  servir  à  son  livre  de  la  Perpétuité  de 
la  foy.  La  plupart  de  ces  attestations  entrèrent  tôt  ou  tard  dans  la 
Bibliothèque  du  roi,  mais  quelques-unes,  remises  à  la  fin  du  xvir«  siècle 
par  le  fils  de  M.  de  Nointel  à  l'abbé  de  Fourcy,  furent  données  par 
celui-ci  à  son  abbaye  de  Saint- Wandrille,  et  sont  aujourd'hui  dans  la 
bibliothèque  de  la  ville  de  Rouen  (ms.  U.  1).  La  note  suivante,  mise 
au  xvni«  siècle  en  tête  de  ce  manuscrit,  dit  tout  au  long  par  suite  de 
quelles  circonstances  il  est  entré  dans  la  bibliothèque  de  Saint- VS^an- 
drille  et  en  indique  exactement  le  contenu. 

H.  Omont. 

Ces  papiers,  qui  sont  la  plupart  des  originaux ,  imprimés  à  la  fin  de 
la  Perpétuité  de  foy,  des  attestations  que  l'on  fit  venir  de  différentes 
églises  catholiques,  ont  été  donnés  à  M.  l'abbé  de  Fourcy,  abbé  de 
Saint-Wandrille,  par  M.  de  Nointel,  fils  de  M.  de  Nointel,  ambassadeur 
pour  la  France  à  Constantinople  dans  le  temps  que  l'on  fit  venir  ces 
attestations.  Il  remit  à  M.  l'abbé  ces  papiers  dans  le  temps  qu'il  partit 
pour  monter  sur  un  vaisseau  de  la  flotte  de  M.  le  maréchal  de  Tourville, 
en  1689  ;  il  y  périt.  Il  avait  dit  à  M.  l'abbé  qu'il  lui  donnait  ces  papiers 
en  cas  qu'il  vint  à  mourir.  M.  l'abbé  de  Fourcy  les  a  donnés  à  la  biblio- 
thèque de  son  abbaye  de  Saint-Wandrille  après  les  avoir  fait  traduire  par 
les  plus  habiles  gens  qu'il  a  pu  trouver  en  ces  différentes  langues  : 

1°  Lettres  patentes  pour  un  interprète  de  l'ambassadeur  de  France  à 
Constantinople  en  1648  (fol.  2). 

2o  Lettres  de  confirmation  d'un  Timar  des  cuirassiers  du  grand  Sei- 
gneur (fol.  5). 

3°  Témoignage  de  Nicolas,  évoque  de  Jérusalem,  en  mars  1G71  (gr.- 
lat.,  fol.  8). 


236 

4°  Témoignage  venu  de  Gonstantinople  en  octobre  1671  (gr.-lat., 
fol.  18). 

5°  Autre  témoignage,  en  octobre  1671  (gr.-lat.,  fol.  22). 

6°  Témoignage  du  monastère  de  Saint-Georges,  en  octobre  1671  (gr.- 
lat.,  fol.  26). 

7»  Témoignage  du  patriarche  directeur  et  supérieur  de  l'église  armé- 
nienne à  Gonstantinople,  le  31  juillet  1671  (lat.,  texte  grec  enlevé, 
fol.  30). 

8"  Témoignage  de  l'ambassadeur  de  Pologne  à  Gonstantinople,  en 
septembre  1671  (original,  fol.  23). 

9°  Le  témoignage  de  la  communauté  de  Péra  à  Gonstantinople,  avec 
toutes  les  signatures  (original,  fol.  27). 

10"  Le  témoignage  de  l'évêque  de  Galamine ,  donné  à  Galate  en 
aoust  1671  ;  il  est  double  (original,  fol.  37  et  55). 

11»  Gertificat  de  mort  donné  à  Gonstantinople  à  une  famille  et  des 
sacremens  receùs  (original,  fol.  39). 

12°  Témoignage  du  résident  de  Gènes  à  Gonstantinople  sur  la  croyance 
des  Grecs,  donné  à  Gonstantinople  en  aoust  1671  (original,  fol.  41). 

13»  Gopie  d'une  épitafe  à  Gonstantinople  (gr.-lat.,  fol.  43). 

14°  Plan  des  casernes  des  janissaires,  avec  la  désignation  des  lieux 
en  turc  et  en  françois  (manque). 

iibis  Gonfession  de  foi  du  patriarche  Arménien  de  Gonstantinople, 
1671  (en  double,  fol.  46  et  49). 

14  ter  Profession  de  foy  de  l'église  Arménienne,  traduite  en  françois 
par  monseigneur  David  Wartabiet,  archevêque  de  Nicotie,  en  l'année 
1749  (fol.  53). 

15°  Autre  témoignage  pour  l'église  grece  donné  à  Andrinople  en 
octobre  1671 ,  avec  signature  et  caché ,  trouvé  depuis  et  non  rehé  (ori- 
ginal, fol.  57). 


COMPTE 


DU 


TRÉSOR  DU  LOUVRE 

(TOUSSAINT  1296). 


Philippe-Auguste,  Louis  VIII,  Louis  IX,  Philippe  le  Hardi  avaient, 
ce  semble,  à  Paris  un  seul  trésor,  déposé  au  Temple.  Philippe  le  Bel, 
le  premier,  en  eut  deux,  Tun  au  Temple,  l'autre  au  Louvre.  Edgard 
Boutaric,  qui  a  établi  ce  fait,  n'a  pu  fixer  avec  certitude  la  date  de  la 
création  du  trésor  du  Louvre  ;  il  dit  seulement  que  la  plus  ancienne 
mention  qu'il  en  ait  rencontrée  est  de  l'an  ^297  '.  Depuis  la  publica- 
tion du  tome  XXIII  du  Recueil  des  historiens^  on  sait  qu'il  faut  au 
moins  reculer  cette  date  d'un  an,  car  les  éditeurs  de  ce  volume  ont 
retrouvé  et  réimprimé  un  court  fragment  du  compte  des  trésoriers 
du  Louvre  pour  le  terme  de  '::  Saint-Jean  de  l'an  121)6^.  Voici  un 
fragment  plus  étendu  d'un  compte  semblable,  pour  un  autre  terme 
de  la  même  année,  celui  de  la  Toussaint. 

Le  rôle,  probablement  original,  de  ce  compte  est  ccnservéà  Londres, 
au  Musée  britannique,  dans  la  série  dite  Additional  Charters^ 
n"  ■13,94^.  Il  a  été  donné  au  Musée  par  M.  S.-Leigh  Sotherby,  le 
6  avril  I85.S.  Il  se  compose  actuellement  de  deux  feuilles  de  parche- 
min, cousues  bout  à  bout,  larges  l'une  et  l'autre  de  0'"33:j,  longues, 
la  première  de  0'"50,  la  seconde  de  0"'38.  Les  comptes  sont  écrits  au 
recto  du  rôle,  celui  de  la  recette  sur  la  première  feuille,  celui  de  la 

1.  Edgard  Boutaric,  la  France  sous  Philippe  le  Bel  (Paris,  1861,  in-S"),  p.  229. 

2.  Delà  Roque,  Traité  du  ban  et  de  Varriereban  (Paris,  1676,  in-S"),  preuves, 
p.  134:  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  t.  XXIII,  p.  786. 

46 


238 

dépense  sur  la  seconde  ;  mais  celui-ci  est  manifestement  incomplet, 
car  il  donne  pour  la  dépense  un  total  fort  inférieur  à  celui  de  la 
recette,  ce  qui  n'est  pas  croyable.  Il  y  a  eu  sans  doute  une  troisième 
feuille  cousue  à  la  suite  de  la  seconde  et  aujourd'hui  perdue.  Au 
verso  des  deux  feuilles  est  donné  le  détail  de  quelques  articles  des 
comptes  inscrits  au  recto  (art.  9,  G7,  68,  69,  ^137). 

Ce  texte  vient  s'ajouter  aux  nombreux  documents  financiers  que 
nous  possédons  sur  le  règne  de  Philippe  le  Bel,  et  dont  les  uns 
sont  déjà  imprimés'  et  les  autres  attendent  encore  la  publication^. 
Aucun  de  ces  documents  ne  nous  ofTre  un  tableau  complet  des 
dépenses  et  recettes  du  royaume.  En  effet,  le  roi,  outre  ses  deux  tré- 
sors de  Paris,  avait  une  caisse  dans  chaque  bailliage  ou  sénéchaussée. 
L'agent  financier  de  chacune  de  ces  circonscriptions,  bailli,  sénéchal 
ou  receveur,  était  chargé  à  la  fois  d'encaisser  les  recettes  échues  au 
roi  dans  son  ressort  et  d'acquitter  les  dépenses  que  le  roi  assignait 
sur  sa  caisse;  il  ne  versait  aux  trésors  royaux  que  l'excédent  de  sa 
recette  sur  sa  dépense,  s'il  y  en  avait.  Pour  avoir  le  mouvement 
complet  des  finances  royales  en  un  an,  il  faudrait  donc  pouvoir  réu- 
nir et  combiner,  pour  une  même  année,  les  comptes  des  deux  trésors 
du  roi  à  Paris  et  ceux  de  chaque  bailliage  et  de  chaque  sénéchaussée. 
Il  est  à  craindre  que  les  documents  qui  nous  ont  été  conservés  ne 
fournissent  pas  les  éléments  nécessaires  pour  ce  travail. 

Mais,  indépendamment  de  cette  question,  les  comptes  présentent 
un  intérêt  de  plus  d'un  genre.  Ils  sont  notamment  utiles  à  cause  des 
détails  précis  qu'ils  fournissent  en  grand  nombre  sur  les  choses 
et  les  hommes  du  temps  où  ils  ont  été  écrits.  Celui  que  je  publie 
aujourd'hui  contient  beaucoup  de  mentions  relatives  à  des  per- 
sonnes dont  le  nom  est  connu  dans  l'histoire  ou  figure  dans 
les  textes  déjà  imprimés.  Le  moment  n'est  pas  venu  d'essayer  de 
réunir  et  de  coordonner  les  renseignements  positifs  qui  nous  ont 
été  conservés  sur  chacun  de  ces  personnages,  célèbres  ou  obscurs, 
du  règne  de  Philippe  le  Bel  ;  ce  travail  ne  pourra  être  fait  utilement 

1.  Compte  des  trésoriers  du  Louvre,  Saint-Jean  129G,  Recueil  des  historiens, 
XXIII,  786.— Comptes  de  l'hôtel  du  roi,  1282-1286,  ibld.,  XXII,  430,  469;  1301- 
1302,  XXII,  502;  1303-1304,  .\X1I,  535;  1307-1308,  XXII,  545,  555.  —  Compte  des 
baillis,  Toussaint  1285,  XXII,  623.  —  Comptes  de  décimes,  1289,  XXI,  546;  1313, 
XXI,  550.  —  Subsides  pour  l'ost  de  Flandre,  1304,  XXI,  564;  1314,  XXI,  567,  etc. 

2.  Journal  du  trésor,  du  17  mars  1298  au  16  mars  1300  et  du  15  avril  au 
31  décembre  1301,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  9783.  —  Comptes  des  baillis,  1299,  etc., 
ms.  fr.  10365.  —  Table  des  comptes  de  Robert  Mignon,  ms.  lat.  9069,  etc. 


239 

qu'après  la  publication  de  plusieurs  documeiiLs  qui  sont  encore  iné- 
dits, notamment  du  journal  du  trésor,  des  années  1298  à  -1301, 
conservé  à  la  IJihliothèquc  nationale  (ms.  lat.  97S3).  On  ne  trouvera 
donc  ici  que  le  texte  du  compte  du  trésor  du  Louvre,  pour  le  terme 
de  la  Toussaint  de  l'an  429C,  publié  sans  commentaire  et  suivi  seu- 
lement d'un  index  détaillé  des  matières  et  des  noms  propres. 

Trois  articles  du  compte  se  rapportent  à  la  dépense  de  l'hôtel  du 
roi  et  à  celle  de  la  reine  et  de  ses  enfants  (^33■^3r)).  Il  n'est  donc  pas 
rigoureusement  exact,  comme  l'avait  cru  Boutaric,  que  le  trésor  du 
Louvre  fût  destiné  uniquement  à  subvenir  aux  dépenses  de  l'Etat  et 
celui  du  Temple  aux  dépenses  de  la  maison  du  roi  ', 

On  remarquera,  dans  les  détails  de  la  recelte,  la  série  des  articles 
consacrés  aux  prêts  faits  au  roi  (310-341),  notamment  par  des  ban- 
quiers italiens,  et  à  la  levée  des  impots  du  centième  et  du  cinquan- 
tième^ (3/«2-349  et  350-^36).  En  ce  qui  concerne  le  cinquantième,  il 
résulte  de  ce  compte  que  dans  les  bailliages  autres  que  celui  de  Paris 
on  payait  cette  taxe  entre  les  mains  du  bailli  ou  receveur,  tandis 
que  dans  le  bailliage  de  Paris  chaque  locaUté  versait  directement  sa 
contribution  au  trésor  du  Louvre. 

D'après  le  fragment  de  compte  do  ^29(),  réimprimé  dans  le  dernier 
volume  du  Recueil  des  historiens^  l'un  des  termes  auxquels  les  tré- 
soriers du  Louvre  rendaient  leurs  comptes  était  la  Saint-Jean 
(24  juin).  Ici  nous  avons  le  compte  du  terme  de  la  Toussaint 
(■!"  novembre).  Ce  compte  devrait  donc  s'appli(|uer,  semble-t-il,  à  la 
période  de  ^30  jours  comprise  du  24  juin  au  \"  novembre.  Cepen- 
dant, les  gages  payés  aux  officiers  du  roi  y  sont  calculés  pour 
-1 37  jours  (art.  {(SI  et  suivants).  Peut-être  le  terme  dit  de  la  Tous- 
saint répondait-il  à  l'octave  de  cette  fête  (8  novembre) . 

J'ai  fait  des  divers  articles  du  compte  autant  d'alinéas  séparés, 
auxquels  j'ai  donné  des  numéros  d'ordre.  J'ai  substitué  (sauf  dans 
les  dates)  des  chiffres  arabes  aux  chiffres  romains;  j'ai  disposé  les 
chiffres  des  sommes  d'argent  en  trois  colonnes,  pour  les  livres,  sous 
et  deniers,  et  ainsi  je  n'ai  pas  eu  à  reproduire,  après  ces  chiffres,  les 
abréviations  /.,  s.,  d..  qui  les  suivent  chaque  fois  dans  le  rôle 
manuscrit. 

Julien  Hàvet. 

1.  La  France  sous  Philippe  le  Bel,  p.  230. 

2.  Voir  sur  ces  impôts  IJoutaric,  la  France  sous  Ph.  le  Bel,  p.  258  cl  suiv. 


240 


0.  s.  xGvr 


Recepta  Parisiensium. 

De  balliviis  : 

1.  Parisiensi 

2.  Silvanectensi 

3.  Viromandensi 

4.  Ambianensi  cum  terra  Guisnensi 

5.  Senonensi 

6.  Aurelianensi 

7.  Bitaricensi 

8.  Turonensi 

Summa 


d. 


9.  De  preposituris 

3. 

Summa 


Partes  a  tergo 


43 

7 

5 

4,479 

5 

3 

1,627 

» 

6 

4,298 

18 

10 

1,569 

17 

10 

408 

18 

9 

2,160 

39 

2 

5,538 

2 

9 

20,127 

10 

6 

8,018 

7 

11 

28,145 

18 

5P. 

10.  De  debito  magistri  Rogeri  de  Medunta,  deifuncti,  per 
Johannem  de  Yilleta,  militem  100       »       » 

11.  De  domino  Radulpho  de  Brulhi,  pro  residuo  compoti  sui 
de  scacario  Pasche  XGVP  »     117       1 

12.  De  debito  magistri  Pétri  de  Cirilli  150       »       » 

13.  De  piscibus  stagni  Moreti  captis  a  Furseo  piscatore  pro 
domino  Ludovico  primogenito  régis ,  apud  Fontembliaudi ,  per 
predictum  Petrum  12     13       » 

14.  De  garnisione  vini  capta,  per  eundem  P.   35       »       » 

15.  De  episcopo  Agatensi,  pro  recognitione  fîdelitatis  in  crea- 
tione  sua,  pro  una  marcha  argenti  vel  austure     »        40       » 

16.  De  abbate  Sancti  Germani  de  Pratis,  pro  flnatione  décime 
et  mutui  100       »       » 

17.  De  debito  magistri  Guillelmi  au rifabri        50       »       » 
et  de  veteri  argento  sibi  tradito  37     13       » 

18.  De  magistro  Johanne  de  Ghevri,  pro  residuo  expense  sue 
de  via  Rome  62      8    J  0 


■2U 

19.  De  abbatia  Clare  Vallis,  pro  quibusdam  amortisationi- 
bus  297     12       » 

20.  De  financia acquisitorum  per  ecclesias ballivie  Senonensis, 
par  Theobaldum  Armigeri  240       »       » 

21.  De  denario  libre  apud  Latiniacum  super  Maternam 

<S0       »       » 
et  apud  Montevrayn,  Checiacurn,   Cantum  Lupi,   Couchas  et 
Gavernas  versus  Latiniacum  27       4       » 

et  Remis,  per  Renaudum  du  Cavech  666     11       » 

22.  De  Johanne  de  Mornajo  armigero,  pro  rechato  terre 
Ville  Nove  que  fuit  Johannis  de  Aquis  160       »       » 

23.  De  emenda  Ade  Wagnon  de  Lauduno      288       »       >■> 

24.  De  décima  personarum  ecclesie  ballivie  Bituricensis,  per 
Petrum  Lombardum  receptorem  ibidem  697       7       2 

25.  De  financia  seu  amortisatione  abbatiset  conventus  Sancti 
Medardi  Suessionensis,  pro  terra  quam  emerant  a  Symone  de 
Vento  400       »       » 

26.  De  abbate  et  conventu  Sancti  Johannis  in  Vineis  Suessio- 
nensis, pro  financia  acquisitorum  suorum  48       »       » 

27.  De  hernesiis  veteribus  venditis,  per  Thomassinum  de 
Nealpha  »     40       » 

28.  De  financia  acquisitorum  in  ballivia  Viromandensi,  per 
dominum  Evrardum  Porion  et  Lisiardum  le  Jaune 

330       »       » 

29.  De  financia  acquisitorum  abbatis  et  conventus  de  Britho- 
lio  100       »       » 

30.  De  Henrrico  de  Nans,  pro  amortisatione  cujusdam  feodi 
quod  vendidit  abbati  Sancti  Fusciani  in  Bosco  et  capellanis  Béate 
Marie  Ambianensis,  per  Leonardum  le  Sec  160       »       » 

31.  De  debito  quod  Haquinus  de  Manlia  Judeus  petebat  in 
judicio  a  Guiardo  de  Herbovilla  armigero  30       »       » 

32.  De  episcopo  Claromontensi  et  abbate  et  conventu  Sancti 
Yllidii  Claromontensis,  pro  confirmatione  cujusdam  composicionis 
inter  ipsos  100       »       » 

33.  De  Leonardo  le  Sec  de  Ambianis,  per  Petrum  de  Coquerel, 
pro  bonis  captis  in  quinquenavibusAnglicorum  245     15       » 

34.  Desigilloregis,  perepiscopumDolensem  710       »       » 

35.  De  bonis  episcopi  Vincestrie  que  erant  apud  Templum 
Parisius,  per  Guillelmum  de  Hangest  seniorem    440       »       » 


242 

36.  De  domino  Adam  de  Cardineto,  pro  denariis  sibi  traditis 
par  Guillelmum  Flammingi  et  socios  suos  200       »       » 

37.  De  domino  Johanne  de  Helly,  pro  denariis  sibi  traditis 
per  Luparam  32       »       » 
et  per  cameram  denariorura  32       »       » 
et  per  Guillelmum  Flammingi  et  socios  suos        160       »       » 

38.  De  domino  Galtero  de  Capella,  pro  denariis  sibi  traditis 
per  diversas  partes  60       »       » 

39.  De  villa  Lauduni,  per  Renerum  de  la  Bêle  custodem  ibi- 
dem 3,697      8      3 

40.  De  emenda  Aelidis  dicte  Facete  de  Lauduno  et  Alberici  et 
Johannis  filiorum  ejus,  pro  suspitione  violationis  ecclesie  Laudu- 
nensis  800       »       » 

41.  De  lanis  et  coriis  captis  in  pluribus  navibus,  per  Michae- 
lem  de  Navarra  700       »       » 

42.  De  monetis  forefactis  in  ballivia  Viromandensi,  per  Renau- 
dum  du  Cavecli  9     12       » 

43.  De  décima  ejusdem  ballivie  in  diocesi  Noviomensi,  pro 
primo  anno,  per  magistrumHenrr.  de  Gauchi      120     12      9 

44.  De  debito  Radulphi  de  Medonta  clerici,  per  magistrum 
Johannem  de  Sancto  Justo  25       »       » 

45.  De  debito  domini  Pétri  de  Chambli  patris,  per  eundem 
Johannem  206     11       8 

46.  De  deffectu  equorum  ballistariorum,  per  eundem  Johan- 
nem 18      4       » 

41'.  De  vadiis  Joliannis  de  Hyenvilla  plus  computatis,  per  eun- 
dem Johannem  21       3       9 

48.  De  vadiis  Johannis  Accurrii  retentis  pro  debito  patris  sui, 
per  eundem  Johannem  12       5       6 

49.  De  magistro  Stephano  de  Lemovicis,  per  eundem  Johan- 
nem 48     10       » 

50.  De  Petro  Rollandi,  Thoma  Godin  et  aliis  mercatoribus 
Lemovicensibus  341       9      5 
per  eundem  Johannem. 

51.  De  magistro  Guillelmo  de  Erqueto,  pro  residuo  cujusdam 
financie  34       »       » 
per  eundem  Johannem. 

52.  De  majore  Rothomagi,  pro  Guarino  de  Garreriis 

80       »       » 
per  eundem  Johannem. 


2/.  3 

53.  De  abbate  Sancti  Crispini  Majoris  Suessionensis,  pro  sen- 
tentia,  per  eundem  Johannem  10       »       » 

54.  De  abbatissa  Béate  Marie  Suessionensis,  pro  eodem,  per 
eundem  Johannem  10       »       » 

55.  De  20  modiis  avene  granarii  Meleduni,  per  compotum 
Pétri  Genciani,  per  eundem  Johannem  86       9       » 

56.  De  avena  granarii  Aurel.,  per  eundem  J.  41     12       » 

57.  De  avena  granarii  de  Dordano,  pro  15  modiis  2  sextariis 

80     38       » 
per  eundem  Johannem. 

58.  De  avena  granarii  de  Stampis,  pro  22  modiis 

77       »       » 
per  eundem  Johannem. 

59.  De  avena  granarii  Pissiaci,  pro  7  modiis  11  sextariis 
1  mina  31     16       8 
per  eundem  Johannem. 

60.  De  piscibus  stagni  Petre  Fontis,  per  eundem  Johannem 

23     12       » 

61.  De  vinis  garnisionis  Gaufridi  Cocatriz,  pro  759  modiis 
8  sextariis,  40  s.  pro  modio  1,519       »       » 
per  eundem  Johannem. 

62.  Deeadem  garnisione,  pro  82  modiis  2  sextariis,  48  s.  pro 
modio  196       2       » 
per  eundem  Johannem. 

63.  De  eadem  garnisione,  pro  23  modiis  2  sextariis,  60  s.  pro 
modio  69       7       6 
per  eundem  Johannem. 

64.  De  10  doHis  vini  ejusdem  garnisionis  computatis  ad  her- 
nesia  Omnium  Sanctorum  erogatis  in  elemosina    80       >■>       » 
per  eundem  Johannem. 

65.  De  denariis  executionis  Jacobi  Louchart  de  Atrebato  leva- 
tis  per  magistrum  Johannem  Clersens  64,400  116       » 

66.  De  redditibus  senescalcie  Pontivi,  per  Jacobum  Mayngot 
receptorem  ibidem  968     17      9 

67.  De  mutuis  quorum  partes  sunt  a  tergo  41,329       4       4 

68.  De  centesima  15,708      2       4 
Partes  a  tergo. 

69.  De  quinquagesima  116,810       8       4 
Partes  a  tergo. 


70.  De  debito  defuncti  Johannis  de  Aquis,  per  ejus  execu- 
tores  649     14     11 


Summa  ^  254,275     19      3P. 

Recepta  Turonensium. 

7 1 .  De  comité  Drocensi,  pro  excambio  facto  cum  domino  Cham- 
bleii  Petro  milite,  pro  tercio  166     13       4 

72.  De  monetagio  monete  facte  Parisius,  per  Betinum  Cauci- 
nel  2,057      4      4 
et  per  Renerum  Flammingi                              17,836     15       » 
et  per  Giiillelmum  Flammingi  2,500       »       » 
et  per  Petrum  de  Medunta  et  Fascliium  Lombardum,  de  moneta- 
gio auri                                                           22,066      5       » 

73.  De  bustis  monete  auri,  per  magistrum  Petrum  la  Reue 

416      5       » 

74.  De  monetagio  monete  facte  apud  Tornacum,  per  Henrri- 
cum  et  Jeronimum  de  Lacu  fratres  7,558       8       9 

et  per  Guillelmum  Flammingi  et  socios  suos    20,384       7       7 

75.  De  monetagio  monete  facte  apud  Montem  Ferrandi,  per 
Martinum  Marci  148       »       » 

et  apud  Monsterolium  Bonin,  per  Bernardum  Remundi 

6,900  »  » 
et  apud  Summidrium,  per  Sornatum  Caucinel  2,568  12  6 
et  apud  Matis[c]onum,  per  Guidonem  de  Torne  Mare 

4,000       »       » 
et  apud  Tholosam,  per  Bernardum  Rascassol  et  Bernardum  Car- 
bone! 15,000       »       » 

76.  Deabbate  Sancte  Genovefe  Parisiensis,  pro  décima  trien- 
nii  pro  Aragonia  30       »       » 

77.  De  eodem  abbate,  pro  décima  quadriennii  pro  Aragonia, 
quam  receperat  ab  abbate  de  Ferreriis  200       »       » 

78.  De  décima  triennii  pro  Aragonia  senescalcie  Bellicadri, 
per  recep tores  ibidem  329       »       » 

79.  De  legatis indistinctis  ibidem,  per  eosdem  180     30       7 

80.  De  décima  concessa  pro  subsidio  regni  Francie  a  personis 
ecclesiasticis  ibidem,  per  eosdem  3,397       »       6 

81 .  De  décima  ordinis  Cluniacensis  pro  subsidio  ejusdem  regni, 
in  ballivia  Arvernie,  per  Girardum  Gliauchat  1,208     18       » 


82.  De  décima  non  exemptorum  in  diocesi  Claromontensi,  pro 
eodem,  per  eiindem  Girardum  064     12       » 

83.  De  tallia  Judeorum,  pro  Vivando  et  Donnardo  de  Royon 
Judeis,  per  eundem  Girardum  100       »       » 

84.  De  subventione  personarum  ecclesie  pro  regno  Francie  in 
diocesi  Rothoraagensi,  per  Baldoinum  Poutrel,  pro  magistro 
Guillelmo  Vassal  collectore  1,400       »       » 

85.  De  eadem  subventione  sub  (sic),  per  ballivum  Rothoma- 
gensem  1,115       »       » 

et  in  diocesi  Lexoviensi,  per  eundem  ballivum  1,360     13       6 

86.  De  deffectibus  servientum  castelli  Bone  Ville,  per  eundem 
ballivum  Rothomagensem  39     13       9 

87.  Dedenariis  recuperatis  a  marinariis  qui  iverunt  a  Leura 
Parisius  pro  vadiis  suis  petendis,  pro  expensis  eorum  solutis 
quibusdam  creditoribus  suis,  per  eundem  ballivum 

1,223     19      5 

88.  De  cambio  monete  argenti  apud  Harefleu,  per  eundem 
ballivum  100       »       » 

89.  Dedenariis  captis  a Bichio  et  Mouscheto,  per  eundem  bal- 
livum, ad  opus  navigii  2,750       »       » 

90.  De  denariis  captis  a  ballivo  Caleti  Adam  Halot,  per  eun- 
dem ballivum  Rothomagensem,  pro  eodem       2,722     10       » 

9 1 .  De  garnisionibus  régis  que  erant  apud  Harefleu  et  Hon- 
nefleu  et  Toucam,  de  quibus  Johannes  de  Hospitali  clericus 
habet  computare,  traditis  quibusdam  marinariis  in  solutionem 
vadiorum,  per  eundem  ballivum  2,110     10       » 

92.  De  residuo  vadiorum  debitorum  quibusdam  marinariis 
quorum  nomina  ballivus  tradidit  in  scriptis  magistris  curie 

6,724       3       1 
per  eundem  ballivum. 

93.  De  fînatione  Judeorum  in  ballivia  Rothomagensi,  per  Bal- 
doinum Poutrel  2,000       »       » 

94.  In  vicecomitatu  Vernolii,  per  Guillelmum  d'Espovilla 

129       »       » 
et  per  Johannem  de  Furno  ibidem  20       »       » 

95.  In  balliviis  Cadomensi  et  Constanciensi,  per  Johannem  le 
Hanapier  2,307       3       1 

96.  In  ballivia  Bituricensi,  per  Petrum  Lombard um  recepto- 
rem  ibidem  1,691     10       » 


216 

97.  In   ballivia    Viromandensi ,  per    Yietum   d'Aupegart 
Judeum  200       »       » 

et  per  Renaudum  du  Cavech  195       »       » 

98.  In    baUivia    Ambianensi,    per   Jocetum    de   Pontisera 
Judeum  43       »       » 

99.  In  ballivia  Caleti,  per  predictum  Jocetum,  pro  Salomone 
de  Blangi  125       »       » 
et  per  Bartholomeum  Blanc  Baston                  1,311       »     10 

100.  In  prepositura  Parisiensi,  per  Danielem  Glericum 

140     15      » 

101.  In  ballivia  Senonensi,  per  Theobaldum  Armigeri 

628      6      6 

102.  In  balliviis  Campanie,  per  Jocetum  de  Pruvino 

805       »       » 
et  per  Vivandum  de  Trecis  260       »       » 

103.  In  ballivia  Aurelianensi,  per  Egidium  Cassine 

2,200       »       » 

104.  In  ballivia  Turonensi,  per  Johannem  Gandehart 

463       »       » 

105.  De  predicta  iSnatione  Judeorum,  per  Julianam  dictara 
Ami  Diu,  pro  Kaloto  Judeo  150       »       » 

et  per  Guill.  Perrerium,  pro  eodemKaloto       1,562     10       » 
et  per  Vietum  d'Aupegart  Judeum,  pro  eodem  Kaloto 

97     10       » 

106.  De  Judeisdotalicii  defuncte  regine  Margarite,  per  Johan- 
nem. le  Paylle  de  Corbolio  267       »       » 

et  per  Danielem  Glericum  130       »       » 

107.  De  Gabriele  Judeo  de  Garnoto,  per  Renaudum  Barbou 
juniorem,  ballivum  Rothomagensem,  pro  veteri,  diu  est 

150       »       » 

108.  De  Peregrino  de  Sancto  Paulo  in  Gaturcino,  pro  com- 
positione  facta  super  bassa  justicia  Gampi  Arnaldi  et  de  Anci- 
nade  100       »       » 

109.  De  nundinis  Gampanie,  per  Florencium  de  Roya  magi- 
strum  earum  800       »       » 

110.  De  passagio  lanarum  apud  Andelot,  per  P.  Folet 

437     10       » 

111.  De  eraenda  seu  finatione  Donati  de  Vellut  de  Florencia 

600      »       » 


112.  De  forefactura  Oliveri  de  Vintemille,  per  Guillelmum 
Pétri  Becucii  20       »       » 

113.  De  Amelio  de  Villari  milite,  domino  de  Salis,  pro  con- 
firmatione  alte  justicie  de  Salis  100       »       » 

114.  De  decano  et  capitulo  Suessionensibus,  pro  emptione 
terre  de  AmbliniacoetjdeKalacumappendiciis  4,250       »       » 

115.  De  villa  Cathalani,  pro  relaxatione  denarii  de  libra,  per 
magistrum  Philippum  Conversum,  Petrum  Viarium  de  Silvanecto 
et  Guillelmum  Thiboudi  9,900       »       » 

116.  De  regalibus  Cenomanie,  per  Richardum  Bouroudi  et 
Symonem  Medicum  200       »       » 

117.  De  episcopo  Ebroicensi,  domino  Nicholao,  pro  quibus- 
dam  convencionibus  4,000       »       » 

118.  De  Petro  de  Melet  receptore  Pictavensi,  pro  denariis 
quos  receperat  a  Petro  Lombardo  receptore  Bituricensi 

10,000  »  » 
et  a  Girardo  Chauchat  receptore  Arvernie  7,300  »  » 
et  a  senescallo  Pictavensi  8,646     14      2 

119.  De  redditu  comitis  Guellensis  capto  super  regem  et  non 
soluto  eidem  comiti,  determinis  Ascensionis,  Omnium  Sanctorum 
et  Candelose  XGV°  et  Ascensionis  XCVP        1,733       6       8 

120.  De  senescallo  Pictavensi,  domino  Johanne  de  Sancto 
Dionisio,  pro  denariis  sibi  traditis  per  comitem  Attrebatensem 

500       »       » 
et  per  Symonem  Arcuarium  900       »       » 

et  per  magistrum  Johannem  de  DomnoMartino  1,700       »       » 
et  per  Johannem  de  Hospitali  clericum  1,900       »       » 

et  per  Petrum  de  Melet  receptorem  Pictavensem   700       »       » 
et  per  Egidium  capellanum  Ruphi  de  Sulhi  63     15       » 

et  per  majorem  et  communiam  Pictavenses,  pro  finatione  sua  ne 
irent  hac  vice  in  exercitum  500       »       » 

et  per  receptorem  focagii  pro  expulsione  Judeorum  de  Pict[avia] 

3,300       »       » 

121.  Deballivia  Trecensi,  per  recep tores  Campanie,  pro  fine 
compoti  sui  Omnium  Sanctorum  XCV°  10,016       6     10 

et  de  ballivia  Vitriaci  580  119      3 

et  de  ballivia  Calvi  Montis  2,793     15       » 

1 22.  Item  deballivia  Trecensi,  per  eosdem  receptores,  de  ter- 
mine Omnium  Sanctorum  XCVP  11,261       »     22 

et  de  ballivia  Vitriaci  12,495     14       6 


248 

123.  De  redditu  Anselli  de  Castaneto,  de  terminis  Omnium 
Sanctorum  XCVo  et  Ascensionis  XCVF,  capto  super  regem  et 
non  soluto,  quia  capit  in  ballivia  Aurelianensi,  ut  dicit,  equa- 
liter  30       »       » 

124.  De  magistro  Petro  la  Reue,  pro  nimis  soluto  quibusdam 
stipendiariis  galearum  99     11       6 

125.  De  senescalcia  Pictavensi,  détermine  Ascensionis  XGVI° 

11,815      6       9 

126.  De  ballivia  Arvernie,  de  eodem  termino,  de  tempore 
Johannis  de  Tria  8,400     78       4 

et  de  termino  Omnium  Sanctorum  post  5,090       5       2 

127.  De  senescalcia  Carcassonensi,  de  termino  Ascensionis 
XCVr  2,835     11       8 


Summa  264,214     14      5T. 

Valent  211,371     15      6ob.P. 

128.  De  ballivo  Rothomagensi ,  pro  fine  compoti  sui  de  scaca- 
rio  Sancti  Michaelis  XCVr  20,334     12      6 

129.  De  ballivo  Caleti  13,680  108  11 

130.  De  ballivo  Cadomensi  13,791       2  10 

131.  De  ballivo  Constanciensi  18,199       »  21 

132.  De  ballivo  Vernolii  5,465     10       » 
videlicet  per  Vernolium  1,615  1.  3  s.  et  per  Vernonem 
1,112  1.  5  s.  1  d.  et  per  Gisorcium  2,738  1.  23  d. 


Summa  tocius  scacarii  71,475     16       »T. 

Valent  57,180     12      9ob.P. 


Summa  totalisrecepte  ad  Parisienses  550,974      6       »       P. 


133.  Expensa  hospicii  régis  72,020  9       1 

134.  Expensa  regine  4,830  10       1 

135.  Expensa  liberorum  4,366  12  11 

Summa  81,217  12      IP. 


249 

ExpENSA  Parisiensium. 
Ad  hereditatem. 

136.  Abbatissa  Gerciaci,  pro  tercio  129     14     10 

137.  Heredes  Rooniaci  (partes  a  tergo),  pro  feodo  Locharum, 
pro  toto  600       »       » 
et  pro  feodo  Alenconis,  pro  toto  100       »       » 

138.  Canonici  capelle  régis  Parisius,  pro  medietate 

350       »       » 
et  pro  missa  de  defunctis,  pro  medietate  4       »       » 

139.  Gapellanus  Sancti  démentis  in  capella  régis  inferiori, 
pro  medietate  6       »       » 
et  pro  capellania  domini  Odonis  quondam  capellani  Vicennarura, 
pro  medietate  »  100       » 

140.  Gapellanus  S.  Blasii  ibid.,  pro  medietate  10       »       » 

141.  Domus  Dei  Parisiensis,  pro  medietate    180       »       » 

142.  Monachi  Regalis  Mcmtis,  pro  tercio       120       »       » 

143.  Dominus  Stephanus  de  Monte  Sancti  Johannis,  pro  feodo 
Feritatis  Alesie,  pro  toto  100       »       » 

144.  Johannes  de  Charableio  miles,  pro  toto    40       »       » 

145.  Stephanus  de  Bien  Fayte  miles,  pro  feodo  Virzonis,  pro 
toto  40       »       » 

1 46 .  Guillelmus  de  Haricuria  miles ,  pro  tercio  CG     13      4 

147.  Très  capellanie  fundate  in  ecclesia  Sancti  Dionisii,  pro 
medietate  30       »       » 

148.  Templum,  pro  redditu  empto  a  Petro  de  Ghambleio  milite, 
domino  de  Viermes,  pro  medietate  38     13       6 

149.  Gapellanus  Sancti  Germani  in  Laya,  pro  tercio 

10  »  » 

et  pro  roba,  pro  toto                                               »  60  » 

150.  Gongregatio  cecorum  Paris.,  pro  tercio  10  »  » 

151.  Gapitulum  V[er]nonense,  pro  {sic) 

152.  Gapellanus  altaris  Sancti  Micliaelis  in  ecclesia  Béate 
Marie  de  Ghambleio,  pro  medietate  10       »       » 

153.  Gauffridus  de  Perona,  pro  toto  30       »       » 

154.  Furseus  ejus  filius,  pro  toto  10       »       » 

155.  Dionisius  de  Valenc,  pro  tercio  feodi  Montis  Fortis,  pro 
toto  20       »       » 


250 


156.  Lanfrancus  Tartarus  de  Janua ,  pro  toto  100       » 

157.  Symon  de  Roseyo,  pro  medietate  10       » 


Summa  2,023       »    20P. 

Ad  mtam. 

158.  Dorainus  Johannes  de  Falvi,  protercio  333      6      8 

159.  Episcopus  de  Bethléem,  dominus  Hugo,  pro  medietate 

100       »       » 

160.  Nicliolaus  de  Peracio  miles,  pro  toto     100       »       » 

161.  Magister  Stephanus  li  Aasiez,  pro  medietate 

91     12       » 

162.  Theobaldus  de  Corbolio,  pro  medietate    20       »       » 

163.  Beatrix  soror  quondam  thesaurarii  Huberti,  pro  tercio 

4       »       » 

164.  Johannes  de  Caprosia,  5  s.  per  diem,  usque  ad  XIIP  diem 
Jidii  inclusive,  qua  obiit  »  100       » 

Summa  653     18      8P. 

Alla  eœpensa. 

165.  Renaudus  Barbou  senior,  pro  vadiis,  pro  tercio 

221       6      8 

166.  Magistri  monetarum  duo,  Betinus  CaucineUi  et  Johan- 
nes Decimarii,  pro  tercio  133       6       8 

167.  Renaudus  de  Aula  clericus  monetarum,  3  s.  per  diem 

20     11       » 

168.  Venditores  boscorum  très,  videlicet  Johannes  Venatoris, 
Stephanus  de  Bien  Fayte  miles,  quilibet  10  s.  per  diem,  et  Johan- 
nes de  Bovilla  miles,  6  s.  per  diem  178       2       » 

169.  Mensuratores  boscorum  duo,  Adam  Bouchart  et  Johan- 
nes Britonis,  quihbet  4  s.  6  d.  per  diem  61     13       » 

170.  Piscatores  très,  videlicet  Furseus  de  Perona,  3  s.  per 
diem                                                                      20     11  » 
Judocus  Roart,  2  s.  per  diem                                13     14  » 
et  Johannes  de  Calceya,  12  d.  per  diem                 6     17  » 
et  pro  cremento  de  6  d.  per  diem  per  99  dies            »     49  6 

171.  Giletus  Rougel  luparius,  pro  se,  familia,  equis  et  cani- 
)3us,  8  s.  10  d.  per  diem                                        60     10  2 


25f 

etpro  rauba  sua,  pro  medietate'                            »  50  » 

et  pro  roba  trium  servientum,  pro  toto,  equaliter    7  10  >■> 

172.  Johannes  Butin  luparius,  2  s.  per  diera    13  14  » 
et  pro  roba ,  pro  medietate                                        »  50  » 

173.  Colinus  lotrarius,  18  d.  per  diem             10  5  6 
et  pro  roba ,  pro  toto                                                  »  40  » 

174.  Magister  PetrusdeCondeto,  pro  vadiis  109  12  » 

175.  Magister  Gauffridus  de  Templo,  pro  vadiis 

109  12  » 

176.  Magister  Johannes  Clersens,  pro  vadiis  91  4  » 

177.  Dominus  Symon  de  Baillolio,  pro  vadiis  41  2  » 

178.  Jacobus  de  Luceto  clericus,  pro  vadiis     41  2  » 

179.  Johannes  de  Lillariis,  pro  vadiis               41  2  » 

180.  Magister  Sancius,  pro  vadiis                    28  16  » 

181.  Operatorium  Lupare,  per  Gilibertum       37  14  8 
et  per  Johannem  Galteri  ibidem                              50  15  » 

182.  Stephanusfaber  ibidem,  pro  misiis           34  8  » 

183.  Stephanus  de  Caméra,  pro  eodem             25  »  10 

184.  Operatorium  Montis  Argi,  per  Guillelmum  attiliatorera 
ibidem                                                                    29  2  » 

185.  Clerici  compotorum                                 26  »  » 

186.  Domina  Lucia  de  Gibelet,  pro  medietate  50  »  » 
ad  voluntatem. 

187.  Lupelli  10  et  aquila  una  »     55       » 

188.  Magister  Johannes  Clersens,  pro  nunc  mittendo 

140       »       » 
et  pro  denariis  sibi  traditis  apud  Rothomagum  pro  eundo  ad 
regem  16       »       » 

189.  Johannes  de  Lillariis  clericus,  pro  residuo  compoti  sui 

10      8       5 

190.  Dominus  Riidulphus  de  Brulheyo,  pro  expensis  per 
45  dies  Parisius  usque  ad  diem  Mercurii  post  Nativitateni  beati 
Johannis  40       »       » 

et  pro  expensis  faciendo  inquestas  super  prepositum  Parisiensem 
et  servientes  cura  magistro  Johanne  Ducis  per  30  dies  usque  ad 
Assumptionem  béate  Marie  27       »       » 

191.  Magister  Guillelraus  aurilaber,  pro  misiis  suis,  de  ter- 
mino  Ascensionis  XGVP  et  duobus  terminis  precedentibus 

178      5      3 
et  pro  platellis  ad  fructum  faciendis  80       »       » 


252 

et  pro  duobus  ciphis,  altero  auri  et  altero  argenti,  quos  rex  émit 
ab  ipso  240     11       » 

192.  Jehenotus  de  Vallibus  filius  quondam  Odardi  Rebracj'-e 
de  Ponte  Sancte  Maxencie,  pro  boscis  suis  per  gentes  régis  ven- 
ditis  per  errorem  et  sibi  restitutis  20       »       » 

193.  Magister  Guido  de  Nogento  in  Bassigneyo,  pro  via  Bri- 
tannie  pro  quinquagesima  20       »       » 

194.  Item  24       »       » 

195.  Girardus  de  Maria,  pro  eodem  ibidem        8       »       » 

196.  Petrus  Chevalier,  pro  eodem  ibidem        16       »       » 

197.  Magister  Guillelmus  cantor  Milliaci  et  Renaudus  de 
Giresmo,  pro  denariis  sibi  traditis  per  receptorem  Bituricensem 
pro  negocio  quinquagesime  94       »       » 

198.  Magister  Michael  de  Codreyo  et  Nicholaus  Caillet,  pro 
fine  compoti  sui  de  expensis  faciendo  colligi  quinquagesimam  in 
bailivia  Viromandensi  28       8       2 

199.  Dominus  Robertus  de  Freauvilla  presbiter  et  magister 
Philippus  le  Mastin,  pro  fine  compoti  sui  de  expensis  faciendo 
colligi  quinquagesimam  in  senescalcia  Bellicadri  28     16     11 

200.  Magister  Baldoinus  Alani,  pro  eodem  in  bailivia  Turo- 
nensi  cum  Guillelmo  Otran  31       »     19 

201.  Guillelmus  Otran,  pro  eodem  ibidem  9  5  7 
et  pro  negocio  centesime  ibidem  8       6       6 

202.  Dominus  Galterus  canonicus  capelle  régis  Parisius,  pro 
operibus  capelle  Vicennarum  100       »       » 
nona  die  Julii. 

203.  Idem,  pro  expensis  puerorum  capelle,  usque  ad  domini- 
cam  post  Sanctum  Albinum,  et  pro  roba  eorum  Omnium  Sancto- 
rumXGV»  99     18       » 
et  pro  uno  breviario  facto  pro  rege                      107     10       » 
XXV^  die  Augusti. 

204.  Idem,  pro  expensis  scolarium,  beguinarum  et  converso- 
rum,  per  60  septimanas,  usque  ad  dominicam  ante  Magdalenam 
XCVP  397     11       9 

205.  Idem,  pro  operibus  Lupare  50  »  » 
XIX''  die  Octobris,  et  pro  operibus  et  conversis  100  »  » 
ultima  die  Octobris. 

206.  Egidius  de  Lauduno,  quondam  prepositus  Montis  Desi- 
derii,  pro  denariis  sibi  redditis,  quos  habebat  in  deposito  in  abba- 


253 

cia  Sancti  Eligii  Noviomensis,  captis  et  redditis  régi  in  compotis 
Omnium  Sanctorum  XCV°  77     16       » 

207 .  Magister  capelle  régis  Parisius,  pro  neccessariis  ejusdem 
capelle  et  percameno  180  100       » 

208.  Dominus  Philippus  capellanus  episcopi  Dolensis,  pro 
litteris  boscorum,  usque  ad  Pascham  XGVl-^         16       7       » 

209.  Stephanus  et  Egidius  Apelot  frdtres  de  Giemo,  pro 
denariis  quos  solverunt  de  mandato  régis  Stephano  de  Messilles 

27      5       » 

210.  Magister  Guillelmus  de  Lavercines,  pro  uno  equo  mor- 
tuo  et  alio  reddito  curie,  de  via  ad  computandum  de  décima  pro 
subsidio  regni  in  provincia  Senonensi  20       »       » 

211.  Magister  Johannes  Ducis,  pro  expensis  factis  faciendo 
inquestas  super  servientes  régis  40       »       » 

212.  Idem  et  Johannes  de  Sancto  Leonardo  prepositus  Pari- 
siensis,  pro  expensis  factis  pro  negocio  régis  40       »       » 

213.  Dominus  Johannes  de  Atrebato,  pro  centesima  terre  sue 
in  balhvia  Bituricensi  levata  et  sibi  restituta,  per  Petrum  Lom- 
bardum  receptorem  Bituricensem,  in  diversis  partibus 

252     19      3 

214.  Et  pro  mutuis  hominum  suorum  de  Maceyo  in  eadem 
ballivia,  sibi  restitutis,  per  eundem  Petrum,  videlicet  pro  Guil- 
lelmoleCousturieret  Johanneâhosuo  equaliter     48       »       » 

215.  Honoratus  illuminator,  pro  hbris  régis  illuminatis 

20       »       » 

216.  Dominus  Johannes  de  Chintrellis  ballivus  Masticonensis, 
pro  denariis  redditis  régi  pro  rotellis  Judeorum  per  très  annos  et 
alias  redditis  régi  per  compotum  Bichii  44       5       6 

217.  Prepositus  Parisiensis,  pro  solvendo  domum  Egidii  de 
Aureliano  captam  pro  coquina  régis  Parisius        72       »       » 

218.  Petrus  de  Remis  valletus  régis,  pro  via  Burgundie 

10       » 
219.SymonPicardi,missusapudBellicadrum  10       »       » 

220.  Guillelmus  de  Hangesto  junior,  ballivus  Cadomensis, 
pro  negocio  régis  100       »       » 

221.  Episcopus  Dolensis,  pro  toto  residuo  mutui  quodfecerat 
régi,  sibi  reddito  660       »       » 

222.  Filie  Dei  Parisienses,  super  pensione  sua,  ex  niutuo 

80       »       » 
IIIP  die  Septembris,  et  XXV''  die  Septembris       80       »       » 

il 


254 

223.  Magister  pueororura  {sic)  capelle  régis  Parisius,  pro 
eorum  neccessariis,  in  duabus  partibus  90       »       » 

224.  Johannes  de  Malla,pro  vadiis  suis,  de  tempore  preterito 

100       »       » 

225.  Antelinusde  Varignies  et  Johannes  castellanus  Nigelle, 
milites,  pro  expensis  factis  in  assisia  terre  domini  Ludovic!  fra- 
tris  régis  300       »       » 

226.  Magister  Guillelmus  de  Gisorcio,  missus  ad  partes  Aure- 
lianenses  pro  centesima  20       »       » 

227.  Frater  Petrus  de  Paredo,  prior  de  Cliesa,  missus  pro 
negocio  régis  100       »       » 

228.  Magister  Robertus  Foyson  et  Symon  de  Marchesiis 
miles,  inquisitores  in  ballivia  Silvanectensi,  pro  denariis  sibi  tra- 
ditis,  per  Guillelmum  de  Sancto  Vincencio  100       »       » 

229.  Magister  Symon  Boel,  missus  in  predictam  balliviam 
Silvanectensem  pro  negocio  quinquagesime,  per  eundem  Guillel- 
mum 60       »       » 
in  tribus  partibus. 

230.  Johannes  Majoris  de  Argentolio,  pro  eodem  ibidem,  per 
eundem  Guillelmum  60       »       » 

231.  Symon  et  Johannes  predicti,  pro  eodem  ibidem,  per  eun- 
dem Guillelmum  60       »       » 

232.  Abbas  Joyaci,  thesaurarius,  pro  expensis  factis  in  via 
apud  Magdunum  super  Ligerim  pro  negocio  régis    9       »       » 
et  apud  Pruvinum  pro  mutuis  procurandis  14       »       » 
et  apud  Trecas  pro  eodem                                       25       »       » 

233.  Stephanus  Haudri,  pro  burello  ad  computandum  in 
caméra  denariorum,  per  ïhomassinum  4     16       » 

234.  Magister  Laurencius  de  Monte  Forti  et  Arnulphus  Mer- 
lini,  pro  residuo  expense  sue  de  via  Viromandie  et  Flandrie  pro 
quinquagesima  92     13       » 

235.  Girardusbarillarius,  provinis  emendis   500       »       » 

236.  Magister  Stephanus  de  Susi  archidiaconus  Brugensis, 
missus  ad  electionem  Cameracensem  30       >       » 

237.  Guillelmus  de  Ripperia  miles,  pro  palliis  Nativitatis 
XGV"  et  Penthecostes  XGVP  10       »       » 

238.  Idem,  inquisitor  in  ballivia  Senonensi,  pro  denariis  sibi 
traditis,  per  Theobaldum  Armigeri  receptorem  ibidem,  in  tribus 
partibus  200       »       » 


255 

239.  Idem  Guillelmus  et  raagister  Radulphus  de  Mellento,  pro 
eodem  ibidem,  per  emidem  Theobaldum  80       »       » 

240.  Archidiaconus  Aurelianensis,  magister  Johannes,  pro 
eodem  ibidem,  per  eundem  Theobaldum,  in  quatuor  partibus 

200       »       » 

241.  Dominus  Robertus  Régis  canonicus  Sancti  Quintini, 
missus  in  predictam  balliviam  Senonensem  pro  negocio  quinqua- 
gesime  .  62    10       » 

242.  Idem  Robertus  et  Symon  Payen,  pro  eodem  ibidem 

32       »       » 

243.  Magister  Petrus  de  Bello  Monte,  pro  eodem 

12  »       » 
per  predictum  Theobaldum. 

244.  Item  cantor  Milliaci  Guillelmus,  pro  eodem  in  ballivia 
Bituricensi,  per  Petrum  Lombardum  receptorem  ibidem 

88       »       » 

245.  Magister  Renaudus  de  Giresmo,  per  eundem  Petrum, 
pro  eodem  ibidem  184       »       » 

246.  Predicti  cantor  et  Renaudus,  pro  eodem  ibidem,  per 
eundem  Petrum  40       »       » 

247.  Cornes  Sancti  Pauli,  dominus  Guido,  pro  vadiis  suis, 
antequam  esset  buticularius  Francie,  per  65  dies,  4  s.  per  diem 

13  »       » 

et  postquam  fuit  buticularius,  cum  rege,  per  93  dies,  25  s.  per 
diem  116      5       » 

et  sine  rege,  apud  Sanctum  Quintinum,  per  87  dies,  usque  ad 
diem  Lune  in  crastino  Sancti  Martini  hyemalis,  60  s.  per  diem 

261       »       » 

248.  Magister  Johannes  de  Forest,  pro  expensis  suis  in  sca- 
cario  Sancti  Michaelis  p3r  24  dies,  4  s.  per  diem  26       4       » 

249.  Jacobus  Louchart  de  Attrebato,  pro  mutuo  sibi  reddito, 
per  magistrum  Johannem  Clersens  3,200       »       » 

250.  Gauffridus  Cocatriz,  pro  garnisionibus  faciendis,  per 
eundem  Johannem  2,000       »       » 

251.  Item  dominus  Galterus  de  Capella,  pro  operibus,  per 
eundem  Johannem  500       »       » 

252.  Johannes  Arrode,  pro  denariis  sibi  traditis,  per  eundem 
Johannem  2,600       »       » 

253.  Executores  Jacobi  Louchart  predicti,  pro  quibusdam 


256 

litteris   domini   P.  Grignart  redditis  eisdem  executoribus,  per 
eundem  Johannem  Clersens  300       »       » 

recuperandas  super  executores  predictos. 

254.  Magister  Robertus  de  Politisera,  pro  denariis  sibi  tra- 
ditis,  per  eundem  Johannem,  pro  negocio  régis     80       »       » 

255.  Monachi  de  Frigido  Monte,  pro  garnisionibus  captis  ab 
ipsis,  per  eundem  Johannem  68       »       » 

256.  Idem  Johannes  Clersens,  proexpensis  suis  per  lÔOdies, 
procurando  peccuniam  de  testamento  Jacobi  Louchart  predicti 

167       2       » 
et  pro  hernesiis,  nunciis  missis  et  ahis  neccessariis  46     1 1       8 
et  pro  vectura  denariorum  de  dicto  testamento      80     74     10 
et  pro  uno  palafredo  et  uno  summario  mortuis  in  prosecutione 
dicti  testamenti  40       »       » 

et  pro  salario  cujusdam  tabellionis,  cujusdam  clerici,  quatuor 
servientum,  et  pro  scriptura  104       »       » 

257.  Operatorium  Meleduni,  per  Petrum  le  Vache 

60     10       » 

258.  Thesaurarii,  pro  Htteris  et  nunciis  missis  pro  negocio 
régis  pluries  per  diversa  loca  a  tempore  quo  inceperunt  officiura 
thesaurarie  usque  ad  istos  compotos  Omnium  Sanctorum  XGVI" 

87       »       6 
et  pro  pargameno  et  incausto  »     68     10 

et  pro  operibus  armariolorum  apud  Luparam,  seris,  clavibus  et 
aliis  minutis  20     16       » 

259.  Johannes  Wuyde  Rue  de  Compendio,  pro  denariis  tra- 
ditis  Martino  Pethiot  pro  garnisionibus  faciendis  Rothomagi,  de 
quibus  idem  Martinus  conputavit  17       4       » 

260.  Abbas  Joyaci,  IVater  Henrricus,  thesaurarius,  super 
expensas  suas  a  tempore  quo  incepit  officium      500       »       » 

Summa  17,400     67     9  P.^ 


1.  Ce  total  est  erroné;  il  faudrait  17,903  1.  7  s.  9  d.  C'est  la  seule  faute  d'addi- 
tion qui  soit  dans  tout  ce  compte. 


257 

(Verso.) 
COMPOTUS  THESAURARIORUM  LUPARE 

DE  TERMINO  0.  S.  XGVI".  —  ni"^ 


Prepositure 

8,018 

7 

IIP. 

videlicet  : 

261.  Parisius 

6 

7 

11 

262.  Mons  Letherici 

196 

12 

2 

263.  Gonessa 

92 

9 

2 

264.  Castrum  Forte 

70 

» 

7 

265.  Corbolium 

239 

3 

2 

266.  Pissiacum 

60 

13 

9 

Summa 

665 

6 

9 

267.  Silvanectum 

211 

7 

4 

268.  CalvusMons 

32 

6 

8 

269.  Pontisera 

210 

19 

9 

270.  Bellus  Mons  et  Asnerie 

107 

7 

3 

271.  Pons  Sancte  Maxencie 

129 

5 

1 

272.  Compendium 

171 

10 

6 

273.  Bestisiacum  et  Verbria 

316 

12 

7 

274.  Petra  Fons 

327 

17 

11 

275.  Chosiacum  et  Thorota 

146 

2 

8 

Summa 

1,653 

9 

9 

276.  Viromandia  :  Laudumim 

499 

13 

3 

277.  ViEa  Nova  Régis  in  Belvacinio 

100 

» 

» 

278.  Mons  Desiderii 

72 

10 

8 

279.  Roya 

449 

15 

» 

280.  Sanctus  Quintinus  et  Ribemons 

236 

9 

2 

281.  Calniacum 

89 

6 

8 

282.  Perona 

496 

13 

10 

Summa 

1,944 

8 

7 

258 


283.  Ambiani  327  17  2 

284.  Bella  Quercus  300  25  4 

285.  Dullendium  69  18  8 

286.  Monsterolium  et  Sanctus  Richarius  351  2  8 


Summa  1,050      3     10 


287.  Senonis  519  2  3 

288.  Pontes  super  Yonam  32  »  » 

289.  Granchie  6  13  4 

290.  Villa  Nova  juxta  Senonis  225  7  8 

291.  Vallis  Maura,  Fossa  Maura,  R[i]v[e]ria  et  Maalejum 

40  »  » 

292.  Chesayum,  Lissiacum  et  Voos  78  9  2 

293.  Dooletum  7  10  » 

294.  Flagiacum  30  »  » 

295.  Loretum  in  Boscagio  25  »  » 

296.  Dymons  30  »  » 

297.  Nemosium  38  10  8 

298.  Moretum  160  61  » 

299.  Samesiiim  20  »  » 

300.  Gressium  et  Capella  69  5  » 

301.  Meledimum  25  7  11 

302.  Castellatum  46  13  4 

303.  Castrum  Nantonis  170  14  6 

Summa 

304.  Aurelianum 

305.  Castrum  Novum 

306.  Novilla 

307.  Curciacum 

308.  Vitriacum 

309.  Burgus  Novus 

310.  Boscus  Communis 

311.  Evra 

312.  Hyenvilla 

313.  Mons  Argi 

314.  Gepeyum 

315.  Lorriacum 

Summa 
Summa  totalis,  ut  prius  8,018      7     11 


1,527 

14 

10 

792 

4 

10 

12 

14 

4 

31 

13 

4 

13 

6 

8 

10 

» 

» 

4 

13 

4 

30 

2 

4 

4 

» 

12 

152 

» 

» 

58 

15 

8 

20 

» 

» 

47 

12 

8 

1,177 

4 

2 

259 

Demutuis  41,329      4     4  P. 

videlicet  : 

316.  De  Aelide  de  Baayllon,  per  Renaudum  du  Cavech 

62      »      » 
XXV*  die  Junii,  in  crastino  Nativitatis  beati  Joliannis. 

317.  De  Johanne  de  Sancto  Verano  200       »       » 
XXVI*  die  Junii. 

318.  De  Corbolio  et  castellania  ibidem,  pro  prima  medietate, 
600 1.  V*  die  Julii,  et  XIIIL-^  die  Augusti  412 1.,  et  XXV^  die  Se- 
ptembrisl001.,etIIPdieOctobris881.Summa  1,200       »       » 

319.  De  residuo  mutuorum  factorum  a  burgensibus  Rotho- 
magi  nominatis  a  tergo  compoti  ballivi  Rothomagensis  Pasche 
XCVP,  820  1.  Tur.  XVP  die  Julii  et  alias  656       »       » 
per  ballivum. 

320.  De  villa  Parisius,  per  Nivardum  72       »       » 
XVP  die  Augusti. 

321.  De  Goberto  Sarraceni  de  Lauduno         300       »       » 
XVII*  die  Augusti. 

322.  De  Johanne  Richomme   de    Cathalano  1,000  1.  Tur. 
Valent  800       »       » 
Par.  XIX^  die  Augusti. 

323.  De  Dulchio  Manier,  de  societate  Bardorum  de  Florencia, 
500 1.  Tur.  Valent  400       »       » 
Par.  XXV*  die  Augusti. 

324.  De  Bindo  Escarche,  de  societate  Cerdorum  Alborum  de 
Florencia,  500 1.  Tur.  400       »       » 
tune. 

325.  De  Ouberto  Jonte,  de  societate  Cerdorum  Nigrorum  de 
Florencia,  500 1.  Tur.  400       »       » 
tune. 

326.  De  Lappo  Piti,  de  societate  Mozorum  de  Florencia, 
500 1.  Tur.  400       »       » 
XX VP  die  Augusti. 

327.  De  ballivia  Silvanectensi,  per  GuiUelmum  de  Sancto 
Vincencio,  556  1.  XX VP  die  Augusti,  et  XXVIIF'^  die  Octobris 
150 1.  3  s.  Summa  706      3       » 

328.  De  Alpicio  Dyan,  de  societate  Scotorum  de  Placencia, 
per  dictum  Vidaume,  2,000 1.  Tur.  1,600       »       » 
XXVIP  die  Augusti. 


260 

329.  De  Renero  de  Passu  de  Florencia,  per  dictum  Vidaume, 
600 1.  Tur.  480       »       » 
tune. 

330.  De  Girardo  Capon. ,  Guidone  Cavassole,  Lanceloto  d' An- 
goyssole  et  Johanne  de  Vantiduno,  pro  se  et  aliis  campsoribus 
de  Placencia,  3,500 1.  Tur.  2,800       »       » 
XXX^  die  Augusti. 

331.  De  dicto  Bons  Gayne  Lombarde  500  1.  Tur. 

400       »       » 
Par.  tuDc. 

332.  De  societate  Petrucie  1,000  1.  Tur.        800       »       » 
tune. 

333.  De  societate  Clarencium  de  Pistorio  2,000 1.  Tur. 

1,600       »       » 
tune. 

334.  De  Lappo  Piti,  de  societate  Scale,  800  1.  Tur. 

640       »       » 
ultima  die  Augusti. 

335.  De  societate  Spine  de  Florencia,  per  Renuchium  Hugo- 
nem,  2,000 1.  Tur.  1,600       »       » 
IIIP  die  Septembris. 

336.  De  Adam  Halot,  per  Bartholomeura  Blanc  Baston, 
1,017  1.  8  s.  6  d.  Tur.  tune  et  alias  813     18     10 

337.  De  villis  Attrebati  et  Corbeye,  per  Galterum  Loth  et 
Thomam  Rustici  procuratores  Bichii  et  Mouscheti,  9,547  1. 
10  s.  Tur.  (partes  apud  raagistros  per  cedulam)  ;  valent 

7,638       »       >•» 
XXV'^  die  Septembris. 

338.  De  villa  et  castellania  Pissiaci,  per  Hugonem  de  Passu, 
1,0601.  prima  die  Octobris,  et  XX^  die  Octobris  4051.,  et  ultima 
die  Novembris  99 1.  Summa  1,564       »       » 

339.  De  Roberto  et  Baldo  Crispini  fratribus  de  Atrebato 
7,300  1.  VP  die  Octobris,  et  XVP  die  Octobris  863  1. ,  et 
XXP  die  Octobris  1,830 1.  Summa  9,993       »       » 

340.  De  villa  et  castellania  Pontisare,  per  Guillelmum  de 
Ruella,  j  ,800  1.  XVIIP  die  Octobris,  et  XVIP  die  Novembris 
700  1.,  et  ultima  die  Novembris  135  1.  2  s.  6  d.,  et  per  Johan- 
nemMinerii,  XXIIP  die  Octobris,  2,600  L,  etXVIPdie  Novem- 
bris 450  1.,  et  ultima  die  Novembris  39  1.  Summa 

5,724      2      6 


261 

341.   De  Vernone  et  castellania  ibidem,   per  Guillelraum 
d'Espovilla,  100 1.  Tur.  80       »       » 

VIP  die  Novembris. 


Summa  totalis,  ut  prius  41,329       4     4P. 


Decentesima  15,708      2     4P. 

videlicet  : 

342.  De  prepositura  Sancti  Quintini,  per  Renaudum  du 
Cavech,  pro  magistro  Henrrico  de  Gauchi,  106  s.  XXV^  die 
Junii,  et  XXP  die  Octobris  00  1.  Summa  65       6       » 

343.  De  prepositura  Montis  Desiderii,  per  Egidium  de  Lau- 
duno  quondam  prepositum  ibidem,  120  1.  13  s.  XP  die  Julii,  et 
X*  die  Octobris  38 1.  15  s.  Summa  159       8       » 

344.  De  ballivia  Rothomagensi,  per  ballivum,  592  1.  11  s. 
4  d.  Tur.  474       »     13 
XVP  die  Julii. 

345.  De  ballivia  Bituricensi,  per  Petrum  Lombardum  rece- 
ptorem  ibidem  248       8     10 
IIP  die  Augusti. 

346.  De  Balneolis  Sancti  Eblandi  7     10       » 
XVIP  die  Septembris. 

347.  De  vicecomitatu  Cadomensi,  per  Johannem  le  Hana- 
pier,  200 1.  Tur.  160       »       » 
XVIIP  die  Julii. 

348.  De  ballivia  Gisorcii,  per  Guillelmum  d'Espovilla,  740  1. 
Tur.  592      »       » 
XXVIP  die  Septembris. 

349.  De  ballivia  Ambianensi,  per  Galtherum  Loth  et  l'iio- 
inam  Rustici  procuratores  Bicliii  et  Mouscheti,  17,315  1.  10  s. 
G  d.  Tur.  (partes  apud  magistros  per  cedulam)  XXV  die  Se- 
ptembris; valent  13,8521.  8s.  5  d.;  et  XXVP  die  Octobris,  per 
magistrum  Herricum  de  Gauchi,  149  1.  Summa 

14,000     28       5 


Summa  totalis,  ut  prius  15,708       2      4 


262 

De  quinquagesima  116,810      8     4P. 


videlicet  : 

350.  De  parrochia  de  Meudon,  de  Sevré  et  de  Villa  d'Avray 

42       »       » 
XXV*  die  Junii  incrastino  Nativitatis  beati  Johannis. 

351.  De  Arcolio  12     16       » 
tune. 

352.  De  Lupicenis  17       »       » 
tune. 

353.  De  Sancto  Clodoaldo  18  1.  tune,  et  XIX*  die  Septem- 
bris  4 1.  Summa  22       »       » 

354.  De  Fossis  et  de  Bello  Fonte  37       »       » 
tune. 

355.  De  Calvimontello  7       »       » 
tune. 

356.  De  Darenciaeo  »     75       » 
XXVI'-^  die  Junii. 

357.  De  Burgello  7       »       » 
tune. 

3*58.  De  Croissiaco  »     40       » 

tune. 

359.  De  S.  Marcello,  Laorcenis  et  Murellis    14       »      » 
tune. 

360.  De  Haubervillari  et  Capella  50     10       » 
tune. 

361.  De  Crepieordio  et  Curia  Nova  12       »       » 
tune. 

362.  De  villa  Saneti  Dionisii,  per  Johannem  de  Marolio  et 
Stephanum  de  Solario  160 1.,  et  per  Egidium  Rigot  et  Nieholaum 
de  Medunta  100  1.,  et  per  Johannem  Patart  et  Henrrieum  de 
Vaudernant  36 1.,  tune  totum.  Summa  296       »       » 

363.  De  Espiers  20       »       » 
XXVIP  die  Junii. 

364.  De  Corbolio  48       »       » 
tune. 

365.  De  Royssiaeo  16  1.  tune,  et  XIX*  die  Septembris  8  1. 
Summa  24       »       » 

366.  De  Fraxinis  juxta  Burgum  Régine  et  Villa  Millan 

»     60      » 
tune. 


263 

367.  DeGonessa,  Tilleyoet  Vaudernant         23      »       » 
tune. 

368.  De  Cormeliis,  Feritate,  Montiniaco  et  Francovilla  in 
dominio  abbatis  Sancti  Dionisii  80       »       » 
XX VHP  die  Junii. 

369.  De  Balneolis  Sancti  Erblandi  36  1.  timc,  et  XVII'^  die 
Septembris  100  s.  Summa  41       »       » 

370.  De  Allodiis  Régis  versus  Pissiacum         17       »       » 
tune. 

371.  De  Orliaco  67  1.  10  s.  XXIX^  die  Junii,  et  XXP  die 
Septembris  80 1.  Summa  147     10       » 

372.DeSorenisetdePuteauscumpertinenciisl6        »       » 
ultima  die  Junii. 

373.  De  Antoniaco  et  prepositura  ibidem  52  1.  11  s.  tune,  et 
XVIIP  die  Septembris  28  1.  10  s.  Summa  80    21       » 

374.  De  Villa  Pieta  8       »       » 
tune. 

375.  De  Laiaco  et  Civilliaco  19     12      » 
tune. 

376.  De  Puteolis,  Castaneto  et  Jaygniaeo  7       »       » 
tune. 

377.  De  Bouconval 
tune. 

378.  De  Jassignioc 
tune. 

379.  De  Maciaco 
prima  die  Julii. 

380.  De  Argentolio 
ir^  die  Julii. 

381.  DeGargiis,  Ermonovilla,  Bonolio,  Setayns  et  Dugniaco 

6       »       » 
tune. 

382.  DeMoneiaco  Novo  6       »       » 
tune. 

383.  De  Petra  Ficta  et  Sancto  Leodegario       24       »       » 
tune. 

384.  De  Longo  Piro  et  Moneiaco  Veteri  6       »       » 
tune. 

385.  De  Vemarç  10      »       » 
tune. 


» 

45 

8 

8 

32 

» 

110 

» 

264 

386.  De  Malliacola  Vile  16       »       » 
tune. 

387.  De  Parisius  in  parrochia  Sanctorum  Lupi  et  Egidii 

60       »       » 
IP  die  Julii. 

388.  DeRungiaco  8      4       » 
IIP  die  Julii. 

389.  De  Villa  Nova  Régis  18       »       » 
IIIP  die  Julii. 

390:  De  Villaribus  super  Briacum  11     14       » 

tune. 

391.  De  VillarileBel  30       »       » 
tune. 

392.  De  Ghavenolio  versus  Pissiacum  11       5       » 
tune. 

393.  De  Sancto  Leodegario  in  Laya  et  de  Hanemont 

13       »       » 
tune. 

394.  De  Pentino  et  parrochia  ibidem  19      4      » 
tune. 

395.  De  Vitriaco,  Yvriaeo,  Thioys,  Grignon  et  Choysi 

116       »       » 
tune. 

396.  De  Sercellis  60       »       » 
VIP  die  Julii. 

397.  DeLusarchiis  40       »       » 
tune. 

398.  De  Sancto  Germano  in  Laya  40       »       » 
tune. 

399.  De  Cauda,  Pontaz  et  Amboysa  20       »       » 
tune. 

400.  De  Jablines  9     12       » 
XIP  die  Julii. 

401.  De  Marolio  et  Stagno  subtus  Marliacum  Castrum  et  de 
Fourqueus  49       2       » 
tune. 

402.  De  Monte  Martirurn,  Cligneneourt  et  quadam  parte  Vil- 
lete  Sancti  Lazari  23       »       » 
XVIP  die  Julii. 


265 

403.  De  Pissiaco  et  parrochia  ibidem,  Mesnilio,  Quarreriis  et 
quadam  parte  Archeriarum  50       »       » 
XIX^  die  Julii. 

404.  De  Mesnilio  Alberici  22       »       » 
XX^  die  Julii. 

405 .  De  Mesnilio  Domine  Rancie  16       »       » 
tune. 

406.  De  Ferreriis  juxta  Latiniacum  super  Maternam 

»  100       » 
XXP  die  Julii. 

407.  De  Capella  versus  Sanctum  Dionisium  23  1.  XX VP 
die  Julii,  et  XXIIIP  die  Sepiembris  13  1.,  et  ultima  die  Octo- 
bris  7 1.  Summa  43       »       » 

408.  De  villa  Sancti  Cfermani  de  Pratis,  Vanvis  et  Yssiaco 

40       »       » 
ultima  die  Julii. 

409.  De  Yverniaco  »  115       2 
prima  die  Septembris. 

410.  De  Ruolio  juxta  FeritatemAncoul  4     IG       » 
tune. 

411.  De  Feritate  Ancoul  48  1.  tune,  et  XXV^  die  Septem- 
bris 80 1.  Summa  128       »       » 

412.  De  Vinantes  »     60       >-> 
IP  die  Septembris . 

413.  De  Juliaco  8       »       » 
tune. 

414.  De  Sancto  Maxirao  et  Vinolio  40  1.  tune,  et  XIX='  die 
Septembris  141.  8  s.  Summa  54       8       » 

415.  De  Montigyer  et  parrochia  ibidem  »     64       1 
tune. 

416.  De  Nantolheto  »    68       » 
tune. 

417.  De  parrochia  Ayssone  et  villa  Gorbolii  in  eadem  parro- 
chia 52       »       » 
IIIP  die  Septembris. 

418.  DePalacioloetChamplant  11       2       » 
XIII'  die  Septembris. 

419.  De  Charrona  »  107      3 
Xllir^  die  Septembris. 


266 

420.  De  Marliaco  Castro  40     10       » 
XV"  die  Septembris. 

42 1 .  De  Gastaneto  et  Alneto  versus  Burgum  Régine 

32      »       » 
XVIP  die  Septembris. 

422.  De  Geaus  le  Grant  et  Geaus  le  Petit  et  Plesseyo 

»     60      » 
XVIIP  die  Septembris. 

423.  De  Fossatis  et  Varenna  22       »       » 
tune. 

424 .  De  Villa  Nova  subtus  Doranum  Martinura  12       »       » 
XIX''  die  Septembris. 

425.  De  Gampiniaco  versus  Fossata  13       »       » 
tune. 

426.  De  Fontaneto  versus  Vicennas  8       »       » 
XX"  die  Septembris. 

427.  De  Germiniaco  9     12       » 
XXIP  die  Septembris. 

428.  De  Triaco  le  Port  et  Danciaco  7  1.  5  s.  4  d.,  et  de  quo- 
dam  vico  de  Triaco  qui  est  ad  usus  Gampanie  104  s.  9  d.  tune. 
Summa 

429.  De  Iciaco  et  Ghangiaco 
tune. 

430.  De  Limolio  et  parrochia  ibidem 
tune. 

431.  De  Gompenso  et  Gondeto 
XXIII"  die  Septembris. 

432.  De  Varetes 
XX VU"  die  Septembris. 

433.  De  Thius  subtus  Domnum  Martinum 
ultima  die  Septembris. 

434.  De  Ghristolio 
XVIir*  die  Octobris. 

435.  De  Kala 
XXIP  die  Octobris. 

436.  De  Armenteriis  prope  Meldis 
XXVI"  die  Octobris. 

437.  De  Malo  Regardo 
tune. 


12 

10 

1 

28 

16 

» 

» 

50 

» 

6 

» 

» 

20 

16 

>> 

14 

10 

» 

30 

» 

» 

23 

» 

» 

15 

4 

» 

14 

» 

» 

267 

438.  De  Domunculis  44       8       » 
XXVIII'  die  Octobris. 

439.  De  Mitriaco,  Moyriaco  et  ViUa  ad  Asinos  40       »       » 
tune. 

440.  De  Joyaco  super  Morayn  16      »       » 
tune. 

441.  De  Phauresmouster  in  Bria  eum  pertinenciis 

34       »       » 
tune. 

442.  De  Cella  in  Bria,  Villari  Templi  et  Ramato  Villari 

19      4       » 
tune. 

443.  De  Villari  super  Morayn  10       »       » 
III"  die  Novembris. 

444.  De  Villa  Nova  Saneti  Georgii  6     10       » 
tune. 

445.  De  ballivia  Silvanectensi,  per  Guillelmum  de  Sancto  Vin- 
ceneio,  2,357  1.  Vr*  die  Julii,  et  XXVI"  die  Augusti  152  1. 
7  s.  1  d.,  et  XXVIIP  die  Oetobris  in  duabus  partibus  1,573  1. 
4  s.  11  d.  Summa  4,080     52       » 

446.  De  ballivia  Viromandensi,  per  Renaudum  du  Cavech, 
2,158  1.  XXV"  die  Junii,  et  XXX"  die  Julii,  per  eundem 
Renaudum,  1,900  1.  78  s.,  et  IX'  die  Augusti,  per  eundem 
Renaudum,  3001.,  et  XXP  die  Oetobris,  per  eundem  Renaudum, 
1,144  1.  12 d.  —  In  prepositura  Montis  Desiderii,  per  Gilibertum 
Boyvin,  102  1.  XXIX"  die  Julii,  et  X"  die  Octobris,  per  eundem 
Gilibertum,  78  1.  5  s.  —  In  prepositura  Lauduni,  per  Herricum 
Liziardi,  480  1.  XXVI"  die  Julii,  pro  Goberto  Sarraceni,^  et 
VI"  die  Augusti  798  1.,  per  Odardum  Sarraceni,  et  XVII"  die 
Augusti,  per  eundem  Odardum,  4201.,  et  IIP  die  Novembris, 
per  eundem  Odardum,  942 1.  —  Summa         8,326      4       » 

447.  De  ballivia  Ambianensi,  per  Arnulphumde  Gambio,  pro 
Symone  de  Groyaco,  635  1.  XXIX"  die  Julii,  et  II"  die  Septem- 
bris  1,1081.  Summa  1,743       »       » 

448.  De  senescallia  Pontivi,  per  Jacobum  Mayngot 

140       »       » 
II"  die  Augusti. 

449.  De  ballivia  Senonensi,  per  Theobaldum  Armigeri, 
2,2601.  X"  die  Julii,  et  XIX"  die  Septembris  1,742  1.  2  s.,  et 
XXII"  die  Novembris  1,620  1.  10  s.  10  d.,  XXIII"  die  Novem- 
bris 4,440  1.  4  s.  9  d.  Summa  10,068     17       7 


268 

450.  De  ballivia  Aurelianensi,  per  Egidium  Cassine,  15,758 1, 
15  s.  5  d.  XXV-^  die  Septerabris,  et  XVIP  die  Octobris  845  1. 
4  d.  Summa  16,600    75      9 

451.  De  ballivia  Bituricensi,  per  Petrum  Lombardum  rece- 
ptorem  ibidem,  5,068  1.  XV^  die  Julii,  et  XX VHP  die  Julii 
825  1.  15  s.,  et  IIP  die  Augusti  9,348  1.  16  s.  2  d.  Summa 

15,242     11       2 

452.  De  ballivia  Rothomagensi ,  per  ballivum  Renaudum 
Barbou  juniorem,  21,677  1.  13  s.  9  d.  Tur.  XVP  die  Julii. 
Valent  17,342      3       » 

453.  De  ballivia  Cadomensi,  per  Johannem  le  Hanapier, 
5,000  1.  Tur.  XP  die  Julii,  et  XVIir^  die  Julii  10,406  1.  8  s. 
1  d.  Tur.,  et  prima  die  Septembris  140  1.  Tur.,  et  VU'  die 
Novembris  180  1.  29  s.  2  d.  Tur.  Summa  15,727  I.  17  s.  3  d. 
Tur.  Valent  12,580     45     10 

454.  De  ballivia  Gisorcii,  per  Guillelmum  d'Espovilla  rece- 
ptorem,  2,020  1.  XVIIP  die  Julii,  et  IP  die  Augusti  2,000  1.,  et 
X^  die  Septembris  62  1.,  et  VP  die  Octobris  3,200  1.  Summa 

7,280     40       » 

455.  De  ballivia  Arvernie,  per  Girardum  Chauchat  recepto- 
rem  ibidem,  20,512  1.  17  s.  2  d.  Tur.  XIIP'  die  Novembris. 
Valent  16,410      5      9 

456.  De  senescallia  Pictavensi,  per  Petrum  de  Melet  rece- 
ptorem  ibidem,  5,3071.  15  s.  10  d.  Tur.  XXVP  die  Novembris. 
Valent  4,246       4      8 

Summa  quinquagesime,  ut  prius       116,810      8      4P. 


457.  Heredes  Rooniaci,  pro  feodo  Locliarum,  pro  toto,  606  1. , 
et  pro  feodo  Alenconis,  pro  toto,  100  1.  Summa  700       »      »  P. 

videlicet  : 

458.  Cambellanus    de    Tanquarvilla ,    dominus   Robertus, 
ratione  uxoris  sue  540       »       » 

459.  Guillelmus  d'Erneval,  similiter  ratione  uxoris  sue  Ydo- 
nie  80       »       » 

460.  Dominus   Ghambleii    Petrus  miles,   similiter  ratione 
uxoris  sue  domine  Ysabelle  80       »       » 

Summa  ut  prius. 


INDEX 


Abréviations  :  B.,  Beatus,  Beata.  —  Cf.,  confer.  —  Gomm.,  com- 
mune.—  S.,  Saint,  Sanctus,  Sancta,  etc.  —  S.-et-M.,  Seine-et-Marne. 
—  S.-et-O.,  Seine-et-Oise.  —  V.,  voyez. 

Chaque  localité  fait  en  général  l'objet  de  deux  articles,  l'un  au  nom 
employé  dans  le  texte,  l'autre  (ordinairement  plus  détaillé)  au  nom 
usité  aujourd'hui  ;  quand  ces  deux  articles  devraient  se  suivre  immé- 
diatement, le  premier  est  omis.  Les  noms  de  lieux  qui  sont  précédés  en 
français  de  l'article  le,  la,  les,  sont  classés  alphabétiquement  au  mot 
suivant. 

Pour  le  groupement  géographique  des  noms  de  lieux  qui  figurent  à 
cet  index,  v.  les  mots  Belgique,  Espagne,  France,  Grande-Bretagne, 
Italie,  Pays-Bas. 

Les  noms  d'hommes  et  de  choses  n'ont  été  portés  dans  l'index,  en 
général,  que  sous  la  forme  latine  employée  dans  le  texte  du  compte. 

Pour  le  groupement  chronologique  des  dates  exprimées  dans  le  compte, 
V.  les  mots  Februarius,  Martius,  Maius,  Junius,  Julius,  Augustus, 
September,  October,  November,  December. 


Aasiez  (Stephanus  li),  161. 

Abbas  S.  Grispini  Majoris  Sues- 
sionensis,  .53  ;  S.  Dionisii,  368  ; 
de  Ferreriis,  77  ;  S.  Fusciani  in 
Bosco ,  30  ;  S.  Genovefe  Pari- 
?iensis,  76,  77  ;  S.  Germani  de 
Pratis,  Ifi;  Joyaci,  Henrricus , 
thesaurarius,  232,  260.  —  Ab- 
bas et  conventus  de  Britholio, 
29;  S.  Johannis  in  Vineis 
Suessionensis,  26;  S.  Medardi 
Suessionensis,  25;  S.  YUidii 
Glaromontensis,  32. 


Abbatia  Clare  Vallis,  19  ;  S.  Eli- 
gii  Noviomensis,  206. 

Abbatissa  B.  Marie  Suessionen- 
sis, 54  ;  Gerciaci,  136. 

Accurrii  (.Tohannes)  et  pater,  48. 

Achères  (S.-ct-O.),  Archerie,  403. 

Acquisita,  20,  26,  28,  29. 

Ada  Wagnon  de  Lauduno,  23. 

Adam  Bouchart,  169;  de  Cardi- 
neto,  36  ;  Halot,  90,  129,  336. 

Adamville  ou  la  Varenne  (Seine, 
comm.  de  S.-Maur-les-Fossés), 
Varenna,  423. 

IN 


270 


[Ademarus    de    Gros]    episcopus 

Glaromontensis,  32. 
-^gidius,  V.  Egidius,  Giletus. 
Aelis  de  Baayllon,  316  ;  dicta  Fa- 

ceta  de  Lauduno,  40. 
Agde  (Hérault)  :  Agatensis    epi- 
scopus [Raimundus],  15. 
Ai.sne,     v.    Ambleny,    Chauny, 

Laon,  Laversine,  Marie,  Ribe- 

mont,    S. -Quentin,    Soissons, 

Suzy. 
Alani  (Baldoinus),  200. 
Alberici  (Mesnilium),  le  Mesnil- 

Aubry,  404. 
Albericus  filius  Aelidis  dicte  Fa- 

cete  de  Lauduno,  40. 
Albi  (Gerdi)  de  Florencia,  324. 
Albinus  (S.)  [^^  mars],  203. 
Alençon  (Orne)  :  feodum  Alenco- 

nis'i  137,  457-460. 
Alesie  (Feritas),  la  Ferté-Alais, 

143. 
AUuets-le-Roi  [les]  (S.-et-O.),  Al- 

lodia  Régis  versus  Pissiacum, 

370. 
Alnetum  versus  Burgum  Régine, 

Aulnay,  421. 
Alpicius  Dyan,  328. 
Alta  justicia  de  Salis,  113. 
Altare  S.  Michaelis  in  ecclesia  de 

Ghambleio,  152. 
Ambianensis,  d'Amiens,  4,  30,98, 

349,  447. 
Ambiani,   Amiens,   283.    —   De 

Ambianis  (Leonardus  le  Sec), 

30,  33. 
Ambleny'  (Aisne),  Ambliniacum, 

114. 
Amboysa,  Ormesson,  399. 
Amelius  de  Villari,  dominus  de 

Salis,  113. 


Ami  Diu  (Juliana),  105. 

Amiens  (Somme),  Ambiani,  283. 
—  Ambianensis  ballivia,  4,  98, 
349,  447,  cf.  283-286  ;  capellani 
B.  Marie,  30.  —  De  Ambianis 
(Leonardus  le  Sec),  30,  33. 

Amortisationes,  19,  25,  30. 

Ancinade,  S.-Amans-de-Lursi- 
nade  (?),  108. 

Ancoul  (Feritas),  la  Ferté-sous- 
Jouarre,  410,  411. 

Andelot  (Haute-Marne),  110. 

Anglais  (les),  Anglici,  33.  —  Gf. 
Winchester,  35. 

Angoyssole  (Lancelotus  d'),  330. 

Ansellus  de  Gastaneto,  123. 

Antelinus  de  Varignies,  225. 

Antony  (Seine),  Antoniacum,  373. 

Apelot  (Egidius,  Stephanus)  de 
Giemo,  209. 

Aquila,  187. 

Aquis  (Johannes  de),  22,  70. 

Aragon  (1'),  Aragonia,  76-78. 

Archerie,  Acbères,  403. 

Archidiaconus  Aurelianensis,  Jo- 
hannes, 240  ;  Brugensis,  Ste- 
phanus de  Susi,  236. 

Arcolium,  Arcueil,  351. 

Arcuarius  (Symon),  120. 

Arcueil  (Seine),  Arcolium,  351. 

Argenteuil  (S.-et-O.) ,  Argento- 
lium,  380.  —  De  Argentolio 
(Johannes  Majoris),  230,  231. 

Argentum,  15,  17,  88,  191. 

Argi  (Mons),  Montargis,  184,  313. 

Armariolorum  opéra,  258. 

Armentières  (S.-et-M.),  Armente- 
rie  prope  Meldis,  436. 

Armigeri  :  Guiardus  de  Herbovil- 
la,  31;  Johannes  de  Mornayo, 


1.  Ea  juillet  1296,  le  roi  vendit  au  chapitre  de  Soissons  ses  domaines  d'Am- 
bleny  et  de  Chelles,  pour  4,250  livres  de  petits  tournois.  (Cartulaire  du  cha- 
pitre, aux  archives  de  l'Aisne,  fol.  7.  —  Communication  de  M.  Matton,  archi- 
viste de  l'Aisne.) 


27^ 


22.  —  Armigeri  (Theobaldus), 
20,  101,  238-240,  243,  449. 

Arnaldi  (Campus),  Gamparnaud, 
108. 

Arnouville-lez-Gonesse  (S.-et-O.), 
Ermonovilla,  381. 

Arnulphus  de  Gambio,  447  ;  Mer- 
lini,  234. 

Arras  (Pas-de-Calais),  villa  Attre- 
bati,  337.  —  De  Atrebato,  At- 
trebato  (Jacobus  Louchart),  65, 
249,  253,  256;  (Johannes),  213, 
214;  (Robertus  et  Baldus  Gri- 
spini),  339. 

Arrode  (Johannes),  252. 

Artois  :  Attrebatensis  cornes  [Ro- 
bertus], 120. 

Arvernia,  Auvergne,  81-83,  118, 
126,  455. 

Ascensio  [MGGIXGV"  [12  mai], 
119;  [MCqXGVI»  [3  mai],  119, 
123,  125-127,  191. 

Asinos  (Villa  ad),  la  Villette-aux- 
Aulnes,  439. 

Asnières-sur-Oise  (S.-et-O.),  As- 
nerie,  270.  —  V.  Royaumont. 

Assisia  terre  Ludovici  fratris  re- 
gis,  225. 

Assumptio  B.  Marie  [15  août],  190. 

Atrebato  (de),  v.  Arras. 

Attiliator  :  Guillelmus,  184. 

Attrebatensis,  d'Artois  :  cornes, 
120. 

Attrebatum,  de  Attrebato,  v,  Ar- 
ras. 

Aube,  V.  Glairvaux,  Troyes. 

Aubervilliers  ou  les  Vertus  (Sei- 
ne), Haubervillare,  360. 

Aude,  V.  Garcassonne. 

Augustus,  203,  318,  320-334,  345, 
445,  446,  451  ;  v.  Assumptio. 

Aula  (Renaudus  de),  167. 

Auluay  (Seine,  comm.  de  Ghâte- 
nay),  Alnetum  versus  Burgum 
Régine,  421. 

Auppegard  (Seine-Inférieure).  — 


D'Aupegart   (Vietus),  Judeus, 
97,  105. 

Aurelianensis,  d'Orléans  :  archi- 
diaconus,  Johannes,  240  ;  balli- 
via,  6,  103,  123,  450,  cf.  304- 
315;  partes  Aurelianenses,  226. 

Aurelianum,  Orléans,  56,  304.  — 
De  Aureliano  (Egidius),  217. 

Aurifaber  :  Guillelmus,  17,  191. 

Aurum,  72,  73,  191. 

Austur,  15. 

Auvergne  :  Arvernie  ballivia,  81, 
126,  455;  ballivus,  Johannes 
de  Tria,  126  ;  receptor,  Girar- 
dus  Ghauchat,  81-83,  118,  455. 

Avena,  55-59. 

Avray  (Villa  d').  Ville-  d'Avray, 
350. 

Ayssona,  Essonnes,  417. 

Baayllon  (Aelis  de),  316. 

Bagneux  (  Seine  ) ,  Balneoli  S. 
Eblandi,  S.  Erblandi,  346,  369. 

Bailleul-sur-Thérain  (Oise),  v. 
Froidmont, 

Baillolio  (Symon  de),  177. 

Bailly-Romainvilliers  (S.-et-M.), 
V.  Romainvilliers. 

Baldoinus  Alani,  200;  Poutrel, 
84,  93. 

Baldus  Grispini  de  Atrebato,  339. 

Ballistarii  equi,  46. 

Ballivie,  1-8  :  Ambianensis,4,  98, 
349,  447,  cf.  283-286;  Arvernie, 
81,  126,  455  ;  Aurelianensis,  6, 
103,  123,  450,  cf.  .304-315;  Bi- 
turicensis,  7,  24,  96,  213,  214, 
244-246,  345,  451;  Gadumensis, 
95,  453  ;  Galeti,  99  ;  Galvi  Mon- 
tis,  121  ;  Gampanie,  102  ;  Gon- 
stanciencis,  95;  Gisorcii,  348, 
454;  Parisiensis,  1,  cf.  261-266; 
Rothomagensis,  93,  344,  452  ; 
Senonensis,  5,  20,  101,  238- 
243,  449,  cf.  287-303  ;  Silvane- 
ctensis,  2,228-231,  327,  445,  cf. 


272 


267-275;  Trecensis,  121,  122; 
Turonensis,  8,  104,  200,  201  ; 
Viromandensis,  3,  28,  42,  43, 
97,  198,  446,  cf.  234,  276-282; 
Vitriaci,  121,  122. 

Ballivus  Arvernie,  Johannes  de 
Tria,  126;  Cadomensis,  Guillel- 
mus  de  Hangesto  junior,  130, 
220;  Caleti,  Adam  Halot,  90, 
129,  336  ;  Constanciensis,  131  ; 
Masticonensis ,  Johannes  de 
Chintrellis,  216;  Rothomagen- 
sis,  Renaudus  Barbou  junior, 
85-92,  107,  128,  319,  344,  452; 
Vernolii,  132. 

Balneoli  S.  Eblandi,  S.  Erblandi, 
Bagneux,  346,  369. 

Barbou  (Renaudus)  junior,  balli- 
vus Rothomagensis,  107,  452, 
cf.  85-92,  128,  319,  344  ;  vêtus, 
senior,  107,  165. 

Bardi  de  Florencia,  323. 

Barillarius  :  Girardus,  235. 

Bartholomeus  Blanc  Baston,  99, 
336. 

Bassa  justicia,  108. 

Bassigny  (le).  —  Nogentum  in 
Bassigneyo ,  Nogent  -  Haute  - 
Marne,  193,  194. 

Baston  (Barth.  Blanc),  99,  336. 

Beatrix  soror  tbesaurarii  Huberti, 
163. 

Beatus  Johannes,  B.  Maria,  v.  Jo- 
hannes, Maria. 

Beaucaire  (Gard) ,  Bellicadrum , 
219  :  Bellicadri  senescalcia, 
78-80,  199. 

Beaumont- sur -Oise  (S. -et-0.), 
Bellus  Mons,  270.  —  Cf.  243. 

Beauquesne  (Somme),  Bella  Quer- 
cus,  284. 

Beauvoisis  (le).  —  Villa  Nova  Ré- 
gis inBelvacinio,  laVilIeneuve- 
le-Roi,  277. 

Becucii  (Guillelmus  Pétri),  112. 

Béguine,  204. 


Bel   (Villare   le),   Villiers-le-Bel, 

391. 
Bêle  (Renerus  de  la),  39. 
Belgique,    v.    Bruges,    Flandre, 

Tournai. 
Bella  Quercus,  Beauquesne,  284. 
Bellefontaine    (S.-et-O.),    Bellus 

Fons,  354. 
Bellicadrum,    Beaucaire,    78-80, 

199,  219. 
Bellus  Fons,  Bellefontaine,  354  ; 

Mons,  Beaumont-sur-Oise,  270. 

—  De  Bello  Monte  (Petrus),243, 
Belvacinium,  le  Beauvoisis,  277. 
Bernardus  Carbonel,  75  ;  Rascas- 

sol,  75  ;  Remundi,  75. 
Béthisy-S. -Pierre  (Oise),  Bestisia- 

cum,  273. 
Bethléem  (Nièvre,  comm.  de  Cla- 

mecy)  :  episcopus  de  Bethléem, 

dominus  Hugo,  159. 
Betinus  Caucinel,  Caucinelli,  72, 

166. 
Bichius,  89,  216,  337,  349. 
Bien  Fayte  (Stephanus  de),  145, 

168. 
Bindus  Escarche,  324. 
Bituricensis,  de  Bourges,  7,  24, 

96,  118,  197,  213,  214,244-246, 

345,  451. 
Blanc  Baston  (Barth.),  99,  336. 
Blangi  (Salomo  de),  99. 
Blasius  (S.)  in  capella  régis  Pari- 

sius,  140. 
Boel  (Symon),  229,  231. 
Boiscommun    (Loiret),    Boscus 

Gommunis,  310. 
Bona  capta  in  navibus  Anglico- 

runi,   33  ;   episcopi   Vincestrie, 

35. 
Bona  Villa,  Bonneville-sur-Tou- 

ques,  86. 
Bone  Gayne,  Lombardus,  331. 
Bonin  (Monsterolium),  Montreuil- 

Bonnin,  75. 


273 


Bonneuil  (S.-et-O.),  Bonolium, 
381. 

Bonneville- sur-Touques  (Calva- 
dos), Bona  Villa,  86. 

Bonolium,  Bonneuil,  381. 

Boscagio  (Loretum  in),  Lorrez-lc- 
Bocage,  295. 

Bosci,  168,  169,  192,  208. 

Bosco  (S.  Fuscianus  in),  S.-Fus- 
cien,  30. 

Boscus  Gommunis,  Boiscommun, 
310. 

Bouchart  (Adam),  169. 

Bouqueval  (S.-et-O.),  Bouconval, 
377. 

Bourges  (Cher)  :  Bituricensis  bal- 
livia,  7,  24,  96,  213,  214,  244- 
246,  345,  451  ;  receptor,  Petrus 
Lombardus,  24,  96,  118,  197, 
213,  214,  244-246,  345,  451. 

Bourget  [le]  (Seine),  Burgellum, 
357. 

Bourg-la-Reine  (Seine),  Burgus 
Régine,  366,  421. 

Bourgneuf  (Loiret,  comm.  de 
Loury  ?  cf.  Rec.  des  hist.  de  Fr., 
XXII,  572,  n.  1),  Burgus  No- 
vus,  309. 

Bourgogne  (la),  Burgundia,  218. 

Bouroudi  (Richardus),  116. 

Bovilla  (Johannes  de),  168. 

Boyvin  (Gilibertus),  446. 

Bretagne  :  via  Britannie,  193-196. 

Breteuil-sur-Noye  (Oise)  :  abbas 
et  conventus  de  Britholio,  29. 

Breviarium,  203. 

Bria,  la  Brie,  441,  442. 

Briacum,  Bry-sur-Marne,  390. 

Brie  (la),  Bria,  441,  442. 

Britannia,  la  Bretagne,  193-196. 

Britholium  ,  Breteuil  -  sur  -  Noyé , 
29. 

Britonis  (Johannes),  169. 
Bruges  (Belgique)  :  Brugensis  ar- 
chidiaconus,  Stephanus  de  Susi, 
236. 


Brulhi,  Brulheyo  (Radulphus  de), 

11,  190. 
Bry-sur-Marne  (Seine).  — Villaria 

super     Briacum ,    Villicrs-sur- 

Marne,  390. 
Barellum,  233. 
Burgellum,  le  Bourget,  357. 
Burgenses  Rothomagi,  319. 
Burgundia,  la  Bourgogne,  218. 
Burgus  Novus,  Bourgneuf,  309  ; 

Régine,  Bourg-la-Reine,  366, 

421. 
Busta  monete,  73. 
Buticularius  :   Guido,    cornes   S. 

Pauli,  247. 
Butin  (Johannes),  172. 
Gaen    (  Calvados  )   :     Cadomensis 

ballivia,  95,  453;  ballivus,  Guil- 

lelmus  de  Hangesto  junior,  130, 

220;  vicecomitatus,  347. 
Gaillet  (Nicholaus),  198. 
Galceya  (Johannes  de),  170. 
Galetum,  v.  Caux. 
Galniacum,  Chauny,  281. 
Calvados,  v.  Bonneville-sur-Tou- 

ques,  Gaen,  Ronfleur,  Lisieux, 

Touques. 
Calvimontellum ,  Chaumontel,  355. 
Galvus  Mons,  Ghaumout-cn-Bas- 

signy,    121;   Ghaumont-en-Ve- 

xin,  268. 
Gambellanus  de  Tanquarvilla,  Ro- 

bertus,  458. 
Gambio  (Arnulphus  de),  447. 
Cambium  monete,  88. 
Cambrai    (Nord)   :    Cameracensis 

clectio,  236. 
Caméra  denariorum,  37,  233. 
Caméra  (Stephanus  de),  183. 
Cameracensis,  de  Cambrai,  236. 
Gampania,    la   Champagne,    102, 

109,  121,  122,  428. 
Gamparnaud    (Tarn -et -Garonne, 

comm.  de  la  Française),  Cam- 
pus Arnaldi,  108. 


274 


Campiniacum  versus  Fossata, 
Ghampigny-sur-Marne,  425. 

Campsores  de  Placencia,  330. 

Campus  Arnaldi ,  Gamparnaud, 
108. 

Gandelosa  [MCC]XGV»  [2  févr.], 
119. 

Ganes,  171. 

Canonici,  138:  Galterus,  202-205; 
Robertus  Régis,  241,  242. 

Gautor  Milliaci  :  Guillelmus,  197, 
244,  246. 

Gantus  Lupi,  Ghanteloup,  21. 

Capella  régis  Parisius,  la  Sainte- 
Ghapelle,  138-140,  202-205,  207, 
223;  Vicennarum,  202.  —  Ga- 
pella  :  la  Ghapelle-la-Reine , 
300;  la  Ctiapelle-Saint-Denis, 
360,  407.  —  De  Gapella  (Galte- 
rus), 38,  251. 

Gapellania  Odonis  capellani  Vi- 
cennarum, 139;  capellanie  in 
ecclesia  S.  Dionisii,  147. 

Gapellanus  altaris  S.  Michaelis  in 
ecclesia  de  Ghambleio,  152;  S. 
Blasii,  140  ;  S.  démentis  in  ca- 
pella régis  inferiori,  139;  epi- 
scopi  Dolensis,  Philippus,  208; 
S.  Germani  in  Laya,  149;  Ru- 
phi  do  Sulhi,  Egidius,  120; 
Vicennarum,  Odo,  139.  —  Ga- 
pellani  B.  Marie  Ambianensis, 
30. 

Gapitulum  V[er]nonense,  151  ;  et 
decanus  Suessionenses,  114. 

Gapon.  (Girardus),  330. 

Gaprosia,  Chevreuse.  —  De  Gapro- 
sia  (Johannes),  164. 

Carbonel  (Bernardus),  75. 

Garcassonne  (Aude)  :  senescalcia 
Garcassonensis,  127. 

Gardonnois  [le]  (Somme).  —  De 
Gardineto  (Adam),  36. 

Garnoto,Ghartres  (Gabriel  de),  107. 

Garreriis  (Guarinus  de),  52. 

Carrières -sous -Bois    (S. -et-0., 


comm.  du  Mesnil-le-Roi),  Quar- 

rerie,  403. 
Cassine  (Egidius),  103,  450. 
Gastanetum  :  Ghàtenay    (Seine), 

421;  (S.-et-O.),  376.  —  De  Ga- 

staneto  (Ansellus),  123. 
Castellania  Gorbolii,  318;  Pissia- 

ci,   338  ;  Pontisare,  340  ;  Ver- 

nonis,  341. 
Castellanus    Nigelle  :    Johannes, 

225. 
Gastellatum,   le   Ghâtelet-en-Brie, 

302. 
Gastellum  Bone  Ville,  86. 
Gastrum  Forte,  Ghâteaufort,  264  ; 

(Marliacum),  Marly-le-Roi,  401, 

420;  Nantonis,  Ghâteau-Landon, 

303  ;  Novum,  Ghâteauneuf-sur- 

Loire,  305. 
Gathalanum,    Ghâlons-sur-Marne, 

115.  — De  Gathalano  (Johannes 

Richomme),  322. 
Gaturcinum,  le  Quercy,  108. 
Gaucinel,  Gaucinelli  (Betinus),  72, 

166;  (Sornatus),  75. 
Cauda,  la  Queue-en-Brie,  399. 
Caux  [le  pays  de]  (Seine-Inférieu- 
re) :  Galeti  ballivia,  99;  ballivus, 

Adam  Halot,  90,  129,  336. 
Gavassole  (Guido),  330. 
Gavech  (Renaudus  du),  21,  42,  97, 

316,  342,  446. 
Gaverne  versus  Latiniacum,  Gou- 
vernes, 21. 
Geaus  le  Grant  et  Ceaus  le  Petit, 

Sceaux,  422. 
Geci  Parisienses,  150. 
Gedula,  337,  349. 
Gelle-sur-Morin    [la]    (S. -et- M.), 

Gella  in  Bria,  442. 
Genomania,  le  Maine,  116. 
Gentesima,  68,  201,  213,  226,  342- 

349. 
Gepoy  (Loiret),  Cepeyum,  314. 
Gerdi  Albi  de  Florencia,  324  ;  Ni- 

gri,  325. 


275 


Ghaintreaux  (S. -et -M.).  —  De 
Chintrellis  (Johannes),  ballivus 
Masticonensis,  216. 

Ghâlons-sur-Marne  (Marne),  Ga- 
thalanum,  115.  —  De  Cathala- 
no  (Johannes  Richomme),  322. 

Ghambly  (Oise)  :  dominas  Gliam- 
bleii,  Petrus,  miles,  71,  460  ;  ec- 
clesia  B.  Marie  de  Ghambleio, 
152.  _  De  Ghambli,  de  Gham- 
bleio (Johannes),  144;  (Petrus), 
pater,  45  ;  (Petrus),  miles,  do- 
minus  de  Viermes,  148. 

Ghampagne  (la),  Gampania,  102, 
109,  121,  122,428. 

Ghampigny- sur -Marne  (Seine), 
Gampiniacum  versus  Fossata, 
425. 

Ghamplan  (S.-et-O.),  Ghamplant, 
418. 

Ghangis  (S.-et-M.),  Ghangiacum, 
429. 

Ghanteloup  (S.-et-M.),  Gantus  Lu- 
pi,  21. 

Ghapelle-la-Reine  [la]  (S.-et-M.), 
Capella,  300. 

Ghapelle-S. -Denis  [la]  (Paris),  Ga- 
pella,  360,  407. 

Gharonne  (Paris),  Gharrona,  419. 

Ghartres  (Eure-et-Loir).  —  De 
Garnoto  (Gabriel  Judeus),  107. 

Ghâteaufort  (S.-et-O.),  Gastrum 
Forte,  264. 

Ghâteau-Landon  (S.-et-M.),  Ga- 
strum Nantonis,  303. 

Ghâteauneuf-sur-Loire  (ijoiret), 
Gastrum  Novum,  305. 

Ghâtelet-en-Brie  [le]  (S.-et-M.), 
Gastellatum,  302. 

Ghàtenay  (Seine),  Gastanetum, 
421  ;  (S.-et-O.),  376.  —  De  Ga- 
staneto  (Ansellus),  123. 

Ghauchat  (Girardus),  81-83,  118, 
455. 


Ghaumont  -  en  -  Bassigny  (Haute- 
Marne)  :  ballivia  Galvi  Montis, 
121. 

Ghaumont-en-Vexin  (Oise),  Gai- 
vus  Mons,  268. 

Ghaumontel  (S.-et-O.),  Galvimon- 
tellum,  355. 

Ghauny  (Aisne),  Galniacum,  281. 

Ghavenay  (S.-et-O.),  Ghavenolium 
versus  Pissiacum,  392. 

Gheciacum,  Ghessy,  21. 

Ghelles  (Oise  <),  Kala,  114;  (S.-et- 
M.),  435. 

Ghenoise  (S.-et-M.),  v.  Jouy-l' Ab- 
baye. 

Gher,  v.  Bourges,  Massay, Vierzon. 

Ghéroy  (Yonne),  Ghesayum,  292. 

Ghesa  (prior  de)  :  Petrus  de  Pare- 
do,  227. 

Ghesayum,  Ghéroy,  292. 

Ghessy  (S.-et-M.),  Gheciacum,  21. 

Ghevalier  (Petrus),  196. 

Ghevilly  (Seine),  GiviUiacum,  375. 

Ghevreuse  (S.-et-O.).  —  De  Ca- 
prosia  (Johannes),  164. 

Ghevri  (Johannes  de),  18. 

Ghintrelli,  Ghaintreaux.  —  De 
Ghintrellis  (Johannes),  216. 

Ghoisy-au-Bac  (Oise),  Chosiacum, 
275, 

Ghoisy-le-Roi  (Seine), Ghoysi,  395. 

Ghristolium,  Gréteil,  434. 

Giphi,  191. 

Girilli  (Petrus  de),  12-14. 

GiviUiacum,  Ghevilly,  375. 

Glairvaux-sur-Aube  (Aube),  Glara 
Vallis,  19. 

Glamecy  (Nièvre),  v.  Bethléem. 

Glara  Vallis,  Glairvaux-sur-Aube, 
19. 

Glarencium  (societas)  de  Pistorio, 
333. 

Glaromontensis,  de  Glermont-Fer- 
rand,  32,  82. 


1.  V.  ci-dessus,  Ambleny. 


276 


Glaves,  258. 

Clemens  (S.)  in  capella  régis  infe- 

riori,  139. 
Clericus  (Daniel),  100,  106. 
Glericus,  256;  monetarum,  Renau- 
dus   de   Aula,    167.   —  Clerici 
compotorum,  185.  —  Jacobus 
de   Luceto,   178;  Johannes   de 
Hospitali,   91,   120;    Johannes 
de  Lillariis,  179,  189  ;  Radul- 
phus  de  Medonta,  44. 
Clermont-Ferrand  (Puy-de-Dôme): 
Glaromontensis    diocesis ,    82  ; 
episcopus,  32  ;  S.  YUidius,  32. 
—  Cf.  Montferrand,  75. 
Clersens  (Johannes),  65,  176,  188, 

249-256. 
Glignancourt    (Paris),    Glignen- 

court,  402. 
Glodoaldus  (S.),  S.-Gloud,  353. 
Gluny  (Saône-et-Loire)  :  Glunia- 

censis  ordo,  81. 
Gocatriz  (Gauffridus,  Gaufridus), 

61-64,  250. 
Godreyo  (Michael  de),  198. 
Golinus  lotrarius,  173. 
Gollector  subventionis  personarum 
ecclesie  :  Guillelmus  Vassal,  84. 
Gomes  Attrebatensis   [Robertus], 
120;  Drocensis  [Johannes],  71; 
Guellensis    [Renaudus],    119; 
S.  Pauli,  dominus  Guido,  247. 
Gommunia  Pictavensis,  120. 
Gommunis    (Boscus),    Boiscom- 

mun,  310. 
Gompans  (S.-et-M.),  Gompensum, 

431. 
Gompiègne  (Oise),  Gompendium, 
272.  —  De  Gompendio  (Johan- 
nes Wuyde  Rue),  259. 
Gompositio,  32,  108. 
Gompotus  ballivi  Rothomagensis, 
128,  319;  Bichii,  216;  Johannis 
de  Lillariis,  189;  Michaelis  de 
Godreyo    et    Nicholai    Gaillet, 
198;  Pétri  Genciani,  55;  Ra- 


dulphi  de  Brulhi,  11;  recepto- 
runi    Gampanie,    121  ;   Roberti 
de  Freauvilla  et  Philippi  le  Mas- 
tin,  199. — Gompotorum  clerici, 
185.  —  Gompoti  Omnium  San- 
ctorum,  206,  258,  p.  257. 
Gomputandum  (burellum  ad),  233; 
(via  ad)  de  décima,  210  ;  de  gar- 
nisionibus,  91. 
Gonches  (S.-et-M.),  Gonche,  21. 
Gondeto  (Petrus  de),  174. 
Condetum,  près  Gompans  (S.-et- 

M.)?  431. 
Gonfirmatio,  32,  113. 
Gongregatio  cecorum  Parisiensis, 

1.50. 
Gonstanciensis ,    de    Goutances  : 

ballivia,  95;  ballivus,  131. 
Gonventiones,  117. 
Gonventus,  v.  Abbas. 
Gonversi,  204,  205. 
Gonversus  (Philippus),  115. 
Goquerel  (Petrus  de),  33. 
Goquina  régis,  217. 
Gorboil  (S.-et-O.),  Gorbolium,  265, 
318,   364,  417.  —  De  Gorbolio 
(Johannes    le     Paylle),     106; 
(Theobaldus),  162. 
Gorbie(Somme),villaGorbeye,337. 
Gorbolium,  de  Gorbolio,  v.  Corbeil. 
Goria  capta,  41. 
Cormeilles-en-Parisis    (S.-et-O.), 

Gormelie,  368. 
Gourcy-aux-Loges  (Loiret),   Gur- 

ciacum,  307. 
Gourneuve  [la]  (Seine),  Guria  No- 
va, 361. 
Gousturier  (Guillelmus,  Johannes 

le),  214. 
Goutances    (Manche)    :    Gonstan- 
ciensis  ballivia,   95  ;   ballivus, 
131. 
Creatio  episcopi  Agatensis,  15. 
Greditores  marinariorum,  87. 
Crementum  vadiorum,  170. 
Grepicordium,  Grèvecœur,  361. 


277 


Créteil  (Seine),  Christolium,  434. 
Crèvecœur   (Seine,  comm.  de  la 

Courneuve),  Grepicordium,  361. 
Grispini    (Baldus,    Robertus)    de 

Atrebato,  339. 
Grispinus  (S.)  Major  Suessionen- 

sis,  S.-Crépin-le-Grand,  à  Sois- 
sons,  53. 
Groissy    (S.-et-O.),    Groissiacura, 

358. 
[Gros    (Ademarus  de)]  episcopus 

Glaromontensis,  32. 
Groyaco  (Symon  de),  447. 
Gurciacum,    Gourcy- aux -Loges, 

307. 
Guria  Nova,  la  Gourneuve,  361. — 

Gurie  magistri,  92;  curie  reddi- 

tus  equus,  210. 
Gustos  Lauduni  :   Renerus  de  la 

Bêle,  39. 
Dammartin-en-Goële  (S.-et-M.), 

Domnus  Martinus,  424,  433.  — 

De  Domno  Martino  (Johannes), 

120. 
Dancy  (S.-et-M.,  comm.  de  Tril- 

port),  Danciacum,  428. 
Daniel  Glericus,  100,  106. 
Darenciacum,  Drancy,  356. 
Débita,  10,  12,  17,  31,  44,  45,  48, 

70. 
Decanus  et  capitulum  Suessionen- 

ses,  114. 
December,  voy.  Nativitas. 
Décima,   16,    24,   43,  76-78,  80- 

82,  210. 
Decimarii  | Johannes),  166. 
Deffectus,  46,  86. 
Defuncti  :  Johannes  de  Aquis,  22, 

70  ;  Johannes  de  Gaprosia,  164; 

Margarita  regina,  106;  Rogerus 

de  Medunta,    10.  —  Missa   de 

defunctis,  138.  —  Cf.  Mortui. 
Dei  domus  141  ;  filie,  222.  —  Ami 

Diu  (Juliana),  105. 
Denarii  capti,  89,  90,  206;  levati, 


65;  recepti,  118;  recuperati,  87; 
redditi,  206,  216;  soluti,  209; 
traditi,  36-38,  120,  188,  197, 
228,  238-240,  252,  254,  259.  — 
Denariorum  caméra,  37,  233; 
vectura,  256.  —  Denarius  libre, 
de  iibra,  21,  115. 

Deposito  (denarii  in),  206. 

Desiderii  (  Mons  ) ,  Montdidier , 
206,  278,  343,  446. 

Dicta  Ami  Diu  (Juliana),  105; 
Faceta  (Aehs),  de  Lauduno,  40. 

Dictus  Bone  Gayne,  Lombardus, 
331  ;  Vidaume,  328,  329. 

Diem  (per)  :  6  d.,  170;  1  s.,  170; 
1  s.  6  d.,  170,  173;  2  s.,  170, 
172;  3  s.,  167,  170;  4  s.,  247, 
248;  4  s.  6  d.,  169;  5  s.,  164; 
6  s.,  168,  177-179;  8  s.  10  d., 
171;  10  s.,  168;  16  s.,  174,175; 
1  1.  5  s.,  247;  3  l.,247. 

Diocesis  Glaromontensis,  82;  Le- 
xoviensis,  85  ;  Noviomensis,  43  ; 
Rothomagensis,  84. 

Dionisius  (S.), S. -Denis-sur-Seine, 
362  :  dominium  abhatis  S.  Dio- 
nisii,  368;  ecclesia  S.  Dionisii, 
147.  —  Gapella  versus  S.  Dioni- 
sium,  la  Ghapelle-Saint-Dcnis, 
407,  cf.  360.  —  De  S.  Dionisio 
(Johannes),  senescallus  Picla- 
vensis,  118,  120. 

Dionisius  de  Valenc,  155. 

Diu  (Juliana  Ami),  105. 

Dixmont  (Yonne),  Dymons,  296. 

Dol-de-Bretagne  (Ille-et-Vilaine)  : 
Dolensis  episcopus  [Thcobaldus 
de  Pouancé],  34,  208,  221. 

Dolia  vini,  64. 

DoUot  (Yonne),  Dooletum,  293. 

Domina  Lucia  do  Gibelet,  186; 
Ysabella  uxor  Pétri  domini 
Ghambleii,  460. 

Domine  Rancie  (Mesnilium),  le 
Ménil-Amelot,  405. 

Dominica  post  S.  Albinum  [4  mars 


278 


1296],  203;  ante  Magdalenam 
[15  juillet  1296],  204. 

Dominium  abbatis  S.  Dionisii, 
368. 

Dominug  Adam  de  Gardineto,  36; 
Chambleii,  Petrus ,  71,  460; 
Evrardus  Porion ,  28  ;  Galterus 
canonicus  capelle  régis,  202-205; 
Galterus  de  Capella,  38,  251  ; 
Guido,  cornes  S.  Pauli,  buticu- 
larius  Francie,  247;  Hugo  epi- 
scopus  de  Bethléem,  159;  Johan- 
nes  de  Atrebato,  213,  214  ; 
Johannes  de  Chintrellis,  216; 
Johannes  de  S.  Dionisio ,  se- 
nescallus  Pictavensis,  118,  120; 
Johannes  de  Falvi,  158;  Johan- 
nes de  Helly,  37  ;  Ludovicus 
frater  régis,  225  ;  Ludovicus 
primogenitus  régis,  13;  Ni- 
cholaus,  episcopus  Ebroicensis, 
117;  Odo  capellanus  Vicenna- 
rum,  139;  P.  Grignart,  253; 
Petrus  de  Chambli,  45  ;  Philip- 
pus  capellanus  episcopi  Dolen- 
sis,  208  ;  Radulphus  de  Brulhi, 
de  Brulheyo,  11,  190;  Robertus 
de  Freau villa,  199  ;  Robertus 
Régis,  241,  242  ;  Robertus,  cam- 
bellanus  de  Tanquarvilla,  458; 
de  Salis,  Amelius  de  Villari, 
113;  Stephanus  de  Monte  S. 
Johannis,  143  ;  Symon  de  Bail- 
lolio,  177;  de  Viermes,  Petrus 
de  Ghambleio,  148. 

Domnus  Martinus,  Dammartin- 
en-Goële,  424,  433.— De  Domno 
Martino  (Johannes),  120. 

Domuncul.,  Maisoncelles  (?),  438. 

Domus  Dei  Parisiensis,  141  ;  Egi- 
dii  de  Aureliano,  217. 

Donatus  de  Vellut  de  Florencia, 
111. 

Donnardus  de  Royon,  83. 

Dooletum,  Dollot,  293. 

Dordanum,  Dourdan,  57. 


Dotalicium  regine  Margarite,  106. 

DouUens  (Somme),  Duliendium, 
285. 

Dourdan  (S.-et-O.),  Dordanum, 
57. 

Drancy  (  Seine  ) ,  Darenciacum, 
356. 

Dreux  (Eure-et-Loir)  :  Drocensis 
cornes  [Johannes],  71. 

Du,  V.  Le. 

Ducis  (Johannes),  190,  211,  212. 

Dugny  (Seine),  Dugniacum,  381. 

Dulchius  Manier,  323. 

Duliendium,  DouUens,  285. 

Durfort  (Tarn-et-Garonne),  v.  S.- 
Paul-de-Brugues. 

Dyan  (Alpicius),  328. 

Dymons,  Dixmont,  296. 

Eblandi,  Erblandi  (Balneoli  S.), 
Bagneux,  346,  369. 

Ebroicensis,  d'Évreux,  117. 

Ecclesia  S.  Dionisii,  147  ;  Laudu- 
nensis,  40;  B.. Marie  de  Gham- 
bleio, 152.  —  Persone  ecclesie, 
24,  84,  85.  —  Acquisita  per  ec- 
clesias,  20. 

Ecclesiastice  persone,  80. 

Egidius  Apelot  de  Giemo,  209;  de 
Aureliano,  217  ;  Cassine,  103, 
450;  de  Lauduno,  206,  343; 
Rigot,  362  ;  Ruphi  de  Sulhi  ca- 
pellanus, 120.  —  SS.  Lupus  et 
Egidius,  S.- Leu- et- S.- Gilles 
(Paris),  387.  —  Cf.  Giletus. 

Electio  Cameracensis,  236. 

Elemosina,  64. 

Eligius  (S.)  Noviomensis,  S.-Éloi, 
à  Noyon,  206. 

Emenda,  23,  40,  111. 

Emptio  terre,  25,  114. 

Épiais-lez-Louvres  (S.-et-O.),  Es- 
piers,  363. 

Episcopus  Agatensis  [Raimundus] , 
15;  de  Bethléem,  dominus  Hu- 
go, 159;  Glaromontensis  [Ade- 
marus  de  Gros],  32;  Dolensis 


271) 


[Theobaldus  de  Pouancé],  3't, 
208 ,  221  ;  Ebroicensis,  domi- 
nus  Nicholaus,  117;  Vincestrie 
[Johannes  de  Pontisera],  35. 

Bpouville  (Seine- Inférieure).  — 
D'Espovilla  (Guillelmus),  94, 
341,  348,  454. 

Equi,  46,  171,  210,  256. 

Erblandi,  Eblandi  (Balneoli  S.), 
Bagneux,  346,  369. 

Ermonovilla,  Arnouville-lez-Go- 
nesse,  381. 

Erneval  (Guillelmus  d'),  459. 

Erqueto  (Guillelmus  de),  51. 

Errorcm  (per)  vendit!  bosci,  192. 

Escarche  (Bindus),  324. 

Espagne,  v.  Aragon,  Navarre. 

Espiers,  Épiais-lez-Louvres,  363. 

Espovilla,  Épouville  (Guillelmus 
d'j,  94,  341,  348,  454. 

Essonnes  (S.-et-O.),  Ayssona,  417. 

Étampes  (S.-et-O.)  :  granai-ium  de 
Stampis,  58. 

Étang-la- Ville  [1']  (S.-et-O.),  Sta- 
gnum  subtus  Marliacum  Ca- 
strum,  401. 

Eure,  V.  Évreux,  Gisors,  Har- 
court,  Verneuil-sur-Avre,  Ver- 
non. 

Eure  [1']  (Seine-lnf.) ,  v,  Leure. 

Eure-et-Loir,  v.  Chartres,  Dreux, 
Janville. 

Evra,  Yèvre-Ie-Chàtel,  311. 

Evrardus  Porion,  28. 

Evreux  (Eure)  :  episcopus  Ebroi- 
censis, dominus  Nicholaus,  117. 

Excambium,  71. 

Executio,  executores,  65,  70,  253. 

Exempti  (non),  82. 

Exercitus,  120. 

Expense,  18,  87,  133-260,  457-460. 

Expulsio  Judeorum,  120. 

Faber  :  Stephanus,  182. 

Faceta  (Aelis)  de  Lauduno,  40. 

Falvi  (Johannes  de),  158. 

Familia  Gileti  Rougel,  171. 


Faremoutiers  (S.-ct-M.),  Phau- 
resmouster  in  Bria,  441. 

Faschius  Lombardus,  72. 

Faubourg-S. -Germain  [le]  (Paris), 
villa  S.  Germani  de  Pratis,  408. 

Fayte  (Stephanus  de  Bien),  145, 
168. 

Februarius,  v.  Candelosa. 

Feoda,  30,  137, 143,  145, 155,  457. 

Feritas,  la  Frette,  368  ;  Alesie,  la 
Ferté-Alais,  143;  Ancoul,  la 
Ferté-sous-Jouarre,  410,  411. 

Ferrandi  (Mons),  Montferrand,  75. 

Ferrières-en-Brie  (S.-et-M.),  Fer- 
rerie  juxta  Latiuiacum  super 
Maternam,  406. 

Ferrières-Gàtinais  (Loiret),  Fer- 
re rie,  77. 

Ferté-Alais  [la]  (S.-et-O.),  Feritas 
Alesie,  143. 

Ferté-sous-Jouarre  [la]  (S.-et-M.), 
Feritas  Ancoul,  410,  411. 

Ficta  (  Petra  ),  Picrrelitte  -  sur- 
Seine,  383. 

Fidelitatis  recognitio,  15. 

Filie  Dei  Parisienses,  222. 

Filii  Aelidis  Facete  de  Lauduno, 
Albericus,  Johannes,  40  ;  Gauf- 
fridi  de  Perona,  Furseus,  13, 
154,  170  ;  Guillclmi  le  Coustu- 
rier,  Johannes,  214;  Odardi 
Rebracye,  Jehenotus  de  Valli- 
bus,  192;  régis,  Ludovicus,  13. 

Financia,  20,  25,26,28,29,  51. 

Finatio,  16,  93-105,  111,  120. 

Flagy  (S.-et-M.),  Flagiacum,  294. 

Flammiugi  (Guillelmus),  36,  37, 
72,  74  ;  (Renoms),  72. 

Flandre  (la),  Fiandria,  234. 

Florence  (Italie).  —  De  Floren- 
cia  (Donatus  de  Vellut),  111; 
(Renerus  de  Passu),  329.  — 
Societas  Bardorum,  323;  Cer- 
dorum  Alborum,  324;  Cerdo- 
rumNigrorum,  325  ;  Mozorum, 
326  ;  Spine,  335. 


280 


Florencius  de  Roya,  109. 

Focagium,  120. 

Folet  (P.),  110. 

Fonds-de-S. -Léger  [les]  (S.-et-O., 
comm.  deS.-Germain-en-Laye), 
S.  Leodegarius  in  Laya,  393. 

Fons  (Bellus),  Bellefontaine,  354; 
(Petra),  Pierrefonds,  60,  274. 

Fontainebleau  (S.-et-M.),  Fons- 
bliaudi,  13. 

Fontenay-sous-Bois  (Seine),  Fon- 
tanetum  versus  Vicennas,  426. 

Forefacte  monete,  42. 

Forefactura,  112. 

Forest  (Johannes  de),  248. 

Forte  (Castrum),  Châteaufort,  264. 

Fortis  (Mons),  155.  —  De  Monte 
Forti  (Laurencius),  234. 

Fossa  Maura,  Fosse-More,  291. 

Fossata,  S.-Maur-les-Fossés,  423, 
425. 

Fosse-More  (Yonne,  comm.  de 
Theil  -  sur  -  Vannes  ;  cf.  Quan- 
tin,  Dict.  top.  du  clép.  de  V  Yonne, 
55),  Fossa  Maura,  291. 

Fosses  (S.-et-O.),  Fosse,  354. 

Fourqueux  (S.-et-O.),  Fourqueus, 
401. 

Foyson  (Robertus),  228. 

Française  [la]  (Tarn-et-Garonne), 
Y.  Camparnaud. 

France  (la)  :  Francie  regnum, 
80-82,  84,  85;  buticularius, 
Guido,  comes  S.  Pauli,  247.  — 
V.  Rex,  Regina  ;  —  Auvergne, 
Bourgogne,  Bretagne,  Cham- 
pagne, Flandre,  Maine,  Orléa- 
nais, Poitou,  Quercy,  Verman- 
dois;  —Aisne,  Aube,  Aude, Cal- 
vados, Cher,  Eure,  Eure-et-Loir, 
Gard,  Garonne  (Haute-),  Hé- 
rault, Ille-et-Vilaine,  Indre-et- 
Loire,  Loiret,  Manche,  Marne, 
Marne  (Haute-),  Nièvre,  Oise, 
Orne,  Pas-de-Calais,  Puy-de- 
Dôme,   Saône-et-Loire ,   Seine, 


Seine-et-Marne,  Seine-et-Oise, 
Seine-Inférieure,  Somme,  Tarn- 
et-Garonne,  Vienne,  Vienne 
(Haute-),  Yonne. 

Franconville- la -Garenne  (S.-et- 
0.),  Francovilla,  368. 

Frater  Henrricus,  abbas  Joyaci, 
thesaurarius,  232,  260:  Petrus 
de  Paredo,  prior  de  Ghesa,  227j 
régis,  Ludovicus,  225.  —  Fra- 
tres  :  Henrricus  et  Jeronimus  de 
Lacu,  74  ;  Robertus  et  Baldus 
Crispini  de  Atrebato,  339;  Ste- 
phanus  et  Egidius  Apelot  de 
Giemo,  209. 

Fraxini  juxta  Burgum  Régine, 
Fresnes-lez-Rungis,  366. 

Fréau ville  (Seine-Inférieure).  — 
De  Freauvilla  (Robertus),  199. 

Fresnes-lez-Rungis  (Seine),  Fra- 
xini juxta  Burgum  Régine,  366. 

Frette  [la]  (S.-et-O.),  Feritas,  368. 

Froidmont  (Oise,  comm.  de  Bail- 
leul-sur-Thérain)  :  monachi  de 
Frigido  Monte,  255. 

Fructum  (platelli  ad),  191. 

Furno  (Johannes  de),  94. 

Furseus  de  Perona,  filius  Gaul- 
fridi,  piscator,  13,  154,  170. 

Fuscianus  (S.)  in  Bosco,  S.-Fus- 
cien,  30. 

Gabriel  Judeus  de  Carnoto,  107. 

Galearum  stipendiarii,  124. 

Galteri  (Johannes),  181. 

Galterus  canonicus  capelle  régis, 
202-205  ;  de  Capella,  38,  251  ; 
Loth,  337,  cf.  349. 

Galtherus  Loth,  349,  cf.  Galterus. 

Gandehart  (Johannes),  104. 

Gard,  v.  Beaucaire,  Sommières. 

Garges  (S.-et-O.),  Gargie,  381. 

Garnisiones,  14,  61-64,  91,  250, 
255,  2.59. 

Garonne  (Haute-),  v.  Toulouse. 

Gauchi  (Henrricus,  Herricus  de), 
43,  342,  349. 


284 

Gauffridus,    Gaufridus    Gocatriz , 
61-64,250;  de  Perona,  153,154; 
de  Templo,  175. 
Gayne  (Bone),  331. 
Genciani  (Petrus),  55. 
Gênes  (Italie).  —  De  Janua  (Lan- 

francus  Tartarus),  156. 
Genovefa  (S.)  Parisiensis,  Sainte- 
Geneviève,  à  Paris,  76,  77. 
Gentes  régis,  192. 
Georgii  (Villa    Nova   S.),    Ville- 

neuve-S. -Georges,  444. 
Gerciacum,  Jarcy,  136. 
Germanus  (S.)  de  Pratis,  S.-Ger- 
main-des-Prés,  16;  villa  S.  Ger- 
mani  de  Pratis,  le  Faubourg- 
S.-Germain,  408.  —  S.  Germa- 
nus  in  Laya,    S.-Germain-en- 
Laye,  149,  398. 
Germigny  -  rÉvêque    (  S.-et-M.  ), 

Germiniacum,  427. 
Gibelet  (Lucia  de),  186. 
Gien  (Loiret).  —  De  Giemo  (Ste- 
phanus  et  Egidius  Apelot),  209. 
Giletus  Rougel,    171.  —  Cf.  Egi- 
dius. 
Gilibertus,  181;  Boyvin,  446. 
Girardus  barillarius,  235;  Gapon., 
330;  Ghauchat,  81-83,  118,  455; 
de  Maria,  195. 
Giresmo  (Renaudus  de),  197,  245, 

246. 
Gisors  (Eure),  Gisorcium,  132: 
ballivia ,  348 ,  454  ;  receptor , 
Guillelmus  d'Espovilla,  94,  341, 
348,  454,  —  De  Gisorcio  (Cruil- 
lelmus),  226. 
Gobertus  Sarraceni  de  Lauduno, 

321,  446. 
Godin  (Thomas),  50. 
Gonesse  (S.-et-O.),  Gonessa,  263, 

367. 
Gouvernes    (S.-et-M.),    Gaverne 

versus  Latiniacum,  21. 
Granaria,  55-59. 
Grauchie,  Grange-le-Bocage,  289. 


Grande-Bretagne,  v.  les  Anglais, 

Winchester. 
Grange-le-Bocage  (Yonne),  Gran- 

chie,  289. 
Grant  (Geaus  le).  Sceaux,  422. 
Grasville-Sainte-Honorine  (Scine- 

Inférioure),  v.  Leure. 
Grés  (S.-et-M.),  Gressium,  300. 
Grignart  (P.),  253. 
Grignon    (Seine,    communes    de 

Thiais  et  Orly),  395. 
Guarinus  de  Garreriis,  52. 
Gueldre    (Pays-Bas)   :  Guellensis 

comes  [Renaudus],  119. 
Guiardus  de  Hcrbovilla,  31. 
Guido  Gavassole,  330;  de  Nogen- 
to  in  Bassigneyo,  193,  194  ;  co- 
mes S.  Pauli,  buticularius  Fran- 
cie,  247;  de  Tome  Mare,  75. 
Guillelmus    attiliator ,    184;    au- 
rifaber,  17,  191  ;  le  Gousturier, 
214;  d'Erneval,  459;  de  Erque- 
to,  51  ;  d'Espovilla,  94,  341,  348, 
454  ;  Flammingi,  36,  37,  72,  74  ; 
de   Gisorcio,  226  ;  de  Hangest 
senior,  35  ;  de  Hangesto  junior, 
130,  220;  deHaricuria,  146;  de 
Lavercines,  210;  Milliaci  can- 
tor,  197,  244,  246;  Otran,  200, 
201;  Perrerius,  105;  Pétri  Be- 
cucii,  112;  de  Ripperia,  237-239; 
de  Ruella,  340  ;  ïhiboudi,  115; 
Vassal,   84;    de  S.  Vincencio, 
228-231,  327,  445. 
Guisncs-en-Galaisis     (Pas-de-Ca- 
lais) :  terra  Guisnensis,  4. 
Halot(Adam),  90,  129,  336. 
Hanapier  (Johannes  le),  95,  347, 

453. 
Hanemont,  Hennemont,  393. 
Hangest,    Hangesto    (Guillelmus 
de),  senior,  35  ;  junior,  130,  220. 
Haquinus  de  Manlia,  31. 
Harcourt  (Eure).  —  De  Haricuria 
(Guillelmus;,  116. 


282 


Harfleur  (Seine-Inférieure) ,  Hare- 

fleu,  88,  91. 
Haricuria,  Harcourt   (Guillelmus 

de),  146. 
Haubervillare,  Aubervilliers,  360. 
Haudri  (Stephanus),  233. 
Havre  [le]  (Seine-Inf.),  v.  Leure. 
Hay  [l'J  (Seine),  Laiacum,  375. 
Helly  (Johannes  de),  37. 
Hennemont  (S.-et-O.,  comm.   de 

S.  -  Germain- en -Laye),    Hane- 

mont,  393. 
Henrricus,    Herricus  de    Gauchi, 

43,  342,  349  ;  abbas  Joyaci,  the- 

saurarius,  232,  260;  de  Lacu, 

74  ;  Liziardi,  446  ;  de  Nans,  30; 

de  Vaudernant,  362. 
Hérault,  v.  Agde. 
Herbeville  (S.-et-O.).  —  De  Her- 

bovilla  (Guiardus),  31. 
Heredes  Rooniaci,  137,  457-460. 
Hereditatem    (expensa   ad),    136- 

157. 
Hernesia,  27,  64,  256. 
Herricus,  v.  Henrricus. 
Heure  [I']  (Seine-Inf.),  v.  Leure. 
Hieronymus,  v.  Jeronimus. 
Homines  Johannis   de  Atrebato, 

214. 
Honfleur   (Calvados),   Honnefleu, 

91. 
Honoratus  illuminator,  215. 
Hospitali  (Johannes  de),  91,  120. 
Hospitium  régis,  133. 
Ilubertus  thesaurarius,  163. 
Hugo    episcopus    de    Bethléem, 

159;    de   Passu,    338;    (Renu- 

chius),  335. 
Hyenvilla,  Janville,   312.    —  De 

Hyenvilla  (Johannes),  47. 
Iciacum,  Ussy,  429. 
lUe-et-Yikine,  v.  Dol. 
Illuminator  :  Honoratus,  215. 
Incaustum,  258. 

Indre-et-Loire,  v.  Loches,  Tours. 
Inferior  (capella  régis),  139. 


Inqueste,  190,  211. 
Inquisitores,  228,  238. 
Issy-sur-Seine  (Seine),  Yssiacum, 
408. 

Italie,  V.  Lombardus ,  Florence, 
Gènes,  Pistoia,  Plaisance,  Rome, 
Yintimille. 

Iverny  (S.-et-M.),  Yverniacum , 
409. 

Ivry-sùr-Seine  (Seine),  Yvriacum, 
395. 

Jablines  (S.-et-M.),  400. 

Jacobus  Louchart  de  Atrebato, 
Attrebato,  65,  249,  253,  256;  de 
Luceto,  178  ;  Mayngot,  66,  448. 

Jagny  (S.-et-O.),  Jaygniacum , 
376. 

Janua,  Gênes  (Lanfrancus  Tarta- 
rus  de),  156. 

Janville  (Eure-et-Loir),  Hyenvilla, 
312.  — De  Hyenvilla  (Johannes), 
47. 

Jarcy  (S.-et-O.,  comm.  de  Varen- 
nes)  :  abbatissa  Gerciaci,  136. 

Jassignioc,  Jossigny,  378. 

Jaune  (Lisiardus  le),  28. 

Jaygniacum,  Jagny,  376. 

Jehenotus  de  VaUibus  filius 
Odardi  Rebracye  de  Ponte  S. 
Maxencie,  192. 

Jeronimus  de  Lacu,  74. 

Jocetus  de  Pontisera,  98,  99  ;  de 
Pruvino,  102. 

[Johanna]  regina,  134. 

Johannes  Accurrii,  48  ;  Aelidis 
Facete  de  Lauduno  filius,  40  ;  de 
Aquis,  22,  70;  Arrode,  252;  de 
Atrebato,  213,  214;  Aurelianen- 
sis  archidiaconus,  240  ;  de  Bo- 
villa,  168;  Britonis,  169;  Butin, 
172  ;  de  Galceya,  170;  de  Gapro- 
sia,  164;  deGhambleio,  144;  de 
Ghevri,  18;  de  Ghintrellis,  216; 
Clersens,  65,  176,  188,  249-256; 
G.  le  Cousturier  filius,  214; 
Decimarii,  166;  de  S.  Dionisio, 


283 


senescallus  Pictavensis  ,  118  , 
120;  de  Domno  Martino,  120; 
Drocensis  cornes,  71  ;  Ducis, 
190,  211,  212;  de  Falvi,  158; 
de  Forest,  248;  de  Furno,  94; 
Galteri,  181;  Gandehart,  104; 
le  Hanapier,  95,  347,  453  ;  de 
Helly,  37;  de  Hospitali,  91, 
120  ;  de  Hyenvilla,  47  ;  de  S. 
Justo,  44-64  ;  de  S.  Leonardo, 
prepositus  Parisiensis,  190,  212, 
217  ;  de  Lillariis,  179,  189;  Ma- 
joris  de  Argentolio,  230,  231; 
de  Malla,  224  ;  de  Marolio,  3G2; 
Minerii,  340;  de  Mornayo,  22; 
Nigelle  castellanus ,  225  ;  Pa- 
tart,  362  ;  le  Paylle  de  Gorho- 
lio,  106;  [de  Pontisera]  episco- 
pus  Vincestrie,  35;  Richommc 
de  Cathalano,  322;  de  Tria, 
126  ;  de  Vantiduno,  330  ;  Vena- 
toris,  168;  de  S.  Verano,  317; 
de  Villela,  10;  Wuyde  Rue  de 
Compendio,  259.  —  S.  Johannes 
in  Vineis  Suessionensis,  S.- 
Jean-des-Vignes,  à  Soissons, 
26.  —  Stephanus  de  Monte  S. 
Joliannis,  143.  —  Nativitas  B. 
Johannis,  190,  316,  350. 

Jonte  (Oubertus),  325. 

Jossigny  (S.-et-M.),  Jassignioc, 
378. 

Jouy-l'Abbaye  (S.-et-M.,  comm. 
de  Ghenoise)  :  abbas  Joyaci, 
Henrricus,  thesaurarius,  232, 
260. 

Jouy-sur-Morin  (S.-et-M.),  Joya- 
cum  super  Morayn,  440. 

Judei  :  Donnardus  de  Royon,  83  ; 
Gabriel  de  Garnoto,  107;  Ha- 
quinus  de  Maniia,  31  ;  Jocetus 
de  Pontisera,  98,  99  ;  ?  Jocetus 
de  Pruvino,  102;  ?  Juliana  Ami 
Diu,  105;  Kalotus,  105;  ?  Salo- 
mo  de  Blangi,  99  ;  Vietus  d'Au- 
pegart,  97,   105;   Vivandus  de 


Royon,  83  ;  ?  Vivandus  de 
Trecis,  102.  —  Judei  dotalicii 
rcgine  Margarite,  106. — Judeo- 
rum  expulsio,  120  ;  finatio,  93- 
105;  rotelle,  216;  tallia,  83. 

Judicium,  31. 

Judocus  Roart,  170. 

Juilly  (S.-et-M.),  Juliacuni,  413. 

Juliana  Ami  Diu,  105. 

Julius,  164,  202,  318,  319,  343, 
344,  347,379-408,445-447,  449, 
451-454  ;  v.  Dominica. 

Junior  (Guillelmus  de  Hangesto), 
ballivus  Gadomensis,  130,  220  ; 
(Renaudus  Barbou),  107,  452, 
cf.  Ballivus  Rothomagensis. 

Junius,  316,  317,  342,  350-378, 
446;  V.  Mercurii,  Nativitas. 

Justicia  alta,  113;  bassa,  108. 

Justo  (Johannes  de  S.),  44-64. 

Kala,  Ghelles  (Oise),  114;  (S.-et- 
M.),  435. 

Kalotus  Judeus,  105. 

La,  V.  Le. 

Lacu  (Henrr.  et  Jeron.  de),  74. 

Lagny  (S.-et-M.),  Latiniacum  su- 
per Maternam,  21,  406. 

Laiacum,  l'IIay,  375. 

Lancelotus  d'Angoyssole,  330. 

Lane,  41,  110. 

Lanfrancus  Tarlarus  de  Janua, 
156. 

Laon  (Aisne),  Laudunum,  39, 
276,  446  :  Laudunensis  ecclesia, 
40  ;  custos,  Renerus  de  la  Bêle, 
39.  —  De  Lauduno  (Ada  Wa- 
gnon),  23;  (Aelis  dicta  Faceta) 
et  Albericus  et  Johannes  filii 
ejus,  40;  (Egidius),  206,  343; 
(Gobertus  Sarraceni),  321,  446. 

Laorcene,  Lourcine,  359. 

Lappus  Piti,  de  societate  Mozo- 
rum  de  Florencia,  326  ;  de  so- 
cietate Scale,  334. 

Latiniacum  super  Maternam,  La- 
gny, 21,  406. 


284 


Laudunensis,  Laudunum,v.  Laon. 
Laurencius  de  Monte  Forti,  234. 
Laversine   (Aisne   ou    Oise?).   — 
De  Lavercines  (Guillelmus),  210. 
Laye  [la  forêt  de]   (S.-et-O.).  - 
In  Laya  :  S.  Germanus,  S.-Ger- 
main-eu- Laye,  149,  398;  S.  Leo- 
degarius,    les    Fonds-de-S. -Lé- 
ger, 393. 
Lazari    (Villeta   S.),    la   Villette 

(Paris),  402. 
Le  Gousturier  (Guillelmus,  Johan- 
nes),  2 1 4  ;  le  Hanapier( Johannes) , 
95,347, 453;  le  Jaune  (Lisiardus), 
28  ;  le  Mastin  (Philippus),  199  ; 
le  Paylle  de  Gorbolio  (Johannes), 
106;  ie  Sec  (Leonardus),  30,  33  ; 
le  Vache  (Petrus),  257.  —  Li 
Aasiez  (Stephanus),  161.  —  Du 
Cavech  (Reuaudus),  21,  42,  97, 
316,  342,  446.  —  La  Bêle  (Re- 
nerus  de),  39;  la  Reue  (Petrus), 
73,  124. 
Legata,  79. 
J^emovicenses,  de  Limoges  :  mer- 

catores,  50. 
Lemovicis,    Limoges    (Stephanus 

de),  49. 
Leodegarius  (S.),  S.-Léger-de-Gas- 
senville,    383;    in    Laya,    les 
Fonds-de-S. -Léger,  393. 
Leonardo  (Johannes  de  S.),  prepo- 
situs  Parisiensis,  190,  212,  217. 
Leonardus  le  Sec,  30,  33. 
Letherici  (Mons),  Montlhéry,  262. 
Leure,  l'Eure  ou  l'Heure  (Seine- 
Inférieure,  communes  de  Gras- 
ville  -  Sainte  -  Honorine    et    du 
Havre),  Leura,  87. 
Lexoviensis,  de  Lisieux,  85. 
L'Hay  (Seine),  v.  Hay. 
Li,  V.  Le. 
Liberi  régis,  135. 
Libre,  de  libra  (denarius),  21, 115. 
Libri  illuminati,  215.  —  Brevia- 
rium,  203. 


Ligerim  (  Magdunum  super), 
Meung-sur-Loire,  232. 

Lillers  (Pas-de-Calais).  —  De  Lil- 
lariis  (Johannes),  179,  189. 

Limeil-Brévannes  (S.-et-O.),  Li- 
molium,  430. 

Limoges  (Haute- Vienne)  :  Lemo- 
vicenses  mercatores,  50.  —  De 
Lemovicis  (Stephanus),  49. 

Limolium ,  Limeil-Brévannes,  430. 

Lisiardus  le  Jaune,  28. 

Lisieux  (Calvados)  :  Lexoviensis 
diocesis,  85. 

Lissiacum,  Lixy,  292. 

Littere,  208,  253,  258. 

Lixy  (Yonne),  Lissiacum,  292. 

Liziardi  (Herricus),  446. 

Loches  (Indre-et-Loire)  :  feodum 
Locharum,  137,  457-460. 

Loire  (la).  —  Magdunum  super 
Ligerim,  Meung-sur-Loire,  232. 

Loiret,  v.  Boiscommun,  Bourg- 
neuf,  Gepoy,  Châteauneuf-sur- 
Loire,  Courcy-aux-Loges,  Fer- 
rières-Gâtinais ,  Gien,  Lorris, 
Meung-sur-Loire,  Montargis, 
Neuville-aux-Bois,  Orléans,  Vi- 
try-aux-Loges,  Yèvre-le-Ghâtel. 

Lombardus  (Bone  Gayne),  331; 
(Faschius),  72;  (Petrus),  rece- 
ptor  Bituricensis,  24,  96,  118, 
197,  213,  214,  244-246,  345,  451. 
—  V.  Italie. 

Longperrier  (S.-et-M.),  Longus 
Pirus,  384. 

Lorrez-le-Bocage  (S.-et-M.),  Lo- 
retum  in  Boscagio,  295. 

Lorris  (Loiret),  Lorriacum,  315. 

Loth  (Galterus,  Galtherus),  337, 
349. 

Lotrarius  :  Golinus,  173. 

Louchart  (Jacobus)  de  Atrebato, 
Attrebato,  65,  249,  253,  256. 

Lourcine  (Paris),  Laorcene,  359. 
Loury  (Loiret),  v.  Bourgneuf. 


285 


Louveciennes  (S.-et-O.),  Lupice- 

ne,  352. 
Louvre  [le]  (Paris),  Lupara,    37, 

181,  182,  205,  258,  p.  257. 
Luceto  (Jacobus  de),  178. 
Lucia  de  Gibelet,  186. 
Ludovicus  frater  régis,  225  ;  pri- 

mogenitus  régis,  13. 
Lune  dies  in  crastino  S.  Martini 

hyemalis  [12  nov.  1296],  247. 
Lupara,  le  Louvre,   37,    181-183, 

205,  258,  p.  257. 
Luparii    :    Giletus   Rougel,  171  ; 

Johannes  Butin,  172. 
Lupelli,  187. 

Lupi  (Gantus),  Ghanteloup,  21. 
Lupicene,  Louveciennes,  352. 
Lupus  et  Egidius  (SS.),  S.-Leu-et- 

S.-Gilles  (Paris),  387. 
Lursinade  [S.-Amans-de-]  (Tarn- 

et-Garonne,  comm.  de  Moissac)? 

Ancinade,  108. 
Luzarches  (S.-et-O.),  Lusarchie, 

397. 
Maaleyum,  Malay-le-Roi,  291. 
Maceyum  in  ballivia  Bituricensi, 

Massay,  214. 
Maciacum,  Massy,  379. 
Màcon    (Saône-et-Loire),    Mati- 

s[c]onum,  75  :  Ballivus  Masti- 

conensis,  Johannes  de  Chintrel- 

lis,  216. 
Magdalena  [22  juillet],  204. 
Magdunum  super  Ligerim,  Meung- 

sur-Loire,  232. 
Magister  Baldoinus   Alan",    200; 

Gaulïridus    de    Templo,    175; 

Guido    de   Nogento   in    Bassi- 

gneyo,    193,    194;     Guillelmus 

aurifaber,  17,  191  ;  Guillelmus 

de  Erqueto,  51  ;  Guillelmus  de 

Gisorcio,    226;    Guillelmus    de 

Lavercines,     210;     Guillelmus 

Milliaci  cantor,  197,  244,  246; 

Guillelmus  Vassal,  84  ;  Henr- 

ricus,  Herricus  de  Gauchi,  43, 


342,  349  ;  Johannes  Aureliancn- 
sis  archidiaconus ,  240  ;  Johan- 
nes  de  Chevri,    18  ;   Johannes 
Glcrsens,  65,  176,  188,  249-256 
Johannes   de  Domno  Martino 
120;  Johannes  Ducis,  190,  211 
212;  Johannes  de  Forest,  248 
Johannes  de   S.  Justo,  44-64 
Laurencius    de    Monte    Forti 
234  ;  Michael  de  Codreyo,  198 
Petrus   de    Bello    Monte,    243 
Petrus  de  Girilli,  12-14  ;  Petrus 
deCondeto,  174  ;  Petrus  la  Reue 
73,  124  ;    Philippus  Conversus 
115;  Philippus  le  Mastin,  199 
Radulphus   de   Mellento,    239 
Renaudus  de  Giresmo,  197,  245 
246  ;  Robertus  Foyson,  228  ;  Ro 
bertus  de  Pontisera,  254  ;  Roge 
rus  de  Medunta,  10  ;  Sancius 
180  ;  Stephanus  li  Aasiez,  161 
Stephanus   de   Lemovicis,    49 
Stephanus  de  Susi  archidiaco 
nusBrugensis,  236;  SymonBoel, 

229,  231.  —  xMagister  capelle 
régis  Parisius,  207  ;  nundina- 
rum  Gampanie,  Florencius  de 
Roya,  109  ;  puerorum  capelle 
régis,  223.  —  Magistri  curie, 
92;  monetarum,  Betinus  Gau- 
cinelli,  Johannes  Decimarii, 
166,  cf.  72  ;  partes  apud  ma- 
gistros,  337,  349. 

Maine  (le),  Genomania,  116. 

Maisoncelles  (S.-ct-M.,  canton  de 
Goulommiers)?  Domuncul.,438. 

Maius,  v.  Ascensio,  Penthecoste. 

Major  Pictavensis,  120  ;  Rotho- 
magi,  52.  —  Major  (S.  Grispi- 
nus)  Suessioncnsis,  S.  Grépin- 
le-Grand,  à  Soissons,  53. 

Majoris  (Johannes)  de  Argentolio, 

230,  231. 

Malay-lc-Roi  ou  le-Petit  (Yonne), 

Maaleyum,  291. 
Malla,  Marie?  (Johannes  de),  224. 

19 


286 


Malliacum  la  Vile,  Marly-la-Vil- 

le,  386. 
Malum    Regardum ,    Mauregard , 

437. 
Manche,  v.  Goutances. 
Mandatum  régis,  209. 
Manier  (Dulchius),  323. 
Manlia,   Maule-sur-Maudre   (Ha- 

quinus  de),  31. 
Mantes-sur-Seine  (S.-et-O.).  —  De 

Medonta,  Medunta  (Nicholaus), 

362  ;  (Petrus),  72  ;  (Radulphus), 

44  ;  (Rogerus),  10. 
Marcellus  (S.),  S.-Marcel  (Paris), 

359. 
Marcha  argenti,  15. 
Marchesiis  (Symon  de),  228. 
Marci  (Martinus),  75. 
Mare  (G-uido  de  Torne),  75. 
Mareil-Marly  (S.-et-O.),  Marolium, 

401.  —  ?DeMarolio(Johannes), 

362. 
Margarita,  defuncta  regina,  106. 
Maria  (B.),  Notre-Dame  :  Ambia- 

nensis,  30;  de  Ghambleio,  152; 

Suessionensis,  54.  —  B.  Marie 

Assumptio  [15  août],  190. 
Marinarii,  87,91,  92;  cf.  124. 
Marie  (Aisne).  —  De  Maria  (Gi- 

rardus),  195.  —  Cf.  Malla. 
Marly-la-Ville  (S.-et-O.),  Mallia- 
cum la  Vile,  386. 
Marly-le-Roi    (S.-et-O.),    Marlia- 

cum  Gastrum,  420.  —  Stagnum 

subtus     Marliacum     Gastrum , 

l'Étang-la-Ville,  401. 
Marne,   v.  Ghàlons  -  sur  -  Marne, 

Reims,  Vitry-en-Perthois. 
Marne  (la).  —  Latiniacum  super 

Maternam,  Lagny,  21,  406. 
Marne  (Haute-),  v.  Andelot,  Ghau- 

mont  -  en  -  Bassigny ,     Nogent- 

Haute-Marne. 
Marolio  (Johannes  de),  362. 
Marolium,   Mareil-Marly,  401. 
Martinus  Marci,  75  ;  Pethiot,  259. 


—  Domnus  Martinus,  Damraar- 
tin-en-Goële,120,424,  433.— S. 
Martinus  hyemalis  [11  nov.], 
247. 

Martirum  (Mons),  Montmartre, 
■  402. 

Martius,  v.  Dominica,  Pascha. 

Massay  (Gher),  Maceyum  in  bal- 
livia  Bituricensi,  214. 

Massy  (S.-et-O.),  Maciacum,  379. 

Masticonensis,  de  Mâcon,  216. 

Mastin  (Philippus  le),  199. 

Maternam  (Latiniacum  super), 
Lagny,  21,  406. 

Matis[c]onum,  Mâcon,  75. 

Maule-sur-Maudre  (S.-et-O.).  — 
De  Manlia  (Haquinus),  31. 

Maura  (Fossa),  Fosse-More,  291  ; 
(Vallis),  Vaumort,  291. 

Mauregard  (S.-el-M.),  Malum  Re- 
gardum, 437. 

Maxencie  (Pons  S.),  Pont-Sainte- 
Maxence,  192,  271. 

Maximus  (S.),  S.-Mesmes,  414. 

Mayngot  (Jacobus),  66,  448. 

Meaux  (S.-et-M.),  Meldis,  436. 

Medardus  (S.)  Suessionensis,  S.- 
Médard,  à  Soissons,  25. 

Medicus  (Symon),  116. 

Medietate  (pro),  138-141,  147, 
148,  152,  157,  159,  161,  162, 
171,  172,  186,  318. 

Medonta,  Medunta  (de),  Mantes- 
sur-Seine  :  Nicholaus,  362  ;  Pe- 
trus, 72;  Radulphus,  44;  Ro- 
gerus, 10. 

Meldis,  Meaux,  436. 

Meledunum,  Melun,  55,  257,  301. 

Melet  (Petrus  de),  118,  120,  456. 

Mellentum,  Meulan.  —  De  Mel- 
lento  (Radulphus),  239. 

Melun  (S.-et-M.),  Meledunum,  55, 
257,  301. 

Ménil-Amelot  [le]  (S.-et-M.),  Mes- 
nilium  Domine  Rancie,  405. 

Mensuratores  boscorum,  169. 


287 


Mercatores  Lemovicenses,  50. 

Mercurii  dies  post  Nativitatem  B. 
Johannis  [27  juin  1296],  190. 

Merlini  (Arnulphus),  234. 

Mesnil-Aubry  [le]  (S.-et-O.),  Mes- 
nilium  Alberici,  404. 

Mesnil-le-Roi  [le]  (S.  -  et-  0.), 
Mesnilium,  403. 

Mesnilium  Domine  Rancie,  le 
Ménil-Amelot,  405. 

Messilles  (Stephanus  de),  209. 

Meudon  (S.-et-O.),  350. 

Meulan  (S.-et-O.).  —  De  Mellen- 
to  (Radulphus),  239. 

Meung-sur-Loire  (Loiret),  Magdu- 
num  super  Ligerim,  232. 

Michael  de  Godreyo ,  198  ;  de 
Navarra,  41.  —  S,  Michael 
[MGC]XGVI»  [29  sept.],  128- 
132,  248.  — Altare  S.  Michaelis 
in  ecclesia  de  Ghambleio,  152. 

Milites  :  Amelius  de  Villari,  113 
Antelinus  de    Varignies,  225 
Guillelmus  de  Haricuria,  146 
Guillelmus  de   Ripperia,    237- 
239;  Johannes  de  Bovilla,  168; 
Johannes  de  Ghambleio,    144  ; 
Johannes    Nigelle    castellanus, 
225;  Johannes  de  Villeta,  10; 
Nicholaus  de  Peracio,  160;  Pe- 
trus  de  Ghambleio,  dominus  de 
Viermes,  148;  Petrus  dominus 
Ghambleii,  71,  460;  Stephanus 
de  Bien  Fayte,  145, 168;  Symon 
de  Marchesiis,  228. 

Millan  (Villa),  Villemilan,  366. 

Milly  (S.-et-O.)  :  Milliaci  canlor, 
Guillelmus,  197,  244,  246. 

Mina  avene,  59.  " 

Minerii  (Johannes),  340. 

Minuta,  258. 

Misie,  182,  183,  191. 

Missa  de  defunctis,  138. 

Mitry  (S.-et-M.,  comm.  de  Mi- 
try-Moryi,  Mitriacum,  439. 

Modii,  55,  57-59,  61-63. 


Moissac  (Tarn-et-Garonne),  v.  S.- 
Amans-de-Lursinade. 

Monachi,  142,  255. 

Monciacum  Novum,  Moussy-le- 
Neuf,  382;  Vêtus,  Moussy-le- 
Vieux,  384. 

Moneta,  monete,  monetagium, 
42,  72-75,  88,  166,  167. 

Mons  Argi,  Montargis,  184,  313; 
(Bellus),  Beaumont-sur-Oise, 
243,  270;  (Galvus),  Ghaumont- 
en  -  Bassigny,  121;  (Galvus), 
Ghaumont-en-Vexin,  268;  De- 
siderii,  Montdidier,  206,  278, 
343,  446;  Ferrandi,  Montfer- 
rand,  75;  Fortis,  155,  234; 
(Frigidus),  Froidmont,  255  ;  S. 
Johannis,  143  ;  Letherici,  Mont- 
Ihéry,  262  ;  Martirum,  Mont- 
martre, 402;  (Regalis),  Royau- 
mont,  142. 

Monsterolium,  Montreuil-sur-Mer, 
286;  Bonin,  Montreuil-Bonnin, 
75. 

Montargis  (Loiret),  Mons  Argi, 
184,  313. 

Montdidier  (Somme),  Mons  Desi- 
derii,  278,  343,446:  prcpositus, 
Egidius  de  Lauduno,  206,  343. 

Monte  Forti  (Laurencius  de),  234. 

Monte  S.  Johannis  (Stephanus  de), 
143. 

Montevrain  (S.-et-M.),  Montc- 
vrayn,  21. 

Montferrand  (Puy  -  de  -  Dôme , 
comm.  de  Glermont-Ferrand), 
Mons  Ferrandi,  75. 

Montgé  (  S.-et-M.  ),  Montigyer, 
415. 

Montigny-lez-Gormeilles  (S.-el- 
0.),  Montiniacum,  368. 

Montigyer,  Montgé,  415. 

Montiniacum,  Montigny-lez-Cor- 
meilles,  368. 

Montlhéry  (S.-et-O.),  Mons  Le- 
therici, 262. 


288 


Montmartre  (Paris),  Mons  Marti- 

rum,  402. 
Montreuil-Bonnin  (Vienne),  Mon- 

sterolium  Bonin,  75. 
Montreuil-sur-Mer  (Pas-de-Calais) , 

Monsterolium,  286. 
Morayn  (Joyacum  super),  Jouy- 

sur-Morin,  440;  (Villare  super), 

Villiers-sur-Morin,  443. 
Moret-sur-Loing  (S.-et-M.),  Mo- 

retum,  13,  298. 
Morin  (le),  v.  Morayn. 
Mornayo  (Johannes  de),  22. 
Mortui  equi,  210,  256.  —  Cf.  De- 

functi. 
Mory  (S.-et-M.,  comm.  de  Mitry- 

Mory),  Moyriacum,  439. 
Mouschetus,  89,  337,  349.  —  Cf. 

Bichius. 
Moussy-le-Neuf  (S.-et-M.),  Mon- 

ciacum  Novum,  382. 
Moussy-le-Vieux  (S.-et-M.),  Mon- 

ciacum  Vêtus,  384. 
Moyriacum,  Mory,  439. 
Mozi  de  Florencia,  326. 
Mureaux  [les]  (Paris,  près  N.-D.- 

des-Gliamps;  cf.  Guérard,  Car- 

tulaire  de  l'église  N.-D.  de  Paris, 

IV,  402),  Murelli,  359. 
Mutua,  16,  67,  214,  221,  222,  232, 

249,  316-341. 
Nans  (Henrricus  de),  30. 
Nantolhetum,  Nantouillet,  416. 
Nantonis  (Gastrum),  Ghàteau-Lan- 

don,  303. 
Nantouillet  (S.-et-M.),  Nantolhe- 
tum, 416. 
Nativitas    [MGGJXGV"  [25  déc], 

237  ;  B.  Johannis  [24  juin],  190, 

316,  350. 
Navarre. — De  Navarra  (Michael), 

41. 
Naves,  navigium,  33, 41 ,  89, 90, 124. 
Nealpha  (Thomassinus  de),  27. 
Neccessaria,  207,  223,  256. 
Negocium  centesime,  201  ;  quin- 


quagesime,  197,  229-231,  241- 

246;  régis,  212,  220,  227,  232, 

254,  258. 
Nemours  (S.-et-M.) ,  Nemosium, 

297. 
Nesle  (Somme)  :  Nigelle  castella- 

nus,  Johannes,  225. 
Neuville-aux-Bois  (Loiret),  Novil- 

la,  306. 
Nicholaus  Gaillet,  198  ;  episcopus 

Ebroicensis,  117  ;  de  Medunta, 

362;  dePeracio,  160. 
Nièvre,  v.  Bethléem. 
Nigella,  Nesle,  225. 
Nigri  (Gerdi)  de  Florencia,  325. 
Nivardus,  320. 
Nogent-Haute-Marne  ou  Nogent- 

le-Roi    (Haute-Marne).   —    De 

Nogento  in  Bassigneyo  (Guido), 

193,  194. 
Nomina,  92. 
Notre-Dame,  B.  Maria  :  Ambia- 

nensis,  30;  de  Ghambleio,  152; 

Suessionensis,  54. 
Nova  (Guria),  la  Gourneuve,  361  ; 

(Villa),  V.  Villa  Nova. 
November,   338,    340,    341,   443, 

444,  446,  449,  453,  455,  456  ;  v. 
Lune  dies,  Omnes  Sancti. 

Novilla,  Neuville-aux-Bois,  306. 

Noviomensis,  de  Noyon,  43,  206. 

Novum  (Gastrum),  Ghâteauneuf- 
sur-Loire,  305;  (Monciacum), 
Moussy-le-Neuf,  382.  —  Novus 
(Burgus),  Bourgneuf,  309. 

Noyon  (Oise)  :  Noviomensis  dio- 
cesis,  43  ;  abbacia  S.  Eligii, 
206, 

Nuncii  missi,  256,  258. 

Nundine  Gampanie,  109. 

October,  205,  318,  327,  338-340, 
342,    343,    349,    407,    434-442, 

445,  446,  450,  454. 

Odardus   Rebracye  de   Ponte  S. 

Maxencie,  192;  Sarraceni,  446. 

Odo  capellanus  Vicennarum,  139. 


289 


Officium  thesaurarie,  258,  260. 

Oise,  V.  Béthisy-S. -Pierre,  Bre- 
teuil-sur-Noye,  Chambly,  Chau- 
mont-ea-Vexin,  Chelles,  Choi- 
?y-au-Bac,  Compiègne,  Froid- 
mont  ,  Laversine ,  Noyon , 
Pierrefonds,  Pont-Sainte-Ma- 
xence,  Senlis,  Thourotte,  Ver- 
berie,  la  Villeneuve-le-Roi. 

Oliverus  de  Vintemille,  112. 

Omnes  Sancti  [l"""  nov.],  64  : 
[MCG]XGV»,  119,  121,  123,203, 
206;  [MCG]XGVI°,122,126,258, 
p.  240,  257. 

Opéra,  202,  205,  251,  258. 

Operatorium  Lupare,  181-183  ;  Me- 
leduni,  257;  Montis  Argi,  184. 

Ordo  Gluniaccnsis,  81. 

Orléanais  (F),  partes  Aurelianen- 
ses,  226. 

Orléans  (Loiret),  Aurelianum,  56, 
304  :  Aurelianensis  archidia- 
conus,  Johannes,  240  ;  ballivia, 
6,  103,  123,  450,  cf.  304-315.  — 
De  Aureliano  (Egidius),  217. 

Orly  (Seine),  Orliacum,  371.  — 
V.  Grignon. 

Ormesson  (S.-et-O.),  Amboysa, 
399. 

Orne,  v.  Alençon. 

Otran  (Guillelmus),  200,  201. 

Oubertus  Jonte,  325. 

P.  Folet,  110;  Grignart,  253. 

Palacioluna,  Palaiseau,  418. 

Palafredus,  256.  —  Cf.  Equi. 

Palaiseau  (S.-et-O.),  Palaciolum, 
418. 

Pallia,  237. 

Pantin  (Seine),  Pentinum,  394. 

Paredo  (Petrus  de),  prior  de  Gbe- 
sa,  227. 

Pargamenum,  258,  cf.  207. 

Paris  (Seine),  Parisius,  35,  72,  87, 
138,  190,  202,  207,  217,  223, 
261,  320,  387  :  Parisiensis 
ballivia,  1,  cf.  261-266;  congre- 


gatio  cecorum,  1.50;  domus  Dei, 
141;  filie  Dei,  22^;  prepositura, 
100,  261  ;  prepositus,  Johannes 
de  S.  Leonardo,  190,  212,  217. 
—  Parisienses,  1-70,  127,  132- 
460.—  V.  la  Ghapelle-S.-Denis, 
Gharonne,  Glignancourt,  le  Fau- 
bourg-S. -Germain,  Lourcine,  le 
Louvre,  Montmartre,  les  Mu- 
reaux,  S.-Germain-des-Prés,  S.- 
Leu-et-S. -Gilles,  S. -Marcel,  la 
Sainte-Ghapelle ,  Sainte-Gene- 
viève, le  Temple,  la  Villette. 

Parrochia  Ayssone,  417  ;  Limolii, 
430  ;  SS.  Lupi  et  Egidii  Pari- 
sius, 387  ;  de  Meudon,  350;  de 
Montigyer,  415;  Pentini,  394; 
Pissiaci,  403. 

Partes,  9,  38,  67-69, 137,  213,  223, 
229,  238,  240,  337,  349,  445.  — 
Partes  Aurelianenses,  226. 

Pascha  [MGG]XGVI°  [25  mars], 
11,  208,  319. 

Pas-de-Galais,  v.  Arras,  Artois, 
Guisnes  -  en  -  Calaisis,  Lillers , 
Montreuil-sur-Mer,  Royon,  S.- 
Pol-sur-Ternoise. 

Passagium  lanarum,  110. 

Passu  (Hugo  de),  338  ;  (Renerus 
de),  de  Florencia,  329. 

Patart  (Johannes),  362. 

Pater  Johannis  Accurii,  48  ;  (Pe- 
trus de  Ghambli),  45. 

Paulus  (S.),  S.-Pol-sur-Ternoise, 
247.  —  De  S.  Paulo  in  Gatur- 
cino,  S.-Paul-de-Brugues?  (Pe- 
regrinus),  108. 

Payen  (Symon),  242. 

Paylle  (Johannes  le)  de  Gorbolio, 
106. 

Pays-Bas,  v.  Gueldre. 

Peccunia,  256. 

Pensio  filiarum  Dei,  222. 

Penthecoste  [MGG]  XGVI°[1 3  mai] , 
237. 

Pentinum,  Pantin,  394. 


200 


Peracio  (Nicholaus  de),  160. 
Percamenum,  207,  cf.  258. 
Peregrinus  de  S.  Paulo  in  Gaturci- 

no,  108. 
Péronne  (Somme),  Perona,  282. 
—  De  Perona  (Furseus),   filius 
Gauffridi,  13,  154,  170;  (Gauf- 
fridus),  153,  154. 
Perrerius  (Guillelmus),  105. 
Persone  ecclesie,  24,  84,  85;  ec- 

clesiastice,  80. 
Pethiot  (Martinus),  259. 
Petit  (Geaus  le).  Sceaux,  422. 
Petra  Ficta ,  Pierrefitte-sur-Seinc, 
383;  Fons,  Pierrefonds,  60,274. 
Petrucie  (societas),  332. 
Petrus  de  Belle  Monte,  243;  de 
Ghambli  pater,  45;   de  Cham- 
hleio  miles ,  dominas  de  Vier- 
mes,  148;  dominus  Chambleii, 
71,  460  ;  Chevalier,  196  ;  de  Gi- 
rilli,  12-14;  de  Gondeto,  174;  de 
Goquerel,    33  ;    Genciani,    55  ; 
Lombardus,   24,  96,   118,    197, 
213,  214,  244-246,  345,  451  ;  de 
Medunta,    72;  de   Melet,    118, 
120,  456  ;   de  Paredo,   prior  de 
Ghesa,  227;  la  Reue,  73,  124; 
de  Remis,  218;  RoUandi,  50  ;  le 
Vache,  257  ;  Viarius  de  Silva- 
necto,  115.  —  Guillelmus  Pétri 
Becucii,  112. 
Phauresmouster    in   Bria,   Fare- 

moutiers,  441. 
Philippus      capellanus     episcopi 
Dolensis,  208;  Gonversus,  115; 
le  Mastin,  199.  —  V.  Rex. 
Picardi  (Symon),  219. 
Picta  (Villa),  Villepinte,  374. 
Pictavensis,  de  Poitiers,  118,  120, 

125,  456. 
Pict[avia],  le  Poitou  (?),  120. 
Pierrefitte-sur-Seine  (Seine),  Pe- 
tra Ficta,  383. 
Pierrefonds   (Oise),    Petra   Fons, 
60,  274. 


Pirus  (Longus),  Longperrier,  384. 

Piscatores  :   Furseus   de  Perona, 

filius  Gauffridi,  13,   154,   170; 

Johannes  de  Galceya,  Judocus 

Roart,  170. 

Pisces,  13,  60. 

Pissiacum,  Poissy,  59,  266,  338, 

370,  392,  403. 
Pistoia  (Italie)  :  societas  Glaren- 

cium  de  Pistorio,  333. 
Piti  (Lappus),  de  societate  Mozo- 
rum  de  Florencia,  326  ;  de  so- 
cietate Scale,  334. 
Plaisance  (Italie),  Placencia,  328, 

330. 
Platelli  ad  fructum,  191. 
Plessis-Piquet  [le]  (Seine),   Ples- 

seyum,  422. 
Poissy  (S.-et-O.),  Pissiacum,  59, 
266,  338,  403.  —  Versus  Pis- 
siacum   :    AUodia    Régis,    les 
AUuets-le-Roi,    370;    Ghaveno- 
lium,  Ghavenay,  392. 
Poitiers  (Vienne)  :  Pictavensis  re- 
ceptor,   Petrus  de   Melet,    118, 
120,  456  ;  senescalcia,   senescal- 
lia,   125,  456;  senescallus,  Jo- 
hannes de  S.  Dionisio,  118,  120; 
major  et  communia,  120. 
Poitou  [le]  (?),  Pict[avia],  120. 
Pons   S.   Maxencie,  Pont-Sainte- 
Maxence,  271.  —  De  Ponte  S. 
Maxencie  (Odoardus  Rebracye), 
192. 
Pontault  (S.-et-O.),  Pontaz,  399. 
Pontes   super  Yonam,  Pont-sur- 
Yonne,  288. 
Ponthieu  (le),  Pontivum,  66,  448. 
Pontoise    (S.-et-O.),    Pontisara, 
Pontisera,  269,  340.  —  De  Pon- 
tisera  (Jocetus),  98,  99;  [Johan- 
nes] episcopus  Vincestrie,  35; 
(Robertus),  254. 
Pont-Sainte-Maxence  (Oise),  Pons 
S.  Maxencie,  271.  —  De  Ponte 


294 


S.   Maxencie   (Odarclus  Rebra- 

cye),  192. 
Pont-sur- Yonne  (Yonne),  Pontes 

super  Yonam,  288. 
Porion  (Evrardus).  28. 
Port  (Triacum  le),' Trilport,  428. 
[Pouancé  (Theobaldus  de)]  episco- 

pus  Dolensis,  34,  208,  221. 
Poutrel  (Baidoinus),  84,  93. 
Pratis  (S.  Germanus  de),  S.-Ger- 

main-des-Prés,  16;  (villa  S.  Ger- 

mani  de),  le  Faubourg-S. -Ger- 
main, 408. 
Prepositure,  9,  100,  261-315,  342, 

343,  373,  446. 
Prepositus  Montis  Desiderii,  Egi- 

dius  de  Lauduno,  206,  343  ;  Pa- 

risiensis,  Johannes  de  S.  Leo- 

nardo,  190,  212,  217. 
Presbiter  :  Robertus  deFreauvilla, 

199. 
Primogenitus  régis  :  Ludovicus, 

13. 
Prior  de  Chesa  :  Petrus  de  Pare- 
do,  227. 
Procuratores  Bichii  et  Mouscheti, 

337,  349. 
Prosecutio  testamenti,  256. 
Provincia  Senonensis,  210. 
Provins    (S.-et-M.),    Pruvinum, 

232.  —  De  Pruvino  (Jocetus), 

102. 
Pueri  capelle  régis,  203,  223. 
Puiseux-lez-Louvres    (S.-et-O.  ), 

Puteoli,  376. 
Puteaux  (Seine),  Puteaus,  372. 
Puteoli,  Puiseux-lez-Louvres,  376. 
Puy-de-Dôme,  v.   Glermont-Fer- 

rand,  Montferrand,  Saint- Alyre. 
Quadriennii  décima,  77. 
Quarrerie ,    Carrières  -  sous  -  Bois, 

403. 
Quercus  (Bella),  Beauquesne,  284. 
Quercy  (le),  Caturcinum,  108. 
Queue-en-Brie    fia]    (S.  -  et  -  0.), 

Gauda,  399. 


Quinquagesima,  69,  193-201,  229- 
231,  234,  241-246,  350-456. 

Quintinus  (S.),  S. -Quentin,  241, 
242,  247,  280,  342. 

Radulphus  de  Brulhi,  de  Bru- 
Iheyo,  11,  190;  de  Medonta, 
44;  de  Mellento,  239. 

[Raimundus]  episcopus  Agatensis, 
15. 

Ramatum  Villare,  Romainvil- 
liers,  442. 

Rancic  (Mesnilium  Domine),  le 
Ménil-Amelot,  405. 

Rascassol  (Bernardus),  75. 

Rauba,  roba,  149,  171-173,  203. 

Rebracye  (Odardus)  de  Ponte  S. 
Maxencie,  192. 

Recepta,  1-132,  261-456. 

Receptor  Arvernie,  Girardus  Chau- 
chat,  81-83,  118,  455;  Bituri- 
censis,  Petrus  Lombardus,  24, 
96,  118,  197,  213,  214,  244-246, 
345,  451;  focagii,  120;  Gisorcii, 
Guillelmus  d'Espovilla,  94,  341, 
348,  454;  Pictavensis,  Petrus 
de  Melet,  118, 120,456;  Pontivi, 
Jacobus  Mayngot,  66,  448  ;  Se- 
nonensis, Theobaldus  Armigeri, 
20,  101,  238-240,  243,  449.  — 
Receptores  Campanic,  121, 122; 
senescalcie  Bellicadri,  78-80. 

Rechatum  terre,  22. 

Recognitio  fidelitatis,  15. 

Redditus,  66,  119,  123,  148. 

Regalia  Cenomanie,  116. 

Regalis  Mons,  Royaumont,  142. 

Regardum  (Malum),  Maurogard, 
437. 

Regina  [Johanna],  134;Margarita, 
106.  —  Burgus  Régine,  Bourg- 
la-Reine,  366,  421. 

Reginaldus,  v.  Renaudus. 

Régis  (Robertus),  241,  242.  —  V. 
Rex. 

Regnum  Francie,  80-82,  84,  85, 
210. 


292 


Reims  (Marne),  Remis,  21.  —  De 
Remis  (Petrus),  218. 

Relaxatio  denarii  de  libra,  H 5. 

Remis,  Reims,  21,  218. 

Remundi  (Bernardus),  75. 

Renaudus  de  Aula,  167  ;  Barbou 
junior,  ballivus  Rothomagensis, 
107,  452,  cf.  85-92,  128,  319, 
344  ;  vêtus,  senior,  107,  165  ; 
du  Gavech,  21,42,  97,  316,  342, 
446;  de  Giresmo,  197,  245,  246; 
Guellensis  cornes,  119. 

Renerus  de  la  Bele,  39;  Flam- 
mingi,  72;  de  Passu  de  Flo- 
rencia,  329. 

Renuchius  Hugo,  335. 

Residuum  compoti,  11,  189;  ex- 
pense,  18,  234;  financie,  51;mu- 
tuorum,  221,  319;  vadiorum,  92. 

Reue  (Petrus  la),  73,  124. 

Reuil  (S.-et-M.),  Ruolium  juxta 
Feritatem  Ancoul,  410. 

Rex    [Philippus]  :   ciphos   émit, 
191.    —  Régis   Allodia   versus 
Pissiacum,   les  Alluets-le-Roi 
370;  capella,  138-140,  202-205 
207,  223;  coquina,  217  ;  frater 
Ludovicus ,    225  ;    garnisiones 
91;    gentes,    192;    hospicium 
133;  liberi,  135;  libri,  215,  cf 
203;    mandatum,    209;    nego- 
cium,  212,  220,  227,  232,  254 
258  ;  primogenitus,  Ludovicus 
13;   servientes,  211;   sigillum 
34;  valletus,  Petrus  de  Remis 

.  218;  Villa  Nova,  Villeneuve-le 
Roi,  389;  Villa  Nova  in  Belva 
cinio,  la  Villeneuve-le- Roi,  277 
—  Régi  redditi  denarii,  206 
216  ;  facta  mutua,  16,  67,  214 
221,  222,  232,  249,  316-341.  — 
Ad  regem  (denarii  pro  eundo) 
188  ;  super  regem  captus  reddi- 
tus,  119,  123.  —  Cum  et  sine 
rege  (vadia  buticularii),  247; 
pro  rege  factura  breviarum,  203. 


Ribemont     (Aisne),     Ribemons, 

280. 
Richardus  Bouroudi,  116. 
Richarius  (S.),  S.-Riquier,  286. 
Richomme  (Johannes)  de  Catha- 

lano,  322. 
Rigot  (Egidius),  362. 
Ripperia  (Guillelmus  de),  237-239. 
Rivière    (la),    prévôté  à   ou   près 

Pont-sur-Vannes    (Yonne  ;    cf. 

Rec.  deshist.  de  Fr.,  XXIII,  812), 

R[i]v[e]ria,  291. 
Roart  (Judocus),  170. 
Roba,  rauba,  149,  171-173,  203. 
[Robertus]    Attrebatensis  comes, 

120;  Grispini  deAtrebato,  339; 

Foyson,    228;    de   Freauvilla, 

199;  de  Pontisera,  254;   Régis, 

241,  242;  cambellanus  de  Tan- 

quarvilla,  458. 
Rogerus  de  Medunta,  10. 
Roissy    (S.-et-O.  ),    Royssiacum, 

365. 
Rollandi  (Petrus),  50. 
Roma,  Rome,  18. 
Romainvilliers  (S.-et-M.,  comm. 

de  Bailly-Romainvilliers),  Ra- 

matum  Villare,  442. 
Rome  (Italie),  Roma,  18. 
Rooniacum,    Rosny  -  sur  -  Seine, 

137,  457-460. 
Roseyo  (Symon  de),  157. 
Rosny-sur-Seine  (S.-et-O.)  :  here- 

des  Rooniaci,  137,  457-460. 
Rotelle  Judeorum,  216. 
Rouen  (Seine-Inférieure),  Rotho- 

magum,   188,   259  :   Rothoma- 
gensis  ballivia,  93,  344,    452; 

ballivus,  85-92,   107,  128,  319, 

344,  452  ;  burgenses,  319  ;  dio- 

cesis,  84,  85  ;  major,  52. 
Rougel  (Giletus),  171. 
Roya,  Roye,  109,  279. 
Royaumont  (S.-et-O.,   commune 

d'Asnières-sur-Oise)  :  monachi 

Regalis  Mentis,  142. 


293 


Roye  (Somme),  Roya,  279.  —  De 
Roya  (Florencius),  109. 

Royon  (Pas-de-Calais).  —  De  Ro- 
yon  (Donnardus,  Vivandus),  83. 

Royssiacum,  Roissy,  365. 

Rue  (Johannes  Wuyde)  de  Com- 
pendio,  259. 

Ruella  (Guillelmus  de),  340. 

Rungis  (Seine),  Rungiacum,  388. 

Ruolium  juxta  Feritatem  Ancoul, 
Reuil,  410. 

Ruphus  de  Sulhi,  120. 

Ruria,  291,  v.  la  Rivière. 

Rustici  (Thomas),  337,  349. 

Saint-Alyre  (Puy-de-Dôme,  comm. 
de  Clermoat-Ferrand)  :  abhas 
et  conventus  S.  Yllidii  Claro- 
montensis,  32. 

S.-Amans-de-Lursinade  (Tarn-et- 
Garonne,  comm.  de  Moissaci? 
Ancinade,  108. 

S.-Clément  (Paris),  v.  Sainte-Cha- 
pelle. 

S.-Gloud  (S.-et-O.),  S.  Clodoaldus, 
353. 

S.-Crépin-le-Grand,  à  Soissons 
(  Aisne  ),  S.  Grispinus  major 
Suessionensis,  53. 
S. -Denis-sur-Seine  (Seine),  villa 
S.  Dionisii,  362  :  S.  Dionisii 
ecclesia,  147;  dominium  abba- 
tis,  368.  —  Gapella  versus  S. 
Dionisium,  la  Chapelle-S. -De- 
nis, 407,  cf.  360.  —  De  S.  Dio- 
nisio  (Johannes),  sencscallus 
Pictavensis,  M8,  120. 
S.-Éloi,  à  Noyon   (Oise),  abbacia 

S.  Eligii  Noviomensis,  206. 
S.-Fuscien  (Somme),   S.  Fuscia- 

nus  in  Bosco,  30. 
S.-Germain-des-Prés    (Paris),    S. 

Germanus  de  Pratis,  16. 
S.-Germain-en-Laye    (  S.-et-O.  ), 
S.  Germanus  in  Laya,  149,  398. 
—  V.    les   Fonds-de-S. -Léger, 
Hennemont. 


S. -Germain  [leFaubourg-]  (Paris), 
villa  S,  Germani  de  Pratis,  408. 
S. -Jean-des- Vignes,    à    Soissons 
(Aisne),  S.  Johannes  in  Vineis 
Suessionensis,  26. 
S.-Just  (?).  —  De  S.   Justo  (Jo- 
hannes), 44-64. 
S. -Léger    [les   Fonds-de-]  (S.-et- 
0.,  comm.  de  S.-Germain-en- 
Laye),  S.  Leodegarius  in  Laya, 
393. 
S.-Léger-de-Gassenville     (Seine , 
entre    S. -Denis -sur- Seine    et 
Stains  ;  cf.  Lebeuf,   Hist.  de  la 
ville  et  de  tout  le  dioc.  de  Paris, 
Stains),  S.  Leodegarius,  383. 
S. -Leu-et-S. -Gilles  (Paris),  parro- 

chia  SS.  Lupi  et  Egidii,  387. 
S. -Marcel  (Paris),   S.   Marcellus, 

359. 
S.-Mars  (  S.-et-M.  ),  v.    Villiers- 

Templeux. 
S.-Maur-les-Fossés  (Seine),  Fos- 

sata,  423,  425. 
S.-Médard,  à  Soissons  (Aisne),  S. 

Medardus  Suessionensis,  25. 
S.-Mesmes  (S.-et-M.),  S.   Maxi- 

mus,  414. 
S.-Paul-de-Brugues  (Tarn-et-Ga- 
ronne,  comm.  de  Durfort)  ?  — 
De  S,  Paulo  in  Caturcino  (Pe- 
regrinus),  108. 
S.-Pol-sur-Ternoise     (Pas-de-Ca- 
lais) :    S.  Pauli  cornes,   Guido, 
bulicularius  Francie,  247. 
S. -Quentin  (Aisne),  S.  Quintinus, 
247,  280,  342  :  S.  Quintini  cano- 
nlcus,  Robertus  Régis,  24 1,242. 
S.-Riquier  (Somme),    S.   Richa- 

rius,  286. 
Sainte-Chapelle  [la]  (Paris),  capel- 
la  régis  Parisius,  138,  207;  ca- 
pella  inferior,  139;  S,  Blasius, 
140.  —  Capelle  régis  canonicus, 
Galterus,  202-205;  magister, 
207;  pueri,  203,  223. 


294 


Ste_Geneviève  (Paris),  S.  Geno- 
vefa  Parisiensis,  76,  77. 

Salarium,  256. 

Salis  (dominus,  alta  justicia  de), 
113. 

Salomo  de  Blangi,  99. 

Samois  (S.-et-M.  ),  Samesium, 
299. 

Sancius,  180. 

Sancta,  Sancti,  Sancto,  Sanctus, 
V.  le  mot  suivant. 

Saône-et-Loire,  v.  Gluny,  Mâcon. 

Sarcelles  (S.-et-O.),  Sercelle,  396. 

Sarraceni  (Gobertus)  deLauduno, 
321,  446  ;  (Odardus),  446. 

Scacarius,  11,  128-132,  248. 

Scale  (societas),  334. 

Sceaux  (Seine),  Geaus  le  Grant  et 
Geaus  le  Petit,  422. 

Scolares,  204. 

Scoti  de  Placencia,  328. 

Scripta,  scriptura,  92,  256. 

Sec  (Leonardus  le),  30,  33. 

Seine,  v.  Adamville,  Antony,  Ar- 
cueil,  Aubervilliers,  Aulnay, 
Bagneux,  le  Bourget,  Bourg-la- 
Reine,  Bry-sur-Marne,  Gham- 
pigny- sur -Marne,  Ghâtenay, 
Ghevilly,  Ghoisy  -  le  -  Roi ,  la 
Gourneuve,  Gréteil,  Grèvecœur, 
Drancy,  Dugny,  Fontenay-sous- 
Bois,  Fresnes-lez-Rungis,  Gri- 
gnon,  l'Hay,  Issy- sur -Seine, 
Ivry-sur-Seine,  Orly,  Pantin, 
Paris  (et  les  renvois  sous  ce 
mot),  Pierrefitte-sur-Seine,  le 
Plessis-Piquet,  Puteaux,  Run- 
gis,  S. -Denis-sur-Seine,  S.-Lé- 
ger-de-Gassenville,  S.-Maur-les- 
Fossés,  Sceaux,  Stains,  Sures- 
nes,  Thiais,Yanves,  Vincennes, 
Vitry-sur-Seine. 

Seine-et-Marne,  v.  Armentiè- 
res,  la  Gelle-sur-Morin,  Chain- 
treaux,  Changis,  Chanteloup,  la 
Chapelle  -  la  -  Reine ,    Ghâteau- 


Landon,  le  Châtelet-en-Brie, 
Ghelles  ,  Ghessy  ,  Gompans  , 
Gonches,  Condetum,  Dammar- 
tin-en-Go('le,  Dancy,  Faremou- 
tiers,  F'errières-en-Brie,  la  Fer- 
té-sous-Jouarre,  Flagy,  Fontai- 
nebleau, Germigny  -  l'Évèque, 
Gouvernes,  Grés,  Iverny,  Ja- 
blines,  Jossigny,  Jouy-l' Abbaye, 
Jouy-sur-Morin,  Juilly,  Lagny, 
Longperrier,  Lorrez-le-Bocage, 
Maisoncelles,  Mauregard,Meaux, 
Melun,  le  Ménil-Amelot,  Mitry, 
Montevrain,  Montgé,Moret-sur- 
Loing,  Mory,  Moussy-le-Neuf, 
Moussy-le- Vieux  ,  Nantouillet , 
Nemours ,  Pontault ,  Provins , 
Reuil,  Romainvilliers,  S.-Mes- 
mes,  Samois,  Thieux,  Trilport, 
Ussy,  Vareddes,  Villeneuve-sous- 
Dammartin,  la  Villette  -  aux- 
Aulnes  ,  Villiers-sur-Morin , 
Villiers-Templeux,  Vinantes, 
Vineuil,  Voulx. 
Seine-et-Oise,  v.  Achères,  les  Al- 
luets-le-Roi,  Argenteuil,  Arnou- 
ville-lez-Gonesse,  Asnières-sur- 
Oise,  Beaumont-sur-Oise,  Belle- 
fontaine,  Bonneuil,  Bouqueval, 
Garrières-sous  •Bois,Champlan, 
Ghâteaufort ,  Ghâtenay,  Ghau- 
montel,  Ghavenay,  Ghevreuse, 
Gorbeil,  Gormeilles-en-Parisis, 
Groissy,  Dourdan,  Épiais-lez- 
Louvres ,  Essonnes ,  Étampes, 
l'Étang-la- Ville,  la  Ferté-Alais, 
les  Fonds-de-S. -Léger,  Fosses, 
Fourqueux,  Franconville-la-Ga- 
renne,  la  Frette,  Garges,  Go- 
nesse,  Hennemont,  Herbeville, 
Jagny,  Jarcy,  Limeil-Brévan- 
nes,  Louveciennes,  Luzarches, 
Mantes-sur-Seine,  Mareil-Mar- 
ly ,  Marly-la- Ville ,  Marly-le- 
Roi,  Massy,  Maule,  le  Mesnil- 
Aubry,  le  Mesnil-le-Roi,  Meudon, 


21): 


Meulan,  Montigiiy-lez-Gormeil- 
les,  Montlhéry,  Ormesson,  Palai- 
seau,  Poissy,  Pontault,  Pontoise, 
Puiseux-lez-Louvres,  la  Queue- 
en-Brie ,  Roissy ,  Rosny-sur- 
Seine,  Royaumont,  S.-Gloud, 
S.-Gerraain-en-Laye,  Sarcelles, 
Sèvres,  le  Thillay,Vaud'herland, 
Vémars,  Yiarmes ,  Ville-d'A- 
vray,  Villemilan,  Villeneuve-le- 
Roi,  Villeneuve  -  S.  -  Georges, 
Villepinte,  Villiers-le-Bel,  Yil- 
liers-sur-Marne. 

Seine-Inférieure,  v.  Auppegard, 
Gaux  ,  Épouville ,  Fréauville  , 
Harfleur,  Leure,  Rouen,  Tan- 
carviile. 

Senescalcia  Bellicadri,  78-80,  199; 
Carcassonensis ,  127;  Pictaven- 
sis,  125,  456  ;  Pontivi,  66,  448. 

Senescalius  Pictavensis,  Johannes 
de  S.  Dionisio,  118,  120. 

Senior  (Guill.  de  Hangest),  35; 
(Renaudus  Barbou),  165,  cf.  107. 

Senlis  (Oise),  Silvanectum,  267  : 
Silvanectensis  ballivia,  2,  228- 
231,  327,  445,  cf.  267-275.  — 
De  Silvanecto  (P.  Viarius),  115. 

Sens-sur- Yonne  (Yonne),  Seno- 
nis,  287  :  Senonensis  ballivia, 
5,  20,  101,  238-243,  449,  cf. 
287-303;  provincia,  210;  rece- 
ptor,  Theobaldus  Armigeri,  20, 
101,  238-240,  243,  449.  —  Villa 
NovajuxtaSenonis,  Villeneuve- 
sur- Yonne,  290. 

Sententia,  53,  54. 

September,  222,  318,  335-337,  346, 
349,  353,  365,  369,  371,  373, 
407,  409-433,  447,  449,  450,  453, 
454;  V.  S.  Michael. 

Septimane,  204. 

Sercelle,  Sarcelles,  396. 

Sere,  258. 

Servientes,  86, 171,  190,  211,  256. 

Setayns,  Stains,  381. 


Sèvres  (S.-et-O.),  Sevré,  350. 

Sextarii,  57,  59,  61-63. 

Sigillum  régis,  34. 

Silvanectensis,  de  Senlis  :  balli- 
via, 2,  228-231,  327,  445,  cf. 
267-275. 

Silvanectum,  Senlis,  267.  —  De 
Silvanecto  (Petrus  Viarius),  115. 

Simon,  v.  Symon. 

Societas  Bardorum  de  Florencia, 
323  ;  Gerdorum  Alborum  de 
Florencia,  324;  Gerdorum  Ni- 
grorum  de  Florencia,  325  ;  Gla- 
rencium  de  Pistorio,  333  ;  Mo- 
zorum  de  Florencia,  326  ; 
Petrucie,  332  ;  Scale,  334  ;  Sco- 
torum  de  Placencia,  328;  Spine 
de  Florencia,  335. 

Socii  Guillelmi  Flammingi,  36, 
37,  74. 

Soissons  (Aisne)  :  S.  Grispinus 
major  Suessionensis,  53  ;  deca- 
nus  et  capitulum  Suessionenses, 
114  ;  S.  Johannes  in  Vineis,  26; 
B.  Maria,  54  ;  S.  Medardus,  25. 

Solario  (Stephanus  de),  362. 

Solutio  vadiorum,  91. 

Somme,  v.  Amiens,  Boauquesnc, 
le  Gardonnois,  Gorbie,  Doullens, 
Montdidier ,  Nesle,  Péronne, 
Ponthieu,  Roye,  S.-Fuscien, 
S.-Riquier. 

Sommières  (Gard),  Summidrium, 
75. 

Sorene,  Suresnes,  372. 

Sornatus  Caucinel,  75. 

Soror  tbesaurarii  Hubcrti  :  Bea- 
trix,  163. 

Spine  (societas)  de  Florencia,  335. 

Spovilla(Guillelmusde)  ou  d'Espo- 
villa,  d'Éponville,  94,  341,  348, 
454. 

Stagnum  Morcti,  13;  Petre  Fon- 
tis,  60  ;  subtus  Marliacum  Ga- 
strum,  l'Étang-la-Ville,  401. 

Stains  (Seine),  Setayns,  381. 


296 


Stampis  (de),  Étampes,  58. 

Stephanus  li  Aasiez,  161  ;  Apelot 
de  Giemo,  209  ;  de  Bien  Fayte, 
145,  168;  de  Caméra,  183;  fa- 
ber,  182  ;  Haudri,  233  ;  de  Le- 
moYicis,  49  ;  de  Messilles,  209  ; 
de  Monte  S.  Johannis,  143;  de 
Solario,  362;  de  Susi,  archidia- 
conus  Brugensis,  236. 

Stipendiarii  galearum,  124. 

Subsidium  regni,  80-82,  210. 

Subventio  personarum  ecclesie, 
84,  85. 

Suessionensig,  de  Soissons,  25,  26, 
53,  54,  114. 

Sulhi  (Rupbus  de),  120. 

Summarius,  256.  —  Cf.  Equi. 

Summe,  8,  9,  70,  127,  132,  135, 
1.57,164,260,  266,275,282,286, 
303,315,  318,327,338-343,349, 
353,  362,  365,  369,  371,  373, 
407,  411,  414,  428,  445-447, 
449-451,  453,  454,456,457,460. 

Summidrium,  Sommières,  75. 

Suresnes  (Seine),  Sorene,  372. 

Susi,  Suzy  ?  (Stepbanus  de),  ar- 
chidiaconus  Brugensis,  236. 

Suspitio  violationis  ecclesie,  40. 

Suzy  (Aisne)  ?  —  De  Susi  (Ste- 
phanus), archidiaconus  Brugen- 
sis, 236. 

Symon  Arcuarius,  120  ;  de  Bail- 
lolio,   177;  Boel,  229,  231;  de 
Groyaco,   447;    de   Marchesiis 
228;  Medicus,  116;  Payen,  242 
Picardi,  219  ;  de  Roseyo,  157 
de  Vento,  25. 

Tabellio,  256. 

Tallia  Judeorum,  83. 

Tancarville  (Seine  -  Inférieure)  : 
cambellanus  de  Tanquarvilla, 
Robertus,  458. 

Tarn-et-Garonne,  v.  Camparnaud, 
S.-Amans-de -Lursinade,  S.- 
Paul-de-Brugues. 


Tartarus  (Lanfrancus)  de  Janua, 
156. 

Temple  [le]  (Paris),  Templum, 
35,  148.  —  Villare  Templi,  Mil- 
liers-Templeux,  442.  —  De 
Templo  (Gauffridus),  175. 

Tempus,  126,  224,  258,  260. 

Tergo  (a),  9,  67-69,  137,  319. 

Termini,  119,  122,  123,  125-127, 
191,  p.  257. 

Terra  de  Ambliniaco  et  de  Kala, 
114;  Guisnensis,  4;  Johannis 
de  Atrebato,  213;  Ludovici  fra- 
tris  régis ,  225  ;  Symonis  de 
Vento,  25  ;  Yille  Nove,  22. 

Tertio  (pro) ,  71,  136,  142,  146, 
149,  150,  158,  163,  165,  166.  — 
Tercium  feodi,  155. 

Testamentum,  256. 

Theil  -  sur  ■  Vannes  (Yonne) ,  v. 
Fosse-More. 

Theobaldus  Arraigeri,  20,  101, 
238-240,  243,  449;  de  Corbolio, 
162  ;  [dePouancé]  episcopusDo- 
lensis,  34,  208,  221. 

Thesauraria,  258,  260. 

Thesaurarii,  258,  p.  257:  Henr- 
ricus,  abbas  Joyaci,  232,  260; 
Hubertus,  163. 

Thiais  (Seine),  Thioys,  395. 

Thiboudi  (Guillelmus),  115. 

Thieux  (S.-et-M.),  Thius  subtus 
Domnum  Martinum,  433. 

Thillay  [le]  (S.-et-O.),  Tilleyum, 
367. 

Thioys,  Thiais,  395. 

Thius  subtus  Domnum  Marti- 
num, Thieux,  433. 

Tholosa,  Toulouse,  75. 

Thomas  Godin,  50  ;  Rustici,  337, 
349.  —  Thomassinus,  233  ;  de 
Nealpha,  27. 

Thourotte  (Oise),  Thorota,  275. 

Tilleyum,  le  Thillay,  367. 

Tornacum,  Tournai,  74. 

Tome  Mare  (Guido  de),  75. 


207 


Toto   (pro),    137,    143-145,    149, 

153-156,160,  171,  173,  221,457. 
Touca,  Touques,  91. 
Toulouse  (Haute -Garonne),  Tho- 

losa,  75. 
Touques  (Calvados),  Touca,  91. 
Tournai  (Belgique),  Tornacum,  74. 
Tours  (Indre-et-Loire)  :  Turonen- 

sis  baliivia,  8,  104,  200,  201.  — 

V.  Turonenses. 
Trace,  Troyes,  232.  —  De  Trecis 

(Vivandus),  102. 
Trecensis,  de  Troyes,  121,  122. 
Tria  (Johannes  de),  126. 
Triacum  le  Port,  Trilport,  428. 
Triennii  décima,  76,  78. 
Trilport    (S.-et-M.),   Triacum    le 

Port,  428. 
Troyes  (Aube),  Trecc,  232  :  Tre- 
censis baliivia,  121,  122.  —  De 

Trecis  (Vivandus),  102. 
Turonensis,  de  Tours,  8,  104,  200, 

201.— Turonenses,  71-132,  322- 

326,  328-337,  341,  344,  347-349, 

452,  453,  455,  456. 
Unonense,  151,  v.  Vernon. 
Ussy  (S.-et-M.),  Iciacum,  429. 
Usus  Gampanie,  428. 
Uxor  Guillelmi  d'Erneval,  Ydo- 

nia,  459  ;  Pétri  domini  Gham- 

bleii,    Ysabella,    460;    Roberti 

cambellani  de  Tanquarvilla,  458. 
Vache  (Petrus  le),  257. 
Vadia,  47,  48,  87,  91,  92, 165-180, 

224,  247. 
Valenc.  (Dionisius  de),  155. 
Valletus  régis  :  Petrus  de  Remis, 

218. 
Vallibus    (Jehenotus   de),    iîlius 

Odardi     Rebracye     de     Ponte 

S.  Maxencie,  192. 
Vallis     (Clara),     Glairvaux-sur- 

Aube,  19;  Maura,Vaumort,291. 
Vantiduno  (Johannes  de),  330. 
Vanves  (Seine),  Vanve,  408. 
Vareddes  (S.-et-M.),  Varetes,  432. 


Varenne-S.-Iïilaire  (la),  la  Varen- 
ne-S.-Maur  ou  Adamville  (Sei- 
ne, commune  de  S.-Maur-les- 
Fossés),  Varenna,  423. 

Varennes  (S.-et-O.),  v.  Jarcy. 

Varetes,  Vareddes,  432. 

Varignies  (Antelinus  de),  225, 

Vassal  (Guillelmus),  84. 

Vaud'herland  (S.-ct-O.),  Vauder- 
nant,  367.  —  De  Vaudernant 
(Henrricus),  362. 

Vaumort  (Yonne),  Vallis  Maura, 
291. 

Vectura  denariorum,  256. 

Vellut  (Donatus  de)  de  Florencia, 
111. 

Vémars  (S.-et-O.),  Vemarç,  385. 

Venatoris  (Johannes),  168. 

Venditores  boscorum,  168. 

Vento  (Symon  de),  25. 

Verano  (Johannes  de  S.),  ^17. 

Verherie  (Oise),  Verbria,  273. 

Vermandois  (le),  Viromandia, 
234,  276-282  :  Viromandensis 
baliivia,  3,  28,  42,  43,  97,  198, 
446. 

Verneuil-sur- Avre  (Eure) ,  Verno- 
lium,  94,  132. 

Vernon  (Eure),  Verno,  132,  341  : 
capitulum  V[er]aoaense,  151  ; 
castellania,  341, 

Vertus  (  les  )  ou  Aubervilliers 
(Seine),  Haubervillaro,  3G0. 

Vêtus  argentum,  17;  (Monciacum), 
Moussy-le- Vieux,  384;  (Renau- 
dus  Barbou),  107,  cf.  165.  — 
Vetera  hernesia,  27. 

Via  ad  computaudum  de  décima, 
210;  ad  regem,  188  ;  Britaunio, 
193-196;  Burgundie,  218;  a 
Leura  Parisius,  87;  apud  Mag- 
dunum  super  Ligerim,  Pruvi- 
num,  Trecas,  232;  Rome,  18; 
Viromandic  et  Flandrie,  234. 

Viarius  (Petrus)  de  Silvanecto, 
115, 


298 


Viarmes  (S.-et-O.)  :  dominus  de 
Viermes,  Petrus  de  Ghambleio, 
148. 

Vicecomitatus  Gadomensis,  347  ; 
Vernolii,  94. 

■yicenne,  Vincennes,  139,  202, 
426. 

Yicus,  428. 

Yidaume  (dictus),  328,  329. 

Vienne,  v.  Montreuil  -  Bonnin, 
Poitiers. 

Vienne  (Haute-),  v.  Limoges. 

Viermes,  Viarmes,  148. 

Vierzon  (Cher)  :  feodum  Virzonis, 
145. 

Vietus  d'Aupegart,  97,  105. 

Vile  (Mailiacum  la),  Marly-la- Ville, 
386. 

Villa  Attrebati,  337;  Gathalani, 
115;  Gorbeye,  337;  Gorbolii, 
417  ;  S.  Dionisii,  362  ;  S.  Ger- 
mani  de  Pratis,  408;  Lauduni, 
39  ;  Parisius,  320;  Pissiaci,  338; 
Pontisare,  340.  —  Villa  ad  Asi- 
nos,  la  Villette  -  aux  -  Aulnes, 
439;  d'Avray,  Ville  -  d'Avray, 
350;  (Bona),  Bonneville-sur- 
Touques,  86;  Millan,  Villemi- 
lan,  366;  Nova  (?),  22;  Nova 
subtus  Domnum  Martinum , 
Villeneuve  -  sous  -  Dammartin, 
424;  Nova  S.  Georgii,  Ville- 
neuve -  S.  -  Georges,  444  ;  Nova 
Régis,  Villeneuve-le-Roi,  389; 
Nova  Régis  in  Belvacinio,  la 
Villeneuve-le-Roi,  277;  Nova 
juxta  Senonis,  Villeneuve-sur- 
Yonne,  290  ;  Picta,  Villepinte, 
374. 

Villare  le  Bel,  Villiers-le-Bel,  391; 
super  Morayn,  Villiers-sur-Mo- 
rin,  443;  (Ramatum),  Romain- 
villiers,  442;  Templi,  Villiers- 
Templeux,  442.  —  De  Villari 
(Amelius),    dominus   de   Salis, 


113.  —  Villaria  super  Briacum, 
Villiers-sur-Marne,  390. 

Ville  -  d'Avray  (S.-et-O.),  Villa 
d'Avray,  350. 

Villemilan  (S.-et-O.,  comm.  de 
Wissous),  Villa  Millan,  366. 

Villeneuve-le-Roi  [la]  (Oise),  Vil- 
la Nova  Régis  in  Belvacinio, 
277. 

Villeneuve-le-Roi  (S.-et-O.),  Vil- 
la Nova  Régis,  389. 

Villeneuve-S. -Georges  (S.-et-O.), 
Villa  Nova  S.  Georgii,  444. 

Villeneuve-sous-Dammartin  (S.- 
et-M.),  Villa  Nova  subtus  Do- 
mnum Martinum,  424. 

Villeneuve-sur- Yonne  (  Yonne  ) , 
Villa  Nova  juxta  Senonis,  290. 

Villepinte  (S.-et-O.),  Villa  Picta, 
374. 

Villeta  (Johannes  de),  10. 

Villette  [la]  (Paris),  Villeta  S.  La- 
zari,  402. 

Villette-aux-Aulnes  [la]  (S.-et-M., 
comm.  de  Mitry-Mory),  Villa 
ad  Asinos,  439. 

Villiers-le-Bel  (S.-et-O.),  Villare 
le  Bel,  391. 

Villiers-sur-Marne  (S.-et-O.),  Vil- 
laria super  Briacum,  390. 

Villiers-sur-Morin  (S.-et-M.),  Vil- 
lare super  Morayn,  443. 

Villiers  -  Templeux  (S.  -  et  -  M., 
comm.  de  S. -Mars),  Villare 
Templi,  442. 

Vina,  14,  61-64,  235. 

Vinantes  (S.-et-M.),  412. 

Vincencio  (Guillelmus  de  S.), 
228-231,  327,  445. 

Vincennes  (Seine)  :  Vicennarum 
capella,  202;  capellanus,  139. 
—  Foutanetum  versus  Vicen- 
nas,  Fontenay-sous-Bois,  426. 

Vincestria,  Winchester,  35. 

Vineis  (S.  Johannes  in),  S.-Jean- 
des- Vignes,  à  Soissons,  26. 


299 


Vineuil  (S.-et-M.,  comm.  de  S.- 

Mesmes),  Vinolium,  414. 
Vintimille  (Italie).  —  De  Vinte- 

milIe(Oliverus),  112. 
Vinum,  14,  61-64,  235. 
Violatio  ecclesie,  40. 
Viromandensis,  de  Vermandois, 

3,  28,  42,  43,  97,  198,  446. 
Viromandia,  le  Vermandois,  234, 

276-282. 
Virzo,  Vierzon,  145. 
Vitam  (expensa  ad),  158-164. 
Vitriacum  :    Yitry  -  aux  -  Loges 

(Loiret),  308  ;  Vitry-en-Perthois 

ou  le  Brûlé  (Marne),  121,  122; 

Vitry-sur-Seine  (Seine),  395. 
Vivandus  de  Royon,  83  ;  de  Tre- 

cis,  102. 
Voluntatem  (expensa  ad),  186. 
Voulx  (S.-et-M.),  Voos,  292. 
Wagnon  (Ada)  de  Lauduno,  23. 
Winchester    (Grande-Bretagne)    : 

Vincestrie  episcopus  [Johannes 

de  Pontisera],  35. 


Wissous  (S.-et-O.),  v.  Villemilan. 
Wuyde  Rue  (Johannes)  de  Gom- 

pendio,  259. 
Ydonia  uxor  Guillelmi  d'Erneval, 

459. 

Yèvre-le-Ghâtel  (Loiret),  Evra, 
311. 

YUidius  (S.)  Glaromontensis,  S.- 
Alyre,  32. 

Yonne,  v.  Ghéroy,  Dixmont,  Dol- 
lot,  Fosse-More,  Grange-le-Bo- 
cage,  Lixy,  Malay-le-Roi,  Pont- 
sur- Yonne,  la  Rivière,  Sens-sur- 
Yonne,  Yaumort,  Villeneuve- 
sur- Yonne. 

Yonne  (F) .  —  Pontes  super  Yonam, 
Pont-sur- Yonne,  288. 

Ysabella  uxor  Pétri  doniini 
Ghambleii,  460. 

Yssiacum,  Issy-sur-Seine,  408. 

Yverniacum,  Iverny,  409. 

Yvriacum,  Ivry-sur-Seine,  395. 


DEUX  LETTRES 

DE  BERTRAND  DU  GUESCLIN 


ET 


DE  JEAN  LE  BON,  COMTE    D'ANGOULÊME 

^368  ET  4444. 


A  Monsieur  Alfred  Maury^  membre  de  l'Institut^  directeur  général 
des  Archives  nationales. 

Mon  cher  collègue,  confrère  et  ami, 
Les  deux  établissements  à  la  tête  desquels  nous  avons  l'honneur 
d'être  placés  se  partagent  le  privilège  de  conserver  les  monuments 
les  plus  précieux  de  notre  histoire.  Tous  deux  ont  leurs  racines  dans 
les  anciennes  institutions  de  la  France  ;  tous  deux  ont  passé  par  les 
mêmes  vicissitudes,  tous  deux  se  prêtent  un  mutuel  appui  pour 
fournir  un  aliment  aux  études  des  historiens.  Les  classements  et  les 
catalogues  qui  se  font  dans  l'un  et  dans  l'autre  dépôt  convergent 
vers  un  but  commun  :  la  mise  en  ordre  et  la  connaissance  appro- 
fondie de  tous  les  textes  dans  lesquels  les  siècles  passés  ont  gravé 
leur  image  en  traits  ineffaçables.  Quelles  preuves  vous  nous  avez  don- 
nées, vous,  vos  chefs  de  section  et  vos  archivistes,  de  votre  sollicitude 
pour  les  intérêts  de  la  Bibliothèque  !  Quels  services  vous  nous  avez 
rendus  et  vous  vous  préparez  à  nous  rendre,  en  portant  vos  investi- 
gations sur  les  parties  de  nos  fonds  qui  peuvent  servir  à  combler  des 
lacunes  dans  vos  collections!  La  Bibliothèque,  de  son  côté,  n'a  rien 
tant  à  cœur  que  d'associer  ses  efforts  à  ceux  des  Archives.  Elle  vou- 
drait avoir  fréquemment  l'occasion  de  leur  témoigner  ses  sentiments 


301 

fraternels  et  de  contribuer  à  l'accroissement  et  au  }3on  aménagement 
des  richesses  dont  vous  avez  le  droit  d'être  fiers,  puisque  vous  en  faites 
largement  profiter  la  nation  tout  entière.  Une  de  ces  trop  rares  occa- 
sions vient  de  se  présenter  ;  je  me  liâte  de  la  saisir  et  de  vous  en 
faire  part. 

Ces  jours  derniers,  dans  un  lot  de  parchemins  qu'un  ami  soumet- 
tait à  mon  examen,  je  remarquai  deux  pièces  d'une  valeur  tout  à  fait 
exceptionnelle  :  une  longue  lettre  de  Du  Guesclin,  écrite  sur  papier, 
et  une  lettre  entièrement  autographe,  adressée  par  Jean,  comte  d'An- 
goulême,  à  son  frère,  le  poêle  Charles,  duc  d'Orléans.  A  plus  d'un 
signe  je  reconnus  que  l'une  et  l'autre  lettre  avaient  jadis  fait  partie 
de  la  section  historique  de  vos  archives,  et  qu'elles  avaient  leurs 
places  marquées  dans  la  série  des  Monuments  historiques^  dont  notre 
regrette  Jules  Tardif  a  si  rigoureusement  déterminé  les  dates,  si  cor- 
rectement établi  les  textes,  si  minutieusement  analysé  le  contenu.  Je 
fis  part  à  mon  ami  de  mon  observation  sur  l'origine  des  deux  pièces 
qui  étaient  sous  nos  yeux  et  dont  il  appréciait  parfaitement  l'intérêt. 
il  me  chargea  sur-le-champ  de  les  réintégrer  dans  vos  cartons,  en 
poussant  la  délicatesse  jusqu'à  ne  pas  vouloir  être  nommé,  pour  se 
soustraire  aux  remerciments  que  mérite  toute  personne  qui  fait  ren- 
trer dans  nos  dépôts  publics  les  pièces  qui  en  sont  sorties  à  des 
époques  plus  ou  moins  reculées. 

Pour  me  conformer  aux  intentions  de  mon  ami,  je  remets  donc 
entre  vos  mains,  mon  cher  et  savant  collègue,  la  lettre  de  Du  Gues- 
chn  et  celle  de  Jean,  comte  d^Angoulême.  La  Bibliothèque,  je  l'avoue, 
enviera  aux  Archives  la  possession  de  tels  documents.  Je  vous  les 
livre  cependant  avec  grand  plaisir,  en  vous  demandant  simplement 
la  permission  de  les  publier  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes. 

Je  me  borne  à  en  donner  le  texte.  C'est  à  notre  confrère  M.  Siméon 
Luce  qu'il  appartiendra  de  commenter  la  lettre  dans  laquelle  Ber- 
trand Du  Guesclin  a  si  fièrement  laissé  l'empreinte  de  son  caractère. 
Quant  à  la  lettre  du  comte  d'Angoulême,  je  dois  laisser  à  l'historien 
de  Charles  VII,  à  M,  le  marquis  de  Beaucourt,  le  soin  de  mettre  en 
lumière  les  renseignements  qu'elle  renferme  sur  les  événements  de 
l'année  ■1444.  Je  dois  seulement  faire  remarquer  la  pureté  cl  l'élé- 
gance avec  lesquelles  sont  tracées  les  onze  lignes  de  la  lettre  du 
comte  d'Angoulême.  Ce  prince  était,  en  effet,  un  calligraphe  exercé. 
Un  inventaire  dressé  en  l'année  -1467  nous  apprend  qu'il  avait  copié 

20 


302 

de  sa  main  neuf  volumes  de  théologie,  d'histoire  et  de  littérature  ^ 
dont  l'un  (n°  3638  de  notre  fonds  latin)  est  exposé  dans  une  armoire 
de  la  galerie  Mazarine,  comme  un  témoignage  des  goûts  éclairés  du 
grand-père  de  François  I". 

Mais  j'oublie  que  les  deux  pièces  dont  je  suis  détenteur  ont  hâte  de 
regagner  la  place  qu'elles  doivent  occuper  dans  vos  cartons  ou  peut- 
être  dans  les  vitrines  de  votre  musée.  Il  faut  m'en  séparer  sans 
phrases  et  me  consoler  de  la  séparation  en  pensant  que  vous  et  vos 
collaborateurs  vous  serez  heureux  de  voir  rentrer  ces  deux  joyaux 
dans  votre  trésor. 

Veuillez  agréer,  mon  cher  collègue,  confrère  et  ami,  l'assurance  de 
mon  affectueux  dévouement. 

Léopold  Delisle. 


I.  LETTRE  DE  BERTRAND  DU  GUESCLIN  AU  SIRE  DE  LA  VOUTE. 

5  juillet  1368. 

Le  sire  de  la  Voûte,  j'ay  bien  veu  ce  que  escript  m'avez,  com- 
mant,  quant  Perrin  de  Savoye  fut  issu  de  Tarrasconne^,  que 
aucunes  gens  de  mes  compaignes  voulirent  y  entrer  par  force,  et 
oultre  le  gré  de  ceulx  qui  la  porte  gardoient.  Si  vueillez  savoir 
que  vous  feistes  bien  semblant  que  ils  y  vouloient  entrer  à  force, 
car  vous  en  tuastes  un  tout  mort,  et  l'autre  bleçastes,  et  aussi 
avez  vous  monstre  samblant  que  vous  ne  me  voulez  aucun  bien  ne 
à  Monseigneur  d'Anjou;  car  vous  cuidez  mettre  les  genz  qui  sont 
aveques  moy  en  rébellion,  par  quoy  ils  soient  contre  Monseigneur 
d'Anjou  ;  car  vous  avez  cuidé  prandre  à  prisonniers  les  gens  qui 
sont  aveques  moy  et  propres  de  mon  hostel,  et  les  avez  assailliz 
les  espées  traittes,  en  leur  demandant  la  foy,  sans  vous  avoir 
onques  en  rien  mesfait.  Et  mes  bouteillers  qui  venoient  de  Biau- 
cayre,  vous  ou  voz  gens  les  avez  assailliz  et  bleciez.  Et  toute  la 
cause  que  vous  povez  dire  est  pour  ce  que  un  des  corapaignons 
couppa  le  poing  d'un  sien  prisonnier,  qu'il  avoit  pieça  prins  en 
prouvance  qui  li  avoit  menty  sa  foy.  Si  avez  trop  à  faire,  se  vous 


1.  Le  Cabinet  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  nationale,  I,  148  et  149. 

2.  Ici  et  plus  bas  le  scribe  a  écrit  Trascon,  avec  deux  signes  d'abréviation 
sur  le  commencement  et  sur  la  fin  du  mot. 


303 

estes  corroucié  de  touz  les  Prouvançaux  qui  sont  ennemiz  de 
Monseigneur,  à  qui  l'an  fera  desplaisir.  Car  tout  le  desplaisir  que 
nous  leur  pourrons  faire,  nous  ferons,  ou  il  vous  plaise  ou  non. 
Et  de  ce  que  vous  nous  appeliez  genz  de  campaigne,  nous  sommes 
petiz  compaignons,  qui  o  l'aide  de  Dieu  aurons  droit  de  vous,  se 
vous  nous  avez  fait  tort.  Et  se  mes  genz  vous  avoient  mesfait,  je 
estois  assez  puissant  de  vous  en  faire  raison,  et  lesquelx  vous 
détenez  prins,  ja  soit  ce  que  ils  ne  vous  aient  en  rien  mesfait, 
comme  j'ay  enquis  et  entendu.  Et  de  ce  que  vous  dittes  qu'ils  ont 
essayé  entrer  par  force  en  la  ville,  et  ne  savez  pour  quoy,  vueillez 
savoir  que  mes  genz  et  moy  sommes  aussi  loiaux  comme  vous, 
ou  plus,  devers  Monseigneur  d'Anjou  ;  car  onques  pour  sa  guerre 
ne  meistes  bacynet  sur  teste,  en  assaut  de  ville  ou  autrement; 
mais  vous  avez  bien  mis  l'espée  ou  poing  pour  prandre  mes  gens 
à  prisonniers,  et  les  tenez  encore  prisonniers.  Et  vueillez  savoir 
que,  aussi tost  comme  vous  serez  hors  du  service  de  Monseigneur 
d'Anjou,  je  vous  monstreré*  bien  que  vous  avez  commancée  la 
guerre  sur  moy  ;  et  tout  le  dommage  que  je  pourré,  je  vous  por- 
teré,  et  à  toutes  voz  terres  et  biens.  D'endroit  les  bestes  qui  sont 
prinses  de  la  ville  de  Tarrasconne,  envoiez  des  bonnes  genz  de  la 
ville  deux  hommes  par  devers  moy,  et  je  leur  feray  rendre  leur 
bestes,  se  aucunes  en  ont  esté  prinses  ;  car  je  ne  vouldroie  pour 
nulle  chose  faire  le  desplaisir  de  Monseigneur  d'Anjou.  Escript 
à  Maillonne,  le  mercredi  v"  jour  de  juillet,  soubz  le  seel  Monsei- 
gneur Robert  de  Lanvalla}- ,  pour  l'absence  du  mien. 

.B.B^  Bertram  du 

GUERCLIN^ 
(Original,  écrit  sur  une  feuille  de  papier  longue  de  305  millimètres  et 
large  de  210,  sans  adresse  au  dos  et  sans  trace  de  fermeture.) 

II.    LETTRE   DE   .JEAN    LE  BON,    COMTE   d'ANGOULÊME,  A  SON 
FRÈRE  LE  DUC  d'oRLÉANS. 

11  juin  1444. 
Monseigneur  mon  frère,  comme  celui  qui  plus  doit  amer  vostre 

1.  On  ]>ourrait  lire  aussi  bien  monslcrré. 

2.  Ces  deux  B,  à  côté  desquels   se  voient   les   traces  d'un  cacliet  en  cire 
rouge,  pourraient  bien  avoir  été  tracés  par  Berlran  Du  Guesclin. 

?>.  Cette  signature  est  de  la  main  qui  a  écrit  le  corps  de  la  lettre. 


304 

bien  et  honeiir,  je  vous  escris  mon  avis  qui  est  tel.  Il  est  de 
nécessité  pour  le  bien  de  la  pais  que  vous  avés  commencée  et 
avés  honeur,  que  vous  vous  teniés  près  du  roy,  et  que  pour 
nulle  occupacion  vous  ne  vous  en  absentés,  car  en  cest  article 
gist  l'avancemaut  de  la  pais,  vostre  honeur  et  profit,  et  ma  déli- 
vrance. Item  pour  aquerir  amour  du  royaume  et  pour  traire  le 
roy  dez  mains  où  il  est,  faites  que  par  vostre  moyan  le  araeniés  à 
Paris.  Item  faites  que  toute  diligence  soit  faite,  que  le  mariage 
du  roy  d'Engleterre  soit  consomé,  et  pour  cause.  Item  faites  que, 
pour  vuider  lez  gens  d'armes  de  nostre  parti,  vous  soyés  servi  en 
vous  aydant  pour  avoir  vostre  lieritage  de  Lombardie,  etc.  Item 
plaise  vous  moy  ayder  à  ceste  fois,  car  onques  n'en  eûtes  tel  mar- 
chié;  et  ce  mez  amis  me  fallent  à  ceste  fois  pour  cy  peu,  je  me 
tien  pour  abandoné.  Item  plaise  vous  faire  que  je  puisse  estre  poié 
de  ma  pencion  qui  m'est  deue  de  ceste  anée  et  partie  de  l'aultre  ; 
car  vous  povés  pencer  que  je  en  ay  bien  à  faire,  ce  vous  ne  avez 
oublié^  que  c'est  d'estre  en  dangier.  Item  faites  que  le  roy  me 
done  aucun  don  sur  Tournay  ou  autre  place,  pour  moy  aquiter 
de  pardeça,  car  nientmains  je  sçay  que  le  roy  me  aydera  quant 
il  me  verra.  Item  prenés  vous  garde  de  maistre  Jehan  le  Fuze- 
lier  ;  car  je  ay  ouy  par  Angles  que  il  pence  à  faire  ung  vidimus  ; 
et  ce  il  vous  eschape  en  telle  manière,  chascun  ce  moquera 
de  vous,  et  non  pas  sans  cause.  Ce  la  chose  est  bien  conduite,  il 
a  bien  de  quoy  vous  ayder,  et  moy  aucy.  Escript  de  ma  main,  le 
xi^  jour  de  juig,  à  Cliierbourg. 

Jehan. 
A  Monseigneur  d'Orléans  ^ 

(Original  autographe,  écrit  sur  une  petite  bande  de  parchemin  longue 
de  172  millimètres  et  large  de  70.  —  La  lettre  pliée  ne  mesurait  que 
60  millimètres  sur  8.) 


1.  L'original  porte  oublier. 

2.  Cette  suscription  est  écrite  au  dos  de  la  lettre,  de  la  main  du  comte  d'An- 
goulême. 


LA  FORMULE 

REX  FRANCORUM  ET  DUX  AQUITANORUM 

DANS  LES  ACTES  DE  LOUIS  VIL 


Louis  VII ,  qui  dans  ses  plus  anciennes  chartes  s'est  intitulé 
reœ  Francorum  et  duœ  Aquitanoruni,  et  qui  à  la  fin  de  son 
règne  ne  s'appelait  que  Francoru7n  rex,  n'a  pas  renoncé  au 
titre  de  duc  d'Aquitaine  au  moment  où  il  répudia  la  reine  Aliénor  ; 
pendant  plus  de  deux  années ,  quoique  sa  première  femme  l'eût 
définitivement  quitté  pour  en  épouser  un  autre,  il  ne  changea 
rien  à  la  suscription  de  ses  actes*.  Il  peut  être  intéressant  de 
rechercher  l'époque  à  laquelle  il  a  cessé  de  se  qualifier  duc  d'Aqui- 
taine, les  raisons  pour  lesquelles  il  a  conservé  ce  titre  après  la 
dissolution  de  son  mariage,  les  motifs  qui  l'ont  déterminé  à  l'aban- 
donner. 

Tout  d'abord,  il  est  à  noter  que  la  forme  duœ  Aquitanorum 
est  la  seule  correcte,  puisque  seule  elle  se  rencontre  en  tête  des 
pièces  originales  et  sur  le  contre-sceau  équestre  de  Louis  VIP; 
on  ne  trouve  dux  Aquitaniœ  que  sur  les  copies  ou  dans  les 
éditions  ;  tel  est  le  cas  de  plusieurs  lettres  écrites  à  Suger  ou  à 
d'autres  personnes^;  ces  lettres,  que  nous  ne  possédons  plus 
sous  leur  forme  première ,  ne  prouvent  rien  contre  les  actes 
authentiques  ;  elles  montrent  seulement  que  l'éditeur  n'a  pas  bien 

1.  Ce  fait  a  été  remarqué  par  le  Père  Daniel  :  Histoire  de  France,  tome  III, 
1729,  111-4",  page  293  :  «  Cependant  il  retint  toujours,  ou  du  moins  encore 
quelque  tems  après,  le  titre  de  duc  de  Guiennc,  et  on  l'y  voit  porter  dans  d'an- 
ciennes Chartres  signées  de  lui,  après  la  dissolution  du  mariage.  » 

2.  Les  mots  et  dux  Aquitanorum  figurent  en  toutes  lettres  sur  le  contre- 
sceau. 

3.  Recueil  des  Historiens  de  France,  XV;  p.  496,  n»  37;  p.  501,  n°^  49,  50,  51, 
52;  p.  508,  n"  68;  p.  513,  n"  81  ;  p.  529,  n"  121. 


306 

résolu  une  abréviation  du  manuscrit,  ou  que  le  copiste,  en  trans- 
crivant dans  son  recueil  la  lettre  originale,  a  fait  la  même  faute; 
ce  dernier  cas  a  dû  se  présenter  souvent,  puisque  la  forme  dux 
Aquitaniœ  est  fréquente  dans  les  chroniques  '. 

C'est  le  21  mars  1152  ^  que  l'assemblée  de  Beaugenci,  se  fon- 
dant sur  la  parenté  des  conjoints,  déclara  nul  le  mariage  du  roi 
de  France  et  d'Aliénor  d'Aquitaine.  Or  le  titre  de  reœ  Franco- 
rum  et  dux  Aquitanorum  se  retrouve  sur  des  actes  datés  de 
1152,  1153  et  1154. 

Voici  rénumération  de  ceux  qui  me  sont  connus  ;  autant  que 
possible ,  pour  diminuer  les  chances  d'erreurs ,  je  me  bornerai  à 
citer  les  documents  originaux^. 

Actes  postérieurs  au  2i  mars i\52  dans  lesquels  Louis  VII  s'intitule 
REX  Francorum  et  DUX  Aquitanorum. 

^.  Diplôme  de  Louis  VII,  par  lequel  il  affranchit  une  serve  nom- 
mée Agnès,  veuve  de  Pierre  Leborgne  de  Villeneuve.  Archives  natio- 
nales, K  23,  n"  \^^^]  publié  par  M.  Tardif,  Cartons  desrois^  p.  273, 
col.  'I,  no  S'IS  :  «  Actum  Parisius,  anno  ab  Incarnatione  Domini 
M"  G"  LU",  regni  nostri  XVP.  »  La  seizième  année  de  Louis  VII,  à 
dater  de  la  mort  de  Louis  VI,  commença  le  l^""  août  U^2. 

2 .  Diplôme  de  Louis  VII,  confirmant  une  vente  de  trente  sous  de 
cens  faite  par  Gervais  de  Tourotte,  sa  femme  et  ses  fils,  à  la  maison 
de  Saint-Lazare  de  Paris.  Arch.  nat.,  K.  23,  n°  ^6;  Tardif,  p.  273, 
col.  2 ,  no  54  9  :  «  Actum  publiée  Parisius ,  anno  dominice  Incarna- 
tionis  M"  G°  L"  IP,  regni  vero  nostri  XVP.  » 

3.  Diplôme  de  Louis  VII  par  lequel  il  afiranchit  Jean  du  Vieil- 
Ëtampes,  hôte  de  l'abbaye  de  Saint- Victor,  sa  femme  et  ses  enfants. 

1.  M.  Delisle  a  depuis  longtemps  démontré  que  le  même  fait  s'est  produit  à 
propos  du  titre  de  Francorum  rex,  et  que  les  pièces  émanées  de  Philippe- 
Auguste  dans  lesquelles  on  trouve  la  forme  Francise  rex  doivent  être  corrigées. 
Catalogue  des  actes  de  Philippe-Auguste,  p.  lxiv. 

2.  Histovia  gloriosi  régis,  à  la  suite  d'Airaoin,  dans  le  ms.  latin  12711,  fol.  172  : 
«  die  Veneris  ante  dominicam  de  Ramis  Palraarum.  » 

3.  Parmi  les  pièces  analysées  dans  la  Tat)le  des  diplômes  et  chartes,  pour  les 
années  1152  et  1153,  je  n'ai  rencontré  que  deux  fois  le  titre  de  roi  de  France 
sans  celui  de  duc  d'Aquitaine  (p.  214). 


307 

Arch.  nat.,  R.  23,  n°  17;  Tardif,  p.  274,  col.  i,  n»  522  :  «  Aciiim 
publiée  Parisius,  anno  ab  Incarnatione  Domini  millesimo  C/"  LUI", 
regni  nostri  XV1°.  » 

4.  Diplôme  de  Louis  VII  en  faveur  de  l'abbaye  de  Saint-Denis.  Le 
roi  donne  à  l'abbaye  la  mairie  d'Argenteuil.  L'original  de  cette  pièce, 
qui  a  été  publiée  par  Doublet,  p.  876,  se  trouve  de  nos  jours  à  la 
Bibliothèque  nationale,  fonds  latin,  nouvelles  acquisitions,  n"  2222  : 
«  Actum  publiée  in  capitulo  Sancti  Dyonisii,  anno  Verbi  incarnati 
M"  G°  L°  IP,  regni  vero  nostri  XVII°.  >>  La  dix-septième  année  de 
Louis  VII,  comptée,  comme  ici,  à  partir  de  la  mort  de  Louis  VI, 
commença  le  1"  août  ^^33;  l'une  des  deux  dates  portées  par  cette 
pièce  est  donc  fausse;  il  n'en  est  pas  moins  certain  qu'elle  est  posté- 
rieure à  mars  i]52,  antérieure  au  mois  d'août  'Hd4  ;  elle  doit  donc 
être  citée  ici. 

5.  Diplôme  de  Louis  VII  en  faveur  de  l'abbaye  de  Fleury.  Les 
lieux  d'Yèvre,  Bouilly,  Boulonville  et  Bouzonville,  dépendants  de 
l'abbaye,  sont  déclarés  exempts  de  certaines  exactions  que  leur  ont 
imposées  les  officiers  royaux.  Le  roi  donne  aux  habitants  de  ces 
villages  le  droit  de  témoigner  en  justice.  Bibl.  nat.;  Clairambaull, 
vol.  209,  n°  4;  cette  pièce  a  été  publiée,  d'après  le  cartulaire  de 
Fleuri  [Archives  du  Loiret)^  par  M.  Luchaire_,  Histoire  des  institu- 
tions monarchiques,  tome  II,  page  3^9,  nM6  :  «  Actum  Parisius, 
anno  ab  Incarnatione  Domini  M"  C°  LIIP,  regni  vero  nostri  XVP.  » 

6.  Diplôme  par  lequel  Louis  VII  confirme  un  accord  conclu  en  sa 
présence  entre  Ansoud,  prieur  de  Saint-Denis,  et  Clémence,  comtesse 
de  Dammartin,  au  sujet  des  droits  qu'elle  prétendait  avoir  au  Trem- 
blay. Arch.  nat.,  K  23,  n"  1 8  ;  Tardif,  p.  274,  col.  2,  n"  523  :  «  Actum 
Parisius ,  anno  ab  Incarnatione  Domini  IVP  G°  LIIP,  regni  vero  nos- 
tri XVIP.  » 

7.  Diplôme  de  Louis  VII  ;  échange  de  serves  entre  le  roi  et  les 
chanoines  de  Notre-Dame  de  Paris.  Arch.  nat.,  K.  23,  nM9;  Tardif, 
p.  275,  col.  \,  n"  524  :  «  Actum  publiée  Parisius,  anno  ab  Incarna- 
tione Domini  Mo  G°  LI1I°,  regni  nostri  XVIP.  » 

8.  Diplôme  de  Louis  VII,  par  lequel  il  donne  à  Eudes,  abbé  de 
Saint-Denis,  un  château  construit  sur  une  terre  de  l'abbaye,  près  de 


308 

Saint-Clair,  dans  le  Vexin.  Arch.  nat.,  K.  23,  n»  20;  Tardif,  p.  275, 
col.  2,  n°  525  :  «  Actum  publiée  Parisius,  anno  dominice  Incarna- 
tionis  M°  G°  LIIP,  regni  nostri  XVII°.  » 

9.  Diplôme  par  lequel  Louis  VII  atteste  que  les  chanoines  de  Sainte- 
Opportune  ont  cédé  la  moitié  de  leurs  marais,  pour  être  mis  en  cul- 
ture, moyennant  douze  deniers  de  cens  par  arpent.  Arch.  nat.,  K.  23, 
n''23;  Tardif,  p.  277,  col.  2,  n"  531  :  «  Actum  publiée  Parisius,  anno 
ab  Inearnatione  Domini  M°  G"  LIIIP,  regni  vero  nostri  X°  VIIIo.  »  La 
dix-huitième  année  du  règne  commença  le  -I"  août  ^^54. 

Actes  portant  la  date  de  ^  ^  54 ,  dans  lesquels  Louis  VII  s'intitule 
Francorum  rex. 

^ .  Charte  du  roi  Louis  le  Jeune  en  faveur  des  églises  de  Saint- 
Sernin  et  de  la  Daurade  de  Toulouse.  Gartulaire  de  Saint-Sernin  de 
Toulouse;  Histoire  de  Languedoc,  édition  in-4°,  tome  V,  col.  4 175  : 
a  Data  Tolosae  per  manum  Rogerii  cancellarii  régis  et  abbatis  Sancti 
Euvercii  Aurelianensis,  anno  ab  Inearnatione  Domini  M  G  LIIII.  » 

2.  Diplôme  par  lequel  Louis  VII  concède  à  l'abbaye  de  Saint-Denis 
un  marché  qui  devra  se  tenir  le  vendredi,  près  d'un  château  cons- 
truit par  Henri,  roi  d'Angleterre,  dans  un  domaine  de  l'abbaye,  près 
de  Saint-Glair-sur-Epte.  Arch.  nat.,  K.  23,  n°  2<  ;  Tardif,  p.  276, 
col.  2,  n°  529  :  «  Actum  pulDliee  Mileduni,  anno  dominice  Incarna- 
tionis  M°  G"  LIIIP.  »  L'année  du  règne  n'est  pas  indiquée. 

3.  Diplôme  par  lequel  Louis  VII  fonde  une  chapelle  en  l'honneur 
de  la  sainte  Vierge,  dans  son  palais,  à  Paris,  et  fixe  les  droits  du 
chapelain  chargé  de  la  desservir.  Arch.  nat.,  K.  23,  n°  22;  Tardif, 
p.  277,  col.  -1,  n"  530  :  «  Actum  publiée  Parisius,  anno  dominice 
Incarnationis  M"  G°  LIIII.  »  Pas  d'année  de  règne. 

Les  pièces  que  je  viens  de  citer  ne  portant  jamais  la  mention 
du  jour  et  du  mois,  je  ne  sais  si  le  roi  de  France  a  continué  à  se 
faire  appeler  duc  d'Aquitaine  dans  la  courte  période  qui  précéda 
le  mariage  d'Aliéner  avec  Henri  Plantagenêt.  Il  semble  qu'en 
droit  Louis  VII  eût  dû  renoncer  dès  cet  instant  à  toute  préten- 
tion sur  l'Aquitaine;  Aliénor,  en  effet,  tout  en  cessant  d'être 
reine  de  France,  restait  l'héritière  de  Guillaume  X.  Mais  le  roi 


309 

devait  avoir  peine  à  se  séparer  de  ces  vastes  domaines  dont  il 
avait  été  longtemps  le  seigneur*,  et  même  après  la  rupture  de 
son  mariage,  il  ne  pouvait  oublier  les  droits  éventuels  de  ses  filles 
Marie  et  Alix  à  la  succession  de  leur  grand-père.  D'ailleurs,  un 
événement,  qui  peut-être  n'était  pas  imprévu,  ne  tarda  pas  à 
rendre  impossible  cette  renonciation. 

Deux  mois  s'étaient  à  peine  écoulés  qu' Aliéner  devenait  l'épouse 
d'Henri  Plantagenêt*.  Henri  ne  pouvait  devenir  le  seigneur,  ni 
même  l'administrateur  temporaire  des  domaines  de  sa  l'erame, 
sans  que  la  royauté  française  en  fût  menacée.  S'il  lui  naissait  un 
fils,  la  princesse  Marie,  fille  de  Louis  VH  et  fiancée  de  Henri  le 
Libéral,  perdait  ses  droits  à  l'héritage  d'Aliénor^.  Louis  VII  ne 
pouvait  sanctionner  par  un  abandon  volontaire  un  changement 
aussi  grave  pour  sa  monarchie,  aussi  funeste  à  ses  enfants. 

Après  l'assemblée  de  Beaugenci,  la  duchesse  s'était  empressée 
de  réclamer  sa  terre  *  ;  mais  rien  ne  donne  à  croire  qu'avant  de 
transporter  à  Henri  Plantagenêt  son  magnifique  héritage,  elle  ait 
ni  demandé  ni  obtenu  le  consentement  de  Louis  VII,  son  suzerain. 
Le  roi  de  France  avait  dès  lors  un  prétexte  à  citer  en  sa  cour  le 
nouveau  duc,  qui  refusa  de  comparaître.  M.  d'Arbois  de  Jubain- 
ville  a  démontré  ^  que  Louis  VII  devait  considérer  comme  irré- 
gulier le  mariage  d'une  de  ses  vassales,  accompli  sans  son  auto- 
risation, et  que  la  citation  adressée  à  Henri  fut  la  conséquence  de 
cet  acte  contraire  aux  prescriptions  du  droit  féodal.  h'Historia 
gloriosi  régis,  sans  donner  les  motifs  de  l'ajournement,  dit  que  le 
défaut  de  Henri  eut  pour  conséquence  l'attaque  par  Louis  VII  de 
ses  possessions  normandes,  le  siège  et  la  prise  de  Vernon  ^.  Il  en 

1.  Louis  VII,  à  peine  marié,  date  une  charte  de  son  palais  de  Bordeaux  [His- 
toriens de  France,  t.  XVI,  p.  2).  Il  se  considérait  si  t»ien  comme  l'héritier  de 
l'Aquitaine  qu'on  le  voit,  dans  une  de  ses  lettres,  traiter  de  père  le  duc  Guil- 
laume X  :  ((  patris  et  domini  nostri  G.  Aquitanoruin  duels.  »  {Historiens  de 
France,  t.  XVI,  p.  3.) 

2.  Vers  le  18  mai  1152,  «  circa  Penthecosten,  »  Robert  de  Torigui,  édition 
Delisle,  p.  260.  M.  Delisle  publie  en  note  une  charte  prouvant  que  le  mariage 
est  antérieur  au  27  mai  1152. 

3.  «  Habebat  enim  duas  filias  de  ea,  et  ideo  nolebat  ut  ab  aliquo  illa  filios 
exciperet,  unde  prœJictœ  filise  suœ  exheredarentur  (Uoberl  de  Torigni,  t.  I, 
p.  2G0-2G1). 

4.  Historia  gloriosi  régis,  à  la  suite  d'Aimoin,  ms.  latin  12711,  Fol.  172  :  «  quo 
peracto  Alienor  terram  suam  A(iuitaniam  celeriler  requisivit.  » 

5.  Histoire  des  comtes  de  Champagne,  t.  III,  p.  29  et  suivantes. 

6.  Ms.  lat.  12711,  fol.  171  verso  :    «  Hoc  modo  quo  predictum  est  adquisivil 


310 

faut  conclure  que  la  cour  avait  déclaré  confisqués  les  fiefs  du 
vassal  rebelle.  Le  mariage  avec  Aliénor  est  la  seule  cause  que 
l'on  puisse  trouver  à  cette  citation  et  à  cette  sentence,  Henri 
n'ayant  à  ce  moment  commis  aucun  autre  délit  qui  soit  men- 
tionné par  les  chroniqueurs.  Sous  ce  prétexte  plus  ou  moins  spé- 
cieux, Louis  VII  put  continuer  à  s'intituler  duc  d'Aquitaine. 

Je  n'ai  pas  à  raconter  ici,  dans  ses  détails,  la  guerre  qui  fut 
faite  à  Henri  Plantagenêt,  en  exécution  de  la  sentence  prononcée 
par  la  cour  du  roi.  L'invasion  des  états  normands  eut  lieu  peu 
après  le  24  juin  1152,  alors  que  le  compétiteur  d'Etienne  de  Blois 
préparait  à  Bartieur  son  départ  pour  l'Angleterre.  D'après  Robert 
de  Torigni,  Louis  VII  avait  avec  lui  Henri  P""  le  Libéral,  comte 
de  Champagne,  Eustache  IV,  comte  de  Boulogne,  fils  d'Etienne 
de  Blois,  Robert,  comte  de  Dreux  et  comte  du  Perche;  en  même 
temps,  Geofîroi,  frère  de  Henri,  se  révoltait  en  Anjou  ^  Le  roi  et 
ses  quatre  confédérés  s'étaient  partagé  d'avance  les  états  de  leur 
adversaire ^  Nul  doute  que  Louis  VII  ne  se  fût  attribué,  entre 
autres,  le  duché  d'Aquitaine.  Parti  de  Barfleur  le  16  juillet  1152  ^, 
Henri  arriva  trop  tard  pour  empêcher  la  capitulation  de  Neuf- 
Marché.  Je  me  bornerai  à  relever,  parmi  les  événements  qui 
suivirent,  le  retour  offensif  de  Henri  sur  l'Anjou,  vers  la  fin 
d'août  1152,  et  la  soumission  de  Geoffroi,  la  conclusion  d'une 
trêves  le  passage  de  Henri  en  Angleterre  dans  la  semaine  qui 
suivit  le  6  janvier  1153^,  la  reprise  des  hostilités,  le  siège  et  la 

et  restituit  perfido  Henrico  Normanniam  rex  Ludovicus,  non  previdens  perfidiam 
quam  postea  ille  contra  ipsum  machinatus  est.  Nam  post  modicum  terapus  con- 
tigit  quod  vulgari  proverbio  dicitur,  quod  quanto  magis  exaltatur  iniquus,  taato 
amplius  adversus  benefactorem  suum  se  extollit.  Scilicet  Henricus,  Norraanie 
per  manura  régis  dux  etFectus,  ultra  modum  superbiens,  ante  domiuum  suum 
regera  Ludovicum  defecit  a  justicia....  »  Le  chroniqueur  raconte  ensuite  le  siège 
de  Vernon. 

1.  D'Arbois  de  Jubainville,  Hist.  des  comtes  de  Champagne,  t.  III,  p.  31; 
Robert  de  Torigni,  édition  Delisle,  t.  I,  p.  261. 

2.  Robert  de  Torigni,  t.  I,  p.  261  :  «  ut  ei  Normanniam  et  Andegavensem 
comitatuni,  et  ducatum  Aquitaniœ,  quem  cum  uxore  sua  acceperat,  imrao  et 
omnem  terram  suam  auferrent,  quam  etiam  inter  se  hi  quinque  diviserunt.  » 

3.  Robert  de  Torigni,  ibidem  :  «  XVII  kalendas  augusli.  » 

4.  Robert  de  Torigni,  p.  262  :  «  sapienter  se  habens,  sua  viriliter  defendendo, 
et  bumiliter  domino  suo  régi  deferendo,  ab  omnibus,  etiam  ab  inimicis,  admo- 

dum  laudalus  est Inde  datis  induciis  inter  eum  et  regera,  prœparavlt  se  ad 

transfretandum  in  Angliam  ;  in  qua  re  potest  admirari  audatia  ejus.  » 

5.  Le  même,  p.  271. 


3U 

prise  de  Vernon,  à  la  fin  de  juillet,  par  Louis  VII  assisté  de 
Thierry,  comte  de  Flandre*,  le  débarquement  de  Henri  en  Nor- 
mandie, vers  le  4  avril  11542,  ^j^g  expédition  en  Aquitaine,  où  il 
soumit  une  révolte^,  et  d'où  il  était  revenu  le  24 juin  1154,  puis- 
qu'à  cette  époque  il  se  trouvait  à  Rouen',  enfin  la  conclusion 
de  la  paix  au  mois  d'août  de  la  même  année  :  «  Mense  augusto, 
concordati  sunt  Ludovicus  rex  Fraucorum  et  Henricus  dux  Nor- 
mannorum  hoc  modo  :  rex  reddidit  ei  duo  castella,  Vernun  et 
Novum  Mercatum,  et  dux  dédit  ei  duo  milia  marcarum  argenti 
pro  resarciendo  darapno  quod  rex  passus  luerat  in  capiendo, 
muniendo,  tenendo  easdem  firmitates^.  »  Les  chroniqueurs  s'ac- 
cordent à  dire  qu'il  s'agit  bien  d'une  paix,  non  d'une  trêve*"',  et 
Robert  de  Torigni  nous  montre  les  deux  adversaires  tout  à  fait 
raccommodés,  en  apparence  du  moins,  dès  le  commencement 
d'octobre  '. 

Pendant  la  guerre  dont  je  viens  d'énumérer  les  principaux 
incidents,  Louis  VII  continua  de  se  qualifier  en  tête  de  ses  divers 
actes  7^ex  Francormn  et  dux  Aquitanorum .  La  révolte  que 
Henri  dut  réprimer  en  Aquitaine  au  printemps  de  1154  prouve 

1.  Le  même,  p.  277;  extrait  de  la  chronique  de  Lambert  de  Waterloo,  Ilisio- 
riens  de  France,  t.  XIII,  p.  509. 

2.  Robert  de  Torigni,  p.  283. 

3.  P.  284  :  «  inde  profectus  in  Aquitaniam.  rebellionem  quoriimdam  repressit.  » 

4.  Idem,  p.  284  :  «  Eodem  mense,  dux  Henricus,  rediens  de  Aquitania,  Rotho- 
niagi,  in  die  festivitatis  Sancli  Johannis  Baptistœ..,..  » 

5.  Idem,  p.  285. 

6.  ChronicBS  Sancti  Albini  Andegavensis  (Soc.  de  l'Hist.  de  France;  Chro- 
niques des  églises  d'Anjou,  p.  38)  :  «  M  G  LIV Rex  Francise  et  Henricus  dux 

pacificanlur.  » 

Chronicon  Turonense  Magnum  (Salraon;  Recueil  des  chroniques  de  Tou- 
raine,  p.  137)  :  «  Anno  Domini  M  C  LIV"  et  Frederici  imperaloris  11°,  et  Ludovici 
régis  XVII",  pax  et  concordia  inter  Ludovicum  regcm  FrancicS  et  Ilenricum 
ducem  Norraanniae  reformatur.  » 

Les  Annales  Uticenses,  publiées  par  M.  Delisle  en  appendice  au  tome  Vd'Or- 
deric  Vital,  paraissent  indiquer,  à  l'année  1154,  la  paix  conclue  entre  Louis  Vil 
et  Henri  Plantagen(H,  et  la  cession  de  l'Aquitaine  à  ce  dernier  (p.  1G2)  :  «  [Fit 
concorjdia  inter  regem  Anglorura  Stephanum  et  Henricuin  ducem  Normanuorum. 

Eodcm Ludovicus  rex  Francorum dux   Normanuorum.  Item  eodem 

ducatum  adeplus  est  Aquitanorum.  » 

7.  Robert  de  Torigni,  1154,  t.  I,  p.  286  :  «  Circa  kaiendas  oclobris,  Henricus 
dux  Normannorum,  sopita  ad  versa  valitudine,  Deo  miserante,  qua  periculose 
laboraverat,  accitus  a  rege  Francorum,  cum  exercitu  perrexit  in  Wilcasinum,  et 
pacilicavit  cum  rege  Goscelinum  Crispinum.  » 


312 

que  les  prétentions  du  roi  étaient  reconnues  au  moins  par  une 
partie  des  sujets  d'Aliênor. 

La  naissance  de  GuOlaume,  fils  de  Henri  Plantagenêt,  le 
17  août  1153  S  n'avait  pas  déterminé  Louis  VII  à  laisser  tomber 
son  titre  ;  il  n'aurait  pu  le  faire  au  plus  fort  d'une  guerre  qui 
avait  précisément  eu  pour  motif  l'illégalité  du  mariage  contracté 
par  les  parents  de  Guillaume.  Mais  on  sait  que  la  même  semaine 
avait  vu  naître  ce  jeune  prince  et  mourir  Eustache,  l'héritier 
d'Etienne  de  Blois  ;  de  là,  entre  le  roi  Etienne  et  son  rival,  un 
rapprochement  qui  vint  assurer  à  ce  dernier  la  succession  au 
trône  d'Angleterre,  et  qui  certainement  hâta  la  conclusion  de  la 
paix.  C'est  à  partir  de  cette  paix  que  Louis  VII  paraît  avoir  cessé 
de  s'intituler  duc  d'Aquitaine. 

La  formule  Ego  Ludomcus  Dei  gratia  rex  Francorum 
et  dux  Aquitanorum  se  trouve  encore  en  tête  d'un  diplôme 
daté  de  1154,  dix-huitième  année  du  règne  2;  la  dix-huitième 
année  du  règne  commença  le  l"  août  1154;  la  paix  fut  signée 
dans  le  courant  du  même  mois.  Dans  d'autres  actes  datés  de  1154, 
Louis  VII  se  nomme  seulement  Francorum  rex ,  et,  pour  les 
années  suivantes ,  le  duché  d'Aquitaine  n'est  plus  mentionné  en 
tête  des  chartes  royales  3.  On  sait  d'autre  part  qu'à  la  fin  de 
1154  ^  Louis  VII,  se  rendant  à  Saint- Jacques-de-Galice,  fit  visite 
à  son  beau-père  le  roi  de  Castille.  Au  retour,  le  roi  de  France, 
passant  par  Toulouse,  y  rendit  un  acte  dans  lequel  il  s'intitula 

1.  Chronicx  Sancti  Albini  Andegavensis  (Chroniques  des  églises  d'Anjou, 

p.  38)  :  «  MCLIII Guillelmus  natus  est,  filius  Henrici  ducis,  XVP  kalendas 

sept em bris.  » 

Robert  de  Torigiii,  t.  I,  p.  280,  année  1153  :  «  Mense  augusti,  circa  oclavas 
Sancti  Laurentii,  morilur  Eustachius  filius  Slepliani  régis  Anglorum,  quia  pree- 
datus  fuerat,  ut  quidam  dicunt,  terram  Sancti  Edmundi,  régis  et  martiris,  in 
ipsa  feslivilate  Sancti  Laurentii.  In  eisdem  octavis,  nascitur  filius  Henrico  duci 
Normannorum  ex  uxore  sua  Aliéner  comitissa  Pictavensi.  Vocatus  est  idem  puer 
"Willerraus,  quod  nomen  quasi  propriura  est  comilibus  Pictavorum  et  ducibus 
Aquitanorum.  » 

2.  Arch.  nal.,  K.  23,  n°  23. 

3.  «  Ego  Ludovicus,  Dei  gratia  Francorum  rex.  »  Année  1154  :  K.  23,  n°'  21,  22-, 
Luchaire,  UisL  des  institutions  monarchiques,  t.  II,  p.  307,  note  11. 

Année  1155  :  K.  23,  n»»  23",  2312,  23^^. 

4.  Robert  de  Torigni,  t.  I,  p.  289,  note  1.  M.  Delisle  établit,  en  se  fondant 
sur  des  chartes,  que  Louis  VII  revint  d'Espagne  au  commencement  de  1155  (nou- 
veau style),  et  que  par  conséquent  il  avait  entrepris  son  voyage  à  la  fin  de 
l'année  1154. 


313 

simplement  Francorum  rexK  II  s'était  appelé  dux  Aquitano- 
rum  jusqu'au  mois  d'août  1154  ;  il  ne  portait  plus  ce  titre  au 
commencement  de  l'année  que  nous  comptons  1155;  entre  ces 
deux  moments,  le  seul  événement  qui  ait  pu  le  déterminer  à  chan- 
ger la  suscription  de  ses  actes  est  la  paix  conclue,  dans  le  cou- 
rant du  mois  d'août,  avec  Henri  Plantagenêt.  Peut-on  admettre, 
d'ailleurs,  que  le  puissant  vassal  de  Louis  YII,  à  la  veille  de 
devenir  roi  d'Angleterre-,  vainqueur  des  révoltés  angevins  et 
aquitains,  capable  de  tenir  tête  au  roi  de  France  dans  le  Vexin, 
débarrassé  de  sa  rivalité  avec  Etienne  de  Blois,  eût  fondé  la  paix 
sur  une  autre  base  que  la  reconnaissance  de  son  mariage  avec 
Aliénor  et  de  ses  droits  à  la  succession  de  Guillaume  X  ? 

On  voit  que  la  formule  de  suscription  employée  par  Louis  VII 
pendant  la  première  partie  de  son  règne  présente  un  double  inté- 
rêt :  si  elle  venait  à  se  trouver  en  tète  d'un  acte  non  daté,  elle 
suffirait  à  prouver  que  cet  acte  peut  être  postérieur  à  mars  1152, 
et  qu'il  est  sans  doute  antérieur  au  mois  de  septembre  1154;  elle 
a  de  plus  une  valeur  historique,  puisqu'elle  a  joué  son  rôle  dans 
la  première  lutte  de  Henri  Plantagenêt  contre  la  royauté  française. 

Elle  Berger. 


1.  Hist.  de  Languedoc,  nouvelle  édition,  in-'i°,  tome  V,  col.  1175;  charte  du 
roi  Louis  le  Jeune  en  faveur  des  églises  de  Saint-Sernin  et  de  la  Daurade  de 
Toulouse  (cartulaire  de  Sainl-Sernin  de  Toulouse)  :  «  Ego  autem  Ludovicus  Dei 
gratta  Francorum  rex,  rediens  a  Sancto  Jacobo  et  per  Tolosam  transiens,  viso 
privilegio  Tolosanse  ecclesia?  quod  t'ecerat  anlecessor  noster  gloriosissimus  rex 

Karolus  Magnus Data  Tolosae  per  rnanura  Rogerii  cancellarii  régis  et  abbalis 

Sancli  Euvercii  Aurelianensis,  anno  ab  Incarnatione  Domini  M  C  LIIII.  » 

2.  Henri  II  monta  sur  le  trône  le  19  décembre  lloi. 


NOTES 


SUR 


LES  MANUSCRITS  GRECS 

DU  BRITISH  MUSEUM 


Les  760  manuscrits  grecs  conservés  aujourd'hui  au  British 
Muséum  ne  forment  pas  un  fonds  distinct  ;  on  les  trouve  disper- 
sés dans  les  différentes  collections  qui  ont  constitué  au  dernier 
siècle  le  département  des  manuscrits  du  Musée  ou  qui  y  sont 
entrées  depuis.  Chacune  de  ces  collections,  auxquelles  sont  tou- 
jours attachés  les  noms  de  leurs  anciens  possesseurs,  a  gardé  son 
individualité  propre;  l'arrangement  n'en  a  pas  été  modifié  depuis 
leur  entrée  au  Musée  où  elles  forment  encore  autant  de  fonds 
séparés  sur  lesquels  on  me  permettra  de  donner  tout  à  l'heure 
quelques  détails  ^ 

Pendant  les  dix  jours  que  j'ai  passés  au  British  Muséum,  du 
12  au  22  mars  1883,  j'ai  pu,  grâce  à  l'exquise  obligeance  de 
M.  E.  Maunde  Thompson,  conservateur  du  département  des 
manuscrits ,  auquel  M.  Léopold  Delisle  avait  bien  voulu  me 
recommander,  examiner  l'un  après  l'autre  chacun  des  manus- 
crits grecs  du  Musée  et  prendre  sur  leur  histoire,  les  anciennes 
bibliothèques  dont  ils  ont  fait  partie,  les  personnages  auxquels  ils 

1.  On  peut  consulter  pour  l'histoire  de  la  formation  de  la  bibliothèque  du 
British  Muséum  les  Memoirs  of  Libraries  de  M.  Edward  Edwards  (London, 
1859,  in-8%  tome  I,  p.  415  ss.),  dont  l'auteur  annonce  en  ce  moment  une  nou- 
velle édition,  le  Handbook  to  the  library  ofthe  British  Muséum  de  M.  Richard 
Sirns  (London,  1854,  in- 12),  et  les  Memories  ofthe  British  Muséum  de  M.  Robert 
Cowtan  (London,  1872,  in-8°).  Je  ne  citerai  que  pour  mémoire  A  handbook  for 
readers  at  the  British  Muséum,  by  Thomas  Nichols  (London,  1866,  in-8°). 


315 

ont  autrefois  appartenu  et  les  copistes  qui  les  ont  transcrits,  les 
notes  qu'on  trouvera  plus  loin^ 

La  fondation  du  British  Muséum  remonte  seulement  à  l'année 
1753.  C'est  à  la  suite  de  la  cession  faite  à  la  nation,  par  le  natu- 
raliste Hans  Sloane,  de  ses  collections,  que  l'on  songea  à  réunir 
en  un  seul  dépôt  public  les  manuscrits  de  Sloane  et  ceux  de 
Robert  Cotton  et  de  Harley.  Peu  après,  en  1757,  la  vieille  collec- 
tion royale  venait  enrichir  le  nouveau  Musée,  qui  s'accrut  rapi- 
dement. En  moins  d'un  siècle,  les  bibliothèques  de  Lansdowne, 
Hargrave,  Burney,  celles  du  roi  Georges  IV,  d'Egerton  et 
d'Arundel  y  entraient  successivement.  En  même  temps  des  acqui- 
sitions de  collections  moins  importantes  et  de  manuscrits  isolés 
venaient  chaque  année  augmenter  la  série  des  manuscrits  Addi- 
tionnels, ouverte  à  la  fondation  du  Musée  et  qui  se  continue 
encore  aujourd'hui. 

I.  Sloane  Collection.  —  Les  manuscrits  de  sir  Hans  Sloane 
(1660-1753),  au  nombre  de  4,100,  la  plupart  relatifs  aux  sciences 
physiques  et  naturelles,  furent  acquis  après  sa  mort  pour  le  prix 
de  20,000  liv.  st.  Ils  ont  été  décrits  par  Samuel  Ayscough,  A  cata- 
logue ofthe  Mss.  preser^ved  in  the  British  Muséum,  hitherto 
undescribed...  (London,  1782,  2  vol.  in-4°)^  Dans  ce  cata- 
logue, les  notices  des  différents  articles  d'un  même  manuscrit  ont 
été  séparées  et  placées  respectivement  à  leur  ordre  méthodique  ; 
une  table,  à  la  fin,  donne  la  réunion  de  ces  difierentes  notices  et 
permet  de  reconstituer  l'ensemble  de  chaque  manuscrit. 

II.  CoTTONiAN  Collection.  —  Sir  Robert  Cotton  (1570-1631) 
avait  légué  à  la  nation  sa  riche  bibliothèque  de  manuscrits  histo- 
riques et  théologiques.  A  un  siècle  de  là,  en  1731,  un  incendie 
détruisit  ou  endommagea  gravement  plus  de  200  de  ces  manus- 

1.  Une  liste  des  manuscrits  grecs  datés,  conservés  au  British  Muséum,  a  été 
dressée  par  M.  E.-M.  Thompson.  On  U-ouvera  tous  les  manuscrits  qu'elle  men- 
tionné dans  la  liste  de  manuscrits  datés,  publiée  par  M.  Gardlhausen  dans  sa 
Griechische  Palaeographie,  p.  342  ss.,  aussi   n'^n  sera-t-il  point  question  ici. 

2.  L'impression,  dans  la  nouvelle  série  des  catalogues,  d'une  description 
détaillée  des  manuscrits  de  Sloane  fut  commencée  en  1840  :  on  n'en  tira  que 
les  220  premières  pages,  qui  forment  un  volume  in-folio  intitulé  :  Catalogus 
librorum  mss.  bibliothecx  Sloanianw,  el  contiennent  les  notices  des  manus- 
crits 1-1091.  Une  série  de  9  volumes  in-fol.,  autographiés,  intitulés  :  Catalogue 
ofAdditional  Mss.-Sloane,  1091-4014,  en  forme  la  continuation. 


346 

crits*  et,  en  1753,  la  collection  de  Cotton  fut  réunie  à  celle  de 
Sloane  au  British  Muséum.  Ces  manuscrits  étaient  rangés  dans 
quatorze  armoires,  portant  les  noms  des  douze  Césars,  de  Cléo- 
pâtre  et  de  Faustine,  qui  servaient  et  servent  encore  à  les  dési- 
gner. Ils  sont  au  nombre  de  900  volumes;  un  premier  catalogue 
en  avait  été  rédigé,  avant  l'incendie ,  par  le  docteur  Thomas 
Smith,  d'Oxford,  Catalogus  librorum  mss.  bibliothecœ  Cot- 
tonianœ...  (Oxon.,  1696,  in-fol.)^  Le  dernier  catalogue  de  ces 
manuscrits  est  dû  à  un  ancien  directeur  du  pjritish  Muséum, 
Joseph  Planta,  A  catalogue  of  the  mss.  in  the  Cottonian 
Lïbrary  deposited  in  the  British  Muséum  (London,  1802, 
in-foL). 

III.  Harleian  Collection.  —  Robert  Harley,  comte  d'Oxford 
(1661-1724),  et  son  fils  Edward  avaient  formé  une  riche  biblio- 
thèque, qui  à  la  mort  de  ce  dernier  échut  à  sa  fille  Margaret 
Cavendish,  duchesse  de  Portland.  En  1753,  alors  que  la  fonda- 
tion du  British  Muséum  était  décidée,  cette  magnifique  biblio- 
thèque, qui  contenait  7,639  manuscrits  et  14,236  chartes  et 
papiers  divers,  fut  achetée  pour  une  somme  de  10,000  liv.  st.  Le 
catalogue  en  a  été  publié  parleRev.  Robert  Nares,  A  catalogue 
ofthe  Harleian  mss.  in  the  British  Muséum  (London,  1808- 
1812,4  vol.,  iu-fol.)3. 

IV.  Royal  Collection. —  La  Royal  collection,  ordinairement 
appelée -O^c?  Royal  pour  la  distinguer  de  la  King's  collection 
ou  Neiv  Royal,  avait  été  fondée  par  le  roi  Jacques  I"  (1603- 
1605)  et  fut  ofierte  à  la  nation^n  1757  parle  roi  Georges  IL  Peu 
de  temps  avant  qu'elle  ne  fût  réunie  aux  collections  du  British 
Muséum,  le  catalogue  en  avait  été  rédigé  par  David  Casley,  A 

1.  Voyez  :  A  report  from  the  Committee  appointed  to  view  the  Cottonian 
Ubrarij...  published  bij  order  of  the  house  of  Gommons.  London,  1732,  in-foL 

2.  Un  supplément  à  cette  description  des  manuscrits  de  Cotton  se  trouve  dans 
le  Catalogue  of  the  mss.  ofthe  King's  Libranj  de  D.  Casley  (Londres,  1734, 
in-4°},  p.  313-345.  Un  autre  catalogue  postérieur  à  l'incendie  a  été  publié  par  Sam. 
Hooper,  ^1  catalogue  of  the  mss.  in  the  Cottonian  Librartj  (Lond.,  1777,  in-8°). 

3.  tJn  premier  catalogue  des  manuscrits  de  Harley  avait  été  publié  au 
xvni°  siècle  :  A  catalogue  of  the  Harleian  Collection  of  mss...  in  the  British 
Muséum,  by  H.  Wanley,  D.  Casley,  W.  Hocker,  C.  Morton  and  T.  Astle.  London, 
1759  (1762),  2  vol.  in-fol.  —  On  peut  voir  pour  l'histoire  de  la  formation  de  la 
collection  de  Harley  les  manuscrits  de  Lansdowne  771-772,  qui  contiennent  le 
Journal  de  Wanley  (1714-1726),  bibliothécaire  de  Harley. 


3n 

catalogue  of  the  mss.  of  the  King's  Library...  (Loiidon, 
1734,  in-4°)^ 

V.  Lansdowne  Collection.  —  William  Petty,  marquis  de 
Lansdowne  (1737-1805),  avait  réuni  une  importante  collection 
de  papiers  d'Etat,  qui  fut  acquise,  en  1807,  de  ses  héritiers  pour 
la  somme  de  4,925  liv.  st.  Les  manuscrits  au  nombre  de  1,245  sont 
divisés  en  deux  parties  :  la  première  contient  les  papiers  de  lord 
Burleigh,  la  seconde  ceux  de  sir  Julius  Csesar,  chancelier  de 
l'Échiquier  et  maître  des  rôles  sous  Jacques  P""  et  Charles  P"",  et 
ceux  du  docteur  White  Kennet,  évêque  de  Peterborough.  Le 
catalogue  de  ces  manuscrits  est  suivi  de  deux  index  correspon- 
dant à  ces  deux  parties  de  la  collection  ;  il  a  été  rédigé  par 
Francis  Douce  et  sir  Henry  Ellis,  Catalogue  of  the  Lansdowne 
mss.  in  the  British  Muséum,  with  indexes  of  persons, 
places  and  matters  (London,  1819,  in-fol.). 

VI.  Hargrave  Collection.  —  Le  juriste  Francis  Hargrave 
(1741-1821)  avait  réuni  une  collection  de  499  manuscrits  juri- 
diques, qu'il  céda  pour  8,000 liv.  st.,  en  1813;  le  catalogue  en  a 
été  publié  par  sir  Henry  Ellis,  Catalogue  ofmss.  formerly  in 
the  possession  of  Francis  Hargrave...  noio  deposited  in 
the  British  Muséum  (London,  1818,  in-l"). 

VIL  BuRNEY  Collection.  —  La  bibliothèque  du  Rev.  Charles 
Burney  (1757-1817)  fut  achetée  13,500  liv.  st.,  en  1818;  elle 
comptait  524  manuscrits,  la  plupart  d'auteurs  classiques,  dont  le 
catalogue  a  été  rédigé  par  J.  Forshall,  Catalogue  of  mss.  in 
the  British  Muséum.  Neio  séries.  Vol.  T.  The  Burtiey  mss. 
(London,  1840,  in-fol.).  Un  index  des  manuscrits  de  Burney  et 
Arundel  (voyez  n°  X)  a  été  publié  à  part  la  même  année  ;  on  le 
trouve  le  plus  souvent  joint  au  catalogue  des  manuscrits  de 
Burne}'' . 

VIII.  King's  Collection.  — La  collection  de  livres  imprimés, 
réunie  par  le  roi  Georges  III,  fut  offerte  à  la  nation  en  1823  par 
Georges  IV;  elle  était  accompagnée  de  446  volumes  manuscrits, 

1.  On  trouvera  dans  la  salle  de  lecture  du  Brllisli  Muséum  un  suj)pléinent 
manuscrit  au  catalogue  de  Casley,  intitulé  :  Appendix  to  Casieij  catalogue  of 
the  King's  Library,  1832  (n"'  1-85  et  index),  in-fol. 

2^ 


3^8 

qui  furent  déposés  au  British  Muséum  en  1828.  Il  n'en  existe 
point  de  catalogue  imprimé  ;  une  description  détaillée  des  King's 
mss.  par  sir  Frédéric  Madden  forme  un  volume  in-folio  manuscrit, 
à  la  disposition  du  public  dans  la  salle  de  lecture  du  British 
Muséum,  «  Catalogue  of  the  mss.  in  the  Library  of  king 
George  the  Third,  presented  by  king  George  the  Fourth  to 
the  British  Muséum,  1841.  » 

IX.  Egerton  Collection.  —  Francis  Henry  Egerton,  comte  de 
Bridgewater  (1756-1829),  qui  passa  une  grande  partie  de  sa  vie 
en  France  et  mourut  à  Paris,  légua  en  1825  aux  trustées  du 
British  Muséum  sa  collection,  qui  se  composait  de  607  manuscrits 
et  de  906  chartes,  avec  une  rente  destinée  à  entretenir  et  à 
accroître  cette  collection.  Il  n'existe  pas  de  catalogue  séparé  des 
manuscrits  d'Egerton,  on  les  trouve  décrits  avec  les  manuscrits 
Additionnels  (voyez  le  n°  XI) . 

X.  Arundel  Collection.  —  Thomas  Howard,  comte  d'Arun- 
del  (1592-1646),  avait  réuni  une  belle  collection  de  manuscrits 
et  d'imprimés,  qui  fut  en  partie  dispersée  après  sa  mort.  La  plu- 
part de  ses  manuscrits  furent  partagés,  en  1681,  entre  la  Royal 
Society  et  le  Collège  of  Arms,  auxquels  ils  avaient  été  offerts  par 
le  petit-fils  d' Arundel,  Henry  Howard,  duc  de  Norfolk.  En  1831, 
par  suite  d'un  accord  intervenu  entre  la  Royal  Society  et  le  Bri- 
tish Muséum,  ce  dernier  dépôt  reçut  550  manuscrits  (les  manus- 
crits Orientaux  n'y  entrèrent  qu'en  1835).  Le  catalogue  en  a  été 
rédigé  par  le  Rev.  J.  Forshall,  Catalogue  ofmss.  in  the  British 
Muséum.  New  Séries.  Vol.  I.  The  Arundel  mss.  (London, 
1834,  in-fol.).  L'index  de  ce  catalogue  n'a  été  pubhé  qu'en  1840  ; 
il  accompagne  ordinairement  la  description  des  manuscrits  de 
Burney. 

XI.  Additional  Collection.  —  La  série  des  manuscrits  Addi- 
tionnels est  formée  de  tous  les  manuscrits,  autres  que  les  précé- 
dents, entrés  au  British  Muséum  depuis  sa  fondation,  j  compris 
les  coUeclions  qui  n'étaient  pas  assez  importantes  pour  former 
un  fonds  séparé  ;  telles  sont  les  collections  de  Birch,  Burrell,  Cole, 
Jermyn,  Wolley,  etc.  Cette  série  de  manuscrits,  qui  fait  suite  aux 
4,100  manuscrits  de  Sloane,  part  du  no  4101  pour  se  continuer 
indéfiniment.  Voici  la  liste  des  différents  catalogues  qui  en  ont 
été  rédigés  : 


3^t> 

N"'  4101-5015,  décrits  avec  les  manuscrits  de  Sloane  dans  le 
catalogue  de  S.  Ayscough  (voyez  n°  I),  à  l'exception  des  n°'  4324- 
4326  b. 

N«^  4324-4326  b  et  *5015-7061 ,  décrits  en  23  volumes  manus- 
crits in-folio,  à  la  disposition  du  public,  dans  la  salle  de  lecture 
du  British  Muséum,  et  intitulés  :  «  Catalogue  ofthe  Additions 
made  to  the  Department  of  Mss.,  since  the  publication  of 
M""  AyscougKs  Catalogue  in  1782.  —  (1831-1837.)  *  » 

Le  premier  catalogue  imprimé  de  manuscrits  Additionnels  est 
intitulé  :  Annual  list  of  Donations  and  Bequests  to  the  Trus- 
tées of  the  British  Muséum,  1828  (London,  1830,  in-4'').  On 
n'y  trouve  point  l'indication  des.  numéros  des  manuscrits,  non 
plus  que  dans  la  suivante,  publiée  en  1831  et  qui  contient  les 
acquisitions  des  années  1829  et  1830.  D'autres  listes  des  manus- 
crits Additionnels,  entrés  de  1831  à  1835,  furent  publiées  en 
1833-1839,  sous  le  titre  de  :  List  of  Additions  made  to  the 
collections  in  the  British  Muséum,  in  the  year...  (in-8°), 
avec  l'indication  des  numéros  des  manuscrits. 

La  publication  de  ces  listes  annuelles  fut  interrompue  jusqu'en 
1843;  à  cette  date  et  en  1850,  les  listes  annuelles  (avec  pagina- 
tion séparée)  des  manuscrits  acquis  pendant  les  années  1836- 
1845  parurent  réunies  en  2  volumes  avec  index,  par  les  soins  de 
Frédéric  Madden  :  1°  List  of  Additions  to  the  Mss.  in  the  Bri- 
tish Muséum,  in  the  years  1836-1840  (London,  1843,  in-8°). 
—  2°  List,  etc.  1841-1845  (London,  1850,  in-8''). 

Dans  ces  deux  volumes,  comme  dans  les  listes  qui  les  avaient 
précédés,  les  manuscrits  Additionnels  ne  sont  pas  rangés  suivant 


1.  Les  quelques  mots  suivants,  mis  par  Frédéric  Madden  en  tête  de  ce  cata- 
logue manuscrit,  disent  bien  comment  les  manuscrits  additionnels  font  suite 
aux  manuscrits  de  Sloane  : 

«  AU  the  numbers  in  M""  Ayscough's  Catalogue  of  Mss  (2  vol.,  4",  Lond., 
178-2),  from  4101  to  5017  botli  inclusive,  are  Additions  to  the  Library  of  Mss. 
since  the  establishment  of  the  Muséum,  and  are  continued  from  the  numbers 
of  the  Sloanian  Collection. 

«  The  numbers  in  the  présent  Catalogue  are  continued  from  Ayscough's. 

«  The  first  four  of  thèse,  4324  a,  b  and  4326  a,  b,  are  Birch  mss.  and  are 
mentioned  by  Ayscough  but  not  described,  as  the  volumes  were  at  that  Iwice 
scaled  up  by  order  of  the  Trustées. 

«  N°*  5018-5027  h  are  Sloanian  mss.  omitled  in  Ayscough's  Catalogue,  and 
n"  5214-5308  form  part  of  the  same  collection,  sent  up  from  the  Department 
of  Printed  books,  subséquent  to  the  publication  of  M'  Answorlh.  » 


320 

l'ordre  de  leurs  numéros,  non  plus  que  les  Egerton  mss.  et  les 
Additional  charters  ;  aussi  pour  plus  de  facilité  on  a  eu  soin  de 
mettre  à  la  disposition  du  public  dans  la  salle  de  lecture  du  Bri- 
tisli  Muséum  deux  volumes  factices  donnant  la  série  des  manus- 
crits Additionnels  de  1828  à  1845  (n»^  6666-15667). 

En  1849,  parut  par  les  soins  de  Frédéric  Madden  et  de  M.  E.- 
A,  Bond,  aujourd'hui  directeur  du  British  Muséum,  un  index 
général  des  manuscrits  Additionnels  entrés  postérieurement  à  la 
publication  du  catalogue  de  S.  Ayscough  et  répondant  aux 
n"'  Additional  mss.  5018-10018,  —  Egerton  mss.  1-606,  — 
Additional  charters  1-1249, 

On  trouve  encore  dans  cet  index  la  mention  d'une  centaine  de 
manuscrits  de  Sloane  entrés  au  British  Muséum  après  la  publica- 
tion du  Catalogue  de  S.  Ayscough.  Cet  index  est  intitulé  :  Index 
tothe  Additional  mss.,  with  those  ofthe  Egerton  collection, 
preserved  in  the  British  Muséum,  and  acquired  in  the  years 
1783-1835  (London,  1849,  in-fol.)*. 

Ce  n'est  qu'à  partir  de  1864  que  la  publication  du  catalogue  des 
manuscrits  Additionnels  s'est  faite  d'une  façon  régulière  et  con- 
tinue : 

1°  —  Catalogue  of  Additions  to  the  Mss.  in  the  British 
Muséum,  in  the  years  1846-1847  (London,  1864,  in-8°). 

2"  —  Additions,  Mss.  1848-1853  (1868). 

3o_4o  _  Additions,  Mss.  1854-1875  (1875-1877,  2  vol.)  et 
index  (1880). 

5"  —  Additions,  Mss.  1876-1881  (1882). 

Le  premier  de  ces  volumes  a  encore  été  publié  par  Frédéric 
Madden,  les  trois  suivants  par  M.  E.-A.  Bond,  l'index  et  le  der- 
nier par  M.  E.-M.  Thompson.  Dans  ce  dernier  volume  les  manus- 
crits Additionnels  atteignent  le  numéro  31896,  et  les  manuscrits 
d'Egerton  le  numéro  2600 -. 


1.  Pour  faire  suite  à  cet  index  M.  E.  Scott,  alors  senior  assistant  au  Département 
des  Manuscrits,  a  dressé,  à  1  aide  des  diiférenls  index  des  catalogues  des  manus- 
crits Additionnels  déjà  publiés,  un  index  général  de  183G  à  1853.  Cet  index,  qui 
forme  un  volume  in-folio  à  la  disposition  du  jmblic  dans  la  salle  de  lecture  du 
British  Muséum,  comble  la  lacune  qui  existait  entre  l'index  de  1783-1835  et 
l'index  de  1854-1875,  publié  en  1880  par  M.  Thompson. 

2.  Au  mois  d'avril  188i,  le  registre  [Hand-list  of  Additional  Mss.),  sur 
lequel  sont  inscrits  année  par  année  les  manuscrits  Additionnels  depuis  1865, 
s'arrêtait  au  numéro  32051  (entré  en  1883).  —  Dans  la  collection  Stowe,  acquise 


324 

Chacune  des  collections  dont  il  vient  d'être  question  renferme 
un  nombre  très  variable  de  manuscrits  grecs  ;  deux  d'entre  elles, 
les  Lansdowne  et  Hargrave  Collection,  n'en  contiennent  aucun.  Il 
ne  sera  peut-être  pas  inutile  de  donner  ici  la  liste  de  tous  les 
manuscrits  grecs  disséminés  dans  les  différents  fonds  du  British 
Muséum  ' . 

Old  Royal  Collection,  53  manuscrits  grecs:  1.  A.  ix,  xv ;  1. 
B.  I,  n;  1.  D.  ii,  v-viii;  16.  C.  i-xxv  ;  16.  D,  i-xviii. 

Cottonian  Collection,  3  manuscrits  grecs  :  Otho.  B.  vi,  Ves- 
pas.  B.  XVIII,  Titus.  C.  xv. 

Harleian  Collection,  248  manuscrits  grecs  :  263,  825,  931, 
1613,  1675,  1686,  1752,  1771,  1803,  1810,  1814,  1822,1837, 
1868,  2427,  3100,  3318,  3329,  3382,  3521,  5051,  5059,  5232, 
5533-5557,  5559-5561,  5563-5582,  5587-5647,  5649-5654, 
5656-5679,  5681,  5684,  5685,  5687-5697,  5723-5744,  5760, 
5776,  5777,  5778,  5782-5792,  5795,  5796,  6290,  6295,  6296, 
6297,  6299-6305,  6307,  6309,  6310,  6311a,  6312,  6313, 
6315-6319,  6322,  6325,  6326,  6478,  6505,  6506,  6510,  6874, 
6875,  6876,  7551  (art.  5-9),  7576. 

récemment  de  lord  Ashburnham  par  le  Brilish  Muséum,  il  n'y  a  qu'un  manus- 
crit grec  (n"  340  du  Catalogue  de  Sotheby.  Londres,  1849,  in-4°). 

A  côté  de  ces  inventaires  des  différents  fonds  du  British  Muséum  il  faut 
signaler  le  premier  volume  qui  vient  de  paraître  du  Catalogue  of  Romances  in 
the  Department  of  Mss.  in  the  British  Muséum  (1883,  in-8°).  L'auteur,  M.  H - 
L.-D.  Ward,  senior  assistant  au  Département  des  manuscrits,  a  relevé  dans  les 
différents  fonds  tous  les  manuscrits  qui  rentraient  dans  le  cadre  de  son  travail  : 
antiquité  classique,  traditions  bretonnes  et  anglaises,  françaises,  etc.;  le  second 
volume  comprendra  les  légendes  d'origine  germanique.  Les  notices  très  détaillées 
des  manuscrits  sont  disposées  suivant  l'ordre  méthodique;  quelques  manuscrits 
grecs  seulement  y  sont  décrits. 

1.  Une  «  List  of  Greek  Mss.  in  the  varions  collections  of  the  British 
Muséum,  18G0,  »  forme  un  petit  volume  in-folio,  manuscrit,  à  la  disiiosition  du 
public  dans  la  salle  de  lecture.  Cette  liste  ne  va  que  jusqu'au  n°  22909. 

Je  ne  parle  point  des  papyrus  pour  lesquels  une  série  spéciale  a  été  créée, 
série  qui  comprend  les  papyrus  égyptiens,  grecs  et  latins.  On  trouve  dans  la 
salle  de  lecture  un  catalogue  spécial  des  papyrus  :  «  Catalogue  of  Papyri,  etc. 
1849,  »  in-fol.  Cette  liste  a  été  continuée  seulement  jusqu'en  1852.  Le  Rev.  J. 
Forshall  a  publié  autrefois  une  Description  of  the  Greek  Papyri  in  the  Brilish 
Muséum,  Part  /(London,  1839,  gr.  in-i").  qui  n'a  pas  été  continuée. 

M.  Thompson  a  aussi  publié  récemment  un  Catalogue  of  ancient  Mss.  in  the 
British  Muséum.  Part  I.  Greek  (London,  1881,  in-fol.).  C'est  un  atlas  (avec 
texte)  de  vingt  planches  de  fac-similés  des  plus  remarquables  papyrus  et  manus- 
crits grecs,  antérieurs  au  x'  siècle,  conservés  au  Brilish  Muséum. 


322 

King's  Collection,  2  manuscrits  grecs  :  16,  17. 

Burmey  Collection,  89  manuscrits  grecs  :  14,  15,  16, 18-23, 
34,  35,  44-58,  60-64,  m,  67,  69,  70,  71,  73,  75,  76,  78-82,  84, 
89,  91-98,  100-106,  108-122,  124,  276,  342,  369,  402,  408, 
409,  514,  516. 

Arundel  Collection,  36  manuscrits  grecs  :  211,  516-550. 

Egerton  Collection,  4  manuscrits  grecs  :  265,  266, 850, 942. 

Sloane  et  Additional  Collection,  329  manuscrits  grecs  : 
324,  627,  745,  804,  1144,  1774,  2003,  2434,  2437,  3326, 
4087,  4382,  4949,  4950,  4951,  4952,  5107,  5108,  5110-5113, 
5115-5119,  5153 AetB,  5423,  5424,  5468,  5662,  6131,  6222, 
6790,  6791,  6898,  7141,  7142,  7143,  8221-8241,  8865,  9347, 
9348,  9349,  9374,  9819,  9824,  10014,  10016,  10017,  10022, 
10023,  10024,  10040,  10057,  10058,  10060,  10078,  10375, 
10379,10968-10971,11270,11300,11356,11752,11835-11841, 
11859-11861,  11868-11871,  11884-11895,  12117  a,  12182, 
14063,  14066,  14080,  14083,  14637,  14638,  14665,  14770- 
14774,15276,  15315,  15422,  15435,  15436,  15581,  16183, 
16184,  16409,  16912,  16943,  16971,  17015,  17045,  17136, 
17210,  17211,  17370,  17469-17475,  17718,  17741,  17900, 
17982,  17998,  18070,  18190,  18211,  18212,  18231,  18232, 
18425,  18492-18494,  18733,  18734,  18775,  18858,  19002, 
19058-19060,  19062,  19352,  19353,  19386-19392  a  et  b, 
19457-19460,  19550,  19551,  19703,  19737,  19792,  19993, 
20002-20004,  21030,  21061,  21078-21081,  21095,  21165, 
21166,  21259-21261,  21983,  22039,  22087,  22088,  22350, 
22492,  22506-22509,  22732-22750,  22909,  23889,  23890, 
23895,  23927,  24112,  24369-24382,  25881,  26103,  26112- 
26115,  27359,  27563,  27564,  27860-27865,  28270,  28277, 
28816-28830,  29713-29715,  29924,  30043,  30510,  31208, 
31214,  31291,  31919-31921,  31949,  32011,  32051. 

Il  sera  peut-être  plus  facile  de  consulter  les  notes  que  j'ai  pu 
recueillir  sur  l'histoire  des  manuscrits  grecs  du  British  Muséum 
en  réunissant  dans  un  même  ordre  alphabétique  les  noms  des  éta- 
blissements religieux,  des  grands  seigneurs,  des  prélats,  des 
savants  auxquels  ces  manuscrits  ont  autrefois  appartenu.  Dans 
une  seconde  section  on  trouvera  la  liste  alphabétique  des 
copistes  des  manuscrits  grecs  du  British  Muséum  avec  le  texte 
des  souscriptions  qu'ils  ont  pris  soin  de  mettre  à  la  fin  des  volumes 


323 


par  eux  transcrits.  Je  n'ai  pas  non  plus  omis  de  mentionner  ceux 
qui,  aux  xv''  et  xvf  siècles,  ont  négligé  de  nous  laisser  leur  nom, 
mais  dont  j'ai  pu  reconnaître  certainement  l'écriture. 


ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  ET  ANCIENS  POSSESSEURS  DE  MANUSCRITS  GRECS. 

Agex  (Collège  des  Jésuites  d').  —  Vingt-quatre  manuscrits  grecs 
de  la  bibliothèque  du  collège  des  Jésuites  d'Agen  sont  aujourd'hui  au 
British  Muséum  dans  le  fonds  de  Harley. 

On  n'a  aucun  renseignement  sur  l'origine  de  cette  importante  col- 
lection de  manuscrits  grecs  ;  peut-être  a-t-elle  appartenu  à  Joseph 
Scaliger,  dont  la  bibliothèque,  après  son  départ  de  France,  fut, 
comme  on  le  sait,  livrée  au  pillage  ^ .  Il  semble  douteux  en  effet  que 
la  liste,  publiée  au  xvii"  siècle^,  des  manuscrits  légués  àl'UniversiLé 
de  Leyde  par  Joseph  Scaliger  donne  un  état  complet  de  ce  que  dut 
renfermer  la  collection  de  manuscrits  formée  par  ce  célèbre  érudit  et 
par  son  père.  "Voici  la  liste  sommaire  de  ces  vingt-quatre  manuscrits, 
tous,  sauf  indication  contraire,  du  xv®  ou  xvi^  siècle,  avec  le  numéro 
qui  leur  a  été  attribué  dans  le  fonds  de  Harley  : 

3594.  Mich.  Psellus  in  Aristotehs  physica. 

5599.  Âristotelis  organum,  cum  Porphyrii  isagoge. 

56^2.  Plutarchi  moraiia. 

5662.  Tzetzse  Homerica;  Dionysii  periegesis.  ^493. 

3664.  Catonis  disticha;  Solonis  versus-,  Homcri  ])atrachomyoma- 
chia-,  [Th.  Prodromi]  galeomyomachia-,  PhocyUdis  et  Pytliagorœ  car- 
mina  ;  Aristophanis  Piutuf,,  Nubes  et  Ranee. 

5678.  Dionysius  Areopagita  et  Apocalypsis. 

569^.  Man.  Briennii  harmonica;  Aristidis  Quintiliani  de  musica; 
Prolegomena  in  Hephsestionem. 

3724.    Euripidis    Hecuba;    Hesiodi  aspis;  Dcm.  iMoschi   oratio; 

1.  Scdligerana  secunda,  éd.  des  Maizeaux,  1740,  p.  555  :  «  Les  Cordeliers 
m'ont  desrobé  mes  meilleurs  livres  à  Agen.  » 

2.  HoUinger,  Promptuarium  sive  bibliotlieca  oi-ientalis  (1GG2,  in-4"),  repro- 
duit dans  le  Catalogus  bibliolhecx  Univers/ lads  Lugduno-Batavx  {\l\(j,  in-fol.), 
p.  339-343. 


324 

Xenophontis  apologia  Socratis,  Agesilaus,  Hiero;  Demosthenis  ora- 
tiones.  xiv  s. 

5725.  Aristophanis  Plutus  et  Nubes;  Euripidis  Hecuba  et  Electra. 
XIV  s. 

5726.  G.  Bassi  geoponicorum  libri  xx. 

5728.  Matth.  Gamariotae  rhetorica;  Demosthenis  Olynthiacse  ; 
Libanias. 

5730.  Theodosii  grammatica ;  Man.  Moschopuli  erotemata;  Mich. 
Syncelli  syntaxis. 

5733.  Pindari  Olympia  et  Pythia.  -1492. 

5735.  Theophyl.  Simocattae  epistolœ;  Greg.  Gyprii  fabulœ;  Libanii 
et  Synesii  epistolœ. 

5736.  Evangelia.  ^506. 

5744.  ^Esopi  fabulae;  Sophoelis  Ajax  et  Electra. 
5782.  Menologium,  sept.-nov.  xiv  s. 
6290.  Th.  Gazae  grammatica  ;  de  dialectis. 
6295.    Alex.   Aphrodisaei ,   Avicemiœ ,   Aristotelis,   Hippocratis, 
Niceph.  Blemmydse,  Plethonis  opuscula  medica.  xiv  s. 

6300.  Euripidis  Hecuba,  Orestes  et  Phœnissse.  xiv  s. 

6301.  Philippi  et  Libanii  epistolse;  Homeri  batrachomyomachia; 
Gatonis  disticha  ;  Agapeti  diaconi  sententiœ;  Apophthegmata-,  Iso- 
crates  etTheognis. 

6307.  Aristophanis  Plutus,  Nubes,  Ranœ. 

63-12.  Herodoti  historiarum  lib.  I. 

63-19.  Lycophronis  Gassandra  cum  Tzetzœ  scholiis. 

Aujourd'hui  il  ne  reste  plus  à  Agen  qu'un  seul  manuscrit  prove- 
nant de  l'ancienne  bibliothèque  des  Jésuites,  j'en  dois  la  description 
à  l'obligeance  de  M.  Fallières  : 

20.  Homeri  batrachomyomachia;  Th.  Prodromi  galeomyomachia, 
Gatonis  disticha;  Pythagorse  et  Phocylidis  carmina;  Aristophanis 
Plutus;  Euripidis  Hecuba-,  Tryphonis  (?)  afTectiones  vocabulorum 
etc.  XVI  s.  ^ 

ÂRRiVABENE  (Giampictro) .  —  Les  Evangiles,  n"  5790  du  fonds  de 
Harley,  ont  appartenu  à  Giampietro  Arrivabene  (-144 -1-^504],  élève 
de  Francesco  Filelfo;  on  lit  au  fol.  ^  son  ex-libris  :  «  Jo.  Pétri  Arri- 

1.  On  trouve  encore  mentionnée  la  bibliothèque  du  collège  des  Jésuites  d'Agen 
dans  le  catalogue  des  manuscrits  de  l'Escurial  du  P.  Alexandre  Barvoel,  S.  J. 
(1647).  Voyez  E.  Miller,  Catalocjue  des  manuscrits  grecs  de  l'Escurial,  p.  528; 
cf.  p.  ixvn. 


325 

vaheni.  »  Ce  manuscrit  avait  été  copié  sans  doute  peu  auparavant 
(1478)  par  Jean  Rhosus. 

BoxGARs  (Jacques).  —  Le  manuscrit  Old  RoyaH6.  D.  xvi,  qui  con- 
tient les  huit  livres  des  Stratagèmes  de  Polyen,  appartenait  en  -1603 
à  Bongars  dont  on  voit  la  signature  en  tête  du  second  feuilleta 

Brunck  (R.-P.-F.).  —  La  plupart  des  manuscrits  de  Brunck  sont 
entrés  en  \  804  à  la  Bibliothèque  nationale  à  la  suite  de  la  seconde 
vente  de  sa  bibliothèque,  que  ce  célèbre  érudit  fut  contraint  de  faire 
de  son  vivant.  Quelques  autres  de  ses  manuscrits  sont  maintenant  à 
l'étranger  ;  de  ce  nombre  sont  le  manuscrit  Additional  28277  du  Bri- 
tish  Muséum  qui  contient  les  Argonautiques  d'Apollonius  de  Rhodes 
copiées  par  Brunck,  en  1776,  «  infuturum  fîlii  sui  Hadriani  usum,  »  et 
une  copie  de  V EUjmologicon  Sorhonicum  (aujourd'hui  Supplément 
grec  172),  en  2  volumes  in-4°,  que  M.  le  professeur  L  Bywater, 
d'Oxford,  a  bien  voulu  me  montrer  dans  sa  bibhothèque. 

Cadmustcs  (Paul-Émile) ,  d'Uzès.  —  Le  manuscrit  5552  du  fonds 
de  Harley,  qui  contient  les  épitres  de  saint  Paul  et  les  épitres  cano- 
niques, porte  au  fol.  1  v°  la  note  :  naûXou  AîiaiXi'ou  -coîi  Kxo[j,o6gtc'j 
^t'cXoç,  ïxv.  (ZTub  T^ç  ôeo^oviaç  ^açZY'î  ^^  OixîTÎa  tyj  aÙToD  ':iraTpioi  èvoo- 
^OTâ-iTT]  r.ckzi. 

Casaubon  (Isaac).  —  La  première  partie  du  manuscrit  Old  Royal 
-16.  G.  XIV,  qui  contient  les  Gestes  deJulius  Africanus,  a  été  copiée  en 
1584  par  André  Darmarius  pour  Casaubon.  On  sait  que  Gasaubon, 
tout  en  conservant  le  titre  de  garde  de  la  librairie  du  roi,  s'était 
retiré  en  Angleterre  à  la  mort  de  Henri  IV  ^. 

Chalce  (Monastère  de).  —  Le  manuscrit  Old  Royal  I .  D.  ii  présente 
au  bas  du  fol.  \  l'ex-libris  du  monastère  de  la  Sainte-Trinité  de  l'ile 
de  Ghalce,  près  de  Gonstantinople  :  +  ty)ç  à^i'aç  Tp'.icî;  ~.f^z  èv  ir^ 
vr;(jw  Xi>./.r)ç.  Il  en  est  de  même  des  manuscrits  Arundel  5-19,  523, 
535  et  541,  qui  portent  la  mention  suivante  :  +  'H  ^t6Aoç  auxr; 
zéçuy.s  TfjÇ  TavToupYoD  Totâosç  1r^q  èv  ir^  vy;(JO)  XâXy.Yjç  •:£  [xcv^ç  ir^q  tou 
'EoroTCxpo'j,  •/,%'.  vr.k.  +  0:  r.x'ipeq  [X£[jlvy)(j6£  xoy  MïjTpoçavo'jç. 

1.  Le  manuscrit  grec  2452  de  la  Bibliothèque  nationale  porte  également  la 
signature  de  Bongars,  c'est  le  seul  qui  soit  resté  en  France  ;  on  sait  que  les 
autres  manuscrits  de  Bongars  sont  aujourd'hui  à  Berne. 

2.  Les  manuscrits  ayant  appartenu  à  Isaac  Casaubon  et  qui  sont  aujourd'hui 
à  la  Bibliothèque  nationale  y  sont  entrés  avec  la  bibliothèque  des  Dupuy,  aux- 
quels Casaubon  les  avait  offerts;  tels  sont  les  manuscrits  grecs  1796  et  2791. 


326 

Clermont  (Collège  de).  —  Les  manuscrits  Additional  6790, 
679^,  -10063,  -1^890,  -15276,  ^5435  et  22039  viennent  de  l'ancien 
collège  des  Jésuites  de  Clermont,  à  Paris.  Après  avoir  passé  deux 
fois  en  vente,  en  4  764,  à  la  suite  de  la  suppression  de  l'ordre  des 
Jésuites,  et  en  4  824,  à  la  mort  du  fils  de  Gérard  Meermann,  les 
manuscrits  du  collège  de  Clermont  sont  aujourd'hui  dispersés  dans 
plusieurs  bibliothèques  étrangères  :  la  plus  grande  partie  est  à  Chel- 
tenham,  dans  la  bibliothèque  de  feu  sir  Thomas  Phillips;  un  certain 
nombre  d'autres  sont  à  Oxford,  parmi  les  Codices  misceUanei  de  la 
bibliothèque  Bodléienne,  et  à  Leyde  (voyez  le  catalogue  de  Geel).  La 
Bibliothèque  nationale  ne  possède  que  quatorze  manuscrits  grecs  du 
collège  de  Clermont,  et  sur  ce  nombre  quatre  seulement  figuraient 
au  catalogue  de  \  764  ^ . 

CuES  (Nicolas  de).  —  Voyez  Nicolas  Krebs. 

DuPERRox  (David).  —  Voyez  Evreux. 

DuPRAT.  —  Le  manuscrit  Old  Royal  46.  D.  xvi,  qui  a  fait  partie  de 
la  bibliothèque  de  Bongars,  avait  appartenu  auparavant  à  un  membre 
de  la  famille  parisienne  des  Duprat,  dont  il  porte  l'écu  :  d'or,  a  la 
fasce  de  sable  accompagnée  de  trois  trèfles  de  sinople,  avec  la 
date  1577. 

EoN  (Chevalière  d').  —  Les  manuscrits  grecs  Burney  22,  Evangé- 
liaire,  et  44,  Commentaires  sur  le  Pentateuque,  etc.,  ont  appartenu  à 
la  célèbre  chevalière  d'Eon  dont  ils  portent  i'ex-libris  :  «  De  la  biblio- 
thèque de  la  chevalière  d'Eon  ^.  » 

EscuRiAL.  —  Le  manuscrit  Burney  4  9,  Evangéliaire,  porte  en  tête 
des  fol.  4  et  2  la  note:  «  San  Lorenzo  el  Real  del  Escorial.  »  —  Sur  le 
fol.  4,  au-dessus  et  au-dessous  de  cette  note  on  lit  :  «  Obra  del 
4  0^  siglo  »  et  le  numéro  «  3809  ». 

EsTiENNE  (Henri).  —  Le  manuscrit  Old  Royal  46.  C.  xi,  Galenus, 
de  diebus  criticis,  porte  au  bas  du  fol.  4  la  mention  :  «  Ex  bibliotheca 
Henr.  Stephani.  ;>  Les  manuscrits  du  fonds  de  Harley,  n°'  5594- 
5593,  ont  aussi  appartenue  Henri  Estienne;  ce  sont  trois  volumes  de 
la  Bibliothèque  de  Photius  couverts  de  notes  et  de  corrections  de  la 
main  de  Henri  Estienne.  Au  fol.  4  du  manuscrit  5594  on  lit  :  «  Ex 

1.  Voyez  L.  Delisle,  Cabinet  des  manuscrits,  I,  435-436,  et  mon  Inventaire 
sommaire  des  manuscrits  du  Supplément  grec,  p.  ix. 

2.  Les  manuscrits  latins  de  Burney  7,  8,  G8,  74,  161,  170,  188,  229,  238,  302, 
347  ont  aussi  fait  partie  de  la  bibliothèque  de  la  chevalière  d'Eon. 


327 

libris  Henrici  Slefani ,  «  et  au-dessous  en  monocondyle  :  'Ey.  tôW 
'Eppîxou  Tou  Zxscpavou.  Au  bas  du  fol.  202  v"  du  volume  3593  se 
trouve  la  date  :  «  Venetiis,  an.  -1553,  august.  xviii.  »  '. 

EvREux  (Abbaye  de  Saint-Taurin-d').  —  Le  manuscrit  Additional 
2'l  983  vient  de  l'ancienne  abbaye  de  Saint- Taurin-d'Évreux  et  a  dû 
appartenir  auparavant  au  cardinal  Duperron.  Ce  sont  des  homélies 
de  saint  Jean  Ghrysostôme,  copiées  en  grande  partie  par  Jean  de 
Sainte-Maure  2. 

Florence.  —  Le  Lexique  de  Suidas,  Additional  mss.  M  892  et 
^^893,  copié  en  -J  402  par  Georgius  Bseophorus,  vient  de  la  biblio- 
thèque des  Bénédictins  de  Sainte-Marie-de-Florence.  Au  commence- 
ment et  à  la  fin  du  premier  volume,  au  commencement  du  second 
l'ancien  ex-libris  a  été  gratté.  Il  en  est  de  même  du  Polybe,  Additio- 
nal ras.  ^-1728,  copié  en  ^4^6  par  le  moine  Etienne. 

Les  n"^  -14770,  ^477^,  44773  et  -14774  du  même  fonds  étaient 
autrefois  dans  la  bibliothèque  du  couvent  des  Frères  prêcheurs  de 
Saint-Marc  de  Florence;  leur  ancien  ex-libris  a  aussi  été  gratté.  Dans 
le  volume  4  4771  on  trouve  en  écriture  du  xv"  siècle  cette  mention  : 
«  De  hereditate  Nicolai  de  Nicolis.  »  (Niccolo  Niccoli,  de  Florence.)  — 
Voyez  aussi  Me'dicis. 

Foucault  (Nicolas-Joseph).  —  Le  manuscrit  3603  du  fonds  de 
Harley  a  appartenu  à  N.-J.  Foucault  dont  il  porte  encore  l'ex-Iibris 
gravé  avec  la  mention  :  «  Ex  bibliotheca  Nicolai  Joseph  Foucault 
comitis  consistoriani  ^.  » 

Freqer  (Marquardt) .  —  Le  manuscrit  Old  Royal  16.0.  xvr,  qui  con- 
tient le  traité  des  urines  d'Artémidore  et  les  pronostics  d'Hippocrate 
(gr.  lat.),  a  appartenu  à  Marquardt  Freher  après  avoir  fait  partie  de  la 
bibliothèque  de  Frédéric  Sylburg  dont  il  porte  le  nom  et  la  marque  : 
«  F.  S.  Y.  H.  [autour  d'une  croix,  dans  un  cercle,]  Friderici  Sylburgii 
Veterani  Hess[ensis].  » 

1.  On  peut  citer  comme  ayant  encore  appartenu  à  Henri  Estienne  le  manus- 
crit 328  du  Supplément  grec  (autrefois  à  leglise  N.-D.  de  Paris),  (jui  porte,  en 
télé  du  fol.  1,  la  signature  :  «  Henricus  Stefanus,  »  et  le  manuscrit  grec  288^, 
extraits  d'Euripide,  de  la  main  d'Henri  Estienne,  dédiés  par  lui  à  Odet  de 
Selve,  ambassadeur  de  France  à  Venise. 

2.  Six  autres  manuscrits  grecs  du  cardinal  Duperron  sont  aujourd'hui  con- 
servés dans  la  bibliothèque  de  la  ville  d'Evreux  ;  un  septième  l'orme  le  n'  773 
du  Supplément  grec  de  la  Bibliothèque  nationale. 

3.  Le  manuscrit  Burney  317  a  aussi  appartenu  à  Fouciuill  ;  il  avait  auparavant 
fait  partie  delà  bibliothèque  de  Saint- San veur-le- Vicomte,  en  Normandie. 


328 

Georges  Rorinthios.  —  Le  manuscril  Additional  48232  porte  en 
haut  de  son  premier  feuillet  l'ex-libris  :  «  Kiri[>.a  rewpYi'ou  K6[ji.y)toç 
Toîi  Koptv6iou^  » 

Granvelle  (Cardinal  de).  —  Le  manuscrit  Additional  23893,  Ono- 
sandri  strategica,  a  été  copié  par  Constantin  Palseocappa  pour  le  car- 
dinal de  Granvelle,  dont  il  porte  les  armes,  peintes  au  fol.  4,  avec  la 
devise  :  «  Durate  »  ;  dès  le  xvii«  siècle,  ce  manuscrit  paraît  n'avoir 
plus  été  à  Besançon  avec  les  autres  volumes  de  Granvelle  2. 

Hœschel  (David).  —  Le  manuscrit  d'Athénée,  Old  Royal  -16.  D.  x, 
a  appartenu  à  David  Hœschel  dont  il  porte  l'ex-libris  -.  «  E  biblio- 
theca  Davidis  Hœschelii  x\ugustani.  » 

Hdet  (Pierre-Daniel) .  —  Le  recueil  qui  forme  le  manuscrit  Addi- 
tional -16942  porte  l'ex-Ubris  de  l'évêque  d'Avranches  P.-D.  Huet, 
avec  la  mention  du  don  qu'il  fit  de  ce  manuscrit  à  la  maison  professe 
des  Jésuites  de  Paris  ^. 

JÉSUITES.  —  Voyez  Agen,  Clermont,  Huet. 

JoASAPH.  —  Le  manuscrit  Burney  44,  Ménologede  décembre,  a  été 
copié  en  4174  pour  un  abbé  nommé  Joasaph  ;  au  dernier  fol.  -163  v 
du  second  volume  on  lit  la  souscription  : 

'EtcXyjPwOyj  <7Ùv  0£ip  Yj  xapouaa  ^l  \  êXoç  kv.  xpoaTa^eœç,  cuvBpoix'îjç  | 

xupi'ou  y.ai  ôeou  xai  aiùxH^poq  yjijlwv  'Iyjcoj  |  XpicxoD  xupoD  'Iwaaatp,  [j.yjvI 
touXXuo,  tv3.  P',  sTouç  ,ç-/4  P'î  I  '^^°  ^'^  XpicToy  ,apoB''''. 

Lamoignox.  —  Le  manuscrit  Additional  H336,  qui  contient  les 
poésies  de  Phocylide,  Pythagore,  etc.,  légué  en  4  799  par  le  Rev. 
Clayton  Mordaunt  Cracherode,  a  fait  autrefois  partie  de  la  bibliothèque 
de  Lamoignon,  dont  il  porte  le  cachet  et  l'ancienne  cote^. 

1.  On  trouve  dans  différentes  bibliothèques  des  manuscrits  ayant  appartenu  à 
Georges  Korinthios  :  la  Bibliothèque  nationale  en  possède  quatre  (n""  1358,  1805, 
2112  et  2992  du  fonds  grec).  M.  le  professeur  lAichard  Fœrster  {Pliilologus, 
XLII,  I,  164-165)  en  mentionne  un  autre  dans  la  bibliothèque  du  comte  de  Lei- 
cester  à  Holkham  (n°  ccxcin)  ;  il  en  existe  aussi  à  Oxford,  Vienne  et  Naples. 
—  Sur  Georges  Korinthios,  voyez  Sathas,  NeosXXyivixyi  <^ilo\oyl(x  (Athènes,  1868, 
in-S"),  p.  139-140. 

2.  Voyez  le  Cabinet  historique,  1882,  p.  357-364. 

3.  Les  autres  manuscrits  grecs  de  Huet  font  aujourd'hui  partie  du  Supplément 
grec  de  la  Bibliothèque  nationale. 

4.  La  dernière  ligne  est  de  la  main  qui  a  repassé  à  l'encre  cette  souscri|)tion. 

5.  Un  autre  manuscrit  grec  de  Lamoignon  forme  aujourd'hui  le  numéro  584 
du  Supplément  grec. 


329 

Medicis.  — Le  manuscrit  Addilional  M  886,  acquis  en  -184-1  avec 
la  bibliothèque  de  l'évèquc  Samuel  Butler,  est  enluminé  aux  armes 
des  JVlédicis;  c'est  une  copie  du  xv«  siècle  des  Phénomènes  d'Aratus. 

Deux  autres  manuscrits  du  British  Muséum,  un  lexique  dMlarpo- 
cration,  Old  Royal  16.  G.  xvrr,  et  le  Maxime  de  Tyr,  Harley  5760,  ne 
viennent  pas  de  la  bibliothèque  des  Médicis  de  Florence,  mais  de  celle 
du  cardinal  Niccolo  Ridolfi.  Le  premier  porte  la  cote  :  «  N"  9,  délia 
X*.  A'T.  »  ;  le  second  :  «  N°  79  tertiae.  N"  24.  ^'y.  »  Au  verso  du  feuillet 
de  garde  de  ce  dernier  manuscrit  on  lit  en  écriture  italienne  de  la  fin 
du  xvi^  siècle  :  «  Questo  autore  fu  di  Grecia  portato  a  Lor^°  de  Medici 
da  Gio.  Lascari.  »  On  sait  que  la  plus  grande  partie  des  manuscrits 
grecs  du  cardinal  Ridolfi,  qui  portent  des  cotes  analogues  de  la  main 
de  Lascaris  ou  de  Matthieu  Devaris,  sont  aujourd'hui  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  après  avoir  appartenu  au  maréchal  Pierre  Strozzi 
et  à  Catherine  de  Médicis  ^ . 

Moutier-Saint-Jean  (Abbaye  de),  au  diocèse  de  Langres.  —  Le 
manuscrit  Burney  97,  qui  contient  les  poésies  de  Manuel  Phile, 
copiées  par  x\nge  Vergèce,  a  autrefois  appartenu  à  cette  abbaye  ;  on 
lit  au  premier  et  au  dernier  folio  :  «  Ex-libris  monasterii  Sancti 
Joannis  Reomensis.  » 

Mynas  (Minoïde).  —  Le  Babrius  rapporté  par  Mynas  du  Mont-Athos 
est  aujourd'hui  le  manuscrit  Additional  22087  du  British  Muséum. 
Le  numéro  suivant  est  une  copie  par  Mynas  du  même  manuscrit.  Les 
autres  manuscrits  de  Mynas  sont  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale dans  le  fonds  du  Supplément  grec  2. 

Naclot  (Claude).  —  Le  manuscrit  Additional  10063,  qui  provient 
du  collège  des  Jésuites  de  Glermont,  avait  appartenu  auparavant  à 
Claude  Naulot  Duval  ;  on  trouve  en  grec,  latin  et  français  son  ex-libris 
dans  le  manuscrit,  fol.  141  v"  :  «  "Etîi  XptaTOJ  cwxYjpo;  ^a^oy' Tr)v 
Bè  TY)v  p(6Xov  hé-più  K^aûdioç  6  NauXwToç  KoiXaSeùç  A'jaXXojvaioç  ày, 

1.  Voyez  ce  que  dit  sur  ces  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  Catherine  de 
Médicis  l'auteur  du  Mémoire  hlslorique  sur  la  bibliothèque  du  Roy  (p.  xix), 
cité  dans  le  Cabinet  des  Manusciits  de  M.  L.  Delisle,  I,  209. 

2.  Sur  les  manuscrits  rapportés  d'Orient  par  Mynas  pour  le  compte  du  gou- 
vernement français,  voyez  le  Moniteur  du  '23  janvier  1843  et  du  5  janvier  1844. 
On  peut  consulter  sur  le  manuscrit  de  Babrius,  qui  est  aujourd'hui  au  British 
Muséum,  les  différentes  éditions  qui  en  ont  été  données,  depuis  celle  de  Bois- 
sonnade  (Paris,  1844,  in-8")  jusqu'à  la  dernière  que  vient  de  |»ublier  M.  G.  Ru- 
tlierConl,  Scriptores  fabularum  grxci.   Vol.   l.  Babrius  (London,  1883,  in-S"). 


330 

Tv^ç  Tûv  AtSouwv  otoiy-'/jffswç.  —  Anno  Ghristi  servatoris  f573°,  hune 
legens  agnovit  librum  Claudius  Naulotus  Vallensis  Avallonseus  ex 
Haeduorum  diocesi.  —  L'an  du  saulveur  Jésus  Christ  ^573,  Claude 
Naulot  Duval  Avallonnois,  du  diocèse  d'Austun,  ha  lisant  recognu 
ce  livre.  » 

Les  manuscrits  de  Claude  Naulot  se  trouvaient  auxviii^  siècle  dans 
la  bibliothèque  du  collège  de  Glermont;  ils  sont  aujourd'hui  disper- 
sés à  Cheltenham,  Oxford,  Leyde  et  Londres. 

Nicolas  Krebs  de  Cues.  —  Le  manuscrit  5692  de  Harley,  qui  con- 
tient différents  opuscules  et  vies  de  Plutarque,  a  appartenu  au  cardi- 
nal Nicolas  de  Cues  (Gusa)  {iA0\-]A6A).  Son  ex-libris  se  trouve  au 
dernier  folio  346  v"  :  «  Iste  liber  pertinet  re"'"dno.  Nicolao,  cardinal! 
tt.  sci.  Pétri  ad  Vincula,  epo.  Brixiefl^  » 

Il  en  est  de  même  du  glossaire  grec-latin,  n"  3792  de  Harley,  qui 
porte  au  bas  du  premier  feuillet  le  nom  de  son  possesseur  :  «  Nicolai 
de  Gusa  » ,  au-dessous  duquel  on  lit  cette  autre  note  :  «  Iste  liber  per- 
tinet ad  hospitale  Sancti  Nicolai  circa  villam  Gusa,  in  opposito  Bern- 
kastel  situatum^.  » 

Perouse  (Saint-Pierre  de).  — Le  manuscrit  Burney  96,  Oratores 
grseci,  vient  du  monastère  de  Saint-Pierre  de  Pérouse.  Au  quatrième 
feuillet  avant  la  fin  du  volume  (fol.  203  V),  on  lit  au  milieu  de  la 
page  en  écriture  italienne  du  xvi^  siècle  :  «  Est  monasterii  sancti 
Pétri  de  Perusio.  » 

Pie  VI.  —  Les  manuscrits  Additional  22733  et  22734,  Méta- 
phraste,  décembre,  et  Actes  et  Épitres,  sont  reliés  aux  armes  du 
pape  Pie  VI.  Le  premier  de  ces  manuscrits  avait  appartenu  autrefois 
au  cardinal  Giovanni  de  Salviati. 

PmcKHEiMER  (Bilibald).  —  Le  manuscrit  Arundel  326,  Manuelis 
Chrysolorse  erotemata,  a  sans  doute  été  donné  par  Jean  Trost  à 
Bilibald  Pirckheimer,  on  lit  en  effet  au  haut  du  fol.  i  :  «  Bilibaldo 
Pirckaymer  adolescen'°  c[aris]simo.  »  A  la  fin  du  volume,  sur  le  folio 
de  garde  se  trouve  la  note  de  possession  suivante  :  «  1470.  Iste  libel- 

1.  Sur  la  bibliolhèque  de  Nicolas  de  Cues,  voyez  F.  X.  Kraus,  Die  Hands- 
chriften-Sammlung  des  Cardinals  Nicolaus  von  Casu,  dans  le  Serapeum, 
186'i,  p.  353  ss. 

2.  Au  lieu  de  Bernkastel  (près  Trêves),  les  éditeurs  du  Catalogue  des  manus- 
crits de  Harley  ont  lu  :  beati  Raphel.  —  Sur  ce  manuscrit  voyez  le  Catalogue 
of  ancient  Mss.  in  the  British  Muséum.  Part  1.  Greek.  p.  10-13. 


331 

lus  Erithemata  sive  declinationes  auL  rudimenla  greca  est  Johannes 
TrosL,  cuslod.  RavJ.  » 

PiTHotr.  —  Les  quatre  manuscrits  Additional  -10968-10971  vien- 
nent de  l'ancienne  bibliothèque  de  Pithou  ;  après  avoir  passé  dans 
la  bibliothèque  du  premier  président  Lepelletier  de  Rosanbo,  ils  furent 
vendus  en  1837  avec  les  manuscrits  du  château  de  Rosny.  Ce  sont  les 
numéros  2352-2334  et  2337  du  catalogue  de  vente  de  Rosny  :  Frag- 
ments de  la  Bible,  Denys-le-Periégète,  Zosime  et  Théon  de  Smyrne. 

Salviati  (Cardinal  de).  —  Les  manuscrits  Burney  109  et  408  et 
Additional  3423  et  22733  ont  fait  autrefois  partie  de  la  célèbre  biblio- 
thèque du  cardinal  de  Salviati  et  portent  tous  au  commencement  ou  à 
la  fin  son  ex-libris  en  capitales  :  Jo.  car.  de  Salviatis.  »  l^a  plupart 
des  manuscrits  de  Giovanni  de  Salviati  sont  aujourd'hui  au  Vatican. 

Seripando  (Antonio).  —  Trois  manuscrits  du  fonds  de  Harley 
portent  à  la  fm  l'ex-libris  d'Antonio  Seripando  :  «  Antonii  Seripandi 
ci  mnicorum.  »  (N"'  3674,  3693  et  5694.)  L'un  de  ces  manuscrits 
(n*  3693)  avait  appartenu  à  Gaspare  Volaterrano,  dont  on  lit  l'ex- 
libris  en  capitales  au  fol.  1  v°:  «  Ilomeri  Ilias,  res  Gasparis  Volater- 
rani ,  apostolicx  sedis  protonotarii.  »  Un  autre  (n"  3694)  porte 
l'ex-libris  d'un  ancien  possesseur  :  «  Libro  de  Jo.  Cha/ceopylus  Cons- 
tant inopo  lit  anus  +  »  et  avait  été  donné  à  Antonio  Seripando  par  un 
de  ses  amis-,  on  lit  à  lafm  :  «  Antonii  Seripandi,  ex  HenriciCasolle, 
amici  opt.  mimer e.  » 

Le  cardinal  Girolamo  Seripando  (-J-  1563),  général  des  Augustins, 
fit  présent  au  couvent  des  Augustins  de  S.  Giovanni  a  Garbonara 
de  la  bibliothèque  de  son  frère  Antonio  et  aussi  des  manuscrits  qu'il 
avait  réunis  lui-même.  Le  ms.  Sloane  743  lui  a  appartenu  et  porte, 
comme  Tun  des  manuscrits  d'Antonio  Seripando  (Harley  3694)  la 
mention  :  «  Libro  Jo.  Chalceopylus  Constantinopo(ifanus+.  »  Giro- 
lamo Seripando  a  écrit  son  nom  à  la  fin  :  «  F.  HicronyMi  Seripandi.  » 
Plusieurs  des  manuscrits  d'Antonio  Seripando  lui  avaient  été  légués 
par  Giano  Parrasio  (Janus  Parrliasius)  ;  la  plupart  sont  aujourd'hui 
à  la  Bibliothèque  de  Naples-. 

1.  Trois  autres  manuscrits,  ayant  appartenu  à  Bilibald  Pirckheimer,  se  Irouvent 
aujourd'hui  dans  la  collection  d'Arundel,  n°'  15'i,  175  et  50.3.  On  sait  que  la  plus 
grande  partie  de  la  bibliothèque  de  B.  Pirckheimer  fut  achetée  à  Nuremberg,  en 
1636,  par  le  comte  d'Arundel. 

2.  Cf.  Catalogue  ofaticient  Mss.  etc.,  p.  15.  11  yen  a  aussi  deux  à  Cambridge, 
dans  la  bibliothèque  de  l'Université,  cotés  Ff.  v.  8  et  Nn.  m.  13. 


332 

SrxAï  (Couvent  du  Mont-),  —  Le  manuscrit  Burney  69  vient  de  la 
bibliothèque  du  couvent  du  Mont-Sinaï  et  porte  au  fol.  ]  Tex-libris 
suivant  :  Tb  xapbv  bizà-p'/ei  tou  ôcyiou  y.ai  ôeoSaoïaxou  opouç  Ziva. 
Les  manuscrits  Additional  ^^835  et  H838  viendraient  aussi  delà 
même  bibliothèque,  d'après  une  note  de  S.  Butler,  auquel  ils  ont 
appartenu. 

SïLBDRG  (Frédéric).  —  Voyez  Freher  (Marquardt). 

TeÉVENOT  (Melchisédech) .  —  Le  manuscrit  ^686  de  Harley,  Gons- 
tantini  Porphyrogen.  geoponica,  porte  sur  un  feuillet  de  garde  la 
mention  :  «  Ex  biblioth.  Melchis.  Thevenot  »  ;  sur  le  manuscrit  Addi- 
tional 15081,  on  lit  aussi  au  fol.  I  :  «  Codex  Thevenotianus.  »  Ce 
dernier  volume  n'est  autre  que  le  manuscrit  des  Évangiles,  grec  76, 
de  la  Bibliothèque  nationale,  acquis  en  1845  du  libraire  Th.  Roddpar 
le  British  Muséum.  La  reliure  estampée  de  ce  volume  porte  en 
lettres  gothiques  la  devise  :  «  0  mors,  quam  ||  amara  est  memoria  tua 
Il  homini  habenti  H  spem  sitam  in  diviciis  suis.  » 

Thou  (Jacques-Auguste  de).  —  Le  manuscrit  Old  Royal  16.  G.  xv, 
Gregorii  Nysseni  de  anima,  a  dû  autrefois  faire  partie  de  la  biblio- 
thèque de  J.-A.  de  Thou. 

Trêves  (Hôpital  de  Nicolas  de  Gués,  à) .  —  Les  manuscrits  du  fonds 
de  Harley  n°'  5576  et  5588  ont  autrefois  fait  partie  delà  bibliothèque 
de  l'hôpital  de  Nicolas  de  Cues,  à  Trêves.  L'un  et  l'autre  portent  au 
premier  feuillet  la  mention  :  «  Liber  hospitalis  Gusani  Treverensis 
diocesis.  »  Voyez  aussi  le  manuscrit  5692  de  Harley  qui  a  appartenu 
au  cardinal  Nicolas  de  Gués. 

UzÈs.  —  Voyez  Cadmustus. 

VÉRONE.  —  Le  Psautier,  Harley  5571,  a  appartenu  autrefois  au 
monastère  de  S.  Maria  in  Organo,  à  Vérone,  de  la  congrégation  du 
Mont-Olivet,  comme  en  témoigne  l'ex-libris  suivant  du  xv*"  ou 
xvi"  siècle  :  WaXTY]piov  sXXiQvabv  {ji-ovaaTtpiou  àyiaç  Maptaç  èv  'Op-^a- 
voiç  àYaOôiv  [jLOva/wv  tou  ce  opouç  toû  à^i'ou  'OXtêéxou  xal  twv  cpiXwv. 
Au  fol.  1,  on  lit  l'ex-libris  «  Stamford,  1693.  » 

Vespucius.  —  Le  manuscrit  5541  de  Harley  porte  en  écriture  ita- 
lienne du  xv''  siècle  la  mention  :  «  Vespucii  liber.  » 

ViLLoisoN  (G.  d'Ansse  de).  —  Les  manuscrits  Additional  23889- 
23890  sont  composés  de  différents  débris  des  papiers  de  Villoison 
(aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  nationale,  Supplément  grec,  n"'  929- 


333 

966).  Voyez  au  sujet  de  ces  deux  volumes  le  ms.  Suppl.  grec  990, 
fol.  64. 

VoLATERRANO  (Gaspare).  —  Le  manuscrit  de  Harley  5693,  avant 
d'appartenir  à  Antonio  Seripando,  avait  été  dans  la  bibliothèque  de 
Gaspare  Volaterrano -,  on  lit  en  elïet  en  capitales,  au  verso  du  fol.  -1 
de  ce  ms.  :  «  Homeri  Ilias,  res  Gasparis  Yolaterrani  apostolicse  sedis 
protonotarii.  »  Le  manuscrit  de  Harley  5670  lui  a  peut-être  également 
appartenu  ' . 

Xanthe  (Archevêché  de).  —  Le  manuscrit  Additional  297^3  porte 
au  dernier  fol.  295  v"  l'ex-libris  suivant  :  Tw  •;:apbv  e^ci.'^iyéMov 
IfKdpy^i.  r^ç  aYiwTatYjç  [XYjTpo-iXewç  HavOou  -oî)  TtjxiwTâxou  IIpoop^ou, 
xal  '/.iX. 

ZwoSÔTou  r.-fi-{ftç  (Mov-}]  ty^ç).  —  Le  manuscrit  Additional  -10014 
porte  au  verso  du  fol.  I  la  mention  suivante  :  Kal  zé'àt  [xexà  xûv 
àXXwv  Zwçpovi'ou  i£po[AOvâ/_ou  -cou  s^  "Avopou  ex  [xovt^ç  àyiaç  x^ç  Zwooé- 


IL 


COPISTES    DES    MANUSCRITS    GRECS. 

Alphoxsos  Atheniensis.  —  Harley  5599  :  Arislotelis  categoriœ,  etc. 
(xv^  s.).  Au  bas  du  fol.  209,  souscription cryplographique  en  minus- 
cule rouge  (s.  d.)  : 

("AXcpovaoç  'A6-/;vaîoç,  sYpa^ev.) 

Andréas  monachus.  — Additional  28816  :  Acta,  epistolae  et  apoca- 
lypsis^.  Au  dernier  fol.  -149  v%  souscription  en  minuscule  ordinaire, 
de  l'an  6618  =  de  J.-C.  l\]\  : 

4  'EtîXs'.wOy;  y^à.ç'.-'.  Xp'.axo'j  r,  îecà  y.at  àuyu'^'^tkriq  (â(6Xoç  |  a'jxr,  8ià 
X^ipcç  'Avopéx  à[xxp-(.)Xoij  xal  r.xp  à;iov  ]  ixovayoj,  [xr^vl  iJ.ap-(o),  îvc'.x- 
Tiôv.  TexâpTr)  :  j  "Exo;  xTicrscoç  xicixo'j  é;axir/,iA'.ocxbv  éçaxoatoîiTcv  | 


1.  Les  deux  manuscrits  grecs  2524  et  3002  de  la  Bibliothèque  nationale  ont 
aussi  appartenu  à  G.  Volaterrano. 

2.  Un  fac-similé  de   ce  manuscrit   forme   la   planche  84   du    recueil  de   la 
Palaeographical  Society. 

•>-2 


334 

é'vvea  xal  oéxatov  •  :  •  etç  xb  opoç  toG  xa-cpoç  xupou  [xovaj^ou  MeXe-riou  xriç 
MuvTto,  I  èv  T^  [Aov^  Toîi  (7(i)T%oç  -K  1  [Suit  une  prière  en  9  4/2  lignes, 
et  :)  •  :  •  TéAoç.  'Ev  Ixsi  ,çxiO',  ivB.  o'. 

Andréas  Darmarius.  —  Old  Royal  -16.  G.  xiv  :  Jul.  Africanus,  etc. 
A  la  fin  du  Jul.  Africanus,  fol.  \H  v°,  en  minuscule  rouge,  la  sous- 
cription : 

Hapà  'Avopéou  Aap[xapiou  tou  'ETCiSaupiou. 

A  la  fin  du  volume,  fol.  296  v°,  souscription  en  minuscule  rouge,  de 
l'an  -1584  : 

Aa^avï]  v.iyX  àvaXw[xaTt  tw  y.up((p  |  'Iaaay,o)  tw  EùirapaSetato ,  yjwi; 
Kaua  I  6évM,  tw  ■jroXujxaOscxocTO)  y.al  tpiXé  |  XXyjci  ajcpw  xe  ty]?  icaiBeu- 
aéwç.  I  +    I  'Ev  TCO  £T£t  Tcapà  'Avopéou  |  Aap[j.apiou  tou  'ETTioaupbu  | 
^aç^â'  :  I  +  I  0£X£|jJp(({)  x^',  |  'Ev£T(aî^£  :  — 

—  Old  Royal  i6.  G.  xviii  :  Tzetzse  scholiain  Anthologiam,  etc.  A  la 
fin  des  scbolies  sur  l'Anthologie  souscription  en  minuscule  rouge,  de 
l'an  ^  580  : 

Tiib  'Avopéou  Aapi^api'ou  tou  |  'ETrtSaupiou  utou  r£wpYwu.  |  +  |  'Ev 
tÇ>  £T£i  ^açTj',  I  louv(ci)  a'.  I  +  I  'Ex  tyjç  PiêXio6Yi/,Y)ç  BYjaapiwvoç  |  xap- 
oivaXiou  [j,£TaYpacp6£v,  'Ev£T(a^£. 
Au  fol.  21 1  suit  la  note  du  copiste  : 
<E>uXXa  Tbv  àpt9[Abv  ai',  yj  wç  Biaxéuta  Béxa  :  -  ^0  V. 

Neuf  autres  manuscrits  grecs  du  British  Muséum  ont  été  copiés 
entièrement  ou  en  partie  par  André  Darmarios,  mais  sans  porter  la 
mention  de  son  nom,  ce  sont  les  suivants  : 

Old  Royal  16.  G.  xiii;  ^6.  D.  xi  (en  partie),  ^6  D.  xii  (fol.  M 9  et 
56  à  la  fin),  16.  D.  xiii  (fol.  202-315),  16.  D.  xv  (en  partie).  —  Harley 
5668,  5675,  6310  (fol.  6-29,  tout  ce  qu'il  y  a  de  grec  dans  cems.).— 
Additional  21095  (en  partie). 

Andréas  Brundisinus.  —  Harley  5535  :  Psautier.  Souscription  en 
minuscule  rouge,  de  l'an  6792  =  de  J.-G.  1284  : 

3f  'EteXeiwÔy)  to  Tcapbv  ^têXiov  |  tou  (j^aXTripiou  Sià  xeipoq  'AvBpéou  | 
à[;,apT{ji)Xou  T-^ç  tîoXewç  Bp£VOY;(Jiou,  èv  [j.y]vI  |  [jLaico  £Ïç  tyjv  y)',  r^i^épa  e', 
iàpa  I  o£  (iXJci  6'  :  èv  £T£i  ,ç<^4P'  |  ty;ç  ivSr/.T.  i^'  :  —    > 

Angélus.  —  Harley  5601  :  Homeri  Batrachomyomachia  et  Ilias. 
Fol.  281  v%  souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 
A6^a  TÛ  Geô.  TéXoç  :  — 

+  "A^y-Xoç  YP*9''iv  :  — 


335 

Angélus  Vergecius.  —  Additional  ^ ^ 35(>  :  Phocylidis,  Pylhagorœ, 
etc.  carmina.  Au  dernier  fol.  38  v",  souscription  en  minuscule  rouge, 
de  l'an  ^  566  : 

+  TouTt  xo  3t6Xiov  YSYpaTCxai  ev  AouT£y.(a  twv  naprjciwv  |  tq  ytift. 

^kf^éXou  BcpYtxtou  Tou  Kp'/]TCç  •  SeBwpYjTai  |  os  owpov  izap  aÙToO  to) 
èTrtçavsaTaTO)  àvSpl  |  Mt}(a*rjXa)  tû  KXr^vt'w  ^ouXeuty)  èv  tyj  aùXî^  |  tou 
■xaXaTi'ou  aYaÔï^  '^'^XTl»  ^"^^^  "^^'^  "'^''î?  OcO^cviaç  |  ,a(p^ç',  èv  [j.7;vl  àvGecT'/)- 
ptwvi  + 

—  Burney^04  :  Anonymi  et  Porphyni  introd.  in  Ptolemœum.  Sans 
le  nom  d'Ange  Vergèce,  mais  de  sa  main  et  avec  la  date  au  dernier 
fol.  1 28  r»,  en  minuscule  rouge  : 

Cinq  autres  manuscrits  ont  été  copiés  par  Vergèce,  mais  ne  portent 
pas  la  mention  de  son  nom,  ce  sont  les  manuscrits  :  Old  Royal  ^6. 
G.  XII,  Harley  5536  et  567^  (?),  Burney  97  et  Additional  'I097^. 

AîVTONius  Eparchus.  —  Harley  5736  :  Evangelia.  Fol.  -194  v",  sous- 
cription en  minuscule  ordinaire  de  l'an  15[6]0  (?)  : 

0£o)   T£>vci(î)(7avTi  âô^a  /,ai  y^dpiq.    \   0£ou   to   owpov  xai    'Avtwvi'cu 
liivoç.  I  'Eyp^çy;  Stà  5(£tpbi;  i[>.o'ù  'Avxwviou  |  'ETcàp^^ou  è?:!  ëxouçyaçç'  | 
louXXio)  B'  :  — 

Antoxius  Episcopulus.  —  Aucun  manuscrit  grec  de  ceux  qui  sont 
conservés  au  Britislî  Muséum  ne  porte  le  nom  d'Antonius  Episcopulus, 
mais  j'ai  cru  reconnaître  son  écriture  dans  les  neuf  manuscrits  sui- 
vants :  Harley  5604,  5664,  5726  (fol.  -(-28  et  141-149  et  dernier), 
5728  (?),  5730  (fol.  14-274),  5744,  630^  ;  AdditionaH0060  (?),  -15276. 

Argyropulus.  —  Le  manuscrit  Burney  54  a  été  restauré  au  xvi°  s. 
par  deux  copistes,  dont  le  premier  seul  nous  a  laissé  son  nom. 
Fol.  -1 84  v,  souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

+  0£ou  TO  Btopov  'ApY'Jp'-'^oûXou  Tuovoç  à[j.apTa)Xou  xal  Tax£tvoî)  xiXx 
•/.al  hpéiùç.  I  TéXoç.  | 

Fol.  22^ ,  autre  souscription  en  minuscule  noire,  de  l'an  708-1  = 

deJ.-G.  -1573  : 

"Etouç  /i^xa',  [/.Yjvi  [xato)  i6',  tvS.  a'.  |  'Ev  xf^  véa  ^toxat'a  :  + 
Arsenius  Monembasiœ.  —  Les  mss.  Arundel  530  et  Additional 

5^08,  qui  ne  portent  pas  le  nom  d'Arsène  de  Monembasie,  paraissent 

avoir  été  copiés  par  lui. 

Athanasius.  —  Additional  21259  :  Prophetœ  majores  et  minores, 


336 

cum  libro  Job'.  Fol.  169  v»,  souscription  en  minuscule  rouge  de 
l'an  6945  =  de  J.-C.  U37  : 

è^6Sou  y.ai  zoôou  tcoXou  |  tou  sÙYevedTdcxou,  £Vti[;,io)T(Xtou,  èvâo^wTaxou 
TraveyAaixTcpwTâTOU  YpaiJ-^'^txoj  tou  |  oXou  optou  TuéXetoç  jNîsGwvyjç  /.upou 
'Iwavvou,  Ypaçèv  oè  ty)  £[xi  "/etpi  'AOa  |  vaciou  toQ  à[jLapT(i)Xoù  liyjx  Se 
xai  àva^(ou  yP^?^**^?  '^fl  ^TCwvuiAt'a  s  |  /^wv  'E^£8a/.Ti^,  èYpaçrj  Y°'J'^  ^''^^ 
Itouç  ^ç7^\).t',  ivB.,  èv  [rr^vl  |  touviu)  èvvatYj,  "Oi^ipa  cacSâ-uo),  y.at  ot 
[xéXXovxeç  ôcwpsTv  xai  àvaYtvwcxsiv  t'})v  Tca  |  poijaav  oé>>TOV  cu/sorôai  [j-oi 
ûià  xbv  xùpiov  xat  [j/J]  -/.axapaaSs  oti  waïuep  |  oùâèv  ècxiv  àvGpwTioç  St"/ôç 
àjAapTÎaç,  oùoe  -f)  TCapouaa  oé^TOç  Bt/wç  (7ça)v  |  [/.axwv,  crw6^  6  "^çi^aq, 

èXe-^jô"^  0  £}((i)V.  'A[J-YjV,  à[JLY)V,x6pt£,  XÙpi£,  x6pi£,  Y£   |   V0tT0,Y£V0lT0,Y£V0lT6 

[xoi  :  + 

Ghariton.  —  Additional  •USes  :  S.  Gregorii  Nysseni  tractatus  duo 
inpsalmos.  Au  fol.  76  v%  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

+  0£où  To  âwpov,  ocat  Xap(xo)voç  ti6voç  + 

Christophords  Auer.  —  Additional  8222  :  Fol.  437  v»,  souscription 
en  minuscule  rouge  de  l'an  \  554  : 

'AvaXw[xaTi  xat  oatj^tXEi'a  tou  £Ù(je6£a':â':ou  xal  Xa[jL7rpoTaTou  |  r£(i)pY(ou 
TOU  'Ap[i,Yjvtaxou  xapBtvâX£Oç,  X£tpl  oà  XpidTO  |  çipoi»  tou  'Aouépou  FEp- 
[xavou  Y)  Touoi  TOU  cuYYP^^lJ-H-aTOç  ]  \xzxT^^!Xf(\^  cîùv  0£(o  IXaÊEV  £7.  tîoaXou 
5(p3VOU  Trpofj  I  ooy.W[J.£Vov  téXoç  èv  Pwixyj  ty)  xpoT£pa(a  tou  èay^âTOU  |  àXa- 
çYjêoXtwvoç,  ï^Y°'J''  '^0^  P(0[;,a(oi(;  xaXou[Aévou  <p£  |  6pouap{ou,  £T£i  y^iXioaTÛ) 
7C£VTay.o(jiO(TTto  T£UGapay,ocTw  £y.T(.o. 

Les  manuscrits  Additional  27863-27864  paraissent  de  la  main  de 
Christophe  Auer,  mais  ne  portent  pas  son  nom. 

Ghristophorus  Benxa.  —  Additional  H083  :  Lexicon.  Au  bas  du 
fol.  \  85  et  dernier,  en  minuscule  rouge  : 

«  Deo  gratias.  Florentise,  144^,  die  -13  septembris.  F.  Ghristopho- 
rus Beuna.  » 

Ghristophorus  Trapezuntius.  —  King's  -16  :  Homerus  2.  Au  dernier 
fol.  28J,  souscription  de  l'an  -143'!  : 

'EteXeiwOyj  Y)  Tuapoucia  '0[j,£pty,Y)  BéXtoç,  èv  tw  [  ^auXa'  £T£1  àiCo  t'^ç 

TOU  XptaxOU  èvav   |   0pcOTCY;G£(j)Ç  :    |  0£OU  TO  OÔpOV,    TCOVOÇ  0£  XptCTOÇOpOU  : 

1 .  Voy.  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  la  Palaeographical  Society,  pi.  232. 

2.  Voy.  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  la  Palaeographical  Society ,  pi.  158. 


337 

Et  au  verso  de  ce  même  feuillet,  à  demi  coupé  : 

'H  '0[Ji.£pi7,Y]  SéXxoç  OLuvq  £(JTiv  £[ji,oû  XpiffTOçopou  Tou  TpaTiel^ovTi'ou  : 

CoNSTANTiNOs  sacerdos.  —  Additional  41838  :  Evangelia.  Au  der- 
nier fol.  269  v",  souscription  en  minuscule  rouge  de  l'an  6834  =  de 
J.-C.   1326  : 

+  ^EzXripM^-q  xb  xaxà  Oîou  scYiov  e'JX'-('^éXiO'/  oià  y^eiphq  KwvcJTavTÎvo'j 
lepébi^  y.al  vo[j!.r/,oj  |  à[jLapT(i)Xou  os  /.al  Ta-stvou  5  toj  IlaaT....  xpoç 
KaXi^...  tepo  |  [xcva*/ov  /.al  àp7i[ji,avop(-CY]v  xr,<;  à^i'aç  [jlovv^ç  toî)  |  a.^(ic'j 
xai  èvBs^ou  [;,£YaXo[xâpTupûç/,al  ta[j.aTt  xupoj  Ar^iJ/r^xpiou  |  xcîj  MupoSpÙTOu 
y.x\  oî  àvaY^vway.ovTsç  euy^sdôô  §t  |  à  xbv  xûptov,  sxcuç  ^çwXo',  ivo.  ô'. 

OoxsTANTi?(us  Mesobotes.  —  Additional  9349  :  Alexandri  Aphro- 
disiensis  comment,  in  sophisticos  elenchos  Aristotelis.  Au  fol.  120, 
souscription  en  minuscule  rouge  de  l'an  i  508  : 

Kcovaxavxîvcç  jMeaoocbxYjç  y.ai  xauxYjv  xr(V  [5(  (  6aov  èv  naxa6(o)  zôvia 
auuov  £Ypa4'a  xw  |  icxvxapiaxw  xai  zepi  x£  cprAoTcatav  7,al  laxpr/.Yjv  e'j  | 
Soxtixouvxi  /.aùxoïç  £XXY)vi/.otç  Xo^otç  X£TratS£tj  ]  [jivc.)  /.uptco  Aaupîvxîw 
xw  AiGociSï/po).  I  "Ex£t  à%o  x^ç  Oso^ovCaç  ^açr/  :  — 

Go  NST  AN  TIN  us  presbytcr. —  Harley  5598  :  Lectionarium,  en  onciale  ', 
Fol.  748  et  dernier,  souscription  en  petite  onciale  de  Tan  6303  =  de 
J.-C.  995  : 

+  ErPA<E>H  AfA  XEIPOS  RQN 
2TANTIN  •   nPESBÏTEP 
M  MAÏO  KZ  IN  H 
ET  ^SOr  •:• 

TiONSTANTiNcs  Palœocappa.  —  Old  Royal  -16.  Ç.  vi  :  Catalogue  de 
vingt-six  manuscrits  copiés  à  Paris  par  Constantin  Palœocappa  (s.  d.). 
Au  v  du  fol.  30  et  dernier,  on  lit  : 

TaHxa  KwvsxavxTvoç  IlaXa-oxaTU'iroç  6  Kuowv'.âxr^^  Y-ïp^?^''  ^^  Ac'jv.î- 
x(a  xûv  riapKjiwv. 

■—  Harley  5564  :  S.  Epiphanii  Cyprii  de  xii  lapidibus,  sans  le  nom 
de  Constantin  Palœocappa,  mais  de  son  écriture  et  avec  l'envoi  sui- 
vant, au  fol.  \  : 

Eiç  xbv  [XEYa/vOzpETiYÎ  y.'jpiov  'Avxwviov  Mop'.X'.ov  aoçwxaxôv  x£  àvopa 
y.al  XoYtwxaxcv  + 

1.  Voyez  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  le  recueil  de  la  Palaeographical 
Society,  pi.  26-27. 


338 

"0X6t£  TTjV  B'  ÂVTwvie  Tcàp  ^eivoio  sTat'pou 

Ty)v  paiàv  BéXxov  Bé/vuao  £ij[;,£Xu)ç, 
S(xapY]  [xàv  [jLîYâXou  Bè  Xo^eiou  evBoôt  xeuOei 

Aa[/,Trpàv  BwoexâBa  ■:rouXuT£)vti)v  Te  /a'Gwv, 
"HvTiep  'louoaiwv  10  TuaXat  çopéeaxev  c  66x^1? 

'Ev  VYjw  àyto)  y.uoaXt[j.oio  ai'cov. 
Auto?  8'  ouv  Tcepi  xucTSTev^civ  ey^wv  ttots  X^P"^' 

Mvwso  YiY£iJ-wVoç  Awptooç  •^y*^^"')?' 

—  Harley  6326,  sans  le  nom,  mais  de  la  main  de  Constantin 
Palgeocappa. 

—  Additional  23985  :  Onosandri  strategica,  sans  le  nom  de  Cons- 
tantin Palseocappa,  mais  copié  par  lui  pour  le  cardinal  de  Granvelle. 

CoNSTANimus  Hyialea.  —  Burney  49  :  S.  Johannis  Chrysostomi 
commentarius  in  S.  Pauli  epistolas.  Au  fol.  3'i9  et  dernier,  sous- 
cription en  minuscule  rouge,  de  l'an  6938  =  de  J.-C.  1430  : 

To)  (TuvieXecTY]  twv  xaXwv  0eô  "/âpiç.  1  'Et£A£iw6y;  èv  [xyjvi  ^apTt'w, 
tvB.  I  Y]',  Ixoç  à~Q  Toij  'ABàjx  ^çTèV/;',  |  otà  )(£tpbç Kwvaxavxîvou  'YiaXéa. 
xou  I  OLTio  0£C(iaXoviy,rjÇ  ^fiq  [xer-^oCKo  \  r^oXéiùC  ovxoç,  oià  xottou  v.a\  è^o- 
§01)  I  X0Î5  TiaviEpwxâxo'J  [AYjxpoTCoXixou  Kep  |  xûpaç,  xupoD  Eùaxaôiou  xoû 
A£wvapBou  :  — 

CosMAS  monachus.  —  Additional  288^7  :  Evangeliarium.  Au  fol. 
penult.  365  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire  de  l'an  6693  = 
de  J.-C.  -1^85  : 

^uv£Ypâ<|)Y]  Y)  ':ravi£  |  poç  ^t'oXoç  xaûxvj  Bià  ^£1  ]  pcç  Koc^a  [jLovay^ou  xou 
£V  [xovay^ctç  |  à[/apxo>Xou,  [r/)vi  louvi'w  0',  1  j  xouç  .çy^^'î  ^^''^  '^uvBpo-  | 
[r/;ç  y,upoij  BoLGiXdou  xoîj  lia  ]  TrXrjVou  xopY)v  àçéffEO);;  xwv  |  à[Aapx(o)v 
aùxoD  Y.a\  ixv/](j/r;ç  aùxcy  :  |  'Ex£Xito6-^  Bà  fj  Upà  ^(êXoç  1  auxY]  Tcapà  ^oyj- 
^doiç  xupoij  I  6£o3wpou  xou  Kapa^ô  y.ai  x%  cu[j(.  ]  6(ou  aùxoû  xupaç  Zw^ç 
èv  TO)  OÏV.IÙ  I  aùxûv  èv  xw  xa'r  5'  ayoptcov,  |  y.cl\  0  0£bç  itwc£1  aùxouç  :  — 

La  même  souscription  parait  avoir  été  répétée  à  l'encre  rouge  à  la 
première  colonne  du  fol.  306  et  dernier;  elle  est  aujourd'hui  entière- 
ment effacée. 

CosMAs  monachus.  —  Additional  ^9389,  Evangeliarium,  xiii  s. 
Au  dernier  fol.  60,  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

+  'EYpâç'O  X£ipi  Koa[xa  [ao  |  va/ou  xoD  Ilavapéxou  + 

Georgius  0  Bat6?opoç.  —  Additional  -H892-i'l893  :  Suidas'.  Au 

1.  Un  fac-similé  de  ce  manuscrit  a  été  publié  dans  le  recueil  delà  Palaeogra- 
phical  Hociety,  pi.  181. 


339 

fol.  366  v°  du  ms.  11893,  souscription  en  minuscule  ordinaire  de 
l'an  6910  =  de  J. -G.  1402  : 

+  'ET£>v£tw6iQ  TO  r.apov  ^icXio'f  -q  Souioa  otà  /cipbç  £[xoj  rsup^t'ou  xoj 
Baïoçopou,  £V  £T£i  ,ç  I  76  CcxaTO),  ivSixTtwvo^  0£-/.ârriç,  ij//;vl  buviw  te'  + 

Georgius  Constantinopolitanus.  —  Harley  5631  :  G.  Godini  chro- 
nicon.  Au  fol.  329,  souscription  en  minuscule  rouge  de  l'an  7063  = 
de  J.-G.  1555  : 

'Et£>;£IwOy)  0  zapcjv  xpovoYpâ  |  «poç  £t<;  Bé^av  0£ou  §ià  x^^poç  I  v<-<ài/.oa 
àixapTtoXou  FEwpYÎou  èx  |  ty]?  KwvfTTavTivouTrdXewç  ctà  I  cuvopoixviç  y.ac 

e^ôBou  Toij  £v  I  Tt[j,[a)TaTO'j  xxt  £ÙY---V£<TTa-o'j  1  -/.upoy  [KwvatavTivo'j  tcj 
KavTaxoL)  |  C'^l'^ou],  £Tt  à^zo  y.iiaeiùq  y.6^  |  [j.ou  /Ç^y',  àiù  oï  rr,;  èv  | 
cipxou  oiy.ovû[j,(aç  ^a^vs',   |  èv  |j-y]vI  aù^oûato)  xy)',  "ôpipst  T£Tpâ5t,  topa  o' 

Georgids  Hermonymus.  —  Burney  76  :  Theodori  Gazae  gramma- 
tica,  XV  s.,  sans  le  nom,  mais  de  la  main  de  Georges  Hermonyme. 

Gregorids  0  SL>Y/.£Xtd)-Y)ç.  —  Additional  51 H -51 12.  A  la  fin  du 
second  volume,  fol.  235  y,  on  lit  de  première  main  : 

+  'E)coi[ji.(Oy)  h  SojXoç  toj  0£oij  FpyjYopioç  ixova/^bç  |  6  /.al  ih  ûcyiov 
toÛto  euaYYéXtov  i  '{piàxq,  [iTi'A  lavvouapiw  Aà,  'N  ï,\  etouç  \  ////// 

et  au  fol.  241  : 

'Exoi[ji,(6y]  0  ooijXoç  tou  0£Oij  Tpr^Y^p'^s  H'Ova'/_bç  |  6  ;S'jy>'--'/^^^"'OÇ  '^^^ 

Y£pcvTi'ou,  ô  v.a\  Ypâ^Jj^ç  |  ty]v  [3i5Xov  txûtyjv,   [;,y)v\   tavvouactw,   exou^ 
,çx4r,  tvB.  r,  -ni^épa  o'.  (6697  =  de  J.-G.  11S9.) 

Igxatius.  —  Additional  2971 4  :  Lectionarium.  Au  dernier  fol.  1 78  v", 
souscription  en  minuscule  ordinaire  de  l'an  6814  =  de  J.-G.  1306  : 

+  'EYpôifY]  §tà /eipbç  i\i.ou  àtxapTwXoy  'Iy''^'^^'^"  I  ^''  ^'^'  ,Ci»>iâ',  îvo. 
3'.  1  E!>/£(76a(  [jLOi  Sià  tov  vdptov  ot  àvaYivoiff  |  -/.ovTiç  aùxcv  :  — 

Ignatios  6  2Y)Xu6p(x;.  —  Additional  31919  :  Menologium.  En  tête 
du  fol.  2  (le'  du  texte),  en  minuscule  rouge  la  note  suivante  : 

+  Kat  -rbv  TrapévTa  çeupouapiov  |jL-^va  'lYvaxtoç  rcpa'iev  ô  EïjXuêpiaç, 
xai  TY)  -/.ax'  a'Jxbv  |  Siowaiv  èy,y,XY)ff(a  tyj  -Tw/OTaTY)  /.al  -rraGôiv  (7ij,txpo- 

TÉpa  + 

et  au  fol.  94,  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  6939  =  de 
J.-G.  1431  : 

Kai  xb  Tuxpbv  [xr,vatov  6  çsupouapioç  j  èxeXeiwBYj  oià  xe'.pbç  èiJLOu  |  xoD 


340 

TaTceivoS  \).-fiipo7:o)dzou  2y]Xu  |  [îpiaç  'lYva-rfou,  èvItei^çTl  |  a6',  tvB.  6', 
lj,Y)vi  àirpiXXuo  o',  I  xai  àçispwÔY)  <tùv  tûTç  )vonroîç  |  Iv  oé/.a  [xr^alv,  o'ùç 
SYÙ)  Ypa'-Î'aç  |  èv  Pei^êpâvatç  TcavTaç  è[xoi  |  paca  oia96pa)ç  èv  xw  vao)  tv^ç  | 
àYt(i)TaTr)ç  [XYjTpoTïoXewç  SïjXuêpi'aç.  |  A£0[ji,at  toi'vuv  ïjjjlûv  oaot  toTç  | 
xpocipyjijivoiç  èvTUYX*''''''---  (Suit  une  longue  prière  occupant  en  entier 
la  col.  2  du  fol.  940 

Jacobus  hieromonachus.  —  Harley  5782.  Menologiura.  Au  fol.  24-1, 
souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  Pan  6871  =  de  J.-G.  ^363  : 

+  'EtsXcIcoôy]  xb  Tcapcv  auvx^aptov  otà  y^eipoq  7,à[xou  |  'lay.wêou  à[;.ap- 
TwXou  xà'/a  xal  t£po[j.ovâxo'j  |  iv  hei  ^Çwoa',  xai  eûyeaôai  [aoi  ol  àvayi- 
V(jû<7y,ovTc<;  :  —  tv5.  aV  r/ovxt  xal  y?''''!'*'''^^  awxep  [xoD  cwaov.  +  |  (et 
monocondyle  :)  TâXoç.  'lotxwéoç  lepo[x6^ot.yoq. 

JoANNES.  —  Harley  263  :  Gregorii  magni  dialogorum  libri  IV.  Au 
dernier  fol.  3^3  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 
0£ou  10  Bûpov  xai  'Iwavvou  Tr6vo(; 
T)vY]7îa0o0ç  IpYOV  xal  xa/a  Ouxou  :  — 

Un  autre  Jean  a  copié  les  folios  -117-308  du  ms.  Harley  6295. 
Fol.  308  v",  souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

+  EIX"/;9£  xépfjLa  ô  tîovoç  xûv  |  "/^^P^v  1[J.oi)  xou  'Iwavvou  :  — 

JoANNES  monachus.  ~  Additional  20003  :  Actus  aposlolorum. 
Au  dernier  fol.  57,  souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  l'an  6562 
=  de  J.-G.  -1054  : 

+  'EYpacp*/)  Y]  •:rv£UtJLaxox.£(vtxoç  j  xal  t£pa  ^lêXoç  aux*/]  xax£7:ixpo)  |  Tueîv 
xou  /.upoj  'laxwê  [xovaxou  x,al  -itpstrouxépou  "/.ai  |  'Iwavvou  [lO'iayoi)  oià 
/Etpbç  'Iwavvo'J  [xova}(0!j  |  Ixouç  ^çtpviê',  tvS.  t6',  [xy^voç  à7:pi>v>.(ou  x'. 

JoANNES  lector.  —  Additional  22736  :  Evangelia.  Au  fol. 
224  v",  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  6687  =  de  J.-C. 
^^79  : 

•  :  •  'ExXYjpcJÔY)  xb  Tcapbv  aY^ov  EuaYY^^^o''  I  o^*  Z^'poç  'Iwàvvou 
àvaYvw  I  axcu  8soXo[you]  xaxà  [;(.Y]và  touviou,  |  ivo.  lë',  £xcuç  .ç/tiC'  :  — 

JoANNES  0  KjvYjYÔb-  —  Additional  10375  :  Liturgia  S.  Onuphrii. 
Au  fol.  40  v°,  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  -1597  : 
0£O!j  xb  Scopov  xat  'fwavvou  lEpéwç  Kuvyjyou  y.à'Koq  :  — 


+      ^-1 


^      Ji  ^    + 


-        ^    y. 

xa  —    — 


34  ^ 

Tép[).cf.  etX'rjcpev  -q  icapoijca  eopxY)  ,af4^',  îouvfo)  y',  îv3.  G',  |  s/,  "/etpwv 
aia/pwv  y.al  eJTeXstvwt  'Iwâvvou  Oùxou  xb  è7c(y.XY)v  Kuv*r)fou  ]  y.ai  è^iepoiO"/] 
elq  Tcv  vabv  tou  oaiou  Tcaxpbç  'Ovo'jçp(ou,  XsYifJ-svov  ITsTpé  |  xo'^^iç,  ex  t/,ai 
stçTcv  aYiovvabv  tou  |;,îy^^^<^1-'''^P'^'^P'^Ç  FswpYiO'j  v.pai^6[j,£Vov  |  ty^ç  BéXxaç, 
uTïipxst  Bà  xou  EiiXisouç  tepéwç  <I)paYY(c/.ou  Max^a[jLâ  |  xai  oç  aùxYjv 
àp7:a(7£t  eaTO)  àçopi(7[X£Voç  èx  t^ç  Çcoap/,afjÇ  |  Tptaooç  ex  tûv  ceTCTWv  C' 
cuvéowv  ToD  c<7Îou  I  xal  Tiâvxwv  xôiv  àvt'tov  */,al  x%  ôsoxczou  vX-ripovo]j:'q<sz'. 
~àq  1  àpàç  aùv  iCù  àva6é[ji.axt  xal  x-^v  àpàv  |  -qixm  xûv  àvwOôv  (3'  Upéwv 
xou  ■::ovYi  |  cavxoç  /.ai  xoû  e^ovxoç.  'A[;.V)v  •  :  •     |  TéXoç. 

JoANNEs  Philagrius.  —  Burney  SO  (2  vol.)  :  Vitse  patrum^  En  tête 
du  fol.  i ,  de  première  main  : 

+  'Q  Xpiaxè  ^OYjôet  [xoi  X(o  aw  BoûXo)  'IwivvY]  xw  <I>iXxYp((;). 

Et  au  dernier  fol.  34^  du  second  volume,  souscription  en  minus- 
cule ordinaire,  de  l'an  6870  =  de  J.-G.  4  362  : 

'ExsXstœô-^  xb  TCapbv  ^iSXîov  oià  auvopo[j-^ç  ]  xat  è^éBou  /.upoj  TstopYiou 
xoD  Xavxa7.riX...  xai  Bià  |  xetpbç  £[j.oij  xoij  sùxsAoûç  xal  àixapxo)Aoîj 
'Iwavvou  I  xou  <î>iXaYp(ou,  v.oà  ol  àvaYtv(i)(7y,ovxe(;  su  |  '/^ecM  [t.Qi  oià  xbv 
xùpiov  :  —  Ixouç  ,çwo',  t'vS.  te'  :  — 

JoANNEs  Rhosus.  —  Harley  5600  et  6323  :  Homeri  Ilias  et  Odys- 
sea.  A  la  fin  du  ms.  3600,  souscription  en  minuscule  rouge,  de 
Tan  4486  : 

jf  'Ex£A£to)OY]  Y]  xoû  'OiJ.Yjpou  |  'iXtaç  XEipl  è[j.ou  'Iwavvou  I  r.ptGêu- 
xépou  'PcoffO'J  xou  I  Kpr,xiç.  |  ^f  1  'Ev  ,au^ç',  [xyjvi  |  t;.aio)  tç',  |  èv 
<ï>Xw  i  p£v  I  x(  I  a  I    *. 

—  Harley  3790  :  Evangiles.  Au  fol.  299  et  dernier,  souscription 
en  minuscule  rouge,  de  l'an  4  478  : 

<B  JNhxrfpâçY)  xb  zapbv  |  xîxpaeuaYvéXiov  àvaXw  1  [xcuat.  -/ôv  xou  alte- 
<ji[xti)  1  xàxou/,upiou  r([j,ôJv/.uptou  ]  «:I>paYy.(cy,ou  xr,ç  îspcaYÎaç  |  ■/.aOo^six.YÏi; 
v.al  à7:c(JXo)v'./.Yiç  |  âxy.XrjCÎaç  y.apc*r]va)aou  |  xy;ç  àyiaç  Mapîaç  véaç,  | 
X£tpl  3k  'Iwavvou  Upéio;  |  Po)cou  xou  Kpr^xb?  xb  ^Ivo^  |  £X£'.  àzo  xv;^ 
Xpicxou  Y£V£'(;£a)ç  1  /iXtocxÔJ  xexpaxoaiocxôi  j  £cSo[xr,/.offxu)  078610,  tvo. 
a',  I  [XTi^hq  àr.pùJdou  £Î7.ocxyj  ]  7cé[J-':rxrj,  |  £V  Pwjj.yj.  ]  ^ 

—  Harley  5737  :  Psaumes.  Au  fol.  4  70,  souscription  en  minus- 
cule rouge,  presque  entièrement  effacée,  de  l'an  4478  : 

1.  Voyez  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  le  recueil  de  la  Palaeographical 
Societij,  pi.  207. 

23 


342 

TETeXeitoGY)  xb  Trapcv  |  t]>aXT-riptov  otà  xeifcq  |  èp-ou   'Iwavvou  îepéwç 

[XYjvbç  I  tcu)a'ou  tç',  |  èv  Pwij-y)  |  *  . 

—  Harley  5638  :  Homeri  Odyssea^  Au  fol.  239,  souscription  en 
minuscule  rouge,  de  l'an  ^1479  : 

MsTcYpaÇ"')  Y)  'coj  'O[r'qpo'j  \  'Ocutjaeia  àvaXw  |  [/.xci  [xkv  xou  £Vti[j,(j)- 
xaxo'j  I  àvopbç  -/.upoû  BxpQoXo  |  [xaîou  tou  KpuaŒiavoD,  |  /stpi  âè  'Iwavvou 
Upéwç  I  Pcoso'j  TOJ  Kp-/)T5i;.  1  "Exei  à-rrb  xyjç  Xpc^xoij  ^sw-rjCcioç  |  x,t}ao(7xw 
Xcxpay.OîtOîxo)  |  k6^o\>.iv.OGz&  èvâxw ,  |  [r/;vbç  aÙYOUffxoj  S£/,âxY],  |  Iv 
Pw[;.Y). 

—  Additional  -10064  :  Simplicius  in  Epictetum.  Au  fol.  ^46. 
souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  ]  369  : 

'ExeXsiwO'/j  xb  Tcapbv  ^téXîov  |  /sipl  ok  à[j.oj  'Io)avvou  tépewç  ]  Pwffou 
xoû  Kp'^xiç.  I  îf  I  'Ev  £X£C  à-KO  vqq  Xptaxou  Y£vvrj(j£(j)ç  aw  |  yw  ^Qw^ 
fjLr//i  vo£[;-6p(a)  ici  :  |  èv  B£V£x(a  : 

—  Les  manuscrits  Harley  3397  (fol.  20-2^),  3669,  3672,  6322 
(fol.  ^-73),  etBurney  93  ont  été  aussi  copiés  par  Jean  Rhosus,  mais 
ne  portent  pas  son  nom. 

JoANXEs  de  Santa-Maura.  —  Additional  J3433  :  Theodorus  Stu- 
dita.  Au  bas  du  fol.  31,  souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

0£ou  xb  Swpov,  7.0.1  'Iwâvvou  x6voç  :  — 
Donum  Dei,  et  labor  Joannis. 

—  Burney  33  :  Origenes.  Au  dernier  fol.  9^  v",  note  en  écriture 
italienne  du  xvii^  siècle  : 

«  Accepi  in  foliis  solutis  dono  Julii  Csesaris  fUii  Joannis  a  Sancta 
3Iaura,  Bomx,  die  vu  mensis  januarii  ^383.  » 

—  Les  manuscrits  de  Harley  3394,  3367  et  le  ms.  additional  2^983 
ont  aussi  été  copiés  par  Jean  de  Sainte-Maure,  mais  ne  portent  pas 
son  nom. 

JoANNEs  Thessalus  Scutariota.  —  Additional  2H65  :  Jamblichus. 
A  la  fin  du  volume,  fol.  189,  souscription  en  minuscule  ordinaire 

(s.  d.)  : 

•  :  •  AùxY)  Y)  p(6Xoç  Û7câp)r£i   'Iwâvvou  6£xxaXou  xou  Sxouxaptwxou, 
\}.vzi  I  YP^'l^v  Bè  èv  <î>Awp£Vxia  :  — 

1.  Un  fac-similé  de  ce  manuscrit  se  trouve  dans  le  recueil  de  la  Palaeogra- 
phical  Society,  pi.  182. 


343 

JoAN.VES  0  T^ouiCo'jva.  —  Harley  3337  :  Epîtres  et  Apocalypse. 
Au  fol,  100  v",  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  6393  =  de 
J.-G.  4087  : 

Kùpte  'lY]aou  Xpiutà  uù  /.ai  \6^(z  xou  Geou  ^orfir,  xw  uw  SoûXw  |  'loj- 
âvvt  [JLOva/fi)  xai  ■Tupecê'jxépw  tw  èXay^cffxo)  x(o  xoj  àa...  |  xw  y.al  szovo- 
[j,a^01Jiéva)  xw  Ti^ouxÇouva  |  6é[xa  xoj  Aiysou  TceXa^ou  jSav^  xoj  Aa^xou  xà  | 
^tx*...  xw  -/.al  £V  xw  àpxa/,i'(i)  /.axoi'/.-rjcavxt  xô  xal  |  yaijJpw  xoD  y-upoD 
MavojY)X  xr,<;  Mapouî(aç  xco  Y.cà  \  va  ttoGo)  ttoXXco  xal  (Ji.é/6(i)  xxYjaaj^ivw 
x^  à^ia  ^{oXw  I  xaûx?].  Oi  xv£U[j.axt7.oi  àoeXsoi  y.at  y^ptaxiavol  su'/ecOc 
•jzsp  £[;-0J  CTCwç  I  6  0cC?  (juxcop'/jcei  [j,ot  £•/.  xwv  tcoXXwv  xxaic[j-âxwv  |  y.at 
à[jLapxY;txâxoJV  /.al  àvxtXaSsxat  xc  TCVsijixa  ijlo'j  dq  x[y]v]  (âact  |  Xciav"^.  'Exs- 
XsiwOy]  0£  ô  oi^(ioç  à-éaxoXoç  [j.sxà  /.ai  xv]?  à-o-/.a  ]  Xûd^tO);  [xtqvI  [j,afo) 
Yjvouv  XY^  N,  tv§.  i',  exo'jç  ,ç<fU\  I  ^aijtXsuovxog  'AXe^tou  xou  Ko[j.v^voj 
y.al  àv[a(7ffovxoç]  |  NaoXaou  r.cit.zpidpyo\j  xoD  n[po]6[Xri]xou. 

JoASAPH.  —  Burney  44  :  Vitœ  sanctorum  (2  vol.)  ^  Au  fol.  4  63  v" 
et  dernier  du  second  volume,  souscription  en  minuscule  ordinaire, 
de  l'an  6692  =  de  J.-C.  -i'184  : 

'ETïXr^pwOr^  gjv  0sû  r,  Trapouaa  (3:  |  êXoç  1/.  xpo'TxâçcWç,  auvBpo[j/^ç  | 
y.al  è;30ou  xoîj  àyiou  Tcaxpcç  yj[ji,G)V  |  y.al  %aGY5Ycu[jivou  x^ç  [.'.ov'^ç  |  xoj 
rjpic'j,  y.a'i  0eo'j,  /.at  QUiiT,coq  r,\xG)'f   'Iyjïoî)  |  XptaxoD  /.upoj   'Iwâcaç, 
jj.r(Vl  louXXiw,  fvB.  ^\  exouç  ^çy^^^',  |  àiub  Se  XpiaxoD  /apoB'^. 

JoASAPH  (Joannes  Cantacuzenus) .  —  Burney  4  8  :  Evangelia  IV.  cum 
Synaxario.  Au  fol.  222  v°  et  dernier,  souscription  en  minuscule 
ordinaire,  de  l'an  6874  =  de  J.-C.  4  366  : 

0£o5  xb  Sûpov  'Ax\  •jTivoç  'Iwaijaç  :  — 
"Exouç  ^Çwoo',  ivo.  o',  i):r,'n  touvtw  o'  : 

Leo.  —  Additional  4  9387  :  Evangiles.  Au  dernier  fol.  233,  sous- 
cription en  minuscule  ordina're  (s.  d.)  : 

+  Aéwv  0  Ypâçîuç  + 
+ 

Leo  Chalciopulus.  —  Harley  5662  :  Jo.  Tzetzes,  etc.  Au  fol.  4  00  V 
(et  se  rapportant  seulement  aux  fol.  97-4  00),  souscription  en  minus- 
cule ordinaire,  de  l'an  4  493  : 


1.  Voyez  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  le  recueil  de  la  Palaeographical 
Society,  pi.  180. 

2.  Celle  dernière  ligne  de  la  main  qui  a  repassé  à  l'encre  une  partie  de  la 
souscription. 


344 

'Ev  ,ot.\){-{\  èv  MeatJYjVY]  iriç  \  SasXtaç  iv.  |  -j-pa^èv  xapà  Aéovxoç  XaX- 
xioiiOuXou  : 

LoNFFELHOLcz  de  Nuremberg  (Johann).  —  Ârundel  525  :  Phalaridis 
epistolse,  gr.-lat.  A  la  fin  du  texte  grec,  fol.  70  v",  souscription  de 
l'an  U70  : 

TéXoç  +  XXV**  die  septembris,  |  anno  M  cccc  Ixx"",  Papiae. 

A  la  fin  du  texte  latin,  fol.  ^20  et  dernier  :  «  Finis  Papie, 
anno  M  cccc  lxx,  per  Johannem  Lonffelholcz  de  Noremberga,  ||  die 
xvi"  decembris.  » 

Marcus.  —  Burney  96  :  Oratores  grœci.  Page  288,  souscription 
en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

'ExeXetdùÔY]  aùv  0£w  èv  OXwpevctûf. 

Suivent  douze  vers,  imprimés  dans  le  catalogue  des  manuscrits  de 
Burney,  p.  43,  et  qui  donnent  le  nom  du  copiste  Marc. 

Matth^us.  —  Burney  2i  :  Evangiles.  Au  fol.  8  v",  à  la  fin  de  la 
table  et  ne  se  rapportant  qu'à  cette  partie  du  ms.,  souscription  en 
minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

)f  MaTÔaiou  tgBs  epYov  àpiaTOirévoio  xeXwvou  |  oq  t6xov  Iç paae  Oetov 
à7:£ipoYâ[j(,oio  ^uvaixcç  |  fjxéxev  àaTcopov  Oibv  ov  où/âoev  oùpavbç  eùpûç  | 
Xptaxbv  àel  ^wovxa  0£bv  Ppoxbv  aùxbv  è6vTa  :  — 

Matth^us  Moscovita.  —  Additional  ^9002  :  Acta  synodi  Ephe- 
sinœ,  prsesid.  Gyrillo  Alexandrino.  Fol.  330  v"  et  dernier,  souscrip- 
tion en  minuscule  ordinaire,  de  l'an  4  596  : 

'ExeXEtwÔY]  10  Tûapbv  ^i6Xiov  oià  l^iphq  Maxôabu  hpo[io  \  va/ou  v.a\ 
zpwïOGUYYéXou  vqq  [asy^Xy)?  èvy.Xridixq  èv  |  t^  ôeocwaxto  iz6\zi  MoT/o6ia 
ifiq  jjLSYâXïjç  Poxn'aç,  |  è-îrl  twv  YjiJiépwv  toO  ôcyiou  ^affiXèioç  'rjixwv  y.cà 
ai  1  Toxpixopoç  7,up(ou  Oeoowpou  'IwavvoS-rjxî^Y),  |  èv  exei,  .Cp^'»  t'ouXXiw 
xO',  ivB.  0'  :  — 

(  06xr)ç  {ji,ova5(,bç  àjxapxwXbç  MaxÔatoç, 

l  "EYpa'l'e  xauxYjv  xyjv  OeÔTiveuaxov  ^îêXov  :  — 

Maximds  hieromonachus.  —  Harley  5575  :  Psautier'.  Au  fol.  307, 
souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  Fan  6789  =  de  J.-G.  ^28J  : 

TéXouç  £xux£v  0  Tîa  |  pwv  (];aXxY)p  ô  £p[ji,Y)V£u6£l(;  xapà  'Iwivvou  [iLOva^ou 
xou  ZiYaS'^vo'j  /,al  Ypa  1  ÇstÇ  xapà  à[j.apx(i)Xou  y,al  âOXi'ou  Ma^([xou  i£po- 
[AOva}(ou  èv  [AYjvt  i  1  ouXio)  vj',  ivB.  6',  èxouç,  ^çtl'^ô'  :  — 

1.  Un  fac-similé  de  ce  ms.  se  trouve  dans  ta  Palaeographical  Society,  pi.  157. 


3  ri 

Metaxares.  — Additional  288 i<s  :  Évanyéliaire.  Au  dernier  foi.  H 8, 
souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  l'an  6780  =  de  J.-G.  -1272  : 

'E-Xy)pwÔy)  to  xapbv  ex»cir(^(ekt.ov  oi  \  à  y^eipoq  i\xoo  tou  à[j.ap  \  twAoÏj 
io\\uù  eiTUcîv  xal  |  lepéwi;  lou  Mîxa^ipr^,  |  (xr,vl  touXû.),  tvo.  u'  :  \  "Exou? 

Methodius.  —  Additional  -H837  :  N.  Testament.  Avant  l'Apoca- 
lypse, au  fol.  46Î  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire,  de 
l'an  6866  =3  de  J.-O.  -1358  : 

'ExeXeiwÔY]  [j^r^vt  |  ovtxoêpiw  Ç',  |  ivoaTtwvo;  [ta',  |  sxouç  ,ç  |  wçç'  ; 
I  jMeôociou  '/£ip  xou  ôu-o  |  pa'/.£vB6T0'j  :  |  + 

Metrophanes.  —  Additional  -16398  :  Menaeum  decembns^  Au 
fol.  167  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire  de  l'an  6068  =  de 
J.-G.  U60  : 

01  âsATOv  E^iv  T-fjvBe  [xéXkovTiç  ttcôw  cjv  xw  cuvcâ^av  |  ti  xai  tou 
Ypaçéio.;  ôr^Ocpiou  [jip'/jaOs  MïjTpo^avou  |  'spoij-ovaxcu.  'EYpa^v;  es  xb 
■jrapiov  PiêXîov  oià  a!jvopo[j.£Îç  |  xat  èçcBou  TC-y  àpyowioq  y.upo'j  M'f;Ay,ou 
utou  Toij  [xaxxpÎTO'J  I  <ï>apâTOu  xal  èj^-ou  (puXou  /.xXoû  iv  [t.'fi'^r^  touvtw.  | 
Kai  àçYjépwŒcV  aùxo  xb  ^i6X(ov  etç  xb  [j-éya  AY][j,Yjxpcov  xou  Trpwxo)  |  xaxa 
xou  M-/)Xy.o'j,  -/.al  •?)  xtç  aùxb  uaxspias'.  à-;:'  aùxov  xov  vaov  |  va  e/st  xb 
àvà6£[j,a. 

"Exit  ^ÇTfc^r/,  r,A.  /,u/.a.  xo',  ceX.  -/.jxX.  lo',  tvûi'/.x(wvoç  y)'. 

Metrophanes.  —  Arundel  5-19  :  Palladii  historia  Lausiaca.  Au 
fol.  -150  et  dernier,  souscription  en  minuscule  rouge  de  l'an  7076 
=  de  J.-C.  -1568  : 

+  'Ex£A£tcô6ï3  T,  -irapo'jffa  olXxoç  cL>v  ©ew  àyio)  •?]  im  \  AcYO[J.év/]  Néoç 
"apaBîKTO^  :  "Exouç  X^ç',  \  tvo.  la',  [xr^vi  touvtw  z,y',  rdxépa  c'  :  + 

MrcHAEL  Antristus.  —  Harley  5783  :  Simeon  Thessalonicensis.  Au 
fol.  380,  souscription  en  minuscule  ordinaire  de  l'an  -1601  : 

'ExeXeuoÔT,  f,  Tiapouaa  ^îoXoç  |  cià  y^^^poq  Mr/ar/A  'Âvxpicxcj  |  xoj  i; 
'A6-r;vwv,  èv  Ixei  ,ay^a',  |  [j-r^^i  à-p'.XXi'w  24,  âv  Ko)v<7xavxivo'j7:ûX£t  :  — 

Michael  Apostolius.  —  Harley  5617.  Manuel  Moschopulus.  Au 
fol.  90  et  dernier,  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

Mr/aY;}^o;  'X7:ozz6\r,z,  Bu'Çiw-ioq  [j.£xà  xy;v  \  aAwatv  xyjç  aùxoîj  7:axp(ooç 
-£via  G'Jt^wv,,  /.ai  xsC£  |  xb  ^t6X(GV  i^i-^py.^e't  :  — 

1.  Un  fac-similé  de  ce  nis.  se  trouve  dans  la  Palaeographical  Society,  pi.  233. 


346 

—  Les  manuscrits  Harley  5618  et  Sloane  324  sont  également  de 
la  main  de  Michel  Apostolius,  bien  qu'ils  ne  portent  pas  son  nom. 

MicHAEL  Damascenus.  —  Le  ras.  Harley  5696  parait  de  la  main  de 
Michel  Damascenus. 

MicHAEL  6  xou  AuYYéwç.  —  Arundel  545  :  Thucydides.  Au  der- 
nier fol.  196,  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

+  Kai  T-rjvSs  xr^v  Pi6Xov  toD  aofoû  0ouxu§i'oou  Miy^d-^Xoç  e.^pa.C^e'^  b  tou 
AuYYcWç. 

MicHAEL  Lulludes.  —  Arundel  523  :  Gonstantini  Manassis  chro- 
nicon.  Au  fol.  -142  v",  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  682^ 
=  de  J.-G.  ^3^3  : 

)f  'H  7:apoD(7a  ^(6Xoç  ÊTaAstwÔY)  oià  yeipoq  \  tou  èXa/iaTou  y.al  sùxé- 
Xouç  lepitàq  Miyarîk  xou  |  AouXXouByj  toj  àizo  iriç,   'Ecpécrou  (?)  {/.e-zoï  \ 
xta[j.évou  ovToç  èv  ty]  xpia[jL£Yi<J''^w  vf,<7co  I  KpfjTY)  Bià  TO  TYjv  aùxoD  Tiaxpioa 
xpaxYjO-^vai  |  utto  Ilspaûv,  e-ouç  ^çwxa',  ba.  la'  :  — 

Suivent  fol.  143-144  des  vers  du  même  copiste  : 
To5  aÙToD  lepéwç  c-r/ot  Trpbç  xbv  TcpocTaT'/jaavxa  xoùtov  tov  P(6Xov 
Ypatî^at  eù^svécTaTov  àp/ovTa  y,6piov  Ma  tgv 

MicHAEL  Patricius.  —  Arundel  549  :  S.  Gregorii  Naz.  orationes. 
Au  dernier  fol.  245  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire  (s.  d.)  : 

+  Qiôxo'Ae  (3or,6ct  xô  (jû  \  âouXo)  Mt)(ar)A  ]  Uarpixio)  ^aat  I  Àixô 
votapi'o)  £7ii  I  xwv  o'!y.£ta7.wv  |  tw  uuo  eùXaiJ.Tuouç  |  naipiz-i'ou  àvOuTca- 
Tou(?)    I  •/.ai  £7:1  TÛv  ol  I  y,£iaxwv  tw  |  rrjvoô  xr,v  ^t  |  êXov  YcYpacpoTt  :  — 

MoREAu  (Pierre).  —  Les  manuscrits  Old  Royal  16.  G.  iv  (2  vol.), 
16.  D.  III  (2  vol.)  et  -16.  D.  xii  (fol.  20-55)  copiés  par  Pierre  Moreau 
portent  les  souscriptions  et  notes  suivantes  : 

Old  Royal.  16.  G.  iv,  fol.  2  et  16.  D.  xii,  fol.  20  :  'E%  x'^ç  ^têXio- 
6-/jXY)ç  xou  <fCkoX6^(QQ  /.ai  eùBoxi'ixou  'iioâvvou  SaYywXavSpéwç,  icaxpi/.t'ou 
Ilapitn'ou.  'Ev  xv^  A£U'£x(a  iJ,£X£Ypàç-r)  u-b  Iléxpou  Mop-fjXXou  [Toupovéxou, 
\j.exa-(zixtmoç  [xzGo^'iioq  rçi  Trpwxv]].  Les  mots  entre  crochets  manquent 
dans  le  ms.  -16.  D.  xii  dans  lequel  cette  note  a  été  lacérée;  la  date 
finale  devait  être  différente  dans  ce  dernier  manuscrit. 

On  lit  encore  dans  le  ms.  -16.  G.  iv  (vol.  2),  au  fol.  i  :  «  Joannis 
Grmnmatici  Tzetzae  de  bello  Trojano...  Petro  Morello  Turonensi 
interprète,  Lochis  Turonicis,  ^565.  »  —  Et  fol.  88  :  «.  Joan.  Tzetzx 
posfhomericorum  finis ,  cujus  interpretationem  ahsolvi  5  cal.  jul. 
\  565,  in  gtjmnasio  Lochibellilocensi.  » 


Neophytus  Cyprius.  —  Addilional  22506  :  Evangiles.  Au  bas  de 
la  table  des  chapitres  de  S.  Jean,  souscription  en  minuscule  mêlée 
de  petite  onciale,  de  l'an  6813  =  de  J.-G.  -1305  : 

+  'EYpacpYj  èv  è'r/)  .çwcv'  :  +  l'vô.  y'  :  —  |  At'  l\xou  io\>  èv  tepootaxo- 
votç  ika'/Ja-zo'j  |  oaipou  Nsoçutou  v.a\  xi^a  [Aovaxou  :  +  |  xoij  KuTrpbu  : 
—  I  Kai  o>.  âvTUYxâvovTEç  a^xb  eu^saôs  uuàp  £|j,ou  Bià  xbv  y.ùpiov  :  + 

NicEPHORDs.  —  Arundel  532  :  S.  Basilii  horailiae  in  Hexaemeron. 
ix-x  s.  Au  dernier  fol.  120  v",  souscription  en  petite  onciale  (s.  d.)  -. 

BaaiXstou    èTôiaxc^ou    Katca- 
pdoLç  x-^ç    Ka7:7ra§oy,iaç  \6yoi   6'. 

Naïîçépw  Ypâi{^3ivxi  xyjvûî  xy)v  ^l'éXov 
Kë  Ppaêeuaov  [xw]  xovYjcavxi  *a)v£oç. 

NicEPHORus  lector.  —  Harley  5650  :  Lectionarium.  xi  s.  Au 
fol.  -167  v°,  souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  seconde  main,  à 
demi  effacée  (s.  d.)  : 

'ETrXr^pwÔY)   xb  Tuapbv  £'jaYY-"'*^'3v  cià  y^etpcç  £[j.ou  Ni-/,y]ç6  |  pou  àva- 

yvwaxou  y.al  •jrpwxodtiXxotJ  31  crr^v  |  SpoiJ.75ç  /,ai  è^oSou  >tal  7r....x | 

NoaoXâou  tepécoç  xo'j  -ly.u....  xa6/,ciu.  Kai  o(  àv  |  aYivocrxovxEÇ  eux^cx... 
[JLY]  apaç  (52c). 

NicoDEMcs  Romanus.  —  Addilional  -15315  :  Nc[;.'.y,ov,  xvi-xvii  s. 
Au  fol.  368,  souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

+  0£ou  xb  owpov  •/.à[/.ou  èXaxiffxou  NixoB*^[j.ou  |  i£po[ji.ovâxou  Pwfxavou 

-évoç  :  — 

NicoLAUs  Galligraphus.  —  Addilional  28270  :  Jo.  Moschi  novus 
paradisus.  Au  fol.  penull.  ^63,  souscription  en  minuscule  ordinaire, 
de  l'an  66^9  z=  de  J.-G.  ]U\  -. 

+  2xoî-/ot.  Xptaxé  jxou  ctoou  xoîç  è^jLotç  xôvoiç  /âpiv,  j  Kai  xw  xxi'aavxi, 
iAwXè.  xou  xaXax(o'j,  |  'Hv  va  xcOo)  xéxô'j/EV  (î)ç  bXsov  [/.sy*  :  + 

'EYpâçY)  xat  èxsXtojô-^  ■?;  xapojca  ^l'oXoç  5  |  xép  âffxiv  xb  véov  zapa- 
Beiaet,  cià  "/î'.pb^  N'.xoXâou  |  eÙxsXojç  y.aXXtYpâcpw  y.al  xaxeivou  y^^x\}.%- 
Xoij  I  [XYjvl  aÙYOûcxo),  dq  xy;v  y'î  ''ilJ^épa  £'  M  '^"^^^  /ÇX'^'i  ^''^-  §'  :  + 

+  "Offoi  B'  5v  àvaYiva)(7x,£X£  xaxéps;  £'yx£aOa(  [xot  xw  |  à[;,apxa)Xô)  oià 
xbv  Kûpiov,  tva  eupo)  eXsoç. 

NicoLAus  Turrisanus.  —  Le  manuscrit  de  Harley  6317  ne  porte 


3/.  8 

aucun  nom  de  copiste,  mais  semble  avoir  été  écrit  par  Nicolas  de  la 
Torre. 

NiPHON.  —  Additional  3^07.  Au  dernier  fol.  2^9  v",  sur  une 
seule  ligne,  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  6667  =  de 
J.-G.  ^^59  : 

'Eypaç-r;  y^eipl  N'^,çœvoç  eùxiKoïiç  xa\  à[j,apTo)Xou  [j.ovay^ou,  iJ.ir)vt  aTipi).- 
Xttp,  tvo.  'C  ho'jqSïM:'- 

PfliLippus  Rhodius.  —  Old  Royal  4  6.  G.  xxv  :  Aristotelis  de  anima, 
etc.  XVI  s.  Au  fol,  66  (et  se  rapportant  seulement  aux  fol.  62-66), 
souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

Petrds  Brabus.  —  Harley  6290  :  Theodori  Gazse  grammatica, 
XVI  s.  Fol.  ioi  \°  (et  se  rapportant  seulement  aux  fol.  -146  v"--!  34  v°), 
souscription  en  minuscule  rouge  (s.  d.)  : 

'EYpâ?î'.  TTapbv  ^têXîov  oià  y^^'-poç  i\j.o^  \  Ilé-ïpou  Bpi6ou  Oùepwvaîou  èv 
Tîo  Ilax  I  au((i),  y'  fJ-Yjvbç  îouvi'ou. 

RoMANUs  lector.  —  Harley  3379  :  Athanasii  Alex,  opérai  Au 
fol,  24  0,  souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  l'an  6829  =  de 

J.-G,  iSI]   : 

Xeipt  àixapTwXw  Tw[jLavo)  àvaYvcJCTir],  Itouç  ^çw/.O'. 

SiRMOND  (le  P.  Jacques),  —  Additional  22039  :  Recueil  de  cata- 
logues et  d'extraits  de  manuscrits  grecs.  Au  fol.  7  v",  à  la  fm  d'un 
catalogue  de  manuscrits  de  l'Escurial,  souscription  en  minuscule 
ordinaire,  de  l'an  4  393  : 

«  Willelmus  Lindanus  ex  codicibus  regiis  favente  Philippo  catho- 
lico  describebat  an,  4579,  in  Scoriaco,  4  6  septerabris. 

'0  p'q^ûç,  /.aTocAoYoç   a^ia  t^   uTroYpaçv;    [XcisYpacp'^    h'    'AXAsupi'aç 

/ôipbç  £•/.  TWV  XOU  AlVûaVOU  TUpWTOTÛTTtOV  Yp5'l-''1-''3''Î(»)V  £V  'PwiXY)  T7^   tO'  [;,ap- 

TÎou,  /açTTs'  £Tcuç.  3  augustl  4  393.  I.  S.  ^. 

SoPHONiAS,  —  Harley  3382  :  Psautier,  xii  s.  Au  fol.  233  v°, 
souscription  en  minuscule  ordinaire  (s,  d,)  : 

1.  Voyez  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  )e  recueil  de  la  Palaeographical 
Society,  pi,  133. 

2.  Les  manuscrits  1493  et  6557,  que  j'ai  pu  voir  dans  la  bibliothèque  de  feu 
sir  Thomas  Phillipps,  à  Chelleiiham,  ont  aussi  été  copiés  par  Jacques  Sirmond. 


349 

'O  Ypi'i/aç  à(j,apTa)Xbç  |  [j,ova/cç  Scço  |  viaç  :  —  |  Tw  cupoYîVYj  îîpo- 
[jLOvâ  I  -/(i)  vcupÇ)  'I())<7-r;cp  :  |  Acça  tw  Hsw  Trâvxwv  e  |  V£y,a  |  + 

TnEODORUs  Hagiopetrites.  —  Burney  2  i .  Évangiles.  Au  bas  du  der- 
nier folio  238,  souscription  en  minuscule  ordinaire,  de  l'an  ()<S00  =: 
de  J.-C.  1292  : 

Xat'po)  -cb  T£p;j(.a  xaxaXaêcbv  tûv  Xé^wv  •  èTSAeiwGrj  cùv  0£Û)  aYi'o)  xb 
xapbv  ôstov  y.al  tepbv  TeTpasua^Yé^viov  [XôTà  toj  Tïpa^aTrcaTcAou,  [^exà 
7:â(JY;ç  aùtwv  ày,o>.ou0taç,  §tà  /eipbç  xà[ji,oû  tou  xaTceivou  GsoBwpou  tou 
'AYtWKSTpiTou  Tâz,a  xxl  xaAAiYpâçou,  otà  cuvopojxrjÇ  Se  -/.ai  è^ooou  xal 
TTOÔcju  TïoTvXou  Tou  Ti;x'.w-âTO'J  £V  [xovr/Gtç,  y.ai  [j.sy^/^o'J  <7"/-£yo9yXa/,oç 
i;.ova)^ou  Toij  çiXoy.iXou  y.upoj  rcpac';xou.  Kal  ci  àvaY'.vwoxovTî;  Taj-a  xà 
Ispà  (3c6Xta  £U"/£a6£  UTCÈp  tou  tcoÔo)  ■zoXXw  /,Tr)aa[jL£Vou,  y.à[AOu  ce  Toij 
Ypi'iavTOç,  )^6(7tv  tuoaXwv  àixapxYjtxaTwv.  0£bv  îA£OU[j.£Voç,  tîixu  -aTôp, 
0£oocbpou  [i,é[xv/;(70  TO'j  y.aXXtYpaçou. 

Et  plus  bas  : 

+  "Etouç  ^Ç(i)',  a£X.  xu/,A,  c^',  rjX.  -aù-aK.  xS',  vo{;.tx,bv  çacxa  à-::'  s' 
r/jjipa  !^',  ■/p'.îTiav.y.bv  T.à.Tfi.  %t!  ç',  f,  au'  çsêpouaptcu  '/  + 

Theodorus  monachus.  —  x\dditional  19332  :  Psautier  '.  Fol.  208 
et  dernier,  souscription  en  minuscule  d'or,  de  l'an  1066  : 

"Eax£V  ouv  xéXoç  r^  xoiaos  twv  G£Î(i)v  (J'^^l^^-w''  1  Sé^TOç  xaTà  xbv 
ç£6pouapiov  \i.r^^i(t.  \  xy^ç  o'  ivoixx.  xoij  ^ççoo'  £x8,  èTuixaYTji  [;.£V  |  y^Y-^'O- 
[j-Évr^i  xoO  OcSTTEJiou  7:axpbç  -/.al  a\)^('/.€kXo'j  |  Mty^ar,X  y.al  xaGr^Y^'-'l^'-''^'^ 
xr,;;  zavx  ]  ^fiizâ-r^q  y.at  ■7:av£'jçr,[j.0'j  [xorfiçl 1 1 / /  (et  en  rouge  :) 

X£tpi  û£  YP^tç'sv  xat  /pusoYpaçYjOàv  |  Geoowpou  [/ovay^oj  ■;:p£76ux£pou 
xy;ç  aux-?;?  iJ-cvr^ç  xai  3'êXtOYpaço'j  xo'j  èy.  Kai  |  o-apstaç,  ^ç  Tuo'.irrjV  xai 
9a)sx-r;p  o  /.As'.v...  |  wzxa'.  y.al  Xaixzpbç  ^3ca(A£'.o<;  6xu)i  |  bvx'.  ;x£Yaç  xal 
o)v  xal  y.xkoù\i.vicq  •  :  • 

•  :  •  •  :  •  •  :  •  •  :  •       (en  onc.  d'or  :) 

Xpi<7xw  àvaxxt  Bé^a  y.al  /.paxoç  zpÉTïEt   •  ;  • 

TuEODosius.  —  Harley  3367  :  Evangiles,  xii  s.  A  la  (în  de  l'évan- 
gile de  S.  Jean,  de  seconde  main,  souscription  en  minuscule  rouge, 
de  Tan  1380  : 

To  zapbv  èYpoçY)  §tà  -/eipoq  |  è^jioj  0£O§o<itou  xoj  [jiîYâXou  ^asiXéo);  | 
£v  £X£'.  ^axz'  Xpiaxou. 

1.  Voyez  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  le  recueil  de  la  Palaeographical 
Society,  pi.  53. 


3dO 

Theophilus.  —  Burney  20  :  Évangiles.  Fol.  288  v°,  après  l'évan- 
gile de  S.  Jean  et  avant  le  Synaxaire,  souscription  en  minuscule 
rouge  (lignes -1-7)  puis  noire,  de  l'an  6793  =  de  J.-C.  128.5  : 

+  'ExeXeiwOï]  xaxà  tov  ;xaïov   [rôva  |  dç  xàç  Tpia/,ovTa  :  'fi\).époL  \ 

TS-apTY)  :  Tr,ç  è'nc7'îa[jivoç  :  |  stouç  ,Çtl;4ï'^  ''''°-  'ï'  =  I  ^^«  «JUVspYeiaç 
Tou  Traxpbç  /.al  tou  u'.  |  oj  /.ai  toj  aYiou  'jr^£'j[xaTO^,  sy/ecrOe  |  -rov  Ypâ- 
çovua  Sià  Tcv  xupiov  :  |  (en  noir  :) 

'IBwv  Tc  •ïépjj.a  ToD  Tzapov  j  toç  ^i6)x(ou  |  àvOpwze  /.à[j.oj  ]  [ÀVir5|ji.6v£Ut70V 
Toîi  xâXa  1  0£oq>(Xoy  tepoi^-ovây^cj  [  TravsuxeXoî)?  tî  /.ai  à/_pct  |  ou  -roTç 
xaai  CTîwç  0£ou  I  Tu/otixi  7:pcç  téXst  ^l'ou  |  V£[j.ovtcç  [jLOi  Xûxpwaiv  à[jLTCXa- 
7.-/;[xa-:wv,  ô  eiç  |  toùç  aiwvaç.  'A[j.yiv.  +  |  +  'A[j-y;v.  +  'A[xr,v  :  +  |  + 

Valeriadds  Albini.  —  Additional  -10063  :  Olympiodorus  in  Pla- 
(onem.  Au  fol.  iA],  souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  -154-1  : 

'0  O'jaXôpiàvoç  <I>ûpo/a6i£Ùç  6  'AXotvou  vcavôvaoç  |  h(pa>}^z  èv  xw  tou 
aYiou  'Avcwvt'o'J  ]  iJ.ova<TT*/]pf(i)  'Ev£'ïyjci  |  iT£i  im  à^b  tyjç  |  'Iyjœou  Xpia- 
Tou  /.upi'ou  'îi[;-wv  ^a(pt/,a',  ècxaxv)  0£X£iJ.6piC'J  :  — 

—  Les  manuscrits  Old  Royal  ^6.  D.  x  et  ^6.  D.  xiv  (fol.  -I06-H7 
seulement),  qui  ne  portent  pas  le  nom  de  Valerianus  Albini,  ont  été 
copiés  par  lui. 

Zagorous.  —  Additional  \  61 83  :  Evangiles ,  xi  s.  A  la  fin  de 
S.  Jean,  fol.  -167  v°,  souscription  en  minuscule,  qui  parait  de  pre- 
mière main  (s.  d.)  : 

+  'Eypaç'O  Ss  §tà  Z-'?'-?  ^■''^^ ~^^  ZaYCptvoD  /.ai  7:â  |  vu  à[ji,ap- 

TwAou,  /al  £UX£a6£  [J.01  cià  tcv  /.upiov  ïva  /.a'i  'j[j.àç  |  iXe-qtjei  iy.  xôiv 
à[j.apT...  u[J.ô')v...  àcîXçûi  [J.OU  + 

H.  Omont. 

1.  On  a  gratté  au  xviii°  siècle  la  haste  du  '|  pour  le  transformer  en  u,  et  on 
trouve  en  marge  cette  note  du  faussaire  :  «  A.  Xp.  985.  » 


BIBLIOGRAPHIE. 


Methods  of  historical  study.  by  Herbert  B.  Adams,  Ph.  D.  Balti- 
more, N.  Murray,  1884.  In-8%  138  p. 

Cet  intéressant  travail  est  divisé  en  deux  parties  :  la  première  est 
l'exposé  de  la  méthode  suivie  pour  les  études  historiques  à  Baltimore, 
dans  l'université  de  John  Hopkins  ;  la  seconde  est  consacrée  à  l'exposé 
des  méthodes  nouvelles  qui  sont  pratiquées,  soit  en  Amérique,  soit  en 
Europe,  pour  l'enseignement  de  l'histoire.  Nous  analyserons  brièvement 
ces  deux  parties. 

I. 

Dans  l'université  de  John  Hopkins,  on  se  propose  principalement  de 
développer,  chez  les  étudiants,  l'indépendance  des  opinions  et  la  liberté 
des  recherches  ;  mais  on  veut,  avant  tout,  les  habituer  à  exposer  clai- 
rement les  faits  et  leurs  appréciations,  qu'elles  leur  soient  propres  ou 
qu'ils  les  aient  empruntées  à  des  auteurs. 

On  assigne  à  chaque  élève  des  matières  distinctes  à  étudier,  en  leur 
indiquant  les  sources  qu'ils  peuvent  consulter  utilement.  Ces  matières 
sont  tantôt  traitées  de  vive  voix,  à  l'aide  de  notes  très  sommaires, 
tantôt  exposées  par  écrit.  Dans  les  deux  cas,  elles  sont  longuement 
discutées  par  les  autres  élèves.  On  donne  la  préférence  à  la  méthode 
orale,  parce  qu'elle  oblige  les  étudiants  à  se  préoccuper  du  fond  plus 
que  de  la  forme,  tandis  que,  dans  les  mémoires  écrits,  on  passe  habi- 
tuellement plus  de  temps  à  'a  rédaction  qu'à  la  recherche  des  faits. 

Quand  l'étudiant  a  «  un  petit  dossier  bien  disposé  comme  celui  d'un 
«  avocat  et  des  idées  dans  la  tète,  il  arrive  toujours,  avec  un  peu  de 
«  pratique,  à  s'exprimer  clairement  et  correctement.  »  La  méthode  ex 
tempore,  c'est-à-dire  l'improvisation  sur  notes  très  courtes,  est  la  meil- 
leure pour  l'élève  comme  pour  le  maître.  Les  livres  sont  «  des  fossiles 
sans  vie  »  ;  les  lectures  endorment  l'auditoire,  l'improvisation  a  tou- 
jours plus  d'action  sur  ceux  qui  écoutent. 

Voici  la  liste  des  principaux  sujets  d'histoire  du  moyen  âge  qui  ont 
été  ainsi  traités,  en  1878,  dans  un  cours  composé  d'élèves  de  18  à 
22  ans  : 


352 

Le  droit  romain  au  moyen  âge;  —  Le  règne  de  Théodoric,  roi  des 
Wisigoths  ;  —  La  conversion  de  la  Germanie  ;  —  La  conversion  de 
l'Angleterre;  —  L'influence  civilisatrice  des  moines  Bénédictins;  — 
Les  Écoles  abbatiales  et  épiscopales  ;  —  L'origine  et  le  caractère  des 
Universités  du  moyen  âge  ;  —  La  procédure  du  droit  germanique  ;  — 
Les  lois  anglo-saxonnes  ;  —  Origine  de  la  féodalité;  —  Vices  du  régime 
féodal  ;  —  Heureux  effets  du  régime  féodal;  —  Le  Witenagemot  saxon; 

—  Origine  de  la  Chambre  des  communes  ;  —  Origines  des  libertés  com- 
munales. 

En  1881-82,  on  a  organisé,  dans  l'université  de  John  Hopkins,  une 
bibliothèque  spéciale  pour  l'étude  de  l'histoire,  dans  un  local  situé  à 
côté  de  la  salle  de  cours.  On  a  acheté  notamment,  pour  cette  biblio- 
thèque, les  livres  et  les  manuscrits  de  Bluntschli,  professeur  de  droit 
constitutionnel  et  international  à  Heidelberg.  Mais  on  a  voulu  surtout 
réunir  tout  ce  qui  peut  servir  à  l'histoire  constitutionnelle  et  écono- 
mique du  Nouveau-Monde,  notamment  les  travaux  sur  les  écoles,  les 
églises,  les  institutions  de  bienfaisance,  les  manufactures,  l'industrie, 
les  statuts  municipaux,  les  taxes,  la  législation  et  la  réglementation  de 
chaque  État. 

Les  professeurs  sont,  en  effet,  convaincus  que  l'histoire,  comme  la 
charité,  doit  commencer  par  le  Home.  En  étudiant  successivement  la 
famille,  le  hameau,  le  village,  la  paroisse,  la  ville,  la  province,  on  arri- 
vera peu  à  peu  à  se  faire  une  idée  exacte  de  la  vie  nationale  et  interna- 
tionale du  peuple  tout  entier.  C'est  par  une  série  de  monographies 
locales  qu'on  peut  arriver  à  l'histoire  générale.  On  veut  donc,  avant 
tout,  former  des  spécialistes  ;  les  généralisateurs  viendront  plus  tard. 
Dans  l'étude  de  l'histoire,  comme  dans  l'étude  de  la  géographie,  on  ne 
doit  pas  commencer  par  l'histoire  des  dynasties  de  Thèbes  ou  des  rois 
d'Assyrie,  ni  par  l'étude  de  la  vallée  du  Nil  ou  de  l'Euphrate,  mais 
bien  par  l'histoire  et  la  géographie  du  pays  qu'on  habite. 

n. 

La  deuxième  partie  du  volume  de  M.  Herbert  Adams  est  consacrée 
à  l'exposé  des  «  Nouvelles  méthodes  suivies  dans  les  études  histo- 
(i  riques.  »  Il  en  distingue  quatre  :  la  méthode  locale  ou  spécialiste 
{Topical  Mcthod)  ;  —  la  méthode  comparative  ;  —  la  méthode  coopérative; 

—  la  méthode  des  conférences  {Seminaria,  ou  laboratoires  historiques). 
1°  La  Méthode  locale,  suivie  avec  succès  par  M.  Tyler,  dans  l'univer- 
sité de  Cornell,  et  par  M.  Hart,  dans  l'université  de  Harvard,  se  préoc- 
cupe moins  de  faire  des  historiens  que  de  bons  citoyens  et  des  hommes 
d'État.  Elle  se  préoccupe  surtout  de  ce  qui  doit  intéresser  le  plus  l'étu- 
diant, c'est-à-dire  l'histoire  de  son  pays. 

2"  La  Méthode  comparative,  qui  a  produit  de  si  heureux  résultats  dans 


353 

l'étude  de  la  philologie,  de  la  législation,  des  religions  et  des  institu- 
tions, ne  saurait  être  moins  utile  pour  l'histoire  générale  et  spéciale- 
ment pour  l'histoire  littéraire.  On  l'a  beaucoup  pratiquée  dans  les 
collèges  de  Smith  et  de  Harvard. 

3°  La  Méthode  coopérative  a  pour  but  de  substituer  le  travail  collectif 
au  travail  individuel,  qui  ne  peut  suffire  pour  une  étude  aussi  vaste  que 
celle  de  l'histoire.  C'était  la  méthode  de  l'ancienne  école  bénédictine,  et 
elle  n'a  point  cessé  de  produire  de  bons  effets  en  Amérique  comme  en 
Europe.  Dans  l'enseignement,  elle  consiste  à  répartir  les  diverses  parties 
d'un  cours  entre  les  élèves,  et  à  charger  chacun  d'eux  d'étudier  un 
point  donné  et  d'exposer  oralement  et  par  écrit  le  résultat  de  ses 
recherches.  Chaque  élève  doit  encore  résumer  de  vive  voix  les  princi- 
paux travaux  publiés  sur  la  question  dont  il  a  été  chargé. 

Voici,  pour  l'histoire  du  moyen  âge,  les  principaux  sujets  qui  ont  été 
ainsi  traités,  par  des  élèves  distincts,  dans  l'université  de  J.  Hopkins, 
pendant  l'année  1883-84  : 

Influence  des  institutions  romaines  sur  l'église  et  le  droit  canonique; 

—  Léon  le  Grand  ;  —  Rapports  de  Charlemagne  avec  la  papauté  ;  —  Le 
saint  empire  romain  dans  ses  rapports  internationaux;  —  Grégoire VII 
et  la  comtesse  Mathilde  ;  —  Les  Normands  en  Sicile  ;  —  Frédéric  Bar- 
berousse  et  ses  rapports  avec  l'Italie;  —  Arnaud  de  Brescia  ;  —  Les 
conflits  entre  l'Empire  et  la  Papauté  ;  —  Les  grands  conciles  du  xv''  s.  ; 

—  La  Grèce  au  moyen  âge  ;  —  Les  travaux  de  Poggio  sur  les  antiquités 
romaines,  et  ses  découvertes  de  manuscrits  des  auteurs  classiques;  — 
Le  De Monarchia  de  Dante;  —  L'action  de  Pétrarque  sur  la  renaissance 
littéraire;  —  Influence  de  Boccace  sur  la  littérature;  —  L'académie 
Platonique  à  Florence;  —  César  Borgia;  —  Lucrèce  Borgia;  — 
Machiavel  ;  —  Savonarole  ;  —  Alexandre  VI  ;  —  Léon  X  ;  —  La  vie 
monastique  sous  les  Mérovingiens;  —  Les  Normands;  —  Lanfranc  et 
Anselme;  —  Les  cathédrales  du  moyen  âge;  —  Les  chroniques;  — 
Croisade  des  Albigeois  ;  —  Ordres  religieux  et  militaires  ;  —  Froissart  ; 

—  Comparaison  de  Louis  XI  avec  Henri  VII  et  Ferdinand  d'Aragon  ; 

—  Les  états  généraux  de  1468  et  1484. 

Pour  la  rédaction  des  travaux  écrits  ou  Thèses,  que  chaque  élève  doit 
fournir,  M.  Hart  donne  les  conseils  suivants  : 

A.  Choisir  un  sujet  qui  intéresse  l'élève,  mais  aussi  limité  que  pos- 
sible ; 

B.  Dresser  une  liste  des  travaux  à  consulter  ; 

C.  Les  dépouiller  soigneusement  sur  fiches  distinctes,  ne  contenant 
chacune  qu'un  seul  point,  et  indiquant  très  exactement  le  nom  de  lau- 
teur,  le  volume  et  la  page  ; 

D.  Faire  un  plan  du  travail  indiquant  les  points  principaux  qu'on 
doit  traiter  et  leurs  sous-divisions  ; 

E.  Dresser  un  tableau  chronologique  des  faits  ; 


354 

F.  Ranger  ses  fiches  dans  l'ordre  de  ce  plan  ;  choisir  entre  l'ordre 
rigoureusement  chronologique,  ou  l'ordre  méthodique,  ou  un  ordre 
mixte  ; 

G.  Rédiger  la  thèse.  —  On  aura  soin  d'en  bien  établir  les  propor- 
tions ;  d'y  introduire  les  citations  les  plus  importantes,  —  et  de  faire 
des  renvois  exacts  pour  les  points  de  fait  dignes  d'attention  ; 

H.  Donner  une  bibliographie  des  sources,  avec  des  remarques  som- 
maires sur  ce  qu'elles  offrent  de  plus  intéressant. 

4"  Méthode  des  conférences  [Seminaria,  Laboratoires  d'histoire). 

M.  Herbert  Adams  fait  remarquer  que  cette  méthode  et  son  nom  ont 
été  empruntés  à  l'enseignement  de  la  théologie  dans  l'église  romaine. 
Les  Seminaria  des  universités  modernes  ne  font  que  continuer  les  tra- 
ditions de  la  scolastique  dans  l'enseignement  de  la  philosophie.  On  a 
repris  d'abord  cette  antique  méthode  pour  la  philologie  :  c'est  le  sémi- 
naire de  philologie,  fondé  en  1733  à  Gottingue,  par  le  fameux  latiniste 
Gessner,  qui  a  été  le  modèle  de  tous  les  autres. 

Dans  les  sciences  historiques,  la  première  institution  de  ce  genre  est 
la  conférence  d'histoire  {Exercitationes  historicsB)  organisée  vers  1830  par 
L.  de  Ranke,  qui  a  formé  une  nouvelle  école  d'historiens  parmi  lesquels 
on  remarque  Waitz,  Giesebrecht,  Wattenbach,  de  Sybel,  Ad.  Schmidt, 
Duncker. 

Le  séminaire  historique  de  Heidelberg,  dirigé  par  M.  Erdmannsdoerffer, 
ne  compte  que  six  élèves,  qui  se  réunissent  une  fois  par  semaine  chez 
leur  professeur.  Dans  cette  réunion,  qui  dure  deux  heures,  on  explique 
un  texte  d'un  historien  du  moyen  âge.  Chacun  des  membres  préside 
tour  à  tour  la  conférence,  sous  la  direction  du  professeur,  qui  indique  les 
questions  sur  lesquelles  la  discussioQ  doit  porter;  en  outre,  il  donne 
souvent  à  chaque  élève  des  sujets  particuliers  à  étudier  et  à  traiter  dans 
la  conférence. 

Rluntschli,  professeur  de  droit  constitutionnel  et  international  dans 
la  même  université,  dirigeait  une  conférence  d'histoire  moderne  qui  se 
réunissait  deux  heures  chaque  semaine  dans  une  des  salles  de  l'uni- 
versité. 

Le  séminaire  historique  de  Bonn,  institué  en  1865,  est  le  plus  floris- 
sant de  l'Allemagne,  parce  qu'il  a  été  généreusement  doté  par  le  pro- 
fesseur W.  Pùtz.  Sur  les  revenus  de  ce  legs,  des  bourses  de  750  francs 
sont  accordées  à  trois  élèves  qui  veulent  se  consacrer  pendant  deux  ans 
à  l'étude  de  l'histoire  ou  de  la  géographie. 

Le  séminaire  est  divisé  en  quatre  sections,  et  administré  par  les 
quatre  professeurs  qui  dirigent  les  sections.  Chacune  d'elles  ne  peut 
comprendre  plus  de  douze  élèves.  Les  réunions  ont  lieu  une  fois  par 
semaine,  de  5  à  7  heures  du  soir.  Le  séminaire  a  une  bibliothèque  bien 
composée,  que  surveille  un  des  élèves.  A  Bonn,  comme  dans  les  autres 
séminaires  allemands,  chaque  élève  n'a  guère  qu'un  sujet  à  traiter  par 


355 

semestre.  Un  ou  deux  critiques  (Referentes)  sont  spécialement  chargés 
de  contrôler  chaque  thèse,  qui  est,  du  reste,  très  longuement  el  très 
librement  discutée  par  tous  les  étudiants  de  la  section. 

Les  principaux  travaux  des  séminaires  allemands  sont  publiés  dans 
diverses  publications  :  Historische  Studien,  publiées  par  une  association 
de  professeurs;  —  Giessener  Studien  aiif  dem  Gebiet  der  Geschichte,  édité 
par  W.  Oncken  ;  — ■  Ilallesche  Abkandlungen  zur  GescJn'clUe,  publié  par 
G.  Droysen  ;  —  Die  historischen  Uebungen  zu  Gœttingen,  par  G.  Waitz. 

En  Belgique ,  le  premier  séminaire  historique  a  été  institué  par  le 
professeur  Kurth,  à  Liège,  en  1874-75.  Ce  séminaire  s'occupe  spéciale- 
ment de  l'histoire  du  moyen  âge.  Le  travail  y  est  divisé  en  deux 
sections.  Dans  la  première,  on  étudie  les  méthodes  historiques,  les 
principes  de  la  critique,  et  on  fait  des  exercices  pratiques  sur  l'emploi 
des  sources  originales.  Dans  la  seconde  partie,  on  traite,  d'une  manière 
très  approfondie,  des  questions  importantes.  Parmi  les  thèses  les  plus 
remarquables,  on  peut  citer  une  étude  sur  Grégoire  de  Tours  et  les 
études  classiques  au  vi*  s.  ;  —  les  origines  de  la  ville  de  Liège  ;  —  les 
invasions  des  Normands  dans  le  diocèse  de  Liège. 

A  Paris,  les  séminaires  historiques  sont  organisés  à  l'Ecole  pratique 
des  hautes  études,  sous  l'intelligente  direction  de  M.  G.  Monod,  et  aussi, 
dans  une  certaine  mesure,  à  l'Ecole  des  chartes,  bien  que  cette  dernière 
institution  ait  plutôt  pour  objet  de  préparer  des  archivistes  et  des 
bibliothécaires  que  de  former  des  historiens.  Elle  a  cependant  la  bonne 
fortune  de  pouvoir,  tout  à  la  fois,  remplir  le  but  principal  de  son  insti- 
tution et  contribuer  puissamment  aux  progrès  de  l'érudition. 

En  Amérique,  le  séminaire  le  mieux  organisé  est  celui  que  dirige  au 
collège  de  Harvard  M.  Henri  Adams.  Dans  ces  dernières  années,  on  y 
a  étudié  notamment  les  lois  romaines  et  les  lois  anglo-saxonnes  ;  — 
l'Eglise  et  l'État  au  moyen  âge  ;  —  l'histoire  des  colonies  anglaises  en 
Amérique;  —  l'histoire  constitutionnelle  de  l'Angleterre  ;  —  la  condi- 
tion des  terres  en  Angleterre,  en  France  et  en  Irlande  ;  —  le  bimétal- 
lisme ;  —  les  doctrines  protectionnistes. 

Le  séminaire  de  l'université  de  J.  Hopkins  étudie  plus  spécialement 
l'histoire  politique  et  économique  du  Nouveau-Monde.  Les  travaux  les 
plus  importants  de  ce  séminaire  ont  été  publiés  dans  les  revues  de 
l'Amérique,  ou  en  volumes.  Les  écrits  de  M.  Henry  Maine,  bien  connus 
en  France,  peuvent  donner  une  idée  très  exacte  de  la  direction  que  les 
études  historiques  reçoivent  à  Baltimore  dans  l'université  de  John 
Hopkins.  Ad.  Tardif. 

Exempla  codicum  Amplonianorum  Erfurtensium  sxculi  IX-XV. 
Herausgegeben  von  Wilhelm  Schu.m.  Berlin,  Weidmannsche 
Buchhandlung,  -1882.  In-folio  de  28  pages  et  de  xxiv  planches. 
La  bibliothèque  royale  d'Erfurt  renferme  un  millier  de  manuscrits, 


356 

provenant  la  plupart  de  la  collection  d'Amplonius  Ratink,  mort  à 
Cologne  en  1435.  Les  principaux  ont  été  passés  en  revue  par  Frédéric 
Kritz,  dans  un  opuscule  intitulé  De  codicibus  bibliothecw  Amplonianse 
Erfurtensis  potiorihiis  (Erfurti,  1850,  m-i°  de  50  pages).  M.  Willielm 
Schum  a  choisi  dans  ces  manuscrits  55  pages,  qu'il  a  fait  reproduire  sur 
24  planches  héliotypiques  et  dont  il  a  donné  le  déchiffrement  avec  des 
notices  explicatives.  Le  choix  a  été  fait  avec  beaucoup  de  discernement; 
il  a  porté  en  grande  partie  sur  des  manuscrits  à  dates  certaines,  et  la 
publication,  telle  que  l'auteur  l'a  comprise  et  exécutée,  est  fort  utile 
pour  l'étude  de  l'écriture  des  manuscrits  des  différents  pays  de  l'Europe, 
du  ix^  siècle  au  commencement  du  xv". 

Entre  les  manuscrits  que  nous  a  fait  connaître  M.  W.  Schum ,  je 
signalerai  ceux  qui,  en  raison  de  leur  origine  ou  de  leur  contenu,  ont 
un  intérêt  particulier  pour  la  France. 

Sous  le  n»  12,  le  commencement  de  la  chanson  de  croisade  «  Cheva- 
lier mult  estes  guariz...,  »  dont  notre  confrère  M.  Paul  Meyer  a  publié 
des  fragments  dans  son  Recueil  d'anciens  textes  bas  latins,  provençaux  et 
français,  p.  366  et  367. 

Sous  les  n°s  17  et  18,  deux  pages  d'un  manuscrit  dont  la  nature  est 
suffisamment  indiquée  par  la  souscription  finale  :  «  Explicit  liber  de 
naturalibus  animalium  Avicenne,  scriptus  a  Johanne  de  Suesione, 
nepote  prespiteri  Sancti  Vedasti  de  Bisacla  juxta  Atrebatum,  ad  exem- 
plar  magistri  Bernardi  Columbi  in  Monte  Pessulano.  Anno  Domini 
M»  CC°  LVIII,  feria  tercia  post  festum  beati  Nicholai  completus  fuit.  » 
—  Sanctus  Vedastus  de  Bisacla  juxta  Atrebatum  doit  répondre  à  Biache- 
Saint-Vaast,  commune  du  canton  deVitri,  dans  l'arrondissement  d'Arras. 

Sous  le  n"  19,  fin  d'un  commentaire  de  Galien,  dont  la  souscription, 
tracée  en  apparence  d'une  façon  très  nette,  présente  cependant  quelques 
difficultés  de  lecture  :  «  Explicit  commentum  Galieni  super  signis  pro- 
nosticis  domini  gloriosimi  {sic)  Ypocratis...  Anno  Christi  MoCC°LX°, 
xvi»  kalendas  junii.  A.  de  Trullariis  clericus  Perpiniani  m.  fecit  1.  In 
mense  madii  fuerunt  signa  ista  pronostica  cum  comento  composita  et 
post  componet.  Iste  qui  m.  composuit  clericus  novus  in  hac  sciencia 
anno  primo.  » 

Sous  le  n°  31,  dernière  page  d'un  Doctrinal  glosé  :  «  Explicit  Doc- 
trinale magistri  Alexandri  de  Villadei  in  Eustria  {sic).  Deo  gratias. 
Amen.  Actum  anno  Domini  M"  CCC"  IIIIo,  feria  tercia  post  Assump- 
tionem  béate  Marie  Virginis,  a  Naudino  de  Ouche  clerico.  » 

Sous  le  n»  35,  fragment  d'un  recueil  médical  :  «  Explicit  liber  Joanis 
de  Sancto  Amando  supra  antidotarium.  Deo  gratias.  Die  lune  ante  fes- 
tum béate  Marie  febroarii,  anno  Domini  M»  CCC'"°  et  XXXIII.  Aquis 
Mortuis.  J.  Bartol.  » 

Sous  le  n»  37,  fin  d'un  traité  de  déchant  :  «  Explicit  compendium 
de  discantu  musicali,  compilatum  a  fratre  Petro  dicto  Palnia  Ociosa, 


357 

oriundo  de  Bernard!  Villa  in  Pontivo,  monacho  ecclesie  Sancte  Marie 
Cari  Gampi,  Cysterciencis  ordinis,  Ambianensis  dyocesis,  anno  ab  incar- 
natione  Domini  nostri  Jhesu  Ghristi  133G.  » 

Sous  le  n°  41,  dernière  page  d'un  traité  portant  ce  titre  final  :  «  Expli- 
ciunt  questiones  supra  tertium  de  anima,  reportate  a  magistro  Balduino 
de  Spernaco.  » 

L.  Delisle. 

Deutsche  Verfassungsgeschichte,  Vierten  Handcs  erste  Abtheilung. 
Die  Verfassung  des  Fraenkischen  Reichs  von  Georg  Waitz.  Dril- 
ten  Bandes  ersle  Abtheilung.  Zweite  x\utlage.  Berlin,  •1884. 

L'ouvrage  capital  de  M.  George  V-^aitz  est  trop  connu  et  trop  estimé 
du  monde  savant  pour  réclamer  une  appréciation  nouvelle.  En  annon- 
çant le  volume  que  vient  de  publier  l'éminent  et  infatigable  historien, 
nous  nous  proposons  seulement  de  donner  quelques  indications  biblio- 
graphiques qui  peuvent  être  utiles  à  nos  lecteurs. 

Le  premier  volume  de  cette  grande  histoire  des  institutions  de  l'Alle- 
magne jusqu'à  la  moitié  du  xn^  siècle,  et  de  la  France'  sous  les  deux 
premières  races,  a  été  publié  en  1844.  Il  porte  pour  titre  :  Deutsche 
Verfassungsgeschichte,  et  il  traite  des  Germains  avant  les  invasions 
du  v"  siècle.  Deux  ans  après  (1846),  paraissait,  comme  complément  de 
ce  volume,  une  étude  d'une  grande  valeur  sur  l'ancien  droit  des  Francs 
Saliens  [Das  altc  Recht  der  Salischen  Franken,  in-8°,  304  p.). 

Le  tome  II  de  la  Deutsche  Verfassungsgeschichte  est  de  l'année  1847 
(668  p.).  Dans  la  table  des  matières  se  trouve  indiquée  une  grande 
division  qui  deviendra  plus  tard,  avec  une  modification,  le  titre  de  la 
série  consacrée  à  l'histoire  de  notre  pays  :  Die  Deutsche  Verfassung  im 
FraenkiscJien  Reich.  Ge  volume  traite  des  institutions  mérovingiennes. 

Les  tomes  III  et  IV  (1860,  534  p.;  1861,  619  p.)  portent  le  même 
titre,  ainsi  que  la  même  rubrique  dans  la  table  des  matières.  Ils  sont 
consacrés  à  l'époque  carolingienne. 

Le  tome  V  (gr.  in-8°,  1874)  forme  le  premier  volume  de  la  série  pro- 
prement allemande,  et  il  est  intitulé  :  Die  Deutsche  Reichsverfassung  von 
(1er  Mitte  des  neunten  bis  zur  Mitle  des  zwœlftcn  Jahrhunderts,  1.  Bajid. 
—  Deutsche  Verfassungsgeschichte,  5.  Band.  Le  quatrième  et  dernier  tome 
de  cette  série  est  de  l'année  1878. 

Tout  en  ajoutant  de  nouveaux  volumes  à  son  reuvre,  M.  G.  Waitz 
révisait  scrupuleusement  les  anciens. 

En  1865,  il  donnait  une  deuxième  édition  de  son  tome  I'^''  (gr.  in-S", 
496  p.);  en  1870,  une  deuxième  édition  de  son  tome  II;  en  1882,  une 
troisième  édition  de  ce  même  volume,  mais  en  deux  tomes  de  430  et 
450  p.,  qui  commencent  une  série  exclusivement  consacrée  au  royaume 
de  France;  ils  portent  pour  titre  :  Die  Verfassung  der  Fraenkischen  Reichs. 


358 

En  1883,  paraissait  la  deuxième  édition  du  tome  III  de  l'ouvrage 
général,  tome  II  de  la  série  franque  (648  p.)  ;  et,  enfin,  nous  venons  de 
recevoir  la  première  partie  de  la  deuxième  édition  du  tome  IV  (tome  III 
de  la  série  franque  ;  1884,  364  p.). 

Cette  livraison  comprend  le  chapitre  vi,  qui  traite  de  l'administration 
en  général,  et  le  chapitre  vu,  où  l'auteur  étudie  les  bénéfices,  la  vassa- 
lité, les  immunités  et  la  condition  des  personnes  sous  la  seconde  race. 

Le  chapitre  vi  avait,  dans  la  première  édition,  150  pages  petit  in-8''; 
dans  la  nouvelle  édition,  qui  est  d'un  plus  grand  format,  il  en  compte 
176.  Le  chapitre  vu  a  été  porté  de  154  p.  à  188. 

Les  additions  se  trouvent  presque  exclusivement  dans  les  notes,  qui 
ont  pris  un  très  grand  développement. 

Des  chapitres  aussi  étendus,  sans  aucune  sous-division,  paraissent 
bien  longs  à  des  lecteurs  français,  dont  l'esprit,  éminemment  analytique, 
a  besoin  de  plus  de  clarté  qu'on  n'en  désire  en  Allemagne.  On  ne 
demandera  pas,  sans  doute,  à  la  science  moderne,  d'employer  la  forme 
hachée  de  V Esprit  des  lois  ;  mais,  si  M.  G.  Waitz,  dont  la  phrase  claire  et 
précise  nous  rappelle  l'exposition  de  Fr.  de  Savigny,  voulait  bien  mettre 
un  peu  plus  d'air  dans  son  histoire  de  nos  institutions,  elle  serait 
encore  plus  goûtée  en  France.  Souhaitons,  du  reste,  que,  malgré  les 
travaux  multipliés  et  les  préoccupations  que  lui  impose  aujourd'hui  la 
direction  des  Monumenta  Germaniae  historica,  ce  savant  éminent  puisse 
mettre  la  dernière  main  à  une  œuvre  si  laborieusement  et  si  heureuse- 
ment conduite  pendant  un  demi-siècle. 

Ad.  Tardif. 

Nous  ajouterons  une  dernière  indication  de  détail,  qui  peut  être 
utile  aux  bibliographes  : 

De  1860  à  1882  inclusivement,  l'ouvrage  de  M.  G.  Waitz  a  été  publié 
à  Kiel  par  Ernst  Homann,  et  imprimé  à  Goettingue  chez  W.  Fr.  Kaestner. 

Mais  la  preraière  partie  du  t.  II  et  la  première  partie  du  t.  III  de  la 
deuxième  édition  de  la  Verfassung  des  Frwnkischen  Reidis  (t.  III  et  IV 
de  la  Deutsche  Verfassungsgeschichte)^  parues  en  1883  et  1884,  ont  été 
publiées  par  la  maison  Weidmann  de  Berlin  et  imprimées  aussi  à 
Berlin,  chez  G.  Bernstein,  pour  la  couverture,  le  faux  titre  et  le  titre 
seulement. 

Au  contraire,  la  deuxième  partie  du  tome  II  de  la  VFRs  (t.  III, 
2«  partie  de  la  DVG.)  porte  le  nom  du  libraire  Homann,  à  Kiel,  comme 
les  volumes  antérieurs  à  l'année  1883. 

La  Chevalerie,  par  Léon  Gautier.  Paris,  V.  Palmé,  ^884.  Gr.  in-S», 
de  xv-788  pages. 

Il  serait  impossible  d'étudier  ici,  même  brièvement,  tout  ce  que  con- 
tient au  point  de  vue  de  l'histoire,  de  la  littérature  et  de  l'archéologie 


359 

le  nouvel  ouvrage  de  M.  L.  Gautier.  Aujourd'hui,  du  reste,  beaucoup 
de  personnes  le  connaissent  ou  en  ont  pu  lire  des  analyses.  Les  cri- 
tiques ont  fait  ressortir  ce  que  présente  d'intéressant  ce  mode  d'expo- 
sition qui,  dans  l'histoire  d'un  chevalier,  résume  celle  de  la  chevalerie 
tout  entière,  et  qui  peint  l'institution  même,  en  faisant  vivre  à  nos  yeux 
un  de  ses  représentants.  Depuis  la  naissance  jusqu'à  la  mort,  chaque 
épisode  de  la  vie  du  baron  donne  lieu  à  des  éclaircissements,  à  des 
détails  précieux,  résumé  des  textes  du  moyen  âge,  et  fruits  d'une  con- 
naissance approfondie  de  toute  la  littérature  épique  de  notre  vieille 
France.  On  a  loué  aussi  le  style,  net  et  coloré,  vraiment  original,  qui 
rehausse  cette  abondante  érudition,  et  l'on  a  conclu  en  admirant  le 
souffle  d'élévation  et  de  sincérité  qui  anime  et  vivifie  cette  peinture  de 
la  vie  du  moyen  âge. 

Nous  voudrions  insister  ici  sur  le  côté  archéologique  de  l'œuvre,  et 
indiquer  quelques-uns  des  points  que  l'auteur  a  étudiés  de  plus  près. 
Le  cadre  restreint  choisi  par  lui,  la  seule  époque  de  Philippe- 
Auguste,  lui  permettait  une  grande  précision  dans  l'étude  des  monu- 
ments, et  il  est  difficile  d'en  donner  une  idée  plus  juste  et  plus  complète. 
Partout  les  textes  des  chansons  de  geste  sont  cités  comme  les  témoins 
les  plus  autorisés,  et  M.  L.  Gautier  s'en  est  habilement  servi  pour 
relever  quelques  erreurs  trop  courantes,  ou  pour  élucider  certaines 
questions  obscures  et  douteuses.  Il  n'a  du  reste  pas  négligé  les  travaux 
des  archéologues,  et  c'est  avec  plaisir  que  nous  trouvons  formulées 
les  opinions  si  sûres,  et,  nous  ajouterons,  souvent  inédites,  de  notre 
illustre  maître  Jules  Quicherat.  N'oublions  pas  de  mentionner  qu'un 
certain  nombre  de  reproductions  anciennes  ou  de  figures  techniques 
bien  choisies  éclaircissent  le  texte. 

Parmi  les  études  spéciales  éparses  dans  le  volume,  nous  signalerons 
surtout  :  au  chapitre  v,  les  cuves  baptismales  (p.  106).  —  Ghap.  vin, 
Vadoiibement  et  les  armes  du  nouveau  chevalier  (p.  309).  —  Ghap.  xi, 
le  costume  civil  (p.  401).  —  Ghap.  xii,  l'histoire  du  château  fortifié,  du 
ixe  au  xire  siècle  (p.  459);  — les  prisons,  le  palais,  le  perron  (p.  518). — 
Ghap.  XIV  (p.  570),  la  description  intérieure  des  salles  du  château,  les 
peintures,  sculptures,  cheminées,  meubles,  carrelages.  —  Ghap.  xv 
(p.  599),  celle  de  la  salle  du  festin,  les  tapisseries,  vitraux,  tables, 
sièges,  couverts.  —  Ghap.  xvi  (p.  651),  les  jeux  de  calcul,  les  instru- 
ments de  musique.  —  Ghap.  xvii  (p.  684),  les  tournois.  —  Ghap.  xviii 
(p.  705),  le  costume  de  guerre,  le  camp,  un  siège  de  ville  (p.  758).  — 
Ghap.  XIX,  les  funérailles  (p.  777). 

Quant  aux  notes,  souvent  fort  étendues,  elles  fournissent  les  textes, 
cités  d'une  façon  très  précise,  et  discutent  les  conclusions  à  en  tirer. 
Deux  surtout  doivent  être  mises  hors  de  pair,  car  ce  sont  des  disser- 
tations complètes.  L'une  traite  du  costume  civil,  féminin  et  masculin, 
dans  la  seconde  moitié  du  xii^  siècle  (p.  401-417).  L'autre,  qui  n'a 


360 

pas  moins  de  32  pages,  étudie  beaucoup  plus  eu  détail  encore  le  costume 
de  guerre  (p.  705-722),  le  cheval  et  son  harnais  (p.  722-735),  et  les 
campements  (p.  735-737).  Il  faut  remarquer  l'ordre  et  la  clarté  qui 
régnent  dans  ces  notices  ;  chaque  pièce  étudiée  forme  une  division,  et 
les  diverses  propositions  sont  numérotées.  L'auteur  ne  décrit  pas  seu- 
lement le  vêtement  ou  l'arme  et  sa  composition,  mais  explique  l'usage 
qu'on  en  faisait,  les  manières  diverses  dont  on  le  portait.  Il  est  arrivé 
souvent  de  la  sorte  à  des  définitions  et  à  une  représentation  des  choses, 
plus  vraies  et  plus  naturelles  qu'on  ne  les  avait  généralement  présentées. 

Ainsi  la  question  du  bliaut  (p.  404),  qu'il  divise  en  simple  ou  composé  : 
dans  ce  dernier,  presque  uniquement  porté  par  les  femmes,  l'auteur 
distingue  trois  éléments  :  le  corsage,  la  jupe  et  la  pièce  du  milieu, 
sorte  de  large  ceinture  réunissant  les  deux  autres  parties.  Cette  expli- 
cation, d'accord  avec  la  grande  majorité  des  textes,  permet  de  ne  pas 
recourir  à  l'emploi,  combiné  avec  celui  du  bliaut  simple,  d'une  sorte  de 
justaucorps,  dit  gipe,  moulant  le  buste;  quelques  textes  obscurs  le  jus- 
tifient seuls.  Du  reste,  le  bliaut  composé,  fort  incommode,  était  d'un 
usage  restreint,  les  grands  jours  seulement  ;  en  temps  ordinaire,  c'était 
le  bhaut  simple,  et  encore  pas  toujours.  Quant  à  la  chemise  et  au 
chainse  (p.  402),  dans  le  costume  féminin,  il  faut  décidément  les  distin- 
guer l'un  de  l'autre  :  le  chainse  est  souvent  une  sorte  de  peignoir  traî- 
nant, vêtement  d'intérieur  porté  sur  la  première  chemise.  Chez  les 
hommes  (p.  408),  la  chemise  n'est  pas  tant  une  tunique  de  dessous 
qu'une  vraie  chemise  en  toile  fine  ou  même  en  soie.  Chez  les  femmes, 
elle  est  séparée  du  bliaut  par  le  pelisson  hermin,  usage  extrêmement 
fréquent  qui  n'a  pas  toujours  été  compris. 

Ailleurs  nous  rencontrons  une  étude  sur  la  quintaine  (p.  331),  qui 
n'est  qu'un  pieu  chargé  de  hauberts  et  d'écus  et  fiché  en  terre,  et  non 
pas  une  figure  tournant  sur  pivot  :  les  textes  les  plus  explicites  le 
prouvent,  du  moins  pour  la  France.  Plus  loin  (p.  619-620),  l'auteur 
démontre  que  le  maître-dois  de  la  salle  à  manger,  le  mot  signifie 
uniquement  «  banc  à  dossier  »,  n'est  ni  un  dais  ni  une  estrade,  mais 
un  banc  plus  élevé  que  les  autres,  placé  à  la  table  d'honneur  et  domi- 
nant le  reste  des  convives.  Le  mot  «  dois  »  est  venu  plus  tard  à  signifier 
la  table  même,  point  autre  chose.  Quant  aux  formes,  bancs  inférieurs 
et  mobiles,  ils  n'ont  ni  dossier  ni  dais,  du  moins  au  xii<=  siècle. 

Il  serait  facile  de  multiplier  ces  exemples  ;  qu'il  nous  suffise  d'avoir 
appelé  l'attention  des  lecteurs  sur  bien  des  recherches  qui  passeraient 
facilement  inaperçues  dans  un  ouvrage  aussi  considérable.  Les  glossaires 
à  venir  ne  manqueront  pas  d'en  profiter  maintes  fois  et  pourront  puiser 
sans  crainte.  A  ce  point  de  vue  comme  à  bien  d'autres,  une  bonne 
table  analytique  serait  d'un  précieux  secours;  mais  cette  lacune  est 
près  d'être  comblée  :  ce  n'était  pas  une  omission,  et  il  ne  faut  accuser 
du  retard  que  l'importance  même  de  cette  table.        H.  de  Gurzon. 


3(H 

Girart  de  Roussillon,  chanson  de  geste,  traduite  pour  la  première  fois 
par  Paul  Meter,  membre  de  l'Institut,  professeur  au  Collège  de 
France,  directeur  de  l'École  des  chartes.  Paris,  Champion,  ^884. 
ln-8°,  ccxxxv-35^  pages. 

Girart  de  Roiissillofi  est  à  tons  les  points  de  vue  un  des  poèmes  les 
plus  intéressants  de  notre  ancienne  littérature  ;  c'est  aussi  un  de  ceux 
qui  oft'rent  à  l'éditeur  et  au  traducteur  le  plus  de  difficultés.  Deux  édi- 
tions en  ont  déjà  été  données,  mais  toutes  deux  insuffisantes  en  appellent 
une  troisième.  M.  Paul  Meyer  n'a  pas  voulu  entreprendre  aujourd'hui 
ce  travail  qui,  espérons-le,  n'est  que  différé;  il  s'est  contenté  de  publier 
une  traduction,  qui  permet  cependant  de  se  rendre  compte  d'une  façon 
complète  de  la  valeur  de  l'ouvrage,  de  la  vérité  et  du  naturel  des  per- 
sonnages, de  la  vivacité  du  style  et  de  l'importante  contribution  qu'il 
apporte  à  la  connaissance  du  moyen  âge  français.  Des  notes  explicatives, 
ajoutées  à  cette  traduction,  aident  à  l'intelligence  du  texte  et  renferment 
en  substance  la  solution  de  bien  des  problèmes  philologiques  et  litté- 
raires. 

La  traduction  est  précédée  d'une  longue  introduction,  où  le  traducteur 
traite  toutes  les  questions  qui  se  rattachent  à  Girart  de  Roussillon.  11 
prouve  que  le  héros  du  poème  est  bien  un  personnage  historique,  le 
comte  Girart,  vivant  au  xi«  siècle,  qui,  d'abord  gouverneur  de  la  Bour- 
gogne pour  Lothaire,  devint  plus  tard  administrateur  de  la  Provence  ; 
c'est  ce  même  Girart  qui  fonda  les  monastères  de  Pothières  et  de  Vézelay. 
Quant  à  l'identifier  avec  Girart  de  Vienne  et  Girart  de  Frète,  la  chose 
est  plus  douteuse. 

La  vie  et  les  exploits  du  comte  Girart  ont  dû  certainement,  au 
xi«  siècle,  servir  de  thème  à  une  ancienne  chanson  de  geste  aujourd'hui 
perdue,  mais  dont  nous  retrouvons  des  traces  évidentes  ;  d'autre  part, 
cette  ancienne  chanson  est  la  source  commune  de  la  Vie  latine  (du 
XI*  siècle)  de  Girart  de  Roussillon  et  du  poème  renouvelé  que  nous 
possédons. 

Ce  renouvellement,  qui  date  de  la  seconde  moitié  ou  du  dernier  quart 
du  xn*  siècle,  est  sans  doute  l'œuvre  d'un  clerc  qui  a  brodé  de  nouveau 
sur  la  matière  légendaire  que  lui  offrait  son  modèle,  de  sorte  que  le 
Girart  épique  n'a  que  peu  de  ressemblance  avec  le  Girart  historique. 
Le  renouveleur  cependant  a  su  tenir  son  poème  en  dehors  des  cycles 
épiques  qui  se  partageaient  dès  cette  époque  la  littérature  du  moyen 
âge,  au  nord  de  la  Loire  ;  sans  emprunter  aux  autres  chansons,  il  leur 
a  fourni  au  contraire,  à  différentes  époques,  soit  un  personnage,  soit  un 
épisode.  Très  populaire  de  bonne  heure,  la  chanson  de  Girart  de  Rous- 
sillon se  trouve  citée  maintes  fois  dans  les  chroniques  et  dans  la  poésie 
provençale  et  française. 

Le  héros  de  la  chanson  est  un  Bourguignon  :  aussi  n'est-il  pas  éton- 


362 

nant  de  voir  au  xiv°  siècle  un  nouveau  poème  en  alexandrins  français, 
dédié  à  Eude  IV,  duc  de  Bourgogne,  s'inspirer  de  la  chanson  du 
xne  siècle  ;  de  même  au  xv«  siècle,  deux  récits  en  prose,  dont  l'un  est 
de  Jean  Vauquelin,  sont  faits  pour  Philippe  le  Bon,  duc  de  Bourgogne. 

Cette  courte  analyse  résume  les  résultats  intéressants  et  nouveaux 
obtenus  par  M.  Meyer  dans  l'étude  historique  de  Girart  de  RoussiUon. 
Dans  le  domaine  linguistique,  la  tâche  n'était  pas  moins  pénible,  et 
M.  Meyer  s'en  est  tiré  avec  autant  de  bonheur,  bien  que  son  rôle  de 
traducteur  lui  permit  presque  de  négliger  l'examen  des  manuscrits  et 
de  la  langue  du  poème.  Les  manuscrits  ou  fragments  de  manuscrits, 
qui  ont  conservé  le  poème,  sont  au  nombre  de  quatre  et  se  divisent  en 
deux  familles,  dont  l'une  renferme  à  elle  seule  trois  manuscrits.  C'est 
cette  famille  dont  M.  Meyer  a  suivi  les  leçons  pour  faire  sa  traduction. 
Nous  avons  toutefois  la  preuve  de  l'existence  d'autres  manuscrits 
aujourd'hui  perdus. 

La  chanson  primitive  était  certainement  écrite  en  langue  d'oc  ;  quant 
à  la  langue  du  renouveleur,  elle  est  assez  difficile  à  déterminer  et  pré- 
sente alternativement  des  formes  qui  semblent  appartenir  tout  autant  à 
la  langue  d'oïl  qu'à  la  langue  d'oc.  M.  Meyer  établit,  par  des  arguments 
suffisants,  que  ces  divergences  n'existaient  pas  dans  la  langue  du  renou- 
veleur :  ce  poète,  originaire  sans  doute  d'une  région  de  la  France 
placée  à  la  latitude  de  Lyon,  plus  sûrement  à  l'ouest,  a  dû  employer 
arbitrairement  des  formes  empruntées  à  la  langue  d'un  pays  voisin. 

Un  glossaire,  riche  en  renvois    et  en  explications,    complète  cet 

ouvrage,  qui,  par  une  heureuse  exception,  s'adresse  aussi  bien  au  grand 

public  qu'aux  érudits  de  profession  :  nous  le  répétons,  espérons  que  ce 

n'est  là  que  le  travail  préparatoire  d'une  nouvelle  édition  de  Girart  de 

RoussiUon. 

Gaston  Raynaud. 


Kaltenbruxner.  Rœmisehe  Studien.  I.  Die  pœpstlichen  Begister  des 
id.  Jahrhunderts  (Études  romaines.  I.  Les  registres  pontificaux  du 
xiii"  siècle).  Innsbruck,  -1884.  In-S",  82  pages.  Extrait  des  31it- 
theilungen  des  Instituts  fiir  œsterreichische  Geschichtsforschung . 

Les  nombreux  volumes  qui  servent  de  sujet  à  ce  mémoire  ne  sont 
pas  tous  connus,  il  s'en  faut  de  beaucoup,  et  surtout  on  n'avait  pas  eu 
jusqu'à  présent  l'occasion  de  les  comparer  tous  entre  eux,  pour  étudier, 
d'un  bout  à  l'autre  du  xiii«  siècle,  les  règles  qui  ont  présidé  à  leur 
rédaction.  Avec  le  soin  minutieux  qui  distingue  ses  précédentes  publi- 
cations sur  la  diplomatique  des  papes,  M.  Kaltenbrunner  a  dépouillé 
d'un  bout  à  l'autre  les  registres  de  Grégoire  X  et  de  ses  premiers  suc- 
cesseurs, soumis  à  un  examen  détaillé  les  suivants,  depuis  Martin  IV 
jusqu'à  Boniface  VIII,  passé  en  revue,  d'une  façon  plus  sommaire,  les 


363 

recueils  laissés  par  les  papes  du  xiiie  siècle  antérieurs  à  1272.  II  com- 
mence par  mettre  à  part  un  certain  nombre  de  volumes,  aujourd'hui 
confondus  avec  les  autres,  et  qu'il  réserve  pour  la  seconde  partie  de 
son  travail;  puis  il  aborde  la  grande  série  des  registres  rédigés  pour 
chaque  pontificat  en  autant  de  livres  qu'il  y  a  d'années  de  règne;  pro- 
cédant par  ordre  de  matières,  il  traite  l'une  après  l'autre  les  questions 
qu'on  peut  se  poser  à  leur  sujet  :  noms  et  travail  des  scribes,  numéros 
portés  par  les  pièces,  pagination  et  réclames,  rubriques,  ornements, 
abréviations  et  coupures,  mode  d'enregistrement,  nature  des  actes 
insérés,  etc.  Ne  pouvant  donner  ici  l'analyse  complète  de  ces  pages 
intéressantes,  je  me  bornerai  à  étudier  tout  à  l'heure  quelques-unes  des 
opinions  particulières  à  l'auteur. 

On  devait  s'attendre,  de  la  part  de  M.  Kaltenbrunncr,  à  d'intéres- 
santes révélations  sur  les  registres  de  Grégoire  X,  qu'il  a  tout  spéciale- 
ment travaillés  ;  et,  en  effet,  il  nous  y  ramène  souvent  (pages  18,  27,  30 
à  32).  Nous  apprenons  que  ces  volumes  ne  donnent  rien  de  la  corres- 
pondance politique  entretenue  par  le  pape  avec  Rodolphe  de  Habs- 
bourg, tandis  qu'ils  renferment  beaucoup  de  pièces  relatives  aux  projets 
de  croisades,  de  lettres  à  Simon,  cardinal  de  Sainte-Cécile  et  légat  en 
France  ;  à  côté  du  recueil  général,  où  certaines  périodes  de  ce  pontifi- 
cat sont  à  peine  représentées  (p.  32),  se  rencontre  un  essai  de  registre 
qui  sort  des  conditions  ordinaires,  et  auquel  on  n'a  pas  donné  suite 
ip.  30-31);  inséré  entre  la  deuxième  et  la  troisième  année  de  Gré- 
goire X  dans  le  tome  XXXVII  des  Archives  (folios  115  à  124),  ce  frag- 
ment, qui  par  son  écriture  et  son  apparence  générale  rappelle  les 
registres  ordinaires,  porte  une  rubrique  spéciale  ;  le  nom  et  le  titre  du 
pape  y  figurent  en  tête  de  chaque  lettre;  on  y  rencontre  enfin  de.s 
pièces  qui  ont  également  été  transcrites  dans  le  grand  registre. 

M.  Kaltenbrunner  a  reconnu  que  la  série  actuelle  des  registres  con- 
servés aux  archives  du  Vatican  renferme  un  certain  nombre  do  volumes 
qui  ne  doivent  pas  être  confondus  avec  les  autres,  dont  ils  diffèrent  par 
l'origine,  le  mode  de  composition  et  les  caractères  extérieurs.  On  sait 
que  pendant  tout  le  xin«  siècle,  et  longtemps  après,  la  chancellerie 
romaine  a  travaillé  sans  relâche  à  la  rédaction  d'une  série  continue  de 
registres  ;  cette  grande  collection,  poursuivie  avec  une  régularité  très 
remarquable  à  travers  tous  les  règnes,  malgré  les  guerres  et  les  chan- 
gements de  résidence,  a  pour  divisions  les  pontificats  successifs  ;  cha- 
cun d'eux  comprend  un  nombre  de  livres  correspondant  aux  années  de 
règne.  A  part  quelques  exceptions,  qui  se  rencontrent  surtout  au  com- 
mencement du  siècle,  on  ne  trouve  dans  ces  volumes  que  des  change- 
ments lents  et  progressifs.  Partout  la  même  écriture  de  chancellerie, 
régulière  et  lisible,  les  mêmes  rubriques,  ou  plutôt  les  mêmes  adresses, 
abrégées  et  tracées  en  rouge  en  tête  des  pièces  d'après  des  notes  écrites 
le  long  des  marges  ;  dans  chaque  année,  l'ordre  chronologique  n'est 


364 

qu'approximatif;  les  dates,  les  formules  présentent  toujours  les  mêmes 
abréviations,  et,  quand  on  mentionne  des  actes  sans  en  donner  le  texte, 
c'est  conformément  à  des  règles  qui  changent  peu.  Que  l'on  passe  d'un 
registre  d'Innocent  IV  ou  d'Alexandre  IV  à  un  volume  de  Boni- 
face  VIII,  on  retrouvera  la  persistance  d'une  tradition  lentement  modi- 
fiée en  certains  points,  et  conservée  dans  bien  des  cas  avec  une  fidélité 
qui  étonnerait,  si  on  ne  se  savait  à  la  chancellerie  des  papes.  En  par- 
courant, pour  le  xiii^  siècle,  cette  longue  suite  de  volumes  qui  ont  tou- 
jours le  même  air  de  famille,  M.  Kaltenbrunner  a  distingué  des  recueils 
qui  n'appartiennent  pas  à  la  grande  série  des  registres,  entre  autres  des 
collections  de  lettres  politiques  et  des  registres  de  la  chambre  aposto- 
lique. En  voici  l'énumération. 

Recueils  de  correspondance  politique.  Registres  XXX,  XXXIII, 
XXXIV,  XXXV  et  XXXVI  des  archives  (p.  48-50);  lettres  de 
Clément  IV,  grand  recueil  où  l'on  trouve  surtout  des  pièces  d'in- 
térêt politique.  Ces  volumes  ne  sont  pas  divisés  selon  les  années 
du  pontificat;  dans  aucun  d'eux  on  ne  rencontre  l'écriture,  le  mode 
de  composition,  l'ornementation,  les  index  propres  aux  registres 
ordinaires,  dont  fait  partie  le  tome  XXXII,  recueil  authentique 
de  Clément  IV.  Les  titres  ne  rappellent  en  rien  ceux  qui  se  lisent 
sur  les  volumes  de  la  chancellerie  ;  ces  recueils  de  lettres,  confondus 
aujourd'hui  dans  la  grande  collection  de  documents  administratifs  qui 
se  rédigeait  année  par  année,  sont  postérieurs  à  Clément  IV;  on 
retrouve,  en  eflét,  dans  le  tome  XXX,  une  bulle  de  Boniface  VIII 
en  date  du  16  février  1300  ;  M.  Kaltenbrunner  signale  dans  le  t.  XXXVI 
des  additions  dues  à  quatre  mains  différentes,  et  qui  s'étendent  jus- 
qu'à Boniface  VIII  et  Jean  XXII;  ces  manuscrits  dérivent  sans  doute 
d'un  recueil  émané  de  la  chancellerie  apostolique. 

Le  volume  d'Innocent  III  connu  sous  le  nom  de  Regislrum  domini 
Innocenta  pape  super  neçjotio  Imperii  est  aussi  un  recueil  de  documents 
politiques,  mais  il  est  d'origine  officielle  (pages  50-51)  ;  les  onze  années 
qu'il  représente  ne  sont  pas  séparées,  comme  dans  les  registres  ordi- 
naires, par  des  changements  de  cahiers  et  par  l'insertion  de  rubriques 
spéciales.  En  outre,  il  contient  un  grand  nombre  de  pièces  adressées 
au  pape,  dans  la  transcription  desquelles  on  a  eu  soin  de  figurer,  d'après 
les  originaux,  des  monogrammes,  des  mots  écrits  en  lettres  allongées, 
et  autres  caractères  extérieurs. 

Le  tome  XL,  deuxième  de  Nicolas  III,  également  réservé  à  la  cor- 
respondance politique,  est  d'une  apparence  toute  spéciale  :  l'écriture, 
large  et  ronde,  rappelle  celle  des  expéditions  ;  des  espaces  blancs  ont 
été  laissés  presque  partout  entre  les  lettres,  mais  on  n'y  a  pas  tracé  les 
rubriques,  dont  la  minute  n'a  pas  été  écrite  le  long  des  marges  ;  si  elles 
avaient  été  rédigées,  elles  n'auraient  pas  reçu,  comme  dans  les  volumes 
ordinaires,  la  forme  d'adresses  abrégées;  en  elîet,  l'adresse,  écrite  à 


365 

l'encre  noire,  ligure  en  tète  de  chaque  lettre;  elle  est  précédée  du  titre 
et  du  nom  de  Nicolas  III,  ce  qui  est  contraire  à  l'usage  ;  il  n'y  a  pas 
de  lettres  peintes  en  tête  des  années;  les  titres  qui  en  indiquent  le  début 
n'ont  pas  la  forme  ordinaire  et  enjambent  d'un  feuillet  sur  l'autre;  les 
changements  de  mains  sont  aussi  fréquents  qu'ils  sont  rares  dans  les 
registres  de  la  grande  série;  le  classement  chronologique  des  pièces  est 
plus  exact  qu'à  l'ordinaire,  les  écarts  ne  dépassant  pas  trois  ou  quatre 
semaines.  Enfin  les  182  lettres  de  ce  volume  sont  presque  toutes  des 
documents  politiques. 

Registres  de  la  Chambre  apostolique.  Tome  XXVII,  quatrième  d'Ur- 
bain IV  :  c'est  un  volume  de  brouillons,  seul  de  son  espèce  pour  le 
xm«  siècle  ;  il  se  compose  de  feuilles  séparées  ou  de  petits  cahiers.  Une 
série  de  numéros  contemporains  court  tout  le  long  du  registre,  sans 
excepter  les  feuillets  qu'on  a  laissés  en  blanc  à  divers  endroits,  et  qui 
étaient  sans  doute  réservés  à  des  insertions  ultérieures.  Le  contenu  des 
pièces  et  les  mentions  qu'on  lit  sur  les  marges  («  satisfactum  est 
camere,  »  etc.)  démontrent  que  le  volume  vient  bien  de  la  Chambre. 

Tome  XXXI,  deuxième  de  Clément  IV  :  registre  de  la  Chambre, 
qui  par  sa  régularité  diffère  du  précédent.  Les  rubriques  n'ont  pas  été 
tracées  sur  les  blancs  qui  leur  étaient  destinés,  mais  les  adresses  se 
lisent  sur  le  bord  des  pages.  D'ailleurs  les  années  du  pontificat  ne  com- 
mencent pas  avec  des  cahiers  nouveaux.  En  tout  87  pièces,  dont  56  de 
la  première  année,  17  de  la  deuxième,  12  de  la  troisième,  2  de  la  qua- 
trième. 

Tome  XLII,  deuxième  de  Martin  IV  :  changements  de  mains  très 
visibles  ;  beaucoup  de  surcharges,  nombreuses  notes  de  chancellerie  ; 
le  format  des  cahiers  n'est  pas  identique,  ce  qui  est  une  preuve  d'ori- 
ginalité. L'ordre  chronologique  est  mieux  observé  que  dans  les  registres 
ordinaires,  mais  les  années  ne  sont  pas  strictement  séparées  par  cahiers, 
et  parfois  elles  se  confondent.  Le  mot  item^  qui  précède  certaines  pièces 
ou  mentions  de  pièces,  montre  que  ce  recueil  est  étranger  à  la  grande 
série,  où  ce  mode  de  désignation  ne  se  rencontre  pas.  Les  lettres  sont 
presque  toutes  relatives  au  gouvernement  de  la  Romagne,  à  des  levées 
de  troupes,  etc. 

En  dehors  des  archives,  M.  Kallenbrunner  a  étudié  dans  le  ms. 
Ottoboni  2546  (fol.  172-199)  un  fragment  de  registre  de  la  Chambre  sous 
lioniface  VIII.  comprenant  ï'iO  lettres  réparties  sur  les  cinq  premières 
années  du  pontificat. 

Recueil  d'actes  gracieux.  Tome  XXIX,  quatrième  d'Urbain  IV  : 
mêmes  dispositions  que  dans  les  registres  ordinaires  ;  ce  volume  n'en 
diffère  que  par  son  contenu  ;  il  renferme  plus  de  deux  mille  pièces, 
toutes  relatives  à  des  bénéfices  conférés,  à  des  grâces  diverses  accordées 
pendant  la  troisième  et  la  quatrième  année  d'Urbain  IV. 

La  description  de  ces  manuscrits  fournit  à  M.   Kaltenbrunuei'  la 


366 

matière  d'observations  variées  ;  on  remarquera  le  passage  où  il  men- 
tionne l'emploi  de  Vanneau  du  Pêcheur  par  Clément  IV  et  Nicolas  III 
(p.  54),  d'autres  où  il  signale  les  notes  tracées  en  marge  des  volumes 
(p.  57).  Sur  un  registre  de  Martin  IV  il  relève  en  regard  d'une  pièce 
la  mention  «  clausa  fuit  »  (p.  59),  et  des  indications  relatives  à  l'envoi 
des  lettres  et  à  leurs  porteurs.  EnGn  les  annotations  nombreuses  qui 
distinguent  le  registre  des  bénéfices  d'Urbain  IV,  et  dont  une  partie  était 
déjà  connue,  sont  toutes  reproduites  à  la  page  64  ;  elles  donnent  de 
précieux  renseignements  sur  l'examen  des  lettres  par  le  pape  ou  par 
d'autres  personnes,  sur  le  rôle  du  vice-chancelier  et  les  opérations  qui 
précédaient  l'envoi  des  pièces. 

Dans  son  dernier  chapitre  {Histoire  des  volumes),  V auteur,  d'après  une 
note  écrite  sur  un  registre  de  Clément  IV  (voir  p.  65),  montre  que  ce 
recueil  fut  enlevé  de  la  Caméra  apostolica  quand  Boniface  VIII  fut  sur- 
pris dans  Anagni.  Les  inventaires  dressés  à  Avignon  en  1369,  en  1542, 
et  d'autres  plus  récents,  lui  servent  à  exposer  l'état  des  registres  au 
xiv«  siècle  et  depuis  lors,  leur  transport  en  France,  et  leur  retour  à 
Rome.  Ces  dix-huit  pages,  pleines  de  faits  intéressants,  méritent  d'être 
lues  ;  il  serait  difficile  de  les  analyser. 

Dans  la  partie  de  son  mémoire  où  il  examine  la  grande  série  des 
registres,  M.  Kaltenbrunner  expose  à  diverses  reprises  ses  idées  sur  le 
caractère  propre  aux  volumes  de  cette  série,  et  sur  le  mode  d'enregis- 
trement. Tout  d'abord  il  constate  que  le  volume  était  le  plus  souvent 
entre  les  mains  d'un  scribe  qui  seul  en  poursuivait  la  rédaction  ;  les 
scribes  se  succédaient  sans  que  l'apparence  du  registre  subît  un  chan- 
gement appréciable  ;  ces  employés  parfaitement  dressés  enlevaient  à 
leur  écriture  tout  ce  qu'elle  pouvait  avoir  de  personnel  (page  7).  Doit-on 
admettre  qu'ils  ont  été  les  premiers  à  transcrire  les  pièces,  et  d'abord 
ces  pièces  ont-elles  été  insérées  d'après  les  expéditions  mêmes  ? 

Sans  aboutir  à  une  affirmation  catégorique,  M.  Kaltenbrunner  parait 
disposé  à  croire  que  le  plus  souvent  les  enregistrements  se  faisaient 
d'après  les  originaux;  il  en  donne  comme  preuves  (p.  21)  les  noms  des 
papes  antérieurs,  qui  dans  les  registres  se  trouvent  parfois  écrits  en 
lettres  allongées,  Vin  perpetuum  et  les  trois  amen  des  privilèges,  qu'on 
y  voit  figurer,  les  souscriptions  des  cardinaux,  qui  presque  toujours  y 
sont  reproduites  à  la  fin  des  bulles  solennelles,  et  qui  ne  peuvent  avoir 
été  empruntées  aux  minutes.  A  ces  arguments,  M.  Kaltenbrunner 
aurait  pu  en  joindre  d'autres,  empruntés,  non  plus  aux  registres,  mais 
aux  expéditions;  sans  revenir  ici  sur  une  question  qui  a  été  plusieurs 
fois  traitée,  je  me  bornerai  à  rappeler  qu'un  grand  nombre  de  bulles 
portent  au  dos  des  marques  d'enregistrement. 

D'autre  part,  on  a  observé  que  dans  les  registres  certaines  pièces  sont 
en  avance  de  plusieurs  mois  sur  celles  qui  les  entourent.  Qu'on  se 
figure  une  bulle  du  mois  de  juillet  transcrite  au  milieu  d'autres,  qui 


367 

toutes  appartiennent  au  mois  de  mars  précédent  ;  si  l'enregistremont 
s'est  fait  d'après  les  grosses,  on  en  devra  conclure  que  les  expéditions 
de  lettres  rédigées  en  mars  étaient  encore  à  la  chancellerie  quatre  mois 
après.  Des  faits  de  ce  genre  sont  allégués  par  M.  Kaltenbrunner  à  la 
page  18  de  son  mémoire.  Il  observe  en  outre  (p.  12)  que  les  rédacteurs 
des  registres,  à  la  fin  des  années,  ont  souvent  employé  des  cahiers 
moins  épais  que  les  autres,  comme  s'ils  avaient  à  l'avance  connu  le 
nombre  des  pièces  qu'il  leur  restait  à  copier;  M.  Kaltenbrunner  en 
conclut  que  les  registres  actuellement  conservés  au  Vatican  ont  été 
composés  après  coup,  non  d'après  les  minutes  qui  ont  servi  à  la  confec- 
tion des  grosses,  mais  d'après  des  cahiers  rédigés  sur  ces  grosses  elles- 
mêmes  ;  ces  recueils  de  brouillons,  où  devait  exister  un  classement  par 
ordre  de  matières,  auraient  été  plus"  tard  utilisés  par  ceux  qui  ont  écrit 
les  registres  ;  ces  derniers  ne  seraient  que  la  reproduction  ultérieure 
des  brouillons  aujourd'hui  perdus.  Par  cette  ingénieuse  hypothèse,  on 
échappe  à  la  nécessité  de  supposer  que  de  nombreux  actes  ont  été  enre- 
gistrés d'après  les  minutes,  et  le  désordre  chronologique  dont  les 
registres  oftrent  des  exemples  n'oblige  plus  à  croire  que  certaines 
pièces  ont  longtemps  attendu  dans  les  bureaux  avant  d'être  envoyées 
aux  intéressés  (pages  11  et  12,  16,  24,  28  et  29,  etc.). 

N'ayant  pas  étudié  par  moi-même  les  registres  d'Alexandre  IV  et  de 
ses  successeurs,  je  ne  puis  contrôler  l'exactitude  de  ce  système  en  ce 
qui  concerne  la  seconde  moitié  du  xni^  siècle,  mais  il  me  semble  impos- 
sible de  l'appliquer  aux  registres  d'Innocent  IV.  Il  est  facile,  en  effet, 
de  prouver  que  des  lettres  d'Innocent  IV  ont  été  directement  enregis- 
trées, d'après  les  originaux,  dans  les  volumes  que  nous  possédons.  On 
sait  que,  pendant  les  trois  dernières  années  de  ce  pontificat,  on  prit  l'ha- 
bitude d'inscrire  au  dos  des  pièces,  non  plus  seulement  VR  traditionnel 
accompagné  du  mot  script.,  mais  aussi  la  mention  exacte  de  la  place 
que  la  pièce  occupait  dans  le  registre.  Or  celles  de  ces  mentions  qui 
me  sont  connues  renvoient  aux  registres  actuels.  On  en  jugera  par  les 
exemples  suivants  : 

1.  Archives  nationales,  J.  A42,  n»  3.  Cette  pièce  porte  au  dos,  à  côté 
de  VR,  la  mention  «  DLXV  capitulo,  anno  X".  »  Elle  est  adressée  au 
trésorier  de  Saint-Hilaire  de  Poitiers,  commence  par  les  mots  «  Dilecto 
filio  ..  comiti  Pictavensi  oh  sue,  »  porte  la  date  de  Pérouse,  le  12  dos 
calendes  d'avril,  X^  année.  Elle  se  trouve  en  effet  dans  le  registre  du 
Vatican,  à  la  X^  année,  au  n»  565,  au  folio  254  verso. 

2.  J.  248,  n»  228.  «  DGLXXXXII»  capitulo,  anno  X».  »  Lettre  à 
l'abbé  et  au  couvent  de  Saint-Victor.  «  Ea  que  judicio.  »  Assise,  le 
2  des  nones  de  mai,  X^  année.  Cette  lettre  est  enregistrée  dans  le  ms. 
du  Vatican,  X«  année,  n°  692,  fol.  271. 

3.  J.  209,  B,  n»  60.  «  DCCVIII  capitulo,  anno  XI».  »  Lettre  à  l'évêque 


368 

de  Meaux.  «  Ex  parte  carissimi.  »  Assise,  le  6  des  calendes  de  juin, 
XI*  année.  Registre  du  Vatican,  XI^  année,  n°  708,  fol.  99. 

Les  registres  étaient  donc  en  cours  d'exécution  avant  que  les  trois 
pièces  en  question  fussent  envoyées  ;  les  expéditions  qu'on  en  avait 
dressées  ont  été  insérées  directement  dans  les  manuscrits  aujourd'hui 
déposés  aux  archives  du  Vatican.  Sans  doute  on  conservait  pendant 
quelque  temps  à  la  chancellerie  les  minutes  au  moyen  desquelles  on 
avait  expédié  les  grosses,  et  faute  de  mieux  on  pouvait  s'en  servir  pour 
enregistrer  les  actes,  si  tant  est  que  ces  actes  fussent  déjà  parvenus  à 
destination  lors  de  l'enregistrement.  J'en  conclus  que  sous  Innocent  IV 
il  y  eut  : 

1"  Des  minutes  aujourd'hui  perdues; 

20  Des  expéditions  faites  d'après  ces  minutes  ; 

3"  Une  seule  série  de  registres,  où  l'insertion  s'est  faite  très  souvent 
d'après  les  expéditions,  et  peut-être,  dans  certains  cas,  d'après  les 
minutes. 

Quant  à  la  juxtaposition  de  pièces  relatives  à  une  même  personne,  à 
une  même  église,  à  un  même  pays,  il  est  possible  de  se  l'expliquer. 
D'abord  il  a  dû  souvent  arriver  qu'on  attendît  le  départ  d'un  courrier 
pour  enregistrer  des  lettres  de  dates  différentes,  destinées  à  la  même 
région.  Supposons,  d'autre  part,  les  expéditions  déjà  parties  :  l'impé- 
trant, soit  directement,  soit  par  l'intermédiaire  d'un  de  ces  procureurs 
qui  résidaient  au  siège  de  la  papauté,  pouvait  demander  l'insertion  de 
plusieurs  pièces.  Si  le  procureur  n'était  pas  dépositaire  des  expéditions 
ou  de  leurs  doubles,  les  pièces  pouvaient  être  enregistrées  d'après  les 
minutes,  et  ces  diverses  insertions,  demandées  en  même  temps,  étaient 
faites,  soit  bout  à  bout,  soit  à  proximité  les  unes  des  autres. 

L'usage  de  tracer  au  dos  de  certaines  lettres  les  numéros  d'enregis- 
trement s'est  conservé  sous  les  successeurs  d'Innocent  IV;  il  pourrait 
être  curieux  de  vérifier  si  pour  les  années  postérieures  à  1254  ces  numé- 
ros correspondent  à  ceux  des  registres  ;  il  semble  qu'a  priori  on  ait  le 
droit  de  l'affirmer. 

L'institution  des  lettres  curiales  me  paraît  antérieure  à  la  troisième 
année  d'Urbain  IV;  elles  existaient  dès  1245,  et  le  mérite  d'avoir  con- 
sacré à  ce  genre  de  pièces  des  recueils  spéciaux  doit  sans  doute  être 
attribué  au  vice-chancelier  Marinus  ;  l'absence  de  rubrique  sur  quelques- 
uns  des  cahiers  qui  les  portent  ne  les  empêche  pas  d'avoir  régulière- 
ment existé,  tout  au  moins  entre  1245  et  1254.  Parlant  des  raisons  qui 
ont  pu  déterminer  la  chancellerie  à  mettre  à  part  ces  documents, 
M.  Kaltenbrunner  dit  à  la  page  37  :  «  Ce  n'était  certainement  pas  le 
«  degré  d'importance  d'une  lettre  ou  d'un  acte  qui  entraînait  son  inser- 
«  tion  parmi  les  curiales  ;  il  ne  nous  reste  plus  ici  qu'une  supposition 
«  possible  :  on  les  a  isolées  à  cause  de  leur  mode  d'expédition,  qui 
«  était  particulier,  et  peut-être  plus  rapide  que  pour  les  autres  pièces.  » 


369 

Je  ne  crois  pas  que  cette  opinion  puisse  tenir  devant  le  fait  suivant. 
La  chancellerie  apostolique  n'a  jamais  dû  songer  à  rédiger  en  forme 
d'expéditions  les  lettres  adressées  à  Innocent  IV  par  les  princes  musul- 
mans et  les  Chrétiens  orientaux  ;  elles  n'en  figurent  pas  moins  sur  les 
cahiers  de  lettres  curiales. 

Élie  Berger. 

Archives  historiques  du  Poitou.  XIII.  Recueil  des  documents  con- 
cernant le  Poitou  contenus  dans  les  registres  de  la  chancellerie 
de  France^  publiés  par  Paul  Guérin,  archiviste  aux  Archives 
nationales.  II  (^ 334-^348).  Poitiers,  1883.  In-8-,  lv-489  pages. 

La  publication  confiée  à  M.  Guérin  par  la  Société  des  archives  his- 
toriques du  Poitou  doit  comprendre  le  texte  de  tous  les  actes  relatifs  à 
cette  province,  existant  dans  les  Registres  de  la  chancellerie  royale. 
L'éditeur  a  volontairement  laissé  de  côté  les  actes  renfermés  dans  les 
trente-trois  premiers  volumes  du  trésor  des  chartes,  et,  sauf  quelques 
rares  exceptions,  tous  les  documents  qu'il  publie  sont  postérieurs  à 
l'année  1300.  Disons  tout  d'abord  que  la  publication  paraît  faite  avec 
grand  soin  ;  les  textes  sont  corrects,  l'annotation  géographique  et  his- 
torique abondante,  et  la  table  aussi  détaillée  qu'on  peut  le  désirer. 

M.  Guérin  ne  donne  que  les  actes  intéressant  directement  le  Poitou, 
relatifs  à  l'administration  de  ce  pays,  relatant  les  faits  de  guerre  dont 
il  a  été  le  théâtre  ou  se  rapportant  à  des  villes  et  à  des  domaines  situés 
dans  ses  limites.  On  se  tromperait  néanmoins  en  supposant  que  cette 
collection  ne  doit  pas  être  consultée  par  d'autres  que  les  érudits  poite- 
vins. Quiconque  s'occupe  de  l'histoire  administrative  et  politique  de 
l'époque  des  Valois  y  trouvera  nombre  de  curieux  renseignements. 

En  effet,  beaucoup  des  mandements  adressés  aux  officiers  royaux  en 
Poitou  étaient  envoyés  à  tous  les  sénéchaux  et  baillis  de  France  ;  la 
plupart  étaient  inédits  avant  M.  Guérin  ;  d'autres,  en  petit  nombre, 
n'avaient  été  imprimés  que  dans  les  premiers  volumes  des  Ordonnances, 
et  d'une  façon  très  défectueuse.  Le  tome  II  de  la  publication  de  M.  Gué- 
rin présente  même  à  cet  égard  un  intérêt  tout  particulier;  l'éditeur 
avait  omis  de  parti-pris  dans  son  premier  volume  un  grand  nombre  de 
ces  actes  administratifs,  qu'après  nouvel  examen  il  s'est  décidé  à  don- 
ner en  tète  du  tome  II,  et  nous  avons  de  ce  chef  57  pièces  du  plus 
haut  intérêt  comprises  entre  les  années  1302-1331,  et  que  nul  érudit 
s'occupant  de  l'histoire  de  Philippe  le  Bel  et  de  ses  fils  ne  pourra 
négliger. 

A  d'autres  égards,  les  documents  publiés  par  M.  Guérin  présentent 
un  grand  intérêt.  On  y  trouve  mentionnés  la  plupart  des  agents  de 
Philippe  de  Valois  ;  le  nombre  de  ces  agents  était  assez  restreint,  et  le 
premier  soin  de  quiconque  voudra  étudier  sérieusement  l'administra- 


370 

tion  royale  du  xi\«  siècle  devra  être  de  dresser  la  biographie  de  ces 
personnages.  Les  actes  réunis  par  notre  savant  confrère  nous  apprennent 
mainte  particularité  sur  leur  origine,  leurs  alliances,  leur  carrière  admi- 
nistrative, leurs  succès  et  la  manière  dont  la  royauté  récompensait  ces 
dévoués  serviteurs.  Subsides  levés  dans  le  royaume,  fonctionnement 
de  la  justice,  exercice  de  la  juridiction  des  tribunaux  royaux;  autant 
de  points  dont  l'étude  obligera  à  consulter  les  actes  publiés  par  M.  Gué- 
rin.  Les  notes  ajoutées  par  l'éditeur,  notes  dans  lesquelles  il  a  mis  à 
profit  les  travaux  des  sociétés  savantes  du  Poitou  et  les  archives  natio- 
nales, augmentent  la  valeur  des  textes  publiés.  En  y  joignant  les  chartes 
originales  de  la  Bibliothèque  nationale,  on  pourra  dresser  la  liste  des 
agents  royaux  en  Poitou  et  retracer  leur  biographie  depuis  le  jour  de 
leur  entrée  en  fonctions  jusqu'à  leur  mort  ou  à  leur  disgrâce.  Bien  peu 
en  effet  de  ces  administrateurs  conservaient  durant  toute  leur  vie  la 
faveur  du  souverain;  la  plupart  perdaient  leur  crédit,  et  quelques-uns, 
coupables  de  malversations  ou  d'abus  de  pouvoir,  expiaient  cruellement 
leur  faveur  éphémère. 

Pour  l'histoire  politique,  la  collection  de  M.  Guérin  fournit  également 
beaucoup  de  renseignements  touchant  l'administration  de  Jean,  duc  de 
Normandie,  en  Poitou,  cette  province,  à  partir  de  1344,  ayant  fait 
partie  de  l'apanage  de  ce  prince  ;  sur  l'expédition  de  Henri  de  Derby, 
en  1346,  sur  les  troubles  qui  suivirent  l'occupation  du  pays  par  les 
Anglais,  sur  les  opérations  des  armées  françaises  en  1347  et  1348. 
L'expédition  de  Derby  avait  déjà  été  étudiée  par  plusieurs  érudits; 
M.  Guérin  a  pu  dater  plus  exactement  certains  faits,  rectifier  sur  plu- 
sieurs points  le  récit  de  ses  devanciers,  et  son  récit  des  campagnes  de 
1346,  1347  et  1348  complète  heureusement  les  travaux  de  MM.  Ber- 
trandy,  Luce,  et  des  éditeurs  de  la  Chrotiique  normande. 

C'est  dans  l'introduction  dont  l'éditeur  a  fait  précéder  les  documents 
réunis  par  lui  que  l'on  trouvera  traités  en  détail  ces  différents  épisodes. 
On  y  trouvera  également  nombre  d'indications  sur  les  troubles  qui 
suivirent  la  proscription  du  sire  de  Glisson  et  de  sa  femme,  Jeanne  de 
Belleville,  une  suite  exacte  des  sénéchaux  du  Poitou,  des  lieutenants 
du  roi  et  des  capitaines  souverains  dans  cette  province,  de  1334  à  1348. 

On  doit  remercier  la  Société  des  archives  historiques  du  Poitou 
d'avoir  entrepris  cette  belle  publication.  Espérons  que  cet  exemple  sera 
imité  par  d'autres  sociétés  provinciales,  et  que  les  compagnies  savantes, 
assez  bien  inspirées  pour  doter  leur  pays  de  si  utiles  répertoires,  trou- 
veront toujours  des  éditeurs  aussi  soigneux  que  notre  confrère. 

A.  MOLINIER. 


De  Joannis  de  Monsterolio  vita  et  operihus  sive  de  Ronianarum 
litterarum  studio  apud  Gaflos  instaurato^  Carolo  VI  régnante^ 


37^ 

Lhesim  proponebat  facultati  litterarum  Parisiens!  Antonius  Thomas. 

Paris,  ^883.  In-8°,  viii-H4  pages. 

Le  personnage  dont  M.  Antoine  Thomas  nous  restitue  la  vie  et  les 
œuvres  était  presque  un  inconnu  jusqu'ici;  tout  au  moins  il  n'était  pas 
estimé  à  sa  juste  valeur. 

Jean  de  Montreuil  naquit  vers  1354  ;  on  ne  saurait  préciser  le  lieu  de 
sa  naissance,  car  rien  ne  prouve  que  ce  soit  Montreuil-sur-Mer,  comme 
le  dit  La  Croix  du  Maine.  Après  avoir  fait  ses  études  à  l'université  de 
Paris,  Jean  de  Montreuil  entra  dans  les  ordres  et  vécut,  de  1375  à  1387, 
auprès  de  Milon  de  Dormans,  évoque  de  Beauvais.  Ce  fut  vers  la  même 
époque,  et  certainement  avant  1391,  qu'il  fut  nommé  secrétaire  du  roi. 
Chanoine  de  Rouen  quelques  années  plus  tard,  il  devint  prévôt  de 
Saint-Pierre-de-Lille  (et  garda  cette  charge  jusqu'à  sa  mort)  vers  1394. 
Dès  lors,  il  entra  complètement  dans  la  vie  puhlique  ;  successivement 
envoyé  comme  ambassadeur  en  Angleterre,  en  Italie,  en  Allemagne,  il 
se  rendit  en  1404  à  Avignon  auprès  du  pape  Benoît  XIII;  en  1412,  il  fut 
chargé  d'aller  à  Rome  féliciter  le  nouveau  pape  Jean  XXIII,  de  la  part 
du  roi  de  France;  en  1413,  il  était  ambassadeur  près  du  duc  de  Bour- 
gogne. A  partir  de  ce  moment,  Jean  de  Montreuil  semble  renoncer  à 
la  vie  politique  militante.  Partisan  des  Armagnacs,  il  reste  à  Paris, 
malgré  les  prières  de  ses  amis,  pendant  les  troubles  de  1418,  et  est 
massacré  au  mois  de  juin  de  la  même  année  par  les  Bourguignons 
vainqueurs,  auxquels  la  trahison  de  Perrinet  Leclerc  ouvre  les  portes 
de  la  ville. 

Cet  homme,  dont  la  vie  publique  fut  si  remplie,  était  en  même  temps 
un  lettré  des  plus  fins  et  des  plus  délicats,  un  admirateur  et  un  con- 
naisseur des  lettres  latines,  à  une  époque  où  l'Italie  faisait  déjà  revivre 
le  goût  des  études  classiques.  Ses  écrits,  inédits  pour  la  plupart,  et  dont 
M.  Thomas  a  reconstitué  la  liste,  après  bien  des  recherches  dans  les 
bibliothèques  de  France  et  d'Italie,  sont  :  1°  Pcrbrevis  epilo/jus  gestorimi, 
Karoli  Magni;  2°  De  gestis  et  factis  memoralibus  Francorum  ;  3"  Libclli 
adversus  Anglos  (ces  libelli  sont  au  nombre  de  trois  :  le  premier,  de 
1415,  est  en  latin;  les  deux  autres,  de  1416,  sont  en  français  :  le  der- 
nier ne  porte  pas  de  nom  d'auteur,  mais  M.  Thomas  prouve  qu'il  doit 
être  attribué  à  Jean  de  Montreuil)  ;  4°  Epistulse  latinx  (ces  epistulse^  que 
l'auteur  lui-même  avait  en  partie  réunies  en  volume ,  sont  accompa- 
gnées d'une  table  alphabétique  des  correspondants)  ;  5"  Gallicm  epistidai. 
A  cette  liste  il  faudrait  encore  ajouter  quelques  ouvrages  perdus,  dont 
la  mention  a  été  retrouvée  par  M.  Thomas. 

Ce  qui  caractérise  l'œuvre  de  Jean  de  Montreuil,  —  et  M.  Thomas 
insiste  particulièrement  sur  ce  point,  —  c'est  l'amour  intelligent  et 
éclairé  que  cet  écrivain  professe  pour  les  auteurs  de  l'antiquité,  princi- 
palement pour  les  auteurs  latins  :  les  noms  de  Gicéron,  de  Virgile,  de 
Térence  reviennent  souvent  sous  sa  plume,  et  il  parle  d'eux  en  homme 


372 

qui  a  lu  et  étudié  leurs  écrits.  Jean  de  Montreuil  n'était  du  reste  pas  le 
seul  en  France,  à  cette  époque,  à  s'occuper  de  l'antiquité  latine  :  Gerson, 
Christine  de  Pisan,  d'autres  encore,  s'inspirant  de  l'influence  italienne, 
furent  les  fervents  de  ce  culte  classique,  qui  malheureusement  disparut 
au  milieu  des  trouhles  politiques  du  commencement  du  xv«  siècle,  et 
attendit  sa  renaissance  jusqu'au  xvi''  siècle. 

L'étude  de  M.  Thomas,  habilement  faite  et  pleine  de  faits  nouveaux, 
ajoute  un  nom,  —  et  ce  n'est  pas  le  moins  brillant,  —  au  nombre  bien 
restreint  des  humanistes  français  antérieurs  à  la  Renaissance. 

Gaston  Raynaud. 

Don  Rodrigo  de  Villandrando^  conde  de  Ribadeo.  Diseur so  leido  en 
lajunla  pub/ica  de  aniversario  de  la  Real  Academia  de  la  his- 
toria^  el  2\  de  maya  de  1882,  por  D.  Antonio  Maria  Fabié,  acadé- 
mico  de  numéro.  Madrid,  M.  Tello,  ^882.  In-8%  279  p. 

Notre  Société  a  un  motif  spécial  de  s'intéresser  à  tout  ce  qui  con- 
cerne Rodrigue  de  Villandrando  ;  ce  personnage,  en  effet,  l'un  des  plus 
marquants  parmi  les  aventuriers  étrangers  qui  prirent  part  à  nos 
guerres  du  xv"  siècle,  a  été,  après  quelques  siècles  d'oubli,  retrouvé, 
remis  en  pleine  lumière,  admirablement  raconté  par  un  de  nos  membres 
les  plus  éminents,  notre  vénéré  maître  Jules  Quicherat.  Le  premier 
travail  consacré  par  Quicherat  au  fameux  routier  espagnol,  ébauche  du 
beau  livre  qu'il  publia  il  y  a  cinq  ans  à  peine,  date  de  1845.  Apprécié 
comme  il  devait  l'être  par  les  lecteurs  de  notre  Bibliothèque,  ce  mémoire 
documenté  eut  quelque  peine  à  franchir  les  Pyrénées  ;  longtemps  il 
passa  presque  inaperçu  en  Espagne,  où,  plus  que  partout  ailleurs,  il 
aurait  dû,  ce  semble,  piquer  la  curiosité  des  érudits.  Dans  ces  dernières 
années  seulement,  deux  Espagnols,  MM.  Jimenez  de  la  Espada  et  José- 
Maria  de  Eguren,  témoignèrent  qu'ils  en  avaient  pris  connaissance  en 
s'y  référant  et  en  ajoutant  aux  renseignements  recueillis  par  Quicherat 
quelques  données  nouvelles  sur  Villandrando  lui-même,  sur  sa  famille 
ou  sur  le  titre  de  comte  de  Ribadeo  qui  lui  fut  conféré  par  le  roi  Jean  II 
de  Gastille  '.  Cet  apport  toutefois  n'était  pas  considérable,  aussi  l'ancien 
directeur  de  l'École  des  chartes,  en  terminant,  en  1879,  l'impression  de 
la  biographie  entièrement  remaniée  de  son  héros,  était-il  bien  autorisé 
à  écrire  :  «  Il  me  semble  difficile  que  l'Espagne  ne  fournisse  rien  de 
plus  que  ce  que  j'ai  pu  en  obtenir.  » 

L'appel  cette  fois  a  eu  plus  d'écho  :  un  membre  distingué  de  l'Aca- 
démie de  l'histoire  a  jugé  qu'il  convenait  d'étendre  aux  documents 
espagnols  l'enquête  si  bien  menée,  presque  épuisée,  on  peut  le  dire, 


1.  Voir  Andanças  ë  Viajes  de  Pero  Tafur,  Madrid,  1874,  p.  544,  et  la  Revisia 
europea  de  Madrid,  t.  VII  (1876),  p.  51.3  et  siiiv. 


373 

pour  la  partie  française  du  sujet.  La  dissertation  de  M,  Fabié,  rédigée 
à  l'aide  de  pièces  d'archives,  de  quelques  notices  historiques  inédites, 
confirme  et  complète,  corrige  aussi  sur  quelques  points  le  livre  de 
notre  historien  ;  c'en  est  assez  pour  nous  imposer  le  devoir  de  rendre 
compte  à  nos  lecteurs  des  résultats  acquis  par  l'érudit  espagnol  qui 
s'écartent  de  ceux  qu'avait  obtenus,  avec  les  ressources  dont  il  disposait, 
le  premier  biographe  de  Villandrando. 

Gomme  on  pouvait  s'y  attendre,  ce  sont  les  archives  jusqu'ici  très 
fermées  du  duc  de  Hijar,  héritier  du  titre  de  comte  de  Ribadeo,  qui  ont 
fourni  à  M.  Fabié  les  renseignements  les  plus  authentiques  et  les  plus 
importants.  Ainsi,  du  testament  et  de  deux  codicilles,  dictés  par 
Rodrigue  à  Valladolid  le  15  mars,  le  2  et  le  15  avril  1448,  rapprochés 
d'un  acte  du  12  juin  de  la  même  année,  en  vertu  duquel  D»  Beatriz  de 
Estuniga,  femme  de  feu  Rodrigue  de  Villandrando  ^,  est  nommée  tutrice 
des  enfants  qu'elle  avait  eus  de  ce  mari,  M.  Fabié  a  tiré  la  date  approxi- 
mative de  la  mort  de  Rodrigue,  que  Quicherat  avait  placée  dix  ans  trop 
tard.  «  D'après  l'époque  de  sa  naissance,  disait-il,  supputée  en  combi- 
nant sa  grande  jeunesse  au  début  de  nos  guerres  civiles  (1409)  et  la 
mort  de  sa  mère  arrivée  en  1390,  il  mourut  lui-même  au  commence- 
ment du  règne  de  Henri  IV  de  Gastille,  en  1457  ou  1458.  »  Or,  il  est 
maintenant  avéré  que  Rodrigue  a  dû  mourir  entre  le  15  avril  et  le 
12  juin  1448.  Et  c'est  de  cette  dernière  date  qu'il  convient  de  partir 
pour  obtenir  celle  de  sa  naissance,  qu'aucun  acte  authentique  ne  nous 
a  fait  connaître.  Rodrigue  étant  mort  en  1448  et  (comme  le  prétend  un 
historien  presque  contemporain,  Fernando  de  Pulgar)  à  l'âge  de  soixante- 
dix  ans  (fenesciô  sus  (lias  en  edad  de  set  enta  anos),  1378  serait,  à  ce 
compte,  l'année  de  la  naissance  du  condottiere.  Mais  les  soixante-dix  ans 
de  Pulgar  éveillent  des  objections.  Cette  donnée,  il  faut  l'avouer,  s'ac- 
corde mal  avec  l'âge  tendre  que  le  même  historien  attribue  à  Rodrigue, 
au  moment  de  son  entrée  en  France  (vers  1410)  ^  :  né  en  1378,  il  aurait 
eu  alors  une  trentaine  d'années.  Autre  difficulté  :  après  avoir  perdu  sa 
première  femme  Marguerite  de  Bourbon  (qui  vivait  encore  le  2  août 
1436) -^i  Rodrigue  épousa  en  Espagne  Beatriz  d'Estuniga,  après  1440,  à 
ce  qu'il  semble  '',  et  en  eut  deux  enfants,  qui,  en  juin  1448,  n'avaient 
ni  l'un  ni  l'autre  atteint  l'âge  de  quatre  ans  ^.  En  s'en  rapportant  donc 
à  Pulgar,  ce  serait  à  soixante  ans  passés  que  Rodrigue  aurait  contracté 

1.  «  Don  Rodrigo  de  Villandrando,  conde  de  Ribadeo,  que  Dios  aija.  » 

2.  a  Seyendo  de  pocos  dias...  niozo.  » 

3.  Quicherat,  Pièces  justif.,a°  XLI. 

4.  La  date  de  ce  mariage  n'est  pas  donnée  par  M.  Fabié. 

5.  «  Por  qiianto  los  dichos  Don  Pedro  é  Dona  Marina,  sus  (ijos,  eran  menores 
de  los  docc  anos,  é  aun  menores  de  cuatro  anos.  »  Acte  de  tutelle;  Fabié, 
append.  xxii. 

25 


374 

ce  second  mariage,  ce  serait  à  soixante-six  ou  soixante-sept  ans,  peut- 
être  encore  plus  tard,  qu'il  aurait  eu  de  Beatriz  les  deux  enfants  dont 
il  s'agit.  Est-ce  vraisemblable  et  doit-on  faire  grand  fond  sur  ce  dire  de 
l'historien  ?  Au  surplus  il  ne  serait  pas  impossible  qu'à  la  leçon  soixante- 
dix  dût  être  substituée  dans  le  texte  de  Pulgar  celle  de  soixante  : 
entre  setenta  et  sesenta  la  différence  n'est  pas  grande,  et  de  cette  façon 
tout  concorderait  mieux.  Rodrigue,  né  en  1388,  aurait  débuté  en 
France  dans  sa  carrière  de  routier  à  vingt  ans  ;  il  se  serait  marié  pour 
la  seconde  fois  à  cinquante  ans  environ,  ce  qui  peut  passer  pour  un  âge 
sortable. 

Sur  les  années  de  jeunesse  de  Rodrigue ,  ses  occupations  et  ses 
prouesses  (ce  qui  se  nomme  en  espagnol  las  mocedades)  avant  de  venir 
chez  nous  biisquer  fortune,  M.  Fabié  produit  un  témoignage  intéres- 
sant, un  passage  des  Décades  d'Alfonso  de  Palencia,  l'historiographe  du 
roi  Henri  IV  de  Castille.  Nous  y  apprenons  que  Rodrigue  débuta  en 
Espagne  dans  la  course  ;  commandités  par  un  marchand,  dont  le  navire 
avait  été  pris  par  des  pirates,  Rodrigue  et  un  de  ses  frères  se  mirent 
pendant  un  temps  à  courir  les  mers  et  y  firent  de  bonnes  captures  ;  puis, 
ayant  appris  que  la  guerre  civile  en  France  offrait  aux  hardis  aventu- 
riers de  meilleures  occasions  d'acquérir  richesses  et  honneurs,  Rodrigue 
céda  à  un  de  ses  compagnons  de  course  son  commandement,  et,  accom- 
pagné de  son  frère,  passa  les  monts.  Le  récit  de  Palencia,  fort  vraisem- 
blable en  lui-même,  est  confirmé  par  un  privilège  du  roi  Jean  II,  aux 
termes  duquel  Rodrigue ,  propriétaire  du  navire  Saint-Jacques ,  est 
autorisé  à  trafiquer  librement  avec  les  ports  anglais  *. 

Rodrigue  de  Villandrando,  comme  bien  d'autres  nobles  Castillans  du 
xiv^  et  du  xv"  siècle,  tenait  à  la  France  par  des  liens  de  famille  ;  son 
grand-père 2,  Garcia  Gutierrez  de  Villandrando,  avait  épousé  une 
Le  Besgue  de  Villaines,  sœur  de  ce  Pierre  Le  Besgue,  qui  vint  avec 
Du  Guesclin  en  Espagne  et  y  rendit  au  compétiteur  de  Don  Pedro  des 
services  assez  signalés  pour  en  mériter  le  rang  de  grand  de  Castille  et 
la  donation  du  comté  de  Ribadeo  en  Galice  (1369)  :  le  privilège  octroyé 
à  mo.se  Perrcs  lo  Vege  de  Vilaties  par  le  roi  Henri  II  a  été  publié  par 
M.  Fabié,  d'après  une  copie  de  1415,  conservée  aux  archives  de  Hijar. 
Comme  l'a  montré  Quicherat,  Pierre  Le  Besgue  renonça  sur  ses  vieux 
jours  à  ce  bénéfice,  dont,  après  être  rentré  en  France,  il  ne  devait  plus 
tirer  qu'un  médiocre  revenu  ;  il  le  vendit  donc  pour  acheter  en  Nor- 
mandie la  seigneurie  d'Yvetot.  Le  comté  fut  acquis  par  un  haut  per- 
sonnage, Ruy  Lopez  de  Avalos,  troisième  connétable  de  Castille,  qui 
ne  le  garda  pas  longtemps  ;  tombé  en  disgrâce,  il  dut  renoncer  à  toutes 

1.  Publ.  par  Jimeaez  de  la  Espada;  voy.  Quicherat,  Pièces  just.,  n°  LXXVL 

2.  Et  non  pas  son  oncle,  comme  dit  M.  Fabié,  p.  8. 


i 


375 

ses  charges  et  dignités  ^  Ribadeo  fit  alors  retour  à  la  couronne,  et  en 
1431  le  roi  Jean  II  en  disposa  à  nouveau  en  laveur  de  notre  Rodrigue» 
dont  il  voulait  récompenser  les  services.  M.  Fabié  ne  veut  pas  admettre 
avec  Quicherat  et  Eguren  que  les  souvenirs  laissés  par  le  premier 
possesseur  du  comté,  Pierre  Le  Besgue,  et  la  descendance  de  Rodrigue 
de  la  sœur  de  ce  dernier  aient  été  pour  quelque  chose  dans  cette  conces- 
sion, dans  le  choix  de  cette  terre  à  laquelle  était  lié  le  nom  de  Le  Besgue 
de  Villaines.  Il  y  a  lieu  cependant  de  supposer  que  le  roi  a  dû  tenir 
compte  de  ces  circonstances  et  que  c'est  à  bon  escient  qu'il  s'est  décidé 
pour  cette  merccd.  M.  Fabié  oublie  que  la  grand'mère  de  Rodrigue, 
Thérèse  de  Villaines,  plaida  pour  assurer  à  ses  enfants  une  part  au 
moins  de  l'héritage  de  leur  oncle  maternel,  ce  qui  indique  que  les  Vil- 
landrando  se  croyaient  en  possession  de  droits,  justifiés  ou  non,  sur  le 
comté  de  Ribadeo  ;  il  oublie  en  outre  qu'au  rapport  de  Palencia  ce  fut 
sur  la  recommandation  spéciale  de  Charles  VII  de  France  que  Rodrigue 
obtint  de  Jean  II  ladite  seigneurie  :  «  necnon,  dum  apud  Gallos  mora- 
retur,  adeo  dilectus  régi  erat,  quod  litcn's  obtinuit  a  rege  Castellae  comi- 
tatum  Ribadei,  ut  apud  Hispanos  nomen  tanti  viri  ob  dignitatem  notius 
sublimiusque  redderetur.  »  L'atïaire  est  simple.  En  situation  de  récla- 
mer de  son  roi  une  faveur,  Rodrigue  lui  indique  ou  lui  fait  indiquer 
celle  qui  lui  conviendrait  le  mieux  et  qu'en  sa  qualité  d'héritier  des 
Villaines  d'Espagne  il  considère  en  quelque  sorte  comme  une  resti- 
tution. 

Pour  ce  qui  concerne  la  rentrée  de  Rodrigue  en  Espagne  en  1439, 
M.  Fabié  a  de  plus  que  son  prédécesseur  quelques  informations  qu'il  a 
tirées  de  lettres  royales  des  archives  de  Hijar  et  d'une  chronique  iné- 
dite. A  juste  titre,  il  doute  que  Marguerite  de  Bourbon  ait  accompagné 
son  mari  en  Castille  et  ne  voit  pas  sur  quoi  a  pu  s'appuyer  Quicherat 
pour  écrire  :  «  Marguerite  de  Bourbon  n'avait  pas  longtemps  vécu  en 
Espagne  où  elle  était  allée  s'établir  avec  son  mari.  »  Tout  porte  à  croire 
en  effet  que  la  première  femme  de  Rodrigue  mourut  en  France  ;  Alfonso 
de  Palencia  dit  expressément  :  «  jam  viduatus  uxore,  exercitum  in 
Hispaniam  duxit,  b  etc.,  et,  comme  aucune  mention  n'est  faite  de 
Marguerite  dans  les  documents  espagnols  de  l'époque,  ce  chroniqueur 
doit  être  dans  le  vrai. 

Les  autres  faits  nouveaux  que  nous  communique  l'académicien  espa- 
gnol sont  empruntés  au  testament  ou  aux  codicilles  de  Rodrigue  et  à 
l'acte  qui  institue  sa  veuve  tutrice  des  enfants  du  second  lit  ;  il  y  a 
relevé,  entre  autres,  le  nom  d'un  bâtard  du  routier,  Sébastien  de  Vil- 
landrando.  Mais  le  plus  intéressant  concerne  les  enfants  de  Marguerite 
de  Bourbon,  qui   furent  au  nombre  de  trois,  un  fils,  Charles,  et  deux 

1.  M.  Fabié  publie  un  document  de  1390  (app.  ii),  où  le  comte  de  Ribadeo 
ligure  comme  alcayde  de  Marbella,  S'agit-il  encore  de  Pierre  Le  Besgue  'i 


376 

filles,  Isabelle  et  Marie.  Quicherat,  qui  ne  connaissait  que  la  mention 
d'un  legs  de  très  médiocre  importance  fait  par  Rodrigue  à  ce  fils,  avait 
supposé  ce  dernier  contrefait  ou  idiot.  «  Il  faut  qu'il  ait  été  contrefait  ou 
idiot,  car  son  père  le  laissa  en  France  et  le  déshérita,  ou  à  peu  près, 
ne  lui  ayant  assigné  dans  sa  succession  que  la  terre  de  Puzignan  et  ses 
créances  du  Bourbonnais.  »  Or,  le  texte  du  testament  ne  confirme  pas 
cette  hypothèse.  Rodrigue,  il  est  vrai,  n'emmena  pas  le  fils  de  Margue- 
rite en  Espagne,  mais  il  ne  le  déshérita  point  ;  ce  Charles  au  contraire 
recueille  toute  la  partie  de  l'héritage  paternel  située  en  France,  à  l'ex- 
ception de  certaines  créances  sur  le  comte  de  Foix  et  d'une  somme  de 
cinq  mille  doubles  due  à  Rodrigue  par  la  ville  d'Avignon  qui  doivent 
constituer  la  dot  d'Isabelle,  mariée  en  Espagne  à  D.  Lorenço  de  Figue- 
roa,  et  que  son  père  substitue  à  Charles  dans  le  cas  où  celui-ci  mour- 
rait avant  d'être  en  âge  de  tester.  La  fille  cadette,  religieuse  au  monas- 
tère de  San  Quirse  de  Valladolid,  ne  reçoit  aucune  part  des  biens  sis 
en  France,  son  père  lui  assure  son  entretien  sur  d'autres  biens  qu'il 
possédait  à  Valladolid. 

Par  ce  qui  vient  d'être  dit,  on  peut  juger  de  l'importance  de  cette 
étude,  sobrement  écrite,  bien  documentée  et  qui  vraiment  peut  être 
qualifiée  de  complément  indispensable  du  livre  de  Quicherat.  N'est-ce 
pas  le  plus  bel  éloge  qu'on  en  puisse  faire  ?  Sachons  gré  à  M.  Fabié 
d'avoir  enfin  payé  la  dette  que  ses  compatriotes  avaient  contractée 
envers  le  grand  routier  castillan,  dont  les  faits  et  gestes  en  France 
avaient  seuls  été  jusqu'ici  convenablement  élucidés,  et  souhaitons  qu'il 
poursuive,  après  ce  premier  succès,  ses  recherches  sur  l'histoire  si 
attachante,  si  mal  connue  encore  de  l'Espagne  du  xv^  siècle  ^. 

Alfred  Morel-Fatio. 

Les  Colonies  franques  de  Syrie  aux  XIP  et  XIW  siècles,  par  E.  Rey. 
Paris,  Picard,  ^883.  In-8°,  vi-537  pages. 

Le  mouvement  des  croisades  détermina  au  xn<=  et  au  xiti«  siècle  la 
fondation  en  Orient  de  nombreuses  colonies  franques.  Parmi  ces 
colonies,  celles  qui  se  formèrent  en  Syrie,  et  sur  lesquelles  le  livre  de 
M.  Rey  donne  les  renseignements  les  plus  variés,  offrent  tout  particu- 
lièrement de  l'intérêt. 

1.  Quelques  remarques  de  détail.  P.  7.  La  mère  de  Rodrigue  ne  se  nommait 
pas  Inës,  mais  Aldouza;  voir  le  testament,  p.  258.  —  P.  17.  Rodrigue  était 
neveu,  non  pas  (ils  du  regidor  Ruy  Garcia.  —  P.  59,  note  1.  Pour  savoir  de 
quel  livre  de  Pedro  del  Corral  il  est  ici  parlé,  il  faut  recourir  à  Quicherat, 
p.  29,  note  1.  —  P.  60.  M.  Jimenez  de  la  Espada  n'a  point  prétendu  que  le 
privilège  du  comté  de  Ribadeo  eût  été  délivré  à  Cordoue.  —  P.  124.  11  est  tout 
à  fait  invraisemblable  que  les  vers  du  Cancionero  gênerai  de  Hernando  del 
Castillo,  attribués  à  un  comte  de  Ribadeo,  soient  de  Rodrigue. 


377 

A  côté  de  la  noblesse  latine,  qui,  en  dépit  des  modes  et  des  habitudes 
orientales,  a  conservé  le  système  féodal,  nous  voyons  à  cette  époque 
s'établir,  sur  tout  le  littoral  syrien,  des  bourgeoisies  essentiellement 
commerçantes,  moins  préoccupées  des  intérêts  spirituels  de  la  chrétienté 
que  de  la  prospérité  de  leurs  affaires  ;  toutes  les  cités  maritimes  de  la 
Méditerranée  concourent  à  ce  mouvement,  et  les  Vénitiens,  les  Pisans, 
les  Génois,  les  Marseillais  établissent  partout  leurs  communes  commer- 
ciales. En  présence  de  ces  chrétiens  nouveaux  venus,  se  dressent  d'une 
part  les  indigènes  appartenant  aux  diverses  communions  chrétiennes. 
Maronites,  Nestoriens,  Jacobites,  Arméniens,  Grecs,  etc.,  qui  ne  sont 
pas  toujours  des  alliés,  et  d'un  autre  côté  les  indigènes  musulmans  ou 
juifs,  avec  lesquels  il  faut  compter  sans  cesse.  Quels  rapports  existeront 
entre  ces  différents  éléments?  Gomment  se  combineront-ils  entre  eux? 
Quelle  sera  l'importance  du  commerce  des  colonies  franques,  de  leur 
industrie,  de  leurs  finances,  de  leur  culture  intellectuelle  ?  Ce  sont  là 
autant  de  questions  auxquelles  répondent  les  chapitres  du  volume  de 
M.  Rey. 

A  cette  publication  est  jointe  une  étude  géographique  de  la  Syrie  au 
temps  des  croisades,  où  se  trouve  une  notice  sur  chacune  des  localités 
de  ce  pays.  On  peut  regretter,  il  est  vrai,  qu'il  faille  dans  la  plupart 
des  cas  avoir  recours  à  la  table  pour  se  reconnaître  au  milieu  de  ces 
notices,  mais  cette  légère  critique  ne  diminue  en  rien  la  valeur  du 
livre,  non  plus  que  le  caractère  vraiment  nouveau  des  renseignements 
qu'il  donne. 

Gaston  Raynaud. 


Ernest  Bosc,  architecte.  Dictionnaire  de  l'art,  de  la  curiosité  et  du 
bibelot.  Paris,  F.  Didot,  'ISSS.  In-4°,  xvi-69d  pages. 

Voici  un  très  beau  livre,  pour  lequel  aucun  soin  n'a  été  épargné  ; 
compact,  mais  commode,  il  est  plein  de  détails  curieux  et  intéressants. 
D'une  bonne  exécution  matérielle,  il  a  en  outre  l'avantage  d'être  illustré 
de  très  nombreuses  figure';,  bien  faites  d'ailleurs,  et  souvent  inédites. 
Pour  670  pages  de  dictionnaire,  il  n'y  a  pas  moins  de  A  chromolitho- 
graphies, 35  planches  hors  texte  et  709  figures  dans  le  texte.  Cepen- 
dant, en  dépit  de  ces  brillantes  qualités,  l'ouvrage  désappointera  plus 
d'un  lecteur  sérieux.  C'est  le  défaut  de  tout  livre  qui,  dans  un  sujet 
aussi  complexe  et  aussi  élastique,  veut  prévenir  toutes  les  questions 
possibles  et  ne  rien  laisser  de  côté.  Le  résultat  est  qu'il  y  a  très  peu 
d'articles  traités  à  fond,  et  beaucoup  d'écourtés  ou  même  d'inutiles. 
Ainsi,  une  table  synoptique  des  articles,  placée  à  la  fin  du  volume,  nous 
permet  de  compter  182  termes  à.' instriimenls  de  musique;  c'est,  avec  les 
armes,  la  matière  qui  a  fourni  le  plus  grand   nombre  d'articles.  Mais 


378 

ouvrira-t-on  ce  dictionnaire  pour  avoir  seulement  le  prix-courant  d'une 
flûte  ou  d'un  ophicUide? 

D'une  façon  générale,  le  côté  archéologique  est  sacrifié  :  il  est  vrai 
que  c'est  à  des  amateurs  que  l'auteur  s'adresse,  et  non  à  des  archéo- 
logues. Mais  le  vrai  curieux  ne  doit-il  pas  être  doublé  d'un  bon  archéo- 
logue ?  Au  point  de  vue  particulier,  l'auteur  aurait  pu  éviter  certaines 
définitions  vagues  ou  erronées  dans  le  genre  de  celles-ci  :  «  Roman  (Art). 
Terme  générique  qui  désigne  un  art  qui  fleurit  depuis  la  chute  de 

l'empire  romain  jusqu'à  l'avènement  de  l'art  ogival  (voy.  ce  mot) 

C'est  l'art  byzantin  ou  romano-byzantin  quand  il  se  développe  en 
Orient,  et  le  style  latin  quand  il  s'agit  de  l'Occident.  »  —  «  Ogival 
(Art).  On  désigne  sous  ce  terme  l'art  qui  fleurit  en  Europe,  et  princi- 
palement en  Allemagne,  en  Italie  et  en  France,  du  xi°  siècle  au 
xvi«  siècle,  et  qu'on  a  souvent  improprement  dénommé  Art  gothique.  » 

Le  collectionneur,  du  moins  l'amateur  de  bibelots,  trouvera  dans  cet 
ouvrage  nombre  de  détails  qui  l'intéresseront.  Chaque  article  du  Dic- 
tionnaire présente  une  définition  assez  claire,  quelques  mots  d'histo- 
rique et  divers  prix  de  l'objet  dans  des  ventes  importantes.  L'auteur 
déclare  dans  sa  préface  qu'il  a  voulu  être  amusant  et  attachant,  même 
dans  un  dictionnaire  :  il  veut  combler  une  lacune  existante,  en  embras- 
sant toute  la  science  de  la  curiosité,  et  toutes  les  spécialités.  Il  a  beau- 
coup vu,  beaucoup  comparé  et  acquis  d'utiles  connaissances  qu'il  veut 
partager  avec  nous.  Acceptons  ce  programme  tel  qu'il  l'a  conçu  et 
profitons  toujours  des  résultats  de  ses  études,  sans  nous  montrer  trop 
exigeants.  Évidemment,  si  l'auteur  avait  pu  donner  à  son  travail  une 
étendue  encore  plus  grande,  il  ne  se  serait  pas  borné  souvent  «  à  des 
notes  très  sommaires,  à  des  renseignements  très  condensés,  »  car  ce 
domaine  de  la  curiosité  est  inépuisable.  Il  aurait  pu  développer  davan- 
tage l'histoire  et  la  description  des  types  de  certaines  collections,  et  les 
puiser  à  des  sources  plus  variées  ;  il  aurait  pu  surtout  sacrifier  bien 
des  points  secondaires  à  l'étude  spéciale  et  approfondie  des  branches 
capitales  de  toute  collection  sérieuse. 

Il  serait  injuste,  néanmoins,  de  ne  pas  signaler  plusieurs  notices  par- 
ticulièrement soignées  à  tous  les  points  de  vue,  par  exemple  :  bijouterie, 
dentelles,  mobilier,  orfèvrerie,  tapisseries  ;  et  aussi  :  estampes,  faïence, 
gravure,  grec  (art),  ivoire,  porcelaine.  En  le  prenant  tel  qu'il  est,  cet 
ouvrage  pourra  souvent  être  feuilleté  avec  fruit.  N'oublions  pas 
d'ajouter  que  l'auteur  a  terminé  le  volume  par  une  liste  étendue 
(40  colonnes)  des  principaux  collectionneurs  du  xix^  siècle. 

H.  DE  CURZON. 

Étude  économique  et  juridique  sur  les  associations.  Les  coalitiotis 
d'ouvriers  et  de  patrons  de  -1789  à  nos  jours.  Précédé  d'une  étude 


379 

historique  sur  les  collèges  d'artisans  et  la  (jilde  germanique^  par 
Joseph  Drioux,  docteur  en  droit,  avocat  à  la  Cour  d'appel.  Paris, 
A.  Rousseau,  1884.  In-S",  402  p. 

Le  titre  de  cet  ouvrage  ne  donne  pas  une  idée  bien  exacte  de  l'im- 
portance relative  des  diverses  parties  dont  il  se  compose  ;  plus  de  la 
moitié  du  livre  est  consacrée  à  l'étude  historique  sur  les  collèges  d'ar- 
tisans et  la  gilde  germanique  (v.  p.  1-2G5). 

Nous  nous  occupons  uniquement,  dans  ce  compte-rendu,  des  pages 
comprises  sous  la  rubrique  :  La  gilde  germanique,  son  influence  sur  la 
société  au  moyen  âge  (p.  101-265);  car  seules  elles  rentrent  directement 
dans  le  cadre  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes. 

M.  J.  Drioux  a  pris  pour  sujet  de  ses  recherches  l'histoire  do  la  gilde 
dans  les  pays  Scandinaves,  l'Allemagne,  l'Angleterre,  les  Pays-Bas,  la 
Flandre  et  le  nord  de  la  France.  Il  examine  d'abord  l'origine  de  la  gilde, 
sa  liaison  avec  le  convivium,  si  répandu  chez  les  Germains.  En  même 
temps  qu'il  indique  les  points  de  rapprochement  qui  existent  entre  ces 
deux  institutions,  il  montre  qu'on  ne  peut  établir  entre  elles  de  rapports 
de  causalité. 

Dans  ces  délicates  questions,  où  les  auteurs  les  plus  estimés,  Wilda 
et  Brentano,  ne  s'accordent  pas,  M.  Drioux  s'abstient  soigneusement  de 
ces  affirmations  tranchantes  qui  plaisent  tant  aux  esprits  superficiels  ou 
prévenus.  Gomme  il  le  dit  avec  une  rare  et  précoce  sagesse  :  «  Au 
«  risque  de  paraître  incomplet  ou  obscur,  il  faut  se  garder  des  sys- 
«  tèmes  trop  lumineux  et  trop  logiques,  qui,  en  histoire,  s'accommodent 
«  mal  de  toutes  les  incertitudes  qui  enveloppent  l'origine  des  asso- 
«  dations.  » 

Quant  à  l'influence  exercée  sur  ces  gildes  par  le  christianisme  nais- 
sant, M.  Drioux  pense  avec  Brentano  et  Hartwig  qu'elle  n'est  pas  con- 
testable, que  le  christianisme  donna  une  grande  impulsion  aux  gildes, 
y  introduisit  des  éléments  nouveaux,  mais  que  leur  modèle  existait 
avant.  Suivent  quelques  détails  sur  les  premières  gildes  françaises. 
Elles  apparaissent  peut-être,  dit  notre  auteur,  du  temps  de  Ghilde- 
bert  le"-;  en  tout  cas,  dès  le  capitulaire  de  779  (cap.  16).  Au  xi"  siècle, 
on  n'a  plus  seulement  l'indication  précise  de  gildes  locales  comme  la 
Charité  de  Yalenciennes  (avant  1070),  mais  les  statuts  très  intéressants 
de  la  gilde  marchande  de  Saint-Omer  (1021). 

Toutes  ces  gildes  exerçaient  une  sérieuse  influence  sur  la  production 
et  la  répartition  des  richesses.  Plusieurs  avaient  une  grande  importance  : 
les  deux  gildes  de  Bergen  comptaient  3,000  adhérents;  la  gilde  d'York, 
appelée  Corpus  Christi,  n'avait  pas  moins  de  14,850  affiliés. 

M,  Drioux  étudie  tour  à  tour  la  constitution  de  ces  gildes,  leurs  con- 
ditions d'admission,  Tassistance  mutuelle  que  les  memjjres  d'une  même 
association  se  donnaient  l'un  à  l'autre,  leurs  banquets  et  leurs  réunions. 


380 

Banquets  et  réunions  passablement  animés,  si  l'on  s'en  rapporte  à  cer- 
taines règles  de  bienséance  inscrites  dans  les  statuts  des  gildes  :  «  Ne 

«  pas  chasser  violemment  un  confrère  de  sa  place  et  la  lui  prendre 

«  —  Ne  pas  être  assez  ivre  pour  rouler  à  terre...  tant  qu'on  n'est  pas 
«  rentré  chez  soi,  »  etc.  (V.  p.  152.) 

Recherchant  ensuite  le  rôle  économique  et  social  que  la  gilde  a  pu 
remplir  dans  la  société  au  moyen  âge,  M.  Drioux  montre  comment  la 
gilde  créa,  à  côté  des  associations  des  marchands  et  peut-être  un  peu 
postérieurement,  les  corps  de  métiers  et  les  associations  d'artisans,  fai- 
sant ainsi  pour  l'industrie  ce  qu'elle  avait  fait  pour  le  commerce.  En 
étudiant  le  développement  des  gildes  nationales  ou  hanses  et  l'origine 
des  gildes  d'artisans,  il  s'arrête,  un  instant,  sur  les  caractères  qui  dis- 
tinguent les  corporations  des  confréries,  disant ^  avec  raison,  suivant 
nous,  que,  si  le  point  de  vue  religieux  apparaît  dans  toutes  les  corpora- 
tions, il  n'y  est,  en  général,  qu'accessoire  (v.  p.  390,  note  1). 

L'auteur  termine  enfin  en  cherchant  à  établir  que,  si  les  gildes  ont 
contribué  à  la  formation  des  villes,  elles  n'ont  pas,  en  somme,  exercé 
d'influence  en  ce  qui  concerne  l'émancipation  communale. 

Au  résumé,  l'étude  de  M.  Drioux  fait  bien  augurer  des  futurs  ouvrages 
du  jeune  écrivain.  Elle  trahit  çà  et  là  de  longues  recherches  bien  diri- 
gées et  bien  comprises.  Elle  dénote  une  parfaite  mesure  dans  les  appré- 
ciations et  les  jugements,  et  porte  généralement  la  marque  d'un  esprit 
judicieux  et  sagace.  Nous  félicitons  volontiers  l'auteur  de  cet  heureux 
début. 

P.    BONNASSIEUX. 

Le  Carnet  d'un  franc-tireur.  Novembre  ^<S70-mars  ^87^.  Agen,  ^884. 

In-S",  40  p. 

L'auteur  de  cette  brochure  s'est  modestement  caché  sous  le  voile  de 
l'anonyme;  mais  nous  ne  croyons  pas  commettre  une  indiscrétion  en 
le  faisant  connaître  aux  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes.  C'est  M.  G.  Tholin,  archiviste  du  département  de  Lot-et- 
Garonne,  qui  a  raconté  très  simplement  les  souvenirs  de  la  campagne 
à  laquelle  il  a  pris  part  dans  le  corps  des  francs-tireurs  vendéens.  Sans 
avoir  le  moins  du  monde  la  prétention  d'écrire  une  page  d'histoire 
stratégique,  notre  confrère  s'est  proposé  de  faire  connaître  les  senti- 
ments qui  animaient  nos  soldats  improvisés  et  le  genre  de  vie  auquel 
ils  ont  été  assujettis  pendant  le  terrible  hiver  de  1870-1871.  La  sincérité 
et  le  patriotisme  dont  sont  empreintes  toutes  les  pages  de  l'opuscule  de 
M.  Tholin  en  rendent  la  lecture  fort  intéressante. 

1.  Nous  citons  ici  cette  opinion,  bien  qu'elle  ne  figure  que  beaucoup  plus 
loin,  dans  le  livre  de  M.  Drioux,  à  la  page  qu'il  consacre  à  l'œuvre  des  cercles 
catholiques  d'ouvriers. 


384 

Le  Tiers  Etai^  d'après  la  charte  de  Beaumont  et  ses  filiales^  par 
Edouard  BoNVALOT.  Paris,  1884.  In-8°,  xxv-357  pages,  appendice 
de  88  pages. 

La  charte  accordée  en  1182  par  Guillaume  de  Champagne,  arche- 
vêque de  Reims,  à  la  ville  neuve  de  Beaumont-en-Argonne,  et  connue 
sous  le  nom  de  loi  de  Beaumont,  doit  sa  célébrité  à  l'immense  diffusion 
qu'elle  a  eue,  au  moyen  âge  et  jusque  vers  les  temps  modernes,  dans  le 
nord-est  de  la  France  et  en  Belgique.  Elle  a  servi  de  modèle  à  la  plu- 
part des  chartes  de  coutumes  ou  d'affranchissement  octroyées  aux  vil- 
lages des  comtés  de  Luxembourg,  de  Bar,  de  Ghiny,  de  Réthel,  du 
duché  de  Lorraine;  elle  a  pénétré  jusqu'en  Champagne.  Bien  que  cette 
loi  eût  depuis  longtemps  attiré  l'attention  des  historiens,  il  était  néces- 
saire d'en  faire  une  étude  plus  approfondie  et  de  soumettre  à  l'analyse 
et  à  la  comparaison  toutes  les  chartes  qui  en  sont  dérivées.  M.  Bonvalot 
est  le  premier  qui  ait  tenté  ce  travail  d'ensemble.  Il  parait  toutefois 
oublier  que  des  études  partielles  lui  avaient  ouvert  la  voie,  et  ne  pas 
rendre  un  hommage  suffisant  à  ses  devanciers.  Il  n'est  pas  hors  de  pro- 
pos de  rappeler  ici  les  plus  remarquables  d'entre  ces  travaux. 

Dom  Calmet  signalait  l'importance  de  la  loi  de  Beaumont  dès  1728'. 
Un  article  lui  est  consacré  dans  le  Répertoire  de  jurisprudence  de  Guyot  '^. 
De  nos  jours,  l'abbé  Defourny  l'a  étudiée  en  un  volume  spécial  3.  Mais, 
avant  lui,  Jeantin  avait,  dans  ses  divers  ouvrages'',  indiqué,  publié  ou 
analysé  un  grand  nombre  de  filiales  de  la  loi  de  Beaumont.  M.  d'Arbois 
de  Jubainville  a  écrit  un  chapitre  sur  sa  propagation  en  Champagne  ». 
M.  Leclercq  a  dressé  une  liste  des  localités  du  Luxembourg  et  du  comté 
de  Ghiny  affranchies  à  la  loi  de  Beaumont,  liste  qui  ne  comprend  pas 
moins  de  soixante-seize  villages  ;  il  y  a  ajouté  un  supplément^.  En  1878, 
M.  Kurth  étudiait  la  charte  d'affranchissement  de  Saint-Léger,  imitée  de 


1.  Histoire  de  Lorraine,  t.  II,  col.  314. 

2.  T.  XI,  p.  18-19. 

3.  Defourny,  Beaumont-en-Argonne  et  la  loi  de  Beaumont,  ou  Histoire 
d'une  commune  et  d'une  ce  itume  depuis  le  Xll  siècle  jusqu'à  la  Révolution 
de  1789.  Reims,  1863,  in-8". 

4.  Jeantin,  les  Clironiqucs  de  l'Ardenns  et  de  Woépvres...  pour  servir  à 
l'histoire  de  l'ancien  comte  de  Cliinij.  Nancy,  1851-185-2,  2  vol.  in-8".  —  Les 
Marches  de  VArdenne  et  des  Woépvres.  Nancy,  1854,  2  vol.  in-8°.  —  Manuel 
de  la  Meuse.  Nancy,  1801-1863,  3  vol.  in-8°. 

5.  Histoire  des  comtes  de  Champagne,  l.  IV,  2"  partie,  p.  715.  Voyez  au  t.  II, 
p.  cxxxvi,  un  document  intitulé  :  «  Sequuntur  loca  quae  comités  Campaniae 
palatini  subdiderunt  archae  seu  legi  Campaniae  vuigo  de  Belmoat.  » 

6.  Leclercq,  Coutumes  des  pays,  duché  de  Luxembourg  et  comté  de  Chiny. 
Bruxelles,  1867,  in-4°,  t.  I,  p.  24.  —  Supplément  aux  Coutumes  des  pays, 
duclié  de  Luxembourg  et  comté  de  Chiny.  Bruxelles,  1878,  in-4°,  p.  1. 


382 

celle  de  Beaumont^.  Et  tout  récemment  le  môme  professeur  publiait 
une  excellente  brochure  sur  le  renouvellement  annuel  des  échevinats 
dans  les  localités  de  Belgique  qui  suivaient  la  loi  de  Beaumont^.  Autant 
d'études  que  M.  Bonvalot  a  connues,  mais  qu'il  n'a  point  cru  devoir 
tout  d'abord  rappeler  au  lecteur,  bien  qu'il  ait  fait  précéder  son  livre 
d'une  sorte  de  bibliographie.  Il  lui  suffit  d'énumérer  (p.  vii-ix)  les  auteurs 
qui  ont  négligé  de  parler  de  la  loi  de  Beaumont.  Encore  ne  se  pique-t-il 
guère  d'exactitude  dans  cette  bibliographie  négative.  Il  regrette  de  ne 
rien  trouver  «  dans  les  historiens  du  régime  municipal,  dans  Leber, 
dans  Raynouard  »  ;  il  omet  le  plus  illustre  d'entre  eux,  Augustin  Thierry, 
qui  a  tout  au  moins  marqué  la  diffusion  extraordinaire  de  la  loi  de  Beau- 
mont-^.  Il  reproche  à  M.  d'Arbois  de  Jubainville  de  s'être  borné  à  ana- 
lyser les  dispositions  de  cette  charte  :  un  historien  du  comté  de  Cham- 
pagne n'avait  pas  à  en  faire  une  étude  plus  détaillée  ;  il  lui  convenait 
seulement  de  signaler  son  influence,  d'ailleurs  assez  restreinte,  sur  les 
coutumes  de  Champagne. 

Le  plan  suivi  par  M.  Bonvalot  n'est  pas  à  l'abri  de  toute  critique. 
Son  ouvrage  s'ouvre  par  une  description  géographique  et  un  tableau  de 
l'état  social  et  économique  de  la  Gaule-Belgique  au  xii^  siècle.  Après 
quoi  il  entre  en  plein  cœur  du  sujet  en  publiant  un  texte  (p.  98)  de  la 
loi  de  Beaumont,  qu'il  eût  été  préférable  de  reporter  en  tête  des  pièces 
justificatives.  Il  résume  en  quelques  pages  les  traits  essentiels  et  carac- 
téristiques de  la  charte  de  1182.  Au  chapitre  m;  il  retrace  la  rapide  et 
surprenante  extension  de  la  loi  de  Beaumont.  Il  introduit  dans  ce  cha- 
pitre un  catalogue  des  coutumes  qui  en  sont  dérivées.  Les  chapitres  iv 
à  vni  sont  consacrés  à  l'étude  simultanée  des  dispositions  de  la  charte- 
mère  et  des  filiales.  Cette  méthode  admise,  l'ordre  adopté  par  M.  Bon- 
valot pour  la  classification  des  matières  n'est  pas  satisfaisant.  En  effet, 
l'étude  sur  l'état  des  personnes  et  de  la  propriété  (ch.  v)  est  séparée  de 
celle  sur  les  redevances  et  services  (ch.  vu)  par  le  chapitre  vi  consacré 
à  l'administration  et  la  justice.  Ces  redevances  frappant  soit  les  per- 
sonnes, soit  les  biens,  le  chapitre  vn  aurait  dû  prendre  la  place  du  cha- 
pitre VI.  Si  M.  Bonvalot  s'est  décidé  pour  un  autre  ordre,  c'est,  croyons- 
nous,  qu'il  voit  dans  les  redevances  retenues  par  le  seigneur  une 
compensation  pour  lui  des  privilèges  qu'il  avait  accordés  à  ses  hommes, 
à  savoir  :  «  la  liberté,  la  propriété,  le  self-gouvernement.  »  D'ailleurs, 

1.  Comptes  rendus  des  séances  de  la  commission  royale  d'histoire,  4°  série, 
l.  V,  p.  27-40.  Bruxelles,  1878,  iii-8°. 

2.  Kurlh,  la  Loi  de  Beaumont  en  Belgique.  Étude  sur  le  renouvellement 
annuel  des  justices  locales.  Bruxelles,  1881,  in-8",  extr.  du  t.  XXXI  des  Mémoires 
couronnés  publ.  par  l'Acad.  royale  de  Belgique. 

3.  Tableau  de  la  France  municipale,  à  la  suite  de  l'Essai  sur  l'histoire  du 
tiers  état,  in-12,  1866,  p.  295. 


383 

l'examen  simultané  de  la  charte  de  Beaumont  et  de  toutes  ses  liliales 
n'est  pas  sans  avoir  entraîné  une  grande  confusion.  Ces  filiales,  encore 
qu'elles  aient  un  lien  commun,  n'en  sont  pas  moins  très  différentes  les 
unes  des  autres.  Les  modifications  qu'a  reçues  la  loi  primitive  dans  les 
diverses  seigneuries  où  elle  a  pénétré  sont  nombreuses.  Les  concessions 
sont  en  outre  d'époques  très  diverses.  Il  eût  donc  mieux  valu,  après  avoir 
soumis  à  une  analyse  détaillée  la  charte  de  Beaumont,  l'avoir  suivie 
elle-même  à  travers  les  âges,  répartir  les  hliales  en  divers  groupes  et 
montrer  en  quoi  elles  différaient  du  texte  d'où  elles  sont  sorties.  Mais 
M.  Bonvalot  n'a  qu'un  médiocre  souci  de  la  claronologie.  Le  défaut  de 
sa  méthode  est  particulièrement  sensible  dans  le  chapitre  vni  qui  traite 
de  la  procédure.  Il  a  eu  le  tort  de  chercher  à  fondre  en  un  seul  tout  des 
cléments  d'époques  diverses. 

M.  Bonvalot  ne  cite  que  rarement  ses  sources.  Il  se  contente  de  ren- 
voyer aux  chartes  où  l'on  peut  trouver  la  justification  de  ce  qu'il  avance, 
et  cela  en  donnant  le  nom  des  villages  qui  les  ont  obtenues  ;  mais,  si 
nous  exceptons  celles  qui  ont  été  publiées  dans  l'appendice,  les  autres 
se  trouvent  disséminées  dans  nombre  d'ouvrages  que  le  lecteur  n'est  pas 
tenu  d'avoir  sous  la  main.  C'est  rendre  les  vérifications  très  longues  et 
très  pénibles.  D'autant  plus  que  le  livre  ne  renferme  pas  de  table  alpha- 
bétique des  filiales,  et  qu'il  est  difficile  de  les  retrouver  dans  les  tableaux 
qu'en  a  dressés  l'auteur.  Certes,  la  citation  de  tous  les  textes  n'eût  fait 
qu'encombrer  un  livre  déjà  très  volumineux,  mais  il  suffisait  de  trans- 
crire les  textes  caractéristiques.  Les  titres  des  ouvrages  auxquels  M.  Bon- 
valot se  réfère  ne  sont  pas  indiqués  avec  un  soin  suffisant.  De  telle  sorte 
que  le  lecteur  se  trouve  dans  l'impossibilité  presque  complète  de  vérilier 
les  assertions  de  l'auteur. 

Il  importait  tout  d'abord  de  nous  introduire  dans  le  milieu  où  va  se 
développer  la  loi  de  Beaumont.  Mais,  au  lieu  de  s'en  tenir  à  une  des- 
cription exacte  de  l'état  des  terres  et  des  personnes,  et  spécialement  de 
la  condition  faite  aux  agriculteurs  par  la  société  du  xu"  siècle  dans  le 
nord-est  de  la  France  et  en  Luxembourg,  M.  Bonvalot  a  entrepris  une 
revue  générale  de  toutes  les  institutions  dites  féodales  (ch.  !'='■),  dépas- 
sant les  limites  territoriales  de  son  sujet,  remontant  jusqu'à  la  période 
carolingienne,  voire  même  germanique,  descendant  parfois  jusqu'au 
xm^  siècle,  invoquant  des  autorités  de  toutes  provenances  et  de  toutes 
époques.  A  peine  çà  et  là  rencontre-t-on  quelques  renseignements  sur 
la  région  et  l'époque  sur  lesquelles  il  convenait  que  l'auteur  concentrât 
ses  efforts.  Le  champ  était  assez  vaste  pour  qu'on  ne  fût  pas  tenté  de 
l'agrandir  au  détriment  de  l'exactitude  et  de  la  précision. 

Bien  que  l'auteur  reconnaisse  (p.  278)  que  les  seigneurs  ont  été  déter- 
minés par  des  raisons  économiques  à  octroyer  la  loi  de  Beaumont  à 
leurs  sujets,  il  nous  semble  faire  une  place  trop  grande  à  leur  géné- 
rosité, et  particulièrement  il  prête  à  Guillaume  de  Champagne  des 


384 

vues  libérales  et  des  théories  de  gouvernement  étrangères  aux  idées  et 
aux  préoccupations  de  son  temps  :  «  La  liberté  est  à  ses  yeux  le  seul 
moyen  de  ruiner  les  institutions  féodales,  d'assurer  la  prépotence  royale 
sur  les  grands  vassaux,  de  créer  au  trône  un  solide  appui  dans  les  nou- 
velles communautés  affranchies  »  (p.  91).  Il  voit  la  preuve  de  l'influence 
de  Guillaume  sur  l'esprit  du  roi  dans  ce  fait  que  Philippe-Auguste  «  a 
mis  son  nom  au  bas  de  soixante-dix-huit  ordonnances  créant  des  com- 
munes, tandis  que  Louis  le  Gros  n'en  avait  signé  que  neuf  et  Louis  le 
Jeune  vingt-cinq  »  (p.  91,  note).  Si  M.  Bonvalot  veut  bien  parcourir  le 
Catalogue  des  actes  de  Philippe-Auguste,  il  verra  que  ces  concessions  de 
chartes  communales  ne  sont  pour  la  plupart  que  des  confirmations  d'actes 
antérieurs  émanés  de  Louis  VI  ou  de  LouisVII  ;  il  semble  même  que  Phi- 
lippe-Auguste ait  été  porté  à  restreindre  les  droits  des  communes  et  sur- 
tout leur  juridiction.  Au  reste,  Guillaume  de  Champagne  n'a  pas  même 
eu  dans  les  domaines  de  Reims  l'initiative  des  mesures  prises  en  faveur 
dos  classes  agricoles.  En  1181,  avant  l'octroi  de  la  charte  deBeaumont,  le 
chapitre  de  Notre-Dame  de  Reims  avait  affranchi  ses  hommes  de  Frail- 
licourt^.  Et,  s'il  est  vrai  qu'en  1182  Guillaume  rétablit  les  échevins  de 
Reims,  on  ne  doit  pas  en  conclure  qu'il  était  favorable  à  la  commune, 
ni  oublier  en  quels  termes  il  parlait  de  l'audace  des  Rémois,  qui,  pro- 
fitant d'une  vacance  du  siège  archiépiscopal,  avaient  établi  une  com- 
mune au  détriment  de  l'église  de  Reims.  Grâce  à  Dieu,  cette  funeste 
institution  avait  été  abolie.  Et  Guillaume,  en  1198,  s'engageait  envers 
son  chapitre  à  s'opposer  à  toute  tentative  nouvelle  d'association  com- 
munale entre  les  bourgeois  2.  En  établissant  une  ville  neuve  à  Beau- 
mont,  et  en  limitant  le  plus  possible  les  droits  qu'il  se  réservait  sur  les 
habitants ,  l'archevêque  n'avait  d'autre  mobile  que  son  intérêt  bien 
entendu  :  il  peuplait  une  terre,  sans  doute  peu  cultivée,  provoquait  et 
assurait  par  de  sages  mesures  le  développement  rapide  du  nouveau 
bourg,  et  finalement  augmentait  ses  revenus  et  ceux  de  ses  succes- 
seurs. Le  but  des  seigneurs  qui  ont  suivi  son  exemple  n'a  pas  été  autre. 
M.  Bonvalot,  à  la  suite  de  Jeantin  et  de  Defourny,  distingue  (p.  254) 
de  la  charte  de  1182,  et  surtout  des  traductions  françaises  qui  en  ont 
été  faites,  la  compilation  française  dite  Loy  de  Beaumont  ou  Arche, 
«  édifiée  lentement  à  travers  les  siècles  par  des  besoins  et  des  intérêts 
nouveaux...  recueil  de  pratiques  et  de  décisions  judiciaires,  qui,  mêlées 
à  la  charte,  maintiennent  son  texte  primitif  en  certains  points,  le 
modifient  ou  l'abrogent  en  d'autres,  mais  qui  surtout  l'enrichissent 
d'additions  importantes.  «  C'est  là  caractériser  en  d'excellents  termes  le 
texte  que  M.  Bonvalot  publie  sous  le  numéro  3  de  son  appendice.  Mais 
le  nom  de  loi  ne  saurait  être  exclusivement  réservé  à  cette  compilation 

1.  Archives  administratives  de  la  ville  de  Reims,  t.  I,  p.  385. 

2.  Archives  administratives,  t.  I,  p.  434,  n"  cccxin. 


385 

formée  au  cours  des  siècles,  et  dont  la  dernière  rédaction  est  du 
xYii^  siècle'.  La  charte  de  1182  était  appelée  loi  dès  le  xiii»  siècle^. 
M.  Bonvalot  ajoute  :  «  Il  est  donc  arrivé  à  la  charte  de  Beaumont  ce 
qui  est  arrivé  à  la  charte  de  Lorris.  Celle-ci ,  composée  de  35  articles, 
est  devenue,  dès  1494,  un  véritable  code  en  23  chapitres  et  236  articles  » 
(p.  257).  Ce  rapprochement  est  inexact.  Il  n'y  a  de  commun  que  le  nom 
entre  la  charte  de  Lorris  de  1155  et  la  coutume  de  Lorris-Montargis 
rédigée  au  xv"  siècle.  Au  contraire,  la  compilation  désignée  par 
M.  Bonvalot  sous  le  nom  de  loi  de  Beaumont  n'est  que  le  développe- 
ment de  la  charte  de  Guillaume  de  Champagne. 

Celle-ci,  suivant  M.  Bonvalot,  assurait  aux  bourgeois  la  liberté,  la 
propriété,  le  droit  d'élire  leurs  magistrats. 

«  Les  gens  de  Beaumont  étaient,  comme  les  autres  habitants  des 
campagnes,  dans  la  dépendance  de  leur  seigneur  et  soumis  à  la  for- 
fuyance,  au  formariage,  à  la  main-morte,  aux  tailles  et  aux  corvées. 
Quoique  la  suppression  de  ces  servitudes  n'ait  pas  été  prononcée  expres- 
sément, elle  eut  lieu  »  (p.  120).  Rien  ne  prouve  que  les  habitants  de 
Beaumont  (et  ils  devaient  être  peu  nombreux  avant  la  fondation  de  la 
ville  neuve)  aient  été  soumis  aux  droits  énumérés  par  M.  Bonvalot.  Il 
s'en  fallait  de  beaucoup  que  les  habitants  des  campagnes  fussent  tous 
ainsi  réduits  à  un  servage  aussi  rigoureux.  Et,  puisque  l'archevêque  de 
Reims  ne  renonce  ni  au  droit  de  suite,  ni  au  formariage,  ni  à  la  main- 
morte, ni  au  droit  d'imposer  des  tailles  et  des  corvées,  l'historien  n'a 
qu'à  confesser  son  ignorance  sur  la  condition  des  habitants  de  Beau- 
mont antérieurement  à  1182. 

En  second  lieu ,  l'archevêque  «  abandonne  en  toute  propriété  »  aux 
bourgeois  sa  «  terre  seigneuriale,  les  champs,  les  prés,  les  jardins,  les 
maisons  »  (p.  121).  Il  est  bien  vrai  que  la  distribution  des  lots  de  terre 
incombe  dans  les  villes  neuves  aux  magistrats  de  la  communauté.  Ce 
qui  ne  prouve  pas  que  le  territoire  appartienne  à  cette  communauté. 
Les  échevins  agissent  alors  comme  mandataires  du  seigneur.  Car, 
bien  qu'élus  par  les  habitants,  ils  n'en  restent  pas  moins,  dans 
une  certaine  mesure,  les  représentants  de  l'autorité  seigneuriale,  par 
exemple  lorsqu'ils  perçoivent  les  revenus  de  la  ville  et  remettent  au 
seigneur  la  part  qui  lui  appartient.  Le  bourgeois  n'a  pas  davantage  la 
pleine  propriété  de  sa  maison  et  de  ses  terres;  ce  n'est  qu'une  tcnure, 

1.  La  rédaction  publiée  par  M.  Bonvalot  contient  une  attestation  de  justice 
du  maire  et  des  échevins  de  Mussy,  en  date  du  G  juillet  1605. 

2.  En  1223,  Louis,  comte  de  Cliiny,  concède  à  la  ville  neuve  d'Aviotli  la  loi 
de  Beaumont,  «  legem  Belliraonlis  ».  (Jcantin,  Chroniques  de  l'Ardenne,  t.  II, 
p.  601.)  —  En  1237,  l'archevêque  de  Reims  affranchit  Lélanne  à  la  loi  de  Beau- 
mont: «Nos  villam  nostram  quae  dicilur  Stanna...  intègre  franchimus  ad  legem 
Bellimontis.  »  (Defourny,  Beaumont  en  Argonne,  p.  248,  P.  Just.,  n"  v.) 


386 

car  il  faut  sans  doute  voir,  dans  les  douze  deniers  payés  annuellement 
au  seigneur  par  tout  bourgeois  qui  a  reçu  une  maison  dans  la  ville  de 
Beaumont,  ou  un  jardin  hors  l'enceinte  (art.  i^""),  un  véritable  cens,  qui 
affirme  le  droit  éminent  du  seigneur  sur  l'héritage  du  tenancier.  Celui- 
ci  peut  transmettre  sa  possession  ou  l'aliéner.  Mais,  en  1181,  le  chapitre 
de  Reims,  affranchissant  ses  hommes  de  Fraillicourt,  leur  assure  la 
libre  disposition  de  leurs  immeubles,  possessiones  ^ .  Cependant,  la  pro- 
priété, proprietas  et  dominium,  reste  à  l'église  de  Reims,  comme  en 
témoigne  un  acte  de  1182^. 

Je  ne  crois  pas  davantage,  en  dépit  de  l'arrêt  du  conseil  de  1769  fp.  348), 
que  Guillaume  de  Champagne,  en  concédant  à  la  communauté  de  Beau- 
mont  le  liberuin  usum.  nemoris  (art.  viii),  ait  entendu  lui  donner  la 
pleine  propriété  de  ses  bois.  L'expression  liber  usus  indique  simplement 
que  les  bourgeois  n'auront,  en  retour  de  l'usage,  aucune  redevance  à 
payer  au  seigneur. 

M.  Bonvalot  caractérise  en  quelques  lignes  (p.  122)  la  nature  des  pou- 
voirs du  maire  et  des  jurés  de  Beaumont,  tout  à  la  fois  juges  et  admi- 
nistrateurs. On  n'aime  guère  à  trouver  l'expression  toute  moderne  de 
suffrage  universel  appliqué  au  mode  d'élection  de  ces  magistrats.  D'au- 
tant plus  que,  comme  le  démontre  M.  Bonvalot  dans  le  chapitre  vi,  un 
des  meilleurs  du  livre,  rien  n'est  si  différent  du  suffrage  universel  que 
la  procédure  suivie  pour  les  élections  des  échevins  dans  les  villes  affran- 
chies à  la  loi  de  Beaumont. 

Enfin  l'interprétation  donnée  à  l'art.  Lvn  de  la  charte  de  1182  mérite 
d'être  examinée  :  «  Archiepiscopus  dabit  procurationem  majori  et  juratis 
pro  placito  generali,  ter  in  anno,  singulis  vicibus  quinque  solides.  » 
«  Les  maires  et  jurats  tiennent  par  procuration  du  seigneur  trois  fois 
l'an  plaid  général  au  civil  et  au  criminel,  sur  tous  procès,  d'après  la 
procédure  et  le  droit  édictés  par  la  charte  »  (p.  123  ;  voyez  encore  p.  391). 
Je  ne  sais  si  l'on  pourrait  rencontrer  au  xn^  siècle  le  nom  de  procuratio 
employé  comme  synonyme  de  mandat.  De  plus,  l'explication  de  M.  Bon- 
valot ne  rend  pas  compte  des  mots  quinque  solides.  Il  faut  donner  au 
mot  procuratio  son  sens  ordinaire  :  droit  de  gîte  ;  il  est  ici  converti  en 
une  somme  d'argent.  C'est  une  procuration  de  cinq  sous  qu'on  donne 
aux  maire  et  jurés.  Si  nous  rapprochons  l'article  lvii  de  l'article  pré- 
cédent, qui  règle  le  service  d'host  et  chevauchée,  nous  n'hésiterons  plus 
à  penser  qu'il  s'agit  du  service  de  plait  auquel  la  communauté  de  Beau- 

1.  «  ut  omnes  qui  in  praefata  villa  per  annura  et  diem  habueritis  et  cor- 
poraliter  fixeritis  mansionem...  perpetuam  habeatis  libertatem,  possessionum 
quoque  vestrarum,  quas  hue  usque  juste  babuistis,  vel  in  futurum  acquisituri 
estis,  tam  vobis  quam  beredibus  vestris  pacificam  firmitatem.  »  Archives  admi- 
nistratives de  la  ville  de  Reims,  t.  I,  p.  385. 

2.  Aixhives  administratives,  t.  I,  p.  387,  n'  259. 


387 

mont,  représentée  par  ses  jurés,  était  tenue  envers  son  seigneur,  et 
nous  traduirons  :  «  L'archevêque  donnera  au  maire  et  aux  jurés,  quand 
ils  viendront  au  plait  général  qui  se  tient  trois  fois  l'an,  une  procura- 
tion de  cinq  sous  à  chaque  plait.  » 

L'auteur  nous  fait  assister,  au  chapitre  ni,  à  la  rapide  propagation  de 
la  loi  de  Beaumont.  A  ses  yeux,  toutes  les  villes  qui  l'ont  obtenue  sont 
des  villes  neuves;  car  le  mot  ville  neuve  «  répond  à  une  idée  autre  (jue 
celle  d'une  édification.  Ce  terme  marque  une  phase  nouvelle  dans  la 
vie  d'une  localité  déjà  existante,  une  révolution  juridique  dans  l'état 
de  son  sol  et  de  ses  habitants  »  (p.  260).  Il  est  fort  douteux  qu'on 
puisse  étendre  ainsi  la  dénomination  de  villes  neuves  à  toutes  les  villes 
franches;  les  documents  les  distinguent  fort  bien.  Grâce  à  de  longues 
recherches,  M.  Bonvalot  n'a  pas  signalé  moins  de  508  locahtés  affran- 
chies à  la  loi  de  Beaumont.  Pour  342  d'entre  elles,  il  a  retrouvé  la 
charte  primitive  ou  une  confirmation;  il  en  a  dressé  la  liste  dans  son 
tableau  n»  1  ;  pour  les  autres,  l'affranchissement  ne  nous  est  connu  que 
par  des  actes  authentiques,  tels  qu'aveux  et  dénombrements,  arrêts, 
records  de  justice,  etc.;  un  second  tableau  en  présente  le  catalogue.  Le 
tableau  n°  3  contient  les  noms  des  villages  que  certains  auteurs  affirment 
avoir  été  régis  par  la  même  loi,  sans  apporter  de  preuves  suffisantes  à 
l'appui  de  leurs  assertions.  Un  quatrième  tableau  donne  la  suite  chro- 
nologique des  affranchissements.  Je  ne  saurais  citer  qu'une  charte  qui 
ait  échappé  aux  investigations  de  l'auteur,  celle  de  Villeneuve-le-Gomte, 
émanée  en  1203  de  Gaucher  de  Chàtillon ,  bouteiller  de  Champagne,  et 
d'Elisabeth  sa  femme,  comtesse  de  Saint-Pol^  Si  complets  que  soient 
les  tableaux  dressés  par  M.  Bonvalot,  ils  ne  fournissent  pas  tous  les 
renseignements  qu'on  devrait  y  trouver.  Dans  le  tableau  n»  1,  le  plus 
important,  les  chartes  sont  réparties  par  seigneuries,  et,  dans  chaque 
seigneurie,  suivant  l'ordre  chronologique.  Pareille  liste  comportait  l'ad- 
dition d'une  table  alphabétique  qui  permît  de  s'assurer  si  tel  ou  tel 
village  avait  eu  la  loi  de  Beaumont,  et  sous  quel  numéro  est  indiqué  sa 
charte.  Les  noms  de  lieux  sont  identifiés;  mais  on  n'a  pas  distingué 
l'orthographe  actuelle  de  l'ancienne.  Les  dates  ne  sont  pas  ramenées  au 
calendrier  actuel.  Au  lieu  de  mettre  (p.  156,  n^  3)  :  1243,  joxir  des 
cendres  en  février,  il  n'eût  guère  plus  coûté  de  transformer  cette  donnée 
chronologique  en  une  autre  plus  précise  :  1244,  25  février.  Il  eût  aussi 
fallu  donner  de  chacune  des  chartes  citées  une  courte  analyse,  et  ne 
pas  se  contenter  d'indiquer  le  nom  du  seigneur  qui  l'a  concédée.  Enfin, 
les  renvois  aux  dépôts  d'archives  ou  aux  ouvrages  manquent  de  pré- 
cision. 
Ces  nombreuses  filiales  de  la  charte  de  Beaumont  ont  puissamment 

l.  Vidimus  aux  archives  de  Seiae-et-Marne,  E  195G  {Inventaire-sommaire, 
supplément  à  la  série  E,  p.  1Z7). 


3SS 

contribué  au  relèvement  de  l'agriculture,  de  l'industrie  et  du  commerce 
dans  la  région  du  Nord-Est.  Elles  ont  aussi  en  partie  déterminé  l'avène- 
ment des  communautés  rurales  à  la  vie  politique.  M.  Bonvalot  a  très 
bien  montré  (ch.  ix,  p.  513  et  suiv.)  comment  les  seigneurs,  ne  pouvant 
plus  faire  face  à  leurs  dépenses  avec  leurs  seuls  revenus  ordinaires,  ont 
dû  avoir  recours  à  des  impositions  extraordinaires,  et  comment,  s'étant 
privés  du  droit  de  lever  ces  impositions  dans  la  plupart  des  villes 
affranchies  à  la  loi  de  Beaumont,  ils  ont  dû  convoquer  les  bourgeois 
aux  états  provinciaux,  pour  solliciter  d'eux  des  dons  gracieux  et  des 
aides. 

Avec  le  xv^  siècle  s'arrête  l'expansion  de  la  loi  de  Beaumont.  Au  siècle 
suivant,  les  seigneurs  entament  la  lutte  contre  les  libertés  locales  (ch.  x). 
Les  attaques  les  plus  vives  sont  dirigées  par  les  officiers  seigneuriaux 
contre  les  échevinages,  auxquels  on  retire  successivement  toutes  leurs 
attributions.  Le  privilège  dont  les  bourgeois  se  montrent  le  plus  jaloux 
et  qu'ils  défendent  avec  le  plus  d'opiniâtreté,  c'est  le  renouvellement 
annuel  des  corps  municipaux.  Toutefois  Beaumont  ne  perd  ce  privilège 
qu'en  1778.  Le  chapitre  où  M.  Bonvalot  retrace  la  décadence  de  la  loi 
de  Beaumont  est  parmi  les  plus  intéressants  du  livre. 

Le  texte  qui  est  donné  de  la  loi  de  Beaumont  (p.  98),  s'il  marque  un 
progrès  sur  celui  qu'avaient  publié  d'abord  M.  d'Arbois  de  Jubainville^, 
puis  M.  Teulet2  d'après  une  copie  du  Trésor  des  chartes,  n'est  pas 
meilleur  que  celui  qu'avait  donné  M.  Leclercq  ^.  Au  reste  M.  Bon- 
valot, comme  M.  Leclercq,  a  pris  pour  base  de  l'établissement  du  texte 
un  vidimus  délivré  le  7  avril  1788  par  le  greffier  de  la  Chambre  des 
comptes  de  Bar  ;  il  l'a  corrigé,  dit-il,  à  l'aide  de  la  copie  du  Trésor  des 
chartes  et  des  plus  anciennes  filiales.  On  ne  s'explique  pas  alors  pour- 
quoi à  l'article  xxxv  il  n'a  pas  substitué  à  Buerna  la  bonne  leçon 
Brueriis  fournie  par  la  copie  du  Trésor  des  chartes.  A  la  suite  du  texte 
latin  vient  une  traduction  française  inédite  (p.  110),  tirée  des  papiers 
de  Dom  Calmet.  Il  eût  été  préférable  de  l'imprimer  en  regard  du  texte 
latin.  M.  Bonvalot  a  divisé  la  charte  de  1182  en  57  articles;  la  traduc- 
tion en  a  58.  Cette  différence  provient,  non  pas  d'une  addition,  mais 
de  la  division  en  deux  de  l'article  Lvn,  division  très  justifiée  d'ailleurs, 
et  qu'on  aurait  pu  adopter  pour  le  texte  latin. 

M.  Bonvalot  a  publié  en  appendice  soixante  documents  inédits,  qui  se 
répartissent  de  la  manière  suivante  :  la  charte  donnée  à  Ormes  par  Guil- 
laume de  Champagne  en  1189  (traduction)  ;  la  charte  de  Parroy  (1199?); 
la  Loi  ou  Arche  de  Beaumont;  cinquante  filiales  de  Beaumont,  rangées 
dans  l'ordre  du  tableau  n»  1  ;  cinq  procès-verbaux  d'élections,  et  deux 

1.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  1851,  3^  série,  t.  II,  p.  249. 

2.  Teulel,  Layettes  du  Trésor  des  chartes,  iv  314,  t.  I,  p.  134. 

3.  Op.  cit. 


389 

règlements  pour  le  renouvellement  de  la  justice,  à  Virton  et  à  Stenay. 
Je  ne  saurais  porter  de  jugement  sur  rétablissement  des  textes,  n'ayant 
pu  consulter  les  originaux  conservés  pour  la  plupart  dans  les  dépôts 
d'archives  et  les  bibliothèques  des  départements.  Je  ferai  seulement 
remarquer  que  M.  Bonvalot  a  négligé  de  diviser  en  articles  les  chartes 
de  coutumes  et  de  les  faire  précéder  d'une  courte  analyse.  La  ponctua- 
tion est  très  défectueuse.  La  finesse  des  caractères  employés  pour  l'im- 
pression vient  encore  augmenter  la  difficulté  de  la  lecture. 

Ce  rapide  examen  suffit  à  montrer  l'étendue  des  recherches  de  M.  Bon- 
valot. Tous  ceux  qu'intéresse  l'histoire  des  classes  agricoles  et  du  tiers 
état  trouveront  profit  à  l'étude  de  cet  ouvrage.  Cependant,  on  ne  doit 
s'en  servir  qu'avec  précaution.  En  effet,  en  négligeant  de  citer  les  textes 
sur  lesquels  il  s'appuie,  M.  Bonvalot  met  le  lecteur  dans  l'impossi- 
bilité de  contrôler  facilement  ses  assertions.  De  plus,  l'examen  simul- 
tané de  chartes  d'époques  et  de  provinces  diverses  nuit  à  la  clarté  de 
l'exposition;  outre  que  le  style  est  trop  peu  précis  et  que  l'auteur  se 
complaît  dans  les  digressions.  M.  Bonvalot  a  recueilli  une  ample 
moisson  de  documents  :  après  lui,  il  n'y  a  plus  qu'à  glaner.  Il  est 
regrettable  qu'il  n'ait  pas  apporté  dans  la  mise  en  œuvre  de  matériaux 
amassés  avec  tant  de  patience  une  méthode  plus  scientifique  et  une 

critique  plus  rigoureuse. 

Maurice  Prou. 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Sciences  auxiliaires.  ^^  Épigraphie,  317.  —  Paléographie,  245.  — 
Chronologie,  331.  —  Bibliographie,  244,  293,  351  ;  manuscrits,  255, 
274,  290,  330,  342,  352. 

Sources,  311.  —  Chroniques,  271,  295.  — Lettres,  320,  373.  —  Archives, 
381  ;  cartulaires  et  documents,  243,  256,  268,  270,  272,  276,  308,  312, 
336,  355;  obituaire,  3.44. 

Biographie  et  généalogie.  —  Saint  Antoine  de  Padoue,  319;  Balue, 
273;  Bataille,  298;  Baudoin  de  Mauville,  371  ;  Beaurepaire,  292;  Bec- 
quet  de  Mégille,  370;  saint  Bernard,  378;  Charles  V,  342;  Crépy,  257; 
saint  Eutrope,  327  ;  Fortunat,  266;  Gréard,  249;  Henri  IV,  373;  Hinc- 
mar.  364;  saint  Léonard,  303;  Ligniville,  293;  Maugue,  247;  Norman, 

26 


390 

340  ;  Remerville,  353  ;  Sforza,  243  ;  Taveau,  268  ;  Varmo,  377  ;  Wagnon- 
ville,  371 . 

Droit,  249,  260,  284,  338,  345,  367,  372,  382. 

Institutions:  agricoles,  301;  charitables,  248,  297;  judiciaires,  273,  343; 
municipales,  265,  300,  368;  de  police,  244;  représentatives,  326;  univer- 
sitaires, 277,  386. 

MCEURS  ET  CIVILISATION,  264,  334. 

Religions.  —  Bible,  258.  —  Catholicisme  :  papauté,  336;  diocèses, 
344,  380;  églises  locales,  259,  344;  ordres,  315;  monastères,  237,  251, 
267,  369  ;  corporations  religieuses,  288,  297,  324.  —  Gatharisme,  335. 

—  Protestantisme,  308,  353. 

Archéologie,  281,  291,  317.  —  Architecture,  325  :  édifices  civils  et 
militaires,  253,  263,  283,  286,  299,  316,  329;  édifices  religieux,  246,  251, 
254,  256,267,302,309,318,3.32,  341,346,  369,  384.  —  Sculpture,  310. — 
Peinture,  332.  —  Gravure,  385.  —  Tissus,  289,  298.  —  Blason,  288.  — 
Sphragistique,  336.  —  Numismatique,  280,  294,  336,  350,  358.  — 
Musique,  354. 

Langues  et  littératures.  —  Latin,  266,  305,  306,  315,  319,  378,  387. 

—  Langues  romanes,  304,  374  :  français,  258,  282,  287,  314,  328,  337, 
348,  351,  354,  362,  375;  italien,  242;  provençal,  270.  —  Langues  cel- 
tiques, 374.  —  Langues  germaniques,  348,  352,  360. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  349.  —  Alsace-Lorraine,  247,  350.  —  Prusse,  302,  307, 
355.  —  Saxe,  322. 

Belgique,  320,  342,  344. 

Espagne,  239,  272. 

France,  244,  311,  320.  —Bretagne,  333;  Franche-Comté,  288;  Gas- 
cogne, 365;  Guyenne,  356;  Lorraine,  358;  Normandie,  249;  Savoie, 
338.  _  Aisne,  341;  Hautes-Alpes,  359;  Bouches- du-Rhône,  310;  Cha- 
rente-Inférieure, 312,  327;  Cher,  256;  Côte-d'Or,  361  ;  Doubs,  289-291, 
369;  Eure,  253;  Gard,  270,  324;  Hérault,  327;  Ille-et- Vilaine,  346 
Indre-et-Loire,  342;  Landes,  386;  Loiret,  342,  384;  Lot-et-Garonne 
316,  353,  373;  Marne,  267,  309,  332,  364;  Meurthe-et-Moselle,  262, 
Meuse,  366;  Nièvre,  296;  Nord,  259,  265,  299,  321,  345,  371;  Oise 
275,  344  ;  Pas-de-Calais,  264,  323,  325,  342  ;  Puy-de-Dôme,  247  ;  Hautes 
Pyrénées,  308  ;  Pyrénées-Orientales,  382  ;  Rhône,  255,  300,  362,  368 
Saône-et-Loire,  248,274,  379;  Seine,  273,  274,  277,298,372;  Seine-et- 
Marne,  250;  Seine-et-Oise,  280,  318,  383;  Seine-Inférieure,  261,  303, 
326,  347,  363;  Deux-Sèvres,   254;  Somme,   281,  343,   363;  Tarn-et- 


39^ 

Garonne,  286;  Var,  251  ;  Vaucluse,  263,  269,  283,  329;  Vendée,  357; 
Vienne,  317;  Haute- Vienne,  279,  297;  Vosges,  276;  Yonne,  268. 

Grande-Bretagne,  241.  —  Ecosse,  360. 

Italie,  260,  381,  385.  —  Lombardie,  237,  243,  252,  271,  294,  367; 
Marches,  240  ;  Piémont,  278,  295  ;  provinces  napolitaines,  285  ;  Rome, 
336;  Toscane,  246,  330  ;  Vénétie,  319,  377.  —  Sicile,  272. 

Suisse,  376,  380. 

Orient,  238,  239. 

236.  Additions  à  VHistoire  de  Saint-Trivier-en-Dombes,  par  unDombo- 
mane.  Lyon,  imprimerie  générale,  1884.  In-8°,  62  p. 

237.  Agnelli  (Giovanni).  Monografia  délia  abbazia  cisterciense  di  Cer- 
reto.  Lodi,  tip.  délia  Paco,  1883. 

238.  'Al  'Umari.  Condizioni  degli  stati  cristiani  dell'  Occidente,  secon- 
de una  relazione  di  Domenichino  Doria  da  Genova.  Testo  arabo,  con 
versione  italiana  e  note  di  M.  Amari.  Extrait  des  Memorie  delV  Accade- 
mia  dei  Lincei,  classe  des  sciences  morales,  3'  série,  vol.  XI.  Roma,  tip. 
Salviucci,  1883. 

239.  'Al  'Umari.  Trattato  stipulato  da  Giacomo  II  d'Aragona  col  sul- 
tano  d'Egitto  il  29  gennaio  1293.  Memoria  di  M.  Amari.  Extrait  des 
Memorie  deW  Accademia  dei  Lincei,  classe  des  sciences  morales,  3"  série, 
vol.  XL  Roma,  tip.  Salviucci,  1883. 

240.  Anchise  (E.  d').  Una  Planta  di  Ancona  dei  secolo  xvi.  Pernozze 
Mariotti-Baldassari.  Ancona,  Morelli.  In-S»,  118  p. 

241.  Ancient  and  modem  Britons.  A  retrospect.  London,  Kegan  Paul, 
1884.  2  vol.  in-8",  vni-401,  yiii-449  p.  1  1.  4  s. 

242.  Ancona  (Alessandro  d').  Studii  sulla  letteratura  italiana  de' primi 
secoli.  Ancona,  A.  Gustavo  Morelli.  In-16,  462  p.  5  1. 

243.  Ancona  (Amilcare).  Documenti  sforzeschi  provenienti  dalla  rac- 
colta  Morbio,  venduti  a  Parigi  ed  otforti  alla  Società  storica  lonibarda. 
Milano,  tip.  Reslieri.  In-16. 

244.  Andrieu  (Jules).  La  Censure  et  la  Police  des  livres  en  France 
sous  l'ancien  régime.  Une  saisie  de  livres  à  Agen  en  1775.  Agen, 
J.  Michel  et  Médau,  1884.  In-S",  47  p. 

245.  Andrioli  (Eliodoro).  Raccolta  compléta  di  scritture  moderne  e 
medioevali,  dal  secolo  xv  al  xix.  Milano,  tip.  G.  Agnelli  di  A.  Colombo 
e  I.  Lozza.  Planches  lithographiées.  15  1. 

246.  Arus  (Arturo).  Una  Visita  alla  cattcdrale  di  Massa  Marittima. 
Genno  storico  dimostrativo.  Massa  Marittima,  tip.  frat.  Minucci.  In-16, 
46  p.,  50  c. 


392 

247.  AuRELLE  (le  vicomte  Théophile  d').  Notice  biographique  sur 
Benoist  Maugue,  écuyer,  seigneur  de  la  ville  et  vicomte  d'Ennezat, 
docteur  en  médecine,  conseiller-secrétaire  du  roi  près  le  conseil  supé- 
rieur d'Alsace,  inspecteur  général  des  hôpitaux  royaux  de  cette  pro- 
vince, chevalier  de  l'ordre  de  Saint-Michel  (1657-1749).  Clermont-Fer- 
rand,  impr.  Malleval,  1884.  In-8%  33  p. 

248.  Batault  (Henri).  Notice  historique  sur  les  hôpitaux  de  Chalon- 
sur-Saône  avant  1789.  Avec  deux  eaux-fortes  de  M.  Jules  Ghevrier. 
Chalon-sur-Saône,  typ.  L.  Marceau,  1884.  In-8°,  xxviii-477  p. 

249.  Beaurepaire  (Gh.  de).  Notice  sur  Gréard,  ancien  avocat  au  par- 
lement de  Normandie,  à  propos  d'un  manuscrit  de  droit  normand. 
Rouen,  impr.  Espérance  Gagniard,  1884.  In-8'',  28  p. 

250.  Benoist(L.).  Notice  historique  et  statistique  sur  Mary-sur-Marne, 
Meaux,  A.  Le  Blondel,  1884.  In-8%  27  p. 

251.  Bérard  (l'abbé  F.).  Étude  historique  et  archéologique  sur  l'ab- 
baye du  Thoronet  (^^ar).  Avignon,  Seguin,  1884.  In-8°,  39  p.,  pi. 

252.  BERGAMAScm  (Domenico).  Storia  di  Gazolo  e  suo  marchesato. 
Casalmaggiore,  tip.  Contini,  1883. 

253.  Bernard  (F.  Constant).  Salon  de  1884,  Notice  sur  le  château  de 
Gisors.  Extrait  d'une  Monographie  du  château  de  Gisors  en  voie  de  pré- 
paration. Paris,  impr.  Ghaix,  1884.  In-8",  6  p. 

254.  Berthelé  (J.).  Architecture  mérovingienne.  La  date  de  la  crypte 
de  Saint-Léger  à  Saint-Maixent  (Deux-Sèvres).  Extrait  du  Bulletin 
monumental,  1884.  Tours,  impr,  Paul  Bousrez,  sans  date.  In-S",  28  p. 

255.  Bibliothèque  de  la  ville  de  Lyon.  Rapport  à  la  commission  des 
manuscrits.  Signé  :  A.  Yingtrinier.  Lyon,  Association  typographique, 
1884.  In-4°,  14  p. 

256.  BoissouDY  (Alfred  de).  Le  Gartulaire  de  l'église  Saint-Étienne  de 
Bourges  (xni^  siècle).  Visite  aux  voûtes  de  ladite  église.  Les  lustres. 
Bourges,  impr.  H.  Sire.  In-8%  29  p. 

257.  Bommart  (Th.).  Généalogie  de  la  famille  Grépy,  dressée  sur  titres. 
Lille,  impr.  L.  Danel,  1883.  Gr.  in-8%  317  p. 

258.  Bonnard  (Jean),  Les  Traductions  de  la  Bible  en  vers  français  au 
moyen  âge.  Ouvrage  honoré  d'une  récompense  par  l'Académie  des  ins- 
criptions et  belles-lettres.  Paris,  imprimerie  nationale,  librairie  H. 
Champion,  1884.  In-8°,  ii-244  p. 

259.  Bonvarlet  (A.).  Notes  et  Documents  sur  le  culte  de  Saint-Jacques- 
le-Majeur  à  Gapelle-Brouck.  Lille,  impr.  Lefebvre-Ducrocq,  1884.  In-8°, 
28  pages. 

260.  Bovio  (G.).  Sommario  délia  storia  dei  diritto  in  Italia  dall'  ori- 


393 

ginc  di  Roma  ai  nostri  lempi.  Napoli,  Anfossi,  s.  d.  In-8",  406  p.  12  1. 

261.  Braquerais  (Léon).  Histoire  de  Bléville.  Havre,  impr.  Lepelle- 
tier,  1884.  In-16,  191  p.,  1  planche.  3  fr. 

262.  Briquel  (G.).  Lunéville  depuis  sa  fondation  jusqu'à  sa  réunion  à 
la  France.  Nancy,  typ.  G.  Crépin-Leblond,  1884.  In-8°,  40  p. 

263.  Ganron  (Augustin).  Le  Palais  des  papes  à  Avignon  (notice  his- 
torique et  archéologique).  3^  édition,  revue,  modifiée  et  augmentée.  Avi- 
gnon, Aubanel,  1884.  In-16,  56  p. 

264.  Cardevacque  (A.  de).  Les  Cabarets  à  Arras  à  travers  les  siècles. 
Arras,  typ.  de  Sède,  1884.  In-8°,  48  p. 

265.  Cardevacque  (A.  de).  Les  Serments  de  la  ville  de  Cambrai.  Cam- 
brai, J.  Renaut,  1883.  In-8%  187  p. 

266.  Caron  (Laurent).  Le  poète  Fortunatet  son  temps.  Lectures  laites 
à  l'Académie  d'Amiens  le  i7  avril  et  le  13  juillet  1883.  Amiens,  impr. 
H.  Yvert,  1884.  In-8%  79  p. 

267.  Carré  (l'abbé  J.-B.-E.).  Histoire  du  monastère  de  Notre-Dame 
d'Igny,  de  l'ordre  de  Cîteaux,  au  diocèse  de  Reims,  depuis  sa  fondation 
jusqu'à  nos  jours,  1126-1884,  avec  gravures  et  pièces  inédites.  Reims, 
F.  Michaud,  1884.  In-8'>,  xxxvi-633  p.,  planches. 

268.  Cartulaire  sénonais  de  Balthasar  Taveau,  procureur  au  bailliage 
et  siège  présidial  de  Sens,  procureur  aux  causes  et  greffier  de  la  chambre 
de  ville,  publié  sous  les  auspices  de  la  Société  archéologique  de  Sens 
par  G.  Julliot.  Sens,  impr.  Charles  Uuchemin,  1884.  ln-4'',  xvi-223  p., 
planches. 

269.  Constantin  (l'abbé  J. -M. -J.).  Histoire  de  Saint-Pierre-de-Vassols, 
couronnée  par  l'Académie  de  Vaucluse,  dans  sa  séance  du  3  novembre 
1883.  Carpentras,  impr.  Tourrette,  1884.  In-8°,  45  p. 

270.  Criées  de  la  baronnie  d'Hierle,  texte  en  langue  d'oc,  de  1415, 
publiées  par  Edouard  Bondurand.  Extrait  des  Mémoires  de  V Académie 
de  Nîmes,  1883.  Nimes,  typ.  Clavel  et  Ghastanier,  1884.  In-8°,  15  p. 

271.  Cronichetta  di  Lodi  del  secolo  xv,  annotata  dal  dott.  G.  Casati. 
Milano,  fratelli  Dumolard.  Li-16,  88  p.  1  1.  50  c. 

272.  De  rébus  regni  Siciliae.  Documenti  inediti,  estratti  dall'  archi- 
vio  générale  délia  corona  d'Aragon,  pubblicati  da  Giuseppe  Silvcstri. 
Vol.  I,  fasc.  1-11.  Palermo,  1883.  Gr.  in-8*,  794  p.  (Documenti  perser- 
vire  alla  storia  di  Sicilia,  pubblicati  per  cura  délia  Società  siciliana  per 
la  storia  patria.  la  série,  diplomatica,  vol.  V.) 

273.  Delaborde  (H. -François).  La  Légation  du  cardinal  Balue  en 
1484  et  le  Parlement  de  Paris.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  de  l'his- 
toire de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  11*  année,  1884,  p.  36-51.  Paris,  1884. 
In-80,  16  p. 


394 

274.  Delisle  (Léopold).  Inventaire  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
nationale.  Fonds  de  Gluni.  Paris,  H.  Champion,  1884.  In-8'',  xxv-413  p. 

275.  Dion  (A.  de).  Les  seigneurs  de  Breteuil  en  Beauvaisis.  Extrait 
des  Mémoires  de  la  Société  de  Vhistoire  de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  t.  X, 

1883.  Paris,  1884.  In-8°,  52  p.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

276.  Documents  rares  ou  inédits  de  l'histoire  des  Vosges,  publiés  au 
nom  du  comité  d'histoire  vosgienne  par  J.-C.  Chapellier,  P.-E.  Ghe- 
vreux  et  G.  Gley.  Tome  VIII.  Paris,  J.-B.  Dumoulin,  H.  Champion, 

1884.  In-8%  xi-393  p. 

277.  Documents  relatifs  à  la  fondation  et  aux  premiers  temps  de 
l'université  de  Paris,  pubhés  par  le  P.  Henri  Denifle,  de  l'ordre  des 
Frères  prêcheurs.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris 
et  de  l'Ile-de-France,  t.  X,  1883.  Paris,  1884.  In-S»,  p.  243-267.  Ne  peut 
être  mis  en  vente. 

278.  DoNBANA  (A.).  Memorie  storiche  di  Montanaro.  Torino,  tip. 
Botta.  In-8%  261  p. 

279.  DucouRTiEUX  (Paul).  Limoges  d'après  ses  anciens  plans.  Ouvrage 
accompagné  de  quatre  reproductions  d'anciens  plans.  Limoges,  M™e  V« 
H.  Ducourtieux,  1884.  In-8",  191  p.  4  fr. 

280.  DuFOUR  (A.).  Un  Atelier  monétaire  à  Corbeil  de  1654  à  1658. 
Extrait  des  Annales  de  la  Société  historique  et  archéologique  du  Gâtinais. 
Fontainebleau,  irapr.  E.  Bourges,  1884.  In-8'',  10  p. 

281.  Duhamel -Décéjean.  Description  archéologique  du  canton  de 
Nesle,  accompagnée  de  45  planches  contenant  112  dessins  et  vues  de 
monuments.  Péronne,  impr.  Quentin,  1884.  In-S",  xviii-311  p.,  planches. 

282.  Feilitzen  (Hugo  von).  Li  Ver  del  juise.  En  fornfransk  predikan. 
Akademisk  afhandling.  Upsala,  Edv.  Berling,  1883.  In-8°,  GXxxni-72- 
32  pages. 

283.  Ferand  (Hippolyte).  L'Ancien  Château  féodal  d'Orange.  Extrait 
des  comptes  rendus  du  congrès  tenu  à  Avignon  par  la  Société  française 
d'archéologie,  en  septembre  1882.  Tours,  impr.  Paul  Bousrez,  sans  date. 
In-8%  28  p. 

284.  Fonssagrives  (J.-B.).  Étude  historique  sur  le  droit  de  bris.  Extrait 
de  la  Revue  maritime  et  coloniale.  Paris,  Berger-Levrault,  1884.  In-8', 
45  pages. 

285.  Forcella  (V.).  Notizie  storiche  sul  comune  di  Toora.  Aveilino, 
tip.  Tulimiero,  1883.  In-16,  53  p. 

286.  FoRESTiÉ  (Edouard).  Une  Journée  au  château  de  Saint-Roch. 
Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéologique  de  Tarn-et-Garonne.  Mon- 
tauban,  impr.  Forestié,  1883.  In-8°,  24  p. 


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287.  Gârreaud  (L.).  Causeries  sur  les  origines  et  sur  le  moyen  âge 
littéraires  de  la  France.  Paris,  F.  "Vieweg,  1884.  2  vol.  in-12,  296, 
388  p. 

288.  Gauthier  (Jules).  Armoriai  des  corporations  religieuses  de 
Franche-Comté.  Besançon,  Ch.  Marion,  Morel  et  C'«,  1884.  In-8»,  16  p., 
2  planches. 

289.  Gauthier  (Jules).  Notes  iconographiques  sur  le  saint  suaire  de 
Besançon.  Extrait  du  Bulletin  de  l'Académie  de  Besançon,  séance  du 
15  mars  1883.  Besançon,  impr.  Dodivers,  1884,  In-S",  42  p.,  4  planches. 

290.  Gauthier  (Jules).  Notice  sur  les  manuscrits  de  la  bihliothèque 
publique  de  Pontarlier  (Doubs).  Extrait  de  la  Bibliothèque  de  l'École 
des  chaînes,  t.  XLV,  1884.  Nogent -le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouver- 
neur.  In-8'^,  15  p. 

291.  Gauthier  (Jules).  Répertoire  archéologique  du  canton  de  l'Isle- 
sur-le-Doubs  (Doubs).  Besançon,  Ch.  Marion,  Morel  et  G'«,  1884.  In-8<», 
15p.,  1  planche. 

292.  Généalogie  de  la  maison  de  Beaurepaire,  d'après  un  manuscrit 
de  M.  Lambert  de  Barive,  avocat,  commissaire  du  roi  pour  la  recherche 
des  anciennes  chartes  et  des  monuments  qui  intéressent  toutes  les  par- 
ties de  l'histoire,  le  droit  public,  l'origine  des  coutumes  de  la  pairie  et 
des  grands  vassaux.  Paris,  impr.  Pilletet  Dumoulin,  1884.  In-S»,  219  p. 

293.  Germain  (Léon).  Philippe-Emmanuel,  comte  de  Ligniville.  Ren- 
seignements bibliographiques.  Nancy,  typ.  G.  Crépin-Leblond,  avril 
1884.  In-S»,  14  p. 

294.  Gnecchi  (Francesco  ed  Ercole).  Le  Monete  di  Milano  da  Carlo 
Magno  a  Vittorio  Emanuelc  II,  descritte  ed  illustrate,  con  prefazione  di 
Bern.  Biondelli.  Opéra  corredata  di  58  tavole  in  eliotipia.  Milano,  Dumo- 
lard.  In-4%  xiv-248  p.  Broché,  75  1.;  relié,  80  et  90  1. 

295.  GoRRiNi  (Giacomo).  Il  Comune  astigiano  e  la  sua  storiogralia. 
Saggio  storico-critico.  Firenze,  C.  AdemoUo.  In-16,  483  p.  5  1. 

296.  Gueneau  (Lucien).  Un  Chapitre  de  l'histoire  de  Luzy  (Nièvre). 
Nevers,  impr.  J.  Vincent,  1884.  In-8°,  132  p. 

297.  Guihert  (Louis).  Les  Confréries  de  dévotion  et  de  charité  et  les 
Œuvres  laïques  de  bienfaisance  à  Limoges  avant  le  xv«  siècle.  Paris, 
H.  Champion,  1883.  In-8o,  20  p. 

298.  Guiffrey  (J.-J.).  Nicolas  Bataille,  tapissier  parisien  du  xiv"  siècle. 
Sa  vie,  son  œuvre,  sa  famille.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  de  l'his- 
toire de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  t.  X,  1883,  p.  268-317.  Paris,  1884. 
In-S",  54  p.  Ne  peut  être  mis  en  vente. 

299.  Guillaume  (Georges).  La  Porte  tournisienno  à  Valonciennes. 
Notes  et  dessins.  Valenciennes,  Lemaître,  1884.  ln-8'',  ii-40  p. 


396 

300.  GuYAZ  (Marc).  Histoire  des  institutions  municipales  de  Lyon 
avant  1789.  Ouvrage  couronné  par  l'Académie  des  sciences,  belles-lettres 
et  arts  de  Lyon  dans  sa  séance  du  10  juillet  1883.  Paris,  E.  Dentu; 
Lyon,  H.  Georg,  1884.  In-12,  xvii-349  p.  4  fr.  (  Voy.  ci-dessous,  n'  368.) 

301.  Hanssen  (Georg).  Agrarhistorische  Abhandlungen.  IL  Band.  Leip- 
zig, S.  Hirzel,  1884.  In-S",  v-577  p. 

302.  Haupt  (Richard).  Die  Vizelinskirchen.  Baugesctiichtliche  Unter- 
suchungen  an  Denkmaelern  Wagriens.  Als  ein  Beitrag  zur  Anfangs- 
geschichte  des  Oldenburg-Lûbecker  Bistums  und  zur  Schaetzung  seiner 
Quellenschriften.  Mit  Abbildungen  und  Rissen.  Kiel,  Lipsius  und  Ti- 
scher,  1884.  In-8»,  184  p.,  pi.  4  m. 

303.  Hellot  (A.).  L'Histoire  de  Bacqueville-en-Gaux  et  la  Légende 
de  Saint-Léonard  selon  M.  l'abbé  Sauvage.  Réfutation  et  additions. 
Rouen,  Ch.  Métérie,  mars  1884.  In-8°,  35  p. 

304.  Héron  (A.).  Du  développement  des  études  romanes  en  France. 
Discours  de  réception  à  l'Académie  des  sciences,  belles-lettres  et  arts- 
de  Rouen.  Rouen,  impr.  Espérance  Cagniard,  1884.  In-8»,  37  p. 

305.  Hervieu-k  (Léopold).  Les  Fabulistes  latins  depuis  le  siècle  d'Au- 
guste jusqu'à  la  fin  du  moyen  âge.  Paris,  Firmin  Didot,  1884.  2  vol. 
gr.  in-8%  vni-734,  852  p.  30  fr. 

306.  Hervieux  (Léopold).  Notice  historique  et  critique  sur  les  fables 
latines  de  Phèdre  et  de  ses  anciens  imitateurs  directs  et  indirects,  lue  à 
l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  dans  les  séances  des  8  et 
22  février  1884.  Paris,  Firmin  Didot,  1884.  In-12,  69  p. 

307.  HoLDT  (A.-G.-C).  Flensburg  friiher  und  jetzt.  Historisch-topo- 
graphische  Bilder  aus  Vorzeit  und  Gegenwart.  Mit  einer  photographi- 
schen  Ansicht  :  «  Flensburg  anno  1700.  »  Flensburg,  0.  Hollesen,  1884. 
In-8o,  xn-416  p.  Broché,  5  m.;  rel.  toile,  6  m. 

308.  Huguenots  (les)  en  Bigorre.  Documents  inédits  publiés  pour  la 
Société  historique  de  Gascogne.  Texte  préparé  par  Gh.  Durier  et  annoté 
par  J.  deGarsalade  du  Pont.  Paris,  Honoré  Ghampion;  Auch,  Gocha- 
raux,  1884.  In-S",  281  p.  (Archives  historiques  de  la  Gascogne,  fasc.  4.) 
8  fr.  50  c. 

309.  Jadart  (Henri).  Le  Bourdon  de  Notre-Dame  de  Reims,  œuvre 
du  Rémois  Pierre  Deschamps.  Sa  description  et  son  histoire  (1570-1883). 
Avec  dix  figures  par  Ed.  Lamy.  Extrait  des  Travaux  de  i' Académie  de  Reims, 
t.  LXXHL  Reims,  F.  Michaud,  1884.  In-8%  100  p.,  1  pi. 

310.  Jessé-Gharleval  [le  marquis  de).  La  Statue  de  Notre-Dame  de 
Gonfession.  Histoire  et  iconographie.  Marseille,  Société  anonyme  de 
l'imprimerie  marseillaise,  Marins  Olive,  directeur,  1884.  In-8°,  16  p.,  pi. 


307 

3U.  Jourdain  (Gh.)-  La  Société  de  l'histoiro  de  France  de  1883  à 
1884.  Extrait  des  Notices  et  documents,  publiés  pour  la  Société  de  l'his- 
toire de  France,  etc.  Paris,  1884.  In-S»,  47  p. 

312.  Labat  (Gustave).  Documents  sur  la  ville  de  Royan  et  la  tour  de 
Gordouan,  1622-1789.  Bordeaux,  impr.  G.  Gounouilliou,  1884.  In-4°, 
40  p.,  planches. 

313.  La  Boutetière  (le  comte  de).  Notices  historiques.  Saint-Philî)ert- 
du-Pont-Gharrault,  1883.  In-S",  xvi-149  p.,  4  pi. 

314.  Lai  (le)  de  l'Oiselet,  poème  français  du  xnf  siècle,  publié  d'après 
les  cinq  manuscrits  de  la  Bibliothèque  nationale  et  accompagné  d'une 
introduction  par  Gaston  Paris.  Imprimé  pour  le  mariage  Depret-Bixio, 
19  avril  1884.  Paris,  typ.  Georges  Ghamerot,  1884.  In-8°,  99  p. 

315.  [La  Marche  (Gui  de).]  Disputatio  mumli  et  rcligionis.  Publié  par 
B.  Hauréau.  Extrait  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLV, 
1884.  Paris,  1884.  In-8%  30  p. 

316.  Lauzun  (Philippe).  Le  Château  de  Bonaguil  en  Agenais.  Des- 
cription et  histoire.  Deuxième  édition,  entièrement  refondue  et  augmen- 
tée. Paris,  Ghampion  ;  Agen,  Michel  et  Médan,  1884.  In-8'',  ix-183  p., 
planches, 

317.  Ledain  (Bélisaire).  Musée  de  la  Société  des  antiquaires  de  l'Ouest. 
Catalogue  de  la  galerie  lapidaire.  Poitiers,  impr.  Tolmer,  1884.  In-8o, 
87  pages. 

318.  Lefèyre  (Albert).  La  Seigneurie  et  l'Église  de  Ghampcueil,  arron- 
dissement de  Gorbeil  (Seine-et-Oise).  Fontainebleau,  impr.  E.  Bourges, 
1884.  In-8'',  58  p. 

319.  Legenda  seu  Vita  et  Miracula  sancti  Antonii  de  Padua,  sae- 
culo  xni  concinnala,  etc.,  et  nunc  primum  edila  a  p.  m.  Antonio  M. 
Josa.  Bononiae,  typ.  Mareggiani,  1883.  In-8°,  xii-188  p. 

320.  Lettres  missives  tirées  des  archives  de  Belgique,  concernant 
l'histoire  de  France,  1317-1324.  (Communication  de  M.  Alexandre  Pin- 
chart.)  Extrait  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  t.  XLV,  1884. 
Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur.  In-S",  8  p. 

321.  Leuridan  (Théodore).  Histoire  de  Linselles.  Lille,  impr.  L.  Danel, 
1883.  Gr.  in-8°,  261  p.,  pi. 

322.  LuNDAu  (M.-B.).  Geschichte  der  koeniglichen  Haupt-  und  Resi- 
denzstadt  Dresden  von  der  aeltesten  Zeit  bis  zur  Gegenwart.  Zweite, 
verbesserte  Auflage.  Mit  raehreren  colorirten  Abbildungen,  zahlreichen 
lUustrationen  in  Lichtdruck,  Karten  und  Plaenen.  Dresden,  R.  von 
Grumbkow,  1884.  In-8°.  Parait  en  20  livraisons,  de  48  à  64  p.  chacune, 
à  1  m. 


398 

323.  Lion  (Jules).  Hesdinfort.  Extrait  de  la  Picardie,  revue  historique, 
archéologique  et  littéraii^e.  Amiens,  typ.  Delattre-Lenoel,  1884.  In-S", 
395  p. 

324.  Livre  (le)  des  pèlerins  de  Saint-Jacques,  confrérie  nîmoise  du 
xiv«  siècle,  publié  par  Edouard  Bondurand.  Extrait  des  Mémoires  de 
l'Académie  de  Nîmes,  1883.  Nîmes,  A.  Catélan,  1884.  In-8°,  36  p.,  1  pi. 

325.  LoRiQUET  (Henri).  La  Place  Saint-Waast  et  la  Croix  dite  de  Saint- 
Bernard.  Arras,  typ.  de  Sède,  1884.  Gr.  in-8'',  18  p. 

326.  LoTH  (l'abbé  Julien).  L'Assemblée  du  clergé  de  Rouen  pour  les 
états  généraux  de  1789.  Rouen,  irapr.  Espérance  Cagniard,  1883.  In-S", 
38  p. 

327.  LouRiAC  (l'abbé),  Ca vailles  (l'abbé),  Mas  (l'abbé  Adrien).  Saint 
Eutrope,  premier  évêque  de  Saintes.  Son  culte  à  Gastanet-le-Haut.  Sa 
vie  et  sa  mort,  en  forme  de  panégyrique.  Castanet-le-Haut  (Hérault),  le 
curé;  Montpellier,  Gazas;  Béziers,  Bénezech-Roques,  1884.  In-16,  62p. 

328.  Maetzner  (Eduard).  Franzoesische  Grammatik  mit  besonderer 
Berùcksichtigung  des  Lateinischen.  1'  Abtheilung.  3^  Auflage.  Berlin, 
Weidmann,  1884.  In-8%  320  p.  L'ouvrage  complet,  10  m. 

329.  Maire  (Albert  et  Auguste).  Les  Signes  de  tâcherons  sur  les  rem- 
parts d'Avignon.  Extrait  du  Bulletin  monumental.  Tours,  impr.  Paul 
Bousrez,  1883.  In-8°,  24  p. 

330.  Mangini  (Girolamo).  I  Manoscritti  délia  libreria  del  comune  e 
deir  Accademia  etrusca  di  Gortona.  Cortona,  Bimbi.  In-8°,  284  p.  4  1. 

331.  Mas  Latrie  (L.  de).  Glossaire  des  dates  ou  Explication  par  ordre 
alphabétique  des  noms  peu  connus  des  jours  de  la  semaine,  des  mois 
et  autres  époques  de  l'année,  employés  dans  les  dates  des  documents  du 
moyen  âge.  Extrait  du  Cabinet  historique.  Paris,  Ghampion,  1883.  In-8°, 
64  pages. 

332.  Maxe-Werly  (L.).  Les  Vitraux  de  Saint-Nicaise  de  Reims. 
Extrait  du  Bulletin  du  Comité  des  travaux  historiques,  archéologie,  n°  2 
de  1884.  Paris,  imprimerie  nationale,  1884.  In-S»,  8  p.,  2  planches. 

333.  Mémoire  adres.'îé  à  la  dame  de  Beaujeu,  sur  les  moyens  d'unir 
le  duché  de  Bretagne  au  domaine  du  roi  de  France  (1485  ou  1486),  publié 
par  Julien  Havet.  Extrait  de  la  Revue  historique,  9^  année,  1884,  t.  XXV, 
p.  275-287.  Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley-Gouverneur,  1884.  In-8'', 
13  pages. 

334.  MEYER(Carl).  Der  Aberglaube  des  Mittelalters  und  der  naechst- 
folgenden  Jahrhunderte.  Basel,  Adolf  Geering,  1884.  In-8o,  383  p. 

335.  MoLiNiER  (Gharles).  Un  Traité  inédit  du  xnf  siècle  contre  les 
hérétiques  cathares  (bibliothèque  de  la  ville  de  Toulouse,  ms.  n»  301, 


399 

l^e  série).  Extrait  des  Annales  des  facultés  des  lettres  de  Bordeaux  et  de 
Toulouse.  Bordeaux,  impr.  G.  Gounouilhou,  1883.  In-8°,  30  p. 

336.  MùNTZ  (Eugène).  L'Atelier  monétaire  de  Rome.  Documents  iné- 
dits sur  les  graveurs  de  monnaies  et  de  sceaux  et  sur  les  médailleurs 
de  la  cour  pontificale  depuis  Innocent  VIII  jusqu'à  Paul  III.  Extrait  de 
la  Revue  numismatique,  3«  série,  t.  II,  2®  trimestre  1884.  Paris,  impr. 
G.  Rougier,  1884.  In-8o,  52  p.,  planches. 

337.  -Mystère  de  l'incarnation  et  nativité  de  notre  sauveur  et  rédemp- 
teur Jésus-Christ,  représenté  à  Rouen  en  1474,  publié  d'après  un  imprimé 
du  xv^  siècle,  avec  introduction,  notes  et  glossaire,  par  Pierre  Le  Ver- 
dier .  Texte.  Première  journée.  Rouen,  impr.  Espérance  Gagniard,  1884. 
Petit  in-4°,  355  p.  Société  des  bibliophiles  normands. 

338.  Nani  (Cesare).  Nuova  edizione  degli  Statuti  del  1379  di  Ame- 
deo  VI  di  Savoja.  Torino,  I.  Vigliardi,  1883.  In-8°,  48  p.  Non  mis  dans 
le  commerce. 

339 .  NooRDEN  (Garl  von).  Historische  Vortraege.  Eingeleitet  und  heraus- 
gegeben  von  Wilhelm  Maurenbrecher.  Mit  dem  Portraet  G.  von  Noor- 
dens  in  Lichtdruck.  Leipzig,  Duncker  und  Humblot,  1884.  In-8°,  *58- 
277  p.  6  m.  50  pf. 

340.  Norman  (Gh.).  Notice  généalogique  sur  la  famille  Norman.  Arras, 
typ.  de  Sède,  1884.  In-4%  44  p. 

341 .  Notice  sur  les  cloches  de  l'ancien  doyenné  de  Blérancourt,  qui 
comprenait  dix-sept  paroisses.  Saint-Quentin,  impr.  du  Conservatex^  de 
l'Aisne,  1884.  In-16,  64  p. 

342.  Notices  et  Extraits  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  nationale 
et  autres  bibliothèques,  publiés  par  l'Institut  national  de  France,  fai- 
sant suite  aux  Notices  et  Extraits  lus  au  comité  établi  dans  l'Académie 
des  inscriptions  et  belles-lettres.  Tome  XXXI,  l'^  partie.  Paris,  impri- 
merie nationale,  1884.  In-4°,  506  p.  (Notice  sur  deux  livres  ayant  appar- 
tenu au  roi  Charles  V,  par  M.  Léopold  Delisle  ;  Notice  sur  un  manus- 
crit mérovingien  de  la  BibUothèquo  royale  de  Belgique,  n°^  9850-0852, 
par  JM.  Léopold  Delisle  ;  Notice  et  Extraits  des  manuscrits  de  la  biblio- 
thèque de  Saint-Omer,  par  M.  Charles  Fierville;  Notice  sur  les  manus- 
crits disparus  de  la  bibliothèque  de  Tours  pendant  la  première  moitié 
du  xix^  siècle,  par  M.  Léopold  Delisle;  Notice  sur  plusieurs  manuscrits 
de  la  bibliothèque  d'Orléans,  par  M.  Léopold'Delisle  ;  les  Ressorts  bat- 
tants de  la  chirobaliste  d'Héron  d'Alexandrie,  d'après  les  expériences 
de  1878  et  suivant  la  théorie  qui  en  a  été  déduite  en  1882,  par  M.  Vic- 
tor Prou.) 

343.  NoYELLE  (Ernest).  Société  des  antiquaires  de  Picardie.  Basoche 
et  Basochiens  à  Amiens  au  xvi«  siècle.  Lecture  faite  à  la  séance  publique 


du  2  juillet  1882.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de 
Picardie,  t.  XXVIJT.  Amiens,  impr.  A.  Douillet,  1884.  In-8'',  41  p. 

344.  Obituaire  ou  Livre  des  distributions  de  l'église  cathédrale  de 
Beauvais  (xiii^  siècle),  publié,  d'après  un  manuscrit  des  archives  de 
l'État  à  Mons,  par  le  comte  de  Marsy.  Extrait  du  t.  XII  des  Mémoires 
de  la  Société  académique  de  l'Oise,  1883.  Beauvais,  impr.  D.  Père,  1883. 
In-8°,  64  p. 

345.  Pagart  d'Hermansart.  La  Ghisle  ou  la  Coutume  de  Merville, 
1451.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de  la  Morinie, 
t.  XIX.  Saint-Omer,  impr.  H.  d'Homont,  1883.  In-8%  86  p. 

346.  Palustre  (Léon).  L'Ancienne  Cathédrale  de  Rennes,  son  état  au 
milieu  du  xvrii''  siècle,  d'après  des  documents  inédits.  Paris,  H.  Cham- 
pion, 1884.  In-8'',  212  p.,  7  planches. 

347.  Paris  (l'abbé).  Mesnières.  Courte  notice.  Rouen,  Edmond  Fleury, 
1884.  In-8%  69  p. 

348.  Parmentier  (J.).  Le  Henno  de  Reuchlin  et  la  Farce  de  maistre 
Pierre  Pathelin.  Extrait  du  Bulletin  mensuel  de  la  faculté  des  lettres  de 
Poitiers,  avril  et  mai  1884.  Paris,  E.  Leroux;  Poitiers,  Blanchier,  Drui- 
naud,  1884.  In-8°,  36  p. 

349.  QuiDDE  (L.).  Der  schwaebisch-rheinische  Staedtebund  im  Jahre 
1384  bis  zum  Abschluss  der  Heidelberger  Stallung.  Stuttgart,  J.  G. 
Cotta,  1884.  In-8%  237  p. 

350.  QuiNTARD  (Léopold).  Monnaie  inédite  d'un  maitre  échevin  de 
Metz.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  lorraine  ^ouv  IS8A. 
In-8%  3  p. 

351.  Ravnaud  (Gaston).  Bibliographie  des  chansonniers  français  des 
xni«  et  xiv«  siècles,  comprenant  la  description  de  tous  les  manuscrits, 
la  table  des  chansons  classées  par  ordre  alphabétique  de  rimes  et  la 
liste  des  trouvères.  Paris,  F.  Vieweg,  1884.  2  vol.  in-8°,  xiii-252,  xviii- 
249  p.  15  fr. 

352.  Raynaud  (Gaston).  Catalogue  des  manuscrits  anglais  de  la  Biblio- 
thèque nationale.  Extrait  du  Cabinet  historique,  1883.  Paris,  H.  Cham- 
pion, 1884.  In-S",  30  p. 

353.  Récit  de  la  conversion  d'un  ministre  de  Gontaud  [Pompée  de 
Remerville]  (1629),  publié  d'après  le  seul  exemplaire  connu  par  Phi- 
lippe Tamizey  de  Larroque.  Extrait  de  la  Revue  de  l'Agenais.  Bordeaux, 
Paul  Chollet,"'l884.  In-8°,  15  p. 

354.  Recueil  de  motets  français  des  xn^  et  xm«  siècles,  publiés  d'après 
les  manuscrits,  avec  introduction,  notes,  variantes  et  glossaires,  par 
Gaston  Raynaud.  Suivis  d'une  étude  sur  la  musique  au  siècle  de  saint 


4o^ 

Louis  par  Henry  Lavoix  fils.  Tome  IL  Chansonniers  divers.  Etude  musi- 
cale. Paris,  F.  Vieweg,  1883  (1884).  In-8°,  xvni-499  p. 

355.  Regesten  zur  schlesischen  Geschichte  Namens  des  Vereins  fur 
Geschichte  und  Alterthum  Schlesiens  herausgegeben  von  D""  C.  GriJnha- 
gen.  Zweite  umgearbeitete  und  vermehrte  Auilage.  L  Theil.  Bis  zum 
Jahre  1250.  Nebst  Register.  Breslau,  Josef  Max,  1884.  In-4'',  400  p. 
(Codex  diplomaticus  Silesiae.  VIL  Band.  I.  Theil.) 

356.  RiBADiEU  (Henrj'j.  La  Guyenne  d'autrefois,  ses  clercs,  ses  abbés, 
ses  moines,  ses  églises  et  ses  monastères.  Bordeaux,  Féret,  sans  date. 
In-8°,  232  p. 

357.  Richard  (O.-J.).  L'Cle-d'Yeu  d'autrefois  et  l'Ile-d'Yeu  d'aujour- 
d'hui. Niort,  L.  Clouzot,  1883.  In-8»,  320  p.,  1  carte,  3  planches. 

358.  RioGouRT  (le  comte  E.  de).  Les  Monnaies  lorraines.  Extrait  des 
Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  lorraine  pour  1884.  Nancy,  typ.  G. 
Crépin-Leblond,  1884.  In-8°,  44  p. 

359.  Roman  (J.).  Dictionnaire  topographique  du  département  des 
Hautes-Alpes,  comprenant  les  noms  de  lieu  anciens  et  modernes.  Paris, 
imprimerie  nationale,  1884.  In-4°,  lxxi-200  p.  (Dictionnaire  topogra- 
phique de  la  France,  comprenant  les  noms  de  lieu  anciens  et  modernes, 
publié  par  ordre  du  ministre  de  l'instruction  publique  et  sous  la  direc- 
tion du  Comité  des  travaux  historiques.) 

360.  Ross  (John  M.).  Scottish  History  and  Literature  to  the  period 
of  the  Reformation.  Edited,  with  biographical  sketch,  by  James  Brown. 
Glasgow,  James  Maclehose,  1884.  In-8°,  xxvni-420  p.  14  s. 

361.  Saint-Genis  (Victor  de).  Monographie  de  la  commune  de  Vic-de- 
Ghassenay,  canton  de  Semur  (Côte-d'Or).  Études  statistiques  sur  le 
mouvement  de  la  population  dans  cette  commune  rurale  et  sur  les  con- 
ditions économiques,  agricoles  et  scolaires  de  ses  habitants,  d'après  les 
documents  originaux,  avant  et  depuis  1789.  Extrait  du  Journal  de  la 
Société  de  statistique  de  Paris,  numéro  de  mai  1884.  Nancy,  impr.  Berger- 
Levrault,  1884.  In-8°,  16  p. 

362.  Sala  (l'écuyer  Pierre),  Lyonnais.  Le  Livre  d'amitié ,  dédié  à 
Jehan  de  Paris.  Publié  pour  la  première  fois  d'après  le  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  nationale  par  Georges  Guigue.  Lyon,  Henri  Georg,  1884. 
In-12,  xii-93  p. 

363.  Sauvage  (l'abbé).  La  question  d'Augusta.  Extrait  de  la  Picardie, 
revue  historique  et  littéraire,  février  1884.  Amiens,  typ.  Delattre-Lenoel, 
1884.  In-8°,  22  p. 

364.  ScHROERS  (Heinrich).  Hinkmar  Erzbischof  von  lieims.  Sein 
Leben  und  seine  Schriften.  Froiburg  im  Breisgau,  llerder,  1884.  In-8% 
xii-588  p.  10  m. 


402 

365.  Société  historique  de  Gascogne.  Réunion  générale  du  27  mars 
1884.  Rapport  sur  les  travaux  de  la  commission  des  Archives  historiques 
de  Gascogne,  par  M,  J.  de  Garsalade  du  Pont.  Auch,  impr.  G.  Foix,  1884. 
In-8'',  23  p. 

366.  SouHESMES  (Raymond  des  Godins  de).  Notice  sur  Souhesmes. 
Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'' archéologie  lorraine  pour  1884. 
Nancy,  typ.  G.  Crépin-Leblond,  1884.  In-S»,  74  p. 

367.  Statuti  vecchi  di  Lodi,  ritrovati  e  pubblicati  da  Gesare  Vignati. 
Milano,  tip.  Bortolotti  di  Dal  Bono.  12  1. 

368.  Steyert  (A.).  A  propos  d'une  prétendue  Histoire  des  institutions 
municipales  de  Lyon  avant  1789,  par  M.  Marc  Guyaz,  couronnée  par 
l'Académie  des  sciences,  belles-lettres  et  arts  de  Lyon.  Étude  au  cou- 
rant de  la  plume,  précédée  d'une  dédicace  à  l'Académie  de  Lyon.  Lyon, 
impr.  A.  Waltenaer,  1884.  In-8o,  46  p.  (Voy.  ci-dessus,  n"  300.) 

369.  SuGHET  (le  chanoine),  Gauthier  (Jules).  L'Abbaye  de  Mont- 
Sainte-Marie  et  ses  monuments.  Extrait  du  Bulletin  de  V Académie  de 
Besançon,  séance  du  17  mai  1883.  Besançon,  impr.  Dodivers,  1884. 
In-8o,  39  p.,  4  pi. 

370.  Ternas  (le  chevalier  A.  Le  Boucq  de).  Généalogie  de  la  famille 
Becquet  de  Mégille,  fixée  à  Douai  en  1532,  dressée  sur  titres.  Publiée 
avec  une  préface  par  Félix  Brassart.  Douai,  Louis  Dechristé,  1884. 
Gr.  in-4o,  xvi-127  p. 

371.  Ternas  (le  chevalier  Am.  de).  Recherches  historiques  sur  la  sei- 
gneurie et  les  seigneurs  de  Wagnonville-lez-Douai,  suivies  delà  généa- 
logie de  la  famille  Baudain  de  Mauville,  et  précédées  d'une  notice 
nécrologique  sur  l'auteur  par  Félix  Brassart.  Extrait  des  Souvenirs 
de  la  Flandre  wallonne,  2'  série,  t.  IL  Douai,  L.  Grépin,  1884.  In-S", 
75  p. 

372.  Textes  de  droit  coutumier,  classés  et  mis  en  ordre  par  MM.  E. 
G.,  professeur,  et  Gl.  L.,  maître  de  conférences  à  l'Institut  catholique 
de  Paris.  Coutume  de  Paris.  Paris,  impr.  G.  Lambert,  1884.  In-8», 
26  p. 

373.  Tholin  (Georges).  Documents  inédits  pour  servir  à  l'histoire  de 
TAgenais.  Dix  lettres  du  roi  de  Navarre  (Henri  IV).  Extrait  de  la  Bévue 
del'Agenais.  Agen,  impr.  V«  Lamy,  1884.  In-8%  21  p. 

374.  Thurneysen  (Rudolf).  Keltoromanisches.  Die  keltischen  Etymo- 
logieen  im  Etymologischen  Woerterbuch  der  romanischen  Sprachen 
von  F.  Diez.  Halle,  M.  Niemeyer,  1884.  In-8°,  128  p.  3  m.  60  pf. 

375.  Thurot  (Gharles).  De  la  prononciation  française  depuis  le  com- 
mencement du  xvi<=  siècle,  d'après  les  témoignages  des  grammairiens. 


403 

Index.  Paris,  Imprimerie  nationale,  1883.  In-8%  xYni-75  p.  Préface  de 
Gaston  Paris. 

376.  ToBLER  (Gust.).  Beitrag  zur  Geschichte  der  Grafen  von  Kyburg. 
Beigabe  zum  Jaliresbericht  iiber  das  staedtische  Gymnasium.  Bcrn, 
Staempfli,  1884.  In-4'',  18  p. 

377.  ToNissi  (Valentino).  Memorie  storiche  suUa  famiglia  dei  Conti 
di  Varmo.  Udine,  M.  Bardusco,  1883.  In-8°,  35  p. 

378.  Vagandard  (l'abbé).  Etude  sur  les  poèmes  latins  attribués  à  saint 
Bernard,  par  M.  Hauréau  :  note  lue  à  l'Académie  des  sciences,  belles- 
lettres  et  arts  de  Rouen.  Rouen,  impr.  Espérance  Cagniard,  1884. 
In-S",  16  p. 

379.  Varax  (Paul  de).  Notice  sur  la  seigneurie  de  Masoncles  en  Gha- 
roUais.  Lyon,  imprimerie  générale,  1884.  In-8°,  xvi-59  p.,  pi. 

380.  Vautrey  (Mgr).  Histoire  des  évèques  de  Bàle.  Ouvrage  publié 
sous  les  auspices  de  S.  G.  Mgr  Lâchât,  évoque  de  Bàle.  Avec  illustra- 
tions, portraits,  etc.  Tomel.  Einsiedein,  G.  elN.  Benziger,  1884.  In-8°, 
260  p.  10  fr. 

381.  Vazio  (N.).  Relazione  sugli  archivii  di  stato  italiani  (1874-1882). 
Roma,  tip.  Gecchini,  1883.  Gr.  in-S",  410  p.  Non  mis  dans  le  com- 
merce. 

382.  VicENS  (Firmin).  Usages  locaux  des  comtés  de  Roussillon  et  de 
Gerdagne,  province  de  Roussillon,  département  des  Pyrénées-Orien- 
tales, contenant  la  distance  à  observer  dans  la  plantation  des  arbres  et 
des  haies  vives  ;  la  distance  et  les  ouvrages  intermédiaires  requis  pour 
certaines  constructions  ;  la  hauteur  des  murs  de  clôture  ;  les  délais  en 
matière  de  congé;  les  routes,  les  bois,  les  eaux,  etc.,  etc.  Texte  et  tra- 
duction des  constitutions  de  Gatalogne  relatives  à  ces  matières,  poids, 
mesures,  monnaies  anciennement  en  usage,  leur  rapport  avec  notre 
système  métrique.  Prades,  impr.  G.  Larrieu,  1884.  In-S",  vm-70  p. 

383.  ViDEGOQ  (Eugène).  Recherches  historiques  et  archéologiques. 
Voisins-le-Bretonneux,  la  paroisse,  la  seigneurie,  les  seigneurs.  Beau- 
vais,  typ.  D.  Père,  1884.  In-8o,  44  p. 

384.  ViLLARET  (Araicie  de  Foulques  de).  Les  Antiquités  de  Saint- 
Paul  d'Orléans,  d'après  des  documents  inédits  [plans  et  vues  de  l'an- 
cienne église).  Orléans,  G.  Séjourné,  H.  Herluison,  1884.  In-S»,  228  p., 
planche. 

385.  Works  of  the  Italian  engravcrs  of  the  ûftecnth  century.  Repro- 
duced  in  fac-similé  by  photo-intaglio  with  an  introduction  by  George 
William  Reid.  With  letterpress  descriptions  of  the  works  illustrated, 
and  copious  extracts  from  the  text  of  the  poems.  First  séries.  Illustra- 


404 

tions  :  il  Libro  del  Monle  Sancto  di  Dio,  1477;  la  Divina  Commedia  of 
Dante,  1481  ;  and  the  Triumphs  of  Petrarch.  London,  Bernard  Quaritch, 
1884.  In-fol.,  planches  et  texte. 

386.  Xambeu  (M.).  Histoire  du  collège  de  Saint-Sever  (Landes).  Dax, 
impr.  J.  Justère,  1884.  In-8%  56  p. 

387.  Ysengrimus.  Herausgegeben  und  erklaert  von  Ernst  Voigt. 
Halle  a.  S.,  Buchhandluag  des  Waisenhauses,  1884.  In-8°,  cxLvn-470  p. 
8  m. 


=-^= 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Les  examens  de  fin  d'année  de  l'École  des  chartes  ont  eu  lieu  du  15 
au  19  juillet  1884.  Ils  ont  porté  sur  les  textes  et  les  questions  qui 
suivent. 

PREMIÈRE   ANNÉE. 

Épreuve  orale. 

\°  Charte  latine  à  lire  d'après  l'original  des  Archives  nationales  : 
Philippus,  Dei  gratia  Francorum  rex,  universis  présentes  litteras 
inspecturis,  salutera.  Notum  facimus  quod,  cum  contencio  verteretur 
inter  Petronillam,  quondam  uxorem  Philippi  Barbete,  ex  una  parte,  et 
Guillelmum  Glivet,  ex  altéra,  super  eo  quod  dicta  Petronilla  dicebat 
contra  dictum  Guillelmum  Glivet  Johannem  filium  suum  ad  mortem 
posuisse,  tandam  (sic).,  de  bonarum  gencium  et  amicorum  utriusque 
partis  consilio,  pro  bono  pacis,  concordatum  fuit  in  hune  modum,  vide- 
licet  quod  dictus  Guillelmus  infra  instans  festum  Assumptionis  béate 
Marie  Virginis  transfretabit  et  in  servicio  terre  sancte  per  quatuor 
annos  continue  morabitur,  et  in  fine  dictorum  quatuor  annorum  litte- 
ras Templi  vel  Hospitalis  Jerosolimitani  secum  asportabit^  testimo- 
niales quod  per  dictos  quatuor  annos  in  terra  sancta  moram  traxit. 
Insuper  dicte  partes  voluerunt  et  in  curia  nostra  consenscrunt  quod 
Pctrus  Marcel,  civis  Parisiensis,  et  Gencianus,  panetarius  nostor,  pos- 
sint  dictum  Guillelmum  Glivet  ad  partes  Gallicanas  infra  dictos  qua- 
tuor annos  revocare,  si  sibi  placuerit  et  viderint  bonum  esse.  Et  si  ita 
accideret  quod  dictum  veagium,  prout  dictum  est,  non  vellet  facere,  et 
quod  deficeret  in  toto  vel  in  parte,  voluit  idem  Guillelmus  Glivet  et 
consensit  quod  ubicunque  inveniretur  in  regno  Francie  quod  caperetur 
et  justiciaretur  tanquam  pro  dicto  facto  recognito  quod  dicta  Petronilla 
pro  suo  ûlio  eidem  imponebat.  Et  ad  predicta  tenenda  et  fideliter  obser- 
vanda  et  complenda,  Mathuetus  dominus  Montis  Mauriciaci,  Matheus 
de  Vere,  Johannes  dominus  de  Dynisiaco  et  Johannes  de  Bello  Monte, 
milites,  sub  pena  centum  marcharum  argenti  solvendarum  dictis  Petro 
Marcel  et  Genciano,  panetario  nostro,  coram  nobis  se  obligarunt.  Et  si 

1 .  On  avait  d'abord  écrit  lifteras  Templi  transmarini  sive  Hospitalis  secum  asp. 


406 

contigeret  {sic)  quod  dicti  Petrus  et  Gencianus  vel  aliquis  ex  eis  duobus 
décédèrent  sive  decederet,  loco  ipsorum  vel  ipsius  unum  de  suis  amicis 
eligent  qui  potestatem  hahebunt  vel  habebit  revocandi  ad  partes  Gallica- 
nas  dictum  Guillelmum  infra  terminum  dictorum  quatuor  annorum,  si 
sibi  placuerit  et  viderint  expedire.  Et,  quia  huic  paci  Petrus  Martel, 
Gencianus,  panetarius  noster,  et  Johannes  Bigue,  amici  mortui  pro- 
pinquiores,  prebuerunt  assensum,  ad  requisitionem  parcium  presenti- 
bus  litteris  nostrum  fecimus  apponi  sigillum.  Actum,  etc.''. 

2°  Question  de  chronologie  : 

Indiquer  la  période  chronologique  à  laquelle  la  pièce  précédente  doit 
être  rapportée,  en  tenant  compte  du  caractère  de  l'écriture,  du  nom  du 
roi  et  de  l'intervention  des  templiers. 

3"  Le  texte  latin  à  traduire  était  une  charte  empruntée  aux  Layettes 
du  Trésor  des  chartes,  t.  III,  p.  287,  n»  4239. 

4»  Charte  française  à  lire,  d'après  l'original  des  Archives  nationales  : 
Thevenin  le  Melinat,  maçon,  demourant  à  Mongison,  confesse  avoir 
pris  et  retenu  à  tiltre  de  cens  portant  les  ventes,  saisines  et  amende  des 
religieux,  abbé  et  couvent  de  Saint  Victor  lez  Paris ,  une  pièce  de 
friche,  si  comme  elle  se  comporte,  contenant  arpent  et  demi,  apparte- 
nant aux  diz  religieux  assis  ou  vigno  de  Montgison ,  ou  lieu  dit  en 
Nosay,  tenant  d'une  part  et  d'autre  à  Jehan  Marteau,  aboutissant  d'un 
bout  à  Guillaume  de  l'Ourme  en  la  censive  des  diz  religieux.  Geste 
prise  faite  pour  dix  huit  deniers  parisis  de  cens  que  le  dit  preneur 
engaige  et  promet  paier  aux  diz  religieux  etc.  chascun  an  au  jour  de 
feste  Saint  Remy,  sur  peine  d'amende,  et  commençant  à  la  Saint  Remy 
prouchain  venant  etc.  en  et  sur  le  dit  lieu,  promettant  etc.,  couz  etc., 
obligant  etc.  Fait  le  samedi  xni«  jour  de  février,  l'an  mil  quatre  cens 
et  cinq.  (Signé  :)  Glosier.  Bataille. 

5«  Question  sur  la  matière  du  cours  de  langues  romanes  : 

Déterminer  par  les  caractères   linguistiques  l'origine  du   texte  ci- 
après  : 
Lois  est  en  cheste  ville  que  quiconques  assaut  maison  dedens  l'es- 


1.  Cette  pièce  a  été  publiée  par  Boutaric  {Actes  du  parlement,  I,  209),  d'après 
un  autre  exemplaire  qui  porte  la  date  :  «  Actum  Parisius,  die  lune  ante  festum 
béate  Marie  Magdalene,  anno  Doniini  M  CC  LXXIX.  »  —  Au  bas  de  la  minute  dont 
nous  reproduisons  le  texte,  différentes  mains  ont  inscrit  ces  notes  ou  ces  essais 
de  plume  : 

«  S.  duci  de  Namul.  duci  de  Lainborc  pro  Girardo  de  Mautaigne. 

({  Notum  facimus.  Notum  faciraus  universis. 

«  Bertrandum  le  Tors  bannitum  tanquam  murtrarium.  » 


407 

quevinage,  il  est  a  .x  .  livres  de  fourfait  de  loi,  et  chis  fourfais  est  tous 
au  signeur.  Et  est  assavoir  qu'en  tel  fourfait  et  en  tous  autres  il  a  estet 
et  est  us  et  coustume  en  cheste  ville  que  fais  de  nuis  e  fais  qui  est  fais 
as  cans  et  fais  qui  est  fais  en  maison  sont  sanlavle  selonc  le  grandeur 
de  cascun  fait. 

Épreuve  écrite. 

l"  Texte  latin  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n»  264  du  fonds  de 
l'École  : 

Notum  sit  cunctis  quod  Guillelmus  de  Ganeto  per  me  et  per  meos 
présentes  atque  futures,  bona  fide  ac  per  firmam  stipulacionem,  pro- 
mito  tibi  Guillelmo  de  Monte  Esquivo  et  tuis  et  quibus  volueris,  quod, 
si  uxor  mea  Cerdana  vel  sui  vel  aliquis  nomine  ejus  evinceret  tibi 
aliquid  vel  totum  in  toto  illo  honore  quem  ego  tibi  vendidi  in  adja- 
centia  Sancti  Stephani  de  Orulo,  sim  tibi  legitimus  auctor  et  tuis  et  ob 
eviccionem  jamdicti  honoris  me  et  meos  et  omnia  mea  bona  presentia 
atque  futura  tibi  et  tuis  oblige.  Actum  est  hoc  .vj.  idus  Junii,  anno 
Domini  m»,  ce».  vij\  Signum  Guillelmi  de  Ganeto,  qui  hoc  fieri 
jussi,  laudavi,  firmavi,  testesque  firraare  rogavi.  Signum  Guillelmi 
de  Sancto  Martine.  Signum  Raimundi  Datsati.  Signum  Guillelmi 
de  Burgo.  Signum  Raimundi  de  Sancto  Martine.  Signum  Guitardi  de 
Alemano.  Berengarius  de  Qassa,  publions  scriptor,  hoc  scripsit  et  hoc 
signum  fecit. 

2"  Texte  provençal  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n"  196  du  fonds 
de  l'École  : 

Gonoguda  causa  sia  que  n  Ar.  de  Borderes  en  W.  de  Borderes  sos 
frair,  an  vendud  et  quitad  et  gorpid  et  afranquid  et  dczemparad  per  lor 
e  per  tôt»  los  lor,  per  ara  et  per  tots  ios  temps  del  mon,  lo  dodzen  de 
tota  la  deima  de  la  paropia  de  Seres,  ab  tots  los  dritadges  els  deves 
quel  dodzens  a  ne  aver  deu  per  totes  parts,  exceptad  la  carta  part  del- 
dit  dodzen  que  diss  e  reconego  lo  dits  n  Ars.  de  Borderes  en  W.  sos 
frair  que  lor  linhadges  ave  dad  al  senhor  abesque  de  Bazads  per  acort, 
et  j.  morlan  de  sportla  al  meziss  abesque  cada  senhor  mudant,  et  an 
vendud  autressi  lo  dits  lo  dits  n  Ars.  en  W.  sos  frair  la  carta  part 
de  tota  la  deima  de  la  paropia  de  Sent  Ausbcrg  ab  tots  los  dritadges  els 
deves  et  les  senhories  que  la  dita  carta  parts  de  la  deima  a  ne  aver  deu, 
per  totes  parts,  exceptad  .xv.  diners  bordales  de  sens  que  diss  et 
reconego  lo  dits  n  Ars.  en  "W.  sos  frair  quen  deven  cadan  a  la  sent 
Johan  mostoza  a  la  taula  dels  calonges  de  Bazads  pagar 

3°  Texte  latin  imprimé  à  traduire  : 

Ludovicus  Dei  gratia  Francorum  rex  dilecto  et  fideli  suo  J.  deCranis 
senescallo  Garcassone  salutem  ot  dilectionem.  Mandamus  vobis  quatinus 


omnes  illos  Judeos  qui  nostri  non  sunt  sed  alterius  quos  captos  tenetis 
eis  quorum  sunt  reddatis  nec  ab  eis  aliquid  capiatis.  Ab  illis  autem 
qui  nostri  sunt  Judei  quos  captos  tenetis  quia  volumus  habere  de  suo 
quantum  plus  poteritis  capiatis  et  summam  quam  exinde  habere  pote- 
ritis  nobis  intimantes  ipsam  bene  et  salvo  custodiri  et  conservari  facia- 
tis.  Mandamus  etiam  quatinus  tam  captis  quam  aliis  Judeis  senescallie 
vestre  et  qui  in  partibus  illis  in  nostro  posse  existunt  inhiberi  faciatis 
ex  parte  nostra  super  corpora  et  catalla  ne  de  cetero  extorquere  présu- 
mant usuras  sed  aliunde  sibi  victum  acquirant  vobis  quoque  precipi- 
mus  et  mandamus  quatinus  neminem  ad  reddendum  Judeis  débita 
compellatis,  et  de  debitis  que  debent  Christiani  Judeis  nichil  recipiatis. 
Actum  apud  Sanctum  Germanum  de  Layaanno  Domini  .M»  GG»  XL"  VI-, 
mense  Julii.  (D.  Vaissète,  Hist.  de  Languedoc,  éd.  Privât,  VIII,  1 191.) 

4°  Texte  provençal  imprimé  à  traduire  : 

Razos  non  es  que  hom  déjà  chantar 
De  so  don  a  dolor  e  marrimen 
Mas  mi  cove  en  chantan  remembrar 
La  mort  del  plus  pros  e  del  plus  valen 
Baro  qu'anc  fos  mil  ans  a  en  Proensa 
Qu'es  mortz  don  ai  ira  e  malsabensa 
Quar  elh  era  de  totz  bos  aips  complitz 
E  par  los  bos  e  pels  autres  grazitz. 

A  Proensal  vos  devetz  tug  plorar 
L'onrat  senhor  del  Baus  quar  veramen 
Pus  l'onratz  coms  mori  a  mi  non  par 
Perdessetz  tan  cum  ar  c'anatz  perden 
De  pretz  lo  fruit  la  flor  e  la  semensa 
En  mon  senhor  en  Barrai  don  dolensa 
Ai  en  mon  cor  que  tan  fort  sui  marritz 
Que  ges  non  cug  esser  mais  esbauditz. 

E  cavalher  e  donzel  e  joglar 

Devon  venir  en  Proensa  temen 

Quar  selh  es  mortz  que  sabia  renhar 

Retenen  grat  de  Dieu  e  de  la  gen 

Si  qu'anc  ves  pretz  nulh  temps  no  fes  falhensa 

Ni  anc  nolh  plac  nulh'ora  recrezensa 

Ar  es  pretz  mortz  e  paratges.delitz 

En  Proensa  quar  elh  lor  es  falhitz. 

Dieus  ques  laisset  per  nos  en  crotz  levar 
Per  cui  venran  li  bon  a  salvaraen 
Li  denh  sil  platz  per  merce  perdonar 


409 

E  l'acuelha  en  son  renhe  plazcn 
Aissi  com  elh  a  bona  chaptcnensa 
Aculhia  en  sa  cort  de  plazensa 
El  salv  el  gui  aissi  sanhs  Esperitz 
Gum  elh  era  a  pretz  capdelhs  e  guitz. 

5"  Questions  tirées  du  cours  de  bibliographie  : 

I.  Donner  une  idée  de  l'histoire,  de  l'utilité  et  du  rôle  de  l'ouvrage 
intitulé  :  Concordantix  Bibliorum. 

II.  Rédiger,  pour  un  catalogue  de  bibliothèque,  les  cartes  du  volume 
suivant  :  Joannis  Stobsei  Eclogarum  libri  duo,  nunc  primùm  grsece  editi, 
interprète  Gulielmo  Gantero,  una  et  Georgii  Gemisti  Plethonis  de  rébus 
Peloponnesiis  orationesdu,'r>,eodem G.  Gantero interprète;  accessit  et altcr 
ejusdem  libellus  graecus  de  virtutibus,  ex  Bibliothecà  clar.  viri  Johannis 
Sambuci.  Antuerpiae,  ex  officinà  Ghristophori  Plantini,  M.  D.  LXXV, 
in-folio  de  6  feuillets  non  chiffrés  et  238  pages,  sous  les  signatures 
A-V,  par  cahiers  de  6  feuillets. 

DEUXIÈME   ANNÉE. 

Épreuve  orale. 

1°  Document  à  déchiffrer  : 

De  illis  qui  fuerunt  capti  a  Sarrasenis  et  postulant  litteras  rcmissionis. 

Significat  Sanctitati  Vestre  B.  miles  quod,  cum  pro  recuperatione 
sancte  terre  maneret  in  partibus  ultra  marinis,  inter  Jordanem  et  Jhe- 
rico,  fuit  captus  a  Sarrasenis  et  ita  in  Babylonia  fuit  annis  duodecim 
incarceratus  ;  demum  A.  civis  Pisanus  pro  mille  bisantiis  redemit  eum- 
dem.  Quos  ipse  sub  juramenti  vinculo  reddere  compromisit.  Verum 
quidemad^  hec  persolvenda  cum  sibi  proprie  non  suppetant  facultates, 
petit  a  Sanctitate  Vestra  ut,  divine  pietatis  intuitu,  litteras  concedatis, 
quibus  fidelium  animi  ad  conferenda  sibi  elemosinarum  sulfragia  invi- 
tentur.  (Bibl.  nat.,  ms.  latiu  15167,  fol.  87.) 

2°  Question  de  diplomatique  : 

On  a  soumis  aux  candidats  la  date  suivante  d'un  diplôme  de  Gharles 
le  Simple  : 

Datum  II  idus  Martii,  indictione  YI,  anno  XXVI  régnante  Karolo 
rege  glorioso,  redintegrante  XXI,  largiore  vero  hereditate  indepta  VI. 
Actum  Gompendio  palatio.  In  Dei  nomine  féliciter.  Amen. 

Les  candidats  ont  dû  dire  à  quel  prince  on  devait  attribuer  le  diplôme 
ainsi  daté,  à  quels  événements  faisaient  allusion  les  formules  redinte- 

1.  Le  texte  porte  :  ab. 


410 

grante  et  largiore  hereditate  indepta;  à  quel  quantième  correspondait  la 
date  //  idus  Martii;  à  quelle  époque  les  dates  des  diplômes  royaux  con- 
tiennent la  mention  de  l'indiction. 

3°  Question  d'iiistoire  des  institutions  : 

I.  Quelles  sont  les  deux  significations  principales  de  l'expression 
grand  conseil  sous  l'ancien  régime  ? 

II.  Quelles  étaient  les  juridictions  désignées  sous  le  nom  de  tables 
de  marbre? 

m.  Quelles  étaient,  pour  l'administration  départementale,  les  diffé- 
rences entre  la  constitution  de  l'an  VIII  et  le  régime  antérieur? 

40  Question  relative  aux  sources  de  l'histoire  de  France  : 

I.  Quelles  sont  les  dates  extrêmes  de  la  Vita  Hludovici  attribuée  à 
l'Astronome,  et  quelle  est  l'origine  de  ce  surnom  de  l'Astronome  ? 

II.  Quelle  est  la  date  de  la  rédaction  de  cet  ouvrage  ? 

ni.  Quelles  sont  les  sources  et  quelle  est  la  valeur  historique  des 
diverses  parties  dont  il  se  compose  ? 

5°  Question  tirée  du  cours  de  classement  des  archives  : 
Dans  quel  dépôt  sont  conservés  les  registres  des  assises  des  Grands 
Jours  ? 

Quel  est  le  caractère  particulier  de  ce  tribunal?  Citer  les  villes  les 
plus  importantes  où  ils  se  sont  réunis,  à  propos  de  quelles  grandes  cir- 
constances, et  dire  entre  quelles  époques  ils  sont  compris. 

Épreuve  écrite. 

1°  Texte  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n"  269  du  fonds  de  l'École. 
(Ce  document  devant  être  bientôt  publié  dans  notre  recueil,  nous  nous 
abstenons  de  le  reproduire  ici.) 

2°  Texte  latin  imprimé  à  traduire  : 

Pateat  universorum  notioni  bonorum  quod  ego  Walerannus  sub 
fidei  gratia  christiane  seculari  militie  deditus  possessor  in  Francia 
castri  vocabulo  Bretulii  ob  amorem  domini  germanique  mei  fratris 
Ebrardi  ante  paucum  tempus  monachi  in  Majori  Monasterio  Sancti 
Martini  Turonensis  effecti  ipse  quoque  factus  eidem  loco  devotus  et 
familiaris  donaverim  Deo  et  ipsi  Sancto  Martino  sibique  inibi  famulan- 
tibus  monachis  serves  omnes  et  ancillas  quas  habebam  in  illa  posses- 
sione  quae  vocatur  Nantulfi  ita  ut  nullum  eorum  aut  aliquid  suum  reti- 
neam  michi  sed  quicquid  in  eis  et  in  rébus  suis  juris  fuit  hactenus  mei 
sit  deinceps  Sancti  Martini  et  monachorum  Majoris  Monasterii  sui. 
Quisquis  etiam  ex  ipsorum  progenie  servorum  vir  sive  femina  ad  alia 
forte  transierit  loca  sive  prope  sive  longe  aliam  inhabitet  villam  vicura 
castellum  aut  civitatem  eodem  servitutis  nexu  sit  obstrictus  et  ibi  tenea- 


AU 

tur  eisdem.  Facta  est  a  me  ista  donatio  in  eorumdom  monachorum 
capitule  anno  ab  incarnatione  Domini  M"  LXX»  YII»  présidente  illis 
reverendo  abbale  Bartholomeo  cujus  manui  postquam  ex  modo  donum 
exinde  tradidi  propria  deinde  manu  posui  hoc  idem  super  altare  eccle- 
sie  beati  Martini  videntibus  his  qui  erant  mecum  cum  quibus  per- 
rexeram  in  predictum  capituium  sufficientibus  scilicet  ad  tcstimonium 
quandoquidem  in  ore  etiam  duorum  vel  trium  testium  stat  omne  ver- 
bum  Ursione  vicedomino  Belvacensi  et  possessore  Girbereici  castri  Elia 
cognato  ejus  Hetdone  filio  Rainaldi  Bernerio  fratre  Lancionis  clerici. 
(Cartulaire  de  Marmoutiers  pour  le  Dunois,  n"  xxxix.) 

3°  Texte  imprimé  à  analyser  : 

Stephanus  Dei  gratia  Noviomensis  episcopus  omnibus  présentes  lit- 
teras  inspecturis  notum  fieri  volumus  quod  cum  major  et  jurati  com- 
munie Noviomensis  quendam  servientem  ecclesie  videlicet  qui  ipsius 
thelonea  coUigebat  cepissent  incarcérassent  et  ad  ultimum  bannuissent 
decanus  et  capituium  Noviomensis  super  hoc  coram  nobis  moverunt 
questionem  asserentes  cum  judiciaria  potestas  teloneorum  ad  ipsos 
omnino  pertineat  injuriam  super  dictis  capcione  incarceracione  et  ban- 
nicione  sibi  fuisse  irrogatam  unde  sibi  super  his  fieri  petebant  emen- 
dam.  Nos  autem  dictis  majore  et  juratis  coram  nobis  convocatis  ipsis 
injunximus  ut  vel  hoc  emendarent  vel  se  immunes  per  suum  sacra- 
mentum  a  predictis  ostenderent.  Predictisigi tur  majore  et  juratis  coram 
nobis  constitutis  dictis  etiam  decano  et  capitulo  prosentibus  ab  ipso 
majore  et  juratis  in  jure  quesivimus  utrum  aliquid  justicie  vel  juris  in 
theloneis  Béate  Marie  reclamarent  qui  aperte  coram  nobis  dixerunt 
quod  nec  jus  aliquid  nec  justiciam  in  ipsis  theloneis  habcbant  vel  recla- 
mabant.  Insuper  etiam  dicti  major  et  jurati  coram  nobis  sacramentum 
corporaliter  prestiterunt  quod  nec  occasione  theloneorum  vol  alicujus 
vel  aliquorum  ad  telonea  pertinentium  ipsum  servientem  ceperant 
incarceraverant  vel  banniaverant.  In  cujus  rei  memoriam  presens  scrip- 
lum  nostrofecimus  sigillocommuniri.  ActumannogratieMoCGoXXoI", 

■'i°  Question  de  diplomatique  : 

Quels  sont  les  caractères  généraux  du  diplôme  royal  carolingien  ? 
Quels  sont  les  caractères  spéciaux  aux  diplômes  de  CharJemagne? 
Quels  sont  en  particulier  les  éléments  chronologiques  qui  composent 
les  dates  des  diplômes  de  Charlemagne? 

5°  Question  d'histoire  des  institutions  : 

I.  Quelle  était  la  loi  des  apanages? 

II.  Quelle  différence  y  avait-il  entre  les  baillis  de  robe  courte  et  les 
baillis  de  robe  longue? 

III.  Énumérez  les  divers  tribunaux  institués  par  l'Assemblée  cons- 
tituante. 


412 

TROISIÈME   ANNÉE. 

Épreuve  orale. 

1°  Texte  à  déchiffrer  : 

De  nepote  scolare  ad  prelatum  pro  subcidio. 

Venerabili  patruo,  immo  patri  in  Ghristo,  et  domino  metuendo  G. 
Dei  gratia  dignissimo  plebano  sancte  Marie  talis  loci,  G.  ejus  nepos, 
littéral!  studio  Bononie  mancipatus,  se  ipsum  totum  datus.  In  scolis 
dicitur  publiée  et  indubitabili  credulitate  firmatur  quod  largitatis  vestre 
manus  michi  neccessaria  porrigat  habundanter  quod  leto  animo  non 
desino  confiteri  ut  persona  vestra  honorificentia  débite  extoUatur.  Quare 
benignitatem  vestram  exoro  subpliciter»et  dévote  quatinus  mei  recor- 
dari  velitis  intuitu  pietatis  vestre  bonitatis  providentia  faciendo  quod 
saltem  in  aliquo  fama  respondeat  veritati  et  dicta  factis  conveniant  et 
non  sicut  penitus  aliéna.  (Bibl.  nat.,  ms.  latin  15167,  fol.  49.) 

2°  Question  d'histoire  du  droit  : 

I.  Quelles  étaient  les  sentences  appelées  : 

Esgard, 
Conseil, 
Appointement  ? 

II.  A  quelle  époque  la  preuve  par  batailles  a-t-elle  été  prohibée?  A 
quelle  époque  a-t-elle  été  autorisée  de  nouveau  ? 

3°  Archéologie  : 

On  a  soumis  aux  candidats  les  moulages  de  trois  sceaux  du  moyen 
âge  représentant  des  chevaliers.  Ils  ont  dû  déterminer  la  date  approxi- 
mative de  chacun  d'eux  et  décrire  les  pièces  caractéristiques  du  cos- 
tume militaire  de  chaque  personnage. 

Épreuve  écrite. 

1"  Texte  à  transcrire,  d'après  le  fac-similé  n°267  du  fonds  de  l'École  : 

Beringer  Fontanes. 

Lo  senyor  Roy  comana  an  Be-  Fo  presentada  divenres  a  xxiin 

ringer  de  Fontanes  la  garda  del      de  setembre  M  CGC  XXVIIII. 
castell  de  Muntesquiu. 

Jacobus,  Dei  gracia,  etc.,  dilecto  et  fideli  nostro  Beringerio  de  Fon- 
tanis  domicello,  salutem  et  dilectionem.  De  vestra  fidelitate  confisi, 
vobis  commitimus  custodiam  castri  nostri  de  Montesquivo,  vos  inde 
castellanum  constituentes,  sub  pensione  triginta  librarum  annualium 
solvendarum  vobis  terminis  consuetis,  volontés  quod  dictum  officium 


413 

reguatis  et  gubernetis,  prout  per  cos  qui  ibidem  prefuerunt  actenus  est 
fieri  consuetum.  Hec  itaque  per  ofûciales  et  alios  nostros  Qdelcs  ])reci- 
pimus  observari.  Datum  Perpiniani ,  nono  kalcndas  Octobris,  anno 
Domini  m  ccc  xxxviiij". 
Per  dominum  regem  ad  relationem  B.  de  Podio-Aul. 

2°  Questions  d'histoire  du  droit  : 

Quelles  ont  été  les  formes  successives  de  la  tradition  dans  les  pays 
de  droit  coutumier? 

Quelle  est  la  forme  de  tradition  qui  a  prévalu  dans  les  provinces  du 
nord  de  la  France,  et  spécialement  dans  l'Artois  et  les  Flandres,  jus- 
qu'à la  promulgation  du  code  civil  ? 

Comment  s'opérait  la  transmission  de  propriété  dans  ces  provinces  ? 

3°  Archéologie  : 

Décrire  les  différentes  variétés  de  sépultures  en  usage  du  xi«  au 
xvi«  siècle. 

Nota.  —  On  devra  s'en  tenir  aux  monuments  apparents,  et  s'attacher 
à  rappeler  les  exemples  que  l'on  a  pu  remarquer  dans  les  excursions 
archéologiques  faites  avec  le  professeur. 

4°  Sources  de  l'histoire  de  France  : 

I.  Quels  sont,  parmi  les  récits  de  la  première  croisade,  ceux  qui 
dérivent  d'une  source  commune,  et  quelle  est  cette  source? 

II.  Quelles  sont  les  dates  extrêmes  de  la  partie  relativement  originale 
de  la  chronique  universelle  de  Sigcbert  de  Gembloux,  et  quelle  est  la 
valeur  historique  de  cette  partie  ? 

III.  Quel  rapport  y  a-t-il  entre  VHisloria  gloriosi  re(jis  Ludovici  sep- 
timi  et  les  Gesta  Ludovici  septimi? 


A  la  suite  des  examens  et  par  arrêté  ministériel  ont  été  admis  à 

passer  en  deuxième  < 

innée  (ordre  de  mérite)  : 

MM.    1. 

De  Manneville. 

2. 

GOYE  JQUE. 

3. 

Laloy. 

4. 

Labrouche. 

5. 

De  Grandmaison. 

6. 

SOULLIÉ. 

7. 

Lhermitte. 

8. 

Boulloghe. 

9. 

VlREY. 

iO. 

ToURNOUëR. 

11. 

DUCOM. 

12. 

Dallemagne. 

41/r 

En  outre,  M.  Jarry  a  été  autorisé  à  redoubler  sa  deuxième  année 
d'études. 

Ont  été  admis  à  passer  en  troisième  année  (ordre  de  mérite)  : 

MM.      1.    MORANVILLÉ. 

2.  GOUDERG. 

3.  De  Fréminville. 

4.  Levavasseur. 

5.  Prunière. 

6.  Richard. 

7.  Isnard. 

8.  André. 

9.  Bellemain. 

10.  De  Romanet. 

11.  Lefranc. 

12.  Froment. 

13.  BONNIER. 

14.  TiERNY. 

15.  Thiesset. 

16.  Gautier. 

Et  hors  rang,  à  titre  étranger,  M.  Borel,  qui,  s'il  eût  été  classé,  l'au- 
rait été  au  5«  rang. 

MM.  Baudon  de  Mouy  et  Gadier  ont  été  autorisés  à  redoubler  leur 
troisième  année  d'études. 

Ont  été  admis  à  subir  l'épreuve  de  la  thèse  (ordre  alphabétique)  : 

MM.  AUVRAY. 

Barroux. 

DUNOYER    DE   SeGONZAG. 
DUPOND. 

duyernoy. 

Funck-Brentano. 

Grand. 

Lanrlois. 

Lefèvre-Pontalis. 

Legrand. 

MiLLOT. 

Perret. 

Stein. 

Tausserat. 
—  Par  arrêté  du  l^r  janvier  1884,  nos  confrères  M.  Pasquier,  archi- 
viste de  l'Ariège,  M.  Duchemin,  archiviste  de  la  Sarthe,  et  M.  Kaulek, 
attaché  aux  archives  des  afl'aires  étrangères,  ont  été  nommés  officiers 
d'académie. 


4^5 

—  Par  arrêté  du  10  janvier  1884,  notre  confrère  M.  Georges  Durand 
a  été  nommé  archiviste  du  département  de  la  Somme. 

—  PaT  arrêté  du  5  février  1884,  M.  Aubert,  archiviste  paléographe,  a 
été  nommé  surnuméraire  à  la  bibliothèque  Sainte-Geneviève. 

—  Par  arrêté  du  17  mai  1884,  ont  été  nommés  : 

M.  d'Arbois  de  Jubainville,  membre  honoraire  du  Comité  des  tra- 
vaux historiques  ; 

MM.  Blancard,  de  Grandmaison  et  Merlet,  membres  non  résidants 
du  même  Comité  ; 

M.  l'abbé  Lebeurier,  correspondant  honoraire  du  même  Comité. 

—  Le  14  juin  1884,  notre  confrère  M.  Himly  a  été  élu  membre  de 
l'Académie  des  sciences  morales  et  politiques,  en  remplacement  de 
M.  Mignet. 

—  L'université  catholique  de  Louvain,  à  l'occasion  du  cinquantième 
anniversaire  de  sa  fondation,  a  décerné  le  titre  de  docteur  honoris  causa 
à  notre  confrère  M.  Léon  Gautier. 

—  Notre  confrère  M.  Bonnardot  a  été  chargé  d'une  mission  à  Trêves 
et  à  Luxembourg,  en  vue  de  rechercher  dans  les  archives  de  ces  deux 
villes  des  documents  destinés  au  recueil  des  chartes  françaises  de  Metz 
(16  mai  1884). 

—  Notre  confrère  M.  Gustave  Desjardins  a  été  nommé  officier  de 
l'instruction  publique. 

—  Notre  confrère  M.  Lacombe  a  été  nommé  officier  d'académie. 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  a  décerné  le  premier 
prix  Gobert  à  notre  confrère  M.  Paul  Viollet,  pour  son  édition  des 
Établissements  de  saint  Louis  et  son  Précis  de  l'histoire  du  droit  français, 
et  le  second  prix  à  notre  confrère  M.  Alexandre  Tuetey,  pour  son  livre 
intitulé  les  Allemands  en  France,  etc. 

Au  concours  des  antiquités  de  la  France,  la  troisième  médaille  a  été 
décernée  à  notre  confrère  M.  Charles  Mortet,  pour  sa  publication  du 
Livre  des  constitucions  denienées  el  chastelet  de  Paris.  Des  mentions 
honorables  ont  été  accordées  à  trois  autres  de  nos  confrères  :  la  troi- 
sième, à  M.  Léon  Flourac  (Jean  I",  comte  de  Foix,  vicomte  souverain  de 
Béarn);  la  quatrième,  à  M.  Paul  Guérin  {Recueil  de  documents  concer- 
nant le  Poitou,  contenus  dans  les  registres  de  la  chancellerie  de  France):, 
et  la  sixième,  à  M.  le  comte  Amédée  de  Bourmont  (la  Fondation  de 
l'universitâ  de  Caen  el  son  organisation  au  XV^  siècle). 

Le  prix  fondé  par  le  marquis  de  la  Grange  a  été  décerné  à  l'ouvrage 
intitulé  :  Recueil  de  motets  français  des  XII^  et  Xllh  siècles,  publié  par 
Gaston  Raynaud,  suivi  d'une  étude  sur  la  musique  au  siècle  de  saint  Louis, 
par  Henry  Lavoix  fils,  2  vol.  grand  in-16.  La  commission  chargée  d'exa- 


4i6 

miner  les  travaux  des  concurrents  n'a  point  examiné  l'étude  sur  la 
musique,  qui  fait  partie  de  l'ouvrage  couronné. 

—  L'Académie  des  sciences  morales  et  politiques  avait  ouvert  un 
concours  sur  les  Grandes  Compagnies  de  commerce.  Le  prix  n'a  pas  été 
décerné  ;  mais  une  récompense  de  1 ,000  francs  a  été  accordée  au 
mémoire  inscrit  sous  le  n°  5,  dont  l'auteur  est  notre  confrère  M.  Pierre 
Bonnassieux. 

—  L'œuvre  de  secours  des  anciens  élèves  de  l'École  des  chartes  vient 
d'entrer  dans  sa  neuvième  année.  Le  29  mai  dernier,  le  bureau  a  arrêté 
le  compte  du  trésorier  pour  l'exercice  de  1883-1884;  nous  croyons  utile 
d'en  donner  connaissance  à  nos  lecteurs. 

i{eceiic5  :  Reliquat  en  caisse  au  29  mai  1884    .     .     .  939fr.  85 

Cotisations  acquittées 689      95 

3  rachats  de  cotisations 300      »» 

Arrérages  de  rentes 130      75 

2,060  fr.  55 

Z>(/pcn5e5  :  Secours  distribués 600  fr.»» 

Frais  d'administration  et  de  recouvrement.  73      »» 

Achat  de  rente 476      »  » 

1,159  fr.  »)) 

Reliquat  .     .     .     .' 901  fr.  55 


L'œuvre  de  secours,  qui  comptait  au  début  95  adhérents,  en  a 
aujourd'hui  182;  ce  chiffre  prouve  éloquemment  combien  l'utilité  de 
l'institution  est  appréciée.  Néanmoins,  nous  voyons  encore  un  grand 
nombre  de  confrères  qui  n'en  font  pas  partie,  et  nous  rappellerons  à 
ceux  qui,  chaque  année,  viennent  augmenter  la  liste  des  anciens  élèves 
de  l'École  des  chartes ,  combien  il  importe  qu'ils  se  joignent  à  leurs 
anciens. 

Les  secours  distribués  ont  été  de  200  fr.  en  1875;  de  250  fr.  en  1876 
et  en  1877  ;  de  750  fr.  en  1878;  de  800  fr.  en  1879;  de  350  fr.  en  1880; 
de  360  fr.  en  1881  ;  de  465  fr.  en  1882,  et  de  600  fr.  en  1883;  c'est  un 
total  de  2,025  fr.  pendant  ces  8  exercices. 

Les  versements  de  100  fr.  faits  par  ceux  des  adhérents  qui  préfèrent 
se  libérer  de  la  cotisation  annuelle  s'élèvent  à  21  depuis  la  création  de 
l'œuvre;  deux  de  ceux-ci  sont  décèdes.  Ces  21  versements  ont  été  capi- 
talisés et  placés  en  rentes  sur  l'État. 

La  cotisation  est  si  faible  (cinq  francs)  qu'il  importerait  que  chacun 
des  adhérents  voulût  bien  penser  à  en  faire  parvenir  le  montant  au  tré- 
sorier. Les  frais  de  recouvrement  que  l'on  doit  payer  au  banquier  et 
ceux  de  correspondance,  quelquefois  réitérés,  diminuent  cette  modeste 
offrande  dans  une  proportion  regrettable. 


417 


GEORGES  FANJOUX. 

Notre  confrère  M.  Georges  Fanjoux,  qui  vient  d'être  enlevé  à  l'affec- 
tion de  sa  famille  et  de  ses  nombreux  amis  le  28  mai  de  cette  année,  à 
l'âge  de  soixante-deux  ans,  était  né  le  28  avril  1822,  à  Moulins,  où  il 
fit  de  brillantes  études.  Le  4  janvier  1847,  il  fut  admis  comme  élève 
pensionnaire  à  l'École  des  chartes  et  fit  partie  de  cette  belle  promotion 
que  les  noms  de  Léopold  Delisle,  d'Auguste  Himly,  d'Adolphe  Tardif 
et  de  plusieurs  autres,  qu'il  serait  trop  long  de  citer,  ont  rendue  célèbre 
dans  nos  fastes  scolaires.  Nommé  bibliothécaire  à  Moulins  en  mars  1849, 
puis  archiviste  de  l'Allier  en  octobre  1850,  Georges  Fanjoux  était  devenu 
secrétaire  de  M.  de  Maupas,  alors  préfet  de  ce  département,  le  22  août 
de  la  même  année;  il  fut  dès  lors  perdu  pour  l'érudition,  et  quelques 
articles  publiés  dans  VAi^t  en  province  attestent  seuls  la  finesse  de  son 
goût,  ainsi  que  la  compétence  qu'il  aurait  su  apporter  dans  une  foule 
de  questions  relatives  à  l'archéologie  nationale.  Dans  la  direction  nou- 
velle où  il  venait  de  s'engager,  notre  confrère  montra  dès  le  début  des 
qualités  de  premier  ordre  qui  auraient  dû  lui  faire  franchir  plus  vite 
les  degrés  inférieurs  de  la  carrière  administrative.  Attaché  à  la  légation 
de  Naples  en  juillet  1853,  sous-préfet  à  Rocroi  le  l^'"  mars  1855,  à 
Nogent-sur-Seine  le  !«■•  juillet  185G,  secrétaire  général  de  la  Corse  le 
14  février  1859,  sous-préfet  de  Bastia  le  23  février  1861,  l'ancien  archi- 
viste de  Moulins  fut  chargé  des  importantes  fonctions  de  secrétaire 
général  des  Bouches-du-Rhône  le  10  mai  suivant,  trois  mois  à  peine 
après  sa  nomination  à  Bastia;  il  a  exercé  ces  fonctions  jusqu'au 
23  mars  18G7,  pendant  une  période  d'environ  six  ans.  On  sait  que  le 
vieux  INIarseille  subit  pendant  ces  six  années  une  heureuse,  quoique 
trop  rapide,  transformation  matérielle,  et  personne  ne  prit  à  cette 
transformation  une  part  plus  active  et  plus  intelligente  que  Fanjoux  ; 
ce  fut  d'après  ses  indications  que  l'on  fit  choix  d'artistes  tels  que  Duret, 
Guillaume  et  Nolau  pour  décorer  le  nouvel  hôtel  de  la  préfecture;  il 
contribua  à  faire  confier  à  Espérandieu  la  construction  du  palais  des 
beaux-arts  ou  de  l'avenue  de  Longchamp  ;  il  eut  la  bonne  inspiration 
de  solliciter  le  ruban  de  la  Légion  d'honneur  pour  le  grand  poète  Fré- 
déric Mistral.  En  môme  temps,  il  n'avait  garde  d'oublier  l'École  des 
chartes,  dont  il  était  si  fier  d'avoir  été  l'élève  et  qu'il  aima  jusqu'à  la  fin 
de  sa  vie  du  plus  filial  amour,  et,  grâce  à  ses  démarches,  une  aile  tout 
entière  de  la  nouvelle  préfecture  fut  réservée  tant  pour  le  dépôt  des 
archives  départementales  que  pour  le  logement  de  l'archiviste,  notre 
savant  confrère  Louis  Blancard.  Sauf  l'énergie  qui  manquait  un  peu  à 
sa  placide  nature,  Fanjoux  possédait  au  plus  haut  degré  les  principales 
qualités  administratives,  une  discrétion  à  toute  épreuve,  une  bienveil- 


4^8 

lance  et  une  obligeance  naturelles  qui  lui  conciliaient  la  sympathie 
même  de  ses  adversaires  politiques,  une  patience  et  une  politesse  que 
les  plus  insupportables  fâcheux  n'auraient  pu  mettre  en  défaut.  Du 
reste,  il  faisait  à  la  politique  la  part  la  plus  petite  possible  et  n'était 
pas  loin  de  la  considérer,  du  moins  quand  on  y  mettait  de  l'ostentation, 
comme  une  ressource  de  mauvais  aloi  dont  les  fonctionnaires  plus 
ambitieux  que  capables  abusent  souvent  pour  se  faire  valoir.  De 
pareilles  tendances  rendaient  Fanjoux  encore  plus  apte  aux  affaires  qu'à 
l'administration.  Aussi,  M.  Armand  Béhic,  qui,  comme  président  du 
conseil  général  des  Bouches-du-Rhône,  avait  été  en  mesure  d'apprécier 
les  rares  qualités  de  notre  confrère,  n'hésita  point  à  lui  confier  en  1867 
la  direction  de  l'exploitation  des  Forges  et  Chantiers  de  la  Méditer- 
ranée ;  Fanjoux  fut  relevé  sur  sa  demande  de  ses  fonctions  adminis- 
tratives et  reçut  le  titre  de  secrétaire  général  honoraire  ;  nommé  cheva- 
lier de  la  Légion  d'honneur  le  14  août  1852,  il  quittait  l'administration 
avec  le  grade  d'officier  dans  le  même  ordre,  qui  lui  avait  été  conféré  en 
novembre  1864. 

Soit  comme  directeur  de  l'exploitation  des  Forges  à  Marseille 
depuis  1867,  soit  comme  secrétaire  général  à  Paris  depuis  le  mois 
d'avril  1873,  Fanjoux  a  mis  pendant  les  dix-sept  dernières  années  de 
service  toute  son  activité  et  toute  son  intelligence  au  service  de  cette 
grande  Compagnie  des  Forges  et  Chantiers,  qui  représente  si  digne- 
ment dans  les  contrées  les  plus  lointaines  le  génie  français  appliqué  à 
toutes  les  branches  de  la  grande  industrie  et  spécialement  à  la  fabrica- 
tion des  pièces  d'artillerie  et  aux  constructions  navales.  Secondé  par 
d'habiles  ingénieurs  chargés  de  lui  fournir  les  renseignements  tech- 
niques, l'ancien  archiviste  entretenait  une  correspondance  d'affaires  et 
débattait  des  marchés  avec  les  puissances  du  monde  entier;  et  telle 
était  sa  facilité  qu'il  sut  toujours  s'acquitter  à  la  satisfaction  générale 
d'une  aussi  lourde  tâche,  sans  y  rien  perdre  de  son  entrain  jovial  et  de 
sa  bonne  humeur  communicative.  Cet  entrain  et  cette  bonne  humeur 
avaient  résisté  même  aux  atteintes  de  la  maladie  terrible  qui  l'avait 
frappé  il  y  a  trois  ou  quatre  ans  et  dont  il  ne  s'était  jamais  complète- 
ment remis.  Le  dévouement  à  sa  famille  et  à  ses  devoirs  lui  donnait 
un  courage  qui  suppléait  à  l'épuisement  des  forces  physiques,  et,  le 
jour  où  il  est  tombé  pour  ne  plus  se  relever,  il  n'en  avait  pas  moins 
accompli  sa  besogne  quotidienne.  La  Société  nouvelle  des  Forges  et 
Chantiers  de  la  Méditerranée  et  de  l'Océan,  à  la  fois  pour  honorer  la 
mémoire  de  son  ancien  secrétaire  général  et  témoigner  sa  reconnais- 
sance de  si  bons  services,  a  voulu  prendre  entièrement  à  sa  charge  les 
frais  occasionnés  par  les  funérailles  de  notre  confrère. 

S.  L. 


4^î> 

RAPPORT  AU  MINISTRE  DE  LA  MARINE  ET  DES  COLONIES 

SUR  LES  TRAVAUX  DE  LA  COMMISSION  SUPÉRIEURE  DES  ARCHIVES  ' . 

Paris,  le  22  mars  1884. 
Monsieur  le  Ministre, 

Je  viens,  conformément  à  l'invitation  que  vous  m'avez  fait  l'honneur 
de  m'adresser,  vous  rendre  compte  des  travaux  accomplis  par  la  Com- 
mission supérieure  des  Archives  depuis  son  entrée  en  fonctions. 

Instituée  par  décision  présidentielle  du  25  avril  1883,  à  la  suite  d'un 
rapport  de  votre  honorable  prédécesseur,  M.  le  sénateur  Charles  Brun, 
complétée  par  une  seconde  décision  en  date  du  13  mai  suivant,  la  Com- 
mission a  tenu  sa  première  séance  le  23  mai,  et  depuis  lors  elle  a  régu- 
lièrement siégé  le  second  mercredi  de  chaque  mois,  excepté  pendant  la 
période  des  vacances  parlementaires. 

Après  une  reconnaissance  générale  et  sommaire  de  l'installation 
matérielle  du  dépôt  et  de  son  contenu,  elle  a  pensé  que  le  meilleur 
moyen  de  remplir  d'une  manière  à  la  fois  complète  et  rapide  la  mission 
qui  venait  de  lui  être  confiée  était  de  se  fractionner  en  autant  de  sous- 
commissions  qu'il  y  avait  de  problèmes  à  étudier  et  de  questions  à 
résoudre. 

1.  Au  22  mars  1884,  cette  commission  était  ainsi  composée  : 

Président  :  M.  de  Rozière,  O.  îJ^,  sénateur,  membre  de  l'Institut. 

Vice-Président  :  M.  le  vice-amiral  Jurien  de  la  Gravière,  G.  C.  '^, 
membre  de  l'Institut. 

Membres  :  MM.  Barbey,  O.  ^,  sénateur;  Dupuy  de  Lôme,  G.  O.  ^,  séna- 
teur, membre  de  l'Institut;  de  Rémusat,  sénateur;  Gerville-Réache,  député; 
La  Vieille,  0.  ^,  député;  Mathieu,  (lé|)uté  :  Pellet  (.Marcellin),  député; 
Dislére,  0.  'jf(i,  conseiller  d'État;  Delisle,  C.  ifif,  administrateur  général  de  la 
Bibliotlièque  nationale,  membre  de  l'Institut;  Himly,  O.  ^,  doyen  de  la 
Faculté  des  lettres  de  Paris;  Maury,  G.  ^,  directeur  général  des  Arcliives  natio- 
nales, membre  de  l'Institut;  Picot  (Georges),  membre  de  l'Institut  ;  Servois,  ^, 
inspecteur  général  des  .\rchives  départementales;  Sorel,  '^,  secrétaire  général 
delà  présidence  du  Sénat;  le  contre-amiral  Martin,  C.  ^;  Fournier,  O.  ^, 
conseiller  d'État,  directeur  de  la  comptabilité  générale  au  Ministère  de  la 
marine  et  des  colonies;  Goldsgheider,  ^,  sous-directeur  au  service  central 
des  colonies. 

Secrétaires  :  MM.  Renard,  ej^,  chef  de  bureau  au  Ministère  du  commerce; 
BÉRALDi  (Henri),  sous-chef  de  bureau  au  Ministère  de  la  marine  et  des  colonies. 

Service  des  Archives  :  MM.  de  Branges  de  Bourcia,  'ff ,  chef  de  bureau; 
DE  Resbecq,  sous-chef:  Neuville  (Didier),  commis  de  l'"  classe;  Brissaud, 
commis  de 2°  classe;  Téphany,  commis  de  3'  classe. 

Section  des  Colonies  :  MM.  Guet,  sous-chef;  Boudonnet,  commis  auxiliaire. 

Bibliothèque  :  MM.  Durassier,  bibliothécaire;  Pellerin,  commis  auxiliaire. 


420 

Quatre  sous-commissions  ont  donc  été  formées  immédiatement  et 
chargées  : 

La  première,  d'examiner  les  locaux  affectés  au  service  des  Archives 
et  de  signaler  les  améliorations  dont  ils  paraîtraient  susceptibles  ; 

La  seconde,  de  préparer  la  revision  du  règlement  relatif  aux  commu- 
nications de  pièces  et  de  poser  les  principes  qui  devront  présider  dans 
l'avenir  au  triage  des  versements  opérés  par  les  bureaux,  ainsi  qu'à  la 
suppression  des  papiers  inutiles  ; 

La  troisième,  de  vérifier  et  au  besoin  de  modifier  le  système  de  clas- 
sement suivi  jusqu'à  ce  jour,  en  tenant  grand  compte  de  cette  double 
circonstance  que  le  cadre  adopté  devra  répondre  à  la  nature  particulière 
des  Archives  maritimes  et  coloniales,  et  qu'il  servira  de  base  aux  inven- 
taires qui  seront  ultérieurement  dressés  et  probablement  publiés  ; 

La  quatrième,  d'indiquer  les  mesures  provisoires  de  conservation 
qu'elle  jugerait  d'une  application  immédiate. 

Toutes  les  solutions  proposées  par  ces  quatre  sous-commissions  et 
adoptées  par  la  Commission  plénière  ont  été  successivement  soumises  à 
votre  sanction. 

Je  me  suis  efforcé  de  résumer  dans  les  quatre  paragraphes  qui  suivent 
ce  que  les  délibérations  de  la  Commission  plénière  et  des  sous-com- 
missions ont  offert  de  plus  important. 

§  l*"".  Organisation  matérielle. 

On  ne  saurait  nier  que  la  disposition  des  locaux  consacrés  au  service 
des  Archives  ne  présentât  d'assez  grands  inconvénients. 

La  dispersion  des  salles,  situées  en  partie  au  troisième,  en  partie  au 
quatrième  étage,  et  dont  quelques-unes  étaient  séparées  du  reste  par 
des  locaux  affectés  à  d'autres  services;  le  mélange  ou,  pour  mieux  dire, 
le  chevauchement  des  Archives  maritimes  proprement  dites  et  des 
Archives  coloniales,  qui  constituait  déjà  un  empêchement  à  toute 
espèce  de  classification  régulière,  et  qui  serait  devenu  la  source  d'une 
difficulté  sérieuse  le  jour  où  les  deux  services  de  la  Marine  et  des  Colo- 
nies auraient  été  érigés  en  ministères  distincts  ;  l'isolement  des 
membres  du  bureau  des  Archives,  dont  le  chef  et  le  sous-chef  se  trou- 
vaient séparés  du  dépôt  par  deux  pièces  occupées  par  les  fonctionnaires 
du  Contrôle,  et  dont  le  principal  commis  avait  dû  être  relégué  à 
l'étage  supérieur;  le  voisinage  immédiat  d'une  chambre  habitée  par  un 
de  vos  officiers  d'ordonnance,  qui  restait  libre  d'y  conserver  de  la 
lumière  et  du  feu  à  l'heure  où,  dans  tous  les  bureaux  du  ministère,  les 
feux  doivent  être  éteints;  la  multiplicité  des  ouvertures  qui  donnaient 
accès  aux  diverses  parties  du  dépôt  ;  la  présence  enfin,  au  sein  même 
des  salles,  de  deux  calorifères,  qui  auraient  pu  devenir  un  danger  si 
l'on  s'en  était  servi  :  toutes  ces  circonstances  formaient  autant  d'obs- 


'«21 

tacles  à  cette  surveillance  rigoureuse,  à  cette  discipline  sévère,  qui 
peuvent  seules  assurer  la  conservation,  l'ordre  et  la  sécurité  des  dépôts 
d'Archives. 

M.  l'amiral  Martin  les  avait  signalées  dans  un  rapport  aussi  complet 
que  précis,  fait  au  nom  de  la  première  sous-commission. 

Grâce  aux  ordres  que  vous  avez  bien  voulu  donner  et  à  l'empresse- 
ment avec  lequel  ils  ont  été  exécutés,  les  calorifères  ont  disparu  et  ont 
fait  place  à  des  corps  de  rayons  ;  la  chambre  habitée  par  l'officier  d'or- 
donnance et  les  deux  pièces  occupées  par  les  fonctionnaires  du  contrôle 
ont  été  abandonnées  au  service  des  Archives;  le  chef  du  bureau,  le 
sous-chef  et  le  principal  commis  sont  installés  dans  des  cabinets  voisins 
du  dépôt;  la  salle  de  travail  du  public  est  placée  sous  la  surveillance 
immédiate  de  deux  employés,  et  personne  ne  peut  entrer  ou  sortir  sans 
passer  devant  eux  ;  la  séparation  des  Archives  de  la  Marine  et  des 
Archives  coloniales  est  un  fait  accompli  ;  les  unes  occupent  exclusive- 
ment les  salies  du  troisième  étage,  les  autres  ont  été  portées  à  l'étage 
supérieur,  côte  à  côte  avec  les  bureaux  de  la  Direction  des  Colonies  ;  on 
leur  a  réservé  une  entrée  particulière,  à  laquelle  aboutit  un  escalier 
tournant  construit  tout  exprès  pour  y  donner  accès  ;  enfin,  le  personnel 
spécialement  attaché  à  cette  section  du  dépota  été  augmenté  d'un  com- 
mis auxiliaire  et  d'un  garçon  de  bureau. 

Toutes  ces  améliorations,  pour  lesquelles  la  Commission  vous  exprime 
sa  profonde  gratitude,  ont  été  exécutées  pendant  la  période  des  vacances 
parlementaires.  Nous  les  avons  trouvées  réalisées  quand  nous  avons 
repris  nos  séances.  Mais  ce  qui  a  dépassé  notre  attente  et  nos  espérances, 
c'est  la  rapidité  avec  laquelle  les  fonds  de  la  Marine  et  ceux  des  Colo- 
nies ont  été  séparés.  Pour  obtenir  ce  résultat,  il  n'a  pas  fallu  remuer  et 
transporter  moins  de  16,000  registres  ou  cartons.  Tous  les  membres  du 
bureau  des  archives,  sans  distinction  de  grades,  MM.  de  Branges, 
de  Resbecq,  Neuville,  Brissaud  et  Téphany,  assistés  de  MM.  Béraldi, 
secrétaire  de  M.  le  Directeur  de  la  Comptabilité  générale,  et  de  M.  Guet, 
sous-chef  à  la  Direction  des  Colonies,  ont  rivalisé  de  zèle.  La  Commis- 
sion est  heureuse  de  leur  adresser  ici  ses  remerciements. 

§  2.  Règlement,  communications  de  pièges. 

Les  communications  de  pièces  demandées,  soit  par  le  Ministre,  soit 
par  les  bureaux,  soit  par  des  particuliers,  avaient  été  jusqu'ici  régies 
par  un  règlement  en  date  du  25  mai  18G2.  Les  articles  17  et  suivants  de 
ce  règlement  contenaient  à  cet  égard  des  prescriptions  minutieuses  et 
généralement  fort  sages,  que  notre  seconde  sous-commission  a  jugées 
pour  la  plupart  dignes  d'être  conservées.  Toutefois,  elle  a  pensé  que  la 
pratique  adoptée  dans  d'autres  ministères  l'autorisait  à  vous  proposer 
certaines  modifications  destinées ,  soit  à  rendre  le  texte  du  règlement 

2S 


422 

plus  clair  ou  plus  précis,  soit  à  supprimer  quelques  formalités  que  l'expé- 
rience a  condamnées.  Résumées  et  justifiées  dans  un  rapport  de  M.  de 
Rémusat,  ces  modifications  font  aujourd'hui  partie  de  notre  jurispru- 
dence. 

Nous  n'ignorons  pas  que,  pour  être  complet,  le  nouveau  règlement 
aurait  dû  déterminer  les  catégories  de  pièces  qui  peuvent  être  sans  res- 
triction communiquées  au  public,  et  celles  qui  par  leur  nature  ou  leur 
date  doivent  être  réservées.  Cette  distinction  a  été  l'objet  d'une  des 
principales  préoccupations  de  la  Commission  des  Archives  diploma- 
tiques. La  question  nous  a  paru  plus  délicate  encore  aux  Archives  de 
la  Marine,  par  la  raison  que  les  dossiers  du  personnel  s'y  trouvent  joints 
aux  papiers  d'État.  Il  est  probable  que  des  prescriptions  spéciales 
deviendront  nécessaires  ;  mais  nous  avons  pensé  qu'avant  de  vous  les 
soumettre  il  était  prudent  d'attendre  que  le  dépouillement  des  princi- 
paux fonds  nous  eût  donné  une  connaissance  plus  complète  et  plus 
détaillée  des  richesses  du  dépôt.  Provisoirement,  nous  avons  autant  que 
possible  suivi  les  règles  pratiquées  au  Ministère  des  Affaires  étrangères 
chaque  fois  que  des  demandes  de  communications  ont  été  renvoyées  à 
notre  examen. 

Nous  devrons  aussi  vous  soumettre  un  projet  dérèglement  relatif  aux 
versements  annuels  opérés  par  les  bureaux,  ainsi  qu'à  la  suppression 
des  papiers  inutiles.  Les  articles  7,  8,  9,  10  du  règlement  du  25  mai  1862, 
qui  régissent  actuellement  cette  matière,  manquent  de  précision  et  sont 
notoirement  insuffisants.  Mais  nous  sentons  le  besoin,  avant  d'aborder 
cette  partie  de  notre  tâche,  de  nous  familiariser  d'une  façon  plus  intime 
avec  le  fonctionnement  des  différents  services  du  Ministère. 

§  3.  Classements  et  inventaires. 

La  troisième  sous-commission  avait  accepté  la  tâche  la  plus  lourde, 
celle  de  tracer  un  cadre  général  de  classement  qui  pût  embrasser  les 
documents  de  toute  nature  et  de  tout  âge  que  renferme  le  dépôt,  d'éta- 
blir dans  les  salles  un  ordre  matériel  correspondant  aux  divisions  et 
subdivisions  de  ce  cadre,  de  procéder  à  la  reconnaissance,  au  numéro- 
tage, à  l'étiquetage  de  tous  les  articles,  d'en  faire  dresser  un  répertoire 
sommaire,  de  préparer  ainsi  les  bases  du  futur  inventaire  et  d'en  régler 
d'avance  la  forme  et  les  développements. 

La  sous-commission  a  résolument  abordé  l'étude  de  ces  diverses  ques- 
tions, et,  dès  nos  premières  séances,  elle  a  pu  nous  soumettre  une 
série  de  propositions,  dont  la  plupart  sont  aujourd'hui  à  l'état  de  faits 
accomplis. 

La  première  avait  pour  but  de  confirmer  la  séparation  absolue  et 
désormais  définitive  des  fonds  maritimes  et  des  fonds  coloniaux. 

La  seconde  tendait  à  introduire  dans  les  Archives  de  la  Marine  le 


423 

principe  de  la  division  des  documents  en  deux  grandes  classes,  selon 
qu'ils  sont  antérieurs  ou  postérieurs  à  la  Révolution. 

Grâce  à  ces  décisions  préliminaires,  nous  avons  pu  concentrer  tous 
nos  efforts  sur  les  portions  anciennes  et  vraiment  historiques  des 
Archives  maritimes  et  modifier  dans  quelques-unes  de  ses  dispositions 
le  cadre  de  classement  que  le  règlement  du  25  mai  1862  (article  12)  leur 
avait  appliqué.  L'analogie  qui  existe  entre  les  grands  services  de  la 
Marine  sous  l'ancien  régime  et  les  grands  services  actuels  nous  a  d'ail- 
leurs facilité  la  tâche.  Le  nouveau  cadre  offre  cet  avantage  que  les  docu- 
ments modernes  correspondants  pourront  également  trouver  place  dans 
les  sept  séries  dont  il  est  composé.  Nous  avons,  à  l'imitation  de  ce  qui 
se  pratique  dans  d'autres  dépôts,  désigné  chaque  série  par  une  lettre  de 
l'alphabet,  chaque  subdivision  de  série  par  un  sous-chiffre.  Nous  avons 
doublé  la  lettre  de  série  quand  il  s'agit  de  fonds  modernes. 

Nous  venions  d'arrêter  ainsi  les  grandes  lignes  du  classement,  lorsque 
les  remaniements  opérés  dans  l'installation  du  dépôt  nous  ont  permis 
d'établir  beaucoup  plus  rapidement  que  nous  n'osions  l'espérer  une 
correspondance  exacte  entre  les  divisions  ou  subdivisions  du  cadre  et 
la  disposition  matérielle  des  articles.  Tous  les  fonds  anciens  de  la 
Marine,  à  l'exception  de  ceux  qui  constitueront  la  série  A,  occupent 
aujourd'hui  dans  les  salles  du  troisième  étage  la  place  qui  leur  revenait 
hiérarchiquement;  ils  ont  tous  été  l'objet  d'un  premier  travail  de 
dépouillement  et  de  classification. 

La  série  A,  formée  exclusivement  d'Ordonnances,  Édits,  Déclarations 
et  autres  actes  du  pouvoir  souverain,  n'avait  pas  jusqu'ici  fait  partie  des 
Archives.  La  plupart  des  collections  qu'elle  devra  renfermer  se  trou- 
vaient déposées  à  la  Bibliothèque  du  Ministère  ;  celles,  en  plus  petit 
nombre,  qui  étaient  demeurées  confondues  avec  les  documents  des 
autres  séries,  viennent  d'y  être  réunies.  Nous  avons  pensé  qu'il  conve- 
nait d'étendre  sur  ces  collections  notre  patronage  et  de  les  soumettre, 
sans  les  déplacer,  à  nos  procédés  de  conservation  et  de  classement.  Sur 
le  rapport  de  M.  Picot,  nous  avons  déterminé  quelles  étaient  celles  qui 
devraient  être  conservées  intégralement  et  celles  qu'il  serait  utile  de 
démembrer  pour  compléter  les  premières.  Nous  avons  en  même  temps 
statué  sur  l'emploi  qu'il  conviendra  de  faire  des  exemplaires  doubles  ou 
triples  qui  se  rencontreront  probablement  en  grand  nombre.  La  série  A 
formera  désormais  la  tête  du  dépôt. 

La  série  B  doit  être  considérée  comme  la  plus  importante  au  point 
de  vue  de  l'histoire  de  notre  ancienne  marine.  C'est  là  que  se  trouvent 
à  la  fois  les  correspondances  du  Ponant  et  du  Levant,  les  campagnes, 
les  armements,  les  galères,  les  consulats,  les  traités  de  commerce  con- 
clus par  la  France  avec  les  pays  étrangers.  A  l'exception  d'un  très  petit 
nombre  de  cartons,  dont  le  triage  n'est  pas  encore  achevé,  les  2,381  ar- 
ticles dont  se  compose  cette  magnifique  série  ont  été  reconnus,  numé- 


424 

rotés,  étiquetés  et  décrits  dans  un  état  sommaire  qui  comprend,  avec 
les  cotes  et  les  dates  extrêmes,  l'analyse  succincte  ou  tout  au  moins 
l'intitulé  de  chaque  article.  Cet  état,  ou,  pour  mieux  dire,  ce  répertoire 
a  été  dressé  par  M.  Didier  Neuville,  sous  la  direction  de  M.  Sorel.  Il 
fait  grand  honneur  à  son  auteur  et  témoigne  de  la  sûreté  des  méthodes 
que  l'École  des  chartes  inculque  à  ses  élèves. 

Les  félicitations  qu'il  a  reçues  de  la  part  de  la  Commission  ont  natu- 
rellement encouragé  M.  Neuville  à  poursuivre  son  œuvre,  en  appliquant 
aux  autres  séries  le  même  traitement  qu'à  la  série  B.  Il  a,  sous  la  direc- 
tion de  M.  l'amiral  Martin,  classé,  numéroté,  étiqueté  et  décrit  les  six 
premières  subdivisions  de  la  série  C  ainsi  que  la  série  D,  et,  sous  celle 
de  M.  Sorel,  les  séries  E,  F,  G.  L'état  sommaire  qu'il  a  dressé  de  ces 
différentes  séries  est  de  tous  points  semblable  à  celui  qu'il  avait  consa- 
cré à  la  série  B.  Je  suis  heureux.  Monsieur  le  Ministre,  de  pouvoir  le 
placer  sous  vos  yeux  le  lendemain  même  du  jour  où  M.  Neuville  l'a  fait 
déposer  sur  le  bureau  de  la  Commission. 

La  série  A,  dont  les  contours  ont  été  nettement  tracés  par  le  rapport 
de  M.  Picot,  mais  dont  la  formation  n'est  pas  encore  complète,  et  la 
septième  subdivision  de  la  série  G  sont  donc  aujourd'hui  les  seuls  fonds 
anciens  dont  le  classement  reste  à  l'état  d'élaboration.  Le  bibliothécaire 
du  Ministère,  M.  Durassier,  s'occupe  du  dépouillement  des  différends 
recueils  d'Ordonnances  qui  lui  ont  été  récemment  versés  par  le  bureau 
des  Archives.  Quant  à  la  septième  subdivision  de  la  série  C,  qui  com- 
prend le  personnel  individuel  et  ne  compte  pas  moins  de  4,884  cartons, 
elle  subit  en  ce  moment  une  refonte  complète.  Les  dossiers  dont  elle 
se  compose  avaient  été  jusqu'ici  classés  par  ordre  alphabétique,  sans 
aucune  distinction  d'époques  et  de  nature  de  services.  Fidèle  aux  prin- 
cipes qui  l'ont  guidée  depuis  l'origine,  la  Commission  a  demandé  qu'ils 
devinssent  l'objet  d'un  double  triage  ayant  pour  but  de  séparer  ceux 
qui  appartiennent  à  la  Marine  de  ceux  qui  doivent  faire  retour  aux 
Colonies,  et  ceux  qui  sont  antérieurs  à  la  Révolution  de  ceux  qui  sont 
postérieurs.  Elle  a  donné  sur  les  limites  dans  lesquelles  cette  double 
séparation  doit  s'accomplir  des  instructions  précises  ;  mais  l'opération 
n'en  est  pas  moins  délicate  et  suppose  chez  ceux  qui  sont  chargés  de 
l'exécuter  cette  connaissance  préalable  des  documents  qu'une  longue 
pratique  permet  seule  d'acquérir.  Le  chef  et  le  sous-chef  du  bureau  des 
Archives,  MM.  de  Branges  et  de  Resbecq,  étaient  naturellement  dési- 
gnés pour  cette  portion  de  la  tâche  commune  ;  ils  s'en  acquittent,  sous 
la  direction  de  M.  l'amiral  Martin,  avec  le  dévouement  professionnel  et 
le  soin  consciencieux  qu'ils  apportent  à  tous  les  détails  de  leur  service. 
Le  dépouillement  de  la  lettre  A  est  achevé,  celui  de  la  lettre  B  avance 
rapidement.  Jusqu'ici  le  dépouillement  a  porté  sur  494  cartons,  qui,  par 
suite  du  remaniement  intérieur  dont  ils  ont  été  l'objet,  en  ont  fourni 
577,  dont  28  pour  le  personnel  ancien  et  324  pour  le  personnel  moderne 


425 

de  la  Marine,  92  pour  le  personnel  ancien  et  133  pour  le  personnel 
moderne  des  Colonies. 

Il  serait  assurément  téméraire  d'affirmer  que  tous  les  travaux  accom- 
plis sous  la  direction  de  la  troisième  sous-commission  ont  un  caractère 
définitif  et  qu'aucun  remaniement  ne  deviendra  jamais  nécessaire;  mais 
ce  qu'on  peut  avancer  avec  pleine  certitude,  c'est  que  toutes  les  précau- 
tions ont  été  prises,  notamment  en  ce  qui  concerne  la  formation  des 
liasses  et  le  numérotage,  pour  que  les  remaniements,  s'il  vient  à  s'en 
produire,  ne  troublent  pas  d'une  manière  sensible  l'économie  générale 
du  classement.  Ces  travaux  ont  eu  d'ailleurs  pour  l'ensemble  du  ser- 
vice d'heureuses  conséquences.  Ils  ont  permis  d'extraire  des  cartons, 
dans  lesquels  ils  se  trouvaient  en  quelque  sorte  égarés,  des  documents 
qui  appartenaient,  par  leur  nature,  soit  à  la  série  des  actes  du  pouvoir 
souverain,  soit  à  la  section  des  Archives  coloniales,  et  qui  leur  ont  été 
restitués.  Ils  ont  démontré  d'une  façon  victorieuse  l'utilité  pratique  du 
cadre  de  classement  arrêté  par  la  Commission,  dans  lequel  tous  les 
fonds  historiques  ont  trouvé  place  sans  qu'il  ait  été  nécessaire  de  démem- 
brer aucune  des  suites  anciennement  reliées,  et  sans  qu'il  ait  été  porté 
aucune  atteinte  nouvelle  à  l'ordre  traditionnel  des  provenances.  Ils  ont 
enfin  contribué,  en  appelant  l'attention  sur  des  séries  considérées  jus- 
qu'ici comme  secondaires,  et  qui  n'ont  peut-être  jamais  été  consultées, 
à  donner  une  plus  juste  idée  de  la  haute  importance  des  Archives 
maritimes  et  des  services  qu'elles  peuvent  rendre  aux  études  historiques. 

Vous  ne  serez  pas  étonné,  Monsieur  le  Ministre,  qu'en  présence  d'une 
situation  aussi  satisfaisante  nous  ayons  pensé  que  le  moment  était 
venu,  sinon  de  commencer  la  rédaction  des  inventaires,  du  moins  d'en 
arrêter  les  bases  et  d'en  déterminer  les  formes.  Nous  avons  décidé, 
conformément  aux  conclusions  de  la  troisième  sous-commission,  que 
l'inventaire  de  la  série  A  contiendrait,  dans  un  ordre  strictement  chro- 
nologique, la  désignation  sommaire  de  chacune  des  pièces  qu'elle  ren- 
ferme. Le  travail  sera  exécuté  par  M.  Durassier,  sous  la  direction  de 
M.  Picot.  Quant  à  la  série  B,  la  question  était  plus  délicate  à  cause  de 
l'importance  et  de  la  variété  des  documents  qui  la  composent.  M.  Sorel, 
au  nom  de  la  troisième  sous-commission,  nous  a  soumis  plusieurs  spé- 
cimens d'analyses,  parmi  lesquels  nous  avons  choisi  celui  qui  nous  a 
paru  tenir  le  milieu  entre  l'inventaire  sommaire  et  l'inventaire  détaillé, 
laissant  d'ailleurs  au  rédacteur  la  faculté  d'entrer  dans  de  plus  longs 
développements  lorsque  l'article  otïrirait  un  intérêt  considérable.  Nous 
savons  qu'à  cet  égard  nous  pouvons  nous  fier  au  tact  de  MM.  Neuville 
et  Sorel,  dont  l'un  préparera  le  travail  et  l'autre  le  revisera. 

Il  ne  saurait  être  question  de  l'inventaire  des  séries  C  et  suivantes 
tant  que  le  fonds  du  personnel  individuel  ne  sera  pas  complètement 
dépouillé  et  classé.  On  peut  cependant  affirmer  à  l'avance  que  pour  im 


426 

grand  nombre  des  articles  de  la  série  C  l'inventaire  ne  devra  pas  don- 
ner plus  de  détails  que  l'état  sommaire. 

§  4.  Mesures  provisoires  de  conservation. 

La  quatrième  sous-commission  a  fait  connaître,  par  l'organe  de 
M.  Delisle,  les  mesures  provisoires  qu'elle  jugeait  nécessaires  pour  la 
conservation  du  dépôt,  et  dont  l'adoption  immédiate  lui  paraissait  com- 
patible avec  les  travaux  recommandés  par  les  autres  sous-commissions. 

Ces  mesures  concernent  l'estampillage,  le  foliotage  et  la  reliure. 

Les  ordres  que  vous  avez  donnés  à  cet  égard  sont  depuis  plusieurs 
mois  en  plein  cours  d'exécution. 

Tous  les  registres  ou  volumes  des  anciens  fonds  de  la  Marine,  au 
nombre  de  4,304,  ont  été  estampillés  les  uns  sur  chaque  pièce,  les 
autres  au  commencement,  au  milieu  et  à  la  fin,  selon  qu'ils  seront  com- 
posés de  titres  originaux  ou  de  simples  copies.  Le  temps  a  manqué 
pour  appliquer  la  même  mesure  à  toutes  les  pièces  contenues  dans  les 
liasses  et  dans  les  cartons;  on  n'a  pu  jusqu'ici  apposer  le  timbre  que 
sur  celles  qui  ont  été  groupées  en  forme  de  volumes  et  envoyées  à  la 
reliure.  Quant  aux  dossiers  du  personnel  individuel,  ils  sont  estampillés 
au  fur  et  à  mesure  de  leur  nouvelle  formation. 

Tous  les  registres  ou  volumes  des  anciens  fonds  de  la  Marine  sont 
également  foliotés,  et,  dans  le  nombre,  il  y  en  a  déjà  près  de  300  dont 
le  foliotage  a  été  vérifié  et  arrêté  suivant  la  formule  indiquée  par  le 
savant  administrateur  de  la  Bibliothèque  nationale. 

Enfin,  le  nombre  des  liasses  groupées  en  forme  de  volumes  et  envoyées 
à  la  reliure  ne  s'est  élevé  qu'au  chiffre  de  93,  mais  du  moins  toutes  les 
précautions  recommandées  par  la  sous-commission  ont  été  scrupuleu- 
sement observées,  et  les  liasses  n'ont  quitté  le  bureau  des  Archives  que 
munies  du  visa  d'un  des  membres  de  la  Commission. 

Les  opérations  d'estampillage,  de  foliotage  et  de  préparation  des 
liasses  pour  la  reliure  ont  été  dirigées  par  M.  Béraldi,  dont  la  Commis- 
sion a  eu  mainte  occasion  d'apprécier  le  zèle  et  l'intelligence. 

En  même  temps  que  nous  discutions  les  propositions  des  sous-com- 
missions, deux  de  nos  collègues,  MM.  l'amiral  Jurien  de  la  Gravière  et 
Dupuy  de  Lôme,  préoccupés  du  désir  de  compléter  les  collections  du 
dépôt  central,  ont  demandé  que  des  recherches  fussent  prescrites,  non 
seulement  dans  les  bureaux  du  Ministère,  mais  encore  dans  les  Archives 
des  ports  et  des  quartiers  qui  en  dépendent,  ainsi  que  dans  celles  des 
Colonies,  à  l'effet  de  constater  le  nombre,  la  nature  et  l'importance  des 
documents  antérieurs  à  la  Révolution  qui  pourraient  s'y  rencontrer.  Les 
réponses  parvenues  au  Ministère  ont  été  remises  à  une  sous-coramis- 


<Î27 

sion  spécialo,  qui  fera  son  rapport  aussitôt  qu'elle  aura  recueilli  tous  les 
éléments  d'information.  En  attendant,  nous  vous  prions  d'agréer  nos 
remerciements  pour  l'allocation  que  vous  avez  bien  voulu  accorder  au 
chef  du  service  de  la  Marine  à  Saint-Servan,  et  sans  laquelle  il  ne  lui 
aurait  pas  été  possible  de  faire  dresser  l'état  sommaire  qui  lui  était 
demandé. 

Arrivés  au  terme  de  ce  rapport  et  jetant  les  yeux  en  arrière  pour 
mesurer  le  terrain  parcouru,  nous  constatons  avec  bonheur  que  de 
sérieux  progrès  ont  été  réalisés  pendant  l'année  qui  vient  de  s'écouler. 
Mais  nous  n'avons  aucun  droit  d'en  tirer  vanité.  A  beaucoup  d'égards 
nous  n'avons  fait  que  récolter  ce  que  d'autres  avaient  semé.  Nous 
n'étions  supérieurs,  ni  par  les  lumières,  ni  par  le  dévouement,  aux 
commissions  qui  nous  ont  précédés.  Si  nous  avons  obtenu  des  résultats 
plus  importants  et  plus  durables,  cela  tient  au  caractère  permanent  que 
votre  honorable  prédécesseur  nous  avait  conféré.  Après  avoir  proposé  les 
reformes  dont  le  service  des  Archives  nous  paraissait  susceptible,  nous 
avons  pu,  grâce  à  la  périodicité  de  nos  réunions,  suivre  la  marche  du 
travail  et  nous  associer  à  l'exécution  des  mesures  que  nous  avions  pro- 
voquées. C'est  là  tout  notre  secret. 

Il  nous  reste  encore  beaucoup  à  faire.  Jusqu'ici  les  fonds  anciens  de 
la  Marine  ont  été  l'objet  presque  exclusif  de  nos  préoccupations.  Le 
moment  approche  où  nous  devrons  préparer  un  cadre  de  classement 
applicable  aux  fonds  anciens  des  Colonies.  Les  Archives  modernes  sou- 
lèvent aussi  plus  d'un  problème  qu'il  ne  faudra  pas  tarder  à  étudier  et 
à  résoudre.  Mais  nous  nous  sentons  soutenus  dans  l'accomplissement  de 
notre  mission  par  la  conviction  que  vous  nous  accorderez  dans  l'avenir 
le  même  appui  que  par  le  passé. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Ministre,  l'assurance  de  ma  haute  et 
respectueuse  considération. 

Le  Sénaleur, 

Président  de.  la  Commission  supérieure  des  Archives, 

Euir.   DE  ROZIÈRE. 


428 


CADRES  DE  GLASSEIVIENT. 


CADRE  GENERAL  DES  ARCHIVES  DE  LA  MARINE. 


FONDS  ANCIENS. 

FONDS  MODERNES. 

TOTAL 

TOTAL 

VOLDMES 

LIASSES 

CARTONS 

des 
articles 

AA  . 

VOLUMES 

LIASSES 

CARTONS 

des 
articles 

A.  Actes  du  pouvoir 
souverain  .  .  . 

54 

54 

112 

220 

Mémoire. 

B.  Service  général .  . 

1961 

318 

102 

2381 

BB  . 

Idem. 

C.  Personnel  (moins 
C) 

1820 

241 

101 

2162 

ce . 

Idem. 

D.  Matériel 

104 

17 

62 

183 

DD. 

Idem. 

E.  Comptabilité  .  .  . 

168 

33 

8 

209 

EE. 

Idem. 

F.  Invalides  et  Prises 

109 

11 

30 

150 

FF  . 

Idem. 

G.  Mémoires, Projets, 
Documents  di- 
vers  

142 

27 

32 

201 

GG. 

Idem. 

Totaux  

4358 

701 

447 

5506 

SERIE  A. 

ACTES   DU   POUVOIR    SOUVERAIN,  800   (?)  A  18H. 

(220  articles.) 

VOL.  LIAS.  CART. 

Collection  d'Ordonnances,  Édits,  Arrêts,  etc.,  sur  la 
marine  (imp.  et  mss.,  classés  par  ordre  chronolo- 
gique). Clair amhault.  —  1278  à  1790 »      »    76 

Recueils  d'Ordonnances  sur  les  galères  (rnss.).  —  1548 
à  1736 19      »      » 

Recueil  d'ordonnances,  Édits,  Arrêts,  etc.  (irapr.  et  mss. 
avec  une  table  alphabétique  en  double).  Garreault. 
—  1689  à  1752 14      »      » 

Ordonnances  et  Règlements  sur  les  classes  (quartier 
d'Isigny,  mss.).  —  1691  à  1762 1      »       » 

Recueil  des  Ordonnances  concernant  la  marine  rendues 
sous  le  ministère  de  Boynes  (imp.  et  mss.).  —  1771  à 
1774 .1      »      » 

Recueil  des  Règlements,  Décisions  et  Ordonnances  ren- 
dus sur  le  fait  de  la  marine  sous  le  ministère  du  maré- 
chal de  Caslries  (imp.  et  mss.).  —  1780  à  1787.     .    .        5      »      » 


429 

1'  Ordonnances,  Édits,  Déclarations,  Règlements  sur  la 
marine  (imp.  et  mss.  classés  par  ordre  chronologique). 

—  1584  à  1785 »      7      » 

2°  Recueil  d'Ordonnances,  Édits,  etc.,  sur  la  marine  (imp.). 

—  1584  à  1789 »     12      » 

3°  Recueil  d'Ordonnances,   Arrêts,    Déclarations,  traités, 

etc.,  relatifs  au  commerce  et  à  la  navigation  (imp.). 

—  1586  à  1799 »      1       » 

4°  Lois,  Édits,   Ordonnances  relatifs  à  la  marine  et  aux 

colonies  (mss.  et  imp.).  —  1660  à  1724 »      1       » 

5°  Recueil  de  Lois,  Édits,  etc.,   sur  la  marine  (mss.).   — 

1657  à  1717 »      1      » 

6"  Recueil  d'Édits,  Ordonnances  et  pièces  diverses  sur  la 

marine  marchande  (imp.).   -  1717  à  1806 »      1      » 

7°  Recueil  de  Mémoires  et  pièces  diverses  (imp.).  —  1721 

à  1796 »      8      » 

8°  Ordonnances  sur  la  marine  (imp.).  —  1757  à  1778  .  .  »  3  » 
9°  Recueil  d'Ordonnances  sur  la  marine  (imp.).  —  1765  à 

1792 »      1       » 

10°  Recueil  d'Ordonnances  sur  la  marine  et  les  colonies 

(imp.).  —  1774  à  1781 »      3      » 

11°  Ordonnances  sur  les  chiourmes  (mss.  et  imp.).  —  1613 

à  1811 »      1      3 

12°  Ordonnances  sur  la  marine  (mss.  et  imp.l.  —  1617  à 

1689 »       »      3 

13°  Ordonnances  sur  les  troupes  (mss.  et  imp.).  —  1662  à 

1790 »      »     12 

14°  Ordonnances  et  Règlements  sur  la  marine  (mss.  et 

imp.).  —  1689  à  1789 »     14      1 

1°  Table  des  Ordonnances  de  la  marine  existant  tant  dans 
les  collections  factices  que  dans  les  recueils  imprimés 
comme  Fontanon,  la  Collection  du  Louvre,  Isambert, 
Pardessus,  etc.  (sur  fiches  mss.).  —  800  à  1790     .     .     Mémoire. 

2°  Inventaire  ou  table  chronologique  des  Édits,  Déclara- 
lions,  Arrêts,  Ordonnances  et  autres  pièces,  faisant 
loi  pour  ce  qui  concerne  la  marine,  le  commerce  et 
les  colonies  (mss.).  Clairambault.  —  1182  à  1789    .      11      »      » 

3°  Table  chronologique  pour  les  Ordonnances  des  galères 

(mss.).  —  1257  à  1753 2      »       » 

4°  Tables  et  Catalogues  d'Ordonnances  sur  la  marine  (mss.).        »      »      5 

■5  iM°  Projets  d'Ordonnances  sur  la  marine  (datés  et  non  datés)  »  »  2 
2°c)  2°  Projet   d'Ordonnance  sur  la  pêche  en  mer  (mss.).  — 

^_^\  1681 y>  1  » 

^?\  3°  Projet  d'Ordonnance  sur  les  galères  (mss.).  —  1682     .  l  »  » 

V.  Ordonnances  sur  les  marines  étrangères  (imp.  et  mss.).  — 

1539  à  1789 »      »     10 


Totaux 54    54  112 


430 
SÉRIE  B. 

SERVICE    GÉNÉRAL,    1261  (?)    A    1815. 

(2,381  articles.) 

Bi.DécisionsiI.  Délibérations  du  Conseil  de  marine  (1715  à  1721)  56  »      » 

1686  à  1789UI.  Travail  du  Roi,  travail  du  ministre  (1686  à  1789)  »  46      » 
B2.  Correspondance    générale    :     lettres    envoyées  (ordres    et 

dépêches).  1663  à  1790 415  22      9 

B3.  Correspondance  générale  :  lettres  reçues.  1628  à  1789.     .     .  797  »      6 

BK  Campagnes.  —  1572  à  1789 302  4    14 

BS.  Armements.  —  1619  à  1789 3  »    26 

B^.  Galères,  jl.  Correspondance  :  lettres  envoyées.  —  1669  à  1748  76  »      » 

1410àl751iII.  Correspondance  :  lettres  reçues.  —  1410  à  1751  61  7      » 

B"?.  Pays        /I.  Décisions  (Espagne,  Italie,  Nord).— 1709  à  1723  »  47      » 
étrangers,   tll.  Correspondance  :  lettres   envoyées   (ordres  et 

Commerce  |        dépèches).  —  1480  à  1755 156  »      » 

et  Consulats./lII.  Correspondance  :  lettres  reçues.  —  1261(?)  à  1789  80  192    34 

1261(?)à  1789.1  IV.  Traités Mémoire. 

B».  Archives.  —  1682  à  1815 15  »     13 


Totaux 1961  318  102 

SÉRIE  C. 

PERSONNEL,    1270  (?)    A    1830. 
(2,162  articles.) 

JîM/I.  Décisions  (travail  du  Roi,  travail  du  Ministre).  —  1627 

Ig  à  1789 2    34      » 

'a:^III.  Correspondance  :  lettres  envoyées  (dépêches,  etc.).  — 

is-J         1744  à  1764 34      5      » 

S 2 /m.  Correspondance  :  lettres  reçues.  —  1727  à  1789.     .     .        1     25      » 
q  s[  IV.  Listes  générales,  matricules,  revues,  documents  divers. 

5  1  \         -  1270  (?)  à  1793 170      7      6 

.■|     /  1.  Décisions.  —  1756  à  1781 »      8      » 

'Sgl  II.  Correspondance  :  lettres  envoyées  (dépêches,  etc.).  — 

|-\         1749  à  1789 25      »      » 

H"^  1  III.  Correspondance  :  lettres  reçues.  —  1760  à  1789     .    .        »      6      » 

0§f  IV.  Listes  générales,  matricules,  revues,  documents  divers. 

^'"\         —  1645  à  1793 71       2      9 

C3.  Troupes  :    Compagnies    franches.   Corps   royal   de  marine. 

Infanterie  et  Artillerie.  —  1669  à  1790 68      4      8 

I.  Décisions  (travail  du  Ministre,  etc.).  —  1721  à  1784    .      34      »      » 

II.  Correspondance  :   lettres  envoyées  (ordres,  dépêches). 
—  1692  à  1787 71      7      » 

IIL  Correspondance  :  lettre.s  reçues.  —  1666  à  1790.    .     .  17  l  35 
IV.  Inscription  maritime  :    matricules  par  quartiers.  — 

^-Ij          1691  à  1791 41  1  1 

i  §  I  V.  Documents  relatifs  à   l'amiral  et  aux  amirautés.  — 

G  J            1464  à  1791 »  »  19 

é  ^  \  VI.  Registres  de  l'amirauté  de  Dunkerque.  —  1667  à  1780  »  46  » 


13 1 

^g/  I.  Correspondance  :  lettres  envoyées  (dépêches,  etc.).  — 


5^ 


1726  à  1749 16  1  » 

(i^  ni.  Correspondance  :   lettres    rerues   (lettres,   mémoires, 

Sf         procès-verbaux,  pièces  diverses).  —  1422  à  1789     .     .  9  33  l 

I.  Brest.  —  1603  à  1789 961  »  » 

II.  Lorient  :  Compagnie  des  Indes.  —  1717  à  1771  ...  15  »  » 

III.  Lorient  (Port-Louis,  Lorient).  —  1703  à  1789    ...  75  »  » 

IV.  Rochefort.  —  1691  à  1789 4  41  » 

V.  Dunkerque.  —  1668  à  1789 47  1  » 

.^ij.^.  VI.  Le  Havre.  -  1777  à  1781 »  1  » 

^gj  VII.  Cherbourg.  —  1771  à  1789 »  15  » 

M'Sl  VIII.  Toulon.  —  1676  à  1789 131  1  » 

«        IX.  Galères.  —  1706  à  1762 9  »  » 

^     1  X.  Divers  (A-Z) »  »  11 

\  XI.  Série  supplémentaire  (Brest,  Toulon,  etc.)  .....  7  '2  2 

C.  Personnel  individuel Mémoire. 

C*.  Divers  :  Ordres  de  chevalerie,  Écoles  militaires,  etc.  —  1645 

à  1830 12  »  0 


Totaux 1820  241  ICI 

SÉRIE  D. 

MATÉRIEL,    1200  (?)    A    1800. 

(183  articles.) 
I.  Correspondance  :  lettres  envoyées 

^,  „      ,       ..  ,1        (Prames,  bateaux  plats).  —  1759 

D».  Constructions  navales.)        ,  .„„^  o      «      ., 

;        a  1765 -i      »      » 

—  1640  a  1800.         j^^   Mémoires,  projets,  documents  di- 

\        vers.  —  1640  à  1800 48      5      7 

D2.  Travaux  hydrauliques,  bâtiments  civils  (documents  histo- 
ritpies   sur  les  ports   et  arsenaux,  côtes  de  France,  îles, 

rivières  et  canaux).  —  1200  (?)  à  1790 2      8    49 

D*.  Approvisionnements,  subsistances  :   documents  divers.  — 

1670  à  1800 41      »      » 

D*.  Artillerie  :  documents  divers.  —  1540  à  1800.     .....        441 

D^.  Chiourmes  :  matricules,  signalements  de  forçats,  documents 

divers.  —  1709  à  1760 7      »       l 


Totaux 104     17    62 

SÉRIE  E. 

COMPTABILITÉ,    1669    A    1789. 

(209  articles.) 
f  1°  Correspondance  :  lettres  envoyées  (ordres  et  dépêches). 

\         -  1676  à  1789 102    11      2 

E 

I  ï"  Registres  des  ordres  de  fonds  et  comptes  de  dépenses 

(agendas).  —  1669  à  1785 26      »      » 


Î32 

3»  Billets  de  plus  ample  décharge.  —  1704  à  1744   ...      21      »      4 

4°  Journaux  pour  les  trésoriers  généraux  de  la  marine 

(Édit  de  juin  1716).  —  1772  à  1788 19      »      » 

E  ' 

5°  Comptes  détaillés  de  recettes  et  dépenses  faites  dans 

les  ports.  —  1678  à  1734 »    22      » 

6"  Divers.  —  1679  à  1787 »      »      6 

Totaux 168    33      8 

SÉRIE  F. 

INVALIDES    ET    PRISES,    1668    A    1793. 

(150  articles.) 

il.  Décisions.  —  1719  à  1722 »  l  » 
II.  Correspondance  :  lettres  envoyées  (dépèches).  —  1728 

à  1788 24  »  » 
III.  Comptes  de  recettes  et  dépenses  (agendas).  —  1772  à 

1789 13  »  » 

IV.  États,  documents  divers.  —  1693  à  1793 22  l  4 

èo/ I.  Décisions.  —  1778  à  1790 1      »      5 

.i^l  !!•  Correspondance  :  lettres  envoyées  (ordres  et  dépêches). 

3.^1         —  1688  à  1782 •      38      5      » 

mS\  III.  Documents  divers  sur  la  course,  les  prises,  etc.   — 

.2-)  1688  à  1788 5      1     11 

£  é\  IV.  Prisonniers  de  guerre  :  documents  divers.  —  1703  à 

t-%\         1785 6      3    10 


Totaux 109    11     30 

SÉRIE  G. 

MÉMOIRES,    PROJETS,    DOCUMENTS    DIVERS,    1481    A    1800. 

(201  articles.) 

1°  États  ou  abrégés  de  la  marine.  —  1671  à  1773    .    .     .      38      »      » 

2°  Compilations  diverses,  recueils  de  copies  de  pièces.  — 

1669  à  1789 33      4      6 

3°  Correspondance  générale  du  port  du  Havre.  —  1763  à 
G   (  1789 »      5      » 

I  4°  Mémoires  et  projets.  —  1642  à  1800 46    18      1 

I  5°  Documents   sur  la  défense  des  côtes  (milices  gardes- 
côtes,  fortilications,  etc.).  —  1620  à  1790 .    .    ,    .     .        4      »      9 

6°  Documents  divers.  —  1660  à  1789 21      »     16 


Totaux 142    27    32 


133 


PALEOGRAPHIE  DES  CLASSIQUES  LATINS. 

Sous  le  titre  de  Paléographie  des  classiques  latins,  M.  Emile  Châte- 
lain vient  de  publier  la  première  livraison  d'un  recueil  de  fac-similés 
des  principaux  manuscrits  de  Plante,  Térence,  Varron,  Gicéron,  César, 
Cornélius  Népos,  Lucrèce,  Catulle,  Salluste,  Virgile,  Horace,  Tibulle, 
Properce,  Ovide,  Tite-Live,  Justin,  Phèdre,  Sénèque,  Quinte-Curce, 
Perse,  Lucain,  Pline  l'ancien,  Valerius  Flaccus,  Stace,  Martial,  Quin- 
tilien,  Juvénal,  Tacite,  Pline  le  jeune,  Suétone,  etc.  Paris,  Hachette, 
1884.  In-fol.  de  15  planches  et  iv  p.  Prix  :  10  fr.  (réduit  à  6  fr.  pour 
les  souscripteurs  à  l'ouvrage  complet).  — L'ouvrage  comprendra  10  livrai- 
sons. La  première  donne,  en  15  planches  héliographiques  exécutées 
par  M.  Dujardin,  la  reproduction  de  23  pages  tirées  des  manuscrits 
suivants  : 

PLAUTE  :  Ambrosianus  palimpsestus,  saec.  iv;  Palatinus,  1615 
(vêtus  codex),  s.  x;  Heidelbergensis  (decurtatus),  s.  xi;  Vaticanus  3870, 
s.  xi;  Ambrosianus  J.  257  inf. ,  s.  xii. 

TÉRENCE  :  Vaticanus  3226  (Bembinus),  s.  v;  Paris.  7899,  s.  ix; 
Ambrosianus  H  75,  inf.,  s.  ix;  Vatic.  3868,  s.  ix;  Basilic.  S.  Pétri. 
H.  19,  s.  x;  Laurent.  38,  24,  s.  x;  Vatic.  1640,  s.  xi. 

VARRON  :  Laur.  51,  10,  lombard,  s.  xr;  Paris.  7530,  s.  vni. 

CATULLE  :  Paris.  8071,  s.  ix;  Paris.  14137,  de  l'an  1375. 

Le  nombre  de  15  planches  par  livraison  est  un  minimum  qui  sera 
probablement  dépassé  dès  la  deuxième  livraison,  sans  augmentation  de 
prix  pour  les  souscripteurs.  Cette  deuxième  livraison,  qui  doit  paraître 
au  mois  de  novembre,  contiendra  les  principaux  manuscrits  de  Cicéron 
(rhétorique  et  discours),  on  y  verra  notamment  un  manuscrit  de  la 
Rhétorique  à  Hérennius  en  écriture  lombarde  de  Florence;  le  manus- 
crit palimpseste  des  Discours,  conservé  à  Turin,  qui  a  fait  l'objet  des 
études  d'Amédée  Peyron;  un  manuscrit  des  discours  en  onciale,  con- 
servé aux  archives  de  la  basilique  de  Saint-Pierre  de  Rome.  Dans  la 
troisième  livraison,  on  aura  les  manuscrits  des  Lettres  et  des  écrits 
philosophiques  de  Cicéron;  dans  la  quatrième,  ceux  de  César,  Cornélius 
Népos,  Lucrèce  et  Salluste;  dans  la  cinquième,  qui  comprendra  i)cut- 
ètre  20  planches,  ceux  de  Virgile  et  d'Horace.  Les  livraisons  suivantes 
contiendront  les  manuscrits  des  classiques  latins  depuis  Tite-Live  jus- 
qu'à la  fin  de  l'empire  romain. 

On  n'avait  guère  reproduit  jusqu'ici  que  les  spécimens  des  manus- 
crits en  capitale  ou  en  onciale;  ot  les  publications  où  on  les  trouve 
étaient  en  général  d'un  prix  élevé;  l'auteur  a  voulu  mettre  à  la  portée 
de  tous  ceux  qui  apprécient  la  littérature  latine  le  moyen  de  se  rendre 
compte  de  la  tradition  des  textes. 


434 

LIVRES  IMPRIMÉS  DU  MUSÉE  BRITANNIQUE. 

Une  note  insérée  dans  le  Library  Chronicle,  du  mois  de  mai  1884, 
p.  65,  fournit  quelques  renseignements  sur  le  nombre  des  volumes 
imprimés  du  Musée  britannique.  Il  y  en  avait  235,000  en  1838  et 
435,000  en  1849.  M.  Bullen,  en  1877,  estimait  à  environ  1,250,000  le 
nombre  des  volumes  de  cet  établissement.  Un  autre  fonctionnaire  du 
Musée,  M.  Anderson,  vient  de  contrôler  ce  chiffre  par  un  calcul  diffé- 
rent. Il  est  arrivé  à  un  total  de  1,356,000  volumes.  Gomme  il  faut  tenir 
compte  des  accroissements  d'une  période  de  six  ans,  le  résultat  obtenu 
par  M.  Anderson  est  bien  d'accord  avec  celui  auquel  M.  Bullen  était 
arrivé  en  1877. 

LES  MANUSCRITS  DU  COMTE  D'ASHBURNHAM. 

ACQUISITION  d'une  PARTIE  DE  LA  COLLECTION  PAR  LE  GOUVERNEMENT  ITALIEN  ••. 

Les  journaux  de  Florence  et  de  Rome  de  la  fin  de  mai  ^  nous  ont 
appris  que  le  gouvernement  italien  a  conclu,  sauf  ratification  des 
chambres,  avec  M.  le  comte  d'Ashburnham,  un  marché  pour  l'acqui- 
sition de  la  plus  grande  partie  de  la  collection  Libri  et  de  quelques 
manuscrits  de  VAppendix^.  Le  nombre  des  manuscrits  Libri  que  l'Italie 
se  propose  d'acquérir  s'élève  à  1,823,  sur  un  total  de  1,923  dont  se  com- 
pose cette  collection.  Les  cent  manuscrits  laissés  de  côté  sont  ceux  que 
M.  Delisle  a  démontré  avoir  été  pris  par  Libri  en  diverses  bibliothèques 
de  France,  notamment  à  Tours,  à  Orléans,  à  Lyon.  Tous  ceux  qui  s'in- 
téressent aux  choses  de  l'érudition  s'applaudiront  de  voir  une  collection 
particulièrement  précieuse  pour  l'histoire  politique  et  littéraire  de 
l'Italie  aller  reprendre  sa  place  dans  le  pays  qui  a  le  plus  d'intérêt  à  la 
conserver.  Pour  certains  de  ces  manuscrits  d'ailleurs,  on  constatera  en 
Italie,  comme  on  l'a  constaté  en  France,  que  ce  n'est  pas  par  une  voie 
régulière  qu'ils  ont  quitté,  il  y  a  un  demi-siècle,  leur  pays  d'origine. 
Tout  le  monde  louera  aussi  le  sentiment  de  délicatesse  qui  a  décidé  le 
gouvernement  italien  (représenté  en  cette  circonstance  par  le  professeur 
P.  Villari,  de  Florence,  qui  a  conduit  les  négociations  avec  lord  Ash- 
burnham)  à  laisser  en  dehors  de  l'acquisition  projetée  tout  manuscrit 

1.  Extrait  de  la  Revue  critique  d'histoire  et  de  littérature  du  16  juin  1884, 
nouvelle  série,  t.  XVII,  p.  497. 

2.  Voir  notamment  la  Nazione,  de  Florence,  du  20  et  du  28  mai,  et  le  Popolo 
romano,  de  Rome,  du  21  mai  (article  reproduit  dans  le  Temps  du  2  juin). 

3.  On  sait  que  les  collections  de  lord  Ashburnham  se  composaient  de  quatre 
fonds  :  1°  Libri  (1,923  numéros)  ;  2°  Barrois  (702  numéros)  ;  3'  Stowe  (996  nu- 
méros) ;  4*'  Appendix  (environ  250  numéros,  dont  224  seulement  sont  décrits  dans 
le  catalogue  imprimé  par  le  père  du  présent  comte  d'Ashburnham). 


435 

marqué  par  M.  Delisle  comme  enlevé  à  nos  bibliothèques  publiques  ^. 
Il  y  a  là  un  excellent  procédé  qu'il  est  de  notre  devoir  de  constater  et 
qui  aura  pour  l'avenir  d'importantes  conséquences.  Le  meilleur  moyen 
d'empêcher  les  vols,  c'est  évidemment  de  fermer  aux  objets  volés  tout 
débouché. 

Les  journaux  italiens  annoncent  que  le  prix  convenu  pour  les 
1,823  manuscrits  ijibri  et  pour  10  manuscrits  de  la  Divine  Comédie 
faisant  partie  de  VAppcndix  est  de  L.  23,000  (fr.  575,000).  On  se  rappelle 
que  le  prix  demandé  primitivement  au  gouvernement  anglais  par 
M.  le  comte  d'Ashburnham  pour  ses  quatre  collections  était  de 
L.  160,000  (fr.  4,000,000).  On  considérait  alors  que  les  1,923  articles  de 
la  collection  Libri  pouvaient  entrer  dans  ce  total  pour  environ  L.  50,000 
(fr.  1,250.000)2.  Actuellement  l'Italie  obtient  pour  575,000  fr.  tous  les 
manuscrits  Libri,  moins  les  cent  articles  réclamés  par  la  France,  et  de 
plus  dix  manuscrits  précieux  de  VAppcndix.  Il  résulte  évidemment  de 
cette  circonstance  que  le  propriétaire  des  collections  désormais  célèbres 
d'Ashburnham  -  Place  a  reconnu  enfin  que  le  prix  originairement 
demandé  par  lui  était  exagéré.  Nous  espérons  que  des  négociations 
seront  entamées  par  le  gouvernement  français  en  vue  de  récupérer  les 
manuscrits  Libri  et  Barrois,  qui  sont  si  malheureusement  sortis  de  nos 
bibliothèques,  et  dont  il  paraît  être  le  seul  acquéreur  possible.  Nous 
voudrions  même,  s'il  nous  était  permis  d'exprimer  un  vœu  à  cet  égard, 
que  la  libéralité  du  gouvernement  et  des  chambres  s'exerçât  de  manière 

1.  La  liste  de  100  niss.  Libri  volés  eu  France  est  celle  qui  a  été  formée  par 
M.  Delisle,  le  10  mars  1883,  après  ua  examen  nécessairement  rapide  de  la  col- 
lection. Quelques  additions  pourraient  être  faites  à  cette  liste  :  ainsi  le  a"  409, 
contenant  le  ms,  du  Cortegiano  de  Casliglione,  ayant  appartenu  à  Grolicr.  Ce 
ms.  a  été  certainement  volé  à  Carpentras.  De  même  le  ms.  105,  volé  à  Tours, 
voy.  Romaniu ,  XII,  341-2.  Ce  dernier  ms.  est  d'ailleurs  meuliouné  par 
M.  Delisle  dans  son  rapport  au  ministre  de  l'inslruclion  publique  en  date  du 
28  juin  1883  [les  Manuscrits  du  comte  d^Ashbunifiam,  rapport  au  ministre 
de  l'instruction  publique,  Paris,  impr.  nat.,  in-4%  ]>.  19).  Mais  il  ne  peut  venir 
à  la  pensée  de  personne  de  blâmer  le  gouvernement  italien  ou  son  représentant 
de  n'avoir  pas  connu  ces  cir  onstances  et  de  s'en  être  tenus  à  la  liste  dressée 
par  M.  Delisle  en  mars  1883. 

2.  C'était  du  moins  l'opinion  des  chefs  du  Musée  britannique.  On  sait  du 
reste  que  le  prix  de  4  millions  de  francs,  pour  l'ensemble  des  collections  Ash- 
burnham,  fut  trouvé  trop  élevé  par  le  gouvernement  anglais,  qui  se  borna  à 
acquérir  (pour  le  prix  de  1,125,000  fr.)  la  collection  Stowe.  Par  suite,  la  con- 
vention conclue  avec  le  Musée  britannique,  en  vertu  de  laquelle  la  France 
serait  rentrée  en  possession  des  mss.  volés  dans  ses  bibliothèques,  moyennant 
une  somme  proportionnelle  au  prix  total,  ne  put  aboutir.  On  peut  espérer  que 
le  Musée  britannique  fera  quelque  jour  l'acquisition  de  VAppendix.  La  collec- 
tion Barrois,  dont  l'origine  est  en  grande  partie  suspecte,  ne  trouve  pas  jusqu'à 
présent  d'ac(iuéreur. 


436 

à  permettre  l'acquisition  de  la  collection  Barrois  tout  entière,  que  l'on 
sait  renfermer  plusieurs  manuscrits  dérobés  à  nos  bibliothèques  provin- 
ciales, indépendamment  des  soixante-six  manuscrits  que  M.  Delisle  a 
démontré  d'une  façon  irréfutable  avoir  été  enlevés  aux  collections  de  la 
Bibliothèque  nationale. 

LES  ARCHIVES  DU  VATICAN. 

Le  dernier  numéro  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  (p.  231) 
annonçait  la  réorganisation  des  archives  du  Vatican  et  la  création 
d'une  école  spéciale  de  paléographie  et  d'histoire  comparée.  Voici  la 
composition  du  personnel  des  archives  : 

Cardinal-archiviste  :  S.  Em.  Joseph  Hergenrôther,  ancien  professeur 
à  Wurztbourg  ; 

Vice-archiviste  :  l'abbé  Tosti,  du  Mont-Gassin  ; 

Sous-archivistes  :  Mgr  Delicati,  le  P.  Denifle,  savant  dominicain  ; 

Custodes  :  les  PP.  AVenzel  et  Palmieri^,  de  l'ordre  de  Saint-Benoît; 

ScyHptor  :  le  chanoine  Poggioli  ; 

Adjoints  :  MM.  M.  Armellini,  Joh.  Asproni ,  Jos.  Herzen,  Carini , 
D""  Franz  Hergenrôther  (frère  du  cardinal). 

Ce  personnel  a  entrepris,  entre  autres  travaux,   la  publication  des 

Regesta  des  papes  depuis  Léon  X,  et  il  a  donné  récemment  le  premier 

fascicule  du  pontihcat  de  ce  pape,  sous  le  titre  suivant  :  Leonis  I.  Pont. 

Max.  Regesta  gloriosis  auspiciis  Leonis  PP.  XIII.  féliciter  regnantis  e  tabu- 

larii  Vaticani  manuscriplis  voluminibus  aliisque  monumentis  adjuvanti' 

bus  tum  eidem  archivio  addictis  tum  aliis  eruditis  viris.  Collegit  et  edidit 

Jos.  S.  R.  E.  card.  Hergenroether,  S.  Apost.  Sedis  Archivista.  Frib.  Her- 

der,  1884.  Fasc.  I,  gr.  in-4°,  x-136  p.  Cette  publication  est  dans  la  forme 

des  Regesta  de  Jaffé.  Le  premier  fascicule  va  du  19  mars  au  30  avril 

1513  et  il  comprend  déjà  2,348  numéros.  A  la  seule  date  du  jour  du 

couronnement,  19  mars  1513,  on  compte  1,889  actes.  Le  pontificat  de 

Léon  X  réclamera  une  douzaine  de  fascicules   :    la  commission  de 

publication  compte  le  terminer  en  quatre  années. 

Ad.  T. 

1.  Au  bénédictin  dom  Gregorio  Palmieri  nous  devons  un  petit  volume  qui 
donne  l'inventaire  abrégé  des  registres  des  papes  conservés  au  Vatican  et  dont  la 
préface  contient  des  renseignements  fort  curieux  sur  l'histoire  et  le  classement 
de  la  collection.  Ce  volume  est  intitulé  :  Ad  Vaticani  archivi  Romanorum  pon- 
ii/icum  regesta  manuductio.  Romae,  Spithoever,  1884,  in-16. 


JULES  TARDIF 


â^^  -^ss^^- 


La  Société  de  l'École  des  chartes  a  perdu,  il  y  a  dix-huit  mois, 
un  des  hommes  qui  l'honoraient  le  plus  par  la  science  et  par  le 
caractère.  Jules  Tardif  est  mort  aux  Archives  nationales,  le 
30  novembre  1882,  frappé,  au  milieu  même  de  la  section  dont  il 
était  le  chef,  par  le  coup  le  plus  soudain,  emporté  en  trois  jours 
dans  toute  la  force  de  l'âge  et  du  talent.  Sur  sa  tombe,  si  préma- 
turément et  si  brusquement  ouverte,  M.  Maury,  au  nom  des 
Archives  nationales,  M.  Delisle,  au  nom  du  Comité  des  Travaux 
historiques,  M.  Bordier,  enfin,  au  nom  de  la  Société  de  l'Ecole 
des  chartes,  ont  dignement  exprimé,  au  milieu  de  l'émotion  géné- 
rale, les  regrets  que  laissait  dans  le  cœur  de  tous  l'archiviste  émi- 
nent,  le  savant  ingénieux  et  sagace,  le  confrère  excellent  que 
nous  venions  de  perdre.  Dans  leur  concision  nécessaire,  ces  dis- 
cours ont  dit  tout  ce  qu'il  y  avait  à  dire  sur  la  vie  modeste  et 
retirée  d'un  homme  qui  a  mis  à  cacher  son  mérite  et  à  taire  ses 
travaux  tout  le  soin  que  d'autres  mettent  à  les  faire  valoir.  Aina 
nesciri,  cette  devise  des  saints  et  des  sages  est  vraiment  celle 
qui  convient  à  la  vie  de  Jules  Tardif.  Mais,  plus  grande  a  été 
sa  modestie,  plus  irapéri-^use  est  l'obligation  qui  s'impose  à  ses 
confrères  de  la  Société  de  l'Ecole  des  chartes,  à  ses  collègues 
des  Archives  nationales,  à  ses  amis  de  prendre  soin  de  sa  mémoire 
et  de  venir  rappeler,  en  quelques  pages,  pour  ceux  qui  l'ont  moins 
connu,  quelles  ont  été  la  nouveauté  et  la  solidité  de  ses  travaux 
d'érudit,  l'importance  de  ses  services  d'archiviste,  la  dignité  de 
sa  vie.  Nulle  part,  ce  pieux  et  suprême  hommage  ne  saurait  lui 
être  plus  justement  rendu  que  dans  cette  Bibliothèque  de  V École 
des  chartes  dont  il  a  été,  pendant  trente  ans,  un  des  collabora- 
teurs les  plus  actifs  et  des  plus  sages  conseillers. 

29 


438 

Léon-Jules- Amédée  Tardif  était  né  à  Coutances,  le  22  sep- 
tembre 1827.  Il  appartenait  à  une  famille  judiciaire;  son  père 
exerçait  près  le  tribunal  la  profession  d'avoué.  A  l'âge  de  douze 
ans,  il  perdit  ce  père,  qu'il  aimait  tendrement.  Il  ressentit  de  cette 
perte  une  douleur  profonde;  son  caractère,  jusque-là  tout  en 
dehors ,  changea  subitement  et  devint ,  à  la  suite  de  ce  premier 
deuil,  aussi  grave  et  réservé  qu'il  était  auparavant  gai  et  expansif. 
Il  avait  commencé  ses  études  au  collège  de  Coutances;  en  1842, 
il  vint,  accompagné  de  sa  mère  et  de  son  frère  aîné,  les  terminer 
à  Paris,  au  collège  Saint-Louis.  Le  choix  de  cet  établissement 
avait  été  déterminé  par  des  souvenirs  de  famille  :  c'est  en  effet  à 
l'ancien  collège  d'Harcourt  qu'avait  professé,  un  demi-siècle 
auparavant,  l'abbé  Martin,  latiniste  éminent,  qui,  retiré  plus 
tard  dans  la  petite  cure  de  Saint-Cyr,  près  Valognes,  avait  été 
le  premier  maître  du  père  de  Jules  Tardif. 

Jules  Tardif  tenait  de  famille  un  goût  très  marqué  pour  le  latin. 
N'étant  encore  qu'élève  de  troisième,  il  recherchait  et  rassemblait 
ces  recueils,  devenus  fort  rares,  de  poésie  et  de  prose  latine,  tels 
que  V Hermès  romanus,  qui  paraissaient  par  livraisons  au  siècle 
dernier.  Dès  le  collège,  il  manifestait  cette  curiosité  d'esprit 
dont  il  devait  donner  tant  de  marques  dans  sa  carrière  scienti- 
fique. En  rhétorique  et  en  philosophie,  mécontent  des  livres  élé- 
mentaires qu'on  lui  avait  mis  entre  les  mains,  il  entreprenait  de 
les  refaire.  Il  réunissait  toutes  les  grammaires  latines  qu'il  pou- 
vait se  procurer,  et  les  découpait  en  morceaux  pour  en  compo- 
ser une  nouvelle  dont  l'ordre  le  satisfît  davantage.  Il  avait  com- 
mencé pour  la  grammaire  grecque  un  travail  analogue,  mais  il 
l'abandonna  assez  vite  pour  revenir  au  latin,  qui  eut  toujours  ses 
préférences.  Il  avait  aussi  pour  la  musique,  et  surtout  pour  le 
dessin,  un  goût  très  vif,  servi,  pour  ce  dernier  art,  par  une  faci- 
lité singulière  d'exécution  ;  ce  que  l'œil  voyait,  la  main  le  repro- 
duisait d'instinct  par  la  plume  ou  le  crayon  avec  une  exactitude 
étonnante.  Il  mit  plus  tard  à  jjrofit  ce  don  naturel  dans  ses  tra- 
vaux sur  les  notes  tironiennes,  et  dans  ses  études  sur  les  langues 
orientales,  qu'il  écrivait  presque  toutes  avec  une  telle  perfection 
que  ses  manuscrits  peuvent  rivaliser  avec  les  plus  beaux  types 
d'impression. 

Il  avait,  en  revanche,  pour  les  mathématiques  une  aversion 
décidée.  Il  ne  manifestait  guère  plus  de  goût  pour  les  études  juri- 
diques; aussi  résista- t-il  aux  instances  des  siens  qui,  ses  études 


439 

brillamment  terminées,  voulaient  le  faire  entrer  à  l'École  de  droit 
et  le  diriger  vers  les  carrières  judiciaires,  auxquelles  ses  traditions 
de  famille  semblaient  le  destiner. 

Pendant  deux  ans  environ,  il  continua  à  faire  du  latin,  de  la 
musique  et  du  dessin  sans  se  préoccuper  le  moins  du  monde  du 
choix  d'une  carrière.  L'idée  de  s'engager  pour  toujours  dans  une 
voie  qu'il  ne  pourrait  plus  quitter  effrayait  son  esprit  irrésolu. 
L'exemple  et  les  conseils  de  son  frère  aîné  le  décidèrent  enfin  à 
entrer  à  l'Ecole  des  chartes ,  que  l'ordonnance  du  31  décembre 
1846  venait  de  réorganiser  en  répartissant  en  trois  années  les 
études  qui,  jusqu'alors,  neduraientque  deux  ans.  La  pensée  d'avoir 
à  se  sevrer,  pendant  trois  ans,  de  musique  et  de  bon  latin  aurait 
probablement  fait  hésiter  Jules  Tardif.  Heureusement  pour  nos 
études,  on  avait  décidé,  par  mesure  transitoire,  que  la  promotion 
qui  allait  entrer  à  l'Ecole  réorganisée,  dont  les  cours  devaient 
ouvrir  le  15  avril  1847,  ne  ferait  que  quatre  mois  de  première 
année,  de  façon  à  remplacer  en  seconde  année,  à  la  rentrée  de  no- 
vembre, la  promotion  qui  venait  de  passer  de  l'ancien  régime  au 
nouveau,  promotion  dont  faisait  partie  M.  Adolphe  Tardif.  Celui-ci 
insista  vivement  auprès  de  son  frère  pour  le  décider  à  profiter  de 
cette  disposition,  qui  lui  permettait  de  recouvrer  plus  tôt  cette 
pleine  indépendance  à  laquelle  il  paraissait  avoir  tant  de  peine  à 
renoncer.  Cette  considération  décida  Jules  Tardif;  mais  ce  fut 
sans  enthousiasme  qu'il  entra,  au  mois  d'avril  1847,  à  cette  Ecole 
des  chartes  à  laquelle  il  devait  faire  tant  d'honneur. 

Il  paraît  qu'il  ne  montra  pas  tout  d'abord  un  goût  bien  vif 
pour  ces  nouvelles  études,  mais  sa  vocation  paléographique  allait 
bientôt  se  manifester  d'une  manière  éclatante.  En  étudiant  des 
fac-similés  de  l'Ecole  des  chartes,  il  en  rencontra  un  qui  renfer- 
mait des  notes  tironiennes  :  il  voulut  savoir  la  signification  de 
ces  hiéroglyphes.  On  lui  apprit  que,  si,  grâce  à  quelques  manus- 
crits du  moyen  âge  dans  lesquels  une  partie  de  ces  abréviations 
avaient  été  recueillies  et  traduites,  on  avait  pu  lire  de  cette  écri- 
ture quelques  mots,  quelques  formules,  quelques  phrases  isolées, 
le  système  même  sur  lequel  elle  reposait  était  encore  un  problème 
qui  avait  défié  la  sagacité  des  plus  illustres  paléographes,  et  dont 
la  clé  demeurait  à  découvrir.  La  difficulté  même  de  la  ques- 
tion séduisit  l'esprit  vigoureux  de  Jules  Tardif;  de  tout  temps, 
du  reste,  les  problèmes  graphiques  eurent  pour  lui  un  attrait  par- 
ticulier. Il  choisit  immédiatement  pour  sujet  de  sa  thèse  de  sortie 


440 

le  déchiffrement  des  notes  tironiennes,  et,  en  moins  de  deux  ans, 
à  force  de  sagacité  et  d'ingénieuse  patience,  il  résolut  le  problème. 

Pour  apprécier  toutes  les  difficultés  qu'il  eut  à  vaincre,  pour 
mesurer  l'étendue  de  son  travail  et  la  portée  de  sa  découverte,  il 
convient  de  rappeler  quel  était  l'état  de  la  question  au  moment  où 
elle  était  abordée  si  résolument  par  l'audace  de  cet  étudiant  de 
vingt  ans. 

On  sait  que  l'écriture  tironienne  est  une  écriture  rapide,  formée 
de  mots  écrits  en  abrégé  avec  des  lettres  qui  sont  elles-mêmes 
abrégées,  en  sorte  qu'il  y  a  dans  cette  écriture  à  la  fois  abrévia- 
tion de  mots  et  de  lettres.  Les  Grecs,  et  peut-être  avant  eux  les 
Hébreux,  connaissaient  déjà  un  système  d'écriture  formé  de 
signes  d'un  tracé  plus  simple  et,  par  suite,  plus  rapide  que  celui 
de  l'écriture  ordinaire,  au  moyen  duquel  ils  s'efforçaient  de  suivre 
la  parole.  A  Rome,  Ennius,  selon  Isidore  de  Séville,  aurait  ima- 
giné le  premier  onze  cents  caractères  d'écriture  abrégée.  D'après 
Eusèbe,  cette  invention  serait  due  à  Tiron,  affranchi  de  Cicéron, 
qui  a  laissé  son  nom  à  cette  sorte  d'écriture.  On  donnait  à  ces 
caractères  le  nom  de  notes,  et  aux  scribes  qui  s'en  servaient  le 
nom  de  notarii,  c'est-à-dire  d'écrivains  en  notes;  c'étaient  les 
sténograpliesdece  temps-là.  Le  nombre  des  notes  alla  s'augmen- 
tant  ;  on  en  comptait  cinq  mille  au  temps  de  Sénèque  qui,  d'après 
un  témoignage  peu  sûr  d'Isidore  de  Séville,  en  aurait  fait  un 
recueil.  Cette  écriture  abréviative  était  très  usitée  dans  l'anti^ 
quité.  Elle  servait  à  recueillir  les  leçons  des  maîtres  célèbres,  les 
discours  des  orateurs,  les  dépositions  des  témoins  et  les  sentences 
des  juges.  On  l'employait  aussi  dans  la  correspondance  familière 
et  pour  écrire,  sous  la  dictée,  des  projets  d'actes,  que  l'on  mettait 
ensuite  au  net.  Cet  art,  que  l'on  voit  enseigné  dans  les  écoles, 
pratiqué  par  des  esclaves  et  cultivé  même  par  des  empereurs, 
prit,  à  la  naissance  du  christianisme,  une  extension  nouvelle.  Il 
servit  alors  à  recueillir  les  actes  des  martyrs,  les  prédications 
des  évêques  et  les  délibérations  des  conciles.  Presque  oubliées  à 
l'époque  mérovingienne  (quelques  diplômes  de  ces  temps  en  pré- 
sentent cependant  de  grossièrement  tracées) ,  les  notes  tironiennes 
furent  remises  en  usage  sous  le  règne  de  Charlemagne,  et  elles 
continuèrent  d'être  employées  pendant  deux  siècles  encore,  mais 
dans  un  dessein  tout  différent  de  celui  auquel  elles  avaient  dû  leur 
origine.  On  ne  se  préoccupait  plus  guère  de  recueillir,  au  moyen 
d'une  écriture  rapide,  les  discours  des  orateurs  ou  les  leçons  des 


441 

maîtres,  et  la  tachygraphie  proprement  dite  ne  devait  repa- 
raître qu'avec  la  vie  parlementaire  et  cette  période  de  l'éloquence 
où  l'improvisation  tend  de  plus  en  plus  à  remplacer  les  discours 
rédigés  par  écrit  et  récités  par  les  orateurs.  Mais,  en  même  temps 
qu'elle  est  une  écriture  rapide,  l'écriture  tironienne  est  une  écri- 
ture qui  tient  peu  de  place;  c'est,  de  plus,  même  aux  siècles  qui 
la  pratiquent,  une  écriture  qui  n'est  connue  que  d'un  nombre 
restreint  de  personnes.  De  là  son  double  usage,  au  ix*^  siècle,  dans 
les  manuscrits  et  dans  les  diplômes.  Dans  les  manuscrits,  on 
l'emploie  pour  transcrire  des  ouvrages  entiers,  tels  que  des  psau- 
tiers et  des  recueils  de  formules  ;  mais  ce  sont  surtout  les  com- 
mentateurs et  les  grammairiens  qui  en  font  usage  pour  les  gloses 
et  les  commentaires  qui  viennent  prendre  place  dans  les  marges 
ou  les  interlignes  du  texte.  Dans  les  chancelleries,  on  emploie  les 
notes  tironiennes  dans  les  paraphes  des  diplômes  et  les  souscrip- 
tions des  chartes;  elles  constituent  pour  les  actes  une  garantie 
d'authenticité  et  une  protection  contre  les  faussaires.  La  chan- 
cellerie de  l'archevêque  de  Tours  est  celle  qui  a  continué  le  plus 
longtemps  à  faire  usage  des  notes  tironiennes  ;  on  en  rencontre 
encore  dans  des  actes  rédigés  dans  cette  chancellerie  au  commen- 
cement du  xf  siècle. 

Après  le  x"  siècle,  Yars  notandi,  qui  avait  fait,  pendant  plu- 
sieurs siècles,  l'objet  d'un  enseignement  régulier,  tomba  dans  un 
oubli  profond,  mais  il  subsista  de  son  ancienne  vogue  un  certain 
nombre  de  manuels,  préparés  sans  doute  en  vue  de  cet  enseigne- 
ment, et  qui  se  conservèrent  comme  des  objets  de  curiosité  dans 
les  bibliothèques  du  moyen  âge.  Plusieurs  de  ces  manuels  sont 
parvenus  jusqu'à  nous.  Ce  sont  des  collections  de  notes  (les 
manuscrits  les  plus  complets  en  renferment  environ  treize  mille) 
groupées  d'ordinaire,  comme  les  mots  d'une  langue  dans  nos  guides 
modernes  de  conversation,  d'après  les  idées  générales  auxquelles 
elles  se  rattachent.  Ainsi  on  y  voit  des  listes  d'empereurs,  de 
noms  géographiques,  de  noms  d'hommes,  etc.  Ces  collections 
doivent  avoir,  au  moins  pour  partie,  une  origine  très  ancienne, 
car  on  y  rencontre  un  grand  nombre  de  termes  d'un  usage  très 
fréquent  chez  les  Romains  dans  le  langage  politique  et  dans  celui 
du  barreau,  et  qu'on  ne  peut  supposer  avoir  été  notés  pour  la 
première  fois  en  caractères  tironiens  à  une  époque  où  ils  avaient 
cessé  d'être  en  usage. 

Les  premiers  humanistes  qui ,  à  l'époque  de  la  Renaissance , 


442 

ouvrirent  quelques-uns  de  ces  recueils,  les  refermèrent  avec  décou- 
ragement. Bembo,  qui  essaya  d'en  déchiffrer  quelques  lignes,  ne 
put  y  parvenir.  A  partir  du  xi*"  siècle,  où  les  scribes  de  la  chan- 
cellerie de  Tours  écrivaient  les  dernières  notes  tironiennes,  que 
peut-être  ils  ne  savaient  déjà  plus  lire^  il  se  passa  sept  siècles 
pendant  lesquels  les  recueils  de  notes  tironiennes  demeurèrent 
oubliés  sur  les  rayons  des  bibliothèques  comme  un  grimoire 
réputé  indéchiffrable.  Le  premier  érudit  qui  ait  abordé  sérieuse- 
ment le  problème  de  leur  déchiffrement  est  le  bénédictin  Dom 
Carpentier,  qui  publia  en  1747  l'ouvrage  intitulé  :  Alphabetum 
tironianum,  seu  notas  Tironis  explicandi  methodus.  Mais 
ce  titre  promet  plus  que  l'ouvrage  ne  tient  en  réalité.  Dom  Car- 
pentier avait  trouvé  un  manuscrit  renfermant  un  capitulaire  et 
des  diplômes  de  Louis  le  Débonnaire  écrits  en  notes.  Le  capitu- 
laire et  quelques-uns  des  diplômes,  étant  déjà  connus  et  publiés, 
lui  fournirent  la  signification  d'un  grand  nombre  de  notes  qui  lui 
permirent,  grâce  à  sa  connaissance  des  formules  de  l'époque, 
d'arriver  à  lire,  non  sans  beaucoup  d'erreurs,  les  diplômes 
encore  inédits.  Mais  il  y  avait  bien  loin  du  déchiffrement  de 
quelques  notes  à  une  méthode  générale  permettant  d'expliquer 
toutes  les  notes  tironiennes.  C'est  ce  que  furent  les  premiers  à 
reconnaître  les  confrères  mêmes  de  Dom  Carpentier,  les  auteurs 
du  Nouveau  traité  de  diplomatique^  Ils  déclarèrent  nettement 
que  celui  qui  posséderait  le  plus  à  fond  l'alphabet  tironien  de 
Dom  Carpentier  serait  incapable  d'expliquer  quatre  notes  qui  ne 
seraient  point  renfermées  dans  cet  alphabet.  «  Un  alphabet  tiro- 
«  nien,  ajoutaient-ils,  doit  être  la  grammaire  et  le  dictionnaire 
«  des  notes  tironiennes.  Si  l'on  ne  fait  ni  l'un  ni  l'autre,  on  n'ap- 
«  prend  pas  à  les  lire  ;  or,  un  alphabet  qui  n'apprend  pas  à  lire 
«  les  lettres  d'une  langue  dont  il  devrait  donner  la  clef,  n'est  pas 
«  un  véritable  alphabet.  » 

Les  auteurs  du  Nouveau  traité  de  diplomatique  critiquaient 
avec  raison  l'insuffisance  de  l'alphabet  de  Dom  Carpentier,  mais 
eux-mêmes  ne  firent  pas  beaucoup  avancer  la  question,  parce 
qu'ils  partirent  de  cette  idée  fausse,  que  les  caractères  dont  se 
compose  l'alphabet  tironien  revêtent  une  valeur  différente  suivant 
les  diverses  positions  qu'ils  occupent  dans  le  mot. 

Un  plus  grand  service  fut  rendu  à  la  question  par  la  publica- 

1.  Nouveau  traité  de  diplomatique,  t.  III,  p.  587. 


143 

tion  que  fit  Kopp  en  1817,  dans  sa  Palacographia  critica,  des 
treize  mille  notes  que  fournissent  les  collections  parvenues  jusqu'à 
nous.  Mais  Kopp  rangea  ces  notes,  non  pas  d'après  les  diverses 
formes  qu'elles  présentent,  mais  dans  l'ordre  alphabétique  de  leur 
signification,  en  sorte  que  son  livre  ne  peut  pas  plus  servir  pour 
la  lecture  des  notes  tironiennes  qu'un  dictionnaire  français-chi- 
nois ne  servirait  à  un  Français  pour  traduire  Confucius.  Après 
comme  avant  cette  publication,  la  grammaire  et  le  dictionnaire 
des  notes  tironiennes  qu'avaient  réclamés  les  Bénédictins  res- 
taient encore  à  faire  :  c'est  cette  double  tâche  dont  Jules  Tardif 
entreprenait  l'exécution. 

Sitôt  qu'il  eut  fait  choix  de  son  sujet,  il  s'y  donna  tout  entier 
avec  une  ardeur  incroyable.  Il  commença  par  se  rendre  familiers 
tous  les  systèmes  tachygraphiques  qui,  depuis  un  siècle,  avaient 
été  imaginés  en  Angleterre  et  en  France  pour  recueillir  les  débats 
parlementaires.  Il  se  mit  ensuite  à  dépouiller  les  recueils  de  notes 
tironiennes  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale,  relevant  sur 
fiches,  avec  un  soin  infini,  tous  les  signes  différents  qu'il  rencon- 
trait avec  l'interprétation  qu'en  donnaient  les  manuscrits,  clas- 
sant, reclassant,  comparant  ces  milhers  de  fiches,  et,  de  leur 
comparaison,  tirant  toute  une  théorie  de  l'écriture  tironienne, 
théorie  qu'il  expose  avec  une  méthode  et  une  lucidité  remar- 
quables dans  le  mémoire  qu'il  soumit,  comme  thèse  de  sortie,  au 
Conseil  de  perfectionnement  de  l'Ecole  des  chartes,  au  commen- 
cement de  l'année  1850. 

Il  y  pose  d'abord  en  principe  que  le  sj'stème  des  notes  tiro- 
niennes consiste  :  1°  à  employer  un  alphabet  dont  les  caractères, 
plus  simples  que  ceux  de  l'écriture  ordinaire,  peuvent  recevoir 
de  nombreuses  modifications  qui  facilitent  leur  liaison  ou  étendent 
leur  signification;  2"  à  représenter  les  radicaux  et  les  terminai- 
sons par  deux  notes  distinctes;  3°  à  employer  tous  les  procédés, 
indépendants  de  la  forme  des  caractères,  qui  peuvent  contribuer 
à  la  rapidité  de  l'écriture. 

Ces  principes  posés,  l'auteur  entreprend  de  reconstituer  l'alpha- 
bet tironien.  Cet  alphabet  ne  se  trouve  nulle  part,  car  les  collec- 
tions de  notes  ne  donnent  la  signification  isolée  que  d'un  très 
petit  nombre  de  signes.  Pourtant  cet  alphabet  doit  exister,  car,  si 
les  notes  tironiennes  n'étaient,  comme  l'ont  cru  quelques  savants, 
qu'une  collection  de  signes  arbitraires,  la  pratique  d'une  sem- 
blable écriture  aurait  été  à  peu  près  impossible,  et  l'on  ne  saurait 


444 

s'expliquer  comment  l'usage  des  notes  aurait  pu  se  répandre. 
Pour  reconstituer  cet  alphabet  qui  doit  exister,  mais  qui  ne  se 
trouve  nulle  part,  il  faut  soumettre  à  une  analyse  rigoureuse  les 
notes  dont  la  signification  est  connue  ;  on  devra  arriver  ainsi  à 
découvrir  et  à  fixer  la  valeur  de  chacun  des  caractères  dont 
elles  se  composent.  Les  innombrables  modifications  de  formes  que 
subissent  ces  caractères  augmentent  la  difiîcultê  du  travail.  Cepen- 
dant, comme  les  collections  contiennent  quelques  séries  de  mots 
rangés  par  ordre  alphabétique,  on  peut,  en  constatant  la  ressem- 
blance des  signes  initiaux  dans  les  notes  des  mots  qui  commencent 
par  la  même  lettre,  retrouver  les  premiers  éléments  d'un  alpha- 
bet. Par  ce  procédé  et  par  d'autres  analogues,  Jules  Tardif  par- 
vient à  reconnaître  et  à  isoler,  au  milieu  des  signes  nombreux  et 
variés  que  présentent  les  notes,  un  certain  nombre  de  caractères 
primitifs  d'où  sont  dérivés  tous  les  autres.  Dans  cet  alphabet,  dont 
il  donne  le  tableau,  il  retrouve  quelques  lettres  grecques,  un  bien 
plus  grand  nombre  de  signes  dérivés  de  l'alphabet  latin,  enfin 
quelques  signes  propres  aux  notes  et  qu'il  est  plus  difficile  de 
rattacher  à  des  types  connus. 

Mais  la  connaissance  de  cet  alphabet  est  insuffisante  pour  per- 
mettre de  déchiffrer  l'écriture  tironienne,  parce  que  les  caractères 
qui  le  composent  ont  subi  de  nombreuses  déformations  qui  avaient 
pour  but  d'étendre  la  signification  de  ces  signes  et  d'en  rendre  la 
liaison  plus  facile.  Pour  atteindre  ce  double  but,  les  notarii 
mirent  en  œuvre  quatre  procédés  généraux  :  1°  changement  de 
position  des  signes,  le  trait  vertical,  par  exemple,  s'inclinant  à 
droite  ou  à  gauche  ;  2"  modification  dans  la  dimension  ou  la  direc- 
tion d'une  ou  plusieurs  de  leurs  parties  ;  3"  retranchement  de  cer- 
tains traits;  4"  addition  de  différentes  liaisons.  On  conçoit  com- 
bien ces  quatre  procédés  ont  dû  multiplier  les  signes  de  l'alphabet 
tironien.  L'auteur  en  reconnaît  environ  deux  cent  quarante,  qu'il 
classe  dans  un  tableau  divisé  en  cinq  colonnes.  Ce  tableau,  qui 
résume  une  somme  énorme  de  minutieux  travail  et  de  patiente 
analyse,  était  disposé  de  façon  à  présenter  sur  la  même  ligne 
horizontale  tous  les  dérivés  d'un  caractère  primitif,  et  dans  la 
même  colonne  verticale  le  résultat  de  l'application  de  chacun  des 
quatre  procédés  qui  viennent  d'être  indiqués. 

Mais,  au  moyen  de  ce  tableau  disposé  dans  un  ordre  logique, 
il  eût  été  bien  difficile  de  retrouver  parmi  toutes  ces  lettres,  aux 
iormes  si  variées,  la  signification  de  tel  ou  tel  signe  déterminé. 


445 

Pour  donner  à  ce  tableau  une  utilité  pratique,  il  fallait  le  disposer 
dans  un  ordre  qui,  reposant  uniquement  sur  la  forme  des  signes, 
transformât  cet  alphabet  en  un  véritable  dictionnaire.  Jules  Tardif 
y  parvint  en  partant  de  cette  constatation,  que  les  notes  tiro- 
niennes,  comme  toute  écriture  allant  de  gauche  à  droite,  ne 
peuvent  comprendre  que  dix  espèces  de  signes  simples  :  le  trait 
vertical,  le  trait  horizontal,  le  trait  descendant  de  droite  à  gauche, 
le  trait  montant  de  gauche  k  droite,  le  trait  descendant  de  gauche 
à  droite,  la  circonférence  et  les  quatre  sections  verticales  et  hori- 
zontales d'une  circonférence.  Ces  dix  éléments,  rangés  dans  un 
ordre  convenu,  fournissent  le  moyen  de  classer  rigoureusement 
les  notes  simples  ou  composées  de  l'écriture  tironienne.  Ils  per- 
mettent, en  effet,  de  constituer  d'abord  dix  grandes  séries  dont  cha- 
cune renferme  les  notes  commençant  par  l'un  de  ces  signes.  On  peut 
ensuite,  dans  chacune  de  ces  séries,  établir  des  sous-divisions  en 
considérant  successivement  le  deuxième,  le  troisième,  le  qua- 
trième élément  de  chaque  note,  de  même  que,  dans  un  répertoire 
alphabétique,  on  classe  les  mots  d'abord  d'après  la  première 
lettre,  puis  d'après  la  seconde,  et  ainsi  de  suite.  Grâce  à  cette 
classification  si  simple,  la  recherche  des  notes  tironiennes  deve- 
nait presque  aussi  lacile  que  celle  des  mots  dans  un  dictionnaire. 
Dans  la  seconde  partie  de  son  travail,  Jules  Tardif  étudie  avec 
la  même  sûreté  de  méthode  les  procédés  particulièrement  employés 
pour  représenter  les  terminaisons,  procédés  qui  constituent  la 
partie  la  plus  ingénieuse  du  système  tironien.  Il  y  détermine  la 
valeur  de  certains  signes  spécialement  affectés  aux  désinences. 
Enfin,  il  expose  l'ensemble  des  procédés  abréviatifs,  indépendants 
de  la  forme  et  des  combinaisons  des  signes,  qui  ont  été  mis  en 
œuvre  pour  donner  à  l'écriture  tironienne  une  plus  grande  rapi- 
dité, et  dont  les  principaux  consistent  dans  la  permutation  de 
lettres  à  son  analogue,  dans  l'interversion  des  lettres  de  certains 
mots;  enfin,  dans  la  suppression  de  la  plupart  des  voyelles  et  de 
certaines  consonn&s.  Le  mémoire  était  suivi  de  deux  tableaux 
donnant  les  deux  mille  radicaux  et  les  cinq  cents  terminaisons  les 
plus  usités,  classés  suivant  l'ordre  méthodique  que  nous  avons 
indiqué^. 


1.  Indépendamment  de  ces  deux  tableaux,  Jules  Tardil'  avait,  tout  en  rédigeant 
son  mémoire,  préparé  un  Lexicon  tironianum  qu'il  a  souvent  retouché.  11  en  a 
laissé  quatre  copies  complètes,  mais  assez  différentes  les  unes  des   autres. 


446 

Un  appendice  contenait  une  application  de  la  théorie  exposée 
dans  le  mémoire.  Il  renfermait  la  transcription  et  la  lecture  de 
cette  charte,  faisant  partie  du  fonds  de  fac-similés  de  l'Ecole  des 
chartes,  qui  avait  révélé  à  l'auteur  l'existence  des  notes  tiro- 
niennes  ;  c'est  un  acte  passé  devant  notaire ,  dont  les  notes , 
tracées  à  la  hâte,  étaient  d'un  déchiffrement  exceptionnellement 
difficile.  Cette  lecture  est  demeurée  inédite. 

Tel  est,  résumé  dans  ses  traits  essentiels,  le  mémoire  célèbre 
soumis  comme  thèse  par  Jules  Tardif  au  Conseil  de  perfectionne- 
ment de  l'Ecole  des  chartes.  Ce  mémoire  causa  une  impression 
profonde  sur  les  juges  chargés  de  l'examiner.  Ils  contraignirent 
en  quelque  sorte  le  jeune  auteur  à  présenter  son  travail  au  con- 
cours des  Antiquités  nationales,  où  il  obtint  la  première  médaille 
et  les  honneurs  de  l'impression  dans  les  Mémoires  de  l'Académie  ^ 
Le  rapporteur,  Charles  Lenormant,  proclama  pubhquement  que 
l'auteur  possédait  «  le  génie  de  la  méthode,  »  et  signala  en  ces 
termes  les  mérites  éminents  qui  caractérisaient  cet  éclatant  début  : 
«  Le  savant  bénédictin,  Dom  Carpentier,  et  l'un  de  nos  contempo- 
«  rains,  M.  Kopp,  ont  été  les  légitimes  précurseurs  de  M.  Tardif, 
«  mais  leurs  travaux,  quoique  très  méritoires,  se  réduisent  à  des 
«  tâtonnements.  La  décomposition  et  la  recomposition  de  l'écri- 
«  ture,  la  fixation  des  signes  élémentaires,  la  distinction  entre  les 
«  groupes  alphabétiques  et  les  désinences,  la  théorie  de  la  sup- 
«  pression  de  voyelles  ou  de  consonnes  sont  exposées  par  notre 
«  jeune  paléographe  avec  un  ordre,  une  lucidité,  une  logique  qui 
«  frappent  d'admiration.  En  vain  le  trait  fondamental  se  dérobe 
«  sous  la  rapidité  de  la  main  qui  le  trace,  il  n'échappe  pas  à  la 
«  sagacité  du  savant  qui  redevient  ainsi  comme  le  législateur  du 
«  système.  Il  est  hors  de  doute  que  l'application  d'une  méthode 
«  aussi  perfectionnée  fera  lire  des  textes  importants  pour  l'his- 
«  toire  en  général,  et  pour  celle  de  notre  pays  en  particulier  ;  mais, 
«  quand  bien  même  il  n'y  aurait  là  qu'un  résultat  de  pure  curio- 
«  site,  on  devrait  rendre  hommage  à  la  singulière  pénétration,  à 
«  la  capacité  scientifique  qui  a  triomphé  d'obstacles  que  la  patience 


M.  Adolphe  Tardif  se  propose  de  faire  paraître  ce  travail,  dont  la  publication 
n'est  retardée  que  par  la  nécessité  de  résoudre  préalablement  certaines  difficultés 
matérielles  d'impression. 

1.  Mémoires  présentés  par  divers  savants  à  V Académie  des  inscriptions  et 
belles-lettres.  Deuxième  série.  Antiquités  de  la  France,  t.  III,  p.  104-171. 


«  même  des  Bénédictins  n'avait  pu  vaincre.  Dans  l'opinion  parti- 
«  culière  de  votre  rapporteur,  les  fruits  de  ce  beau  travail  ne  se 
«  borneront  pas  au  déchiffrement  des  notes  tironiennes  :  l'écriture 
«  démotique  des  Egyptiens  offre  plus  d'un  rapport  avec  ces  notes; 
«  c'est  de  même  presque  toujours  une  forme  compendieuse  ou  cur- 
«  sive  de  caractères  beaucoup  plus  développés;  les  traits  qui  pro- 
«  viennent  de  diverses  lettres  s'y  unissent  par  un  procédé  ana- 
«  logue ,  et  composent  ainsi  des  figures  bizarres  qui  déroutent 
«  l'explorateur;  pour  les  analyser,  il  faut  aussi  remonter  à  la 
«  forme  complète  de  l'élément  originaire,  et  l'on  n'arrivera  à  cette 
«  restitution  avec  succès  et  certitude  que  lorsqu'à  l'expérience  de 
«  la  langue,  on  joindra  la  faculté  de  divination  méthodique  qui 
«  distingue  le  beau  mémoire  de  M.  Jules  Tardif.  » 

Des  postes  importants  d'archiviste  départemental  furent  offerts 
à  Jules  Tardif  peu  de  temps  après  sa  sortie  de  TEcole  des  chartes  ; 
mais  il  était  déjà,  comme  il  l'a  toujours  été,  absolument  dégagé 
de  toute  préoccupation  personnelle  et  inaccessible  aux  ambitions 
modestes  qu'aurait  pu  légitimement  faire  naître  chez  un  jeune 
homme  de  vingt-deux  ans  la  conquête,  au  sortir  même  de  l'Ecole 
des  chartes,  d'une  première  médaille  à  l'Académie  des  inscriptions. 
Sa  mère  et  son  frère  aîné  ne  l'auraient  pas  vu  s'éloigner  sans  un 
profond  chagrin  ;  les  considérations  d'avenir  ne  pouvaient  le 
déterminer  à  causer  la  moindre  peine  à  ceux  qu'il  aimait.  Il  resta 
donc  auprès  d'eux,  et,  résistant  à  de  nouvelles  tentatives-  qui 
furent  faites  près  de  lui  pour  le  décider  à  faire  son  droit,  il  se 
remit  paisiblement  aux  études  qui  lui  étaient  chères,  études  aux- 
quelles le  labeur  considérable  que  lui  avait  demandé  la  prépara- 
tion de  sa  thèse  l'avait  forcé  de  renoncer  depuis  deux  ans.  Il 
revint  donc  au  latin,  au  grec,  à  la  musique,  joignant  à  l'étude  du 
grec  ancien  celle  du  grec  moderne,  se  faisant  pendant  deux  ans 
le  disciple  assidu  de  M.  Hase,  et  cherchant,  d'autre  part,  à  faire 
profiter  des  procédés  d'analyse  qu'il  venait  d'appliquer  avec  tant 
de  succès  au  déchiffrement  de  l'écriture  tironienne,  un  des  plus 
intéressants,  mais  des  plus  obscurs  et  des  plus  difficiles  pro- 
blèmes de  l'histoire  de  la  musique  au  moyen  âge,  celui  des 
newmes. 

Donner  le  moyen  de  lire  cette  notation  particuhère  qui  a 
remplacé,  au  viii''  siècle,  la  notation  alphabétique  de  Doëce  et 
de  saint  Grégoire  le  Grand,  et  qui,  après  bien  des  perfectionne- 
ments, est  devenue  notre  notation  moderne,  ce  n'était  pas  seule- 


-^48 

ment  résoudre  une  énigme  d'histoire  de  l'art  jusque-là  réputée 
insoluble,  c'était  en  même  temps  travailler  à  la  réforme  du  chant 
ecclésiastique  et  préparer  la  restauration  des  pures  mélodies  du 
chant  grégorien,  si  singulièrement  défiguré  dans  nos  églises 
«  tantôt  par  des  mugissements  inhumains,  tantôt  par  des  fredons 
profanes*.  »  Quel  problème  doublement  séduisant  pour  qui,  avant 
de  devenir  le  paléographe  que  l'on  sait,  avait  été  un  organiste 
passionné;  mais  aussi  que  d'obstacles  à  surmonter  !  «  Pas  l'ombre 
«  de  symétrie  ni  d'arrangement  :  c'est  une  pluie  de  pieds  de  mouche, 
«  de  petites  figures  bizarres  et  à  peine  arrêtées;  force  crochets,  force 
«  zigzags;  des  points  tantôt  isolés,  tantôt  groupés  deux  par  deux, 
«  trois  par  trois,  ou  par  séries  plus  longues;  souvent  de  simples 
«  virgules,  souvent  les  flexures  calligraphiques  les  plus  recher- 
«  chées  et  les  plus  contournées.  Voilà  de  quoi  se  compose  la  nota- 
«  tion  musicale  de  tous  les  manuscrits  liturgiques  antérieurs  à 
«  l'an  mil,  sans  compter  qu'au  xi®  siècle,  et  même  au  commence- 
«  ment  du  xif ,  on  trouve  encore  un  certain  nombre  de  graduels 
«  et  d'autres  livres  de  chant  dans  lesquels  la  musique  n'est  pas 
«  autrement  indiquée.  C'est  dans  ce  dédale  qu'il  faut  avoir  le 
«  courage  de  s'engager  quand  on  se  propose  sérieusement  de 
«  remonter  aux  traditions  grégoriennes.  »  Il  y  avait  dans  ce  tableau 
de  la  notation  neumatique  que  traçait  M.  Vitet  dans  le  Journal 
des  Savants  du  mois  de  novembre  1851,  en  rendant  compte  de 
l'ouvrage  de  M.  Th.  Nisard  sur  les  Anciennes  notations  musi- 
cales de  V Europe,  de  quoi  faire  reculer  tout  autre  que  l'auteur 
du  Mémoire  sur  les  notes  tironiennes;  mais  les  neumes 
n'étant  pas,  en  somme,  autre  chose  que  l'application  à  la  musique 
du  système  tironien,  qu'une  sorte  de  sténographie  musicale,  le 
sujet  lui  appartenait  vraiment  par  droit  de  conquête,  et,  après 
avoir  passé  plusieurs  mois  à  dépouiller  les  manuscrits  à  double 
notation  alphabétique  et  neumatique,  ces  monuments  bihngues 
de  la  musique,  il  aborda  résolument  le  problème  dans  son  Essai 
sur  les  neimies  qui  parut,  dans  ce  recueil  même,  au  mois  de 
janvier  1853  ^. 


1.  Vitet.  Joui'nal  des  Savants.  Novembre  1851,  p.  649. 

2.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  3'  série,  t.  IV,  p.  265-284.  —  Voici, 
en  résumé,  les  conclusions  de  ce  mémoire  : 

Comme  toute  notation  musicale,  la  notation  neumatique  a  un  double  but  à 
atteindre  :  elle  doit,  en  premier  lieu,  exprimer  le  nombre  de  sons  que  la  voix 


449 

Mon  incompétence  dans  les  choses  de  la  musique  ne  me 
permet  pas  de  décider  si  Jules  Tardif  a  résolu  ce  nouveau 
problème  de  graphie  aussi  heureusement  et  aussi  complète- 
doit  émeUre;  elle  doit,  en  second  lieu,  indiquer  leur  degré  d'élévation  dans 
l'échelle  musicale. 

Les  éléments  constitutifs  des  neumes  sont  le  point  et  la  virgule,  signes  simples 
qui  n'expriment  qu'un  son.  La  marche  ascendante  ou  descendante  des  sons  est 
ligurée  par  la  marche  ascendante  ou  descendante  des  points  et  des  virgules. 

Dans  la  plupart  des  manuscrits,  les  signes  neumatiques  sont  bien  plus  com- 
pliqués, et  offrent  une  grande  ressemblance  avec  les  groupes  de  la  sténographie 
moderne;  mais  ces  neumes  composés  peuvent  se  décomjwser  en  points  et  en 
virgules,  réunis  par  des  traits  parasites  qui  jouent  le  rôle  des  liaisons  dans 
notre  écriture  cursive.  Ces  points  et  ces  virgules  sont  d'ailleurs  disposés  de 
telle  façon  qu'ils  conservent,  lorsqu'ils  sont  combinés  ensemble,  la  hauteur 
respective  qu'ils  devraient  avoir  s'ils  étaient  isolés. 

Pour  lire  les  neumes  composés,  il  faut  donc  distinguer  les  points  et  les  vir- 
gules, qui  constituent  seuls  la  notation,  des  liaisons,  qui  n'ont  aucune  valeur. 
Pour  y  parvenir,  et  pour  arriver  à  déterminer  ainsi  les  divers  degrés  d'éléva- 
tion des  sons  par  la  hauteur  respective  des  signes  qui  les  représentent,  il  faut 
s'attacher  e.\clusivement  à  l'extrémité  supérieure  de  la  virgule,  d'où  part  la 
liaison,  et  à  l'extrémité  inférieure  du  point,  où  elle  s'arrête. 

Les  signes  simples  qui  représentent  les  sons  étant  ainsi  reconnus,  et  placés  à 
leur  hauteur  respective  dans  la  transcription  d'une  notation  neumatique,  on 
obtient  une  sorte  de  croquis  du  chant,  qui  permettrait  de  reproduire  facilement 
avec  la  voix  une  mélodie  que  l'oreille  aurait  déjà  entendue.  Tel  devait  être,  ;\ 
l'origine,  le  but  principal  que  l'on  se  proposait  dans  les  manuscrits  notés  en 
neumes  :  ces  manuscrits  étaient  surtout  destinés  à  servir  de  guide  ou  de  mémento 
pour  l'exécution  de  chants  que  les  clercs  ou  les  religieux  savaient  le  plus  sou- 
vent par  cœur. 

On  peut,  du  reste,  après  avoir  mesuré  aussi  exactement  que  possible  les  inter- 
valles qui  séparent  chacun  des  signes  sinq)les,  tracer,  sur  la  transcription  que 
l'on  aura  rigoureusement  notée,  autant  de  lignes  que  l'on  trouvera  de  notes  à 
hauteur  différente.  Ces  lignes,  qui  ne  servent  qu'à  régulariser  la  notation,  cons- 
tituent ce  qu'on  appelle  h  portée,  laquelle,  dans  les  manuscrits  les  j)lus  anciens, 
se  réduit  souvent  à  une  ou  deux  lignes,  ou  même  fait  complètement  défaut. 

Mais,  si  l'on  peut,  à  la  rigutur,  se  passer  de  portée,  il  est  nécessaire,  à  raison 
de  l'existence  dans  la  gamme  de  tons  et  de  demi-tous,  de  savoir  par  lequel  des 
sept  degrés  inégaux  qui  composent  l'échelle  de  la  gamme,  commence  le  morceau 
que  l'on  doit  exécuter.  De  là,  la  nécessité  d'un  signe  qui,  placé  sur  une  ligne, 
indique  le  nom  et  l'intonation  des  notes  qui  se  trouvent  sur  cette  ligne,  et,  par 
suite,  le  nom  et  l'intonation  des  autres  notes.  Ce  signe,  que  nous  appelons 
aujourd'hui  la  clé,  existait  dans  la  notation  neumatiijue  sous  le  nom  de  pressus; 
il  était  composé  tantôt  de  deux  ou  trois  virgules,  tantôt  de  deux  ou  trois  points 
très  rapprochés  les  uns  des  autres.  Si,  parfois,  le  pressus  n'existe  pas,  c'est  que, 
indépendamment  de  cette  indication,  chacun  des  huit  tons  du  plain-chant  a  un 
caractère  particulier  et  des  formules  propres  qui  le  font  aisément  reconnaître  à 
quiconque  est  familiarisé  avec  ce  système  musical. 


450 

ment  qu'il  avait  fait  du  premier,  si  son  mémoire  donne  une 
clé  permettant  de  déchiffrer  sûrement  même  ces  anciens  manus- 
crits que  déjà,  au  xif  siècle,  les  plus  habiles  musiciens  avaient 
peine  à  lire,  ou  bien,  si,  comme  l'a  écrit  un  autre  maître  en 
archéologie  musicale,  M.  Vincent,  «  la  lecture  des  neumes  pri- 
«  mitifs  est  un  problème  insoluble,  un  de  ces  problèmes  qu'en 
«  langage  algébrique  on  appelle  indéterminés,  c'est-à-dire  un 
«  problème  qui  peut  avoir  une  multitude  de  solutions  diverses, 
«  par  la  raison  que  le  nombre  des  inconnues  y  est  supérieur  à 
«  celui  des  données.  »  Mais,  à  supposer  que  Jules  Tardif  ne  soit 
pas  arrivé  à  l'entière  et  complète  solution  d'un  problème  que  l'im- 
perfection des  manuscrits  qui  nous  sont  parvenus  rendrait  fatale- 
ment insoluble,  on  ne  peut,  cesem.ble,  contesterqu'il  ait  trouvé  cette 
solution  toutes  les  fois  qu'il  était  possible  de  la  découvrir,  puisque 
précisément  le  reproche  qu'adressent  ses  adversaires  à  son  sj'S- 
tème  si  ingénieux,  si  logique,  si  théoriquement  plausible  est  l'ex- 
cès même  de  sa  logique,  qui  l'aurait  conduit  à  traiter  des  neumes 
non  pas  tels  qu'ils  sont  en  réalité,  mais  tels  qu'ils  pourraient  ou 
devraient  être.  Quoi  qu'il  en  soit,  du  reste,  du  fond  même  de  la 
question  des  neumes,  tous  ceux  qui  liront  les  vingt  pages  que  Jules 
Tardif  leur  a  consacrées  ne  pourront  demeurer  insensibles  au 
charme  d'une  exposition  si  claire,  si  lucide,  si  convaincante, 
qu'au  sortir  de  cette  lecture,  le  lecteur  novice  en  ces  matières  est 
tenté  de  se  demander  si,  vraiment,  il  a  jamais  existé  une  question 
des  neumes,  tant  lui  apparaissent  simples  et  logiques  les  solutions 
qu'on  lui  propose.  M.  Vitet,  qui  pourtant  paraît  bien  incliner  du 
côté  du  scepticisme  de  M.  Vi-ncent,  n'a  point  échappé  à  cette 
impression,  et  il  l'exprime  en  termes  exquis.  «M.  Tardif,  écrit-iP, 
«  procède  plus  hardiment;  chez  lui  point  de  réticences,  point  de 
«  secrets;  il  n'ajourne  rien,  il  dit  tout,  et  commence  par  se  mettre 
«  en  contradiction  radicale  avec  tout  le  monde.  Ce  principe  de  la 
«  hauteur  respective  des  signes,  dont  personne,  jusqu'ici,  n'avait 
«  cru  trouver  la  moindre  trace  dans  la  période  primitive  de  l'écri- 
«  ture  neumatique,  ce  principe  qu'on  voyait  poindre  peu  à  peu, 
«  s'avancer  en  tâtonnant  et  ne  triompher  enfin  que  quand  un  de 
«  ces  hasards  qui  terminent  les  révolutions  avait  fourni  le  moyen 
«  matériel  de  le  mettre  en  pratique,  ce  principe,  selon  M.  Tardif, 
«  est  aussi  vieux  que  les  neumes  eux-mêmes ,  les  a  suivis  dans 

1.  Journal  des  Savants.  Décembre  1853,  p.  731. 


45^ 

«  tout  le  cours  de  leur  règne  et  n'a  jamais  cessé  d'inspirer  et  de 
«  conduire  la  main  de  ceux  qui  les  transcrivaient.  Tous  les 
«  neumes,  dit-il,  les  simples  comme  les  composés,  les  primitifs 
«  comme  les  guidoniens,  expriment  les  divers  degrés  d'élévation 
«  des  sons,  soit  par  les  diverses  positions  qu'ils  occupent,  soit  par 
«  la  hauteur  respective  des  éléments  dont  ils  sont  formés  ;  d'où  il 
«  suit  qu'en  observant  exactement  la  position  de  ceux  qui  ne  sont 
«  pas  composés,  et  en  décomposant  ceux  qui  ne  sont  pas  simples, 
«  pour  tenir  compte  des  hauteurs  respectives  de  leurs  divers  élé- 
«  ments,  on  doit  toujours  parvenir  à  en  retrouver  la  valeur. 
«  Voilà ,  certes ,  une  hypothèse  audacieuse  ;  disons  mieux ,  un 
«  franc  paradoxe.  Mais,  si  voub  l'acceptez,  ne  fût-ce  que  pour  un 
«  instant,  si  vous  consentez  à  suivre  M.  Tardif  dans  ses  dévelop- 
«  pements  et  ses  explications,  vous  serez  bientôt  sous  le  charme. 
«  On  se  laisse  aller  malgré  soi  à  une  exposition  brève  et  concise, 
«  à  une  argumentation  résolue  qui  écarte  les  difficultés,  simplifie 
«  tout,  élague  tout,  décide  tout.  Quelle  merveilleuse  symétrie  ! 
«  comme  tous  ces  groupes  se  décomposent  aisément!  comment 
«  n'y  prendre  pas  goût?  Vous  étudiez  avec  l'auteur  les  exemples 
«  qu'il  vous  propose;  vous  calculez  la  position  des  points,  vous 
«  mesurez  les  queues  des  virgules,  vous  vous  mettez  dans  l'œil 
«  toutes  ces  règles  faites  au  compas,  et  vous  voilà  convaincu 
«  que  rien  n'est  plus  facile  que  d'épeler  les  neumes  et  que  vous 
«  allez  les  lire  couramment.  » 

Il  est  vrai  qu'après  avoir  ainsi  loué  l'habileté  merveilleuse  de 
l'ouvrier,  M.  Yitet  adresse  à  ce  système  si  rigoureusement  cons- 
truit, si  ingénieux  en  théorie,  le  reproche  de  s'évanouir  en  quelque 
sorte  sitôt  qu'on  veut  en  faire  l'application  à  la  lecture  d'un  mor- 
ceau noté  en  neumes,  aucun  des  manuscrits  anciens  qui  nous  sont 
parvenus  ne  satisfaisant  exactement  aux  conditions  de  régularité 
que  ce  système  présuppose.  Si  grave  que  soit  cette  objection,  elle 
ne  prouve  pas  cependant  que  les  principes  de  la  notation  neuma- 
tique  ne  soient  pas  ceux  qu'a  posés  Jules  Tardif.  Tout  ce  qu'on 
en  peut  conclure,  c'est  que,  dans  la  pratique,  la  notation  neuma- 
tique  n'avait  pas  atteint  la  perfection  idéale  que  l'auteur  lui  attri- 
buait en  théorie,  et  que,  par  suite,  cette  notation,  moins  rigou- 
reuse que  notre  notation  moderne,  exigeait,  pour  une  lecture 
irréprochable  des  neumes  primitifs,  le  secours  d'un  enseignement 
oral  et  d'une  tradition  dont  la  chaîne  est,  pour  nous,  irrévoca- 
blement rompue.  La  conséquence  en  serait  que,  si  la  science  peut 


452 

se  flatter  d'avoir  résolu  ou  de  pouvoir  résoudre  dans  ses  données 
essentielles  le  problème  des  neumes,  l'art  musical  et  la  pratique 
du  chant  n'ont  à  espérer  de  cette  solution  théorique  qu'un 
médiocre  profit  * . 

Jules  Tardif  était  loin,  du  reste,  de  considérer  cet  essai  comme 
un  travail  définitif.  Il  se  proposait  de  revenir  sur  ce  sujet,  et 
d'élucider  en  particuHer  un  point  important  qu'il  avait  expres- 
sément réservé  dans  sa  première  étude,  celui  du  rythme.  C'est,  en 
effet,  une  question  particulièrement  difficile  de  savoir  si  la  notation 
neumatique  indique  la  durée  respective  des  sons  en  même  temps 
que  leur  hauteur  relative.  Jules  Tardif  avait  longuement  examiné 
ce  problème  sans  être  arrivé  à  des  résultats  décisifs.  Bientôt, 
d'ailleurs,  il  abandonnait  ces  recherches  et  jetait  au  feu  les  maté- 
riaux considérables  qu'il  avait  rassemblés,  pour  se  donner  plus 
complètement  à  d'autres  études  qui,  depuis  quelque  temps  déjà, 
avaient  attiré  son  insatiable  curiosité  et  auxquelles,  à  l'insu  de 
sa  famille,  il  consacrait  le  meilleur  de  son  temps '^ 

On  a  vu  que  M.  Lenormant  avait,  dans  son  rapport  à  l'Aca- 
démie des  inscriptions,  exprimé  l'espoir  de  voir  appliquer  au 
déchiffrement  de  l'écriture  démotique  des  anciens  Egyptiens  les 
procédés  d'analyse  dont  le  mémoire  sur  les  notes  tironiennes  con- 
tenait un  si  remarquable  spécimen.  Cet  appel  avait  été  entendu 
par  l'auteur  même  du  mémoire,  qui  avait  commencé  à  dépouiller 
sur  des  milliers  de  fiches  un  grand  nombre  de  contrats  et  de 
rouleaux  funéraires.  Mais,  pour  arriver  à  déchiffrer  ces  textes, 
il  fallait  connaître  avant  tout  la  langue  dans  laquelle  ils  étaient 
écrits.  Jules  Tardif  fut  ainsi  amené  à  étudier  le  copte  et  l'arabe. 
Ces  langues  l'intéressèrent  vivement  et,  laissant  de  côté  le  but 
particulier  qu'il  s'était  proposé  tout  d'abord,  il  se  mit  à  apprendre, 
pour  elles-mêmes,  les  langues  de  l'Orient,  suivant  les  principaux 

1.  Voici  cependant,  serablc-t-il,  un  avantage  que  l'art  musical  peut  retirer 
d'une  solution  même  incomplète  du  problème  des  neumes.  A  supposer  qu'on  ne 
puisse  parvenir,  vu  l'état  des  manuscrits,  à  exécuter  un  morceau  noté  en  neumes 
primitifs,  tout  au  moins  est-il  possible  d'arriver,  par  la  comparaison  des  manus- 
crits notés  en  neumes  primitifs  avec  ceux  notés  en  neumes  guidoniens,  à  dis- 
tinguer les  additions  et  les  fioritures  diverses  qui  ont  pu  être  introduites  dans 
un  morceau  donné. 

2.  La  question  du  rythme  dans  les  neumes  a  été  reprise  par  M.  l'abbé  Rail- 
lard  qui,  après  de  minutieuses  recherches,  est  arrivé  à  d'importants  résultais. 
Cf.  son  ouvrage.  Explication  des  neumes  pour  servir  à  la  restaui'aUon  com- 
plète du  chant  grégorien.  Paris,  1861,  in-S". 


453 

cours  du  Collège  de  France  et  de  l'Ecole  des  langues  orientales, 
et  joignant  successivement  à  l'étude  du  copte  et  de  l'arabe  celle 
de  l'arménien,  du  turc,  du  zend,  du  persan,  du  sanscrit  et  des 
idiomes  modernes  de  l'Inde. 

Ces  travaux  si  variés  ne  l'absorbaient  pas  tout  entier.  Il  aidait 
en  même  temps  son  frère  dans  la  préparation  du  recueil  des  Pri- 
vilèges  accordés  à  la  couronne  de  France  par  le  Saint-Siège; 
il  revoyait,  sur  la  demande  du  Secrétaire  perpétuel  de  l'Académie 
des  inscriptions,  le  discours  de  Fréret  sur  l'Origine  des  Francs 
et  leur  établissement  dans  les  Gaules,  qui  avait  été  fort 
altéré  dans  les  diverses  éditions  qui  en  avaient  été  données  ; 
enfin,  il  travaillait,  à  la  Bibliotlièque  nationale,  avec  quelques 
autres  anciens  élèves  de  l'Ecole  des  chartes  et  sous  la  direction 
d'un  confrère  plus  âgé,  M.  Henri  Bordier,  alors  auxiliaire 
de  l'Institut,  à  transcrire  des  documents  pour  le  Recueil  des 
chartes  et  diplômes,  dont  l'Académie  des  inscriptions  venait 
de  décider  la  continuation  jusqu'à  Philippe- ^'^uguste.  Vers  le 
même  temps,  M.  Bordier,  qui  avait  été  chargé  par  la  direction 
des  Arcliives  nationales  de  collationner  sur  les  originaux  les  fac- 
similés  de  diplômes  mérovingiens  exécutés  sur  les  ordres  de 
Letronne,  faisait  appel,  pour  ce  travail  délicat,  à  la  collaboration 
de  Jules  Tardif.  On  ne  possédait  pas  alors,  pour  la  reproduction 
des  anciens  documents ,  les  ressources  d'exécution  et  les  garan- 
ties d'exactitude  que  donnent  aujourd'hui  les  procédés  photogra- 
phiques. On  avait  dû  se  contenter  de  la  lithographie;  aussi  les 
fac-similés  présentaient-ils  de  nombreuses  inexactitudes.  L'admi- 
nistration des  Archives  avait  fait  tirer  sur  parchemin  un  exem- 
plaire de  chaque  fac-similé  pour  en  former  une  sorte  de  second 
original,  qui  permît  de  ménager  l'original  véritable  en  ne  le  com- 
muniquant plus  que  rarement  au  public.  C'est  cet  exemplaire  sur 
parchemin  que  MM.  Bordier  et  Tardif  passèrent  plusieurs  mois  à 
corriger  sur  les  originaux,  comparant  lettre  par  lettre,  trait  par 
trait,  le  fac-similé  à  l'original,  et  suppléant  en  lettres  rouges 
toutes  les  lacunes  qu'il  fut  possible  de  restituer  sûrement.  La 
science  paléographique  de  Jules  Tardif  et  son  aptitude  singulière 
à  reproduire  rigoureusement  les  types  les  plus  variés  des  anciennes 
écritures  furent  très  utiles  pour  cette  collation,  qui  fut  exécutée 
avec  tout  le  scrupule  imaginable  * . 

1.  Cf.  Bordier.  Les  Archives  de  la  France,  p.  188. 

30 


434 

Ce  travail,  qui  avait  mis  Jules  Tardif  en  relation  avec  l'admi- 
nistration des  Archives,  détermina  son  entrée  dans  ce  grand  éta- 
blissement, auquel  il  allait  consacrer,  avec  une  assiduité  exem- 
plaire, le  reste  de  sa  vie,  sans  cependant  abandonner  un  seul  jour 
ses  études  orientales,  qui  demeurèrent  l'occupation  de  ses  soirées 
et  comme  la  distraction  de  ce  vigoureux  esprit  au  milieu  de  ses 
travaux  professionnels.  , 

C'est  le  1"''  juillet  1850  que  Jules  Tardif  fut  nommé  archiviste 
à  la  section  historique.  Il  entrait  ainsi  d'emblée  dans  cette  section 
privilégiée  aux  membres  de  laquelle  les  plus  anciens  règlements 
des  Archives  attribuaient  la  quahfication  d'hommes  de  lettres. 
En  dépit  de  ce  que  cette  appellation  aurait  pu  avoir  de  dangereux 
appliquée  à  des  archivistes,  dont  le  devoir  est  justement  de  ne  pas 
être  trop  hommes  de  lettres,  la  section  historique  possédait  à  la 
fois  de  glorieux  souvenirs  et  des  traditions  de  travail  régulier  et 
modeste.  Elle  avait  eu  pour  chef,  pendant  vingt-deux  ans,  un 
historien  de  génie,  Michelet,  et,  d'autre  part,  elle  avait  compté  à 
sa  tête  ou  dans  ses  rangs  des  travailleurs  obscurs  et  désinté- 
ressés, Dom  Joubert,  Œillet  Saint-Victor,  Pavillet,  Tourlet, 
Castelnau,  archivistes  modèles,  dont  toute  l'ambition  s'était  bor- 
née à  faire  de  bons  inventaires  et  à  qui  elle  est  redevable  de 
répertoires  qui  rendent  encore  des  services  journaliers.  En  1856, 
au  moment  où  Jules  Tardif  y  prenait  place,  elle  possédait,  pour 
ne  parler  que  de  ceux  qui  ne  sont  plus,  des  érudits  comme  Teulet, 
Douët  d'Arcq  et  Boutaric,  dont  les  Archives  ne  sauraient  oublier 
leséminents  services.  Le  nouveau  venu  devait,  comme  archiviste 
d'abord,  comme  sous-chef  ensuite,  maintenir  pendant  vingt  et  un 
ans  toutes  les  bonnes  traditions  de  la  section,  et  y  ajouter.  Il  allait, 
du  reste,  trouver  presque  immédiatement  l'emploi  le  plus  heureux, 
pour  les  Archives  et  pour  le  public  savant,  de  ses  rares  aptitudes 
paléographiques.  Peu  de  mois  après  l'entrée  de  Jules  Tardif  aux 
Archives,  M.  de  Laborde  en  était  nommé  directeur  général,  et 
formait  presque  aussitôt  le  dessein  de  mettre  à  la  portée  des  tra- 
vailleurs, au  moyen  d'inventaires  imprimés,  les  richesses  histo- 
riques renfermées  à  l'hôtel  Soubise.  Il  mettait  tout  de  suite  à 
exécution  ce  projet,  dont  il  a  poursuivi  pendant  plus  de  douze 
ans  la  réalisation,  on  sait  avec  quelle  énergique  volonté,  en  con- 
fiant à  un  certain  nombre  d'archivistes  le  soin  de  publier  des 
inventaires  des  fonds  les  plus  importants  des  Archives,  le  Trésor 
des  chartes,  les  Monuments  historiques,  le  Parlement,  les  titres 


455 

de  la  maison  de  Bourbon.  Jules  Tardif  fut  chargé  d'inventorier 
cette  partie  de  la  série  K  {Monuments  historiques),  désignée 
sous  le  nom  de  Ca7''tons  des  rois. 

On   sait  que  l'ensemble  des  documents  compris  sous  l'ap- 
pellation  de   Monuments    historiques   ne  constitue   pas   un 
véritable  fonds  d'archives ,  mais  qu'elle  est  une  réunion  fac- 
tice de  documents  précieux,  retirés,  par  le  Bureau  du  triage 
des  titres,   d'un  certain  nombre  de  fonds  soumis  à  son  exa- 
men pour  en  former,  suivant  l'expression  de  Daunou ,  comme 
un  second  Trésor  des  chartes.  Les   Cartons  des  rois ,  qui 
occupent  la  tête  de  cette  série,  devaient,  dans  l'idée  qui  a  présidé 
à  l'établissement  de  cette  première  subdivision  de  la  série  K, 
comprendre  tous  les  diplômes  royaux  existant  aux  Archives,  et 
constituer  ainsi  une  collection  renfermant  uniquement,  mais  com- 
plètement, tous  les  actes  émanés  des  rois  de  France,  depuis  les 
temps  les  plus  anciens  jusqu'à  la  Révolution.  Mais  ce  plan,  sur 
lequel  il  y  aurait,  du  reste,  en  théorie  beaucoup  à  dire,  ne  fut 
qu'imparfaitement  suivi  dans  l'exécution.  D'une  part,  les  Car- 
tons des  rois  sont  bien  loin  de  contenir  tous  les  actes  émanés 
de  la  royauté,  et,  de  l'autre,  on  y  a  inséré,  surtout  pour  la 
période  postérieure  à  1180,  un  si  grand  nombre  de  pièces  de 
toute  nature,  quittances,  ordres  de  paiement,  montres  militaires, 
correspondances  privées  provenant  des  archives  de  la  Chambre 
des  comptes  et  des  autres  cours  souveraines,  de  celles  de  la  Mai- 
son du  roi,  des  archives  particulières  séquestrées  à  l'époque  de  la 
Révolution  ou  antérieurement,  que  cette  seconde  partie  est  sur- 
tout intéressante  par  les  pièces  qui  n'émanent  pas  de  la  chancel- 
lerie royale.  Cette  composition  différente  de  la  série,  suivant  la 
date  des  pièces,  explique  la  méthode  qui  a  été  suivie  dans  la  publi- 
cation de  l'inventaire.  Pour  la  première  partie,  qui  renferme  les 
documents  les  plus  anciens ,  fournis  presque  exclusivement  par 
les  fonds  ecclésiastiques,  diplômes  mérovingiens  et  carolingiens 
depuis  528,  diplômes  capétiens  antérieurs  à  Philippe-Auguste, 
chartes  d'évêques  et  de  grands  feudataires,  il  a  paru  nécessaire 
de  publier  en  entier  ou  par  extrait  des  pièces  qui  sont,  pour  la 
plupart,  d'un  prix  infini.  On  ne  pouvait,  sans  dépasser  les  limites 
d'un  volume,  songer  à  donner  les  mêmes  développements  à  la 
seconde  partie  qui  renferme  près  de  quatre  mille  numéros  (la 
première  en  contient  six  cent  quatre-vingt-dix).  On  a  donc  dû, 
à  partir  de  la  date  de  1181,  se  résoudre  à  ne  donner  que  de 


456 

simples  analyses.  Si  intéressantes  que  soient  certaines  des  pièces 
mentionnées  dans  cette  seconde  partie,  on  conçoit  cependant  que 
c'est  surtout  dans  la  première  partie  que  réside  la  valeur  scienti- 
fique de  cette  publication.  Jules  Tardif  y  a  édité,  avec  la  plus 
scrupuleuse  exactitude,  des  textes  d'une  lecture  difficile,  et  il 
a,  en  particulier,  donné  des  diplômes  mérovingiens,  dont  certains 
passages  avaient  résisté  aux  efforts  des  précédents  éditeurs,  un 
texte  que  les  meilleurs  juges  se  sont  accordés  à  déclarer  définitif . 
Il  y  a  notamment  déchiffré  les  notes  tironiennes  que  renferment 
un  certain  nombre  de  ces  actes,  et  telle  est  la  modestie  qu'il 
apportait  dans  ses  travaux,  qu'il  n'a  pas  même  indiqué,  par  une 
note  ou  par  l'emploi  d'un  caractère  difierent,  les  parties  de 
diplômes  qui  présentaient  ces  difficultés  si  particulières,  en  sorte 
qu'à  moins  d'avoir  sous  les  yeux  la  pièce  même,  on  ne  peut  soup- 
çonner les  obstacles  qu'il  a  eu  à  surmonter  dans  le  déchiffre- 
ment de  certains  documents.  Une  table  des  noms  de  personnes  et 
de  lieux,  dans  laquelle  on  relève  à  peine  quelques-unes  de  ces 
confusions  de  nom  ou  de  ces  erreurs  d'identification  inévitables 
dans  une  publication  de  pareille  étendue,  alors  surtout  qu'elle 
intéresse  toutes  les  régions  du  territoire,  termine  ce  beau  volume, 
auquel  est  joint  un  atlas  de  quatorze  fac-similés,  complément  de 
la  publication  entreprise  jadis  par  Letronne. 

C'est  en  1860  que  parut  l'inventaire  des  Monuments  histo- 
riques, qui  avait  demandé  à  Jules  Tardif  dix  années  d'un  travail 
régulier.  En  dehors  de  cet  inventaire,  qui  est  son  œuvre  capitale 
comme  archiviste,  il  apportait  sa  part  de  collaboration  à  deux 
oeuvres  collectives  dont  la  direction  des  Archives  avait  décidé  la 
publication,  le  Musée  des  Archives  nationales eiV Inventaire 
sommaire  et  Tableau  méthodique  des  fonds  conservés  aux 
Archives  nationales. 

Lors  de  la  création  du  Musée  des  Archives,  en  1867,  il  fut  chargé 
de  choisir  les  documents  des  époques  mérovingienne  et  carolin- 
gienne qui  devaient  y  figurer,  et  d'en  rédiger  les  notices  pour  le 


1.  V.  notamment  Revue  critique,  t.  III  (1867),  p.  228  (article  de  M.  Delisle). 
M.  Delisle  se  félicite  de  voir  la  publication  de  l'inventaire  de  M.  Tardif  clore 
enfin  les  enrichissements  de  la  série  K,  augmentée  sans  cesse  depuis  cin- 
quante ans  par  de  nouvelles  iutercalations.  Ce  n'est  pas,  en  effet,  un  des 
moindres  mérites  des  inventaires  imprimés  de  mettre  un  terme  à  l'instabilité 
des  classements,  si  fatale  aux  arcbives  et  aux  bibliothèques. 


il 


457 

volume  qui  allait,  par  la  description  des  pièces  exposées  dans  le 
Musée  et  la  reproduction  en  fac-similé  de  celles  qui  présentaient 
le  plus  d'intérêt  paléographique  on  historique,  donner  au  public 
un  spécimen  des  richesses  si  variées  que  renferment  les  Archives. 
II  dut  donc  rédiger  pour  chacune  des  pièces  exposées,  au  nombre 
de  quatre-vingt-trois,  une  courte  notice  donnant  le  contenu  de 
chaque  acte,  en  indiquant  les  caractères  paléographiques  et  diplo- 
matiques et  en  faisant  ressortir  l'importance  historique.  11  fit 
précéder  chacune  de  ces  deux  premières  sections  du  Musée  de 
quelques  pages  excellentes,  résumant  la  paléographie  et  les 
usages  diplomatiques  de  ces  premiers  siècles,  et  esquissant  à 
grands  traits  les  principales  lignes  de  l'organisation  politique  et 
administrative  sous  les  deux  premières  races. 

Il  prit  une  part  plus  considérable  encore  à  la  préparation  de 
V Inventaire  sommaire  et  Tableau  méthodique  des  fonds 
conservés  aux  Archives  nationales  (f"  partie,  régime  anté- 
rieur à  1789),  publié  en  1871 S  et  il  fut  vraiment,  avec  Boutaric, 
la  cheville  ouvrière  de  cette  entreprise.  On  s'est  proposé,  dans  cet 
inventaire,  de  reconstituer  autant  que  possible,  sans  rien  changer 
d'ailleurs  au  classement  matériel  des  pièces,  les  divers  fonds  dont 
ont  été  formées  par  voie  de  triage,  à  la  suite  de  la  Révolution, 
les  séries  actuelles  des  Archives.  Le  principe  même  de  cet  inven- 
taire a  été  critiqué  par  certains  érudits  qui  ont  exprimé  l'opinion 
qu'il  eût  été  préférable  de  conserver,  dans  l'inventaire,  l'ordre 
matériel  des  séries,  comme  l'avait  fait  M.  Bordier,  en  1855,  dans 
les  Archives  de  la  France,  et  comme  le  firent  après  lui,  en  1867, 
les  rédacteurs  de  r/nyen^a/re  p'enera/ 50?n>;îaere  publié  sous  l'ad- 
ministration de  M.  de  Laborde.  Cette  critique  ne  nous  semble  pas 
fondée.  Sans  doute,  le  premier  inventaire;!  publier  était  l'inventaire 
numérique,  donnant  l'énumération  des  documents  dans  l'ordre 
même  où  ils  sont  classés  ;  et,  à  cet  égard,  il  est  regrettable  que  le 
livre  excellent  de  M.  Bordier  et  Y Inveyitaire  sommaire  de  1867, 
tiré  à  un  trop  petit  nombre  d'exemplaires  et  devenu  presque 
introuvable,  ne  répondent  plus,  sur  bien  des  points,  à  l'état  de 
choses  actuel.  Mais,  alors  qu'on  possédait  déjà  ces  deux  inven- 
taires numériques,  n'y  avait-il  pas  lieu,  en  publiant  un  troisième, 
d'essayer  une  méthode  nouvelle  et  de  tenter  de  reconstituer,  sur 


1.  Cet  inventaire  a  été  complété  en  1875  par  une  table  très  détaillée,  due  prin- 
cipalement à  MM.  Longnon  et  Tuetey. 


le  papier,  des  fonds  arbitrairement  divisés?  Cette  méthode  exi- 
geait, il  est  vrai,  chez  ceux  qui  étaient  appelés  à  l'appliquer,  une 
connaissance  approfondie  de  l'histoire  et  de  l'état  actuel  du  dépôt, 
ainsi  que  de  la  constitution  des  anciennes  archives;  mais  à  la  double 
condition  d'être,  comme  elle  l'a  été,  pratiquée  par  des  archivistes 
expérimentés  et  pratiquée  avec  mesure  (en  passant,  par  exemple, 
condamnation  sur  des  séries  comme  le  BuUaire  ou  les  Cartons 
des  rois,  qu'on  ne  pouvait  songera  disloquer),  cette  tentative 
devait  aboutir  à  une  somme  d'avantages  bien  supérieure,  à  notre 
sens,  aux  inconvénients  pouvant  résulter  du  classement  arbitraire 
ou  même  fautif  de  certains  documents.  Pour  ne  citer  comme  exemple 
que  les  fonds  ecclésiastiques,  partie  de  l'inventaire  dont  Jules 
Tardif  s'est  plus  particulièrement  occupé ,  n'y  a-t-il  pas  grand 
intérêt  pour  celui  qui  veut  étudier  l'histoire  d'un  chapitre,  d'une 
abbaye  ou  d'un  prieuré,  à  trouver  réunie  dans  la  même  colonne 
l'indication  de  tous  les  documents  qui  constituaient  jadis  les 
archives  de  ce  chapitre,  de  cette  abbaye,  de  ce  prieuré,  plutôt 
que  d'être  obligé  d'aller  reciiercher  péniblement,  dans  les  colonnes 
d'un  inventaire  par  séries,  les  pièces  qualifiées  historiques  dans  la 
série  L,  les  titres  de  propriété  dans  la  série  S,  les  comptes  dans  la 
série  H  et  les  juridictions  dans  la  série  Z? 

Pour  achever  l'énumération  des  travaux  auxquels  Jules  Tardif 
a  pris  part  à  la  section  historique  comme  archiviste  ou  comme 
sous-chef,  il  faut  encore  citer,  indépendamment  des  soins  qu'il  a 
donnés  à  divers  répertoires  d'ordre  intérieur,  tels  par  exemple 
que  la  refonte  de  l'inventaire  général  des  registres  de  la  section, 
sa  collaboration  au  troisième  volume  du  Trésor  des  chartes. 
Teulet  n'avait  pu  que  préparer  la  copie  d'une  partie  des  pièces 
qui  devaient  prendre  place  dans  ce  volume  et  dans  les  suivants. 
A  sa  mort,  le  soin  de  continuer  cette  grande  publication  fut  con- 
fié à  Jules  Tardif  et  à  M.  Léon  Gautier.  La  préface  mise  par 
M.  Maury  en  tête  du  troisième  volume  du  Trésor  des  chartes 
rappelle  la  part  prise  par  ces  érudits  éprouvés  à  la  préparation 
de  ce  Yolume.  Ils  laissèrent  le  soin  de  le  poursuivre  et  de  le  ter- 
miner à  un  de  leurs  collègues,  qui  a  eu  l'honneur  d'y  attacher 
son  nom,  et  qui  a  si  légitimement  mérité  cet  honneur  par  les 
soins  infinis  qu'il  a  apportés  aux  moindres  détails  de  cette  publi- 
cation. 

Assuré  désormais  de  l'heureuse  continuation  d'une  œuvre  con- 
fiée à  une  érudition  si  consciencieuse  et  si  sûre,  Jules  Tardif 


^50 

entreprit  de  préparer  la  publication  du  Supplément  du  Trésor 
des  chartes,  cette  moitié  du  Trésor  qui  comprend  les  pièces 
laissées  par  Dupuy  en  dehors  de  son  classement,  ou  réunies  au 
fonds  postérieurement  à  son  travail,  comme  par  exemple  le  char- 
trier  des  comtes  de  Foix.  Il  avait  déjà  rassemblé  des  matériaux 
nombreux,  quand  la  mort  prématurée  de  Boutaric  le  fit  appeler 
aux  fonctions  de  chef  de  la  section  administrative.  Il  dut  alors 
quitter  la  section  historique,  et  laisser  à  un  de  ses  collègues  le  soin 
de  poursuivre  une  publication  destiflée  à  faire  tant  d'honneur  à 
celui  qui  la  mènera  à  bonne  fin  * . 

Jules  Tardif  atteignait  ainsi,  le  21  décembre  1877,  à  l'âge  de 
cinquante  ans,  le  grade  le  plus  élevé  de  la  hiérarchie  des  sec- 
tions. Son  avancement,  qu'il  n'avait  jamais  cherché  à  précipiter, 
avait  été  régulier.  Nommé  sous-chef  de  la  section  judiciaire  le 
l"^""  mars  1873,  après  dix-sept  ans  de  services  marqués  par  les 
importants  travaux  que  nous  venons  de  faire  connaître,  il  n'avait 
fait  que  passer  dans  cette  section,  et,  dès  le  l*""  octobre,  il  était 
rentré,  en  la  même  qualité  de  sous-chef,  à  cette  section  histo- 
rique qu'il  connaissait  si  bien.  Il  avait  été  décoré  de  la  Légion 
d'honneur  le  14  août  1868,  peu  de  temps  après  la  publication  de 
l'inventaire  des  Monuments  historiques. 

Ce  n'est  pas,  du  reste,  uniquement  de  travaux  d'inventaires  et  de 
pure  érudition  que  Jules  Tardif  avait  eu  à  s'occuper  pendant  les 
années  qu'il  avait  passées  à  la  section  historique.  Les  événe- 

1 .  Les  pièces  qui  forment  le  Supplément  du  Trésor  des  chartes  ne  le  cèdent 
pas  en  intérêt  à  celles  qui  composent  le  Trésor  même.  Il  eût  donc  été  assuré- 
ment préférable  que,  dès  le  début,  ces  deux  parties  d'un  même  tout  eussent  été 
fondues  dans  une  publication  unique.  11  ne  serait  cependant  pas  juste  de  repro- 
cher à  Teulet  d'avoir  restreint  le  travail  énorme  qu'il  entreprenait  aux  layetles 
invenloriées  par  Dupuy,  et  d'avoir  reculé  devant  le  chaos  du  Sup[)iément.  11  ne 
faut  pas  oublier,  en  effet,  que  le  travail  de  Teulet  était,  à  l'origine,  un  travail 
purement  privé,  auquel  étaient  par  suite  interdits  «  le  long  espoir  et  les  vastes 
pensées  »  qui  ne  sont  permis  qu'aux  publications  officielles  d'une  grande  admi- 
nistration ou  d'un  corps  savant.  Le  travail  de  Teulel  ayant,  jilus  tard,  pris  place 
dans  la  collection  des  inventaires  des  Archives,  et  l'adievement  en  étant  ainsi 
assuré  après  lui  par  le  concours  de  ses  successeurs,  il  était  désirable  de  voir  le 
Supi'léraent  prendre  place  dans  la  publication.  Voici  le  plan  auquel  on  s'est 
arrêté.  Après  l'achèvement  du  quatrième  volume,  confié  comme  le  précédent  à 
M.  Joseph  de  Laborde,  et  qui  renfermera  les  pièces  comprises  entre  12G1  et  l"270, 
il  sera  publié  un  volume  donnant  toutes  les  j)ièces  du  Supplément  jusqu'à  la 
mort  de  saint  Louis.  A  partir  de  cette  date,  les  pièces  du  Trésor  et  celles  du 
Supplémenl  seront,  dans  la  suite  de  la  publication,  fondues  en  une  série  unique. 


460 

ments  lui  donnèrent  l'occasion  de  rendre  des  services  d'un  autre 
ordre  et  de  montrer  des  qualités  doût,  fort  heureusement  pour  les 
archives,  les  archivistes  n'ont  que  rarement  occasion  de  faire 
preuve  :  il  eut,  en  1871,  le  périlleux  honneur  de  participer  à  la 
garde  des  richesses  historiques  renfermées  aux  Arcliives,  et  de 
contribuer  à  les  sauver.  Les  devoirs  de  la  défense  nationale  pen- 
dant l'invasion  avaient  momentanément  enlevé  aux  Archives  une 
partie  de  leur  personnel.  Les  rangs  s'éclaircirent  encore  davan- 
tage après  les  événements 'du  18  mars;  ceux  des  archivistes 
que  leur  âge  exposait  à  être  incorporés  de  force  dans  les  rangs 
des  fédérés  quittèrent  Paris.  Jules  Tardif  fut  du  très  petit  nombre 
de  ceux  qui  demeurèrent  à  leur  poste.  Il  vint  même  s'établir  aux 
Archives  près  du  directeur  général,  M.  Maury,  et,  par  sa  vigi- 
lance et  sa  présence  d'esprit,  il  ne  contribua  pas  peu  à  leur  pré- 
servation. Son  sang-froid  ne  se  démentit  pas  dans  des  occasions 
parfois  critiques.  Les  émeutes  et  les  révolutions  n'étaient  pas  du 
reste  pour  l'effrayer.  De  tout  temps,  il  avait  eu  pour  les  spec- 
tacles et  les  agitations  de  la  rue  une  curiosité  particulière  ;  déjà, 
en  1848,  il  dérobait  quelques  journées  à  la  préparation  de  sa 
thèse  sur  les  notes  tironiennes  pour  aller  voir  de  plus  près  ce  qui 
se  passait  aux  alentours  des  barricades.  Ce  sont  là  spectacles 
dangereux  où  le  curieux  paisible  et  l'observateur  philosophe 
court  le  risque  d'être  fusillé  parles  deux  partis.  En  1871,  comme 
en  1848,  Jules  Tardif  s'en  tira  cependant  sans  être  fusillé.  Les 
Archives,  de  leur  côté,  écliappèrent  à  la  destruction,  mais  non 
sans  avoir  couru  de  sérieux  dangers.  Il  fallut  entrer  en  pourpar- 
lers avec  des  bandes  menaçantes  :  grâce  aux  mesures  prises  par 
le  directeur,  assisté  de  Jules  Tardif  et  du  personnel,  elles  ne 
pénétrèrent  point  dans  les  Archives,  qui  n'arborèrent  jamais 
le  drapeau  rouge,  et  furent  enfin  délivrées  par  les  troupes  de 
Versailles.  La  défense  des  Archives  n'avait  pas  été  sans  périls 
pour  ceux  qui  y  avaient  pris  part.  A  un  moment,  lors  des  der- 
nières journées,  l'édifice  se  trouva  placé  entre  deux  feux.  Un 
obus,  lancé  par  un  des  canons  de  montagne  établis  dans  les 
combles  des  maisons  voisines  des  Halles,  pénétra  dans  la  pièce 
qu'occupait  Jules  Tardif  quelques  instants  après  que  celui-ci  venait 
de  la  quitter.  Avec  sa  réserve  habituelle,  il  garda  le  silence  sur 
cet  incident  que  les  siens  ne  surent  que  longtemps  après. 

Au  moment  où  Jules  Tardif  prenait,  le  1'^'"  janvier  1878,  la 
direction  delà  section  administrative,  son  âge  et  la  vigueur  de  sa 


constitution  devaient  faire  croire  à  tous  qu'il  était  appelé  à  la 
faire  profiter  pendant  de  longues  années  de  son  expérience  d'ar- 
chiviste et  de  ses  éminentes  qualités  d'érudit.  Qui  eût  pensé  alors 
que,  moins  de  cinq  ans  après,  il  lui  serait  ravi  par  le  coup  le 
plus  soudain?  Mais,  si  peu  de  temps  qu'il  lui  ait  été  donné  de 
demeurer  dans  cette  section,  il  y  a  laissé,  de  son  passage,  une  trace 
profonde,  et  un  souvenir  qui  ne  s'effacera  pas.  Ceux  qui  le  con- 
naissaient peu  auraient  pu  craindre  qu'habitué  par  un  long 
séjour  à  la  section  historique  à  ne  voir  des  Archives  que  le  côté 
de  la  pure  érudition,  il  ne  possédât  pas  toutes  les  qualités  néces- 
saires à  la  direction  d'une  section  qui  renferme,  auprès  de  séries 
de  documents  historiques  d'une  grande  importance,  cette  masse 
énorme  de  papiers  modernes  qui  forment  plus  du  tiers  des 
Archives,  et  qui  vont  s'augmentant  chaque  année  des  versements 
des  différents  ministères.  C'eût  été  mal  connaître,  tout  ensemble, 
la  souplesse  de  son  «sprit,  apte  à  se  plier  sans  peine  aux  travaux 
les  plus  variés,  et  la  droiture  de  sa  conscience,  capable  d'accepter 
les  besognes  les  moins  attrayantes  du  moment  qu'il  les  jugeait 
utiles.  Persuadé  que  les  Arcliives  n'ont  pas  seulement  des  devoirs 
à  remplir  envers  l'histoire  et  la  science,  mais  qu'elles  en  ont 
aussi  de  non  moins  étroits  envers  les  diverses  administrations  qui 
leur  confient  leurs  papiers,  et  envers  le  public,  lettré  ou  igno- 
rant, qui  vient  y  chercher,  avec  les  préoccupations  les  plus 
diverses,  des  renseignements  de  toute  nature,  c'est  sur  les  séries 
composées  de  documents  modernes  qu'il  porta  tout  d'abord  son 
attention.  Il  se  familiarisa  bien  vite  avec  ces  cadres  ingénieux 
entre  lesquels  ont  été  répartis  les  millions  de  documents  qui  com- 
posent les  archives  modernes  ;  il  se  rendit  compte  de  l'état  d'avan- 
cement des  classements,  dans  lesquels,  sur  plus  d'un  point,  son 
bon  sens  pratique  lui  suggéra  d'heureuses  simplifications;  enfin, 
il  sut,  avec  le  concours  de  collaborateurs  dévoués,  donner  une 
vive  impulsion  à  cette  partie  importante  du  service.  Le  même 
sentiment  le  portait  à  prendre  l'intérêt  le  plus  vif  au  résultat  des 
recherches  faites  dans  la  section  pour  répondre  aux  demandes, 
de  jour  en  jour  plus  nombreuses,  que  le  public  adresse  aux 
Archives.  Il  tenait  à  ce  que,  sans  acception  de  personnes  et  quelle 
que  fût  la  nature  de  la  demande,  le  demandeur  obtînt  communi- 
cation du  document  qu'il  cherchait,  ou,  si  cette  satisfaction  ne 
pouvait  lui  être  donnée,  qu'il  emportât  du  moins  des  Archives  la 
conviction  qu'aucun  efibrt  n'avait  été  négligé  pour  le  découvrir. 


462 

Dans  les  cas  particulièrement  importants  ou  délicats,  il  payait  au 
besoin  de  sa  personne,  accompagnant  dans  les  dépôts  l'archiviste 
chargé  de  répondre  à  la  demande,  et  l'aidant  de  son  expérience 
dans  des  recherches  dont  le  public  qui  en  profite  ne  soupçonne 
pas  toujours  les  difficultés  ni  la  longueur. 

L'attention  qu'il  donnait  aux  papiers  modernes  et  aux  séries 
d'un  caractère  purement  administratif  ne  faisait  aucun  tort  à 
l'intérêt  qu'il  portait  aux  documents  anciens.  Nul  n'était  plus 
pénétré  que  lui  de  l'obligation  qui  s'impose  à  un  grand  établisse- 
ment scientifique  comme  les  Archives  nationales,  de  mettre  par 
des  inventaires  imprimés,  dont  il  avait  donné  lui-même  un  si 
excellent  modèle,  les  richesses  historiques  qu'elles  renferment  à 
la  portée  du  public  érudit.  11  avait  formé,  pour  les  principales 
séries  de  la  section  administrative,  le  dessein  de  publier  des  inven- 
taires analytiques,  ou,  tout  au  moins,  des  tables  détaillées  dont 
il  avait  arrêté  le  plan.  Pour  plusieurs  de  ces  inventaires,  l'exé- 
cution, confiée ,  sur  sa  proposition ,  à  des  archivistes  dont  le 
savoir  et  l'expérience  lui  inspiraient  toute  confiance,  est  fort 
avancée.  C'est  donc  à  son  initiative  que  le  pubhc  sera  redevable 
d'être  mis  prochainement  en  possession  d'un  inventaire  des  Hom- 
mages et  Aveux  de  Normandie,  d'un  inventaire  des  Procès-Ver- 
baux du  Conseil  du  commerce,  et  enfin  d'un  inventaire  des  Arrêts 
du  Conseil  d'Etat  depuis  Henri  IV,  ce  dernier  inventaire  arrêté 
en  principe  depuis  longtemps  déjà,  mais  réveillé  par  lui  d'un 
trop  long  assoupissement.  H  ne  lui  a  pas  été  donné  de  réaliser 
deux  autres  projets  qu'il  avait  conçus,  celui  d'une  table  alphabé- 
tique sommaire  des  Arrêts  du  Conseil  des  dépêches,  pour  la 
prompte  exécution  de  laquelle  il  voulait  faire  appel  à  toutes  les 
bonnes  volontés  de  la  section,  et  celui  d'un  inventaire  chronolo- 
gique des  Ordonnances,  Edits,  Déclarations  et  Lettres-Patentes 
les  plus  précieux  pour  l'histoire  en  général  et,  en  particuher, 
pour  celle  de  la  législation  et  de  l'administration  de  1515  à  1789. 
Ce  dernier  recueil  devait,  dans  sa  pensée,  former  à  la  fois  un 
répertoire  pour  l'usage  de  la  section  administrative,  et  constituer 
une  contribution  importante  à  la  grande  publication  des  Ordon- 
nances depuis  François  P'",  dont  le  projet  commençait  à  se  faire 
jour  à  l'Académie  des  sciences  morales.  Il  avait  longuement 
réfléchi  à  ce  dessein  pendant  les  vacances  qui  ont  précédé  sa 
mort  ;  au  retour,  il  en  entretenait  un  de  ses  plus  jeunes  collabo- 
rateurs et  le  chargeait  d'en  étudier  les  détails,  tandis  qu'il  faisait, 


/.(»3 

à  titre  d'essai,  commencer  le  dépouillement  de  certaines  collec- 
tions de  lettres-patentes;  enfin,  déjà  frappé  à  mort,  il  songeait 
encore  à  ce  projet,  qui  paraît  avoir  occupé  les  dernières  pensées 
que  son  esprit  ait  dirigées  vers  les  choses  de  ce  monde. 

Lui-même  donnait  l'exemple  et  prenait  sa  part  de  ces  travaux, 
modestes  en  apparence,  mais  sans  lesquels  l'Jiistoire  générale 
serait  impossible,  en  réunissant  les  matériaux  d'une  publication 
dont  les  éléments  étaient  dispersés  entre  plusieurs  sections.  Il 
voulait  donner  un  recueil  des  actes  administratifs  de  la  Conven- 
tion, en  commençant  par  les  arrêtés  du  Conseil  exécutif  et  ceux 
du  Comité  de  Défense  générale,  devenu  plus  tard  le  Comité  de  Salut 
public.  Ce  travail  était  fort  avancé,  et,  quelques  jours  avant  sa 
mort,  Jules  Tardif  sollicitait  du  Ministre  de  l'Instruction  publique 
l'autorisation  de  le  faire  paraître.  Il  comptait  le  faire  précéder 
d'une  introduction  qui  eût  mis  en  lumière  l'importance  de  ces 
documents  pour  l'histoire  de  la  Révolution,  et  particulièrement 
pour  l'histoire  diplomatique  et  militaire.  Il  y  a  lieu  d'espérer  que 
ce  travail,  comme  plusieurs  de  ceux  qu'il  a  laissés  inédits,  ne 
sera  pas  perdu  pour  l'histoire. 

Ce  serait  sortir  des  limites  qui  s'imposent  à  cette  notice  que 
d'énumérer  en  détail  les  autres  travaux  d'un  caractère  plus  pra- 
tique, et  en  quelque  sorte  professionnel,  dont  il  a  pris  l'initia- 
tive ou  poursuivi  l'exécution.  Le  but  qu'il  se  proposait  était  de 
pourvoir,  le  plus  promptement  possible,  celles  des  séries  de  la  sec- 
tion qui  en  manquaient  encore,  d'inventaires  sur  fiches  donnant  le 
moyen  de  satisfaire  à  toutes  les  demandes  de  communication,  en 
attendant  que  le  temps  et  les  ressources  d'un  budget  hmité  aient 
permis  de  rédiger  et  d'imprimer,  pour  les  séries  les  plus  impor- 
tantes, des  inventaires  d'un  caractère  plus  scientifique.  La  vive 
impulsion  donnée  par  lui  aux  tables  et  inventaires  de  la  Chambre 
des  comptes,  du  Conseil  d'État,  de  la  Maison  du  roi,  des  admi- 
nistrations provinciales,  des  établissements  ecclésiastiques,  etc., 
a  singulièrement  rapproché  le  jour  où  ce  but  pourra  être  atteint. 
La  section  administrative  tiendra,  en  effet,  à  honneur  de  main- 
tenir des  traditions  de  travail  que  Jules  Tardif  a,  pour  une  si 
large  part,  contribué  à  établir. 

L'établissement  de  ces  traditions  n'est  pas  un  des  moindres 
services  qu'il  ait  rendus  aux  Archives,  et  ce  résultat  est  dû  sur- 
tout aux  qualités  morales  dont  il  a  fait  j)reuve  dans  la  direction 
de  sa  section.  Il  avait  au  plus  haut  degré  l'esprit  de  gouverne- 


464 

ment,  qui  n'est  pas  la  même  chose  que  l'esprit  d'autorité.  Il  avait 
compris  à  merveille  qu'en  dépit  de  cette  hiérarchie  savamment 
compliquée  de  grades  et  de  classes,  qui  fait  ressembler  les 
Archives  à  un  régiment  de  lettrés,  le  rôle  d'un  chef  dans  sa  sec- 
tion ne  saurait  ressembler  à  celui  d'un  capitaine  dans  sa  compa- 
gnie ;  que  des  travaux  d'érudition  ne  se  commandent  pas  comme 
des  corvées;  qu'il  faut  compter  avec  l'esprit  d'indépendance  d'une 
race  qu'on  dit,  parfois,  aussi  irritable  que  celle  des  poètes;  et 
qu'enfin,  le  chef  ne  peut  exercer  son  autorité  d'une  façon  efficace 
et  féconde  qu'en  restant  toujours  un  confrère.  La  bienveillance 
qui  faisait  le  fond  de  son  caractère,  la  largeur  de  son  esprit  libre 
de  toute  minutie  lui  rendaient  facile  l'exercice  de  son  autorité 
telle  qu'il  l'avait  comprise.  Il  savait  se  faire  obéir  sans  avoir  besoin 
de  commander,  et  semblait  demander  comme  un  service  ce  qu'il 
eût  pu  imposer  comme  un  ordre.  Satisfait,  dans  sa  modestie,  de 
la  position  où  l'avait  conduit  aux  Archives  le  cours  régulier  de 
sa  carrière,  ne  désirant  rien  au  delà,  il  n'avait  d'autre  préoccu- 
pation que  de  mettre  en  lumière  les  travaux  de  ses  collaborateurs, 
et  de  les  signaler  à  la  bienveillance  d'un  directeur  général  qui 
savait  quel  profond  esprit  de  justice  inspirait  toutes  les  proposi- 
tions de  Jules  Tardif.  L'ambition  qu'il  s'interdisait  sévèrement  à 
lui-même,  il  la  reportait  sur  ses  collaborateurs  ;  il  souhaitait 
leur  voir  tirer  le  meilleur  parti  possible  pour  eux-mêmes,  pour 
leur  avenir,  des  travaux  qu'il  leur  voyait  entreprendre  ;  il  s'inté- 
ressait à  ces  travaux  ;  volontiers,  il  donnait  un  conseil  toujours 
marqué  au  coin  du  plus  ferme  bon  sens,  de  la  plus  pratique  rai- 
son. Quelles  sympathies  profondes  il  s'était  créées,  quelles  affec- 
tions il  s'était  attachées,  on  le  vit  bien  à  l'émotion  qui  s''empara 
de  tous  quand,  le  28  novembre  1882,  on  apprit  qu'il  venait  d'être 
terrassé  dans  son  cabinet  de  travail  par  un  mal  soudain,  quand 
il  fallut,  dans  ce  cabinet  même,  lui  dresser  un  lit  !  Tout  le  monde 
cependant  se  faisait  illusion  sur  la  gravité  du  mal  :  ce  fut  une 
stupeur  et  une  consternation  quand,  le  30,  on  apprit,  en  arrivant 
aux  Archives,  qu'il  avait  succombé  la  veille  au  soir,  quelques 
heures  après  que  nous  avions  quitté  nos  bureaux,  sans  défiance 
d'un  dénouement  si  fatal.  La  douleur  de  ses  collègues  fut  parta- 
gée par  les  plus  modestes  serviteurs  de  l'établissement,  car, 
comme  on  l'a  dit  si  délicatement  sur  sa  tombe*,  «  combien, 

1.  Discours  de  M.  Maury. 


465 

parmi  eux,  avaient  éprouvé  les  effets  de  son  inépuisable  libéralité 
et  béni  sa  charité,  qui  était  aussi  discrète  que  son  savoir  et  aussi 
étendue  !  » 

Les  Archives  ont  eu  la  meilleure  part  de  la  vie  de  Jules  Tardif, 
et  ce  n'est  point  trop  que  d'avoir  dit  qu'elles  étaient  pour  lui 
comme  une  seconde  famille.  Il  s'y  sentait  chez  lui,  il  aimait  res- 
ter à  }'  travailler  bien  après  l'heure  où  le  règlement  lui  avait 
rendu  sa  liberté.  De  ces  dernières  heures  de  l'après-midi,  il  don- 
nait une  bonne  partie  aux  devoirs  qu'il  s'imposait  comme  membre 
de  deux  comités  qui  doivent  beaucoup  à  son  zèle,  le  Comité  des 
Travaux  historiques  et  le  Comité  de  publication  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes. 

Nommé  membre  du  Comité  des  Travaux  historiques  en  1875,  il 
y  apporta  ces  qualités  qu'il  a  signalées  chez  Boutaric  dans  les 
quelques  pages  qu'il  a  consacrées  à  sa  mémoire  dans  la  Revue 
des  Sociétés  savantes  :  «  Cette  aptitude  spéciale  qui  fait  dis- 
«  tinguer,  parmi  de  nombreux  documents  d'intérêts  divers,  les 
«  actes  les  plus  curieux  et  les  plus  importants,  et  reconnaître 
«  immédiatement  ce  qu'ils  apportent  de  nouveau  à  la  science,  le 
«  parti  qu'on  en  peut  tirer,  la  mesure  dans  laquelle  ils  doivent 
«  être  utihsés.  »  Rapporteur  aussi  précis  que  diligent  de  toutes 
les  affaires  renvoyées  à  son  examen,  il  se  montra  surtout,  pour 
les  publications  dont  il  fut  appelé  à  surveiller  l'impression,  un 
incomparable  commissaire  responsable,  ne  ménageant  pour  les 
amener  à  la  perfection  ni  son  temps,  ni  sa  peine.  Sans  empiéter 
sur  l'hommage  spécial  qui  doit  lui  être  prochainement  rendu, 
dans  le  Bulletin  du  Comité,  par  un  de  ses  plus  anciens  et  de  ses 
plus  chers  amis,  il  me  sera  permis  de  rappeler  ici  les  soins  scru- 
puleux apportés  par  lui  à  la  revision  du  texte  de  deux  impor- 
tantes publications,  le  Cartulaire  de  V Hotel-Dieu  et  les  Râles 
gascons. 

Notre  Société  de  1"  Ecole  des  chartes  lui  a  encore  plus  d'obli- 
gations. Il  ne  s'est  pas  borné  à  donner  au  recueil  qu'elle  publie 
des  articles  comme  celui  sur  les  neumes,  et  de  nombreux  comptes- 
rendus  critiques,  particuhèrement  d'ouvrages  relatifs  à  l'histoire 
de  la  musique  et  à  celle  des  institutions,  questions  dans  lesquelles 
il  était  un  juge  si  compétent  :  il  lui  a  rendu  d'autres  services 
qu'il  importe  d'autant  plus  de  signaler  qu'ils  se  sont  moins  mani- 
festés au  dehors.  Membre  du  Comité  de  publication,  où  l'appe- 
lèrent en  1860  et  le  maintinrent  sans  interruption  nos  suffrages 


466 

jusqu'au  jour  où,  en  1880,  il  Toulut  se  retirer  pour  faire  place  à 
un  plus  jeune  confrère,  il  fit  preuve,  dans  ce  poste  délicat,  de  ces 
qualités  de  bienveillance  envers  les  personnes  et  de  sévérité 
envers  les  œuvres  qu'exige  la  direction  d'une  revue  d'érudition. 
Mais  ce  qui,  plus  encore  que  tout  le  reste,  doit  assurer  à  sa 
mémoire  la  reconnaissance  de  la  Société,  c'est  le  dévouement  avec 
lequel  il  accepta,  en  1863,  de  rédiger  dans  ce  recueil  le  relevé 
anonyme  des  livres  nouveaux,  tâche  ingrate,  dont  il  supporta 
seul  le  fardeau  pendant  dix-sept  ans  avec  le  plus  entier  désinté- 
ressement. 

Jules  Tardif  faisait  aussi  partie  de  plusieurs  des  sociétés  qui 
s'occupent,  avec  autant  de  succès  que  de  zèle,  de  mettre  au  jour 
les  documents  de  l'histoire  de  la  Normandie  ou  d'en  écrire  les 
annales,  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  la  Société  de 
l'Histoire  de  la  Normandie,  l'Académie  de  Gaen,  la  Société  aca- 
démique du  Cotentin,  la  Société  archéologique  de  Valognes.  Il 
suivait  avec  intérêt  leurs  travaux  et  aimait  à  en  rendre  compte, 
comme  membre  du  Comité  des  Travaux  historiques,  dans  la  Revue 
des  Sociétés  savantes.  Lors  de  la  création,  en  1874,  de  la 
Société  de  l'Histoire  de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  il  fut  un  des 
premiers  adhérents  de  cette  société ,  qui  eut  les  Archives  pour 
berceau.  Il  aimait  ce  vieux  Paris,  qui  disparaît  si  vite  ;  il  s'inté- 
ressait à  ses  anciennes  maisons,  à  ses  rues  historiques  ;  c'était, 
le  dimanche,  le  plaisir  de  ce  curieux  d'en  explorer  les  coins  les 
plus  pittoresques,  plaisir  qui,  dans  ces  dernières  années,  n'allait 
point  sans  quelques  chagrins  quand  il  venait  à  s'apercevoir,  à 
quelque  tournant,  qu'une  rue,  dont  le  nom  figurait  dans  le  Dit 
des  rues  de  Paris,  venait  d'être  débaptisée  au  profit  d'un  ingé- 
nieur, d'un  maître  de  pension  ou  de  quelque  autre  célébrité  con- 
temporaine'. Tout  ce  qui  pouvait  conserver  ces  souvenirs  du 
passé  était  assuré  de  ses  sympathies.  Aussi,  lorsque  l'admi- 
nistration de  la  Ville,  cette  fois  bien  inspirée,  confia  à  un  des 
archivistes  de  sa  section  le  soin  de  réunir  dans  un  Cartulaire 
général  de  Paris  tous  les  textes  anciens  relatifs  à  la  topogra- 
phie du  sol  parisien,  celui  de  nos  confrères  qui  est  chargé  de  cette 

1.  Qu'eût  dit  notre  respecté  maître  M.  Valette,  qui  avait  à  un  si  haut  degré 
le  respect  de  l'histoire,  s'il  eût  pu  savoir  que  le  nom  de  rue  Valette  remplace- 
rait le  nom  dente  Jxs  Sept-Voies  porté  par  une  des  rues  de  son  quartier  depuis 
le  XII''  siècle? 


467 

grande  publication  trouva-t-il  chez  Jules  Tardif  le  concours  le 
plus  actif. 

Tout  le  temps  que  Jules  Tardif  ne  donnait  pas  à  ses  fonctions 
ou  aux  diverses  sociétés  dont  il  était  membre,  il  le  partageait 
entre  des  recherches  sur  l'histoire  de  nos  anciennes  institutions 
et  l'étude  des  langues  orientales.  La  mort  qui  l'a  frappé  si  pré- 
maturément ne  lui  a  malheureusement  pas  permis  d'achever 
les  travaux  considérables  qu'il  avait  entrepris  dans  ce  double 
domaine,  et  de  donner  toute  sa  mesure  comme  historien  et  comme 
philologue. 

Il  y  avait  près  de  vingt  ans  qu'il  avait  formé  le  dessein  d'écrire 
un  grand  ouvrage  sur  les  institutions  des  deux  premières  races, 
et  qu'il  avait  commencé  à  en  réunir  les  matériaux.  Chargé  de 
rédiger  la  partie  du  Musée  des  Archives  nationales  relative 
aux  Mérovingiens  et  aux  Carolingiens,  il  avait  su  résumer  en 
quelques  pages,  avec  une  grande  siîreté  de  vues,  les  traits  les 
plus  caractéristiques  de  l'organisation  politique  et  administrative 
sous  les  deux  premières  races.  Ce  n'était  qu'un  crayon  :  il  conçut 
le  projet  d'élargir  le  cadre  et  de  transformer  cette  esquisse  rapide 
en  un  tableau  détaillé  de  nos  plus  anciennes  institutions.  La  pro- 
fonde connaissance  que  lui  avait  donnée  des  actes  originaux  de 
ces  périodes  primitives  la  publication  de  l'inventaire  des  Cartons 
des  Rois,  l'avait  préparé  mieux  que  qui  que  ce  soit  à  écrire  un 
pareil  ouvrage.  11  y  travailla  de  longues  années,  avec  la  cons- 
cience qu'il  apportait  à  tout  ce  qu'il  faisait,  ne  négligeant  aucune 
source  d'informations,  étudiant  tous  les  livres  publiés  sur  ce  sujet 
en  France  et  en  Allemagne,  et  se  pénétrant  de  tous  les  textes  ori- 
ginaux qui  nous  sont  parvenus  de  ces  lointaines  époques.  De  ce 
grand  ouvrage,  il  n'a  pu  faire  paraître  qu'un  demi-volume  publié 
en  1881,  quelques  mois  avant  sa  mort'.  Il  y  traite  de  la  royauté 
mérovingienne.  Dans  une  première  partie,  il  étudie  la  royauté  en 
elle-même,  abstraction  faite  du  pouvoir  qu'elle  exerce;  il  indique 
quelles  règles  présidaient  à  la  succession  au  trône,  aux  régences 
et  à  la  majorité  des  rois,  aux  partages  du  royaume;  il  nous  intro- 
duit ensuite  à  la  cour  du  roi  ;  il  nous  apprend  ce  qu'étaient  les 
leitdes,  les  fidèles,  les  optimales,  les  2^^oceres,  les  convii'ae 
régis,  les  antrustiones ;  il  nous  fait  connaître  les  officiers  du 

1.  Études  sur  les  institutions  politiques  et  administratives  de  la  France. 
Période  méroviiigienae.  I.  Paris,  Alph.  Picard,  1881,  in-8°,  '22i  p. 


468 

palais ,  depuis  le  major  domus  jusqu'aux  coqui  et  aux  pin- 
cernae.  Dans  la  seconde  partie,  l'auteur  étudie  l'exercice  du  pou- 
voir royal  et  passe  successivement  en  revue  le  pouvoir  législatif 
et  le  gouvernement  des  rois  mérovingiens,  leurs  rapports  avec 
l'Église,  la  composition  de  leur  armée,  l'organisation  judiciaire 
et  la  levée  des  impôts.  L'étendue  de  l'information,  la  fidélité  aux 
textes,  l'éloignement  pour  toute  hypothèse  hasardée,  la  clarté  et 
la  sobriété  de  l'exposition  sont  les  qualités  maîtresses  de  cette 
œuvre,  dont  le  mérite  éminent  a  été  proclamé  par  les  juges  les 
plus  compétents  ^  Il  est  permis  d'espérer  que  l'ouvrage  pourra 
être  continué  :  Jules  Tardif  a  laissé,  en  effet,  presque  achevée  la 
rédaction  de  la  seconde  partie  du  premier  volume,  et,  pour  la 
période  carolingienne ,  des  matériaux  importants  que  sauront 
mettre  en  œuvre  des  mains  aussi  pieuses  que  savantes. 

S'il  a  été  permis  à  notre  confrère  de  commencer,  tout  au  moins, 
la  publicalion  de  ses  travaux  sur  l'histoire  des  institutions  de  la 
France,  il  n'a  rien  fait  paraître  de  ce  qu'il  avait  écrit  sur  les 
langues  de  l'Orient.  On  a  vu  avec  quelle  ardeur  il  s'était  engagé, 
au  sortir  de  l'Ecole  des  chartes,  dans  l'étude  de  la  plupart  des 
idiomes  orientaux.  Cette  ardeur  ne  s'affaiblit  pas  avec  les  années 
et  avec  les  soins  de  tant  de  travaux  différents,  mais  elle  se  limita, 
pour  se  concentrer  spécialement  sur  les  langues  de  la  Perse  et  de 
rinde.  Beaucoup  parmi  ceux  qui  ont  connu  Jules  Tardif  ont 
ignoré  le  temps  et  l'application  soutenue  qu'il  a  donnés  k  ces 
études,  auxquelles  il  consacrait,  sans  en  parler  jamais,  la  plupart 
de  ses  soirées. 

Il  avait  commencé,  vers  1870,  une  traduction  de  l'un  des  livres 
les  plus  importants  de  VAvesta,  le  Vendidad.  De  cette  traduc- 
tion, qui  comprenait  le  texte,  une  transcription  en  caractères 
romains,  une  version  latine  et  une  version  française,  il  n'a  été 
imprimé  que  la  première  feuille,  qui  n'a  pas  été  mise  dans  le  com- 
merce. Dans  la  littérature  zende,  les  textes  qui  l'intéressaient  sur- 
tout étaient  ceux  où  se  révélaient  les  idées  philosophiques  et  reli- 
gieuses des  anciennes  populations  de  la  Perse.  De  ce  nombre 
sont  les  hymnes  sacrées  {Gathas),  qu'on  trouve  intercalées  dans 
certaines  parties  de  VAvesta.  Il  avait  entrepris  de  donner  une 
nouvelle  traduction  française  de  ces  fragments.  C'était  là  son 

1.  Cf.  notamment  Waitz,  Deutsche   Verfassungsgeschichte,  3^  édition,  t.  II, 

page  81. 


469 

travail  de  prédilection,  celui  qu'il  emportait  avec  lui  pendant  les 
vacances,  celui  dont  il  s'occupait  encore  la  veille  de  sa  mort; 
malheureusement,  cette  traduction  n'est  complètement  terminée 
que  pour  un  petit  nombre  de  strophes.  Il  laisse  également  ina- 
chevé un  vocabulaire  zend. 

Il  possédait  plusieurs  des  langues  de  l'Inde,  mais  celle  qu'il  a 
le  plus  étudiée,  c'est  \ ourdou,  principal  dialecte  de  l'hindous- 
tani.  Désireux  de  vulgariser  la  connaissance  d'un  idiome  qui  a 
pour  nous  une  importance  pratique,  il  a  composé  une  grammaire 
abrégée  de  l'ourdou ,  avec  double  transcription  en  caractères 
arabes  et  devanagaris.  Cette  grammaire  sera  prochainement 
publiée.  Il  se  proposait  d'y  joindre  une  chrestomathie  pour 
laquelle  il  a  laissé  de  nombreux  extraits. 

Bien  que,  comme  on  en  a  rendu  témoignages  «  sa  grammaire 
«  eût  été  composée  avec  le  plus  grand  soin  et  d'après  les  méthodes 
«  les  plus  rigoureuses,  »  il  ne  trouva  pas  l'occasion  de  lui  faire 
voir  le  jour.  Cette  circonstance  découragea  singulièrement  Jules 
Tardif;  elle  peut  seule  expliquer  qu'il  ait  continué  à  travailler 
silencieusement  les  langues  orientales  sans  rien  publier  de  ses 
travaux.  Il  trouvait  cependant  un  encouragement  dans  l'intérêt 
que  ne  cessa  do  leur  témoigner  le  maître  incontesté  des  études 
hindoustanies,  M.  Garcin  de  Tassy.  Ce  vénérable  savant  avait 
songé  à  Jules  Tardif  pour  le  remplacer  dans  sa  chaire  d'hindous- 
tani  à  l'Ecole  des  langues  orientales  :  plusieurs  fois  il  lui  demanda 
d'accepter  de  le  suppléer.  Avec  sa  modestie  accoutumée,  notre 
confrère  résista  toujours  à  des  sollicitations  si  honorables  pour 
lui.  Vers  le  même  temps,  une  chaire  étant  devenue  vacante  à 
l'Ecole  des  chartes ,  il  déclinait  les  ouvertures  qui  lui  furent 
faites  à  cet  égard.  L'enseignement  public  l'effrayait;  il  était  plus 
volontiers  l'homme  des  causeries  familières,  qu'il  savait  à  la  fois 
tempérer  par  sa  bienveillance  et  réveiller  au  besoin  par  quelque 
trait  malin. 

En  rappelant  avec  quelques  détails  les  travaux  de  Jules  Tardif, 
j'espère  avoir  aussi  fait  connaître  sa  vie,  et  avoir  ainsi  rempli  le 
double  devoir  que  la  trop  indulgente  confiance  du  Comité  de 
publication  de  la  Bibliothèque  de  V Ecole  des  cJiartes  avait 
confié  à  ma  bonne  volonté.  La  vie  de  Jules  Tardif  se  résume  en 
effet  dans  l'histoire  de  ses  travaux.  En  cela,  elle  ressemble  à  la 

t.  Discours  prononcé  sur  la  lombe  de  Jules  Tardif  par  M.  Delislc. 

3^ 


470 

vie  de  ces  érudits  des  siècles  passés  dont  nous  lisons  les  histoires 
en  tête  de  quelque  gros  in-folio.  Elle  leur  ressemble  encore  par 
certains  de  ces  traits  dont  l'ensemble  me  paraît  constituer  la  phy- 
sionomie particulière  de  l'ancien  érudit  français,  la  modestie,  le 
désintéressement,  l'esprit  de  charité,  l'austérité  des  mœurs,  une 
foi  simple  et  ferme.  Gomme  beaucoup  de  ces  savants  d'autrefois, 
Jules  Tardif  ne  s'était  point  marié.  Il  avait  trouvé  la  vie  de  famille 
au  foyer  d'un  frère  dont  il  m'est  interdit  de  faire  ici  l'éloge.  Il 
partagea  pendant  plus  de  vingt  ans  les  joies  de  ce  foyer  ;  puis, 
quand  vinrent  les  jours  de  deuil,  il  prit  sa  part  des  coups  qui 
frappèrent  cette  maison  désolée,  et  ces  douleurs  hâtèrent  sa  fin. 
Puissent  un  frère  et  un  neveu,  si  cruellement  frappés  par  ce  nou- 
veau deuil,  trouver  du  moins  un  adoucissement  à  leur  douleur 
dans  la  pensée  des  sentiments  de  profonde  estime  et  de  sincère 
affection  que  les  confrères  de  Jules  Tardif  portaient  à  la  personne 
de  cet  érudit  accompli,  de  ce  parfait  honnête  homme,  et  qu'ils 
conserveront  à  sa  mémoire  ! 


LISTE  DES  TRAVAUX  DE  JULES  TARDIF. 

I. 

OUVRAGES  PUBLIÉS  ISOLÉMENT. 

1 .  Privilèges  accordés  à  la  couronne  de  France  par  le 
>S'«m^/S^■ep'é?,  publiés  d'après  les  originaux  conservés  aux  Archives 
de  l'Empire  et  à  la  Bibliothèque  impériale.  Paris,  Imprimerie 
impériale,  1855, 1  vol.  in-4°  de  xxiii-411  p.  {Collection  de  docu- 
ments inédits  sur  l'histoire  de  France  publiés  par  les  soins 
du  Ministre  de  V Instruction  publique .) 

L'auteur  de  cette  publication  est  M.  Adolphe  Tardif,  qui  indique 
en  ces  termes,  dans  le  rapport  au  Ministre,  la  collaboration  de 
Jules  Tardif  : 

«  Vous  avez  bien  voulu,  Monsieur  le  Ministre,  m'autoriser  à 
«  me  faire  seconder  dans  les  recherches  que  nécessitait  cette 


47< 

«  publication.  Je  trouvais  auprès  de  moi  un  collaborateur  dont 
«  les  études  spéciales  et  les  travaux  antérieurs  pouvaient  m'ins- 
«  pirer  toute  confiance.  Votre  Excellence  me  permettra  de  recon- 
«  naître  ici  tout  ce  que  je  dois  au  concours  de  mon  jeune  frère, 
«  Jules  Tardif,  » 

2.  Monuments  historiques.  Cartons  des  Rois.  Paris,  Claye, 
1866,  1  vol.  in-4°  de  xix-712  p.  [Inventaires  et  Documents 
publiés  sous  la  direction  de  M.  le  marquis  de  Laborde, 
directeur  général  des  Archives  de  V Empire.) 

Ouvrage  complété  par  un  album  :  Fac-similé  de  chartes  et  diplômes 
mérovingiens  et  carlovingiens  sur  papyrus  et  sur  parchemin  com- 
pris dans  l'inventaire  des  Monuments  historiques.  Paris,  Claye, 
1866,  1  vol.  in-fol.  de  14  planches,  dont  7  doubles. 

3.  Musée  des  Archives  nationales.  Documents  originaux 
de  r  histoire  de  France  exposés  dans  V  hôtel  Soubise.  Ou- 
vrage enrichi  de  1,200  fac-similé  des  autographes  les  plus 
importants  depuis  l'époque  mérovingienne  jusqu'à  la  Révolution 
française,  pubhé  par  la  direction  générale  des  Archives  natio- 
nales. Paris,  Pion,  1872,  1  vol.  in-4"  de  viii-812  p. 

Jules  Tardif  est  l'auteur,  dans  cet  ouvrage,  des  parties  suivantes  : 
Première  livraison.  Mérovingiens,  1867,  p.  1-24. 
Deuxième  livraison.  Carlovingiens,  1867,  p.  25-48. 

4.  Inve7îtaire  sotnmaire  et  Tableau  méthodique  des  fonds 
conservés  aux  Archives  nationales,  i"^"  partie.  Régime  anté- 
rieur à  1789.  Paris,  Imprimerie  nationale,  1871,  1  vol.  in-4''  de 
vir  p  .-846  col .  {Inventaires  et  Documents  publiés  par  la  direc- 
tion générale  des  Archives  nationales.) 

Voir  p.  21  ci-dessus  la  part  de  collaboration  de  Jules  Tardif  à  cet 
inventaire  et  à  divers  autres  travaux  exécutés  aux  Archives. 

5.  Etudes  sur  les  institutions  politiques  et  administra- 
tives de  la  France.  Période  mérovingienne,  I.  Paris,  Alph. 
Picard,  1881,  1  vol.  in-8°  de  224  p. 

Jules  Tardif  laisse  presque  achevée  la  rédaction  du  2"  fascicule  du 
tome  le»"  (période  mérovingienne),  et  des  matériaux  nombreux 
pour  le  tome  II  (période  carolingienne). 


472 

II. 

TRAVAUX,  MÉMOIRES,  ARTICLES,  RAPPORTS,  NOTES 
ET  DOCUMENTS  PUBLIÉS  DANS  DIVERS  RECUEILS. 

1.  MÉMOIRES  PRÉSENTÉS  PAR  DIVERS  SAVANTS  A  l' ACA- 

DEMIE DES  INSCRIPTIONS  ET   BELLES-LETTRES. 

6.  Mémoire  sur  les  notes  tironiennes.  2"  série.  Antiquités 
delà  France,  t.  III,  1854,  p.  104-171. 

Tirage  à  part  sous  le  même  titre.  Paris,  Imprimerie  impériale, 
1852,  in-4°  de  67  p. 

2.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes. 

7.  Histoire  de  l'harmonie  au  moyen  âge,  par  E.  de  Cous- 
semaker.  Paris,  1852,  in-4°.  {Compte-rendu  critique),  S''  série, 
t.  III,  1851-1852,  p.  489-491. 

8.  Essai  sur  les  neumes,  3®  série,  t.  IV,  1853-1854,  p.  264- 
284. 

9.  De  la  valeur  et  de  la  lecture  des  neumes,  par  A.-J.-H. 
Vincent.  Paris,  1853,  in-8''.  {Compte-rendu  critique),  3*^  série, 
t.  V,  1854-1855,  p.  90-93. 

10.  Voyage  paléographique  dans  le  département  de 
l'Aube.  Rapport  à  M.  le  préfet  sur  une  inspection  faite  en  1854 
dans  ce  département,  par  H.  d'Arbois  de  Jubainville.  Paris,  1855, 
in-8°.  {Compte-rendu  critique),  4"  série,  t.  Y\  1855-1856, 
p.  369-371. 

11.  Les  Mérovingiens  d'Aquitaine.  Essai  historique  et 
critique  sur  la  charte  d'Alaon,  par  J.-F.   Rabanis.  Paris, 

1856,  in-8°.  {Compte-rendu  critique),  4^  série,  t.  II,  1856- 

1857,  p.  281-283. 

12.  Demande  de  concession  emphythéotique  adressée  à 
l'Eglise  de  Ravenne.  (Document  du  vi''  siècle  sur  papyrus), 
4«  série,  t.  III,  1857-1858,  p.  45-47. 

13.  Les  œuvres  d'Éginhard,  traduites  en  français  par 
A.  Teulet.  Paris,  1856,  in-12.  {Compte-rendu  critiqué), 
4."  série,  t.  III,  1857-1858,  p.  174-175. 


^73 

14.  De  la  musique  au  XV"  siècle.  Notice  sur  un  manuscrit 
de  la  bibliothèque  de  Dijon,  par  Stephen  Morelot.  Paris,  1856, 
in-4°.  {Compte-rendu  critique),  4^  série,  t.  III,  1857-1858, 
p.  284-285. 

15.  Histoire  universelle  de  l'Église  catholique,  par  l'abbé 
Rohrbacher.  Table  générale,  par  Léon  Gautier.  Paris,  1861, 
in-8°.  {Compte-rendu  critique),  b'^  série,  t.  II,  1861-1862, 
p.  546-547. 

16.  Recueil  des  historiens  des  croisades,  publié  par  les 
soins  de  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres.  Documents 
arméniens,  1. 1,  Paris,  1869,  in-f".  {Compte-rendu  critique), 
6^  série,  t.  V,  1869,  p.  568-572. 

17.  IjŒ  trustis  et  l'antrustion  royal  sous  les  deux  pre- 
mières races,  par  Maximin  Deloche.  Paris,  1873,  in -8°. 
{Comyte-rendu  critique),  t.  XXXV,  1874,  p.  159-166. 

18.  Géographie  de  la  Gaule  au  VI^  siècle,  par  Auguste 
Longnon.  Paris,  1878,  in-8''.  {Compte-rendu  critique), 
t.  XXXIX,  1878,  p.  333-339. 

19.  Histoire  critique  des  règties  de  Childerich  et  de 
Chlodovech,  par  W.  Junghans,  traduit  par  Gabriel  Monod. 
Paris,  1879,  in-8".  {Compte-rendu  critique),  t.  XLI,  1880, 
p.  256-268. 

20.  Livres  nouveaux. 

Jules  Tardif  a  rédigé  cette  partie  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes  de  1863  à  1879. 

3.  Revue  des  Sociétés  savantes  des  départements, 
publiée  sous  les  auspices  du  Ministère  de  l'Instruction 
publique. 

21.  Archives  municipales  de  Bordeaux.  {Rapport), 
6e  série,  t.  II,  1875,  2"  semestre,  p.  92-95. 

Livre  des  Bouillons.  —  Registres  de  la  Jurade.  —  Bordeaux  vers 
1450,  description  topographique. 

22.  Rapport  sur  le  projet  de  publication  du  Diction- 
naire topographique  de  la  Mayenne  par  M.  Léon  Maître, 
&  série,  t.  IV,  1876,  2'  semestre,  p.  151-152. 


474 

23.  Société  de  VHistoire  de  Normandie.  {Rapport), 
6*=  série,  t.  IV,  1876,  2"  semestre,  p.  91-94. 

Chronique  de  Robert  de  Thorigny,  publiée  par  M.  L.  Delisle.  — 
Histoire  du  Mont  Saint -Michel,  de  D.  Huynes,  publiée  par 
M.  Eug.  de  Beaurepaire.  —  Le  Canarien,  publié  par  M.  Gravier. 
—  Histoire  des  évêques  de  Coutances ,  de  Toustain  de  Billy, 
publiée  par  M.  F.  Dolbet. 

24.  Annuaire  de  la  Société  d'émulation  de  la  Vendée, 
années  1874  et  1875,  2"  série,  t.  IV  et  V.  {Rapport),  &  série, 
t.  V,  1877,  1"  semestre,  p.  47-48. 

L'Amirauté  patrimoniale  de  Talmont,  par  M.  de  Sourdeval.  — 
Recherches  historiques  sur  le  département  de  la  Vendée,  par 
M.  de  la  Boutetière.  —  Géographie  historique  de  la  Vendée 
(canton  de  Luçon),  par  M.  Eug.  Louis,  —  Lettre  de  la  munici- 
palité de  Luçon  à  celle  de  Quimper  sur  la  formation  des  Etats 
généraux  en  1789,  publiée  par  le  même.  —  Plaintes  et  doléances 
dressées  pour  les  États  généraux  par  les  habitants  de  l'île  de 
Bouin,  publiées  par  M.  Gallet.  —  Notes  extraites  des  registres 
de  l'état  civil  de  la  Vendée,  par  M.  de  Sourdeval.  —  Documents 
extraits  du  chartrier  de  Thouars,  publiés  par  M.  Marchegay. 

25.  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie,  de  littéra- 
ture, sciences  et  arts  d'Avranches,  t.  IV,  1873.  {Rapport), 
6«  série,  t.  V,  1877,  1^-^  semestre,  p.  629-631. 

Fragment  de  mystère  du  xiv^  siècle,  publié  par  M.  Eug.  de  Beaure- 
paire. —  Le  théâtre  au  collège  d'Avranches  au  xvn^  et  au 
xvni^  siècle,  par  le  même.  —  Les  manuscrits  du  docteur  Cousin, 
curé  de  Saint-Gervais ,  par  le  même.  — André  de  Coutances, 
trouvère  du  xni''  siècle,  par  M.  Charles  Le  Breton.  —  Le  château 
de  Saint-Jean-le-Thomas,  par  le  même.  —  Le  château  de  Mon- 
taigu,  par  M.  de  Guitton-Villeberge.  —  Les  Élections  de  l'Avran- 
chin,  d'après  les  mémoires  de  l'intendant  Foucault,  par  M.  Des- 
champs du  Manoir.  —  L'Archipel  de  Chausey,  par  le  même. 

26.  M.  Edgar  d  Boutaric  {notice  nécrologique),  &  série, 
t.  VII,  année  1878,  l-^-"  semestre,  p.  121-123. 

27.  Rapport  sur  la  publication  des  lettres,  mandements 
et  actes  d'Alfonse  de  Poitiers,  frère  de  saint  Louis, 
6"=  série,  t.  VII,  année  1878,  l^'^  semestre,  p.  361-362. 

Ce  rapport  est  signé  comte  de  Luçay,  Jules  Tardif,  Léon  Gautier. 

28.  Rapport  sur  diverses  communications   faites  par 


475 

MM.  Alart,  de  Lamothc,  Liipré  et  de  la  Bigne-Villeneiwe , 
&  série,  t.  VIII,  année  1878,  2^  semestre,  p.  102-103. 

Certificats  de  conversion  et  de  l)onne  conduite  de  divers  Juifs 
(1371-1377).  —  Autorisation  accordée  par  l'abbé  de  Saint-Gilles 
de  Nîmes  aux  chevaliers  de  Saint-Jean-de-Jérusalem  de  cons- 
truire un  oratoire  à  Saint-Gilles  (1157).  — Règlement  des  indem- 
nités dues  aux  sujets  du  comte  de  Blois  pour  les  réquisitions  de 
guerre  qu'ils  avaient  supportées  à  l'occasion  de  la  bataille  de 
Poitiers  (1357).  —  Charte  de  fondation  de  l'abbaye  de  Locmaria 
(xi°  siècle). 

29.  Annuaire  de  la  Société  d'émulation  de  la  Vendée, 
23' année,  1876,  2^  série,  t.  VI.  {Rapport),  6'  série,  t.  VIII, 
1868,  2^  semestre,  p.  215-217. 

Notes  historiques  sur  la  paroisse  de  Chavagnes-de-Montaigu,  par 
M.  Gourraud.  — Note  sur  une  lettre  de  d'Aubigné,  par  M.  Mar- 
chegay.  —  La  baronnie  de  Rié,  par  M.  de  Sourdeval.  —  Poésies 
inédites  du  comte  de  la  Fare. 

30.  Mémoires  de  la  Société  académique  du  Cotentin,  t.  I 
et  II,  1875-1877.  (Rapport),  T  série,  t.  I,  1879,  l^""  semestre, 
p.  35-37. 

Mémoires  sur  l'histoire  de  l'Hôtel-Dieu  de  Coutances,  par  M.  L. 
Quenault.  —  Combat  de  la  Fosse  en  1799,  par  le  même.  —  La 
Chouannerie  devant  la  justice  révolutionnaire  de  la  Manche,  par 
M.  Sarot.  —  Les  corporations  industrielles  de  Coutances,  par 
M.  Le  Mare.  —  L'influence  des  Scandinaves  en  Normandie,  par 
M.  Lehéricher.  —  Ancien  manuscrit  des  archives  de  l'évèché  de 
Coutances,  par  M.  Hersent.  —  Documents  pour  l'histoire  des 
familles  de  la  Basse-Normandie. 

31.  Archives  municipales  de  Bordeaux,  t.  II.  —  Livre 
des  Privilèges.  Bordeaux,  1878.  [Rapport),  T  série,  t.  II, 

1879,  2«  semestre,  p.  40-41. 

32.  Annuaire  de  la  Société  d'émulation  de  la  Vendée, 
25*^  année,  1878,  2^  série,  t.  VIII.  (Rapport),  T  série,  t.  III, 

1880,  l^-"  semestre,  p.  64-65. 

Suite  des  recherches  historiques  de  M.  Marchegay  sur  le  départe- 
ment de  la  Vendée.  —  Notice  de  Mercier  du  Rocher  sur  Gallot, 
député  du  Poitou  en  1789,  publiée  par  M.  Dugast-Matifeux.  — 
Extraits  de  mémoires  adressés  en  1788  à  l'assemblée  d'élection 
de  Foutenay,  publiés  par  M.  Eug.  Louis. 


476 

33.  Annuaire  de  la  Société  d'émulation  de  la  Vendée, 
1879,  2«  série,  t.  IX.  {Rapport),  T'^  série,  t.  VI,  1881,  p.  85-87. 

Histoire  de  l'abbaye  de  Notre-Dame-de-Fontenelles,  par  M.  Legrip. 
—  Mémoires  adressés  à  la  commission  intermédiaire  de  l'assem- 
blée d'élection  de  Fontenay  par  diverses  municipalités  des  can- 
tons actuels  de  Fontenay-le-Comte  et  de  Saint-Hilaire-les-Loges, 
publiés  par  M.  Eug.  Louis.  —  Un  impôt  de  guerre  en  1479,  par 
M.  de  laBoutetière.  —  Les  écoles  primaires  du  Bas-Poitou  avant 
1789,  par  M.  Pillier.  —  Le  prieuré  de  la  Meilleraye,  par  le  docteur 
Petiteau.  —  Notice  sur  la  famille  Heude  ou  Eude,  par  l'abbé 
Baudry. 

4.  Bulletin  du  Comité  des  travaux  historiques  et 

scientifiques. 

34.  Rapport  sur  une  communication  de  M.  Finot  signa- 
lant des  droits  féodaux  qui,  suivant  le  correspondant,  ne 
figurent  pas  dans  le  Glossaire  de  Du  Gange,  année  1882, 
p.  69. 

5.  RÉPERTOIRE   DES   TRAVAUX    HISTORIQUES. 

35.  Notes  additionnelles  et  rectificatives  au  Gallia  chris- 
tiana,  par  Paul  de  Fleury.  Angoiilême,  1881,  in-4".  {Compte- 
rendu),  année  1882,  p.  444,  n°  1413. 

36.  Précis  analytique  des  travaux  de  V Académie  des 
sciences,  belles-lettres  et  arts  de  Rouen  pendant  Vannée 
1880-1881.  Rouen,  1882.  {Compte -rendu),  année  1882, 
p.  600-601,  n°M 891-1 894. 

Un  procès  en  nullité  de  mariage  en  1553,  par  M.  Gh.  de  Beaure- 
paire.  —  Pierre  de  Bréauté,  par  M.  Duranville. 

37.  Etude  sur  le  droit  celtique,  le  Senchus  môr,  par  H. 
d'Arbois  de  Jubainville.  Paris,  1881,  in-8".  {Coynpte-rendu), 
année  1882,  p.  700-701,  n°2715. 

38.  Saint  Eucher.  Lérins  et  V  église  de  Lyon  au  F«  siècle, 
par  le  P.  André  Gouilloud.  Lyon,  1881,  in-8°.  {Compte-rendu), 
année  1882,  p.  718-719,  n°  2738. 

6.  La  CHANSON  DE  RoLAND,  poème  de  Théroulde.  Texte 

critique  accompagné  d'une  traduction,  d'une  intro- 


duction  et  de  notes  par  Fr.  Génin.  Paris,  Imprime- 
rie nationale,  1850,  in-8°,  1  vol.  de  clxxv-560  p. 

39.  On  doit  à  Jules  Tardif  dans  ce  volume  la  lecture  du  frag- 
ment d'une  homélie  sur  le  prophète  Jonas,  écrite  en  notes  tiro- 
niennes  (x*"  siècle),  p.  465-487  et  planche. 

III. 
TRAVAUX  INÉDITS. 

40.  Lexicon  tironianum,  ex  GruteHana  necnon  Carpen- 
teriana  collect.  genuino  ordine  constructum,  cura  et  studio 
L.-J.-A.  Tardif,  scholae  dipl.  alumni.  Lutetiae  Parisiorum, 
cb.  b.  ccc.  xxxx.  viiii,  in-4"  à  2  col.  de  302  p. 

41.  Etudes  sur  les  institutions  politiques  et  administra- 
tives de  la  France. 

Cf.  n°  5. 

42.  Arrêtés  du  Conseil  exécutif  et  du  Comité  de  Défense 
générale,  précédés  d'une  introduction. 

43.  Traduction  du  Vendidad,  comprenant  le  texte  zend, 
une  transcription  en  caractères  romains,  une  version  latine  et 
une  version  française,  in-4''. 

La  première  feuille  seule  tirée. 

44.  Traduction  des  plus  anciennes  hymnes  de  VAvesta 
{Gathas). 

Le  commencement  de  cette  traduction  est  en  état  d'être  imprimé. 

45.  Dictionnaire  zend. 
Nombreuses  notes. 

46.  Grammaire  du  dialecte  ourdou,  avec  double  trans- 
cription en  caractères  arabes  et  devanagaris. 

Travail  complètement  achevé. 

47.  Chrestomathie  du  dialecte  ourdou. 

Nombi'eux  matériaux. 

Eugène  Lelong. 


LE 

PLUS  ANCIEN  MANUSCRIT 

DU 

MIROIR  DE  SAINT  AUGUSTIN 


A  M.  Boucher  de  Molandon,  ancien  président  de  la  Société 
archéologique  et  historique  de  V  Orléanais. 

Bibliothèque  nationale,  26  août  1884. 
Mon  cher  confrère  et  ami, 

A  peine  rentré  à  Paris,  je  tiens  à  vous  remercier  de  l'accueil 
que  vous  et  plusieurs  membres  de  la  Société  archéologique  et  his- 
torique de  l'Orléanais  vous  avez  bien  voulu  me  faire  ces  jours 
derniers.  Je  ne  crois  pas  pouvoir  mieux  vous  témoigner  ma 
reconnaissance  qu'en  vous  annonçant  la  solution  d'un  problème 
bibliographique  qui  touche  directement  à  la  lamentable  histoire 
de  la  dispersion  des  manuscrits  de  Saint-Benoît-sur-Loire.  Cette 
solution  m'a  été  fournie  par  des  notes  prises  avant-hier  dans 
votre  château  de  Reuilly.  En  vous  la  communiquant,  j'acquitte 
bien  imparfaitement  une  dette  contractée  de  vieille  date  envers 
une  Société  que  vous  aimez  d'une  affection  vraiment  paternelle 
et  à  laquelle  je  m'honore  d'appartenir  depuis  une  trentaine 
d'années. 

Le  problème  dont  il  s'agit  est  en  apparence  assez  simple.  Il  se 
réduit  à  la  vérification  d'une  conjecture  récemment  émise  par 
M.  Hort,  professeur  à  l'université  de  Cambridge.  Voici  le  fait  : 

Le  manuscrit  nH6  du  fonds  Libri^  est  un  recueil  de  fragments 

1.  Les  mss.  15  et  16  du  fonds  Libri  sont  formés  de  feuilles  de  gardes  et  de 


-Î79 

plus  ou  moins  anciens,  que  j'ai  signalés  en  1883  comme  provenus 
de  nos  bibliothèques  françaises.  Pour  ce  motif,  le  gouvernement 
italien  s'est  abstenu  d'acquérir  le  n"  16  de  Libri,  donnant  ainsi  un 
exemple  de  probité  et  de  délicatesse  qui  sera,  n'en  doutons  pas, 
imité  par  tous  les  pays  civilisés. 

Le  second  fragment  du  recueil  consiste  en  treize  feuillets  qui 
peuvent  remonter  au  vin"  siècle  et  sur  lesquels  le  docteur  Cureton 
avait  jadis  reconnu  des  textes  d'une  ancienne  version  de  la  Bible. 
M.  Hort  a  constaté  que  ces  feuillets  contenaient  une  notable 
partie  du  Spéculum  de  saint  Augustin,  les  chapitres  xxvii-xxxii 
et  LVi-Lxii.  Cette  découverte  est  réellement  importante,  car  on 
n'avait  pas  encore  remarqué  une  aussi  ancienne  copie  du  Spécu- 
lum, ouvrage  sur  lequel  l'attention  vient  d'être  attirée  par  un 
mémoire  que  le  professeur  F.  Weihrich  a  soumis  en  1883  à  l'Aca- 
démie des  sciences  de  Vienne  ^ 

M.  Hort  n'a  pas  seulement  le  mérite  d'avoir  déterminé  le  con- 
tenu des  treize  feuillets  qui  forment  le  second  article  du  ms.  16  de 
Libri.  Par  de  très  ingénieux  rapprochements,  il  a  été  amené  à 
conjecturer  que  ces  mêmes  feuillets  doivent  être  le  texte  que  dom 
Sabatier-  a  cité  dans  les  termes  suivants  : 

Fragm.  ms.  Floriac.  —  Ms.  Floriac.  —  Ms.  Floriac.  n°  10.  —  Ms. 
Floriac.nM2  3. 


cahiers  fort  anciens  enlevés,  selon  toute  apparence,  dans  des  manuscrits  français. 

Le  n°  15  contient  cinq  fragments,  dont  la  réunion  constitue  un  volume  de 
26  feuillets.  Le  premier  fragment,  composé  de  quatre  feuillets,  a  l'ait  partie  d'un 
antiphonaire  de  l'abbaye  de  Fleuri-sur-Loire.  Sur  le  fol.  3,  entre  les  deux 
colonnes,  se  distingue  encore  assez  nettement  l'inscription  :  LIBER  SANCTI 
BENEDICTI,  dont  les  lettres  ont  été  tracées  verticalement  les  unes  au-dessous 
des  autres,  comme  on  le  remarque  dans  beaucoup  de  manuscrits  de  l'abbaye 
de  Fleuri. 

Dans  le  ms.  16,  qui  consiste  en  45  feuillets,  on  a  réuni  huit  fragments,  tous 
en  onciale  ou  en  demi-onciale. 

l.'Das  Spéculum  des  H.  Augusiinus  und  seine  haudschri/lUcke  Ueberliefe- 
runrj  von  Prof.  D-^  F.  Weihrich.  Wien,  1883,  in-8°  de  34  p.  (Extr.  de  Sitzungs- 
berichte  der  phil.-hist.  Classe  der  Kais.  Akademie  der  Wissenschaflen,  CIII, 
1,  33-G4).  —  Sur  le  Spéculum  de  saint  .\ugustin,  voyez  aussi  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes,  année  1879,  t.  XL,  p.  43  et  259,  et  mes  Mélanges  de  paléo- 
graphie et  de  bibliographie,  p.  367. 

2.  BibUorum  sacrorum  latinx  versiones  antiqux  seu  velus  ifalica.  Reims, 
1743-1749.  3  volumes  in-folio. 

3.  M.  Hort  a  constaté  que  dom  Sabatier,  quand  il  cite  le  manuscrit,  ou  bien 


480 

In  Floriacensi  annorum  circiter  'HOO  inter  plura  Scripturse  frag- 
menta istud  habetur.  (Dom  Sabatier^  t.  I,  p.  73G  ;  Tobie,  XI,  7.) 

In  ms.  Floriac.  inter  plura  fragmenta  versionis  antiquœ.  (Dom 
Sabatier,  t.  I,  p.  873;  Job,  XXIII,  iO.) 

Fragmentum  Floriacense  venerandœ  antiquitatis.  (Dom  Sabatier, 
t.  III,  p.  942;  Épltre  de  saint  Jacques,  IV,  ii.) 

Ms.  Floriac.  litteris  uncialibus  exaratum.  (Dom  Sabatier,  t.  III, 
p.  549;  Actes  des  Apôtres,  XIV,  -14.) 

Quel  est  le  manuscrit  de  l'abbaye  de  Fleuri,  en  lettres  onciales, 
d'une  vénérable  antiquité,  où  dom  Sabatier  avait  relevé  plusieurs 
leçons  pour  son  édition  des  anciennes  versions  de  la  Bible  et  qui 
portait  au  xviii^  siècle  la  cote  10?  A  cette  question  posée  par 
M.  Hort,  j'avais  tout  d'abord  répondu  que  l'ancien  n°  10 de  Fleuri 
devait  être  le  recueil  porté  sous  le  n''  16  au  catalogue  des  manus- 
crits de  la  bibliothèque  d'Orléans,  recueil  qui  contient  actuelle- 
ment les  débris  de  onze  anciens  textes  bibliques  en  lettres 
onciales  S  et  dont  la  notice  détaillée  nous  sera  prochainement 
donnée  par  M.  Henri  Omont.  Telle  était  aussi  l'opinion  du  savant 
bibhothécaire  M.  Loiseleur,   qui  connaît  si  bien  l'histoire  des 


s'abstient  de  donner  un  numéro,  ou  bien  renvoie  au  n°  10,  que,  dans  un  pas- 
sage (t.  III,  p.  736;  seconde  épître  aux  Corinthiens,  IV,  11),  il  semble  rappor- 
ter au  IX'  siècle  :  «  Ms.  cod.  Floriac.  annorum  900.  »  —  Quatre  fois  seulement, 
il  indique  le  n°  12  :  «  Ms.  12  Floriac.  (t.  III,  p.  736  ;  seconde  épltre  aux  Corin- 
thiens, IV,  11);  Fragmentum  ms.  Floriac.  num.  not.  12,  annorum  fere  1100 
(ibid.,  t.  III,  p.  598;  épître  aux  Romains,  I,  24);  Fragm.  ms.  Floriac.  num. 
not.  12  (ibid.,  verset  25)  ;  Fragm.  ms.  Floriac.  num.  12  (ibid.,  p.  599,  verset  28).  » 

S'il  n'y  a  pas  dans  ces  quatre  dernières  citations  une  confusion  ou  une  erreur 
d'impression,  je  ne  sais  comment  expliquer  le  renvoi  au  ms.  12  de  Fleuri.  En 
effet,  le  ms.  12  de  Fleuri  est  celui  qui  porte  aujourd'hui  le  n°  28  dans  la  biblio- 
thèque d'Orléans,  et  il  ne  renferme  que  les  commentaires  de  Walafride  Strabon 
sur  le  Pentateuque  et  les  traités  de  Bède  sur  la  nature  des  choses  et  sur  les  temps. 

1.  Voici  l'indication  sommaire  des  livres  de  la  Bible  auxquels  appartiennent 
les  onze  fragments  contenus  dans  le  ms.  16  d'Orléans  : 

1,  II  el  III.  Fragments  des  livres  des  Rois. 

IV.  Fragments  de  l'Ecclésiaste,  du  Cantique  et  de  la  Sagesse. 

V  et  VI.  Fragments  d'Isa'ie. 

VII.  Fragment  de  Jérémie. 

VIII.  Fragment  d'Ézéchiel. 

IX.  X  et  XI.  Fragments  de  saint  Paul. 

Dans  le  second  de  ces  fragments,  sur  le  fol.  7  du  recueil,  nous  lisons  l'ins- 
cription :  SCI  BENEDICTI  ABBATl  FLORIACENSI,  disposée  verticalement  comme 
je  l'ai  fait  remarquer  pour  un  morceau  relié  dans  le  fonds  de  Libri,  n"  15. 


48^ 

collections  confiées  à  ses  soins  intelligents  et  dévoués.  Nous  en 
étions  toutefois  réduits  à  de  pures  conjectures.  La  preuve  directe 
que  le  manuscrit  16  d'Orléans  correspondait  à  l'ancien  n"  10  de 
Fleuri  nous  échappait.  Cette  preuve,  je  l'ai  acquise  dans  la  réu- 
nion d'amis  et  de  confrères  à  laquelle  vous  m'aviez  convié,  avant- 
hier,  sous  vos  beaux  ombrages  de  Reuilly. 

L'un  de  vos  hôtes,  M.  Tranchau,  qui  rend  avec  une  exquise 
modestie  tant  de  services  à  notre  Société  archéologique,  avait  été 
vivement  ému  d'un  regret  que  j'avais  exprimé  l'an  dernier  sur  la 
disparition  des  anciens  catalogues  de  la  bibliothèque  de  Fleuri*. 
J'en  avais  signalé  deux  :  le  premier  dans  la  collection  de  Libri, 
qui  l'indique  ainsi  sous  le  n°  1345  :  «  Bibhotheca  manuscripta 
Floriacensis,  manuscrit  sur  papier,  in-folio  du  xviif  siècle, 
1720;  »  le  second,  dans  les  archives  de  notre  Société  archéolo- 
gique, à  laquelle  il  avait  été  donné  par  M.  Jacob.  Le  premier  s'est 
trouvé  en  déficit  lors  de  l'arrivée  des  manuscrits  de  Libri  à 
Ashburnham  Place  ;  il  n'est  pas  téméraire  de  supposer  que  Libri  a 
eu  intérêt  à  le  supprimer.  La  perte  du  second  était  plus  difficile  à 
expliquer.  Tout  portait  à  croire  qu'il  était  simplement  égaré  et 
qu'un  heureux  hasard  le  ferait  retrouver.  Le  mérite  d'avoir  mis 
la  main  sur  le  fugitif  revient  à  M.  Tranchau,  qui  l'a  découvert  en 
rétablissant  l'ordre  dans  des  cartons  précipitamment  déménagés 
lors  de  l'installation  de  la  Société  à  l'ancienne  salle  des  thèses  de 
l'université  d'Orléans.  M.  Tranchau,  qui  savait  quel  prix  j'atta- 
chais au  catalogue  des  manuscrits  de  Fleuri,  m'avait  réservé  la 
primeur  de  sa  trouvaille.  Est-il  besoin  de  vous  exprimer  mon 
étonnement  et  ma  satisfaction  à  la  vue  d'un  cahier  du  xviii'' siècle 
intitulé  :  Notice  des  manuscrits  de  Vabbaye  de  Saint- 
Benoist-sur-Loire,  1763?  Vous  avez  vous-même  éprouvé  ces 
sentiments  au  moment  où  la  découverte  vous  fut  annoncée. 

Le  précieux  cahier  dont  la  vue  causa  tant  de  joie  à  vous  et  à 
vos  hôtes  paraît  contenir  la  substance  du  catalogue  que  dom 
Chazal  avait  rédigé  en  1720  ou  1724.  Il  est  malheureusement 
incomplet  :  les  notices  s'y  arrêtent  au  n°  209,  et  nous  savons  qu'il 
devait  y  en  avoir  266.  Mais  la  lacune  ne  porte  pas  sur  le  point 
que  nous  avons  intérêt  à  éclaircir  en  ce  moment. 

En  possession  du  catalogue  des  manuscrits  de  Saint-Benoît 

1.  Notices  et  extraits  des  manuscrits,  XXXI,  I,  358.  —  (Notice  sur  plusieurs 
manuscrits  de  la  bibliothèque  d'Orléans,  p.  2.) 


482 

dressé  ou  plutôt  copié  en  1763,  mon  premier  mouvement  fut 
d'aller  au  n°  10.  Du  premier  coup  d'œil  je  constatai  que  l'ancien 
n°  10  de  Fleuri  correspond  au  n"  16  du  classement  actuel  des 
manuscrits  d'Orléans.  Vous  pourrez  vous  en  convaincre  en  com- 
parant la  notice  que  le  catalogue  du  xviii«  siècle  consacre  au 
ms.  10  de  Fleuri  avec  la  notice  par  laquelle  le  ms.  16  d'Orléans  est 
représenté  dans  le  catalogue  de  Septier.  Je  mets  en  regard  les 
deux  notices  : 


Ms.  -10  DE  Fledri, 
suivant  le  Catalogue  du  xviii®  5. 


Voicy  un  des  plus  anciens  ma- 
nuscrits qui  sont  conservés  dans 
la  bibliothèque  de  Saint-Benoît. 
11  consiste  dans  une  collection  de 
plusieurs  fragmens  d'ouvrages 
copiés  depuis  plus  de  mille  ans. 
Ces  fragmens  sont  extraits  de 
plusieurs  livres  de  l'Écriture,  tant 
de  l'Ancien  que  du  Nouveau  Tes- 
tament. La  dernière  pièce  a.  plus 
d'onze  cens  ans  d'antiquité,  dont 
le  caractère  est  de  lettres  unciales 
et  quarrées.  Ces  morceaux,  qui 
étoient  épars  dans  différens  ma- 
nuscrits, ont  été  rassemblés  par 
dom  François  Chazal,  qui  a  tra- 
vaillé sur  ces  manuscrits  et  qui 
a  fait  l'Histoire  de  Saiiit-Benoisl 
sur  les  titres  de  cette  maison. 

Il  est  donc  établi  par  un  témoignage  positif  que  le  manuscrit  16 
d'Orléans  répond  au  n°  10  de  l'ancien  fonds  de  Fleuri.  A  la  vérité, 
on  ne  trouve  plus  dans  le  n^^  16  d'Orléans  les  textes  que  dora 
Sabatier  a  tirés  du  ms.  10  de  Fleuri  pour  la  restitution  de  diffé- 
rents passages  des  anciennes  versions  de  la  Bible.  Mais,  quand 
on  se  rappelle  les  mutilations  précédemment  signalées  dans  beau- 


Ms.  i  6  d'Orléaxs, 

suivant  le  Catalogue  de  Septier, 

page  43. 
Collectio  diversorum  fragmento- 
rum,  tam  antiqui  quam  novi 
Testamenti.  In-folio,  44  p. 
Ce  manuscrit,  un  des  plus  an- 
ciens de  ceux  qu'on  a  conservés 
dans  la  bibliothèque  de  Saint- 
Benoît,  consiste  dans  une  collec- 
tion de  plusieurs  fragmens  d'ou- 
vrages copiés  dans  le  vni«  siècle. 
Ces  fragmens  sont  extraits  de 
plusieurs  livres  de  PÉcriture 
sainte,  tant  de  l'Ancien  que  du 
Nouveau  Testament.  J/écriture 
de  la  dernière  pièce,  en  lettres 
onciales  et  carrées,  paroît  être  du 
vii'=  siècle.  Tous  ces  fragmens 
sont  sur  vélin  ;  l'écriture  de  plu- 
sieurs est  maculée. 


coup  de  manuscrits  d'Orléans,  on  peut  admettre  sans  peine  que  le 
ms.  16  a  été,  lui  aussi,  mutilé,  et  que  le  vol  a  porté  sur  les  feuil- 
lets employés  par  dom  Sabatier.  C'est  encore  là  une  hypothèse. 
Voyons  s'il  y  a  moyen  d'en  vérifier  l'exactitude. 

M.  Loiseleur,  à  l'obligeance  duquel  je  n'ai  jamais  vainement 
recouru,  a  bien  voulu  m'informer  que  le  volume  auquel  nous  nous 
intéressons  figure  sur  un  inventaire  très  abrégé  des  manuscrits 
de  Fleuri  dressé  en  1796  par  l'abbé  Carré,  et  que  suivant  cet 
inventaire  ledit  manuscrit  se  composait  de  44  feuillets.  Aujour- 
d'hui le  ms.  16  d'Orléans  n'a  plus  que  32  feuillets;  il  en  a  donc 
perdu  une  douzaine  depuis  le  temps  de  l'abbé  Carré. 

Ainsi,  le  fait  de  la  mutilation  est  incontestable.  Reste  à  en 
déterminer  la  nature.  Pour  éclaircir  cette  partie  du  problème, 
nous  n'avons  qu'à  ouvrir  le  tome  III  de  Y  Histoire  littéraire  de 
la  France,  nous  y  lirons  à  la  p.  58  une  notice  intitulée  :  ANO- 
NYME AUTEUR  ECCLÉSIASTIQUE,  notice  dont  la  matière  a 
été  fournie  à  dom  Rivet  par  des  débris  qui,  disait-il  en  1735,  «  se 
«  trouvent  dans  la  bibliothèque  de  Fleuri  entre  plusieurs  autres 
«  fragments  d'anciens  manuscrits  dans  un  même  volume  mar- 
«  que  du  nombre  10.  Dom  François  Chazal,  homme  fort  studieux 
«  et  prieur  de  ce  monastère,  les  ayant  aperçus,  partie  collés  aux 
«  couvertures  d'autres  manuscrits,  partie  ensevelis  dans  là  pous- 
«  sière,  les  ramassa  précieusement  et  en  fit  un  recueil.  » 

Voici  les  termes  mêmes  de  l'article  de  dom  Rivet  : 

Toute  la  connoissance  qu'on  a,  et  peut-ôlre  qu'on  doit  espérer 
d'avoir  de  cet  auteur  inconnu  jusqu'ici,  se  prend  de  quelques  débris 
d'un  de  ses  ouvrages.  Encore  n'y  trouve-t-on  ni  son  nom  ni  rien  qui 
détermine  précisément  sa  patrie,  son  état  et  le  temps  où  il  vivoit. 
On  ne  laisse  pas  toutefois  d'en  tirer  des  indices  suffisants  pour  le 
compter  au  nombre  de  n^s  écrivains  et  le  placer  vers  les  premières 
années  du  vi'=  siècle.  Ces  débris,  d'une  part,  paroissent  avoir  fait  partie 
de  l'original  même  de  l'ouvrage,  et  se  trouvent  en  France,  ce  qui 
forme  une  puissante  présomption  que  Fauteur  étoit  né  ou  habitué 
dans  le  même  pays.  De  l'autre,  l'antiquité  de  l'écriture,  qui  est  en 
lettres  onciales  et  qui  remonte  au  delà  d'onze  cents  ans,  nous  ramène 
fort  près  de  l'époque  que  nous  avons  fixée.  Enfin  l'ancienne  version 
de  l'Écriture  sainte  qu'y  suit  l'auteur  ne  permet  pas  de  le  placer  plus 
lard. 

Il  ne  nous  reste  de  cet  ouvrage  que  douze  chapitres  entiers,  avec 


484 

des  fragments  de  deux  à  trois  autres  ;  mais  on  y  voit  qu'il  en  conte- 
noit  au  moins  soixante-huit.  Ce  reste  ne  commence  qu'au  chapitre  29'"®, 
et  montre  que  c'étoit  un  traité  fait  à  l'invitation  et  sur  le  modèle  du 
troisième  livre  de  l'écrit  de  saint  Gyprien  intitulé  :  Des  témoignages. 
On  pourroit  lui  donner  le  même  titre,  et  peut-être  le  portoit-il  en  tête. 

Notre  anonyme,  comme  saint  Gyprien,  entreprend  de  traiter  divers 
points  de  morale  et  de  discipline  qu'il  range  sous  différents  chapitres 
et  qu'il  prouve  par  des  passages  choisis  de  l'Ecriture  qui  y  ont  rapport. 

Dans  le  29«  chapitre,  il  établit  que  Dieu  ne  demeure  point  dans 
ceux  qui  s'écartent  de  l'observance  de  ses  commandements.  Dans  le 
30%  que  le  serviteur  de  Dieu  ne  doit  point  se  laisser  abattre  par  les 
médisances  des  méchants.  Dans  le  SJ",  qu'il  ne  faut  point  médire.  Le 
32*'  est  destiné  à  parler  de  la  correction  et  de  la  manière  de  la  faire 
et  de  la  recevoir. 

L'auteur  emploie  le  59®  à  prouver  qu'on  est  obligé  par  précepte  de 
la  loi  de  payer  à  l'église  des  dîmes  et  de  lui  donner  les  prémices  de 
ses  fruits  ou  de  tout  autre  chose.  Il  montre  dans  le  60"  que  l'on  doit 
avoir  une  attention  particulière  à  corriger  les  enfants.  Il  établit  dans 
le  (î^«  qu'il  faut  s'attacher  à  l'exemple  et  à  la  doctrine  des  saints. 
Dans  le  62',  il  prouve  qu'il  faut  éviter  toute  usure.  Dans  le  63%  qu'il 
est  presque  impossible  qu'un  marchand  se  défasse  de  Fhabitude  du 
mensonge.  Dans  le  64*^,  qu'il  faut  bien  se  donner  de  garde  d'user  de 
faux  poids.  Dans  le  67%  que  c'est  le  Seigneur  qui  a  créé  les  ténèbres. 
Enfin  le  68'^  est  employé  à  traiter  de  l'homicide  commis  par  hasarda 

Il  y  avoit  aussi  un  chapitre  sur  la  résurrection,  comme  le  font 
juger  quelques  passages  de  l'Écriture  sur  ce  sujet;  mais  ce  chapitre 
se  trouve  sans  titre. 

Nous  avons  cru  devoir  entrer  dans  ce  détail,  afin  de  mieux  faire 
connoitre  un  ouvrage  enseveli  jusqu'ici  dans  la  poussière,  d'où  appa- 
remment il  ne  sortira  jamais  pour  passer  dans  le  public,  à  moins 
qu'on  ne  recouvre  ce  qui  y  manque. 

Des  énonciations  de  dom  Rivet,  il  résulte  qu'un  des  fragments 

1.  Il  s'est  glissé  quelque  désordre  dans  les  notes  d'après  lesquelles  a  travaillé 
dom  Rivet.  Les  chapitres  qu'il  indique  sous  les  n°'  lx-vii  et  lxviii  devaient  être 
en  réalité  les  chapitres  lvii  et  lviii.  Cela  résulte  de  ce  qui  va  être  dit,  dans  un 
instant,  des  rubriques  du  Spéculum  de  saint  Augustin.  —  On  peut  aussi  admettre 
qu'il  y  avait  une  interversion  dans  l'ordre  des  feuillets  recueillis  par  dom  Cha- 
zal.  Peut-être  même  l'interversion  existe-t-elle  encore  dans  le  ms.  16  de  Libri. 
Cela  semble  résulter  de  la  lettre  du  docteur  Hort  que  je  cite  en  note  un  peu 
plus  loin. 


485 

du  ms.  10  de  Fleuri  contenait  une  quinzaine  de  chapitres  appar- 
tenant à  un  traité  beaucoup  plus  étendu  et  que  parmi  les  chapitres 
conservés  on  remarquait  les  suivants  : 

XXIX.  Que  Dieu  ne  demeure  point  dans  ceux  qui  s'écartent  de 
l'observance  de  ses  commandements. 

XXX.  Que  le  serviteur  de  Dieu  ne  doit  point  se  laisser  abattre  par 
les  médisances  des  méchants. 

XXXI.  Qu'il  ne  faut  pas  médire. 

XXXII.  De  la  correction  et  de  la  manière  de  la  faire  et  de  la  rece- 
voir. 

LVII.  Que  le  Seigneur  a  créé  l'^s  ténèbres. 

LVIII.  De  l'homicide  commis  par  hazard. 

LIX.  Qu'on  est  obligé  de  payer  les  dîmes  à  l'éghse. 

LX.  De  l'attention  à  corriger  les  enfants. 

LXI.  Qu'il  faut  s'attacher  à  l'exemple  et  à  la  doctrine  des  saints. 

LXII.  Qu'il  faut  éviter  toute  usure. 

LXIII.  De  riiabitude  du  mensonge  chez  les  marchands. 

LXIV.  Qu'il  ne  faut  pas  user  de  faux  poids. 

Rien  ne  saurait  être  plus  précis  que  de  telles  indications.  Rap- 
prochons-en les  rubriques  des  chapitres  xxix-xxxii  et  lvii-lxiv 
du  Spéculum  de  saint  Augustin  tel  que  Viguier  l'a  publié  en  1654 
et  1655  : 

XXIX.  Quod  non  maneat  Dominus  in  his  qui  a  prseceptis  devia- 
verint. 

XXX.  Non  superandum  servum  Dei  detractione  malorum. 

XXXI.  Non  detrahendura. 

XXXII.  De  correptione  et  disciplina. 
LVII.  Quod  tenebrœ  a  Deo  creatse  sunt. 
LVIII.  De  homicidio  casuali. 

LIX.  Décimas  et  primitias  frugum  vel  omnium  rerum,  prœccplo 
legis,  ecclesise  dari  oportere. 
LX.  Parvulos  emendandos  instanter. 
LXI.  Sanctorum  conversationi  et  tractui  adherendum. 
LXII.  Non  accipiendas  usuras. 
LXIII.  Quod  negotiator  mendacio  exui  non  possit. 
LXIV.  Dupiicia  pondéra  non  habenda  ^ . 

1.  Sandi  Auretii  Augusiini  operum  omnium  supplemenium,  éd.  Hierony- 
mus  Vignier,  t.  I,  p.  525-534. 

32 


486 

Le  rapprochement  qui  vient  d'être  fait  démontre  jusqu'à  l'évi- 
dence que  les  fragments  analysés  par  dom  Rivet  d'après  le  ms.  10 
de  Fleuri  appartenaient  à  un  exemplaire  du  Spéculum  de  saint 
Augustin.  Nous  pouvons  donc  maintenant  affirmer  que  les  feuillets, 
au  nombre  de  douze  ou  environ,  qui  manquent  aujourd'hui  dans 
le  ms.  16  d'Orléans,  étaient  un  morceau  d'un  exemplaire  du  Spé- 
culum de  saint  Augustin  et  qu'on  y  trouvait  notamment  les  cha- 
pitres xxix-xxxn  et  lvii-lxiv  de  cet  ouvrage. 

Ceci  posé,  retournons  au  ms.  16  de  Libri.  Le  second  des  mor- 
ceaux dont  il  se  compose  consiste  en  treize  feuillets,  qui,  suivant 
M.  le  docteur  Hort',  renferment  tout  ou  partie  des  chapitres 
xxvii-xxxir  et  lvii-lxiii  du  Spéculum  de  saint  Augustin. 

N'est-il  pas  évident  que  ces  treize  feuillets  sont  ceux  qui 
manquent  au  ms.  16  d'Orléans  ?  Les  critiques  qui  ont  l'habitude 
des  textes  du  moyen  âge  ne  sauraient  conserver  à  cet  égard  le 
moindre  doute. 

Je  n'insisterai  donc  pas  davantage  sur  une  identification  qui 
me  semble  incontestable,  et  je  me  bornerai  à  résumer  en  peu  de 
mots  les  points  que  je  crois  avoir  mis  hors  de  discussion. 

I.  Le  second  morceau  du  ms.  16  de  Libri  consiste  en  treize 
feuillets  d'un  très  ancien  exemplaire  du  Spéculum  de  saint 
Augustin. 

IL  Ces  treize  feuillets  se  trouvaient  reliés  au  xviii''  siècle  dans 
le  ms.  10  de  la  bibliothèque  de  Fleuri-sur-Loire. 

III.  Ils  ont  été  utilisés  par  dom  Sabatier  pour  son  édition  des 
anciennes  versions  latines  de  la  Bible. 

IV.  Dom  Rivet  les  a  analysés  dans  V Histoire  littéraire  de 
la  France,  sans  y  reconnaître  un  traité  de  saint  Augustin  et  en 
supposant  fort  arbitrairement  que  c'était  un  écrit  composé  en 
Gaule  au  commencement  du  vi"^  siècle. 

V.  Ces  feuillets  étaient  encore  en  place  en  1796,  quand  l'abbé 
Carré  dressa  un  inventaire  des  manuscrits  de  Fleuri  et  qu'il 
compta  44  feuillets  au  ms.  n°  10. 

1.  Voici  les  termes  mêmes  de  la  lettre  que  M.  le  docteur  Hort  a  bien  voulu 
m'écrire  le  25  juillet  dernier  :  «  ...  Unfortunately  the  13  leaves  contain  only 
ce.  [27],  [28],  [29],  30,  31,  132],  [ôS],  57,  58,  59,  60,61,  62,  [63j .  They  are  deri- 
ved  from  three  quaternions,  being  the  last  leaf  but  two  in  one  quaternion  (this 
leaf  is  now  bound  up  last),  Ihe  three  ouler  sheets  of  the  next  quaternion,  and 
the  three  inner  sheets  of  a  much  later  quaternion  (the  hrst  estant  leaf  of  this 
quaternion  is  now  bound  up  last  but  one).  » 


487 

VI.  Ils  devaient  encore  s'y  trouver  en  1820,  quand  l'abbé 
Septier  assigna  le  n°  16  au  manuscrit  précédemment  coté  10  et 
nota  qu'il  se  composait  de  44  pages  (c'est-à-dire  44  feuillets). 

Telles  sont  les  observations  que  j'ai  cru  devoir  vous  présenter 
sur  un  des  plus  précieux  morceaux  dont  votre  bibliothèque  d'Or- 
léans a  été  dépouillée.  La  communication  vous  en  était  bien  due  : 
c'est,  en  effet,  chez  vous,  c'est  grâce  à  vous  et  à  vos  amis,  que 
j'ai  recueilli  des  notes  suffisantes  pour  établir  l'origine  du  plus 
ancien  exemplaire  connu  du  Speculwyi  de  saint  Augustin,  et 
pour  confirmer  la  judicieuse  hypothèse  du  docteur  Hort  sur  le 
caractère  de  la  seconde  pièce  du  ms.  16  de  Libri. 

Voilà  bien  et  dûment  restitué  à  l'histoire  littéraire  de  Saint- 
Benoît-sur-Loire  un  morceau  de  littérature  ecclésiastique  que  les 
fraudes  de  Libri  semblaient  avoir  rendu  méconnaissable.  Je 
m'applaudis,  mon  cher  confrère  et  ami,  de  pouvoir  placer  cette 
restitution  sous  vos  auspices  et  d'avoir  ainsi  l'occasion  de  vous 
exprimer  publiquement  mes  sentiments  de  haute  considération  et 
d'affectueux  dévouement. 

P.~S.  —  Après  avoir  pris  connaissance  de  la  lettre  qui  pré- 
cède, M.  Hort  a  bien  voulu  me  communiquer  les  résultats  défini- 
tifs de  son  examen  des  fragments  du  Miroir  de  saint  Augustin, 
jadis  compris  dans  le  ms.  10  de  Fleuri  (devenu  le  ms.  16  de  la 
bibliothèque  d'Orléans)  et  aujourd'hui  reliés  dans  le  ms.  16  du 
fonds  Libri. 

Ces  fragments  se  composaient  au  xviii^  siècle  de  quinze  feuil- 
lets, appartenant  à  trois  cahiers  différents,  savoir  : 

\°  Le  sixième  feuillet  d'un  cahier,  contenant  le  chapitre  xxvri  du 
Miroir.  —  Aujourd'hui  fol.  -15  du  ms.  IG  de  Libri. 

2°  Les  huit  feuillets  du  canier  suivant,  contenant  les  chapitres  xxviii- 
XXXII  du  Miroir.  —  Les  feuillets  4  et  5  du  cahier  ont  disparu  depuis 
l'époque  où  dom  Sabatier  en  a  fait  usage.  Les  feuillets  -1,  2,  3,  6,  7 
et  8  forment  aujourd'hui  les  fol.  3,  4,  5,  6, 7  et 8  du  ms.  \(S  de  Libri. 

3°  Les  feuillets  2,  3,  4,  5,  0  et  7  d'un  troisième  cahier  contenant 
les  chapitres  lvi-lxiiii  du  Miroir.  Ces  feuillets  sont  ceux  qui  portent 
les  n°^  ^14,  9,  -10,  Li,  12  et  -13  du  ms.  \(j  de  Libri. 

Léopold  Delisle. 


CATALOGUE 

DU  FONDS  BOURRÉ 

A  LA  BIBLIOTHÈQUE  NATIONALE* 

{Suite.) 


804.  —  «  Charges  tant  ordinaires  qu'extraordinaires  qu^il  convient 
appointer  au  trésorier  des  guerres,  pour  l'année  commençant  le  pre- 
mier jour  de  janvier  mil  GGGG  LXXII.  »  P.  '1 06-^09. 

805.  —  -12  janvier  [^473].  Perpignan.  —  Lettre  missive  de  Josse- 
lin  (Du  Bois  ?)  à  Bourré,  le  priant  de  demander  au  roi  des  secours  en 
hommes  et  en  argent  pour  le  Roussillon,  où  il  ne  lui  reste  plus  que 
quatre  ou  cinq  places  -.  K  95. 

806.  —  [^  473.]  —  «  Semble  que  le  roy  peut  prendre  pour  le  siège  de 
Perpignan  les  gens  d'armes  qui  s'ensuivent...  »  K  ^00. 

807.  —  [U73.]  —  Demande  faite  par  les  hommes  d'armes,  qui 
ont  servi  le  roi  dans  Perpignan,  de  20  écus  à  chacun,  pour  aller 
rejoindre  leurs  capitaines.  K  97. 

808.  —  [-1473.]  —  Rapport  sur  la  situation  du  Roussillon.  K  98. 

809.  —  [1473.]  —  Reconnaissance  d'une  dette  de  1111^  1.  xii  s.  t. 
envers  Pierre  Touchet,  greneticr  du  grenier  à  sel,  qui  avait  fourni 
ladite  somme,  sur  l'ordre  de  Pierre  de  Refuge,  général  des  finances, 
pour  l'armée  de  Roussillon.  K  74. 

1.  Voyez  t.  XLIV,  année  1883,  pp.  2G  et  301. 

2.  CeUe  pièce,  comme  la  plupart  de  celles  qui  suivent,  se  rapporte  à  la  révolte 
qui  éclata  au  commencement  de  l'année  1473  en  Roussillon  contre  la  domination 
française,  à  l'instigation  du  roi  d'Aragon,  Jean  II,  et  à  l'expédition  que  Louis  XI 
dut  organiser  pour  secourir  les  troupes  d'occupation  de  cette  province. 


489 

810.  —  [1473.]  —  Lettre  de  Pierre  de  Refuge,  général  des  finances, 
à  la  Chambre  des  comptes,  pour  lui  signifier  qu'il  a  pris  sur  la  recette 
de  Pierre  Touchet,  grenetier  du  grenier  à  sel  de  Perpignan,  une 
somme  de  iiii^  1.  xii  s.  t.  pour  le  paiement  des  gens  d'armes  de  Rous- 
sillon.  K  75. 

811.  —  [1 473.]  —  Demande  à  Louis  XI  des  gages  des  gens  dVmcs 
enfermés  dans  Perpignan.  M  88. 

812.  —  U  janvier  [1473].  Le  Pontereau.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  27. 

813.  —  -14  janvier  [4473].  Le.  Pontereau.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  30. 

814.  —  [-1473.]  —  «  Semble  à  messire  Pierre  de  Peralte  et  à  mes- 
sire  Caries  d'Ons  que  incontinent  que  Ton  aura  trois  cens  lances  et 
les  archiers,  que  l'on  les  doit  faire  descendre  dedens  les  lices,  qui 
sont  dehors  le  chasteau,  et  adonc  viendra  grant  peuple  de  la  ville 
pour  parlementer,  et  semble  que  par  ce  moien  on  les  pourra  avoir 
sans  piller,  et,  s'ilz  ne  veulent  parlementer  ny  entendre,  que  on  ne 
les  doit  point  esparnier,  et  peut  on  voir  à  l'ueil  ce  qui  sera  à  faire.  « 
0  68. 

815.  —  [-1473.]  —  «  Vadia  cappitaneorum  et  custodum  castrorum 
platearum  regiarum  comitatuum  predictorum  Rossilionis  et  Cerita- 
nie.  »  P  29,  30. 

816.  —  -18  février  4473.  Plessis  du  Parc.  —  Engagement  pris  par 
Louis  XI  de  faire  tenir  compte  à  Jean  Brironnet  d'une  somme  de 
2,500  écus  d'or,  remise  la  veille  au  roi  par  celui-ci.  0  35. 

817.  —  20  février  1473.  Plessis  du  Parc.  —  Mandement  de 
Louis  XI  à  Jean  Briçonnet,  receveur  général  des  finances,  de  payer 
à  Navarrot  d'Anglade  une  somme  de  600  1.  t.,  pour  se  faire  guérir 
d'une  maladie.  0  35. 

818.  —  6  mars  [1473].  —  Lettre  par  laquelle  le  maréchal  de  Com- 
minges  annonce  à  Louis  XI  qu'il  a  levé  des  hommes  d'armes  en  Dau- 
phiné,  et  convoqué  les  états  de  la  province,  pour  voter  les  subsides 
nécessaires  à  leur  entretien.  D  -161. 

819.  —  [1473.]  —  Lettres  de  Louis  XI  mandant  à  MM.  de...  et 
de  Châteauneuf  de  faire  équiper  200  lances  et  de  les  conduire  en 
Roussillon.  J  78. 


490 

820.  —  ['1473.]  —  «  C'est  ce  qui  a  semblé  pour  la  despence  que 
se  doit  faire  pour  le  siège  de  Le[ctoure  ?]  ^  »  H  f  2. 

821.  —  [^473,  avant  le  mois  d'avril.]  —  Lettre  de  Tanneguy  du 
Ghâtel,  contenant  copie  d'une  lettre  missive  de  Louis  XI  à  Du  Lau.  D  4. 

822.  —  [-1 473.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  «  son  amé  et  féal.  » 
J  78  V". 

823.  —  9  mars  [1473].  Montils-lez-Tours.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Du  Lau.  K  81  et  83. 

824.  —  9  mars  [^473].  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  aux  habi- 
tants de  Perpignan.  K  89. 

825.  —  9  mars  [U73].  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  au  sénéchal 
de  Roussillon.  G  '129. 

826.  —  Mercredi  -17  mars  [^473?].  Pont-Audemer.  —  Lettre  de 
Louis  d'Estouteville  à  Bourré,  pour  le  prier  de  venir  à  Pont-Audemer, 
où,  à  l'occasion  d'une  demande  en  réduction  de  tailles,  a  éclaté  une 
révolte,  à  laquelle  s'est  associé  Jean  Graindorge,  curé  de  Honne- 
ville-sur-le-Bec^.  E  33. 

827.  —  -17  mars  [^473].  Montreuil-Bellay.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Tanneguy  du  Ghâtel.  D  20. 

828.  —  [4473.]  —  Défense  faite  par  Louis  XI  à  Bourré  de  payer 
les  gens  de  M.  de  Gomminges,  qui  avaient  abandonné  leur  service  3. 
A  2. 

1.  Ce  qui  me  fait  croire  qu'il  s'agit  de  Lectoure,  et  du  siège  terminé  par  la 
prise  de  celle  ville,  le  6  mars  1473,  c'est  que  dans  cet  acte  il  est  question  d'un 
premier  siège  subi  par  la  ville  l'année  précédente,  et,  en  effet,  la  ville  avait  été 
assiégée  en  1472,  et  prise,  mais  par  le  comte  d'Armagnac. 

2.  Les  années  1473  et  1479  sont  les  seules  du  règne  de  Louis  XI,  avec  l'année 
1462,  où  le  17  mars  tombe  un  mercredi;  mais,  en  1462,  Bourré  n'avait  absolu- 
ment aucun  droit,  aucun  titre  à  être  qualifié  comme  il  l'est  ici  «  Monseigneur  le 
Trésorier,  »  titre  qui  ne  lui  appartient  officiellement  qu'à  partir  du  4  septembre 
1474  ;  nous  en  avons  bien  trouvé  des  exemples  antérieurement  à  cette  dernière 
date,  mais  aucun  remontant  à  l'année  14G2,  et  d'ailleurs,  en  cette  même  année, 
son  autorité  était  loin  d'être  assez  grande  pour  qu'on  pût  croire  à  l'elficacité 
de  son  intervention  en  cas  d'émeute;  l'année  1479  pourrait  paraître  préférable, 
Bourré  ayant  été  en  1473  occupé  trop  loin  de  la  Normandie,  pour  qu'on  ait  pu 
avoir  l'idée  de  s'adresser  à  lui  à  l'occasion  d'événements  qui  se  passaient  dans 
cette  dernière  province.  Les  années  1484  et  1490,  du  règne  de  Charles  VIII, 
sous  lequel  Bourré  avait  conservé  toute  son  influence,  pourraient  convenir 
également. 

3.  Les  hommes  d'armes  levés  par  le  maréchal  de  Comminges  en  Dauphiné 
avaient  sans  doute  profité  de  sa  mort,  survenue  en  juin  1473,  j^our  se  disperser. 


mi 

829.  —  [U73.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à  M.  de  Bézeluc. 
I  68  v". 

830.  —  30  avril  [-1473].  Tours.  —  Lettre  de  Tilhart  à...,  lui  annon- 
çant que,  pour  subvenir  aux  dépenses  de  l'expédition  de  Roussillon, 
le  roi  ordonne  la  levée  en  Languedoc  d'un  subside  de  20,  30  ou 
40,000  francs.  K  99. 

831.  —  -l^'  mai  4473.  —  «  Touchant  les  xxx""  francs  ordonnez 
pour  l'armée  de  Perpeignan...  »  K  86. 

832.  —  4473.  —  Lettres  par  lesquelles  Louis  XI  mande  à 

Jean  de  Bourbon,  évêque  du  Puy,  au  duc  de  Bourbon  et  d'Auvergne, 
gouverneur  de  Languedoc,  au  sire  de  Gharlus,  à  Pierre  de  Refuge  et 
à  tous  les  généraux  des  finances  de  Languedoc  de  lever  sur  ledit  pays, 
sans  convoquer  les  états,  tous  les  deniers  nécessaires  pour  le  recou- 
vrement du  Roussillon,  qui  est  plus  long  et  plus  difficile  qu'on  ne 
l'avait  cru  d'abord.  K  85. 

833.  — -1473.  —  Lettres  par  lesquelles  Louis  XI  mande  à 

l'évêquc  du  Puy,  Jean  de  Bourbon,  au  duc  de  Bourbon  et  d'Auvergne, 
gouverneur  de  Languedoc,  au  sire  de  Gharlus,  à  Pierre  de  Refuge  et 
à  Loys  Nyvart,  de  lever  sur  le  pays  de  Languedoc  30,000  1.  t.  en  sus 
des  sommes  ordonnées  pour  l'année,  sans  convoquer  les  états,  afin 
de  subvenir  aux  dépenses  de  la  campagne  de  Roussillon,  alors  envahi 
par  les  troupes  de  Jean  d'Aragon.  K  84. 

834.  —  21  mai  4473,  —  Reçu  donné  par  Jean  Maunoir,  commis 
par  le  roi  au  paiement  de  l'armée  de  Roussillon,  dune  somme  de 
300  1.  t.  à  lui  prêtée  par  l'égUse  de  Narbonne.  K  73. 

835.  —  28  mai  [1473].  Toulouse.  —  Lettre  de  Loys  Nyvart  à 
Bourré,  au  sujet  des  subsides  levés  en  Languedoc,  à  l'occasion  de  la 
campagne  de  Roussillon.  K  92. 

836.  —  Demande  des  iiabitants  d'Amboise  à  Bourré,  pour  qu'il 
leur  obtienne  la  permission  de  construire  une  nouvelle  église,  vu  que 
celle  de  Saint-Florentin  n'est  plus  publique,  mais  réservée  au  châ- 
teau, et  que  celle  de  Saint-Simonne  peut  contenir  que  le  sixième  des 
habitants'.  F  28. 

837.  —  8  juin  [-1473].  Montpelher.  —  Lettre  de  Loys  Nyvart  à 
Bourré,  pour  lui  annoncer  l'envoi  de  17,000  fr.,  sur  les  30,000  qui 

1.  Des  lettres  patentes  du  7  juin  1473  contiennent  l'autorisation  demandée. 
C.  Clievalier,  Inventaire  analytique  des  archives  d'Amboise,  p.  340. 


492 

avaient  été  imposés  extraordinairement  en  Languedoc',  pour  l'expé- 
dition de  Roussillon.  K  93. 

838.  —  Lettre  de  Gaucourt  à  Bourré  pour  lui  recommander  les 
dames  de  Longchamp<.  E  7. 

839.  —  -12  juin  U73.  Amboise.  —  «  Parties  ordonnées  parleroy 
estre  mis  sus  en  ceste  présente  année,  ou  pays  de  Normandie.  »  0  97. 

840.  —  5  juillet  U73.  —  Attestation  fournie  par  Jean  Bourré, 
que  Philippe  de  Gommines,  seigneur  de  Roscures  (Revescure) ,  a  reçu 
deLoys  Nyvart,  trésorier  et  receveur  général  de  Languedoc,  la  somme 
de  2,89-1  1.  14  s.  2  d.  t.,  payement  fait  audit  Gommines,  le  30  sep- 
tembre <  472.  H  84. 

841.  —  7  juillet  -1473.  Amboise.  —  Mandement  de  Louis  XI  à 
Jean  Briçonnet  de  payer  à  Gharles  de  Gaucourt  une  somme  de 
3,000  1.  t.  H  86. 

842.  —  r"'  août  [-1473].  Narbonne.  —  Lettre  de  Pierre  de  Refuge 
et  de  Loys  Nyvart  à  Bourré  et  au  s'  de  Gaucourt,  pour  les  engager  à 
venir  à  Gabestain,  où  il  n'y  a  pas  de  danger  de  peste,  quoi  qu'on  en 
ait  dit.  B  9. 

843.  —  5  août  [-1473].  Montpellier.  —  Lettre  de  Pierre  de  Refuge 
à  Bourré,  sur  l'envoi  de  commissaires  en  Roussillon,  parmi  lesquels 
Loys  Gorbie,  «  qui  est  ung  bien  notable  docteur.  »  E  6-1 . 

844.  —  Requête  des  états  du  bas  pays  d'Auvergne  à  M.  de  Grus- 
sol,  relativement  à  des  questions  de  tailles  et  d'impôts  2.  M  22. 

845.  —  Lettres  de  rémission  accordées  par  Louis  XI  à  Joseph  et 
Polite,  de  Montmorillon,  hommes  d'armes  de  la  compagnie  de  M.  de 
Grussol,  que  le  Parlement  avait  condamnés  à  une  amende  de  lx  1. 
1 67  v". 

846.  — [1473.]  —  ce  Sur  la  despence  faicte...  de  Rouxillon, 

depuis  l'allée  de  monseigneur  de  Gaucourt  et  de  Bourré,  Jean  de  Beaune 
et  Jean  Briczonnet  ont  baillé.  »  I  22. 

847.  —  3  août.  Segré.  —  Lettre  de...  au  sire  de  Grussol,  séné- 
chal de  Poitou,  lui  annonçant  que  le  roi  veut  confier  à  Etienne  Tri- 

1.  Le  seul  motif  que  j'aie  de  placer  cette  lettre  vers  1473,  c'est  l'expression 
«  mon  compagnon  »  appliquée  par  Gaucourt  à  Bourré,  attendu  qu'en  effet,  pour 
la  levée  et  la  gestion  des  deniers  nécessaires  à  l'expédition  de  Roussillon,  ils 
furent  associés  l'un  à  l'autre. 

2.  Ce  document  et  les  suivants  sont  antérieurs  au  21  août  1473,  date  de  la 
mort  du  sire  de  Crussol. 


493 

chart,  Angevin,  la  garde  de  la  place  de  Mortagne,  el  qu'en  consé- 
quence il  veuille  bien  tenir  ledit  Trichart  pour  dispensé  des  montres. 
E  21. 

848.  —  «  S'ensuit  les  gens  que  monsieur  de  Saint-Supplice  a  à 
mener  Montagu...  les  dessus  nommez  picquez  ont  fait  le  serement 
ou  donjon,  le  samedi  xxj^  jour  d'aoust,  l'an  mil  GCGG  LXXIII.  »  1 34. 

849.  —  3  octobre  [•1473].  Perpignan.  —  Lettre  des  sieurs  d'Am- 
boise  et  de  Daillon  à  Bourré,  sur  les  frais  de  la  campagne  de  Rous- 
sillon.  F  -i45  V". 

850.  —  MercredUO  novembre  [^473].  Glayrain.  —  Lettre  d'Yvon 
du  Fou  à  Louis  XI,  pour  lui  demander  des  secours  en  hommes  et  en 
argent,  nécessaires  à  la  ville  de  Perpignan.  K  82. 

851.  —  Il  novembre  [^473].  Mons  près  Blois.  —  Lettre  missive 
de  Louis  XI  à  Tanneguy  du  Châtel.  D  28. 

852.  —  [-1473.]  —  «  il  a  esté  mis  sus  pour  le  fait  de  Perpeignan 
et  pour  la  guerre  de  Rouxillon,  es  iiii  charges,  la  somme  de  lx'"  1. 1., 
dont  Jehan  de  Beaune  et  Jehan  Briczonnet  doyvent  faire  advancer 
comptent  tant  à  Lyons,  Avignon  que  Montpellier^  la  somme  de 
XXX"!  1,  t_  „  K  90. 

853.  —  [U73.]  —  Lettre  de  Bourré  à...,  pour  lui  annoncer  l'ex- 
pédition de  différentes  lettres  ^  H  -100. 

854.  —  \A  mars  [1474].  Montpellier.  —  Lettre  des  délégués  du 
roi  aux  états  de  Montpellier,  sur  la  réunion  de  ces  états  le  8  mars 
précédent^.  D  72. 

855.  —  31  mars  [1474].  Paris.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à 
«  ses  chiers  et  bien  amez.  »  0  48  et  .54. 

856.  —  Vendredi  29  avril  [1474].  Montaigu.  —  Lettre  de  Fran- 
çois de  Ghivré  à  Bourré  pour  obtenir  le  remboursement  du  prix  d'un 
cheval  par  lui  fourni  à  Jean  de  Tours ^.  E  33. 

1.  Une  de  ces  lettres  est  relative  à  l'expédition  de  Roussillon  de  l'année  1473. 

2.  Les  lettres  de  commission  de  ces  délégués  sont  datées  du  Plessis  lès  Tours, 
le  10  décembre  1173.  Arch.  raun.  de  Montpellier. 

3.  Le  29  avril  tombe  un  vendredi  en  1474;  la  même  coïncidence  se  repmduit 
en  1468,  mais  c'est  seulement  à  partir  de  1473  qu'il  commence  à  être  question 
dans  les  papiers  de  Bourré  de  cette  place  de  Montaigu,  cédée  à  Louis  XI  le 
4  août  de  cette  même  année,  et  d'où  la  présente  lettre  est  datée,  c'est  ce  qui 
me  fait  préférer  la  date  de  1474. 


494 

857.  —  Description  des  fortifications  et  de  l'armement  de  Montivil- 
liers^  L  53. 

858.  —  22  août.  Chalonnes.  —  Lettre  de  Tanneguy  du  Châtel  à 
Bourré,  pour  obtenir  des  lettres  de  commission,  qui  le  mettent  en 
possession  des  biens  de  M.  de  ....derval,  tant  en  Anjou  qu'en  Nor- 
mandie, qui  lui  ont  été  attribués  par  le  roi 2.  E  28. 

859.  _  Demande  faite  au  roi  par  M.  de  Saint-Quentin  des  terres 
de  Hauterue,  de  Bonmolin,  confisquées  sur  le  duc  d'Alençon  ^  M  74. 

860.  —  U  septembre.  Montaigu.  —  Lettre  des  sénéchal,  procu- 
reur et  châtelain  de  Montaigu  à  Bourré,  «  conseiller  et  maistre  des 
comptes  du  roy,  nostre  sire,  et  gouverneur  de  Montaigu  pour  ledit 
seigneur,  »  sur  la  négligence  des  seigneurs  à  se  rendre  vers  eux,  et 
sur  la  surveillance  exercée  dans  la  place''*.  F  ^3^ . 

861.  —  19  septembre.  Montaigu.  —  Lettre  de  Thomas  Voisin  à 
Bourré,  trésorier  de  France,  gouverneur  de  Montaigu,  pour  se  jus- 
tifier de  n'avoir  pas  reçu  dans  son  aumônerie  une  enfant  trouvée  de 
six  mois,  qui  était  morte  par  suite  de  cet  abandon,  et  lui  exposer  la 
diminution  des  revenus  de  ladite  aumônerie.  E  'lOO. 

862.  —  3  octobre  [-1474].  Tours.  —  Lettre  missive  de  Bourré  à 
Louis  XI,  lui  annonçant  l'envoi  du  sauf-conduit  que  le  roi  s'était  fait 
remettre  en  -1468  par  Charles  le  Téméraire,  avant  de  se  rendre  à 
Péronne,  et  l'expédition  du  bail  des  traites  d'Anjou  ^  G  90. 

863.  —  -12  octobre  [4474].  Perpignan.  —  Lettre  de  Boffile  de  Juge 
à  Louis  XI  sur  les  troubles  survenus  à  Perpignan,  et  pour  lui  annon- 
cer son  prochain  retour  ^.0-107. 

1.  Les  fortifications  de  cette  ville  étaient  en  réparation  en  1474,  comme  il 
résulte  de  lettres  patentes  du  4  juillet  de  cette  année,  par  lesquelles  Louis  XI 
laisse  à  l'évéque  de  Bayeux  le  soin  de  décider  si  les  religieuses  de  ladite  ville 
y  contribueront.  La  Roque,  Histoire  de  la  maison  d'Harcourt,  IV,  1450. 

2.  Entre  le  mois  de  juin  1474,  date  de  l'occupation  de  l'Anjou  par  Louis  XI 
et  la  fin  de  mai  1477,  date  de  la  mort  de  Tanneguy  du  Châtel,  tué  au  siège  de 
Bouchain. 

3.  Après  le  18  juillet  1474,  date  de  l'arrêt  de  condamnation  du  duc  d'Alençon 
par  le  Parlement  de  Paris,  à  mort  et  à  la  confiscation,  arrêt  qui  ne  fut  pas  exé- 
cuté, au  moins  quant  à  la  mort. 

4.  Au  plus  tôt  en  1474.  Voy.  pour  ceUe  date,  comme  pour  celle  de  plusieurs 
pièces  qui  suivent,  la  notice  biographique  placée  en  têle  de  ce  catalogue. 

5.  Le  16  octobre  1474,  dans  une  lettre  missive  adressée  à  Bourré,  le  roi  lui 
annonce  le  renvoi  de  ce  sauf-conduit. 

6.  Çurita  signale  la  part  prise  par  Boffile  de  Juge  à  la  campagne  de  1474  en 


495 

864.  —  ^6  octobre.  Mouslier  sur —  Lettre  de  l'évèque  de 

Luçon  à  Bourré,  pour  lui  recommander  Jean  Bouffe,  prêtre,  que 
M.  le  légat  avait  pourvu  de  la  cure  de  Saint-Nicolas  de  Montaigu,  et 
qui  était  inquiété  dans  sa  possession  ^.  E  9i . 

865.  —  Lettre  de...  à  Madame  do...  lui  annonçant  que  le  roi  lui  a 
ordonné  de  rester  «  es  marches  de  par  deçà,  »  avec  M.  de  Maillé,  et 
de  se  rendre  auprès  de  M°'^  de  Bellevillc^.  G  93. 

866.  —  20  novembre  [^474].  Aubervilliers.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  ses  «  chers  et  bien  amez  »  (les  membres  d'un  chapitre 
inconnu).  0  52. 

867.  —  Jeudi,  24  novembre  [1474].  Angers.  —  Lettre  de  Jean 
Poyet  à  son  très  redouté  seigneur,  Jean  Bourré ,  seigneur  du  Pies- 
sis  et  de  Jarzé,  annonçant  qu'il  lui  envoie  la  note  des  frais  de  son 
procès,  sur  lesquels  55  s.  2  d.  t.  Sont  encore  dus  audit  Poyet  ^.  F  45. 

868.  —  [Commencement  de  -1475.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Antoine G  88. 

869.  —  7  janvier  [^475].  Montaigu.  —  Lettre  d'Adam  de  Vasouy 
à  Bourré,  trésorier  de  France,  sur  une  descente  imminente  des 
Anglais-*.  F  34. 

870.  —  7  janvier  [4475].  Montaigu.  —  Lettre  de  Jean  Chauvin  à 
Bourré,  relativement  à  la  préparation  de  l'artillerie  du  roi  et  à  l'ar- 
rivée des  Anglais  à  Bourgneuf'^.  0  93. 


Roussillon,  et  elle  est  attestée  également  par  deux  lettres  missives  de  Louis  XI 
de  mai  1474  et  du  29  août  de  la  même  année. 

1.  La  seule  chose  qu'il  me  soit  possible  d'affirmer,  quant  à  la  date  de  cette 
pièce,  c'est  qu'elle  est  postérieure  à  la  cession  de  Montaigu  à  Louis  XI,  le 
4  août  1473,  cession  que  suivit  presque  aussitôt  la  nomination  de  Bourré  à  l'of- 
fice de  capitaine  de  celte  place. 

2.  Cette  lettre  est  relative  aux  afl'aires  de  Montaigu,  c'est-à-dire  postérieure 
au  4  août  1473. 

3.  Le  procès  de  Bourre  doit  être  au  moins  postérieur  à  l'occupation  de  l'An- 
jou, c'est-à-dire  au  plus  tôt  de  l'année  1474,  où  le  24  novembre  tomba  précisé- 
ment un  jeudi. 

4.  Voy.  les  pièces  ci-après, 

5.  L'endroit  d'où  est  datée  celte  lettre  accuse  une  date  postérieure  au  4  août 
1473;  d'autre  part,  des  documents  nombreux  attestent  que,  dès  la  fin  de  1474, 
on  s'attendait  en  France  à  une  descente  des  Anglais.  En  cette  même  année, 
Edouard  IV  avait  fait  sommer  Louis  Xi  de  rendre  la  Guienne  et  la  Nornuiudie 
(V.  la  Chron.  scandai.),  et,  le  25  juillet  1474,  il  avait  conclu  avec  le  duc  de 
Bourgogne  une  alliance  contre  le  roi  de  France.  Rymer,  Fœdera,  éd.  de  La 
Haye,  in-fol.,  V,  3"  part.,  p.  42. 


496 

371,  —  -15  janvier  4475.  Paris.  —  Mandement  de. Louis  XI  aux 
maire  et  échevins  de  Tours  de  faire  livrer  par  les  armuriers  de  leur 
ville  soixante  salades  d'archers  à  Bourré  pour  l'armement  de  la  gar- 
nison de  Montaigu,  dont  il  est  capitaine.  0  42. 

872.  —  [Après  le  -13  janvier  4  475.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  la  Chambre  des  comptes.  0  56. 

873.  __  22  janvier  [1475].  Plessis  du  Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Bourré.  F  60. 

874.  —30  janvier  4475.  Paris.  —  «  Estât  de  la  recepte  ordinaire 
de  la  seneschaucée  de  Quercy,  pour  l'année  commençant  le  premier 
jour  de  juillet  M  GGGG  LXXIII,  et  finissant  à  semblable  jour  de  l'an 
révolu  mil  GGGG  LXXIIII.  »  Q  99-4  04. 

875.  —  34  janvier  [4475].  Paris.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  c(  son  amé  et  féal.  »  0  44. 

876.  —  4  février  [4475].  Paris.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à F  8. 

877.  —  4  février  [4  475].  Paris.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à 
son  «  très  chier  et  bien  amé.  »  0  44.  (G'est  le  double  de  la  précé- 
dente.) 

878.  —  Lettre  de  Gerisay  pour  solliciter  une  lettre  du  roi  aux 
habitants  d'Angers,  les  engageant  à  se  défier  des  gens  d'église  et 
officiers,  qui  déprécient  les  privilèges  accordés  par  le  roi  à  la  mairie 
d'Angers  ^  K  48. 

879.  _  8  février  [4475].  Orléans.  —  Lettre  des  procureur  et 
commis  au  gouvernement  d'Orléans  à  Louis  XI,  accusant  réception 
d'une  lettre  du  4  février  précèdent,  donnée  à  Paris,  par  laquelle  le 
roi  leur  défendait  de  laisser  entrer  aucun  homme  de  guerre  dans  leur 
ville,  et  d'une  lettre  du  duc  d'Orléans  leur  prescrivant  d'obéir  au 
roi  2.  H  54. 

880.  —  [Après  le  24  février  4475.]  —  Demande  de  Geoffroy  de 
Givrieu  à  Louis  XI,  de  l'office  de  garde  de  la  monnaie  de  Lyon,  que 
possédait  Perenet  Siroddes,  de  Grenoble^.  M  54. 

1 .  Ces  privilèges  sont  contenus  dans  la  charte  donnée  aux  Angevins  au  mois 
de  février  1475.  V.  Lecoy  de  la  Marche,  Ouv.  cit.,  I,  295  et  suiv.  Quant  à  Geri- 
say, il  fut  maire  d'Angers  de  l'année  1474  au  4  mai  1484.  Bodin,  Recherches  sur 
l'Anjou,  II,  645. 

2.  Louis  XI  était  à  Paris  le  4  février  1475. 

3.  Perenet  Sirodes  était  mort  à  la  date  du  21  février  1475;  il  est  question,  en 


497 

881.  —  4  mars  [1475].  Angers.  —  LeLlrc  des  ofliciers  ordiiKiircs 
et  autres  gens  du  Conseil  du  roi  à  Angers,  à  Bourré,  pour  protester 
contre  la  demande  faite  au  chancelier  par  les  gens  de  la  mairie,  h 
l'instigation  de  Guillaume  de  Gerisay,  d'autoriser  la  publication  des 
privilèges  de  ladite  mairie  K  K  05. 

882.  —  6  mars  [-1475].  Surgères.  —  Lettre  missive  d'Antoinette 
de  Beaumont  à  Bourré,  pour  obtenir  la  restitution  des  blés  qu'elle 
faisait  mener  à  Saintes,  «  et  comme  il  n'y  a  pas  dans  ses  terres  le 
quart  du  peuple  qui  ayt  blé  pour  demye  la  provision,  qu'ilz  ne 
baillent  que  la  moitié  du  taux  à  quoy  ilz  ont  esté  tauxez^.  »  A  -19. 

883.  —  «  Agenda.  Unes  commission  adressant  au  bailli  de  Rouen 
et  à  monsieur  de  Blosseville,  pour  aller  visiter  Fescamp,  et,  s'il  n'est 
tenable,  de  faire  abatre  la  fortifflcation^.  »  I  82. 

884.  —  7  mars  [1473].  Saint-Jean-d'Angély.  —  Lettre  de 

à pour  lui  annoncer  qu'ils  envoient  dans  sa  seigneurie  de  Fon- 
taines le  bailli  de  Poitou,  afin  de  recueillir  des  blés  à  destination  de 
Bordeaux.  F  37. 

885.  —  8  mars  [^473].  —  Protestation  des  habitants  d'Angers 
contre  la  confirmation  que  Guillaume  de  Gerisay  prétendait  obtenir 
du  roi  de  la  mairie  de  leur  ville ^.  K  54. 


effet,  à  cette  date,  des  «  enfans  et  héritiers  de  feu  Peronet  Sirodes,  dit  Gre- 
noble   »  Arch.  de  Lyoa,  BB  12,  f»  102  v°. 

1.  Ces  prétendus  privilèges  dataient  du  mois  de  février  précédent. 

2.  Ces  blés  avaient  dû  être  saisis  pour  rapprovisionucment  des  places  qu'on 
supposait  menacées  par  les  Anglais.  On  fut,  en  effet,  et  Edouard  IV  lui-même 
resta  longtemps,  sans  savoir  sur  quel  point  porterait  l'attaque,  qui  fut  câlin 
effectuée  par  Calais  et  la  Picardie.  C'est  ce  qui  résulte  d'une  lettre  du  duc  de 
Bourgogne,  non  datée,  il  est  vrai,  mais  évidemment  de  cette  période,  publiée 
par  M"''  Dupont,  Commines,  I,  336  :  «  J'entens  que  aucuns  de  vostre  conseil 
sont  d'oppinion,  que  devez  descendre  en  Guienne,  les  autres  en  Normandie,  el 
les  autres  à  Calais.  »  Ce  qu'il  y  a  de  sur,  c'est  ([ue  Louis  XI  avait  eu  peur  pour 
la  Guienne,  puisque,  par  une  missive  du  4  février  1475  (voir  ci-dessus  n"  876), 
il  notide  à  un  personnage  malheureusement  non  désigné  que  Bourré,  Demoulins 
et  Olivier  le  Roux,  destinés  à  reparaître  souvent  dans  cette  affaire,  ont  été 
chargés  de  faire  mener  à  Bordeaux  des  blés  de  Saintongo,  Poitou  et  .\ngoumois. 

3.  il  fut  question,  au  moment  où  l'on  redoutait  une  descente  des  Anglais,  de 
détruire  toutes  les  villes  qu'on  n'espérait  pas  pouvoir  défendre.  Louis  XI  disait,  en 
parlant  de  Montivilliers,  qu'il  voulait  traiter  de  la  sorle  :  «  C'est  un  beau  logis 
pour  les  Anglois.  »  Lettre  missive  du  30  juin  1473  à  l'évêque  de  Bayeux.  La 
Roque,  Histoire  de  la  maison  d'Harcourt,  IV,  1452. 

4.  La  charte  de  la  mairie  d'Angers  est  de  février  1475. 


498 

886.  —  Lundi  -13  mars  [UTd],  Ïonnay-Charente,  —  Lettre  de 
Jean  Faure  à  Bourré,  pour  lui  annoncer  que  les  villes  d'Angoulême, 
Tonnay-Gliarente,  Saintes  ne  lui  ont  pas  fourni  les  blés  qu'elles  lui 
avaient  promis,  et  pour  le  transport  desquels  il  avait  frété  deux  bâti- 
ments à  Marennes,  en  vue  d'approvisionner  Bordeaux  ^  E  38, 

887.  —  43  mars  [-1475].  —  Lettre  du  sire  de  Rochechouart  à 
Bourré^  pour  obtenir  le  retrait  de  l'exemption  de  son  péage  de  Ton- 
nay-Gharente,  en  faveur  des  marchands  qui  expédiaient  des  blés  à 
Bordeaux,  «  veu  que  (cette  exemption)  ne  vient  au  prouffit  du  roy, 
ne  de  ceulx  de  Bourdeaulx,  mais  vient  au  prouffit  d'aucuns  raarchans 
particuliers.  »  F  64. 

888.  —  6  avril  [4475].  Barbezieux.  —  Lettre  de  Marguerite  de  la 
Rochette,  châtelaine  de  Barbezieux,  à  Bourré,  pour  obtenir  une 
réduction  sur  les  GO  tonneaux  de  blé,  imposés  à  sa  seigneurie,  pour 
Tapprovisionnement  de  Bordeaux.  E  29. 

889.  —  40  avril  [4475].  Milhau.  —  Lettre  du  juge  mage  de  la 
sénéchaussée  de  Beaucaire  et  de  Nimes  à  Du  Roullet,  trésorier  de 
France,  ou,  en  son  absence,  à  Bourré,  aussi  trésorier,  pour  lui 
annoncer  qu'il  est  venu  au  Puy,  dans  l'espérance  de  le  trouver,  et  de 
lui  parler  du  procès  engagé,  a.  touchant  l'occupation  que  iceulx 
d'Avignon  veullent  faire  du  Rosne  et  des  ysles  d'icelluy^.  »  F  438. 

890.  —  4  4  avril  [4475].  Saint-Jean-d'Angély.  —  Lettre  de 

à sur  le  ravitaillement  de  Bordeaux  et  de  Bayonne  en  blé,  en 

prévision  d'une  descente  des  Anglais.  E  34 . 

891.  —  4  2  avril  [4475].  Niort.  —  Lettre  de  Jean  Rousseau  à 
Jean  Demoulin ,  seigneur  de  Rochefort ,  et  à  Arnaut  Gaillart ,  sur 
les  approvisionnements  en  blé  à  destination  de  la  Guyenne.  F  4  09. 

892.  —  47  avril  [4475].  Saint-Jean-d'Angély.  —  Lettre  des  habi- 
tants de  Sainl-Jean-d'Angély  à  ceux  de  Bayonne  sur  les  envois  de 
blé  à  faire  dans  cette  dernière  ville,  où  l'on  craignait  une  descente 
des  Anglais.  I  50. 

893.  —  24  avril  [4475].  Luçon.  —  Lettre  de à  Jean  Bourré, 

Jean  Demoulins  et  Arnault  Gaillart,  sur  les  approvisionnements  en 
blé  et  les  préparatifs  de  défense.  F  80. 

1.  Le  13  mars  tombe  un  lundi  en  1475. 

2.  Par  lettres  du  2G  janvier  1475,  Louis  XI  avait  délégué  l'archevêque  de  Lyon, 
pour  connaître  d'une  contestation  sur  le  même  sujet.  Bibl.  nat.  Fr.  15539,  f"  38. 


499 

894.  —  22  avril  [^475].  Marans.  —  Lettre  de  Jean  Rousseau  à 
Jean  Bourré,  Jean  Demoulins  et  Arnault  Gaillart,  sur  les  appro- 
visionnements en  blé,  dont  il  a  fait  charger  866  charges  ^/2  sur  les 
navires.  E  riO. 

895.  —  28  avril  [1475].  —  Lettre  de à  Louis  XI  sur  l'appro- 
visionnement de  Bayonne  en  blé.  K  U . 

896.  —  4  mai  [i475].  Saint-Hilaire-sur-Lantize.  —  Lettre  de 
Jean  Rousseau  à  l'évêque  d'Aire,  à  Jean  Bourré  et  à  Arnault  Gail- 
lart, sur  des  approvisionnements  en  blé  que  le  sieur  Ghambon  avait 
fait  saisir  par  ordre  du  sire  de  Bressuire.  E  57. 

897.  —  Lettre  des  maire  et  jarats  de  Bordeaux  à  Bourré,  Demou- 
lins et  de  Gallard  (Gaillard),  pour  les  remercier  de  la  peine  qu'ils  ont 
prise  à  leur  envoyer  du  blé,  et  leur  annoncer  l'envoi  de  Pitres  de 
Mons  et  Jean  Faure,  bourgeois  de  Bordeaux,  pour  en  conférer  avec 
eux'.  F  38. 

898.  —  6  mai  [1475].  Saint- Jean-d'Angély.  —  Lettre  de aux 

jurats  de  Bordeaux,  pour  leur  annoncer  les  achats  de  blé  passés  avec 
la  comtesse  d'Angoulême,  F  38. 

899.  —  6  mai  [^475].  —  Lettre  de  Jacques  de  Reaumont  à  Bourré, 
aux  seigneurs  d'Aire,  du  Plessis  et  Doriole,  leur  exposant  les  difficul- 
tés qu'il  éprouve  à  trouver  les  blés  nécessaires  au  ravitaillement  de 
Rayonne,  dans  les  diocèses  de  Maillezais  et  de  Luçon  en  Poitou,  la 
nécessité  où  il  a  été  d'en  demander  en  Saintonge  et  à  Niort,  et  de 
tailler  les  gentilshommes.  E  32. 

900.  —  8  mai  [^475].  Moustier-des-MaufTraiz.  —  Lettre  de 
Jacques  de  Reaumont  à  ]\LVL  d'Aire,  du  Plessis  et  Doriole,  sur  Tap- 
provisionnement  en  blé  de  Rordeaux  et  de  Rayonne,  en  prévision 
d'une  invasion  anglaise.  E  32. 

901.  —  10  mai  [-1475].  Fontenay-le-Gomte.  —  Lettre  de  Demou- 
lins à  l'évêque  d'Aire,  à  du  Plessis,  à  d'Escuilly  et  à  l'avocat  de 
Saintonge,  sur  les  chargements  de  blé  à  destination  de  Rayonne, 
saisis  par  le  sieur  Ghambon,  en  vertu  d'un  ordre  de  M.  de  Bres- 
suire. E  60. 


1.  La  lettre  qui  suit,  en  date  du  6  mai,  adressée  aux  jurats  de  Bordeaux,  men- 
tionne la  présence,  à  Saint-Jean-d'Angély,  du  même  Jean  Faure  dont  le  départ 
pour  cette  ville  est  annoncé  ici.  La  présente  lettre  est  donc  un  peu  antérieure 
au  G  mai. 


500 

902.  —  U  mai  [-1475].  Parthenay.  —  Lettre  de  Demoulins  et 
Rousseau  à  l'évoque  d'Aire,  à  Bourré,  à  d'Escuilly  et  à  l'avocat  du 
roi  en  Saintonge,  annonçant  que  les  habitants  de  Parthenay,  allé- 
guant une  défense  de  Dunoîs,  ont  refusé  de  livrer  du  blé,  que  néan- 
moins il  leur  a  été  imposé  200  charges  de  seigle,  à  destination  du 
port  de  Coulons,  et  que  les  noms  des  plus  récalcitrants  ont  été 
pris.  E  62. 

903.  —  'le  mai  [HTo].  Saint- Jean-d'Angély.  —  Lettre  de  l'évêque 
d'Aire  à  Louis  XI  sur  l'approvisionnement  en  blé  de  Bordeaux  et  de 
Bayonne.  G  ^0. 

904.  —  [1475].  —  Lettre  de à  Dunois,  disant  que, 

quoique  les  ordres  du  roi  soient  formels,  comme  il  revient  d'auprès 
de  lui,  et  qu''il  doit  savoir  sa  volonté,  ils  s'abstiendront  de  lever  des 
blés  sur  les  seigneuries  de  Parthenay  et  de  Vouvanl,  pour  le  ravi- 
taillement de  Bordeaux  et  de  Bayonne,  et  annonçant  pour  la  fin  du 
mois  une  descente  des  Anglaise  E  39, 

905.  — [^475].  —  Lettre  de à sur  les  préparatifs  de 

défense  et  les  approvisionnements  faits  à  Bayonne  contre  les  Anglais. 
G  83. 

906.  —  [1475].  —  Lettre  de  au  procureur  de sur 

les  chargements  de  blé  à  destination  de  Bordeaux.  F  -13. 

907.  —  Lettre  de à sur  une  convention  de  M.  de  Gha- 

renton  avec  le  commandant  de  la  place  de  Châteauneuf,  bloquée  par 
les  Bourguignons  du  comte  de  Roussy  ^.  G  65. 

908.  —  21  juin  [^475].  Paris.  —  Lettre  de  l'évêque  de  Luçon  à 
Bourré,  pour  se  plaindre  que  le  procureur  du  roi  à  Niort  lui  a  pris 
tout  le  blé  qu'il  avait  dans  ses  greniers.  Q  6. 

909.  —  «  Estât  fait  au  vray  de  la  recepte  ordinaire  de  la  senes- 
chaucée  d'Agenoys  et  de  Gascongne,  fait  par  Jehan  Lombart,  tréso- 
rier, receveur  ordinaire  de  la  seneschaucée  de  Genoys  [sic],  pour  un 
an,  commençant  au  jour  et  feste  de  saint  Jehan-Baptiste,  l'an  mil 

1.  Dunois  était  seigneur  de  Vouvant  et  de  Parthenay,  c'est  ce  qui  me  fait 
croire  que  la  présente  lettre  lui  est  adressée.  (Cf.  le  n°  902.) 

2.  Cette  lettre  doit  se  rapporter  à  la  campagne  de  1475  faite  par  le  comte  de 
Roussy,  iils  du  connétable  de  Saint-Pol,  contre  les  troupes  royales  commandées 
par  le  duc  de  Bourbon,  campagne  terminée  par  la  défaite  et  la  prise  du  comte 
de  Roussy  à  Chàteau-Chinon,  au  mois  de  juin  1475.  Chron.  scand. 


5o^ 

GGGG  LXXIIII,  et  fmissanl  à  semblable  fesle  Tan  mil  GGGG  LXXV. 
Q  U-AA. 

910.  —  6  juillet  [^475].  Poitiers.  —Lettre  de  Demoulins  à  Bourré 
lui  donnant,  entre  autres  nouvelles,  celle  du  débarquement  de 
-15,000  Anglais  à  Galais,  et  de  la  levée  du  siège  de  Neuss  par  le  duc 
de  Bourgogne'.  F  ^40. 

911.  —  28  juillet  [1475].  Beauvais.  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
à  Tanneguy  du  Ghàtel.  N  32. 

912.  —  2S  août  [U75].  Montaigu.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI 
annonçant  la  descente  des  Anglais  à  Saint-Malo,  sous  le  commande- 
ment des  lords  Dudiey  et  Durham,  et  la  retraite  du  vicomte  de  Rohan 
dans  une  abbaye  près  de  Nantes^.  G  29. 

913.  —  ^2  septembre  [1475?].  Montaigu.  —  Lettre  de  Bourré  à 
Louis  XI  pour  lui  annoncer  le  départ  de  Jean  de  Melle,  malgré  tout 
ce  qu'il  a  pu  faire  pour  le  retenir^.  G  39. 

914.  —  Lettre  de  Bourré  à  Nicolle,  secrétaire  du  roi,  au  sujet  du 
départ  de  Guillaume  de  Melle,  lequel  ne  veut  rentrer  à  Montaigu  que 
pour  y  commander  en  chef  et  non  en  qualité  de  lieutenant.  G  39. 

915.  —  9  octobre  -1475.  — Serment  prêté  par  Louis  XI  au  duc  de 
Bretagne  sur  la  croix  de  saint  Laud,  de  ne  le  faire  prendre  ni  tuer, 
ni  lui  faire  aucun  mal  d'aucune  sorte,  en  exécution  du  traité  conclu 
avec  ledit  duc,  le  même  jour.  E  -13. 

916.  —  a  Gharges  sur  lesdits  terçoiemens  et  doublemens. 

«  A  maistre  Jehan  Gastel,  cronicqueur,  pour  sa  pension  ou  gaiges, 
iiM.  t.^  ))  P  n. 


1.  Edouard  IV  débarqua  à  Calais  à  la  (in  de  juin  1475,  el  le  duc  de  Bourgogne 
leva  le  siège  de  Neuss  le  27  du  intime  mois. 

2.  Sur  la  retraite  du  vicomlo  de  Rohan  en  Bretagne,  voir  une  lettre  missive 
de  Louis  XI  à  M.  de  Bressuire,  du  7  septembre  1475  :  Commines,  éd.  Lenglel 
Dufresnoy,  II,  277.  Quant  à  la  descente  des  Anglais  ;\  Saint-Malo,  c'était  sans 
doute  une  simple  démonstration,  qui  n'eut  pas  de  suite,  et  à  laquelle  le  traité 
de  Picquigny,  signé  le  29  août  1475,  devait  mettre  (in. 

3.  Le  21  avril  1475,  je  trouve  pour  la  première  fois  une  assignation  de  paie- 
ment dudit  Jean  de  Melle,  lieutenant  de  Bourré  à  Montaigu,  sur  les  fonds  du 
trésorier  des  guerres.  B.  N.,  ms.  franc.  20427,  f"  64. 

4.  Entre  le  mois  d'octobre  1475  et  le  mois  de  février  1476,  date  de  la  mort  de 
Jean  Castel,  intervalle  pendant  lequel  il  exerça  ses  fonctions  de  «  cronicqueur,  » 
auprès  de  Louis  XI.  Voir  sur  ce  personnage  l'article  de  M.  Quicherat  dans  la 
Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  \.''  série,  II,  4G1. 

33 


502 

917.  —  Lettres  de  Louis  XI  autorisant  les  marchands  anglais  à 
venir  à  Bordeaux,  établissant  un  droit  de  -12  deniers  par  livre  sur  les 
marchandises  entrant  dans  cette  ville  ou  en  sortant,  à  l'exception  de 
celles  provenant  des  propriétés  des  habitants  ou  à  eux  destinées,  un 
droit  de  20  s.  par  tonneau  de  vin  sortant  de  Bordeaux  et  de  la 
Guienne,  à  l'exception  des  vins  chargés  par  les  bourgeois  de  Bor- 
deaux à  leurs  risques  et  périls,  qui  paieront  20  s.  par  tonneau,  s'ils 
ne  sont  vendus  à  «  grosse  aventure,  »  et  de  tous  vins  autrement 
chargés  par  lesdits  bourgeois,  qui  ne  paieront  que  ^0  s.^  L  60-6^. 

918.  —  29  décembre  -1475.  —  Quittance  donnée  par  les  religieux 
du  Puy-N.-D.  en  Anjou,  à  Philippe  Bailly,  chevaucheur  de  l'écurie 
royale,  d'une  somme  de  93  écus  d'or,  à  eux  remise  par  lui  au  nom 
du  roi.  J  125. 

919.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI,  pour  se  plaindre  que  l'office 
de  contrôleur  de  Normandie,  à  lui  donné  lors  de  l'avènement  du  roi 
à  la  couronne,  ait  été  attribué  à  M®  Laurent  Herbelot  ^.  G  49. 

920.  —  H  octobre  [1476].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  au  comte  de  Gomminges^.  G  128  r°. 

921.  —  1  !  octobre  [1476].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  au  bailli  de  Montargis.  G  125  v°. 

922.  —  13  mars  1477.  —  Quittance  donnée  par  Jean  de  Mauny, 
chanoine  de  Tournay  et  receveur  pour  le  roi  en  cette  ville,  à  Jean 
de  Saint-Génois,  échanson  du  roi,  et  à  Jean  Bourré,  d'une  somme 
de  XXX  écus  d'or,  xvi  s.  xi  d.,  «  à  cause  deux  petites  pieches  de  ver- 
dure à  soye.  »  F  1 1 . 

923.  —  26  mars  1477.  —  Soumission  des  délégués  de  la  ville 
d'Hesdin,  messire  Andrieu  de  la  Balue,  pour  les  gens  d'éghse. 
Colas  de  Hestrus,  dit  Esglet,  pour  les  nobles,  Jean  de  Hercourt, 
Jean  Ramet,  Hue  Le  Sergent  et  Jean  de  Gourbos,  pour  les  mayeur 


1.  Ces  lettres  sont  probablement  une  conséquence  du  traité  de  Picquigny,  con- 
clu le  29  août  1475  ;  en  eflet,  le  23  décembre  1477,  Louis  XI,  en  faisant  applica- 
tion, accorde  une  indemnité  à  des  Anglais,  qui,  contrairement  à  ce  traité,  avaient 
été  victimes  d'actes  de  piraterie. 

2.  Les  lettres  de  Louis  XI  nommant  Laurent  Herbelot  audit  office  sont  du 
12  janvier  1476.  B.  N.,  ms.  franc.  20684,  f»  651  r. 

3.  Odet  d'Aydie,  devenu  en  novembre  1473  comte  de  Comminges,  en  remplace- 
ment du  bâtard  d'Armagnac,  maréchal  de  France,  décédé  au  mois  d'avril  1473. 


503 

et  communauté  d'Hesdin,  par  devant  le  bailli  de  Vermandois,  Du 
Bouchage  et  Jean  Bourré,  représentants  de  Louis  XI.  L  4  00. 

924.  —  «  Enqueste  faictc  le  nf  jour  de  may  de par  le  roy 

nostro  sire,  au  commandement  de  mon  trés-honnoré  et  doubté  sei- 
gneur, monseigneur  d'Esquerdes,  par  Jacques  Teissie,  bailli  de  Bou- 
îongne,  touchant  le  service  que  le  seigneur  de  Hastingues  devoit 
faire  à  ceux  de  Boulongne,  contre  la  personne  ou  armée  du  roy,  et 
quelles  ofTres  ou  promesses  il  leur  avoit  fait  par  avant  la  reddition 
de  la  ville.  Et  premier,  la  depposition  de  Jaques  Marchant,  mayeur 
de  ladicte  ville,  escripte  de  sa  main,  comme  il  appert'...  »  L  97-98. 

925.  —  Requête  d'Arthur  de  Velourt,  écuyer,  seigneur  de  la  Cha- 
pelle-Héloyn,  homme  d'armes  de  l'ordonnance  du  duc  d'Orléans, 
pour  obtenir  de  Louis  XI  les  droits  seigneuriaux  de  la  vente  faite 
par  M.  de  Longuy  au  procureur  du  Puy-N.-D.  de  la  terre  de  Venier 
et  des  rentes  de  Ferrière,  pour  payer  la  rançon  dont  il  est  tenu 
envers  le  duc  d'Autriche  2.  M  7i. 

926.  —  Requête  de  Jean  Mestrecolle,  notaire  du  roi  à  la  chan- 
cellerie de  Dijon,  pour  obtenir  une  rémunération  de  600  l.  t.  à 
raison  de  ses  services^.  0  60. 

927.  —  «  Instruction  à  M'=  Aloys  de  Marafin,  »  envoyé  de  Louis  XI 
auprès  de  M.  de  Gavre  ^.  I  39. 

928.  —  7  juin  [-1477].  Estrée-au-Pont.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  Bourré.  E  3. 

929.  —  «  Estât  au  vray  de  la  recepte  ordinaire  de  Poictou,  pour 
ung  an  entier,  commençant  à  la  Saint  Jehan  Baptiste  mil  CCCG 
soixante-seize,  et  fini  à  semblable  feste  mil  GGGG  soixante-dix-sept.  » 
P  49-53. 

930.  —  Samedi  2  août  [U77].  Nantes.  —Lettre  d'Odet  d'Aydie  à 
Bourré  pour  lui  annoncer  son  arrivée  à  MontaigLi"\  E  16. 

1.  Louis  XI  prit  possession  de  Boulogne  au  mois  d'avril  1477. 

2.  CeUe  pièce  est  postérieure  au  mariage  de  Marie  de  lîourgogne  avec  Maxi- 
milien,  duc  d'Autriche,  le  18  août  1477,  mariage  ([ui  amena  des  hostilités  entre 
Louis  XI  et  le  duc. 

3.  Cette  pièce  est  postérieure  à  la  réunion  de  la  Bourgogne  à  la  couronne, 
en  1477. 

4.  Aloys  ou  Louis  de  Marafin  avait  été  chargé,  en  1477,  de  négocier  la  reddi- 
tion de  Cambray.  Cf.  Molinet,  à  celte  année. 

5.  Le  2  août  tombait  un  samedi  en  1477;  pourtant  la  lettre  pourrait  être  aussi 
bien  des  années  1483  et  1488,  où  le  même  fait  se  produisit. 


304 

931.  —  Mercredi  3  septembre  [-1477].  Paris.  — Lettre  de  Jean  de 
Wignacourt  à  Bourré  «  maistre  des  comptes  et  trésorier  de  France,  » 
pour  lui  redemander  J6  oboles  qu'il  avait  payées  en  sus  de  son 
compte,  et  lui  recommander  son  procès  contre  Jacquemin  Fresneau 
et  Mathurin  de  Montalaiz  '.  F  48. 

932.  —  [ U77.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI  à ?  G  U. 

933.  —  4  octobre  [^477].  Paris.  —  Lettre  de  Bertrand  de  Beau- 
vau  à  Louis  XI  pour  lui  annoncer  la  délivrance  du  président  de  Dole, 
l'investiture  des  biens  de  Jean  Marcel,  l'adjudication  des  aides,  et 
lui  demander  l'assignation  de  sa  pension  de  2,000  fr.  sur  les  aides 
de  Paris  2.  D  U7. 

934.  —  30  novembre  -1477.  Tours.  —  «  Domaine  muable  de  la 
ville  et  chastellenie  de  Poictiers.  »  Q  29  et  34. 

935.  —  24  décembre  [^477].  Plessis-du-Parc  —  Lettre  de  Bourré 
à  Louis  XI  pour  lui  rendre  compte  de  ce  qu'il  a  fait  à  Arras,  où  le 
roi  l'avait  chargé  de  faire  achever  sa  maison  ^.  142. 

936.  —  [-1477.]  —  Lettre  de à  Louis  XI  sur  le  procès  du  duc 

de  Nemours  ^ . 

937.  —  Requête  des  abbé  et  couvent  de  Charroux  pour  obtenir  du 
roi  Louis  XI  l'amortissement  de  400  1.  t.  de  rente  qu'ils  avaient 
acquises  du  duc  de  Nemours  audit  Charroux,  sur  les  4,400  écus  que 
le  roi  leur  avait  donnés,  et  pour  obtenir  aussi  la  justice  dudit  lieu 
de  Charroux,  que  s'était  réservée  le  duc  de  Nemours^.  M  38. 


1.  Le  3  septembre  tombe  un  mercredi  en  l'année  1477  ;  c'est  la  date  qu'il  me 
semble  bon  d'adopter,  quoique  la  même  coïncidence  se  reproduise  en  1488  et  en 
1505  :  à  cette  dernière  date,  en  effet,  peut-être  même  déjà  en  1488,  Bourré  était 
président  de  la  Chambre  des  comptes,  titre  que  n'eût  pas  manqué  de  lui  donner 
un  solliciteur,  s'il  avait  eu  le  droit  de  le  porter. 

2.  La  mention  du  président  de  Dôle,  dont  il  ne  peut  être  question  qu'à  partir 
de  1477,  année  de  la  prise  de  possession  de  la  Franche- Comté  par  Louis  XI,  est 
mon  seul  motif  d'adopter  cette  date. 

3.  Bourré,  comme  on  peut  le  voir  dans  la  notice  biographique  qui  précède  ce 
catalogue,  avait  accompagné  le  roi  en  Artois  et  en  Flandres  pendant  l'année  1477; 
c'est  d'un  des  épisodes  de  ce  voyage  qu'il  est  sans  doute  question  ici,  l'occupa- 
tion d'Àrras  par  Louis  XI  ne  remontant  qu'au  4  mai  1477. 

4.  Antérieure  au  4  août  1477,  date  de  l'exécution  du  duc  de  Nemours. 

5.  Cette  demande  doit  se  placer  peu  après  la  mort  du  duc  de  Nemours,  exé- 
cuté le  4  août  1477;  immédiatement  après  eut  lieu  la  distribution  des  biens  con- 
fisqués sur  lui  ;  toutefois  ils  avaient  été  mis  sous  séquestre  dès  le  31  janvier  1476. 


505 

938.  —  [1477.]  —  Requête  de  Bernard  de  la  Paillclte,  pour  cire 
remis  en  possession  de  Chastel-Girard,  qui,  après  la  réunion  de  la 
Bourgogne  à  la  couronne,  avait  été  attribué  à  d'autres  personnes. 
G  40. 

939.  —  [1477.]  —  Agenda  de  Bourrée  G  9. 

940.  —  [1477.]  —  Requête  des  habitants  d'Abbeville  au  roi 
Louis  XI,  pour  se  recommander  à  sa  bienveillance,  en  raison  de 
leur  attitude  envers  le  roi  et  envers  M.  de  Ribery  ^.  H  43. 

941.  —  22  janvier  J478.  Algues-Mortes.  — Lettre  en  espagnol  de 
Thomas  d'Aquin  à  Louis  XL  D  78. 

942.  —  5  février  -1478.  —  Vente  de  la  seigneurie  de  Denée  en 
Anjou,  faite  à  Louis  XI,  représenté  par  Bourré,  par  noble  homme 
René  de  Laval,  seigneur  de  Saint- Aubin  des  Coudrayes,  pour  le  prix 
de  10,000  écusd'or.  J  22. 

943.  —  28  février  1478.  Plessis-du-Parc.  —  Lettres  de  Louis  XI, 
transportant  à  Montaigu  les  assises  de  Fontenay-le-Comte.  L  .54. 

944.  —  Requête  de  Philippe  Chevalier  et  des  moines  de  Saint- 
Jouin  près  Marne,  des  habitants  de  Saint-George  et  du  procureur 
du  roi  à  Montaigu,  pour  obtenu^  que  ledit  lieu  de  Saint-George,  qui 
relevait  de  Chinon,  puis  de  Fontenay,  relève  désormais  de  Montaigu. 
J  44. 

945.  —  [1478.]  —  Mémoire  relatif  à  la  cession  de  Montaigu  en 
Poitou  à  Louis  XI  par  Marguerite  de  Gulant,  veuve  de  feu  Loys  de 
Belleville,  au  nom  de  son  fils  aîné  et  d'Antoine,  Jacques  et  Gille  de 
Belleville,  ses  beaux-frères,  contre  les  compensations  à  eux  attri- 
buées par  arrêt  du  Parlement,  savoir,  à  ladite  dame,  Monlmorillon 
et  la  traite  de  Gosnat;  à  Antoine  de  Belleville  une  somme  de  (JOO  à 
700  fr.-,  à  Jacques  de  Belleville,  comme  détenu  a  la  Gonciergcrie  et 
passible  de  confiscation,  rien;  à  Gilles  de  Belleville,  un  château  près 
Laon,  jusqu'à  concurrence  de  600  1.  t.  de  revenu,  plus  une  soulte, 
en  cas  d'un  revenu  moindre^.  J  41. 

1.  Les  événements  que  contient  cet  agenda  se  rapportent  à  l'année  1477. 

2.  Après  la  mort  du  duc  de  Bourgogne  et  la  reprise  des  villes  de  la  Somme 
en  1477. 

3.  L'arrêt  du  Parlement,  ici  mentionné,  doit  être  celui  du  7  septembre  1476, 
cité  dans  une  lettre  missive  de  Louis  XI  du  16  novembre  1478,  année  à  laquelle 
je  crois  qu'il  faut  rapporter  le  présent  mémoire.  Il  se  place  assez  naturellement 
au  moment  où,  comme  on  a  pu  le  \oir  dans  la  notice  biographique,  la  cession  de 


506 

946.  —  [^478.]  —  Consultation  donnée  au  roi  Louis  XI  par  les 
conseillers  de  la  Chambre  des  comptes,  appelés  avec  eux  les  avocats 
et  procureurs  du  roi.  Ils  sont  d'avis  que  le  roi  remette  à  MM.  de 
Belleville  la  place  de  Montaigu,  jusqu'à  ce  qu'il  ait  pu  leur  en  livrer 
une  autre  d'égale  valeur.  J  -122. 

947.  —  [UTS.]  —  Provision  de  v^  1.  t.  de  pension,  et  paiement  de 
la  somme  de  m™  vi°  xi  écus  due  par  M'"''  de  Belleville  à  Gaudin  et  de 
Beaune,  faits  par  le  roi  à  la  décharge  de  ladite  dame,  en  attendant  le 
règlement  définitif  de  rechange  de  Montaigu,  pour  lequel  elle  vien- 
dra à  Paris,  avec  procuration  de  ses  enfants  et  de  ses  beaux-frères,  le 
-12  janvier  suivant.  J  -J-19.  (Deux  exemplaires,  l'un  au  verso,  l'autre 
au  recto.) 

948.  —  6  mars  1478.  Selommes.  —  Lettres  de  Louis  XI  exemp- 
tant Bourré  du  service  militaire  en  raison  de  ses  fonctions  auprès  du 
dauphin.  A  M. 

949.  — ^0  juin  -1478.  —  Dépôt  au  Parlement  de  Paris,  par  André 
de  Solesmes,  échanson  du  roi,  des  enquêtes  faites  à  Arras  par 
M^'  Simon  Davy,  Guillaume  Dauvet^  Jehan  Le  Beauvoysien  et  Fran- 
çois Texier.  E  90. 

950.  —  31  août  [-1478?].  Grenoble.  —  Lettre  de  Hugues  Got  à 
Bourré,  général  du  Dauphiné\  pour  le  remercier  de  ce  qu'il  a  fait 
pour  lui,  l'informer  de  la  mort  de  son  père,  Claude  Cot^,  et  lui 
annoncer  son  départ  pour  le  Briançonnais,  qu'il  va  «  réduire  en  la 
main  du  roy,  »  et  Texpédition  de  pierres  qu'il  trouvera  à  Boanne. 
E98. 

951.  —  -17  septembre  [-1478].  Amboise.  —  Lettre  missive  de 
Bourré  à  Nicole  Malingre,  à  Paris,  pour  lui  demander  de  faire  fabri- 
quer de  l'argenterie  aux  armes  du  dauphin.  B  -1  -1 . 

952.  —  22  septembre  -1478.  Angers.  —  Serment  prêté  par  Jean 
Brehyer  sur  la  vraie  croix  de  saint  Laud  d'Angers,  en  prenant  les 

Montaigu  traînant  en  longueur,  par  suite  des  prétentions  contradictoires  des  dif- 
férents héritiers  de  Louis  de  Belleville,  qui  l'avait  consentie  le  4  août  1473, 
Louis  XI  confia  à  Bourré  l'expédition  de  cette  affaire.  On  ne  l'y  voit  pas  inter- 
venir auparavant. 

1.  C'est  la  seule  fois  que  j'ai  rencontré  cette  qualification  appliquée  à  Bourré. 

2.  Je  trouve  pour  la  première  fois  la  mention  «  feu  Claude  Cot,  »  dans  des 
lettres  patentes  en  faveur  de  ses  fils,  du  24  novembre  1478.  Arch.  de  l'Isère, 
B  2948,  f°  106. 


507 

clefs  des  coffres  du  roi,  de  ne  recevoir  de  Jean  Bruel  ni  lui  faire 
aucune  communication  relative  aux  affaires  du  roi.  E  80. 

953.  —  2  janvier  -1479.  Gléry.  —  «  Estât  par  extimacion  de  la 
recepte  de  l'isle  de  Ré,  pour  ung  an,  commençant  le  xiij'=  jour  de 
décembre  l'an  mil  GGGG  soixantc-dix-buyt,  et  Unissant  l'an  révolu 
mil  GGGG  soixante-dix-neuf.  »  Q  2^-24. 

954.  —  5  septembre  [1479].  —  Lettre  de  Jean  Le  Breton  à  Bourré 
sur  l'envoi  d'argent  et  d'habitants  à  Arras^.  F  153. 

955.  —  \2  septembre  1479.  Giteaux.  —  Lettre  de  l'abbé  de 
Gîteaux  au  roi  René,  pour  obtenir  la  mise  à  exécution  d'une  dona- 
tion de  30  à  prendre  chaque  année  sur  la  prévôté  d'Anjou, 

donation  faite,  en  l'an  1250,  par  Gharles  d'Anjou  (en  latin).  J  19. 

La  même  requête  en  français.  J  21. 

956.  —  4  février  1480.  Plessis-du-Parc.  —  Acte  authentique 
constatant  l'ordre  donné  par  Louis  XI  de  remettre  à  Jean  Bourré 
deux  lettres  par  lui  envoyées  au  premier  président  du  Parlement  de 
Paris,  Jean  Le  Boulanger,  et  renvoyées  par  celui-ci,  avec  rapport  y 
annexé  sur  leur  authenticité,  l'une  de  M^  Antoine  de  Longueil  à 

M.  de  Ghanterayne,  l'autre  du  même  de  Longueil  à  la  femme  de 

Leduc.  L  74. 

957.  — [1480].  —  Lettre  missive  de à  Louis  XI  sur  une 

entrevue  qu'il  a  eue  avec  M"^  de  Penthièvre  et  son  fils  ^.  G  6. 

958.  —  19  février  1480.  Paris.  —  Lettre  de  Louis  XI,  mandant 
au  premier  huissier  sur  ce  requis  d'ajourner,  nonobstant  appel,  Guy 
Chenu,  seigneur  de  FEstang,  qui  prétendait  s'opposer  à  Texécution 
de  certaines  lettres  du  sénéchal  de  Montaigu.  H  53. 

959.  —  [Avant  le  mois  de  juin  1480.]  —  Requête  au  roi  pour  qu'il 
ratifie  la  vente  à  lui  faite  par  Dunois  de  la  terre  de  Gléry,  pour  et  au 
profit  de  l'église  dudit  lieu  de  Gléry  3.  K  9. 

1.  L'évacuation  de  la  ville  d'Arras  par  ses  habitants  et  leur  reniplacement  par 
de  nouveaux  furent  prescrits  par  lettres  patentes  du  2  juin  1  i79.  Mémoires  de 
l'Académie  d'Arras,  XXXVII,  140. 

2.  Il  doit  être  ici  question  des  négociations  relatives  à  la  cession  par  Nicole  de 
Bretagne  à  Louis  XI  de  ses  droits  sur  le  duché  de  Bretagne,  transaction  inter- 
venue le  11  décembre  1479  et  signée  le  3  janvier  1480  suivant.  Duclos,  omit,  cit., 
III,  254. 

3.  Les  lettres  du  mois  de  juin  1480,  faisant  don  à  X.-D.  de  Cléry  de  la  ch<l- 
tellenie  dudit  lieu,  doivent  avoir  été  rendues  sur  cette  requête.  B.  N  ,  ms. 
Moreau  256,  f"  149. 


508 

960.  —  «  Estât  par  estimacion  de  la  recepte  ordinaire  du  pays  de 
Quercy,  de  l'année  commançant  à  la  feste  de  Sainct  Jehan  Baptiste 
rail  CGCC  quatre  vingts,  et  finissant  à  ladicte  feste  prouchaine 
venant,  mil  GGGG  quatre  vingts  et  ung.  »  P  6  et  7. 

961.  —  Requête  de  Bourré  à  Louis  XI  pour  obtenir  de  lui  des 
immeubles  «  que  tenoit  en  son  vivant,  par  tollerance  du  roy  de 
Secille,  feu  Poissonnière  en  la  ville  d'Angers  ^.  »  H  42. 

962.  —  [Après  le  JO  juillet  USO.]  —  Lettres  de  Louis  XI  confir- 
mant à  Bourré  la  propriété  de  certains  biens  fonds  sis  à  Angers,  et 
tenus  autrefois  par  Pierre  de  la  Poissonnière  du  feu  roi  René,  con- 
testés audit  Bourré  par  la  mairie  d'Angers.  I  27-29. 

963.  —  Lettres  par  lesquelles  Louis  XI  donne  à  Bourré  plusieurs 
immeubles  sis  à  Angers  à  lui  dévolus,  par  suite  de  la  mort  du  roi 
René.  K  50-53. 

964.  —  Lettres  de  Louis  XI  attribuant  à  Bourré  plusieurs  biens 
fonds  sis  en  la  ville  d'Angers,  à  lui  dévolus  par  suite  de  la  mort  de 
René  d'Anjou,  à  la  condition  que  ledit  Bourré  servira  et  continuera 

c(  doresenavant,  par  chacun  an,  au  terme  de à  nous  ou  à  nostre 

recepte  ordinaire  d'Anjou,  un  chien  espagneul  blond,  sans  plus  en 
faire,  pour  touz  devoirs  et  charges  quelxconque.  »  K  32-35. 

965.  —  Mercredi  soir.  —  Lettre  de  Pierre  Datert  à  Bourré  au 
sujet  du  greffe  d'Angers,  dont  Pierre  Martin  lui  contestait  la  jouis- 
sance 2.  B  3. 

966.  —  30  août  ^480.  —  Acte  authentique  dressé  par  Golas  le 
Royer  et  Jean  Bloyo  prêtre,  tous  deux  notaires,  constatant  la  défense 
faite  à  Alain  Ghapperon,  procureur  du  seigneur  de  Taillebourg,  par 
Jean  Mestivier,  seigneur  de  la  Gadune,  d'aller  du  côté  de  la  Roche- 
Servière,  de  Lège,  de  Bourg,  et  aux  environs,  à  cause  de  la  présence 
de  200  hommes  de  guerre  du  duc  de  Bretagne,  parmi  lesquels  Ber- 
trand Lucas,  châtelain  de  la  Benaste,  Jacques  Rousseau,  seigneur  de 


1.  Après  le  10  juillet  1480,  date  de  la  mort  du  roi  René. 

2.  Les  greffes  dépendant  du  domaine  furent  à  la  disposition  du  roi  de  France 
en  Anjou,  le  jour  où  cette  province  fit  retour  à  la  couronne,  par  la  mort  du  roi 
René.  Toutefois,  Louis  XI  ayant  occupé  l'Anjou  dès  l'année  1474,  cette  lettre 
pourrait  remonter  jusqu'à  cette  dernière  date,  mais  ce  qui  me  la  ferait  placer 
après  1480,  c'est  que  c'est  véritablement  du  moment  où  Bourré,  par  la  libéralité 
de  Louis  XI,  devint  propriétaire  à  Angers,  qu'il  y  acquit  une  énorme  influence 
et  que  tout  le  monde  y  eut  recours  à  lui. 


T)09 

risle  Gandin,  Pregcnt  Boteuil,  s"'  du  Margat,  dont  plusieurs  avaient 
menacé  de  tuer  ledit  Alain  Chapperon,  s'ils  le  rencontraient.  J  Al. 

967.  —  2  novembre.  Angers.  —  Lettre  de  J.  de  la  Vignolle  et 
Binel  aux  trésoriers  sur  l'adjudication  des  fermes  à  Angers  ^  E  50. 

968.  —  Mémoire  pour  Louis  XI  en  réponse  aux  demandes  de 
Jeanne  de  Laval,  veuve  de  René  d'Anjou,  roi  de  Sicile.  G  27. 

969.  —  Requête  des  dojen  et  chapitre  de  l'église  d'Angers  au 
grand  Conseil  et  au  chancelier,  pour  obtenir  la  confirmation  d'un 
don  annuel  de  100  1.  t.  à  eux  fait  par  Louis  I",  comte  d'Anjou,  et 
confirmé  par  la  reine  Marie,  pour  la  fondation  de  deux  anniversaires. 
L  102. 

970.  —  i7  février  [l4Si].  Amboise.  —  Lettre  missive  de  Bourré 
à  Louis  XI,  spécifiant  le  poids  d'argent  nécessaire  pour  la  statue  du 
dauphins.  H  40. 

971.  —  22  février  [^48^].  Amboise.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI, 
pour  lui  donner  des  nouvelles  du  dauphin  et  accuser  l'envoi  d'un 
vidimus  de  la  lettre  de  Bretagne 3.  K  A^. 

972.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI  sur  l'aménagement  et  le  per- 
sonnel du  château  d'iVraboise-*.  G  20. 

973.  —  Dimanche  27  mai  [1481].  Amboise.  —  Lettre  de  au 

roi  Louis  Xi  pour  lui  donner  des  nouvelles  du  dauphin  ^.  G  95. 

974.  —  ^148^.  —  a  Estât  au  vray  de  la  recepte  ordinaire  de  la 
seneschaucée  de  Rouergue,  pour  l'année  commançant  à  la  feste 
Sainct  Jehan  Baptiste  mil  GGGC  1111-^^,  et  finissant  à  semblai)le  feste 
mil  GCGG  quatre  vings  et  ung,  et  ce,  pour  les  termes  de  Toussains 
et  Ghandelleur  seuliement,  car  Allepi  (^adel  a  receu  le  derrenier 
terme  qui  est  le  tiers  de  l'année,  et  plusieurs  autres  fermes,  ainsi 
qu'il  sera  déclairé  cy-apiès.  »  P  22-24. 


1.  Cette  pièce  et  les  suivantes  sont  postérieures  à  la  mort  du  roi  René,  le 
10  juillet  1480. 

1.  Une  lettre  missive  de  Louis  XI  à  Bourré,  du  21  février  1481,  en  réponse  à 
celle-ci,  en  détermine  la  date. 

3.  Il  semble  que  l'élat  de  santé  du  dauphin,  dont  il  est  question  ici,  ait  été 
le  motif  de  la  confection  de  la  statue  d'argent  mentionnée  ci-dessus. 

4.  Cette  lettre  est  postérieure  à  l'établissement  de  Bourré  à  .\mboisc  auprès 
du  dauphin,  c'est-à-dire  au  moins  au  6  mars  1478. 

5.  Le  27  mai  tombe  un  dimanche  en  liSl. 


5i0 

975.  —  Dépenses  pour  lesdits  deux  termes.  P  24-27. 

976.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI  pour  lui  donner  des  nouvelles 
du  dauphin.  G  87. 

977.  —  2  juillet  ['I48^].  —  Lettre  de à  M?--  du  Plessis  Bourré, 

trésorier  de  France,  sur  les  fortifications  de  Montaigu,  et  sur  des 
questions  d'impôt  ^  F  23,  26. 

978.  —  Vendredi.  Le  Mans.  —  Lettre  de  Guillaume  de  Gerisay  à 
Louis  XI,  signalant  les  menées  d'un  agent  de  Guillaume  de  Sahurs, 
impliqué  dans  le  procès  du  comte  du  Perche,  René  d'Alençon  ^.  G  'IS-I . 

979.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI,  pour  lui  donner  des  nou- 
velles de  la  santé  du  dauphin  ^.  I  95  v°. 

980.  —  -l^''  août  ^48^.  —  Lettres  de  Louis  XI,  accordant  au  cha- 
pitre cathédral  d'Angers  une  rente  annuelle  de  200  1.  t.,  à  prendre 
sur  les  premiers  deniers  à  recueillir  de  la  ferme  des  «  seynes  »  de  la 
Maine;  -100  1.  t.,  pour  l'anniversaire  fondé  par  Louis  I",  comte  d'An- 
jou, et  sa  femme  ;  ^00  1.  t.  pour  une  messe  à  célébrer  tous  les  jours 
à  l'hôtel  de  Saint-André,  pour  le  roi  lui-môme.  R  43,  44. 

981.  —  7  septembre  [^48'i].  Montaigu.  —  Lettre  de  Guillaume  Le 
Bigot  à  Bourré  sur  les  fortifications  de  Montaigu,  et  en  réponse  à  une 
demande  de  chiens  courants  faite  par  le  roi"*.  E  82,  83. 

982.  —  2i  novembre  [148^?].  Paris.  —  Lettre  des  gens  des 
comptes  à  Louis  XI  pour  lui  annoncer  l'envoi  des  pièces  du  procès 
de  la  veuve  et  des  héritiers  de  feu  M"  Phihbert  Boutillart^.  D  ^79. 

983.  —  -14  décembre  J48^.  Limoges.  —  Requête  des  «  lieutenant, 
advocat  et  procureur  en  Limousin  pour  le  roy,  nostre  sire,  »  à  «  nos 
très  honnorés  seigneurs ,  nos  seigneurs  les  trésoriers  de  France  et  à 

1.  Cette  lettre  est  certainement  postérieure  au  4  août  1473,  date  de  l'acquisi- 
tion de  Montaigu  par  Louis  XI,  et  si  je  choisis  de  préférence  l'année  1481 
comme  celle  où  elle  aurait  été  écrite,  c'est  que,  le  3  février  de  cette  môme 
année,  je  trouve  un  mandement  de  1,200  1.  t.,  signé  par  Louis  XI,  sur  les  2,000 
affectées  aux  dites  fortifications.  Arch.  nat.,  K  72,  n°  52. 

2.  René  d'Alençon  avait  été  arrêté  le  10  juillet  1481.  Duclos,  ouvr.  cit.,  III,  343. 

3.  Une  lettre  missive  de  Louis  XI  à  Bourré,  en  date  du  21  juillet  1481,  fournit 
la  preuve  que  le  dauphin  avait  été  à  ce  moment  gravement  malade. 

4.  V.  ci-dessus  la  lettre  du  2  juillet  1481,  n"  977. 

5.  Il  faut,  je  crois,  rapprocher  le  procès  dont  il  est  ici  question  d'un  autre 
procès  soutenu  par  les  mêmes  personnes,  mais  devant  le  Parlement  de  Paris, 
et  qui  fait  l'objet  d'une  lettre  missive  de  Louis  XI,  du  22  août  1481. 


541 

chacun  d'eulx,  »  pour  faire  imputei'  sur  la  recette  du  domaine  du  roi 
à  Limoges  la  somme  de  300  1.  t.  nécessaire  à  la  reconstruction 
«  des  prison  et  auditoyre  pour  tenir  la  court  de  monseigneur  le 
seneschal  de  Limosin.  »  G  47. 

984.  —  [1481 .]  —  <(  Mémoire  des  piesses  nécessaires  pour  achever 
le  livre  qu'il  a  pieu  au  roy  commander  estre  fait  par  le  juge  maige 
et  le  grant  président  de  Provence  '.  »  I  35. 

985.  —  Lettre  d'Adam  de  Vasouy  à  Bourré,  «  conseiller  et  maistre 
des  comptes,  trésorier  de  France  et  capitaine  de  Montaigu,  »  relative 
à  l'envoi  de  Guion  Lehot,  pour  surveiller  les  travaux  de  fortification 
de  ladite  place  de  Montaigu  2.  F  -102. 

986.  —  [Commencement  de  -1482.]  —  Lettre  missive  de  Louis  XI 
a ?  H  77. 

987.  —  2...  janvier  -1482.  —  Quittance  donnée  par  Jourdain 
Dupeyrat,  chanoine  de  Saint-Martin-de-Tours  et  curé  du  Puy  N.-D. 
en  Anjou,  d'une  somme  de  3,526  1.  -1  s.  s  d.  t.,  donnée  par  le  roi. 
J23. 

988.  —  24  janvier  1482.  Amboise.  —  «  Marché  de  la  pourtraylure 
du  roy  Lois  touchant  sa  tombe  en  l'église  de  N.-D.  de  Glery,  »  passé 
par  Bourré  avec  «  Conrat  de  Goulongne,  orfèvre,  et  Laurens  Wrine, 
canonnier  du  roy,  nostre  sire.  »  K  2,  3. 

989.  —  8  avril  [1 482],  lundi  de  Pâques.  Angers.  —  Lettre  de  Henri 
Régnant  à  Bourré,  conseiller  du  roy,  maistre  de  ses  comptes  et  tré- 
sorier de  France,  sur  des  destitutions  d'officiers  faites  par  Louis  XI  ^. 
F  150. 

990.  —  30  avril  [-J482].  Gléry.  —  Lettre  de  Jacques  de  Moreau  et 
Guillaume  Marti,  chapelain  de  N.-D.  de  Gléry,  sur  les  constructions 
de  cette  église,  et  notamment  sur  le  tombeau  que  Louis  XI  s'y  faisait 
ériger  ^.  K  I. 

991.  —  U  mai  1482.  Montaigu.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI 
sur  la  garde  de  Lancelot».  G  30. 

1.  Ce  doit  être  le  livre  des  privilèges  de  Provence,  confirmés  par  lettres 
royales  du  19  décembre  liSl.  Archives  des  Bouches-da-RluJne.  Chambre  des 
comptes  du  comté  de  Provence. 

2.  V.  ci-dessus  les  lettres  du  2  juillet  et  du  7  septembre  1481,  n"  977  et  981. 

3.  L'année  1482  est  la  seule,  parmi  celles  où  le  lundi  de  Pâques  tombe  le 
8  avril,  qui  puisse  convenir  aux  faits  relatés  dans  cette  lettre. 

4.  Voir  ci-dessus,  n°  988,  le  marché  du  24  janvier  1482. 

5.  Lancelot  de  Berlemont,  capitaine  bourguignon,    fait    prisonnier  par   les 


512 

992.  —  30  mai  [1482].  Orléans.  —  Lettre  d'Hervé  de  Gouste  à 
Bourré,  pour  lui  recommander  un  artiste,  lequel  est  «  le  plus  habille 
homme  pour  dorer,  qui  soit  au  reaulme  de  France,  et  pour  y 
besoingner  en  fonte,  »  et  de  plus  parfaitement  solvable  ^  K  4. 

993.  —  30  juin  [1482].  Amboise.  —  Lettre  de  Bourré  à  Du  Bou- 
chage sur  les  constructions  de  Gléry,  et  sur  la  nomination  d'Antoine 
de  Beaune  pour  en  tenir  les  comptes.  G  20  v°. 

994.  —  29  juillet  [1482].  Gléry.  —  Lettre  de  Gornilleau,  chanoine 
et  procureur  de  N.-D.  de  Gléry,  à  Bourré,  sur  les  constructions  de 
cette  église.  F  41 . 

995.  —  «  Instruction  à  Golin  Damiens  (d'Amiens?)  sur  la  pour- 
traicturedu  roy,  nostre  sire,  »  qu'ila  été  chargé  d'exécuter.  (Avec 
un  dessin  à  la  plume,  représentant  l'attitude  dans  laquelle  le  roi 
doit  être  figuré.)  K  5. 

996.  —  [1482.]  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  XI,  pour  obtenir  la 
ratification  de  l'acquisition  par  lui  faite  de  terres  confisquées  sur 
René  d'Alençon,  comte  du  Perche  ^.  G  20  v". 

997.  _  Lettres  de  Louis  XI  ordonnant  que,  pour  la  répression 
des  contrats  usuraires  passés  dans  le  bailliage  de  Màcon  et  séné- 
chaussée de  Lyon,  une  enquête  soit  faite,  et  que  communication 
soit  demandée  aux  notaires  et  tabellions  de  tous  les  actes  de  cette 
nature,  pour  que  punition  soit  faite  de  ceux  au  profit  desquels  ils 
auraient  été  passés^.  L  4,  5. 

998.  —  Lundi,  7  octobre  [1482].  Gléry.  —  Lettre  d'Antoine  de 
Beaune  à  Bourré,  seigneur  du  Plessis,  conseiller,  maître  des  comptes 
et  trésorier  de  France,  sur  les  frais  des  constructions  de  Gléry.  K 12. 

999.  _  ^8  novembre  [1482].  Franchise^.  —  Lettre  d'Olivier  de 


Français  au  commencement  d'octobre  1477,  fut  d'abord  mené  à  Térouanne,  puis 
transféré  ailleurs,  et  finalement  à  Amboise.  Jehan  de  Wavrin,  Anchiennes  Cro- 
nicques  d'Engleterre,  éd.  Dupont,  III,  331. 

1.  Cette  recommandation  devait  avoir  pour  but  de  faire  employer  l'artiste 
qui  en  est  l'objet  aux  travaux  du  tombeau  de  Louis  XI  à  N.-D.  de  Cléry. 

2.  L'arrêt  du  Parlement  mettant  le  roi  en  possession  des  places  et  châteaux 
de  René  d'Alençon  est  du  22  mars  1482.  Duclos,  ouvr.  cit.,  III,  34G,  347. 

3.  En  août  1482,  Louis  XI  rendit  sur  la  matière  des  lettres  patentes  dont 
nous  avons  là  peut-être  la  minute.  Ord.  des  R.  de  Fr.,  XIX,  32. 

4.  C'était  le  nom  imposé  par  Louis  XI  à  la  ville  d'Arras,  après  la  révolte  et 
l'expulsion  de  ses  habitants. 


543 

Quoaitman  à  Louis  XI  lui  annonçanl  que  le  sire  de  Ravestain  a  vu 
les  enfants  d'Autriche,  et  dit  que  l'on  désire  beaucoup  la  paix  à 
Gand^.  D  439. 

1000.  —  Lettre  de  Bourré  à  Louis  IX  sur  la  santé  du  dauphin  et 
sur  Timpression  éprouvée  par  Lancelot  (deBerlemont),  à  la  réception 
des  lettres  de  MM.  de  Ravestain  et  de  Quoaitman.  E  54. 

1001.  — Lettre  missive  de  François  Luces  (?)  à  Bourré,  pour 

lui  annoncer  que  le  roi  a  écrit  au  sire  de  Ravestain,  au  sujet  de 
Lancelot  de  Berlemont,  et  lui  demander  sMl  est  permis  audit  Lancelot 
de  répondre  lui-même  au  sire  de  Ravestain.  A  10. 

1002.  —  23  novembre  [4482].  Amboise.  —  Lettre  missive  de 
Bourré  à  Louis  XI  sur  la  santé  du  dauphin  et  la  prochaine  mise  en 
liberté  de  Lancelot  de  Berlemont-.  G  30. 

1003.  —  30  novembre  [4482].  Amboise.  —  Lettre  missive  de 
Louis  XI  à  «  ses  amez  et  féaulx.  »  G  423. 

1004.  —  4  3  mars  [4  483].  Plessis-du-Parc.  —  Lettre  de  Louis 
de  Graville  à  Bourré,  lui  annonçant  que  les  Gantois  ont  envoyé 
demander  au  roi  un  mandement  qui  les  autorise  à  publier  la  paix 
dans  leur  pays^.  E  26. 

1005.  —  [4483?]  —  Requête  au  roi  Louis  XI  pour  obtenir,  en 
faveur  des  abbayes  auxquelles  feu  Nicole  Tilhart  a  légué  diverses 
terres,  des  souffrances  pour  la  prestation  de  l'hommage  dont  elles 
sont  tenues  envers  le  roi  ^.  M  23. 

1006.  —  24  avril  4483.  —  Acte  authentique  constatant  la  recon- 

1.  Les  enfants  d'Autriche  étaient  Philippe  et  Marguerite,  nés  du  mariage  de 
Marie  de  Bourgogne  avec  Maximilien  d'Autriche  ;  ils  étaient  retenus  comme 
otages  par  les  Gantois,  et  la  paix  désirée  par  ces  derniers  fut  conclue  à  Arras 
le  23  décembre  1482. 

2.  Une  lettre  missive  de  Louis  XI  à  Bourré,  du  lendemain  24  novembre, 
annonce  à  celui-ci  que  Lancelot  pourra  être  mis  en  liberté,  aussitôt  que  la  paix 
aura  été  signée. 

3.  Elle  avait  été  signée  à  Arras,  le  23  décembre  1482,  mais,  sur  la  demande 
des  députés  gantois,  elle  fut  encore  ratifiée  par  le  dauphin  Charles ,  le  22  jan- 
vier 1483. 

4.  Je  ne  trouve  plus  la  signature  de  ce  secrétaire  au  bas  des  lettres  royales  à 
partir  du  24  novembre  1482,  ce  qui  me  ferait  croire  que  c'est  aux  environs  de 
cette  date  qu'il  y  a  lieu  de  placer  la  présente  requête. 


544 

naissance  faite  par  Tanneguy  du  Ghâtel  d'une  livraison  à  lui  faite 
des  reliques  provenant  de  Gampredon  K  D  M. 

1007.  —  «  S'ensuit  les  noms  de  ceux  qui  ont  Fargent  que  le  roy, 
nostre  sire,  a  envoyé  et  donné  au  Saint  Esperit  de  Baionne,  pour 
acheter  des  rentes  es  chapelains  dud.  Saint  Esprit,  ordonnés  par  le 
roy,  nostre  sire^.  »  J  427. 

1008.  — 5?  juin  [1483],  Montils-lez-Tours.  —  Lettre  mis- 
sive de  Louis  XI  à  ses  «  amez  et  féaulx.  »  I  78. 

1009.  —  [4483.]  —  Affectation  à  Féglise  de  Gléry  des  sommes 
consacrées  par  le  roi  à  l'accomplissement  de  ses  vœux  en  Dauphiné^. 
K40. 

1010.  —  «  Pour  mouvoir  et  advertir  messieurs  les  trésoriers  et 
conseilliers  du  roy,  nostre  sire,  sur  le  fait  de  ses  finances,  touchant 
le  fournissement  des  greniers  à  sel  de  ce  royaulme,  soubz  leur  cor- 
rection sont  plusieurs  choses  à  considérer''.  »  Q  J09,  HO. 

1011.  —  «  S'ensuit  le  domaine  des  seneschaucées  de  Guyenne  et 
Bazadès,  qui  a  esté  trouvé  alyenné  par  le  feu  roy  Loys.  »  P  68,  69. 

J.  Vaesen. 
(A  suivre.) 

1.  Tanneguy  du  Châlel  ayant  été  tué  au  siège  de  Bouchain,  au  printemps  de 
1477,  cet  acte  ne  peut  être  que  la  constatation  d'un  événement  antérieur. 

2.  Des  lettres  du  mois  de  mai  1483  avaient  érigé  en  chapitre  le  prieuré  du 
Saint-Esprit  de  Rayonne.  Arch.  mun.  de  Bayonne,  GG  18-23. 

3.  Voir  sur  les  dons  de  Louis  XI  en  Dauphiné,  et  notamment  sur  ceux  faits 
par  lui  au  monastère  de  Saint-Antoine ,  les  lettres  patentes  du  roi  du  7  mars 
1482,  et  celle  du  19  mai  suivant.  Arch.  de  l'Isère,  B  3049,  f"  195  et  221. 

4.  Après  le  30  août  1483,  date  de  la  mort  de  Louis  XI  :  il  est  fait  mention  du 
«  feu  roy  Loys.  » 


UN 

RÉFUGIÉ  A  JÉRUSALEM 

AU  VP  SIÈCLE  DE  NOTRE  ÈRE 


Grégoire  de  Tours  raconte  au  chapitre  vi  de  son  De  gloria 
martyrum  le  fait  suivant^  : 

«  Pour  nous,  dit-il,  voici  comment  la  vertu  du  bois  de  la  vraie 
«  croix  nous  fut  manifestée.  Un  homme  nous  montra  un  jour  une 
«  pièce  d'étoffe  tissue  entièrement  de  soie  ;  elle  était  fort  vieille  et 
«  il  nous  disait  qu'elle  avait  servi  à  envelopper  la  croix  du  Sei- 
*  gneur  à  Jérusalem.  Comme  la  chose  paraissait  incroyable  à 
«  notre  simplicité  et  que  nous  demandions  avec  insistance  d'où 
«  lui  était  venue  une  telle  grâce  de  posséder  un  bien  si  précieux, 
«  quand  nous  savions  que,  les  jours  où  ce  bois  sacré  est  exposé  à 
<-<  l'adoration  des  fidèles,  non  seulement  personne  n'en  peut  obte- 
«  nir  une  parcelle,  mais  on  écarte  même  par  des  coups  celui  qui 
«  s'en  approche  de  trop  près,  cet  homme  nous  répondit  :  Lorsque 
«  je  partis  de  Jérusalem,  je  rencontrai  l'abbé  Fûtes,  lequel  était 
«  en  grand  crédit  auprès  de  l'impératrice  Sophie,  qui  lui  avait 
«  commis,  comme  à  un  préfet,  le  gouvernement  de  tout  l'Orient. 
<'  Je  me  mis  à  son  service  et,  quand  je  quittai  l'Orient,  il  me  donna 
«  des  reliques  de  saints  et  cette  étoffe  qui  servait  alors  à  envelop- 
«  per  la  croix.  Quand  il  m'eut  dit  cela  et  qu'il  m'eut  laissé  l'étoffe, 
«  j'osai,  je  l'avoue,  laver  celle-ci  et  en  donner  l'eau  à  boire  aux 
«  fiévreux;  aussitôt  ils  étaient  guéris  par  la  vertu  divine.  J'en 
«  détachais  souvent  des  parcelles  que  je  donnais  aux  fidèles  en 
«  signe  de  bénédiction » 

D.  Ruinart,  dans  l'édition  qu'il  a  donnée  du  Livre  de  la  gloire 

1.  J'emprunle  la  traduction  que  je  donne  de  ce  passage  à  l'édition  de  M.  H. 
Bordier. 


5^6 

des  martyrs,  déclare  que  malgré  ses  recherches  il  n'a  pu  trouver 
autre  part  des  renseignements  sur  l'abbé  Fûtes,  et  M.  H.  Bordier, 
auquel  nous  devons  un  bon  texte  et  une  traduction  française  de 
ce  même  Livre,  se  borne  à  constater  que  D.  Ruinart  n'est  point 
arrivé  à  identifier  le  personnage. 

Je  crois  être  en  mesure  aujourd'hui  d'apporter  à  ce  sujet 
quelques  informations,  dont  un  futur  éditeur  de  Grégoire  de  Tours 
pourra  faire  son  profit.  Je  trouve  en  effet  dans  diverses  sources 
de  l'histoire  byzantine,  dans  Procope,  dans  Théophane,  dans 
Cedrenus,  dans  un  chroniqueur  latin  du  vi^  siècle,  le  diacre  Libe- 
ratus,  et  dans  deux  historiens  orientaux,  Jean  d'Ephèse  et  Jean 
de  Nikiou,  d'assez  nombreux  détails  sur  un  nommé  Photius  ou 
Photinus,  qui  me  paraît  n'être  autre  que  le  Futés  en  question.  Le 
nom  de  Futés  donné  par  Grégoire  à  l'abbé  hiérosolymitain  peut 
fort  bien  être  une  latinisation  de  ^wtioç.  En  outre,  ce  qu'on  lit 
sur  ce  personnage  dans  le  Livre  de  la  gloire  des  77iartyrs 
concorde  parfaitement  avec  ce  que  nous  apprennent  au  sujet  du 
Photius  dont  je  parle  les  écrivains  grecs  orientaux. 

Ce  Photius,  rehgieux  à  Jérusalem  depuis  l'an  543,  avait  eu, 
avant  d'embrasser  la  vie  monacale,  une  existence  fort  agitée. 
Fils  d'un  premier  mari  ou  peut-être  fils  naturel  d'Antonine,  la 
femme  de  l'illustre  Bélisaire^  il  avait,  tout  jeune  encore^, 
accompagné  son  beau-père  dans  sa  première  campagne  contre 
les  Goths  d'Italie  (535)  et  s'y  était  signalé  à  la  fois  par  son  cou- 
rage^  et  par  le  peu  de  scrupule  avec  lequel  il  acceptait  les  moins 

1.  Procope  {Guerre  gothique,  1.  I,  c.  5  [éd.  de  Bonn,  II,  p.  26])  dit  au  sujet  de 
Photius  :  ô  ir^ç,  Yuvaîxoç  auToO  'Avtwvivyjç  uîb;  iv.  yâfjiwv  TrpoTÉpwv.  Mais  dans  d'au- 
tres passages,  lorsqu'il  parle  des  premières  années  d'Antonine,  il  ne  dit  pas  qu'elle 
ait  eu  d'autre  mari  que  Bélisaire  et  affirme  au  contraire  qu'au  moment  où  elle 
l'épousa  elle  avait  déjà  plusieurs  enfants  naturels  :  Auty)  xà  npoTepa  [j.àx^ov 
Ttvà  piwffaffoc  [îtov  xai  tôv  rpoTtov  'eSsppwyyta,  çapjjiaxeya'i  xs  Traxpwotç  TtoXlà  w[xt- 
^Y^xuîa,  xac  ty|v  [j.à9Y)fftv  xwv  oc  àvayxaîwv  Ttoiyiaapilvo,  èYY'J^xr)  uaxEpov  BsXiorapiw 
yuvfi  yéyove,  [j.:^x-/ip  r^ôr\  nat'owv  y£vo[j.£VY]  TtoXXwv  {Histoire  secrète,  c.  1  féd.  de 
Bonn,  III,  p.  13J);  et  plus  loin  Bélisaire  s'adressant  à  Photius  lui  dit  :  ^O  ual 
ylux'jxaxc  Tiaxépa  |j.£v  xbv  aov  ocrxtç  uoxà  v^v  0'jôa[x7î  otaOa  {Histoire  secrète,  c.  3  féd. 
de  Bonn,  III,  p.  19]).  Je  suis  pour  ma  part  porté  à  croire  que  Photius  était  fils 
naturel  d'Antonine;  le  mot  yàjjioç,  en  effet,  peut  tout  aussi  bien  signifier  concu- 
binage que  mariage  légal. 

2.  Procope,  Guerre  gothique,  1.  I,  c.  5  (éd.  de  Bonn,  pp.  26-27)  :  vso;  [xèv  wv 
xal  Ttpîbxov  'jTiïivv^xyiÇ. 

3.  Procope  {ibid.)  parle  de  lui  avec  éloge  :  Çuvexfixaxo;  xs  xat  çviffswç  î<tx"v 

VTïèp    XYjV   Y)XtXlOtV    Ù{\kMGa.Ç,. 


547 

honorables  missions.  En  536,  lors  du  siège  de  Naples,  Bélisaire 
s'était  vu  forcé  pour  s'emparer  de  la  ville  de  détourner  les  eaux 
d'un  canal  par  lequel  il  comptait  introduire  une  partie  de  ses 
soldats  à  l'intérieur  des  murs.  Deux  de  ses  officiers,  Magnus  et 
Enuès,  furent  chargés  de  pénétrer  avec  400  hommes  par  le  che- 
min qu'il  avait  ainsi  fait  ouvrir.  Une  fois  dans  la  ville,  ce  corps 
devait,  au  moyen  d'un  signal  convenu,  prévenir  le  reste  de  l'armée 
qui  se  tenait  prête  à  l'assaut.  Mais,  comme  la  petite  troupe  s'avan- 
çait, une  grande  partie  des  liommes  dont  elle  se  composait  prit 
peur  et  malgré  les  supplications  de  Magnus  refusa  de  marcher 
plus  avant.  Les  chefs  de  l'expédition  furent  alors  obligés  de  ren- 
trer au  camp.  Bélisaire  reçut  fort  mal  les  fuyards  et,  réunissant 
200  hommes  choisis,  il  leur  donna  l'ordre  de  partir  avec  Magnus. 
Alors  Photius,  désireux  de  prendre  part  à  l'expédition,  sauta  dans 
le  canal,  comme  pour  se  mettre  à  la  tête  du  détachement.  Son 
beau-père  ne  voulut  pas  l'exposer  au  danger  et  le  rappela,  mais 
l'audace  du  jeune  homme  se  communiqua  aux  soldats  hésitants, 
et  ceux  mêmes  qui  avaient  refusé  de  marcher  se  mirent  en  route 
pleins  d'entrain,  Bélisaire  en  personne  avec  un  autre  de  ses  offi- 
ciers et  Photius  alla  se  poster  dans  un  endroit  d'où  il  pouvait 
connaître  rapidement  l'issue  de  son  stratagème.  La  surprise  réus- 
sit à  merveille  et  Naples,  attaquée  au  dedans  et  au  dehors,  dut  se 
rendre  à  l'armée  impériale  ^ 

Dans  une  autre  circonstance,  Photius  se  montra  sous  un  jour 
moins  avantageux.  Le  pape  Agapet  étant  mort  à  Constantinople 
(536) ,  Rome  lui  avait  élu  un  successeur  en  la  personne  du  diacre 
Silverius,  fils  du  pape  Hormisdas.  Mais  l'impératrice  Théodora, 
qui  voulait  faire  abroger  les  décrets  du  concile  de  Chalcédoine 
(451)  et  qui  pour  cela  avait  besoin  d'un  pape  à  sa  dévotion,  pro- 
mit à  un  personnage  du  nom  de  Vigilius  de  le  faire  élire  s'il  s'en- 
gageait à  proclamer  l'orthodoxie  de  Théodosius,  d'Anthimus  et 
de  Severus,  déclarés  hérétiques  par  les  pères  du  concile  de  Cons- 
tantinople (536)  pour  avoir  professé  les  doctrines  d'Eutychès 
condamnées  par  le  concile  de  Chalcédoine.  Vigilius  donna  la  pro- 
messe qui  lui  était  demandée,  et,  muni  d'une  lettre  de  l'impératrice 
pour  Bélisaire,  il  se  rendit  auprès  du  général  à  Ravenne.  Bélisaire 
partit  immédiatement  pour  Rome,  où  Silverius  venait  d'être 
ordonné.  11  chercha  tout  d'abord  à  le  perdre  en  l'accusant  d'avoir 

1.  Procope,  Guerre  gothique,  1.  I,  c.  10  (éd.  de  Bonn,  III,  p.  49-50). 

34 


518 

voulu  livrer  la  ville  aux  Goths,  puis  il  lui  conseilla  de  gagner  la 
faveur  et  l'appui  de  l'impératrice  en  condamnant  le  concile  de 
Clialcédoine.  Enfin,  comme  Silverius  paraissait  peu  disposé  à 
suivre  cet  avis,  il  lui  dépêcha  Photius  qui  l'invita  à  venir  négo- 
cier dans  le  palais  de  son  beau-père  en  lui  promettant  sous  la  foi 
du  serment  qu'il  ne  serait  en  aucune  façon  attenté  à  sa  personne 
ou  à  sa  liberté.  L'entourage  du  pape,  flairant  un  piège,  conseillait 
de  ne  point  donner  créance  à  cet  engagement.  Cependant  Silve- 
rius qui  jugeait  de  son  devoir  d'affronter  le  péril  se  rendit  à  l'in- 
vitation de  Photius.  Le  premier  jour  il  put  se  retirer  sain  et  sauf; 
mais,  ayant  une  seconde  fois  pénétré  dans  le  palais,  il  fut  saisi  et 
sans  autre  forme  de  procès  exilé  à  Patara  en  Lycie  (nov.  537). 
Puis  Bélisaire  convoqua  les  diacres  et  les  clercs  romains  et  leur 
ordonna  d'élire  un  nouveau  pape.  La  plupart  s'y  refusaient, 
d'autres  étaient  hésitants.  Alors  le  général  passa  outre  et  fit 
installer  Vigilius*. 

Quelques  années  après  cet  événement,  Photius  devait  être  la 
victime  d'une  de  ces  tragédies  dont  la  cour  byzantine  fut  si  sou- 
vent le  théâtre.  Nous  allons  en  raconter  ici,  d'après  Y  Histoire 
secrète  de  Procope^  les  épisodes  les  plus  saillants. 

Antonine  et  Bélisaire  avaient  adopté  un  jeune  Thrace,  nommé 
Théodosius,  et  l'avaient  emmené  avec  eux  lors  de  l'expédition 
envoyée  par  Justinien  contre  les  Vandales.  Pendant  la  tra- 
versée, Antonine  s'était  soudain  éprise  d'un  violent  amour 
pour  le  jeune  homme  et  n'avait  point  tardé  à  nouer  avec  lui 
des  rapports  adultères.  Bélisaire  s'en  était  aperçu,  mais,  soit 
qu'il  voulût  éviter  un  scandale  public,  soit  qu'Antonine  fût 
parvenue  à  se  justifier,  il  avait  semblé  reconnaître  l'innocence 
de  sa  femme  et  n'avait  même  point  éloigné  d'elle  le  complice 
de  son  crime.  Encouragée  par  cet  excès  de  complaisance,  Anto- 
nine ne  dissimula  même  plus  sa  passion  et  sa  conduite  fut 
bientôt  connue  de  tout  l'entourage  de  Bélisaire.  Longtemps 
personne  n'osa  le  prévenir.  Cependant  en  535,  à  l'époque  où 
le  général,  envoyé  contre  les  Goths,  venait  de  s'emparer  de  la 

1.  Tout  ce  récit  est  tiré  de  Liberatus  [Chronique,  c.  22  [Migne,  Pair,  lut., 
LXVIII,  col.  1039]).  DansProcope  {Hist.  secrcle,  c.  1  [éd.  de  Bonn,  III,  p.  16]), 
il  est  fait  mention  d'un  autre  personnage  qui  joua  un  rôle  dans  l'aflfaire  de  Sil- 
verius, comme  agent  de  Bélisaire,  sans  que  l'auteur  dise  au  juste  en  quoi  consista 
ce  rôle. 

2.  Chap.  1-3  (éd.  de  Bonn,  pp.  12-29). 


519 

Sicile,  une  servante  du  nom  de  Macédonia,  après  lui  avoir  fait 
jurer  qu'il  ne  la  trahirait  jamais,  lui  apporta  des  témoignages  si 
probants  de  son  déshonneur  qu'il  ne  lui  fut  plus  possible  ni  d'en 
douter,  ni  de  paraître  l'ignorer.  Dans  son  premier  moment  de 
colère,  Bélisaire  donna  l'ordre  à  quelques-uns  de  ses  gardes  de 
s'emparer  de  Théodosius  et  de  le  mettre  secrètement  à  mort.  Mais 
le  jeune  homme  averti  s'enfuit  précipitamment  à  Ephèse.  Anto- 
nine  cependant  parvenait  à  persuader  à  son  mari  qu'elle  était 
l'objet  d'une  accusation  calomnieuse  et  poussait  l'artifice  jusqu'à 
obtenir  de  lui  le  rappel  du  fugitif.  Théodosius,  invité  à  revenir  en 
Italie,  répondit  qu'il  n'en  ferait  rien  tant  que  Photius  n'aurait  pas 
été  éloigné  de  l'armée.  Il  redoutait  sans  doute  le  voisinage  de  cet 
adolescent  capable  de  renouveler  la  dénonciation  de  Macédonia 
et  qui  voyait  avec  envie  un  étranger  acquérir  dans  la  maison  de 
ses  parents  une  influence  dont  il  aurait  dû  jouir  lui-même. 

Antonine  n'osa  pas  exiger  ouvertement  le  départ  de  son  fils, 
auquel  Bélisaire  avait  voué  une  vive  affection,  mais  elle  agit 
envers  lui  de  telle  sorte  que  Photius,  sentant  son  existence  mena- 
cée, résolut  spontanément  de  gagner  Constantinople.  Théo- 
dosius revint  alors  et  fut  naturellement  reçu  avec  grande  joie  par 
sa  mère  adoptive,  qui  le  garda  près  d'elle  jusqu'à  la  fin  de  la  cam- 
pagne, s'amusant  autant,  dit  Procope,  de  la  naïveté  de  son  mari 
que  des  caresses  de  son  amant.  Lorsqu'en  539,  la  guerre  terminée, 
Bélisaire  retourna  dans  la  ville  impériale  avec  sa  femme,  Théo- 
dosius le  suivit  encore.  Mais,  craignant  alors  que  l'éclat  des 
désordres  d' Antonine  ne  finît  par  causer  sa  propre  perte,  il  se 
décida  à  quitter  momentanément  Constantinople.  Il  se  rendit  à 
Ephèse,  coupa  sa  chevelure  comme  s'il  eût  voulu  prendre  l'habit 
monastique  et  attendit,  pour  se  montrer  de  nouveau,  que  les  cir- 
constances eussent  éloigné  Bélisaire  de  sa  femme.  Le  moment 
désiré  ne  tarda  pas  à  v^nir  :  en  541,  le  général  fuirais  à  la 
tête  d'une  armée  et  chargé  d'aller  combattre  les  Perses.  Il  partit 
emmenant  avec  lui  Photius.  Antonine  cette  fois  resta  à  Constan- 
tinople où  Théodosius  le  rejoignit  aussitôt.  Cependant  Photius, 
sans  cesse  en  butte  aux  persécutions  de  sa  mère,  qui  mettait 
tout  en  œuvre  pour  se  débarrasser  secrètement  de  lui,  résolut 
de  faire  connaître  à  son  beau-père  ce  qu'il  savait  de  ses  coupables 
relations.  Il  introduisit  auprès  de  Bélisaire  un  personnage  qui 
venait  directement  de  Constantinople  et  qui  lui  raconta  par  le 
menu  la  comédie  dont  il  était  le  jouet.  A  cette  nouvelle  preuve 


520 

de  son  malheur,  Bélisaire  furieux  ne  rêva  plus  que  vengeance  et 
s'en  remit  à  Photius  du  soin  de  faire  disparaître  son  rival.  Une 
occasion  favorable  se  présenta  bientôt.  Antonine,  en  effet,  était 
venue  rejoindre  son  mari  en  Isaurie  où  séjournait  alors  l'armée 
romaine,  tandis  que  Théodosius  se  retirait  encore  une  fois  à 
Ephèse,  Photius  prit  rapidement  le  chemin  de  cette  ville,  condui- 
sant avec  lui  un  serviteur  d' Antonine,  Galligonus,  qu'il  força,  en 
le  rouant  de  coups  tout  le  long  de  la  route,  de  révéler  la  retraite 
exacte  de  l'homme  qu'il  poursuivait.  Théodosius,  prévenu  du  dan- 
ger, voulut  chercher  un  asile  dans  le  temple  de  l'apôtre  saint 
Jean;  mais,  livré  par  l'évêque,  il  fut  envoyé  sous  bonne  garde  en 
Cilicie  et  soigneusement  caché.  Pendant  que  ces  choses  se  pas- 
saient, Bélisaire  était  rentré  à  Constantinople.  Photius  s'y  rendit 
peu  après  avec  Calhgonus.  Mais  déjà  l'on  savait  à  la  cour  qu'il 
s'était  fait  l'instrument  de  la  rancune  de  son  beau-père.  Saisi  par 
l'ordre  de  l'impératrice  Théodora,  qui  protégeait  Antonine  et  favo- 
risait ses  désordres,  il  fut  battu  de  verges  ;  et,  quoique  Bélisaire, 
de  nouveau  réconcihè  avec  sa  femme,  ne  fît  rien  pour  l'arracher 
à  ses  ennemis,  il  eut  le  courage  de  ne  point  révéler  l'endroit  où 
se  trouvait  son  prisonnier.  Cependant  Théodora  était  parvenue  à 
mettre  la  main  sur  Galligonus,  et  celui-ci  n'eut  sans  doute  pas  de 
scrupule  à  dire  ce  que  l'on  voulait  savoir.  Théodosius  fut  rappelé, 
logé  dans  le  palais  impérial,  et  là  comblé  par  ses  deux  protectrices 
de  toutes  les  faveurs  imaginables.  Théodora  se  proposait  même 
de  lui  donner  le  commandement  d'une  armée  ;  mais  il  mourut  peu 
de  temps  après  son  retour  à  Constantinople,  brusquement  emporté 
par  une  maladie  d'entrailles. 

Quant  à  Photius,  enfermé  dans  un  étroit  cachot,  il  y  resta  trois 
ans.  Deux  fois  il  s'enfuit,  mais  fut  repris.  Une  troisième  tentative 
lui  fut  plus  favorable.  Il  parvint  à  sortir  de  Constantinople  et 
gagna  Jérusalem  où,  s' étant  fait  moine,  il  put  enfin  se  soustraire 
à  la  haine  de  ses  deux  puissantes  ennemies  ' . 

De  l'année  543,  date  probable  de  cet  événement ,  jusqu'à  la 
mort  de  Justinien,  nous  ne  savons  plus  rien  de  lui.  Nous  le  retrou- 
vons sous  Justin  II,  toujours  à  Jérusalem,  ayant  acquis  une 

1.  Jean  d'Éphèse,  dans  son  Histoire  ecclésiastique,  1.  I,  c.  32  (trad.  Payne- 
Smith,  p.  65),  rapporte  aussi  que  ce  furent  les  persécutions  d'Antonine  et  de 
Théodora  qui  forcèrent  Photius  à  s'exiler.  Il  laisse  entendre  que  la  dévotion 
n'était  pour  rien  dans  sa  prise  d'habit  et  qu'il  ne  tarda  pas  à  rentrer  dans  la  vie 
active,  sans  abandonner  d'ailleurs  l'étal  ecclésiastique. 


influence  considérable  parmi  les  religieux  de  la  Palestine,  et  jouis- 
sant d'une  grande  faveur  auprès  du  nouvel  empereur.  Vers  565, 
Justin  l'envoya  en  Egypte  avec  de  pleins  pouvoirs  pour  ramener 
à  l'obéissance  l'église  d'Alexandrie  qui  s'était  séparée  de  l'église 
grecque'.  Puis,  à  une  époque  qu'il  est  difficile  de  déterminer, 
mais  qui  est,  je  crois,  antérieure  à  570,  il  fit  un  voyage  à  Cons- 
tantinople,  d'où  il  repartit  emmenant  avec  lui  les  hérésiarques 
Conon  de  Tarse  et  Eugène  de  Séleucie,  remis  entre  ses  mains 
pour  être  enfermé  dans  un  monastère  à  Jérusalem 2.  Ce  fut, 
semble-t-il,  également  sous  le  règne  de  Justin  qu'il  fut  chargé 
de  réprimer  une  révolte  des  Samaritains^.  Accompagné  d'une 
troupe  de  moines  et  de  soldats,  il  procéda  contre  les  rebelles 
avec  une  extrême  rigueur,  pilla  leur  pays,  leva  sur  eux  des 
contributions  exorbitantes,  dont  il  envoya  le  produit  à  l'em- 
pereur, réduisit  en  esclavage  ceux  qui  ne  pouvaient  payer  et 
montra  tant  de  zèle,  soit  dans  l'accomplissement  de  sa  mission, 
soit,  en  d'autres  circonstances,  pour  la  défense  des  intérêts  de 
l'empire,  que  la  cour  de  Byzance  finit  par  lui  laisser  une  autorité 
suprême  dans  l'administration  des  afiaires  ecclésiastiques  de  la 
Syrie  et  de  la  Palestine. 


1.  Théophane,  Chronique,  an.  6058  (éd.  de  Ronn,  I,  p.  373).  —  Cedrenus,  Abrège 
d'histoire  (éd.  de  Bonn,  I,  p.  680).  —  Historia  Miscella,  1.  XVIII,  c.  29  (éd. 
Eyssenhardt,  p.  383). 

2.  Jean  d'Éphèse,  Hist.  ecclés.,  1.  I,  c.  31  (éd.  Payne-Sraith,  pp.  52  et  55). 
Sur  Conon  et  Eugène,  on  peut  consulter  encore  :  Photius  {Bibliothèque, 
cod.  XXIII,  XXIV  [Migne,  Pair,  gr.,  CIII,  col.  60J),  Nicéphore  Calliste  [Uist. 
ecclés.,  1.  XVIII,  chap.  47  [Migne,  Pair,  gr.,  CXLVII,  col.  425]),  Gregorius 
Barhebraius  {Chron.  ecclés.,  sect.  I,  chap.  45  [éd.  Abbaloos  et  Lamy,  Louvain, 
1862,  t.  I>  pp.  225,  227,  229]).  C'est  grâce  aux  indications  fournie.s  par  ces 
documents  que  l'on  peut  fixer  approximativement  la  date  du  voyage  de  Photius 
à  Constantinople.  L'on  y  voit  en  effet  que  l'exil  de  Conon  et  d'Eugène  eut  lieu 
sous  le  patriarcat  de  Jean  de  Constantinople,  mort  en  577.  et  ;\  la  suite  d'une 
dispute  sur  la  Trinité  entre  orthodoxes  et  hétérodoxes.  Cette  dispute  parait 
avoir  eu  lieu  peu  de  temps  après  la  publication  par  le  patriarche  Jean  et  Jean 
le  Grammairien  de  livres  sur  la  Trinité,  c'est-à-dire,  suivant  ie  témoignage  du 
patriarche  Photius  {Bibliothèque,  cod.  L\XV  [Migne,  Pair,  gr.,  CIII,  col.  240]), 
sous  le  règne  de  Justin  II,  durant  la  première  indiclion,  laquelle  correspond 
à  la  période  de  septembre  568  à  septembre  569. 

3.  Jean  d'Éphèse,  Hist.  ecclés.,  loc.  cil.  —  Je  ne  pense  pas,  en  effet,  qu'il 
s'agisse  de  la  grande  révolte  des  Samaritains  de  l'année  556,  qui  fut  réprimée  par 
le  maître  de  la  milice  Amantius.  Jean  de  Nikiou  (Irad.  Zotenberg,  p.  168)  dit 
formellement  que  l'expédition  de  Photius  eut  lieu  sous  Justin  II. 


522 

Photius  paraît  avoir  vécu  encore  une  douzaine  d'années  après 
l'époque  de  la  révolte  des  Samaritains  ;  ce  fut  peut-être  dans 
cette  dernière  période  de  son  existence  qu'il  eut  la  visite  du  per- 
sonnage dont  parle  Grégoire  de  Tours  et  auquel  il  donna  un  mor- 
ceau de  l'étoffe  servant  à  envelopper  la  vraie  croix.  Il  mou- 
rut misérablement,  laissant  une  mémoire  exécrée,  s'il  faut  en 
croire  Jean  d'EphèseS  qui  rapporte  de  lui  certains  traits  de  cruauté 
bien  dignes  de  le  faire  haïr.  Mais  cet  écrivain  a  peut-être,  en  sa 
qualité  de  monophysiste  et  par  conséquent  d'hétérodoxe,  eu  des 
démêlés  avec  le  représentant  de  l'orthodoxie  dans  les  provinces 
orientales  de  l'empire.  Son  témoignage  n'aurait  donc  pas  sur  ce 
point  la  valeur  que  l'on  accorde  d'une  manière  générale  à  son 
Histoire^ 

G.  KOHLER. 

1.  Ibid.,  p.  66-67. 

2.  Jean  Moschus,  dans  son  Pratum  sphituale  (c.  127  [éd.  Ducœus,  Biblioth. 
vet.  patrum,  t.  II,  p.  111 IJ),  parle  d'un  abbé  du  nom  de  Pbotin  qui  séjournait 
à  Jérusalem  vers  544.  Je  ne  saurais  dire  s'il  s'agit  du  personnage  dont  nous  nous 
occupons  ici.  En  tous  cas,  il  semble  bien,  d'après  les  divers  auteurs  cités  plus 
haut,  qu'une  fois  devenu  moine,  Photius  changea  son  nom  en  celui  de  Pholinus. 


LÀ  CHRONIQUE 

DES 


TRIBULATIONS  FRANCISCAINES 


UN  MANUSCRIT  DE  LA  LAURENTIENNE 


L'idée  fondamentale  de  la  réforme  de  saint  François  d'Assise 
ne  fut  pas  le  désir  de  créer  un  ordre  nouveau,  mais  l'ambition  plus 
haute  de  réaliser  à  la  lettre  la  primitive  perfection  chrétienne, 
telle  que  l'enseignait  le  sermon  sur  la  montagne  et  telle  que  Jésus 
lui-même  l'avait  pratiquée.  Les  premiers  compagnons  de  saint 
François  ne  comprenaient  pas  autrement  leur  tentative.  La  plus 
grande  faute  qu'un  historien  de  saint  François  pourrait  commettre 
serait  de  le  représenter  comme  un  organisateur  méthodique,  non 
comme  un  homme  enivré  d'amour  dont  l'existence  fut  une  suite 
d'extases*. 

Cette  haute  conception  de  la  vie,  déjà  si  dilïîcile  à  soutenir  dans 
le  petit  cénacle  des  compagnons  du  saint,  devint  promptement 
irréalisable.  Quand  l'institut  franciscain  compta  des  milliers  de 
frères-,  la  nécessité  s'imposa  d'une  discipline  plus  pratique  et 
moins  rude.  Le  bon  sens  et  l'esprit  timide  de  la  majorité  se  décla- 
rèrent contre  cette  utopie  surhumaine.  On  admit  que  la  règle  de 


1.  C'est  le  défaut  de  l'ouvrage  de  M.  Frédéric  Morin,  Saint  François  d'As- 
sise et  les  Fi-anciscains.  Paris,  1858.  Cf.  Renan,  Nouvelles  Études  d'histoire 
religieuse,  p.  323  et  suivantes. 

2.  Au  chapitre  général  de  1223,  l'ordre  comptait  «  plus  de  cinq  raille  frères  », 
au  dire  de  saint  Bonaventure.  Cf.  AA.  SS.,  octobre,  t.  II,  p.  GOO. 


324 

saint  François  pouvait  souffrir  des  adoucissements,  et  l'on  oublia 
peu  à  peu  les  traditions  du  fondateur.  Mais  le  ferment  du  rêve 
audacieux  qui  avait  fait  la  force  de  l'ordre  naissant  subsista  long- 
temps encore  dans  l'institut  franciscain.  A  l' encontre  des  autres 
ordres  religieux,  de  celui  de  Saint-Dominique,   par  exemple, 
l'ordre  de  Saint-François  ne  fut  pas  discipliné,  dès  sa  naissance, 
par  l'orthodoxie.  Pendant  cent  ans  encore,  une  suite  d'enthou- 
siastes, véritables  disciples  de  saint  François  et  animés  de  son 
esprit,  proclamèrent  que  saint  François  avait  inauguré  une  ère 
nouvelle,  que  la  pauvreté  franciscaine  était  la  condition  du  salut, 
que  la  règle  séraphique  était  destinée  à  remplacer  l'Evangile , 
comme  l'Évangile  avait  remplacé  la  loi  de  Moïse.  —  Ces  rêves 
exaltés  furent  la  terreur  de  l'Église,  qui  les  combattit  par  tous  les 
moyens  possibles.  La  condamnation  à  Anagni  de  l'Evangile  éter- 
nel et  des  franciscains  joachimites,  qui  annonçaient  comme  pro- 
chain le  troisième  âge  de  l'Église,  l'âge  du  Saint-Esprit,  de  saint 
François  et  des  «  hommes  spirituels  »  ;  les  décrets  de  Boniface  Y III 
contre  les  Fraticelli  et  les  religieux  zélateurs  séparés  de  l'ordre, 
les  censures  dirigées   à  plusieurs  reprises  contre  Pierre-Jean 
d'Olive  et  ses  écrits;  les  décisions  du  concile  de  Vienne  contre  les 
sectes  mystiques,  contre  Ubertin  de  Casai  et  ses  disciples  ;  par- 
dessus tout,  la  continuelle  dispute  au  sein  de  l'ordre  entre  le  parti 
rigide  et  le  parti  relâché  ;  ce  sont  autant  de  phases  de  la  longue 
lutte  entre  le  mysticisme  franciscain  et  l'Eglise,  où  plus  d'une  fois 
l'avantage  parut  rester  au  mysticisme,  jusqu'à  sa  totale  défaite 
dans  la  première  moitié  du  xiv^  siècle. 

IL 

Beaucoup  des  pièces  de  ce  grand  procès  ont  péri.  La  haine 
dont  les  franciscains  exaltés  furent  l'objet,  de  la  part  de  leurs 
adversaires,  s'acharna  aussi  sur  tous  les  monuments  qui  auraient 
pu  nous  les  faire  connaître  d'une  façon  intime  et  complète.  Un 
certain  nombre  subsiste  pourtant,  comme  cette  précieuse  chro- 
nique de  fra  Salimbene,  qui  a  éclairé  l'histoire  de  Jean  de  Parme 
et  des  joachimites  ;  on  s'occupe  en  ce  moment  de  rechercher  et  de 
publier  ceux  qui  restent  encore.  Sous  peu,  le  père  Denifle  éluci- 
dera définitivement  la  question  de  l'Évangile  éternel ,  en  éditant 
pour  son  grand  ouvrage  :  Die  Bettelorden  und  die  Universi- 
tœt  Paris  in  der  1 .  Hœlfte  der  13.  Jahrhunderts,  de  curieuses 


525 

pièces  qu'il  a  découvertes'.  Un  membre  de  1  école  française  de 
Rome,  M.  Digard,  cherche  en  ce  moment  même,  dans  les  archives 
particulières  des  Gaetani,  la  solution  du  problème  relatif  à  la 
part  prise  par  les  Fraticelli,  alliés  des  Colonne,  à  la  lutte  contre 
Boniface  VIII.  Il  nous  donnera  le  résultat  de  ses  recherches,  en 
les  concentrant  autour  de  cette  singulière  figure  de  fra  Jacopone 
de  Todi,  dont  la  bibliothèque  Victor-Emmanuel  à  Rome  possède 
plusieurs  manuscrits.  Tout  récemment  encore,  un  des  hommes 
qui  honorent  le  plus  l'ordre  de  Saint-Dominique,  l'éditeur  cri- 
tique de  saint  Thomas  d'Aquin,  le  cardinal  Zigliara,  donnait 
d'intéressants  détails  sur  Pierre-Jean  d'Olive  et  sa  doctrine,  tirés 
d'un  manuscrit  de  la  bibliothèque  Borghèse^  Lorsque  les  fonds 
des  couvents  supprimés  seront  définitivement  classés  dans  les 
bibliothèques  d'Italie,  lorsque  les  Epistolœ  secretœ  du  registre 
de  Jean  XXII,  qui  renferme  de  nombreuses  lettres  relatives  aux 
franciscains,  auront  été  publiées,  on  possédera  les  éléments 
d'une  histoire  à  peu  près  complète  des  luttes  qui  ont  déchiré 
l'ordre  de  Saint-François  au  moyen  âge,  et  qui  tiennent  par  tant 
de  côtés  aux  plus  grands  événements  contemporains. 

m. 

Pour  cette  histoire,  aucune  source  ne  sera  peut-être  d'une 
importance  aussi  capitale  que  le  manuscrit  de  la  Laurentienne, 
dont  il  est  ici  question.  Ce  manuscrit  n'est  pas  en  effet  autre 
chose  que  la  chronique  connue  sous  le  nom  d'Historia  de  sep- 
tem  tribulationibus  ordinis  Minorum,  dont  Wadding  s'est 
servi  pour  sa  grande  compilation  des  Annales  ordinis  Mino- 
rum, mais  qui  était  perdu  depuis  lors^;  Sbaraglia,  dans  ses  sup- 
pléments aux  Scriptores  ordinis  Minorum  (1806),  à  l'article 
Ajigè  Clarène,  en  indiquait  une  traduction  italienne  qui  aurait 
été  faite  au  xv°  siècle  par  un  certain  Joannes  Albintimillensis 
(Jean  de  Ventimiglia),  et  qui,  de  soii  temps,  se  trouvait  déposée 

1.  Tous  les  livres  cités  dans  le  procès-verbal  de  la  commission  d'Anagni 
(Bibl.  nat.,  ms.  lat.  16397,  fol.  91  v-139)  et  en  particulier  le  Liber  introduc- 
iorius  ad  Evangelium  eternum  tout  entier. 

2.  De  mente  concilii  Viennensis  in  definiendo  dogmate  animx  humanx 
cum  corpore.  Rome,  1878,  p.  106  et  suiv. 

3.  Le  père  Papebrock.  qui  retrouva  à  Florence  douze  lettres  et  une  légende 
d'Ange  Clarène,  n'a  point  connu  cette  chronique.  (Voir  AA.  SS.,  juin,  II,  1091.) 


526 

au  couvent  des  frères  de  l'Étroite -Observance  de  Chiavari*. 
C'est  probablement  un  manuscrit  de  cette  traduction  qu'Irenée 
A£fo  a  eu  entre  les  mains  pour  sa  Vita  di  frate  Elia^  ;  c'est 
aussi  un  manuscrit  analogue  que  M.  F.  Tocco  vient  d'utiliser 
dans  un  livre  paru  récemment  2,  où  il  s'efforce  de  rattacher  le 
mouvement  franciscain  au  mouvement  scolastique.  Ces  traduc- 
tions faites  après  deux  siècles  ne  peuvent  avoir  la  valeur  de 
l'original. 

IV. 

L'original  se  trouve  à  la  Laurentienne,  sous  la  cote  :  Plut.  20, 
cod.  7.  C'est  un  volume  petit  in-8°  de  73  feuillets,  en  assez  mau- 
vais état  ;  plusieurs  feuillets  sont  détachés,  et  un  accident  a  séparé 
dans  la  longueur  le  dos  du  volume. 

Sur  le  plat  de  la  reliure,  dans  une  petite  armature  de  1er,  on 
lit  :  Vita  D.  Francisci. 

Les  neuf  premiers  feuillets  contiennent  une  légende  de  saint 
François  qui  précède  les  tribulations.  Elle  s'arrête  au  feuillet  10, 
à  l'épisode  de  saint  François  chez  le  Soudan  d'Egypte^  et  «  la 
première  tribulation  ou  persécution  »  commence  pendant  son 
absence.  En  tête  de  chaque  feuillet,  jusqu'au  dernier,  on  lit  alors  : 
Cronica  de  persecucionibus  seu  tribulacionibus  ordinis 
Minormn. 

Interea  pastore  absent!  tentât  lupus  rapax  suum  rapere  et  dispergere 
gregem,  et  ab  illis  ei  ostium  aperitur,  qui  ejus  insultui  se  opponere  et 
ejus  insidias  precavere  plus  ceteris  tenebantur. 

Les  frères,  ne  voyant  plus  saint  François  au  milieu  d'eux,  se 
dispersent.  Saint  François,  averti  par  une  vision,  après  avoir 

1.  M.  le  comte  Riant,  à  la  prière  de  M.  Meyer,  a  bien  voulu  rechercher  si 
ce  manuscrit  existe  encore.  J'offre  ici  mes  remerciements  à  M.  Meyer  et  à 
M.  Riant. 

2.  Voir  Vila  di  frate  Ella.  Parme,  1819,  p.  10.  —  Son  manuscrit  était  incom- 
plet et  ne  contenait  que  cinq  tribulations. 

3.  L'Eresia  nel  medio  evo.  Firenze,  1884.  Ce  livre  contient  quelques 
erreurs.  Ainsi  (p.  489,  note  1),  l'auteur  soutient  contre  Daunou  [Histoire 
littéraire,  XXI,  44)  que  le  célèbre  commentaire  sur  l'Apocalypse  de  Pierre-Jean 
d'Olive  n'existe  pas  à  la  Laurentienne.  J'en  demande  pardon  à  M.  Tocco;  il 
s'y  trouve  parfaitement  sous  la  cote  360.  9.  Le  commentaire  est  clairement 
indiqué  dans  le  catalogue  manuscrit  (p.  314). 

4.  Voir  sur  cet  épisode  AA.  SS.,  oct.,  11,  611  et  suiv. 


527 

visité  le  tombeau  du  Christ,  se  hâte  de  revenir  pour  les  rassem- 
bler. A  cette  première  tribulation,  l'auteur  réunit  encore  l'épisode 
d'une  révolte  des  frères  demandant  un  autre  chef  que  Fran- 
çois, «  presertim  cum  sit  illeteratus  respectu  multorum  sapien- 
tium  fratrum  »  (f.  11),  un  certain  nombre  de  détails  sur  saint 
François,  sur  le  schisme,  «  scisma  secretum  fratrum  »  (f.  15), 
enfin  toute  l'histoire  de  la  première  règle  et  d'Élie,  pour  lequel  il 
professe  une  haine  terrible. 

La  seconde  tribulation  (f.  22  v°-28  v")  commence  à  la  mort  de 
saint  François.  L'auteur,  dans  le  récit  de  cette  mort,  contredit 
les  autres  légendes.  Ce  n'est  point  Elie,  mais  frère  Bernard  de 
Quinto  Valle,  qui  aurait  été  à  côté  de  saint  François  mourant  et  à 
qui  saint  François  aurait  imposé  les  mains  ;  puis  viennent  toutes 
les  persécutions  d'Elie,  l'épisode  de  frère  Césaire,  avec  beaucoup 
de  détails  inédits  à  ajouter  à  ceux  que  fournit  Salimbene.  Il  faut 
néanmoins  les  accepter  avec  défiance  ;  quelques-uns  sont  invrai- 
semblables, comme  la  flagellation  de  saint  Antoine  de  Padoue 
«  usque  ad  sanguinem  flagellatus.  » 

Duravit  enim  ista  sccunda  venacio  seu  tribulacio  usquc  ad  ellectio- 
nem  fratris  Johannis  Parentis  generalis  ministri  (f.  27  r^). 

La  3°  persécution  (f.  28  v°-34  v")  eut  lieu  sous  Crescenzio. 

Il  avait  les  mœurs  de  frère  Elie,  «  mutandi  loca  solitaria  pau- 
percula  et  hedificandi  sumptuosa  »  (f.  28  v°). 

C'est  l'histoire  des  72  frères  qui  allèrent  se  plaindre  au  pape  de 
la  non-observation  de  la  règle  et  que  Crescenzio  persécuta. 

L'histoire  du  généralat  de  Jean  de  Parme  vient  ensuite  jus- 
qu'au feuillet  34  v". 

La  4'  tribulation  est  l'histoire  des  persécutions  dirigées  contre  les 
joachimites  (f.  34  v°-41  v")  et  du  généralat  de  saint  Bonaventure. 

La  5*^  (f.  41  verso-59  r")  est  la  plus  longue  de  toutes.  Elle 
commence  à  la  mort  de  saint  Bonaventure.  D'abord,  un  juge- 
ment sur  Jérôme  d'Ascoli,  devenu  pape  (Nicolas  III)  :  «  Vir 
satis  mansuetus  et  satis  modestus,  et  tardus  ad  iram  ut  injurias 
inferendas,  licet  esset  remissus  et  tepidus  in  promocione  bono- 
rum.  »  Suivent  toutes  les  per^sécutions  subies  par  Pierre-Jean 
d'Olive  et  par  les  Fraticelli  séparés  de  l'ordre  ;  c'est  peut-être  la 
partie  la  plus  précieuse  de  toutes,  dans  l'absence  où  nous  nous 
trouvons  de  documents  sur  cette  histoire*. 

1.  Le  registre  de  Célestin  V  n'existe  plus.   M.  Berger  croit  qu'il  n'a  jamais 


528 

La  6^  (59  r^-TS  v")  comprend  deux  parties  : 

1°  Les  persécutions  contre  les  Spirituels,  libertin  de  Casai  et 
ses  disciples,  en  Italie,  et  les  Spirituels  fidèles  à  la  mémoire  de 
Pierre-Jean,  en  Provence,  jusqu'au  concile  de  Vienne. 

2°  Depuis  le  concile  de  Vienne  jusqu'au  jugement  de  Jean  XXII 
à  Avignon  dans  la  dernière  querelle  des  Conventuels  et  des  Spi- 
rituels. 

A  la  fin  du  folio  73,  on  lit  :  «  Expliciunt  Cronice  ordinis 
Minorum.  » 

Puis  cette  note  :  «  Iste  libellus  scriptus  est  sub  anno  Domini 
M-  CGC"  LXXXP,  xvij  die  mensis  februarii  per  manus  fratris  » 
(ici  un  mot  si  bien  raturé  qu'il  est  difficile  de  dire  ce  qu'il  y  a 
sous  la  rature).  Je  proposerai  Mathei,  sans  être  bien  satisfait. 
Ce  n'est  du  reste  que  le  nom  du  copiste. 


Wadding  et,  à  sa  suite,  Sbaraglia  attribuent  cette  chronique 
Bes  sept  Tribulations  à  Ange  Clarène,  un  franciscain  qui  prit 
part  au  mouvement  mystique  de  son  ordre  dans  les  dernières 
années  du  xiif  siècle  et  au  commencement  du  xiv"^  (1294-1319). 

C'est  une  supposition  arbitraire.  Aucune  mention  expresse 
contenue  dans  cette  clironique  ne  l'autorise.  Irénée  Affo,  tout  en 
admettant  que  la  chronique  remontait  au  commencement  du 
xiv''  siècle,  ne  trouvait  aucune  raison  suffisante  pour  en  recon- 
naître Ange  Clarène  comme  l'auteur.  Une  chose  me  semble  dès 
maintenant  assurée,  c'est  qu'elle  n'est  point  d'une  seule  main. 
La  division  très  tranchée,  la  liaison  factice  des  morceaux  qui  la 
composent,  et  aussi  certaines  différences  de  style  le  prouvent 
surabondamment.   Il  faudrait  une  étude  attentive,  et  non  un 

existé.  Je  pense  plutôt  qu'il  a  été  détruit  par  l'ordre  de  Boniface  VIII,  en  même 
temps  que  ce  pontife  annulait  tous  les  actes  du  pauvre  ermite. 

1.  Sur  ce  curieux  personnage,  voy.  Papebrock,  AA.  SS.,  juin,  II,  p.  1091. 
Raynaldi,  Annales,  XIV,  p.  467-8  (nouvelle  édition),  est  plein  d'erreurs.  La 
Chronique  des  Tribulations  donne  sur  lui  d'intéressants  détails  (f.  67  et  68). 
Il  était  parmi  les  religieux  zélateurs  que  Raymond  Gaufredi  envoya  en  Armé- 
nie pour  les  soustraire  à  la  fureur  de  leurs  frères,  et  qui  se  séparèrent  de 
l'ordre  sous  Célestin  V.  Lorsque  commencèrent  les  persécutions  de  Boni- 
face  VIII,  il  fut  de  ceux  qui  cherchèrent  un  refuge  en  Grèce.  Le  patriarche  de 
Conslanlinople  et  les  évoques  dociles  aux  volontés  de  Boniface  VIII  les  pros- 
crivirent, et  ils  vinrent  aborder  en  Apulie  au  moment  de  l'attentat  d'Anagni. 


529 

examen  superficiel,  comme  le  manque  de  temps  m'a  obligé  de  le 
faire  à  Florence,  pour  déterminer  quelles  sont  les  parties,  et 
comment  elles  ont  été  soudées  entre  elles  ;  peut-être  chacune  des 
six  tribulations  a-t-eile  un  auteur  différent,  et  le  compilateur  qui 
les  a  réunies  est-il  un  septième  personnage;  peut  être,  ce  qui  me 
semble  plus  probable,  les  quatre  premières  tribulations  ont-elles 
été  puisées  dans  des  sources  antérieures  au  xiv''  siècle,  et  sans 
doute  contemporaines  des  événements  qu'elles  racontent,  par 
l'auteur  des  deux  dernières,  qui  aurait  opéré  la  revision,  et  qui 
serait  Ange  Clarène  ou  quelque  frère  mineur,  ayant  figuré  comme 
lui  dans  les  deux  dernières  tribulations.  S'il  fallait  se  former  une 
opinion  après  une  première  leciure,  c'est  à  celle-là  que  je  m'ar- 
rêterais de  préférence. 

La  date  est  beaucoup  plus  facile  à  établir.  On  lit  dans  la  chro- 
nique, après  la  6''  tribulation  (f.  70)  : 

Post  hec,  questio  acta  est,  ut  dicitur,  Narbone,  inter  Predicatores  et 
Minores,  an  Ghristus  et  apostoli  proprium  habuerint  in  communi. 

Plus  loin  (f.  71),  l'auteur  raconte  qu'Ubertin  de  Casai,  après 
le  jugement  qui  avait  suivi  l'entrevue  des  révoltés  de  Narbonne 
et  du  pape,  obtint  de  ce  dernier  de  se  retirer  dans  un  monastère 
d'Allemagne^  : 

Cum  autem  tanquam  crucem  amarissimam  babitum  monacbalem 
assumpsisset,  et  mansionem  in  quodam  Alemanie  mouasterio  ex  aucto- 
ritate  papali,  ne  in  Provincie  aut  Gallie  partibus  remaneret,  tantam 
ostendunt  fratres  leticiam  et  gaudium,  cum  detractione  vcrborum  et 
insultatione  fatua  et  mundana,  quod  omnis  vir  discretus  eos  christiano 
sensu  et  spiritu  privâtes  esse  et  gestis  eorum  et  sermonibus  cognoscebat. 

Evidemment,  dans  la  première  phrase,  il  est  fait  mention  de 
la  célèbre  querelle  de  la  pauvreté  du  Christ  et  des  apôtres,  qui 
commença  en  effet  à  Narbonne,  entre  l'inquisiteur  dominicain 
Jean  de  Belna  et  Béranger  Talo,  lecteur  au  couvent  des  fran- 
ciscains de  Narbonne  ^  en  1321,  sur  laquelle  Ubertin  de  Casai 
lui-même  fut  appelé  par  le  pape  à  donner  son  avis,  et  qui  acquit 


1.  V.  Wadding  et  les  pièces  qu'il  publie,  p.  327  et  suiv. 

2.  Sur  l'origine  et  le  motif  de  cette  querelle,  v.  Nicolaus  Minorila  (manus- 
crits du  Vatican  4008  et  4010).  —  Baluze,  Miscellanea,  t.  III,  a  publié  un  texte 
analogue.  La  note  de  Cari  Mïdler,  Der  Kampf  Ludwigs  des  Baicrn.  etc.,  t.  I, 
p.  354,  renferme  quelques  erreurs. 


530 

une  si  grande  importance  avec  Louis  de  Bavière,  Pierre  de  Gor- 
baria  et  Michel  de  Césène. 

En  1325,  la  querelle  en  était  à  son  plus  haut  point  d'acuité,  et 
Ubertin  de  Casai,  qui  avait  de  nouveau  pris  parti  dans  la  con- 
troverse, cité  par  Jean  XXII  à  la  cour  d'Avignon,  s'était  réfugié 
auprès  de  Louis  de  Bavière.  Sa  fuite  fit  grand  bruit,  comme  on 
peut  s'en  convaincre  par  deux  lettres  inédites  de  Jean  XXII  ^ , 
où  il  mande  aux  podestats  et  aux  capitaines  d'Italie  de  le  saisir 
partout  où  ils  le  rencontreraient.  L'auteur  de  la  Chronique,  qui 
connaissait  les  origines  de  la  controverse  en  1321,  ignore  com- 
plètement cet  événement  de  1325  ;  on  peut  donc  fixer  avec  certi- 
tude la  date  de  cette  composition  entre  1321  et  1325  ;  probable- 
ment même  plus  près  de  1321  que  de  1325;  car  il  n'y  est 
question  ni  du  chapitre  de  Pérouse,  qui  est  de  l'année  1322,  ni 
de  la  constitution  «  Ad  conditorem  canonum  »  et  de  l'appel  de 
Bonagratia.  Si  l'on  admet  qu'Ange  Clarène  en  est  l'auteur, 
ce  qui  n'a  rien  d'absolument  impossible,  on  pourrait  même  dire 
qu'il  la  composa  immédiatement  après  les  scènes  des  Spirituels  à 
Avignon.  Mais  on  entre  ici  dans  le  domaine  de  l'hypothèse;  la 
seule  chose  tout  à  fait  certaine  est  la  date  intermédiaire  entre 
1321  et  1325. 

On  a  pu  voir  que  le  manuscrit  de  la  Laurentienne  ne  compte 
que  six  tribulations,  et  que  l'opinion  commune  appelle  cette  com- 
pilation anonyme  Histoire  des  Sept  Tribulations.  C'est  là  une 
difficulté  facile  à  résoudre.  On  pourrait  dire  que  le  manuscrit  ne 
porte  nulle  part  Histoire  des  Sept  Tribulations,  mais  simple- 
ment Chronique  des  Tribulations,  et  que  cette  dénomination 
est  une  pure  erreur  introduite  plus  tard.  Mais  il  y  a  une  raison 
qui  expliquerait  la  tradition  franciscaine  et  qui  tendrait  à  prou- 
ver que  le  nombre  sept,  quoique  non  exprimé,  est  dans  les  idées 
de  l'auteur.  La  THribulation,  c'est  «la  grande  tribulation,  »  celle 
dont  il  dit  à  peine  quelques  mots  en  terminant,  qui  commençait 
quand  il  écrivait,  et  qui  effaça  toutes  les  autres  par  son  impor- 
tance. On  en  fait  ainsi  une  «  tribulation  »  à  part;  que  tantôt  on 
compte,  tantôt  on  ne  compte  pas  parmi  les  autres,  parce  qu'elle 
durait  encore  quand  se  fixa  la  légende  des  tribulations  francis- 
caines. Le  nombre  sept  et  le  mot  «  tribulation  »  lui-même  avaient 
pour  les  franciscains  exaltés  un  caractère  mystique.  Les  idées 

1.  Epist.  secr.,  t.  V,  fol.  268,  275. 


53^ 

apocalyptiques  dont  ils  étaient  nourris  leur  faisaient  prendre  ce 
nombre  en  grande  considération.  Pierre- Jean  d'Olive,  dans  son 
commentaire  sur  l'Apocalypse  (manuscrit  à  la  Laurentienne) ,  qui 
fut  longtemps  leur  code,  distingue  sept  états  de  l'Eglise  correspon- 
dant aux  sept  figures  de  l'Apocalypse.  Saint  Françoisd' Assise,  à  son 
lit  de  mort,  prononça,  dit-on,  ces  paroles*,  sur  lesquelles  travailla 
l'imagination  franciscaine  :  «  Valete  filii  omnes  in  timoré  Domini 
et  permanete  in  ipso  semper,  per  quem  futura  est  super  vos  te7i- 
tatio  maxima  et  tribulatio  »  ;  et  le  manuscrit  4008  du  Vatican, 
qui  raconte  les  luttes  de  Louis  de  Bavière  et  de  Michel  de  Gésène 
contre  Jean  XXII,  porte  au  f.  1  v°,  en  écriture  rouge  :  Incipit 
tribulacio  et  tentacio  quam  beatus  pater  Franciscus  pro- 
misit,  etc. 

VI. 

On  voit  par  cette  analyse  quelle  est  la  nature  de  cette  curieuse 
source.  Au  point  de  vue  du  style,  on  peut  la  comparer  à  certaines 
productions  des  franciscains  exaltés,  telles  que  la  Vita  di  fra 
Michèle  Minorita  et  la  lettre  des  Fraticelli  publiée  dans  la 
Scella  di  Curiosità  de  Bologne.  On  y  retrouve  la  même  exal- 
tation sombre  nourrie  par  la  lecture  de  l'Évangile  et  de  l'Ancien 
Testament.  Voici  un  morceau  sur  les  derniers  jours  du  célèbre 
Bernard  Délicieux,  qui  donne  une  certaine  idée  de  l'esprit  de 
l'auteur  et  de  ses  habitudes  de  style  : 

Tenebatur  autem  predictus  frater  Bernardus  Dcliciosi  in  cippo  et  in 
vinculis  ferreis,  et  sustentabatur  pane  angustie  et  aqua  tribulacionis. 
Sed  totum  quod  paciebatur  a  persequentibus  cum  quasi  nichil  esse  peni- 
tus  sibi  videbatur,  et  ad  invenciones  eorum  et  studia  convertebant  si 
quando  de  ore  ipsius  verbum  possent  aliquod  capere  vel  extorqiiere 
per  quod  occasionem  haber-^nt  contra  eum  quasi  contra  heroticum  pro- 
cedendi.  Accedebat  ad  eum  princeps  litigiosorum,  frater  Bonagracia, 
armatus  cautelis  et  consultationibus  suorum  quondam  in  seculo  socio- 
rum,  et  beatitudinis  sue  graciam  singularem  optinere  se  tune  veraciter 
credidisset,  si  potuisset  versute  et  dolose  inquisicionibus  eum  quando 

libet  supplantare 

Gloriose  triumphans  de  mundi  principe  migravit  ad  celos  et  recepit  a 
suis  mala  pro  bonis,  pro  gloria  et  honore  quam  eis  procuraverat  cum 
laboribus  et  periculis  raultis  confusiones  innumeras  et  improperia,  pro 

1.  Th.  de  Celaao,  liv.  I,  chap.  m.  AA.  SS.,  octobre,  II,  713. 


532 

obediencia  testimonio  veritatis  quam  devotus  impleverat  accusaciones 
et  criminaciones  mendaces,  pro  dilectione  odium,  et  pro  obsequio 
mortem. 

J'en  ai  dit  assez  sur  l'importance  d'un  document  pareil,  qui  a  le 
triple  mérite  d'avoir  été  écrit  au  commencement  du  xiv'^  siècle, 
c'est-à-dire  au  moment  où  la  lutte  était  le  plus  vive  au  sein  de 
l'ordre,  d'avoir  été  probablement,  pour  une  partie  du  moins, 
écrit  par  un  homme  qui  avait  pris  une  part  active  à  ces  luttes, 
d'être  enfin,  ce  qu'on  n'avait  point  encore  rencontré  jusqu'à  ce 
jour,  une  histoire  spéciale  de  ces  luttes,  et,  par  conséquent,  au 
point  de  vue  de  l'histoire  franciscaine,  supérieur  en  importance 
au  récit  de  Salimbene  lui-même.  Dès  maintenant,  une  publication 
intégrale  s'impose.  Il  ne  manque  pas  d'érudits  à  Florence  pour 
s'en  charger.  La  chronique  des  tribulations  franciscaines  trouvera 
bientôt,  j'espère,  dans  son  pays,  un  éditeur. 

Je  m'estime  déjà  heureux  d'avoir  pu  auparavant  signaler  ce 
précieux  document  aux  lecteurs  de  la  Bibliothèque,  qui  en  auront 
en  quelque  sorte  la  primeur. 

L.  Richard. 


BIBLIOGRAPHIE. 


The  palœographical  Society.  Fac-similés  of  manuscripts  aiul  ins- 
criptions, edited  by  E.-xV.  Bond  and  E.-M.  Thompsoix.  London, 
^873-^883.  Trois  volumes  in-folio. 

Les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  VÉcole  des  Charles  connaissent  de 
vieille  date  le  but  que  se  propose  la  Société  paléograpliique  formée  à 
Londres  en  1873.  Ils  n'ont  pas  oublié  l'analyse  que  M.  le  comte  Robert 
de  Lasteyrie  a  donnée  en  1875'  des  quatre  premières  livraisons  publiées 
par  cette  Société.  Le  compte-rendu  de  notre  confrère  se  terminait  ainsi  : 
«  Espérons  que  la  Société  poursuivra  avec  succès  une  œuvre  si  bien 
commencée,  et  qu'elle  imprimera  une  nouvelle  impulsion  à  des  études 
trop  longtemps  entravées  par  la  difficulté  de  consulter  et  de  comparer 
des  manuscrits  épars  dans  les  bibliothèques  les  plus  diverses.  » 

Les  vœux  exprimés  par  M.  de  Lasteyrie  ont  été  pleinement  réalisés. 
Personne  ne  le  contestera  en  parcourant  les  trois  volumes  qu'on  peut 
aujourd'hui  constituer  avec  les  260  planches  de  la  Société  paléogra- 
phique. Ces  trois  volumes  sont  à  coup  sur  le  meilleur  recueil  de  fac- 
similés  à  l'aide  duquel  on  puisse  suivre  les  vicissitudes  de  l'écriture 
dans  les  différents  pays  de  l'Europe,  depuis  l'époque  des  Ptolémées  jus- 
qu'à la  un  du  xv«  siècle.  Un  tel  résultat  est  dû  à  l'infatigable  activité  et 
à  la  grande  expérience  des  directeurs  de  l'entreprise,  MM.  Bond  et 
Thompson,  qui  se  sont  ainsi  acquis  des  droits  à  la  reconnaissance  de 
tous  les  paléographes. 

Le  plan  général  du  recueil  avait  été  très  sagement  conçu  au  début 
même  de  l'entreprise;  m-\is  il  était  impossible  d'en  fixer  d'avance 
l'étendue  et  d'en  arrêter  les  détails;  on  ne  pouvait  surtout  pas  faire 
paraître  les  planches  dans  un  ordre  méthodique.  MM.  Bond  et  Thomp- 
son eurent  le  bon  esprit  de  se  préoccuper  uniquement  pendant  de 
longues  années  du  choix  et  de  la  préparation  des  matériaux.  A  cet 
effet,  ils  recherchèrent  les  meilleurs  types  de  chaque  genre  d'écriture, 
et  mirent  à  contribution  les  collections  publiques  et  particulières  de 
l'Europe  entière,  en  s'attachant  de  préférence  aux  monuments  dont  la 
date  et  l'origine  pouvaient  être  rigoureusement  déterminées.  Le  choix 

1.  Bibliotkèque,  vol.  X.XXVI,  p.  332-338. 

3.:> 


534 

fait,  les  éditeurs  n'ont  rien  épargné  pour  faire  exécuter  des  reproduc- 
tions autotypiques,  dont  la  perfection  est  unanimement  reconnue,  pour 
rédiger  des  notices  qui  se  recommandent  par  l'exactitude  et  la  préci- 
sion \  et  pour  imprimer  des  déchiffrements  d'une  irréprochable  cor- 
rection. 

Chaque  planche ,  comme  aussi  la  notice  correspondante,  a  reçu  un 
numéro  d'ordre  suivant  les  hasards  de  la  publication;  mais,  quand  le 
nombre  des  planches  est  arrivé  à  260,  MM.  Bond  et  Thompson  ont  pensé 
qu'il  y  aurait  avantage  à  les  grouper  dans  un  ordre  méthodique.  A  cet 
effet,  ils  ont  proposé  un  cadre  de  classement,  qui  sera  adopté,  n'en  dou- 
tons pas,  par  tous  les  souscripteurs  ;  car  il  permet  de  saisir  sans  effort 
les  traits  principaux  de  l'histoire  de  l'écriture  et  de  la  décoration  des 
livres  en  Europe,  depuis  l'antiquité  jusqu'à  la  Renaissance.  Les  obser- 
vations que  suggère  l'examen  des  planches  ainsi  classées  sont  très  clai- 
rement résumées  dans  une  introduction  de  16  pages  dont  la  lecture  est 
fort  instructive. 

Il  est  donc  entendu  que,  pour  mettre  en  valeur  le  recueil  de  la 
Société  paléographique  et  pour  suivre  les  indications  des  éditeurs,  on 
devra  le  faire  relier,  non  pas  d'après  l'ordre  des  num,éros  imprimés  au 
haut  des  planches  et  des  notices,  mais  d'après  l'ordre  indiqué  par  un 
tableau  de  classement  qui  accompagne  l'introduction.  Pour  faciliter  ce 
travail  et  pour  éviter  des  transpositions ,  il  conviendra  de  marquer  au 
crayon  sur  chaque  planche  un  numéro  correspondant  au  classement 
méthodique  et  d'après  lequel  les  relieurs  auront  à  opérer.  Il  m'a  semblé 
utile  de  donner  ici  la  concordance  entre  les  deux  systèmes  de  numéros  : 
cette  concordance  ne  servira  pas  seulement  à  constituer  les  volumes 
suivant  l'ordre  méthodique;  elle  permettra  aussi  de  retrouver  dans  les 
exemplaires  classés  systématiquement  les  planches  citées  d'après  le 
numéro  d'émission. 

Dans  le  tableau  suivant,  les  colonnes  intitulées  ordre  ancien  con- 
tiennent les  numéros  qui  correspondent  à  l'ordre  de  publication  et  qui 
sont  imprimés  en  tête  des  planches  et  des  notices.  Les  colonnes  intitu- 

1.  Le  plan  des  notices  a  été  très  bien  indiqué  par  M.  de  Lasteyrie  :  «  En  regard 
de  chaque  fac-similé  est  une  feuille  de  texte  donnant  une  explication  très  suc- 
cincte du  document  publié,  l'indication  de  sa  provenance  et  de  sa  date  autant 
qu'on  peut  la  fixer.  Suit  un  court  commentaire  paléographique,  dans  lequel  on 
examine  successivement  la  nature  du  manuscrit,  livre  ou  charte,  la  forme  des 
cahiers  et  le  mode  de  brochage  :  si  c'est  un  volume,  le  système  de  réglure  ; 
puis  l'écriture,  les  abréviations,  les  accents,  la  ponctuation,  la  forme  des  lettres, 
les  initiales,  enfin  l'ornementation.  Chacun  de  ces  articles  est  généralement 
rédigé  sous  forme  de  notes  très  brèves,  on  n'y  trouve  rien  de  trop,  mais  l'essen- 
tiel y  est  toujours.  —  Après  le  commentaire  vient  la  transcription  du  fac-similé 
en  caractères  courants.  Les  lettres  auxquelles  on  a  substitué  des  abréviations 
dans  l'original  sont  rétablies  dans  la  transcription,  mais  en  caractère  italique.  » 


533 

lées  ordre  nouveau  contiennent  les  numéros  sous  lesquels  les  planches 
et  les  notices  sont  rangées  systématiquenaent  dans  les  trois  volumes  du 
recueil.  Par  exemple,  les  planches  cotées  1  et  2  au  moment  de  la  publi- 
cation devront  être  cherchées,  l'une  au  n"  10  dans  le  premier  volume, 
l'autre  au  n"  2  dans  le  troisième. 


Ordre 
ancien. 

\ 

2  . 

3 
4 
5 
6 

7  • 

8  ■ 

9  • 
^0 
\\ 
42 
43 
\A 
15 
46 
17 
\% 
49 
20 
24 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
34 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 


Ordre 
nouveau. 

I,  40. 
111,2. 

II,  50. 
II,  54. 
II,  52. 
II,  33. 

II,  55. 

m,  6. 

III,  7. 
II,  64. 
II,  68. 
II,  62. 
II,  63. 
I,  23. 

I,  24. 

II,  26. 
II,  32. 
II,  33. 
II,  43. 
II,  47. 
II,  48. 
II,  54. 
II,  66. 
II,  70. 
1,42. 
I,  30. 

I,  34. 

m,  3. 

II,  44. 
II,  42. 
II,  4  9. 
II,  20. 
II,  27. 
II,  28. 

II,  49. 
m,  34. 

III,  33. 
1,32. 
I,  48. 
I,  49. 


Ordre 
ancien. 

44   • 

42  ■ 

43  ■ 

44  ■ 

45  • 
46 

47  ■ 

48  - 
49 
30 
54 
52 
53 
54 
55  ■ 
56 
57  • 
58 
59 
60 
64 
62 
63 
64 
65 
66 
67 
68 
69 
70 
74 
72 
73 
74 
75 
76 
77 
78 
79 
80 


Ordre 
nouveau. 

I,  40. 

II,  24. 
II,  25. 

II,  29. 
m,  4  8. 
m,  32. 

III,  33. 
m,  43. 
III,  44. 
I,  20. 
I,  24. 
1,  44. 

I,  50. 

II,  22. 
II,  44. 
II,  42. 
II,  44. 

II,  45. 

m,  5. 

III,  37. 
m,  40. 
III,  48. 
I,  25. 
1,  26. 
I,  35. 
I,  36. 

I,  55. 
III,  4. 
III,  22. 

II,  44. 
II,  78. 

II,  79. 

III,  59. 
m,  60. 
III,  87. 
I,  2. 
1,3. 

1,  4. 
1,6. 
1,  28. 


Ordre 
ancien. 

84   - 

82  - 

83  - 

84  - 

85  - 

86  - 

87  - 

88  - 

89  - 

90  - 
94   - 

92  - 

93  - 

94  • 

95  - 

96  - 
97 

98  - 

99  ■ 
400  • 
404 

4  02 

4  03 

4  04 

4  05 

4  06 

407 

4  08  ■ 

4  09 

440 

444 

442 

443 

4  44 

445 

446 

447 

44S 

4  49 

420 


Ordre 
nouveau. 

I,  37. 
1,  39. 
I,  44. 
I,  34. 

I,  56. 

II,  40. 
II,  23. 
II,  43. 
II,  46. 
II,  64. 

II,  65. 
m,  4  0. 
m,  23. 

III,  29. 
m,  4  2. 

II,  4  6. 
m,  36. 

III,  39. 
m,  74. 
III,  75. 
III,  89. 
1,  7. 

I,  8. 

1,  4  5. 

I,  4  6. 

1,  4  7. 

I,  33. 

I,  43. 

I,  47. 
11,2. 

II,  4. 
II,  48. 
II,  3. 
11,4. 
11,5. 
11,  6. 

II,  7. 
I.  72. 

III,  4  5. 
m,  4  6. 


536 

Ordre  Ordre  Ordre  Ordre  Ordre  Ordre 

ancien.        nouveau.  ancien.         nouveau.  ancien.        nouveau. 

]2i   —  II,  35.  ^68  —  II,  71.  215  —  III,  56. 

122  —  III,  19.  169  —  III,  27.  216  —  III,  57. 

123  —  m,  20.  170  —  III,  42.  217  —  III,  58. 

124  —  III,  50.  171   —  III,  88.  218  —  III,  62. 

125  —  III,  61.  172  —  III,  95.  219  —  III,  63. 

126  —  I,  11.  173  —  m,  96.  220  —  III,  65. 

127  —  1,  69.  174  —  m,  103.  221   —  III,  70. 

128  —  1,  70.  175  —  m,  104.  222  —  ITI,  69. 

129  —  1,  38.  176  —  1,  9.  223  —  III,  72. 

130  —  1,  45.  177  —  1,  22.  224  —  III,  93. 

131  —  I,  48.  178  —  1,  27.  225  —  III,  94. 

132  —  1,  52.  179  —  1,  71.  226  —  III,  99. 

133  —  1,  60.  180  —  1,  53.  227  —  III,  105. 

134  —  I,  64.  181   —  I,  63.  228  —  II,  82. 

135  —  II,  9.  182  —  I,  68.  229  —  II,  83. 

136  —  II,  36.  183  —  II,  21.  230  —  I,  5. 

137  —  II,  40.  184  —  m,  8.  231   —  I,  34. 

138  —  II,   39.  185  —  III,  9.  232  —  I,  66. 

139  —  II,  58.  186  —  m,  28.  233  —  I,  67. 

140  —  II,  59.  187  —  III,  30.  234  —  II,  30. 

141  —  II,  60.  188  —  II,  76.  235  —  II,  31. 

142  —  III,  34.  189  —  II,  77.  236  —  II,  34. 

143  —  II,  15.  190  —  III,  38.  237  —  III,  17. 

144  —  111,35.  191   —  m,  43.  238  —  II,  69. 

145  —  111,41.  192  —  111,46.  239  —  111,26. 

146  —  111,11.  193  —  m,  49.  240  —  II,  74. 

147  —  111,71.  194  —  III,  52.  241   —  II,  75. 

148  —  m,  77.  195  —  III,  54.  242  —  II,  80. 

149  —  III,  82.  196  —  III,  64.  243  —  III,  44. 

150  —  m,  83.  197  —  III,  76.  244  —  III,  45. 

151  —  I,  12.  198  —  III,  79.  245  —  III,  66. 

152  —  I,  13.  199  —  III,  80.  246  —  III,  67. 

153  —  I,  14.  200  —  III,   100.  247  —  III,  78. 

154  —  1,  29.  201    —  I,  1.  248  —  III,  84. 

155  —  1,  49.  202  —  I,  46.  249  —  III,  85. 

156  —  111,47.  203  —  I,  54.  250  —  III,  92. 

157  —  1,  58.  204  —  I,  57.  251  —  III,  91. 

158  —  1,  65.  205  —  I,  59.  252  —  III,  98. 

159  —  III,  1.  206  —  I,  61.  253  —  III,  101. 

160  —  II,  17.  207  —  I,  62.  254  —  III,  68. 

161  —  II,  37.  208  —  II,  8.  255  —  III,  73. 

162  —  II,  38.  209  —  III,  21.  256  —  III,  81. 

163  —  II,  56.  210  —  II,  72.  257  —  III,  86. 

164  —  II,  57.  211   —  II,  73.  258  —  III,  90. 

165  —  II,  67.  212  —  II,  81.  259  —  III,  97. 

166  —  III,  24.  213  —  m,  51.  260  —  III,  102. 

167  —  III,  25.  214  —  III,  55. 


537 

Après  avoir  donné  des  renseignements  techniques  sur  la  constitution 
du  recueil  de  la  Société  paléographique,  il  est  indispensable  d'indiquer 
sommairement  les  ressources  qu'une  telle  collection  oIlYe  pour  l'étude 
de  la  paléographie.  Le  meilleur  moyen  d'en  donner  une  idée,  c'est  de 
dresser  la  table  des  morceaux  que  renferme  chacun  des  volumes.  Dans 
cette  table,  il  m'a  semblé  utile  de  mentionner  :  1"  en  chiffres  gras  le 
numéro  du  classement  méthodique,  numéro  qui,  je  le  répète,  est  pure- 
ment fictif  et  n'est  imprimé  ni  sur  les  planches  ni  sur  les  notices  ; 
2°  entre  parenthèses,  le  numéro  de  publication  ou  d'émission,  numéro 
sous  lequel  les  planches  ont  été  citées  jusqu'à  présent  et  sous  lequel  on 
continuera  probablement  de  les  citer;  3°  le  titre  et  la  date  du  monu- 
ment qui  a  fourni  le  sujet  de  la  planche  ;  4°  le  dépôt  dans  lequel  ce 
monument  est  conservé;  j'ai  ciu  inutile  de  répéter  le  nom  du  Musée 
britannique  toutes  les  fois  que  l'indication  du  fonds  (royal,  harleicn, 
cottonien,  additionnel,  etc.  ^)  suffit  pour  avertir  le  lecteur  qu'il  est  en 
présence  d'un  manuscrit  ou  d'une  charte  du  Musée  britannique. 

TOME  I. 
Phénicien. 

1  (201).  Inscription  latine,  grecque  et  phénicienne  trouvée  en  Sar- 
daigne  en  1860,  recueillie  par  l'Académie  royale  de  Turin. 

Grec. 
Inscriptions. 

2  (76).  Inscription  de  la  statue  de  Charès,  fils  de  Klesis,  trouvée  près 
de  Milet  (550-500  avant  J.-G.)  ;  Musée  britannique,  salle  lyciennc. 

3  (77).  Inscriptions  de  Gorcyra  et  de  Syracuse  (vers  600  et  474  avant 
J.-G.);  Musée  britannique,  salle  des  bronzes. 

4  (78).  Traité  d'Elis  (vers  500  avant  J.-G.);  Musée  britannique,  salle 
des  bronzes. 

5  (230).  Inscription  laconienne,  n"  139  du  Musée  brit.  (v*  siècle  avant 
J.-G.). 

6  (79).  Inscription  attique,  n"  37  du  Musée  brit.  (432  avant  J.-G.). 

7  et  8  (102  et  103).  Pierre  de  Rosette,  au  Musée  britannique  (vers 
195  avant  J.-G.). 

9  (176).  Inscription  grecque  et  palmyréenne  du  Musée  britanni(|ue 
(134  de  J.-G.). 

Écriture  onciale. 

10  (1).  Papyrus  21  du  Musée  britannique  (152  avant  J.-G.). 

1.  L'indication  de  ces  fonds  se  trouve  dans  le  travail  de  M.  Omonl  sur  les 
manuscrits  grecs  du  Musée  britannique.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes, 
année  1884,  p.  31.")  et  suiv.  On  peut  aussi  consulter  un  article  de  M.  Paul 
Meyer,  inséré  dans  la  Jievue  critique  du  22  septembre  1884,  p.  229. 


538 

11  (126).  Discours  d'Hypéride,  papyrus  108  du  Musée  britannique 
(ii^  ou  i^""  siècle  avant  J.-C). 

13  (151).  Philodème,  papyrus  de  Naples  (i«''  siècle). 

13  (152).  Métrodore,  papyrus  de  Naples  (i"  siècle). 

14  (153).  Iliade,  papyrus  114  du  Musée  britannique  (n«  siècle). 

15  (104).  Bible  connue  sous  le  nom  de  «  Codex  Vaticanus  »  (iv«  s.). 

16  (105).  Bible  connue  sous  le  titre  de  «  Codex  sinaiticus;  »  frag- 
ment conservé  à  Leipzig  (iv^  ou  v«  siècle). 

17  (106).  Bible  connue  sous  le  titre  de  «  Codex  Alexandrinus,  »  au 
Musée  britannique  (v«  siècle). 

18-21  (39,  40,  50  et  51).  Fragments  de  l'Iliade,  ornes  de  peintures. 
Bibliothèque  ambrosienne  (v^  siècle). 

22  (177).  Dioscoride  de  Vienne  (vi«  siècle). 

23,  24  (14,  15).  Les  évangiles  et  les  actes  des  apôtres,  en  grec  et  en 
latin,  de  l'université  de  Cambridge  (vi^  siècle).  =  Ce  manuscrit,  qu'on 
suppose  venu  de  Saint-Irénée  de  Lyon,  fut  donné  en  1581  à  l'Université 
de  Cambridge  par  Théodore  de  Bèze. 

25,  26  (63,  64).  Les  épîtres  de  saint  Paul,  en  grec  et  en  latin,  ms. 
grec  107  de  la  Bibl.  nat.  (vi^  siècle). 

27  (178).  La  Genèse,  ornée  de  peintures,  ms.  de  Vienne  (vi«  siècle). 

28  (80).  Les  Actes  des  apôtres,  en  latin  et  en  grec,  ms.  de  la  Bod- 
léienne,  n°  35  de  Laud  (vii«  siècle). 

29  (154).  Évangéliaire  copié  en  980;  bibliothèque  de  lord  Zouche. 

30,  31   (26,  27).  Évangéliaire  copié  en  995;  ms.  harleien  5598  du 

Musée  britannique. 

Écriture  cursive. 

32  (38).  Fragment  de  psautier,  papyrus  37  du  Musée  britannique 
(vi'=  ou  vn«  siècle). 

33  (107).  Testament  d'Abraham,  évêque  de  Harmonthis,  papyrus  77 
du  Musée  britannique  (viii^  siècle). 

Écriture  minuscule. 

34  (231).  Chronique  de  Nicéphore,  etc.;  ms.  add.  19390  du  Musée 
britannique  (ix*  siècle). 

35,  36  (65-66).  Euclide,  ms.  de  la  Bodléienne,  fonds  d'Orville  (888). 

37  (81),  Platon,  ms.  de  la  Bodléienne,  n°  39  de  Clarke  (896). 

38  (129).  Aristote,  ms.  de  l'Ambrosienne,  L.  92  sup.  (x«  siècle). 

39  (82).  Saint  Basile,  ms.  de  la  Bodléienne,  Auct.  E.  2.  12  (953). 

40  (41).  Psautier  de  lAmbrosienne,  F.  12  sup.  (961). 

41  (52).  Autre  psautier  de  l'Ambrosienne,  B.  106  sup.  (peu  après  967). 

42  (25).  Saint  Grégoire  de  Naziance,ms.  additionnel  18231  (année972). 

43  (108).  Figures  du  livre  de  Josué,  u°  405  du  fonds  grec  palatin  au 
Vatican  (x*^  siècle). 

44  (83).  Sophocle  et  Eschyle,  ms.  de  la  Laurentienne,  Plut.  XXXII, 
cod.  IX  (x«  ou  xi^  siècle). 


539 

45  (130).  Évangiles  de  l'Ambrosienne,  13.  56  sup.  (année  1023). 

46  (202).  Évangiles,  ms.  additionnel  17470  (année  1033). 

47  (109).  Thucydide,  ms.  additionnel  11727  (xi»  siècle). 

48  (131).  Les  Actes  des  apôtres  et  les  Épîtres,  ms.  grec  1208  du 
Vatican  (xi*  siècle). 

49  (155).  Jean  Climaque,  ms.  grec  394  du  Vatican  (xr  siècle). 

50  (53).  Psautier,  ms.  additionnel  19352  (année  1066). 

51  (84).  Les  Actes  des  Apôtres,  les  Épîtres  et  l'Apocalypse,  ms. 
additionnel  28816  (année  1111). 

52  (132).  Psautier  grec,  latin  et  arabe,  ms.  Iiarleien  5786  (avant  1153). 

53  (180).  Passionnaire  pour  le  mois  de  décembre,  ms.  44  de  Burney 
(année  1184). 

54  (203).  Commentaire  sur  l'Octoèque,  ms.  additionnel  27359  (année 
1252). 

55  (67).  L'Iliade,  ms.  86  de  Burney  (peut-être  1255). 

56  (85).  L'Odyssée,  ms.  harleien  .5674  (xiii^  siècle). 

57  (204).  Évangéliaire,  ms.  additionnel  28818, (année  1272). 

58  (157).  Commentaire  d'Euthymius  Zigabenus  sur  les  psaumes, 
ms.  harleien  5575  (année  1281). 

59  (205).  Évangiles,  ms.  additionnel  22506  (année  1305). 

60  (133).  Saint  Athanase,  ms.  harleien  5579  (année  1321). 

61  (206).  Évangéliaire,  ms.  additionnel  lv)993  (année  1335). 

62  (207).  Vies  des  pères,  ms.  50  de  Burney  (année  1362). 

63  (181).  Suidas,  ms.  additionnel  11892,  11893  (année  1402). 

64  (134).  Polybe,  ms.  additionnel  11728  (année  1416). 

65  (158).  L'Iliade,  ms.  16  du  roi  au  Musée  britannique  (année  1431). 

66  (232).  Les  Prophètes  et  Job,  ms.  additionnel  21259  (année  1437). 

67  (233).  Menée  pour  le  mois  de  décembre,  ms,  additionnel  16398 
(année  1460). 

68  (182).  L'Odyssée,  ms.  harleien  5658  (année  1479). 

Écritures  latinisées. 

69  (127).  Épîtres  de  saint  Paul,  en  grec  et  en  latin,  ms.  du  collège 
de  la  Trinité  à  Cambridge,  B.  17,  1,  connu  sous  le  titre  de  «  Codex 
Augiensis  »  (ix^  siècle). 

70  (128).  Psautier  grec  et  latin,  de  l'hôpital  de  Cuss  (x°  siècle). 

71  (179).  Évangiles  en  grec,  avec  version  latine  interlinéaire,  ms.  48 
de  Saint-Gall  (x^  siècle). 

Gothique. 

72  (118).  Les  Évangiles  d'Ulfilas,  ms.  d'Upsal  connu  sous  le  titre  de 
«  Codex  argenteus  »  (vi®  siècle). 

TOME  IL 
Osque. 
1  (111).  Inscription  trouvée  en  1848  dans  le  voisinage  d'Agnone,  dans 


540 

l'ancien  Samnium,  conservée  dans  la  salle  des  bronzes,  au  Musée  bri- 
tannique (antérieure  à  l'an  90  avant  J.-G.)- 

Latin  et  langues  modernes. 
Capitale. 

2  (110).  Inscription  gravée  sur  un  cercle  de  bronze,  au  Musée  bri- 
tannique, salle  des  bronzes  (du  v^  au  ii'  siècle  avant  J.-C). 

3,  4  (113,  114).  Virgile,  n°  3867  du  Vatican,  ms.  connu  sous  le  titre 
de  «  Romanus,  »  provenu  de  l'abbaye  de  Saint-Denis  (m»  ou  iv^  siècle). 

5  (115).  Virgile,  n"  1631  du  fonds  palatin  au  Vatican  (nie  ou  iv'  siècle). 

6,  7  (116,  117).  Virgile,  n°  3225  du  Vatican,  orné  de  peintures  et 
ayant  appartenu  à  Fulvio  Ursino  (iv  siècle). 

8  (208).  Virgile  n"  1394  de  Saint-Gall  (iV  ou  v^  siècle). 

9  (135).  Térence,  n'  3226  du  Vatican  (iv^  ou  v^  siècle). 

10  (86).  Virgile  de  la  Laurentienne,  pluteus  XXXIX,  cod.  1  (avant 
l'année  494). 

11,  13  (29,  30).  Prudence,  ms.  latin  8084  de  la  Bibl.  nat  (vi^  siècle). 

13  (19).  Psautier  de  Saint- Augustin  de  Cantorbéry,  ms.  cottonien 
Vespasien,  A,  1  (vers  l'an  700).  —  Voyez  plus  bas,  II,  33. 

14  (70).  Psautier  de  Saint-Hubert,  communiqué  par  MM.  EUis  et 
White  (vers  825).  —  Voyez  plus  loin,  III,  22,  23  et  29. 

15(143).  Eénédictionnaire  d'Ethelwold ,  appartenant  au  duc  de 
Devonshire  (963-984).  —  Voyez  plus  loin,  III,  34  et  35. 

16  (96).  Aratus,  ms.  188  de  Boulogne  (vers  999). 

Onciale. 

17  (160).  La  République  de  Cicéron,  palimpseste,  n°  5757  du  Vatican 
(iv^  siècle). 

18  (112).  Commentaire  sur  Cicéron,  palimpseste  de  l'Ambrosiennc, 
E,  147  sup.  (v«  siècle). 

19,  20  (31,  32).  Tite-Live  de  Corbie,  ms.  latin  5730  de  la  Bibl.  nat. 
(v"  siècle). 

21  (183).  Tite-Live,  ms.  15  de  Vienne  (v^  siècle). 

22  (54).  Fragments  de  l'évangile  de  saint  Luc,  ms.  de  l'Ambro- 
sienne,  C.  73  inf.  B.  (v^  ou  vi«  siècle). 

23  (87).  Évangiles  de  Corbie,  ms.  latin  17225  de  la  Bibl.  nat. 
(vi^  siècle). 

24,  25  (42,  43).  Saint  Augustin,  écrit  en  partie  sur  papyrus,  ms. 
latin  11641  de  la  Bibl.  nat.  (vi^  siècle). 

26  (16).  Évangiles,  ms.  harleien  1775  (vi^  ou  vii»  siècle).  — Le  carac- 
tère employé  pour  les  deux  lignes  ajoutées  au  bas  d'une  page  du  fac- 
similé  (minuscule  penchée  dont  plusieurs  lettres  se  rapprochent  de  la 
capitale)  me  porte  à  croire  que  le  ms.  n'est  pas  postérieur  au  vi^  siècle. 
Ce  caractère  est  absolument  semblable  à  celui  des  notes  que  j'ai  signa- 
lées sur  un  feuillet  conservé  à  la  Bibl.  nat.,  ms.  latin  13368,  fol.  256 


54^ 

(voyez  le  Cabinet  des  manuscrits  de  la  Bibl.  nat.,  III,  205,  et  allas,  pi.  IV, 
n°  5). 

27,  28,  29  (33,  34,  44).  Évangiles  de  Saint-Augustin  do  Cantorbéry, 
au  collège  de  Corpus-Ghristi,  à  Cambridge,  n»  286  (vu»  siècle).  La  date 
de  ce  manuscrit  mériterait  d'être  examinée  et  discutée  avec  un  soin 
particulier,  à  cause  surtout  de  l'intérêt  que  deux  pages  nous  olTrent 
pour  l'histoire  de  l'art;  l'une  (fac-similé  34)  est  divisée  en  douze  com- 
partiments, dans  chacun  desquels  est  représentée  une  scène  de  la  vie 
de  Notre-Seigneur  ;  sur  l'autre  (fac-similé  44),  on  voit  au  milieu  l'image 
de  saint  Luc  assis,  et  des  deux  côtés  douze  petits  tableaux,  dont  les 
sujets  sont  empruntés  à  divers  récits  de  l'évangile. 

30,  31  (234,  235).  Pentateuque  du  comte  d'Ashburnham,  c'est-à-dire 
de  Saint-Gatien  de  Tours  (vn°  siècle). 

32  (17).  Évangile  de  saint  Jean,  volume  de  très  petit  furmat,  trouvé 
dans  le  tombeau  de  saint  Cuthbert,  aujourd'hui  au  collège  de  Stouey- 
hurst  (VIF  siècle). 

33  (18).  Psautier  de  Saint-Augustin  de  Cantorbéry,  ms.  cottonien, 
Vespasien,  A.  1  (vers  700).  —  Voyez  plus  haut,  II,  13. 

34  (236).  Évangiles,  qu'on  suppose  avoir  été  copiés  par  l'ordre  d'Atto, 
abbé  du  monastère  de  Saint- Vincent  au  territoire  de  Bénévent,  de  739 
à  760.  Ms.  additionnel  5463. 

35  (121).  Dialogues  de  saint  Grégoire,  volume  copie  à  Bobbio  par 
l'ordre  de  l'abbé  Anastase,  vers  l'an  750;  ms.  de  l'Ambrosienne,  lat.  B. 
159  sup. 

Demi-onciale  de  l'école  romaine. 

36  (136).  Saint  Hilaire,  de  Saint-Pierre  de  Rome  (509-510).  —  Il  y  a 
eu  deux  éditions  de  la  notice  relative  à  ce  manuscrit;  la  bonne  est  celle 
qui  renvoie  (ligne  6)  au  supplément  des  «  Exempla  codicum  latino- 
rum.  » 

37,  38  (161,  162).  Saint  Severien,  ms.  de  Bobbio  passé  à  l'Ambro- 
sienne, G.  77  sup.  (vi*  siècle). 

39  (138).  Josèphe,  passé  de  Bobbio  à  l'Ambrosienne,  C.  105  inf. 
(vi«  ou  vn«  siècle). 

40  (137).  Saint  Ambroise  sur  saint  Luc;  passé  de  Bobbio  à  l'Am- 
brosienne, H.  78  sup.  (vii=  siècle). 

Demi-onciale  et  minuscule  des  écoles  irlandaises  et  anglaises. 

41-46  (55,  56,  88,  57,  58,  59).  Évangiles  connus  sous  le  titre  de  Livre 
de  Kells,  à  Dublin,  au  collège  de  la  Trinité  (vu*"  siècle). 

47-49  (20,  21,  35).  Évangiles  appartenant  au  chapitre  de  Lichfield  et 
connus  sous  le  titre  d'Évangiles  de  saint  Ghad  (vers  700). 

50-54  (3-6,  22).  Évangiles  de  Landisfarne,  ms.  cottonien,  Nero.  D.  iv 
(vers  700). 


542 

55  (7).  Évangiles  de  Saint- Augustin  de  Gantorbéry,  ms.  royal,  I.  E. 
V]  (viii^  siècle). 

56  (163).  Prières,  ms.  harleien  2965  (viii"  siècle). 

57  (164).  Gassiodore  sur  les  psaumes,  ms.  de  Durham,  B.  II.  30 
(viii*  siècle). 

58,  59  (139,  140).  Histoire  ecclésiastique  de  Bède,  à  l'université  de 
Cambridge,  Kk.  v.  16  (milieu  du  viiie  siècle).  —  L'écriture  de  ce  volume 
rappelle  celle  du  martyrologe  d'Epternach  (ms.  latin  10837  de  la  Bibl. 
nat.l;  il  a  fait  partie  de  la  bibliothèque  de  la  cathédrale  du  Mans, 
a  appartenu  à  J.-B.  Hautin,  puis  à  John  Moore  évèque  d'Ély,  mort  en 
1714;  il  a  été  offert  en  1715  à  l'université  de  Gambridge. 

60  (141).  Histoire  ecclésiastique  de  Bède;  ms.  cottonien,  Tiberius, 
G.  n  (viii*  siècle). 

61  (10).  Charte  accordée  à  l'abbé  Headda,  en  759.  —  Charte  addit. 
19789  du  Musée  britannique. 

62  (12).  Charte  du  roi  Ofla;  charte  addit.  19790  du  Musée  (793-794). 

63  (13).  Charte  de  Werfrith,  évèque  de  Winchester  ;  charte  19791 
du  Musée  (904). 

64,  65  (90,  91).  Évangiles,  avec  glose  anglaise  interlinéaire,  connus 
sous  le  titre  de  Évangiles  de  Mac  Regol;  à  la  Bodléienne,  D.  24, 
n°  3946  (vers  800). 

66  (23).  Ordonnance  d'Aethelheard,  archevêque  de  Gantorbéry,  en 
803  ;  aux  archives  du  chapitre  de  Gantorbéry. 

67  (165).  Martyrologe,  etc.;  ms.  cottonien,  Vespasien.  B.  vi  (811-814). 

68  (11).  Échange  entre  le  roi  Coenuulf  et  Wulfred,  archevêque  de 
Gantorbéry,  en  812;  archives  du  chapitre  de  Gantorbéry. 

69  (238).  Le  livre  de  vie  de  Durham;  ms.  cottonien,  Domitien.  vn 
(vers  840). 

70  (24).  Charte  du  roi  Berchtwulf  ;  archives  du  chapitre  de  Gantorbéry 
(vers  848). 

71  (168).  Collection  d'écrits  sur  le  comput;  ms.  de  la  Bodléienne, 
Digby,  63  (milieu  du  ix«  siècle). 

72,  73  (210,  211).  Évangiles  des  clercs  de  Deer,  dans  le  comté  d'Aber- 
deen;  ms.  li,  6.  32  de  l'université  de  Gambridge  (x»  siècle). 

74,  75  (240,  241).  Rituel  de  Durham;  ms.  A.  iv.  19  du  chapitre  de 
Durham  (x^  siècle). 

76,  77  (188,  189).  Psautier  avec  gloses  anglo-saxonnes;  ms.  150  delà 
cathédrale  de  Salisbury  (vers  969). 

78,  79  (71,  72).  Version  anglaise  du  Pentateuque  et  du  livre  de 
Josué  par  l'archevêque  iElfric;  ms.  cottonien,  Glaudius.  B.  4  (commen- 
cement du  xi'=  siècle). 

80  (242).  Chronique  anglo-saxonne;  ms.  cottonien,  Tiberius.  B.  1 
(vers  1045). 

81  (212).  Évangile  copié  en  1138  par  Mœlbrigte  Huà  Mœluanaigh; 


543 

ms.  harleien,  1802.  —  Ce  volume  était  jadis  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale; il  en  a  été  enlevé  en  1707  par  Jean  Aymon;  le  comte  d'Oxford 
l'acheta  en  1718. 

Runes. 

82,  83  (228,  229).  Inscription,  partie  latine,  partie  anglo-saxonne,  en 
caractères  runiques,  sur  un  coffret  trouvé  à  Auzon,  dans  la  Haute-Loire, 
et  conservé  au  Musée  britannique,  auquel  il  a  été  offert  en  1867  par 
M.  Francks  (viii^  ou  ix^  siècle). 

TOME  III. 

Minuscule  pour  le  latin  et  les  langues  modernes. 

Gursive  romaine. 

I  (159).  Tablettes  découvertes  à  Pompeï  en  1875.  Musée  de  Naples 
(55  ou  56). 

2,  3  (2,  28).  Charte  sur  papyrus,  écrite  à  Ravenne  en  572;  ms.  addi- 
tionnel 5412. 

4  (68).  Saint  Avit,  sur  papyrus,  ms.  latin  8913  de  la  Bibl.  nat. 
(vi"  siècle). 

5  (59).  Josèphe,  sur  papyrus;  ms.  de  l'Ambrosienne  (vn«  ou  vni«  s.). 

Lombardique. 
6,  7   (8,  9).   Recueil   de  canons,   ms.   latin  3836  de  la  Bibl.  nat. 
(viii'  siècle). 

8  (184).  Loi  salique  copiée  en  794  ;  ms.  731  de  Saint-Gall. 

9  (185).  Sacramentaire;  ms.  348  de  Saint-Gall  (vers  l'an  800). 

10  (92).  Isidore;  ms.  de  l'Ambrosienne,  B.  31.  sup.  (avant  840). 

II  (146).  Rôle  contenant  l'Exultet  ou  la  bénédiction  du  cierge  pascal  ; 
ms.  additionnel  30337  (xii«  siècle). 

Visigothique. 

12(95).  Passionnaire  du  monastère  de  S.-Pedro-de-Gardofia  ;  ms. 
additionnel  25600  (année  919). 

13,  14  (48,  49).  Commentaire  de  Beatus  sur  l'Apocalypse,  achevé  en 
1109  dans  l'abbaye  de  Si'os;  ms.  additionnel  H  695. 

Mérovingienne. 

15  (119).  Jugement  de  Thierri  III,  daté  de  Luzarches  le  30  juin  679 
ou  680;  Archives  nationales,  K.  2,  n.  13. 

16  (120).  Jugement  de  Pépin,  maire  du  palais,  pour  l'abbaye  de  Saint- 
Denis,  daté  du  20  juin  750;  Archives  nationales,  K.  4,  n.  7. 

Série  générale. 

17  (237).  Jugement  de  Charlemagne  contre  Tinguli'us,  le  8  mars  812; 
Archives  nationales,  K.  4,  n.  18. 

18  (45).  Les  rétractations  de  saint  Augustin;  ms.  44  de  Boulogne, 


544 

copié  par  le  sous-diacre  Leothardus,  d'après  les  ordres  de  l'abbé  Nan- 
tharius  (804-820). 

19  (122).  Traités  de  saint  Augustin  et  autres;  ms.  14468  de  Munich, 
copié  en  821  par  ordre  de  Baturic,  évêque  de  Ratisbonne. 

30  (123).  Saint  Augustin  sur  saint  Jean  ;  ms.  14437  de  Munich,  copié 
en  823  par  ordre  du  même  évêque  :  «  Librum  hune,  pro  remedio  ani- 
mae  meae,  ego  in  Dei  nomine  Baturicus,  episcopus  ad  Franchonofurt, 
scribere  prœcepi;  scriptus  estautem  diebus  septem  et  in  octavo  correc- 
tus  in  loco  eodem,  anno  VIP  regiminis  episcopatus  mei  et  octingente- 
simo  XXIII"  dominicae  incarnationis  ;  scriptus  autem  per  EUenhardum 
et  Dignum,  Hildoino  orthografiam  pra^stante.  Orate  pro  nobis.  » 

21  (209).  Gapitulaires  ;  ms.  733  de  Saint-Gall  (année  825). 

22,  23  (69,  93).  Psautier  de  Saint-Hubert,  communiqué  par  MM.  EUis 
et  White  (vers  825).  —  Voyez  plus  haut,  II,  14,  et  plus  loin,  III,  29. 

24,  25  (166,  167).  Bède,  sur  le  compte  des  temps  ;  ms.  cottonien,  Ves- 
pasien.  B.  vi  (vers  848). 

26  (239).  Livre  d'évangiles  donné  à  la  cathédrale  de  Nevers  par 
l'évêque  Heriman  (vers  840-860).  Ms.  harleien  2790.  Voici,  d'après  le 
Catalogus  librorum  mss.  bihliothecx  Harleianse  (t.  II,  p.  712),  le  texte  des 
vers  qui  indiquent  l'origine  du  volume  : 

Me  quicunque  legis,  Herimanni  sis  memor,  oro  ; 

Cujus  me  studio  possidet  iste  locus. 
Obtulit  ecclesiae  sibi  commissae  memorandus 

Praesul  me,  fateor,  pro  bonitatis  ope. 
Me  sancto  Giricio  [sic)  tali  sub  conditione 

En  dédit  ut  pereat  qui  cupit  abstrahere. 

27  (169).  Raban  Maur  sur  les  Rois;  ms.  6262  de  Munich.  Gopié  par 
l'ordre  de  Annon;  évêque  de  Freising  (854-875)  :  «  Ego  Vualtheri  [sic], 
presbyter  indignus,  scripsi  jussione  senioris  nostri  Annonis  episcopi...  » 

28  (186).  Canons  du  second  concile  de  Gonstantinople ;  ms.  672  de 
Saint-Gall  (vers  888). 

29  (94).  Prières  ajoutées  à  la  fin  du  psautier  de  Saint-Hubert,  du  temps 
d'Etienne,  évêque  de  Liège  (908-920)  ;  ms.  communiqué  par  MM.  Ellis 
et  White.  —  Voyez  plus  haut,  II,  14,  et  III,  22  et  23. 

30  (187).  Dictionnaire  tironien;  ms.  additionnel  21164  (x«  siècle). 

31  (36).  Térence  orné  de  dessins;  ms.  latin  7899  de  la  Bibliothèque 
nationale  (x»  siècle). 

32,  33  (46,  47).  Fondation  de  Newminster  à  Winchester,  en  966  ;  ms. 
cottonien,  Vespasien.  A.  vni.  —  La  seconde  planche  (fac-similé  47) 
reproduit  la  miniature  qui  représente  le  roi  Eadgar  offrant  la  charte  de 
fondation  aux  patrons  de  l'abbaye;  il  y  en  a  eu  deux  tirages. 

34,  35  (142, 144).  Bénédictional  d'yEthelwold,  évêque  de  Winchester; 
ms.  du  duc  de  Devonshire  (963-984).  —  Voyez  plus  haut,  II,  15.  —  On 


545 

avait  d'abord  distribué  un  feuillet  de  texte  qui  se  rapportait  à  la  fois  aux 
fac-similés  142  et  143  (III,  34,  et  II,  15);  il  a  été  remplacé  par  doux 
feuillets  spéciaux. 

36  (97).  Psautier  n»  20  de  Boulogne,  copié  à  Saint-Bertin  du  temps 
de  l'abbé  Odbert  (989-1008). 

37  (60).  OfQces  de  la  sainte  Croix  et  de  la  Trinité,  copiés  àNowmins- 
ter,  par  le  moine  ^Ifwine,  entre  les  années  1012  et  1020;  ms.  cotto- 
nien,  Titus.  D.  xxvn. 

38  (190).  La  Psychomachie  de  Prudence, avec  dessins;  ms.  cottonicn, 
Cleopatra.  C,  viii  (xi^  siècle). 

39  (98).  Peinture  d'un  psautier  anglais  du  milieu  du  xi^  siècle  ;  ms. 
cottonien,  Tiberius.  G.  vi. 

40  (61).  Catalogue  des  livres  de  l'abbaye  de  Lobbes,  en  1049,  à  la  Gn 
d'un  ms.  du  fonds  royal,  6.  A.  v. 

41  (145).  Tableaux  et  traités  de  comput;  ms.  cottonien,  Caligula.  A. 
XV  (un  peu  avant  1058). 

42  (170).  Acte  de  l'année  1072,  relatif  à  la  primatie  du  siège  de  Can- 
torbéry.  Archives  du  chapitre  de  Cantorbéry. 

43  (191).  Épîtres  de  saint  Paul,  copiées  en  1079  par  Marianus  Scotus, 
contemporain  du  chroniqueur  du  même  nom  ;  ms.  latin  1247  de  Vienne. 

44,  45  (243,  244).  Deux  pages  du  Domesday  Book,  conservé  au  Public 
Record  OfQce  (1086). 

46  (192).  Chartes  de  Simon,  comte  de  Iluntingdon,  du  roi  Henri  I"' 
et  du  roi  Etienne;  chartes  additionnelles  n"*^  20613,  19572  et  19581 
(première  moitié  du  xii<=  siècle). 

47  (156).  (^tuadruple  version  du  psautier;  ms.  copié  en  1105  dans 
l'abbaye  de  Saint-Martin  de  Tournai,  n°  2195  du  fonds  latin  des  Nou- 
velles acquisitions. 

48  (62).  Règle  de  saint  Benoit,  copiée  en  1129  pour  l'abbaye  de  Saint- 
Gilles,  au  diocèse  de  Nîmes  :  «  Ad  honorem  sancti  Egidii  Petrus  Guil- 
lermus  fecit  hune  libbrum  (sic)^  in  tempore  domni  Pétri  abbatis,  anno 
incarnati  verbi  M.  G.  XXVIIII,  régnante  Lodoico  rege.  »  Ms.  addi- 
tionnel 16979. 

49  (193).  Chartes  de  Mathilde  l'impératrice,  en  H4i,  et  de  Gautier, 
fils  de  Robert,  en  1165.  Chartes  additionnelles  19576  et  8517. 

50  (124).  Peinture  d'un  psautier  latin-français  du  milieu  du  xn^  s.; 
ms.  cottonien,  Nero.  G.  iv. 

51  (213).  Bible  de  l'abbaye  de  Florelfe,  copiée  vers  1160;  mss.  addi- 
tionnels 17737  et  17738. 

52  (194).  Charte  de  Henri  II  pour  l'abbaye  du  Bec,  en  1174;  n"  10  des 
chartes  de  Topham  au  Musée  britannique. 

53  (37).  Le  Lévitique  et  l'évangile  de  saint  Jean,  avec  gloses  ;  ms. 
harleien  3038,  copié  en  1176  dans  l'abbaye  de  Buildwas. 


546 

54  (195).  Charte  de  Richard  Cœur  de  Lion  pour  Auvré  de  Saint- 
Martin,  en  H89;  charte  372  du  fonds  Egerton. 

55  (214).  Charte  de  Jean  sans  Terre  pour  les  bourgeois  de  Wilton,  le 
21  avril  1204  ;  archives  de  la  corporation  de  Wilton. 

56  (215).  Articles  delà  grande  charte,  en  1215;  ms.  additionnel  4838. 

57  (216).  Testament  de  Richard  Morin,  en  faveur  de  l'abbaye  de 
Reading  (1217-1225);  charte  additionnelle  19615. 

58  (217).  Charte  de  Guillaume  le  Maréchal,  comte  de  Pembroke, 
pour  l'abbaye  de  Reading  (1227-1231);  charte  additionnelle  19616.  — 
Lettres  patentes  de  Henri  III,  roi  d'Angleterre,  chargeant  le  connétable 
Honfroi  de  Bohon  et  Guillaume  de  Forts,  comte  d'Aumale,  de  jurer 
l'observation  de  la  paix  récemment  conclue  à  Paris  avec  le  roi  de 
France  (9  février  1259)  ;  charte  additionnelle  11299. 

59,  60  (73,  74).  Bible  de  Robert,  abbé  de  Saint- Augustin  deCantor- 
béry  (1225-1252)  ;  n»  3  du  fonds  Burney. 

61  (125).  Chanson  anglaise,  copiée  vers  1240  dans  un  volume  de 
l'abbaye  de  Reading;  ms.  harleien  978. 

63  (218).  Exemplaire  original  de  l'Historia  minor  de  Mathieu  de 
Paris;  ms.  royal  14.  C.  vn  (1250-1253). 

63  (219).  Charte  de  Robert,  fils  de  Jean  Godifere,  du  mois  de  juin 
1261;  charte  additionnelle  16341.  —  Lettres  patentes  du  roi  Henri  III 
pour  Thomas  Maudut,  croisé,  datée  de  Westminster  le  12  mai  1270; 
charte  additionnelle  19828. 

64  (196).  Psautier,  qu'on  suppose  avoir  été  fait  vers  1284,  à  l'occasion 
du  mariage  projeté  entre  Alphonse,  fils  du  roi  Edouard  I""",  et  une  fille 
de  Florent,  comte  de  Hollande;  ms.  additionnel  24686. 

65  (220).  Charte  en  français  de  Henri  de  Laci,  comte  de  Lincoln,  pour 
le  prieuré  de  Burncester,  le  2  janvier  1286;  charte  additionnelle  10624. 

66,  67  (245,24'6).  La  Somme  le  roi  ;  ms.  additionnel  28162  (vers  1300). 

68  (254).  Lettres  patentes  d'Edouard  I^""  pour  l'abbaye  de  Newhouse, 
datée  de  Langley,  le  10  février  1303;  charte  harleienne  43.  D.  9.  — 
Charte  de  Jean,  évêque  de  Norwich,  pour  le  prieuré  de  Sainte-Gathe- 
rine-de-Fiixton,  en  juin  1321  ;  charte  Campbell,  xn.  13. 

69  (222).  Légende  dorée  écrite  à  Paris  en  1312;  ms.  additionnel 
12882. 

70  (221).  Rational  de  Guillaume  Durand;  écriture  italienne  du  com- 
mencement du  XIV'  siècle;  ms.  additionnel  31032,  jadis  du  cabinet  de 
M.  Didot. 

71  (147).  Psautier  écrit  en  Angleterre  au  commencement  du  xiv«  s.; 
ms.  royal,  2.  B.  vu. 

72  (223).  Commentaire  français  sur  l'Apocalypse,  écrit  en  Angleterre, 
probablement  entre  les  années  1320  et  1330;  ms.  royal,  19.  B.  xv. 

73  (255).  Charte  de  l'abbé  et  du  couvent  du  Barlings,  du  20  juillet 
1328;  charte  harleienne  44.  A.  H.  —  Lettre  en  français  de  PliiUppe, 


547 

reine  d'Angleterre,  datée  d'Anvers,  le  10  juillet  1339  ;  charte  harleienne 

43.  E.  10. 

74,  75  (99,  100).  Psautier  écrit  en  Angleterre  avant  l'année  1339; 
ms.  83  d'Arundel. 

76  (197).  Le  remords  de  conscience,  traduction  anglaise  de  la  Somme 
le  roi,  datée  de  l'an  1340  ;  ms.  57  d'Arundel.- 

77  (148).  Le  cérémonial  du  sacre  des  rois  de  France;  volume  ayant 
appartenu  à  Charles  V,  qui  l'avait  fait  exécuter  vers  l'année  1365;  ms. 
cottonien,  Tiherius.  B.  vni. 

78  (247).  Traités  de  piété  en  italien,  du  milieu  du  xiv^  siècle;  ms. 
additionnel  27428. 

79  (198).  Lucain,  copié  en  Italie  en  1378  ;  ms.  additionnel  11990. 

80  (199).  La  Divine  comédie  ae  Dante,  copiée  à  Ferrare  en  1379  ;  ms. 
2567  d'Egerton. 

81  (256).  Promesse  de  prières  faite  à  la  famille  Marmion  par  les  reli- 
gieux de  Sempringham,  en  1379;  charte  additionnelle  20620. 

82,  83  (149,  150).  Fragments  d'un  traité  latin  sur  les  vices,  par  un 
membre  de  la  famille  des  Gocharelli  de  Gênes,  avec  peintures  attribuées 
au  miniaturiste  génois  de  la  famille  de  Cybo,  appelé  le  Moine  d'ilyères, 
de  la  fin  du  xive  siècle;  mss.  additionnels  27695  et  28841. 

84  (248).  La  Divine  comédie  de  Dante  ;  copie  de  la  fin  du  xiv  siècle; 
ms.  additionnel  19587. 

85  (249).  Horace,  copié  en  Italie  en  1391;  ms.  additionnel  11904. 

86  (257).  Lettre  de  l'abbé  de  Groyland,  en  août  1392;  charte  harleienne 

44.  G.  58.  —  Lettres  patentes  du  roi  Richard  II,  du  29  août  1395  ; 
charte  harleienne  43.  E.  33. 

87  (75).  Traduction  de  la  Bible  par  Wyclef  ;  fin  du  xiv''  siècle  ;  ms. 
additionnel  15580. 

88  (171).  Traduction  de  la  Bible  par  Wyclef;  copie  antérieure  à 
l'année  1397;  ms.  Egerton  617  et  618. 

89  (101).  Les  contes  de  Ghaucer;  commencement  du  xv"  siècle;  ms. 
harleien  7334. 

90  (258).  Gharte  de  Robert,  évêque  de  Salisbury,  du  10  janvier  1411; 
charte  additionnelle  19643.  —  Endenture  relative  à  des  joyaux  donnés 
en  gage  à  un  écuyer  qui  allait  servir  le  roi  outre  mer;  22  juin  1415; 
charte  harleienne,  43.  I.  25. 

91  (251).  Le  poème  du  gouvernement  des  princes,  en  anglais,  par 
Thomas  Occleve,  écrit  vers  1411  ou  1412  pour  Henri,  prince  de  Galles  ; 
ms.  38  d'Arundel. 

92  (250).  Yalère  Maxime,  copié  en  1412  en  Italie;  ms.  additionnel 
14095. 

93,  94  (224,  225).  Bréviaire  aux  armes  de  Jean  sans  Peur,  duc  de 
Bourgogne;  il  était  probablement  en  cours  d'exécution  en  1419;  ms. 
harleien  2897. 


548 

95,  96  (172,  173).  Heures  du  duc  de  Bedford  (1423-1430)  ;  ms.  addi- 
tionnel 18850. 

97  (259).  Requête  de  Raoul  Cromwell,  chevalier,  au  roi  Henri  VI,  le 
16  mars  1431;  ms.  cottonien,  Vespasien.  F.  III.  —  Charte  de  Robert, 
évêque  de  Sahsbury,  du  i'"'  septembre  1436  ;  charte  additionnelle  19650. 

98  (252).  Justin,  copié  en  Italie  en  1433;  ms.  additionnel  12012. 

99  (226).  Psautier  d'Alphonse  V,  roi  d'Aragon,  proclamé  roi  de 
Naples  en  1442;  ms.  additionnel  28962. 

100  (200).  Glaudien,  avec  une  version  anglaise  faite  en  1445  pour 
Richard,  duc  d'York;  ms.  additionnel  11814. 

101  (253).  Heures  aux  armes  de  Saluées,  du  milieu  du  xv'=  siècle  ;  ms. 
additionnel  27697. 

102  (260).  Endenture  entre  le  prieur  de  Cantorbéry  et  Alexandre 
Cohvell,  le  19  mars  1457;  charte  harleienne  44.  B.  47.  —  Charte  de 
Jean  de  Vere,  comte  d'Oxford,  pour  l'abbaye  de  Notley,  du  4  novembre 
1485;  charte  harleienne  83.  G.  1. 

103,  104(174,  175).  Bréviaire  d'Isabelle  de  Gastille,  reine  d'Espagne, 
vers  l'année  1497  ;  ms.  additionnel  18851. 

105  (227).  Bréviaire  franciscain,  d'origine  florentine,  de  la  fin  du 
xv°  siècle;  ms.  additionnel  29735. 

C'est  naturellement  le  Musée  britannique  qui  a  fourni  le  plus  grand 
nombre  de  morceaux  à  un  recueil  publié  à  Londres  et  dirigé  par  le 
bibliothécaire  en  chef  et  par  le  conservateur  du  département  des  manus- 
crits du  Musée  britannique.  Mais  les  autres  dépôts  de  la  Grande-Bre- 
tagne et  du  continent  n'ont  pas  été  négligés.  A  côté  des  139  planches 
dont  les  éléments  ont  été  tirés  des  collections  du  Musée  britannique,  on 
en  remarque  121  consacrées  à  la  reproduction  de  documents  conservés 
en  dehors  de  ce  grand  établissement,  savoir  : 

2  au  Public  R.ecord  Office  (III,  44,  45). 

8  à  la  Bodléienne  (I,  28,  35,  36,  37,  39;  H,  64,  65,  71). 

6  à  l'université  de  Cambridge  (I,  23,  24  ;  II,  58,  59,  72,  73). 

3  au  collège  de  Corpus  Christi,  à  Cambridge  (II,  27,  28,  29). 

1  au  collège  de  la  Trinité,  à  Cambridge  (I,  69). 

4  aux  archives  du  chapitre  de  Cantorbéry  (II,  66,  68,  70  ;  III,  42). 
3  à  la  cathédrale  de  Lichfield  (II,  47,  48,  49). 

3  à  celle  de  Durham  (II,  57,  74,  75). 

2  à  celle  de  Salisbury  (II,  76,  77). 

1  aux  archives  de  la  corporation  de  Wilton  (III,  55). 

1  au  collège  de  Stoneyhurst  (II,  32). 

3  chez  le  duc  de  Devonshire  (II,  15;  III,  34,  35). 

2  chez  le  comte  d'Ashburnham  (II,  30,  31). 
1  chez  lord  Zouche  (I,  29). 

4  chez  MM.  EUis  et  White  (II,  14  ;  IH,  22,  23,  29). 
6  au  collège  de  la  Trinité,  à  Dublin  (II,  41-46). 


549 

14  à  la  Bibliothèque  nationale,  à  Paris  (I,  25,  26;  II,  11,  12,  19,  20, 
23,24,  25;  III,  4,  6,  7,31,  47). 
3  aux  Archives  nationales  (IIT,  15,  16,  17). 
3  à  la  bibliothèque  de  Boulogne-sur- Mer  (II,  16;  III,  18,  36). 

1  au  musée  de  Turin  (I,  1). 

17  à  l'Ambrosienne  (I,  18-21,  38,  40,  41,  45;  II,  18,  22,  35,  37-40; 
III,  5,  10). 

2  à  la  Laurentienne  (I,  44  ;  II,  10). 

11  à  la  Vaticaue  (I,  15,  43,  48,  49;  II,  3-7,  9,  17). 
1  au  chapitre  de  Saint-Pierre  de  Rome  (II,  36). 

3  au  musée  de  Naples  (I,  12,  13  ;  III,  1). 

6  à  Saint-Gall  (I,  71;  II,  8;  III,  8,  9,  21,  28). 

4  à  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne  (I,  22,  27  ;  II,  21  ;  III,  43). 
3  à  la  Bibliothèque  royale  de  Munich  (III,  19,  20,  27). 

1  à  Leipzig  (I,  16). 

1  à  l'hôpital  de  Gués  (I,  70). 

1  à  Upsal  (I,  72). 

La  simple  énumération  qui  vient  d'être  donnée  fera  comprendre  la 
nature  et  l'importance  des  services  que  le  recueil  de  la  Société  paléogra- 
phique est  appelé  à  rendre  à  l'érudition.  Elle  montre  aussi  quelle 
reconnaissance  nous  devons  avoir  à  MM.  Bond  et  Thompson  pour  la 
sagesse  avec  laquelle  ils  ont  conduit  l'entreprise  et  pour  l'intelligence  et 
le  dévouement  dont  ils  ont  fait  preuve  en  choisissant  les  matériaux  de 
l'ouvrage,  en  les  expliquant  et  en  les  disposant  de  manière  à  faire  pas- 
ser sous  nos  yeux  les  plus  curieux  exemples  des  manuscrits  conservés 
dans  les  bibliothèques  de  l'Angleterre,  de  l'Irlande,  de  la  France,  de 
l'Italie,  de  la  Suisse,  de  l'Autriche,  de  l'Allemagne  et  de  la  Suède. 

L.  Delisle. 


Inscriptions  tumulaires  des  XP  et  XIP  siècles  à  Saint- Benoît-sur^ 
Loire.  .Moulage  de  ces  monuments  épùjraphiques.  Calques  annexes 
à  cette  étude.  Par  M,  BoucnEii  di:  Molandon,  clc.  Orléans,  Ilerlui- 
son,  ^884.  ln-8°,  52  p.,  vi  planches. 

La  Maison  de  Jeanne  d'Arc  à  Domremy  et  Nicolas  Gérardin.,  son 
dernier  possesseur.  Tableau  de  M.  de  Cypicrre  donné  au  musée 
d'Orléans  par  M"'^  Vamirale  comtesse  Maussion  de  Candé,  née  de 
Bizernont.  Notice  historique,  par  M.  Boucher  de  Molandon,  etc. 
Orléans,  H.  Herluison,  4884.  In-8°,  -lo  p. 

Les  deux  nouvelles  publications  de  M.  Boucher  de  Molandon  sont 
extraites  des  Mémoires  de  la  Société  historique  et  arcliéoloqique  de  l'Or- 
léanais. 

L'ancien  cimetière  de  l'abbaye  de  Saint-Benoît-sur-Loire  contient 

36 


550 

quelques  débris  d'inscriptions.  M.  Boucher  de  Molandon  en  publie  le 
fac-similé  de  grandeur  naturelle,  relevé  par  lui  avec  un  grand  soin. 
A  ces  planches,  il  a  joint  une  notice  de  48  pages  pour  en  fixer  l'inter- 
prétation. 

Deux  inscriptions  sont  à  peu  près  entières  :  ce  sont  les  inscriptions 
tumulaires  de  l'abbé  Vrain  (1085)  et  d'un  personnage  inconnu  de  la 
même  époque.  Le  nom  du  personnage  manque  presque  seul  dans  la 
seconde  :  M.  Boucher  de  Molandon,  après  avoir  rappelé  les  essais  de 
restitution  déjà  tentés,  est  tenté  d'attribuer  celle-ci  à  Raoul  Tortaire, 
l'un  des  auteurs  des  Miracles  de  saint  Benoit. 

Deux  autres  débris  d'inscriptions  se  rapportent,  le  premier  à  l'abbé 
Joscerand  (1096),  le  second  à  un  anonyme  de  la  même  époque. 

Enfin  M.  Boucher  de  Molandon  rétablit  les  textes  des  épitaphes  de 
l'abbé  Gauzlin  (1029  ou  1030),  de  l'abbé  Simon  (1107),  de  l'abbé  Hélie 
(1285);  ces  trois  monuments  ont  totalement  disparu,  mais  M.  Boucher 
de  Molandon  en  a  retrouvé  le  texte  dans  les  manuscrits  de  la  biblio- 
thèque d'Orléans  provenant  de  Saint-Benoit  ;  ces  textes  diffèrent  un  peu 
de  ceux  qu'ont  donnés  les  auteurs  de  la  Gallia  christiana. 

La  seconde  brochure  de  M.  de  Molandon,  la  Maison  de  Jeanne  d'Arc  à 
Domremy,  est  une  notice  consacrée  à  un  tableau  de  M.  de  Cypierre  dont 
vient  de  s'enrichir  le  musée  d'Orléans. 

Tout  ce  qui  se  rattache  à  Jeanne  d'Arc  porte  en  soi  son  intérêt,  et 
M.  de  Molandon  est  spécialement  qualifié  pour  s'en  occuper  :  on  con- 
naît ses  intéressantes  recherches  sur  la  famille  de  Jeanne  d'Arc. 

Ajoutons  que  M.  Boucher  de  Molandon  n'entend  pas  servir  les  inté- 
rêts de  la  science  seulement  par  ses  travaux.  Il  y  apporte  aussi  une 
contribution  fort  effective  et  que  l'on  ne  saurait  trop  reconnaître.  Après 
avoir  deux  fois  ouvert  des  concours  quinquennaux,  sous  les  auspices  de 
la  Société  archéologique  de  l'Orléanais,  il  vient  d'assurer  pour  l'avenir 
l'existence  d'une  institution  qui  a  déjà  donné  d'excellents  résultats. 
Désormais,  la  Société  archéologique  disposera  tous  les  cinq  ans  d'un 
prix  de  1,000  francs  pour  encourager  les  travaux  relatifs  à  l'histoire  et 
à  l'archéologie  locale.  Le  prix  sera  décerné  le  8  mai  1885. 

M. 

Amicie  de  Foulques  de  Villaret.  Les  Antiquités  de  Saint- Paul 
d'Orléans.  Orléans,  ^1884.  In-8%  288  pages. 

L'église  paroissiale  de  Saint-Paul  -d'Orléans,  dont  les  revenus  et 
l'administration  se  partageaient  entre  le  chapitre  de  Saint-Pierre-le- 
Puellier  et  le  monastère  de  Saint-Mesmin,  a  son  origine  dans  la  réunion 
de  deux  chapelles,  l'une  dédiée  à  saint  Michel,  l'autre  à  saint  Paul, 
auxquelles  fut  annexée,  à  une  époque  jusqu'ici  indéterminée,  la  cha- 
pelle de  Notre-Dame-des-Miracles.  Le  livre  que  M"e  de  Villaret  vient 


55i 

de  consacrer  à  cette  église  est  à  la  fois  une  étude  historique  et  une 
étude  archéologique.  L'auteur  passe  en  revue  successivement  les  ori- 
gines de  la  paroisse,  son  personnel  ecclésiastique,  les  confréries  et  les 
hôpitaux  qui  en  dépendaient,  les  cérémonies  qui  lui  étaient  particu- 
lières (chap.  i-iv,  VIII,  XI,  xih).  La  plus  ancienne  mention  des  chapelles 
Saint-Michel  et  Saint-Paul  se  trouve  dans  un  diplôme  d'environ 
l'an  1012,  par  lequel  le  roi  Robert  les  met  sous  le  patronage  de  l'église  de 
Saint-Pierre-le-Puellier.  Ces  chapelles  étaient  alors  situées  «  insnliur- 
bio  Aurelianensi  »  (p.  3).  Dans  une  charte  de  l'évêque  Odolric,  donnée, 
en  1030,  l'église  Saint-Paul  est  dite  sise  «  in  burgo  Dunensi  juxta  civi- 
tatem  Aurelianis  »  (p.  221).  D'où  l'auteur  se  croit  autorisé  à  conclure 
que  les  deux  chapelles,  qui  s'élevaient  d'abord  dans  un  faubourg,  ont 
été  détruites,  puis  réédifiées  après  1012,  et  avant  1030,  dans  le  bourg 
Dunois,  désigné  ailleurs  sous  le  nom  à'Aveniim,  et  près  l'église  de  Notre- 
Dame-des-Miracles  :  supposition  toute  gratuite.  M"e  de  Villaret  cherche 
en  vain  dans  son  second  chapitre  à  distinguer  le  suhurbium  du  burgux 
Dunensis,  et  à  établir  fue  le  bourg  Dunois  était  non  pas  un  simple 
faubourg,  mais  une  ville  indépendante,  entourée  de  murailles,  une 
«  colonie  »  dont  les  habitants,  cives  (c'est  l'expression  qu'emploie  Vin- 
cent de  Beauvais),  se  gouvernaient  par  leurs  magistrats.  Mais  toutes  les 
habitations  élevées  en  dehors  de  la  cité,  l'ancienne  cité  romaine,  étaient 
comprises  dans  le  suburbium,-  le  rédacteur  du  diplôme  de  Robert  pou- 
vait, sans  qu'on  doive  pour  cela  l'accuser  d'avoir  employé  un  terme 
inexact,  désigner  le  burgus  Dunensis  par  le  mot  suburbium.  Les  bourgs 
qui  au  moyen  âge  se  sont  groupés  à  l'extérieur  des"  anciennes  cités 
romaines  et  autour  des  monastères  ont  eu  le  plus  souvent  leurs 
murailles  propres.  Leur  réunion  n'en  constituait  pas  moins  le  subur- 
bium, plus  tard  la  banlieue.  Dans  la  suite  des  temps  les  nécessités  de  la 
défense  ont  fait  enfermer  dans  une  môme  enceinte  cité  et  bourgs. 
M""^  de  Yillaret  a,  dit-elle,  rencontré  des  contradicteurs.  Je  n'hésite  pas 
à  embrasser  leur  opinion,  que  l'auteur  expose  du  reste  avec  netteté 
(p.  14-15).  Elle  n'oppose  aucune  objection  sérieuse  à  l'identification  du 
suburbium  avec  le  burgus  Dunensis,  et,  jusqu'à  preuve  du  contraire, 
rien  n'autorise  à  penser  qu'il  y  ait  eu  un  déplacement  des  chapelles 
Saint-Michel  et  Saint-Paul. 

Cette  critique  faite,  on  ne  saurait  trop  louer  l'autour  de  l'e.xactitude 
avec  laquelle  elle  a  généralement  interprété  les  nombreux  documents 
tirés  des  anciennes  archives  de  l'église,  et  du  soin  qu'elle  a  pris  de 
citer  ses  sources.  Elle  a  su  mettre  en  œuvre  avec  succès  dans  la  partie 
archéologique  de  son  ouvrage  les  renseignements  que  lui  fournissaient 
les  comptes  de  la  fabrique  sur  l'ancien  état  du  monument  et  les  rema- 
niements qu'il  a  subis  à  travers  les  siècles.  Elle  nous  a  donné  une  resti- 
tution de  l'église  et  du  cloître  en  1482  et  un  plan  de  l'église  en  1669.  Il 
aurait  fallu  y  ajouter  un  ])lan  de  l'état  actuel  de  l'édifice.  La  lecture  des 


352 

chapitres  consacrés  à  son  histoire  en  eût  été  rendue  pkis  facile  et  plus 
fructueuse.  C'est  une  excellente  idée  que  d'avoir  recueilli  les  anciennes 
inscriptions  funéraires  de  l'église  Saint-Paul.  Il  y  a  là  des  documents 
précieux  pour  l'histoire  des  familles  orléanaises.  Parmi  ces  épitaphes, 
je  n'en  relèverai  qu'une,  intéressante  au  premier  chef,  celle  de  Jacques 
Boucher,  trésorier  général  du  duc  d'Orléans,  mort  en  1443,  et  qui  avait 
eu  l'honneur  de  donner  asile  dans  son  hôtel  à  la  vierge  libératrice 
d'Orléans  (p.  138).  Les  pièces  justificatives  qui  complètent  le  volume 
sont  soigneusement  publiées.  L'une  d'elles  est  curieuse  pour  l'histoire 
d€s  mœurs;  c'est  le  détail  des  dépenses  faites  pour  le  repas  offert 
le  3  avril  1480  à  l'évêque  d'Orléans  lors  de  la  bénédiction  d'un  nouvel 
autel  de  Notre-Dame-des-Miracles.  Nous  devons  attirer  l'attention  des 
historiens  de  l'art  sur  deux  documents,  dont  l'un  est  la  description 
d'une  couronne  royale  ornée  de  pierres  précieuses  et  de  camées,  l'autre 
l'inventaire  des  tapisseries  que  possédait  l'église  au  xvn^  siècle. 

En  somme,  le  livre  de  M"e  de  Villaret  mérite  beaucoup  d'éloges.  Il 
peut  servir  de  modèle  aux  érudits  qui  entreprendront  une  monographie 
paroissiale.  Surtout  il  montre  tout  le  parti  qu'on  peut  tirer  en  ces  sortes 
d'ouvrages  des  documents  d'archives. 

Maurice  Prou. 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIERES. 

Sciences  auxiliaires.  —  Bibliographie  :  imprimés,  420. 

Sources.  —  Historiens ,  chroniqueurs ,  389 ,  405.  —  Catalogues 
d'évèques,  408.  —  Lettres,  457.  —  Mémoires,  399.  —  Archives,  416, 
434,  454.  —  Cartulaires,  400. 

Biographie,  généalogie,  435,  456,  461.  —  G.  Bernard  de  Gaillac,  441  ; 
Bourdin,  412;  G.  Bruno,  423;  Buffet,  399;  Challant,  422;  une  fille  de 
Charlemagne,  391  ;  saint  Eustache,  443  ;  Flamenchi,  421  ;  saint  François 
de  Sales,  411;  Guise,  393;  Henri  IV,  457;  J.  des  Horts,  403;  Cath.  de 
Médicis,  393;  saint  Mellon,  388;  Pbilippe  le  Bel,  415;  Rallu,  430; 
saint  Rémi,  401  ;  saint  Tudual,  392;  Vergeur,  446;  E.  de  Vesc,  395. 

Géographie,  topographie,  437,  448,  462. 

Droit,  417,  418,  428. 


T353 

Institutions.  —  États,  409.  —  Communes,  425.  —  Corporations,  452. 

—  Écoles,  432. 

Religions.  —  Catholicisme  :  diocèses,  388,  408,  437,  460,  461; 
paroisses,  églises,  396,  402,  406,  427;  ordres,  441,  460;  monastères, 
390,  400,  438,  444.  —  Guerres  de  religion,  393,  399. 

Archéologie,  397,  430,  439,  440,  448.  —  Architecture,  414,  431,  450; 
édifices  civils  et  militaires,  410,  413,  429;  édifices  religieux,  396,  402, 
406,  427,  442,  444,  446,  451.  —  Sculpture,  401,  404.  —  Peinture,  424. 

—  Numismatique,  445.  —  Théâtre,  443.  —  Musique,  426,  452. 

Langues  et  littératures.  —  Latin,  388,  392.  —  Français,  443,  455. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne.  —  Alsace-Lorraine,  399.  —  Prusse,  404. 

Belgique,  407,  416,  426,  436,  456,  458,  459. 

France.  —  Alpes,  462;  Anjou,  447;  Artois,  Flandre,  456;  Norman- 
die, 413.  —  Hautes-Alpes,  443,  451  ;  Aube,  414  ;  Calvados,  438  ;  Cantal, 
402;  Charente,  412;  Charente-Inférieure,  390,  431;  Cher,  396;  Corrèze, 
403;  Corse,  405;  Côte-d'Or,  394,  433;  Dordogne,  425;  Gard,  391,  395, 
449  ;  Hérault,  420  ;  Loir-et-Cher,  397,  440  ;  Haute-Loire,  424  ;  Loire- 
Inférieure,  442;  Loiret,  439;  Lot-et-Garonne,  457;  Marne,  393,  401, 
427,  446  ;  Morbihan,  437  ;  Puy-de-Dôme,  429  ;  Basses-Pyrénées,  428  ; 
Pyrénées -Orientales,  460;  Saône -et- Loire,  444;  Savoie,  419,  445; 
Haute-Savoie,  411;  Seine,  452;  Seine-et-Oise,  454;  Seine-Inférieure, 
388,  410,  461  ;  Somme,  401,  409,  430,  434,  448;  Tarn,  441. 

Italie,  395,  418.  —  Emilie,  453;  Piémont,  419,  422,  462;  provinces 
méridionales,  417;  Vénétie,  398,  406. 

Pays-Bas,  456. 

Suisse,  389,  423,  435,  463. 

388.  Actes  des  saints  du  diocèse  de  Rouen,  recueillis,  publiés  et 
annotés  par  l'abbé  Sauvage.  Tome  I.  Actes  de  saint  Mellon,  premier 
évoque  de  Rouen.  Rouen,  Fleury,  Métérie.  Petit  in-4o,  xxiv-334  p. 

389.  Anshelm  (Valerius).  Die  Berner-Chronik.  Herausgegeben  vom 
historischen  Verein  des  Kantons  Bern.  I.  Band.  Bern,  K.  J.  Wyss. 

In-8%  viii-441  p.  7  fr.  50  c. 

390.  AuDiAT  (Louis).  Abbaj'e  de  Notre-Dame  de  Saintes.  Histoire  et 
documents.  Saintes,  M™^  Mortreuil;  Paris,  Picard.  In-S",  104  p.  Extrait 
des  Archives  historiques  de  la  Sainlonge  et  de  l'Aunis. 

391.  AzAÏs  (l'abbé).  Une  Fille  de  Charlemagne  à  Uzès.  Nimes,  impr. 


554 

Glavel  et  Chastanier.  In-8°,  19  p.  Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie  de 
Nîmes,  1883. 

392.  Barthélémy  (Anatole  de).  Étude  sur  une  vie  inédite  de  saint 
Tudual,  attribuée  au  vi*  siècle.  Paris.  In-8'*,  20  p.  Extrait  des  Mémoires 
de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France,  t.  XLIV. 

393.  Barthélémy  (le  comte  Edouard  de).  Catherine  de  Médicis  à 
Épernay,  pour  la  négociation  de  la  paix  de  Nemours  conclue  avec  les 
Guises  en  1585,  d'après  sa  correspondance  inédite  conservée  à  la  Biblio- 
thèque nationale.  Paris,  Champion.  In-12,  92  p. 

394.  BizouARD  (l'abbé  J.-Th.).  Histoire  de  l'hôpital  d'Auxonne  (1374- 
1884).  Dijon,  Grigne.  In-8%  xv-332  p.,  4  gravures, 

395.  BoiSLiSLE  (A.  de).  Notice  biographique  et  historique  sur  Etienne 
de  Vesc,  sénéchal  de  Beaucaire,  pour  servir  à  l'histoire  des  expéditions 
d'Italie.  Paris.  In-S",  ii-302  p.  Extrait  de  V Annuaire-Bulletin  de  la 
Société  de  l'histoire  de  France. 

396.  BoissouDY  (Alfred  de).  La  Sainte-Chapelle  de  Bourges.  Bourges, 
impr.  Spire.  Ia-8°,  195  p.,  1  planche. 

397.  BouRNON  (Fernand).  Entre  Loir  et  Cher.  Guide  historique  et 
descriptif.  Blois,  impr.  Marchand,  1884.  In-16,  115  p.,  planches. 

398.  Brentari  (Ottone).  Storia  di  Bassano  e  dcl  suo  territorio.  Bas- 
sano-Veneto,  tip.  Santé  Bozzato.  ïn-i°,  xii-824  p.  15  1. 

399.  Buffet  (Chronique  de),  1580-1588.  La  Ligue  à  Metz.  Extrait  des 
cahiers  de  François  Buffet,  ministre  du  S.  E.  à  Metz.  Publié  pour  la 
première  fois  par  E.  de  Bouteiller,  avec  une  introduction  et  des  notes 
par  Aug.  Prost.  Paris,  Pillet  et  Dumoulin.  Pet.  in-8°,  xxxn-248  p. 
(Petite  Bibliothèque  messine.) 

400.  Cartulaire  de  l'ancienne  abbaye  de  Saint-Nicolas-des-Prés  sous 
Ribemont  (diocèse  de  Laon),  publié,  d'après  le  manuscrit  original  des 
Archives  nationales,  par  Henri  Stein.  Saint-Quentin,  impr.  Poette. 
In-8°,  231  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  académique  de  Saint- 
Quentin,  4e  série,  t.  V. 

401.  Cerf  (l'abbé  Ch.).  Feuille  de  diptyque  au  musée  d'Amiens,  où 
sont  représentés  trois  miracles  opérés  par  saint  Rémi  de  Reims. 
Reims,  impr.  Monce.  In-8°,  12  p.  Extrait  des  Travaux  de  l'Académie  de 
Reims,  t.  LXXIII,  1882-1883. 

402.  Chabau  (B.).  L'Église  d'Ydes  et  son  symbolisme.  Saint-Flour, 
impr.  Boubounelle.  In-16,  19  p. 

403.  Contribution  à  l'histoire  de  .Tulle.  U.  Jean  des  Horts.  Tulle, 
impr.  Grauffon.  In-16,  101  p. 

404.  Courajod  (Louis).  La  Collection  de  médaillons  de  cire  du  musée 


555 

des  antiquités  silésiennos  à  Breslau.  Paris,  Champion.  In-8«,  8  p.  et 
dessin  par  Ludovic  Letrône.  Extrait  de  la  Gazette  des  beaux -arts, 
mars  1884. 

-'(05.  Gyrnos  (Pierre  de).  Histoire  de  la  Corse  depuis  les  origines  jus- 
qu'en 1506.  (Pétri  Gyrnaei  clerici  Aleriensis  de  rébus  Corsicis  libri 
quatuor.)  Traduite  pour  la  première  fois  en  français  et  annotée  par 
Albert  Tozza.  Bastia,  V^  OUagnier.  In-8%  xxi-57  p. 

406.  Dani  (Ct.).  Memorie  storiche  délia  chiesa  e  antica  scuola  di 
S.  Niccola  da  Tolentino  in  Vicenza,  dall'  anuo  1499  al  1817.  Vicenza, 
tip.  Commerciale,  1884.  In-8°,  56  p. 

407.  Declève  (Jules).  Silhouette  de  Mons  à  travers  les  siècles.  Mons, 
Byr  et  Loret.  In-S»,  238  p.  2  fr.  50  c. 

408.  Delisle  (Léopold).  Anciens  Catalogues  des  évoques  des  églises 
de  France.  Paris,  imprimerie  nationale.  In-4",  71  p.  Extrait  de  ['His- 
toire littéraire  de  la  France,  t.  XXIX. 

409.  Demaison  (L.).  Document  inédit  sur  une  assemblée  d'états  con- 
voquée à  Amiens  en  1424.  Reims,  impr.  Monce.  In-8°,  19  p. 

410.  Description  et  Histoire  du  château  d'Arqués.  Paris,  Des  Fossez. 
In-8%  16  p. 

411.  Ducis  (le  chanoine).  Le  Saint-Suaire  à  Annecy  et  la  Naissance 
de  saint  François  de  Sales.  Deuxième  partie.  Annecy,  Abry.  In-8°, 
11-47  p. 

412.  Famille  (la)  Bourdin  à  Angouléme  depuis  le  règne  de  Louis  XI 
jusqu'à  nos  jours  (1480-1884).  Angouléme,  impr.  Roussaud.  In-8% 
vn-21  p.,  1  tableau  généalogique. 

413.  Farin.  Le  Château  fortifié.  Éclaircissements  de  Farin  sur  un 
chapitre  de  sa  Normandie  clirciicnne,  publiés  pour  la  première  fois  par 
J.  Félix.  Rouen,  impr.  Cagniard.  In-4°,  xxxv-97  p.,  planches.  Société 
rouennaise  des  bibliophiles. 

414.  FiCHOT  (Ch.).  Statistique  monumentale  du  département  de  l'Aube. 
Accompagnée  de  chrom»  lithographies,  de  gravures  à  l'oau-forte,  etc. 
Arrondissement  de  Troyes,  l"',  2^  et  3^  cantons,  avec  les  cantons 
d'Aix-en-Othe  et  de  Bouilly.  Tome  I.  Paris,  l'auteur;  Troyes,  Lacroix. 
In-8°,  495  p.,  planches.  Chaque  livraison,  2  fr.;  30  livraisons  forment 
un  volume. 

415.  Funck-Brentano  (Frantz).  La  Mort  de  Philippe  le  Bel,  étude 
historique.  Paris,  Picard.  In-8°,  51  p.,  1  planche. 

416.  Galesloot  (L.).  Inventaire  des  archives  de  la  cour  féodale  de 
Brabant.  Bruxelles,  impr.  F.  Hayez.  2  vol.  in-4",  492,  536  p.  L'ouvrage 
complet,  30  fr. 


556 

417.  Gasparis  (Alberto  de).  Sull'  autorità  del  diritto  romano  et  lon- 
gobardo  nell'  Italia  méridionale  dal  1016  al  1194.  Napoli,  tip.  del- 
l'Accademia  délie  scienze. 

418.  Gaudenzi  (A.).  Gli  Editti  di  Teodorico  e  di  Atalarico  e  il  Diritto 
romano  nel  regno  degli  Ostrogoti.  Torino,  E.  Loescher,  1884.  In-8°, 
94  p.  1  I.  50  c. 

419.  Gerbaix-Sonnaz  (G.  Alberto  de).  Studi  storici  sul  contado  di 
Savoia  e  marchesato  in  Italia.  Vol.  I.  Parte  2^».  Torino,  Roux  e  Favale, 
1884.  In-8<>,  p.  i-xii,  209-522.  6  1. 

420.  Germain  (A.).  Notice  sur  un  recueil  d'incunables  de  la  biblio- 
thèque de  la  faculté  de  médecine  de  Montpellier.  Montpellier,  impr. 
J.  Martel,  1884.  In-4°,  12  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  archéolo- 
gique de  Montpellier. 

421.  Germain  (A.).  Pierre  Flamenchi.  Étude  historique  et  littéraire 
d'après  ses  manuscrits  autographes  entièrement  inédits.  Montpellier, 
impr.  J.  Martel,  1884.  In-4%  70  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
archéologique  de  Montpellier. 

422.  GiAcosA  (G.).  Castello  d'Issogne  in  Val  d'Aosta.  Notizie  storiche 
intorno  la  famiglia  di  Challant.  Torino,  tip.  Gamilla  e  Bertolero,  1884. 
In-4°,  11p. 

423.  Giordano  Bruno  à  Genève  (1579).  Documents  inédits  publiés  par 
Théophile  Dufour.  Genève,  Georg,  1884.  In-8'',  18  p.,  fac-similé. 

424.  Giron  (Léon).  Mémoire  sur  les  peintures  murales  du  départe- 
ment de  la  Haute-Loire,  du  xii^  au  xv»  siècle,  lu  à  la  réunion  des 
sociétés  savantes  à  la  Sorbonne,  séance  du  18  avril  1884.  Le  Puy, 
impr.  Freydier.  In-8°,  19  p. 

425.  GousTAT  (l'abbé).  La  Linde  et  les  Libertés  communales  à  la 
Linde.  Périgueux,  impr.  Laporte.  In-8°,  507  p.,  planches.  Extrait  du 
Bulletin  de  la  Société  historique  et  archéologique  du  Périgoxd,  considéra- 
blement augmenté.  4  fr. 

426.  Grégoir  (Ed.-G.-J.).  Motice  historique  sur  les  sociétés  et  écoles 
de  musique  d'Anvers,  depuis  les  temps  les  plus  reculés  jusqu'à  nos 
jours,  suivie  de  notices  biographiques  d'artistes  musiciens  anversois. 
Bruxelles,  Schott.  In-8%  98  p.  1  fr.  50  c. 

427.  Grignon  (Louis).  Description  et  Historique  de  l'église  Notre- 
Dame-en-Vaux  de  Chàlons,  collégiale  et  paroissiale,  l''^  partie.  Des- 
cription. Chàlons-sur-Marne,  Thouille.  In-8'',  151  p.,  planches. 

428.  Haristoy  (l'abbé  P.).  Recherches  historiques  sur  le  pays  basque. 
Tome  n  :  1°  Galerie  basque  de  personnages  de  renom;  2°  les  Fors  et 
Coutumes  des  trois  provinces  basques  cis-pyrénéennes.  Rayonne,  Las- 
serre;  Paris,  Champion.  Ia-8'',  yi-568  p. 


557 

429.  Jaloustre  (Élie).  Le  Beffroi  de  Besse.  Glermont-Ferrand,  Thi- 
baud.  In-S",  36  p.  Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie  de  Glermont. 

430.  JossE  (fiector).  Biographie  de  M"<=  Rallu,  fondatrice  de  l'iiôpital 
de  Montdidicr  (1677-1741).  Discours  prononcé  en  séance  publique 
annuelle  de  la  Société  des  antiquaires  de  Picardie,  le  23  juillet  1883. 
Amiens,  impr.  Douillet.  In-8°,  18  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
des  antiquaires  de  Picardie,  t.  XXVIII. 

431.  JouRDAN  (J.-B.-E.).  La  Rochelle  historique  et  monumentale. 
Préface  de  G.  Musset.  La  Rochelle,  Siret.  In-4°,  yu-200  p.,  30  grav. 
par  Ad.  Varin. 

432.  Lagrange  (E.).  Les  Écoles  au  moyen  âge.  Bruxelles,  office  de 
publicité.  In-12,  109  p.,  gravures.  (Collection  nationale.)  60  c. 

433.  Ledeuil  (J.).  Notice  sur  Semur-en-Auxois.  Nouvelle  édition, 
ornée  de  14  dessins  à  la  plume  par  G. -H.  Daloz  et  d'un  plan.  Semur, 
Hospied,  Horry,  Millon.  In-8°,  82  p.  2  fr.  50  c. 

434.  Ledieu  (Alcius).  Archives  d'Abbeville.  Inventaire  analytique  des 
dénombrements  de  seigneuries.  Amiens,  Ilecquet;  Paris,  Picard.  In-8°, 
36  p.  Extrait  de  la  Picardie,  mars  et  avril  1884. 

435.  Lehmann  (H.).  Nameubiichlein  der  biirgerlichen  Geschlechter 
der  Stadt  Zofingen  seit  dem  Jahr  1200.  Zofingen,  Schaumburg-Olt. 
1  fr.  50  c. 

436.  Lejeune  (Théophile).  Monographies  historiques  et  archéologiques 
de  diverses  localités  du  Hainaut.  Histoire  de  la  ville  de  Binche. 
Tome  V,  l'"«  partie.  Mons,  impr.  Dequesne-Masquillier.  2  vol.  in-8% 
330,  289  p.,  3  gravures.  14  fr. 

437.  Luco  (l'abbé).  Pouillé  historique  de  l'ancien  diocèse  de  Vannes. 
Bénéfices  séculiers.  Vannes,  Galles,  l'auteur,  1884.  In-8°,  904  p.  15  fr. 

438.  Mériel  (Amédée).  Histoire  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Jean  de 
Falaise,  ordre  des  Prémontrés.  2'  édition.  Alençon,  impr.  Lepage. 
In-16,  206  p. 

439.  Michel  (Edmond'.  Petit  Guide  complet  de  l'étranger  dans  la 
ville  d'Orléans.  Orléans,  llerluison.  In-18,  61  p.,  planches. 

440.  Michel  (Edmond).  La  Ville  de  Blois  et  ses  environs.  Petit  guide 
complet  de  l'étranger.  Orléans,  Heiiuison.  In-16,  110  p.,  figures. 

441.  MoLiNiER  (C).  Guillem  Bernard  de  Gaillac  et  l'enseignement 
chez  les  dominicains  à  la  fin  du  xiii^  siècle.  Paris,  1884.  In-8',  34  p. 
Extrait  de  la  Revue  historique,  9^  année,  t.  XXV. 

442.  MoNTFORT  (J.),  architecte,  rapporteur.  Compte  rendu  des  fouilles 
faites  par  la  ville  de  Nantes  dans  le  chœur  de  la  cathédrale,  à  la  réu- 
nion des  délégués  des  sociétés  savantes  de  Paris  et  des  départements  à 


558 

la  Sorbonne  (section  d'archéologie,  16  avril  1884).  Nantes,  impr.  Forest 
et  Grimaud.  In-8%  12  p.,  5  pi.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéo- 
logique de  Nantes  et  de  la  Loire-Inférieure. 

443.  Mystère  (le)  de  saint  Eustache,  joué  en  1504  sous  la  direction  de 
B.  Ghancel,  chapelain  du  Puy-Saint-André,  près  Briançon  (Hautes- 
Alpes),  et  publié  par  l'abbé  Paul  Guillaume.  Gap,  Société  d'études  des 
Hautes-Alpes;  Paris,  Maisonneuve.  In-8°,  115  p.  Extrait  de  la  Revue 
des  langues  romanes,  3*  série,  t.  VH  et  VUI,  1882. 

■  444.  Penjon  (A.).  Gluny,  notice  sur  la  ville  et  l'abbaye.  Avec  28  des- 
sins à  la  plume  par  P.  Legrand.  2^  édition.  Gluny,  Renaud-Bressoud. 
In-8°,  180  p. 

445.  Perrfn  (André).  Catalogue  du  médaillier  de  l'Académie  de  Savoie. 
Chambéry,  impr.  Bottero.  In-8o,  278  p.,  figures,  1  planche.  (Académie 
des  sciences,  belles-lettres  et  arts  de  Savoie  :  documents,  vol.  V.) 

446.  PoQUET  (l'abbé).  Copies  des  épitaphes  de  la  famille  de  Vergeur 
dans  l'église  Saint-Hilaire  de  Reims.  Communication  faite  à  l'Acadé- 
mie nationale  de  Reims.  Reims,  impr.  Monce.  In-8'',  12  p. 

447.  Port  (Célestin).  Questions  angevines,  l'"^  série.  Angers,  Lachèse 
et  Dolbeau;  Paris,  Lechevalier.  In-18,  vm-288  p. 

448.  Prarond  (Ernest).  Topographie  historique  et  archéologique  d'Ab- 
beville.  Tome  HI  et  dernier.  Abbeville,  Prévost  ;  Paris,  Dumoulin. 
In-8°,  628  p. 

449.  PuECH  (le  D""  Albert).  Une  Ville  au  temps  jadis,  ou  Nîmes  à  la 
fin  du  xvi^  siècle,  d'après  le  compois  de  1592  et  des  documents  inédits, 
étudiés  au  point  de  vue  de  la  démographie  dans  ses  rapports  avec  l'his- 
toire. Nîmes,  Grimaud,  Gervais  Bedot,  Catélan.  In-8'',  568  p.  12  fr. 

450.  Questionnaire  archéologique,  ou  Mémento  du  touriste.  Églises 
et  châteaux.  Par  ***,  membre  de  l'Académie  de  Clermont,  de  la  Société 
française  d'archéologie,  chevalier  deSaint-Grégoire-le-Grand.  Clermont- 
Ferrand,  Ferdinand  Thibaud,  1884.  In-8»,  22  p. 

451.  Roman  (J.).  Documents  fixant  la  date  de  la  construction  des 
cathédrales  d'Embrun  et  de  Gap.  Paris.  In-8°,  19  p.  Extrait  des 
Mémoires  de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France,  t.  XLIV. 

452.  ScHLETTERER  (H.  M.).  Studieu  zur  Geschichte  der  franzôsischen 
Musik.  II.  Geschichte  der  Spielmannszunft  in  Frankreich  und  der 
Pariser  Geigerkônige.  Berlin,  R.  Damkôhler,  1884.  In-S",  152  p. 

453.  Seletti  (Emilie).  La  Città  di  Busseto,  capitale  un  tempo  dello 
Stato  Pallavicino.  Memorie  storiche.  Busseto,  il  municipio  (congrega- 
zione  di  cari  ta).  In-80,  1044  p. 

454.  Stein  (Henri).  Les  Archives  de  Maisse  (Seine-et-Oise).  Paris, 


550 

Menu.  In-S»,  18  p.  Extrait  des  Annales  de  la  Société  historique  et  archéo- 
logique du  Gâlinais. 

455.  Tableau  de  la  littérature  frivole  en  France  depuis  le  xi^  siècle 
jusqu'à  nos  jours,  ou  Musée  des  chansons  et  dos  poésies  légères  recueil- 
lies et  annotées  par  Gabriel  do  Gonet.  Livraisons  24  à  43  (fin).  Paris, 
Marpon  et  Flammarion,  Huguet  de  Gonet.  In-fol.,  p.  i-vni,  105-248, 
planches. 

456.  Ternas  (le  chevalier  Amédée  Le  Bougq  de).  Recueil  de  la 
noblesse  des  Pays-Bas,  de  Flandre  et  d'Artois.  Œuvre  posthume  publiée 
par  sa  famille.  Douai,  impr.  Dechristé.  In-4%  xn-458  p. 

457.  Tholin  (Georges).  Documents  inédits  pour  servir  à  l'histoire  de 
l'Agenais.  Dix  lettres  du  roi  de  Navarre  (Henri  IV).  Agen,  impr. 
V°  Lamy.  In-8%  21p. 

458.  Thys  (Ch.-M.-T.).  Notice  sur  le  fief  et  les  seigneurs  de  Betho- 
lez-Tongres.  Tongres,  M.  Collée.  In-8°,  31  p. 

459.  Thys  (Ch.-M.-T.).  Quelques  Notes  sur  la  recluserio  de  Saint- 
Jean,  à  Tongres.  Tongres,  M.  Collée.  In-8'',  22  p.  50  c. 

460.  ToLR.\  DE  BoRD.\s  (Mgr  Joseph).  L'Ordre  de  Saint-François- 
d'Assise  en  Roussillon.  Fragments  et  récits  sur  l'histoire  ecclésiastique 
du  diocèse  d'Elne.  Perpignan,  Latrobe;  Paris,  Palmé.  In-18,  vn-553  p. 

461.  TouGARD  (l'abbé  A.).  Essai  sur  l'hagiographie  légendaire  du  dio- 
cèse de  Rouen.  Dieppe,  impr.  Leprêtre.  In-S",  16  p. 

462.  Vagcarone  (L.).  Le  Vie  délie  Alpi  occidentali  negli  antichi 
tempi.  Richerche  e  studii  pubblicati  su  documenti  inediti.  Torino, 
Gandelletti.  In-8°,  140  p. 

463.  VuLLiEMiN  (L.).  Le  Canton  de  Vaud.  Tableau  de  ses  aspects,  de 
son  histoire,  de  son  administration  et  de  ses  mœurs.  3*^  édition,  entiè- 
rement revue.  Lausanne,  Bridel.  In-12,  avec  3  gravures. 


CHRONIQUE  ET  MELANGES. 


—  Par  arrêté  du  17  septembre,  notre  confrère  M.  Prou  a  été  nommé 
membre  de  l'École  française  de  Rome  pour  l'année  scolaire  1884-1885. 

—  Sur  la  liste  des  agrégés  d'histoire  et  de  géographie,  nommés  par 
arrêté  du  30  septembre,  figurent,  avec  les  numéros  d'ordre  suivants,  trois 
élèves  ou  anciens  élèves  de  l'École  des  chartes  : 

MM. 
1 .  Langlois  (Charles-Victor)  ; 
7.  Salone  (Emile- Auguste)  ; 
15.  Gaillard  (Joseph-Henri). 

—  Notre  confrère  M.  Henri  Hervieu  a  donné  sa  démission  des  fonc- 
tions de  sous-préfet  d'Avallon. 

—  Les  journaux  de  Belgique  ont  récemment  annoncé  la  mort  de 
M.  Pinchart,  chef  de  section  aux  Archives  du  royaume,  à  Bruxelles. 
L'un  des  derniers  travaux  de  cet  estimable  archiviste  a  porté  sur  des 
lettres  missives  du  xiv*  siècle,  qu'il  avait  bien  voulu  communiquer  à 
la  Bibliotlièque  de  l'École  des  chartes,  et  qui  ont  paru  dans  le  présent 
volume,  p.  73  et  suivantes. 

DONATION  FAITE  A  LA  BIBLIOTHÈQUE  NATIONALE 

PAR    LA    FAMILLE    DE   BaSTARD    d'EsTANG^ 

Il  y  a  bientôt  un  demi-siècle,  le  comte  Auguste  de  Bastard  d'Estang 
réussit  à  faire  partager  à  plusieurs  ministres  de  l'intérieur  et  de  l'ins- 
truction publique  le  goût  passionné  qu'il  avait  conçu  pour  l'art  du 
moyen  âge.  Il  leur  fit  agréer  le  plan  d'un  ouvrage  intitulé  :  Peintures  et 
Ornements  des  manuscrits,  dans  lequel  devaient  être  groupés,  suivant  un 
ordre  méthodique,  les  plus  curieux  exemples  de  la  calligraphie  et  de  la 
peinture  appliquée  à  la  décoration  des  livres.  Rien  ne  devait  être  épar- 
gné pour  atteindre  un  degré  de  perfection  et  de  fidélité  auquel  on  n'était 
encore  arrivé  dans  aucun  pays.  Une  longue  préparation  avait  permis  de 

1.  La  note  suivante  a  paru  dans  le  Bulletin  des  Bibliothèques  et  des  Archives, 
publié  sous  les  auspices  du  ministère  de  l'instruction  publique,  année  1884,  n°  2. 


56^ 

choisir  les  types  les  plus  caractéristiques  de  chaque  siècle  et  de  chaque 
école.  Des  ateliers  spéciaux  avaient  été  ouverts  à  grands  frais  pour  for- 
mer et  faire  travailler  d'habiles  artistes  auxquels  était  confiée  la  repro- 
duction de  pages  empruntées  aux  plus  célèbres  et  aux  plus  splondides 
manuscrits  des  bibliothèques  de  la  France  et  même  de  l'étranger.  Tout 
semblait  admirablement  combiné  pour  assurer  l'exécution  d'un  recueil 
où  l'on  aurait  suivi,  comme  sur  les  monuments  originaux  eux-mêmes, 
les  vicissitudes  de  la  peinture  depuis  l'antiquité  jusqu'aux  temps 
modernes.  L'auteur  ne  s'était  trompé  que  sur  un  point  :  il  n'avait  ni 
mesuré  l'étendue  de  l'ouvrage,  ni  calculé  les  dépenses  qu'il  devait 
entraîner.  Quoiqu'il  se  fût  imposé  d'énormes  sacrifices  et  qu'il  eût  reçu 
du  gouvernement  une  très  large  subvention,  il  dut,  vers  1848,  sinon 
s'arrêter,  du  moins  ralentir  sa  marche,  avant  d'avoir  rempli  la  moitié 
du  programme  qu'il  s'était  tracé.  Il  avait  dès  lors  distribué  20  livraisons, 
chacune  de  8  planches,  dont  60  exemplaires  avaient  été  souscrits  par  le 
gouvernement.  A  ces  20  livraisons  est  venu,  dans  ces  derniers  temps, 
s'ajouter  un  complément  d'une  soixantaine  de  planches.  Les  exemplaires 
réguliers  de  ce  que  nous  appelons  l'édition  française  des  Peintures  et 
Ornements  des  manuscrits  se  composent  donc  des  20  livraisons  distri- 
buées avant  1848  et  du  complément  qui  ne  devait  voir  le  jour  qu'envi- 
ron trente  années  plus  tard,  et  qui  manque  encore  aujourd'hui  dans  la 
plupart  des  bibliothèques  auxquelles  l'ouvrage  a  jadis  été  concédé. 

En  dehors  des  220  planches  ou  environ  qui  composent  l'édition  fran- 
çaise, M.  le  comte  de  Bastard  d'Estang  avait  préparé  et  commencé  un 
grand  nombre  de  reproductions  dont  beaucoup  sont  restées  à  l'état 
d'épreuves  plus  ou  moins  avancées,  mais  dont  plusieurs  ont  pu  être 
achevées  et  ont  servi  à  former  quelques  exemplaires  d'une  édition  des- 
tinée aux  gouvernements  étrangers. 

Grâce  aux  libéralités  de  l'auteur  et  à  celle  de  sa  veuve.  M""!  la  com- 
tesse de  Bastard  d'Estang,  la  Bibliothèque  nationale  possédait  un 
exemplaire  des  Peintures  et  Ornements  des  manuscrits,  dans  lequel  nous 
avions  réuni  aux  planches  de  l'édition  française  et  à  celles  de  l'édition 
des  gouvernements  étrangers  un  certain  nombre  de  planches  inédites. 
Nous  en  avions  formé  ui  recueil  dont  l'équivalent  n'existait  dans  aucune 
bibliothèque  publique  de  l'Europe  et  que  nous  étions  fiers  de  posséder. 

Par  le  choix  et  par  le  nombre  des  pièces,  notre  exemplaire  ne  le 
cédait  qu'à  un  seul,  celui  que  l'auteur  avait  constitué  pour  son  fils,  en 
y  faisant  entrer  non  seulement  toutes  les  feuilles  qu'il  avait  publiées  et 
dont  il  avait  conservé  des  épreuves  en  divers  états,  mais  encore  beau- 
coup de  planches  inédites,  dont  il  n'avait  été  parfois  tiré  qu'un  ou  deux 
exemplaires,  et  même  des  modèles  qui  n'avaient  jamais  été  mis  sur 
pierre. 

A  la  mort  de  l'auteur,  arrivée  en  1883,  l'exemplaire  dont  la  composi- 
tion vient  d'être  indiquée  échut  à  son  fils,  le  général  comte  Octave  de 


362 

Bastard  d'Estang,  qui,  à  tous  égards,  était  digne  de  posséder  un  tel  tré- 
sor. Il  savait  que  l'œuvre  de  son  père  était  un  titre  de  gloire  pour  une 
famille  dans  laquelle  le  culte  des  lettres  et  des  arts  est  inné  comme  le 
courage  militaire,  et  il  se  flattait  de  pouvoir  un  jour  charmer  les  loisirs 
de  sa  vieillesse  en  étudiant  les  peintures  au  milieu  desquelles  il  avait 
passé  toutes  les  années  de  son  enfance  et  de  sa  jeunesse.  Ce  rêve  et  bien 
d'autres  espérances  ont  été  anéantis  par  le  fatal  événement  qui,  le 
13  mai  dernier,  nous  a  enlevé  le  général  de  Bastard  d'Estang,  à  peine 
âgé  de  cinquante-trois  ans.  Sa  veuve,  M™^  la  comtesse  de  Bastard  d'Estang, 
née  Savary  de  Lancosme,  a  pensé  que  la  Bibliothèque  nationale  accepte- 
rait avec  un  pieux  empressement  la  mission  de  conserver  un  ouvrage  qui 
a  fait  tant  d'honneur  à  son  beau-père,  auquel  son  mari  attachait  tant 
d'importance,  et  qui  restera  l'un  des  monuments  les  plus  durables  et  les 
plus  somptueux  qu'un  particulier  ait  jamais  élevés  à  l'art  de  son  pays. 
Elle  nous  a  donc  offert  douze  grands  volumes,  soigneusement  reliés, 
qui  représentent  la  forme  la  plus  parfaite  des  Peintures  et  Ornements  des 
manuscrits.  C'est  là,  et  là  seulement,  qu'on  peut  mesurer  l'étendue  des 
plans  conçus  par  le  comte  A.  de  Bastard  d'Estang,  et  apprécier  les  ser- 
vices qu'il  a  rendus  et  qu'il  se  proposait  de  rendre  à  la  science.  On  n'en 
aurait  qu'une  idée  très  insuffisante,  si  l'on  n'avait  sous  les  yeux  que 
les  exemplaires  précédemment  possédés  parles  bibliothèques  publiques. 

En  effet,  dans  les  exemplaires  ordinaires,  on  ne  peut  guère  étudier 
que  des  peintures  empruntées  à  des  manuscrits  d'origine  française.  Mais 
trois  des  volumes  donnés  par  M™^  la  comtesse  de  Bastard  d'Estang  sont 
consacrés  à  des  manuscrits  de  nationalités  étrangères  :  on  y  voit  quelle 
place  l'auteur  avait  réservée  dans  ses  vastes  projets  aux  livres  peints  de 
l'empire  byzantin,  de  l'Italie,  de  l'Allemagne,  des  Pays-Bas,  de  l'Angle- 
terre, et  même  de  l'Orient. 

Ces  séries  n'auraient  été  ni  moins  riches,  ni  moins  intéressantes  que 
la  série  française.  Un  seul  exemple  montrera  quelle  en  est  la  valeur. 

L'une  des  pertes  les  plus  regrettables  que  nous  ayons  faites  dans  l'in- 
cendie de  la  bibliothèque  de  Strasbourg  a  porté  sur  le  manuscrit  de 
Herrade  de  Landsberg,  le  fameux  Hortus  deliciarum,  l'un  des  plus  éton- 
nants monuments  de  l'art  du  xn«  siècle.  M.  le  comte  de  Bastard 
d'Estang,  qui  l'avait  gardé  pendant  plus  de  dix  ans  dans  son  cabinet  à 
Paris,  en  avait  fait  reproduire  les  principales  peintures  par  des  artistes 
qui,  sous  sa  direction,  s'étaient  approprié  l'esprit  et  les  procédés  des 
dessinateurs  et  des  enlumineurs  du  moyen  âge.  Pour  25  grands  sujets 
de  l'encyclopédie  de  Herrade,  ils  nous  ont  laissé  des  fac-similés  peints  qui 
remplissent  la  première  partie  du  tome  XI  du  grand  exemplaire  des 
Peintures  des  manuscrits  et  qui,  infiniment  supérieurs  aux  gravures 
d'Engelhardt  et  aux  héliographies  du  chanoine  Straub,  font  revivre  dans 
tout  leur  éclat  plusieurs  feuillets  du  merveilleux  volume  anéanti  par  le 
bombardement  de  1870. 


503 

Le  don  de  cet  incomparable  exemplaire  des  Peintures  et  Ornements  des 
manuscrits  n'est  pas,  à  beaucoup  près,  le  seul  bienfait  dont  la  Biblio- 
thèque nationale  soit  redevable  à  la  famille  de  Bastard  d'Estang.  Nous 
lui  devons  encore  une  grande  collection  de  volumes  et  de  portefeuilles, 
dans  lesquels  le  comte  Aug.  de  Bastard,  on  vue  de  ses  travaux  archéo- 
logiques, avait  entassé  des  matériaux  et  surtout  des  calques,  qu'il  est 
fort  instructif  de  trouver  ainsi  groupés,  et  dont  beaucoup  ont  été  puisés 
à  des  sources  d'un  accès  très  difficile.  Nous  lui  devons  aussi  une  collec- 
tion d'environ  1,300  chartes  originales,  écrites  sur  parchemin,  dont  la 
plupart  nous  révèlent  de  curieuses  particularités  sur  notre  histoire, 
principalement  au  xiv^  et  au  xv'  siècle. 

Un  catalogue  raisonné  des  richesses  qui  sont  ainsi  venues  accroître 
notre  domaine  littéraire  et  artistique  ne  tardera  pas  à  être  publié. 
Mais  il  importait  de  signaler,  au  moment  même  où  il  s'est  accompli, 
un  grand  acte  de  libéralité  qui  assure  à  la  famille  de  Bastard  d'Estang 
une  des  premières  places  parmi  les  bienfaiteurs  de  la  Bibliothèque 
Uvitionale. 

L.  Delisle. 


RESTAURATION  D'UN  MANUSCRIT   DE   LAGTANGE 

AU  xn«  siècle. 

Au  cours  d'une  étude  qu'il  vient  de  faire  des  manuscrits  de  Lactance 
de  la  Bibliothèque  nationale,  M.  le  professeur  Samuel  Brandt,  de  Ilei- 
delberg,  a  bien  voulu  me  signaler  quelques  particularités  que  présente 
le  manuscrit  latin  1663.  Il  ne  sera  peut-être  pas  sans  intérêt  de  les 
consigner  ici. 

Ce  manuscrit  des  Institutions  divines  de  Lactance,  copié  au  ix^  siècle, 
a  fait  autrefois  partie  de  la  célèbre  bibliothèque  de  Saint-Benoît-sur- 
Loire;  en  haut  du  fol.  2,  on  lit  l'ex-libris  en  lettres  capitales  :  Liber 
brati  Benedicli  abb.  Floriacensis  monasteriî.  Au  xu°  siècle,  le  manuscrit 
avait  perdu  quelques  feuillets  :  le  bibliothécaire  de  l'abbaye,  Julien, 
entreprit  de  le  faire  re  taurer.  Les  exemplaires  de  Lactance  étant  peu 
communs,  il  dut  s'adresser  à  l'abbaye  de  Plainpied,  au  diocèse  de 
Bourges,  pour  trouver  le  volume  sur  lequel  furent  copiés  les  feuillets  56-59 
du  manuscrit.  A  la  fin  de  ces  quatre  feuillets,  une  demi-page  restait 
inoccupée;  le  bibliothécaire  en  a  profité  pour  nous  faire  connaître  les 
détails  de  cette  restauration  et  nous  laisser  le  souvenir  d'une  acquisition 
qu'il  avait  faite,  sans  doute  vers  la  môme  époque,  au  plus  grand  profit 
de  son  prieuré  de  Gcrmigny  : 

«  Ego  Julianus  armarius  cum  hec  quatuor  folia  deessent  quesivi  ea 
multis  in  locis,  et  quia  liber  hic  raro  invenitur  vix  tandem  repperi  in 
monasterio  clericoram  prope  Bituricas,  quod  Plani  Pedes  dicitur. 


564 

«  Anno  ab  incarnatione  Domini  M.  G.  XLVIII.  émit  frater  Julianus, 
monachus  Germiniaci,  sex  et  c.  solidis  a  Fulcuiso,  fratre  Gilonis 
majoris  ejusdem  ville,  aquam  totam  et  sedem  rnolendini  qucç  juris  ejus 
erat.  Ut  igitiir  contractus  hujns  memoria  perhennet  et  posteris  inno- 
tescat,  presenti  cartule  rei  geste  séries  maudetur.  Predictus  itaque  Pul- 
cuisus  predicto  fratri  Juliano  predictam  aquam  et  sedem  molendina- 
riam  prope  Moncellum  sine  uUa  retentione  vendidit  precio  pretaxato, 
laudantibus  uxore  sua  Tescia  et  duobus  filiis  suis  Adam  et  Eustachio, 
présente  pariter  et  laudante  Gilone  majore  et  uxore  sua  Emeniarde  ad 
cujus  feodum  aqua  et  sedes  rnolendini  quse  venibat  pertinebat.  Limitatur 
autem  aqua  a  superiore  parte  vado  Moncelli  et  ab  inferiore  rivo  Gui- 
nantii.  Sic  autem  Fulcuisus  et  majores  ejus  aquam  determinatam  libère 
possederant  ut  nemo  infra  terminos  prefatos  pro  captura  piscium,  quas 
vulgo  combras  vel  braccas  yocant,  construere  eis  nolentibus  invitisque 
presumeret.  Actum  est  hoc  Germiniaci  in  domo  prioris,  presentibus  et 
videntibus  testibus  subnotatis  :  Johanne  filio  Ulrici  de  Cultura,  Hugo- 
lino  et  Hugello  fratribus,  Rainando  de  Vadis  et  Theobaudo  fratribus, 
Viviano,  Martello,  Arnulfo  de  Moncello,  Theobaudo  fabro  lignario, 
Guarnerio  de  Cruce,  Rainardo  clerico  de  Arcula,  Bono  Amico  de  Castro 
noYO,  Uldemaro  de  Meisnils,  Simone  filio  Gunterii.  Notandumque  quod 
in  capitulum  Fulcuisus  et  Gilo  major  venientes  predictam  venditionem 
confirmarunt  coram  conventu.  » 

Le  nom  de  Julien,  bibliothécaire  de  Saint-Benoît,  doit  aussi  être  ins- 
crit sur  les  listes  d'hellénistes  du  moyen  âge;  quelques-unes  des  cita- 
tions grecques  de  Lactance  sont  en  effet  accompagnées,  en  marge,  d'une 
traduction  latine  de  sa  main  (voyez  notamment  fol.  99  v»  et  100  v°). 

Une  autre  particularité  non  moins  curieuse  de  ce  manuscrit  est  la 

présence  d'une  notation  stichomjtrique  pour  les  livres  IV  et  VI  des 

Institutions  divines  de  Lactance  ;  l'une,  celle  du  livre  IV,  est  répétée  au 

commencement  et  à  la  fin  de  ce  livre;  fol.  94  v"  :  «  Inczprt  liber  IIII. 

de  vera  religione  et  sapientia.  Yersus  numéro  ii.  dcgc.  »  —  Fol.  132. 

«  Gaeli  Firmiani  Institutionum  divinarura  liber  IIII.  expUcit.  Yei^siis 

numéro  n.  dcgc.  Incipit  liber  V.  de  justitia.  »  —La  notation  stichomé- 

trique  du  livre  VI,  dont  la  fin  manque  dans  le  manuscrit,  se  trouve 

aussi  au  commencement  de  ce  livre;  fol.  168  :  «  L.  Gaelii  Firmiani 

Institutionum  divinarum  liber  V.  de  justitia  explicit.  Induit  liber  VI. 

de  vero  cultu.  Vertus  numéro  ii.  n.  » 

H.  O. 

VOYAGE  DE  NICOLAS  LOUPVANT  EN  TERRE  SAINTE. 

Dans  le  précédent  volume  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes 
(t.  XLIV,  p.  262),  nous  avons  publié  une  note  de  M.  E.  Génin  sur  un 
manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Saint-Mihiel,  qui  contient  la  relation 


565 

du  voyage  de  Nicolas  Loupvant  on  terre  sainte,  de  l'année  1531.  Un 
bel  exemplaire  de  la  même  relation  se  conserve  au  château  de  Menne- 
val  (Eure),  chez  M.  le  comte  Dauger,  qui  a  bien  voulu  le  communiquer 
à  M.  Emile  Travers.  Voici  les  notes  que  notre  confrère  a  prises  sur  cet 
intéressant  volume. 

C'est  un  manuscrit  sur  papier,  d'une  belle  et  assez  large  écriture  du 
milieu  du  xvi^  siècle,  à  longues  lignes.  Chaque  page  a  35  lignes.  Hau- 
teur, compris  les  marges,  0™42  ;  largeur  0'"28. 

5  feuillets  non  numérotés,  200  numérotés.  Le  texte  finit  au  bas  du 
recto  du  fol.  200. 

Ce  manuscrit  est  très  soigné.  Il  a  appartenu  au  collège  des  Jésuites 
de  Nancy.  —  Reliure  en  bois  recouvert  de  cuir  à  filets  et  comparti- 
ments en  losange. 

he  style  et  l'orthographe  annoncent  le  dialecte  lorrain. 

Il  semble  que  le  ms.  de  M.  Dauger  a  été  préparé  pour  l'impression, 
ou  du  moins  copié  sur  un  texte  préparé  à  cet  effet,  car  on  y  trouve  des 
pièces  de  vers  préliminaires,  des  dédicaces,  une  préface,  une  table,  etc. 

Titre  mis  en  tête  du  volume  :  «  Le  Yoyaige  Itinaire  (sic)  et  transma- 
rin de  la  saincte  cité  de  Jherusalem  avec  la  description  et  protraction 
daucuns  lieux,  portz,  cités  et  aultres  passaiges  faict  lan  mil  cinq  centz 
trente  et  ung.  Par  Domp  Nicol  Loupuent,  religieux  et  trésorier  en  lab- 
baye  et  monaster  mons""  sainct  Michiel  de  Sainctmihiel  de  lordre  sainct 
Benoit  ou  dioc.  de  Verdun.  » 

A  la  suite,  ces  deux  pièces  de  vers  : 

Stephani  démentis  ad  lectorem  hexastichon. 
Qui  cupis  ad  Solimam  faciles  deilectere  gressus, 

Perlege  Nicoleos,  candide  lector,  opus. 
Hoc  tibi  difllclles  terre  inariunique  recessus 

Explicat,  et  qua  sit  lutius  ire  via. 
Cave  igitur  seno  corrodere  dente  libellum 

Conimoda  qui  nostro  noiiiine  tanta  parai. 
Eiusdem  ad  librum  disUchon. 
I  liber  et  saevos  nebulonum  sperne  iatratus  : 

Vix  mordel  sofitus  sepe  latrare  canis. 

Au  revers  du  tiire,  la  pièce  de  vers  qui  suit  : 

Qui  loca  sacra  cupit  Solimorum  nosse  legendo. 
Qui  mare,  qui  terras,  jduraque  niulla  petit, 

Ardua  qui  veleri  queril  que  lege  feranlur, 
Mystica  qui  legis  vult  loca  scirc  nova, 

Denique  qui  varias  rerum  optât  nosse  liguras, 
Me  légat  et  voti  non  maie  coinpos  erit. 

Une  table  alphabétique  remplit  ensuite  quatre  feuillets  non  numé- 
rotés :  «  Table  generalle  des  dictons  et  vocables  contenuz  en  ce  présent 

37 


366 

livre  et  vont  selon  lordre  de  lalphabett  et  par  nombre  de  feuliez,  comme 
sansuyt.  » 

Après  la  table  est  placée  une  carte  de  la  terre  sainte,  partie  nord. 

Sur  le  fol.  1,  épitre  dédicatoire  :  «  Incorruptissimo  juris  administra- 
tori  Nicolao  Gervais,  Jodocus  Ilsle,  physicus  Silvanus,  salutem.  Gum 

agitarem  mecum modo  hune  in  te  probaveris  animum  et  libri  sus- 

ceperis  defensionem.  Vale.  Ex  sanctissima  Golonia,  duodecimo  kalendas 
Augusti.  » 

Fol.  2.  «  loannes  Garaericus  Suessionensem  preceptorem  magistrum 
Glaudium  Despaite,  archidiaconum  Belvacensem,  virum  extra  omnem 
theologorum  aleam  positum  proxime  vero  doctoratus  laurea  decoran- 
dum  salutat.  Gum  tua  in  me  coUata  bénéficia...  » 

Fol.  3.  «  Generosissimo  Michaelicc  domus  apud  Samiellum  (sic)  pre- 
tori  Claudio  a  Francellis  Stephanus  Clément,  salutem.  Sepe  multumque 

mecum  animo  perpendens Ex  oppido  nostro  Samiellano  quarto  calen- 

das  Novembris.  » 

Fol.  4.  «  Prologue  et  introduction  du  livre.  A  l'honneur,  gloire 
et  louange  du  Saulveur  et  rédempteur  Jésus...  »  —  Fol.  4  v°.  «  ...  Je 
me  suis  ozé  et  enhardy  entremettre  rédiger  chascun  jour  au  soir  par 
escript  ce  que  de  jour  javoie  veu  digne  destre  recité  escript  et  narré  en 
faisant  ung  codicile  et  registre  véritable  commençant  icelluy  voyaige 
depuis  la  ville  mons""  sainct  Nicolas  en  Lhoraine  jusque  au  lieu  de  la 
cité  saincte  de  Hierusalem  tant  en  allant  comme  au  retour  dicelle 
jusqua  la  noble  opuUante  et  riche  cité  de  Venise...  » 

Fol.  4  v°.  «  Saulconduict  (sic)  et  passeport  de  nostre  souverain  sei- 
gneur Mons»"  le  duc  de  Lorrainne.  »  Pièce  en  latin  en  faveur  de  «  Nicolaus 
Lupentius,  abbatie  divi  Michaelis  de  Samiello,  Virdunensis  diocesis, 
religiosus  ac  thesaurarius,  Bertrandus  de  Gondeys,  Glivienti  dominus, 
Karolus  de  Gondeys,  presidii  corporis  nostri  sagittarius  equestris,  Desi- 
derius  Le  Dart,  Pontis  Montionis  questor...  Datum  in  arce  nostra  Bar- 
rensi.  »  14  avril  1531. 

Fol.  5  v°.  «  Gy  commence  le  livre  du  voyaige  itinaire  transmarin... 
—  Pour  la  calaudation,  gloire  et  louange  de  nostre  doulx  Saulveur 
Jésus...  — Nous  cy  après  dénommés  et  escriptz,  assavoir  noble  homme 
Charles  de  Gondé  sur  Moezelle,  capitainne  et  chastelain  dudict  lieu, 
Didier  Le  Dart,  nationné  de  Courouvre  en  Barroys,  recepveur  générale 
de  la  ville  et  cité  du  Pont  à  Mousson,  et  je,  Domp  Nicol  Loupvent,  reli- 
gieux et  trésorier  en  labbaye  et  monaster  mons""  sainct  Michiel  de 
Sainctmihiel,  auteur  de  ce  présent  traicté...  » 

Les  susdits  voyageurs  partent  de  Saint-Nicolas,  en  Lorraine,  le  mardi 
9  mai  1531.  Ils  arrivent  à  Lunainville  (Lunéville)  et  y  trouvent  leur 
compagnon  Bertrand  de  Gondé,  seigneur  de  Gluvent. — Détails  curieux 
et  pittoresques  sur  la  route,  les  villes  traversées,  les  hôtelleries,  etc.  — 
Stras])ourg.  —  Stolhoffen.  —  Rastath.  —  Esslinguen.  —  Languestain- 


567 

bourg.  —  Ulm.  —  Haunbourg.  —  Ils  continuent  leur  route  par  l'Alle- 
magne du  Sud.  —  Fol.  12.  «  ...  Bien  tost  apprès  appansusmes  en  bas  le 

villaige  de  Lcuego quest  commencement  de  Lombardie En  ces- 

tuy  logis  où  nous  estions  logiés  trouvasmes  la  marqueture  et  sina- 
ture  de  noble  baron  Claude  de  Haussonville,  quil  auoyt  escript  dun 
charbon  contre  une  paroy...  »  — •  Trévise.  —  Les  voyageurs  s'em- 
barquent pour  Venise.  —  Fol.  13  v.  Contrat  (en  latin)  entre  «  nobilis 
et  generosus  vir  Dominus  Johannes  Dalphin,  particeps  navis  patroni- 
zate  vocate  Sancta  Maria,  »  et  les  pèlerins.  Jean  Dalphin  s'engage 
à  faire  partir  le  navire  le  9  juin,  sous  contrainte  de  1,000  ducats. 
Il  ne  doit  s'arrêter  qu'à  Rubium,  Zacinte,  la  Crète,  Chypre  et  JalTa, 
deux  ou  trois  jours  dans  chaque  port  et  treize  jours  pour  charger  à 
Jaffa.  Il  doit  procurer  un  sauf-conduit  des  Infidèles  pour  les  pèlerins. 
—  Stipulations  pour  la  nourriture  à  bord  et  en  terre  sainte.  L'armateur 
s'engage  à  fournir  des  ânes  pour  aller  à  Jérusalem.  Il  doit  emmener  un 
médecin,  etc.,  et  fournir  des  barques  pour  aller  à  terre  pendant  les 
relâches.  Les  pèlerins  s'engagent  à  payer  52  ducats  en  or  «  de  Cecha 
Venetie,  »  moitié  avant  de  partir,  moitié  avant  de  débarquer  à  Jaffa. 

Fol.  15.  Description  de  Venise.  —  Fol.  18.  «  Déclaration  de  la 
procession  faicte  à  Venise  le  jour  du  sainct  Sacrement,  lan  1531.  »  — 
La  description  de  Venise,  et  surtout  de  FEtàt  de  Venise,  se  termine  au 
fol.  84  V». 

Fol.  84  v°.  Le  jeudi  15  juin,  les  pèlerins  voyant  que  le  patron  n'exé- 
cutait pas  sa  promesse,  «  ung  gentilhomme  pellerin,  nationné  de  Paris, 
nommé  messir  Ogier  Le  Dannoys,  lissenciez  en  loys,  très  expert  et 

scientifique,  fict  vnge  (sic)  supplication  eu  latin et  la  présenta  au 

duc  de  Venize.  » 

Fol.  86  r°.  Le  mercredi  matin,  21  juin,  départ.  —  Détails  sur  la 
navigation.  Anecdotes  et  détails  de  mœurs  très  curieux. 

Fol.  87  v°.  Vue  de  Rubine.  —  Fol.  89.  Vue  de  Pola.  —  Fol.  94  w 
Vue  d'Otrante.  —  Fol.  98.  Vue  de  Zacinte.  —  Fol.  99.  Carte  du  Pélo- 
ponèse.  —  Fol.  109.  Vue  de  Candie  et  carte  de  la  Crète.  —  Fol.  112  v°. 
Vue  de  Rhodes.  —  Fol.  121.  Vue  de  Rama  et  du  port  de  Jaffe.  — 
Fol.  138.  Plan  de  l'église  du  Saint-Sépulcre.  —  Fol.  147.  Vue  cavalière 
des  environs  de  Jérusalem.  —  Fol.  155  v°.  Vue  de  Jérusalem. 

Fol.  181.  A  «  Famacost,  »  au  retour,...  Mons""  le  baron  Claude  Haus- 
sonville y  estoit  premier  que  nous,  nous  receupt  joyeusement  en  son 
logis  du  Voyle  de  mer  chien  Morgant;  auquel  lieu  nous  fîmes  la  chiere 
gros  comme  le  bras,  ayant  vin  et  viande  exquise.  »  —  Les  voyageurs 
reviennent  par  la  Grèce. 

Fol.  185.  Carte  de  Chypre.  —  Fol.  188.  Vue  de  Modon.  —  Fol.  190  v°. 
Vue  de  Corfou. 

Fol.  194  v°.  «  Cy  finist  le  voyage  transmarin  de  la  saincte  cité  de 

Hierusalem,  faict  et  composé  par  religieuse  personne  Domp  Nicol  Loup- 


368 

vent,  estant  pour  Ihors  dud.  voyaige  tesaurier  claustrale  en  labbaye  et 
monaster  mons'  sainct  Michiel  de  Sainctmihiel,  ordre  de  saint  Benoit, 
ou  diocèse  de  Verdun,  lequel  voyaige  fust  perfaict  et  achevé  en  temps 
que  ledict  tresaurier  fust  constitué  par  vraye  élection  spirituelle  grand 
prieur  claustré  dudict  monaster,  que  fust  le  xviij  jour  de  may  1543.  » 

Fol.  195.  «  Sensuivent  aucunes  instructions  et  enseignementz  icy 
mis  par  manière  dadvertissement  aux  pellerins  devotz  quilz  vouldront 
entreprandre  voyagier  oultre  mer  en  la  saincte  terre  de  promission  et 
en  Hierusalem.  »  —  Indication  des  objets  dont  ils  peuvent  se  munir; 
auberges  qu'ils  peuvent  fréquenter.  Curieux  conseils  temporels  et  spi- 
rituels. 

Fol.  198.  «  La  pérégrination  de  Jesucrist,  luy  estant  en  ce  monde, 
selon  Ihistoire  evangelicque.  » 

Fol.  199  v°.  «  La  pérégrination  de  saint  Pierre,  apostre  de  nostre 
Saulveur  Jésus.  » 


SOCIÉTÉ  DES  ANCIENS  TEXTES  FRANÇAIS. 

ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE 

Tenue  à  la  Bibliothèque  nationale  (salle  du  cours  d'archéologie), 
le  2  mai  1884. 

DISCOURS  DE  M.  G.   PARIS,  VICE-PRÉSIDENT. 

Messieurs, 
Je  dois  commencer  par  vous  présenter  les  excuses  du  Conseil  et  les 
miennes  pour  l'irrégularité  qui  s'est  introduite  dans  la  tenue  de  nos 
assemblées  générales.  D'après  nos  statuts,  il  doit  y  avoir  une  assemblée 
générale  chaque  année.  Les  premières  années,  cette  assemblée  s'est 
tenue  au  mois  de  mai  ou  juin;  en  1880,  on  l'a  remise  au  mois  de 
décembre,  et  il  en  a  été  de  même  en  1881  et  en  1882.  Au  mois  de 
décembre  dernier,  différentes  circonstances  nous  ont  déterminé  à  l'ajour- 
ner, et,  en  reprenant  cette  fois  l'ancienne  date  du  mois  de  mai,  nous 
avons  en  fait  supprimé  l'assemblée  qui  aurait  dû  avoir  lieu  en  1883.  Il 
en  résulte  que  votre  Bureau  et  votre  Conseil  ont,  de  leur  propre  auto- 
rité, prolongé  leurs  pouvoirs  au  delà  du  terme  pour  lequel  vous  les  leur 
aviez  conférés.  Gela  est  grave  surtout  pour  le  président,  qui  ne  peut 
être  réélu  ;  quant  aux  membres  du  Bureau  et  du  Conseil,  vous  pouvez 
leur  exprimer  votre  mécontentement  en  ne  les  renommant  pas;  vous 
pouvez  aussi,  par  vos  suffrages,  leur  accorder  un  bill  d'indemnité  sur 
lequel  ils  ont  la  présomption,  connaissant  votre  indulgence,  de  compter 
un  peu,  mais  qu'ils  ne  sauraient  mériter  qu'en  reconnaissant  publique- 


ment  qu'ils  en  ont  besoin.  Nous  espérons  qu'une  pareille  dérogation 
aux  statuts  ne  se  produira  plus  ;  elle  était  excusée  cette  année  par  le 
désir  de  ne  vous  réunir  qu'après  avoir  complété,  autant  que  possible, 
sinon  l'exercice  de  1883,  au  moins  les  exercices  de  1881  et  1882,  qui 
étaient  encore  en  souffrance,  dont  le  second  est  maintenant  en  ordre, 
dont  le  premier  ne  tardera  pas  à  l'être. 

Nous  continuons,  en  effet,  à  rencontrer  dans  l'accomplissement  de 
notre  tâche  les  difficultés  dont  nous  vous  avons  déjà  plus  d'une  fois 
entretenus.  Le  nombre  de  nos  éditeurs  est  trop  restreint,  et  la  conscience 
qu'ils  apportent  à  l'exécution  de  leurs  travaux  les  leur  fait  trop  souvent 
traîner  en  longueur.  Il  en  résulte  que  les  volumes  afférents  à  chaque 
exercice  ne  sont  pas  terminés  dans  les  délais  voulus  ;  de  là  toutes  sortes 
d'inconvénients,  que  vos  mandataires  ressentent  plus  vivement  que 
personne,  mais  qui  nuisent  à  la  bonne  renommée,  à  la  prospérité  et  au 
recrutement  de  la  Société.  Cependant,  je  suis  heureux  de  le  dire,  l'ave- 
nir s'annonce  bien  et  les  temps  les  plus  difficiles  semblent  passés.  Plu- 
sieurs publications  commencées  nous  permettent  d'espérer  avec  une 
grande  confiance  que  nos  trois  volumes  annuels  pourront  désormais 
vous  être  distribués  régulièrement.  Notre  souhait  le  plus  ardent  est 
d'en  augmenter  le  nombre  ;  pour  cela,  il  nous  faut  votre  plus  active 
collaboration,  pour  la  propagande  d'abord,  et  aussi,  autant  que  possible, 
pour  le  travail.  Plus  nous  aurons  de  membres,  plus  nous  aurons  de 
ressources,  plus  aussi  il  y  aura  de  chances  pour  qu'il  s'en  trouve  parmi 
eux  qui  ne  se  contentent  pas  de  nous  aider  de  leur  cotisation,  mais  qui 
partagent  avec  leurs  anciens  le  labeur  effectif  auquel  ceux-ci  ont  peine 
à  suffire  et  qu'ils  auraient  surtout  peine  à  accroître. 

Le  recrutement  constant  de  la  Société,  tel  doit  être  le  but  de  tous  nos 
efforts.  Il  n'est  pas  arrêté  heureusement,  mais  il  ne  progresse  que  len- 
tement. Depuis  notre  dernière  réunion,  il  y  a  dix-sept  mois,  nous  avons 
admis  treize  nouveaux  membres,  dont  un  membre  fondateur,  quatre 
membres  perpétuels  et  huit  membres  ordinaires.  Nous  n'avons  perdu 
par  décès  que  cinq  membres,  tous  membres  ordinaires.  Le  gain  semble 
donc  assez  notable  ;  mais  il  se  changerait  en  perte  si  nous  tenions  compte 
des  démissions  qui  viennent  trop  souvent  nous  attrister.  En  somme,  notre 
nombre  ne  s'augmente  pas;  il  diminue  plutôt,  et  je  crois  devoir  vous 
signaler  le  péril  avec  franchise,  pour  que  vous  vous  efforciez  de  le 
combattre. 

Il  nous  serait  difficile,  d'ailleurs,  de  nous  réjouir,  quand  même  la 
statistique  de  notre  mouvement  de  population  serait  plus  satisfaisante,  en 
regardant  les  noms  qui,  depuis  notre  dernière  réunion,  ont  dû  être 
effacés  de  notre  liste.  Les  cinq  confrères  que  la  mort  nous  a  enlevés 
méritent  tous  nos  regrets,  pres(jue  tous  à  un  degré  éminent. 

Le  premier  est  M.  Anatole  Boucherie,  décédé  à  Montpellier,  le 
3  avril  1883.  Nous  lui  devons  un  hommage  particulièrement  ému  et 


370 

cordial.  On  sait  par  quels  travaux  il  avait  bien  mérité  de  la  philologie 
française,  quel  zèle,  quelle  chaleur  d'âme  il  apportait,  non  seulement  à 
la  faire  progresser  par  ses  travaux,  mais  à  en  éveiller  dans  le  grand 
public  le  goût  et  la  compréhension.  Les  injustes  et  superficiels  dédains 
dont  un  critique,  peu  compétent  d'ailleurs,  avait  cru  devoir  couvrir 
notre  ancienne  littérature  tout  entière,  avaient  soulevé  son  indignation, 
et  il  s'était  élancé,  comme  un  vrai  chevalier  qui  entend  outrager  la 
dame  de  ses  pensées,  pour  relever  le  gant,  tandis  que  d'autres  avaient 
cru  mieux  faire  de  passer  et  de  sourire.  Il  a  écrit  à  ce  propos  des  pages 
pleines  de  conviction  et  de  sens.  Mais  il  servait  mieux  encore  la  cause 
qui  est  la  nôtre  en  s' occupant,  après  diverses  autres  publications  d'an- 
ciens textes,  de  l'édition  d'un  poème  important  qu'il  avait  découvert. 
Il  a  succombé,  avant  d'avoir  terminé  sa  tâche,  à  la  maladie  qui  le 
minait  depuis  longtemps;  mais  son  fidèle  ami,  notre  confrère  M.  Cha- 
baneau,  s'est  chargé  de  le  remplacer,  et  nous  espérons  que  Galerent  de 
Bretagîic  verra  prochainement  le  jour,  et  formera  le  meilleur  titre  de 
Boucherie  à  la  reconnaissance  des  savants. 

Un  mois  après,  le  23  mai,  s'éteignait,  après  de  longues  et  cruelles 
souffrances,  M.  Edouard  Laboulaye  qui,  lui,  n'avait  pas  pour  notre 
vieille  langue  et  notre  vieille  littérature  une  dévotion  spéciale,  mais 
qui,  dans  la  largeur  de  son  intelligence  si  souple  à  la  fois  et  si  juste, 
lui  accordait  la  place  qui  lui  appartient  et  en  comprenait  le  profond 
intérêt  historique.  Ce  philosophe,  ce  juriste,  cet  historien,  cet  homme 
d'État  savait  que  la  conscience  d'un  peuple  se  précise  et  se  développe  par 
l'étude  sympathique  de  son  passé,  et  que  le  passé  littéraire  de  la  France 
a  été  tout  particuUèrement  glorieux  et  fécond  ;  cet  esprit  vraiment  libé- 
ral aimait  toutes  les  manifestations  sincères  et  spontanées  de  la  vie  ;  ce 
curieux  des  productions  de  l'imagination  naïve,  cet  ami,  ce  renouveleur 
habile  et  fin  des  contes  populaires  de  tous  les  pays  sentait  tout  ce  qui 
coule,  dans  les  anciens  textes  que  nous  mettons  au  jour,  de  la  source 
la  plus  franche  et  la  plus  originale  de  notre  langue  et  de  notre  génie. 
Il  était  venu  cordialement  à  nous  dès  nos  débuts,  et  nous  resterons  fiers 
d'avoir  eu  son  appui  et  son  encouragement. 

C'était  un  sentiment  patriotique  plus  spécial  qui  nous  avait  valu  les 
sympathies  du  regretté  M.  E.  de  Bouteiller,  mort  peu  après  Laboulaye. 
Son  nom  est  connu  de  tous  ceux  qui  ont  suivi,  le  cœur  serré,  ce  drame 
poignant  qui  s'est  dénoué  le  28  octobre  1870  en  arrachant  de  la  France 
une  de  nos  villes  les  plus  françaises,  l'ancienne  cité  libre  de  Metz.  M.  de 
Bouteiller  aimait  Metz  comme  Messin  et  comme  Français  ;  quand  Metz 
fut  devenue,  non  pas  allemande,  mais  sujette  de  l'Allemagne,  il  quitta, 
le  cœur  brisé,  la  petite  patrie  pour  la  grande  ;  mais  il  continua,  dans  le 
domaine  de  la  science,  à  travailler  pour  toutes  deux.  En  collaboration 
avec  notre  savant  confrère  M.  Bonnardot,  après  avoir  publié  le  curieux 
poème  de  la  Guerre  de  Metz  en  i3i7 ,  il  préparait  pour  nous  l'édition  de 


o7! 

la  chanson  de  geste  do  Hervi  de  Mes.  Son  collaborateur  n'abandonne  pas 
la  tâche  commune,  et  c'est  un  des  volumes  que  nous  voudrions,  pour 
bien  des  motifs,  voir  le  plus  tôt  possible  mis  sous  presse. 

Que  de  raisons  diverses  peuvent  attirer  des  esprits  distingués  à  l'étude 
de  cette  vieille  littérature,  si  riche  et  si  variée  !  C'était  une  curiosité 
générale  et,  on  le  peut  dire,  insatiable,  de  toutes  les  manifestations  de 
l'esprit  qui  avait  amené  M.  Charles  Defrémery  à  s'y  intéresser  vive- 
ment. Non  content  d'occuper  un  des  premiers  rangs  parmi  les  orienta- 
listes modernes,  M,  Defrémery  aimait  et  connaissait  à  fond  les  littéra- 
tures classiques  ;  du  xvn^  siècle  français  il  était  remonté  au  xvi^  siècle, 
puis  enfin  au  moyen  âge,  et  sa  mémoire  merveilleuse,  son  goût  pour 
les  rapprochements  et  les  comparaisons  lui  avaient  facilement  montré 
quelles  lumières  indispensables  elle  apporte  à  qui  veut  étudier  les  rap- 
ports du  monde  moderne  avec  l'Orient  comme  avec  l'antiquité.  Il  lisait 
nos  publications  avec  l'attention  la  plus  soutenue,  et  avait  la  joie  d'y 
faire  sans  cesse  quelques-unes  de  ces  petites  découvertes  qui  étaient  ses 
bonheurs  quotidiens  et  dont  plusieurs  n'étaient  possibles  qu'à  une  éru- 
dition aussi  vaste  et  aussi  diverse.  Il  savait  même  découvrir  des  parti- 
cularités qui  échappaient  aux  savants  spéciaux;  c'était  plaisir  et  profit 
de  causer  avec  lui  de  chacun  de  nos  volumes  au  fur  et  à  mesure  qu'ils 
paraissaient. 

Enfin,  nous  avons  à  regretter  M.  Hermile  Eeynald,  doyen  de  la 
Faculté  des  lettres  d'Aix,  mort  le  22  juillet  1883.  Les  travaux  histo- 
riques de  M.  Reynald  sont  connus  ;  ils  prouvent  l'activité  de  son  esprit 
investigateur  :  ils  ne  la  satisfaisaient  pas.  Il  voulait  connaître  l'histoire 
morale  et  intellectuelle  de  la  France  à  toutes  ses  périodes,  et  il  s'était 
avec  grand  plaisir  associé  à  notre  œuvre,  donnant  un  exemple  que  nous 
voudrions  voir  plus  suivi,  et  qui  le  serait  davantage  si  tous  comprenaient 
comme  lui  l'intérêt  et  la  portée  historique  de  nos  travaux. 

C'est  un  cruel  sentiment,  messieurs,  que  nous  fait  éprouver  cette 
énumération,  mais  il  porte  avec  lui  un  adoucissement  :  c'est  la  pensée 
que  tant  d'hommes  supérieurs,  voués  pour  la  plupart  à  des  études  diffé- 
rentes des  nôtres,  ont  apprécié  la  valeur  et  l'opportunité  de  l'reuvre  que 
nous  avons  entreprise.  Leur  approbation  a  été  pour  nous  un  puissant 
encouragement  et  ne  doit  pas  cesser  de  l'être.  Un  autre  nous  est  venu 
cette  année.  M.  le  marquis  de  la  Grange,  qui  avait  pris  jadis,  sous  la  direc- 
tion de  Guessard,  une  part  active  à  la.  collection  des  A  nciens  Poètes  fran- 
çais, a  légué  à  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  une  rente 
de  1,000  francs  destinée  à  récompenser  chaque  année  l'édition  d'une 
œuvre  poétique  française  du  moyen  âge.  L'année  dernière,  l'Académie 
avait  à  décerner  ce  prix  pour  la  première  fois,  et  elle  se  trouvait  en  pré- 
sence des  ari'érages  de  deux  ans  :  elle  n'a  pas  cru  pouvoir  mieux  faire 
que  de  les  attribuer  à  la  Société  des  anciens  textes  pour  l'ensemble  de 
ses  publications.  En  récompensant  la  Société,  dit  le  discours  du  prési- 


372 

dent  de  l'Académie,  on  récompense  en  même  temps  tous  ceux  qui 
auraient  pu  concourir  pour  ce  prix,  car  tous  appartiennent  à  la  Société, 
et  c'est  pour  elle  que  presque  tous  les  travaux  entre  lesquels  on  pou- 
vait choisir  ont  été  publiés.  Après  l'approbation  de  l'Académie  française, 
nous  aurons  donc  eu  celle  de  l'Académie  des  inscriptions;  voilà  qui 
doit  fortifier  notre  courage  et  notre  zèle,  au  milieu  des  difficultés  contre 
lesquelles  nous  avons  parfois  à  lutter,  en  nous  prouvant  que  nous  ne  nous 
trompons  pas,  et  que  notre  œuvre,  aux  yeux  des  juges  les  plus  compé- 
tents, est  bien  conçue  et,  jusqu'à  présent,  bien  exécutée. 


RAPPORT  DE  M.  PAUL  MEYER,  SECRETAIRE. 

Messieurs, 

La  précédente  assemblée  générale  de  la  Société  a  eu  lieu  le  20  dé- 
cembre 1882.  A  cette  date  les  ouvrages  destinés  à  l'exercice  1881 
n'étaient  distribués  qu'en  partie,  et  pour  1882  rien  n'avait  encore  été 
publié.  L'an  dernier,  à  la  même  époque,  le  progrès  de  nos  publications 
était  trop  peu  sensible  pour  fournir  la  matière  d'un  rapport.  Il  a  donc 
paru  nécessaire  à  votre  Conseil  de  reculer  jusqu'à  l'heure  présente  la 
réunion  qu'aux  termes  de  nos  statuts  nous  devons  tenir  chaque  année. 
Par  suite  j'aurai  exceptionnellement  à  vous  entretenir  de  nos  travaux 
pendant  le  cours  de  deux  années,  ou  plus  exactement  d'un  an  et  demi. 

Pendant  les  dix-sept  mois  qui  se  sont  écoulés  depuis  notre  dernière 
assemblée,  la  Société  n'est  pas  restée  inactive.  Elle  a  prouvé  sa  vitalité 
en  distribuant  à  ses  membres  plusieurs  volumes,  mais  elle  n'a  pas  réussi 
à  regagner  le  temps  perdu  et  à  faire  concorder  ses  publications  avec  le 
millésime  des  exercices.  Nous  sommes  encore  maintenant  obligés  d'éta- 
blir fictivement  cette  concordance  en  plaçant  sur  les  titres  de  nos 
volumes  une  date  antérieure  à  l'époque  de  leur  mise  en  distribution. 

Ce  fâcheux  état  de  choses  vient  de  ce  que  le  labeur  pénible  qu'im- 
pose l'édition  de  nos  anciens  textes  continue  à  peser  sur  un  trop  petit 
nombre  de  membres  de  votre  Conseil,  qui  font  à  eux  seuls  beaucoup 
plus  de  la  moitié  des  publications  et  surveillent  le  reste  en  qualité  de 
commissaires  responsables,  fonction  qui  est  loin  d'être  une  sinécure. 
Qu'un  ou  deux  de  nos  éditeurs  interrompent  pour  quelques  semaines 
leur  travail,  et  toutes  nos  prévisions  sont  dérangées.  En  vain  objecte- 
rait-on qu'il  suffirait  pour  parer  aux  retards  imprévus  d'avoir  sous 
presse  un  plus  grand  nombre  d'ouvrages.  Nous  avons  en  ce  moment 
dix  volumes  à  l'imprimerie,  et  nous  n'en  pouvons  avoir  plus,  parce  que 
le  nombre  des  commissaires  responsables  est,  par  la  nature  même  du 
travail  qui  leur  est  imposé,  extrêmement  limité,  et  que  la  tâche  des 
personnes  qui  veulent  bien  accepter  ces  délicates  fonctions  ne  saurait 
être  augmentée. 


573 

Voici  où  nous  en  sommes. 

L'exercice  de  1881  reste  encore  incomplet.  M.  de  Montaiglon  nous  a 
enfin  remis,  il  y  a  plusieurs  mois,  la  copie  du  volumineux  commentaire 
qui  doit  accompagner  son  édition  de  l'Amant  rendu  cordelier  à  l'obser- 
vance d'Amours;  mais  ce  travail,  remanié  à  diverses  reprises,  plein 
d'additions  et  de  surcharges,  est  d'une  composition  extrêmement  labo- 
rieuse, et  l'impression  s'en  fait  avec  une  lenteur  excusable  sans  doute, 
mais  qui  nous  est  bien  préjudiciable. 

L'exercice  de  1882,  dont  rien  n'avait  paru  lors  de  notre  dernière  assem- 
blée, est  complet.  Il  se  compose  de  trois  volumes  dont  deux  seulement 
sont  publiés  aux  frais  de  la  Société;  le  troisième  est  le  t.  IV  du  Mystère 
du  Vieil  Testament,  généreusement  offert  aux  membres  de  la  Société  par 
M°>e  la  baronne  J.-E.  de  Rothschild,  et  dont  M.  E.  Picot  a  préparé  l'édi- 
tion avec  autant  de  dévouement  que  de  compétence.  Les  deux  volumes 
publiés,  à  proprement  parler,  par  la  Société  à  ses  frais,  sont  le  t.  III 
d'Eustache  Deschamps  et  Raoul  de  Cambrai.  II  est  inutile  que  je  vous 
entretienne  une  fois  de  plus  de  l'intérêt  que  présente  une  édition  com- 
plète de  Deschamps.  Je  l'ai  fait  à  plusieurs  reprises  dans  mes  précédents 
rapports.  Mais  il  y  a  dans  ce  tome  III  quelques  pages  que  votre  secré- 
taire ne  doit  pas  omettre  de  mentionner.  En  tête  du  volume,  en  effet, 
M.  le  marquis  de  Queux  de  Saint-Hilaire  a  écrit  une  notice  touchante 
sur  M.  Paulin  Paris  qui  a  revu  les  épreuves  des  deux  premiers  tomes, 
en  qualité  de  commissaire  responsable.  Sans  prétendre  aucunement 
apprécier  l'œuvre  considérable  et  variée  du  savant  illustre  et  bienveil- 
lant que  la  Société  s'honore  d'avoir  eu  à  son  origine  pour  président, 
M.  de  Queux  de  Saint-Hilaire  a  marqué  en  traits  précis  et  délicats  l'in- 
fluence que  P.  Paris  exerçait  autour  de  lui  en  faveur  des  études  litté- 
raires qui  lui  étaient  chères,  cherchant  à  répandre  la  connaissance  de 
notre  ancienne  littérature  au  delà  du  cercle  restreint  des  érudits,  pour 
la  faire  apprécier  et  goûter  dans  le  monde  des  gens  cultivés. 

Raoul  de  Cambrai  a  été  distribué  en  même  temps  que  le  t.  III  à'Eus- 
tache  Deschamps,  au  commencement  de  cette  année.  La  part  que  votre 
secrétaire  a  prise  à  l'édition  de  ce  poème  si  important  pour  l'histoire  de 
notre  épopée  lui  fait  une  loi  d'être  ici  très  bref.  Qu'il  me  soit  permis 
cependant  de  signaler  les  recherches  si  nouvelles  que  M.  Longnon, 
mon  collaborateur,  a  consacrées  à  Raoul  de  Gouy,  à  Raoul  son  fils,  à 
d'autres  personnages  encore  dont  l'existence  est  attestée  au  x*  siècle  par 
les  chroniques  et  les  chartes,  et  qui  reparaissent  vers  la  fin  du  xn^  dans 
les  chansons  de  gestes,  conservant  encore  quelques  traits  historiques. 
Raoul  de  Cambrai  devient,  par  suite  de  ces  découvertes,  l'un  des  poèmes 
où  l'on  peut  le  mieux  suivre  depuis  sa  naissance  le  développement  d'une 
chanson  de  geste.  Au  x*  siècle  se  place  la  rédaction  de  la  première 
forme  du  poème,  peu  après  les  événements  d'où  il  est  sorti.  A  la  fin 
du  XI'  siècle,  un  témoignage  précieux  et  circonstancié,  celui  de  la  cliro- 


?)74 

nique  de  Waulsort,  nous  fait  connaître  un  état  ancien  encore  de  la 
chanson.  Dans  la  seconde  moitié  du  xii^  siècle,  enfin,  prend  place  la 
rédaction,  malheureusement  bien  remaniée,  qui  nous  est  parvenue,  et 
qu'accompagne  une  continuation  extrêmement  fabuleuse  mais  néan- 
moins curieuse  pour  l'étude  des  lieux  communs  littéraires  avec  lesquels 
on  suppléait  au  défaut  des  données  historiques. 

Notre  distribution  se  limite  pour  1882  à  deux  volumes,  sans  compter 
le  t.  IV  du  Mystère  du  Vieil  Testament.  Jusqu'ici  nous  avions  donné 
trois  volumes  par  an,  mais  la  diminution  est  plus  apparente  que  réelle, 
car  Raoul  de  Cambrai,  qui  contient  une  photogravure  de  deux  pages  du 
ms.,  est  double  en  étendue  de  certains  de  nos  volumes.  Au  surplus, 
l'état  de  nos  finances  ne  nous  permettait  pas  de  faire  davantage. 

Pour  l'année  1883,  nous  n'avons  encore  rien  publié.  La  faute  n'en 
est  pas  à  votre  conseil,  dont  l'activité  ne  s'est  pas  relâchée  un  seul  ins- 
tant, mais  au  peu  de  diligence  de  certains  de  nos  éditeurs.  Nous  avons 
mis  sous  presse  au  commencement  de  l'année  1882  la  Mort  Aijmeri 
de  Narbonne,  dont  l'édition  nous  avait  été  proposée  par  M.  Gouraye  Du- 
parc.  Nous  pouvions  espérer  qu'une  année  suffirait  à  l'impression  de  ce 
volume,  qui  n'aura  pas  beaucoup  plus  d'une  quinzaine  de  feuilles.  Toute- 
fois, malgré  les  efforts  incessants  du  commissaire  responsable,  il  a  été 
impossible  d'amener  l'éditeur  à  corriger  ses  épreuves  avec  l'activité 
nécessaire,  et  maintenant,  après  plus  de  deux  ans,  nous  n'en  sommes 
arrivés  qu'à  la  neuvième  feuille.  Il  n'y  a,  pour  le  présent,  qu'à  s'armer 
de  patience,  la  Société  ne  pouvant  exiger  que  le  commissaire  responsable 
fasse  l'édition  qu'il  a  seulement  pour  mission  de  surveiller. 

Le  retard  que  subit  la  Mort  Aymeri  a  un  inconvénient  particulière- 
ment fâcheux.  Dans  le  premier  des  rapports  que  j'ai  eu  l'honneur  de 
lire  devant  la  Société,  en  1876',  j'annonçais  la  prochaine  publication 
à! Aymeri  de  Narbonne,  chanson  de  geste  dont  l'édition  nous  avait  été 
proposée  dès  lors  par  M.  L.  Demaison,  ancien  élève  de  l'Ecole  des 
chartes.  Mais  l'éditeur,  ne  se  trouvant  pas  satisfait  de  son  travail,  le 
reprit  et  refit  en  grande  partie.  Depuis  plusieurs  mois  nous  avons  entre 
les  mains  le  texte  tout  entier  à' Aymeri  de  Narbonne,  établi  d'après  plu- 
sieurs manuscrits  rigoureusement  classés  et  accompagné  d'un  volumi- 
neux apparatus  criticus,  le  tout  en  une  copie  bien  lisiblement  écrite  et 
commodément  disposée  pour  l'impression.  Nous  n'attendons  pour  mettre 
sous  presse  cette  édition  que  le  moment  où  le  texte  de  la  Mort  Aymeri 
sera  entièrement  tiré.  En  eiïet,  la  quantité  de  petit  caractère  qu'exige 
l'impression  des  notes  en  l'un  et  l'autre  poème  est  telle  qu'il  est 
impossible  de  les  imprimer  simultanément  tous  les  deux.  D'ailleurs, 
nous  avons  en  ce  moment  dix  ouvrages  sous  presse  :  c'est  un  maximum 
qui  ne  peut  être  dépassé. 

1.  Bulletin  de  187C,  p.  45. 


1)75 

L'édition  des  œuvres  poétiques  do  Philippe  de  Rémi,  sire  de  Beau- 
manoir,  à  laquelle  a  été  consacrée  une  grande  partie  de  mon  précédent 
rapport,  a  progressé  d'un  pas  heureusement  plus  rapide.  Des  deux 
volumes  dont  elle  se  composera,  le  premier  est  imprimé.  Il  contient  le 
roman  de  la  Manekine,  déjà  édité  autrefois  par  M.  Fr.  Michel,  et  les 
fragments  d'une  rédaction  en  prose  de  ce  roman  faite  au  milieu  du 
xve  siècle  par  Jean  Wauquelin,  écrivain  c^e  qui  on  possède  un  certain 
nombre  de  traductions  et  de  compilations  exécutées  pour  la  plupart  à 
la  demande  de  Philippe  le  Bon,  duc  de  Bourgogne.  Divers  travaux  ont 
ramené  l'attention,  dans  ces  derniers  temps,  sur  Jean  Wauquelin, 
mais  sa  mise  en  prose  de  la  Êanekine,  étant  conservée  dans  un  ms.  fort 
incomplet  de  Turin,  était  restée  jusqu'à  ce  jour  inédite  et  même  à  peu 
près  inconnue.  Le  second  volume,  contenant  le  reste  des  poésies  do 
Philippe  de  Rémi,  est  sous  presse  et  progresse  activement.  Votre  con- 
seil a  été  d'avis  de  publier  en  même  temps  ces  deux  volumes.  La  dis- 
tribution du  t.  I,  qui  est  imprimé  depuis  quelque  temps  déjà,  en  sera  un 
peu  retardée,  mais  par  compensation  la  préface,  qui  pourrait  difticiloment 
être  rédigée  avant  l'achèvement  du  t.  II,  sera  cartonnée  en  tète  du  pre- 
mier volume.  Les  membres  de  la  Société  auront  ainsi  l'ouvrage  complet 
en  une  fois,  et  ils  l'auront  dans  le  courant  de  cette  année. 

Nous  avons  mis  sous  presse,  depuis  notre  dernière  assemblée  géné- 
rale, six  nouveaux  volumes  :  le  t.  VII  des  Miracles  de  Nostre  Dame,  le 
t.  IV  à'Eustache  Descha)nps,  le  roman  de  Guillaume  de  Dole,  publié 
par  M.  G.  Servois,  le  roman  de  Merlin,  publié  par  MM.  G.  Paris  et 
J.  Ulrich,  la  Panthère  d'amours,  de  Nicole  de  Margival,  publiée  par 
M.  H.  Todd,  enfin  les  contes  moralises  de  Bozon,  publiés  par  miss 
L.  T.  Smith  et  M.  P.  Meyer. 

Avec  le  t.  VII  des  Miracles  de  Nostre  Dame  sera,  terminée  l'impression 
du  texte  de  ces  quarante  précieux  miracles  par  personnages  qui  consti- 
tuent un  spécimen  presque  unique  du  théâtre  religieux  à  la  lin  du 
xive  siècle.  Un  huitième  volume,  un  neuvième  peut-être,  sera  néces- 
saire pour  le  glossaire,  l'introduction  générale  et  les  notices  spéciales  à 
cha(iue  pièce.  M.  U.  Robert,  empêché  par  ses  occupations  de  rédiger  le 
glossaire,  a  demandé  J.  être  déchargé  de  cette  tâche  qui  a  été  acceptée 
par  M.  Bonnardot,  l'éditeur  du  Voyage  à  Jérusalem  du  seigneur  d'An- 
glure. 

Le  roman  de  Guillaume  de  Dole  est  depuis  longtemps  connu  et  sans 
doute  il  eût  été  publié  depuis  longtemps,  si  le  ms.  s'en  était  trouvé  à 
Paris  au  lieu  d'être  à  Rome.  Fauchet,  qui  possédait  le  ms.  jusqu'à  pré- 
sent unique  du  Vatican,  l'a  cité  ;  le  D""  Daremborg  et  M.  Renan  en  ont 
publié  de  nombreux  extraits  dans  les  Archives  des  missions,  il  y  a  plus 
de  trente  ans.  M.  Servois,  qui  l'avait  copié  jadis  à  Rome,  nous  a  offert 
de  le  publier  et  nous  avons  accepté  sa  proposition  avec  empressement. 
C'est  un  poème  intéressant,  non  pas  seulement  par  le  grand  nombre  de 


576 

chansons  de  trouvères  qui  y  sont  insérées  et  que  depuis  longtemps 
divers  érudits  ont  fait  connaître,  mais  aussi  par  sa  teneur  même.  Le 
ms.  est  malheureusement  fort  mauvais  et,  malgré  tous  les  soins  du 
consciencieux  éditeur,  il  y  restera  sans  doute  plus  d'un  passage  cor- 
rompu. 

Une  publication  particulièrement  intéressante  est  celle  du  Merlin, 
entreprise  par  MM.  Paris  et  Ulrich.  Un  auteur  appelé  Robert  de  Borron 
paraît  avoir  composé  trois  poèmes  formant  une  sorte  de  trilogie  dont  le 
centre  est  l'histoire  du  saint  Graal,  considéré  comme  le  vase  où  Joseph 
d'Arimathie  avait  recueilli  le  sang  du  Christ  :  transporté  en  Angle- 
terre, ce  vase  est  l'objet  des  recherches  des  chevaliers  de  la  Table 
Ronde  et  finit  par  être  trouvé  par  Perceval  le  Gallois.  Le  premier  des 
poèmes  de  Robert  est  le  Joseph,  dont  M.  Fr.  Michel  a  publié  le  texte 
original  et  M.  Weidner  la  mise  en  prose  ;  du  Merlin,  le  second  poème, 
nous  n'avons  en  vers  que  le  début,  mais  la  mise  en  prose  est  conservée 
dans  de  nombreux  manuscrits  ;  le  troisième  poème,  le  Perceval,  est 
perdu  dans  sa  forme  première,  et  nous  n'en  avons  en  prose  qu'une 
rédaction  fort  altérée  conservée  dans  un  manuscrit  unique  et  imprimée 
par  M.  Hucher.  Entre  le  Merlin  et  le  Perceval  existait,  dans  l'œuvre  de 
Robert  de  Borron,  une  lacune  considérable  ;  quand  le  Merlin,  mis  en 
prose,  eut  conquis  un  grand  succès,  on  voulut  la  combler  en  racontant 
les  aventures  arrivées  au  roi  Arthur  depuis  son  couronnement,  où  s'ar- 
rêtait le  Merlin  primitif,  jusqu'à  l'aventure  de  la  «  quête  du  saint 
Graal,  »  qui  forme  le  début  du  Perceval.  C'est  cette  suite  que  M.  Paulin 
Paris  appelait  Arthur,  pour  la  distinguer  du  Merlin  originaire.  On  a 
conservé  trois  de  ces  continuations,  qui  paraissent  à  peu  près  complète- 
ment indépendantes.  L'une  nous  est  arrivée  dans  de  nombreux  manus- 
crits ;  elle  a  été  imprimée  au  xvi^  siècle  comme  seconde  partie  de 
Merlin  et  elle  forme  la  base  de  l'analyse  donnée  dans  les  Romans  de  la 
Table  Ronde,  de  M.  P.  Paris.  La  seconde  ne  se  trouve  que  dans  un 
manuscrit  de  la  Bibliothèque  nationale;  M.  P.  Paris  en  avait  préparé  pour 
la  Société  une  édition  que  nous  mettrons  prochainement  sous  presse. 
Enfin  une  autre  se  trouve  dans  un  manuscrit  qui  a  appartenu  à  M.  de 
Corbière  et  qui  est  aujourd'hui  la  propriété  de  M.  Alfred  Huth,  de 
Londres.  M.  Huth  a  eu  la  libéralité  de  faire  don  à  la  Société  d'une 
copie  que  son  père  avait  fait  exécuter  de  ce  manuscrit  si  précieux  et  il 
a  bien  voulu  en  outre  mettre  le  ms.  même  à  la  disposition  de  M.  Ulrich 
pour  collationner  cette  copie.  La  rédaction  de  M.  Huth  est  assurément 
la  plus  ancienne  des  trois,  comme  les  éditeurs  l'établiront  dans  leur 
préface  ;  elle  a  pour  plus  d'un  point  d'histoire  littéraire  un  intérêt  tout 
à  fait  notable,  et  elle  a  en  outre  celui  d'être  l'original  d'une  partie 
importante  du  grand  livre  à! Arthur  rédigé  en  anglais  au  xv«  siècle  par 
sir  Thomas  Malory,  ainsi  que  d'un  roman  espagnol  dont  on  ne  connaît 
qu'un  exemplaire  imprimé  au  xv«  siècle,  el  Balado  de  Merlino.  L'édi- 


577 

tion  formera  deux  volumes  ;  on  y  remarquera  cette  innovation,  que 
nous  a  facilitée  notre  imprimeur,  que  le  texte  est  accompagne  d'un 
résumé  courant,  sous  forme  de  manchettes,  qui  permet  au  lecteur  de 
se  rendre  un  compte  rapide  du  récit  en  s'arrétant  aux  passages  qui 
appellent  particulièrement  l'intérêt. 

La  Panthère  d'amours  de  Nicole  de  Margival  est  un  puème  allégo- 
rique fort  court  dont  on  possède  deux  mss.  L'un,  qui  parait  provenir 
de  la  bibliothèque  du  duc  de  Berry  \  appartenait  au  siècle  dernier  à 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés  et  se  trouve  maintenant  à  Saint- 
Pétersbourg,  faisant  partie  de  la  précieuse  collection  de  mss,  qui  furent 
enlevés  à  Saint-Germain  en  1791  par  Dubrowski.  Ce  petit  ouvrage 
sera  publié  par  les  soins  de  M.  Todd,  jeune  philologue  américain,  sous 
la  surveillance  de  M.  G.  Paris. 

J'ai  parlé  l'an  dernier  des  Contes  de  Bozon  et  n'ai  pas  à  y  revenir 
présentement.  Je  me  borne  à  dire  que  l'édition  de  cet  ouvrage,  qui  a 
été  mise  sous  presse,  comme  je  l'annonçais  l'an  dernier,  aussitôt  que 
Raoul  de  Cambrai  a  été  achevé,  ne  laissera  pas  d'être  laborieuse.  La 
langue  de  Bozon  présente  les  corruptions  qu'on  est  accoutumé  à  ren- 
contrer dans  les  textes  anglo-normands  du  xui"  et  du  xiv^  siècle.  Un 
glossaire  assez  détaillé  sera  nécessaire.  En  outre,  cet  auteur  abonde  en 
citations  de  la  Bible,  des  Pères,  de  certains  écrivains  de  l'antiquité  et 
du  moyen  âge,  qu'il  faut  retrouver.  Enfin,  il  y  aura  lieu  de  grouper 
dans  un  commentaire,  qui  prendra  place  à  la  suite  du  texte,  de  nom- 
breuses indications  sur  les  sources  où  Bozon  peut  avoir  puisé  ses  récits 
ou  ses  fables,  et,  à  défaut  de  sources,  sur  les  narrations  analogues  qu'on 
rencontre  en  si  grande  abondance  chez  Eudes  de  Shirton,  Jacques  de 
Vitry,  Vincent  de  Beauvais  et  autres  écrivains.  Ces  recherches  n'au- 
ront pas  seulement  pour  résultat  de  faire  mieux  connaître  l'auteur  que 
nous  publierons  :  elles  jetteront  un  jour  nouveau  sur  la  formation  d'un 
recueil  célèbre  du  moyen  âge,  les  Gesta  Roinanorum.  Mais  ce  travail  est 
long  et  ne  saurait  être  terminé  avant  l'an  prochain. 

En  résumé,  nous  pouvons  compter  à  bref  terme  sur  les  trois  volumes 
dus  pour  1883  :  ce  seront  le  t.  YII  des  Miracles  et  les  deux  tomes 
de  Philippe  de  Rémi.  Pour  l'année  courante,  nous  aurons  le  t.  IV 
à'Eiistache  Deschamps,  la  Panthère  d'amours  et  le  recueil  de  versions  en 
vers  de  ÏÉvangile  de  Nicodème,  depuis  si  longtemps  sous  presse. 

A  chaque  jour  suffit  sa  tâche  :  celle  des  années  précédentes  a  été 
lourde,  mais  elle  est  près  d'être  accomplie.  Quant  à  l'avenir,  nous  avons 
quelque  droit  de  compter  sur  le  concours  des  jeunes  philologues  que 
nous  nous  efforçons  de  former,  et,  instruits  par  l'expérience,  nous 
espérons  réussir  à  éliminer  peu  à  peu  les  causes  des  mécomptes  que 
nous  avons  éprouvés. 

1.  N"  277du  catalogue publ.  par  M.  L.  Delislc,  Cabinet  des  manuscrits,  III,  192. 


578 
COMMENTAIRE  DE  GIPPUS 

SUR  LE  DOCTRINAL  d'aLEXANDRE  DE  VILLEDIEU. 

Le  manuscrit  Arundel  232,  au  British  Muséum,  contient  le  Doctrinal 
d'Alexandre  de  Villedieu ,  accompagné  d'un  commentaire  très  étendu 
intitulé  :  Glosa  Gippi  super  Doctrinale.  Cette  glose  est  précédée  d'une 
courte  préface  qui  commence  par  les  mots  :  «  Testante  Philosopho 
in  primo  Metaphisice  :  Omnis  homo  desiderio  naturali  habitum  scientie 
concupiscit,  a  cujus  desiderii  suplemento  mens  humana  consuetudine 
inpeditur,  dicente  eodem  Philosopho  in  secundo  prefati  lihri...  »  Puis 
vient  le  commentaire  sur  le  texte  du  Doctrinal  :  «  Titulus  est  :  Incipit 
doctrinale  magistri  Alexandri  de  Villa  Dei.  Sermocinatur  scientie  vel 
philosophie  supponitur.  Forma  tractatus  consistit  in  divisione  libri. 

Scribere  clericulis  paro  Doctrinale  novellls. 
In  isto  versu  in  generali  auctor  premittit  quid  velit  determinare  in 
isto  libro,  et  dicit  :  Ego  magister  Alexander  de  Villa  Dei  propono 
scripto  manifestare  multa  documenta  grammaticalia  scolaribus  medio- 
criter  peritis...  »  La  glose  de  Gippus  se  termine  par  ces  mots  : 
«  ...  etenim  in  alio  reperitur  summi  boni,  et  hoc  testante  Boecio  in 
libro  suo.  »  Le  manuscrit  Arundel  232  date  de  la  fin  du  xiii"  ou  du 
commencement  du  xiv^  siècle  ;  c'est  un  volume  de  format  in-4o ,  me- 
surant 0"i2'42  sur  O^^ITO,  et  composé  de  68  feuillets  de  parchemin  écrits 
à  2  colonnes. 

LES  AUTELS  DE  SAINT-MAXIMIN  DE  TRÊVES. 

Dans  un  évangéliaire  du  x^  ou  du  commencement  du  xi^  siècle,  qui 
faisait  partie  de  la  bibliothèque  de  M.  Didot  et  qui  a  été  acheté  le 
11  juin  dernier  par  la  Bibliothèque  nationale,  se  trouve  inséré  un 
feuillet  de  parchemin,  sur  lequel  une  main  du  xii«  siècle  a  consigné  de 
curieux  détails  relatifs  à  la  dédicace  de  plusieurs  autels  de  l'abbaye  de 
Saint-Maximin  de  Trêves  et  aux  reliques  qu'on  avait  placées  dans 
chacun  de  ces  autels.  Le  commencement  de  ces  notes  était  sur  un 
feuillet  qui  a  disparu.  Nous  reproduisons  ici  tout  ce  qui  en  subsiste. 
Pour  se  faire  une  idée  du  volume  qui  nous  a  conservé  ce  curieux  docu- 
ment, il  faut  recourir  à  la  notice  de  M.  Pa^lowski  (Bibliothèque 
A.  Firmin-Didot ,  vente  du  mois  de  juin  1884,  article  4  du  catalogue). 
Le  manuscrit  dont  il  s'agit  contient  les  épîtres  et  les  évangiles  des 
messes  de  l'année.  Sur  les  marges,  on  a  ajouté,  au  xn'  siècle,  le  texte 
des  autres  parties  de  la  messe  pour  différents  dimanches  ou  diffé- 
rentes fêtes. 


579 


Johannis  et  Pauli  martyrum,  saucti  Maxentii  confessoris;  de  prcsepio 
Domini  ;  de  sepulchro  Domini.  A  dextris  hujus  arae  est  altare  habens 
reliquias  sanctorum  apostolorum  Bartholomei ,  Philippi  et  Jacobi, 
Thomœ  et  Jacobi  fratris  sancti  Johannis  evangelistio.  A  sinistris  vero 
est  ara  habens  reUquias  sanctorum  Simonis  et  Judœ  et  omnium  apos- 
tolorum. 

Anno  ab  incarnatione  Domini  DCGGCLII,  abbate  Willero  regimen 
monachile  gubernante ,  Ruperto  vero  presulatum  disponento ,  dedicata 
est  cripta  superior  ad  pedes  sanctorum  couiessorum  Maximini,  Agricii, 
Nicecii,  et  altare  in  ea  in  honore  Domini  salvatoris  nostri  et  omnium 
sanctorum,  atque  in  ipsum  positœ  sunt  reliqui^o  de  mensa  Domini  in 
Ghana  Galileae,  de  pallio  sanctae  Mariœ,  de  cruce  Domini,  de  presepio 
Domini,  de  sepulchro  Domini,  de  capillis  sancti  Pétri;,  de  corpore  sancti 
Laurencii ,  de  corporibus  sanctarum  Prisciilœ  et  Aquilœ  et  aliorum 
multorum.  A  dextris  hujus  altaris  sanctiiîcatum  est  altare  Sancti  Sixti, 
in  quo  habetur  de  corpore  ejus,  de  corpore  sancti  Laurencii,  de  capiLe 
sancti  Ypoliti  et  reliquiae  sancti  Quintini  et  sancti  Glementis,  de  costa 
sancti  Ciriaci,  sancti  Pancracii,  sancti  Georgii,  sancti  Simphoriani. 

A  sinistris  vero  est  altare  in  honore  sancti  Benedicti,  in  quo  conti- 
nentur  reliquiae  ejus  et  sancte  Scolastice  soi'oris  ipsius,  sancti  Golum- 
bani,  sancti  Galli,  sancti  Wichberti,  sancti  Dissibodi,  sancti  Floriai. 
Altare  quod  est  ad  pedes  sanctorum  confessorum  M.  A.  N.  ^  sacratum 
est  in  honore  episcoporum  Treverensium,  ac  reliquie  ipsorum  illo, 
Eucharii,  Valerii,  Materni,  Agricii,  JVlaximini,  Nicecii,  Paulini,  Liut- 
vuini,  et  reliquie  sancti  Quiriaci,  Lubentis,  Maxencii. 

In  inferiori  cripta,  ipso  die,  consecratum  est  altare  sancti  Galixti 
pape,  ad  dexteram  intrantibus,  in  quo  est  de  corpore  ejus,  et  rolicjuiis 
sanctorum  Bonet'acii,  Gosme  et  Damiani,  Juliani,  Modesti,  Grescenciœ, 
Valentini,  Felicis,  Audacti,  Januarii. 

Juxta  illud  altare  est  ara  sancti  Mauricii,  in  qua  ejus  reliquie  suntac 
sanctorum  Gereonis,  Dionisii  sociorumque  ejus,  et  sanctorum  Marcelli, 
Vincencii,  ApoUinaris. 

In  medio  supradictœ  inferioris  criptse  habetur  altare  sanct;e  Marifo, 
genitricis  Domini  nostri  Jhesu  Ghristi,  ibique  continentur  reliquiœ 
sancti  Stephani  papae  et  martyris  et  sanctae  Felicitatis  et  septem  filio- 
rum  ejus.  A  sinistris  vero  hujus  consecratum  est  altare  sancti  Sebas- 
tiani,  ipsius  habens  reliquias,  de  corporibus  sanctorum  Gorvasii  et 
Prothasii,  Grisanti  et  Dariir,  Proti  et  Jacincli,  Gorgonii  et  sanctorum 
confessorum  Aml)rosii,  Willibrordi,  Amandi,  Germani,  Gastoris.  Prope 
illud  est  positum  altare  in  honore  sanctorum  virginum,  in  quo  sunt 
reliquie  sancte  Felicitatis,  de  corpore  sanctœ  Agnetis,  sanctœ  Geciliœ, 

I.  Mâximiui,  Agricii,  Nicecii. 


S80 

sanctœ  Lucise,  sanctse  Walgisgse,   sanctae  Modestœ,  sanctœ  Brigidœ, 
sanctse  Agathae,  sancta?  Helense,  sanctse  Aldegundis. 

Anno  dominicse  incarnationis  millesimo  octavo  decimo,  indictione  I, 
régnante  Heinrico  imperatore,  venerabilis  Poppo,  Trevirorum  archiepis- 
copus,  petitione  devoti  abbatis  Winrici  rogatus,  oratorium  quod  est 
capella  abbatis,  in  honore  omnium  sanctorum,  vi  nonas  marcii,  conse- 
cravit,  et  bis  sanctorum  reliquiis  confirmavit  :  de  ligno  Domini,  de 
vestimento  sanctœ  Marise,  de  capillis  sancti  Jobannis  Baptistœ ,  de 
vestimento  sancti  Andreee,  de  corpore  sancti  Jacobi,  de  corpore  sancti 
Stephani  prothomartyris,  de  capillis,  de  vestimento  ipsius  et  de  lapide 
cum  quo  lapidatus  est;  de  reliquiis  sanctorum  Vincencii,  Georgii, 
Gengulfi,  Ypoliti,  Pancratii ,  et  sanctorum  confessorum  Maximini, 
Agricii,  Nicecii,  Eucharii,  Valerii,  Modoaldi,  Firmini,  Vitoni,  Basoli, 
Cornelii  papaî,  Gelsi ,  Nicolai  ;  reliquiis  sanctorum  Innocentium  et 
sanctarum  virginum  Vualpurgis,  Severœ,  Beatricis. 


VICES  ET  VERTUS  DES  DIFFÉRENTS  PEUPLES. 

On  pourra  rapprocher  des  documents  analogues  déjà  connus  la  liste 
suivante  des  vices  et  vertus  des  différents  peuples,  qui  se  trouve  en 
tête  du  manuscrit  Y.  41  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Rouen.  C'est 
l'une  des  plus  anciennes  rédactions  que  l'on  en  possède,  elle  date  du 
xn«  siècle,  comme  le  manuscrit  en  tête  duquel  elle  a  été  copiée,  qui 
n'est  autre  que  le  célèbre  Livre  noir  de  Saint-Ouen  de  Rouen,  Un  texte 
en  tous  points  semblable  nous  a  été  conservé,  entre  autres,  dans  le 
ms.  latin  17402  (fol.  117)  de  la  Bibliothèque  nationale  (dont  une  copie, 
ou  celle  d'un  texte  analogue,  se  trouve  dans  la  collection  Dupuy,  vol. 
488,  fol.  109)  ;  une  autre  liste,  qui  présente  avec  celle-ci  quelques  diffé- 
rences de  détail  et  est  une  assez  médiocre  copie  du  xiv^  siècle,  a  été 
publiée  d'après  un  manuscrit  de  Cambridge,  Corpus  Christi  Collège, 
n°  139,  dans  les  Reliquix  antiquœ  de  Th.  Wright  et  J.-O.  Halliwell  (1841 , 
in-S*^),  t.  I,  p.  127.  H.  0. 

DE   VITHS    GENTICM.  DE   VIRTUTIBUS   EARUM. 

Invidia  Judeorum.  Ebreorum  prudentia. 

Perfidia  Persarum.  Persarum  stabilitas. 

Astutia  Egyptiorum.  ^Egyptiorum  soUertia. 

Fallacia  Grecorum.  Grecorum  sapientia. 

Sevitia  Sarracenorum.  Romanorum  gravitas. 

Levitas  Caldeorum.  Caldeorum  sagacitas. 

Varietas  Affrorum.  Afrorum  ingenium. 

Gula  Gallorum.  Gallorum  firmitas. 


58^ 


Vana  gloria  Langobardonim. 
Grudelitas  liunorum. 
Immundicia  Suevorum. 
Ferocitas  Francorum. 
Stultitia  Saxonum. 
Duritia  Pictavorum. 
Luxuria  Wasconorum. 
Libido  Scottorum. 
Vinolentia  Ispanorum. 
Ira  Britannorum. 
Spurci[tija  Sclavorum. 
Rapacitas  Northmannorum. 


Francorum  fortitudo'. 
Scotorum  lidelitas. 
Ispanorum  argutia. 
Britannorum  hospitalitas. 
Northmannorum  communio. 

rrEM. 
Grecus  ante  causam. 
Francus  in  causam. 
Romanus  post  causam. 
Fraacus  gravis. 
Romanus  levis^^. 
Affer  versipellis. 


LE  MISSEL  DE  SAINTE-THEGLE  DE  MILAN. 

M.  Giuseppe  Ottino,  de  Milan,  a  publié,  sous  le  titre  de  Del  costo  di 
un  messale  ncl  1402  (Firenze,  1884,  petit  in-B"  de  16  pages),  une  note 
très  curieuse  relative  à  un  très  beau  missel,  qui  avait  été  fait  en  1402 
pour  l'église  de  Sainte-Thècle  d«.  Milan,  qui  passa  plus  tard  à  la  cathé- 
drale de  Milan  et  dont  le  sort  est  actuellement  inconnu.  Ge  missel  se 
composait  de  225  feuillets.  A  la  un  se  lisait  le  compte  des  dépenses 
qu'avait  entraînées  l'exécution  du  missel.  Une  copie  de  ce  compte  se 
trouve  dans  un  recueil  de  l'Ambrosienne  (E.  S.  f  II.  4)  ;  en  voici  les 
parties  les  plus  intéressantes  : 

«  In  nomine  Domini.  Anno  nativitatis  ejusdem  1402,  tcmpore  vene- 
rabilis  viri  domini  Pagani  de  Besozero,  pra^positi  et  canonici  occlesia) 
SanctiE  Theclse  Mediolani,...  hoc  missale  extivum  expletum  fuit  et  com- 
pletum  de  denariis  oblationum  factarum  in  festivitatibus  beatae  et  glo- 
riosae  virginis  Mariœ  et  sanctœ  Theclœ,  per  communem  Mediolani. 
Cujus  missalis  expensae  sic  describuntur  ut  infra,  videlicet. 

«  In  primis,  pro  cartis,  librae  xvi  et  solidi  ix  impériales. 

«Item  pro  magistro  Prothasio  de  Salimbenis,  pro  scriptura, 
librœ  xliii  et  solidi  iiii. 

«  Item  pro  magistro  Anuello  de  Imbonatc,  pro  aminiatura,  libra)  lxxxix 
et  solidi  vi. 


«  Item  pro  viluto  celestino,  librae  un. 

«  Item  pro  presbytero  Fatio  de  Gastoldis,  pro  ligatura  cum  expensis, 
librae  quatuor. 

1.  Le  ms.  de  Dupuy  ajoute  après  Francorum  foriitudo  : 

Saxonum  instantia. 
Vuascanorum  agilitas. 

2.  Le  ms.  de  Dupuy  a  omis  Homo  nus  levis. 

38 


S82 

«  Item  pro  pictura  cartarum  foris  circumquaque,  solidi  octo. 

«  Summa  est  librarum  ce  et  solidorum  x.  » 

Le  savant  qui  nous  a  conservé  une  copie  de  ce  petit  compte  a  noté 
quelques  particularités  qui  aideraient  à  reconnaître  ce  missel  s'il  existe 
encore  dans  quelque  collection  publique  ou  particulière  : 

«  Anno  postea  1462  fuit  religatum  in  villoto  rubro  cum  ornamentis 
argenteis  deauratis  pulcherrimis,  cum  tune  esset  archiepiscopus  Ste- 
phanus  cardinalis  Nardinus,  cujus  nomen  cum  prsedicto  anno  1462 
annotatum  est  in  primis  paginis.  Pagina  87  a  tergo  reperitur  depicta 
imago  Marchi  Toscani,  tune  temporis  canevarii,  cum  sua  kappa  cano- 
nicali  et  capuccio  in  capite,  et  ibi  est  missa  sancti  Marci  evangelistae.  » 

CONTRAT 
RELATIF  A  LA  CONFECTION  DE  PLUSIEURS  LIVRES. 

30    SEPTEMBRE    1522. 

Pris-faict  pour  noble  et  vénérable  persone  Messire  Guillaume  du  Mas, 
prieur  de  Sainct-Pierre-le-Monastier. 

L'an  mil  cinq  cens  et  ving  deux  et  le  darnier  jour  du  moys  de  sep- 
tembre, noble,  vénérable  et  religieuse  persone  Messire  Guilhaume  du 
Mas,  prieur  du  prieuré  de  Sainct-Pierre-le-Monastier  du  Puy,  a  bailhé 
à  pris-faict  à  vénérable  homme  Messire  Vidal  Mourin,  prebstre,  et 
Jehan  Martin,  clerc,  et  à  chascun  d'eulx  seul  et  pour  le  tout,  presens, 
à  luy  fère  entièrement  ung  livre  en  parchemin,  vulgarement  appelle 
Dumenchal,  en  letre  grosse  note,  en  la  forme  et  manière  que  lesdiz 
Mourin  et  Martin  ont  bailhé  la  forme  audict  Monsieur  le  prieur  en  ung 
feulhet  de  papier,  lequel  a  gardé  devers  luy. 

Item,  seront  tenus  lesdiz  Mourin  et  Martin  fornir  tous  les  parchemins 
que  seront  neccessères  à  parachever  ledict  livre  à  leurs  despans. 

Item,  aussi  seront  tenus  illuminer,  fère  les  vinetes  avec  les  armes 
dudict  Monsieur  le  prieur  en  letre  d'or,  et  aussi  timphaniser  et  corriger 
lesdiz  livres  jusques  à  la  ligature. 

Item,  parheilhement  bailhé  ledict  Monsieur  le  prieur  es  diz  Mourin 
et  Martin  à  parachever  et  parfaire  deulx  autres  livres  en  parchemin, 
appelles  Centoralz,  ce  que  reste  à  parfaire,  et  iceulx  illuminer,  fère  les 
vinhetes  en  letre  d'or  avec  les  armes  dudict  Monsieur  le  prieur  comme 
dessus,  timphaniser  et  corriger  comme  le  précèdent. 

Item,  samblablement  ledict  Monsieur  le  prieur  a  bailhé  à  pris-faict 
es  diz  Mourin  et  Martin  à  parfaire  et  parachever  ung  autre  livre  en 
parchemin,  appelle  Duminchal,  quasi  achevé  et  parfaict,  ce  que  reste  à 
faire  audict  livre,  et  ledict  livre  parfaict,  le  illuminer,  fère  les  vinhetes 
en  letre  d'or,  timphaniser,  corriger  jusques  à  la  ligature  comme  les 
autres  livres  precedens. 

Item,  seront  tenus  les  susdiz  Mourin  et  Martin  fornir  tous  et  chas- 


583 

cuns  les  parchemins  pour  achever  les  livres  dessus  déclarés,  et  aussi 
l'or  et  autres  chouses  neccessères  à  ce  faire,  à  leurs  despens. 

Item,  sera  tenu  ledict  Monsieur  le  prieur,  les  livres  dessus  diz  par- 
faictz  et  parachevés,  bailher  es  diz  Mourin  et  Martin  deulx  religieulx 
dudict  prieuré  pour  corriger  lesdiz  livres  avec  eulx  aux  despans  dudict 
Monsieur  le  prieur. 

Item,  sera  tengut  ledict  Monsieur  le  prieur,  lesdiz  livres  parfaytz,  les 
fère  relier  à  ses  despans. 

Item,  seront  tenus  lesdiz  Mourin  et  Martin,  escrivains,  de  parachever 
ledict  pris-fayt  des  livres  dessus  déclarés  d'icy  à  la  feste  de  saint 
Michiel  prochain  venant,  et  casti  quo  que  ne  seriont  faytz  audict  terme, 
ledict  Monsieur  le  prieur  porra  prandre  et  commeclre  autres  à  para- 
chever lesdiz  livres  à  leurs  despans. 

Item,  par  ledict  pris-faict,  ledict  Monsieur  le  prieur  sera  tenu  de  leur 
payer  la  somme  de  soysante  livres  tournois,  de  laquelle  somme  et  en 
déduction  d'icelle  lesdiz  Mourin  et  Martin  en  ont  confessé  avoir  heu  et 
receu  dudict  Monsieur  le  prieur  realement  en  testons  la  somme  de  dix 
livres  tournois,  et  de  laquelle  somme  en  ont  quicté  ledict  Monsieur  le 
prieur,  et  les  cinquante  livres  que  restent  lesdiz  livres  parfaytz  et  achevés. 

Et  ainsi  ont  promis  et  juré  hinc  inde,  etc.,  curiis  régie  Vallavie,  com- 
muni  et  domini  offtcialis  Anicii  ac  domini  abbatis  Casadei  *  se  obligave- 
runt,  etc.,  renunciantes,  etc.,  de  quibus,  etc.  Actum  Anicii,  in  domo 
prioratus  ejusdcm  Sancti  Pétri,  teatibics  ibidem  presentibtis  venerabili  et 
religioso  vivo  domino  Stephano  Carré,  religioso  dictt  prioratus,  Petro 
Seghalo,  clerico,  Robberto  Perolier,  servitore  dicti  domini  prioris,  et  me. 

DOMPNINI. 

L'an  mil  Vc  XXIII  et  le  samedi  sainct  une  du  moys  d'avril,  les  susdiz 
Mourin  et  Martin  ont  receu  dudict  Monsieur  le  prieur  en  déduction  la 
somme  de  xii  livres  tournois,  présent  Monsieur  Estienne  Rivier  hos- 
tiari,  Barthélémy  [sic],  serviteur  de  Monsieur  le  chanoyne  de 

Tournon. 

Plus,  ont  receu  lesdiz  Mourin  et  Martin  dudict  prieur  par  les  mains 
de  Messire  Ghauchada  lo  xxni  de  may  V^  XXIII,  xx  solz. 

Plus,  receu  dudict  Monsieur  le  prieur  par  les  mains  de  Messiro 
Jacques  Ghauchada,  présente  domino  Stephano  Carré,  vin  livres. 

Plus,  solvit  lo  x«  de  vii^re  Vc  XXIII,  per  manus  domini  Jacobi  Ghau- 
chada, nii  livres. 

Plus,  par  les  mains  de  Monsieur  lo  secrestan,  xui  livres. 

(Archives  départementales  de  la  Haute-Loire,  série  E,  Protocole  de 
Dompnin,  notaire,  reg.  D,  f"^  xxxiii  recto  à  xxxnii  recto.) 

A.  Ghassaing. 

1.  C'est  par  inadvertance  que  le  notaire  a  écrit  ce  nom  au  lieu  de  Monastcrii 
Sancii-Theofredi.  Sainl-Pierre-le-Monastier  du  Puy,  on  le  sait,  était  un  prieure 
dépendant  de  Saint- Chafl're. 


984 


NOTES  SUR  LES  MANUSCRITS  GRECS  DU  BRITISH  MUSEUM. 

Depuis  l'impression  de  ces  Notes,  dans  la  dernière  livraison  de  la 
Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  (p.  314-350),  j'ai  été  amené  à  inscrire 
dans  la  liste  des  manuscrits  grecs  du  British  Muséum  deux  manuscrits 
qui  y  avaient  été  omis  (p.  322),  ce  sont  les  Additional  Mss.  11728  et 
16398.  Ceci  me  fournit  l'occasion  de  compléter  par  deux  nouveaux  noms 
la  liste  des  copistes  (p.  333-350)  : 

Stephanus.  — Additional  11728  :  Polybii  historia'.  Au  fol.  160  v, 
souscription  en  minuscule  rouge,  de  l'an  1417  : 

+  'ExeXeiwÔYj  xbzapov  ^lêXiov/sipi  Exeçavou  ispo[j.ova-/ou  xai  axeucçu- 
Xaxoç  I  Toîj  xt|;.iou  Epo'àp6\).o\>  tyîç  £ÙAoY'r]i;.£V/)ç  néxpaç,  [jl'^vI  oi^Twâpio)  p', 

IVClXTtWVOÇ  l',  TOU  ^çTè   |   7.z'  IxOUÇ. 

Synesius.  —  Additional  17470  :  Evangelia  IV 2.  Au  fol.  285,  sous- 
cription en  minuscule  ordinaire  de  l'an  6542  =  de  J.-G.  1033  : 

'H  Twv  aYaGûv  TCpaY[ji,aTG)V  à-^'^ekict 
EI'Xyjçô  liXoq  [X'^vt  Tto  C£/.£[j,êpi'(i), 
'H[j.£pa  [JL£V  r^v  Tôtpàç  Tr,ç  £^Bo[;-aooç, 
"IvoixTOç  àvuouca  Bè  'q  B£UT£pa, 
X£ipi  Ypa?£îca  eÙtsXou  xp£(75uTépou 
Suvcffiûu  touvo|j.a  'iravTwv  ètr/axou. 

"0(701  0£  XplCTCÛ  U7:S/.'J7:TCVT£Ç  VS[J.a)l 

K'âv  r,'.  £•/.  TTcôo'j  Gzouoai'wç  \j.ekziîii'nt(; 

Euy^£s6£  aÙTwi  twi  xâXavi  :rp£(76ÛTY], 

"Ottwç  otà  Twv  U[xwv  £Ù)^wv  7capaa)^oi 

Xptaxbç  aux'  àcp£atv  '^roXXwv  09X'^|ji.âTa)v, 

"Iva  Ttai  u[j.£Îç  iKia^h"^  Xr/^^-^cOs  7:avT£ç 

Ilap'  aÙTOu  Tou  al'povTOç  Tàç  à[xapx(aç. 
"ETOrS  ,ç<ï>MB'. 
On  me  permettra  aussi  de  signaler,  à  propos  du  manuscrit  Burney  18, 
copié  par  Joasaph  (p.  343),  une  remarque  intéressante,  faite  par  M.  le 
D''  Caspar  René  Gregory  au  cours  de  ses  savantes  recherches  sur  le 
Nouveau  Testament  grec,  et  qu'il  a  bien  voulu  me  communiquer.  Les 
cahiers  xvi'-ve'  de  ce  manuscrit  Burney  18,  séparés  autrefois,  forment 
aujourd'hui  le  manuscrit  n"  4  de  Metz  3.  H.  O. 

1.  Voy.  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  la  Palaeographical  Society,  pi.  134. 
—  Je  dois  à  l'obligeance  de  M.  G.-F.  Warner  copie  de  celte  souscription,  ainsi 
que  de  celle  du  manuscrit  copié  en  1460  par  Metrophanes  (p.  34). 

2.  Voy.  un  fac-similé  de  ce  manuscrit  dans  la  Palaeographical  Society,  pi.  202. 

3.  Catalogue  général  des  manuscrits  des  départements,  t.  V,  p,  4-5. 


NOTICE 

SUR  LES  OUVRAGES  ET  SUR  LA  VIE 

DE 

RIGORD 

MOINE    DE     SAINT-DENIS. 

Rigord  a  laissé  deux  ouvrages  :  les  Gesta  Philippi  Augusti, 
connus  et  publiés  depuis  longtemps,  et  une  courte  Chronique 
des  rois  de  France  dont  notre  confrère  M.  Auguste  Molinier 
vient  de  retrouver  quelques  feuillets  ^  Comme  les  indications 
nécessaires  à  la  constitution  de  la  biographie  de  l'historien  ne  se 
peuvent  guère  trouver  que  dans  ses  écrits,  c'est,  contrairement  à 
l'ordre  généralement  établi,  par  l'examen  de  ses  œuvres  que  nous 
allons  commencer  la  présente  étude. 


LES   GESTA   PHILIPPI  AUGUSTI. 

§    l""".    MANUSCRITS   ET    ÉDITIONS   DES    Gesta   PllUippi. 

Les  Gesta  Philippi  Augusti  de  Rigord  ne  nous  sont  parvenus 
que  par  deux  manuscrits  ;  encore  l'un  des  deux  n'en  contient-il 
qu'un  fragment.  D'ailleurs  les  manuscrits  des  Gesta  étaient  déjà 
rares  peu  de  temps  après  la  mort  de  Rigord,  puisque  la  rareté  de 
cet  ouvrage  fut  précisément  l'un  des  motifs  qui  poussèrent  Guil- 

1.  Nous  tenons  à  remercier  ici  M.  Molinier  de  l'arnical  empressement  qu'il  a 
mis  à  nous  faire  profiter  de  sa  découverte. 

39 


586 

laume  le  Breton  à  en  faire  un  résumé.  La  raison  de  cette  rareté, 
nous  la  trouvons  probablement  dans  le  texte  même  de  Guillaume  : 
c'est  que  l'on  ne  communiquait  pas  encore  au  public  l'œuvre  du 
premier  biographe  de  Philippe-Auguste  \  Comment  concilier  ce 
fait  avec  les  expressions  du  prologue  dans  lequel  Rigord  dit  qu'il 
a  présenté  son  histoire  au  roi  «  ut  sic  demum  per  tnanmn  ipsius 
régis  in  publica  veniret  monumental,  »  expressions  qui  feraient 
croire  que  l'auteur  a  cherché  à  donner  à  son  livre  la  plus  grande 
publicité  lorsque,  cédant  aux  prières  de  l'abbé  Hugues  Foucaud, 
il  renonça  à  détruire  ou  à  cacher  son  ouvrage  et  résolut  de 
l'offrir  au  roi?  Les  raoii publica  monuynenta  doivent  désigner 
les  monuments  officiels  de  l'histoire  de  France  réunis  à  l'abbaye 
de  Saint-Denis,  parmi  lesquels  Guillaume  le  Breton  nous  apprend 
qu'il  alla  chercher  les  Gesta  Philippi'^.  Il  faut  donc  supposer 
que  les  religieux,  occupés  dès  cette  époque  du  projet  de  codifica- 
tion de  nos  historiens  nationaux,  n'avaient  pas  encore  pu  ou 
voulu  introduire  le  récit  de  leur  confrère  dans  leurs  essais  de 
collections  au  moment  où  écrivait  Guillaume  le  Breton,  et  que 
c'est  ainsi  que  le  public  en  était  resté  privé. 

Le  récit  de  Rigord  trouva  sa  place  dans  le  plus  important  de 
ces  essais,  celui  qui  nous  a  été  conservé  dans  le  ms.  latin  5925, 
manuscrit  bien  connu  ^  et  qui  est  postérieur  d'un  demi-siècle 
environ  à  la  mort  du  biographe  de  Philippe-Auguste.  On  sait  que 
l'œuvre  de  Rigord,  qui  s'arrêtait,  d'après  le  témoignage  de  Guil- 
laume le  Breton,  à  la  vingt-huitième  année  du  règne  de  son 
héros,  s'y  trouve  complétée  ou  continuée  jusqu'en  1215,  au 
moyen  d'un  fragment  de  la  chronique  de  Guillaume ,  sans  que  le 
compilateur  nous  ait  en  rien  indiqué  le  point  de  séparation  des 
deux  ouvrages.  Rigord  se  nommant  dans  son  prologue,  le  premier 
éditeur,  Pithou,  crut  naturellement  qu'il  était  l'auteur  du  récit 
tout  entier^.  Duchesne  donna  en  1649  une  nouvelle  édition  de 
Rigord^,  analogue  à  celle  de  Pithou,  c'est-à-dire  une  reproduc- 

1.  Guillaume  le  Breton.  Édition  de  la  Société  de  l'hist.  de  France,  I,  p.  168. 

2.  Ibid.,  p.  5. 

3.  «  Gesta  Francorum  régis  Philippi in  archivio  ecclesie  Beati  Dionysii 

habentur.  »  Ibid.,  p.  168. 

4.  Voy.  notamment  la  description  qu'en  a  donnée  M.  Léopold  Delisle  {Mém. 
de  la  Soc.  de  l'histoire  de  Paris,  IV,  191  à  212). 

5.  L'édition  de  Pithou  parut  en  1596  dans  ses  Scriptores  undecim. 
G.  Rerum  Francicarum  Scriptores,  tome  V,  p.  1. 


587 

tion  du  texte  contenu  dans  le  manuscrit  latin  5925,  bien  qu'une 
note  qu'il  inséra  dans  son  édition  de  Guillaume  le  Breton  ^  prouve 
qu'il  savait  que  le  récit  des  événements  accomplis  dans  les  années 
1209  à  1215  appartenait  en  réalité  à  Guillaume.  Ce  n'est  qu'en 
1818,  lorsque  parut  le  tome  XVII  des  Historiens  des  Gaules 
et  de  la  France,  que  les  œuvres  des  deux  chroniqueurs  furent 
nettement  séparées  l'une  de  l'autre  par  Dom  Brial.  EniSn,  dans 
ces  dernières  années,  nous  avons  publié,  pour  la  Société  de 
l'Histoire  de  France,  une  édition  de  Rigord  et  de  Guillaume  le 
Breton,  à  laquelle  nous  renvoyons  au  cours  de  cet  article  2. 

Pour  cette  édition,  nous  avons  employé,  outre  le  manuscrit 
latin  5925,  un  manuscrit  du  Vatican  (Christine,  88,  fol.  17G- 
198  v°)  transcrit  vers  la  même  époque  que  le  premier  et  ne  con- 
tenant malheureusement  que  les  soixante-neuf  premiers  para- 
graphes de  l'histoire  de  Philippe-Auguste.  Ce  manuscrit,  qui  ne 
présente  avec  l'autre  que  des  différences  insignifiantes,  avait  été 
déjà  signalé  par  Montfaucon^  et  examiné  par  MM.  Renan  et 
Daremberg^. 

Rigord  et  sa  biographie  de  Philippe-Auguste  ont  été  l'objet 
d'un  mémoire  de  La  Curne  de  Sainte-Palaye  ^  et  d'une  notice  de 
Daunou^.  On  consultera  aussi  avec  fruit  les  préfaces  de  Dom 
BriaP  et  de  M.  Molinier  ». 

§  2.  RÉDACTIONS  DES  Gesta  Philippi. 

Les  Gesta  Philippi  de  Rigord,  tels  qu'ils  nous  sont  parvenus, 
se  trouvent  précédés  d'une  épître  dédicatoire  au  prince  Louis, 

1.  lUd.,  87. 

2.  En  même  temps  paraissait,  dans  le  tome  XXVI  des  Scripiores  des  Monu- 
vienta  Germunix  (p.  289-294),  une  édition  fragmentaire  |)réparéc  par  notre 
confrère  M.  Auguste  Molinier,  d'ai)rès  les  mêmes  manuscrits  que  ceux  que  nous 
avons  eus  sous  les  yeux. 

3.  Biblioiheca  bibliothecarum,  I,  16,  n»  145. 

4.  Archives  des  Missions,  \,  246.  —  il  y  avait  dans  la  bibliolhèquc  de  Sainte- 
Geneviève,  au  xni°  siècle,  un  manuscrit  intitulé  Gesta  Philippi  régis  Franco- 
rum  (L.  Delisle,  Le  cabinet  des  manuscrits,  II,  514,  n"  75).  Mais  nous  ne 
savons  pas  si  la  mention  qui  en  est  faite  désigne  le  livre  de  Rigord  ou  celui 
de  Guillaume  le  Breton. 

5.  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions,  VIII,  528. 

6.  Histoire  littéraire  de  la  France,  XVII,  5. 

7.  Historiens  de  France,  XVII,  ij-iij. 

8.  Monumenta  Germanix.  Scriptores,  XXVI,  288-289. 


588 

et  d'un  prologue  ;  mais  ces  deux  morceaux  furent  rédigés  à  deux 
époques  différentes.  Le  prologue  est  certainement  le  plus  ancien, 
car  l'auteur  croit  nécessaire  d'y  expliquer  le  surnom  d'Auguste 
qu'il  est  le  premier  à  donner  au  roi  S  tandis  qu'il  l'écrit  deux  lois, 
sans  aucune  espèce  d'explication,  dans  l'épître',  qui  est  cepen- 
dant transcrite  avant  le  prologue  dans  le  manuscrit  de  Paris 
comme  dans  celui  du  Vatican.  L'explication  de  ce  surnom  prouve 
que  Rigord  la  donnait  après  l'annexion  du  Vermandois  et  avant 

celle  de  la  Normandie,  c'est-à-dire  entre  1185  et  1204  :  « iste 

«  merito, dit-il,  dictusest Augustus àb  aucta  republica.  Adje- 
«  cit  enim  regnosuo  totamViromandiam  quampredecessores 
«  sui  multo  tempore  amiserant  et  multas  alias  terras  ;  red- 
«  ditus  etiam  regum  plurimum  augmentavit  ^ .  »  La  Nor- 
mandie était  assurément  une  acquisition  bien  autrement  impor- 
tante que  le  Vermandois  S  et  le  chroniqueur  n'aurait  pas  omis 
de  la  mentionner  si  elle  eût  déjà  été  réunie  au  domaine  royal. 
Quelques  autres  expressions  du  prologue  nous  apprennent  encore 
qu'il  fut  composé  moins  de  dix  ans  après  l'entrée  de  Rigord  dans 
un  ordre  religieux.  Rigord  y  dit  en  effet  qu'il  mit  dix  ans  à  com- 
poser ses  Gesta'",  et,  quelques  lignes  plus  haut,  il  énumère, 
parmi  les  obstacles  qui  l'ont  retardé,  son  indigence  et  la  difficulté 
qu'il  avait  à  s'acheter  des  aliments  '^  ;  or  ces  obstacles  durent 
cesser  le  jour  où  il  devint  moine  et  où  il  n'eut  plus  d'autre  peine 
à  se  donner  pour  se  procurer  sa  nourriture  que  celle  de  descendre 
au  réfectoire.  Enfin  le  prologue  a  été  écrit  avant  l'époque  à 
laquelle  le  biographe  de  Philippe -Auguste,  de  panégyriste 
enthousiaste  qu'il  était  jusque-là ,  devint  un  censeur  parfois 
sévère  des  actes  de  son  héros. 

On  peut,  croyons-nous,  déterminer  assez  exactement  le 
moment  où  notre  auteur  changea  si  complètement  sa  manière  de 
juger  la  conduite  du  roi  :  c'est  à  partir  de  la  coupable  union  de 
Philippe- Auguste  avec  Agnès  de  Méranie  en  juin  1196.  Voici  en 
quels  termes  Rigord  s'exprime  dans  la  première  partie  de  sa 

1.  Page  6,  1.  2  et  suiv. 

2.  Page  1,  1.  12  ;  page  .3,  1.  2. 

3.  Page  6,  1.  6  à  10. 

4.  Le  Vermandois  avait  été  réuni  au  domaine  royal  par  le  traité  d'Auraale 
(7  nov.  1185). 

5.  Page  5, 1.  10. 

6.  «  ...  egestas  seu   rerum  inopia,  acquisitio  victualium...  »  Page  4,  1.  16. 


589 

chronique  :  «  Le  roi  aima  l'équité  comme  sa  propre  mère  ;  il  fit 
«  tous  ses  efibrts  pour  que  la  clémence  l'emportât  sur  la  justice  ; 
«  jamais  il  ne  permit  que  la  vérité  lui  devînt  étrangère  ;  quant  à 
«  la  continence  conjugale,  il  V observa  dans  sa  maison  plus 
<c  que  tous  les  autres  rois^.  »  Cet  éloge  est  évidemment  anté- 
rieur à  l'époque  où  le  roi  était  devenu  l'époux  adultère  d'Agnès. 
Il  en  est  de  même  assurément  des  passages  où  l'écrivain  se  répand 
en  louanges  exagérées  sur  la  protection  accordée  par  Philippe- 
Auguste  aux  églises  ;  ce  prince  «  est  enflammé  d'un  zèle  divin 

«  pour  la  défense  des  églises  et  des  libertés  du  clergé On 

«  l'appelle  Dieu-donné ,  parce  qu'il  a  été  donné  par  Dieu  comme 
«  roi,  pour  la  délivrance  des  églises  et  du  clergé  et  pour  la  garde 
«  de  tout  le  peuple  de  Dieu^.  »  A  l'année  1194,  Rigord  prend 
encore  la  défense  du  roi  contre  ceux  qui  l'accusaient  de  cupidité  ; 
c'est  sur  le  compte  de  ses  mauvais  conseillers  qu'il  met  la  spolia- 
tion des  abbayes  relevant  de  Richard  Cœur  de  Lion  ^  et  il  parle 
encore  en  termes  bienveillants  des  aumônes  faites  par  le  roi  en 
1195^.  Mais  le  revirement  est  complet  à  partir  des  premiers  mois 
de  Tannée  suivante  :  les  évêques  qui,  réunis  à  Paris  le  7  mai 
1196,  n'osent  pas  se  prononcer  sur  la  dissolution  du  mariage 
d'Ingeburge  sont  «  des  chiens  muets  qui  ne  peuvent  aboyer  et 
«  craignent  pour  leur  peau  ^.  »  Philippe-Auguste  méprise  le  vœu 
général  de  ses  peuples  en  rappelant  les  Juifs  ;  c'est  un  persécu- 
teur des  églises ,  l'objet  des  punitions  célestes  ^  ;  il  oublie  les 
offenses  dont  il  s'est  rendu  coupable  envers  Dieu'^.  Par  une 
injuste  vengeance  il  prive  de  leurs  sièges  les  évêques  qui  ont  con- 
senti à  la  mise  en  interdit  du  royaume  ;  il  chasse  leurs  chanoines, 
leurs  simples  prêtres,  il  s'empare  de  leurs  biens.  Enfin,  «  pour 
comble  de  tout  mal ,  »  il  tient  prisonnière  la  malheureuse  Inge- 
burge  ;  à  tout  cela  «  il  ajoute  encore  un  nouvel  acte  qui  répand 

1.  §  5,  page  14. 

2.  g  7.  Voy.  aussi  M  8,  9,  34,  etc. 

3.  «  ...  inslinctu  quoruradam  pravorum  hominum...  »  g  99.  Philippe-Augusle 
n'agit  ainsi  d'aQIeurs  que  pour  répondre  à  l'expulsion  des  chanoines  de  Saint- 
Martin  de  Tours  par  le  roi  d'Angleterre. 

4.  g  105. 

5.  §  92  in  fine. 

6.  «  ...  contra  omnium  hominum  opinionem  ipsiusque  régis  ediclum,  Judeos 

«  Parisiis  reduxit  et  ecclesias  Dei  graviter  est  persecutus  ;  qua  de  causa 

«  pena  secuta  est.  »  g  122. 

7.  «  non  reducens  ad  memorlam  Dei  offensara »  g  123. 


590 

<<  le  trouble  dans  toute  la  France  :  »  il  enlève  violemment  aux 
nobles  le  tiers  de  leurs  biens  et  il  accable  les  bourgeois  de  «  tailles 
«  intolérables  et  d'exactions  inouïes  ^  » 

Le  prologue  appartient  à  la  première  manière,  car  les  termes 
en  sont  plus  qu'élogieux  :  «  Scripturus  enimgesta  christianis- 
«  sivni  Philippi  régis,  si  cuncta  de  virtutibus  ejus  congrua 
«  dixero,  adulari putabor  ;  si  quedam  subtraxero  ne  incre- 
«  dibilia  videantur,  damnum  laudibus  ejus  mea  faciet  vere- 
«  cundia^.  »  Il  est  donc  très  probable  qu'il  a  existé  une  rédaction 
delà  chronique  dans  laquelle  Rigord  n'exprimait  que  des  sentiments 
favorables  à  Philippe-Auguste,  rédaction  qui  était  précédée  du  pro- 
logue et  qui  ne  fut  pas  publiée  plus  tard  que  dans  les  premiers  mois 
de  1196.  Nous  avons  dit  plus  haut  que  la  chronique  était  certaine- 
ment commencée  avant  l'époque  de  la  prise  d'habit  de  Rigord  ;  elle 
l'était  donc  avant  le  10  février  1189,  car,  à  cette  date,  l'auteur 
était  déjà  moine  de  Saint-Denis,  puisqu'il  se  trouvait  au  prieuré 
d'Argenteuil  ^  ;  elle  l'était  même  avant  les  premiers  mois  de  1187, 
puisque  nous  lisons  dans  le  prologue  que  l'auteur  mit  dix  ans  à 
la  composer. 

D'un  autre  côté,  il  est  certain  que  Rigord  racontait  les  faits  de 
1184,  mentionnés  au  §  26,  c'est-à-dire  tout  au  début  de  son  his- 
toire, un  certain  temps  après  qu'ils  s'étaient  passés,  puisqu'il  les 
confondait  avec  les  faits  de  1185^.  Ce  serait  donc  vers  1186  qu'il 
faudrait  placer  le  commencement  de  son  travail  ;  ce  qui  porterait 
l'époque  de  la  publication  aux  environs  de  1196,  c'est-à-dire  au 
moment  où  s'est  opéré  ce  changement  si  complet  dans  les  appré- 
ciations de  l'écrivain  sur  Philippe- Auguste.  Quant  à  l'abbé,  dont 
les  instances  décidèrent  le  trop  craintif  auteur  à  publier  son 
œuvre,  ce  serait,  en  ce  cas,  Hugues  Foucaut,  qui  gouverna  l'ab- 
baye de  1186  à  1197  ^ 

Nous  avons  dit  que  l'épître  dédicatoire  adressée  au  prince 
Louis  dut  être  écrite  après  le  prologue  ;  malheureusement,  comme 
elle  ne  contient  aucune  allusion  à  des  faits  historiques,  il  est  dif- 

1.  §  131: 

2.  Page  5. 

3.  g  64. 

4.  g  26,  p.  41,  note  3. 

5.  11  y  eut,  à  cette  époque,  deux  abbés  de  Saint-Denis  du  nom  de  Hugues,  qui 
gouvernèrent  l'abbaye  à  la  suite  l'un  de  l'autre  :  Hugues  Foucaut  (1186-1197),  et 
Hugues  de  Milan  (1197-1204). 


591 

ficile  d'en  déterminer  exactement  la  date.  Tout  ce  que  nous  pou- 
vons reconnaître  c'est  que  le  prince  n'était  pas  encore  un  jeune 
homme,  mais  bien  un  enfant  au  moment  où  elle  lui  fut  adressée. 

«  Salvatoris  exoramus  clementiam  ut ij^se  vos  eadetn 

«  gratta  qua  féliciter  educavit  in  pueriim,  felicius  vos  pro- 
«  moveat  in  juvenem^...  ;  »  son  éducation  n'était  pas  terminée 

« quia  litteras  discitis  et  diligitis  ^  ;  »  en  même  temps  il 

semble  que  quelque  grand  événement  soit  sur  le  point  de  s'ac- 
complir dans  la  vie  de  Louis,  quelque  élévation  à  une  condition 
supérieure  à  son  âge  :  «  Voœ  siquidem  exsultatioyiis  et  salutis 
«  in  tabernaculis  Francorum  passim  insonuil,  quia  vident 
«  regem  suum,  régis  Augusti  filium,  a  cunis  sapientie  lari- 
«  bus  educatum  ad  regalem  sapientie  thronum  mature 

«  conscendere^ />  Rigord,  qui  va  jusqu'à  donner  au  royal 

enfant  le  titre  de  roi,  ne  se  serait  pas  exprimé  autrement  si  Phi- 
lippe-Auguste, imitant  l'exemple  de  ses  prédécesseurs,  eût  été 
sur  le  point  de  faire  sacrer  son  fils  de  son  vivant.  Louis  était-il 
sur  le  point  d'être  armé  chevalier?  Comme  ce  n'est  qu'en  1209 
qu'il  reçut  cet  honneur  des  mains  de  son  père,  il  aurait  été  alors 
dans  sa  vingt-deuxième  année,  et  les  expressions  que  nous  venons 
de  citer  obligent  à  le  considérer  comme  beaucoup  plus  jeune. 

Mais  il  est  un  autre  événement  fort  important  aussi,  et  qui 
faisait  sortir  Louis  VIII  de  l'enfance  ;  nous  voulons  parler  de 
son  mariage  avec  Blanche  deCastille,  célébré  en  mai  1200.  Louis 
n'avait  pas  encore  tout  à  fait  treize  ans;  c'était  un  enfant 
par  l'âge  en  même  temps  que  ce  mariage  le  mettait  au  rang  des 
hommes.  Tout  porte  donc  à  supposer  que  l'épître  dédicatoire  a  été 
écrite  vers  ce  moment,  et  nous  croyons  pouvoir  en  rapporter 
la  composition  aux  premiers  mois  de  l'année  1200.  Il  est  en 
outre  vraisemblable  qu'elle  était  jointe  à  une  seconde  rédaction 
continuée  jusqu'à  la  même  époque.  Le  récit  des  faits  antérieurs  à 
1196  avait  dû  subir  des  remaniements  ;  on  trouve  par  exemple 
au  §  93,  consacré  au  mariage  d'Ingeburge  en  1193,  des  allusions 
aux  événements  de  1196  et  les  premiers  symptômes  de  ce  que 
nous  appellerons  la  manière  désapprobative  de  Rigord. 

Après  ces  deux  rédactions  en  vient  une  troisième,  la  seule  qui 

1.  Page  4. 

2.  Page  2. 

3.  Page  1. 


392 


nous  soit  parvenue  ;  c'est  celle  qui  est  conservée  dans  le  manus- 
crit latin  5925,  dans  lequel  elle  se  trouve  continuée  au  moyen  de 
la  seconde  partie  de  la  chronique  de  Guillaume  le  Breton  ;  il  est 
assez  difficile  de  déterminer  le  point  auquel  elle  se  termine.  Nous 
nous  sommes  efforcé,  il  y  a  quelques  années,  de  prouver  que  la 
chronique  de  Rigord,  dans  sa  dernière  forme,  s'arrêtait  à  l'année 
1207  *  ;  en  d'autres  termes,  qu'elle  ne  comprenait  que  les  148  pre- 
miers paragraphes  de  l'édition  que  nous  avons  donnée  pour  la 
Société  de  V Histoire  de  France,  et  que  les  paragraphes  149- 
154  étaient  l'œuvre  d'un  continuateur  inconnu.  M.  Waitz,  qui 
nous  a  fait  l'honneur  de  discuter  nos  conclusions,  croit  que  ces 
paragraphes  149  à  154  doivent  aussi  être  attribués  à  Rigord  : 
«  Lorsque  Guillaume  ajoute  :  Quoniam  autem  sequentia  ejus 
«  opéra  non  minori  laude,  immo  multo  excellentiore  pre- 

«  conio  digna  sunt,  ego   Willelmus . . . . ,  eadem  gesta 

«  litteris  commendavi,  il  veut  dire  manifestement  qu'il  se  rat- 
«  tache  sans  transition  au  prédécesseur  qu'il  vient  de  nommer  ; 
«  et  il  n'y  a  pas  lieu  de  croire  qu'il  ait  pu  connaître  le  travail 
«  d'un  troisième  écrivain  sur  le  compte  duquel  il  aurait  gardé  le 
«  silence.  En  outre,  à  l'endroit  où  M.  Delaborde,  ainsi  que  tous 
«  ses  prédécesseurs,  fait  commencer  positivement  Guillaume, 
«  l'année  1209  est  formellement  indiquée  comme  la  vingt-huitième 
«  du  règne  de  Philippe  ;  le  chroniqueur  ne  peut  donc  pas  en  avoir 
«  voulu  désigner  une  autre  dans  son  prologue  ^.  » 

Malgré  la  compétence  si  haute  de  M.  Waitz,  nous  lui  demandons 
la  permission  de  maintenir  notre  ancienne  opinion  :  en  effet ,  il 
ne  reste  pas  moins  certain  que  l'auteur  de  la  chronique  contenue 
dans  le  ms.  latin  5949  ^  a  fait  constamment  des  emprunts  à 
Rigord  pour  les  années  antérieures  à  1207,  et  qu'à  partir  de 
cette  année  les  analogies  avec  Rigord  cessent  subitement  ;  il  est 
donc  plus  que  probable  que  l'auteur  de  cette  chronique  avait  sous 
les  yeux  un  manuscrit  de  Rigord  se  terminant  après  le  récit 
des  inondations  de  décembre  1206.  Quant  au  manuscrit  em- 
ployé par  Guillaume  le  Breton,  il  devait  être  continué  jusqu'à 
l'année  1209  ;  que  Guillaume  n'ait  pas  nommé  l'auteur  de  cette 
continuation ,  cela  peut  s'exphquer  de  deux  façons  :  ou  il  aura 

1.  Étude  sur  la  Chronique  en  prose  de  Guillaume  le  Breton,  Bibliothèque 
des  Écoles  d'Athènes  et  de  Rome,  fasc.  22,  pages  31-39. 

2.  Gœttingische  gelehrte  Anzeigen,  1881,  p.  937. 


503 

jugé  la  continuation  trop  peu  importante  (elle  ne  comprend  que 
les  §§  149-154,  c'est-à-dire  quarante-trois  lignes  de  notre  édi- 
tion) ;  ou,  ce  qui  est  bien  plus  probable,  il  aura  cru  tout  simple- 
ment que  cette  continuation  faisait  partie  de  l'œuvre  de  Rigord. 
C'est  ce  que  prouveraient  les  termes  du  prologue  usque  ad  vige- 
sinium  octavimi  annum  regni  siii,  qui  désigneraient  alors 
exactement  la  même  année  que  les  mots  anno  ejusdem  regni 
XXF/// au  point  où  le  chapelain  de  Philippe- Auguste  commence 
son  œuvre  originale. 

En  résumé,  les  Gesta  Philippi  Augusti  de  Rigord  auront  eu 
au  moins  trois  rédactions  : 

1°  L'une,  publiée  avant  1190,  était  précédée  du  prologue. 

2"  Une  seconde  rédaction ,  continuée  vraisemblablement  jus- 
qu'aux environs  de  l'année  1200,  était  accompagnée  de  la  lettre 
au  prince  Louis  écrite  vers  cette  année. 

3°  Enfin  celle  qui  nous  est  parvenue  et  que  Rigord  avait 
continuée  au  moins  jusqu'à  l'année  1206  inclusivement. 

§  3.  SOURCES  ET  DIFFUSION  DES  Gcsta  Philippi. 

Bien  que  la  majeure  partie  des  Gesta  Philippi  semble  être  un 
récit  original,  Rigord  dit  lui-même,  dans  le  prologue,  qu'il  n'a 
pas  seulement  rapporté  les  faits  dont  il  avait  été  le  témoin  : 
«  Scripsi  enini  quedam  que  propriis  oculis  vidi,  quedam 
«  que  ah  aliis  diligenter  inquisita  forsan  minus  plene 
«  didici,  quedam  mihi  incognit a  penitus  pretei^misi^.  » 

Ailleurs  il  déclare  avoir  consulté  Eusèbe,  Hidace  et  Grégoire 
de  Tours  ',  mais  cette  déclaration  n'a  pas  plus  d'importance  que 
la  citation  de  ces  mêmes  noms  dans  le  prologue  de  Frédégaire 
qu'il  a  peut-être  imité  ici.  Il  nomme  encore,  mais  avec  plus  de 
raison  cette  fois ,  Métliodius^;  quant  aux  Gesta  Francorum, 
auxquels  Rigord  renvoie  \  c'est  probablement  l'ouvrage  d'Aimoin 
qu'il  veut  ainsi  désigner  ;  en  ce  cas  il  ne  le  cite  pas  littéralement. 

Telles  sont  les  sources  avouées  par  l'auteur.  Il  y  en  a  d'autres 
encore  :  on  retrouve  par  exemple,  dans  le  résumé  de  l'histoire  des 


1.  Pages  5  et  6. 

2.  g  37,  p.  55,  et  g  39,  p.  63. 

3.  §  19,  p.  33. 

4.  i  37,  p.  54. 


594 

Francs  contenu  au  §  38,  des  extraits  de  Hugues  de  Saint-Victor, 
de  Geoffroi  de  Monmouth  S  etc.  Pour  le  récit  de  l'ouverture  de  la 
châsse  de  saint  Denis,  en  1053  2,  Rigord  ne  s'est  pas  servi  de 
YEpistola  Haimonis  ^  mais  sans  doute  de  quelque  autre  docu- 
ment conservé  à  l'abbaye. 

C'est  surtout  dans  les  actes  publics  et  dans  les  lettres  que  le 
biographe  de  Philippe- Auguste  a  cherché  des  renseignements. 
Parmi  les  premiers,  il  a  eu  l'heureuse  idée  de  transcrire  le  testa- 
ment politique  du  roi  en  1190^  et  l'ordonnance  concernant  les 
dîmes  saladines  et  les  dettes  des  croisés;  le  texte  de  ces  deux 
documents  ne  nous  serait  jamais  parvenu  sans  cela.  Il  est  bon  de 
faire  remarquer  que  la  copie  de  l'ordonnance  n'est  pas  littérale, 
car  l'adresse  et  la  date  sont  omises,  et  il  pourrait  bien  se  faire 
que  Rigord  eût  réuni  les  notices  de  deux  ordonnances  différentes, 
l'une  sur  les  dettes  des  croisés ,  l'autre  sur  les  dîmes  saladines  ^. 

L'auteur  ne  prend  pas  le  même  soin  pour  le  traité  de  paix  conclu 
au  Goulet,  le  18  mai  1200,  entre  Philippe-Auguste  et  Jean  sans 
Terre;  il  se  contente  de  renvoyer  au  texte  original  ceux  qui 
seraient  curieux  de  connaître  les  conditions  de  la  paix  ^. 

Pour  les  lettres,  Rigord  en  a  fait  usage  de  diverses  manières. 
Il  y  en  a  qu'il  a  transcrites  :  telles  sont  les  lettres  des  astrologues 
annonçant  des  malheurs  qui  auraient  dû  survenir  en  1186 '^  ;  il  y 
en  a  d'autres  dont  il  a  analysé  le  contenu  en  avertissant  qu'il  a 
emprunté  le  récit  des  faits  à  une  lettre  :  c'est  ainsi  qu'après 
avoir  exposé  les  événements  de  la  quatrième  croisade  d'après 
une  lettre  sans  doute  insérée  dans  VHistoria  Francorum  de 
Jean  Faicète,  et  qui  a  été  aussi  employée  par  Dandolo  et 
Robert  d'Auxerre,  il  prévient  qu'il  s'est  servi  de  lettres  venues 
de  Constantinople  :  «  Hec  in  litteris  eorum  scripta  vidimus  et 
«  legimus  ^  »  Enfin  on  trouve  la  trace  de  l'emploi  d'autres  lettres 

1.  Page  55,  note  3. 

2.  g  39. 

3.  Publiée  dans  Félibien,  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis,  pièces  justifi- 
catives, p.  clxv. 

4.  î  70. 

5.  g|  55  et  59.  Voy.  aussi  page  88,  note  1. 

6.  «  Qualiter  aut  quoraodo  inter  eos  sit  illa  pax  confirraata ,  vel  terra  inter 
eosdem  fuerit  divisa,  in  authenticis  instrumentis  ab  ipsis  confectis  et  sigillatis 
plenius  continetur.  »  §  132. 

7.  g  49. 

8.  g  139,  p.  154,  note  1,  et  157,  note  1. 


595 

dont  Rigord  n'a  pas  jugé  nécessaire  de  déclarer  qu'il  s'était 
servi  :  la  plus  grande  partie  du  paragraphe  88  {accidit  ut  ventus- 
captivavit)  est  empruntée  à  la  lettre  par  laquelle  Henri  VI  fit 
part  à  Philippe- Auguste  de  la  capture  de  Richard  Cœur  de  Lion, 
lettre  dont  le  texte  a  été  conservé  par  Roger  de  Hoveden  *.  C'est 
sans  doute  aussi  d'après  une  lettre,  ou  tout  au  moins  d'après  un 
récit  écrit  bien  peu  de  temps  après  l'affaire,  que  Rigord  a  raconté 
la  déroute  de  Gisoi's.  Comment  s'expliquer  autrement  ces  mots 
ajoutés  après  l'énumération  de  quelques-uns  des  principaux  pri- 
sonniers: «  ...et  alii plures  quorum  nomina  ex  nimia  aniyyii 
«  turbatione  scribere  nohmnus '^  ?  » 

Si,  maintenant  que  nous  avons  indiqué  les  sources  des  Gesta 
Philipjn  de  Rigord,  nous  cherchons  quelles  sont  les  œuvres  his- 
toriques auxquelles  ils  ont  servi  de  sources  à  leur  tour,  nous 
rencontrons  en  première  ligne  la  chronique  en  prose  de  Guillaume 
le  Breton.  Le  lecteur  sait  déjà  quels  furent  les  motifs  qui  pous- 
sèrent le  chapelain  de  Philippe-Auguste  à  faire  précéder  son 
propre  ouvrage  d'un  résumé  de  celui  de  Rigord.  En  même  temps 
qu'il  les  expose  dans  son  prologue,  il  déclare  avoir  fait  quelques 
additions  au  récit  de  son  prédécesseur  :  «  quedam  adjiciens  bre- 
«  viter  pretei^missa  ab  eo  ^  ;  »  mais  il  néglige  de  dire  qu'il  a  fait 
aussi  de  nombreuses  suppressions.  Les  termes  qu'il  emploie  feraient 
croire  au  contraire  qu'il  a  résumé  tout  ce  que  l'on  trouve  raconté 
d'une  façon  complète  dans  le  livre  de  son  prédécesseur  :  «  Omnia, 
«  dit-il,  que  m  eo  plenayHe  oontinentur  summatim  tetigi  ^.  » 
Doit-on  conclure  que  les  passages  que  Guillaume  semble  avoir 
supprimés  sont  des  interpolations  qui  n'avaient  pas  encore  été 
faites  dans  le  manuscrit  de  Rigord  qu'il  a  eu  sous  les  yeux  ^  ?  Il 
paraît  impossible  de  l'admettre  ;  les  suppressions  s'expliquent 
d'une  façon  beaucoup  plus  naturelle. 

Les  cinquante-sept  passages  supprimés  totalement  ou  en  partie 
peuvent  se  diviser  en  quatre  classes  :  1°  trente-trois  d'entre  eux 
ne  se  rapportent  pas  à  Philippe-Auguste  ou  contiennent  des 

1.  Édition  Stubbs,  III,  195. 

2.  i  m. 

3.  Page  169. 

4.  Ibid. 

5.  Jean  Launoi  a  exprimé,  avec  une  timidilé  qui  n'est  guère  dans  ses  liabi- 
tudes,  des  doutes  sur  l'authenticité  de  certains  passages  de  Rigord  relatifs  aux 
reliques  de  saint  Denis.  (Œuvres,  II,  pari.  1,  page  584.) 


396 

détails  inutiles  qu'un  abréviateur  devait  nécessairement  suppri- 
mer ;  2°  quatorze  autres  sont  relatifs  à  l'abbaye  de  Saint-Denis  ; 
3°  trois  autres  contiennent  des  récits  ou  des  appréciations  peu 
honorables  pour  le  roi  ;  4"  enfin,  dans  une  dernière  classe,  nous 
rangerons  sept  passages  dont  la  suppression  est  moins  expli- 
cable ' . 

Pour  les  passages  de  la  seconde  classe,  on  pourrait  croire  que 
les  religieux  les  ont  ajoutés  au  texte  de  Rigord  lorsqu'ils  l'ont 
transcrit  dans  le  manuscrit  latin  5925  ;  car  on  ne  conçoit  pas  que 
Guillaume  le  Breton  ait  poussé  le  parti  pris  de  ne  pas  reproduire 
les  morceaux  concernant  Saint-Denis,  jusqu'à  omettre  ceux  dans 
lesquels  apparaît  Philippe- Auguste  2.  Mais,  là  comme  ailleurs,  on 
doit  reconnaître  qu'il  n'y  a  pas  eu  d'interpolations.  L'un  des 
paragraphes  supprimés  est  à  n'en  pas  douter  de  Rigord ,  puisque 
celui-ci  s'y  met  lui-même  en  scène  3.  De  plus,  si  les  religieux 
avaient,  dans  le  manuscrit  en  question,  interpolé  l'œuvre  de 
Rigord,  ils  n'auraient  pas  manqué  d'interpoler  aussi  la  partie 
originale  de  l'histoire  de  Guillaume  le  Breton,  qui  en  forme  la 
suite  et  qui  fait  corps  avec  elle  ;  or,  dans  toute  la  partie  empruntée 
à  Guillaume,  le  manuscrit  latin  5925  ne  contient  pas  un  mot  qui 
concerne  Saint-Denis. 

Quant  aux  suppressions  de  la  troisième  classe,  elles  n'ont  rien 
qui  puisse  nous  étonner  de  la  part  du  chapelain  royal  qui  avait 
accepté  de  présider  à  l'éducation  du  bâtard  Pierre  Chariot,  de 
l'homme  de  cour  qui  s'était  fait  à  Rome  le  trop  complaisant  avocat 
de  la  rupture  de  Philippe  avec  Ingeburge,  et  qui  avait  ainsi 
mérité  les  reproches  de  son  ami  Gilles  de  Paris ^. 

Nous  n'essaierons  pas  de  justifier  l'omission  des  sept  passages 
de  la  quatrième  classe  ;  ces  passages  ne  présentent  pas  plus  que 
les  autres  l'apparence  de  morceaux  intercalés  après  coup.  Tout 


1.  Voici  la  liste  des  paragraphes  supprimés  par  Guillaume  le  Breton.  L'asté- 
risque précède  les  numéros  de  ceux  qui  n'ont  été  supprimés  qu'en  partie. 

l-  classe  :  *1,  2,  *5,  13,  14,  *15,  18,  19,  *22,  25,  30,  *32,  34,  40,  46,  *49,  52, 
*54,  58,  59,  65,  *76,  85,  *86,  *88,  93,  *101,  *114,  120,  130,  ^138,  *139,  *147. 
2'  classe  :  *10,  39,  41,  42,  80,  83,  *91,  *95,  *98,  *107,  M09,  110,  116,  145. 
3"=  classe  :  92,  99,  *133. 
4"  classe  :  3,  31,  48,  *57,  *70,  *129,  154. 

2.  Tels  sont  les  gg  *10,  83,  *107,  145. 

3.  g  145. 

4.  Voy.  Carolinus,  V,  494. 


597 

ce  que  nous  pouvons  dire,  c'est  que  les  suppressions  de  Guillaume 
le  Breton  n'ont  pas  toujours  été  judicieusement  foites  et  qu'il  est 
échappé  quelquefois  au  second  historien  de  Philippe-Auguste, 
ainsi  qu'on  Ta  vu  plus  haut  pour  des  fragments  relatifs  à  Saint- 
Denis,  de  négliger  des  passages  qui  n'étaient  pas  sans  intérêt 
pour  l'histoire  du  roi. 

Il  n'y  a  donc  pas  lieu  de  croire  que  les  Gesta  Philippi  aient 
été  interpolés  * . 

Les  écrivains  autres  que  Guillaume  le  Breton  qui  ont  fait  des 
emprunts  directs  à  l'histoire  de  Philippe-Auguste  par  Rigord  ne 
sont  pas  très  nombreux  ;  mais,  comme  leurs  travaux  ont  été  fort 
répandus,  c'est  par  eux  que  des  morceaux  qui  semblent  provenir 
de  Rigord  se  sont  introduits  dans  un  assez  grand  nombre  d'œuvres 
historiques  postérieures  -.  Les  Gesta  n'ont  été  imités  directement 
que  dans  les  Grandes  Chroniques,  dans  le  *S^ecM^mn  historiale 
et  le  Memoriale  omnium  temporiun  de  Vincent  de  Beauvais, 
et  dans  la  compilation  du  moine  Yves,  connue  au  moyen  âge 
sous  le  nom  de  Livre  de  l'aobé  Gilles'^.  Dans  tous  ces  ouvrages, 
les  emprunts  relatifs  aux  événements  du  règne  de  Philippe- 
Auguste,  antérieurs  à  1209,  reproduisent  les  expressions  de 
Rigord,  tandis  que  les  suivants  reproduisent  celles  de  Guillaume 
le  Breton  ;  les  auteurs  ont  donc  eu  sous  les  yeux  le  manuscrit 
latin  5925  ou  un  manuscrit  analogue  (ce  qui  confirme  la  phrase 
du  prologue  de  Guillaume  le  Breton,  dans  laquelle  il  parle  de  la 
rareté  du  livre  de  Rigord)  ;  mais  ils  n'en  ont  pas  tous  tiré  un  égal 
parti.  Vincent  de  Beauvais  a  introduit  un  résumé  complet  de  la 
biographie  de  Philippe-Auguste  dans  son  Specidum  historiale  ; 
il  en  a  inséré  de  simples  extraits  dans  son  Memoriale  omnium 
temporum.  Quant  aux  Grandes  Chroniques,  on  sait  que  toute 

1.  La  seule  trace  d'interpolation  que  nous  ayons  rencontrée  dans  les  Gesta 
Philippi  se  trouve  au  g  1.  Voy.  p.  9,  n.  1. 

2.  Tels  sont  ceux  que  Von  rencontre  dans  Guillaume  de  Nangis,  dans  la  Chro- 
nique de  Saint-Martin  de  Limoges,  etc.,  qui  sont  empruntés  au  Spéculum  his- 
toriale. 

3.  D'après  M.  Schefifer-Boichorst  {Mon.  Germ.  Scriptores,  XXIII,  6G0),  il 
faudrait  ajouter  à  cette  liste  la  Chronique  d'Aubri  de  Trois-Fonlaines.  Nous 
avons  prouvé  ailleurs  [Étude  sur  la  chronique  en  prose  de  Guillaume  le 
Breton,  45-47)  qu'Aubri  ne  s'est  servi  que  de  Guillaume  le  Brelon.  —  Nous 
ne  citons  ici  que  les  textes  imprimés,  c'est  pourquoi  nous  omettons  à  dessein 
la  chronique  contenue  dans  le  nis.  latin  5949  a,  dont  il  a  été  question  plus  haut 
lorsqu'il  s'est  agi  de  déterminer  le  point  auquel  s'arrêtait  l'œuvre  de  Uigord. 


598 

la  partie  relative  au  fils  de  Louis  VII,  excepté  pourtant  le  récit 
des  événements  de  Terre  Sainte,  n'est  qu'une  traduction  littérale 
du  manuscrit  latin  5925  ;  c'est  surtout  par  l'intermédiaire  des 
Grandes  Chroniques  que  s'est  répandue  l'histoire  de  Rigord  et 
que  s'est  popularisé  le  surnom  d'Auguste,  attribué  au  vainqueur 
de  Bouvines.  Enfin  le  moine  Yves ,  fidèle  à  son  programme  qui 
consistait  à  ne  raconter  de  l'histoire  des  rois  de  France  que  ce  qui 
pouvait  concerner  l'abbaye  de  Saint-Denis,  a  extrait  du  manus- 
crit 5925  les  passages  intéressant  son  monastère. 

§  4.  CHRONOLOGIE  DES  Gesta  Philippi. 

La  chronologie  de  Rigord  n'est  sans  doute  pas  toujours  irré- 
prochable ;  mais,  malgré  ses  erreurs,  nous  avons  pu  parvenir  à 
établir  exactement  l'époque  à  laquelle  il  faisait  commencer  l'année. 

En  effet,  il  rapporte  à  l'an  1199  la  mort  de  Richard  Cœur  de 
Lion,  advenue  le  6  avril  1199  selon  le  calendrier  actuel  ^  Pâques 
tombant  cette  année-là  le  18  avril,  il  est  bien  évident  que  notre 
auteur  ne  suit  pas  le  Mos  GalUcanus.  Comme  d'un  autre  côté 
nous  voyons  que,  pour  lui,  la  mi-carême  (20  mars)  de  1186  se 
compte  en  11 85  S  que  le  2  février  1189  se  compte  en  1188  ^,  le 
15  mars  1190  en  1189  ^  tandis  que  la  mi-carême  (27  mars)  de 
1188  tombe  bien  en  1188  S  nous  serions  tout  à  fait  fondé  à 
déclarer  que  Rigord  suivait  le  style  du  25  mars ,  alors  même  que 
nous  n'aurions  pas  la  preuve  concluante  que  nous  trouvons  au 
§  46  :  «  Anno  dominice  incarnationis  M  G  LXXXVII  in- 
«  cepto,  regni  Philippi  anno  sexto,  viij  kalendas  aprilis, 
«  nocte  sequenti,  hora  œj,  fuit  eclipsis  Lune  pêne  universa- 
«  lis.  »  Les  mots  anno  incepto  et  nocte  sequenti,  s'apphquant 
à  la  nuit  du  25  au  26  mars  1187,  pendant  laquelle  eut  lieu  cette 
éclipse^  sont  de  nature  à  dissiper  les  moindres  doutes  ;  les  événe- 
ments sont  datés,  dans  les  Gesta  Philippi,  selonle  style  Florentin. 

Quant  aux  années  du  règne,  d'après  les  rares  indications 
éparses  dans  son  récit,  Rigord  semble  ne  les  avoir  comptées  qu'à 

1.  g  126. 

2.  g  40. 

3.  §64. 

4.  §  68. 

5.  g  57. 

6.  Elle  se  produisit  le  26  mars,  à  4  heures  du  matin. 


599 

partir  du  couronnement ,  célébré  à  Saint-Denis  le  29  mai  1180*, 
bien  que  dans  sa  petite  Chronique  des  rois  de  France  il  fasse  com- 
mencer le  règne  de  Philippe-Auguste  à  l'année  1179 -. 

IL 

LA  COURTE  CHRONIQUE  DES  ROIS  DE  FRANCE. 

Sur  les  instances  répétées  des  moines  de  Saint-Denis,  ses 
confrères,  Rigord  entreprit  de  rédiger  un  court  manuel^,  qui  mît 
à  la  portée  de  tous  la  généalogie  et  les  principaux  traits  de  l'his- 
toire de  nos  rois,  qu'on  ne  pouvait  trouver  jusque-là  que  dans  des 
recueils  que  leur  importance  ou  leur  peu  de  clarté  rendaient  diffi- 
ciles à  consulter  pour  le  commun  des  lecteurs.  Dans  ce  résumé, 
notre  auteur  s'appliqua,  dit-il,  à  indiquer  l'ordre  des  rois  de 
France,  leurs  noms,  leurs  origines  et  «  où  se  trouve  le  tombeau 
«  de  chacun  d'eux,  »  et  ub^ etiam  eoriim  quilibet  mausoleum 
habuerit.  L'importance  donnée  à  ce  dernier  détail,  fidèlement 
rapporté  même  lorsque  la  vie  d'un  roi  est  racontée  en  quelques 
lignes,  nous  révèle  clairement  la  nature  de  l'ouvrage.  Saint-Denis 
étant  devenu  le  lieu  de  sépulture  habituel  des  souverains ,  il 
s'agissait  de  faire  un  abrégé  d'histoire  de  France  à  l'usage  des 
visiteurs  de  l'abbaye  ;  c'était  la  première  idée  du  livre  que  Guil- 
laume deNangis  devait  composer  un  siècle  plus  tard,  et  que  nous 
connaissons  sous  le  nom  de  Chronique  abrégée  des  rois  de 
France  :  «  Considerans ,  dit  Guillaume,  hystorie  regum 
«  Francorum  prolixitatem,  necnon  et  multorum  in  islam 
«  sancti  Dyonisii  ariopagite  ecclesiani,  in  quaregmnFran- 
«  coriim  Jacet  maccii/ia  pars  humatà,  venientiwn  t'olunta- 
«  tem  avidam  cognoscendi  ipsoriitn  regum  originem,  scilicet 
«  a  quibus  etunde jjrocesserint,  temptain  seriem  cunctarxmi 
«  hystoriarum  de  ipsis  loquentiwn  sub  quadam  arboris 
«  formula  redigere,  adjungere  ipsorum  actus  et  victorias, 
«  quod  et  fastidientibus  jif^oUxitalem,  propter  subjectam 


1.  Voy.  11%  26,  39,  <>.  63,  51,  68. 

2.  «  Philippum  secundura  qui  cepit  regnare  anno  Domini  M"  C°  LX.V"  IX".  » 
Ms.  de  Soissons,  n°  120,  fol.  133  r°. 

3.  C'est  le  nom  qu'il  donne  lui-même  à  son   travail   :    «   Hoc  iiiitur  opus 
«  manuale  sufficiat  brevitatem  amanlibus.  » 


600 

«  oculis  formam,  sit  oblectatio,  et  a  studiosis  facile  possit 
«  prehahitapre  oculis  memorie  commenclari^.. .  »  Les  termes 
de  l'épître  dédicatoire  adressée  par  Rigord  au  prieur  et  aux 
moines  de  Saint-Denis,  quoique  un  peu  moins  explicites,  laissent 
deviner  une  intention  toute  semblable  à  celle  de  son  successeur  : 

Epistolaris  prologus  in  cronica  que  sequntur. 

Venerandis  patribus  et  amicis  in  Xpisto  karissimis  J.  venerabili 
priori  beali  Dionisii  et  ejusdem  loci  conventui,  .R.  natione  Gothus, 
professione  phisicus,  régis  franccaim  cronographus,  beati  Dyonisii 
ariopagitte  clericorum  minimus,  de  bono  principio  bonum  exitum 
promereri.  Gum  ad  omnis  imperii  vestri  pronam  obedienciara, 
patres  karissimi,  tanquam  famulus  vester,  pro  captu  virium  mea- 
rum,  promptus  semper  exislere  debeam  et  dévolus,  placuit  tamen 
dignationi  vestre  parvitatem  meam  precibus  affectuosis  semel  et  ite- 
rum  et  pluries  soUicitare  ut  regum  Francoium  genealogiam,  nec 
non  et  ipsorum  gesla  que  in  quibusdam  voluminibus  nimis  confuse 
habebanlur,  sub  quadam  castigata  brevitate  brevi  libellulo  compi- 
lando  coharlarem  et  actus  uniuscujusque  régis  subsingulis  capilulis 
compcndiose  conciuderem.  Rem,  faleor  fratribus,  honestam  sed  dif- 
ficilem  postulasLis.  Verumlamen  quia  sanclilati  vestre  modis  qui  bus 
possum  teneor obedire,  oranino  negare  non  audeo  quod  injungatis  [sic] . 
Sed  quia  hoc  opus  ad  perficiendum  est  difficile,  vereor  ne  sit  sus- 
cepisse  temerarium.  Sed  in  hoc  non  modicum  michi  prestat  solatium 
quia  et  sciencia  vestra  me  docebit  et  caritas  subportabit,  nec  in  narra- 
tiuncula  nrea  Tullianam  eloquentiam  aut  flores  recthoricos  expectetis 
quia  mecura  bene  agitur  si  ex  veteri  confusione  tracta  et  succinte 
facta  digeries  morsus  repreliensionis  evaserit^.  Veterem  voco  confu- 
sionem  regii  sanguinis  lineam  in  veterum  voluminibus  perplexam  et 
involutam  qui  a  ego  omnimode  brevitati  deservienset  morem  querulo 
leetori  gerens  ea  vigilantia  qua  potui  sic  eam  disgestam  explicui  ut  in 
hoc  opuscule  regum  Francorum  gerriarchas  ^  et  corum  nomina  et 
quis  a  quo  originem  '•  traxerit  et  ubi  etiam  eorum  quilibet  mauso- 

1.  L'original  latin  de  la  Chronique  abrégée  de  Guillaume  de  Nangis  a  été 
retrouvé  par  M.  Léopold  Delisle  dans  le  ms.  574  de  la  reine  Christine  au  Vati- 
can. [Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  1876,  p.  511.) 

2.  Evaserint,  ins. 

3.  Sans  doute  ierarchias. 

4.  Origine,  ms. 


604 

leum  habuerit  diligens  leclor  dilucidc  polerit  invenire.  Vcrum  in 
principio  liujus  opusculitlc  conlomporalilaln  alioruni  ro^Miorurn  (puv 
dam  ca[)iUila  propoiicre  digiiuin  diixi,  uL  sub  Jiiii-a  brcvilato  scire 
possetisundc  antique  nalioncs,  seu  regescarum,  origincm  iiabuerint, 
et  quomodo  per  universas  parles  orl)is  disseminatc  fueriiil.  Hoc  igi- 
lur  opus  manualc  sufliciat  brcviUiLcni  anianlil)ns  (piod  sine  i)r('.judi- 
cio  probxioris  liyslorie  breviler  conipilavi.  Set  si  ((uis  facta  regum 
plenius  scire  desiderat  ad  hislorias  rceurrat  antiquas.  Valeat  in  dies, 
oro,  sanctilasvestra,  patres  et domini  mcidilectissimi,  qui  meritis  ves- 
tris  pervenientibusperhennem  in  pectore  meo  meruistis  mansionem  * . 

L'opuscule  de  Rigord  était  resté  ignoré  jusqu'au  jour  où  notre 
confrère,  M.  Auguste  Molinier ,  en  rencontra  les  huit  premiers  feuil- 
lets dans  un  volume  provenant  de  Prèraontré,  aujourd'hui  conservé 
à  la  bibliothèque  municipale  de  Soissons  sous  le  n"  120,  et  formé  de 
fragments  de  manuscrits  très  divers,  réunis  un  peu  au  hasard  par 
le  relieur.  Dans  ces  feuillets  numérotés  130  à  137,  et  dont  l'écri- 
ture paraît  contemporaine  de  Rigord,  le  récit  se  trouve  subite- 
ment interrompu  au  milieu  du  règne  de  Louis  IV  d'Outremer  par 
la  disparition  des  pages  suivantes  arrachées  à  une  époque  déjà 
ancienne'.  Si  nous  regrettons  cette  disparition,  c'est  que  l'on 
aurait  peut-être  recueilli  dans  la  dernière  partie  quelque  indica- 
tion utile  pour  l'histoire  littéraire  de  Rigord  ;  on  y  eût  en  tout  cas 
trouvé  les  moyens  de  déterminer  plus  exactement  la  date  à 
laquelle  elle  fut  publiée.  L'examen  du  commencement  de  la  Chro- 
nique telle  qu'elle  nous  est  parvenue  donne  à  penser  que  la  sup- 
pression du  reste  ne  constitue  pas  une  grande  perte  pour  la 
science  historiographique. 

L'auteur  explique  son  plan  dans  la  préface  qui  fait  suite  à  son 
épître  dédicatoire  : 

Prefatio  in  sequens  opusculum. 

De  contemporalitate  regnorum  aHquid,  Dco  juvanle,  dicluri  de  ori- 
gine singularum  gcntium  prinmm  pauca  dicamus  sequentes  vestigia 

1.  Bibliothèque  niunicipalo  de  Soissons,  n»  120,  fol.  130  r». 

2.  La  phrase  reste  suspc.uluc  au  milieu  d'un  mol  :  «  Conlra  hune  Ludovicura, 

«  regem  Francorum  proceres  rebellaveruat  at  su »  —  Un  iielit  morceau  du 

bas  du  leuillel,  qui  aurait  été  numéroté  138  et  sur  lequel  on  peut  distinguer 
les  premières  lettres  des  quatre  ou  cinq  lignes  inférieures,  est  resté  à  demi 
engagé  dans  la  reliure. 

40 


602 

majorum,  ducli  per  semitas  historiarum,  ponentes  in  primo  capitulo 
regnuiïi  Romanorum  ;  in  secundo,  Persarum;  in  tercio,  Guandalo- 
rum;  in  quarto,  Anglorum;  in  quinto,  Longobardorum  ;  in  sexto, 
Guisiguotorum ,  id  est  occidentalium  Guothorum;  in  septimo, 
Ostroguothorum,  id  est  orientalium  Guotiiorum;  in  octavo,  Huno-» 
rum  ;  in  nono,  Turchorum  et  Turcliomannorum  ;  ultimo,  de  regno 
Francorum,  unde  et  a  quibus  originem  traxit  diffusius  aliquantulum 
dicere  usque  ad  tempora  nostra  breviter  proposuimus  ^ . 

Après  les  neuf  premiers  chapitres  annoncés  dans  la  préface  ^, 
Rigord  aborde  l'histoire  de  notre  pays  : 

De  regno  Francorum  et  origine  ipsorum. 

Hystoriam  gentis  nostre  regni  scilicet  Francorum  a  prima  origine 
ipsorum  ex  relatu  fîdeli  cronographorum  quantumcumque  brevius 
coUigere  potuimus  in  hocbrevi  libello  compendiose  digessimus,  inci- 
pientes  ab  excidio  Trojano  et  perducentes  ordinem  hystérie  per  duces 
et  reges  paganos  et  postea  per  reges  christianos,  majores  domus, 
usque  ad  Philippum  secundum^  qui  cepit  regnare  anno  Domini 
M°  c"  Lxx"  ix".  Post  illud  famosum  et  cunctis  seculis  et  gentibus 
notum  Trojane  civitatis  excidium,  victoribus  Grecis  cedentes  reliquie 
Trojanorum,  pars  eorum  cum  Enea  ad  fundandum  Romanum  impe- 
rium  ad  Italiam  perrexit  ■^ 

Le  récit  du  règne  de  chaque  roi  est  condensé  en  quelques 
lignes  et  se  termine  pour  tous,  à  partir  de  Clovis,  parla  désigna- 
tion du  lieu  de  leur  sépulture.  Tout  cela  est  si  bref  qu'il  est  diffi- 
cile de  reconnaître  les  sources  dont  Rigord  s'est  servi^.  En  tout  cas, 
ces  sources  ne  sont  pas  les  mêmes  que  celles  qui  ont  été  employées 
pour  composer  le  résumé  de  l'iiistoire  des  Francs  que  l'on  trouve 
au  §  38  des  Gesta  Philippi;  car  ce  résumé  ne  présente  aucune 
analogie  avec  les  passages  correspondants  de  la  Chronique. 

1.  Ms.  de  Soissons,  fol.  130  r". 

2.  Ces  neuf  chapitres  occupent  les  feuillets  130  à  133  du  manuscrit. 

3.  Secundum  a  été  récrit  dans  la  seconde  moitié  du  xiii°  siècle,  à  la  place 
d'un  mol  gratté. 

4.  Fol.  133  r°. 

5.  Rigord  n'a  cité  que  deux  fois  dans  sa  chronique  les  sources  qu'il  a 
employées  :  dans  le  résumé  de  l'histoire  des  Romains,  il  renvoie  aux  Gesta 
Romanorum  (fol.  130  v°),  et  à  Jornandès  dans  le  chapitre  consacré  aux  Wisi- 
goths  (fol.  131  r").  Les  Gesta  Romanorum  désignent  sans  doute  l'ouvrage  d'Orose. 


603 

Il  n'y  a  dans  la  partie  de  la  Chronique  qui  nous  est  parvenue 
qu'une  seule  incidence  ;  elle  est  caractéristique,  car  elle  se  rap- 
porte au  pays  d'origine  de  Rigord  : 

Incidens  de  sanclo  Egidio. 

Eo  videlicet  tempore,  anno  Domini  septingentesimo  octavo  decimo, 
Flavio  rege  Gothorum  apud  Nemausium  régnante,  sanctus  Egidius, 
veniens  de  Grecia,  lloruit  in  Galliis  in  loco  qui  Septimania  vocaba- 
lur,  nuncvero  Vallis  Flaviana  vocatur^. 

Cette  incidence  est  intercalée  entre  deux  chapitres  consacrés, 
l'un  à  Pépin  le  Bref,  l'autre  à  Charles  Martel  ;  elle  nous  permet 
de  constater  que  la  petite  Chronique  de  Rigord  a  probablement 
été  consultée  par  les  compilateurs  des  Grandes  Chroniques  de 
France,  car  elle  s'est  glissée  dans  leur  œuvre  précisément  à  la 
même  place,  c'èst-à-dire  entre  l'histoire  de  Pépin  et  celle  de 
Charles  Martel,  à  la  fin  du  chapitre  xxiv  du  V^  livre  : 

Incidence.  —  En  ce  tcms  vint  saint  Gille  des  parties  de  Grèce  en 
la  terre  de  Gothie  qui  ore  est  appelée  Provence  :  là  vesqui  et  fîst 
fruit  de  bonnes  œuvres,  si  comme  il  est  contenu  en  sa  vie  ^. 

Malgré  le  renvoi  à  la  vie  de  saint  Gilles,  et  malgré  la  diffé- 
rence des  termes,  on  s'expliquerait  difficilement  la  mention,  à 
cette  place,  du  saint  vénéré  au  pays  natal  de  Rigord,  si  les 
compilateurs  n'avaient  pas  eu  sous  les  yeux  la  Chronique  dans 
laquelle  cet  auteur  rapporte  les  mêmes  faits  précisément  au  même 
endroit. 

Un  autre  passage  du  hvre  V  des  Grandes  Chroniques  ^  doit 
avoir  son  ori<?ine  dans  le  morceau  suivant  : 


'o 


De  Pipino  filio  Karoli  Martelli. 


Guaiferus  tandem  a  suis  in  bello  perimilur^  aurcum  ornamentum 
cum  lapidibus  preciosis  quod  Guaiferus,  in  precipuis  fesLivitalibus, 

1.  Fol.  136  1". 

2.  On  trouve  bien  dans  Sigebert  de  Gcmbloux,  sous  l'année  715,  une  brève 
mention  de  saint  Gilles  qui  ressemble  à  ce  passage  des  Grandes  Chroniques,  mais 
elle  y  est  difl'éremment  placée.  (Éd.  Belhmann,  M.  G.  Scr.,  VI,  329,  1.  53.) 

3.  Édition  P.  l'ari.s,  II,  52. 


604 

ad  decorem  et  fastum,  in  brachiis,  more  Grecorum  ferre  solebat,  in 
signum  victorie,  ad  memoriam  poster[or]um  Pipinus  in  ecclesia 
Beati  Dyonisii  Parisius  humiliterobtulifc.  Quod,  usque  in  liodiernum 
diem,  ad  crucem  auream  ante  corpora  sanctorum  martimm  manet 
suspensum.  In  dextro  vero  brachio  ipsius  crucis  pendet  parva 
manus  aurea  in  qua  digitus  beali  Dionisii  quem  fjudovicus  rex  '  a 
corpore  separavit,  inclusus  servatur  quem  oculis  noslris  licet  indigni 
videre  meruimus.  Pipinus  vero  sepuILus  quiescit  in  eadem  ecclesia 
ante  altare  sancti  Ypoliti  cum  Berta  iixore  sua  2. 

Une  courte  digression  placée  entre  les  récits  des  règnes  de 
Childéric  I"  et  de  Clovis  est  très  curieuse  en  ce  qu'elle  montre 
chez  Rigord  des  sentiments  bien  différents  de  ceux  qu'il  manifeste 
dans  les  premières  pages  des  Gesta  Philippi  Augusti. 

Quomodo  hoc  regnum  scilicet  Francorum  accipiendum  sit. 

Verumtamen  diligenter  attendendum  est  quod  hoc  nomen,  videli- 
cet  regnum  Francorum,  quandoquc  large  quandoque  stricte  accipi- 
tur  :  large  quando  Franci  ubicumque  manerent  sive  in  Austriam, 
sive  in  Alemanniam,  sive  in  Germaniam  superiorem  vel  inferiorem, 
vel  Galliam^  Belgicam,  vel  Narbonensem  inhabitantes,  regnum  Fran- 
corum vocabantur,  sicuti  decem  tribus  Judeorum  in  Saraariam 
regnum  Israël  vocabantur,  et  duodecim  tribus  tempore  David  et  Salo- 
monis  simili  vocabulo  nuncupate  sunt.  Stricte  vero  regnum  Franco- 
rum accipitur  quando  sola  Gallia  Belglca  regnum  Francorum  vocatur, 
que  est  infra  Renum,  Mosam  et  Ligerim  coartata,  quam  Galliam 
appropriato  vocabulo,  moderni  Franciam  vocant.  Modo  vero,  propter 
insolentiam  regum  ''  Francorum,  nec  tamen  terram  istam  quam  Fran- 
ciam vocant  juribus  suis  in  integrum  habere  merentur.  Excecavit 
enim  illos  pestis  ambitionis  et  avaricie  et  quasi  in  reprobum  sensum 
traditi,  non  faciunt  ea  que  conveniunt.  Hisbreviler  prelibatis  ad  pro- 
positum  redeamus^. 

Nous  trouvons  ici  un  indice  de  l'époque  à  laquelle  a  été  com- 

1.  Clovis  II. 

2.  Fol.  136  v°. 

3.  (ialinain,  ms. 

4.  Regnum,  m  s. 

5.  Fol.  134  r. 


605 

posée  la  Chronique  des  rois  de  France  ;  elle  est  évidemment  pos- 
térieure aux  Gesta  Philippi,  puisque  Rigord  a  déjà  le  droit  de 
s'intituler  Régis  Francorum  cronographus  dans  1  epître  dédi- 
catoire  qu'il  adresse  aux  moines  de  Saint-Denis;  elle  est  de  plus 
postérieure  à  la  première  rédaction  des  Gesta,  car  le  morceau 
que  nous  venons  de  citer  est  conçu  dans  la  manière  désapproba- 
tive  de  l'écrivain*.  D'un  autre  côté,  elle  est  antérieure  au  mois  de 
mai  1196  ;  en  effet,  le  nom  du  prieur  dont  il  est  fait  mention  au 
début  de  l'épître  dédicatoire  a  pour  initiale  J  ;  il  s'agit  évidem- 
ment du  prieur  Jean,  qui  devint,  ainsi  que  Rigordnous  l'apprend 
lui-même 2,  abbé  de  Corbie  en  mai  1196,  et  qui  occupait  la  charge 
de  prieur  depuis  1190^.  C'est  donc  avant  le  mois  de  mai  1196  et 
à  une  époque  de  très  peu  postérieure  à  l'édition  des  Gesta  Phi- 
lippi, sous  leur  première  forme,  que  l'on  doit  placer  la  publica- 
tion de  la  petite  Chronique  des  rois  de  France. 

m. 

OUVRAGES  ATTRIBUÉS  A  RIGORD. 

POSSIBILITÉ  DE  l'eXISTENCE  d'dN  TROISIEME  OUVRAGE  DE  RIGORD. 

Rigord  a-t-il  composé  quelque  autre  ouvrage  que  sa  biographie 
de  Philippe- Auguste  ? 

Doublet  lui  attribue  encore  une  «  Histoire  de  la  détection 
«  du  corps  de  sainct  Benys  par  l'ouverture  qui  se  fit  de  sa 
«  châsse  »  en  1053,  afin  de  convaincre  d'erreur  les  moines  de 
Ratisbonne^.  Cette  histoire  n'est  assurément  pas  la  courte  narra- 
tion de  ce  fait  que  l'on  trouve  au  §  39  des  Gesta  Philippi;  car 
Doublet  parle  successivement  de  l'Histoire  de  la  détection  et  de 
celle  de  Philippe- Auguste.  Parmi  les  ouvrages  qui  nous  sont  par- 

1.  Voy.  plus  haut,  chapitre  i",  g  2. 

2.  Gesta  Philippi.  g  110. 

3.  D'après  l'inventaire  des  titres  de  Saint-Denis,  rédigé  en  1681  (Tome  l, 
Archives  nat.,  LL.  1189},  on  peut  établir  ainsi  la  suite  des  prieurs  qui  succé- 
dèrent à  Hugues  Foucaud,  élu  abbé  de  Saint-Denis  en  1 186  : 

Jean  Broutin.  1186  (n»  513). 

Raoul,  1186-89  (n"  514,  529,  534,  539,  540). 

Jean,  1190-96  (n»'  544,  561). 

4.  Doublet,  Histoire  de  Vabbaye  de  Sainct-Denys,  p.  258. 


606 

venus,  le  seul  qui  soit  consacré  au  récit  de  l'ouverture  de  la 
châsse  en  1053  est  celui  que  l'on  connaît  sous  le  nom  d'Epistola 
Haimonis  et  qui  a  été  publié  pour  la  première  fois  par  D.  Féli- 
bien^  ;  mais  Doublet  en  parle  en  même  temps  que  de  l'œuvre  qu'il 
attribue  à  Rigord,  de  façon  à  les  distinguer  nettement  l'une  de 
l'autre 2.  Cependant,  on  ne  trouve  nulle  part  la  moindre  trace  de 
cet  écrit;  il  est  bien  singulier  que  les  religieux  de  Saint-Denis,  si 
préoccupés  de  rehausser  la  gloire  de  leur  abbaye,  et  si  soucieux  de 
conserver  tout  ce  qui  se  rapportait  à  leur  saint  patron,  n'aient 
pas  pris  soin  de  nous  le  transmettre.  Comment  est-il  possible, 
surtout,  qu'ils  n'en  aient  pas  fait  mention  quand  ils  eurent  à  pro- 
duire tous  les  textes  qui  concernaient  les  reliques  de  saint  Denis 
lors  du  procès  qu'ils  soutinrent  contre  les  chanoines  de  Paris  3? 
Malgré  tout,  il  nous  paraît  difficile  de  ne  pas  croire  à  quelque 
méprise  de  la  part  de  Doublet,  méprise  que  nous  parviendrons 
peut-être  à  justifier  tout  à  l'heure. 

Daunou  dit  que  Rigord  ne  passe  point  pour  avoir  composé 
d'autres  livres  que  l'histoire  de  Philippe-Auguste''.  Il  cite  néan- 
moins un  ouvrage  mentionné  en  ces  termes  dans  la  dernière  édi- 
tion du  Père  Lelong  :  «  Rigordi  relatio  quomodo  Carolus 
«  Magnusa  Constantinopoli  Aquisgraniwi  attiderit  Christi 
«  clavum,  coronam,  etc.^.  »  Daunou  suppose  que  cet  ouvrage 
doit  être  de  quelque  autre  Rigord  tout  à  fait  ignoré. 

La  Relatio,  appelée  aussi  Descriptio,  est  bien  connue  aujour- 
d'hui; on  sait  qu'elle  a  été  composée  au  commencement  du 
xi^  siècle  à  Aix-la-Chapelle,  et  qu'elle  a  été  continuée  et  modifiée 
par  un  moine  de  Saint-Denis  à  une  époque  que  l'on  n'a  pas 
encore  déterminée,  mais  qui  est  certainement  très  antérieure 
à  la  naissance  de  Rigord  ^  Le  manuscrit  cité  par  le  Père 
Lelong  faisait  partie  de  la  bibliothèque  du  président  Bouhier; 
il  a  passé  depuis  à  l'Ecole  de  médecine  de  Montpellier,  où  il  est 
conservé  sous  le  n<»  280  ^  L'attribution  toute  moderne  de  la 

1.  Félibien,  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis.  Pièces  justificatives,  p.  clxv. 

2.  Doublet,  p.  222. 

3.  Voy.  Le  procès  du  chef  de  saint  Denis  en  1410,  dans  les  Mémoires  de  (a 
Société  de  l'Histoire  de  Paris,  t.  XII,  1885. 

4.  Histoire  littéraire,  XVII,  19. 

5.  Bibliothèque  historique,  IV,  p.  38G,  n°  16206  '. 

6.  Voy.  Morf,  Étude  sur  la  chanson  du  pèlerinage  de  Charlemagne,  dans  la 
Romania,  t.  XIII,  p.  210  et  suiv. 

7.  Cat.  des  Manuscrits  des  bibl.  des  départements,  II,  400. 


607 

Relatio  à  Rigord  provient,  ainsi  que  le  prouve  une  note  margi- 
nale de  Bouhier,  de  ce  que  La  Saussaye  en  a  introduit  un  passage 
dans  ses  Annales  ecclesiœ  Aurelianensis  d'après  un  manus- 
crit qu'il  désigne  ainsi  :  «  Hoc  monuscriptum  exislimatur  esse 
«  Rigordi  oui  consentiunt  Annales  vulgo  nuncupati  Sancti 
«  Dionysii^.  »  Bouhier  a  pu  se  tromper  en  se  figurant  que  le 
manuscrit  que  La  Saussaye  supposait  être  de  Rigord  était  un 
exemplaire  de  la  Relatio;  qui  nous  dit,  en  effet,  que  ce  ne 
fût  pas  une  chronique  beaucoup  plus  étendue,  comme  celles 
d'Hélinand,  de  Vincent  de  Beauvais  ou  de  Marino  Sanuto,  qui 
contiennent  de  longs  emprunts  faits  à  la  Relatio,  ou  bien  quelque 
compilation  nnalogue?  Or,  le  manuscrit  dont  parle  La  Saussaye 
devait  contenir  une  œuvre  de  ce  genre,  car,  parlant  de  la  sépul- 
ture du  roi  Pépin  dont  il  n'est  nullement  question  dans  la  Rela- 
tio, La  Saussaye  renvoie  à  plusieurs  ouvrages  parmi  lesquels  il 
le  cite  :  «  Annales  Francie,  Annales  magni  Sancti  Dionysii, 
«  Ludovicus  Pius  in  epictola  ad  Hilduinum,  abbatem  Sancti 
«  Dionysii,  Manuscriptus  codex  qui  exislimatur  esseRigor- 

«  di Hœc  nobis  litteratissimus  et  religiosissimus  D.  Du- 

«  bletius,  S.  Dionysii  Cenarius  scriptis  ad  nos  litteris  inti- 
«  mavit  anno  1609 -.  » 

Doublet  connaissait  donc  le  Codex  qui  existimatur  esse 
Rigordi.  Nous  retrouvons  en  effet  l'un  des  deux  passages  repro- 
duits par  La  Saussaye^  imprimé  à  la  page  1208  de  Doublet 
d'après  le  «  manuscrit  préallégué.  » 

Le  manuscrit  préallégué  est  un  manuscrit  que  l'historien 
de  Saint-Denis  cite  à  chaque  instant  ;  nous  avons  retrouvé 
presque  tous  les  extraits  que  Doublet  dit  en  provenir,  dans  une 
chronique  latine  qui  a  été  signalée  il  y  a  quelques  années  par 
M.  Paul  ViolletS  et  que  nous  avons  eu  déjà  l'occasion  de  men- 
tionner^. Elle  ne  nous  est  parvenue  que  par  une  copie  exécutée 
pour  Duchesne  et  portant  le  n°  5949-^  du  fonds  latin  à  la  Biblio- 
thèque nationale.  Malgré  leur  très  grande  similitude,  les  textes 
du  manuscrit  pré  allé  gué  et  du  ms.  latin  5949'  présentent 
quelquefois  de  petites  différences  dont  on  peut  se  faire  une  idée  en 

1.  Annales  eccl.  Aurel.  Paris,  1615,  p.  279-280. 

2.  Ibid.,  p.  276. 

3.  Celui  qui  se  trouve  à  la  page  279  des  Annales  eccl.  Aurel. 

4.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  XXXIV,  2 il. 

5.  Voy.  plus  haut,  chap.  i",  g  2. 


608 

comparafit  un  passage  de  ce  dernier  publié  par  M.  Viollet  en  face 
de  l'extrait  correspondant  de  Doublets 

On  retrouve  littéralement  dans  le  ms.  latin  5949*  un  fragment 
que  Doublet  affirme  à  tort  provenir  des  G  est  a  Philippi  Augusti  : 
«  Le  docte  Rigordus  en  la  vie  du  Roy  Philippes- Auguste  dit 
«  cecy . . .  »  écrit-il  avant  de  transcrire  une  relation  de  l'ouverture 
de  la  châsse  de  saint  Denis  en  1191;  à  la  fin,  il  ajoute  :  «  A 
«  laquelle  tant  célèbre  et  tant  solennelle  action  estoit  présent  et 
«  assistoit  le  susdit  Rigordus^.  »  La  présence  de  Rigord  ne  se 
trouve  pourtant  rapportée  ni  dans  les  Gesta  Philippi  ni  dans  le 
ms.  latin  5949"".  Ailleurs,  Doublet  cite,  d'après  «  nostre  manus- 
«  crit,  »  un  morceau  relatif  à  la  naissance  de  Louis  VIII  dont  les 
termes  ne  sont  pas  les  mêmes  que  ceux  du  ms.  5949'';  ils  sont 
identiques  à  ceux  du  §  54  des  Gesta  Philippi. 

En  somme,  pour  donner  lieu  à  ces  confusions,  il  faut  que 
Doublet  ait  connu  un  livre  de  Rigord,  ou  tout  au  moins  un  livre 
qu'il  avait  cru  pouvoir  attribuer  à  Rigord  lorsqu'il  en  communi- 
quait des  fragments  à  La  Saussaye^,  livre  qui  ressemblait  beau- 
coup au  manuscrit  préallégué ,  lequel  présentait  lui-même, 
ainsi  qu'on  vient  de  le  voir,  de  grandes  analogies  avec  le  ms. 
latin  5949\  Ce  livre  comprenait  sans  doute  l'histoire  des  rois  de 
France  depuis  les  origines  jusqu'au  règne  de  Philippe-Auguste  ; 
on  y  devait  trouver  le  récit  de  la  sépulture  du  roi  Pépin  que 
Doublet  avait  envoyé  à  La  Saussaye  en  même  temps  que  des 
extraits  d'autres  manuscrits  de  son  abbaye,  celui  de  la  transla- 
tion du  saint  clou  et  de  la  sainte  épine,  celui  de  l'ouverture  de  la 
châsse  de  l'apôtre  des  Gaules  en  1053  dont  le  savant  bénédictin 
parle  comme  d'une  œuvre  à  part,  enfin  celui  de  l'ostension  du 
chef  de  saint  Denis  en  1191  ;  ce  livre,  qui  aurait  été  l'une  des 
sources  des  chroniques  contenues  dans  le  manuscrit  préallé- 
gué et  dans  le  ms.  latin  5949'^,  ne  serait-il  pas  la  prolixior  his- 
toria  dont  parle  Rigord  à  la  fin  de  l'épître  dédicatoire  de  sa  petite 
Chronique  des  rois  de  France  ?  «  Hoc  igitur  opus  manuale  suf- 

\.  llnd.,  253.  — La  Chronique  contenue  dans  le  ms.  latin  5949a  va  jusqu'à  la 
mort  de  saint  Louis.  Elle  ne  commence  qu'à  l'an  1057,  mais  c'est  là  sans  doute 
le  résultat  d'une  mutilation  accidentelle  dans  l'original,  ou  d'une  coupure  volon- 
taire de  la  part  du  copiste  de  Duchesne. 

2,  Doublet,  p.  150.  Voy.  aussi  Rigord,  §  80. 

3.  Les  Annales  ecclesix  Aureliaiiensis  ont  paru  dix  ans  avant  VHistoire  de 
l'abbaije  de  Saint-Denys. 


r.O!) 

«  ficiatbrevitatem  amantihus  qiiod  sine prejudicio  proliœio- 

«  ris  hystorie  br éviter  compilavi »  Il  est  vrai  que  les  mots 

sine  prejudicio  prolixioris  hystorie  peuvent  s'entendre  d'une 
manière  générale  ;  c'est  même  ce  que  l'on  pourrait  conclure  de  la 
phrase  suivante  :  «  Set  si  quis  facta  regum  plenius  scire 
«  desiderat  ad  historias  7^ecurrat  antiqiias.  »  Cependant,  les 
inductions  que  nous  avons  pu  tirer  des  citations  passablement 
singulières  de  Doublet  et  de  La  Saussaye  paraissent  assez  fortes 
pour  que  l'on  puisse  au  besoin  négliger  ce  texte.  Nous  voulons 
conserver  l'espoir  qu'un  hasard  aussi  heureux  que  celui  qui  a 
révélé  l'existence  de  la  petite  Chronique  de  Rigord  fera  décou- 
vrir un  jour  une  grande  Chronique  du  même  auteur. 

IV. 

NOTES  BIOGRAPHIQUES  SUR  RIGORD. 

Le  nom  du  premier  biographe  de  Philippe-Auguste  se  trouve 
orthographié  de  diverses  manières.  Dans  le  prologue  des  G  esta, 
il  est  écrit  Rigordus^  et  dans  l'obituaire  de  Saint-Denis  Rigol- 
dus^,  ce  qui  revient  au  même.  'Dans  le  bassin  de  la  basse  Seine, 
la  finale  latine  oldus  s'etant  transformée  en  ont,  ainsi  que  Ansol- 
dus  donnait  Ansout,  Rigoldus  devait  donner  Rigout,  nom  qui 
est  encore  porté  de  nos  jours  et  qui  se  retrouve  aussi  dans  le  com- 
posé Beauriqout .  M.  Longnon,  dans  ses  Conjectures  sur  l'au- 
teur du  journal  parisien  de  1409  à  1449  ^  nous  a  appris  que 
le  curé  de  Saint-Nicolas-des-Champs ,  au  commencement  du 
xv^  siècle,  s'appelait  Jean  Beaurigout.  De  même  que  le  nom  du 
curé  parisien  s'écrivait  indifféremment  Beaurigot  ou  Beauri- 
goiW,  de  même  aussi  le  nom  français  de  notre  chroniqueur 
devait  s'écrire  alternativement  Rigot  ou  Rigout.  La  preuve  en 
est  que,  lorsque  Guillaume  le  Breton  a  voulu  de  nouveau  lati- 
niser le  nom  de  l'auteur  dont  il  se  préparait  à  continuer  l'ou- 
vrage, il  l'a  appelé  Riguotus^.  De  ce  dernier  nom,  par  suite 

1.  Page  1. 

2.  Félibien.  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis,  preuves,  p.  ccxviii. 

3.  Mémoires  de  la  Soc.  de  l'hist.  de  Paris,  II,  310-329. 

4.  Ibid.,  322,  note  2. 

5.  Pages  168  et  169. 


610 

d'une  mauvaise  lecture,  sont  venues  les  formes  Rignotus^  et 
même  Rinotus^,  formes  qui  devaient  être  assez  répandues,  puis- 
qu'elles ont  permis  aux  chanoines  de  Notre-Dame,  dans  une 
contestation  qu'ils  eurent  en  1410  avec  les  religieux  de  Saint- 
Denis,  de  faire  de  Rignot  et  de  Rigord  deux  clironiqueurs  dif- 
férents dont  leurs  adversaires  auraient  traîtreusement  cherché  à 
confondre  les  ouvrages  ^. 

De  ce  qui  précède,  on  pourrait  être  tenté  de  conclure  qu'il 
serait  plus  correct  d'appeler  Rigout  l'auteur  connu  sous  le  nom 
de  Rigord;  c'est  cependant  cette  dernière  forme  que  nous  devons 
adopter,  car  c'est  celle  qui  s'est  conservée  dans  le  midi  jusqu'aux 
temps  modernes  *,  et  Rigord  appartenait  aux  provinces  méridio- 
nales de  la  France.  Il  se  déclare  lui-même,  au  début  de  sa  lettre 
à  Louis  VIII,  «  natione  Gothus,  »  c'est-à-dire  originaire  du 
bas  Languedoc.  Or,  le  nom  de  Rigord  paraît  se  rencontrer  fré- 
quemment au  moyen  âge  dans  une  région  dont  les  limites 
extrêmes  sont  Montpellier'*,  l'abbaye  de  Franquevaux^  Nîmes ^  et 
Alais'.  Trois  habitants  de  cette  ville  portaient  ce  nom  patrony- 
mique en  1247  ;  l'un  d'eux  y  joignait  le  prénom  de  Bernard,  qui 
était  aussi  celui  d'un  consul  de  Montpellier  en  1212,  Bernardus 
Regordi^,  et  qui  devait  être  encore  celui  d'un  très  proche  parent 
de  notre  chroniqueur.  En  effet,  le  nécrologe  de  l'abbaye  de  Saint- 
Denis  contient  assez  peu  de  noms  qui  ne  soient  pas  des  noms  d'ec- 
clésiastiques ;  les  laïques  que  l'on  y  voit  mentionnés  sont  ou  de 
grands  personnages  que  leur  illustration  ou  leurs  libéralités 
imposaient  pour  ainsi  dire  aux  prières  des  religieux,  ou  bien  des 
parents  d'abbés  ou  de  religieux  de  Saint-Denis,  le  frère  de  Suger 


1.  Aubri  de  Trois-Fonlaines.  Mon.  Germaniœ,  Scr.,  XXIII. 

2.  Ms.  Coltonien,  Vespasianus  D.,  IV,  fol.  1  r°. 

3.  Voy.  Le  procès  d^ichefde  saint  Denis  en  1410,  dans  les  Mémoires  de  la 
Société  de  l'Histoire  de  Paris,  t.  XII,  1885. 

4.  Nous  citerous  en  particulier  l'antiquaire  marseillais  bien  connu  J.  P.  Rigord, 
mort  en  1727. 

5.  «  Petrus  Regordus...  magister  Regordus.  »  Teulet,  Layettes  du  Trésor  des 
Chartes,  I,  n»  219.  —  «  Regordus.  »  Ibid.,  n"  752  et  760.  —  «  Bernardus 
«  Regordi.  »  Ibid.,  n"  1015  et  1028. 

6.  «  Magister  Durantus  Regor  [sic).  »  Gallia  Christiana ,  VI,  pr.  195°.  — 
«  Durantus  Regort.  »  Ibid.,  197°. 

7.  «  Recordi.  »  Dom  Vaissète,  Hi&t.  de  Languedoc,  éd.  Privât,  VIII,  col.  450. 

8.  «  Pierre  Regord...  Po.  Regorfz...  Bernart  Regortz.  »  Ibid.,  VII,  2°  partie, 
pp.  159  el  162,  Il  9,  10  et  15. 


611 

par  exemple  S  des  Gifïart,  d'autres  encore.  Or,  on  lit  au  '.)  des 
nones  de  mai  le  nom  d'un  «  Bernardus  Rigo?^^;  »  c'est  un 
simple  laïque,  son  nom  n'est  suivi  ni  du  mot  ?7iiles  ni  des  épi- 
thètes  monachus  ou  presbyter  ;  à  quel  titre  ce  personnage 
obscur  figurerait-il  dans  l'obituaire  de  Saint-Denis,  si  ce  n'est 
comme  tenant  de  très  près  au  magister  Rigoldus  dont  l'œuvre 
avait  été  jugée  digne  d'être  admise  parmi  les  monuments  officiels 
de  l'histoire  nationale? 

D'après  un  passage  des  Gesta  Philippi,  et  sans  vouloir  nous 
prononcer  formellement,  nous  inclinerions  à  croire  que  Rigord 
était  plutôt  des  environs  d'Alais  que  de  ceux  de  Montpellier. 
Notre  auteur  ne  parle  presque  jamais  des  événements  qui  se 
sont  passés  dans  les  provinces  lorsque  Philippe-Auguste  n'y  a 
aucune  part  et  lorsque  ces  événements  n'ont  pas  un  caractère 
politique  ou  ne  touchent  en  rien  l'abbaye  de  Saint-Denis; 
cependant,  il  prend  soin  de  rapporter  un  tremblement  de  terre 
qui  se  fit  sentir  à  Uzès  le  20  mars  1186^  et  dont  la  mention 
ne  se  trouve  nulle  part  ailleurs.  Ce  qui  se  passait  à  Uzès  avait 
donc  un  intérêt  particulier  pour  lui,  et  Uzès  n'est  qu'à  sept  lieues 
d'Alais''. 

Ce  n'est  que  d'une  manière  approximative  que  l'on  connaît  la 
date  de  la  naissance  de  Rigord  ;  comme  il  dit  qu'il  approchait  de 
la  vieillesse  en  1205%  il  ne  pouvait  guère  avoir  à  cette  époque 
moins  de  cinquante-cinq  à  soixante  ans,  et  devait  par  consé- 
quent être  né  entre  1145  et  1150.  Il  exerça  la  profession  de 

1.  «  Radus  frater  Sugerii  abbatis  et  uxor  ejus  Eraelina.  »  Félibien,  Uist.  de 
l'abbaye  de  Saint-Denis,  pr.,  p.  ccxviii. 

2.  Ihid.,  p.  Gcxi. 

3.  g  40. 

4.  On  trouve  bien  aux  gg  98  et  121  trois  faits  qui  semblent  d'abord  rentrer 
dans  les  catégories  que  Rigord  négligeait.  Cependant  la  mention  du  premier, 
la  destrucUon  de  l'église  de  Cliaumont  au  diocèse  de  Laon  (§  98),  peut 
s'expliquer  par  ce  fait  que  l'abbaye  de  Saint-Denis  avait  des  biens  dans  ce 
diocèse.  (Félibien,  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis.  Preuves,  p.  ccxxu.) 
Quant  aux  deux  autres,  l'incendie  de  la  cathédrale  do  Chartres,  déjà  célèbre 
comme  lieu  de  pèlerinage,  et  métroj>oIe  d'un  diocèse  où  l'abbaye  avait  aussi  des 
possessions  {ibid.,  p  ccxxi;,  et  les  miracles  arrivés  dans  la  Brie  et  le  Verman- 
dois  et  considérés  comme  des  signes  précurseurs  de  la  venue  de  l'Antéchrist 
(g  121),  ils  présentaient  un  intérêt  bien  autrement  général  que  le  tremblement  de 
terre  d'Uzès.  Enlin  tous  ces  faits  s'étaient  produits  dans  des  régions  beaucoup 
moins  éloignées  de  l'abbave  que  ne  l'était  Uzès. 

5.  §  145. 


6^2 

médecin*;  les  détails  qu'il  donne  sur  les  Chaperons  blancs^  et 
sur  le  tremblement  de  terre  d'Uzès^  autorisent  à  supposer  qu'il 
était  encore  dans  son  pays  natal  pendant  les  années  1183  à  1186. 
Avant  de  faire  partie  d'un  ordre  religieux,  il  commença  l'histoire 
de  Philippe-Auguste  dont  il  mit  dix  ans  à  faire  une  première 
rédaction,  qu'il  eut  d'abord  l'idée  de  supprimer;  mais,  sur  les 
instances  de  l'abbé  de  Saint-Denis,  Hugues  Foucaud,  il  se  décida 
à  la  publier  et  à  la  présenter  au  roi  dans  les  premiers  mois 
de  1196,  au  plus  tard^.  Pendant  qu'il  y  travaillait,  il  fut  admis  à 
l'abbaye  de  Saint-Denis,  et  nous  le  trouvons  au  prieuré  d'Argen- 
teuil  le  10  février  1189^  Avant  le  mois  de  mai  1196,  mais  après 
avoir  composé  la  première  rédaction  des  Gesta,  le  biographe  de 
Philippe- Auguste  publia  sa  courte  Chronique  des  rois  de  France, 
qu'il  dédia  au  prieur  Jean  et  aux  moines  de  Saint-Denis  qui 
l'avaient  prié  plusieurs  fois  d'entreprendre  ce  petit  travail.  Vers 
1200,  il  écrivait  au  prince  Louis  la  lettre  dédicatoire  qui  était  sans 
doute  jointe  à  une  seconde  rédaction  des  Gesta^.  Nous  savons 
que,  le  7  juin  1205,  Rigord  assistait  au  dépôt,  à  Saint-Detiis,  des 
reliques  reçues  de  Constantinople  par  le  roi'.  Il  mourut  quelques 
années  après  en  travaillant  à  une  troisième  rédaction  qui  se 
trouva  interrompue,  croyons-nous,  après  le  récit  des  inondations 
de  décembre  1206^  ;  mais  la  date  de  sa  mort  doit  être  postérieure 
à  cette  époque,  car  le  récit  des  événements  de  l'année  1206  n'a 
pu  être  rédigé  qu'un  certain  temps  après  qu'ils  avaient  eu  lieu  ; 
c'est  ainsi  qu'une  éclipse,  qui  ne  se  produisit  qu'en  1207,  se 
trouve  rapportée  à  l'an  1206,  trois  mois  avant  la  mort  de  la 
reine  mère  Adèle^.  L'obit  de  l'historien  de  Philippe -Auguste 
figure  dans  le  nécrologe  de  Saint-Denis  à  la  date  du  17  novembre*"; 
comme  son  nom  n'y  est  suivi  que  des  initiales  M.  B.  D.  [Mona- 
chus  Beati-Bio7iysii)  et  non  M.  B.  D.  et  Sac.  {Monaclius 


1.  Lettre  à  Louis  VIII,  p.  1. 

2.  §  25. 

3.  g  40. 

4.  Voy,  plus  haut,  p.  590. 

5.  §  64. 

6.  Voy.  plus  haut,  p.  591. 

7.  l  145. 

8.  Voy.  plus  haut,  p.  592. 

9.  g  146. 

10.  «  Magister  Rigoldus  M.  B.  D.  »  xv  kal.  Dec.  Félibien,  Preuves,  p.  ccxviii. 


6^3 

Beati-Dionysii  et  Sacerdos),  on  peut  croire  qu'il  n'avait  pas 
reçu  la  prêtrise. 

Rigord,  en  sa  qualité  de  médecin ,  devait  avoir  quelque  ins- 
truction. Il  nomme  Platon  dans  sa  dédicace',  il  cite  quelques 
expressions  de  Virgile  et  d'Horace  ^  mais  surtout  il  paraît  avoir 
été  particulièrement  versé  dans  l'étude  des  livres  saints.  Son 
style  est  tellement  pénétré  du  langage  biblique,  surtout  dans  la 
première  partie  des  Gesta  Philippï,  que  l'on  peut  citer  un  para- 
graphe qui  n'est,  pour  ainsi  dire,  qu'un  centon  de  l'Ecriture 
sainte^.  C'est  peut-être  de  là  que  viennent  les  trois  ou  quatre 
mots  d'iiébreu  que  l'on  rencontre  dans  les  écrits  de  Rigord  *. 

Si  l'œuvre  de  Rigord  ne  nous  permet  guère  de  juger  de  ses 
connaissances  littéraires,  elle  ne  nous  apprend  pas  beaucoup 
plus  quels  étaient  ses  tendances  personnelles  et  son  caractère. 
Sous  ce  rapport,  ce  qui  semble  dominer  chez  lui,  c'est  un  grand 
attachement  aux  prérogatives  du  clergé.  Sans  doute,  lorsque 
Philippe-Auguste  rappelle  les  Juifs  ou  répudie  Ingeburge,  sa 
conduite  est  sévèrement  jugée  par  son  biographe,  mais  celui-ci 
réserve  ses  expressions  les  plus  violentes  pour  raconter  comment 
le  roi  mit  la  main  sur  les  biens  ecclésiastiques.  C'est  peut-être  à  ce 
même  désir  de  voir  conserver  intacts  les  privilèges  du  clergé  de 
France  qu'il  faut  attribuer  la  pointe  de  Gallicanisme  que  l'on 
peut  distinguer  dans  le  récit  du  rapprochement  inattendu  du  roi 
et  d'ingeburge  lors  du  concile  de  Soissons.  «  C'est  ainsi,  dit  iro- 
niquement Rigord,  que  le  roi  Philippe  échappa  cette  fois  aux 
mains  des  Romains^.  » 

On  a  déjà  vu  que  Rigord  est  le  premier  qui  ait  donné  au  fils 
de  Louis  VII  le  surnom  d'Auguste,  devenu  aujourd'hui  insépa- 
rable de  son  nom.  Il  prend  soin  d'en  présenter  la  raison  à  la  fin 
de  son  prologue  :  «  Vous  vous  étonnerez  peut-être  de  ce  que,  dès 
«  le  début  de  cette  œuvre,  j'appelle  le  roi  Auguste.  C'est  que  les 
«  écrivains  ont  eu  l'habitude  d'appeler  Augustes,  nom  qui  vient 
«  d'augeo,  auges,  les  Césars  qui  augmentaient  l'Etat  ;  c'est  donc 
«  à  bon  droit  que  celui-ci  a  été  nommé  Auguste,  puisqu'il  a  aug- 

1.  Page  2. 

2.  Ibid.,  pp.  2  et  '6. 

3.  §  9. 

4.  «  Mease  aprili  qui  ab  ipsis  Judœis  dicitur  Nisan.  »  g  15.  —  «  Scema  Isra- 
«  hel.  —  Mense  julio,  qui  ab  ipsis  Judajis  dicilur  Tamuz.  »  g  IG. 

5.  g  133. 


6U 

«  mente  l'Etat.  Il  a,  en  effet,  ajouté  à  son  royaume  tout  le  Ver- 
«  mandois  que  ses  prédécesseurs  avaient  perdu  depuis  longtemps 
«  et  beaucoup  d'autres  terres;  il  a  même  augmenté  beaucoup  les 
«  revenus  royaux.  De  plus,  il  est  né  au  mois  d'Auguste  pendant 
«  lequel  se  remplissent  les  greniers  et  les  pressoirs  et  durant 
«  lequel  les  biens  temporels  abondent*.  »  Ce  surnom  ne  fut  pas 
généralement  adopté  avant  la  grande  vogue  des  Chroniques  de 
France;  Guillaume  le  Breton  n'en  décore  jamais  le  roi  qu'il 
appelle  constamment  Philippus  magnanimus.  Rigord  était 
si  peu  parvenu  à  le  faire  accepter  que,  dans  le  manuscrit  de  sa 
petite  Chronique,  le  mot  Augustum  joint  à  Philippum  a  paru 
sans  doute  inintelligible  à  un  lecteur  de  la  seconde  moitié  du 
xiii^  siècle  qui  l'a  gratté  et  remplacé  par  secundum^.  Dans  d'autres 
textes,  Pliilippe  est  nommé  Dieudonné  {A  Deo  datus),  nom  que 
Rigord  lui  donne  aussi  dès  le  premier  paragraphe  de  sa  biogra- 
phie ;  mais  le  surnom  le  plus  ordinaire  du  vainqueur  de  Bouvines 
a  été,  pendant  tout  le  moyen  âge,  Philippe  le  Conquérant'^. 
C'est  ainsi  qu'au  commencement  du  xv''  siècle  on  le  désignait 
encore  à  Saint-Denis  même,  dans  les  mémoires  rédigés  lors  du 
débat  qui  surgit  entre  les  religieux  et  le  chapitre  de  Paris  à  l'oc- 
casion du  chef  de  saint  Denis  ^. 

H. -François  Delaborde. 

1.  Page  6. 

2.  Voy.  plus  haut  p.  602,  note  3. 

3.  Voy.  L.  Delisle,  Le  cabinet  des  manuscrits,  I,  29;  III,  160,  164. 

4.  Voy.  Le  procès  du,  chef  de  saint  Denis  en  1410  dans  les  Mémoires  de  la 
Société  de  l'Histoire  de  Paris,  t.  XII,  1885.  —  On  sait  que  dans  certains  textes 
Philippe-Auguste  est  aussi  surnommé  Philippe  de  Gonesse.  Voy.  dans  la  Bibl. 
de  l'École  des  chartes,  1859,  p.  149,  un  passage  d'un  article  de  M.  Delisle. 


RAPPORT 


SUR 


UNE  MISSION  PHILOLOGIQUE  A  VALENCE 


Monsieur  le  ministre, 

Les  archives  et  les  bibliothèques  de  Valence,  qu'une  subven- 
tion m'a  permis  de  visiter  l'été  dernier,  n'ont  plus  besoin  d'être 
décrites  en  détail.  Depuis  mon  voyage  à  Majorque,  en  1881,  la 
direction  générale  de  l'instruction  pubUque  et  le  conseil  supérieur 
du  Corps  des  archivistes,  bibliothécaires  et  conservateurs  de 
musée  ont  entrepris  la  publication  d'un  Annuaire  destiné  à 
fournir  aux  érudits  et  aux  chercheurs  les  moyens  de  s'orienter 
dans  les  dépôts  historiques  et  littéraires  d'Espagne.  De  cet  utile 
manuel,  deux  volumes,  qui  se  rapportent  aux  années  1881 
et  1882,  ont  déjà  paru'.  Dans  YAnuario  de  1881,  les  notices 
consacrées  aux  archives  de  l'ancien  royaume  de  Valence  et  à  la 
bibliothèque  universitaire  de  sa  capitale  n'y  occupent  pas  moins 
de  cinquante  pages.  Je  ne  puis  mieux  faire  que  d'emprunter  à 
ce  recueil  officiel  quelques  renseignements  sur  l'état  actuel  de  ces 
établissements  et  sur  leur  histoire  ;  je  traiterai  ensuite  de  plu- 
sieurs anciennes  bibliothèques  valenciennes  et  dirai  ce  qu'il  en 
reste. 

Les  archives  générales  du  royaume  de  Valence^  {Archivo 
gênerai  del  reino  de  Valencia),  créées  en  1419,  en  vertu  d'une 

1.  Anuano  del  cuerpo  facuUativo  de  archiveras,  bibliotecarios  y  anticua- 
rios.  1881.  Madrid,  1882,  viii  el  490  p.  in-8°.  —  Anuario  del  cuerpo  facuUa- 
tivo de  archiveras,  bibliotecarias  y  anticuarios.  1882.  Madrid,  1883,  viii  el 
448  p.  in-8°. 

2.  Le  «  royaume  de  Valence  »  comprend  le  territoire  limité  au  nord  par 
i'Ebre,  au  sud  par  le  Segura,  c'est-à-dire  les  pro\inces  actuelles  de  Castellon, 
de  Valence  el  d'Alicanle. 


6^6 

ordonnance  ou  fuero  du  roi  Alphonse  V  d'Aragon,  sont  actuel- 
lement divisées  en  cinq  sections,  qui,  par  les  dénominations 
qu'elles  portent,  comme  par  la  nature  des  documents  qui  les 
forment,  sont  l'image  fidèle  de  l'ancienne  organisation  judiciaire, 
politique  et  administrative  du  pays  avant  l'abolition  par  Phi- 
lippe V,  en  1707,  de  ce  qu'on  nomme  le  régime  forai.  La 
première  section,  dite  des  Archives  du  Palais  {Archivo  del 
Real),  comprend  toute  la  procédure  du  Conseil  royal  [Curia 
Régis),  qui  était  à  la  fois  un  tribunal  d'appel  et  un  conseil 
chargé  d'assister  soit  le  souverain  lui-même,  soit  le  vice-roi,  son 
représentant  à  Valence.  La  deuxième  section  ou  Archives  du 
gouvernement  {Archivo  de  la  Gobernacion)  embrasse  la  pro- 
cédure d'un  autre  tribunal,  celui  du  lieutenant  {portant-veus) 
du  gouverneur  général  du  royaume,  qui  tenait  le  milieu  entre  les 
tribunaux  ordinaires  et  le  Conseil  du  roi.  La  troisième  est  formée 
des  documents  du  patrimoine  royal  ou  de  la  bailia,  ainsi  nommée 
de  l'officier  ipaile)  qui  administrait  ce  patrimoine,  jugeait  des 
contestations  entre  le  fisc  et  les  particuliers,  etc.  A  cette  section 
se  rattachent  encore  les  archives  du  maître  des  comptes  (mestre 
racional),  fonctionnaire  d'ordre  inférieur  au  baile,  mais  sou- 
verain en  matière  de  comptabilité  fiscale.  Dans  la  quatrième  sec- 
tion ont  été  versées  les  archives  de  la  commission  ou  junte 
permanente,  élue  par  les  cortès  du  royaume  pour  répartir  et 
percevoir  les  impots  votés  par  cette  grande  assemblée  représenta- 
tive. La  cinquième  section  enfin,  de  contenu  purement  judiciaire, 
comprend  la  procédure  des  tribunaux  ordinaires  en  matière 
civile  et  criminelle,  les  archives  du.  justicia  et  du  sub-justicia, 
comme  se  nommaient  le  juge  ordinaire  à  Valence  et  son  délégué. 
A  ces  cinq  sections  sont  adjoints,  sous  le  nom  de  lo  extrava- 
gante, une  collection  de  protocoles  et  de  registres  de  notaires, 
puis  des  papiers  de  communautés  rehgieuses  supprimées.  Cet 
amas  considérable  de  volumes  et  de  liasses  a  été,  dans  l'intérieur 
de  chaque  section,  divisé  et  subdivisé  par  matières  en  petits 
groupes,  dont  la  notice  que  nous  suivons  donne  le  détail.  Grâce 
à  cette  classification  fort  bien  entendue,  on  peut  se  rendre  un 
compte  exact  des  ressources  que  les  archives  de  Valence  offrent 
à  l'historien,  mais  les  recherches  n'y  deviendront  faciles  et  fruc- 
tueuses que  du  jour  où  les  inventaires  des  diverses  séries  de  docu- 
ments, fort  peu  avancés  jusqu'ici,  pourront  être  mis  à  la  disposi- 
tion du  public. 


617 

La  Bibliothèque  universitaire  de  Valence,  que  la  magnifique 
donation  du  célèbre  érudit  Francisco  Ferez  Bayer  (vingt  mille 
volumes  environ^)  permit  de  fonder  en  1785  et  qui  peu  après 
s'enrichit  d'une  partie  des  livres  et  manuscrits  de  Juan  Baustista 
Muiïoz,  l'historien  de  la  découverte  du  Nouveau  Monde,  eut  un 
triste  sort  ;  en  1812,  une  bombe,  lancée  par  l'armée  de  Suchet 
qui  assiégeait  la  ville,  incendia  complètement  ces  trésors  biblio- 
graphiques. Il  fallut  reconstituer  la  Ijibliothèque  sur  de  nouveaux 
frais,  et,  si  le  mal  causé  par  ce  déplorable  accident  ne  put  être 
entièrement  réparé,  de  bons  livres  cependant  et  en  assez  grand 
nombre,  cédés  par  de  généreux  amateurs  ou  pris  aux  ordres  reli- 
gieux en  1835,  vinrent  reformer  en  peu  de  temps  un  fonds 
important  qui  s'est  accru  jusqu'à  nos  jours.  La  bibliothèque 
compte  maintenant  plus  de  quarante  mille  volumes.  A  la  notice 
qu'il  a  consacrée  dans  le  tome  premier  de  YAnuario  à  l'histoire 
de  cet  établissement,  le  bibliothécaire  en  chef  D.  José  Maria 
Torres  a  joint  un  appendice,  où  se  trouvent  énumérés  «  quelques  » 
incunables  de  la  bibliothèque  »  (soixante-huit  volumes,  dont 
cinquante-cinq  d'impression  espagnole)  et  «  les  livres  les  plus 
rares  et  précieux  du  dépôt  » ,  entre  autres  les  fameuses  Obres 
é  trobes  en  lahors  de  la  verge  Maria  (Valence,  et  probable- 
ment 1474),  qui  passent  pour  le  premier  livre  imprimé  en 
Espagne,  le  Comprehensorium  et  le  Salluste  de  1475',  puis 
«  quelques  manuscrits  »  sans  grande  importance. 

Parmi  les  anciennes  bibliothèques  de  Valence,  il  en  est  une 
dont  les  épaves  au  moins  ont  été  recueillies,  en  vertu  du  décret 
à' exclaustration  de  1835,  par  la  bibliothèque  universitaire;  je 
veux  parler  de  la  librairie  formée  par  D.  Fernando  d'Aragon, 
duc  de  Calabre,  vice-roi  de  Valence  de  1526  à  1536,  et  léguée 
par  lui  au  monastère  hiéronymite  de  Saint-Miguel  de  los  Reyes, 
dont  il  avait  été  le  fondateur.  En  1803,  Villanueva  en  examina 
quelques  manuscrits,  qui  à  cette  époque  se  trouvaient  encore  à 
Saint-Miguel  :  les  résultats  de  son  inspection  sont  consignés  dans 
le  Viage  literario  à  las  iglesias  de  Espana  (t.  II,  p.  124  et 
suiv.).  Récemment  l'inventaire  des  livres  imprimés  et  manuscrits, 

1.  Voir  une  nolire  d<î  la  bibliothèfiuo  de  Ferez  Rayer,  par  D.  Mariano  Liîïan, 
dans  Navarrete,  Coleccion  de  los  viajes  y  dcscubrimienios  que  hicieron  por 
mar  los  Espaïioles,  desde  fines  del  siglo  XV,  1'  édil.,  Madrid,  1858,  t.  I", 
p.  133. 

2.  Ces  deux  livres  ont  été  décrits  par  Saivâ,  Caiàlogo,  n"  2789. 


GIS 

donnés  en  1550  par  le  duc  au  monastère,  a  été  intégralement 
publié,  d'après  un  registre  ou  cartulaire  qui  contient  les  actes  de 
la  fondation  de  cette  maison*.  L'éditeur  a  pris  le  soin  de  marquer 
d'un  astérisque  les  volumes  de  la  donation  du  duc  acquis  par  la 
bibliothèque  universitaire  de  Valence  et  qui  figurent  aujourd'hui 
sur  ses  rayons;  il  ressort  de  ce  récolement  qu'une  vingtième 
partie  à  peine  de  la  belle  librairie,  telle  que  nous  la  donne  à  con- 
naître l'inventaire  de  1550,  a  échappé  au  naufrage 2. 

Moins  respectés  encore  que  les  livres  du  duc  de  Calabre,  ceux 
de  la  reine  D^  Maria,  femme  d'Alphonse  V  d'Aragon,  le  conqué- 
rant de  Naples,  semblent  aujourd'hui  perdus,  (jue  sont  devenus 
les  soixante  et  onze  manuscrits  inventoriés  en  1458,  quelques 
jours  après  le  décès  de  cette  reine  ?  On  l'ignore  ;  mais  au  moins 
savons-nous  par  la  minutieuse  description  des  exécuteurs  testa- 
mentaires de  quels  ouvrages  se  composait  la  collection.  Vlnven- 
iari  del  libres  de  la  Senyora  Donna  Maria,  imprimé  et  con- 
venablement annoté  par  MM.  Velasco  et  Vignau,  est  un  document 
bibliographique  important,  qui  nous  révèle  et  les  goûts  littéraires 
et,  dans  une  certaine  mesure,  les  goûts  artistiques  de  ces  souve- 
rains aragonais  du  xve  siècle,  car  aux  incipit  et  explicit 
s'ajoutent  dans  l'inventaire  des  indications  précises  sur  la  reliure 
et  l'ornementation  des  volumes^. 

De  la  bibliothèque  d'un  savant  valencien,  non  moins  célèbre 
que  Francisco  Ferez  Bayer,  le  très  docte  Gregorio  Mayans,  un 
certain  nombre  de  livres  se  trouveraient  actuellement ,  d'après 
les  renseignements  que  j'ai  pu  recueillir,  entre  les  mains  d'un 
membre  de  l'aristocratie  de  Valence,  le  comte  de  Trigona,  beau- 
coup, surtout  des  manuscrits,  portés  en  Angleterre,  furent  acquis 
par  le  bibliophile  Richard  Heber,  comme  en  fait  foi  le  Catalogue 
of  the  lihrarij  ofthe  laie  Richard  Heber,  esq.\  où  bien  des 

1.  Ce  registre  se  trouve  aux  Archives  historiques  de  Madrid  ;  voir  VA^iuario 

de  1882,  p.  29.  ^    »      • 

2.  Voir  Revista  de  archivos,  Mbliotecas  y  museos  (1874),  t.  IV,  p.  7  et  suiv. 
Le  marquis  de  Cruilles  dans  sa  Guia  urbana  de  Valencia  (Valence,  1876,  t.  1", 
p.  285)  parle  dune  description  des  mss.  de  S.  Miguel  par  Zacarés  [Recuerdos 
de  Valencia),  que  je  ne  connais  pas. 

3.  Revista  de  archivos,  biblioiecas  y  museos  (1872),  t.  II,  p.  11  et  suiv.  Il  a 
été  fait  un  tirage  à  part  de  cet  inventaire  sous  le  titre  de  Coleccion  de  docu- 
menios  historicos  publicados  en  la  Revista  de  archivos,  bibiiotecas  y  museos. 
Numéro  1.  Madrid,  1872,  in-8\ 

4.  Part  the  eleventfi.  Manuscripts,  183G,  189  p.  in-8°. 


G^9 

notices  se  terminent  par  cette  mention  de  provenance  :  From 
the  Bihliotheca  Mayansiana^  :  à  la  vente  Heber,  en  1836,  le 
Musée  britannique  et  sir  Thomas  Phillipps  se  sont  partagé  les 
dépouilles  de  la  Mayansienne.  On  peut  regretter  sans  doute 
qu'une  collection  de  cette  valeur  ne  soit  pas  restée  intégralement 
dans  la  patrie  de  celui  qui  avait  dépensé  tant  de  zèle  à  la  réunir  ; 
mais,  puisque  cela  ne  se  pouvait  pas,  paraît-il,  félicitons-nous 
au  moins  de  ce  que  ses  débris  les  plus  précieux  aient  échoué  dans 
un  pays  où  l'on  respecte  et  conserve  les  trésors  littéraires  des 
temps  passés. 

A  la  fâcheuse  destruction  de  la  bibliothèque  de  Ferez  Bayer, 
dont  la  responsabilité  n'incombe  pas  aux  Valenciens,  à  la  disper- 
sion de  celle  de  May  ans,  qui  tient  peut-être  à  la  négligence  des 
héritiers  de  ce  savant,  on  est  heureux  de  pouvoir  opposer  la 
bonne  conservation  d'une  autre  bibliothèque  particulière,  fort 
riche  en  livres  rares,  mais  pauvre  en  manuscrits,  celle  des 
libraires  Vicente  et  Pedro  Salvâ,  dont  ce  dernier  a  publié  un 
remarquable  catalogue,  qui  est  à  lui  seul  une  manière  de  Brunet 
espagnol".  La  bibliotlièque  de  Salvâ  a  été  achetée  il  y  a  quelques 
années  par  un  amateur  de  Madrid,  D.  Ricardo  Heredia,  qui  sait 
la  garder  et  l'accroître. 

Sur  les  anciennes  collections  ecclésiastiques  de  Valence  et  ce 
qu'il  en  subsiste,  on  ne  peut  que  renvoyer,  soit  à  Villanueva  ^, 
soit  à  Valentinelli^,  qui  lui-même  suit  pas  à  pas  l'érudit  domi- 
nicain et  ne  fait  guère  que  résumer  les  notices  du  Viage  literario. 

Il  y  a  à  Valence  un  petit  groupe  d'amateurs,  de  professeurs 
de  l'Université  et  de  fonctionnaires  du  corps  des  archivistes  et 
bibliothécaires,  qui  se  voue  à  l'étude  des  antiquités  locales.  Ici, 
et  pour  ne  pas  sortir  de  mon  sujet,  je  dois  me  borner  à  signaler 
seulement  les  travaux  récents  de  ces  érudits  qui  se  rapportent 

1.  Dans  le  nombre  se  trouvent  quelques  ouvrages  inédits  de  D.  Gregorio 
Mayans  et  de  son  frère  D.  Antonio.  Je  ne  citerai  que  le  n°  755  du  catalogue  : 
«  Noticia  de  varios  aulores  y  obras  espanolas,  especialnienle  de  todos  los  poetas 
valencianos,  quai  [sic]  coniunicô  à  D.  Fr.  Cerdâ  D.  J.  A.  Mayans.  In  the  hand- 
writing  of  J.  A.  Mayans.  From  the  Bibl.  Mayansiana,  in-4'.  »  Les  renseigne- 
ments que  contenait  cette  notice  ont  sans  doute  été  mis  à  profil  par  Cerdâ  dans 
ses  notes  sur  la  Diana  de  Gil  Polo  (Valence,  1778). 

2.  Catâlogo  de  la  Mblioteca  de  Salvâ,  Valence,  1872,  2  vol.  in-8°. 

3.  Viage  literario  d  las  iglesias  de  Espaîia,  t.  I  et  IV. 

4.  Belle  biblioteche  délia  Spagna  (Comptes-rendus  de  l'Académie  de  Vienne. 
Classe  philosophique-historique.  Janvier  1860). 


620 

à  l'histoire  littéraire  et  à  la  linguistique.  L'ancien  royaume  de 
Valence  se  trouve,  en  ce  qui  concerne  la  langue  qu'on  y  parle, 
dans  une  situation  spéciale,  très  différente  de  celle  de  la  Cata- 
logne et  des  Baléares,  les  deux  autres  provinces  de  la  langue  d'oc 
en  Espagne.  Influencé  par  le  voisinage  immédiat  de  la  Castille, 
le  dialecte  vulgaire  a  depuis  longtemps  beaucoup  perdu  de  sa 
pureté  primitive,  c'est-à-dire  que  le  vocabulaire  et  même  la  syn- 
taxe du  valencien  parlé  portent  la  marque  d'infiltrations  nom- 
breuses de  la  langue  officielle.  Et  si  le  peuple,  qui  ne  lit  ni  n'écrit, 
cède  au  castillan,  lui  emprunte  des  mots  et  des  tournures,  sans 
même  souvent  les  accommoder  au  génie  de  son  dialecte-,  on  peut 
penser  ce  que  l'influence  cortesana,  pour  parler  à  l'espagnole,  a 
produit  dans  la  littérature.  De  fait,  le  mariage  de  Ferdinand 
d'Aragon  et  d'Isabelle  de  Castille,  l'annexion  de  l'Espagne  orien- 
tale à  l'Espagne  centrale  ont  tué  la  littérature  indigène  en  langue 
d'oc  dans  tous  les  Etats  de  l'ancienne  couronne  d'Aragon,  en 
Catalogne  aussi  bien  qu'à  Valence  :  depuis  ces  graves  événe- 
ments, aucune  œuvre  vraiment  importante,  en  prose  ou  en  vers, 
ne  s'écrit  plus  en  limousin,  comme  on  nommait  et  nomme 
encore  le  roman  espagnol  du  nord-est.  Mais  alors  que,  dans  la 
première  province,  le  castillan,  introduit  par  la  politique,  ne 
réussit  pas  à  s'acclimater  complètement,  garde  toujours,  aux 
yeux  de  l'homme  instruit  et  cultivé  même,  une  saveur  étrangère, 
au  point  que  les  Catalans,  qui,  depuis  le  commencement  du 
xv^  siècle  jusqu'à  nos  jours,  ont  écrit  purement  le  castillan, 
pourraient  se  compter  sur  les  doigts  de  la  main,  à  Valence,  au 
contraire,  l'assimilation  de  toute  la  gent  lettrée  s'opère  en  fort 
peu  de  temps,  et  le  castillan  y  devient  tellement  l'organe  de  la 
prose  et  de  la  poésie  dans  leurs  manifestations  sérieuses  ou  fri- 
voles, qu'au  xvf  siècle,  qu'au  xvii'  siècle  surtout.  Valence 
donne  à  l'Espagne  plus  de  poètes  lyriques  et  dramatiques,  plus 
de  romanciers  en  langue  castillane  que  beaucoup  de  grandes 
villes  de  Castille.  Dans  de  telles  conditions  le  valencien  devait 
rapidement  tomber  au  rang  d'un  patois,  et  c'est  ce  qui  arriva  ; 
des  patriotes  plus  particuhèrement  attachés  au  terroir  ont  beau 

1.  Ainsi  des  mots  castillans,  tels  que  quarto  (chambre),  cinto  (ceinture),  ne 
se  diront  pas  quart  et  cint,  mais  garderont  leur  o  final.  Voir,  par  exemple,  un 
petit  recueil  de  contes  et  de  facéties,  Cuentos  vells  ij  barattes  noves  reculliis 
d'asi  y  d'atlù  (Valence,  1876),  dont  l'éditeur  calque  bien,  à  ce  qu'il  semble,  le 
parler  vulgaire  de  la  capitale. 


62i 

protester  :  quiconque  à  Valence  se  respecte  n'écrit  plus  que  la 
langue  de  Cervantes  et  de  Lope,  seul  le  participant  aux  concours 
poétiques  {certdmenes)  en  l'honneur  de  quelque  saint  ou  d'une 
célébrité  locale,  seul  le  rimeur  de  complaintes  ou  de  chanson- 
nettes osent  encore  se  servir  du  dialecte  du  cru.  Au  xviif  siècle, 
quelques  curieux,  que  leurs  études  ont  familiarisés  avec  «  la 
vieille  langue  limousine,  »  voudraient  la  voir  revivre,  cherchent 
à  réveiller  l'amour  du  Valencien  pour  son  idiome  maternel,  qu'il 
laisse  perdre  et  traite  avec  trop  de  mépris.  L'un  d'eux,  le  notaire 
Carlos  Ros,  prend  beaucoup  de  peine  pour  ramener  ses  compa- 
triotes égarés  au  culte  de  la  lengua  valenciana,  dont  il  énu- 
mère  les  titres  de  gloire,  explique  la  grammaire,  recueille  les 
mots,  les  locutions  et  les  proverbes.  Mais  cet  enthousiasme  d'an- 
tiquaire ne  rendit  pas  son  lustre  au  valencien,  qui  continua, 
malgré  les  efforts  héroïques  du  zélé  notaire,  à  rester  patois. 
Aujourd'hui,  il  n'en  est  plus  tout  à  fait  ainsi  :  obéissant  à  l'im- 
pulsion des  Catalans,  qui,  dès  le  commencement  du  siècle,  ont 
hardiment  revendiqué  les  droits  de  leur  dialecte,  ont  fondé  une 
école  de  poètes  et  de  prosateurs  en  langue  catalane,  ont  ressuscité 
les  jeux  floraux  du  vieux  temps,  un  groupe  de  Valenciens,  dont 
le  capitaine  ou  l'apôtre  est  actuellement  le  facile  et  brillant  poète 
D.  Teodoro  Llorente,  a  embrassé  avec  enthousiasme  les  idées  de 
cette  restauration.  Sous  l'emblème  de  la  chauve-souris  {ratpe- 
nat),  emprunté  aux  armes  de  Valence,  une  ligue  s'est  formée 
pour  remettre  en  honneur  le  parler  du  bon  roi  Jacme,  foulé  et 
diminué  depuis  des  siècles  par  l'arrogant  idiome  du  centre.  Sou- 
tenu par  l'exemple  de  la  Catalogne,  des  Baléares,  de  plusieurs  de 
nos  provinces  méridionales,  ce  mouvement  peut  acquérir  une 
certaine  importance  ;  on  ne  doit  pas  se  dissimuler  toutefois  que 
les  traditions  littéraires  de  Valence  s'opposent,  je  ne  dirai  pas  au 
triomphe  du  dialecte  local  sur  la  langue  commune,  ce  qui  va  de 
soi,  mais  à  son  emploi  exclusif  ou  même  prédominant  dans  cer- 
tains genres  de  poésie  ou  de  prose.  I/histoire  ne  se  refait  pas  et 
les  Valenciens  ne  peuvent  rayer  du  livre  d'or  de  leurs  écrivains 
les  noms  de  poètes  dramatiques,  comme  Guillen  de  Castro, 
Aguilar,  Tarrega.  qui  ont  presque  fait  école,  ni  ceux  des  poètes 
lyriques  et  des  romanciers,  comme  Gil  Polo,  Rey  de  Artieda, 
Castillo  Solorzano,  tous  habiles  manieurs  de  la  langue  de  Castille, 
qui  n'ont  rien  sacrifié  à  l'amour  du  clocher.  De  tels  ancêtres  sont 
vraiment  compromettants  et  ne  se  laissent  pas  oublier  :  quoi  que 


622 

disent  ou  fassent  les  félibres  de  Valence,  ils  n'empêcheront  pas 
que  pendant  deux  siècles  la  littérature  valencienne  ne  se  soit 
confondue  avec  la  littérature  nationale  espagnole,  dont  elle  a 
pris  la  langue,  les  formes,  l'esprit.  Donc,  il  ne  saurait  être  ques- 
tion ici  d'une  renaissance  comme  à  Barcelone,  où  l'on  peut  légi- 
timement prétendre  se  rattacher  au  moyen  âge,  parce  que  rien 
ou  presque  rien  ne  s'y  est  substitué  à  la  littérature  indigène, 
parce  que  dès  la  fin  du  xv''  siècle,  à  peu  d'exceptions  près,  il  n'y 
a  eu  là  que  silence  et  stérilité.  La  Catalogne  ne  participe  aucune- 
ment à  la  grande  production  du  siècle  d'or  espagnol;  point  de 
noms  catalans  dans  cette  cohue  d'auteurs  de  comedias,  de  nou- 
velles fantaisistes  ou  picaresques,  de  poèmes  épiques,  etc.;  tandis 
que  les  Valenciens  y  tiennent  leur  place,  une  place  importante, 
et,  ce  qui  est  caractéristique,  s'y  perdent,  ne  s'y  distinguent  par 
aucune  allure  provinciale,  aucun  souvenir  du  patois  local,  ne  s'y 
font  pas  montrer  au  doigt  comme  les  Aragonais  par  exemple, 
preuve  qu'ils  se  sont  bien  irtûbus  du  génie  de  la  langue  de  Castille. 
Quoi  qu'il  en  soit  des  tendances  des  sociétaires  du  Ratpenat, 
il  y  a  lieu  de  les  approuver  au  moins  dans  ce  qu'elles  ont  de 
rétrospectif;  si  leurs  efi"orts  servent  les  intérêts  de  l'histoire  litté- 
raire et  de  la  linguistique  romane,  c'est  un  devoir  de  les  louer  et 
de  les  encourager.  Malheureusement  jusqu'ici,  l'étude  attentive 
et  patiente  des  monuments  de  l'ancienne  littérature  du  pays  n'est 
pas  ce  qui  semble  préoccuper  le  plus  la  petite  école.  On  remarque 
avec  quelque  regret  dans  ses  publications  plus  de  vers  de  toute 
dimension,  plus  de  variantes  sur  ce  thèm.e  un  peu  usé  patrie, 
foi  et  amour,  qui  est  la  devise  des  jeux  floraux,  plus  d'aspira- 
tions vagues  et  de  déclamations  que  d'écrits  en  simple  prose  sur 
certains  sujets  d'intérêt  à  la  fois  général  et  local,  qu'il  serait 
temps  d'éclaircir  et  dont  la  connaissance  précise  servirait  même 
mieux  la  cause  de  la  renaissance  que  tant  de  banalités  lyriques. 
Si  les  Valenciens  veulent  redonner  de  la  vie,  de  la  vigueur  et  de 
la  souplesse  à  leur  idiome,  ils  devraient  avant  tout  s'inspirer  de 
leurs  classiques,  étudier  à  fond  la  vieille  langue.  C'est  pourtant 
ce  qu'ils  ne  font  pas  ou  ne  font  pas  assez.  Leurs  deux  grands 
poètes  du  xv^  siècle,  Auzias  March  et  Jaume  Roig,  ne  se  lisent 
plus;  rien  d'un  peu  approfondi  n'a  été  écrit  depuis  longtemps  à 
Valence  sur  l'œuvre  à  demi  mystique  du  chantre  de  l'amour  et 
de  la  mort,  ni  sur  la  mordante  satire  du  médecin  facétieux  et 
caustique;  bien  mieux,  ou  bien  pis,  nous  ne  possédons  d'édition 


623 

suffisante,  et  par  là  on  entend  simplement  un  texte  correct,  ni 
des  chants  du  premier,  ni  du  poème  du  second.  En  un  mot, 
aucun  effort  sérieux  n'a  été  tenté  encore  pour  rapprocher  du  pro- 
fane ces  œuvres  d'un  autre  âge,  pleines  de  mots  qui  ont  cessé  de 
vivre,  de  tournures  difficiles,  d'allusions  historiques. 

La  disette  de  travaux  sérieux  sur  l'ancienne  littérature  valen- 
cienne  n'est  point  telle  cependant  que  nous  ne  trouvions  quelque 
chose  à  glaner  :  d'abord  deux  études  bio-bibliographiques,  VEs- 
tudio  historico-crîtico  sobre  los  jwetas  xalencianos  de  los 
siglos  XIII,  XIV y  XV,  par  D.  Rafaël  Ferrer  y  BignéS  auquel 
a  sans  doute  servi  de  modèle  un  travail  analogue  de  M.  Milâ  y 
Fontanals  sur  les  poètes  catalans  de  la  même  époque,  puis  le 
complément,  pour  les  trois  siècles  suivants,  du  premier  mémoire  : 
YEstudio  histôrico-crîtico  de  los  postas  valencianos  de  los 
siglos  XVI,  XVII y  XVIII,  par  D.  J.  M.  Puig  Torralva  y  D. 
F.  Martî  Grajales.  Ce  sont,  plutôt  que  des  études  historiques  et 
critiques,  des  catalogues,  où  chaque  poète  valencien  dont  on  sait 
quelque  chose  est  l'objet  d'une  notice  biographique  qu'accom- 
pagnent l'énumération  de  ses  œuvres  et  souvent  des  extraits  de 
ses  poésies  les  plus  marquantes.  On  se  fait  ainsi  une  idée  assez 
exacte  de  ce  que  représente,  au  moins  comme  quantité,  cette 
branche  de  la  littérature  valencienne. 

C'est  déjà  bien  de  cataloguer  et  de  décrire,  mais  il  reste  à  nous 
donner  le  moyen  d'entrer  en  commerce  plus  intime  avec  ces 
auteurs.  Tous  les  livres,  tous  les  recueils  de  poésie  valencienne 
imprimés  au  xvf.  et  au  xvii"  siècle  sont  devenus  pour  la  plupart 
d'une  extrême  rareté  :  les  réimprimer  donc,  en  les  entourant  d'un 
commentaire  grammatical  et  historique,  nous  paraît  être  main- 
tenant le  premier  devoir  de  l'érudition  locale.  Une  Bïblioteca 
valentina,  essayée  dans  ces  dernières  années,  n'a  pas  eu  le  suc- 
cès auquel  son  éditeur  pouvait  s'attendre  ;  il  est  vrai  de  dire  que 
l'entreprise  aurait  dû  être  menée  dans  un  esprit  plus  scientifique 
et  entourée  de  plus  de  soins.  Soyons  néanmoins  reconnaissants  au 
libraire  Aguilar  de  nous  avoir  rendu  accessibles  au  moins  deux 
curiosités  du  xvf  siècle.  Le  premier  volume  de  cette  collection 
contient  un  écr.t  en  castillan  du  chroniqueur  et  généalogiste 
Martin  de  Viciana,  intitulé  :  «  Eloges  des  langues  hébraïque, 

1.  Publié  dans  le  Boletin  de  la  Sociedad  de  amigos  del  pais  de  Valencia 
(janvier-juin  1875  ?),  96  p.  in-8°. 


624 

grecque,  latine,  castillane  et  valencienne^.  »  Tout  en  louant  le 
noble  et  gracieux  castillan,  l'auteur,  qui  écrivait  en  1574,  plaide 
énergiquement  la  cause  du  «  parler  natif,  »  qu'il  tient  pour  plus 
parfait  que  son  heureux  rival,  parce  qu'il  s'est  moins  écarté  du 
latin  et  ne  s'est  point  souillé  par  tant  d'emprunts  à  l'arabe.  L'en- 
thousiasme patriotique  de  Viciana  l'entraîne  à  quelques  exagé- 
rations :  tout  Valencien,  dit-il,  grâce  à  la  dextérité  qu'il  a 
acquise  en  pratiquant  son  idiome,  apprendra  en  peu  de  jours 
n'importe  quelle  langue  étrangère,  tandis  que  l'étranger,  alors 
même  qu'il  habiterait  Valence,  ne  réussira  jamais  à  parler  par- 
faitement la  langue  valencienne,  fille  vertueuse,  qui  se  laisse 
regarder,  mais  ne  permet  pas  qu'on  la  touche.  Pour  bien  établir 
sa  thèse,  il  dresse  des  tableaux  comparatifs,  d'où  ressort  généra- 
lement que  le  valencien  est  resté  plus  fidèle  aux  formes  de  la 
langue  mère  ;  il  s'est  même  donné  le  plaisir  de  composer  une  orai- 
son, dont  la  plupart  des  mots  sont  à  la  fois  et  latins  et  valen- 
ciens^.  Ce  panégyrique  intéresse  aussi  l'histoire  de  la  langue 
castillane;  il  nous  renseigne  sur  l'ancienne  prononciation  de 
trois  consonnes  :  s,  j,  m.  «  Dans  toute  langue,  dit  Viciana,  il  y 
«  a  trois  manières  de  parler  :  la  première  et  la  meilleure  est  celle 
«  des  hommes  de  science  et  de  lettres,  parce  qu'ils  gardent  la 
«  propriété  des  termes,  observent  la  vraie  prononciation,  l'or- 
«  thographe  et  l'accent,  et,  quand  la  langue  vulgaire  leur  fait 
«  défaut,  ils  savent  tirer  parti  du  grec  et  du  latin;  la  seconde 
«  manière  est  celle  des  gens  de  qualité,  des  courtisans  et  des 
«  bourgeois,  qui  parlent  purement  et  agréablement ,  mais  ont 
«  l'habitude  de  manger  des  mots  ;  ainsi ,  pour  vuestra  sehoria 
«  ou  vuestra  mercecl,  ils  diront  tout  court  seiïoria  ou  merced;  » 
puis  ils  estiment  de  bon  ton  {del  vicio  hacen  gala)  de  redoubler 
1'^,  de  prononcer  cassaovi  cossa'^oxxv  casa  ou  cosa,  d'  «  expri- 
mer »  Y  h,  de  dire  ainsi  chuan,  cliente^,  ou  bien  encore  de  subs- 

1.  Alabanzas  de  las  lenguashebrea,  griega,  latina,  caMellana  y  valenciana, 
copHadas  por  Martin  de  Viciana.  Valence,  1877  {Bihlioieca  Valentina,  t.  P"). 
L'éditeur,  au  lieu  de  reproduire  l'édition  originale  de  1574,  a  suivi  une  réim- 
pression de  1765. 

2.  Cet  essai  est  peu  réussi  ;  plusieurs  écrivains  espagnols  se  sont  amusés  à 
faire  du  latin  castillan,  qui  vaut  mieux  que  le  latin  valencien  de  Viciana.  J'ai 
dit  quelques  mots  de  ces  pédanteries  dans  la  Zeitschrift  filr  romanische  Phi- 
lologie, t.  III,  p.  28.  Voir  aussi  L.  A.  de  Cueto,  Memorias  de  la  Academia 
Espanola,  l.  IV,  p.  129. 

3.  Pour  Juan,  gente.  Viciana  a  voulu  marquer  sans  doute  la  prononciation 
aspirée  de  la  jota. 


R23 


tituer  l'n  à  Ym  dans  les  finales  comme  dominum,  templum. 
Sur  la  troisième  manière  de  parler  des  vilains  et  gens  du  com- 
mun, l'auteur  ne  donne  pas  de  détails.  L'écrit  de  Viciana  est, 
avons-nous  dit,  un  plaidoyer  ou  peut-être  seulement  une  mani- 
festation d'un  bon  patriote  en  l'honneur  de  sa  langue  maternelle, 
qu'il  voit  succomber  et  veut  saluer  une  dernière  fois.  Dans  la 
dédicace  à  1'  «  illustre  sénat  de  la  glorieuse  et  couronnée  cité  de 
Valence,  »  qui  sert  de  prologue  à  l'ouvrage,  il  soupire  et  se 
lamente  plutôt  qu'il  ne  proteste.  «  La  langue  castillane,  nous  en 
«  sommes  témoins,  entre  par  toutes  les  portes  de  ce  royaume, 
«  tous  les  Valenciens  l'entendent,  beaucoup  la  parlent,  oublieux 
«  qu'ils  sont  de  leur  propre  langage.  Faites,  messieurs,  qu'ils  y 
«  reviennent ,  puisqu'ils  l'ont  tetée  avec  le  lait  et  ne  l'aban- 
«  donnent  pour  aucune  autre  du  monde;  »  mais  on  sent  qu'il 
compte  peu  sur  l'intervention  de  l'autorité  en  pareille  matière. 
D'ailleurs,  le  fait  qu'il  s'est  servi  de  la  langue  du  vainqueur  pour 
défendre  la  cause  du  vaincu  indique  assez  qu'il  capitule,  quoi- 
qu'à  regret*. 

«  Le  procès  des  olives  et  disputes  des  jeunes  gens  et  des  vieux  ^  » 
est  le  second  ouvrage  que  nous  a  restauré  la  Biblioteca  ralen- 
tina,  d'après  l'ancienne  édition  de  1561.  A  cette  dispute,  dont 
l'allégorie  est  bien  transparente,  prennent  part  divers  poètes,  qui 
tour  à  tour  donnent  leur  avis  sur  le  meilleur  moyen  d'extraire  le 
noyau  de  l'olive,  ou,  pour  parler  clair,  de  se  faire  aimer  des 
femmes;  les  subtilités  de  ce  genre  allégorique  rendent  assez 
malaisée  l'intelligence  de  bien  des  strophes  du  poème,  dont  la 
correction  laisse  au  reste  beaucoup  à  désirer. 

A  cette  Biblioteca  valentina,  malheureusement  interrompue, 
peut  être  rattachée  une  édition  des  œuvres  burlesques,  bouf- 
fonnes et  graveleuses  du  Père  François  Mulet,  un  dominicain  du 
xvn^  siècle  (1624-1675),  que  ses  graves  fonctions  de  professeur 
de  métaphysique  et  de  morale  à  l'université  de  Valence  n'empê- 
chaient pas  de  rimer  à  ses  heures  des  romances,  des  dizains  et 

1.  Le  castillaa  qu'écrit  Viciana  est  fort  piètre,  mais  lui  en  a  bonne  opinion; 
quelque  part  (prologue  ,le  la  3'  partie  de  sa  Crônica  de  Valencia)  il  concède 
qu "étant  Valencien,  il  ne  possède  pas  le  «  castellano  polido  quai  se  habla  en 
Toledo,  »  mais  il  a  au  moins  la  prétention  d'écrire  «  en  todo  castellano  é  harto 
mejor  que  no  fueron  scritos  los  antiguos  libros  propios  caslellanos.  » 

2.  Lo  procès  de  les  olives  é  disputa  dds  jovens  hi  dels  lells.  Valence,  1877 
{Bibl.  Valentina,  t.  II). 


626 

même  des  comédies.  Quoiqu'on  ne  sût  où  lire  ses  œuvres,  le  nom 
du  Père  Mulet  était  resté  populaire  à  Valence  :  M.  Constantin 
Llombart  en  a  profité  et  a  réuni  en  un  volume  tout  ce  qui  d'après 
«  une  ancienne,  générale  et  fort  raisonnable  tradition  »  peut  être 
attribué  à  ce  Piron  en  soutane  ^  Je  ne  voudrais  pas  me  porter 
garant  de  l'authenticité  de  toutes  les  verdeurs  et  turlupinades 
collectionnées  par  M.  Llombart  :  peu  importe,  ces  petits  vers  et 
les  deux  comédies  Los  amors  de  Melisendra  et  La  infanta 
Tellina  y  el  rey  Matarot  méritent  d'être  lus,  quand  cela  ne 
serait  que  pour  constater  jusqu'à  quel  point  le  chiste  cortesano, 
le  mauvais  goût  madrilègne,  le  calembour  et  les  insanités  des 
ingénias  des  bords  du  Manzanares  avaient  gagné  les  provinces, 
s'étaient  partout  infiltrés;  les  deux  comédies  surtout,  transpo- 
sées en  castillan,  pourraient  être  signées  de  n'importe  quel 
auteur  de  comedias  burlescas.  Dans  ce  même  volume,  à  la 
suite  des  oeuvres  de  Mulet,  figurent  quelques  pièces  bien  médiocres 
d'un  ouvrier  cordier,  Pasqual  Martineç,  né  à  Valence  en  1772. 
La  Revista  de  Valencia,  qui  paraît  tous  les  mois  par  livrai- 
sons de  cinquante  pages  environ,  depuis  le  1"  novembre  1880, 
n'a  que  peu  contribué  jusqu'ici  à  l'étude  de  la  langue  et  de  l'an- 
cienne littérature  du  pays.  Il  est  vrai  que  cette  revue  a  un  carac- 
tère général,  elle  est  à  la  fois  littéraire,  historique,  artistique, 
archéologique,  elle  touche  à  toutes  les  questions  qui  peuvent 
intéresser  le  public  valencien,  c'est  dire  que  nos  études  ne  sau- 
raient y  réclamer  qu'un  espace  restreint.  Cependant,  et  grâce  au 
zèle  de  plusieurs  de  ses  collaborateurs,  la  Revista  a  déjà  montré 
qu'elle  n'entend  pas  négliger  entièrement  ce  coin  de  l'histoire 
nationale.  Voici  ce  que  je  trouve  à  signaler  dans  les  livraisons 
parues.  Tome  premier.  Article  de  D.  José  Martinez  Aloy,  sur  la 
formation  des  noms  de  famille  limousins,  peu  approfondi  malheu- 
reusement (p.  153)  ;  une  satire  populaire  du  temps  de  la  guerre 
de  succession  «  sur  les  gouvernantes  des  chapelains  »  (p.  520)  ; 
notice  de  quelques  académies  valencien  nés  du  xvii®  siècle,  par 
D.  José  Enrique  Serrano  (p.  441)  ;  fragments  d'une  disputation 
entre  le  prince  Charles  de  Viane  et  Mossen  Johan  Roiç  de  Corella, 
publiés  d'après  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  universitaire  de 

1.  Obres  fesUves  compostes  segons  antiga,  gênerai  y  molt  rakonable  tradiciô 
pel  Pare  Francescli  Mulet,  frare  profés  domînico,  publ.  par  En.  Constanti 
Llombart,  2'  édiliou,  Valence,  1876,  in-8°. 


027 

Valence,  par  D.  José  Maria  Torres  (p.  330  et  523)*;  la  biblio- 
graphie des  journaux  de  Valence  depuis  l'an  1526  jusqu'à  nos 
jours,  par  D.  Luis  Tramoyeres  (p.  17 et  suiv.).  Tome  deuxième. 
Lettres  de  défi  du  xv°  siècle  (à  rapprocher  de  celles  qu'a  publiées 
M.  Alart  dans  la  Revue  des  langues  7^0 mânes),  et  dialogue  en 
valencien  sur  un  vol  commis  dons  une  église  à  la  fin  du 
xvn'''  siècle,  publié  par  le  vicomte  de  Bétera  (p.  1  et  181)  ;  notes 
sur  les  prédications  et  les  miracles  de  Saint-Vincent  Ferrer  à 
Girone,  par  D.  Claudio  Girbal  (p.  577);  la  cuisine  espagnole  :  le 
liYre  de  Sent  Sovi,  par  D.  José  Enrique  Serrano  ;  cette  notice 
contient  la  description  et  la  table  d'un  manuscrit  de  la  fin  du 
xiv°  ou  du  commencement  du  xv"  siècle  de  la  bibliothèque  de 
Valence-  (p.  171);  bibliographes  valenciens,  par  D.  Luis  Tra- 
moyeres, très  bon  travail  (p.  433);  les  dictionnaires  et  vocabu- 
laires valenciens,  par  D.  José  Vives  Ciscar,  excellente  biblio- 
graphie (p.  74).  Tome  troisième,  en  cours  de  publication.  Les 
confréries  de  métiers  à  Valence,  par  D.  Luis  Tramoyeres 
(p.  211)  ;  puis  de  fort  intéressantes  notes  philologiques  sur  le 
patois  de  la  Plana,  territoire  maritime  de  la  province  de  Cas- 
tellon,  par  D.  José  Nebot  (p.  82),  qui  méritent  d'être  résumées. 
L'auteur  constate  d'abord  que  le  lemosin  parlé  à  Valence  est 
très  altéré,  qu'  «  à  certaines  lettres  les  habitants  de  la  ville  du 
Turia  donnent  des  sons  purement  castillans,  »  ce  qui  n'a  pas  lieu 
dans  le  reste  de  l'ancien  royaume.  Il  traite  ensuite  de  la  pronon- 
ciation des  consonnes  c,  ch,  g,  j,  s,  v,  ç  dans  le  dialecte  de  la 
Plana.  Le  son  castillan  de  c  devant  e  et  i  et  de  z  devant  a,  o,  u 
n'existe  pas  en  valencien.  A  Valence  même,  les  trois  consonnes 
c,  s,  ç  se  prononcent  comme  Y  s  du  castillan,  on  n'y  connaît  pas 

1.  Cf.  Amador  de  los  Rios,  Uisloria  critica  de  la  lUeratara  espahola,  t.  VII, 
p.  18  et  suiv. 

2.  Dans  le  préambule  de  ce  traité  culinaire,  ou  lit  ceci  :  «  \o  quai  libre  es 
appellal  de  sent  Soui.  E  feu  lo  ell  dicta  un  bon  hom  e  fort  bon  coch,  lo  ipial 
coch  slaue  ab  lo  rey  d'Anglaterra.  E  lo  coch  lo  fleu  ab  conseil  d'en  PereFclip, 
scuder  del  dit  senyor  rey.  E  feu  lo  en  lany  de  la  incarnaciô  de  nosire  Senyor 
que  boni  coptaue  mil  e  XXIIII.  »  Il  est  clair  que  la  date  102i  est  fausse.  Mais 
qui  sont  ce  roi  d'Anghlerre  et  cet  écuyer  Pierre  Philipi)e  ?  La  langue  du  texte 
est  contemporaine  de  l'écriture.  Un  autre  exemiiLiire  de  ce  livre  de  cuisine  se 
trouvait  jadis  chez  les  Dominicains  de  Barcelone  :  Villanueva,  qui  l'y  vil,  l'at- 
tribue à  Manuel  Diez,  majordome  d'Alphonse  V  d'Aragon,  auteur  d'une  Menes- 
calia.  La  date  1024  est,  dans  le  ms.  de  Barcelone,  1324.  Voir  Viage  literario, 
t.  XVIll,  p.  185. 


628 

r^  douce  {la  s  suave).  Dans  le  territoire  de  la  Plana,  les  trois 
consonnes  susdites  prennent  à  l'initiale  et  à  la  finale  le  son  de  Vs 
dure,  qui  est  aussi  celui  des  groupes  cia,  cie,  cio,  ciu  :  dans  les 
autres  cas,  la  prononciation  est  tantôt  dure,  tantôtdouce,  sans  qu'on 
puisse  donner  de  règle  absolue.  Ainsi,  dans  raça,  plaça,  caçar, 
forçar,  le  ç  est  dur,  dans  t^eçar,  almorçar,  haça  doux  ;  dans 
incens,  entonces,  concis  le  c  est  dur,  dans  quince,  once,  sen- 
cillo  doux  ;  dans  pensar,  fosa  Vs  est  dure,  dans  rosa,  cosa 
douce.  —  Ch  ne  s'emploie  guère  qu'à  la  finale  et  équivaut  à  c 
dur  :  foch,  rich  sont  pour  foc,  rie.  —  Le  son  de  l^Jota  cas- 
tillane ou  de  g  devant  e  et  i  n'existe  pas  en  valencien.  A  Valence, 
ces  consonnes  «  se  prononcent  exactement  comme  le  ch  cas- 
«  tillan  ;  chez  nous,  dit  M.  Nebot,  leur  son  est  beaucoup  plus  doux, 
«  à  égale  distance  du  ch  castillan  et  du  g  français,  c'est-à-dire 
«  un  peu  plus  doux  que  la  première  consonne  et  un  peu  plus  dur 
«  que  la  seconde.  »  Le  ch  castillan  existe  aussi  à  la  Plana,  il 
s'exprime  par  la  graphie  x  au  commencement  des  mots  {œarol, 
œop,  xular),  par  tj  dans  l'intérieur  {clitja,  dit] os),  par  ig  à  la 
fin  {vaig,  bateig,  calig,  roig,  fuig)  :  «  Nous  ne  devons  pas 
omettre  de  dire  que  dans  le  dialecte  de  la  Plana  ce  son  (du  ch 
castillan)  est  très  rare  au  commencement  et  à  l'intérieur  des 
mots.  »  —  V.  Les  Valenciens  de  la  capitale  prononcent  v 
comme  b  ;  tandis  qu'à  la  Plana  le  b  labial  et  le  v  labial  et  dental 
sont  parfaitement  distincts.  —  X  représente  plusieurs  sons.  Au 
commencement  des  mots,  comme  il  a  été  dit,  x  équivaut  à  ch 
castillan  ;  à  l'intérieur,  devant  une  consonne  ou  les  voyelles  e  et  i, 
ic  a  la  valeur  de  es,  devant  a,  o,  u,  celle  de  1'^  douce.  Dans  la 
syllabe  ix,  précédée  d'une  voyelle,  Yx  représente  exactement  le 
son  de  1'^  castillane,  à  la  Plana  aussi  bien  qu'à  Valence  :  ainsi 
coixo,  reixa,  faixa,  cuixa,  où  l'accent  porte  sur  la  première 
voyelle,  se  prononcent  comme  coiso,  reisa,  faisa,  cuisa,  lus  à 
la  castillane.  Suivent  quelques  remarques  sur  des  particularités 
de  prononciation  de  plusieurs  localités  de  la  Plana.  Le  bourg 
d'Onda,  au  sud-ouest  de  Castellon,  forme  un  îlot  linguistique  :  ch, 
s,  b  castillans  se  sont  substitués  à  g,  s,  i?  limousins.  A  Castellon, 
la  !'■''  et  la  S*"  personne  de  l'imparfait  est  en  e  :  yo  cantave,  ell 
legîe,  yo  sabrîe,  ell  anirie,  tandis  que  Va  se  conserve  dans  le 
reste  du  territoire.  L'habitant  de  Burriana  ne  laisse  pas  tomber, 
après  un  n,  le  t  final  ;  il  prononce  amunt,  pont,  anant,  au  lieu 
de  amun,  pon,  anan.  Les  voyelles  sont  plus  ouvertes  à  Nules 


629 

que  dans  les  autres  parties  de  la  Plana,  la  prononciation  y  est 
plus  catalanizada.  A  Villareal,  on  donne  au  ts  final  le  son  du 
ch  castillan;  dans  cette  localité  des  mots  tels  que  plast  el  vdig, 
fets  et  bateig,  gots  et  roig  riment  [podrian  ser  consonantes) . 
A  Almazora,  on  parle  comme  à  Villareal.  D'autres  traits  carac- 
téristiques du  dialecte  de  la  Plana  comparé  à  celui  de  Valence 
sont  l'emploi  exclusif  de  la  forme  périphrastique  du  parfait  au 
lieu  de  la  forme  simple  :  l'auxiliaire  est  aller,  dont  le  présent  se 
conjugue  vaig,  vares,  va,  varem,  vareu,  varen.  Les  pronoms 
possessifs  mo7i,  ma  ne  s'emploient  dans  le  dialecte  de  la  Plana 
que  devant  des  noms  de  parents  en  ligne  ascendante  ;  on  dit  ainsi 
mon  pare,  m.a  mare,  mon  tio,  ma  tia,  mon  sog?'e,  ma  sogra, 
r/i'agûela,  tn'agûelo,  mais  jamais  7non  germd,  ma  germana, 
Tiion  cosi,  ma  cosina,  mon  fill,  ma  filla,  mon  nebot,  rua 
neboda;  devant  les  autres  noms  de  personnes  et  les  noms  de 
choses,  on  ne  se  sert  que  de  la  forme  absolue  avec  l'article  :  el 
meu  mestre,  lameua  vehina,  el  meu  hort,  la  meua  camisa; 
par  exception,  on  dit  ma  casa.  Devant  ou  après  une  voyelle,  le 
pronom  démonstratif  ho  devient  u  :  nou  se  =  no  ho  se,  ells 
u  an  dit  =  ells  ho  han  dit.  On  prononce  Yr  final  des  infinitifs  et 
la  voyelle  de  flexion  de  la  1"^°  personne  de  l'indicatif  des  verbes  de 
la  l""*"  conjugaison  est  e  au  lieu  de  o.  Le  dialecte  de  la  Plana 
admet  de  fortes  contractions  :  ca  pour  casa,  'ïna  pour  mira,  pa 
^OMV  pera  (prépos.),  enca  pour  encara.  En  raison  des  facilités 
toujours  croissantes  de  communication,  des  progrès  de  l'industrie 
et  du  commerce,  M.  Nebot  constate  que  certaines  particularités 
locales  tendent  à  disparaître  et  que  l'influence  du  dialecte  de  la 
capitale  commence  à  se  faire  sentir  à  la  Plana,  en  ce  qui  touche 
surtout  la  forme  du  parfait  et  l'emploi  des  pronoms  possessifs.  Ce 
qui  est  plus  grave  et  menace  sérieusement  l'existence  même  de 
la  langue,  c'est  l'invasion  continue  et  progressive  du  castillan. 
Beaucoup  de  bons  mots  limousins  se  sont  perdus  ;  à  peine  trou- 
verait-on, dit  notre  auteur,  quelque  centenaire  qui  sache  ce  que 
signifie  nafrar  ou  topi  (ce  mot  a  le  sens  du  cast.  oUa)  :  plus 
personne  ne  dit  )orn,  palau,  llabi  ;  ces  mots  sont  remplacés  par 
dia,  palacio,  labio.  Le  moment  n'est  pas  loin  où  la  langue  de 
Jacme  F',  de  Vincent  Ferrer,  d'Auzias  Mardi  succombera  aux 
attaques  des  fils  de  Cervantes.  Comme  on  le  voit,  le  mémoire  de 
M.  Nebot  abonde  en  faits  intéressants.  On  aurait  pu  le  souhaiter 
plus  complet  et  méthodique  ;  tel  qu'il  est,  il  instruit  et  mérite  la 


630 

reconnaissance  des  romanistes.  Puisse  la  Revista  nous  donner 
beaucoup  d'études  de  ce  genre! 

La  Société  valencienne  de  bibliophiles,  fondée  en  1878,  a 
réimprimé,  en  les  commentant  avec  soin,  deux  ouvrages  histo- 
riques d'intérêt  local,  La  relation  de  V expulsion  des  Morisques 
du  royaume  de  Valence,  par  le  portugais  Damian  Fonseca,  et 
la  seconde  partie  de  la  Crônica  de  Valencia,  compilation 
généalogique  et  nobiliaire,  par  Martin  de  Viciana.  Il  est  à  désirer 
que  les  membres  de  cette  société  ne  perdent  pas  de  vue  entière- 
ment la  période  limousine,  et  qu'à  côté  des  raretés  ou  des  curio- 
sités des  xvi«,  xvn°  et  xviif  siècles,  dont  ils  préparent  et 
annoncent  la  publication,  ils  remontent  plus  haut  et  n'oublient 
pas  de  nous  donner  quelque  jour  une  bonne  édition  d'Auzias 
March  ou  du  Libre  de  les  dones  de  Jaume  Roig. 

C'est  à  l'étude  de  ce  dernier  poème,  l'ouvrage,  à  bien  des 
égards,  le  plus  important  de  la  littérature  espagnole  en  langue 
d'oc,  que  je  me  suis  surtout  consacré  pendant  mon  séjour  à 
Valence.  L'œuvre  de  Roig,  de  ce  médecin-poète  du  xv*  siècle,  a 
une  valeur  littéraire,  historique,  linguistique.  Outre  qu'il  occupe 
dans  un  certain  genre  de  littérature  satirique  une  place  considé- 
rable, qu'il  fait  bonne  figure  à  côté  du  Corbaccio  '  de  Boccace, 
du  Mathéolus  de  Jean  Lefèvre,  du  Corbacho  de  l'archiprêtre 
de  Talavera,  des  Quinze  joies  de  mariage  et  autres  écrits  diri- 
gés contre  les  femmes,  sa  première  partie  renferme  un  roman 
d'aventures,  d'un  genre  alors  nouveau,  sans  rien  du  merveilleux 
et  de  la  fantaisie  qui  caractérisent  nos  romans  français  ou  les 
chevaleries  des  Amadis,  mais  au  contraire  réaliste,  bourgeois, 
un  peu  dans  la  manière  et  le  ton  de  ce  qui  sera  plus  tard  le  roman 
picaresque,  auquel,  non  sans  quelque  apparence  de  raison,  on  a 
voulu  le  rattacher  directement.  Puis  ce  poème  est  semé  d'allu- 
sions historiques  et  nous  présente  de  la  société  valencienne  au 
xv^  siècle  un  tableau  des  mieux  fouillés.  L'historien  de  la  langue 
peut  aussi  en  tirer  grand  profit  :  nulle  part,  dans  aucun  texte 

1.  Autrement  nommé  11  labirinto  d'amore.  On  peut  voir  une  analyse  étendue 
de  cette  terrible  satire,  peu  lue  aujourd'hui,  dans  l'ouvrage  de  M.  Kœrting, 
JBoccaccio's  Leben  und  Werke,  Leipzig,  1S80,  p.  207  et  suiv.  Il  est  étrange  que 
cet  écrivain  prenne  encore  corbaccio  pour  un  péjoratif  de  corbo  [dcr  heessliche, 
Ailes  zerhackende  Rabe),  alors  que  M.  Schuchardt  a  parfaitement  établi  que  ce 
mot  est  l'équivalent  de  l'esp.  corbacho,  du  franc,  cravache;  voir  Jahrbuch  fiir 
romanische  und  englische  Literatur,  t.  XII,  p.  114. 


r.3i 

littéraire  ou  autre,  ne  figurent  tant  de  mots  du  parler  commun, 
tant  de  noms  d'objets,  d'armes,  de  vêtements,  de  meubles  et  d'us- 
tensiles, etc.  Or,  comme  je  l'ai  déjà  laissé  entendre,  ce  poème 
est,  ou  bien  peu  s'en  faut,  un  livre  scellé.  Ou  a  pu  le  réimpri- 
mer (et  avec  quel  soin  nous  le  verrons  tout  à  l'Jieure)  au  siècle 
dernier  et  de  nos  jours,  mais  on  ne  lui  a  guère  gagné  de  lecteurs  ; 
c'est  qu'une  œuvre  de  ce  genre,  que  sa  forme  même  (un  petit  vers 
de  quatre  ou  cinq  syllabes),  que  beaucoup  de  mots  rares,  quelque- 
fois forgés  par  l'auteur  pour  les  nécessités  de  la  rime,  que  des 
traits  de  mœurs  oubliées,  des  allusions  à  des  faits  historiques 
peu  connus ,  hérissent  littéralement  de  difficultés ,  ne  saurait 
livrer  ses  secrets  au  premier  venu.  Une  connaissance  même 
approfondie  du  dialecte  moderne  ne  dispense  personne  —  les 
Valenciens  pas  plus  que  d'autres,  j'en  ai  acquis  la  preuve, 
—  d'une  étude  sérieuse,  à  la  fois  de  l'histoire  locale  et  de  la 
langue  ancienne.  Il  y  a  des  choses  que  les  plus  aimés  des  dieux 
ne  devinent  pas. 

Un  commentaire  en  règle  du  poème  de  Roig  n'a  pas  sa  place 
ici,  et  d'ailleurs  je  me  sentirais  pour  le  moment  incapable  de  l'en- 
treprendre; toutefois  je  crois  avoir  réuni  des  données  en  nombre 
suffisant  pour  tracer  au  moins  le  cadre  de  ce  commentaire,  écrire 
comme  les  prolégomènes  de  l'édition  qui  nous  manque  encore. 
J'énumérerai  d'abord  les  ressources  bibliographiques  dont  on  dis- 
pose actuellement  pour  établir  le  texte  du  poème,  j'examinerai  en 
second  lieu  quelques  passages  qui  peuvent  servir  à  fixer,  soit  la 
date  de  certains  événements  racontés  par  le  poète,  soit  celle  de  la 
composition  de  l'ouvrage,  et  finirai  en  montrant  par  quelques 
exemples  ce  que  vaut  la  leçon  courante,  seule  accessible  au  plus 
grand  nombre,  de  ce  Livre  des  femmes. 

1.  Manuscrit.  —  Le  poème  de  JaumeRoig,  connu  générale- 
ment sous  le  nom  de  Libre  de  les  do7ies  ou  de  Libre  de  con- 
seils, fut  imprimé  à  Valence  pour  la  première  fois  en  1531, 
c'est-à-dire  cinquante-trois  ans  après  la  mort  de  l'auteur,  on  ne 
sait  d'après  quel  manuscrit,  l'éditeur,  suivant  l'usage  de  son 
temps,  ayant  omis  de  nous  le  dire.  Mais,  si  le  manuscrit  proto- 
type de  l'édition  princeps  demeure  inconnu  et  ne  sera  peut-être 
jamais  retrouvé,  nous  en  possédons  un  d'une  époque  certaine- 
ment antérieure  à  1531.  Ce  manuscrit,  qui  porte  à  la  bibliothèque 
du  Vatican  le  n°  4806 ,  a  été  pour  la  première  fois  signalé  par 
l'érudit  catalan,  D.  Antonio  de  Bastero  y  Lledô,  dans  le  tome 


632 

premier  (seul  publié)  de  sa  Crusca  provenzale  *  ;  «  Jacobo 
Roggio,  gentilhuomo  valenziano,  detto  Jacme^  Roig-  ^  suo 
poema  contra  le  donne,  intitolato  Espill  {speglio,  specchio),  che 
indirizzô  a  Baldassare  Bou  suo  nipote  e  lo  scrisse  nell'  anno  1427  3. 
Ms.  Vaticano  Cod.  4806  in  foglio.  Queste  notizie  si  ricavano  dal 
medesirao  poema,  avvegnacliè  nel  codice  non  vi  sia  scritto  il  nome 
deir  autore  ;  leggendosi  nel  Proemio  :  Est  doctrinal  Mémorial, 
Que  ha  nom  espill,  A  tu,  com  fill,  Baltasar  Bou,  Per  lo 
quem  mou  Ta  molta  amor  E  gran  calor  De  nébot  car,  Lo 
vull  dreçar.  E  poi  a  cart.  77,  coL  1  :  Mil  quatrecens  Vint 
set  complits  Anys  son  finits,  etc.  »  Puis  Bastero  renvoie  à 
l'historien  de  Valence,  Escolano,  à  propos  de  la  forme  métrique 
du  poème. 

Le  cod.  vat.  4806,  dont  M.  Ernesto  Monaci,  professeur  à 
l'université  de  Rome,  a  bien  voulu  me  remettre  une  description 
détaillée  et  dont  j'ai  fait  faire  une  collation  complète,  est  un 
volume  sur  papier  de  119  feuillets  in-folio,  écrit  d'une  même 
main,  à  la  fin  du  xv''  ou  au  commencement  du  xvi-  siècle,  sur  deux 
colonnes,  à  raison  de  33  vers  environ  par  colonne.  La  marque 
de  fabrique  du  papier  est  une  main  ouverte  surmontée  d'une 
étoile  à  six  rayons  ;  la  numération  des  feuillets  en  chiffres  romains 
est  contemporaine  de  l'écriture  du  texte.  Le  recto  du  premier 
feuillet  porte  un  envoi  du  poème  au  «  Magnifich  Mossen  Johan 
Fabra,  cavalier,  »  en  quatre  strophes  de  huit  vers  heptasyl- 
labes  à  rime  masculine,  suivies  d'une  endreça  et  d'une  tornada 
de  quatre  vers  chacune.  A  la  suite  de  cet  envoi,  vient  une 
en^r«G?a  de  six  vers  :  Spill,  llum  e  régla,  Homens  aregla, 
Dones  blasona,  Lo  llir  corona,  Spines  e  carts  crema,  Ço 
diu  lo  tema  ;  le  verso  du  premier  feuillet  est  blanc.  Au  recto  du 
2^  feuillet  commence  la  préface  du  poème.  «  Tema.  Sicut  lilium 
inter  spinas,  sic  amica  mea  inter  filias.  Prefaçi.  Primera  part  del 
prefaci.  Deu  creador,  Hunich  senyor,  »  etc.  Le  «  prefaçi,  » 
divisé  en  quatre  parties,  se  termine  au  fol.  7,  col.  2.  Suit  : 
«  Primer  libre  de  sa  iouentut.  Primera  part  de  la  fadrinea  ab  sa 
mare.  »  —  Fol.  11,  col.  1  :  «  Seguona  part,  com  son  afillat  he 
trames.  »  —  Fol.  12  v°,  col.  .1  :  «  Terçera  part.  Continua  los 

1.  Rome,  1724,  p.  88,  col.  1. 

2.  Je  ne  sais  pourquoi  Bastero  emploie  cette  forme  ancienne;  au  xv*  s.,  dans 
tous  les  pays  catalans,  on  disait,  comme  aujourd'hui,  Jaume. 

3.  Ceci  est  inexact,  comme  on  le  verra  plus  bas. 


633 

actes  fets  en  Paris.  »  —  Fol.  14  v",  col.  1  :  «  Quarta  part.  Clou 
son  viatge  tornan  ha  Valençia.  »  —  Le  livre  II,  divisé  aussi  en 
quatre  parties,  va  du  fol.  15  v°  au  fol.  47.  —  Le  livre  III,  en 
quatre  parties,  va  du  fol.  47  au  fol.  111  v°.  —  Le  livre  IV,  en 
quatre  parties,  du  fol.  112  au  fol.  119.  —  Au  v°  du  fol.  119, 
parmi  quelques  essais  de  plume  sans  importance,  se  lit  cette 
adresse  :  «  Mag^"  ac  potenti  domino  D.  Tiberto  Brandolino,  equiti 
aurato  accomiti  domino  suo  obsr™°.  »  L'exemplaire  manuscrit  du 
Vatican  n'a  pas  été  utilisé  par  le  premier  éditeur,  cela  ressort 
évidemment  des  différences  nombreuses  et  importantes  qu'on  note 
entre  les  deux  leçons,  et  quoique  signalé  par  Bastero  en  1724, 
ni  Carlos  Ros,  en  1735,  ni  Pelayo  Briz,  en  1865,  les  deux  der- 
niers éditeurs  du  Libre  de  les  dones,  n'en  ont  tiré  parti.  Un 
secours  tout  à  fait  nouveau  et  fort  précieux  nous  est  donc  offert 
par  la  collation  de  ce  manuscrit  si  longtemps  négligé. 

2.  Editions.  I.  (1531.)  —  Libre  de  conseils  :  fet  pcr  lo 
magnifîch  mestre  Jaume  Roig,  los  quais  son  7nolt  profitosos 
y  saludables  axi  peral  régiment  y  or  de  de  ben  viure  com 
per  augmentar  la  deuocio  a  la  puritat  y  concepcio  de  la 
sacratissima  verge  Maria.  Ce  titre,  imprimé  en  caractères 
rouges  et  noirs,  remplit  le  bas  du  premier  feuillet,  dont  la  partie 
supérieure  est  occupée  par  une  Immaculée-Conception  gravée 
sur  bois  et  qu'entourent  ces  deux  versets  :  Sicut  lilium,  inter 
spi7ias,  sic  arnica  mea  inter  fllias  et  Concepcio  tua,  Dei 
genitriœvirgo^gaudimn  anunciavituniversomimdo.  Suivent 
(fol.  1  v''-2)  le  prologue  (prolech)  adressé  par  l'imprimeur  au  lieu- 
tenant (portantveus)  du  gouverneur  général  de  la  ville  et  du 
royaume  de  Valence,  D.  Hieronym  de  Cabany ailes  ;  —  (fol.  2  v"- 
3  v")  une  pièce  de  vers  dodécasyllabes  adressée  «  als  peritissims 
lectors  »  et  qui  commence  :  «  Criât  en  la  patria,  ques  diu  limo- 
sina,  No  vol  aquest  libre  mudar  son  lenguatge...  »  (ces  vers  ne 
sont  pas  de  Roig,  mais  d'un  poète  valencien  quelconque  du  com- 
mencement du  xvf  siècle);  —  (fol.  4)  les  vers  à  Mossen  Johan 
Fabra,  qui  se  trouvent  dans  le  manuscrit  du  Vatican  et  Yen- 
trada.  —  Au  fol.  4  v°  un  second  titre  ainsi  conçu  :  Comença 
lo  libre  de  les  doues  :  ordenat  per  lo  magnifîch  en  laume 
Roig,  doctor  famos  de  la  serenissima  senyora  dona  Maria. 
Es  exemplar  e  de  conseils  per  ell  donats  a  son  nebot,  en 
Balthasar  Bou,  senyor  de  Callosa,  qui  molt  amaua.  Suit  le 
«  prefaci,  »  qui  commence  par  «  Deu  creador...  »  Le  texte  se 

42 


634 

continue  jusqu'au  recto  du  fol.  140,  qui  est  le  dernier  chififré  : 
«  Fonch  stampat  lo  présent  libre  en  la  insigne  ciutat  de  Valencia 
per  Francisco  Diaz  Romano,  al  studi  gênerai,  a.  XXX.  de  juny. 
Any  M.  D.  XXXI.  »  Suit  un  feuillet,  qu'occupe  un  bois  repré- 
sentant la  Vierge  assise  avec  l'enfant  Jésus  sur  ses  genoux 
et  entourée  de  quatre  saintes,  dont  deux  sont  nommées  sainte 
Dorothée  et  sainte  Eulalie.  Le  volume  est  in-4°,  imprimé  à  deux 
colonnes  en  caractères  gothiques,  et  compte  140  feuillets,  plus  le 
feuillet  de  la  fin.  Les  exemplaires  de  cette  édition  princeps  sont 
fort  rares;  en  1561,  on  avait  déjà  quelque  peine  à  s'en  procurer  : 
delqual  ya  anauen  f allant  los  originals ,  dit  l'imprimeur,  qui, 
en  cette  année-là,  î^enouvela  à  Valence  le  livre  de  Roig.  La 
Bibhothèque  universitaire  de  Valence  en  a  deux,  dont  un  presque 
complet,  l'autre  fort  détérioré  et  mutilé;  la  Grenvilliaua  du 
Musée  Britannique  en  conserve  un  en  bon  état.  Il  n'en  existe 
point  à  Paris.  —  Nicolas  Antonio  et  Ximeno  parlent  d'une  édition 
de  1532  du  même  imprimeur  et  du  même  format,  dont  l'existence 
est  plus  que  problématique.  Quelque  succès  qu'ait  pu  obtenir, 
en  1531,  la  première  édition  du  Libre  de  les  dones,  il  est  tout 
à  fait  invraisemblable  que  Francesco  Diaz  Romano  se  soit  vu 
obligé  de  la  répéter  l'année  suivante  ;  personne  d'ailleurs  n'a 
jamais  décrit  cette  prétendue  édition  de  1532. 

II.  (1561.)  —  Libre  de  les  dones,  mes  veramenf  dit  de 
conseils  profitosos  y  saludables,  axiperal  régiment  y  orde 
de  la  vida  humana,  compera  aumentar  le  deuocio  de...  la 

Concepciode Maria,  fet perla  magnifich mestre  laume 

Roig.  Ara  nouament  corregit  y  esme^iat  de  molles  faites, 
y  de  nou  affegit  la  disputa  a  procès  de  viudes  y  donzelles, 
fet  per  los  Magnifichs  Mossen  laume  Siurana,  gêneras,  y 
mestre  Lloys  loan  Valenti,  doctor  en  medicina,  ab  vna 
sentencia  del  honorable  y  discret  Andreu  Marti  Pineda, 
natari.  En  Valencia,  Per  laan  de  Arcas,  1561,  in-8%  de 
130  feuillets,  plus  18  fi",  non  chiffrés  pour  la  Disputa.  A  ces 
deux  ouvrages,  le  Libre  de  les  dones  et  la  Disputa,  qui  forment 
la  première  partie  du  volume,  s'ajoutent  trois  autres  productions 
de  la  littérature  valencienne  de  l'époque  :  La  procès  de  les 
olives  (dont  il  a  été  parlé  ci-dessus),  le  Samyni  de  loan  laan 
et  la  Brama  dels  pagesos  a  vocables  bandejats.  A  la  fin  du 
volume  :  Fan  estampât  lo  présent  libre  en  la  insigne  ciutat 
de  Valencia,  en  casa  de  loan  de  Arcas,  a  les  espatles  del 


635 

estudi  gênerai.  Any  M.  D.  LXI,  in-8o.  Les  trois  derniers 
textes  ont  beau  avoir  une  pagination  ou  des  signatures  spéciales, 
ils  forment  avec  les  premiers  un  tout,  une  manière  de  Cançoner, 
comme  l'indique  d'ailleurs  YEinstola  proemial,  mise  par  l'édi- 
teur en  tête  du  Procès  de  les  olives.  Que  vaut  cette  mention 
«  maintenant  nouvellement  corrigé  et  purgé  de  beaucoup  de 
fautes,  »  qui  s'applique,  dans  le  titre,  au  Libre  de  les  dones? 
Quoiqu'il  m'ait  été  impossible  de  rapprocher  le  texte  valencien 
de  1561  de  celui  de  1531,  je  crois  pouvoir  affirmer,  sans  crainte  de 
me  tromper,  et  en  jugeant  de  l'édition  de  Juan  de  Arcos  par  celle 
de  Barcelone  de  la  même  année,  que  cet  imprimeur  a  suivi  la 
seule  édition  princeps  :  s'il  avait  eu  à  sa  disposition  un  manus- 
crit, il  n'eût  certainement  pas  manqué  de  le  dire.  —  Ximeno 
seul  cite  une  autre  édition  du  même  Juan  de  Arcos  et  de  l'année 
suivante  1562,  mais  comme  il  n'en  donne  pas  le  signalement 
exact,  et  que  l'existence  de  cette  édition  est  d'ailleurs  impro- 
bable, on  peut  passer  outre. 

III.  (1561.)  —  Libre  de  conseils  fet  per  lo  magnifich 
mestre  laume  Roig,  etc.  (comme  dans  l'édition  princeps). 
Usfampaf  en  Barcelona,  per  Lauine  Cortey,  1561,  in-8°,  de 
149  feuillets,  plus  19  ff.  non  chiffrés  pour  le  Procès  o  dis- 
puta de  viudes  y  donzelles,  annexé  au  poème  de  Roig,  comme 
dans  l'édition  de  Valence  1561.  Au  fol.  6  v°  :  Comença  lo  libre 
de  les  doues,  etc.,  comme  dans  l'édition  princeps.  Quoique  la 
rédaction  des  deux  titres  soit  exactement  conforme  à  celle  de 
l'édition  de  1531 ,  il  est  très  probable  cependant  que  Jaume  Cortey 
se  sera  borné  à  reproduire  celle  de  Valence  1561 .  La  coïncidence 
des  dates,  l'identité  des  formats  montrent  que  la  réimpression  de 
Valence  a  dû  servir  de  modèle  à  celle  de  Barcelone,  et  l'on  sait 
que  les  libraires  de  cette  dernière  viUe,  profitant  de  ce  que  les 
privilèges  concédés  à  leurs  confrères  des  autres  provinces  d'Es- 
pagne étaient  sans  effet  en  Catalogne,  contrefaisaient  légalement 
la  plupart  des  livres  nouveaux  publiés  en  Castille  ou  ailleurs.  La 
bibliothèque  Mazarine  possède  cette  édition  de  Barcelone.  Fuster, 
dans  sa  Biblioteca  Valentina,  note  une  édition  du  Libre  de 
les  dones,  de  Barcelone,  Jaime  Cendrat,  1561,  mais  il  a  cer- 
tainement fait  une  confusion,  comme  le  remarque  Salvâ  ;  on  ne 
saurait  croire,  en  effet,  que  deux  éditions  de  l'œuvre  de  Roig 
aient  paru  la  même  année,  dans  la  même  ville,  sans  compter  que 
Cendrat  ne  semble  pas  avoir  commencé  à  imprimer  avant  1587. 


63fi 

IV.  (1735.)  —  Lo  libre  de  les  dones  e  de  concells  donats 
per  Mossen  Jaume  Roig  a  son  nebot  En  Balthasar  Bon, 
senyor  de  Callosa.  Quarta  impressio.  Traula  a  nova  llum 
Carlos  Ros,  notari  apostolich  natural  de  esta  ynolt  noble, 
illustre,  II.  y  coronada  ciutat  de  Valencia.  Ab  llicencia.  En 
Valencia,  en  casa  de  Joseph  Garcia.  Any  M  DCCXXXV, 
4  ff.  prél.  et  284  pages  in-4°.  Dans  la  dédicace  à  D.  Felipe 
Lino  de  Castelvi  Juan  Ximenez  de  Urrea,  comte  de  Carlet,  etc., 
Ros  dit  que,  pour  réimprimer  le  poème,  il  a  dû  se  composer  un 
exemplaire  avec  des  fragments  que  le  protecteur  auquel  il  adresse 
son  livre  s'était  occupé  de  réunir,  puis,  dans  l'avertissement  au 
lecteur,  il  déclare  que  cette  quatrième  édition  «  est  une  copie 
textuelle,  sans  addition  ni  supression  {sin  anadir  ni  quitar 
cosa  alguna)  de  la  seconde  publiée  en  cette  ville  (de  Valence), 
in-8°,  »  c'est-à-dire  de  celle  de  1561.  Cependant  il  n'en  est  rien  : 
l'édition  de  Ros,  notablement  diminuée  et  altérée,  ne  peut  en 
aucune  façon  passer  pour  une  copie  fidèle  de  celle  de  1561. 

V.  (1865.)  —  Lo  libre  de  les  dones  è  de  concells...  fet 
per  lo  magnifich  mesire  Jaume  Roig  y  donat  novament  d 
llum  segons  la  ediciô  de  1735  per  Francesch  Pelay  Briz. 
Barcelona,  Joan  Roca  y  Bros,  1865  ',  X,  196  pp.  et  2  ff.  de 
table  et  d'errata,  in-S".  L'éditeur,  à  ce  qu'il  dit,  aurait  voulu  au 
moins  réimprimer  l'édition  de  Barcelone  1561,  mais  n'ayant  pas 
réussi  à  s'en  procurer  un  exemplaire,  il  a  été  contraint  de  se 
rabattre  sur  ceUe  de  Ros.  Force  majeure  est  une  bonne  excuse, 
et  si  M.  Briz  nous  avait  livré  une  copie  exacte  du  méchant  texte 
de  1735,  devenu  passablement  rare,  surtout  hors  d'Espagne,  on 
devrait  lui  en  savoir  gré.  Mais  ce  minimum  n'a  pas  été  atteint; 
l'édition  de  1865  se  distingue  de  la  précédente  par  de  nouvelles 
omissions,  beaucoup  d'incorrections  et  un  très  fâcheux  remanie- 
ment de  l'orthographe. 

3.  Commentaires  et  traductions.  —  Dans  ses  notes  érudites 
sur  le  Canto  de  Turia  de  la  Diana  de  Gil  Polo,  Cerdâ  y  Rico 
rappelle,  d'après  Ximeno  et  Onofre  Esquerdo  ^  que  Vincens 
Pons,  prêtre  valencien,  «  docte  en  tout  genre  d'érudition  grecque 
et  latine,  »  laissa,  pour  être  imprimés,  deux  commentaires  sur 

1.  La  préface  cependant  est  datée  de  janvier  1866. 

2.  Onofre  Esquerdo  est  l'auteur  d'un  Catâlogo  de  los  hijos  de  Valencia  y 
del  Reirio,  qu'a  vu  Ximeno,  et  qui  depuis  a  disparu  ;  voir  Revista  de  Valencia, 
L  II,  p.  441. 


637 

les  œuvres  d'Auzias  March  et  de  Jaume  Roig,  et  que  Gaspar 
Guerau  de  Montemayor  traduisit  en  latin  et  commenta  le  poème 
de  Roig,  mais  que  ce  travail  ne  vit  point  le  jour.  Je  n'ai  pu  obtenir 
aucun  renseignement  nouveau  sur  cette  version  latine  et  ces 
commentaires,  qu'on  peut  jusqu'à  nouvel  ordre  tenir  pour  perdus. 
Plus  heureux  en  ce  qui  concerne  les  traductions  du  Libre  de  les 
doues  en  castillan,  j'ai  réussi  à  en  retrouver  une,  dont  les  biblio- 
graphes valenciens  avaient  complètement  perdu  la  trace  ;  il  s'agit 
de  celle  que  le  jurisconsulte  Lorenzo  Matheu  y  Sanz  (1018-1680) 
fit  en  1665  à  l'usage  de  ses  enfants.  Le  seul  manuscrit  connu  de 
cette  version  castillane  se  trouve  à  la  Bibliothèque  nationale  de 
Madrid  ^  :  j'en  ai  fait  faire  une  copie,  dont  on  trouvera  plus  bas 
quelques  extraits.  Quant  à  une  autre  traduction,  œuvre  d'un 
Andalous,  dont  Ximeno  parle,  d'après  Pedro  Agustin  Morlâ^  je 
ne  sais  ce  qui  en  est  advenu. 

De  travaux  historiques,  littéraires  ou  linguistiques,  vraiment 
approfondis,  sur  le  Libre  de  les  dones,  il  n'en  existe  jusqu'à  ce 
jour  aucun.  A  côté  des  notices  biographiques  et  bibliographiques 
de  Ximeno,  Cerdà  y  Rico  et  Fuster,  qui  fournissent  d'utiles  ren- 
seignements, je  ne  vois  à  signaler  que  les  analyses  rapides,  les 
aperçus  de  Sarmiento,  dans  ses  Memorias  para  la  Imtoria  de 
lapoesia  y  poetas  espaholes^,  de  D.  Manuel  Milâ y  Fontanals  * 
et  de  D.  Rafaël  Ferrer  y  Bigné^. 

Dans  l'introduction  {prefaci)  de  son  poème,  Jaume  Roig 
explique  à  son  neveu  Baltasar  Bou*^  ce  qu'il  a  entendu  faire,  et 
donne  le  plan  de  son  œuvre.  Vieux,  fatigué,  malade,  dégoûté  de 
tous  les  soi-disant  biens  de  ce  monde,  dont  une  longue  et  cruelle 
expérience  lui  a  démontré  l'inanité,  il  veut  «  réciter  l'exemple  et 

1.  Ce  manuscrit,  qui  fait  partie  de  la  collection  Bôhl  de  Faber,  a  été  signalé 
dans  la  Revlsta  de  archivas,  t.  IX,  p.  233. 

2.  Emporium  uiriusque  juris  quwstionum  in  usu  forensi  admodum  fre- 
quentium,  Valentice,  1599,  in-fol.  Cet  ouvrage  de  droit  débute  par  une  Epistola 
suavissi77io  et  humanissimo  lectori,  où  sont  énuraérés  et  loués  un  certain 
nombre  de  Valenciens  illustres. 

3.  Madrid,  1775,  in-4°,  p.  392  et  suiv. 

4.  Resenija  hisiôrica  y  crltica  dels  antichs  poetas  catalans.  Barcelone,  1865, 
p.  177. 

5.  Estudio  hisidrico  criiico,  p.  38  et  suiv. 

6.  Un  Mossen  Balthasar  Bou  figure  parmi  \es  jurais  de  Valence  élus  le  23  mai 
1450  (Libre  de  memories...  de  la  ciutat  e  règne  de  Valencia.  Bibl.  nat.  de 
Paris,  Ms.  esp.  147,  ad  ann.  1450). 


638 

document  de  sa  maudite  vie,  pleine  de  maux,  afin  que  beaucoup, 
voyant  ainsi  un  homme  peiner  et  souffrir,  en  soient  avertis  et  se 
corrigent.  »  Ce  traité  de  doctrine  [doctrinal  mémorial),  il  l'in- 
titule miroir^.  Le  mot  spéculum,  en  catalan  spill,  a  fait  fortune, 
on  le  sait,  au  moyen  âge,  mais  l'éditeur  du  xvf  siècle  le  trouva 
sans  doute  trop  vague,  et  il  crut  devoir  donner  au  poème  le  titre 
plus  explicite  de  Libre  de  concells,  qu'il  compléta  par  un  sous- 
titre  :  Libre  de  les  dones^,  qui  découvre  l'objet  essentiel  de 
l'œuvre,  la  satire  contre  les  femmes.  Le  doctrinal,  continue 
Roig,  aura  quatre  parties  principales,  qui  seront  divisées  chacune 
en  quatre  parties  plus  petites,  sans  parler  du  prefaci  aussi  quadri- 
parti.  Rien  déplus  symétrique,  on  le  voit.  Voici  maintenant  le  som- 
maire de  chaque  partie  ou  livre.  Premièrement,  l'auteur  récitera 
ce  qu'il  a  souffert  dans  sa  jeunesse,  alors  qu'il  était  libre.  Deuxiè- 
mement, il  contera  très  au  long  ses  mariages  maudits,  douloureux, 
pendant  cinquante  ans.  Le  troisième  livre  contiendra  une  leçon 
spirituelle  et  divine  dictée  par  le  roi  Salomon.  Le  quatrième  et 
dernier,  il  l'a  composé,  dit-il,  lorsqu'affaibli  et  pour  toujours 
séparé  des  femmes,  il  s'est  entièrement  voué  à  servir  Dieu  et  la 
Vierge  Marie.  Dans  son  amour  pour  l'uniformité,  Roig  n'a  pas  été 
jusqu'à  donner  à  chacun  des  livres  de  son  poème  à  peu  près  la 
même  dimension;  ils  sont  au  contraire  de  longueur  très  inégale, 
ainsi  le  troisième  livre,  qui  renferme  la  leçon  de  Salomon,  c'est- 
à-dire  une  petite  encyclopédie  de  morale  et  de  tliéologie,  fait 
plus  de  la  moitié  de  l'ouvrage. 

La  forme  de  versification  adoptée  par  Roig,  s'il  est  permis  de  la 
trouver  peu  heureuse,  puérile,  si  l'on  s'en  fatigue  extraordinai- 
rement  à  la  longue,  a  au  moins  un  attrait  de  curiosité.  Ce  poème 
est  tout  entier  écrit  en  vers  de  quatre  ou  cinq  syllabes,  suivant 
que  la  chute  en  est  masculine  ou  féminine,  et  à  rimes  plates^.  Tour 

1.  «  Haura  nom  spill  »  (éd.  Briz,  p.  3b)  ;  «  mon  spill  é  norma  »  (p.  11*). 

2.  Ce  sous-titre  était  tout  indiqué;  mais  l'éditeur  peut  s'être  souvenu  à  ce 
propos  d'un  ouvrage  célèbre  de  morale  et  d'économie  domestique,  le  Libre  de 
les  dones  du  franciscain  catalan  François  Ximenez.  Je  transcris  plus  bas 
(appendice  III)  quelques  chapitres  fort  curieux  de  ce  livre. 

3.  Le  succès  du  livre  de  Roig  assura  à  ce  mètre  une  certaine  faveur  dans  les 
pays  de  langue  catalane.  Au  xvi'  siècle  Gaspar  Guerau  de  Montemajor  l'emploie 
dans  une  satire  sur  les  médecins  de  Valence  (voir  le  Catalogo  de  la  hibl.  de 
Salvâ,  n"  323,  et  le  commentaire  de  Cerdâ  y  Rico  sur  la  Diana  de  Gil  Polo, 
éd.  de  1778,  p.  514);  au  xvii^  siècle,  les  auteurs  de  relations  et  de  complaintes 


de  force,  qu'on  doit  admirer  comme  tel,  mais  qu'à  un  certain 
point  de  vue  il  faut  regretter.  Si,  au  lieu  d'enfermer  sa  pensée  dans 
un  moule  si  étrangement  rétréci,  Roig  avait  suivi  l'exemple  de 
tant  de  poètes  catalans,  qui  ont  conté  en  vers  à  rimes  plates  d'une 
dimension  double  (8  et  9  syllabes),  il  se  serait  fait  mieux  com- 
prendre de  ses  contemporains  et  nous  eût  laissé  moins  d'énigmes 
à  déchiffrer.  L'emploi  de  cette  «  forme  abrégée  »  —  lui-même 
dit  la  forma  del  abreuiar  ^  —  ne  pouvait  pas  ne  pas  nuire 
beaucoup  à  la  clarté  du  style;  Roig  a  dû  forcément  plier  aux 
exigences  de  ce  vers  nain  et  la  syntaxe  et  la  forme  ou  le  sens  de 
beaucoup  de  mots  :  de  là  tant  de  passages  obscurs.  Doit-on, 
comme  le  veut  une  tradition,  qui  d'ailleurs  ne  remonte  pas  très 
haut,  nommer  codolada  ou  cudolada  ces  paires  de  petits 
vers?  Je  ne  le  pense  pas.  La  codolada  catalane,  qui  se  rattache 
à  la  cobla  caj^caudada  de  la  poésie  provençale,  est  un  assem- 
blage de  vers  de  huit  et  de  quatre  syllabes  S  tandis  que  les  vers 
de  Roig  sont  d'égale  longuaur.  Si  au  temps  d'Escolano  on  avait 
pris  l'habitude  de  désigner  le  Libre  de  les  doues  sous  le  nom  de 
La  cudolada  de  Jaume  Roig,  nous  ne  sommes  point  tenus  de 
persévérer  dans  cette  erreur;  nous  y  sommes  d'autant  moins 
tenus  que  Roig  lui-même  a  pris  soin  de  dénommer  son  mode  de 
versification  dans  un  passage  qu'il  convient  de  citer  textuelle- 
ment :  «  la  forme  (de  mon  discours),  —  le  style  et  la  cadence  — 
seront  en  roman  —  nouvelles  rimées  {noves  rimades)  —  dimi- 
nuées de  moitié  {comediades),  —  aphorismiques,  —  facétieuses, 
--  pas  bien  scandées,  —  tissées  vulgairement,  —  selon  Yaljamia 
—  et  patois  —  de  ceux  de  Paterna,  —  Torrente  et  Soterna.  » 
Voilà  qui  est  fort  clair.  Roig  a  composé  dans  la  forme  des  noces 
rimades  réduite  de  moitié.  Or,  les  noves  rnraades,  ce  sont  pré- 

s'ea  emparent  :  c'est  ainsi  que  la  Bibliothèque  nationale  possède  une  gazette 
rimée  du  siège  de  Perpignan  et  deSalscs  en  M'AI,  intitulée  :  «  Relario,  en  rima 
de  laume  Roig,  de  tôt  lo  que  ha  succehit  dintre  y  fora  de  Perpiiïà  en  son  siti. 
fins  al  rendirse.  y  desde  la  presa  de  Coblliure  lins  al  rendiinent  de  Salsas,  axi 
per  terra  com  per  mar.  Composta  per  Baldiri  Maluesia,  natural  de  Picamoxons  » 
(Barcelona,  laume  Ronieu,  1642,  in-l").  En  voici  le  début  :  a  Los  mes  valents 
Estau  atents  Al  relatar  Queus  vuU  complar  Lo  que  ha  passât,  Quant  sitiat  Ses 
vist  lo  fort  De  Espana  Nort,  Ques  Perpinâ...  Sabran  las  donas  Que  torccn  fil, 
Perque  al  candil  A  las  vetlladas  Estas  rimadas  Llegir  faran  Al  fill  mes  gran,  »  etc. 

1.  «  Yo  entonant  Mon  spill  é  norma,  Servant  la  forma  Del  abreuiar  »  (p.  lia). 

2.  Voir  Milà  y  Fontanals,  Poètes  catalans.  Les  noves  rimades.  La  codolada. 
Montpellier,  1876,  p.  45  et  suiv. 


640 

Gisement  ces  nouvelles,  narrations  ou  contes  rimes,  que  les  poètes 
catalans  du  xiv^  siècle  composaient  en  vers  de  huit  et  neuf  syl- 
labes ;  notre  poète  se  rattache  donc  à  ces  devanciers,  il  leur  prend 
leur  moule,  mais  le  partage  en  deux.  Il  est  intéressant  aussi  de 
noter  que  Roi  g  déclare  se  servir  du  parler  vulgaire  des  environs 
de  Valence,  en  particulier  de  Yaijamia,  le  charabia  des  Morisques 
si  nombreux  dans  le  pays.  Sans  doute  cette  dernière  assertion  ne 
doit  pas  être  prise  trop  à  la  lettre,  mais  il  est  certain  que  les  mots 
d'origine  arabe  ne  sont  pas  rares  dans  le  Libre  de  les  dones. 
Une  question  à  résoudre,  qui  a  beaucoup  occupé  les  critiques, 
est  celle-ci  :  le  héros,  dont  l'histoire  nous  est  ici  contée,  et  Jaume 
Roig  ne  font-ils  qu'un  ?  doit-on  reconnaître  à  ce  récit  une  valeur 
historique  ?  sont-ce  bien  les  aventures  et  les  expériences  matri- 
moniales du  médecin  de  Valence  que  nous  h  sons  dans  ce  livre  ? 
Plusieurs  érudits,  M.  Ferrer  y  Bigné  entre  autres,  ont  cherché 
à  mettre  d'accord  les  données  certaines  et  authentiques  que  nous 
possédons  sur  la  vie  de  Roig  avec  les  allusions  historiques  du 
poème  et  sont  arrivés  à  cette  conclusion  qu'en  identifiant  héros  et 
auteur  on  serait  conduit  à  admettre  que  Roig  a  vécu  cent  treize 
ans,  ce  qui  leur  semble,  ajuste  titre,  improbable.  Je  n'ai  pas  à  dis- 
cuter ce  problème,  plus  complexe  qu'on  ne  pense,  mon  intention 
n'étant  que  de  repasser  ici  un  certain  nombre  de  ces  allusions, 
soit  pour  en  préciser  le  sens,  soit  pour  les  signaler  à  ceux  qui  se 
trouveraient  en  mesure  de  les  éclaircir  ;  mais  je  dois  dire  qu'il  me 
paraît  tout  à  fait  invraisemblable  qu'une  partie  importante  de  cette 
biographie,  le  long  récit  des  trois  mariages,  s'applique  réellement 
à  la  personne  de  notre  médecin.  11  semble  que  nous  soyons  ici  en 
présence  d'une  fiction,  car,  sans  compter  qu'un  homme  ne  se 
remarie  volontiers  ni  une  fois  ni  deux  fois  dans  les  circonstances 
que  nous  dépeint  ce  livre,  on  sent  que  l'auteur  développe  un 
thème,  bien  plutôt  qu'il  n'écrit  des  mémoires  ;  il  a  voulu  nous 
faire  connaître  les  trois  états  ou  conditions  de  la  femme ,  aussi 
nous  montre-t-il  successivement  comment  se  comportent  en  pas- 
sant par  le  mariage  la  vierge,  la  veuve  et  la  femme  de  religion  : 
la  forme  pour  ainsi  dire  dogmatique  que  revêtent  ces  trois  épi- 
sodes exclut  l'idée  qu'on  pourrait  y  voir  une  histoire  vraie.  Et  à 
ce  propos  n'y  aurait-il  pas  lieu  de  se  demander  si  Roig  ne  doit 
pas  quelque  chose  aux  auteurs  qui  avant  lui  se  sont  plu  à  médire 
de  la  femme  ?  L'idée  de  son  livre  a  pu  lui  être  suggérée  par  la 
lecture  du  Corbaccio  de  Boccace,  plutôt  encore  par  celle  du 


641 

Mathèolus  de  Jean  Lefèvre.  Il  y  a  entre  ce  poème  français  du 
xiv**  siècle  et  le  Libre  de  les  dones,  tous  deux  divisés  en  quatre 
livres,  tous  deux  composés  en  vers  à  rimes  plates  (le  vers  du 
Mathèolus  est  octosyllabique) ,  certaines  analogies  frappantes 
qui  ne  sauraient  être  accidentelles.  La  plainte  du  clerc  bigame 
qui  s'adresse  aux  jeunes  gens  pour  les  prémunir  contre  les  dan- 
gers du  mariage  :  «  Venez  vous  jouvenceaux,  venez.  Et  de 
marier  vous  tenez.  Venez  mes  griefs  douleurs  ouyr  :  Rien  ne  me 
pourroit  esjouir.  De  mal  eur  sont  bigames  Et  sur  tous  aultres 
diffamés  ',  »  est  bien  dans  le  ton  du.  prefaci  de  Roig  :  «  Del  que 
so  spert.  De  Deu  rebut  He  clar  hagut  L'esperiment,  Serai  présent 
Mon  ensenyar  Sols  remeyar  Error  publica.  En  ques  implica 
Gomunament Tôt  lo  jovent...  Mes  ancios  D'aquests  pubils,  Joves, 
gentils,  »  etc.  -.  On  peut  encore  noter  ce  qui  dans  les  deux  poèmes 
est  dit  de  la  nourrice  {Mathèolus,  liv.  P'",  v.  1404,  et  Libre  de 
les  dones,  p.  Q6)  et  des  béguines  {Mathèolus,  liv.  II,  v,  1857, 
et  Lib.  d.  l.  d.,  p.  50  et  sdiv.),  puis  surtout  la  vision  et  le  long 
prêche,  qui,  dans  l'œuvre  de  Jean  Lefèvre  comme  dans  celle  de 
Roig,  occupent  le  troisième  livre.  Là  c'est  Dieu  le  père  qui  appa- 
raît à  maître  Mathieu  reposant  en  son  lit  :  «  Ainsy  que  je  me 
complaingnoye  Et  de  plaindre  me  faingnoye.  Si  com  cy  dessus 
dit  vous  ay,  En  mon  lit  ungpou  repousay.  Et  quant  dormir  print 
son  peaige.  Vint  ung  homme  de  meur  eaige.  Qui  s'apparut  en 
forme  telle  Qu'oncques  fils  d'homme  n'ot  sy  belle...  Quant  je  vy 
celle  grande  lumière,  Tout  esbahy,  chêy  arrière.  »  Ici  Salomon 
vient  reprendre  l'incorrigible  maître  Jaume,  qui,  couché  et  à 
moitié  endormi,  pense  encore  à  un  nouveau  mariage,  après  les 
trois  dont  il  a  été  la  victime  :  «  Per  reposar  Volguini  possar  Al 
1ht  entorn.  Ans  de  retorn  Yo  fuy  despert.  Quant  he  sofert  Lo 
pensament  Estesament  M'ho  présenta.  »  Possédé  du  désir  d'avoir 
un  héritier,  «  un  fils  ou  une  fille  qui  fût  cheville  de  son  bois,  »  il 
songe  à  épouser  une  parente  et  se  prépare  à  demander  à  Rome 
la  dispense  ;  mais,  tandis  qu'il  fait  ces  beaux  projets,  voici  qu'il 
entend  une  voix  :  «  Aconortat  E  confortât,  Fantasiant  0  dormi- 
tant,  Yo  estant  aixi  Sobrel  coixi ,  Hagui  terror  Per  la  horror 

1.  Le  livre  de  Mathèolus.  Bruxelles,  1846,  livre  I",  v.  233  et  suiv. 

2.  Libre  de  les  dones,  éd.  Briz,  p.  2  et  3.  Je  cite  cette  édition,  parce  qu'elle 
est  la  seule  accessible,  mais  je  corrige  le  texte  d'après  celle  de  1531  et  le 
manuscrit. 


642 

Gran  que  senti.  Yom  desperti  Endormiscat,  Mes  ariscat,  Los  ulls 
girant  E  remirant,  Yo  res  no  viu.  Oy  quim  diu  :  0  hom  cansat,  » 
etc.  ^  L'entrée  en  matière  du  troisième  livre  est  donc  la  même 
chez  les  deux  auteurs,  et  il  est  légitime  d'en  conclure  que  Roig  a 
suivi  l'exemple  du  rimeur  français,  ce  qui  n'a  d'ailleurs  rien  que 
de  fort  naturel.  Ne  savons-nous  pas  en  effet  que  notre  littérature 
a  joui  dans  les  pays  catalans  d'une  faveur  exceptionnelle,  surtout 
à  l'époque  dont  il  s'agit,  au  xv°  siècle?  Les  belles  librairies  des 
rois  d'Aragon  étaient  pleines,  on  ne  l'ignore  pas,  de  livres  fran- 
çais. 

Le  premier  fait  historique,  mentionné  dans  le  poème  et  dont 
l'auteur  prétend  avoir  été  témoin,  est  l'emprisonnement  de  la 
reine  Sibila  de  Forcia  (ou  Fortia),  veuve  de  Pierre  IV  d'Aragon, 
qui  eut  lieu  en  janvier  1.387.  Après  une  première  série  d'aven- 
tures et  un  séjour  de  courte  durée  dans  sa  ville  natale,  Roig  — je 
dis  Roig  pour  simplifier  et  sans  prétendre  par  là  identifier  le  héros 
du  récit  et  le  poète  —  se  décide,  avec  l'aide  que  lui  fournit  son 
parrain,  à  courir  le  monde  de  nouveau,  à  tenter  la  fortune. 
«  Sur  la  route  de  Tarragoneà  Barcelone,  lorsque  j'arrivai,  dit-il, 
à  Saint-Martin  du  Panades,  je  vis  sortir  de  ce  château  fort,  où 
elle  s'était  en  grande  hâte  réfugiée ,  Na  Fortiana ,  de  naissance 
catalane,  non  moins  chargée  de  fers  que  pointée  par  tous  les 
regards  {no  menys  fer  racla  que  cTull  mirada).  Son  seigneur 
roi,  propre  mari,  atteint  de  grand  mal  et  maladie,  elle  l'avait, 
après  avoir  pillé  le  palais,  abandonné  sans  remède,  moitié  mort 
sur  son  ht,  empoisonné  et  ensorcelé  :  c'est  ce  qu'on  disait.  Contre 
ses  beaux-fils  et  sa  bru  ^  elle  machinait  aussi  de  mauvaises  choses. 
Jamais  elle  ne  cessait  ni  une  heure  ni  une  minute  d'exciter  le  roi, 
avec  ruse  et  tromperie,  à  déshériter  comme  traîtres  ses  deux  fils, 
l'aîné  Jean,  qui  fut  ensuite  roi,  et  le  second,  Martin,  et  à  ne  favo- 
riser qu'elle  et  ses  enfants  en  les  déclarant  héritiers  de  ses 
royaumes.  Pour  de  tels  péchés,  elle  fut  rouée ^  et  torturée; 
beaucoup  de  ses  femmes  furent  brûlées,  contre  leur  gré  \  »  Le 
château  de  San  Martin  de  Çaroca,  où,  peu  de  jours  avant  la  mort 

1.  Libre  de  les  dones,  p.  78  et  79. 

2.  Yolande  de  Bar,  femme  du  fils  aîné  de  Pierre  IV,  Jean  I". 

3.  «  Fon  ben  rodada,  »  dans  le  ms.  et  l'éd.  de  1531;  Briz  a  :  «  Fou  ben 
robada  »  (p.  18b). 

4.  Éd.  Briz,  p.  18. 


de  Pierre  IV,  la  reine  Sibila  s'était  réfugiée  avec  son  frère  Ber- 
nardo  et  quelques  autres  seigneurs*,  afin  d'échapper  à  la  haine  du 
prince  héritier,  dut  se  rendre  le  7  janvier  1387  à  l'infant  Martin, 
second  fils  du  roi,  envoyé  par  son  frère  Jean  pour  se  saisir  de  sa 
belle-mère  et  de  ses  partisans.  Diego  de  Monfar,  l'historien  des 
comtes  d'Urgel,  qui,  en  sa  qualité  d'archiviste  de  la  couronne 
d'Aragon,  pouvait  être  bien  renseigné,  confirme  le  récit  de  Roig, 
qu'il  cite  tout  au  long  et  auquel  il  ne  trouve  rien  à  reprendre.  La 
reine,  dit-il,  accusée  d'avoir  ensorcelé  son  feu  mari,  fut  mise  à  la 
question  et  cruellement  torturée  ;  elle  n'échappa  à  la  mort  qu'en 
renonçant  en  faveur  de  Yolande,  femme  de  Jean  P%  à  tous  les 
biens  qu'elle  tenait  du  roi^. 

Roig  continue  sa  route,  va  à  Montserrat,  prend  le  «  chemin 
français,  »  arrive  à  Béziers,  se  rend  de  là  au  Puy,  puis  à  Saint- 
Denis,  puis  à  Paris.  L'hôtesse,  chez  laquelle  il  descend  à  Paris,  tue 
son  père  et  fuit  avec  un  frère,  son  complice,  la  nuit  même  de 
l'arrivée  de  notre  Valennien.  Des  choses  assez  singulières  et 
piquantes  que  l'auteur  rapporte  de  son  séjour  en  France,  on  ne 
saurait  rien  tirer  pour  sa  biographie  ;  cet  épisode,  en  effet,  semble 
entièrement  inventé,  et  les  allusions  aux  Anglais,  au  Dauphin 
qui  joute,  tournoyé  et  festoyé,  nous  reporteraient  au  moins  à 
une  époque  avancée  du  règne  de  Charles  VI  ;  or,  des  points  de 
repère  que  fournit  la  suite  du  poème,  on  est  amené  à  conclure  que 
Roig  était  de  retour  à  Valence  avant  l'année  1400^. 

Après  quelques  années  qu'il  prétend  avoir  passées  dans  notre 
pays,  soit  à  guerroyer  contre  les  Anglais,  soit  à  vivre  gaîment  à 
Paris  du  butin  qu'il  rapporte  des  chevauchées,  Roig  se  décide  à 
regagner  sa  patrie.  Maintenant  il  peut  y  faire  quelque  figure,  il 
n'est  plus  le  bergant  dont  on  a  honte,  qu'on  chasse  au  Grau  (le 
port  de  Valence),  qui  doit  se  contenter  du  maigre  régime  de  l'hô- 
pital d'En  Clapès,  «  beaucoup  de  salade,  jamais  de  viande  apprê- 
tée, »  qui  s'habille  de  quelques  écus  que  lui  donne  son  parrain. 
Une  forte  rançon  qu'il  obtient  d'une  «  belle  duchesse,  folle  guer- 

1.  Le  29  décembre  138G;  le  roi  mourut  le  5  janvier  1387. 

2.  Hhtoria  de  los  condes  de  Urgel  [Coleccion  de  doc.  inédit,  del  aixhivo 
gênerai  de  la  corona  de  Aragon,  t.  X,  j).  220  à  227.  Cf.  Sanpere  y  Miquel,  Las 
costumbrcs  catalanus  en  tiempo  de  Juan  I,  Gerona,  1878,  p.  19  el  suiv.  :  et 
Las  damas  d'Arago,  Barcelone,  1879,  passim. 

3.  Je  donne  plus  loin  (append.  II)  cet  épisode  du  poème  d'après  le  ms.  de 
Rome  et  l'édition  princeps. 


644 

rière,  sa  prisonnière,  »  lui  permet  de  se  vêtir  magnifiquement, 
de  s'accompagner  d  ecuyers  et  de  pages,  d'un  lourd  bagage  que 
portent  cinq  haquenées  et  de  faire  une  entrée  splendide  à  Valence. 
Rapatrié,  il  compte  son  âge  et  trouve  qu'il  a  trente-deux  ans. 
C'est  le  moment  de  s'établir  ;  il  achète  une  maison,  la  meuble  et 
songe  à  prendre  femme.  Une  vieille,  que  lui  dépêche  la  femme  de 
son  parrain,  l'entortille  et  le  marie  avec  une  cousine  de  celle-ci. 
Ce  premier  mariage,  qui  tourne  fort  mal,  est  dissous  au  bout  de 
peu  de  temps  ;  la  jeune  épouse  parvient  à  établir  qu'elle  a  été 
mariée  à  un  autre  avant  de  l'être  à  Roig,  et  lui  ne  proteste  pas  ; 
il  remet  sa  cause  au  magnifique  «  En  Gualderich,  lo  de  Soler,  » 
docteur  légiste,  grand  canoniste,  qui  lui  tire  cette  épine  du  pied. 
«  Délivré  et  déferré ,  extrait  de  si  grande  fange ,  je  demeurai 
libre.  A  qui  m'eût  tiré  du  milieu  de  l'enfer  ou  extirpé  un  clou  de 
l'œil,  je  n'aurais  pas  su  tant  de  gré  ^  » 

Pour  se  remettre  de  ce  fâcheux  incident  et  changer  d'air,  Roig 
entreprend  un  pèlerinage  à  Saint-Jacques  de  Compostelle ,  où  il 
avait  un  vœu  à  accomplir.  Au  moment  de  quitter  Valence,  il 
confie  ce  qu'il  possède  à  une  béguine,  c'est-à-dire  à  une  de  ces 
religieuses  d'un  tiers  ordre,  qui  ne  prononçaient  que  des  vœux 
simples  et  pouvaient  se  marier  :  «  Gardez-moi  ce  que  je  vous 
remets  avec  grand  soin  et  sous  serrure  ;  à  la  Saint-Jean  ou  en 
juillet,  si  Dieu  le  veut,  je  serai  de  retour.  »  Ce  voyage  de  Roig 
à  travers  les  provinces  du  nord  de  l'Espagne  n'est  pas  dépourvu 
d'intérêt,  et  la  précision  de  certains  détails  indique  que  l'auteur 
a  réellement  visité  les  villes  dont  il  parle,  ainsi  tout  ce  qu'il  rap- 
porte de  Saragosse  a  dû  être  pris  sur  le  vif.  Ne  relevons  qu'un 
trait  qui  fournit  une  nouvelle  date.  Passant  par  Teruel,  à  son 
retour  à  Valence ,  Roig  est  prié  par  une  femme ,  qui  vient  d'ac- 
coucher secrètement,  de  servir  de  parrain  à  son  enfant.  Cette 
femme,  qui  passait  pour  fort  prude  et  dévote,  portait  au  cou  une 
véronique  d'or  niellé,  marchait  et  s'habillait  comme  une  béguine, 
«  avait  été  élevée  par  la  reine  Yolande  alors  régnant.  »  La  reine 
Yolande,  femme  de  Jean  P"",  cessa  de  régner  le  4  août  1396,  jour 
de  la  mort  de  son  mari,  à  qui  elle  survécut  longtemps  :  retirée  à 
Barcelone,  elle  ne  mourut  que  le  13  juillet  1431 ,  «  conservant 
toujours,  dit  BofaruU,  le  caractère  de  reine  veuve  ^  »  Ne  pour- 

1.  Éd.  Briz,  p.  40. 

2.  BofaruU,  Los  condes  de  Barcelona,  Barcelone,  1836,  t.  II,  p.  290. 


645 

rait-on  pas  conclure  des  mots  llavors  régnant,  appliqués  ici  à 
Yolande,  que  cette  reine  vivait  encore  au  moment  où  Roig  com- 
posait son  deuxième  livre,  mais  ne  régnait  plus?  Autrement  le 
poète  n'eût-il  pas  dit  tout  court  la  feue  reine?  Ce  n'est  qu'une 
conjecture,  qui  n'a  pas,  je  l'avoue,  un  fondement  très  solide. 

La  deuxième  femme  que  se  choisit  Roig  est  une  veuve,  qui  ne 
le  rend  pas  plus  heureux  que  la  première  et  qui  finit  ses  jours  de 
la  plus  triste  façon.  Ce  qui  la  perd,  c'est  de  vouloir  à  toute  force 
un  enfant.  Après  avoir  essayé  des  médecins  et  des  commères,  des 
baigneuses  mores,  des  devineresses  et  des  apothicaires,  la  mal- 
lieureuse  s'adresse  en  désespoir  de  cause  à  une  vieille  sorcière  de 
Bigorre,  qui  guérissait  la  stérilité  par  un  procédé  fort  simple, 
dont  on  trouvera  le  détail  dans  le  texte.  Quand  elle  a  été  mise  au 
courant  de  ce  genre  de  traitement,  l'épouse  de  Roig,  quelque 
pervertie  qu'elle  fût,  éprouve  cependant  des  scrupules,  qu'elle 
confie  à  son  mari.  «  Ce  jour-là  seulement,  elle  fut  un  peu  bonne; 
en  quelques  mots  elle  me  raconta  tout.  Sur  ce  je  ne  fis  qu'un  bond 
et  m'en  fus  droit  dénoncer  l'acte  abominable  au  bon  Boyl ,  le 
gouverneur'^.  »  Ce  nom  n'est  pas  inventé.  Un  Mossen  Ramon 
Bovl,  de  la  classe  des  cavaliers,  gouverna  en  effet  Valence  pen- 
dant environ  treize  années  :  nommé  le  27  octobre  1393,  il  fut 
assassiné  le  10  avril,  veille  de  Pâques,  de  l'an  1406  2. 

Dans  la  quatrième  partie  du  deuxième  livre,  où  est  conté  le 
troisième  mariage  de  l'auteur  avec  une  religieuse  novice,  sortie 
du  couvent  avant  d'avoir  prononcé  ses  vœux,  je  ne  trouve  guère 
qu'une  allusion  à  relever.  Il  s'agit  d'un  exorcisme  opéré  par 
Vincent  Ferrer,  le  grand  prédicateur  et  apôtre,  ici  nommé  le 
saint  dernièrement  canonisé  ;  or,  Vincent  Ferrer  fut  canonisé 
à  Rome  par  le  pape  Calixte  III,  son  compatriote,  le  19  juin  1455, 
et  la  première  publication  officielle  de  la  bulle  de  canonisation 

1.  Éd.  Briz,  p.  59. 

2.  ((  A  27  de  octiibre  dit  any  1 1393]  en  la  ciutat  de  Tortosa  lo  senyor  Rey  dona 
a  Mossen  Boyl  la  governaciô  de  Valencia.  »  —  «  E  dolentso  no  poch  lo  conseil 
del  terrible  cas  e  cruel  raort,  ab  pense  dclliberada  e  sens  raho  e  sens  desexi- 
ments  e  sens  guerra,  segons  se  dix,  en  la  vespra  de  pascua  havien  perpeirada 
en  la  persona  del  noble  Mossen  Rarnon  Royl,  cavalier,  conseller  del  molt  ait 
senyor  Rey  é  governador  en  la  présent  ciutat  de  Valencia,  »  etc.  [Libre  de 
memories...  de  la  ciutat  e  règne  de  Valencia,  ad  ann.  1393  et  1406;  Bibl.  nat. 
de  Paris,  Ms.  esp.  147,  p.  144  et  180.)  C'est  à  ce  Ranion  Boyl  qu'Antoni  Canals 
dédia  sa  traduction  catalane  du  De  providentia  de  Sénèque;  voir  les  Memorias 
de  la  Academia  de  buenas  letras  de  Barcelone,  t.  II,  p.  561. 


646 

n'eut  lieu  à  Valence  que  le  3  avril  1456  ^  Ce  passage  est  h  con- 
sidérer avec  quelque  attention.  En  effet,  les  mots  «  le  saint 
dernièrement  canonisé  »  sont  mis  par  Roig  dans  la  bouche  de  sa 
femme,  qui,  sur  sa  demande,  lui  fait  une  longue  confession  des 
scandales  de  la  vie  de  couvent.  S'en  tient-on  à  la  lettre  du  texte, 
il  faudrait  admettre  alors  que  le  troisième  mariage  de  notre 
médecin  fut  contemporain  à  peu  près  de  la  canonisation  de 
Ferrer,  et  comme  nous  avons  vu  tout  à  l'heure  par  l'allusion  à 
Mossen  Boyl  que  la  crise  iinale  du  second  mariage  n'a  pu  avoir 
lieu  postérieurement  à  1406,  date  de  la  mort  de  ce  gouverneur, 
on  se  verrait  réduit  à  supposer  un  intervalle  d'une  cinquantaine 
d'années  entre  le  deuxième  et  le  troisième  mariage,  ce  qui  serait 
absurde.  Il  convient  donc  de  considérer  la  mention  lo  sant  der- 
rer  canonizat  comme  une  parenthèse  de  l'auteur,  qui  ne  peut 
fixer  qu'une  chose,  la  date  de  la  composition  de  cette  partie  du 
poème. 

Avant  d'entrer  dans  l'examen  du  troisième  et  du  quatrième 
livre,  je  résume  les  résultats  obtenus  en  ce  qui  concerne  les  deux 
premiers.  Entre  les  dates  extrêmes  du  7  janvier  1387  (arresta- 
tion de  Sibila  Forcia)  et  du  10  avril  1406  (mort  de  Boyl)  se 
placent  le  prétendu  séjour  de  Roig  en  France,  son  premier 
mariage,  son  pèlerinage  à  Saint-Jacques  et  son  deuxième  mariage  ; 
mettons  que  le  troisième,  conclu,  cela  ressort  du  texte  %  peu  de 
temps  après  la  mort  de  la  veuve,  ait  duré  quatre  ans,  cela  nous 
mènerait  à  1410  environ  :  à  cette  époque  donc  Roig  serait  entré 
dans  son  veuvage  définitif.  Voilà  ce  qui  ressort  des  quelques 
données  historiques  qu'on  a  pu  recueillir.  Mais  comment  les 
accorder  maintenant  avec  cette  déclaration  de  l'auteur  dans  son 
prefaci  :  «  Deuxièmement,  je  vous  conterai,  et  bien  au  long,  mes 
mariages  maudits,  douloureux,  avec  si  grande  peine,  pendant 
cinquante  ans  ?»  Il  y  a  là  une  contradiction  évidente,  que  je  ne 
puis  entreprendre  ici  d'expliquer . 

C'est  dans  le  troisième  livre,  dans  l'interminable  chastoiement 
de  Salomon,  où  il  est  parlé  de  toutes  choses,  que  peuvent  être 
recueillis  le  plus  de  faits  et  de  dates.  L'histoire  de  Valence  depuis 

1.  «  La  primera  crida  fêta  per  lo  novell  sant  S.  Vicent  Ferrer,  fill  de  aquesta 
ciutat  de  Valeucia,  de  la  sua  canoiiisaciô,  fon  a  3  de  abril  1456,  de  la  quai  se 
feu  graii  fesla  e  alegria.  »  [Libre  de  memories,  p.  410.) 

2.  «  Honestament  Prengui  confort  E  reconfort  Com  mils  pogui  E  dispongui, 
Mos  mais  refent  E  contrafent  Mon  dol  plaer,  Trias  muUer,  »  etc.  (p.  63). 


647 

les  temps  les  plus  reculés  et  surtout  la  description  de  certains 
quartiers  de  la  ville,  du  marché,  de  la  poissonnerie,  de  la  friperie 
qui  y  sont  insérées,  offrent  bien  des  détails  curieux  ^  Je  ne  relè- 
verai que  les  passages  qui  servent  à  dater  la  composition  de  cette 
harangue.  Allusion  à  l'incendie  qui  dévora,  en  144C  ou  1447,  le 
quartier  des  pelletiers  et  des  menuisiers,  une  grande  partie  aussi 
du  marché  (éd.  Briz,  p.  93)  ^  ;  allusion  à  un  miracle  récent  {ara 
de  nou)  de  Vincent  Ferrer  en  Bretagne  (p.  114)  :  il  s'agit  d'un 
enfant  embroché  et  rôti  par  sa  mère,  qui  revient  à  la  vie  grâce  à 
l'intercession  du  saint.  Mais  le  passage  capital  est  un  peu  plus 
loin.  Au  début  d'une  dissertation  sur  l'histoire  évangélique,  lloig 
déclare,  par  la  bouche  de  Salomon,  qu'il  y  a  1427  ans  que  le 
Bédempteur  a,  par  sa  mort,  racheté  les  péchés  du  monde.  Si  à 
1427  on  ajoute  les  33  ans  de  la  vie  du  Christ ,  on  obtient  1460  : 
c'est  donc  en  1460  que  ce  passage  et  sans  doute  aussi  tout  le 
livre  III  ont  été  écrits. 

Comme  le  faisaient  pressentir  déjà  et  l'image  pieuse  qui  orne 
le  frontispice  de  l'édition  de  1531  et  cette  mention  du  titre  : 
«  pour  augmenter  la  dévotion  à  la  pureté  et  à  la  conception  de  la 
très  sacrée  Vierge  Marie,  »  ce  Livre  des  femmes  devait  aboutir 
quelque  part  à  une  démonstration  de  l'immaculisme  de  la  Vierge, 
tout  au  moins  à  un  panégyrique  de  la  fameuse  croyance,  qui 
n'était  point  encore  un  dogme.  Ce  n'est  pas  tout  que  de  découvrir 
à  l'homme  inexpérimenté  la  malice  des  femmes,  il  faut  encore  le 
convertir,  le  contraindre  à  se  vouer  corps  et  âme  au  culte  de  la 
seule  qui  fasse  exception,  celle  qui  est  au-dessus  de  toutes,  sem- 
blable à  un  lis  au  milieu  d'épines,  sicut  lilium  inter  spinas.  A 
vrai  dire  ce  programme  ressemble  assez  à  une  mesure  de  précau- 

1.  Dans  la  première  partie  du  livre  II,  il  ne  manque  pas  non  plus  de  détails 
topographiques.  La  jeune  femme  jiasse  devant  la  Lonja,  se  rend  au  marché,  où 
elle  regarde  les  boutiques,  et  s'y  l'ait  régaler  par  les  gentils  galants;  ensuite 
elle  entre  dans  l'église  des  Magdalenes  et  revient  chez  elle  par  Metiorelcs  et  la 
Bosseria.  De  nuit  elle  va  souvent  au  «  nouveau  bain  d'Ln  Çanou  ou  d'En 
Suau,  au  Palais  »  (non  pas  bani/  de  Ganou  0  de  En  Juan,  comme  il  est  dit 
dans  la  Guia  urbana  de  Valencia,  t.  II,  p.  47). 

2.  «  Très  nil  après  (c'est-à-dire  après  un  meurtre  commis  le  '2G  février  1-U7 
(sic)  par  un  nommé  En  Genis  Ferrer),  fon  lo  gran  foch  en  lo  mercat.  Cremas 
tota  la  fusteria  (pie  esta  devant  lo  trench  a  la  part  del  monestir  de  la  Merce  y 
certa  part  del  trench.  Fonch  grandissim  lo  dany.  Dixse  que  En  Genis  Ferrer  lo 
havia  fet,  per  que  li  havien  sentenciat  sa  millier.  »  (Libre  de  memories, 
ann.  1446.) 


648 

tion  ;  il  a  plutôt  l'air  d'une  étiquette  dévote ,  placée  bien  en 
vedette,  pour  couvrir  la  très  libre  satire,  qui  est  le  noyau  de 
l'œuvre  ;  et  franchement  le  chemin  par  lequel  on  se  propose  ici 
de  nous  mener  à  l'adoration  du  saint  mystère,  au  culte  exclusif 
delà  Vierge  immaculée  a  de  singuliers  détours.  Quoi  de  commun, 
on  se  le  demande,  entre  l'étalage  complaisant  de  tous  les  vices 
féminins  qui  remplit  le  deuxième  livre  et  le  pieux  verbiage  du 
troisième  ?  Mais  n'exigeons  pas  de  notre  auteur  une  logique  trop 
serrée,  il  est  entendu  qu'il  devait  sauver  les  apparences  ;  ne  le 
taxons  pas  non  plus  d'hypocrisie,  car,  qu'il  maltraite  la  femme 
mondaine  ou  qu'il  loue  la  femme  divine,  il  a  bien  certainement  le 
même  accent  de  sincérité.  Pour  ce  qui  est  d'ailleurs  de  l'impor- 
tance donnée  ici  à  rimmaculée-Conception,  il  convient  d'observer 
que  Roig  n'en  saurait  être  rendu  qu'à  demi  responsable.  C'est 
l'éditeur  de  1531  qui  invente  l'image  de  sainteté  et  qui  relègue  au 
quatrième  feuillet  le  vrai  titre  du  poème,  Libre  de  les  dones, 
comme  s'il  en  éprouvait  une  certaine  gêne,  tandis  qu'il  affiche  à 
la  première  page  l'annonce  d'une  manière  de  catéchisme  :  Livre 
de  conseils  très  profitables  et  salutaires,  etc.  Il  y  a  plus.  Le 
seul  passage  de  quelque  étendue  du  texte  imprimé  qui  manque  au 
manuscrit  de  Rome,  et  qu'il  y  a  lieu  par  conséquent  de  tenir, 
pour  une  addition  postérieure,  —  le  manuscrit  n'ofîrant  à  cet 
endroit  aucune  trace  de  lacune,  —  se  rapporte  précisément  à  la 
question  de  l'immaculisme.  Sans  doute  Roig  croyait,  comme  la 
plupart  de  ses  compatriotes,  que  Dieu  avait  pu  excepter  une 
femme  de  la  tache  originelle.  N'écrivait-il  pas  peu  d'années 
après  le  décret  de  la  Sô*"  session  du  concile  de  Baie,  qui  déclarait 
la  doctrine  de  l'immaculisme  piojn  et  consoyiam  cultui  eccle- 
siastico,  fidei  catholicœ,  rectœ  rationi  et  sacrœ  scripturœ, 
ab  omnibus  catholicis  approbandam  fore ,  tenendam  et 
amplectendam,  décret  reçu  à  Valence  avec  des  transports  de 
joie  par  les  Franciscains,  ces  religieux  si  populaires,  si  influents, 
qui,  le  14  août  1440  S  «  firent  grande  fête  et  dansèrent  par  la 
«  ville,  parce  qu'ils  avaient  gagné  dans  le  concile  de  Bâle  que  la 
«  sacrée  vierge  Marie  n'a  pas  été  conçue  en  péché  originel  ^  ?  » 

1.  Le  décret  du  concile  de  Bâle  est  du  17  septembre  1439. 

2.  «  A  14  de  agost  dit  any  ferea  gran  festa  los  frares  menors  y  ballaren  per 
la  ciutat,  perque  havien  guanyat  en  lo  concili  de  Basilea  que  la  sagrada  verge 
Maria  no  era  concebuda  en  peccat  original,  y  de  alli  avant  fon  manada  la  festa 
sua.  »  [Libre  de  memories,  ann.  1440.) 


N'écrivait-il  pas  en  pays  d'Aragon,  où  la  doctrine  trouva  de 
bonne  heure  tant  de  chauds  partisans,  et  dont  les  souverains 
témoignèrent  si  souvent  dès  la  fin  du  xiv^  siècle  de  leur  attache- 
ment à  cette  croyance*?  Sans  hésitation  notre  auteur  reconnaît 
que  «  de  toutes  Dieu  n'en  a  absous  qu'une,  bi-illante  comme  lune, 
étoile  scintillante,  »  et  que  «  de  ce  mal  et  de  ce  tribut  imposés  à 
tous,  elle  seule  est  libre,  plus  blanche  que  neige,  rose,  jasmin  et 
fleur  de  lis,  plus  que  miroir  et  pur  cristal  immaculée  ".  »  Mais  il 
ne  se  donne  pas  pour  théologien,  et  proteste  qu'on  peut  faire  son 
salut  et  se  conduire  en  bon  chrétien,  sans  pénétrer  dans  ces 
questions  difficiles  et  abstruses  ;  et  c'est  ainsi  qu'en  prenant  congé 
de  son  neveu,  tout  à  la  fin  du  poème,  il  lui  rappelle  qu'il  a  voulu 
seulement  montrer  «  ce  qu'on  doit  aimer,  ce  qu'on  ne  doit  pas 
aimer,  ce  qu'il  faut  choisir,  ce  qu'il  faut  repousser,  »  et  que  cela 
vaut  mieux  que  «  le  Iiaut  vol  et  la  discussion  de  graves  ques- 
tions..., de  subtilités,  comme  sont  la  Trinité  et  le  fait  de  savoir 
si  la  Vierge  a  été  conçue  en  péché  ou  a  été  rachetée  ^  »  Eh  bien  ! 
les  déclarations  de  Roig  ne  parurent  point  suffisantes  à  l'éditeur 
du  xvi°  siècle,  il  crut  de  son  devoir  de  les  développer  assez  lon- 
guement S  d'ajouter  une  centaine  de  vers  au  passage  que  le 
médecin-poète  avait  consacré  à  la  défense  de  l'immaculisme. 
Cette  insistance  est  un  signe  des  temps,  elle  marque  une  recru- 
descence de  la  vieille  querelle  entre  Franciscains  et  Dominicains, 
que  le  concile  de  Trente,  un  peu  plus  tard,  s'efforcera  d'apaiser 
en  évitant  de  définir  la  pieuse  croyance,  et  les  derniers  vers  de  la 
tirade  intercalée  font  précisément  allusion  à  cet  état  des  esprits  : 
«  cessent  les  murmures,  vœux  et  arguments  contredisant  telle 
vérité,  telle  charité  si  générales...  elle  (la  Vierge)  n'a  jamais  été 
souillée,  par  loi  de  grâce,  de  la  disgrâce  que  tous  nous  portons... 
sainte  et  dévote  est  la  grande  foule  qui  la  nomme  pure  ^,  » 

Deux  passages  des  deux  derniers  livres  ont  donné  lieu  à  des 
interprétations  erronées.  Voici  de  quoi  il  s'agit.  Quelque  part 

1.  Sur  la  croyance  à  l'Immaculéc-Conceplion  en  Catalogne,  voir  un  bon  tra- 
vail (lu  R.  P.  Fi  ta,  Mcmoria  ij  coleccion  diplom'itica  sobre  el  lit.  Il,  lib.  I  de 
las  Constitiiciones  de  Catahma,  Barcelone,  1875,  in-4°. 

2.  Éd.  Briz,  p.  130. 

3.  Éd.  Briz,  p.  195. 

4.  L'éditeur,  s'il  en  était  capable,  ou  bien  un  autre  :  le  passage  a  été  ajouté 
au  texte  primitif,  cela  paraît  incontestable. 

5.  Éd.  Briz,  p.  132. 

43 


650 

dans  la  troisième  partie  du  troisième  livre,  Salomon  interpelle 
assez  rudement  notre  médecin  et  le  presse  de  secouer  au  plus  tôt 
le  joug  du  péché,  il  lui  fait  honte  de  la  vie  dissipée,  scandaleuse, 
immonde  qu'il  mène  :  «  Débauché,  luxurieux,  goulu  et  prodigue 
du  bien  de  ton  riche  père  et  de  ta  bonne  mère.  Tu  as 
demandé  ta  part  et  l'as  dépensée  en  folies  et  en  paillardises,  ne 
pensant  qu'au  plaisir  ;  tu  as  pris  un  parti  fort  honorable  !  dans 
la  fange,  avec  le  porc,  tu  vis,  et  des  châtaignes  et  des  fèves  qu'il 
laisse,  tu  n'es  pas  admis  à  te  rassasier.  Pourquoi  restes-tu  là  ^  ?  » 
M.  Briz,  qui  n'a  mis  qu'une  note  à  son  édition,  —  et  elle  n'est 
pas  heureuse  —  observe  que  la  mention  de  ce  riche  père,  de 
cette  bonne  mère  contredit  ce  que  Roig  raconte  au  début  de  son 
poème  de  la  condition  et  du  caractère  de  ses  parents.  Mais  qui  ne 
voit  qu'il  n'est  nullement  question  ici  du  père  ni  de  la  mère  du 
poète?  Salomon  ne  fait  qu'appliquer  au  malheureux  qu'il  ser- 
monne la  parabole  de  l'enfant  prodigue. 

L'autre  passage  mal  compris  appartient  à  la  troisième  partie 
du  quatrième  livret  Roig  est  pris  d'un  remords.  Jusque-là  il  a 
indistinctement  condamné  toutes  les  femmes  de  ce  monde,  sa 
mère  même  il  ne  l'a  pas  mieux  traitée  que  les  autres  et  n'a  pas  su 
lui  pardonner  sa  dureté,  son  égoïsme  et  son  orgueil  ;  mais  voici 
qu'il  se  souvient  d'une  brave  femme,  «  douce,  aimable,  sûre,  soi- 
gneuse, propre,  gentille,  sage,  humble,  sobre  de  paroles,  très 
laborieuse,  »  dévote  aussi,  mais  sans  exagération  :  «  à  tous  elle 
semblait  plutôt  homme  que  femme.  »  Celle-là  décidément  trouve 
grâce  à  ses  yeux,  il  l'excepte  de  la  malédiction  qu'il  avait  étendue 
à  toute  l'espèce.  Qui  est  cette  femme  ?  «  Je  me  souviens  d'elle,  dit 
«  Roig  ;  morte  la  première  (c'est-à-dire  avant  son  mari) ,  son 
«  premier  nom  fut  lo  peix  llicer  ^  ;  elle  fut  ma  voisine ,  ma 
«  mère,  ma  marraine,  ma  fidèle  amie  et  pas  trop  vieille,  femme 
«  très  noble  et  à  moi  très  chère  ;  rien  dans  le  monde  je  n'aimai 
«  tant,  pendant  que  j'y  fus;  lorsqu'elle  mourut,  je  menai  grand 
«  deuil.  »  MM,  Milâ  y  Fontanals  ^  et  Ferrer  y  Bigné  =  ont  tous  deux 
pris  au  pied  de  la  lettre  le  nom  de  mare  donné  par  le  poète  à  cette 

1.  Éd.  Briz,  p.  152. 

2.  Éd.  Briz,  p.  192-193. 

3.  Équivalent,  selon  M.  Ferrer  y  Bigné,  du  nom  de  famille  Pellicer.  Je  n'en 
suis  pas  convaincu. 

4.  Resenya,  p.  178. 

5.  Estudio  hislôrico  critico,  p.  38. 


fidèle  amie  ;  sans  tenir  compte  des  autres  épithètes,  ils  ont  admis 
que  Roig  parle  ici  de  sa  vraie  mère,  et  en  ont  conclu  que  la 
méchante  mère  du  commencement  n'est  qu'une  fiction.  Ce  qui  a 
trompé  les  deux  critiques,  c'est  que  notre  poète  nomme  le  mari 
de  la  femme  «  blanc  et  rouge  »  {Blanch  ébermell  Es  lo  nom 
d'ell);  or  ce  hlanc  é  bermell  équivaut  à  roig,  dit  M.  Milâ,  ce 
mari  était  donc  le  père  du  poète,  la  femme  sa  mère'.  Pour 
M.  Ferrer  de  même,  il  n'est  pas  douteux  que  le  nom  de  Pellicer, 
que  portait  la  bonne  voisine,  ne  soit  le  nom  de  famille  de  la  mère 
du  poète  [el  apellido  de  su  riiad)'e) .  Or,  quand  bien  même  il  serait 
prouvé  que  blanch  é  bermell  cache  le  nom  propre  Roig,  il  ne 
s'en  suivrait  point  que  ce  Roig  fût  le  père  de  notre  Jaume  ;  en 
second  lieu,  comment  croire  un  instant  que  le  poète  ait  pu  nommer 
sa  vraie  mère  *  ma  voisine,  ma  marraine,  ma  fidèle  amie?  » 
L'amour  filial,  cela  ne  fait  pas  de  doute,  se  fût  exprimé  différem- 
ment. Comment  n'a-t-on  pas  reconnu  ce  qu'était  cette  femme, 
passablement  plus  âgée  que  Roig,  qui  mourut  avant  lui,  dont  il 
parle  avec  respect,  dont  il  vante  les  vertus  domestiques  ?  Mais  il 
nous  le  dit  en  propres  termes,  c'était  sa  marraine.  Et  une  mar- 
raine peut  bien  être  appelée  «  mère,  »  —  surtout  quand  la  vraie 
mère  se  conduit  comme  celle  du  poète,  —  tandis  que  le  contraire 
ne  se  conçoit  pas.  Alors  le  passage  «  Fonch  ma  veina,  Mare, 
padrina  '  E  fel  amiga  »  n'a  plus  rien  qui  choque  :  tout  s'explique 
bien^. 

1.  M.  Milà,  si  aUenlif  et  perspicace  d'ordinaire,  a  à  sa  charge  en  outre  une 
autre  petite  erreur.  Il  croit  que  dans  cette  troisième  partie  du  livre  IV  Roig  a 
parlé  de  deux  femmes,  et  que  la  seconde  serait  «  la  véritable  femme  »  du 
poète.  Mais  il  ressort  du  contexte,  des  derniers  vers  surtout  du  passage,  «  Per 
sols  aquesta  Los  dich  me  plau,  Ab  elles  pau  Final  fermar,  »  que  Roig  n'entend 
faire  qu'une  seule  exception  en  faveur  de  la  mare,  padrina. 

2.  On  pourrait  faire  de  padrina  un  adjectif  et  lire  sans  virgule  :  madré 
padrina. 

3.  Ceci  était  écrit  lorsque  j'ai  reçu  de  D.  Joaquin  Serrano  Canele,  professeur 
de  VInstituto  médico  valenciano,  une  brochure  intitulée  Recuerdo  apologvtico 
del  maestro  Jaime  Roig  y  Pellicer  (Valencia,  Ferrer  de  Orga.  1883,  32  pages 
in-8°).  Dans  cette  étude,  où  ont  été  habilement  mis  en  œuvre  et  exactement 
reproduits  tous  les  documents  concernant  Roig  qui  nous  ont  été  conservés,  l'au- 
teur fait  allusion  à  un  conirat  de  dol,  découvert  dans  les  archives  du  collège  du 
Patriarche  à  Valence,  d'où  résulterait  que  la  mère  de  Roig  se  nommait  Isabel 
Pellicer.  Ce  contrat,  je  demande  à  le  voir,  d'abord  ;  et  alors  même  qu'il  établi- 
rait péremptoirement  que  la  mère  de  notre  médecin  s'est  appelée  Pellicer,  je 
n'en  persisterais  pas  moins  à  prétendre  qu'il  ne  s'agit  nullement  d'elle  dans  le 
passage  que  j'ai  rapporté. 


(\o2 

On  peut  par  ce  dernier  exemple  se  rendre  compte  de  la  néces- 
sité de  reprendre  ab  ovo  le  commentaire  du  Libre  de  les  dones. 
Si  ceux  qui  ont  le  mieux  étudié  ce  poème  se  sont  trompés  sur  des 
points  si  essentiels,  que  savent  les  autres?  Et  combien  de  ques- 
tions historiques  et  linguistiques,  à  côté  de  celles  que  je  n'ai  fait 
qu'effleurer ,  attendent  encore  leur  solution  !  Par  malheur  ce 
texte  est  d'un  abord  difficile  ;  saui'un  petit  nombre  de  privilégiés, 
qui  ont  à  leur  disposition  les  anciennes  impressions,  le  commun 
des  romanistes  doit  s'en  rapporter  à  l'édition  déplorablement 
incorrecte  de  Briz,  —  celle  de  Ros,  qui  ne  vaut  guère  mieux, 
commence  à  se  faire  rare  et  ne  se  trouve  pas  hors  d'Espagne,  — 
et  à  laquelle  manque  environ  un  millier  de  vers.  Comment  se 
tirer  des  passages  obscurs  avec  un  texte  corrompu,  et,  qui  plus 
est,  maladroitement  remanié  ?  C'est  vraiment  impossible,  et  c'est 
à  se  demander  ce  que  l'éditeur  catalan  a  pu  comprendre  de  ce 
livre,  s'il  lui  est  arrivé  de  le  lire  dans  son  édition.  Je  n'exagère 
pas,  et  les  quelques  exemples  que  voici,  pris  entre  mille,  montre- 
ront suffisamment  tout  ce  que  ce  poème  a  souffert  en  passant  par 
les  mains  de  ses  éditeurs,  du  dernier  surtout. 

P.  15^.  La  mère  remariée,  lorsqu'elle  voit  revenir  l'enfant  du 
premier  lit,  lui  crie  :  «  bock  çull,  tirât  avant,  »  c'est-à-dire 
«  bouc  sale,  tire-toi  de  là.  »  Briz  imprime  :  boix,  çull.  — P.  16^. 
Ici  lo  guay,  la  joie,  est  devenu  le  verbe  llograr,  ce  qui  trouble 
complètement  le  sens  du  passage.  —  P.  21''.  Le  vieux  mot 
baudor,  fort  usité  en  provençal,  a  été  remplacé  par  blandor, 
qui  n'existe  pas.  —  P.  24*^.  «  Chaque  porc  a  sa  Saint-Martin  » 
est  un  proverbe  connu  par  toute  l'Espagne  :  «  Porch  plé  devicis. 
Un  mal  mati.  Son  Sent  Marti  Ella  trobà;  »  mais  M.  B.  imprime 
fonch  sanct  Marti.  —  P.  24*^.  Généralement  on  grince  des 
dents  :  «  los  deyits  croixint;  »  les  éditeurs,  à  commencer  par 
celui  de  1531,  grincent  des  doigts  :  «  los  dits  croixint.  »  — 
P.  25^.  «  Lo  prom  ténia  Com  pare  meu,  Per  son  conreu  Yo  fuy 
persona,  »  c'est-à-dire,  «  le  brave  homme,  je  le  considérais 
comme  mon  père,  et  grâce  à  son  appui,  je  faisais  quelque  figure.  » 
Briz  :  «  Com  pare  seu,  Per  son  cor r eu.  »  —  P.  28'^.  Roig  ne 
veut  inviter  que  huit  ou  neuf  personnes  à  ses  noces  :  «  sols  huit 
0  nou.  »  B.  «  sen  huit  o  nou.  »  —  P.  46^.  «  Lo  feu  cremar,  » 
lire  «  sensé  cremar,  »  puisqu'il  s'agit  du  saint  sacrement,  trans- 
formé en  un  corps  d'enfant,  que  le  feu  ne  réussit  pas  à  consumer. 
—  P.  47''.  Viudari  n'est  pas  un  mot  ;  lire  mudari.  —  P.  57''. 


G53 

«  Les  qiies  diu  seues  (les  esclaves)  Molt  favoria.  »  Non  pas  celles 
qu'elle  «  dit  siennes,  »  mais  celles  qu'  «  elle  a  amenées  »  avec 
elle  ;  lire  dux  pour  diu.  —  P.  59^.  «  La  geumencia,  »  la  géo- 
mancie, est  devenue  «  La  grumencia,  »  et  ce  n'est  pas  une 
faute  d'impression,  la  même  bévue  se  retrouve  plus  loin,  p.  120^. 

—  P.  65^.  La  jeune  religieuse  n'a  rien  de  ce  qui  fait  la  bonne 
ménagère,  la  femme  d'mtérieur ,  elle  ne  sait  ni  tailler  ni  coudre, 
elle  n'a  pas  «  de  mans  abtea,  en  tôt  soltea,  »  c'est-à-dire  d'ba- 
bileté  de  main,  d'adresse  en  toutes  choses.  Briz  imprime  ab  ter  a 
et  soltera.  —  P.  67 '^.  Ni  Ros,  ni  Briz  ne  connaissent  le  vieux 
verbe  altar,  plaire  :  «  Altalin  una,  Que  era  veada  Sols  d'ansa- 
lada.  Ails  y  formatge,  »  etc.  «  Elle  se  prit  de  goût  pour  une 
nourrice,  habituée  à  ne  manger  que  salade,  ail  et  fromage.  »  Les 
deux  éditeurs  écrivent  Fcdtalin.  —  P.  69 ^  Ici  Ros  a  orné  le 
texte  de  deux  vers  de  sa  façon,  qui  ne  figurent  ni  dans  le  manus- 
crit ni  dans  l'édition  princeps.  Le  poète  fait  dire  à  sa  monjeta 
qu'elle  contera  la  maudite  vie  des  religieuses  et  dira  tout  ce  qu'elle 
sait  sans  mentir  :  «  Llur  negra  vida  Quant  hi  sabré  Dirivaré  Sens 
dir  falsia.  »  C'était  trop  aux  yeux  du  prudent  notaire,  aussi 
atténue-t-il  ce  passage,  en  intercalant  deux  vers  :  «  Sols  de  les 
maies,  Per  que  de  taies  No  es  dir  falsia.  »  —  P.  80^  Salomon 
parle  de  saint  Paul  :  «  le  grand  saint  d'abord  nôtre,  et  mainte- 
nant vôtre.  »  Toutes  les  éditions  mettent  rostre  pour  nostre,  et 
nostre  pour  vostre.  —  Quelques  vers  plus  loin  Briz  met  fUl  teu 
là  où  il  faut  sil  teu.  —  P.  94=^.  Il  est  question  du  veau  d'or  : 
«  Com  quant  lo  poble  Lo  vedell  feu.  »  B.  «  lo  M  dell  feu.  »  — 
P.  96^.  «  Son  roci  fart.  »  Non  pas,  mais  «  son  roussin  sarde 
(sart).  »  En  castillan  on  dit  de  même pollino,  asno  sardesco. 

—  P.  113^.  Certaines  femmes  commettent  des  atrocités  ;  il  en  est 
qui  mutilent  leur  enfant  né  sain  «  (Lo  fill  sa  nat  Volent  man- 
car).  »  B.  n'a  pas  compris,  il  imprime 5«n«^  (gi^iéri).  —  P.  135^. 
InegrotaUe  a  été  changé  ici  en  inexorable ,  ce  qui  ne  donne 
pas  de  sens.  —  P.  144=\  Salomon  s'estime  heureux  d'être  au 
nombre  des  ascendants  de  la  Vierge  ;  hre  «  Que  devallam  Del 
Abraham,  »  au  lieu  de  debdlam.  —  P.  152''.  Qu'est-ce  que 
terra  novella?  Sslomon  exhorte  le  vieux  Roig  à  changer  de 
peau  comme  le  serpent,  à  se  renouveler  ;  par  conséquent  Te  reno- 
vella.  —  P.  154'^  Aucun  des  éditeurs  de  Roig  n'était,  à  ce  qu'il 
semble,  ferré  sur  l'évangile  de  saint  Mathieu.  «  Fuig  com  Matheu 
Del  Tholomeu  De  cambiar.  »  Ce  malencontreux  Ptolémée  eût  été 


654 

évité,  si  l'un  ou  l'antre  s'était  souvenu  du  verset  :  «•  Et  cum  tran- 
siret  inde  Jésus,  vidit  hominem  sedentem  in  telonio,  Matthseum 
nomine  ;  »  lire  donc  teloneu  pour  Tholomeu.  —  P.  189*. 
Encore  ici,  faute  d'avoir  eu  présent  à  l'esprit  un  ternie  biblique, 
les  éditeurs  ont  gâté  le  texte  :  «  Crois  et  imite  le  publicain,  qui 
confesse  son  péché  humblement,  »  etc.  Prenant  jOMÔ/fcâ  pour  un 
verbe,  ils  ont  faussé  le  vers  et  le  sens,  en  écrivant  lo  que 
publica. 

C'est  assez  insister  sur  l'état  lamentable  dans  lequel  se  pré- 
sente aujourd'hui  le  vieux  poème  du  médecin  de  Valence.  Pour 
remédier  à  cet  inconvénient  et  donner  aux  romanistes  le  moyen 
d'aborder  dans  des  conditions  passables  l'étude  de  ce  texte  diffi- 
cile, peut-être  ferait-on  bien  de  réimprimer  en  premier  lieu,  sans 
y  rien  changer,  mais  fidèlement  et  soigneusement,  l'édition  prin*- 
ceps  ;  ce  serait  au  moins  une  base  solide,  sur  laquelle  on  pourrait 
entreprendre  d'édifier  quelque  chose.  Avis  à  la  Société  des  biblio- 
philes de  Valence  ;  elle  seule  est  en  mesure  de  nous  rendre  ce 
service.  Quant  au  texte  courant,  il  n'est  bon  à  rien  et  ne  sert  vrai- 
ment qu'à  décourager  les  érudits,  qu'attirerait  l'intérêt  soit  histo- 
rique soit  linguistique  de  cette  œuvre  capitale  de  la  littérature 
valencienne  au  xv"  siècle. 

Comme  en  1881  à  Majorque,  j'ai  trouvé  à  Valence  l'accueil  le 
plus  obligeant.  D.  Miguel  Velasco  y  Santos,  directeur  des 
Archives,  D.  José  Maria  Torres,  directeur  de  la  Bibliothèque 
universitaire ,  m'ont  grandement  facilité  mes  recherches ,  en 
m'ouvrant  ces  précieux  dépôts  en  dehors  même  des  heures  régle- 
mentaires de  travail.  Je  dois  beaucoup  de  reconnaissance  aussi  à 
deux  amateurs  distingués,  M.  le  vicomte  de  Bétera  et  D.  José 
Enrique  Serrano,  qui  ont  libéralement  mis  à  ma  disposition  les 
trésors  de  leurs  belles  collections  bibliographiques. 

Veuillez  agréer.  Monsieur  le  ministre,  l'assurance  de  ma  haute 
considération  et  de  mon  profond  respect. 

Votre  très  obéissant  serviteur, 

Alfred  Morel-Fatio. 
Alger,  le  15  avril  1884. 

{La  suite  prochainement.) 


CHARTE   DE   PARIÂGE 

DE 

JEAN,  SIRE  DE  JOINVILLE 

AVEC   L'ABBÉ  DE   SAINT-MANSUY  DE  TOUL 
(Décembre  ^264.) 


Parmi  les  pièces  qui  accompagnent  aux  Archives  nationales  une 
déclaration  de  temporel  de  l'abbaye  de  Saint-Mansuy  de  Toul,  en  date 
du  25  janvier  'Iti^O,  pour  la  liquidation  des  droits  de  francs  fiefs  \ 
nous  avons  découvert  une  copie  collationnée  d'une  charte  inédite  de 
Jean,  sire  de  Joinville,  qui  mérite  d'être  ofTerte  aux  lecteurs  de  la 
Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  2.  C'est  une  charte  de  pariage 
entre  Jean,  seigneur  de  Joinville,  avec  le  consentement  d'Alix,  sa 
femme,  et  Otton,  abbé  de  Saint-Mansuy  de  TouP,  pour  des  biens 

1.  Archives  nationales,  P.  7734*.  Lorraine,  lettre  S. 

2.  Le  même  dossier  renferme  la  copie  d'une  charte  de  Jean,  sire  de  JoinTillc, 
du  28  juillet  1302,  publiée  par  M.  de  Wailly,  dans  son  Jiccueil  de  chartes  ori- 
ginales de  Joinville,  lettre  X  bis  (page  50  du  tirage  à  part),  et  d'une  autre  de 
juin  1262,  ibidem,  lettre  E  (page  8).  Quant  à  la  charte  que  nous  publions,  notre 
confrère  M.  H. -F.  Delaborde  a  bien  voulu  nous  assurer  qu'elle  ne  figure  pas  sur 
le  catalogue  qu'il  a  dressé  des  chartes  de  Joinville,  mais  il  a  remarqué  qu'elle 
a  été  confirmée  par  une  charte  de  Thibaut,  comte  de  Champagne  et  roi  do 
Navarre,  de  mai  1265,  dont  un  vidimus  de  1322  se  trouve  ;\  la  liibl.  nal.,  coll. 
de  Lorraine,  vol.  397,  p.  16.  Cet  acte  est  mentionné  dans  d'Arbois  de  Jubainville, 
Gâtai,  des  actes  des  comtes  de  Champagne,  n.  3358. 

3.  Otton,  24=  abbé  de  Saint-Mansuy  de  Toul,  figure  dans  des  actes  de  1260  à 
1273.  Les  auteurs  du  Gallia  analysent  ainsi  noire  charte  :  «  Parlera  mediam 
rerum  omnium  quasJohannes,  dominus  de  Joinvilla,  possidebal  apud  Germeium, 


636 

situés  à  Germay  et  aux  environs,  c'esl-à-dire  à  peu  de  distance  de 
Joinville.  Les  deux  parties  mettent  en  commun  les  biens  qu'elles  ont 
et  ceux  qu'elles  pourront  acquérir  dans  les  localités  désignées,  sauf 
pour  les  fiefs  de  Joinville,  qui  sont  mis  à  part,  tandis  que  l'abbé,  de 
son  côté,  se  réserve  les  droits  de  patronage  des  églises,  les  dîmes,  les 
offrandes  et  les  usages  dans  les  bois.  La  clause  la  plus  intéressante 
est  celle  par  laquelle  le  seigneur  et  l'abbé  conviennent  de  construire 
au  finage  de  Germay  une  ville  neuve,  qui  devait  porter  le  nom  de 
Sainte-Croix,  mais  qui  parait  n'avoir  eu  qu'une  existence  éphémère.  La 
charte  règle  encore  le  partage  des  récoltes,  la  juridiction  compétente 
en  cas  de  désaccord,  la  nomination  des  mayeurs  et  des  sergents.  Le 
seigneur  devait,  sous  peine  d'excommunication,  maintenir  cet  accord 
qui  fut  confirmé  par  Tévêque  de  Toul  et  par  le  roi  de  Navarre  ^ . 

La  charte  est  en  langue  vulgaire,  mais  la  copie,  qui  a  été  faite  sur 
l'original  au  xvif  siècle,  n'est  pas  exempte  de  fautes  ^  ne  pouvant  les 
effacer  toutes,  nous  avons  fait  cependant  les  corrections  les  plus 
indispensables. 

A.  Bruel. 


In  nomine  Domini.  Amen.  Je  Jehans,  sires  de  Jenville,  senes- 
cbaus  de  Champaigne,  fais  savoir  à  tous  ceaus  qui  ces  lettres 
verront  et  orront,  que  je,  par  l'otroy  et  par  leu  consentement  de 
Aliz  ma  femme,  ay  fait  compaignie  à  touz  jors  à  tenir  pour  moj  et 
pour  mes  hors  à  Oton,  abbei  de  Saint  Mansue  de  Toul,  et  à  cou- 
vant de  cel  meisme  leu,  de  quant  que  je  avoie  et  tenoie  ens  hommes 
que  messires  de  Sallei  ^  avoit  à  Jermay  ^  et  à  Lizeville  *  et  ens 
homes  touz  que  Willames  de  Haute  ville  avoit  à  Lizeville,  quar  je 
les  ai  acquis  à  eaus  et  ens  araiges  et  terraiges  de  Germai  que  j'ai 


Brotereum,  Bresencurtem,  etc.,  ab  ipso  accepit  an.  1264  sub  certis  conditioni- 
bus.  Insequenti  anno  cum  eodem  Johanne  de  Joinvilla  S.  Crucis  villam  constru- 
xit.  »  Gallia,  XIII,  1091. 

1.  Cette  confirmation  eut  lieu  en  mai  1265.  Voyez  la  note  2  ci-dessus.  Thi- 
baut fait  savoir  que  Jean,  sire  de  Joinville,  a  conclu  un  pariage  avec  l'abbé  de 
Saint-Mansuy  de  Toul  pour  ses  biens  sis  à  Germay  et  lui  a  demandé  de  le  con- 
traindre, lui  et  ses  hoirs,  à  observer  les  conventions  faites  avec  le  couvent. 

2.  Sailly,  Haute-Marne,  ar.  Vassy,  c.  Poissons. 

3.  Germay,  idem. 

4.  Lézéville,  idem. 


f)57 

acquis  as  hors  de  Broteres  *  et  en  forés  et  enz  touz  les  bois  que 
j'ai  acquis  as  hors  de  Broteres  et  ens  toutes  les  terres  et  en  touz 
les  prez  que  j'ai  acquis  à  devant  diz  hors,  et  de  quant  que  je  avoie 
et  avoir  pouroie  à  Germai  et  à  Broteres  et  à  Bresancort-,  à  Lize- 
ville,  à  Espizon  ^,  à  Solencort^  à  Hermeville^  et  à  Sommetonance *^ 
et  en  toutes  les  apertenances  desdites  villes  en  toutes  chozes, 
sauz  mes  fiez  et  mes  arières  fiez  et  mes  gardes  que  je  ai  retenues, 
sans  partie  d' autrui,  et  est  en  tel  manière  acordei  entre  nous  que 
ce  je  acquestoie  nuns  de  mes  fiez  ne  de  mes  arière  fiez  en  diz  leus, 
l'abbes  et  ledit  convent  i  meteroient  les  douz  pars  en  l'aquest  et 
je  lou  tiers  et  l'abbes  et  ledit  covans  i  panroient  la  moitié  et  je 
l'autres,  et  en  tous  autres  acqués  que  je  et  l'abbes  i  pouriens  faire 
en  devant  dis  leus,  je  i  averoie  la  moitié  et  l'abbes  et  li  convans 
l'autre  moitié,  et  en  toutes  autres  acroisances  que  nous  i  pouriens 
avoir  ;  et  qui  riens  n'y  paieroit  en  l'acquest  et  en  acroisances  riens 
n'y  panroit,  jusques  à  tant  que  il  eust  paie  la  moitié  de  ceu  que 
l'autre  partie  i  averoit  mis  et  quant  il  averoit  paie  la  moitié,  il 
panroit  la  motié  en  l'aquest  et  en  acroissances  des  enqui  en 
avant,  et  consent  que  cil  qui  averoit  acquestei  ou  je  ou  l'abbes  ou 
li  covans  repeïst  son  paiement  de  la  motié  de  quelque  oure  que 
li  autre  partie  ly  offeroit,  sans  nul  contredit.  Et  est  à  savoir  que 
l'abbes  et  li  covans  ne  puent  acquester  mes  fiez  ne  mes  arrière 
fiez  en  devant  dites  villes  ce  par  moi  non.  Après  est  à  savoir  que 
li  devant  dit  abbes  Ores  (Otton)  et  li  covans  ont  acompagnié  moy 
et  mes  hors  autresi  à  touz  jors  en  devant  dites  villes  et  ens  aper- 
tenances en  quant  que  il  avoient  et  avoir  pouroient  en  toutes 
choses,  sauf  ceu  que  l'abbes  et  li  covans  devant  nummei  retienent 
sans  partie  d'autrui  lours  maisons  et  lour  clous  de  Germai,  lours 
charruages,  lours  prez,  lours  patronaiges  des  anglizes  qui  i  sont 
endiz  leus  et  qui  i  seront  ou  ens  apertenances  ,  lours  demes  gros 
et  menuz,  les  trescens  et  les  offrandes  toutes  qui  vanront  as  autez, 
les  asmoines  que  on  lour  puet  faire  par  raison  et  si  retienent 
lour  usuare  es  bois  des  devant  diz  leuz  pour  ardoir,  pour  maison- 

1 .  Brouthières,  Haute-Marne,  ar.  Vassy,  c.  Poissons. 

2.  Bressoncourt,  idem. 

3.  Epizon,  idem. 

4.  Soulaincourt,  idem. 

5.  Harméville,  idem. 

6.  Thonnance-les-Moulins,  idem. 


658 

ner  et  pour  toutes  autres  choses  en  lour  maison  de  lour  clous  de 
Germai  sans  vandre  et  sans  donner  et  autretel  usuare  retieng-je 
es  bois  devant  diz  sans  vandre  et  sans  donner,  sauf  ceu  que  je  ne 
puis  faire  maison  ne  grange  à  Jermai  ne  ou  barrochaige^  et 
retienent  ancor  l'abbes  et  li  covans  devant  dit  lour  moure  franc 
ens  molins  de  Sommetonance  pour  lour  maison  de  Jermai  et 
retiennent  ancor  les  venes  pastures  en  touz  les  finaiges  des  devant 
diz  leus  pour  toutes  lour  bestes  groisses  et  menues  repaians  ou 
clous  de  Jermai.  Ne  l'abbes  ne  li  covans  ne  puent  faire  nulles 
maisons  en  devant  diz  leus  fors  que  on  clous  de  Jermay  et  est  à 
savoir  que  ce  l'abbes  et  li  covans  devant  dit  faisoient  en  lours  clous 
de  Jermay  ne  fors  dou  clous  ens  leus  devant  diz  ne  ens  aperte- 
nances,  fer  ou  teule  ou  moulins,  que  je  i  panroie  la  moitié  pour  la 
moitié  des  coux  paans  qui  i  seroient  fait.  Ne  nuns  de  la  ville  ne 
puet  cuere  à  lours  four  qui  est  dedans  lour  clous  de  Jermay  fors 
que  li  habitant  en  la  maison.  Et  est  à  savoir  que  je  et  l'abbes  et 
li  covans  devant  dit  nous  sommes  acompaignié  à  partir  (?)  chascuns 
par  moitié  en  quant  que  nous  avons  en  devant  dites  villes,  et 
quant  que  nous  i  pourons  avoir  par  acroisance  ;  et  je  et  l'abbes 
et  li  covans  nous  sommes  acordez  que  nous  devons  faire  une  nueve 
vile  ou  fînaige  de  Jermay,  qui  avérait  nom  Sainte-Crois  et  les 
rantes  de  celé  ville  toutes  et  de  toutes  les  autres  viles  desus  num- 
mées  et  des  apertenances  ceront  en  la  compaignie  et  parties  par 
moitié,  sauf  les  choses  que  je  pour  moi  et  pour  mes  hors  et  l'abbes 
et  li  covans  devant  dit  avons  retenues  sans  partie  d 'autrui  qui  sa 
devant  sont  escrites,  et  est  à  savoir  que  l'abbes  et  li  covans  devant 
dit  doient  panre  ens  bief  commun  tout  avant  quarante  trois  ses- 
tières  de  bief  à  la  mesure  de  Jen ville,  lou  tiers  parei  et  les  dous 
pars  avaine  et  touz  li  remanans  doit  estre  partiz  par  mi  ;  et  li  meus 
de  bief  que  je  prennoie  à  Jermay  pour  la  raison  de  la  garde  de  la 
maison  de  Jermay,  je  l'ay  mis  en  la  compaignie  autiest  quar^  je 
l'ai  acquestei.  Et  est  à  savoir  que  ce  descors  venoit  entre  moi  et 
l'abbez  et  lou  covant  devant  diz  pour  la  raison  de  la  compaignie 
devant  dite,  que  Deux  ne  vuelle  !  nous  ne  pouriens  pladoier  fors 
des  bans  desdiz  leus  ;  et  je  et  l'abbes  et  li  covans  devant  dit  devons 
mètre  communs  serjans  jurés  es  devant  dites  viles  pour  toutes  nos 

1 .  Parrochage,  territoire  d'une  paroisse.  Du  Gange,  Glossaire  français. 

2.  Lisez  :  aulresi  comme. 


659 

choses  communes  garentier  et  garder  et  par  lour  sarmans  il 
seront  tenu  de  faire  raison  droite  à  lour  esciant  à  touz  et  doient 
rendre  par  lours  sermans  à  cliascun  de  nos  sa  partie,  ne  ne  puent 
acquiterli  serjant  devant  dit  par  lour  sarmens  les  amandes  ne  les 
forfais,  se  par  l'asantement  non  de  l'une  partie  et  de  l'autre.  Et 
c'il  avenoit  que  je  et  l'abbes  et  li  covans  devant  dit  nous  descorde- 
siens  de  mètre  maours  ou  serjans  es  devant  diz  leuz,  je  et  l'abbes 
et  li  covens  sommes  tenu  par  nos  sarmens  à  acorder  à  un  prou- 
domme  qui  ens  diz  leus  meteroit  maiours  et  serjans  et  après  je  et 
l'abbes  et  li  covans  nous  sommes  consantis  que  li  homme  des 
devant  dites  villes  qui  i  sont  et  seront  de  notre  communetei ,  ne 
doient  aler  en  ost,  ne  en  chevauchie  ne  en  charroi  ne  en  crosvée 
nulle,  se  n'est  par  l'asantement  de  moi  et  de  l'abbez  et  dou  covant 
autresi.  Et  toutes  ces  choses  devant  dites,  c'est  asavoir  les  viles, 
les  apertenances  quant  que  l'abbes  et  li  covans  de  Saint  Mansue 
devant  dit  zont  et  seront  en  la  garde  lou  signor  de  Jenville,  que 
quionques  soit  sires  de  Jenville  par  hèritaige,  franchement  qu'il 
n'i  puet  riens  panre  pour  raison  de  la  garde.  Ne  je  ne  mes  succes- 
sour  ne  poons  mètre  ces  choses  fors  de  nos  mans.  Et  pour  ceu  que 
ceste  compagnie  soit  ferme  et  estauble  à  touz  jors  permenauble- 
mant,  je  oblige  moi  et  mes  hors  en  la  main  mon  signor  l'avesque 
de  Toul,  de  cui  fié  toutes  les  viles  devant  nommées  muevent,  et 
les  gardes  desdiz  leuz  autresi,  que  il  me  puist  contraindre  et  ma 
femme  et  mes  hors  par  excommuniement  et  par  force  temporel, 
ce  je  ou  mi  hoir  ou  elle  voliens  aler  arière  de  tenir  et  de  garder 
la  compaignie  ensi  cum  il  est  entre  nous  ordenez  et  les  conve- 
nances desus  escrites.  Et  est  à  savoir  que  ma  femme  devant  dite  ait 
jurei  à  tenir  ces  convenances  toutes  et  qu'elle  ne  vanroit  encontre 
ne  pour  raison  de  douaire  ne  pour  autre  et  ait  mis  son  sael  en  ces 
lettres  avec  lou  mien.  Et  est  à  savoir  que  ce  je  ou  ma  femme  ou 
mi  hoir  nous  metiens  en  aucune  tenour  contre  les  convenances 
devant  dites  des  choses  devant  nummées,  la  tenour  ne  nouspour- 
roit  aidier,  anz  convenroit  tenir  ceu  qu'  est  contenu  en  la  chartre. 
Et  est  à  savoir  que  je  Jehans,  sires  de  Jenville,  doie  donner  à  l'ab- 
bez et  à  covent  de  Saint  Mansuez  de  Toul  les  lettres  l'avesque  de 
Toul  et  les  lettre;,  lou  roi  de  Navaire  en  ceste  forme  pour  ceste 
chose  tenir  fermement.  Ceu  fut  fait  en  l'an  de  l'incarnation  Nostre 
Signor,  quant  li  milliares  corroit  par  mil  et  douz  cens  et  syxaute 
et  quatre  anz,  ou  mois  de  décembre. 


ono 

Collation  de  la  présente  coppie  a  esté  faicte  à  son  original  estant 
en  parchemin,  sain  et  entier  en  escripture  et  scel  (il  était  scellé  de 
deux  sceaux  sur  double  queue  de  cire  rouge)  par  nous  notaires 
royaux  et  auditeurs  au  bailliage  de  Cliaumont  soussignés  et  icelle 
délivrée  par  A'P  Claude  Fojn  procureur  au  bailliage  de  Chaumont 
pour  les  s""^  abbé  et  couvent  de  Saint  Mansuy  à  M"  Claude  Senault, 
élu  pour  le  Roy  en  l'élection  de  Chaumont,  commissaire  des 
francs  fiefs  et  nouveaulx  acquestz.  Ce  jourd'huy  unziesme  de 
febvrier  mil  six  cens  dix.  L'original  rendu  audit  sieur.  (Signé  :) 
Guiot.  A.  Lubin. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Les  Allemands  en  France  et  Vinvasion  du  comté  de  Montbéliard  par 
les  Lorrains  (J387H588),  d'ajm's  des  documents  inédits,  par 
Alexandre  Tdetey.  Paris,  Champion,  iSSS.  2  vol.  in-S",  ii-3G4  et 
401  pages. 

A  la  suite  du  traité  de  Nemours,  conclu  le  7  juillet  1585,  Henri  III, 
devenu  le  chef  nominal  du  parti  des  ligueurs,  dont  Henri  de  Lorraine, 
duc  de  Guise,  surnommé  le  Balafré,  continuait  d'être  le  chef  réel, 
Henri  III  avait  cherché  à  se  rapprocher  de  Henri,  roi  de  Navarre,  et  le 
duc  de  Nevers  avait  éhauché  une  réconciliation  entre  les  deux  rois.  Ce 
fut  sur  ces  entrefaites  que  le  parti  huguenot,  provoqué  par  le  traité  de 
Nemours,  reprit  les  armes.  L'année  1586  fut  remplie  par  ces  négocia- 
tions entre  les  protestants  de  France  et  les  princes  allemands,  que  nous 
connaissons  aujourd'hui  dans  le  plus  grand  détail,  grâce  aux  mémoires 
de  LaHuguerye.  Au  milieu  de  1587,  tandis  que  le  roi  de  Navarre  pas- 
sait la  Garonne,  les  Allemands  s'avancèrent  à  travers  la  Lorraine  pour 
envahir  la  Champagne.  L'objectif  des  deux  armées  était  d'opérer  leur 
jonction  au  centre  de  la  France.  Henri  III  avait  envoyé  Anne,  duc  de 
Joyeuse,  contre  le  roi  de  Navarre,  et  avait  remis  malgré  lui  au  Balafré 
le  commandement  des  forces  opposées  aux  Allemands.  Les  événements 
prirent  alors  une  tournure  toute  contraire  aux  désirs  secrets  du  roi  de 
France.  Joyeuse,  le  favori  le  plus  cher  de  Henri  III,  fut  vaincu  et  tué 
àCoutras  par  le  Béarnais  le  30  octobre  1587.  Guise,  au  contraire,  après 
avoir  laissé  l'ennemi  s'user  par  les  fatigues  d'une  longue  marche,  la 
disette  et  les  maladies,  battit  l'armée  allemande,  d'abord  à  Vimory,  le 
26  octobre  1587,  ensuite  à  Auneau,  près  de  Chartres,  le  21  novembre 
suivant.  Les  bandes  de  cette  armée  d'invasion,  poursuivies  l'épée  dans 
les  reins  par  le  vainqueur,  se  retirèrent  en  désordre  du  coté  de  la 
Franche-Comté  et  se  dispersèrent  sur  les  frontières  de  la  Suisse. 

Le  second  chapitre  du  livre  de  M.  Tuetey,  qui,  selon  nous,  devrait 
être  le  premier,  est  consacré  au  récit  de  cette  campagne  où  le  duc  de 
Guise  se  couvrit  de  gloire.  L'auteur  des  Allemands  en  France  est  par- 
venu à  rectifier  lin  certain  nombre  d'erreurs  géographiques  ou  chrono- 
logiques qui  avaient  échappé  à  ses  devanciers.  Toutefois,  les  résultats 
les  plus  nouveaux  des  laborieuses  recherches  auxquelles  il  s'est  livré  se 


662 

trouvent  consignés  dans  les  chapitres  iii  et  iv,  où  il  raconte  l'invasion 
du  comté  de  Montbéliard  par  les  troupes  du  marquis  de  Pont,  allié  du 
Balafré,  lancées  à  la  poursuite  des  Allemands,  ainsi  que  les  calamités 
de  tout  genre  qui  résultèrent  de  cette  invasion.  Le  tableau,  parfois  un 
peu  minutieux,  de  ces  calamités,  tracé  à  l'aide  des  deux  cent  quatre 
pièces,  la  plupart  inédites,  dont  la  reproduction  intégrale  forme  le  second 
volume  de  M.  Tuetey,  se  recommande  par  la  nouveauté  des  détails  non 
moins  que  par  la  précision  du  dessin  et  la  sobriété  du  coloris  à  l'atten- 
tion de  tous  les  amis  de  l'histoire.  Un  index  chronologique  des  docu- 
ments et  une  excellente  table  analytique  des  matières  facilitent  les 
recherches  du  lecteur  et  complètent  heureusement  cette  consciencieuse 
publication. 

Siméon  Luge. 


Jean  P"",  comte  de  Foix,  vicomte  souverain  de  Béarn^  lieutenant  du 
roi  en  Languedoc.  Étude  historique  sur  le  sud-ouest  de  la  France 
pendant  le  premier  tiers  du  XV^  siècle.,  par  Léon  Flourac.  Paris, 
A.  Picard,  ^1884.  Gr.  in-8*,  vii-314  pages. 

Deux  maîtres  éminents,  profondément  versés  dans  l'histoire  du 
moyen  âge  et  dans  les  études  relatives  au  midi  de  la  France,  M.  Siméon 
Luce,  dans  le  Bulletiyi  du  Comité  des  travaux  historiques,  et  M.  Tamizey 
de  Larroque,  dans  la  Revue  de  Gascogne,  ont  déjà  prodigué  de  justes 
éloges  au  livre  de  M.  Flourac.  C'est  dire  par  quelles  qualités  de  soin, 
de  recherches  et  de  mise  en  œuvre  se  distingue  l'étude  sur  Jean  !«•■. 

Le  comte  de  Foix  a  joué  un  rôle  capital  pendant  cette  triste  période, 
qui  embrasse  la  hn  du  règne  de  Charles  VI  et  les  débuts  du  règne  de 
Charles  VIL  Durant  quelques  années,  ce  fut  presqu'en  souverain  qu'il 
gouverna  une  portion  considérable  du  royaume  de  France.  Le  person- 
nage, en  lui-même,  n'est  guère  sympathique.  C'est  toujours  et  avant 
tout  un  intrigant  et  un  ambitieux,  politique  habile,  ayant  l'art  de 
ménager  à  la  fois  tous  les  partis  et  sachant  surtout  faire  merveilleu- 
sement tourner  à  son  profit  le  concours  qu'il  se  décide,  après  de  longues 
hésitations,  à  prêter  à  la  cause  française.  M.  Flourac  a  parfaitement 
saisi  ce  caractère  et  l'a  jugé  avec  l'impartialité  du  véritable  historien. 
Indépendamment  d'une  traduction  consacrée  à  l'Origine  des  Grailly, 
l'ouvrage  comprend  huit  chapitres  :  I.  Avènement  des  Grailly.  1398-1402  ; 
IL  Jean  de  Grailly,  vicomte  de  Castelbon.  1402-1412;  III.  Avènement  du 
comte  Jean.  Guerres  en  Languedoc.  Armagnacs  et  Bourguignons.  1412- 
1416  ;  IV.  Politique  équivoque  du  comte  Jean  pendant  les  événements  qui 
précèdent  et  suivent  la  conclusion  du  traité  de  Troyes.  1417-1425;  V.  Le 
comte,  lieutenant  général  du  roi  en  Languedoc.  Son  deuxième  mariage. 
Campagnes  contre  les  Anglais  en  France.  1418-1427;  VI.  Pouvoir  absolu 
du  comte  en  Languedoc.  Luttes  contre  les  routiers.  1427-1431  ;  VIL  Der- 


063 

nicres  années  du  comte  Jean.  Son  troisième  mariage.  1430-1436;  "VIII. 
Acquisitions  territoriales  du  comte  Jean.  Procès  de  Bigorre.  A  la  suite  se 
trouvent  des  pièces  justificatives,  au  nombre  do  quarante-deux,  emprun- 
tées pour  la  majeure  partie  aux  archives  des  Basses-Pyrénées.  Est-il 
nécessaire  d'ajouter  que  tous  ces  textes,  patiemment  recueillis,  sont 
édités  avec  tout  le  soin  que  l'on  pouvait  attendre  d'un  élève  de  l'École 
des  chartes  ? 

On  voit,  par  ce  rapide  exposé,  quel  est  rintérêt  du  sujet  traité  par 
M.  Flourac.  Peut-être  la  rédaction  du  travail  a-t-elle  été  un  peu  trop 
rapide.  Il  est  vraiment  dommage  que  l'auteur  ne  se  soit  pas  inspiré  plus 
largement,  pour  son  chapitre  v,  de  l'œuvre  magistrale  de  M.  de  Beau- 
court,  qui  a  mis  pleinement  en  lumière  l'influence  du  comte  Jean  de 
Foix.  Mais  il  y  aurait  mauvaise  grâce  à  insister  à  cet  égard  ;  car 
l'auteur  est  le  premier  à  nous  exprimer  ses  regrets. 

Nous  aurions  souhaité  également  que  l'auteur  se  montrât  moins  sobre 
de  détails  sur  les  personnages  dont  il  cite  les  noms.  De  courtes  notes 
biographiques  ou  généalogiques  auraient  été  fort  utiles.  Rien  de  plus 
obscur  encore  que  l'histoire  d'une  partie  des  grandes  familles  du  Béarn 
et  de  la  Bigorre.  Qu'est-ce,  par  exemple,  que  ce  seigneur  do  Villepinlo 
qui  intervient  (p.  14)  dans  la  tenue  des  états  de  Béarn  ?  Avec  sa  con- 
naissance des  archives  du  Midi,  l'auteur  aurait  pu  certainement  nous 
donner  bien  des  renseignements  nouveaux  et  précieux.  D'ailleurs  la 
rédaction  de  ces  notes  a  pour  l'écrivain  lui-même  un  heureux  résultat. 
En  l'amenant  à  étudier  rapidement,  mais  dans  son  ensemble,  la  vie  d'un 
personnage,  elle  lui  permet  de  mieux  apprécier  la  conduite  de  ce  per- 
sonnage dans  tel  ou  tel  cas,  et  d'éviter  les  erreurs  où  l'on  tombe  parfois 
en  se  servant  d'un  document  isolé.  C'est  ainsi  que  M.  Flourac,  à  propos 
de  l'arrestation  de  Marguerite  de  Comminges,  en  1412,  s'est  montré 
(p.  50)  infiniment  trop  sévère  à  l'égard  de  Gaillard  de  la  Roche,  sei- 
gneur de  Fontenilles,  pour  s'être  borné  à  répéter,  sans  aucun  commen- 
taire, les  accusations  portées  par  l'intrigante  comtesse  Marguerite  contre 
le  chef  de  la  noblesse  du  Comminges. 

Sans  vouloir  nous  arrêter  à  quelques  très  légères  erreurs  do  détail  ou, 
pour  mieux  dire,  à  quelques  fautes  d'impression,  nous  demanderons 
encore  à  formuler  une  observation.  M.  Flourac  nous  parle  (pp.  94-96) 
des  projets  de  mariage  du  comte  Jean  !«'',  après  la  mort  de  sa  première 
femme,  Jeanne  de  Navarre.  Devenu  veuf,  Jean  I"  aurait  voulu  se 
remarier  avec  sa  belle-sœur,  Blanche  de  Navarre.  Il  s'adressa  au  pape 
Martin  V  pour  avoir  les  dispenses  nécessaires.  Le  pape  parut  faire  le 
meilleur  accueil  à  cette  requête,  et  cependant  le  mariage  ne  se  fit  pas. 
L'abbé  Monlezun  '  en  conclut  que  Martin  V  refusa  finalement  d'accorder 
les  dispenses.  M.  Flourac  n'admet  pas  cette  assertion  de  Monlezun,  et, 

1.  Histoire  de  la  Gascogne,  IV,  p.  îiS  (et  non  428). 


664 

partant  de  ce  point  de  départ  que  Martin  V  se  montrait  fort  bien  disposé 
pour  le  comte  Jean  I<='",  il  se  perd  en  conjectures  sans  arriver  à  expli- 
quer la  rupture  du  mariage  projeté.  Il  nous  paraît  au  contraire  évident, 
malgré  M.  Flourac,  que  Monlezun  est  absolument  dans  le  vrai  et  que  la 
dispense  ne  put  être  obtenue.  La  requête  formulée  par  le  comte  de  Foix 
n'est  pas  un  fait  isolé.  On  peut  citer  d'autres  exemples  de  demandes 
semblables,  remontant  à  peu  près  à  la  même  époque  et  émanées  éga- 
lement de  princes  que  le  souverain  pontife  avait  tout  intérêt  à  ména- 
ger. Or,  on  constate  que  ces  demandes  sont  soumises  à  l'examen  d'une 
commission  de  théologiens  et  de  canonistes  et  qu'elles  sont,  après  dis- 
cussion, repoussées  comme  totalement  dissonnantes  de  raison  et  d'usage. 
C'est  ce  qui  se  passa  très  certainement  pour  Jean  de  Foix.  Martin  V 
témoigne  bien,  dans  la  bulle  empruntée  par  M.  Flourac  à  Raynaldi,  son 
désir  de  satisfaire  le  comte  de  Foix,  mais  il  se  borne,  en  somme,  à 
déléguer  l'examen  et  la  solution  de  l'affaire  à  trois  de  ses  cardinaux. 
La  réponse  des  cardinaux,  dictée  par  les  précédents  et  par  la  jurispru- 
dence alors  adoptée,  ne  pouvait  être  naturellement  que  négative  ;  et  le 
pape^  qui  avait  mis  ainsi  sa  responsabilité  personnelle  à  l'abri,  n'eut 
plus  qu'à  s'incliner  devant  une  décision  qui  l'empêchait  d'acquiescer  aux 
vœux  de  Jean  le'. 

Si  nous  avons  insisté  sur  un  point  où  la  sagacité  de  M.  Flourac  nous 
a  paru  être  légèrement  en  défaut,  c'est  que  son  livre  est  réellement  une 
publication  des  plus  importantes  pour  l'histoire  de  nos  provinces  du  Sud- 
Ouest,  publication  destinée  à  être  fréquemment  compulsée  et  citée  par 
quiconque  voudra  désormais  s'occuper  de  cette  même  période.  L'ouvrage 
de  M.  Flourac  est  à  la  fois  un  excellent  début  et  une  promesse  d'avenir. 
L'auteur  a  à  sa  disposition,  dans  les  archives  des  Basses-Pyrénées,  une 
des  plus  riches  mines  de  documents  qui  soit  en  France.  L'étude  sur 
Jean  de  Foix  nous  prouve  que  l'héritage  scientifique  de  notre  savant  et 
regretté  confrère  Paul  Raymond  ne  pouvait  tomber  en  de  meilleures 
mains  et  nous  permet  d'espérer  de  M.  Flourac  de  nouvelles  publications, 
empreintes  du  plus  haut  intérêt. 

Paul  DuRRIEU. 


L.  Duhamel. —  Les  Origines  du  palais  des  papes.  Tours,  Paul  Bousrez. 
In-8°,  78  p.  —  Les  Architectes  du  palais  des  papes.  Avignon, 
Seguin,  1882.  In-8°,  39  p. 

Nous  sommes  bien  en  retard  avec  les  deux  brochures  de  notre  con- 
frère M.  Duhamel.  La  seule  excuse  que  nous  puissions  invoquer,  la 
vraie,  c'est  l'espoir  que  ces  essais  fragmentaires,  sur  un  sujet  fort  inté- 
ressant d'histoire  et  d'archéologie  nationales,  seraient  suivis  à  brève 
échéance  d'une  étude  d'ensemble  qui  les  embrasserait  ou  de  contribu- 
tions ultérieures  à  la  même  matière  qui  les  compléteraient.  Mais  notre 


665 

espoir  n'a  pas  jusqu'à  présent  été  réalisé,  que  nous  sachions;  aussi 
nous  décidons-nous,  si  tard  que  ce  soit,  à  dire  notre  sentiment  sur  le 
contenu  de  ces  deux  opuscules. 

Dans  le  premier,  l'auteur,  à  l'aide  des  documents  d'arcliivos  que  lui 
fournit  le  riche  dépôt  auquel  il  est  préposé,  indique  les  accroissements 
successifs  apportés  par  Jean  XXII  au  palais  des  évêques  d'Avignon,  oii 
ce  pontife  s'était  installé  dès  son  avènement  et  qu'il  habita  jusqu'à  sa 
mort  (1316-1334),  sans  pourtant  l'affecter  définitivement  à  sa  résidence 
et  à  celle  de  ses  successeurs.  C'est  seulement  en  1336  que  Benoît  XII, 
deux  ans  après  son  avènement,  par  un  échange  solennel  intervenu  entre 
lui  et  l'évêque  d'Avignon,  Jean  de  Gojordan,  attribua  régulièrement  aux 
souverains  pontifes  la  propriété  et  la  résidence  de  l'ancien  palais  des 
évêques  d'Avignon.  5  juin  1336,  date  importante  !  Elle  marque  en  effet 
le  point  de  départ  des  constructions  élevées  par  Benoît  XII,  Clément  VI, 
Innocent  VI  et  Urbain  V,  qui  constituent  l'imposante  masse  actuelle 
du  palais  des  papes.  Cette  étude,  où  nous  n'avons  à  signaler  que  de  très 
légères  inadvertances  de  détail^,  serait  une  bonne  introduction  à  la 
monographie  complète  du  palais  des  papes.  Comme  restitution  topogra- 

1.  Plusieurs  d'entre  elles  sont  de  simples  fautes  d'impression,  qui  nuisent  à  la 
lecture,  mais  ne  semblent  pas  imputables  à  l'auleur  :  ainsi,  p.  14, 1.  26,  et  p.  15, 
1.  20,  décembre  1318  au  lieu  de  décembre  1316.  P.  21,  1.  27  :  il  faut  écrire 
Pierre  du  Puy  et  non  Dupuy.  De  Podio  n'est  pas  un  nom  patronymique.  Pierre 
du  Puy  était  un  frère  mineur,  et,  comme  tel,  faisait  suivre  son  prénom  de  reli- 
gion du  nom  de  son  beu  d'origine.  P.  25,  L  4  et  suiv.  :  les  Raynaudi  et  les 
Baynoardij  sont  deux  familles  distinctes.  Le  premier  vocable  doit  être  traduit 
par  Raynaud,  le  second  par  Raynoard.  P.  27,  l.  1  :  l'expression  palatium  papale, 
hospitium  papale,  appliquée  à  la  demeure  de  Jean  XII,  se  trouve  dans  les 
registres  caméraux  dès  1317  (v.  Maurice  Faucon,  les  Arisàla  cour  d'Avignon, 
p.  11).  P.  27,  l.  30  :  ce  n'est  pas  Guillaume  de  Cucuron,  mais  bien  Pierre  de 
Gauviac  qui  construisit  le  palais  de  Sorgues.  P.  28,  1.  19  :  ce  ne  peut  être 
Obreri  qui  dirigea  toutes  les  constructions  de  Clément  VI;  voy.  plus  loin. 
P.  38,  l.  19  :  la  domus  in  qua  tenetur  audientia  n'est  pas  l'officialité,  mais  le 
tribunal  de  la  rote  (voy.  notre  étude  déjà  citée  sur  les  Arts  à  la  cour  d'Avi' 
gnon,  p.  64).  Si  nous  prenons  la  liberté  d'appeler  sur  ces  menus  détails  l'atten- 
tion de  M.  Duhamel,  c'est  dans  l'espoir  qu'il  refondra  ces  essais  dans  une  bonne 
étude  d'ensemble,  d'où  il  ne  tient  qu'à  lui  de  bannir  toute  inexactitude.  Les 
pièces  justificatives  demanderaient  aussi  à  être  revisées  avec  soin.  Je  lis,  p.  59, 
1.  6  :  «  Teslibus  vocatis  dominus  Ademaro  A7nelii  ihesaurarii  dicli  domini 
nostri  papa;...  »  (p.  just.,  xi).  La  pièce  précédente,  x,  porte  :  «  Teslibus...  domi- 
nus Adetnero  Amelii  thesaurario...  »  (p.  58);  la  pièce  suivante,  xii  :  o  Testibus 
dominus  Ademaro  Ah.elii  ihesaurarius...  »  Si  de  telles  fautes  se  trouvent  dans 
le  ms.,  il  conviendrait  de  l'indiquer.  Ne  faut-il  pas  aussi  lire  Aurclii  plutôt 
qa'Amelii  ?  Les  registres  caméraux  de  Jean  XXII  donnent  en  plus  d'un  endroit  le 
premier  de  ces  noms  au  trésorier  du  pape.  Ailleurs,  il  est  appelé  en  provençal 
Orelli. 

44 


666 

phique  et  archéologique,  elle  serait  plus  complète,  plus  utile,  si  l'au- 
teur l'avait  accompagnée,  non  du  plan  du  palais  dans  l'état  actuel, 
mais  de  celui  de  l'habitation  de  Jean  XXII.  Les  vestiges  encore  apparents 
de  Vhospitiiim  de  ce  pape,  l'examen  des  lieux,  les  indications  très  pré- 
cises des  documents  recueiUis  par  M.  Duhamel  auraient  rendu  la  tâche 
aisée. 

Pour  le  sujet  traité  dans  le  second  de  ces  opuscules,  il  semble  que 
l'érudit  archiviste  de  Vaucluse  ait  mis  un  peu  de  précipitation  à  s'en 
emparer.  Tout  au  moins  le  contenu  ne  donne-t-il  pas  tout  ce  que  le 
titre  promet.  Dans  les  Architectes  du  palais  des  papes,  on  s'attend  natu- 
rellement à  trouver  la  série  à  peu  près  régulière  et  complète  des  maîtres 
des  œuvres  successivement  attachés  à  ce  laborieux  édifice,  la  date  de 
leur  entrée  en  fonctions  et  de  leur  sortie,  la  détermination  de  leur  part 
respective  dans  un  ensemble  si  complexe,  le  tout  appuyé  de  pièces 
justificatives  concluantes.  Dans  quelque  temps,  demain  peut-être,  ce 
travail  sera  possible.  Déjà  on  a  exhumé  le  titre  et  les  œuvres  des  archi- 
tectes de  Jean  XXII,  Guillaume  de  Gucuron  et  ses  successeurs  %  ainsi 
que  de  Pierre  Poisson 2,  le  maître  des  œuvres  de  Benoît  XII  ;  déjà  on 
a  prononcé  le  nom,  on  a  établi  l'existence  d'un  Raymond  Guitbaud, 
d'un  Pierre  Obréri,  d'un  Guillaume  Nagagroly,  qui  ont  construit  sous 
Clément  VI,  Innocent  VI  et  Urbain  V.  Des  recherches,  que  nous  pour- 
suivons nous-même,  permettront  sans  doute  sous  peu  de  préciser  la 
tâche  de  ceux-ci  et  d'augmenter  leur  liste.  Mais  une  étude  d'ensemble 
sur  un  sujet  aussi  vaste  est  prématurée,  elle  l'était  plus  encore  il  y  a 
deux  ans,  quand  M.  Duhamel  imprimait  sa  brochure.  Cette  réserve  faite, 
on  trouve  dans  ces  pages  une  partie  originale  et  vraiment  intéressante  ; 
c'est  la  démonstration  irréfutable  de  la  part  considérable  que  prit  Pierre 
Obréri,  avec  le  titre  d'archilathomus  et  de  director  operis  palatii,  aux 
constructions  poursuivies  après  1350.  L'existence  de  ce  vieux  maître, 
affirmée  par  Fantoni  et  acceptée  sur  son  autorité  par  tous  les  histo- 
riens d'Avignon,  était  fort  contestée  en  ces  derniers  temps,  faute  de 
preuves  certaines.  Les  documents  heureusement  recueillis  par  M.  Duha- 
mel ne  permettent  plus  de  la  révoquer  en  doute  et  font  placer  son  décès 
avant  1362.  De  la  date  de  sa  mort  l'auteur  conclut  qu'il  ne  faut  point 
lui  attribuer  la  portion  de  l'édifice  élevée  sous  Urbain  V  ;  cela  est  bien, 
mais,  quand  il  ajoute  qu'il  travailla  entre  1341  et  1362,  qu'il  fut 
employé  surtout  par  Clément  VI  (p.  13),  nous  ne  sommes  plus  de 
son  avis.  Les  registres  caméraux  de  Clément  VI,  que  nous  avons 
dépouillés  aux  archives  du  Vatican,  ne  parlent  pas  de  Pierre  Obréri.  Le 

1.  Gf.  notre  étude  déjà  citée,  dans  les  Mélanges  de  l'École  française  de 
Rome,  1882  et  1884  (tirage  à  part,  Thorin,  1884). 

2.  Eugène  Mùntz,  communication  à  la  Société  des  antiquaires  de  France, 
1882,  et  Bulletin  monumental,  1882;  et  Maurice  Faucon,  loc,  cit. 


667 

maître  des  œuvres  de  Clément  VI  est  Raymond  Guitl»and,  et  le  surin- 
tendant financier,  le  trésorier  (qu'on  a  confondu  à  tort  avec  l'architecte), 
est  Jean  de  Loubicres.  Pierre  Obréri  n'a  travaillé  que  sous  Innocent  VI  '. 
M.  Duhamel  paraît  en  somme  bien  préparé  à  écrire  la  monographie 
du  palais  des  papes,  quand  on  aura  tiré  des  dépôts  de  Rome  et  d'Avi- 
gnon toutes  les  ressources  documentaires  qu'ils  peuvent  présenter  pour 
un  semblable  sujet.  Vivant  dans  une  intimité  de  tous  les  instants  avec 
cet  antique  édifice ,  qu'il  habite  et  où  sont  installées  les  archives  de  Vau- 
cluse,  il  est  en  mesure  de  lui  arracher,  d'obtenir  aussi  des  chartes,  des 
registres  et  des  cartulaires  commis  à  ses  soins,  des  secrets  qui  échappe- 
raient à  tout  autre.  Il  s'est  familiarisé  par  des  études  partielles,  sem- 
blables à  celles  dont  nous  venons  de  parler,  avec  les  personnages  qui 
vécurent,  au  xiv  siècle,  à  la  cour  des  papes  d'Avignon  2.  Nous  souhai- 
tons donc  qu'il  entreprenne  cette  œuvre  :  outre  son  intérêt  intrinsèque, 
elle  contribuera  efficacement  à  la  bonne  conservation,  à  la  réparation 
du  monument,  en  appelant  sur  lui  la  sollicitude  du  gouvernement.  Mais, 
pour  le  succès  et  la  perfection  de  l'œuvre,  il  importe  qu'elle  ne  soit  pas 
entreprise  trop  tôt,  et  que  M.  Duhamel  ne  laisse  ni  à  refaire,  ni  même 

à  glaner  après  lui. 

Maurice  Faucon. 


Les  Normands^  la  chicane  et  la  potence,  d'après  les  dictons  popu- 
laires, par  Emile  Travers.  Caen,  ^884.  In-S". 

Ce  travail  a  été  lu  dans  la  séance  de  la  Société  des  antiquaires  de 
Normandie,  tenue  le  16  décembre  1880,  et  inséré  dans  le  Bulletin  de 
cette  Société  (t.  XI,  p.  281  et  suiv.).  Écrit  avec  goût,  on  le  lit  avec 
plaisir  et  on  regrette  que  l'auteur  ne  lui  ait  pas  donné  plus  d'extension. 
Une  autrefois  il  nous  fera  connaître,  nous  l'espérons,  tous  les  proverbes 
populaires  encore  aujourd'hui  en  usage,  dont  je  commence  par  citer  un, 
en  me  l'appliquant  à  moi-même  : 

Tais  ta  goule, 

Et  bénis  Dieu. 

C.  A.  DE  B. 


1.  Les  pièces  justificatives,  relatives  pour  la  plupart  à  Agnès  de  Beaufort, 
veuve  de  Pierre  Obréri  (sauf  les  trois  premières,  qui  se  rapportent  à  l'échange 
immobiUer  de  Benoit  Xll  et  de  l'évéque  d'Avignon,  i)ubliées  aussi  dans  la  pre- 
mière brochure),  sont  généralement  établies  avec  correction. 

2.  Un  Neveu  de  Jean  XXII,  le  cardinal  Arnaud  de  Via.  —  Une  Ambassade 
à  la  cour  de  Benoit  XII.  —  Le  Tombeau  de  Raymond  de  Beaufort  (Avignon, 
1882  el  1883). 


668 


Documents  relatifs  à  l'histoire  du  Valais,  recueillis  et  publiés  par 
labbé  J.  Gremaud,  professeur  et bijjliotliécaire cantonal  à  Fribourg. 
T.  I-V.  300-^375,  Lausanne,  Georges  Bridel,  'l  875-1 884.  In-S% 
5  vol.  [Mémoires  et  Documents  publiés  par  la  Société  d'histoire  de 
la  Suisse  romande^  t.  XXIX-XXXIII.) 

M.  l'abbé  Gremaud  avait  déjà  donné  les  preuves  de  son  zèle  pour 
l'bistoire  de  la  Suisse  romande  et  surtout  du  Valais,  en  publiant,  en 
18G3,  les  obituaires  de  plusieurs  églises  suisses  et  une  collection  de 
cbartes  relatives  à  l'bistoire  de  la  ville  de  Sioni.  Il  a  voulu  faire  plus 
et  donner  un  recueil  aussi  complet  que  possible  des  cbartes  et  docu- 
ments qui  peuvent  éclairer  l'bistoire  du  canton  du  Valais.  Dix  ans  lui 
ont  suffi  pour  achever  la  première  série  de  cette  collection,  composée 
de  cinq  volumes,  dont  le  dernier  s'arrête  à  l'année  1375.  Le  nombre 
des  documents,  publiés  pour  la  plupart  in  extenso,  est  de  2,200.  Une 
table  alphabétique  des  noms  de  personne  et  de  lieu  est  placée  à  la  tin 
de  chaque  volume;  il  n'y  a  pas  de  table  générale  pour  l'ensemble  de 
l'ouvrage. 

Un  court  avant-propos,  en  tête  du  premier  volume  (tome  XXIX 
des  Mémoires  et  Documents),  indique  les  sources  mises  à  profit  par 
l'auteur.  Ce  sont  principalement  les  divers  dépôts  d'archives  du 
Valais  (non  compris  les  archives  de  l'abbaye  de  Saint-Maurice).  Il 
faut  y  ajouter,  surtout  pour  les  époques  anciennes,  un  assez  grand 
nombre  d'ouvrages  imprimés,  notamment  des  collections  générales 
oii  M.  Gremaud  a  pris  la  peine  de  recueillir  avec  grand  soin  toutes 
les  mentions  qui  pouvaient  intéresser  le  territoire  valaisan.  A  partir 
■du  xni^  siècle,  l'éditeur  a  eu  à  sa  disposition  beaucoup  de  pièces  iné- 
dites, conservées  en  original  ou  copiées  dans  les  cartulaires.  Ce 
recueil  sera  très  utile  à  consulter  et  l'on  doit  savoir  gré  à  M.  l'abbé 
Gremaud  du  travail  auquel  il  s'est  livré  pour  le  former  et  le  donner  au 
public. 

Le  cinquième  volume  (tome  XXXIII  des  Mémoires  et  Documents)  est 
précédé  d'une  introduction,  clairement  écrite  et  bien  ordonnée,  qui 
comprend  un  résumé  de  l'histoire  du  Valais  jusqu'au  xiv^  siècle,  ainsi 
qu'un  tableau  de  l'organisation  du  pays  et  de  ses  diverses  institutions 
ecclésiastiques  et  civiles  au  moyen  âge.  Relevons  en  passant  chez  l'au- 
teur une  tendance  un  peu  exagérée  à  employer  des  mots  latins,  peu  ou 
point  modifiés,  pour  désigner  des  choses  qui  ont  un  nom  en  bon  fran- 

1.  Nécrologes  des  églises  cathédrales  de  Lausanne  et  de  Sion  et  de  l'église 
paroissiale  de  Granges,  suivis  de  chartes  sédmioises  et  d'un  catalogue  des 
évêques  de  Sion,  dans  les  Mémoires  et  Documents  publiés  par  la  Société 
d'histoire  de  ta  Suisse  romande,  t.  XVIII. 


669 

çais.  Il  appelle  le  vidame  do  l'évèque  un  vidomne,  et  son  maire  un 
major.  Il  va  jusqu'à  écrire  (t.  XXXIII,  p.  lxii)  :  «  Le  major  avait 
l'omnimode  juridiction,  haute  et  basse,  dans  la  ville;  il  recevait  les 
clames  ...  et  jouissait  du  mère  et  mixte  impère.  »  Ceci  rappelle  un  peu 
trop  l'écolier  limousin  de  Rabelais. 

Parmi  les  documents  contenus  dans  ces  cinq  volumes,  il  convient 
d'en  distinguer  deux  d'une  nature  particulière,  qui  seraient  un  peu 
comme  perdus  dans  un  recueil  chronologique,  si  on  ne  les  signalait 
spécialement  :  l'un  est  un  obituaire  de  la  cathédrale  de  Sion,  écrit  vers 
1350,  qui  fait  suite  à  celui  que  M.  Grcmaud  avait  publié  en  1863 
(t.  XXX,  p.  567);  l'autre,  un  pouillé  du  diocèse  de  Sion,  vers  1364 
(t.  XXXni,  p.  260). 

Julien  FIavet. 


Les  Corporaiiom  ouvrières  de  Paris  du  XI h  au  XV fW  siècle  ;  his- 
toire, statuts,  armoiries,  d'après  des  documents  originaux  ou 
inédits,  par  Alfred  Frankliîv.  Paris,  F,  Didot,  ^884.  In-4"'.  -I  fr.  le 
fascicule. 

Les  Armoiries  des  corporations  ouvrières  de  Paris,  par  A.  Fraxklin. 
Paris,  -1884.  In-8°  de  32  pages. 

M.  Franklin  a  entrepris  une  vaste  collection  de  monographies  pari- 
siennes des  métiers,  et  l'article  qu'il  a  fait  paraître,  dans  les  Mimoires 
de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris  pour  1883,  sur  les  armoiries  des  cor- 
porations ouvrières,  en  est  en  quelque  sorte  l'introduction  et  en  donne 
le  plan. 

La  véritable  origine  de  ces  armoiries  est  dans  les  méreaux  de  plomb 
à  l'usage  de  la  communauté  et  de  la  confrérie,  frappés  par  tous  les 
métiers  au  xv^  siècle.  Mais  c'est  Louis  XI  qui,  en  confiant  la  garde  de 
Paris  à  ses  habitants,  donna  de  nouveaux  statuts  et  des  armoiries  à 
presque  toutes  les  corporations.  L'ordonnance  de  1467,  dite  des  Ban- 
nières, régularisa  et  consacra  légalement  ces  blasons. 

M.  Franklin  a  vainement  cherché  une  description  de  ces  bannières 
originales,  et  il  faut  se  contenter  de  croire  qu'elles  n'ont  jamais  changé, 
ce  qui  est  du  reste  fort  vraisemblable.  Les  symboles  choisis  primitive- 
ment pour  les  méreaux  durent  être  reproduits  généralement  sur  la  ban- 
nière :  c'est  ainsi  que  plusieurs  corporations  ont  la  même  bannière, 
quitte  à  placer  différemment  les  signes. 

Il  y  eut  soixante  et  une  bannières,  mais  les  deux  dernières  ne  se 
rattachent  pas  à  des  métiers,  ce  sont  celles  des  «  notaires,  bedeaux 
et  autres  praticiens  en  cour  d'église ,  »  puis  des  cours  et  chambres 
supérieures  avec  leurs  membres  dépendants.  L'auteur,  à  ce  propos, 
relève  les  négligences  constantes  et  les  erreurs  de  copie  du  texte  de 


670 

l'ordonnance  de  1467,  donné,  dans  le  tome  XVI  des  Ordonnances  des  rois 
de  France,  par  M.  de  Pastoret,  et  réédite  ce  texte  corrigé. 

Dans  les  paragraphes  suivants  de  la  notice  est  résumée  l'histoire  de 
cette  aristocratie  industrielle  qu'on  appelait  les  Six-Corps;  puis  l'état 
de  la  noblesse  commerçante  et  l'acquisition  forcée  des  lettres  de  noblesse 
sous  Louis  XIV  et  Louis  XV.  Une  liste  alphabétique  des  cent  vingt- 
trois  armoiries  de  corporations  qui  se  trouvent  aux  tomes  XXIU, 
XXIV  et  XXV  de  l'irmonai  général  de  1696,  de  la  Bibliothèque 
nationale,  termine  cette  étude  intéressante. 

Des  notices  spéciales  nous  n'avons  reçu  encore  que  douze  livraisons  : 
Barbiers  et  chirurgiens  (de  robe  courte  et  de  robe  longue  ou  de  Saint- 
Gôme).  —  Couteliers  (fèvres-couteliers,  faiseurs  de  manches,  esmouleurs 
de  grandes  forces).  —  Couvreurs,  plombiers,  ramoneurs.  —  Drapiers 
(tisseurs  et  marchands).  —  Gantiers-parfumeurs.  —  Lingères  (chaneva- 
ciers,  puis  toilières-lingères  et  canevassières).  —  Menuisiers  ébénistes 
(descendants  des  lambrisseurs,  huissiers,  huchiers,  charpentiers  de  la 
grande  et  petite  cognée,  marqueteurs).  —  Passementiers -boutonni ers, 
(d'abord  crépiniers ,  taiers).  —  Perruquiers -coiffeurs  (barbiers,  bai- 
gneurs, étuvistes).  —  Tableticrs  (et  pigniers ,  deiciers).  —  Tailleurs 
(doubletiers,  hoquetonniers,  giponiers,  pourpointiers,  tailleurs  de  robes, 
braaliers,  chaussetiers,  couturiers,  fripiers,  rafreschisseurs,  etc.). 

Ces  fascicules  sont  paginés  séparément  et  dépassent  rarement  douze 
pages.  Une  planche  d'armoiries  en  couleur  les  accompagne  presque 
tous.  Nous  noterons  parmi  les  plus  intéressants  :  les  chirurgiens  et 
barbiers,  et  le  récit  de  leurs  débats  avec  les  méd*3cins  ;  les  lingères  ; 
surtout  les  perruquiers-coiffeurs,  où  Ton  trouvera  réunis  de  nombreux 
détails  sur  les  étuves,  les  bains,  les  perruques,  les  mouches,  et  les 
artistes  célèbres,  comme  le  sieur  Champagne,  un  homme  de  génie  en 
son  genre,  au  dire  de  Tallemant.  Chaque  notice  historique  est  suivie 
du  texte  d'une  partie  des  statuts. 

Cette  publication,  très  soignée  et  qui  sera  considérable,  n'apporte  pas 
de  documents  inédits  sur  la  question.  C'est  une  œuvre  de  vulgarisation 
dont  le  principal  mérite  est  dans  la  réunion  de  ces  documents  en  mono- 
graphies commodes,  claires  et  précises.  On  regrette  qu'elles  soient 
parfois  un  peu  courtes,  car  elles  sont  intéressantes  et  rendront  de  réels 
services.  Une  grande  somme  de  lectures,  des  citations  littéraires  pleines 
d'à  propos  et  spirituellement  rapprochées  les  unes  des  autres,  la  pein- 
ture de  mœurs  prises  sur  le  vif,  un  style  net,  animé,  et  qui  sait  relever 
par  des  traits  piquants  la  sécheresse  et  la  monotonie  de  monographies 
souvent  analogues,  telles  sont  les  qualités  que  l'on  remarque  dans 
ces  études  et  qui  nous  en  font  souhaiter  vivement  la  continuation 
rapide. 

H.   DE  CURZON. 


674 

Excursion  de  la  Société  française  d'archéologie  à  Vile  de  Jersey^  par 
le  comte  de  Marsy  et  Emile  Travers.  Tours,  Bousrcz,  4884.  Pet. 
ln-8°.  (Extrait  du  Bulletin  monumental.) 

Ce  tirage  à  part,  formant  une  brochure  de  cent  vingt  pages,  constitue 
le  meilleur  guide  qu'un  archéologue  puisse  désirer  dans  une  visite  à 
l'île  de  Jersey. 

Sous  une  forme  très  concise  et  très  substantielle,  les  moindres  monu- 
ments de  ce  petit  territoire  y  sont  décrits  par  une  plume  absolument 
compétente,  et  leur  histoire  résumée  d'après  les  ^sources  les  plus  auto- 
risées et  souvent  d'après  des  renseignements  tirés  des  archives  de  l'ile. 
De  nombreuses  notes  bibliographiques  permettent  d'ailleurs  le  contrôle 
et  fournissent  un  précieux  secours  pour  une  étude  plus  approfondie. 

Les  auteurs  se  reportent  souvent  à  la  coutume  de  Normandie,  encore 
en  vigueur  à  Jersey,  et  font  ressortir  l'intérêt  que  peut  avoir  pour  les 
recherches  sur  le  passé  de  cette  province  une  population  restée  fidèle  à 
la  législation  du  moyen  âge.  Ce  point  de  vue  avait  été  indiqué  déjà  dans 
les  ouvrages  de  MM.  Léopold  Delisle  et  Julien  Havet,  auxquels  le  lecteur 
est  renvoyé  fréquemment.  La  revue  des  monuments  fournit  l'occasion  de 
citer  de  nombreux  exemples  de  l'esprit  conservateur  que  la  domination 
anglaise  a  sans  doute  inculqué  aux  Jersiais  et  qui  s'étend,  comme  en 
Angleterre,  aux  moindres  formalités  et  cérémonies  civiles  ou  judiciaires. 
Enfin,  un  certain  nombre  de  rectifications  à  des  erreurs  ayant  cours  dans 
les  ouvrages  mis  à  la  disposition  des  touristes  en  complètent  la  valeur, 
soit  pour  le  voyageur  instruit,  soit  pour  le  chercheur  désireux  d'entre- 
prendre l'étude  de  cette  image  réduite  de  l'ancienne  Normandie. 

M'S  DE  MONCLAR. 

Les  Manuscrits  et  la  Miniature,  par  A.  Lecoy  de  la  Marche.  Paris, 

A.  Quantin,  [4884.]  111-8°,  357  pages. 

Tous  les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  VÉcole  des  chartes  trouveront 
intérêt  et  profit  à  lire  l'élégant  volume  que  vient  de  publier  notre  con- 
frère. Le  titre  éveille  suffisamment  la  curiosité,  et  ce  qu'il  promet  se 
trouve  en  bon  ordre  dans  huit  chapitres,  dont  les  rubriques  donnent 
l'idée  la  plus  juste  du  plan  suivi  par  l'auteur  :  I.  Les  instruments  de 
l'écriture.  —  IL  L'écriture.  —  IIL  Les  écrivains.  —  IV.  De  la  minia- 
ture en  général  et  particulièrement  en  France.  Phase  hiératique.  — 
V.  La  miniature  en  France.  Phase  naturaliste.  —  VI.  La  miniature 
dans  les  pays  étrangers.  —  VIL  Les  enlumineurs  et  leurs  procédés.  — 
VIII.  La  reUure. 

Dans  ces  huit  chapitres,  M.  Lecoy  de  la  Marche  a  exposé  avec  autant 
d'exactitude  que  d'agrément  tout  ce  qui  touche  à  la  copie,  à  la  décora- 
tion et  à  la  reliure  des  livres  pendant  le  moyen  âge.  Dans  les  limites 


672 

matérielles  qui  lui  étaient  imposées,  M.  Lecoy  de  la  Marche  ne  pouvait 
pas  avoir  la  prétention  de  traiter  à  fond  et  de  première  main  toutes  les 
parties  du  vaste  sujet  qu'il  avait  à  parcourir.  Mais,  non  content  de  résumer 
avec  intelligence  et  de  grouper  avec  habileté  les  principaux  renseigne- 
ments qui  ont  été  publiés  en  France  sur  la  paléographie,  la  miniature 
et  l'histoire  des  livres  du  moyen  âge,  il  y  a  ajouté'cà  et  là  des  observa- 
tions personnelles  qui  font  honneur  à  son  goût.  Aussi,  tout  dépourvu 
qu'il  est  de  l'appareil  extérieur  des  livres  d'érudition,  le  petit  volume 
que  nous  annonçons  doit  trouver  place  dans  les  bibliothèques  consacrées 
à  la  paléographie  savante.  Pour  ne  citer  qu'un  exemple,  les  pages  rela- 
tives aux  lettres  historiées  des  chartes  du  xiv«  et  du  xv  siècle,  combi- 
nées avec  un  article  sur  le  même  sujet  qu'a  récemment  publié  notre 
confrère  M.  Dupont  ^,  comblent  une  lacune  de  nos  anciens  traités  de 
paléographie  et  de  diplomatique. 

En  deux  mots,  le  volume  de  M.  Lecoy  de  la  Marche  est  à  la  fois  une 
œuvre  utile  de  vulgarisation  et,  nous  l'espérons ,  le  programme  de 
recherches  originales. 

Les  gravures,  au  nombre  de  107,  qui  ornent  le  volume,  méritent 
d'être  mentionnées.  L'exactitude  en  est  généralement  satisfaisante; 
beaucoup  ont  été  prises  directement  sur  des  manuscrits  célèbres,  et 
l'auteur  les  a  choisies,  autant  que  possible,  de  façon  à  ne  pas  faire 
double  emploi  avec  des  reproductions  déjà  connues. 

L.  Delisle. 

Die  Handschriften  der  herzoglichen  Bihliothek  zu  Wolfenbûttel,  be- 
schrieben  von  D""  Otto  vo>f  Hel\emann.  Erste  Abtheilung.  Die 
Helmstedter  Handschriften.  1.  Wolfenbûttel,  ^884.  Gr.  in-S",  xii- 
38^  pages,  avec  planches. 

Dans  ce  volume,  le  D""  Otto  von  Heinemann  a  donné  la  notice 
exacte  et  détaillée  de  540  manuscrits  du  fonds  de  Helmstedt,  dont  beau- 
coup se  rapportent  au  xvi^  siècle,  mais  dont  plusieurs  se  recommandent 
par  l'ancienneté  de  la  transcription  et  par  l'importance  des  textes  qui  y 
sont  contenus.  Les  plus  remarquables  ont  fourni  la  matière  d'assez  bons 
fac-similés,  d'après  lesquels  on  se  fait  une  juste  idée  de  l'écriture  et 
des  ornements.  En  annonçant  le  commencement  d'une  publication  qui 
fera  honneur  à  la  bibliothèque  de  Wolfenbûttel  et  au  D""  Otto  von 
Heinemann,  nous  devons  signaler,  dans  le  premier  volume,  plusieurs 
articles  qui  offrent  un  intérêt  particulier  pour  la  France. 

P.  190,  notice  245,  ms.  213  de  Helmstedt.  Copie  faite  en  1473  d'un 
traité  intitulé  :  «  Pétri  de  Ciperia,  Lemonicensis  (lisez  :  Lemovicensis) 

1.  Notices  et  Documents  publiés  par  la  Société  de  l'histoire  de  France  à 
l'occasion  du  cinquantième  anniversaire  de  sa  fondation.  Paris,  1884.  Iii-8°. 


(573 

diocesis,  tractatus  moralis  de  oculo.  »  Voyez  Histoire  littéraire  de  la 
France,  t.  XXV,  p.  194-196. 

P.  250,  notice  338,  ms.  304  de  Helmstedt.  «  Johannis  Joffridi  de 
Luxovio  (et  non  pas  Luxonio),  decani  de  Vergeio,  referendarii  pape  et 
oratoris  ducis  Burgundie,  ordinis  Cluniacensis,  orationos,  nimirum  : 

a)  fol.  311-316.  Pro  gloria  principis  Philippi  ducis  Purguudie,  oratio, 
habita  Rome  1448. 

b)  fol.  316-339.  Orationes  quatuor  ad  Alfonsum  V,  Portugallie  regem, 
habite  Elbore,  annis  1449,  1459,  1453,  1450.  » 

On  connaît  le  travail  de  M.  Gh.  Fierville  sur  l'auteur  de  ces  discours  : 
le  Cardinal  Jean  Jonffroy  et  son  temps  (1412-1473).  Étude  historique. 
Coutances,  1874,  in-S». 

P.  261,  notice  347,  ms.  313  de  Helmstedt.  Copie  faite  en  1437  d'un 
traité  à  la  fin  duquel  est  cette  souscription  :  «  Hoc  compendium  contra 
impugnatores  exemptionum  fecit  Jacobus,  abbas  Karoli  Loci,  ordinis 
Cisterciensis,  diocesis  Silvanectensis  (non  Silvavcctensis),  in  Vienna, 
tempore  conciUi  generalis  ibidem  celebrati,  que  est  in  partibus  Gallia- 
rum,  et  pertinet  ad  monasterum  Mellicense  in  Austria,  Pataviensis 
diocesis,  »  —  C'est  le  traité  de  Jacques  de  Thermes,  mentionné  dans  le 
Gallia  christiana,  t.  X,  col.  1511. 

P.  262,  notice  349,  ms.  315  de  Helmstedt.  Copie  faite  au  xv«  siècle 
du  Directorium  de  Nicolas  Eymeric  et  de  divers  documents  relatifs  à 
l'inquisition,  notamment  des  suivants  : 

«  Guidonis  Fulcodii  super  inquisitione  hereticorum  facienda  consilia, 
commissa  Fratribus  Predicatoribus. 

«  Consilium  Guidonis  Fulcodi,  qui  fuit  Glemens  IV,  de  quibusdam 
dubitabilibus  in  negotio  inquisitionis. 

«  Consilium  peritorum  Avinioncnsium  quo  declaratur  qui  dicantur 
Credcntcs  (contra  Waldenses). 

«  Consilium  peritorum  super  quibusdam  dubitabilibus  prepositis  et 
absolutis. 

«  Consilium  domini  Viennensis,  apostolice  sedis  legati,  quo  très  con- 
sultationes  solvuntur. 

«  Consilium  Narbonensis,  Arelatensis  et  Aqucnsis  archiepiscoporum 
et  aliorum  prelatorum. 

«  Ordinatio  Albancnsis  episcopi  in  negotio  inquisitionis. 

«  Consilium  concilii  provincialis  Bituricencis,  qualitcr  sit  in  toto 
inquisitionis  negotio  proccdendum,  d.  d.  Biturici  12'i6,  aprilis  19. 

«  Citatio  universaLs  in  aliquo  Castro  vel  villa. 

«  Statuta  in  concilio  apud  Tholosam  promulgata  per  dom.  Roma- 
num,  Sancti  Angeli  diaconum  cardinalem,  apostolice  sedis  legalum, 
anno  Domini  M"  CC»  XIX",  mense  novcmbris.  » 

P.  301,  notice  411,  ms.  376  de  Helmstedt.  Ms.  du  xv*  siècle,  dans 


674 

lequel  on  trouve,  avec  divers  écrits  de  Gerson,  plusieurs  documents 
importants  pour  l'histoire  du  règne  de  Charles  VII. 

«  Dialogus  familiaris  amici  et  sodalis  super  deploratione  gallicecala- 
mitatis.  Basilee,  1441. 

«  Christianissimi  régis  Francorum  ad  Gesaream  majestatem  et  ad 
Bohemos  epistola.  Quanquam  in  fidei  causa. 

«  Ejusdem  epistola  ad  Romanorum  regem  deprecativa  pro  succursu, 
et  pulchra  valde.  Tuum  serenissime  César. 

«  Oratio  habita  a  legatione  régis  Francie  (Caroli',VII)  coram  impera- 
tore  (Friderico  III). 

«  Exhortatio  ad'pacem  principibus  et  populo  Gallie  dicata. 

«  Pianctus  de  bellis  civilibus  Francorum. 

Francigene  magni  gens  fortis  et  inclita  bello 
Ut  placata  Dei  tribuat  miseratio  pacem. 

«  Anonymi  epistola  ad  pacem  exhortans.  » 

P.  335,  notice  464,  ms.  429  de  Helmstedt.  Recueil  de  traités  de 
médecine,  copiés  au  xv«  siècle,  et  dont  deux  sont  indiqués  par  des  titres 
ou  souscriptions  ainsi  conçus  : 

«  Explicit  scriptum  Geraldi  de  Solo,  magistri  Montis  Pesulani,  super 
nonum  Almansoris,  completum  per  me  Albertum  anno  incarnationis 
Domini  M"  GCGG»  LXXX,  feria  quarta  post  festum  beati  Viti,  in  lau- 
datione  studio  (sic)  medicine  Montis  Pesulani. 

0  Incipiunt  canones  supra  primam  quarti  de  febribus  Avicenne,  seu 
tractatus  compilatus  per  eximium  doctorem  medicine  magistrum  Bern- 
hardum  Albert!,  decanum  studii  facultatis  medicine  Montis  in...  » 

P.  347,  notice  479,  ms.  444  de  Helmstedt.  Ms.  du  w"  siècle  conte- 
nant divers  traités  de  médecine,  notamment  des  ouvrages  de  Bernard 
de  Gordon,  parmi  lesquels  on  remarque  les  suivants  : 

«  M.  Bernardi  de  Gordonio  tractatus  de  fleubotomia...  Inchoatus  est 
iste  liber  in  preclaro  studio  Montis  Pessulani,  anno  incarnationis  Domini 
1307,  die  22  februarii,  luna  célébrante  synodum  cum  sole  versus  7  gra- 
dum  piscium. 

«  Questio  disputata  a  magistro  Bernardo  de  Gordonio  in  preclaro 
studio  Montis  Pessulani. 

«  Ejusdem  (Bernardi)  tractatus  de  gradibus  vel  de  scientia  graduandi, 
ordinatus  ab  auctore,  decano  medicorum,  in  almo  studio  Montis  Pessu- 
lani, anno  Domini  M"  CGGC"  111°.  » 

P.  364,  notice  502,  ms.  468  de  Helmstedt.  Exemplaire  de  l'ouvrage 
de  Lambert  d'Ardre,  copié  en  1586  et  ayant  figuré  dans  les  biblio- 
thèques de  Foucault  et  de  Ludewig. 

Ces  exemples  suffisent  pour  montrer  la  variété  et  l'intérêt  des  manus- 
crits que  nous  fait  passer  en  revue  le  D^  Otto  von  Heinemann.  Faisons 


675 

des  vœux  pour  la  continuation  d'un  catalogue  qui  rendra  de  grands 
services  aux  études  historiques  et  littéraires. 

L.  Delisle. 


Sur  la  Versification  anglo-normande,  par  .lehan  Visi\g,  docteur 
es  lettres,  professeur  agrégé  à  l'Université  d'Upsala.  Upsala, 
R.  Almqvist  et  J.  Wiksell,  -1884.  In-8°,  91  p. 

On  sait  combien  les  manuscrits  qui  nous  ont  conservé  les  œuvres  de 
la  littérature  anglo-normande  paraissent  souvent  corrompus  et  incor- 
rects ;  si  la  grammaire  et  la  phonétique  y  sont  également  maltraitées, 
les  règles  de  la  versification  n'y  sont  pas  mieux  observées,  et  môme, 
pour  certains  poèmes,  il  existe  une  proportion  de  vers  faux  véritable- 
ment étonnante.  Frappés  de  ce  dernier  fait,  quelques  savants  ont  émis 
diverses  hypothèses.  D'après  MM.  Suchier  et  Koch,  il  faudrait  y  voir 
l'influence  de  la  versification  de  l'ancien  anglais  :  des  poètes  anglo- 
normands  auraient  employé  concurremment  et  dans  une  proportion 
incertaine  un  vers  rythmique,  à  l'imitation  du  vers  d'origine  germa- 
nique, et  le  vers  français  basé  sur  un  syllabisme  rigoureux.  Pour  le 
poème  de  Josaphaz,  par  exemple,  tel  vers  se  scanderait  en  comptant 
quatre  temps  forts  avec  un  nombre  variable  de  temps  faibles,  tandis  que 
le  suivant  serait  le  vers  de  huit  syllabes,  si  souvent  employé  dans  la 
poésie  narrative  de  l'ancien  français.  Assurément  M.  Yising  a  raison 
de  qualifier  de  monstrueux  un  poème  dont  la  versification  obéirait  à  des 
lois  aussi  contradictoires  ;  cependant  il  croit  devoir  discuter  cette  ques- 
tion en  détail  et  il  étudie  longuement  les  rapports  qui  ont  pu  exister 
entre  les  poètes  anglo-normands  et  les  populations  de  race  anglaise  et 
parlant  anglais.  Cette  discussion,  pour  laquelle  l'auteur  a  réuni  une 
foule  de  faits  curieux,  est  assez  peu  probante  ;  elle  nous  laisserait  bien 
des  doutes,  si  l'hypothèse  en  question  ne  nous  semblait  d'abord  invrai- 
semblable et  si  l'on  pouvait  admettre  qu'un  poète  du  moyen  Age  ait  eu 
l'idée  d'appliquer  à  la  versification  française  des  règles  aussi  contraires 
au  génie  de  cette  langue,  et  surtout  quïl  ait  trouvé  un  public  pour 
comprendre  cette  tentative  bizarre. 

M.  Rose  a  émis,  au  sujet  de  l'incorroction  des  poésies  anglo-nor- 
mandes, une  autre  opinion,  qui  contient  une  grande  part  de  vérité  : 
pour  lui,  les  fautes  de  versification,  qu'on  rencontre  si  fréquem- 
ment dans  les  manuscrits  copiés  en  Angleterre,  doivent  être  imputées 
aux  seuls  copistes,  et  un  éditeur  soigneux  doit  chercher  à  les  corriger. 
M.  Vising,  tout  on  reconnaissant  la  négligence  et  l'ignorance  des 
scribes  anglais,  fait  au  système  de  M.  Rose  une  objection  qui  lui  ôte 
beaucoup  de  sa  valeur,  du  moins  dans  ce  qu'il  a  d'absolu  :  il  ne  faut 
pas  toujours  attribuer  aux  copistes  les  fautes  des  manuscrits  anglo-nor- 
mands, car  il  existe  un  assez  grand  nombre  de  manuscrits  renfermant 


676 

plusieurs  ouvrages  copiés  par  un  même  scribe,  etoiirun  de  ces  poèmes 
est  transcrit  d'une  façon  presque  toujours  correcte,  tandis  que  le  second 
est  plein  de  fautes;  le  scribe  qui  a  bien  copié  le  premier  poème  ne  peut 
alors  être  rendu  responsable  des  fautes  du  suivant,  au  moins  dans  cer- 
tains cas. 

Il  faut  donc  attribuer  simplement  l'incorrection  de  certaines  poésies 
anglo-normandes  à  l'ignorance  des  poètes.  Depuis  le  xni<'  siècle,  le  fran- 
çais transporté  en  Angleterre  par  les  conquérants  normands  était  peu 
à  peu  oublié  ;  des  hésitations  sur  le  nombre  de  syllabes  dans  certains 
mots  commencèrent  à  altérer  la  métrique  ;  les  écrivains  eurent  eux- 
mêmes  bientôt  conscience  de  leur  connaissance  imparfaite  de  l'idiome 
qu'ils  employaient  et  ne  tardèrent  pas  à  avoir  une  grande  insouciance 
de  la  régularité  de  leur  mètre.  Telle  est  l'opinion  souvent  exprimée  par 
MM.  Paulin  Paris,  Gaston  Paris  et  Paul  Meyer,  à  laquelle  M.  Vising 
se  rallie  et  qu'il  appelle  la  théorie  des  savants  français.  «  On  y  recon- 
naît, ajoute-t-il,  le  pratique  esprit  français,  opposé  au  caractère  théori- 
sant des  Allemands.  » 

J.  GouRAYE  DU  Parc. 


LIVRES    NOUVEAUX. 


SOMMAIRE  DES  MATIERES. 

Sciences  auxiliaires.  —  Paléographie,  464,  472,  565.  —  Bibliogra- 
phie :  manuscrits,  505,  519,  534,  536,  546;  imprimés,  521. 

Sources.  —  Ghroniques,  historiens,  532,  553,  563.  —  Archives,  508, 
509,  530,  533  ;  documents,  512,  558,  559,  569. 

BiOGRAPmE  ET  GÉNÉALOGIE.  —  Ardoiuo,  492;  Autheville,  504;  Bar, 
514;  Barol,  500;  Benzone,  547;  Boniface  VUI,  559;  Corneille,  569 
Du  MouUn,  553;  Flavigny,  503;  Innocent  IV,  558;  à  Kempis,  564 
Latini,  566;  La  Tremblaye,  550;  Libri,  534;  Montfort,  476;  Puget 
551;  Sigismond,  538;  Umiltà,  520;  Visconti,  527;  saint  Yves,  482. 

géograpme,  topographie,  467,  498,  515. 

Droit,  477,  480,  485,  491,  499,  555, 

Institutions  féodales,  473,  562,  571;  monarchiques,  470;  munici- 
pales, 486,  539,  541,  554;  représentatives,  476,  481;  scolaires,  497,  543. 

Religions.  —  Judaïsme,  490.  —  Catholicisme,  564  ;  droit  canonique, 


677 

477;  liturgie,  505;  prédication,  520;  papauté,  ^i65,  487,  532,  558,  559; 
diocèses,  467,  468,  547;  paroisses,  églises,  516,  567;  ordres,  497,510,548; 
monastères,  516.  —  Autres  cultes  chrétiens,  409,  474,  568. 

Archéologie.  —  Architecture,  550,  560,  570;  édiBces  civils  et  mili- 
taires, 487,  506,  518,  522,  543,  552;  édifices  religieux,  471,  475,  479, 
495,  496,  502,  542,  567.  —  Sculpture,  550,  551.  —  Peinture,  475,  501,  . 
505.  —  Mobilier,  étoffes,  489,  535.  —  Blason,  513,  531,  537.  —  Numis- 
matique, 469. 

Lajsgues  et  littératures,  484.  —  Latin,  482,  520,  564.  —  Langues 
romanes  :  français,  557,  566;  italien,  488,  556.  —  Langues  germaines, 
524,  545. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  478,  528,  538.  —  Alsace-Lorraine,  467.  —  Brunswick, 
519.  —  Prusse,  467,  531,  563. 

Autriche-Hongrie.  —  Hongrie,  533. 

Belgique,  467. 

France,  469,  476,  478,  557.  —  Anjou,  523;  Berry,  493;  Bretagne, 
482,  493,  525;  Languedoc,  497,  504;  Provence,  497.  —  Aisne,  503; 
Allier,  495;  Hautes- Alpes,  518;  Ardèche,  504,  567;  Ardonnes,  467; 
Calvados,  475;  Drôme,  507;  Eure,  552,  553;  Eure-et-Loir,  483;  Gard, 
516;  Haute-Garonne,  497;  Gironde,  468;  Indre-et-Loire,  471;  Loir-et- 
Cher,  542;  Loire,  466;  Loiret,  521,  534,  543,555;  Lot-et-Garonne,  526; 
Manche,  540;  Mayenne,  474,  522;  Meurthe-et-Moselle,  467;  Meuse, 
467,  505,  514;  Nièvre,  517;  Nord,  508;  Pas-de-Calais,  480,  489,  535; 
Rhône,  465;  Haute-Saône,  509;  Saône-et-Loire,  571;  Sarlhe,  529; 
Savoie,  537  ;  Haute-Savoie,  549;  Seine,  502;  Seine-et-Oise,  476;  Deux- 
Sèvres,  479;  Vaucluse,  487,  494,  506;  Vienne,  570  ;  Haute- Vienne,  498, 
530;  Vosges,  513. 

Grande-Bretagne,  476. 

Italie,  470,  485,  486,  492.—  Emilie,  520;  Lombardie,  490,  491,  527, 
554;  Ombrie,  512;  Piémont,  481,  500,  544,  547;  provinces  napolitaines, 
562;  Rome,  465,  532,  558,  559;  Sicile,  484,  515;  Toscane,  511,  536; 
Vénétie,  473,  488,  499,  538,  539,  541. 

Luxembourg,  467. 

Russie,  565. 

Suisse,  561. 

Turquie,  510. 

464.  Andreoli  (E.).  La  Scrittura,  sua  storia  dai  gerogliûci  ai  nostri 


678 

di.  Studii  comparativi  con  fac-simili  specialmente  dei  caratteri  latini  o 
romani.  Milano,  tip.  Galli  e  Raimondi.  In-4o,  66  p.,  24  pi.  15  1. 

465.  Annuaire  de  la  faculté  des  lettres  de  Lyon.  Deuxième  année. 
Fascicule  I.  Histoire  et  géographie.  Paris,  Ernest  Leroux,  1884.  In-S", 
xvi-200  p.  (Contient,  entre  autres  articles  :  G.  Bayet,  la  fausse  donation 
de  Constantin,  examen  de  quelques  théories  récentes  ;  L.  Clédat,  Lyon 
au  commencement  du  xv^  siècle,  1416-1420,  d'après  les  registres  con- 
sulaires.) 

466.  Antoine.  Histoire  de  Forez.  Saint-Étienne,  Chevalier.  In- 16, 
245  p. 

467.  Archidiaconatus,  tituli  S.  Agathes,  in  Longuiono,  archidiocesis 
Trevirensis,  in  novem  decanatus,  nimirum  in  Arlunensem,  Basellen- 
sem,  Ivodiensera,  Juvigniensem,  Kyllburgensem  aut  Birburgensem, 
Longuionensem ,  Lutzemburgensem ,  Merschensem  et  Remigensem 
divisi,  Descriptio,  quam  ex  codicibus  mss.  sseculi  xvi.  primus  eruit, 
animadversionibus  illustravitet  indicibus  auxit  Joannes  W.  Heydinger. 
Superiorum  permissu.  Augustae  Trevirorum,  Ed.  Groppe,  1884.  In-8°, 
xvin-456  p.  6  m. 

468.  Archives  historiques  du  département  de  la  Gironde.  Tome  XXH. 
Comptes  de  l'archevêché  de  Bordeaux  (suite).  Bordeaux,  impr.  Gou- 
nouilhou.  In-4o,  889  p. 

469.  Arnaud  (E.).  Deux  médailles  de  la  Saint-Barthélémy.  Genève, 
impr.  J.-G.  Fick;  Paris,  Grassart,  1884.  Contenant  la  réimpression  de  : 
Figure  et  Exposition  des  pourtraictz  et  dictons  contenuz  es  médailles 
de  la  conspiration  des  rebelles  en  France,  etc.,  par  Nie.  Favyer  (Paris, 
1572).  In-8o,  8  p. 

470.  Bacci  (G.).  La  Corona  di  ferro.  Paginette  di  storia  patria.  Fer- 
rara,  tip.  Sociale.  In-16,  31  p.  30  c. 

471.  Barbier  de  Montault  (Mgr).  L'Appareil  de  lumière  de  la  cathé- 
drale de  Tours.  Tours,  impr.  Bousrez.  In-8%  213  p. 

472.  Barbieri  (0.).  Genni  intorno  ail'  origine  délia  scrittura  alfabetica. 
Bologna,  Zanichelli.  In-16,  64  p.  80  c. 

473.  Barisoni  (Antonio),  vicario  di  Giorgio  Contarini,  luogotenente 
di  Udine  per  la  repubblica  di  Venezia  (2  maggio  1635).  Scrittura  sui 
feudi  del  Friuli,  pubblicata  da  G.  B.  Zampironi.  Rovigo,  Minelli.  Per 
nozze.Serravalle-De  Gamin. 

474.  Bastard  d'Estang  (le  vicomte  de).  Une  Lettre  sur  la  bataille  de 
Craon,  le  23  mai  1592.  Fragment  pour  servira  l'histoire  des  guerres 
de  religion,  Mamers,  impr.  Fleury  et  Dangin.  In-S",  32  p.  Extrait  de 
la  Revue  historique  et  archéologique  du  Maine,  t.  XIV,  1883. 

475.  Beaurepaire  (Eugène  de).  Les  Fresques  de  Saint-Michel-de- 
Vaucelles.  Gaen,  impr.  Le  Blanc-Hardel.  In-8°,  32  p.,  3  planches. 


679 

47o.  Bémont  (Charles).  Simon  doMontfort,  comte  de  Leicester,  sa  vie 
(120?-1265),  son  rôle  politique  en  France  et  en  Angleterre.  Paris,  Picard, 
1884.  Gr.  in-8°,  xxvir-391  p. 

477.  Bennegke  (Hans).  Die  strafrechtliche  Lehre  vom  Eliebruch  in 
ihrer  historisch-dogmatischen  Entwickelung.  I.  Abtheilung  :  Das 
rœmische,  canonische  und  das  deutsche  Recht  bis  zur  Mitte  des 
XV.  Jahrhunderts.  Marburg,  N.  G.  Elwert,  1884.  Iu-8',  x-147  p.  3  m. 

478.  BergengrIin  (Alexandcr).  Die  politischen  Beziehungon  Deutsch- 
lands  zu  Frankreich  wahrend  der  Regierung  Adolfs  von  Nassau. 
Strassburg,  Karl  J.  Trùbner,  1884.  In-8°,  114  p.  2  m.  50  pf. 

479.  Berthelé  (J.).  Architecture  mérovingienne.  La  date  de  la  crypte 
de  Saint-Léger  à  Saint-Maixent  (Deux-Sèvros).  Tours,  impr.  Bousrez. 
In-8",  28  p.,  dessin.  Extrait  du  Bulletin  monumental,  n°^  1  et  2,  1884. 

480.  Bled  (l'abbé  0.).  Le  Zoene  ou  la  Composition  pour  homicide  à 
Saint-Omer  jusqu'au  xvii"  siècle.  Saint-Omer,  impr.  d'Homont.  In-8°, 
203  p.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de  la  Morinie, 
t.  XIX. 

481.  BoLLATi  Di  Saint-Pierre  (E.).  Le  Congregazioni  deitrestati  délia 
Valle  d'Aosta.  Tomo  IV  e  ultimo.  Torrino ,  ditta  G.  B.  Paravia  di 
I.  Vigliardi.  In-8%  xv-568  p.  Extrait  des  Ilistoriae  patriae  Monumenta, 
t.  XIV  et  XV. 

482.  Bonnejoy  (D''  E.).  Vie  de  saint  Yves,  tirée  d'un  manuscrit  sur 
vélin  du  xiv'  siècle,  appartenant  au  D""  Bonnejoy.  Avec  l'ac-similé  hélio- 
graphique du  manuscrit.  Saint-Brieuc,  L.  Prud'homme,  1884.  In-8% 
71  pages. 

483.  Bordas  (l'abbé).  Histoire  sommaire  du  Dunois,  de  ses  comtes  et 
de  sa  capitale.  Publiée  par  la  Société  dunoise,  avec  un  plan  de  la  ville 
et  des  faubourgs  de  Châteauduu  avant  l'incendie  de  1723,  et  une  carte 
de  l'ancien  pays  et  comté  de  Dunois.  Châteauduu,  Pouillé  et  Dieudonné. 
In-8o,  2  vol.,  Lxm-41 1,377  p. 

484.  Bozzo  (Stefano  Vittorio).  Gli  Studii  classici  in  Sicilia  dal  secolo 
XIV  alla  meta  del  xix.  Discorso  inaugurale  per  l'anno  scolastico  1883- 
84,  letto  nel  liceo  «  Francesco  Paolo  Perez  »  il  18  novembre  1883. 
Palermo,  tip.  Lao.  In-S",  xxxni  p. 

485.  Gauzzo  (comm.  Fr.  Sav.).  L'Umanismo  délia  dottrina  pénale 
italiana  dall'  avvenimento  del  regno  longobardo  fino  al  sec.  x.  Lottura. 
Palermo,  tip.  del  Giornale  di  Sicilia.  In-4o,  32  p. 

486.  Calenda  di  Tavani  (A.).  I  Patrizii  nell'  antico  governo  del 
comune.  Rocca  San  Casciano,  tip.  Cappelli.  In-4°.  Extrait  du  Giornale 
araldico.  Ne  se  vend  pas. 

487.  G.4,NR0N  (Augustin).  Le  Palais  des  papes  à  Avignon.  Notice  bis- 


680 

torique  et  archéologique.  3«  édition,   revue,  modifiée   et  augmentée. 
Avignon,  Aubanel.  In-12,  56  p. 

488.  Canzone  popolare  contemporanea  sulle  guerre  dei  Tedesclii  in 
Friuli  nel  1569,  pubblicata  da  Yincenzo  Joppi  per  nozze  Serravale-De 
Conci.  Udine,  tip.  Patronato.  Pet.  in-4o,  19  p. 

489.  Gardevagque  (Ad.  de).  Rapport  sur  le  concours  de  dentelle  et 
Histoire  de  la  dentelle  dArras,  1883.  Arras,  impr.  Rohard-Gourtin. 
In-8',  56  p. 

490.  Carnevali  (Luigi).  Il  Ghetto  di  Mantova.  Gon  appendice  sui 
medici  ebrei.  Mantova,  tip.  Mondovî.  In-8%  55  p.  1  1. 

491.  Carnevali  (Luigi).  SuUa  criminalità  nel  sec.  xvi  in  Mantova. 
Torino,  frat.  Bocca.  Extrait  de  ÏArchivio  di  psichiatria^  vol.  V,  fasc.  2 
et  3,  1884.  1  1. 

492.  Garutti  (D.).  Il  Conte  Ardoino  I  (Biancamano)  e  il  Re  Ardoino. 
Ricerche  e  document!.  2»  edizione  corretta  e  rifusa.  Roma,  Loescher. 
Gr.  in-8o,  vm-384  p.  5  1. 

493.  Chénon  (Emile).  Les  Bretons  en  Bas-Berry.  Communication 
faite  à  la  Société  archéologique  d'IUe-et- Vilaine.  Rennes,  irapr.  Catel. 
In-8%  18  p.,  carte.  Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  archéologique 
d'ille-et-  Vilaine,  t.  XVI. 

494.  Constantin  (Fabbé  J.-M.-J.).  Histoire  de  Saint-Pierre-de-Vassols. 
Garpentras,  impr.  Touarette.  In-8°,  51  p. 

495.  CuRZON  (Henri  de).  Notice  archéologique  sur  l'église  d'Iseure-lez- 
Moulins.  Paris,  imprimerie  nationale.  In-S",  24  p.,  2  fig.  Extrait  du 
Bulletin  du  comité  des  travaux  historiques,  archéologie,  1884,  n"  3. 

496.  DEfflO  (G.),  Bezold  (E.  von).  Die  kirchliche  Baukunst  des  Abend- 
landes  historisch  und  systematisch  dargestellt.  1«  Lieferung.  Stuttgart, 
J.  G.  Cotta,  1884.  In-8%  viii-202  p.,  et  in-fol.,  77  planches. 

497.  Douais  (G.).  Essai  sur  l'organisation  des  études  dans  l'ordre  des 
Frères  prêcheurs  au  xin^  et  au  xiv^  siècle.  Première  province  de  Pro- 
vence. Province  de  Toulouse.  Avec  de  nombreux  textes  inédits  et  un 
état  du  personnel  enseignant  dans  cinquante-cinq  couvents  du  midi  de 
la  France.  Paris,  Alphonse  Picard  ;  Toulouse,  Edouard  Privât,  1884. 
In-8°,  xvi-287  p.  8  fr.  50  c. 

498.  DucouRTiEUx(Paul).  Limoges  d'après  ses  anciens  plans.  Ouvrage 
accompagné  de  quatre  reproductions  d'anciens  plans.  Limoges,  M™"  veuve 
H.  Ducourtieux,  1884.  In-8°,  191  p.,  4  planches.  4  fr. 

499.  Due  Giudizii  feudali  sul  castello  di  Sbrojavacca  nel  1332.  Udine, 
tip.  Seitz.  Gr.  in-B»,  19  p.  Per  nozze  Bembo-Sbrojavacca. 

500.  DuFOUR  (gén.  A.).  La  Famille  des  seigneurs  deBarol.  Essai  his- 
torique. Turin,  Botta.  In-4»,  54  p. 


r,8i 

501.  DuFOUR  (Greorges).  Essai  de  critique  artistique  :  l'image  do  la 
Vierge.  Amiens,  impr.  Delattre-Lenoël.  la-S",  IG  p.  Extrait  de  la  Revue 
(le  la  Société  des  études  historiques,  mai-juin  1884. 

502.  DuFOUR  (l'abbé  Valentin).  Monographies  parisiennes.  Les  Char- 
niers des  églises  de  Paris.  Paris,  Laporte.  In-S»,  46  p. 

503.  Du  Grosriez  (Fernand).  Notice  généalogique  sur  la  famille  de 
Flavigny  de  Liez.  Amiens,  impr.  Delattre-Lenoël.  In-8°,  36  p.  Extrait 
de  la  Picardie,  mai-juin  1884. 

504.  Falgairolle  (Prosper).  La  Maison  d'Autheville,  en  Vivarais  et 
au  Bas-Languedoc.  Étude  historique  et  généalogique,  accompagnée  de 
pièces  justificatives  inédites.  Avignon,  Seguin.  In-8'',  82  p.,  2  gravures. 

505.  Favier  (J.),  Le  Mercier  de  Morière  (L.).  Un  Livre  de  liturgie  du 
xv«  siècle  ayant  appartenu  au  château  de  Gombervaux.  Nancy,  impr. 
Crépin-Lehlond.  In-S-,  M  p.  Extrait  du  Journal  de  la  Société  d'archéo- 
logie lorraine,  juin  1884. 

506.  Féraud  (Hippolyte).  L'Ancien  Château  féodal  d'Orange.  Tours, 
impr.  Bousrez.  In-S",  28  p.,  planche.  Extrait  des  comptes  rendus  du 
congrès  tenu  à  Avignon  par  l.i  Société  française  d'archéologie  en  sep- 
tembre 1882. 

507.  Fillet  (l'abbé  L.).  Notice  historique  sur  les  paroisses  de  Colon- 
zelle  et  de  Margerie.  Montbéliard,  impr.  Hoffmann.  In-8°,  39  p.  Extrait 
du  Bulletin  d'histoire  ecclésiastique  et  d'archéologie  religieuse  des  diocèses 
de  Valence,  Digne,  Gap,  Grenoble  et  Viviers,  4^  année. 

508.  FiNOT  (Jules).  Inventaire-sommaire  des  archives  de  l'hôpital  de 
Comines  (département  du  Nord).  Lille,  impr.  Danel.  Gr.  in-4o  à  2  col., 
xix-57  p. 

509.  FiNOT  (Jules).  Notes  historiques  consignées  sur  d'anciens  registres 
paroissiaux  de  la  Haute-Saône,  recueillies  et  publiées.  Vcsoul,  typ. 
A.  Suchaux,  1884.  In-8°,  35  p.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  d'agri- 
culture, sciences  et  arts  de  la  Haute-Saône,  année  1884. 

510.  Firmani  inediti  dei  sultani  di  Gostantinopoli  ai  conventi  fran- 
cescani  e  aile  autorità  civili  di  Bosnia  e  di  Erzegovina,  illustrati  e 
pubblicati  dal  P.  Donato  Fabianich  M.  0.  Firenze,  tip.  Ricci.  In-8«, 
v-156  p. 

511.  FoREsi  (E.).  Storia  antica  e  moderna  dell'  isola  d'Elba.  Porto- 
ferraio,  tip.  Elbana.  In-8°.  Parait  par  livraisons  de  8  p.  à  10  c. 

512.  FuMi  (Luigi).  Raccolta  di  documenti  concernent!  la  storia  d'Or- 
vieto.  Firenze,  G.  P.  Vieusseux.  In-8°.  (Documenti  di  storia  italiana, 
vol.  Vm.)  15  1. 

513.  Germain  (Léon).  Les  Armoiries  de  Gérardmcr  (Vosges).  Nancy, 
impr.  Grépin-Leblond.  In-8%  8  p.,  dessins.  Extrait  du  Journal  de  la 
Société  d'archéologie  lorraine,  juin  1884. 

45* 


C82 

514.  Germain  (Léon).  La  Date  de  la  mort  d'Edouard  I^f,  comte  de 
Bar.  Bar-le-Duc,  impr.  Philipona.  In-8°,  7  p. 

515.  Giovanni  (V.  di).  Sal  porto  antico  e  su  le  mura,  le  piazze  e  i 
bagni  di  Palermo,  dal  secolo  x  al  secolo  xv.  Gon  la  carta  topografica 
délia  città,  cavata  dagli  scrittori  sincroni  e  da  diplomi.  Memorie. 
Palermo,  tip.  Virzî.  In-8o,  106  p.  3  1.  50  c. 

516.  GoiFFON  (l'abbé).  Villeneuve-lez-Avignon,  son  abbaye,  sa  char- 
treuse, ses  établissements  religieux,  sa  paroisse.  Nimes,  Gervais-Bedot, 
Grimaud,  Catélan.  In-S",  124  p. 

517.  GuENEAu  (Lucien).  Un  Chapitre  de  l'histoire  de  Luzy  (Nièvre). 
Nevers,  impr.  Vincent.  In-S",  134  p. 

518.  Guillaume  (P.).  Notes  sur  les  fortifications  des  Hautes- Alpes  au 
xiv«  siècle.  Paris,  imprimerie  nationale.  In-8o,  24  p.  Extrait  du  Bulle- 
tin du  comité  des  travaux  historiques,  archéologie,  1884. 

519.  Heinemann  (Otto  von).  Die  Handschriften  der  herzoglichen 
Bibliothek  zu  Wolfenbuttel.  Beschrieben.  1^  Abtheilung.  Die  Helm- 
stedter  Handschriften.  L  Wolfenbuttel,  Julius  Zwissler,  1884.  Gr.  in-S", 
xii-381  p.,  il  planches. 

520.  HuMiLiTATis  (S.)  DE  Faventia  abbatissao  Sermones  nunc  primum 
in  lucem  editi  a  D.  Torello  Sala.  Florentiae,  ex  off.  Galasantiana.  In-8°, 
263  p.  2  1.  50  c. 

521.  Jarry  (L.).  Les  Débuts  de  l'imprimerie  à  Orléans.  Orléans,  Her- 
luison.  In-8%  42  p.,  planche. 

522.  JouBERT  (André).  Le  Château  seigneurial  de  Saint-Laurent-des- 
Mortiers,  d'après  les  documents  inédits  (1356-1789).  Mamers,  typ. 
G.  Fleury  et  A.  Dangin,  1884,  In-S»,  21  p.,  1  planche. 

523.  JouBERT  (André).  Étude  sur  la  vie  privée  au  xv^  siècle  en  Anjou. 
Angers,  impr.  Germain  et  Grassin,  1884.  In-8°,  iii-287  p. 

524.  Kalff  (G.).  Het  Lied  in  de  middeleeuwen.  Leiden,  E.  J.  Brili, 
1884.  In-8%  760  p. 

525.  La  Borderie  (Arthur  de).  La  Hévoltedu  papier  timbré,  advenue 
en  Bretagne  en  1675.  Histoire  et  documents.  Saint-Brieuc,  Prud'homme. 
In-12,  viii-303  p. 

526.  Lagarde  (Alphonse).  Note  historique  sur  la  ville  de  Tonneins. 
Agen,  Michel  et  Médan;  Tonneins,  Ferrie  et  Blancal;  Marmande, 
veuve  Duberot.  In-8°,  244  p.  3  fr.  50  c. 

527.  Lavagno  (Francesco).  Splendido  Gonvito  nuziale,  dato  da 
Galeazzo  Visconti,  signore  di  Milano,  preceduto  da  un  cenno  illustra- 
tivo  sopra  alcune  costumanze  medioevali.  Torino,  I.  Vigliardi.  Per 
nozze  Gallori-dé-Viry. 

528.  Leghner    (Karl).    Das   grosse  Sterben  in  Deutschland  in  den 


f)S3 

Jahren  1348  bis  1351  und  die  iblgenden  Pestepidemicn  Ijis  zum  Schlusse 
des  14.  Jahrhunderts.  Innsbruck,  Wagner,  1884.  In-8°,  xi-162  p. 

529.  Legeay  (F.).  Recherches  historiques  sur  Saint-Pavin-des-Champs 
(Maine).  Le  Mans,  impr.  Monnoyer.  In-8°,  87  p.  E.^trait  du  Ihdlclin  de 
la  Suciété  cVagricuUure,  sciences  et  arts  de  la  Sartlic. 

530.  Leroux  (Alfred).  Inventaire-sommaire  des  archives  hospitalières 
de  la  Haute-Vienne  antérieures  k  1790.  Villes  de  Limoges,  Bellac,  le 
Dorât,  Magnac-Laval  et  Saint-Yrieix.  Fascicule  I.  Ville  de  Limoges, 
séries  A  à  D.  Limoges,  impr.  Gely.  In-4°  à  2  col.,  xxxvni-168  p. 

531.  L'EsTOCQ  (M.  von).  Hessische  Landes-  und  Stàdte-Wappen.  Bei- 
trag  zur  hessischen  Wappenkunde.  Kassel,  A.  Freyschmidt,  1884. 
Pet.  in-4o,  17  p.,  8  pi.  en  couleur. 

532.  Liber  (le)  pontiftcalis.  Texte,  introduction  et  commentaire  par 
M.  l'abbé  L.  Duchesne.  l^'-  fascicule.  Paris,  Thorin.  Gr.  in-4'',  cxn- 
128  p.  (Bibliothèque  des  écoles  françaises  d'Athènes  et  de  Rome.) 
18  fr.  L'ouvrage  formera  2  vol.  et  sera  publié  en  180  feuilles  environ, 
à  60  c.  chacune. 

533.  Lois  et  règlements  eu  vigueur  jusqu'à  ce  jour  concernant  les 
archives  du  royaume  de  Hongrie.  Traduits  du  hongrois.  Publiés  par 
l'administration  des  archives  du  royaume.  Budapest,  imprimerie  royale 
de  l'État  hongrois,  1884.  In-8°,  31  p. 

534.  LoisELEUR  (Jules).  Les  Larcins  de  M.  Libri  à  la  bibliothèque 
publique  d'Orléans.  Orléans,  H.  Herluison,  1884.  In-8%  12  p.  Extrait 
du  Bulletin  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais. 

535.  LoRiQUET  (Henri).  Note  sur  les  tentures  de  haute-lisse  possédées 
par  l'abbaye  de  Saint-Vaast.  Arras,  impr.  de  Sède.  In-8°,  15  p. 

536.  Mangini  (G.).  I  Manoscritti  délia  libreria  del  comune  e  dell'  Ac- 
cademia  etrusca  di  Cortona.  Cortona,  tip.  Bimbi.  In-8°,  xxxi-284  p.  4  1. 

537.  Manno  (Antonio).  Origine  e  variazione  dello  stemma  di  Savoia. 
Torino,  tip.  Bona.  In-4%  56  p. 

538.  Maechesi  (V.).  L'Imperatore  Sigismondo  in  Udine  negli  anni 
1412  e  1413.  Notizie  e  documenti.  Udine,  tip.  Seitz.  In-8'',  26  p. 

539.  Marchi  (Daniele  de).  Sguardo  storico  suU'  origine,  progresse  ed 
ordinamento  délia  comunità  di  Tolmezzo  e  délia  Carnia  nel  medio  evo. 
Tolmezzo,  tip.  Paschini.  In-16,  76  p.  Per  nozze  Da  Pozzo  De  Marchi. 

540.  Mauger  (N.-J.-B.).  Notice  historique  sur  les  Moitiers-en-Baup- 
tois  et  ses  environs,  depuis  les  temps  les  plus  reculés  jusqu'à  nos  jours. 
Bricquebec,  impr.  Mahaut.  In-8o,  80  p. 

541.  Measso  (A.).  I  Deputatial  reggimento  délia  magniQca  comunità 
d'Udine.  Note  d'archivio.  Udine,  tip.  Doretti.  In-S»,  28  p. 

542.  Métais  (l'abbé  Ch.).  Le  Temple  Saint-Jean-des-Aizes  et  ses 


684 

tombeaux,  commune  de  Villavard  (Loir-et-Cher).  Vendôme,  impr. 
Lemercier.  In-8°,  16  p.  Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  archéologique, 
scientifique  et  littéraire  du  Vendômois. 

543.  Michel  (Edmond).  La  Salie  des  tiièses  de  l'université  d'Orléans 
(ancienne  librairie).  Suivi  d'une  description  succincte  de  l'exposition 
rétrospective  de  1884.  Orléans,  Herluison.  In-32,  16  p. 

544.  MoNTALCiNi  (Camillo).  Vicende  délie  pubbliche  libertà  in  Piemonte 
dai  primi  tempi  di  casa  Savoja  ad  Emanuele  Filiberto.  Torino,  A.  Lo- 
catelli.  120  p. 

545.  MuLLER  (Jacob  Wijbrand).  De  Oude  en  de  jongere  Bewerking 
van  den  Reinaert.  Bijdrage  tôt  de  critiek  der  beide  Reinaert-gedichten. 
Academisch  proefschrift  (Leiden).  Amsterdam,  Frederik  MuUer,  1884. 
In-8%  iv-209  p. 

546.  Note  sur  la  rédaction  des  catalogues  de  manuscrits.  Paris,  impr. 
Pion.  In-8%  20  p. 

547.  Orsi  (Pietro).  Un  Libellista  del  secolo  xi  (Benzone  vescovo 
d'Alba).  Contributo  alla  storia  délia  lotta  per  le  investiture.  Torino, 
Bocca.  In-S",  26  p.  Extrait  de  la  Rivista  storica  italiana,  vol.  I,  fasci- 
cule 3,  1884. 

548.  Pellegrino  da  Forli.  Annali  illustrati  dell'  ordine  dei  Frati 
minori  capuccini.  Vol.  IL  Milano,  tip.  San  Giuseppe.  In-4o,  636  p.  12  1. 

549.  Plantaz  (E.).  Monographie  d'Araches.  Annecy,  impr.  Niérat. 
In-S-,  79  p.  Extrait  des  Mémoires  et  Documents  publiés  par  l'Académie 
salésienne,  tome  VIL 

550.  PoRÉE  (l'abbé).  Guillaume  de  la  Tremblaye,  sculpteur  et  archi- 
tecte, 1644-1715.  Gaen,  typ.  Le  Blanc-Hardel,  1884.  In-8',  16  p.  Extrait 
de  V Annuaire  normand,  1884. 

551.  PoRÉE  (l'abbé).  U Hercule  terrassant  l'hydre  de  Lerne,  de  Puget. 
Bernay,  impr.  Veuve  A.  Lefèvre,  1884.  In-8o,  20  p.  (Société  libre 
d'agriculture,  etc.,  de  l'Eure,  section  de  Bernay,  séance  du  20  avril  1 884.) 

552.  PoRÉE  (l'abbé).  Notice  sur  la  seigneurie  et  le  château  du  Blanc- 
Buisson  (Eure).  Gaen,  F.  Le  Blanc-Hardel,  1884.  ln-8",  38  p.,  4  pi. 
Extrait  àeV Annuaire  normand,  1884. 

553.  PoRÉE  (l'abbé).  Un  Historien  normand.  Gabriel  du  Moulin,  curé 
de  Menneval.  Gaen,  F.  Le  Blanc-Hardel,  1884.  In-8%  29  p.  Extrait  de 
V Annuaire  normand,  1884. 

554.  PoRTioLi  (A.).  Le  Gorporazioni  antiche  e  l'Archivio  délia  caméra 
di  commercio  di  Mantova.  Mantova,  Segna.  In-4'». 

555.  Prou  (Maurice).  Les  Goutumes  de  Lorris  et  leur  propagation  aux 
xiie  et  xiii«  siècles.  Paris,  L.  Larose  et  Forcel,  1884.  ln-8%  176  p. 
Extrait  de  la  Nouvelle  Revue  historique  de  droit  français  et  étranger. 


ns5 

556.  Quattro  Ganzoni  popolari  del  secolo  xv.  Ancona,  A.  fr.  Morelli. 
In-S",  20  p.  Per  nozze  Yenturi-Fanzago. 

557.  Recueil  Clairambault-Maurepas.  Chansonnier  historique  du 
xviii^  siècle,  publié  avec  introduction,  commentaire,  notes  et  index,  par 
Emile  Raunié.  5«  partie.  Le  règne  de  Louis  XVI  (1774-1789).  IL 
Tome  X  et  dernier.  Paris,  Quantin.  In-18  jésus,  369  p.,  portraits  par 
Rousselle.  10  fr. 

558.  Registres  (les)  d'Innocent  IV.  Recueil  des  bulles  de  ce  pape, 
publiées  ou  analysées  d'après  les  manuscrits  originaux  du  Vatican  et  do 
la  Ribliothèque  nationale,  par  Élie  Berger.  Paris,  Thorin.  Tome  I.  Gr. 
in-â"  à  2  col.,  lxxix-62o  p.  (Bibliothèque  des  écoles  françaises  d'Athènes 
et  de  Rome.)  L'ouvrage  formera  3  vol.  et  sera  publié  en  270  à  300  feuilles 
environ,  à  60  c.  chacune. 

559.  Registres  (les)  de  Boni  face  VIII,  recueil  des  bulles  de  ce  pape, 
publiées  ou  analysées  d'après  les  manuscrits  originaux  des  archives  du 
Vatican,  par  Georges  Digard,  Maurice  Faucon  et  Antoine  Thomas, 
ler  fascicule,  publié  par  Antoine  Thomas.  Paris,  Thorin.  Gr.  in^"  à 
2  col.,  304  p.  (Bibliothèque  des  écoles  françaises  d'Athènes  et  de  Rome.) 
11  fr.  40  c.  L'ouvrage  formera  3  vol.  et  sera  publié  on  260  feuilles 
environ,  à  60  c.  chacune. 

560.  RosA  (Gabriele).  Storia  dell'  architettura  délia  civiltà.  Milano, 
Quadrio.  In-S",  374  p.  5  l. 

561.  RuEGER  (J.  J.).  Ghronik  der  Stadt  und  Landschaft  Schaffhausen. 
II.  Hâlfte.  1.  Theil.  Schaffhausen,  Schoch.  In-4°.  Les  part.  I  et  II, 
17  fr.  50  c. 

562.  Sasso  (Ernesto).  La  Gontea  di  Capua  nel  secolo  ix.  Napoli, 
V.  Morano.  47  p. 

563.  ScHUREN  (Gert  van  der).  Clevische  Ghronik  nach  der  Original- 
handschrift  nobst  Vorgeschichte  und  Zusatzen  von  Turk,  einor  Généa- 
logie des  clevischen  Hauses  und  drei  Schrifttafeln  herausgegeben  von 
D--  Robert  Scholten.  Cleve,  Fr.  Boss,  1884.  In-8%  xxix-278  p.  et  3  p. 
de  fac-similé. 

564.  Spitzen  (0.  A.).  Nouvelle  Défense  de  Thomas  à  Kompis,  spécia- 
lement en  réponse  au  R.  P.  DeniQe.  Utrecht,  J.  L.  Beijers.  In-8°, 
iv-169  p.  3  fl. 

565.  Stassoff  (Wladimir).  Tableaux  et  compositions  cachés  dans  les 
initiales  des  anciens  manuscrits  russes.  Mémoire  lu  dans  la  séance  de 
la  Société  des  bibliophiles  russes  du  2/14  mars  1884.  Saint-Péters- 
bourg, impr.  Stassuléwitch,  1884.  Gr.  in-4",  24  p.,  1  planche. 

566.  SuNDBY  (Thor).  Délia  vita  e  dellc  opère  di  Brunetto  Latini. 
Monografia.  Tradotta  dall'  originale  danese  per  cura  di  Rodolfo  Rcuier, 


686 

con  appendice  di  Isidoro  del  Lungo   e  Adolfo  Mussafia  e  due  testi 
medioevali  latini.  Firenze,  Le  Monnier.  In-8°,  xxvi-509  p.  10  1. 

567.  Tallon  (Marius).  Catalogue  des  prieurs,  curés  et  vicaires  de 
l'église  de  Saint-Pierre-ès-Lieas  des  Vans,  de  1349  à  1804,  précédé 
d'une  introduction  sur  cette  même  église.  Privas,  impr.  du  Patriote. 
In-8°,  79  p. 

568.  Tocco  (F.).  L'Eresia  nel  medio  evo.  Studii.  Firenze,  Sansoni. 
In-16,  viii-564  p.  5  1. 

569.  TouGARD  (l'abbé).  Le  Grand  Corneille.  Contrat  de  vente  de  ses 
biens  du  Val-de-la-Haye,  le  5  octobre  1683,  publié  pour  la  première 
fois,  précédé  d'un  à-propos  sur  le  second  centenaire  de  Pierre  Corneille. 
Paris,  Douville,  1884.  Gr.  in-8°,  16  p. 

570.  Tranchant  (Charles).  Notice  sommaire  sur  Chauvigny  de  Poitou 
et  ses  monuments.  2'  édition.  Paris ,  impr.  Rougier.  In-18  jésus , 
212  pages. 

571.  Varax  (Paul  de).  Notice  sur  la  seigneurie  de  Masoncles  en  Cha- 
roUais.  Lyon,  imprimerie  générale.  In-8°,  xvi-59  p.  et  grav. 


CHRONIQUE  ET  MELANGES. 


Par  arrêté  ministériel  en  date  du  26  novembre  ISSi,  ont  été  nommés 
élèves  de  première  année  à  l'École  des  chartes  : 

MM. 

1.  Ledos  (Eugène),  né  à  Paris,  le  27  mars  1864. 

2.  Ebel  (Arnold-Auguste-Gaston),  né  au  Havre  (Seine-Inférieure), 
le  11  novembre  1863. 

3.  Spont  (Alfred-Gharlos-Thomas),  né  à  Paris,  le  3  novembre  1863. 

4.  Picard  (Auguste-Eugène),  né  à  Paris,  le  3  mars  1866. 

5.  Jacqueton  (Jean-Hugues-Gilbert),  né  à  Thiers  (Puy-de-Dôme),  le 
31  octobre  1864. 

6.  GuiRAN  (Jean-Baptiste-François),  né  à  Aix  (Bouches-du-Rhônc), 
le  8  août  1859. 

7.  FiNOT  (Louis),  né  à  Rar-sur-Aube  (Aube),  le  20  juillet  1864. 

8.  Bourgeois  (Louis-Alfred),  né  à  Kpinal  (Vosges),  le  20  juillet  1850. 

9.  Dupont-Ferrier  (Emile- Joseph-Marie-Gustave),  né  à  Yinay  (Isère), 
le  23  mai  1865. 

10.  Desplanque  (Emile- Alexandre- Joseph),  né  à  Lille  (Nord),  le 
9  mars  1865. 

11.  ViARD  (Jules -Edouard -Marie),  né  à  Fresnes  (Haute  -  Marne) ,  le 
15  août  1862. 

12.  Renvoisé  (Jules-Alfred-Gustave),  né  à  Chùteaurenard  (Loiret),  le 
23  septembre  1865. 

13.  BoNiN  (Charles -Jules -Joseph),  né  à  Poissy  (Seine-et-Oise) ,  le 
26  juin  1865. 

14.  De  Berthou  (Paul-Albert),  né  à  Nantes  (Loire -Inférieure),  le 
20  décembre  1859. 

15.  Tessier    (René -Auguste),   né  à  Angers    (Maine-et-Loire),   le 
18  juin  1861. 

16.  Vabre  (Jean-François-Marie-Casimir),  né  à  Vabre  (Aveyron),  le 
4  septembre  1864. 

Est  nommé  élève  de  l'École,  à  titre  étranger  : 

M.  Bettex  (Paul-Gabriel-Frédéric),  né  à  Gombremont-le-Petit,  canton 
de  Lausanne  (Suisse). 


688 

Par  arrêté  ministériel  en  date  du  29  novembre  1884,  ont  été  auto- 
risés à  redoubler  leur  3'=  année  : 
MM.  Marlet, 

TiSSIER. 

—  Par  arrêté  du  24  octobre  1884,  notre  confrère  M.  Auguste  Moli- 
nier,  sous-bibliothécaire  à  la  bibliothèque  Mazarine,  a  été  nommé 
bibliothécaire  de  la  bibliothèque  du  palais  de  Fontainebleau,  en  rem- 
placement de  M.  Adolphe  Régnier,  décédé. 

—  Par  arrêté  du  19  novembre  1884,  M.  Eugène  Lefèvre-Pontalis  a 
été  nommé  surnuméraire  à  la  bibliothèque  Mazarine. 

—  Nous  extrayons  du  rapport  de  M.  Camille  Doucet,  secrétaire  per- 
pétuel de  l'Académie  française,  lu  à  la  séance  publique  du  20  no- 
vembre, les  passages  qui  concernent  les  ouvrages  de  plusieurs  de  nos 
confrères. 

«  L'histoire  de  la  Chevalerie,  par  M.  Léon  Gautier,  n'est  pas  seulement 
un  livre  d'érudition;  c'est  une  œuvre  piquante  et  originale,  agréable 
autant  qu'instructive,  romanesque  et  poétique  à  la  fois,  dans  laquelle 
revit,  pour  le  grand  plaisir  du  lecteur,  une  institution  singulière,  qui, 
jusqu'ici,  semblait  appartenir  à  la  légende  plus  qu  a  l'histoire. 

«  Sortie,  toute  sauvage  et  toute  barbare  encore,  des  forêts  de  la  Ger- 
manie, nous  la  verrons  bientôt,  quand  le  christianisme  l'aura  transfor- 
mée, contribuer  puissamment,  en  adoucissant  les  mœurs,  au  progrès 
de  la  civilisation.  Parvenue,  dans  le  xn«  siècle,  à  son  complet  dévelop- 
pement, elle  n'aura  plus  qu'à  décroître,  en  présence  d'un  pouvoir  cen- 
tral assez  fort  désormais  pour  lutter  contre  l'oppression  de  la  tyrannie 
féodale.  La  création  des  armées  régulières  et  permanentes  va  lui  porter 
enfin  un  coup  mortel,  et  elle  ne  sera  plus  qu'un  vain  simulacre,  un 
souvenir  du  passé,  cher  à  l'imagination  des  enfants  et  des  poètes,  quand 
le  héros  de  Marignan,  avant  d'engager  la  bataille,  inclinera  fièrement 
sa  royauté  devant  le  dernier  des  paladins,  devant  le  plus  digne  emblème 
de  la  vieille  chevalerie. 

«  Dans  une  préface,  charmante  d'ailleurs,  et  qu'on  prendrait  volontiers 
pour  une  conclusion,  le  savant  écrivain  qui  vient  de  glorifier  Bayard 
dédie  bravement  son  livre  à  l'immortel  auteur  de  Don  Quichotte.  Il  n'y  a 
plus  de  Pyrénées  !  Le  chevalier  sans  peur  fraternisant  avec  le  chevalier 
de  la  triste  figure,  c'est  le  dernier  mot  de  la  chevalerie.  Le  sublime 
touche  au  ridicule,  et  il  en  meurt  I 

«  Pour  ce  bel  ouvrage,  qui  coûta  tant  d'années  de  travail,  l'Académie 
décerne  à  M.  Léon  Gautier  le  grand  prix  Gobert,  dont  le  montant 
s'élève  à  près  de  10,000  francs. 

«  Elle  décerne  le  second  prix  Gobert  à  un  très  intéressant  et  très  tou- 
chant volume,  consacré  par  M.  de  Maulde  à  la  triste  histoire  de  Jeanne 
de  France,  fille  infortunée  de  Louis  XI,  épouse  plus  malheureuse 


(iS9 

encore  de  ce  fier  duc  d'Orléans,  qui,  à  un  moment  donné,  put  devenir 
un  bon  roi;  mais  un  bon  mari,  jamais!  Si  Louis  XII  se  vanta  de 
pratiquer  le  pardon  dos  injures,  il  ne  cessa  pas,  en  revanche,  de  se 
montrer  cruellement  inflexible  envers  la  pauvre  princesse  qui  aurait  eu 
tous  les  mérites  et  toutes  les  grâces,  si  la  beauté  de  son  corps  eût 
égalé  celle  de  son  âme. 

«  Les  moindres  incidents  de  cette  douloureuse  existence  et  de  ce  long 
martyre  sont  racontés  par  M.  de  Maulde  avec  une  sorte  de  complai- 
sance attendrie  qui  a  son  intérêt,  son  charme  et  son  éloquence. 

«  Sur  les  4,000  francs,  montant  de  la  fondation  Thérouanne,  un  prix 
de  2,500  francs  est  accordé  à  M.  Jules  Flammerraont,  pour  son  impor- 
tant ouvrage  sur  le  Chancelier  Maupeou  et  les  Parlements. 

«  L'histoire  de  la  lutte  soutenue  par  le  chancelier  Maupeou  dans  le 
but  de  substituer  aux  vieux  Parlements  une  jeune  magistrature  plus 
docile  est  un  vrai  drame,  saisissant  et  instructif,  qu'on  ne  saurait  lire 
sans  intérêt,  sans  émotion  même,  tant  il  est  impossible  de  ne  pas  voir, 
dans  les  faits  qui  s'y  agitent,  le  prélude  des  révolutions  dont  alors  déjà 
la  France  commence  à  saluer  l'approche  et  dont,  un  siècle  plus  tard, 
après  tant  d'alternatives,  de  tempêtes  et  d'embellies,  elle  en  sera  tou- 
jours à  souhaiter  la  fin.  Le  chancelier  Maupeou  regretterait  aujourd'hui 
ses  vieux  Parlements  ! 

«  L'un  des  prix  imputés  sur  la  fondation  Archon-Despérouses  a  été 
décerné  au  Chansonnier  historique  du  XVJH"  siècle,  recueil  en  dix 
volumes,  publiés  par  M.  Emile  Raunié. 

«  Cette  histoire  en  chansons,  écrite  d'année  en  année,  et  presque  au 
jour  le  jour,  pendant  tout  un  siècle,  est,  du  commencement  à  la  fin, 
d'un  intérêt  réel  et  charmant,  pleine  de  curieux  détails,  de  témoignages 
précieux  et  de  renseignements  utiles.  A  chacun  de  ses  volumes, 
M.  Raunié  a  joint  une  introduction  historique  dans  laquelle  il  résume, 
avec  une  grande  clarté,  l'ensemble  des  événements  qui  ont  inspiré  les 
chansonniers,  et  dont  leurs  chansons  fidèles,  gaies,  sérieuses  ou  sati- 
riques, reproduisent  la  physionomie  et  consacrent  le  souvenir.  » 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  a  tenu  sa  séance 
annuelle  le  14  novembre  dernier.  Nous  regrettons  de  ne  pouvoir  pas 
reproduire  en  entier  le  discours  du  président,  M.  Georges  Perrot.  Nous 
allons  en  extraire  les  passages  qui  sont  de  nature  à  plus  particulière- 
ment intéresser  nos  lecteurs,  en  commençant  par  les  lignes  consacrées 
à  M.  Albert  Dumont,  directeur  de  l'enseignement  supérieur,  dont  la 
mémoire  restera  chère  à  l'École  des  chartes. 

«  ...  La  bonté,  ce  fut  peut-être  aussi  ce  qui  caractérisa  au  plus  haut 
degré  l'hommo  vraiment  supérieur  que  nous  avons  perdu  dans  la  per- 
sonne de  l'un  de  nos  derniers  venus,  de  l'un  des  plus  jeunes  et  des  plus 
aimés  de  nos  confrères,  de  M.  Albert  Dumont.  Lorsque  j'ai  été,  il  y  a 
trois  mois,  l'interprète  de  votre  commune  douleur,  peut-être,  dans  le 


690 

trouble  où  m'avait  jeté  la  mort  du  plus  cher  de  mes  amis,  n'ai-je  pas 
assez  insisté  sur  ce  point;  j'étais  tout  entier  au  chagrin  de  sentir  que 
cette  fine  et  souple  intelligence,  que  cette  volonté,  si  obstinée  et  si  forte 
avec  tant  de  douceur,  n'avaient  pas  donné  toute  leur  mesure,  que, 
malgré  de  hautes  situations  si  dignement  occupées,  Albert  Dumont, 
Xîomme  l'a  dit  un  de  nos  classiques  à  propos  d'une  autre  de  ces  victimes 
de  la  destinée,  n'avait  pas  «  rempli  tout  son  mérite.  »  Je  songeais 
avant  tout  à  l'interruption  et  à  l'inachèvement  de  tant  d'oeuvres  bril- 
lamment commencées,  d'un  beau  livre  auquel  l'auteur  n'aura  pas  mis 
la  dernière  mam,  de  tant  de  projets  si  bien  conçus  pour  affermir  et 
développer  en  France  l'enseignement  supérieur,  pour  lui  fournir  le 
moyen  d'employer  plus  utilement,  d'année  en  année,  les  ressources  trop 
étroitement  mesurées  que  lui  accordent  les  pouvoirs  publics.  Je  vous 
rappelais  ce  que  nous  avaient  donné  déjà  et  ce  que  nous  promettaient 
encore  l'érudit  exact  jusqu'à  la  minutie  et  l'administrateur  aux  larges 
vues;  mais  j'ai  presque  oublié  de  vous  dire,  ou  du  moins  je  ne  vous  ai 
pas  dit  assez  haut,  ce  que  valait  son  cœur  et  dans  quel  esprit  il  avait 
usé  de  sa  part  d'influence  et  d'autorité.  C'est  ce  que  m'ont  fait  sentir 
les  regrets  unanimes  qui  ont  éclaté  autour  de  sa  tombe,  les  confidences 
que  j'ai  reçues,  les  souvenirs  qui  ont  été  évoqués,  à  cette  occasion,  par 
ses  anciens  élèves,  les  témoignages  mêmes  qui  me  sont  arrivés  de  bien 
loin,  de  cette  Grèce,  par  exemple,  où  s'était  passée  la  meilleure  part 
de  sa  vie.  D'autres  ont  pu,  ce  qui  n'est  déjà  pas  commun,  se  montrer 
aussi  habiles  à  distinguer  les  jeunes  mérites,  aussi  empressés  à  les  aider 
et  à  leur  ouvrir  les  voies  ;  mais  Albert  Dumont  a  fait  plus  ;  il  était 
indulgent  et  compatissant  pour  les  attardés  et  les  débiles,  pour  ceux 
mêmes  auxquels  il  avait  à  reprocher  quelque  faute  grave.  Alors  que  son 
devoir  le  forçait  de  punir,  il  savait  le  faire  sans  dureté,  avec  des  ména- 
gements qui,  chez  un  chef  dont  l'ascendant  eût  été  moins  bien  établi, 
auraient  presque  pu  passer  pour  de  la  faiblesse.  Lui,  dont  le  temps  était 
dévoré  jusqu'à  la  dernière  minute  par  ces  mille  détails  des  affaires  où 
s'est  usée  sa  santé,  il  savait  parfois  écouter  les  bavards  avec  résignation, 
et,  vertu  difficile  et  rare  entre  toutes,  il  pardonnait  même  aux  sots  et 
aux  ennuyeux. 

«  Au  sortir  de  ces  audiences  qui  mettaient  parfois  à  une  si  rude  épreuve 
son  inaltérable  patience,  quelle  joie  et  quel  repos  c'était  pour  lui  de  se 
retrouver,  pour  quelques  heures,  au  milieu  de  ses  confrères  et  de  ses 
amis,  ou  de  réunir  autour  de  sa  table  ces  jeunes  gens  dont  les  uns 
avaient  fondé  avec  lui  l'École  de  Rome,  tandis  que  les  autres,  à  Athènes, 
avaient  travaillé,  sous  ses  yeux  et  sous  sa  direction,  aux  premières 
livraisons  du  Bulletin  de  correspondance  hellénique!  Gomme  il  s'infor- 
mait de  leurs  travaux  et  comme  il  applaudissait  à  leurs  succès,  qu'il 
avait  si  bien  préparés!  Les  deux  Écoles,  où  il  avait  tant  mis  de  lui- 
même,  se  partageaient  son  affection  ;  pour  rester  en  rapport  avec  les 


G9^ 

générations  nouvelles  qui  s'y  succédaient  depuis  qu'il  était  rentré  en 
France,  il  avait  consenti,  malgré  ses  lourdes  occujjalions,  à  devenir 
comme  l'interprète  attitré  de  celle  de  vos  commissions  qui  est  chargée 
de  lire  et  de  juger  les  travaux  que  vous  envoient  les  pensionnaires  des 
Écoles  françaises  d'Athènes  et  de  Rome.  Cette  année,  pour  la  seconde 
fois,  il  acceptait  la  tâche  de  rédiger  le  rapport  annuel  qui  vous  est  pré- 
senté au  nom  de  vos  délégués  ;  il  y  travaillait  cet  été  dans  ses  courts 
loisirs  des  soirées  ou  du  dimanche.  Les  notes  que  lui  avaient  remises 
les  membres  de  la  commission,  ces  notes  qui  contenaient  l'analyse  des 
mémoires  et  les  observations  auxquelles  ils  prêtaient,  ne  nous  sont 
pas  encore  revenues.  C'est  ce  qui  me  privera,  cette  année,  par  excep- 
tion, du  plaisir  d'envoyer  à  nos  deux  colonies  savantes  ces  encourage- 
ments et  ces  conseils  que  vous  leur  adressiez  chaque  automne,  dans 
votre  séance  publique,  par  la  voix  de  votre  président.  N'ayant  entre  les 
mains  aucun  élément  d'appréciation,  je  m'abstiendrai  même  de  trans- 
crire ici  les  titres  des  mémoires  qui  vous  ont  été  soumis  ;  il  me  suffira 
de  dire  que  les  deux  Écoles,  sous  la  direction  attentive  et  éclairée  de 
deux  de  nos  confrères,  MM.  Foucart  et  Le  Blant,  sont  en  pleine  pros- 
périté; grâce  aux  leçons  et  eux  exemples  de  pareils  maîtres,  elles  se 
maintiennent  sans  effort  au  niveau  où  les  avaient  portées  les  deux  direc- 
teurs précédents,  .MM.  Dumont  et  Geffroy... 

«  La  seconde  médaille  du  concours  des  antiquités  nationales  a  été 
décernée  à  M.  J.  Loth,  pour  son  livre  intitulé  :  l'Émigration  bretonne 
en  Armorique.  Quoique  nous  soyons  ici  en  pleine  période  historique, 
c'était  encore,  il  y  a  peu  de  temps,  un  des  épisodes  les  plus  obscurs  de 
notre  histoire  que  celui  du  mouvement  qui,  pendant  la  période  méro- 
vingienne, avait  amené,  dans  la  partie  occidentale  de  la  péninsule 
armoricaine,  une  population  celtique  étroitement  apparentée  à  celle 
qui  occupe  encore  aujourd'hui  l'ouest  de  l'Angleterre.  Le  patriotisme 
s'en  était  mêlé;  il  intervient  souvent  fort  mal  à  propos,  là  où  il  n'a  que 
faire  ;  des  discussions  confuses  et  passionnées  avaient  embrouillé  la 
question,  au  lieu  de  l'éclaircir.  M.  Loth,  suivant  les  traces  de  notre 
correspondant  M.  de  la  Borderie  et  de  notre  savant  confrère  M.  d'Ar- 
bois  de  Jubainville,  substitue  à  de  vaines  hypothèses  des  faits  ingénieu- 
sement groupés  et  qui  ne  laissent  plus  guère  place  à  la  controverse.  Si 
(luelques  points  de  détail  restent  encore  obscurs,  on  est  fixé  sur  le 
moment  où  commence  cette  migration,  sur  les  causes  qui  l'expliquent 
et  sur  le  caractère  que  lui  donna  la  manière  dont  elle  s'est  opérée.  La 
plupart  des  conclusions  de  l'auteur,  au  jugement  des  maîtres  les  plus 
compétents,  dememeront  acquises  à  la  science. 

«  Avec  l'ouvrage  de  M.  Mortel,  qui  a  obtenu  la  troisième  médaille 
du  même  concours,  nous  nous  rapprochons  des  temps  modernes. 
Le  Livre  des  constitucions  démenées  et  Chastelet  de  Paris  est,  dans  sa 
concision,  une  œuvre  à  peu  près  irréprochable.  Établissement  correct 


692 

du  texte,  exposition  complète  et  claire  des  faits,  connaissance  profonde 
du  droit  au  xiii^  siècle,  tels  sont  les  mérites  qui  recommandent  cet 
opuscule  de  cent  pages,  dont  l'auteur,  moins  discret,  aurait  pu  faire 
aisément  un  gros  volume.  Le  sujet  est  d'un  vif  intérêt  pour  l'histoire 
de  nos  institutions  judiciaires.  Cette  sorte  de  manuel,  dressé  par  un 
praticien  pour  l'usage  des  parties,  nous  représente  l'état  du  droit  au 
moment  où,  sous  l'influence  de  la  royauté  et  de  ses  jurisconsultes, 
il  subit  une  rapide  et  profonde  transformation.  Les  époques  de  tran- 
sition sont  toujours  à  la  fois  des  plus  curieuses  et  des  plus  difficiles  à 
étudier... 

«  M.  Léon  Flourac  est  l'auteur  d'une  étude  historique  intitulée  : 
Jean  /«■■,  comte  de  Foix,  vicomte  souverain  de  Béarn,  lieutenant  du  roi  en 
Languedoc.  Il  y  a  mis  en  relief,  avec  talent,  un  personnage  dont,  jus- 
qu'à lui,  on  ne  s'était  guère  occupé;  les  historiens  des  règnes  de 
Charles  VI  et  de  Charles  YII  auront  désormais  beaucoup  à  prendre 
dans  ce  travail. 

«  En  inscrivant  au  quatrième  rang  des  mentions  le  nom  de  M.  Paul 
Guérin,  pour  le  second  volume  de  son  Recueil  des  documents  concernant 
le  Poitou,  l'Académie  a  voulu  donner  un  encouragement  à  cet  habile 
et  laborieux  paléographe  et  montrer  combien  elle  s'intéressait  à  la 
publication  des  documents  inédits... 

«  Avec  la  sixième  mention,  nous  ne  sortons  pas  de  la  Normandie, 
mais  nous  passons  de  Rouen  à  Gaen.  La  Fondation  de  l'Université  de 
Caen  et  son  organisation  au  XV^  siècle  est  un  livre  bien  fait,  très  net, 
très  précis,  qui  s'appuie  sur  des  documents  dont  personne  jusqu'ici 
n'avait  encore  pu  faire  usage.  M.  Amédée  de  Bourmont  les  a  eus  à  sa 
disposition  et  en  a  tiré  un  excellent  parti. 

«  Cinq  ouvrages,  qui  se  distinguaient  tous  par  de  sérieux  mérites,  ont 
été  présentés  pour  obtenir  les  prix  fondés  par  le  baron  Gobert,  prix 
dont  le  premier,  d'après  les  termes  mêmes  du  testament,  doit  récom- 
penser le  travail  le  'plus  savant  et  le  plus  profond  sur  l'histoire  de  France 
et  les  études  qui  s'y  rattachent.  C'est  à  M.  Paul  Viollet  que  vous  avez 
décerné  cette  année  ce  prix,  objet  de  tant  d'ambitions,  cette  couronne 
dont  l'éclat  a  commencé  la  juste  réputation  de  plus  d'un  de  nos  savants 
confrères.  M.  Viollet  avait  déjà  obtenu,  il  y  a  deux  ans,  cette  haute 
distinction  pour  les  deux  premiers  volumes  de  son  édition  des  Établis- 
sements de  saint  Louis.  Il  est  venu  cette  année  solliciter  vos  suffrages 
avec  ce  même  livre  augmenté  d'un  troisième  volume,  qui  contient  divers 
textes  de  coutumes  que  l'auteur  comprend  sous  le  titre  général  de 
«  textes  dérivés  et  textes  parallèles.  »  Nous  y  retrouvions  l'empreinte 
de  cette  critique  précise  et  sûre  que  l'Académie  avait  déjà  si  hautement 
appréciée  ;  mais  ce  qui  a  fait  pencher  la  balance  en  faveur  de  M.  Viollet, 
c'est  qu'à  cet  envoi  il  a  joint  celui  du  tome  premier  d'un  Précis  histo- 
rique de  l'histoire  du  droit  français.  Ce  premier  volume  ne  traite  encore 


693 

que  des  Soignes  et  de  l'État  des  persomies;  mais  il  donne  une  idée  des 
plus  favorables  du  livre,  dont  la  suite,  nous  l'espérons,  ne  se  fera  pas 
attendre.  On  a  pu  accorder  à  l'auteur  ce  bel  éloge  qu'  «  il  est  telle- 
ment maître  de  sa  matière  que,  là  même  où  son  sujet  le  condamnait  à 
ne  pas  être  original,  comme  dans  l'indication  des  sources,  il  réussit 
encore  à  le  paraître.  » 

«  Le  second  prix  du  même  concours  a  été  accordé  à  M.  Tuetcy,  pour  son 
livre  :  les  Allemands  en  France  et  l'invasion  du  comté  de  Monlbéliard  par 
les  Lorrains  (1587-1588).  Ce  récit,  établi  tout  entier  sur  des  documents 
inédits  qui  ont  été  recueillis  dans  divers  dépôts  et  très  bien  publiés, 
jette  un  grand  jour  sur  un  épisode  mal  connu  de  la  Ligue  et  donne  une 
idée  des  plus  justes  et  des  plus  vives  de  toutes  les  misères  et  de  toutes 
les  horreurs  que  la  guerre  a  entraînées  jusqu'à  une  époque  très  rappro- 
chée de  la  nôtre.  L'Académie  se  plaît  à  reconnaître  dans  ce  nouveau 
travail  de  l'un  de  nos  archivistes  les  plus  zélés  des  qualités  excellentes 
de  narrateur  et  d'exact  éditeur  des  textes  ;  ce  qui  l'a  décidée  surtout  à 
ne  placer  M.  Tuetey  qu'au  second  rang,  c'est  que  le  sujet  qu'il  a  traité 
n'a  qu'une  importance  assez  secondaire. 

«  C'est  encore  à  l'histoire  de  France  que  se  rattachent,  à  divers  titres, 
les  ouvrages  qui  ont  obtenu  les  prix  que  nous  permettent  de  distribuer 
les  fondations  qui  portent  les  noms  de  notre  ancien  confrère  le  marquis 
de  la  Grange,  de  MM.  Duchalais  et  La  Fons  Mélicoq.  Le  prix  La 
Grange  a  été  attribué  à  l'ouvrage  intitulé  :  Recueil  de  motets  français 
des  XII^  et  Xfll^  siècles,  publié  par  M.  Gaston  Raynaud  et  accompagné 
d'une  Étude  sur  la  musique  au  temps  de  saint  Louis,  par  M.  Henri  Lavoix 
fils.  L'examen  de  notre  commission  n'a  d'ailleurs  pas  porté  sur  cette 
seconde  partie  du  livre,  qui  ne  pourrait  être  jugée  que  par  nos  confrères 
de  l'Académie  des  beaux-arts.  L'abbé  llaigueré  a  obtenu  le  prix  La  Fons 
Mélicoq,  pour  son  Dictionnaire  historique  et  archéologique  du  Pas-de-Calais 
(arrondissement  de  Boulogne)  ;  des  mentions  sont  décernées  à  MxM.  Bouas- 
sieux  et  de  Galonné,  au  premier  pour  sa  monographie,  le  Château  de 
Clagny  et  M°^°  de  Montespan,  au  second  pour  ses  Recherches  sur  la  vie 
agricole  sous  l'ancien  régime  en  Picardie  et  en  Artois,  t 

Parmi  les  sujets  maintenus  ou  mis  au  concours,  nous  devons  enre- 
gistrer ici  les  questions  qui  se  rattachent  aux  études  du  moyen  âge. 

«  Étude  sur  les  contributions  demandées  en  France  aux  gens  d'Église 
depuis  Philippe- Auguste  jusqu'à  l'avènement  de  François  P^  »  (Prix 
ordinaire  de  1887.) 

«  Étude  critique  sar  les  ouvrages  en  vers  et  en  prose,  connus  sous  le 
titre  de  Chroui(iue  de  Normandie.  »  (Prix  Bordin  de  1887.) 

«  Relever,  à  l'aide  de  documents  historiques  et  littéraires  et  des  déno- 
minations locales,  les  formes  vulgaires  des  noms  des  saints  en  langue 
d'oui  et  en  langue  d'oc;  signaler  la  plus  ancienne  apparition  en  France 


694 

des  noms  latins  auxquels  correspondent  ces  diverses  formes.  »  (Prix 
Bordin  de  1887.) 

De  plus,  l'Académie  décernera  en  1886  l'un  des  prix  fondés  par 
M™<=  veuve  Delalande-Guérineau  «  au  meilleur  ouvrage  dans  l'ordre  des 
études  du  moyen  âge.  » 

Les  ouvrages  destinés  à  ces  différents  concours  devront  être  déposés 
au  secrétariat  de  l'Institut  avant  le  l«i'  janvier  de  l'année  au  cours  de 
laquelle  le  prix  doit  être  décerné. 

—  Un  rapport  lu  à  l'Académie  des  inscriptions,  le  31  octobre  1884, 
par  M.  Alexandre  Bertrand,  contient  les  appréciations  suivantes  de  plu- 
sieurs travaux  envoyés  par  quelques-uns  de  nos  confrères  au  concours 
des  antiquités  nationales. 

«  Un  des  concurrents,  M.  Lucien  Merlet,  aujourd'hui  correspondant 
de  notre  Académie,  avait  déjà  reçu  de  vous,  antérieurement,  les  plus 
hautes  récompenses.  Vous  ne  vous  étonnerez  pas  que  nous  ayons  cru 
devoir  le  mettre  hors  rang,  avec  mention  spéciale... 

«  Troisième  médaille.  — Le  travail  de  M.  Mortet  se  distingue  également 
par  des  qualités  de  premier  ordre.  Le  Livre  des  constitucions  démenées  el 
Chastelet  de  Paris  est  dans  sa  concision  une  œuvre,  à  peu  de  chose  près, 
irréprochable.  Établissement  correct  du  texte,  exposition  claire  et  com- 
plète des  faits,  connaissance  profonde  du  droit  au  xiii«  siècle,  tels  sont 
les  mérites  qui  recommandent  cet  opuscule  de  cent  pages,  dont  l'auteur, 
moins  discret,  aurait  pu  faire  un  gros  volume. 

«  Le  sujet  est  des  plus  intéressants.  Le  Livide  des  constitucions  appartient 
à  cette  époque  de  transition  (fin  du  xm^  siècle,  commencement  du  xiv) 
où  le  droit  féodal  se  transforme,  où  les  coutumes  jusque-là  confuses  et 
incertaines  se  fixent,  se  coordonnent  dans  les  arrêts  des  cours  souve- 
raines et  dans  les  coutumiers  composés  parles  jurisconsultes  et  les  pra- 
ticiens du  temps.  La  coutume  du  Pays  de  France  (Paris  et  la  région 
environnante)  a  sous  ce  rapport  un  intérêt  spécial,  à  cause  de  l'influence 
prépondérante  qu'elle  exerça  sur  l'ensemble  du  droit  coutumier. 

«  C'est  la  physionomie  de  ces  temps  de  transition  que  M.  Mortet  extrait 
de  l'étude  des  quatre-vingt-six  articles  du  Livre  des  constitucions.  La 
tâche  n'était  pas  facile.  Le  Livre  des  constitucions  n'était  pas  inédit,  il  est 
vrai  ;  mais  l'unique  édition  qui  en  existait  était  des  plus  défectueuses. 
Il  fallait  d'abord  rétablir  le  texte.  Or,  le  seul  manuscrit  connu  est  lui- 
même  très  imparfait,  et  il  était  nécessaire,  en  bien  des  parties,  d'en 
reconstituer  le  sens  altéré  par  un  copiste  maladroit.  M.  Mortet  s'est 
acquitté  avec  succès  de  cette  première  obligation. 

n  Restait  à  déterminer  le  caractère  de  chacun  des  articles  dont  le  livre 
se  compose.  Le  Livre  des  constitucions  n'est  point,  en  effet,  comme  le 
titre  semblerait  l'indiquer,  un  recueil  spécial  au  Châtelet;  c'est  un 
manuel  pratique,  un  formulaire  dressé  par  un  praticien  pour  l'usage  des 


(;05 

parties  qui  avaient  un  proccs  soit  en  cour  seigneuriale,  soit  en  cour 
royale  du  Pays  de  France.  Or,  durant  la  période  à  laquelle  correspond  le 
Livre  des  conslitucions,  se  pratiquait  encore  dans  les  justices  seigneuriales 
une  procédure  qui  déjà  n'existait  plus  dans  les  justices  royales.  A  côté 
des  articles  qui  admettent  le  duel  en  matière  civile  et  en  matière  cri- 
minelle en  cour  de  baronnie,  par  exemple,  on  voit  appliquer  en  cour 
royale  la  procédure  nouvelle  établie  par  Louis  IX.  A  coté  du  débat 
public  et  oral  soumis  à  un  formalisme  rigoureux  dont  les  subtilités 
favorisent  la  mauvaise  foi,  on  rencontre  les  réformes  introduites  par  la 
royauté  et  destinées  à  remplacer  ces  vieux  usages  :  cette  incohérence 
éclate  dans  les  articles  du  Livre  des  constitucions. 

«  M.  Mortet,  par  un  examen  attentif  de  chacun  de  ces  articles,  remet 
chaque  chose  en  sa  place,  détermine  à  quelle  région  et  à  quelle  juridic- 
tion la  procédure  s'applique,  rétablit  chaque  détail  en  son  milieu  et 
nous  fait  assister  ainsi  à  cette  évolution  graduelle  qui  est  une  des 
phases  les  plus  instructives  de  l'histoire  du  droit  en  France. 

«  Une  excellente  préface,  suivie  d'une  table  méthodique  des  matières, 
un  glossaire  très  bien  fait,  achèvent  de  caractériser  cette  excellente 
étude  qui  aurait  pu  être  plus  développée,  mais  qui  avec  plus  de  déve- 
loppement, si  elle  eût  été  d'une  lecture  plus  facile,  n'aurait  pas  été  au 
fond  plus  instructive. 

«  Troisième  mention  honorable.  —  La  troisième  mention  honorable 
est  accordée  à  une  étude  historique  intitulée  :  Jean  7'"",  comte  de  Fuix, 
vicomte  souverain  de  Béarn,  lieutenant  du  roi  en  Languedoc,  par  M.  Léon 
Flourac. 

«  M.  Léon  Flourac,  dans  cet  opuscule,  qui  a  presque  l'étendue  d'un 
livre,  a  mis  en  relief  avec  talent  une  figure  historique  dont  on  ne  s'était 
guère  occupé  jusqu'à  lui.  Le  rôle  joué  par  Jean  I*^"",  comte  de  Foix,  ne 
pouvait  pourtant  être  négligé,  sans  dommage,  par  les  historiens  des 
règnes  de  Charles  YI  et  de  Charles  VIL  Guerres  contre  les  Anglais, 
querelle  dArmagnac  et  de  Bourgogne,  lutte  contre  les  routiers,  agran- 
dissement des  maisons  de  Foix  et  de  Béarn,  tous  les  événements 
importants  qui  se  sont  passés  dans  le  sud-ouest  de  la  France  durant  la 
première  moitié  du  xv^  siècle,  Jean  !'='■  y  a  été  intimement  mêlé.  Mais 
les  documents  manquaient.  On  n'aurait  jamais  pu  se  rendre  compte  du 
véritable  caractère  de  ce  personnage,  si  un  archiviste  consciencieux 
comme  M.  Flourac  n'avait  pris  la  peine  de  recueillir,  dans  les  dépôts  de 
Paris  et  du  midi  de  la  France,  les  documents  épars  qui  s'y  trouvaient 
oubliés.  On  savait  bien  que  Jean  I^"",  de  la  famille  des  Grailly,  alliée 
des  Anglais,  après  as'oir  accepté  une  haute  position  du  roi  de  France, 
avait  noué  avec  Henri  "V  des  relations  coupables.  Sa  politique  équi- 
voque était  flétrie,  mais  sans  que  les  ressorts  secrets  de  sa  conduite 
eussent  été  mis  à  nu,  les  limites  de  sa  déloyauté  nettement  tracées. 
M.  Léon  Flourac  se  présente  à  nous  avec  des  documents  nouveaux  dont 


096 

il  publie  intégralement  le  texte  :  il  les  met  habilement  en  œuvre. 
Jean  I*""  en  sort,  non  réhabilité  assurément,  mais  agrandi.  On  ne  peut 
nier  qu'il  ait  été  un  des  princes  les  plus  remarquables  de  la  maison  de 
Foix  et  que  la  fin  de  sa  vie  ait  racheté  une  partie  des  fautes  de  ses 
débuts.  Revêtu  en  Languedoc  d'un  pouvoir  absolu,  il  y  servit  avec 
énergie  la  cause  royale.  Ses  indécisions  paraissent  moins  choquantes 
au  milieu  des  intrigues  compliquées  de  l'époque;  sa  grande  influence 
paraît  légitimée  par  ses  talents. 

«  L'étude  historique  de  M.  Léon  Flourac  constitue  aujourd'hui  un 
chapitre  important  de  l'histoire  du  Béarn  et  des  provinces  sur  lesquelles 
s'exerçait  l'autorité  des  comtes  de  Foix.  Le  livre  est  intéressant  et  ins- 
tructif. Plusieurs  points  obscurs  de  la  fin  du  règne  de  Charles  VI  et  du 
commencement  du  règne  de  Charles  VII  y  sont  élucidés.  M.  Flourac  a 
rendu  un  véritable  service  à  la  science.  La  commission  aime  à  le 
constater. 

«  Quatrième  mention  honorable. —  La  publication  de  documents  iné- 
dits, tâche  modeste,  mais  si  éminemment  utile,  a  toujours  été  encou- 
ragée par  l'Académie.  M.  Paul  Guérin  doit  à  un  mérite  de  ce  genre 
l'honneur  d'obtenir  la  quatrième  mention  honorable.  Le  deuxième 
volume  ^  du  Recueil,  des  documents  concernant  le  Poitou,  envoyé  au  con- 
cours par  cet  habile  et  laborieux  paléographe,  met  à  notre  disposition 
une  série  de  pièces  inédites  concernant  cette  province,  tirées  des  registres 
de  la  chancellerie  de  France,  dont  l'ensemble  a  une  réelle  importance. 
Ce  volume  fait  suite  à  un  volume  envoyé  à  un  concours  antérieur  :  il 
le  complète. 

«  Les  pièces  publiées  aujourd'hui  embrassent  une  période  de  près  d'un 
demi-siècle  (1302-1348).  Une  introduction,  où  sont  mis  en  relief  le  carac- 
tère et  la  valeur  des  documents,  une  table  des  noms  de  personnes  et  de 
lieux  de  près  de  cinquante  pages  en  rendent  le  maniement  facile. 

«  Le  plus  grand  nombre  de  ces  pièces  est  en  langue  vulgaire ,  les 
autres  en  latin.  Les  unes  et  les  autres  sont  reproduites  avec  la  plus 
grande  exactitude. 

«  Un  homme  du  mérite  de  M.  Paul  Guérin  ne  se  serait  pas  imposé  ce 
labeur  ingrat  en  apparence,  s'il  n'avait  eu  conscience  qu'il  faisait  en 
cela  œuvre  non  de  simple  curiosité,  mais  de  patriotisme.  Le  XIIP  volume 
des  archives  du  Poitou  a  trait,  en  effet,  à  une  des  époques  les  plus 
émouvantes  de  notre  histoire.  Nous  y  trouvons  une  foule  de  détails  iné- 
dits concernant  la  guerre  des  Anglais  dans  cette  province  au  xiv'  siècle, 
un  contrôle  utile  des  récits  contemporains  dont  M.  Guérin  a  pu  rectifier 
les  erreurs  à  plusieurs  reprises. 

«  Entre  les  faits  de  guerre  qu'éclaire  la  nouvelle  publication,  il  faut 

1.  Ce  volume  est  le  treizième  de  la  publication  intitulée  :  Archives  historiques 
du  Poitou. 


(597 

particulièrement  signaler  la  campagne  du  comte  de  Derby  (septembre- 
octobre  1346),  dont  les  conséquences  pesèrent  pendant  plusieurs  années, 
d'une  façon  désastreuse,  sur  le  haut  Poitou.  Mais  c'est  surtout  à  l'his- 
toire de  la  terrible  journée  où  le  roi  Jean  fut  fait  prisonnier  que  les 
documents  recueillis  par  M.  Guérin  apportent  des  matériaux  précieux. 
Grâce  à  eux,  nous  pouvons  suivre  la  marche  des  événements  militaires 
dont  la  funeste  bataille  de  Poitiers  fut  la  conséquence,  et  nous  mieux 
expliquer  les  causes  de  notre  défaite.  On  ne  saurait  trop  remercier 
M.  Guérin  de  son  dévouement  à  la  science... 

«  Sixième  mention  honorable.  —  Avec  la  sixième  mention,  nous  ne  sor- 
tons pas  de  Normandie.  De  Rouen  nous  passons  à  Caen,  où  nous  con- 
duit M.  le  comte  Amédée  de  Bourmont.  La  Fondation  de  l'Université  de 
Caen  et  son  organisation  au  JF"  siècle  est  un  livre  bien  fait,  très  net, 
très  précis,  s'appuyant  sur  de  bons  documents,  dont  personne  jusqu'ici 
n'avait  encore  pu  faire  usage.  M.  de  Bourmont  les  a  eus  à  sa  disposi- 
tion, il  les  publie  et  en  tire  un  excellent  parti. 

«  Les  Anglais,  maîtres  de  la  ville  depuis  1417,  l'avaient  vue  se  dépeu- 
pler. Vingt-cinq  mille  habitants,  disent  les  historiens,  s'étaient  expa- 
triés pour  demeurer  Français.  Il  fallait  repeupler  la  grande  cité  déserte. 
C'est  dans  ce  dessein  que  Henri  V  la  dota  d'une  Université.  Une  autre 
pensée  poUtique  le  guidait,  l'amoindrissement  de  l'Université  de  Paris, 
qui  réclama,  mais  ne  fut  point  écoutée.  La  fondation,  qui  date  de  1432, 
réussit.  Il  semble,  au  premier  abord,  qu'elle  n'eût  pas  du  survivre  à  la 
domination  anglaise.  Mais,  quand  vint  le  jour  de  la  délivrance,  trop 
d'intérêts  locaux  étaient  attachés  à  l'institution  nouvelle  pour  que  les 
rois  de  France  osassent  y  toucher.  L'Université  de  Caen  continua  donc 
à  vivre  à  côté  des  vieilles  Universités  de  Paris  et  d'Orléans,  dont  elle 
avait  diminué  l'importance. 

«  On  savait  tout  cela.  Les  détails  de  l'organisation  intérieure  sous 
le  double  régime  anglais  et  français  étaient  mal  connus.  Ces  détails,  un 
■  document  presque  officiel,  le  Matrolorje  de  l'Université,  les  contenait. 
Mais  ce  précieux  manuscrit,  aujourd'hui  propriété  de  la  ville  de  Caen,  à 
laquelle  un  généreux  collectionneur,  M.  Mancel,  l'a  légué,  n'avait  pu 
être  utilisé  jusqu'ici.  M.  Amédée  de  Bourmont  s'est  chargé  de  ce  soin 
avec  une  méritoire  intelligence.  Il  a  rapproché  du  Matrologe  quelques 
autres  documents  intéressants  dont  l'existence  était  restée,  jusqu'à  ce 
jour,  inconnue.  Il  donne  le  tout  au  public  avec  une  analyse  exacte 
des  pièces  et  une  bonne  table.  On  peut  regretter  que  M.  de  Bourmont 
n'ait  pas  un  peu  élargi  le  cadre  de  son  sujet.  Une  comparaison  entre  les 
statuts  de  l'Université  de  Caen  et  les  statuts  des  vieilles  Universités  de 
Paris  et  d'Orléans  aurait  ajouté  à  l'intérêl  de  son  travail. 

«  La  Fondation  de  l'Université  de  Caen  et  son  organisation  au  XV'  siècle 
n'en  est  pas  moins  un  très  bon  livre. 

4G 


698 

«  Vous  n'auriez  pas,  messieurs,  une  idée  exacte  de  l'importance  du 
concours  si  nous  arrêtions  ici  notre  rapport. 

«  Dans  le  choix  des  œuvres  dont  nous  venons  d'analyser  le  mérite, 
votre  Commission  a  été  guidée  par  la  nouveauté  des  résultats  obtenus, 
la  sûreté  de  la  méthode,  le  talent  d'exposition.  Mais  ces  excellents  tra- 
vaux ne  sont  pas  les  seuls  dignes  de  vous  être  signalés,  les  seuls  que 
l'on  puisse  considérer  comme  ayant  fait  faire  un  progrès  réel  à  la 
science.  Plusieurs  autres,  dans  un  concours  moins  fort,  auraient  cer- 
tainement reçu  des  mentions.  Vous  ne  trouverez  pas  mauvais  que  nous 
attirions  sur  leurs  auteurs  votre  attention  bienveillante. 

«  ,1e  ne  veux  pas  parler  seulement  de  la  Vie  de  Jeanne  de  France, 
duchesse  d'Orléans  et  de  Berrij,  œuvre  de  M.  de  Maulde,  auquel  l'Aca- 
démie française  a  accordé  le  second  prix  Gobert  et  qui  devait  par  ce 
fait  seul  être  retiré  du  concours  des  antiquités  de  la  France;  mais  je 
citerai,  à  la  demande  des  rapporteurs  : 

«  1"  L'Introduction  au  catalogue  des  actes  de  Mathieu  II,  duc  de  Lorraine 
(1220-1251),  manuscrit  anonyme  portant  pour  devise  :  Prenez,  prenez...  » 

—  A  la  séance  annuelle  de  l'Académie  des  sciences  morales  et  poli- 
tiques, tenue  le  8  novembre,  le  président,  M.  Nourrisson,  a  annoncé 
dans  les  termes  suivants  le  prix  décerné  à  notre  confrère  M.  Félix 
Rocquain  : 

«  C'est  la  première  fois  que  l'Académie  a  eu  à  disposer  du  prix 
annuel  de  cinq  mille  francs  fondé  par  M.  Joseph  Audiffred  en  faveur  de 
l'ouvrage  imprimé  «  le  plus  propre  à  faire  aimer  la  morale  et  la  vertu 
«  et  à  faire  repousser  l'égoïsme  et  l'envie,  ou  à  faire  connaître  et  aimer 
«  la  patrie.  »  Dans  le  grand  nombre  de  volumes  qu'elle  a  reçus,  l'Aca- 
démie a  fixé  son  choix  sur  ceux  de  MM.  Félix  Rocquain,  James  Darme- 
steter  et  Paul  Bourde. 

«  C'est  une  série  de  publications  que  lui  a  présentées  M.  Rocquain  : 
VEsprit  révolutionnaire  avant  la  Révolution,  l'État  de  la  France  avant  le 
48  brumaire.  Napoléon  /"  et  le  roi  Louis,  Études  sur  l'ancienne  France, 
Boni  face  VIII  et  Philippe  le  Bel.  D'une  érudition  puisée  le  plus  souvent 
aux  sources  et  d'une  pénétrante  critique,  il  a  paru  que  ces  ouvrages, 
bien  qu'un  peu  disparates,  répondaient  tous  néanmoins  aux  intentions 
de  M.  Audiffred;  car  tous  évidemment  ils  tendent  à  faire  connaître 
la  patrie...  » 

(Suit  l'appréciation  de^  ouvrages  de  MM.  Darmesteter  et  Bourde.) 

«  Eu  égard  à  l'importance  inégale  de  ces  publications,  l'Acadé- 
mie partage  inégalement  aussi  entre  leurs  auteurs  la  somme  de  six 
mille  francs,  à  laquelle,  par  addition  d'une  première  avance,  s'élève 
aujourd'hui  le  prix  Audiffred.  Elle  accorde  un  prix  de  trois  mille  francs 
à  M.  Félix  Rocquain  et  deux  prix  de  quinze  cents  francs,  l'un  à 
M.  James  Darmesteter,  professeur  à  l'École  des  hautes  études,  l'autre  à 
M.  Paul  Bourde.  » 


699 

—  Le  26  décembre  1884,  notre  confrère  M.  Louis  Rlancard,  archiviste 
du  département  des  Bouches-du-Rhône,  a  été  élu  correspondant  de 
l'Académie  des  inscriptions  et  bollos-lcttres. 

LES  ARCHIVES  DU  ROYAUME  DE  HONGRIE. 

Sous  le  titre  de  Lois  et  Règlements  concernant  les  archives  du  royaume 
de  Hongrie,  M.  le  D'  Jules  de  Pauler,  archiviste  du  royaume,  a  eu 
l'idée  de  réunir  en  une  brochure  et  de  publier  quelques  documents 
traduits  du  hongrois,  qui  nous  font  connaître  l'organisation  des 
archives  qu'il  dirige.  (Budapest,  imprimerie  royale  de  l'État  hongrois, 
1884;  in-8<',  31  pages.) 

Gréées  par  l'article  45  des  lois  de  1723,  qui  centralisait  en  un  seul 
lieu  toutes  les  archives  de  la  monarchie  de  Saint-Etienne,  elles  n'ont 
été  organisées  qu'un  siècle  et  demi  après,  par  le  décret  de  1875,  et  c'est 
seulement  le  §  13  des  lois  de  1883  qui  a  réglé  les  conditions  particulières 
exigées  des  employés  des  archives  du  royaume.  Nul  ne  peut  y  être 
admis  sans  avoir  subi  un  examen,  qui  porte  notamment  sur  l'histoire 
de  Hongrie,  la  paléographie  hongroise  et  latine,  la  diplomatique  et  le 
droit  civil  et  canonique  (document  n°  8,  décret  de  1877).  Le  recrutement 
des  employés  se  fait  par  les  élèves-archivistes,  qui  sont  nommés  par  le 
ministre  de  l'intérieur  sur  la  présentation  de  leurs  diplômes  universi- 
taires et  se  préparent  par  un  service  préliminaire  dans  les  archives  à 
aborder  l'examen  dont  nous  venons  de  parler  (décret  n°  9). 

Quant  à  l'organisation  même  des  archives,  nous  trouvons,  sous  forme 
de  lettre  à  M.  J.  de  Pauler  (n»  3),  le  règlement  concernant  le  fonction- 
nement des  archives,  mis  en  vigueur  à  partir  du  l^r  mars  1875.  Il 
expose  les  conditions  dans  lesquelles  ont  lieu  les  communications  aux 
administrations  et  aux  particuliers.  Toutes  se  font  sur  demande  écrite, 
comme  en  France;  mais  de  grandes  précautions  sont  prises  pour  la 
communication  des  documents  originaux,  tels  que  les  lois  et  les  rescrits 
royaux, 

La  brochure  renferme  encore  : 

4»  Le  règlement  d'ordre  intérieur  en  11  articles  sur  le  service  des 
archives,  1879  (règles  administratives). 

5°  Le  règlement  relatif  aux  copies  délivrées  aux  particuliers  par  les 
archives  du  royaume  et  aux  taxes  perçues  pour  ces  copies  (1 1  jauv.  1879). 
La  taxe  des  copies  est  graduée,  en  raison  de  l'ancienneté  des  écritures, 
depuis  1  florin  jusqu'à  3  florins  la  première  page,  et  depuis  20  jusqu'à 
40  kr.  pour  les  suivantes.  La  collation  se  paye  en  sus.  Les  archives  ne 
délivrent  aucune  empreinte  de  sceau. 

Le  règlement,  en  18  articles,  .sur  la  communication  des  pièces  au 
public  (n°  6,  rendu  exécutoire  à  partir  du  1"  janvier  1881),  est  inflniment 
moins  libéral  que  le  nôtre,  puisque  personne  ne  peut  avoir  à  la  fois  plus 


700 

de  25  pièces  et  que  pour  avoir  des  liasses  et  des  cartons  entiers  il  faut 
une  autorisation  spéciale  de  l'archiviste  du  royaume. 

Le  7'^  article  est  relatif  aux  documents  exposés  dans  les  salles  de  la 
section  diplomatique,  qui  paraît  être  une  sorte  de  musée  paléographique. 

Les  archives  de  Hongrie  sont  formées  de  la  réunion  des  archives  de 
la  chancellerie,  de  la  lieutenance,  du  gouvernement  de  la  Transylvanie, 
des  Palatins  et  des  archives  nationales  {archivum  regnicolare).  On  y  a 
joint,  de  1876  à  1882,  les  archives  du  trésor  public,  les  archives  du  fisc 
de  Transylvanie,  les  archives  du  gouvernement  de  Fiume,  les  archives 
de  la  cour  royale,  les  archives  nationales  de  Transylvanie,  du  chapitre 
de  Gyulafehérvâr  et  celles  dites  conventuelles  de  Kolos  Monostor. 

Le  personnel  définitif,  tel  qu'il  est  fixé  dans  le  rapport  du  ministre 
de  l'intérieur  de  1878  (il  n'est  pas  encore  complet  en  1884)  comprendra 
dix-sept  personnes,  savoir  :  l'archiviste,  quatre  vice-archivistes,  douze 
rédacteurs  ou  commis  et  six  garçons  de  bureau.  Le  total  de  leurs 
appointements  sera  de  28,860  florins,  soit  72,150  fr.,  en  y  comprenant 
les  indemnités  de  logement  et  d'habillement  pour  les  garçons  de  bureau. 

En  remerciant  M.  J.  de  Pauler  de  son  intéressante  communication, 

nous  exprimerons  le  regret  qu'il  n'ait  pas  mentionné  le  nombre  des 

articles  des  fonds  qui  composent  les  archives  confiées  à  sa  garde,  afin 

nue  l'on  puisse  mieux  en  apprécier  l'importance. 

^     .        ^  A.  Bruel. 

EXPÉRLENGES  DÉMONTRANT  LA  HAUTE  ANTIQUITÉ 
DU  PAPIER  DE  CHIFFE. 

Un  article  inséré  par  M.  Briquet  dans  le  Journal  de  Genève  du 
29  octobre  1884  (la  Légende  paléographique  du  papier  de  coton)  démontre 
la  haute  antiquité  du  papier  de  chiffe  et  rend  très  douteuse  l'existence 
d'un  papier  de  coton. 

Après  avoir  exposé  les  efforts  tentés  depuis  le  siècle  dernier  par 
Meermann  et  d'autres  savants  pour  établir  en  quoi  le  papier  de  chiffe 
différait  du  papier  dit  de  coton,  M.  Briquet  raconte  ses  propres 
expériences,  fondées  sur  l'examen  au  microscope  des  fibres  qui  com- 
posent le  papier.  «  Vues  à  l'aide  d'un  fort  grossissement,  les  fibres 
du  chanvre  et  du  lin  se  manifestent  sous  la  forme  de  petits  cylindres 
généralement  cannelés,  striés  ou  fissurés  dans  le  sens  de  la  lon- 
gueur, avec  des  renflements  fréquents  ou  des  nodosités  qui  leur 
donnent  l'apparence  du  bambou.  Les  fibres  du  coton,  au  contraire,  se 
montrent  sous  la  forme  de  rubans  aplatis  dont  les  bords  se  terminent  en 
bourrelets  ;  elles  sont  habituellement  longues,  brillantes  et  tordues  en 
spirales.  Pour  quiconque  a  pris  la  peine  de  les  examiner  quelquefois 
avec  attention,  ces  deux  fibres  se  distinguent  immédiatement.  L'emploi 
de  la  lumière  polarisée  vieot  encore  ajouter  de  nouveaux  caractères  dis- 


704 

tinctifs  entre  les  fibres  de  coton  et  celles  de  lin  ou  de  chanvre,  de  telle 
sorte  qu'on  possède  maintenant,  et  cela  depuis  bien  des  années,  un 
moyen  scientiflque  certain  de  distinguer  le  papier  de  coton  de  celui  de 
chiffe.  » 

M.  Briquet,  en  étudiant  les  filigranes  des  papiers  employés  en  Suisse 
pendant  le  moyen  âge,  avait  remarqué  que  la  plupart  des  documents 
conservés  dans  les  archives  de  ce  pays  avaient  été  écrits  exclusivement 
sur  papier  de  chiffe.  Il  étendit  alors  son  examen  aux  manuscrits  con- 
servés dans  les  bibliothèques  de  Berne,  Genève,  Bàle,  Zurich  et  Saint- 
Gall;  il  se  trouva  qu'aucun  de  ces  manuscrits  n'était  de  papier  de  coton; 
la  plupart  étaient  de  papier  de  chiffe  filigrane,  et  ces  filigranes  attes- 
taient en  général  une  origine  italienne.  Tel  fut  le  cas  des  manuscrits 
1313,  1714  et  1715  de  Saint-Gall,  désignés  dans  les  catalogues  imprimés 
comme  étant  écrits  sur  papier  de  coton.  L'examen  au  microscope  des 
manuscrits  de  papier  non  filigrane  produisit  le  même  résultat;  il  fut 
démontré  qu'ils  étaient  de  papier  de  chiffe.  En  dernier  lieu,  M.  Briquet 
s'est  procuré  divers  échantillons  de  manuscrits  conservés  en  France,  en 
Italie  et  à  Berlin,  allant  du  xi«  au  xm»  siècle,  et  qu'on  estime  généra- 
lement être  en  papier  de  coton  Voici,  d'après  le  Journal  de  Genève,  la 
liste  de  ces  documents. 

Archives  nationales,  musée  ; 

N»  311  :  Commissaires  royaux  et  inquisiteurs  de  la  Foi;  interroga- 
toire des  Templiers,  Garcassonne,  1307. 

N°  306  :  Guillaume  de  Nogaret;  coutumes  de  Figeac,  1302. 

N»  281  :  Commissaires  royaux  en  Toulousain,  1272  à  1274. 

N^s  248  a  et  248  b  :  Enquêteurs  royaux,  1248. 

Bibliothèque  nationale  :  mss.  grecs  194  a  et  154;  ms.  latin,  nouv. 
acq.,  1296. 

Archives  de  Bologne,  un  ms.  de  1274. 

Archives  de  Fabriano,  minutes  de  1273. 

Archives  d'Udine,  registre  de  1259. 

Archives  de  Venise,  Liber  plegiorum,  de  1223. 

Archives  de  Gênes,  registre  du  notaire  Giovanni  Scriba,  de  1154. 

Bibliothèque  royale  de  Berlin,  ms.  oriental  in-4'',  n»  107,  de  1032. 

M.  Briquet  affirme  qu'aucun  de  ces  manuscrits  n'est  en  papier  de 
coton,  que  tous  sont  en  papier  de  chiffe  bien  caractérisé,  la  plupart 
de  chanvre,  quelques-uns  de  lin.  Les  plus  anciens  sont  tous  collés  à 
la  résine;  la  gélatine,  parfois  mêlée  de  gomme  adragante  et  de  résine, 
ne  fait  son  apparition  dans  les  documents  ci-dessus  désignés  qu'à 
partir  de  1248  (musée  -"es  archives,  enquêteurs  dans  la  sénéchaussée  de 
Beaucaire) . 

De  tout  ce  qui  précède,  l'auteur  conclut  :  1°  qu'il  n'a  jamais  vu  de 
manuscrit  sur  papier  de  coton,  et  qu'on  attendant  de  pouvoir  la  nier,  on 
doit  mettre  en  doute  l'existence  de  ce  papier  ;  2°  que  le  papier  de  chiffe 


702 

a  été  en  usage,  non  pas  seulement  dès  le  xiv^  siècle,  mais  dès  le  xi^;  3° 
que  le  terme  de  papier  de  coton  a  été  pris,  dans  l'origine,  pour  désigner 
une  apparence  extérieure,  et  non  pas  une  composition  chimique  du  papier. 
Les  faits  indiqués  par  M.  Briquet  paraissent  certains,  et  il  n'est  pas 
probable  que  son  opinion  soit  démentie  par  des  expériences  ultérieures. 

Élie  Berger. 

COPIE  DE  JUVÉNAL 

OFFERTE   AU    CHANCELIER   PIERRE    DORIOLLE. 

A  l'exposition  rétrospective  qui  a  eu  lieu  en  1882  au  palais  de  l'In- 
dustrie, M.  Claudin,  libraire,  avait  bien  voulu  faire  figurer  un  manus- 
crit de  Juvénai  dont  l'existence  mérite  d'être  signalée.  Voici  la  notice 
que  nous  en  avions  prise  au  moment  de  l'exposition  : 

Les  satires  de  Juvénai,  avec  notes  marginales  et  interlinéaires. 

Copie  de  la  seconde  moitié  du  xv«  siècle,  qui  se  termine  ainsi  : 

Decimi  Junii  Juvenalis  Aquinatis 

Satyrarum  liber  finit  féliciter 

Erhardus  D.  J.  Juvenalis  cullori  f.  optât. 

Ecce  parens  satyr.  princeps  Eliconis  et  auctor 
In  pravos  mittens  tela  severa  note. 

En  tête  de  la  première  page  du  texte,  miniature  représentant  le  chan- 
celier de  France  assis  sur  un  banc  fleurdelisé,  derrière  lequel  se  tiennent 
debout  six  personnages.  Au  premier  plan,  une  table  basse  sur  laquelle 
est  le  coffret  renfermant  les  sceaux;  autour  de  la  table,  quatre  petits 
clercs  s'occupent  à  collationner  et  à  sceller  une  charte.  Dans  l'angle 
gauche  de  la  miniature,  un  clerc  à  genoux  tenant  un  enfant  par  la  main 
présente  un  volume  au  chancelier. 

Qu'on  ait  voulu  figurer  ici  la  présentation  d'un  livre  au  chancelier 
Pierre  Doriolle,  c'est  ce  qui  résulte  d'une  pièce  de  vers  inscrite  sur  l'un 
des  feuillets  préliminaires  et  dont  voici  le  texte  : 

Paslores  hedera  crescentera  ornate  poetam 
Iliades,  ut  sic  valeam  tua  dicere  fata. 
Estuat  illa  dies,  totura  mihi  ferre  per  orbem 
Rivos  tis  laudis,  unde  tolus  fluit  aer 
Recte  de  te  laudes,  usque  ad  sydera  notus. 
Ergo  alacris  cape  que  mitto  libi  corde  benigno, 
Dans  nam  corde  bono,  meraor  et  sis  illius  ergo. 
Omnia  nunc  rident,  grandis  tibi  cedit  Amintas, 
Rectus  0  felixque  tuis,  sic  insère  nunc  nunc 
Insère,  pascentem  8ervabit  Titirus  hedura. 
Omnibus  hic  erit  unus  honos  quod  ipsa  Miaerva 
Ludere,  qua  velit,  calamo  permittil  agresli. 


703 

Littera  Carmentis  pascit  nunc,  littera  prisci 
EtMaronis  opus  philos  Us  iindiquc  ccrnit, 
Cernit  babunde  salis,  nam  pressi  copia  laclis, 
Hic  in  umbra  lentus  pascenteni  imbu  il  illum 
Assidue,  precor  bine  sunl  nobis  milia  poma. 
Nunc  frondent  silve,  nunc  omnis  parturit  arbos. 
Canlabis  mecuni,  stabis  sic  magnus  Apollo. 
Et  luctum  et  curam  efugies,  et  tempora  vite 
Longa  tibi  posl  bec  lato  meliore  dabunlur. 
Justicieque  tenax,  faclis  insignis  et  equus 
Expeclatus  multos,  tandem  Gallia  cum  te 
Rectorem  sumpsit,  gentes  et  dans  frenare  superbas. 
Dignus  justicie  solium  tu  solus  habere, 
Et  recte  populi  dubias  discernere  causas 
Francorum  decet.  Ile  voces  ad  sydera  jactant 
Rupes,  boc  montes  feri  silveque  loquuntur 
Alcius,  alque  cadunt  summolis  nubibus  ymbres. 
Nunc  ad  te  et  tua,  magne  paler,  consulta  revertor; 
Carmina  suspicias.  Vivas  cum  Jove  beatus. 
Eurus  stat,  pupis  currens  ad  littora  venit. 
Vale,  vale,  inquit  YoUa. 

En  prenant  l'initiale  de  chacun  de  ces  vers,  on  obtient  les  mots  : 
PIERRE  DORIOLLE  CHANCELIER  DE  FRANCE. 

Le  Juvénal  offert  au  chancelier  Pierre  Doriolle  est  un  volume  dont  les 
feuillets  ont  O^^SGO  de  hauteur  et  0^215  de  largeur. 

—  Une  souscription  est  ouverte  à  la  librairie  Maisonneuve  (quai  Vol- 
taire, n»  25,  à  Paris)  pour  la  publication  de  l'ouvrage  de  M.  Ilaillant, 
d'Épinal,  intitulé  :  Essai  sur  un  patois  vosgien.  Dictionnaire  phonctique  et 
éty œnologique.  L'ouvrage  formera  deux  volumes  in-8%  chacun  de  250  à 
300  pages.  Le  prix  de  souscription  à  l'ouvrage  complet  est  de  6  francs. 

—  Le  commandeur  Carlo  Lozzi,  directeur  de  la  revue  bibliographique 
il  Bibliofilo,  qui  paraît  tous  les  mois  à  Rologne,  annonce  la  prochaine 
publication  d'un  répertoire  qui  formera  deux  gros  volumes  in-8oetdont 
le  caractère  est  bien  défini  par  le  titre  :  Statuti  e  Storie  municipali  e 
Libri  e  Opuscoli  d'  ogni  génère  antichi  e  moderni  riguardanti  l'Italia, 
posseduti  e  analiticamente  descritti  coi  relativi  prezzi  da  Carlo  Lozzi. 

Le  prix  de  ces  deux  volumes,  fixé  à  vingt  livres,  sera  réduit  à  neuf 
livres  pour  les  abonnés  à  la  revue  il  Bibliofilo. 

—  M.  Louis  Richard  nous  communique  une  note  additionnelle  sur  la 
Chronique  des  tribulations  franciscaines  que  renfermait  le  dernier 
cahier  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  : 

«  Mon  article  sur  la  Chronique  des  tribulations  franciscaines  était 
imprimé,  lorsque  j'ai  appris  que  M.  Ilufler,  le  professeur  de  Prague, 
connaissait  depuis  longtemps  l'existence  de  cette  chronique.  Il  l'a 
signalée  en  termes  assez  vagues  dans  deux  de  ses  ouvrages.  Die  rôma- 


704 

nische  Welt  (Vienne,  1878),  p.  96,  et  Aus  Avignon  [Abhandlungen  der  K. 
Bôhni.  Gesellschaft  der  Wissenschaften,  sechste  Folge,  2.  Band),  p.  32. 
Quelques  extraits  de  cette  chronique  ont  été  faits  dès  1836  par  M.  Hôfler, 
qui  les  a  remis  à  M.  Dôllinger,  lequel  doit  les  imprimer  dans  un  volume 
A.'Urkunden  zur  Geschichte  der  Secten  im  Mittelalter .  Ce  volume  n'a  pas 
encore  paru. 

«  J'ai  pu  également  me  convaincre,  dans  un  récent  voyage  à  Rome, 
qu'il  a  existé  dn  registre  de  Célestin  V.  Des  fragments  en  sont  conser- 
vés dans  les  Miscellanea  des  archives  du  Vatican.  » 

—  Au  moment  où  nous  mettons  sous  presse,  nous  recevons  la  nou- 
velle de  la  mort  de  M.  Léon  Lacabane,  professeur-directeur  honoraire 
de  l'École  des  chartes,  président  honoraire  de  la  Société  de  l'École  des 
chartes. 


TABLE. 


Pages 

Dispiitatio  Mundi  et  Religionis.  Poème  de  Gui  de  la  Marche, 
publié  par  B.  Hauréau 5 

Inventaire  du  trésor  du  saint -siège  sous  Boniface  VIII 
(1295),  publié  par  Emile  Molinier  (suite) 31 

Notice  sur  les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  publique  de 
Pontarlier  (Doubs),  par  Jules  Gauthier 58 

Lettres  missives  tirées  des  archives  de  Belgique,  concernant 
l'histoire  de  France,  1317-1324.  Communication  de  M.  Ale- 
xandre Pinchart ,  chef  de  section  aux  archives  du  royaume 
de  Belgique 73 

Note  sur  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  d'Arezzo,  par 
G.  Kohler 141 

Catalogue  du  fonds  Bourré  à  la  Bibliothèque  nationale,  par 
.T.  Vaesen  (suite) 152,  488 

Philippe  le  Bel  et  la  maison  de  Luxembourg,  par  Eugène 
Welvert 180 

Testament  de  Jacques  do  Tarente,  dernier  empereur  de  Cons- 
tantinople,  en  faveurdc  Louis  d'Anjou  (15  juillet  1383),  publié 
par  B.  Bisson  de  Sainte-Marie 189 

Comptç  du  trésor  du  Louvre  (Toussaint  1296),  publié  par 
Julien  Havet 237 

Deux  lettres  df?  Bertrand  du  Guosclin  ot  de  Jean  le  Bon, 
comte  d'Angoulème,  1368  et  li-li.  Lettre  à  M.  Alfred  Maury, 
par  Léopold  Delisle 3*^^* 

La  formule  rex  Francorum  et  dux  Aquitanorum  dans  les  actes 
de  Louis  VII,  par  Élie  Berger 305 


706 

Notes  sur  les  manuscrits  grecs  du  British  Muséum,  par 
H.  Omont 314,  584 

Jules  Tardif,  par  Eugène  Lelong 437 

Le  plus  ancien  manuscrit  du  Miroir  de  saint  Augustin,  par 
Léopold  Delisle 478 

Un  réfugié  à  Jérusalem   au  vi^  siècle  de  notre  ère,  par 
G.  Kohler 515 

La  Chronique  des  tribulations  franciscaines,  par  L.  Richard  523,  703 

Notice  sur  la  vie  et  les  ouvrages  de  Rigord,  moine  de  Saint- 
Denis,  par  H. -François  Delaborde 585 

'  Rapport  sur  une  mission  philologique  à  Valence,  par  Alfred 
Morel-Fatio 615 

Charte  de  pariage  de  Jean,  sire  de  Joinville,  avec  l'abbé  de 
Saint-Mansuy  de  Toul  (décembre  1264),  par  A.  Bruel    ...  655 


OUVRAGES  ANALYSÉS 

DANS    LE    BULLETIN   BIBLIOGRAPmQUE. 

Adams,  Methods  of  historical  study  (compte  rendu  par  Ad. 
Tardif) 351 

Annual  Report  of  the  deputy  keeper  of  the  public  records    .     .  104 

Barthélémy  (E.  de).  Notes  de  M.  de  Caumartin  (comte  de 
Marsy) 100 

BoN^fALOT,  le  Tiers  État  d'après  la  charte  de  Bcaumont  et  ses 
filiales  (Maurice  Prou) 381 

Bosc^  Dictionnaire  de  l'art,  de  la  curiosité  et  du  bibelot  (H.  de 
Gurzon) 377 

Boucher  de  Molandon  ,  Inscriptions  tumulaires  des  XI^  et 
XII^  siècles  à  Saint-Benoît-sur-Loire  (R.  de  Maulde)    ....  549 

—  la  Maison  de  Jeanne  d'Arc  à  Domremy  (R.  de  Maulde) .     .  549 

Catalogo  délia  libreria  Pandolfini  (L.  Delisle) 101 

Ghantelauze,  Louis  XVII  (H.  de  Curzon) 87 

Corroyer,  Description  de  l'abbaye  du  Mont-Saint-Michel  (H,  de 

Gurzon) 95 

—  Guide  descriptif  du  Mont~Saint- Michel  (H.  de  Gurzon)  .     .  95 

Curiosités  (les)  de  Paris  (H.  de  Curzon) 94 

Drioux,  Étude  économique  et  juridique  sur  les  associations 

(P.  Bonnassieux) 378 

Duhamel,  les  Architectes  du  palais  des  papes  (Maurice  Faucon).  664 

—  les  Origines  du  palais  des  papes  (Maurice  Faucon)    .     .     .  664 
Du  Marché,  Reproductions  photographiques  de  documents  ori- 
ginaux qui  reposent  aux  archives  de  VAin  (L.  Delisle) ....  82 


% 


707 

Fabié,  Don  Rodrigo  de  VUlandrando,  conde  de  Hibadeo  (Alfred 
Morel-Fatio) 372 

Flourao,  Jean  /«■•,  comte  de  Foix,  vicomte  souverain  de  Béarn 
(Paul  Durrieu) 062 

Franklin,  les  Armoiries  des  corporations   de  Paris    (H.   de 
Curzon) 669 

—  les  Corporations  ouvrières  de  Paris  (H.  de  Curzon)  .     .     .  669 

Gautier  (Léon),  la  Chevalerie  (H.  de  Curzon) 358 

Germain,  Brin  et  Corroyer,  Saint  Michel  et  le  mont  Saint- 
Michel  (H.  de  Curzon) 

GoiFFON,  Bullaire  de  l'abbaye  de  Saint-Gilles  (L.  Dclisle)  .     .  20'J 

Gremaud,  Documents  relatifs  à  l'histoire  du   Vallais  (Julien 
Havet) 668 

Guérin,  Recueil  des  documents  concernant  le  Poitou,  contenus 
dans  les  registres  de  la  chancellerie  de  France  (A.  Molinier)    .  369 

Heine.mann  (0.  von),  Die  Handschriften  der  herzoglichen  Diblio- 
thek  zu  Wolfenbiittcl  (L.  Delisle) 672 

Inventaire  sommaire  des  archives  du  département  des  affaires 
étrangères  (L.  Delisle) 82 

Kaltenbrunner,  Rômische  Studien  (Élie  Berger) 362 

Legoy  de  la  Marche,  les  Manuscrits  et  la  Miniature  (L.  De- 
lisle)   

Lindner,  das  Urkundemvesen  Karls  ÏV.  und  seiner  Nachfolger 
(Julien  Havet) 211 

Luchaire,  Histoire  des  institutions  monarchiques  de  la  France 
sous  les  premiers  Capétiens  (Julien  Havet) 84 

Marchegay,  Variétés  historiques  (L.  Delisle) 216 

Marsy  (de)  et  É.   Travers,  Excursion  de  la  Sociélô  française 
d'archéologie  à  l'île  de  Jersey  (marquis  de  Monclar) 671 

Maulde  (R.  de),  Jeanne  de  France,  duchesse  d'Orléans  et  de 
Berry  (B.  de  Mandrot) 

Meyer  (Paul),  Girart  de  Roussillon,  chanson  de  geste  traduite 
powr  ia  première /b!5  (Gaston  Raynaud) 361 

Miltheilungen  des  Instituts  'fur  oesterreichische  Geschichtsfor- 
schung  (Julien  Havet) -13 

Morts  et  Blanc,  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Lérins  (A.  Bruel) .  203 

Palœographical  Society  (L.  Delisle) 533 

Palustre,  la  Renaissance  en  France  (Jules  Guitïrey)     ...  91 

Rey,  les  Colonies  franques  de  Syrie  aiio:  Xll^  et  Xlll''  siècles 
(Gaston  Raynaud^ 376 

Robert  (Ulysse),  Élude  historique  et  archéologique  sur  la  roue 
des  juifs  (Julien  Havet) 212 

ScHMiTZ,  Monumenta  tachygraphica  codicis  Parisicnsis  Latini 
2718  (L.  Delisle) ^1 


671 


86 


708 

ScHUM,  Exempta  codicum  Amplonianorum  Erfurtensium  sae- 
culi  IX-XV  (L.  Delisle) 355 

SoHM,  Lex  Ribuaria  et  Lex  Francorum  Chamavorum  (Julien 
Havet) 202 

Tamizey  de  Larroque,  Voijage  à  Jérusatem  de  Phitippe  de 
Voisins,  seigneur  de  Mo7itaut  (L.  de  Mas  Latrie) 102 

Thibaudeau,  Catalogue  of  the  collection  of  aiitograph  letters, 
etc.,  formed,  etc.,  by  A.  Morrison  (L.Belisle) 196 

[Tholin],  le  Carnet  d'un  franc-tireur 380 

Thomas  (Ant.),  De  Joannis  de  Monsterolio  vita  et  operibus 
(Gaston  Raynaud) 370 

Travers,  les  Normands,  la  chicane  et  la  potence  (comte  A.  de 
Bourmont) 667 

Triger,  Rapport  à  la  Société  d'agriculture,  sciences  et  arts  de 
la  Sarthe  (H.  de  Gurzon) 99 

TuETEY,  les  Allemands  en  France  et  l'invasion  du  comté  de 
Montbéliard  (Siméon  Luce) 661 

Vayra  ,  le  Lettere  et  le  Arti  alla  corte  di  Savoia  net 
secolo  XIV  (L.  Delisle) 101 

ViLLARET  (Amicie  de  Foulques  de),  les  Antiquités  de  Saint- 
Paul  d'Orléans  (Maurice  Prou) 550 

VisiNG,  Sur  la  versification  anglo-normande  (J.  Gouraye  du 
Parc) 675 

Waitz,  Deutsche  Verfassungsgeschichte  (Ad.  Tardif)     .     .     .  857 

Livres  nouveaux 105,  217,  389,  552,  676 

GHRONIQUE. 

ÉCOLE   DES    CHARTES   ET   SOCIÉTÉ    DE   l'ÉCOLE   DES   (Î^ARTES. 

Décret  relatif  à  la  nomination  des  professeurs  de  l'École,  224.  — 
Nomination  d'élèves  de  première  et  de  troisième  année,  687.  —  Exa- 
mens de  fin  d'année,  405.  —  Rapport  de  M.  Delisle,  président  du  conseil 
de  perfectionnement,  sur  les  thèses,  122.  —  Nomination  d'archivistes 
paléographes,  125.  —  M.  de  Mas  Latrie,  professeur  de  diplomatique, 
suppléé  par  M.  Giry,  224.  —  Mort  de  M.  Lacabane,  professeur-direc- 
teur honoraire,  704. 

Bureau  et  commissions  de  la  Société  de  l'École  des  chartes  pour 
ra,nnée  1884-1885,  224.  —  Œuvre  de  secours  des  anciens  élèves  de 
l'École  des  chartes,  416. 

M.  d'Arbois  de  Jubainville,  membre  honoraire  du  comité  des  travaux 
historiques,  415;  mentionné  dans  le  discours  de  M.  Perrot  à  l'Académie 
des  inscriptions,  691.  —  M.  Aubert,  archiviste  paléographe,  125;  sa 


709 

thèse,  122;  surnuméraire  à  la  bibliothèque  Sainte-Geneviève,  415.  — 
M.  Bisson  de  Sainte-Marie,  archiviste  paléographe,  125  ;  sa  thèse,  124. 

—  M.  Blancard,  membre  non  résidant  du  comité  des  travaux  histo- 
riques, 415;  correspondant  do  l'Institut,  G99.  —  M.  Bonnardot,  cbargé 
d'une  mission  à  Trêves  et  à  Luxembourg-,  415.  —  M.  Bonnassieux  : 
récompense  à  l'Académie  des  sciences  morales  et  politiques,  4 1 6  ;  mention 
à  l'Académie  des  inscriptions,  693.  —  M.  Bougenot,  archiviste  paléo- 
graphe, 125  ;  sa  thèse,  123.  —  M.  de  Bourmont  :  mention  honorable  au 
concours  des  antiquités  de  la  France,  415,  692,  697.  —  M.  Bruel, 
membre  de  la  commission  de  comptabilité  de  la  Société  de  l'École  des 
chartes,  224.  —  M.  Brutails,  archiviste  paléographe,  125;  sa  tbèse,  123. 

—  M.   de  Cessac,    archiviste   paléographe,    125;    sa  thèse,  124.    — 
M.    Ghauffier    :    notice   nécrologique    sur   M.    Rosenzweig,    130.   — 
M.  Cicile,  attaché  au  ministère  des  affaires  étrangères,  125.  —  M.  Da- 
reste,  vice-président   de   la  Société  de  l'École   des   chartes,  224.  — 
M.  Delisle  :  rapport  sur  les  thèses  de  l'Ecole  des  chartes,  122;  membre 
de  la  commission  de  publication  de  la  Bibliolhèque  de  l'Ecole  des  chartes, 
224.  —  M.  Deloncle,  archiviste  paléographe,  125;   sa  thèse,  124.  — 
M.  G.  Desjardins,  officier  de  l'instruction  publique,  415.  —  M.  Duche- 
min,   officier  d'académie,  414.  —  M.  Dupont,   membre  de  la  com- 
mission de  comptabilité  de  la  Société  de  l'École  des  chartes,  224.  — 
M,  Durand,  archiviste  de  la  Somme,  415.  —  M.  Faujoux ,  mort  le 
28  mai  1884,  417.  —  M.  Farges,  archiviste  paléographe,  125;  sa  thèse, 
124.  —  M.  Flammermont,  docteur  es  lettres,  225  ;  prix  à  l'Académie 
française,  689.—  M.Flourac  :  mention  honorable  au  concours  des  anti- 
quités de  la  France,  415,  692,  695.  —  M.  Gaillard,  agrégé  d'histoire 
et  de  géographie,  560.  —  M.  L.  Gautier  :  premier  prix  Gobert  à  l'Acadé- 
mie française,  225,  688  ;  docteur  honoris  causa  de  l'université  de  Louvain, 
415.  —  M.  A.  Giry,  chargé  de  suppléer  M.  de  Mas  Latrie,  professeur  à 
l'École  des  chartes,  234.  —  M.  de  Grandmaison,  membre  non  résidant 
du  comité  des  travaux  historiques,  415.  —  M.  Grassoreille,  éditeur  de  la 
Revue  bourbonnaise,  136.  —  M.  P.  Guérin  :  mention  honorable  au  con- 
cours des  antiquités  de  la  France,  415,  692,  695.  —  M.  J.  Guiffrey, 
chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  224.  —  M.  G.  Guigne,  archiviste 
paléographe,  125;  sa  thèse,  122.  —  M.  Guilhiermoz,  secrétaire-adjoint 
de  la  Société  de  l'École  des  chartes,  224.  —  M.  J.  Havet,  membre  sup- 
pléant de  la  commission  de  publication  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes,  224.  —  M.  Hervieu,  sous-préfet d'Avallon,  démissionnaire,  560. 
—  M.  Ilimly,  membre  de  l'Académie  des  sciences  morales  et  politiques, 
415.  —  M.  Kaulek,  officier  d'académie,  414.    —  M.  de  la  Borderie, 
mentionné  dans  le  discours  de  M.  Perrot  à  l'Académie  des  inscrip- 
tions, 691.  —  M.  Lacabane,  décédé,   704.   —  M.   Lacombe,  inspec- 
teur général  des  bibliothèques  et  archives,  130;  officier  d'académie, 


7^0 

415.  —  M.  Langlois,  agrégé  d'histoire  et  de  géographie,  560.  —  M.  de 
Lasteyrie,  membre  de  la  commission  de  publication  de  la  Bibliothèque 
de  l'École  des  chartes,  224.  —  M.  Laurent,  archiviste  paléographe,  125  ; 
sa  thèse,  123.  —  M.  Lebeurier,  correspondant  honoraire  du  comité  des 
travaux  historiques,  415.  —  M.  Lecestre,  secrétaire  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes,  224.  —  M.  E.  Lefèvre-Pontalis,  surnuméraire  à  la 
bibliothèque  Mazarine,  688.  —  M.  Lempereur,  archiviste  paléographe, 
125;  sa  thèse,  123.  —  M.  S.  Luce  :  notice  nécrologique  sur  M.  G.  Fan- 
joux,  417.  —  M.  Maître,  officier  de  l'instruction  publique,  225.  — 
M.  Marais,  archiviste  paléographe,  125;  sa  thèse,  124.  — M.  H.  Martin, 
bibliothécaire  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal,  125.  — M.  de  Mas  Latrie, 
professeur  à  l'École  des  chartes,  suppléé,  234.  —  M.  de  Maulde  :  prix 
Gobert  à  l'Académie  française,  225,  688;,  698.  —  M.  Merlet,  membre  non 
résidant  du  comité  des  travaux  historiques,  415;  mentionné  dans  le 
rapport  sur  le  concours  des  antiquités  de  la  France,  694.  —  M.  Auguste 
Molinier  :  médaille  au  concours  des  antiquités  de  la  France,  135  ; 
bibliothécaire  du  palais  de  Fontainebleau,  688.  —  M.  Emile  Molinier  : 
médaille  au  concours  des  antiquités  de  la  France,  135,  —  M.  Ch.  Mor- 
tet  :  médaille  au  concours  des  antiquités  de  la  France,  415,  691,  694,  — 
M.  Omont,  membre  de  la  commission  de  publication  de  la  Bibliothèque 
de  l'Ecole  des  chartes,  224.  —  M.  Pasquier,  officier  d'académie,  414.  — 
M.  Pélicier  :  médaille  au  concours  des  antiquités  de  la  France,  134.  — 
M.  Prou,  archiviste  paléographe,  125  ;  sa  thèse,  122  ;  membre  de  l'École 
française  de  Rome,  560.  —  M.  Raunié  :  prix  à  l'Académie  française, 
689,  —  M.  Gaston  Raynaud  :  prix  La  Grange  à  l'Académie  des  ins- 
criptions et  belles-lettres,  415,  693.  —  M.  Rébouis,  sous-bibliothécaire 
à  la  bibliothèque  de  l'Université,  125.  —  M.  U.  Robert,  bibliothécaire 
honoraire  à  la  Bibliothèque  nationale,  125;  inspecteur  général  des 
bibliothèques  et  archives,  130.  —  M.  Rocquain,  membre  de  la  commis- 
sion de  comptabilité  de  la  Société  de  l'École  des  chartes,  224  ;  prix  à 
l'Académie  des  sciences  morales  et  politiques,  698.  —  M.  Rosenzweig, 
mort  le  29  janvier  1884,  130.  —  M.  Roussel,  archiviste  paléographe, 
125;  sa  thèse,  123.  —  M.  de  Rozière  :  rapport  au  ministre  de  la  marine 
et  des  colonies ,  sur  les  travaux  de  la  commission  supérieure  des 
archives,  419.  —  M.  Salone,  agrégé  d'histoire  et  de  géographie,  560.  — 
M.  Servois,  inspecteur  général  des  bibliothèques  et  archives,  130.  — 
M.  Ad.  Tardif,  président  de  la  Société  de  l'École  des  chartes,  224.  — 
M.  A.  Thomas,  docteur  es  lettres,  225.  —  M.  Tuetey,  trésorier  de  la 
Société  de  l'École  des  chartes,  224;  prix  Gobert  à  l'Académie  des 
inscriptions  et  belles-lettres,  415,  693.  —  M.  Yalois,  membre  suppléant 
de  la  commission  de  publication  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes, 
224,  —  M.  VioUet  :  premier  prix  Gobert  à  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  415,  692. 


m 


ARCHIVES   ET   BIBLIOTHÈQUES. 

Nomination  de  quatre  inspocteurs  dos  bil)liothèqnoR  et  archives,  129. 

Archives  départementales,  communales  et  hospitalières  :  actes  ofli- 
ciels,  transférant  ce  service  du  ministère  de  l'intérieur  au  ministère  de 
l'instruction  publique,  12.5.  —  Archives  de  l'Ariège  :  M.  Pasquier,  offi- 
cier d'académie,  414. —  Archives  des  Bouches-du-Rhône  :  M.  Blancard, 
correspondant  de  l'Institut,  699.  —  Archives  du  Morbihan  :  mortde  M.  Ro- 
senzweig,  archiviste,  130.  —  Archives  de  la  Sarthe  :  M.  Duchemin, 
officier  d'académie,  414.  —  Archives  do  la  Somme  :  M.  Durand,  archi- 
viste, 415.  —  Archives  des  affaires  étrangères  :  M.  Kaulek,  officier 
d'académie,  414.  —  Rapport  au  ministre  de  la  marine  et  des  colonies, 
sur  les  travaux  de  la  commission  supérieure  des  archives,  par  M.  de 
Rozière,  419.  —  Archives  du  royaume  de  Belgique  :  mort  de  M.  Pin- 
chart,  560.  —  Les  archives  du  royaume  do  Hongrie,  par  A.  Bruel, 
699.  —  Les  archives  du  Vatican,  par  Ad.  Tardif,  436. 

Bibliothèque  nationale  :  M.  U.  Robert,  bibliothécaire  honoraire,  125; 
donation  faite  à  la  Biblioth?que  par  la  famille  de  Bastard  d'Estang,  note 
de  M.  L.  Delisle,  560.  —  Bibliothèque  de  l'Arsenal  :  M.  H.  Martin, 
bibliothécaire,  125. — Bibliothèque  Mazarine  :  M.  E.  Lefèvre-Pontalis, 
surnuméraire,  688.  —  Bibliothèque  Sainte-Geneviève  :  M.  Aubert, 
surnuméraire,  415.  —  Bibliothèque  de  l'Université  :  M.  Rébouis,  sous- 
bibliothécaire,  125.  —  Bibliothèque  du  palais  de  Fontainebleau  : 
M.  Auguste  Molinier,  bibliothécaire,  688.  —  Catalogue  dos  manuscrits 
hagiographiques  de  Bruxelles,  225.  —  Livres  imprimés  du  Musée  bri- 
tannique, 434.  —  Les  manuscrits  du  comte  d'Ashburnham  :  acquisi- 
tion d'une  partie  de  la  collection  par  le  gouvernement  italien,  434.  — 
Catalogue  des  manuscrits  de  Grottafcrrata,  136. 

COMPAGNIES   SAVANTES. 

Académie  française  :  prix  divers,  225, 688,  698. —  Académie  des  inscrip- 
tions et  belles-lettres  :  concours  des  antiquités  de  la  France,  année  1883, 
134;  année  1884,  415,  691,  694;  prix  divers,  415,  692;  séance  annuelle 
du  14  novembre  1884,  689;  M.  Blancard,  correspondant,  699.  —  Aca- 
démie des  sciences  morales  et  politiques  :  élection  de  M.  Himly,  415; 
récompense  décernéeà  M.  Bonnassieux,  4 16  ;  prix  décerné  à  M.  Rocquain, 
698.  —  Comité  des  travaux  historiques,  415.  —  Cinquantième  anniver- 
saire de  la  fondation  de  la  Société  de  l'histoire  de  France,  229.  — 
Société  des  anciens  textes  français,  568.  —  Académie  des  sciences,  arts 
et  belles-lettres  de  Caen  :  concours  ouvert  pour  l'année  1885,  136.  — 
Assemblée  annuelle  de  la  direction  centrale  des  Moniimenta  Genna- 
niae,  226. 


7^2 

FAITS  DIVERS  ET  MÉLANGES. 

Revue  bourbonnaise;  épitaphe  de  Sigegonde  (vi«^  s.),  trouvée  à  Saint- 
Victor,  près  Montluçon  (Allier),  136.  —  Calendrier  portatif  du  xv"  s., 
136.  —  Recherches  sous  une  tache  d'encre  (photogénie  et  photochimie), 
par  M.  Ferrand,  137.  —  Collezione  fiorentina  di  fac-simili  paleografîci, 
publication  de  MM.  Vitelli  et  Paoli,  22-5.  —  Chartarum pontificum  Roina- 
norurn  Specimùia,  publication  de  M.  J.  y.  Pflugk-Harttung,  228.  — 
L'école  de  paléographie  au  Vatican,  231.  —  Les  archives  de  Pampe- 
lune,  rapport  de  M.  Brutails,  232.  —  Confessions  de  foi  des  églises 
orientales,  par  H.  Omont,  235.  —  Paléographie  des  classiques  latins, 
publication  de  M.  Emile  Châtelain,  433.  —  Restauration  d'un  manus- 
crit de  Lactance  au  xii^  siècle,  par  H.  Omont,  563.  —  Voyage  de  Nico- 
las Loupvant  en  terre  sainte,  564.  —  Commentaire  de  Gippus  sur  le 
Doctrinal  d'Alexandre  de  Villedieu,  578.  —  Les  autels  de  Saint-Maxi- 
min  de  Trêves,  578.  —  Vices  et  vertus  des  différents  peuples,  par 
H.  Omont,  580.  —  Le  missel  de  Sainte-Thècle  de  Milan,  581.  —  Contrat 
relatif  à  la  confection  de  plusieurs  livres,  30  septembre  1522,  publié  par 
A.  Chassaing,  582.  —  Expériences  démontrant  la  haute  antiquité  du 
papier  de  chiffe,  par  Élie  Berger,  700.  —  Copie  de  Juvénal  offerte  au 
chancelier  Pierre  Doriolle,  702.  —  Essai  sur  un  patois  vosgien,  ouvrage 
de  M.  Raillant,  703.  —  Statuti  e  Storie  municipali,  publication  de 
M.  C.  Lozzi,  703. 


LISTE  DES  SOUSCRIPTEURS 


BIBLIOTHÈQUE  DE  L'ÉCOLE  DES  CHARTES  ^ 

POUR  l'année  1884. 


— O^NCyÇXSTS— 


Le  ministre  de  l'instruction  pu- 
blique et  des  beaux-arts. 

Le  garde  des  sceaux,  ministre  de 
la  justice. 

Académie  (l')    des  inscriptions   et 
cELLEs-LETTHEs,  à  Paris. 

—  IMPÉRIALE        DES        SCIENCES 

(classe    philosophico-hisLO- 
rique),  à  Vienne. 

—  ROYALE  DES  LiNCEi,  à  Rome. 
ARcmvES  (les)  DE  Genève. 

—  DE  Toscane,  à  Florence, 

—  départementales  de  l'A- 
VEYRON,  à  Rodez. 

DES  Bouches-du-Rhône,  à 

Marseille. 

DU  DouBS,  à  Besançon. 

de  l'Indre,  à  Ghàtoauroux. 

du  Loiret,  à  Orléans. 

DU  Nord,  à  Lille. 

Du  Puy-de-Dôme,  à  Cler- 

moat-Ferrand. 

de  LA  Haute-Saône,  à  Ve- 

soul. 

DES  Deux-Sèvres,  à  Niort. 

du  Tarn,  à  Albi. 

DU  Var,  à  Draguignan. 

DE  LA  Vendée,  à  la  Roche- 
sur- Yon. 

•  DES  Vosges,  à  Épinal. 

—  MUNICIPALES,  à  Marseille. 


Archives  nationales,  à  Paris. 

Ateneo  barcelones,  a  Barcelone, 

BÉNÉDICTINS  (les  RR.  PP.),  à  So- 
losmes  (Sarthe). 

Bibliographie  (la)  de  la  France, 
journal  général  do  l'imprimerie 
et  de  la  librairie,  à  Paris. 

Bibliothèque  (la)  gantoinale,  à 
Lausanne. 

—  CENTRALE,  à  Bukarest. 

—  DE  l'Archevêché,  à  Lyon. 

—  DE  l'Arsenal,  à  Paris. 

—  DE  l'Ecole   Salnte-Gene- 
viÈVE,  à  Paris. 

—  DE  l'Institut  catholique,  à 
Lille. 

à  Lyon. 

à  Paris. 

—  DE  l'Ordre  des  Avocats, 
à  Paris. 

—  DE  l'Université  de  France, 
à  la  Sorbonnc,  à  Paris. 

—  DE  l'Université  de  Gènes. 
d'Innsbruck. 

de  Pise. 

—  DE  LA  Chambre  des  députés, 
à  Paris. 

—  DE  LA  Cour  d'appel,  à  Paris. 

—  DE  LA  Faculté  de  droit,  à 
Lyon. 

à  Paris. 

à  Toulouse. 


l.  Ceux  de  messieurs  kis  souscripteurs  dont  les  noms  seraient  mal  ortho;;ra- 
phiés,  les  titres  omis  ou  inexactement  imprimés,  sont  instamment  priés  de  vou- 
loir bien  adresser  leurs  rcrlamalioiis  à  M.  .\lphonse  PICAKD,  libraire  de  la 
Société  de  l'École  dos  chartes,  rue  Bonaparte,  82,  à  Paris,  alin  qne  les  mêmes 
fautes  ne  puissent  se  reproduire  dans  la  quarante-sixième  liste  de  nos  sous- 
cripteurs, qui  sera  publiée,  suivant  l'usage,  à  la  liu  du  prochain  volume  tie  la 
Bibliothèque. 


7U 


Bibliothèque  de  la  ville  d'Arras. 
DE  Baveux. 

DE  BaYONNE. 

DE  BlOIS. 

DE  Bouloqne-sur-Mer. 

DE  Brème. 

DE  Cognac. 

DU  Mans. 

DE  Marseille. 

de  Metz. 

DE  MoNTAUBAN. 

DE  Nancy. 

DE  Nantes. 

DE  Nice. 

■  d'Orléans, 

DE  Pau. 

DE  Poitiers. 

DE  Reims. 

DE  Rennes. 

DU  Rio  de  Janeiro. 

de  la  Rochelle. 

de  Rouen. 

DE  Saintes. 

de  Saint-Étienne. 

de  soissons. 

DE  Tours. 

DE  VaLENCIENNES. 

—  des  Sociétés  savantes,  au 
ministère  de  l'instruction 
publique,  à  Paris. 

—  du  Sénat,  à  Paris. 

—  Mazarine,  à  Paris. 

—  Méjanes,  à  Aix. 

—  nationale,  à  Paris  (dépar- 
tement des  imprimés). 

(départ,  des  manuscrits). 

—  Peabody,  à  New- York. 

—  universitaire,  à  Aix-en- 
Provence. 

à  Besançon. 

à  Bordeaux. 

à  Clermont-Ferrand. 

à  Douai. 

à  Lyon. 

à  Montpellier. 

à  Rennes. 

—  Victor-Emmanuel,  à  Rome. 
Cercle  agricole  (le),  à  Paris. 
Cotn'ENT(LE)DES  Dominicains,  àLyon. 
École  (l')  Massillon,  à. Paris. 


École  (l')  nationale  des  chartes, 

à  Paris. 
Institut  (l')  de  Frange,  à  Paris. 
Jésuites  (les  RR.  PP.),  à  Paris. 

à  Toulouse. 

Bollandistes,  à  Louvain. 

Maison  (la)  Saint-Michel,  à  Laval. 
Ministère    (le)    de    l'instruction 

PUBLIQUE,  à  Paris  (60  ex.). 
Mittheilungen  des  Instituts  fIjr 

oesterreichische  Gesghichtsfor- 

scHUNG,   à  Vienne  (Autriche). 
Revue  (la)  archéologique,  à  Paris. 

—  historique,  à  Paris. 
Société  (la)  archéologique  de  Bé- 

ZIERS. 

—  bibliographique,  à  Paris. 

—  d'agriculture  d'Angers. 
de  Douai. 

—  d'archéologie  d'Avranches. 

—  de  la  Diana,  à  Montbrison. 

—  de   numismatique   de   Bel- 
gique, à  Bruxelles. 

DES  antiquaires  DE  l'OuEST, 

à  Poitiers. 

DE  LA  Morinie  ,  à  Saint- 

Omer. 

DE  Picardie,  à  Amiens. 

Université  (l')  de  Vienne  (Autri- 
che) . 


MM. 

*Achard,  à  Avignon  <. 
Albanel,  à  Bruxelles. 
*  André,   archiviste  de   l'Aube,  à 
Troyes. 
Antonin  (le  R.  P.),  à  Lyon. 
Appert,  à  Fiers. 

*Arbois   de   Jubainville    (H.   d'), 
membre  de  l'Institut,   profes- 
seur au  Collège  de  France,  à 
Paris. 
Arc  (Pierre  d')  ,  à  Aix-en-Pro- 

vence. 
AsHER  ET  C'«,  à  Berlin  (5  ex.). 
*Aubert,   surnuméraire  à  la  Bi- 
bliothèque Sainte  -  Geneviève , 
à  Paris. 


l.  Les  noms  précédés  d'uQ  astérisque  sont  ceux  des  membres  delà  Société  de 
l'École  des  chartes. 


7^5 


*AuBiNEAu  (L.),  à  Paris. 
*AuBRY-ViTET  (Eug.),  à  Paris. 
*AuGER  (Ernpst),   conseiller  à  la 
cour  de  cassation,  à  Paris. 
AuGiER,  juge  suppléant,  à  Ram- 
bouillet. 
AzAÏs,    secrétaire  de   la    Société 

arcliéologique,  à  Béziers. 
*Babelon,   employé  à   la   Biblio- 
thèque nationale,  à  Paris. 
Baecker  (le  R.  P.  de), à  Bruxelles. 
Baer  et  C'«,  à  Paris  (5  ex.). 
*Bailleï  (Aug.),  à  Orléans. 
Bailly,  professeur,  à  Orléans. 
B.'!k.RANTE  (le  baron  de),  à  Paris. 
*  Barbier  de  la  Serre  (Rog.),  con- 
seiller-référendaire  à    la  Cour 
des  comptes,  à  Paris. 
*Barthélemy  (A.  de),  memlire  du 
Comité  des  travaux  historiques, 
à  Paris. 
Barthès  et  Lowell,  libraiias,  à 

Londres  (3  ex.). 
*Bataillard  (Paul),  à  Paris. 
*Beaucorps  (Maxime  de)  ,  à  Or- 
léans. 
Beaucouht  (de),  à  Paris. 
Beghin,  à  Lille. 
Belhatte,  libraire,  à  Paris. 
BELLET(rabbé),àlaTeppe(Drôrae). 
*Bémont,  à  Paris. 
Bénard,  professeur  au  lycée,   à 

Orléans. 
Bénet,  archiviste  de   Saône-et- 

Loire,  à  Mâcon. 
*Berger  (Élie),  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 
*Berthelé,  archiviste  des  Deux- 
Sèvres,  à  Niort. 
*  Bertrand  (Arthur),  au  Mans. 
*Bertrandy-Lacabane,  archiviste 

de  Seine-et-Oise. 
*Bessot  de  Lamothe,  ancien  archi- 
viste du  Gard,  à  Avignon. 
Blacas  (de),  à  Paris. 
*BLANGAKD,archivis  edesBouches- 
du-Rhône ,    correspondant   de 
l'Institut,  à  Marseille. 
Blanchard,  à  Nantes. 
Blanche,  libraire,  à  Bruxelles. 
BoccA,  libraire,  à  Turin  (5  ex.). 


BoissiEu  (de),  à  Saint-Galmier. 
Bon,  libraire,  à  Vesoul. 
*Bonnardot  (François),  sous-ins- 
pecteur des  travaux  historiques 
de  la  ville  de  Paris. 
*BoNNASsiEux,  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 
*BoNNAVLT   d'IIoi'et   (Xavier  de), 
au  château  d'Hailles,  par  Mo- 
reuil  (Somme). 
*Bordier  (llenri-L.),  à  Paris. 
BoREL,  à  Paris. 
BoRRANi,  libraire,  à  Paris. 
BossANGE,  libraire,  à  Paris  (2  ex.). 
Botti':e  de  Toulmon,  à  Paris. 
Bougher-Lamey    (M"'^),  à   Cher- 
bourg. 
*  Bouchot,  employé  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  à  Paris. 
*BouGENOT,  à  Paris. 
*BouRBON  (G.),  archiviste  de  l'Eure, 

à  Évreux. 
*BouRMONT  (A.  de),   attaché  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 
*BoLRNON  (G.),  archiviste  de  Loir- 
et-Cher,  à  Blois. 
*BouYER  (Ad.),  à  Paris. 
Bouygues,  libraire,  à  Aurillac. 
Braçhet  ,    ancien    professeur    à 
l'École  polytechnique,  à  Paris. 
Bréard,  à  Paris. 

*Brièle,  archiviste  de  l'Assistance 
publique,  à  Paris. 
Brockhaus,  libraire,  à  Leipzig. 
Brôlemann,  à  Paris. 
*Bruel  (L.-A.),  sous-chef  de  sec- 
tion aux  Archives  nationales,  à 
Paris. 
Brunetière,  à  Paris. 
"Brutails,   archiviste   des    Pyré- 
nées-Orientales, à  Perpignan. 
*BucHE,  archiviste  auxiliaire  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
Buc.K,  libraire,  à  Luxembourg. 
Bull,  libraire,  à  Strasi)ourg. 
Cabik,  à  Roquesserrière  (Haute- 
Garonne). 
Caillhvr  de  Villepréaux  (Geor- 
ges), à  Villepréaux  (Creuse). 
*Calmettes  (Fern.),  à  Paris. 
*Campardon  (Emile),  sous-chef  de 
section    aux    Archives   natio- 
nales, à  Paris. 


7^6 


*GASATr,  conseiller  à  la  Cour  d'ap- 
pel, à  Paris. 
*Castan,   bibliothécaire,    corres- 
pondant de  l'Institut,  à   Be- 
sançon. 
Gauvet,  président  du  tribunal,  à 
Montpellier, 
*Gauwès,  professeur  agrégé  à  la 

Faculté  de  droit,  à  Paris. 
*Cerise  (le  baron  G.),  à  Paris. 
Gessag     (de),     au    Mouchetard 

(Creuse). 
Ghaix  de  Lavarène  (l'abbé),  curé 
de  la  cathédrale,  à  Clermont- 
Ferrand . 
*Ghambure   (de),   au    château    de 

Montmartin  (Nièvre). 
Champion,  libraire,  à  Paris. 
*Charavay  (Et.),  à  Paris. 
Chardon  (H.),  conseiller  général, 

au  Mans. 
Charles,  professeur,  à  Pontlevoy 
(Loir-et-Cher). 
*GHASSAraG  (A.),  juge,  au  Puy-cn- 

Velay  (Haute-Loire). 
"Ghatel  (E.),  archiviste  du  Cal- 
vados, àCaen. 
*Chauffier  (l'abbé),  secrétaire  de 
l'évèché,  à  Vannes. 
Ghauffour  (J.),  avocat,  à  Golmar. 
Ghaverondier  (Aug.),  archiviste, 

à  Saint-Étienne. 
Gherbultez,  libraire,  à  Genève. 
Chevalier  (l'abbé),  à  Romans. 
*CiGiLE,  à  Paris. 
*Clairefo.\d,  à  Moulins. 
*Glédat,  professeur  à  la  Faculté 

des  lettres,  à  Lyon. 
Colombier,  à  Paris. 
CoNCHON,  à  Lyon. 
Condamin  (le  docteur),  à  Lyon. 
COiNTET,  libraire,  à  Paris  (7  ex.). 
*Goppinger,  à  Paris. 

*  Corda,  à  Paris. 
Corroyer,  architecte,  à  Paris. 

*  GouARD-LuYs,  archiviste  de  l'Oise, 

à  Beau  vais. 

*GouRAJOD  (L.),  conservateur-ad- 
joint au  musée  du  Louvre,  à 
Paris. 

*GouRAYE  DU  Parc,  employé  à  la 
Bibhothèque  nationale,  a  Paris. 
Courbet,  à  Paris. 


CouRCEL  (Valentin  de),  à  Paris. 
Goussemaker  (Ignace  de),  à  Bail- 

leul  (Nord). 
Cressag,  à  Cahors. 
Cruz  et  G'",  à  Lisbonne. 
* Cugheval-Clabigny,  conservateur 
à  la  bibliothèque  Sainte-Gene- 
viève, à  Paris. 
CuMONT  (le  comte  de),  à  la  Rous- 
sière,    près   Coulanges  (Deux- 
Sèvres). 
*GuRZON  (de),  archiviste,  à  Paris. 
Daguin,  avocat,  à  Paris. 
*Daiguson  (Maurice),  ancien  ma- 
gistrat, à  Châteauroux. 
Dalloz  (P.),  à  Paris. 
Danzas  (le  R.  P.),  dominicain,  à 

Lyon. 
Darcel  (Alfred),  directeur  de  la 
manufacture   des   Gobelins,  à 
Paris. 
"Dareste  (Rodolphe),  membre  de 
l'Institut,  conseiller  à  la  Cour 
de  cassation,  à  Paris. 
Dartige,  à  Poitiers. 
*  David  (Louis),  conseiller  maîlre 
à  la  Cour  des  comptes,  à  Paris. 
Decq    et    DuHENT ,    libraires ,   à 

Bruxelles  (2  ex.). 
Dehaisnes  (l'abbé),  ancien  archi- 
viste du  Nord,  à  Lille. 
Deighton,  Bell   et  C'«,  à  Cam- 
bridge (Grande-Bretagne). 
*Delabobde  (H. -François),  archi- 
viste aux  Archives"  nationales, 
à  Paris. 
*Delachenal,  à  Paris. 
*Delahaye,  rédacteur  du  Journal 
d'Indre-et-Loire,  à  Tours. 
Delaune  ,  avocat ,  à  Romorantin 
(Loir-et-Cher). 
*Delaville  Le  Roulx,  à  Paris. 
*DELiSLE(L.),membrederinstitut, 
administrateur  général   direc- 
teur de  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 
Deloche,  membre  de  l'Institut,  à 

Paris. 
*Deloye    (A.),    conservateur    du 

musée  Galvet,  à  Avignon. 
Delpech  (Henri),  à  Montpellier. 
*Demaison  (Louis),  à  Reims. 
*Demante  (Gabriel) ,  professeur  à 
la  Faculté  de  droit,  à  Paris. 


717 


Denifle  (le  R.  P.),  dominicain, 
à  Rome. 

Denis  (l'abbé),  à  Meaux. 

Depoin,  à  Pon toise. 
*Deprez,  bibliothécaire  au  dépar- 
tement des   manuscrits   de   la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 

*  Desjardins,   chef  du  bureau  des 

archives  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  Paris. 

Desnoyers  (Jules) ,  membre  de 
l'Institut,  bibliothécaire  du  Mu- 
séum d'iiistoire  naturelle ,  à 
Paris. 
*DiG.\RD,  membre  de  l'École  fran- 
çaise de  Rome,  à  Paris. 

Dion  (Adolphe  de),  à  Montfort- 
l'Amaury. 

*  DoLBET,  archiviste  de  la  Manche, 

à  Saint-Lô. 
DoRANGE,    à  Tours. 
Douais  (l'abbé),  à  Toulouse. 
DouvRE,   ancien  juge  de  paix,  à 

Rouen. 
Drême,  premier  président  de  la 

Cour  d'appel,  à  Agen. 

*  Dubois  (Gaston),  à  Paris. 

Du  Boys  (Emile),  avocat,  à  Roche- 
fort-sur-Mer. 
*DuGHEMiN,  archiviste  de  la  Sarthe, 

au  Mans. 
*Du  Chêne,  à  Baugé  (Maine-et- 
Loire). 
*Dufour  (Th.),  directeur  des  Ar- 
chives du  canton,  à  Genève. 
*Dufourmantelle,  archiviste  de  la 

Corse,  à  Ajaccio. 
*DuFRESNE,   attaché  à  la    Biblio- 
thèque Mazarine,  à  Paris. 
Du  Mesnil,  conseiller  d'État,   à 

Paris. 
DuMOLARD,  à  Milan. 
Dumoulin,  libraire,  à  Paris. 
Dumoulin,    professeur,    à    Gler- 

mont-Ferrand. 
*Duplès-Agier     (Henri),    à    Ver- 
sailles. 
"Dupont  (Edmond),   chef  de  sec- 
tion au.x  Archives  nationales, 
à  Paris. 

*  Durand,  archiviste  de  la  Somme, 

à  Amiens. 


DuRiER,   archiviste  des    Hautes- 
Pyrénées,  à  Tarbcs. 
"DuRRiEU,  attaché  à  la  conserva- 
tion des  jieinlures  au  musée  du 
Louvre,  à  Paris. 
DuRUY,  membre  de  l'Institut,  à 

Paris. 
*DuvAu    (Louis),    archiviste    de 
l'Orne,  à  Alencon. 
Dybwad,  à  Christiania. 
Engelcke,  libraire,  à  Gand. 
EsNAULT  (l'abbé),  au  Mans. 
EsTiENNE,  archiviste,  à  Vannes. 
Faesy,  libraire,  à  Vienne    (Au- 
triche). 
*Fagniez  (Gust.),  à  Meudon. 
*Fanjoux,  directeur  de  la  Société 
des  forges  et  chantiers  de   la 
Méditerranée,  à  Paris. 
Fanna  (le   R.   P.   Fidèle  de),   à 
Turin. 
*Faugon  (Maurice),  à  Escolore,  par 

Billom  (Puy-de-Dôme). 
*Faugeron,    docteur    es    lettres, 

journaliste,  à  Angers. 
*Favre  (Camille),  à  Genève. 
*FiNOT,  archiviste,  à  Lille. 
Flach,  professeur  au  Collège  de 
France,  à  Paris. 
*Flamare  (de),  archiviste  de  la 

Nièvre,  à  Nevers. 
*Flammermont,  maître   de  confé- 
rences à  la  Faculté  des  lettres, 
à  Poitiers. 
*Fleury  (de),  archiviste  de  la  Cha- 
rente, à  Ângoulême. 
*Flourag   (Léon),    archiviste   des 

Basses-Pyrénées,  à  Pau. 
*Fo.ntenay  (H.  de),  à  Autun. 
*Fournier  (.Marcel),  à  Paris. 

*  FouRNiER  (  Paul) ,  professeur  agrégé 

à  la  Faculté  de  droit,  à  Gre- 
noble. 

Foupnier-Latouraille,  avoué,  à 
Brioude. 

Franck  (Félix),  à  Paris. 

*  François  Sai.nï-Mauk,  ancien  pré- 

sident de  chambre  à  la  Cour 
d'appel,  à  Pau. 
Fromann,  libraire,  à  Jena. 
*FuRGE0T,  archiviste  aux  Archives 
nationales,  à  Paris. 

47* 


7^8 


*  Gaillard,    professeur    à    l'École 
normale  de  Cluny  (Saône-et- 
Loire) . 
Gap  (Lucien),  instituteur, à Roaix 
(Vau  cluse). 
*Gardet,  avocat,  à  Paris. 
Garnier,  libraire,  au  Rio  de  Ja- 
neiro. 
Gatteyrias,  à  Paris. 
Gauban  (Oct.),  avocat,  à  la  Réole 

(Gironde). 
Gauthier  ,    libraire ,    à   Moscou 

(3  ex.). 
"Gauthier    (Jules),   archiviste  du 

Doubs,  à  Besançon. 
*Gautier  (Léon),  sous-chef  de  sec- 
tion aux  Archives  nationales, 
professeur  à  l'École  des  chartes, 
à  Paris. 
Gay,  à  Paris. 
Genouille,  ancien  professeur  au 

collège  Stanislas,  à  Paris. 
*Gerbaux,  archiviste  aux  Archives 
nationales,  à  Paris. 
Germain,  membre  de  l'Institut,  à 

Montpellier. 
Gerold  et  G'*',  à  Vienne. 
GiRAUD  (P.-E.j,  ancien  député,  à 
Romans. 
*GiRAUDiN  (l'abbé),  à  Bordeaux. 
*GiRY  (A.),  secrétaire  de  l'École 
des  chartes,  à  Paris. 
Gloria,  juge  suppléant,  à  Mâcon. 
*GossiN  (L.),  sous-chef  de  bureau 
au  chemin  de  fer  d'Orléans,  à 
Paris. 
*GouGET,  archiviste  de  la  Gironde, 
à  Bordeaux. 
GouRjAULT  (le  comte  de),  à  Mé- 

zières. 
Grand  (Daniel),  à  Paris. 
*Grand.iean,  à  Paris. 
*Grandmaison  (Charles  de),  archi- 
viste d'Indre-et-Loire,  à  Tours. 
Gramdval  (le  marquis  de),  corres- 
pondant du  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  8aint-De- 
nis-Maisoncelles  (Calvados). 
*Grassoreille,  archiviste  de  l'Al- 
lier, à  Moulins. 
*Gréa  (l'abbé  A.),  vicaire'général, 
à  Saint-Claude  (Jura). 
Grosjean,  libraire,  à  Nancy. 


*GuÉRiN  (Paul),  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 
"Guiffrey  (Jules),  archiviste  aux 

Archives  nationales,  à  Paris. 
*GuiGNARD  (P.),  bibliothécaire,  à 

Dijon. 
*GumuE  (M. -G.),  archiviste  du  dé- 
partement du  Rhône  et  de  la 
ville  de  Lyon. 
'  Guilhiermoz  ,  attaché  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  à  Paris. 
Guillaume  (l'abbé),  archiviste,  à 

Gap. 
GuzzY  (le  R.  P.),  bibliothécaire 
des  Pères  Jésuites,  à  Toulouse. 
*Hanotaux,  chef  adjoint  du  cabi- 
net au   ministère  des  aflaires 
étrangères,  à  Paris. 
Hachette,  libraire,  à  Paris. 
Hahn  (Alex.),àLuzarches  (Seine- 

et-Oise). 
Haseler,  libraire,  à  Kiel. 
Hauréau,  membre  de  l'Institut, 

à  Paris. 
*Havet  (Julien),  employé  à  la  Bi- 
bliothèque nationale,  à  Paris. 
Heinrichs,  libraire,  à  Leipzig. 
*Helleu  (Joseph),  à  Paris. 

Henneguy,  à  Paris. 
*Herbomez  (A.  d'),  à  Paris. 
Héricourt  (le  comte  d'),  consul 

de  France,  à  Stuttgart. 
Herluison,  libraire,  à  Orléans. 
*Hervieu,  à  Avallon. 
Heude-Lepine  ,    à    Montfort-l'A- 
maury. 
*Himly  iA.),  doyen  de  la  Faculté 
des  lettres,  à  Paris. 
HiNOJOSA  (don  Ed.),  à  Madrid. 
Hoche,  à  Paris. 

Hubert,   archiviste,  à   Château- 
roux. 
Jacob,  archiviste,  conservateur  du 

musée,  à  Bar-le-Duc. 
Joubert   (André) ,   aux   Lutz-de- 
Daon,  par  Ghàteau-Gonthier. 
*  JouoN  (Frédéric),  à  Rennes. 
Jourdain,  membre  de  l'Institut, 

à  Paris. 
JuiGNÉ  (de),  à  Madras  (Inde). 
Jung-Treuttel,  libraire,  à  Paris 

(13  ex.). 
'^Kaulek  (J.),  attaché  aux  archives 
des  Affaires  étrangères,  à  Paris. 


7^9 


Kemminck,  lil)raire,  à  Utrecht. 
*Kerdrel  (Audren  de),  sénateur, 
à  Paris. 

Ker-maingant  (de),  à  Paris. 

KoEHLER,  libraire,  à  Leipzig. 
*KoHLER  (Ch.),  à  Paris. 

Kramers,  lil)raire,  à  Rotterdam. 

Kruger,  chez  Hartgé  et  Lesoudié. 

Kymmel    (N.)  ,   libraire,  à   Kiev 
(2  ex.). 
*Laborde  (le  marquis  Joseph  de), 
archiviste  aux  Archives  natio- 
nales, à  Paris. 

Laborde  (Th.),  chef-adjoint  du 
service  sténographique  du  Sé- 
nat, à  Paris. 
*La  Borderie  (Arthur  de),  ancien 
député  à  l'Assemblée  nationale, 
à  Vitré  (lUe-et- Vilaine). 
*Lagabane  (Léon),  professeur-di- 
recteur honoraire  de  l'École  des 
chartes,  à  Paris. 

Lachenal,  receveur  des  finances, 
à  Brioude. 

Lachernaye  (de),  au  château  de 
Lasalle. 

La  Cour  de  la  Pijardière  (L.  de), 
archiviste  de  l'Hérault,  à  Mont- 
pellier. 

Laferrière  (le  comte  de),  à  Athis 
(Orne). 
*  Lair,  directeur  de  la  Compagnie 
des  entrepôts  et  magasins  géné- 
raux, à  Paris. 
*Lalanne  (Lud.),  sous-bibliothé- 
caire de  l'Institut,  à  Paris. 

Lameere,  procureur  général,  à 
Gand. 

Langlois,  à  Paris. 

La  Rochebrochard  (de),  au  châ- 
teau de  Boissoudan,  par  Champ- 
deniers  (Deux-Sèvres). 

Lasghenais  (de),  à  la  Salle  (Saône- 
et-Loire). 

Lascombe  (A.),  au  Puy-en-Velay. 

*Lasteyrie  (Robert  de),  professeur 

à  l'École  des  chartes,  à  Paris. 

Lastic  (le  C'«  de),  a  Paris. 
*LAUDy,  archiviste  aux  Archives 
nationales,  à  Paris. 

Laugardière  (de),  ancien  conseil- 
ler à  laCour  d'appel,  à  Bourges. 
*L.\URENT,  àUommery(Ardennes). 


'Lebeurhor  (l'abbé),  ancien  archi- 
viste, à  Mantes. 

*Lecaron,    employé  à   la  Biblio- 
thèque nati(tnale,  à  Paris. 

*Lecestre,  arcbivisteaux  Archives 
natittnalcs,  à  Paris. 
LECUEVALLn:R,  libraire,  à  Paris. 

*Legov  de  LA  Marche,  archiviste 
aux    Archives    nationales ,    à 
Paris. 
Le  Feuvre,  libraire,  à  Jersey. 

*Lefèvre,   homme   de    lettres,  à 
Paris. 

*Lefèvre-Pontalis  (G.),  à  Paris. 

*  Lefoullon,  avoué,  à  Paris. 
Legoyt,  ancien  chef  de  division 

au  ministère  des  travaux  pu- 
blics, à  Paris. 
Legros  fils,  à  Fécamp. 

*  Lelong,  archiviste  aux  Archives 

nationales,  à  Paris. 

Lemaire  (Emile),  à  S. -Quentin. 

Lemaître, libraire,  àValenciennes. 

Le  Mire  (Noël),  avocat,  à  Mire- 
vent. 

Lemoigne,  libraire,  à  Paris  (6  ex.). 
*Lemon-nter  (H.),  professeur  d'his- 
toire à  l'Ecole  des  beaux-arts, 
à  Paris. 

Lkotard,   sous-bibliothécaire  de 
la  ville  de  Montpellier. 
'L'Épinois    (H.    de)  ,    à   Limeray 
(Indre-et-Loire). 

Lepitre  (l'abbé),  à  Langres. 

Le  Queu  d'Entremeuse,  à  Nantes. 

*  Leroux,  archiviste  de  la  Haute- 

Vienne,  à  Limoges. 

Leroux  (Ernest),  libraire,  à  Paris. 

Le  Soudier,  à  Paris  (6  ex.). 
*Lespinasse  (René  de),  à  Paris. 

Levasseur,  à  Évrccy  (Calvados). 

Levkque,    abbaye    Sainte-Made- 
leine, à  Marseille. 

LÉvis-MiREPOix  (le  duc  de),  au  châ- 
teau de  Léran. 
*Lex,    archiviste   de    la    Haute- 
Saône,  à  Vesoul. 

Liénard,  à  V^erdun-sur-Meuse. 

Lim.minghe  (le  comte  de),  au  châ- 
teau de  Gesves  (Belgique). 

LoEB  (Isidore),  à  Paris. 

LooNEs,  libraire,  à  Paris. 

LoRENz  (Alf.),  libraire,  à  Leipzig. 


720 


LoRiFERME  (l'abbé),  curé,  à  Saint- 
Aubin-Chàteauneuf  (Yonne). 
*LoRiQUET,  archiviste  du  Pas-de- 
Calais,  à  Arras. 
*LoTH,  à  Paris. 

*LuGE  (Siméon),  membre  de  l'Ins- 
titut, sous-chef  de  section  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
LuDLOW  (Th.-W.),  à  New-York. 
LusTRAG  (Ad.  de),  au  château  de 
Lias  (Gers). 

*  Maître  (L.),  archiviste  de  la  Loire- 

Inférieure,  à  Nantes. 
*Mandrot  (B.j,  à  Paris. 
Mantz,  libraire,  à  Vienne. 

*  Marais,  à  Paris. 
*Marghegay  (P.),  aux  Roches-Ba- 

ritaud  (Vendée). 
Marcus,  libraire,  à  Bonn. 
Marion  (J.),  à  Paris. 
*Marsy  (Arthur  de),  conservateur 

du  musée,  à  Compiègne. 

*  Martel,     professeur     de    droit, 

à  Alger. 

*  Martin  (Henry),  à  la  bibliothèque 

de  l'Arsenal,  à  Paris. 
*Martineau,  à  Paris. 
*Marty-Laveaux  (Gh.),  à  Paris. 
Masgré,  ancien  notaire,  au  Havre. 
*Mas  Latrie  (L.  de),  chef  de  sec- 
tion aux  Archives  nationales, 
à  Paris. 
*Mas  Latrie  (René  de),  chef  de 
bureau  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  Paris. 
Massif,  archiviste,  à  Privas. 
Masson,  à  Amiens. 
*Maulde  (de),  sous-préfet  en  non- 
activité. 
Maury  (Alfred),  membre  de  l'Ins- 
titut, directeur  général  des  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 
Mayolez,  libraire,  à  Bruxelles. 
Meilheurat  (  V.  ) ,   à    Montcom- 

broux  (Allier). 
Ménadier,  sénateur,  à  Versailles. 
Menjot-d'Elbenne,  à  Paris. 
Métérie,  libraire,  à  Rouen. 

*  Meunier  (Ern.),  à  Paris. 

Mévil  (M™e  Sainte-Marie),  à  Vié- 

ville  (Haute-Marne). 
*Meyer (Paul),  membre  de  l'Insti- 
tut ,   directeur  de  l'École  des 
chartes,  à  Paris. 


Michel,  à  Paris. 

Michel,   directeur  de  l'enregis- 
trement, à  Périgueux. 
Mignet,  secrétaire  perpétuel  hono- 
raire de    l'Acad.   des  sciences 
morales  et  politiques,  à  Paris. 
MiLLARD,  curé,  à  Somsois  (Marne). 
MiLLEScAMPS  (G.),  à  Paris. 
MiTSDORFFER,  libraire,  à  Munster. 
Miotât,  à  Paris. 
MiREUR ,    archiviste    du    Var,   à 

Draguignan. 
''MoLARD     (Fr.) ,     archiviste     de 

l'Yonne,  à  Auxerre. 
^MoLiNiER    (Auguste),   bibliothé- 
caire du  château  de  Fontaine- 
bleau, à  Paris. 
''MoLiNiER  (Emile),  attaché  au  Mu- 
sée du  Louvre,  à  Paris. 
MoLiNO,  à  Rome. 
MoNLÉON  (de),  à  Menton. 
MoNOD  (Gabriel),  à  Paris. 
'MoNTAiGLON  (xA.  DE),  profcssBur  à 

l'École  des  chartes,  à  Paris. 
Morand,  juge  honoraire,  à  Bou- 

logne-sur-Mer. 
MoRANViLLÉ,  élève  de  l'Ecole  des 

chartes,  à  Paris. 
More  (M™«)  ,    libraire ,   à   Paris 

(4  ex.). 
^Morel-Fatig,  chargé  de  cours  à 
l'École  préparatoire  à  l'ensei- 
gnement supérieur  des  lettres, 
à  Alger. 
'Morelot  (l'abbé),  à  Dijon. 
'  MoRiÈRE  (Lemergier  de),  à  Nancy. 
"MoRis,  archiviste  des  Alpes-Mari- 
times, à  Nice. 
^Mortet,  à  Bordeaux. 
MuLÇAY,  libraire,  à  Chalon-sur- 
Saône. 
Mulot,  libraire,  à  Paris. 
Muquardt,  libraire,  à  Bruxelles 

(2  ex.). 
"^  Neuville  (Didier),  à  Paris. 
NiJHOFF,  libraire,  à  la  Haye. 
NiLssoN,  libraire,  à  Pans. 
Nolleval  (de),  à  Paris. 
"^Normand  (Jacques),  à  Paris. 
Olivier  (Ém.),  à  la  Société  géné- 
rale, à  Lyon. 
'Omont,  employé  à  la  Bibliothèque 
nationale,  à  Paris. 


721 


Ongania  et  C'',  à  Veniso. 

*  Paillard,  ancien  préfet,  à  Charly, 

près  Cluny. 
*Pajot  (Léon),  à  Paris. 

Pallier,  à  Paris. 

Paoli  (Cesare),  arcliivistc,  à  Flo- 
rence. 

*  Paradis  (l'abbé  Aug.),  à  Paris. 
Pardini,   libraire,   à  Czernowitz 

(Autriche). 
Parent  de  Rozan,  à  Paris. 
*Parfouru,  archiviste  du  Gers,  à 

Auch. 
*Paris  (Gaston),  membre  de  l'Ins- 
titut, professeur  au  Collège  de 
France,  à  Paris. 
*Pasquier,  archiviste  de  i'Ariège, 

à  Foix. 
*Passy  (Louis),  député,  à  Paris. 
*Pécoul  (A.-L.),  à  Draveil. 
*Pélicier    (J.)  ,    archiviste    de   la 
Marne,  à  Chàlons-sur-Marne. 
Pelletan,  sénateur,  à  Paris. 
*Pelletan    (Camille),    député,    à 

Paris. 
Pelliot  (Ch.),  à  Paris. 
*Pkrin  (Jules),  avocat,  docteur  en 
droit,  à  Paris. 
Perret,  élève  de  l'École  des  char- 
tes, à  Paris. 
Pfeifer  (F.),  libraire,  à  Budapest. 

*  Philippon,  à  Paris. 
Picard,  à  Paris. 
Picot,  à  Paris. 

*PoNTAL,  rédacteur  au  ministère 
de  l'intérieur,  à  Paris. 

PONTMARTIN      (DE)  ,       aUX      AugleS 

(Gard). 
PoRÉE  (l'abbé),  curé  de  Bournain- 

ville. 
PoRQUET,  libraire,  à  Paris. 
*PoaT    (Célestin) ,    archiviste    de 
Maine-et-Loire,  correspondant 
de  l'Institut,  à  Angers. 
PoTTiER  (l'abbé),  au  Mans. 
*PouGiN  (P.),  à  Paris. 
Prévost,  à  Évreux. 

*  Prost    (Bernard)  ,   rédacteur  au 

ministère  de  l'instruction  pu- 
blique, à  Paris. 
*Puou,  membre  de  l'École  fran- 
çaise de  Rome. 


*Prudhomme,  archiviste  de  l'Isère, 

à  Grenoble. 
PuYRAUDET  (de),  à  Limogcs. 
QuANTiN,  imprimeur,  à  Paris. 
QuARRÉ,  libraire,  à  Lille. 
QuicHERAT  (Louis),  membre   de 
rinsLitut,  à  Paris. 
*Raguenet  (Octave),  au  château 
de  Soulaire,  par  Orléans. 
Rangogne  (P.  de),  à  Angoulême. 
R.\.TYK  (G.),  au  cli;\ti\iu  d'Escanin 
(Bouches-du-Rlione). 
*Rau.\ié,  à  Paris. 
*Raynaud  (Gaston),  employé  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 
*Rébouis,  ù  Paris. 
Relnwald,  libraire, à  Paris  (G  ex.). 
Re>iondet-.\uhain,  libraire,  à  Aix- 
en-Provence. 

*  Rendu  (Armand),  à  Amiens. 
*Reynaud  (F.),  archiviste  adjoint 

des  Bouches-du-Rhône,  à  Mar- 
seille. 
Rl\nt  (le  comte),  membre  de  l'Ins- 
titut, à  Paris. 
*Rir,HARn   (Alfred),  archiviste,    à 

Poitiers. 
*RiciiARn  (.T.-M.),  à  Laval. 
Riguemond  (de),  archiviste  de  la 
Charente-Inférieure,  à  la  Ro- 
chelle. 
*RicH0U,  conservateur  de  la  biblio- 
thèque de  la  Cour  de  cassation, 
à  Paris. 
Rieunier,  à  Paris. 
Ripé,  libraire,  à  Vendôme. 
*RiPERT-MoNCLAR  (Frauçois,  mar- 
quis de),  consul,  à  Montevifleo. 
RiSTELHUBER  (P.),  ancicu  biblio- 
thécaire, à  Strasbourg. 
*RivAix,  archiviste  aux  Archives 
nationales,  à  Paris. 

*  Robert  (Ulysse),  à  Paris. 

*R0BTLLARD     DE     BeAUREPAIRE    (Ch. 

DEi,  archiviste  de  la  Seine-In- 
férieure, correspondant  de  l'Ins- 
titut, à  Rouen. 

Rochamueau  (le  marquis   de),   à 
Rochambeau,  près  Vendôme. 

RucHEMoxTEix  ilc  vicomtB  de),  à 
Paris. 
*RoGQUAiN  (F.),  chef  de  section 
aux    Archives    nationales ,    à 
Paris. 


722 


*RosENzwEiQ  (Louis),  archiviste  du 

Morbihan,  à  Vannes. 
RosEROT,    archiviste   adjoint,    à 

Troyes. 
RosNY  (de),  à  Boulogne-sur-Mer. 
Rothschild   (la   bibliothèque   du 
baron  de),  à  Paris. 
*RoucHON,  archiviste  du  Puy-de- 
Dôme,  à  Glermont-Ferrand. 
*RoY  (Jules),  professeur  à  l'École 

des  chartes,  à  Paris. 
*RoziÈRE  (Eugène  de),  membre  de 
l'Institut,  sénateur,  à  Paris. 
Ruble  (le  baron  de),  àBeaumont- 

de-Lomagne. 
Ruef,  libraire,  à  Anvers. 
*Saige  (G.),  conservateur  des  ar- 
chives et  de  la  bibliothèque  du 
palais  de  Monaco. 
*  Saints- Agathe  (de),  à  Besançon. 
Saints-Lieux    (le    comte   de),    à 

Paris. 
Salin  (Patrice),,  chef  de  bureau 

au  Conseil  d'État,  à  Paris. 
Sandoz,  libraire,  à  Paris  (2  ex.). 
Sassenay  (le  marquis  de),  à  Paris. 
Sauton,  libraire,  à  Paris. 
ScHWERs,  à  Ki:el. 
Sghworella  ,  libraire ,  à  Vienne 
(Autriche). 
*ScuLFORT,  industriel,  à  Maubeuge 
(Nord). 
Seigneur  (l'abbé),  à  Paris. 
Senemaud,  archiviste,  à  Mézières. 
*Senneville   (de),  conseiller  réfé- 
rendaire à  la  Cour  des  comptes, 
à  Paris. 
*Sepet  (Marins),  employé  à  la  Bi- 
bliothèque nationale,  à  Paris. 
Servaux,  chef  de  division  adjoint 
honoraire  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  Paris. 
*Servois  (G.),  inspecteur  général 
des  bibliothèques  et  archives ,  à 
Paris. 
Sickel,  professeur  à  l'Université 

de  Vienne  (Autriche). 
Sidot,  libraire,  à  Metz. 
*SoEHNÉE,  à  Paris. 
Sommervogel  (le  R.  P.),  à  Lyon. 
SoTSGHEK  et  C''',  à  Bukarcst. 
*SouRY  (Jules),  employé  à  la  Bi- 
bliothèque nationale,  à  Paris. 


Stein,  élève  del'École  des  chartes, 

à  Paris. 
Strauss,  libraire,  à  Bonn. 
*Tardieu  (Amédée),  bibliothécaire 
de  l'Institut,  à  Paris. 

*  Tardif    (Adolphe),    professeur  à 

l'École  des  chartes,  à  Paris. 
"Tardif  (E.-J.),  avocat,  à  Paris. 
Teghener  (Léon),  libraire,  à  Paris. 
*Teilhard,  à  Sarcenat,  par  Cler- 
mont-Ferrand  (Puy-de-Dôme). 
Tempier,  archiviste  des  Gôtes-du- 
Nord,  à  Saint-Brieuc. 

*  Terrât,    professeur    de    droit   à 

l'Institut  catholique,  à  Paris. 
*Teulet,  archiviste  aux  Archives 

nationales,  à  Paris. 
Theissing,  libraire,  à  Miinster. 
*Tholin  (Georges) ,   archiviste  de 

Lot-et-Garonne,  à  Ageh. 

*  Thomas,    maître    de    conférences 

à  la  Faculté  des  lettres,  à  Tou- 
louse. 

Thomas,  libraire,  à  Paris. 

Thorin,  libraire,  à  Paris  (2  ex.). 

Tournouer  (Henri),  à  Paris. 

*  Tranchant  (Charles),  ancien  con- 

seiller d'État,  administrateur 
des  messageries  maritimes  et 
des  mines  de  la  Loire,  à  Paris. 
"Travebs,  ancien  conseiller  de 
préfecture,  à  Caen. 

Trépagne,  à  Paris. 

Treuttel  et  "Wurtz,  libraires,  à 
Strasbourg  (2  ex.). 

Triger,  au  Mans. 

TrIjbner,  libraire,  à  Strasbourg. 
'TuETEY   (A.),  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 
*Vaesen,  à  Lyon. 

Vallet    de    Viriville    (M™^)  ^    à 
Paris. 

*  Valois  (Noël),  archiviste  aux  Ar- 

chives nationales,  à  Paris. 
Vaney,  à  Paris. 
Vauvilliers,  avoué,  à  Dijon. 
Vauzelles  (de),  à  Orléans. 
*Vayssière,  archiviste  de  la  Cor- 

rèze,  à  Tulle. 

*  Vétault  ,    bibliothécaire  -  archi  - 

viste,  à  Rennes. 
*Veyrier  du  Muraud  (l'abbé),  vi- 


723 


caire  à  Saint-Georges  de  Belle- 
ville,  à  Paris. 

ViEWEG,  libraire,  à  Paris. 

ViGNAT,  à  Orléans. 

*VlLLEFOSSE   (Ant.  £[£805  de),  at^ 

taché  au  musée  du  Louvre,  à 

Paris. 
'Vn^LEFOSSE  (Etienne  Hébon  deI, 

ancien  archiviste  de  la  Nièvre, 

à  Ne  vers. 
*ViOLLET  (Paull,  bibliothécaire  et 

archiviste  delà  Faculté  de  droit, 

à  Paris. 
ViREY,  à  Paris. 
YoTRY,  membre  de  l'Institut,  à 

Paris. 


Wagneb,  libraire,  à  Innsbruck. 

Wailly  (Natalis  deI,  membre  de 
riastitut,  à  Paris. 

Wallon  (H.f,  secrétaire  perpétuel 
de  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  à  Paris. 

Watteville  (le  baron  dei,  direc- 
teur honoraire  au  ministère  de 
l'instruction  publique. 

Welteb,  libraire,  à  Paris. 
*  Welvebt,  rédacteur  au  ministère 
de    l'instruction   publique,    à 
Paris. 

Wescheb,  conservateur  adjoint 
au  département  des  mss.  de  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 


Nogent-le-Rolrou.  imprimerie  DACPBLET-OocvEaNECB. 


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111 
B5 
t.A5 


Bibliothèque  do  l'EcolrD 
des  chartes 


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